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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ La sonde japonaise se prépare à prélever des poussières sur ce petit objet carboné, tandis qu’un engin américain, Osiris-Rex, s’approche d’un objectif du même type.
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Hayabusa-2 à portée de l’astéroïde Ryugu

La sonde japonaise se prépare à prélever des poussières sur ce petit objet carboné, tandis qu’un engin américain, Osiris-Rex, s’approche d’un objectif du même type.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 18h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Après la saga de la sonde européenne Rosetta et de son atterrisseur Philae, dont l’aventure autour de la comète « Tchouri » avait tenu en haleine les amoureux de l’exploration spatiale, un nouveau feuilleton robotisé commence dans l’espace, à 285 millions de kilomètres de la Terre.
Lancée en décembre 2014, la mission japonaise Hayabusa-2, qui emporte le mini-atterrisseur franco-allemand Mascot, doit arriver le 27 juin dans les parages immédiats de sa « cible », l’astéroïde 162173, d’un diamètre d’environ 900 mètres. Voilà pour le casting. Quant au scénario, il reprend la trame d’un mythe nippon. Dans cette légende, un pêcheur voyageant sur le dos d’une tortue se rend dans le Ryugu-jo, le palais sous-marin d’un dragon, et s’en retourne en emportant avec lui une boîte mystérieuse. De la même manière, Hayabusa-2 a pour objectif ultime de prélever de minuscules échantillons de cet astéroïde – rebaptisé Ryugu – et de les rapporter sur Terre en 2020, dans une capsule de rentrée atmosphérique…
Astéroïde de type C
Alors que la première mission Hayabusa (2003-2010) avait subi une ribambelle de problèmes – la sonde ayant en partie été « grillée » par une énorme éruption solaire –, sa réplique se déroule pour le moment sans encombre. Depuis quelques semaines, elle a Ryugu en ligne de mire, un astéroïde de type C (comme carboné), alors que la cible de la première mission était de type S (comme silicaté). Pour les astronomes qui s’intéressent aux petits corps du Système solaire, la différence est importante. Directeur de recherches au CNRS à l’Observatoire de la Côte d’Azur et membre de l’équipe scientifique d’Hayabusa-2, Patrick Michel est de ceux-là : « Les astéroïdes de type C sont plus intéressants parce qu’ils sont plus primitifs. On pense que leur composition a peu évolué depuis leur formation et qu’ils contiennent les briques, les ingrédients, qui ont constitué les planètes. C’est un peu comme une recette de cuisine : ces astéroïdes sont les jaunes d’œufs...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle (7/7). Le bio-informaticien Abdoulaye Baniré Diallo appelle les Etats du continent à investir dans la recherche.
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Entretien

« Des formations en intelligence artificielle émergent en Afrique, mais ce n’est pas suffisant »

La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle (7/7). Le bio-informaticien Abdoulaye Baniré Diallo appelle les Etats du continent à investir dans la recherche.

Laure Belot
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-24T17:00:28+02:00"

        Le 24.06.2018 à 17h00






    
Abdoulaye Baniré Diallo est directeur du laboratoire de bio-informatique de l’Université du Québec à Montréal
Crédits : DR


Lauréat en mars du Next Einstein Forum à Kigali, au Rwanda, le Guinéen Abdoulaye Baniré Diallo est directeur du laboratoire de bio-informatique de l’Université du Québec à Montréal. Ses travaux portent sur la classification des virus et microbes et la prédiction de leurs mutations génétiques. Il est le cofondateur de My Intelligent Machines, une start-up intégrant génomique, bio-informatique et intelligence artificielle (IA).

        Présentation de la série
         

          La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle



Dans la santé, l’environnement ou l’éducation, des applications d’intelligence artificielle se développent en Afrique. Qu’est-ce que cela raconte ?
Abdoulaye Baniré Diallo C’est la suite naturelle des choses. Le développement technologique en Afrique permet de faire de l’innovation à faible coût sans avoir besoin de moyens très sophistiqués. L’accès simplifié au cloud [stockage de données en ligne] est un outil merveilleux dans les mains des jeunes développeurs de génie qui peuvent, partout sur le continent, innover sur des applications simples et apporter des solutions nouvelles.
L’intelligence artificielle est un terme à la mode. Comment caractériseriez-vous les applications qui émergent ?
La majorité des applications d’intelligence artificielle qui se développent ne sont pas fondées sur une technologie forte et une recherche profonde. Ces applications utilisent souvent des outils clé en main, des interfaces de programmation applicatives (API) qui existent et sur lesquelles sont ajoutés des services. Pour développer réellement de nouveaux concepts, il faut que l’Afrique se dote de formations universitaires sérieuses, d’infrastructures plus robustes que celles qui sont accessibles actuellement, mais aussi de capacités de financement, car souvent ces technologies nécessitent des recherches sur plusieurs années.

        Episode 1
         

          « Le risque de captation de valeur existe », décrypte Cédric Villani



Pour l’instant, les étudiants africains en IA se forment et travaillent à l’étranger, comme vous au Canada.
Effectivement, il faut partir du continent pour se former. Des programmes commencent à émerger : une maîtrise en « apprentissage machine » à Kigali, en collaboration avec l’université américaine Carnegie-Mellon, des programmes à l’université du Cap, en Afrique du Sud, ou dans quelques universités au Maghreb. L’Institut africain des sciences mathématiques [AIMS] va aussi se lancer dans cette direction. Mais ce n’est pas suffisant. Ce ne sont en aucun cas des lieux au cœur de la recherche, qui permettent à des étudiants et des chercheurs de trouver de nouvelles pistes qui amèneraient à des services plus poussés.
Que manque-t-il pour pérenniser cette créativité africaine en intelligence artificielle ?
Il faut une volonté étatique, une implication majeure des Etats, une compréhension que la recherche fait partie de l’investissement des pays et qu’une partie doit être consacrée à faire décoller les universités et permettre à plusieurs chercheurs en sciences des données et en IA, qui sont basés un peu partout dans le monde, de revenir sur le continent pour faire de la recherche sérieuse.
Regardez l’exemple du Québec. La réussite de l’IA découle de l’excellence des recherches qui ont été faites à Montréal par des instituts qui ont eu un soutien majeur du gouvernement. Des programmes pour valoriser les recherches universitaires et les transférer en milieu industriel ont été créés. J’ai pu en bénéficier : l’entreprise que j’ai cofondée [My Intelligent Machines] est ainsi passée d’une déclaration d’invention en milieu universitaire à une start-up. Ces leviers-là ne peuvent être actionnés par de la débrouillardise mais par l’Etat et une excellente organisation des acteurs privés. Le récent plan français sur l’IA est d’ailleurs un exemple intéressant.

        Episode 6
         

          En Tunisie, un algorithme met de l’huile dans les systèmes d’irrigation



Des services publics en Afrique utilisent votre start-up dans le domaine de la santé. Que proposez-vous ?
Notre plate-forme veut faciliter le travail de ceux qui souhaitent mener des recherches en intelligence artificielle sur les sciences de la vie. Surveiller l’évolution des virus ou maladies nécessite par exemple de gros moyens financiers et beaucoup de ressources de calculs. Notre plate-forme gère ces ressources, le stockage des données, et une intelligence artificielle intègre toutes les connaissances et les résultats d’analyse effectués sur le terrain.
Depuis le virus Ebola, j’ai commencé à collaborer en tant que chercheur avec l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation [Iressef] du Sénégal, pour la surveillance de plusieurs virus. Notre start-up a récemment signé un contrat avec ce même institut en vue d’un projet plus ambitieux. Nous finalisons en Guinée un accord concernant l’analyse des génomes des virus associés à plusieurs maladies infectieuses et sommes actuellement en discussion avec le ministère rwandais de la santé.
Les données massives issues du continent africain, carburant des algorithmes d’IA, sont au centre des convoitises, notamment de grands groupes privés d’Internet ou de téléphonie. Que préconisez-vous ?
Le sujet n’est pas encore central en Afrique. Il faut favoriser une prise de conscience générale en informant, par exemple, les différents législateurs que l’Union européenne vient d’adopter le RGPD [règlement général sur la protection des données].
Je travaille, avec Hamidou Tembine, autre lauréat du Next Einstein Forum [un chercheur malien, spécialiste de la théorie des jeux, professeur à l’Université de New York], à la création d’un centre de recherche à but non lucratif pour accompagner les Etats et les entreprises africaines qui ont besoin de prendre des décisions fondées sur l’analyse massive de leurs données. Nous pensons qu’il sera opérationnel d’ici un an. L’idée est de mettre en place un outil d’« empowerment » afin que ces acteurs africains puissent profiter de leurs données sans que ce soient les autres qui décident à leur place.

Sommaire de la série La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle
Le Monde Afrique propose une série de sept épisodes pour mieux comprendre les enjeux et usages autour de l’intelligence artificielle, à travers cinq histoires entrepreneuriales en Ethiopie, au Kenya, en Tunisie, au Nigeria et au Cameroun, ainsi que les interviews du mathématicien et député français Cédric Villani, auteur du récent rapport gouvernemental sur l’intelligence artificielle, et du chercheur guinéen Abdoulaye Baniré Diallo, lauréat du dernier Next Einstein Forum à Kigali, au Rwanda.  Episode 6 En Tunisie, un algorithme met de l’huile dans les systèmes d’irrigation  Episode 5 La respiration des bébés scrutée au smartphone dans les maternités nigérianes  Episode 4 Des SMS « intelligents » au secours des écoliers kényans  Episode 3 Apprendre le français avec son téléphone en buvant un café à Addis-Abeba, au Caire ou à Alger  Episode 2 Un robot pour répondre aux questions des futures mamans camerounaises  Episode 1 « Le risque de captation de valeur existe », décrypte Cédric Villani  Présentation La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle




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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Pour guider ses immenses migrations, ce papillon de nuit australien s’appuie sur le champ magnétique terrestre. Une première chez les insectes.
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L’étrange sens magnétique du papillon bogong

Pour guider ses immenses migrations, ce papillon de nuit australien s’appuie sur le champ magnétique terrestre. Une première chez les insectes.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 16h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Zoologie. La vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, le goût : chacun connaît les cinq principaux sens à travers lesquels nous percevons le monde. Pour chacun d’eux, nous autres humains apparaissons assez performants, même s’il se trouve toujours un animal pour nous surpasser. L’œil des rapaces, la truffe des chiens, l’oreille des chouettes ou encore la langue des cochons… Il existe pourtant un sens dont nous semblons totalement dépourvus et que plusieurs animaux maîtrisent, au point de lui confier une partie de leur destin : la perception du champ magnétique terrestre. C’est en effet guidé par cette propriété de l’environnement que les saumons retrouvent leur rivière pour se reproduire. Les anguilles et les homards, les pigeons, les rousserolles et de nombreux oiseaux migrateurs, les tortues de mer et les rats-taupes profitent, eux aussi, des lignes de champ créées par la structure interne de la Terre, et plus particulièrement son noyau de fer liquide.

Chez les insectes, certaines abeilles et une espèce de fourmi du désert alimentaient déjà le soupçon. Les travaux de l’équipe d’Eric Warrant, de l’université de Lund, en Suède, viennent d’apporter la preuve que nos minuscules et lointains cousins peuvent, eux aussi, nous en remontrer. Dans la revue Current Biology, ils ont établi que pour accomplir leur migration, les papillons de nuit bogongs s’appuient bien sur la magnétoréception.
Né et grandi en Australie, le biologiste avoue avoir toujours éprouvé une fascination pour les bogongs. Pendant l’hiver et le début du printemps, l’insecte occupe plusieurs régions de l’ouest de l’Australie où ses larves, puis ses pupes, dévorent l’herbe disponible. Mais les mois passant, la température monte et la nourriture se fait rare. « Des nuages de bogongs se lancent alors dans une migration d’un millier de kilomètres et convergent vers une petite zone des Alpes australiennes à la recherche de fraîcheur, raconte le biologiste....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Au menu : tempête géante sur Mars, un singe inconnu dans une tombe chinoise antique, pourquoi certains buveurs deviennent alcooliques et d’autres pas, etc.
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Grâce à la technique du time-lapse, passez une nuit en accéléré dans les Cévennes à admirer l’éclat des planètes, les étoiles filantes, les avions, la Voie lactée…
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<article-nb="2018/06/24/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Une équipe de chercheurs explore le cimetière médiéval chrétien d’Atlit, en Israël, pour reconstituer les pratiques funéraires au temps des croisades.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤ 
<article-nb="2018/06/24/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ François Yvon, chercheur en informatique, dans une tribune au « Monde », souligne l’importance des technologies de traduction, nécessaires au développement international des entreprises et à l’affirmation de la souveraineté nationale.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
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La traduction automatique, « enjeu technologique, économique et culturel »

François Yvon, chercheur en informatique, dans une tribune au « Monde », souligne l’importance des technologies de traduction, nécessaires au développement international des entreprises et à l’affirmation de la souveraineté nationale.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 15h00
    |

François Yvon (Professeur au département d’Informatique de l’université Paris-Sud)







                        



                                


                            

Tribune. Le président Macron a récemment prononcé deux grands discours, en apparence sans lien l’un avec l’autre : le premier, le 20 mars pour affirmer devant l’Académie française sa volonté de rétablir la place du français parmi les grandes langues mondiales du XXIe siècle ; le second, le 29 mars, devant la fine fleur de la recherche en sciences du numérique, pour annoncer un plan d’action pour développer l’intelligence artificielle (IA) en France et en Europe.
Le premier, truffé de citations littéraires, prône comme mesure phare le renforcement de l’apprentissage du français pour tous (les écoliers français, les migrants, les étrangers dans les instituts français). Le second, mâtiné de franglais, promet le développement d’une nouvelle filière industrielle : soutien aux « talents » et à l’innovation, libération des « datas », etc.
Les motifs pour lier les deux sujets – langue et IA – ne manquent pourtant pas. L’enjeu de la traduction automatique (TA) permet de le démontrer.
Le discours sur l’IA insiste sur les opportunités de développement économique qu’offrent ces technologies. Or, grâce à la TA, il devient possible aux entreprises françaises de bénéficier pleinement du grand marché européen unifié, en traduisant dans les 23 autres langues officielles de l’Union européenne (UE) leurs manuels techniques, contrats, catalogues et sites Internet.
Citoyens de seconde zone
Car se limiter à traduire vers l’anglais n’est pas suffisant : moins d’un Européen sur deux parle anglais, et plus de 70 % des Européens font plus confiance aux sites rédigés dans leur langue pour commercer en ligne. L’utilisation d’une TA de haute qualité pour traduire depuis le français vers les langues de l’UE – mais aussi vers le mandarin, l’hindi, l’arabe… – est la seule solution économiquement viable.
Dans le sens inverse, les consommateurs et les citoyens français doivent pouvoir accéder à des contenus (bien)...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle (5/7). En analysant leurs pleurs, l’application Ubenwa veut prévenir l’asphyxie des nouveau-nés.
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Décryptage

La respiration des bébés nigérians bientôt scrutée au smartphone

La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle (5/7). En analysant leurs pleurs, l’application Ubenwa veut prévenir l’asphyxie des nouveau-nés.

Laure Belot
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-21T11:10:32+02:00"

        Le 21.06.2018 à 11h10

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-06-21T12:35:08+02:00"

        Mis à jour le 21.06.2018 à 12h35






    
Dans un hôpital d’Abuja, la capitale du Nigeria, en mai 2011.
Crédits : Akintunde Akinleye / REUTERS


« Cri de bébé ». C’est de ce nom – « ubenwa », en langue igbo – qu’a été baptisée une application unique en son genre. Ce programme d’intelligence artificielle utilisable sur smartphone veut analyser les sons émis par un nourrisson afin de détecter de possibles signes de détresse respiratoire, cause de 900 000 décès chaque année dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Son premier test clinique, prévu en juillet au centre universitaire de santé McGill, à Montréal (Canada), sera suivi d’un autre à l’hôpital universitaire de Port Harcourt, au Nigeria.

        Présentation de la série
         

          La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle



« Le risque d’asphyxie des nouveau-nés est particulièrement important en Afrique, et plus généralement dans tous les pays en développement, où la majorité des naissances ne se font pas dans l’environnement médicalisé d’une maternité », explique Peace Opara, spécialiste en néonatologie à l’hôpital de Port Harcourt. Pour un nourrisson, le moment crucial réside dans ses soixante premières secondes, ce qu’on appelle la « golden minute », poursuit-elle. « Le bébé peut ne pas crier. Il s’agit de savoir si ses poumons fonctionnent bien », explique cette praticienne qui va coordonner les tests médicaux de l’application au Nigeria.
Histoire d’une obstination
La première finalité d’Ubenwa est d’« alerter les personnes présentes lors de l’accouchement si quelque chose ne va pas », raconte Peace Opara. Second bénéfice, selon elle, de ce programme qui ambitionne d’être utilisable dans tout dispensaire : suivre le bon développement respiratoire du nouveau-né dans les premières semaines de vie afin d’inciter, si besoin, les parents à consulter un spécialiste.

        Episode 1
         

          « Le risque de captation de valeur existe », décrypte Cédric Villani



« Une mauvaise oxygénation peut entraîner un grave handicap, comme une infirmité motrice cérébrale, explique la néonatologiste. Près de 30 % des consultations dans notre service de néonatologie à Port Harcourt concernent des bébés en insuffisance respiratoire. » Pour l’instant, l’application reconnaît « dans 86 % des cas » une situation d’asphyxie et « dans 89 % des cas » que le bébé respire bien.
Cette application, qui concourt actuellement parmi 62 projets mondiaux pour le prix d’intelligence artificielle « IBM Watson AI XPrize » doté de 5 millions de dollars (4,3 millions d’euros), est avant tout l’histoire d’une obstination.

Des Africains de plus en plus connectés
L’Afrique a définitivement basculé dans l’ère du mobile. « Le taux d’équipement avoisine désormais les 100 %, et dans de multiples endroits du continent le mobile est la seule façon de communiquer », constate Karim Koundi, associé chez Deloitte Afrique. Les Africains, de plus en plus habitués à être connectés en tout lieu et instantanément, plébiscitent le smartphone, dont l’essor est exponentiel. « Le nombre d’appareils, 350 millions actuellement, devrait doubler d’ici à 2020 », poursuit l’expert.
Tous les habitants du continent ne sont pas encore logés à la même enseigne. Les usages mobiles sont différents « entre les pays côtiers, où la qualité de connexion est meilleure et les prix des communications moins élevés, et les autres, tels le Tchad et le Niger, plus enclavés ; mais la différence diminue », analyse Karim Koundi. Désormais, selon lui, « 80 % du territoire habité » est désormais couvert par les réseaux de téléphonie mobile.
Les citoyens africains adoptent des habitudes similaires aux usagers des autres continents. « Pour se parler par portable interposé, ils utilisent de moins en mois la voix et préfèrent se connecter par des applications telles que Facebook Messenger, WhatsApp et Skype. » Une évolution dont les conséquences économiques sont directes : « Les opérateurs télécoms sont menacés de ne devenir que des fournisseurs de tuyaux. L’intelligence se déplace vers les services et les applications », note Karim Koundi. Les applications plébiscitées, Facebook Messenger, WhatsApp et Skype appartiennent, elles, respectivement à Facebook et Microsoft.


Son créateur, le Nigérian Charles Onu, 28 ans, qui s’était déjà très impliqué dans l’association humanitaire Enactus, a longtemps hésité entre des études médicales et d’informatique, avant de choisir la seconde option. C’est la nuit, après son travail de programmeur à Port Harcourt, qu’il a commencé en 2012 à élaborer cet algorithme d’intelligence artificielle. Le déclic ? « J’ai entendu, démuni, le bébé d’un ami crier longuement sans savoir que faire. En fait il avait juste faim, se souvient-il. Cet ami m’a suggéré de concevoir une application détectant les émotions des nourrissons. C’est en y travaillant que j’ai découvert des études cliniques suggérant qu’une analyse des cris pourrait déceler une asphyxie. » 
1300 cris analysés
L’informaticien se met alors en quête d’une base de données de pleurs de bébé… et la trouve en 2013 sur un site créé par des chercheurs mexicains. « Plus de 1 300 cris émis par 69 bébés présentant des problèmes médicaux avaient été enregistrés », explique-t-il. Cette base va lui permettre de concevoir, « en utilisant les deux petites heures d’électricité par jour accessibles à cette époque », un premier modèle prédictif. Telle une bouteille à la mer, Charles Onu envoie alors ses travaux au prestigieux Institute of Electrical and Electronics Engineers, aux Etats-Unis… qui accepte de les publier. Depuis, l’histoire s’accélère.

        Episode 4
         

          Des SMS « intelligents » au secours des écoliers kényans



Charles Onu est invité en 2014 dans la Silicon Valley californienne pour parler de son projet lors de la conférence « Global Humanitarian Technology » ; puis à Lausanne, en Suisse, dans le cadre du sommet Tech4Dev de l’Unesco. Lauréat en 2015 d’une bourse de la fondation canadienne Jeanne-Sauvé, il est désormais chercheur en intelligence artificielle appliquée à la santé à l’université McGill, qui lui a « ouvert ses laboratoires », explique-t-il. « Un des défis techniques est que l’application puisse fonctionner en tout point du territoire nigérian, quelle que soit la qualité du réseau. » La start-up Ubenwa, créée en 2017 et qui possède la double nationalité nigériane et canadienne, est désormais dans le giron de l’accélérateur montréalais District 3.

Sommaire de la série La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle
Le Monde Afrique propose une série de sept épisodes pour mieux comprendre les enjeux et usages autour de l’intelligence artificielle, à travers cinq histoires entrepreneuriales en Ethiopie, au Kenya, en Tunisie, au Nigeria et au Cameroun, ainsi que les interviews du mathématicien et député français Cédric Villani, auteur du récent rapport gouvernemental sur l’intelligence artificielle, et du chercheur guinéen Abdoulaye Baniré Diallo, lauréat du dernier Next Einstein Forum à Kigali, au Rwanda.  Episode 6 En Tunisie, un algorithme met de l’huile dans les systèmes d’irrigation  Episode 5 La respiration des bébés scrutée au smartphone dans les maternités nigérianes  Episode 4 Des SMS « intelligents » au secours des écoliers kényans  Episode 3 Apprendre le français avec son téléphone en buvant un café à Addis-Abeba, au Caire ou à Alger  Episode 2 Un robot pour répondre aux questions des futures mamans camerounaises  Episode 1 « Le risque de captation de valeur existe », décrypte Cédric Villani  Présentation La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle




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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Certaines personnes peuvent nommer immédiament les notes qu’elles entendent lorsqu’elles écoutent de la musique. Mais leurs cas sont très rares. Pourquoi ?
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Dans son livre,  Alexis Rosenbaum dévoile les dessous scientifiques des citations célèbres.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Ces petites phrases qui font l’histoire des sciences

Dans son livre,  Alexis Rosenbaum dévoile les dessous scientifiques des citations célèbres.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 09h49
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Le livre. C’est la phrase la plus courte et la plus célèbre de toute l’histoire des sciences : « Eurêka ! » « J’ai trouvé ! », se serait exclamé, en grec ancien, le non moins Grec antique Archimède, en bondissant de sa baignoire, en courant dans les rues de Syracuse nu comme un ver et en montrant sa joie ainsi que son anatomie à tous les passants. Mais qu’avait-il trouvé au juste, dans ce moment d’illumination aquatique ?
Ce sont les dessous scientifiques de ce « Eurêka ! » que dévoile Alexis Rosenbaum dans le premier chapitre de son dernier ouvrage. Ce philosophe a en effet choisi de s’attaquer à l’histoire des sciences par le versant des citations et non par celui, plus classique, des équations, car les chercheurs ont le sens de la formule, dans toute l’acception du terme. Il ne faut donc pas négliger l’impact des mots, des boutades, des maximes dans la façon dont nous nous représentons l’histoire de la science. Parfois à tort…
Un sens parfois erroné
Alexis Rosenbaum note dans son avant-propos que, « si des explications s’avèrent ­nécessaires, c’est que la célébrité ne garantit pas la clarté, loin de là. Le sens que nous prêtons spontanément à ces grandes citations est parfois erroné. Nombre d’entre elles ne sont pas mémorables pour les raisons que l’on croit ou doivent leur popularité à une ­interprétation fantaisiste ».
Ainsi, le fameux « Dieu ne joue pas aux dés » d’Albert Einstein sur la mécanique quantique mérite-t-il que l’on précise certaines choses. Tout d’abord que le dieu auquel se réfère le père (non religieux) de la relativité générale n’est pas une divinité mais un raccourci pour désigner l’ordre cosmique. Ensuite qu’Einstein n’était pas un véritable « adversaire » de la mécanique quantique comme on le présente souvent : il estimait simplement que devait exister une manière plus fondamentale – qu’il ne trouva jamais – de décrire le réel, sans recourir à des probabilités (les dés...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Aux Etats-Unis, des scientifiques cherchent à développer des foies et des pancréas humains dans des animaux, dans l’espoir de pouvoir les transplanter aux demandeurs de greffes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/06/2018
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En Californie, un élevage de moutons et de cochons avec des organes humains

Aux Etats-Unis, des scientifiques cherchent à développer des foies et des pancréas humains dans des animaux, dans l’espoir de pouvoir les transplanter aux demandeurs de greffes.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 05h07
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 16h30
    |

            Chloé Hecketsweiler (Davis et Palo Alto, Californie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Rien ne distingue cette ferme des propriétés voisines. Un bâtiment ocre posé au milieu des pâturages, une série d’enclos ombragés par de grands arbres et sous un auvent en bois, une vingtaine de moutons grisâtres broutant nonchalamment leur fourrage. Ce paisible coin de Californie est cependant l’un des terrains d’expérimentations les plus intrigants des Etats-Unis.
Dans cette exploitation, propriété de l’université de Californie à Davis (UC Davis), près de Sacramento, des scientifiques ambitionnent de créer des « chimères ». Dans la mythologie grecque, ce mot désigne des monstres mi-lion, mi-chèvre, mi-serpent. Les créatures fantastiques qui sont inventées ici sont des moutons et des cochons dotés d’organes humains. Grâce à de nouveaux « outils » comme Crispr, le célèbre « ciseau » à ADN, et aux progrès de la recherche sur les cellules souches, cultiver des foies et des pancréas humains semble une piste prometteuse pour faire face à la pénurie d’organes dans le monde.
Rien qu’aux Etats-Unis, 118 000 patients sont sur liste d’attente, et 8 000 ne vivront pas assez longtemps pour bénéficier d’une greffe. En France, la liste compte près de 24 000 personnes, pour environ 6 000 greffes annuelles, comme le rappelle l’Agence de la biomédecine à l’occasion du lancement vendredi 22 juin d’une campagne de sensibilisation au don.
Arpentant la ferme en tenue décontractée, pantalon de toile et chemise à carreaux, le docteur Pablo Ross se fond dans le paysage agricole. Vétérinaire d’origine argentine, il a piloté les premières expériences de chimères « homme-animal », en collaboration avec deux équipes californiennes, celle de l’Espagnol Juan Carlos Izpisua Belmonte au Salk Institute, près de San Diego, et celle du Japonais Hiromitsu Nakauchi, à l’université Stanford, près de San Francisco. « Les moutons que vous voyez ici ne sont pas des chimères », tient-il à préciser en souriant.
Créer des animaux « humanisés » apparaît simple sur...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Un nouveau traitement des cancers de la prostate peu évolués réduit le recours à l’ablation totale de la glande, mais reste encore peu prodigué en France.
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La prostate soignée par photothérapie

Un nouveau traitement des cancers de la prostate peu évolués réduit le recours à l’ablation totale de la glande, mais reste encore peu prodigué en France.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 14h00
    |

                            Florence  Rosier








                        



                                


                            
Comment une innovation thérapeutique peut-elle trouver sa place ? Telle est la question que pose la photothérapie dynamique, réservée aux cancers de la prostate peu évolués. Approuvée fin 2017 par l’Agence européenne du médicament, son utilisation reste en suspens, en France et dans de nombreux pays d’Europe, dans l’attente de son remboursement par les systèmes de santé nationaux.
Quel en est le principe ? Couché sur le dos, les jambes en l’air, le patient est sous anesthésie générale. Les contours de la tumeur sont repérés par IRM puis redéfinis, en temps réel, par échographie. Le chirurgien-urologue positionne, à travers le périnée, 7 à 17 fines aiguilles creuses qui ciblent, dans la prostate, la zone tumorale. Dans chaque aiguille, une fibre optique est insérée.
Illumination laser
Après avoir plongé le bloc dans l’obscurité, recouvert le patient d’une couverture de survie et de lunettes teintées, le praticien injecte un produit photo-sensibilisant, le Tookad Soluble, dans les veines du patient. Puis vient la phase cruciale de l’intervention : l’illumination laser. Le chirurgien active les fibres laser dans une longueur d’onde proche de l’infrarouge, ce qui active le Tookad Soluble dans les vaisseaux sanguins irriguant la tumeur. Il s’ensuit une libération de radicaux libres, toxiques, qui provoquent la dilatation puis la contraction et enfin l’occlusion des vaisseaux. Asphyxiées, les cellules tumorales se nécrosent.
L’intervention dure une heure. Après quelques heures sous observation, le patient peut rentrer chez lui le soir même. Principal avantage : une réduction des risques de séquelles – troubles de l’érection ou incontinence urinaire. « Près de 80 % des patients souffrent de troubles de l’érection après une ablation totale de la prostate ; ils ne sont que 15 % après cette photothérapie active », précise le professeur Abdel-Rahmène Azzouzi, du CHU d’Angers. Ce chirurgien-urologue a acquis, depuis 2008, la plus vaste expérience...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Des chercheurs ont cherché à savoir pourquoi vivre en milieu rural a un effet protecteur sur certains troubles psychologiques comme la dépression ou l’anxiété.
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Marchons dans l’herbe pour ne pas ruminer ?

Des chercheurs ont cherché à savoir pourquoi vivre en milieu rural a un effet protecteur sur certains troubles psychologiques comme la dépression ou l’anxiété.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h18
    |

                            Sylvie Chokron (Directrice de recherches au CNRS, Laboratoire de psychologie de la perception, université Paris-Descartes et Fondation ophtalmologique Rothschild)








                        



                                


                            
Carte blanche. Nous n’avons jamais vécu aussi éloignés de la nature qu’à notre époque. Aujourd’hui, on estime que 50 % de la population mondiale vit dans un environnement urbain, et ce chiffre pourrait même atteindre 70 % en 2050. Bien qu’être citadin procure de nombreux bénéfices, ­vivre en milieu rural pourrait avoir un effet protecteur sur certains troubles psychologiques comme la dépression ou l’anxiété.
Comment expliquer ce phénomène ? Est-ce dû au rythme de vie, moins stressant à la campagne qu’en ville ? Sans doute, mais une autre raison, liée à nos perceptions et non seulement à notre mode de vie, est peut-être à l’origine du bénéfice moral que représente le temps passé dans la nature.
En effet, alors qu’en ville nous sommes exposés à des angles droits, du fait des immeubles, et à des quadrillages, typiques des rues et des carrefours, les environnements naturels se composent d’angles irréguliers et de bordures non linéaires. Dans une étude très récente, Kathryn Schertz, de l’université de Chicago, a ainsi tenté de savoir si les caractéristiques des informations visuelles dans la nature, plus aléatoires et moins linéaires, pouvaient influencer le cours de nos pensées.
Pour ce faire, les participants devaient décrire le contenu de leurs pensées grâce à des mots-clés (joie, peine, vie, santé, mort…) lorsqu’ils se promenaient dans un parc, s’imaginaient dans celui-ci, ou encore lorsqu’ils étaient confrontés à des images de parcs dans lesquels étaient contrôlés différents paramètres tels que la couleur, la luminance, la linéarité ainsi que la quantité ­d’informations contenue dans l’image.
Préserver sa santé mentale
L’étude montre que la présence d’angles ­irréguliers et de bordures non linéaires ­induit clairement plus de pensées en lien avec la nature, et génère également plus de pensées spirituelles et positives sur le cours de la vie. Si voir la nature nous met en joie, est-il suffisant d’insérer des photographies...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Le 5 juin, un canal à houle a été inauguré à Caen. Cette installation, unique en France, servira à simuler et à quantifier l’effet des vagues sur les infrastructures côtières.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Le musée fermera ses portes en  2020 pour quatre ans de travaux. Une opportunité pour transformer ce lieu unique en « un temple de la science et de la recherche du XXIe siècle », expliquent plusieurs sociétés savantes.
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« La mutation du Palais de la découverte ne doit pas altérer son ADN »

Le musée fermera ses portes en  2020 pour quatre ans de travaux. Une opportunité pour transformer ce lieu unique en « un temple de la science et de la recherche du XXIe siècle », expliquent plusieurs sociétés savantes.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 10h41
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le Palais de la découverte, au cœur de Paris, est un lieu unique. Mais ce n’est pas qu’un lieu, c’est aussi une démarche. Il montre la science, telle qu’elle se fait, en s’appuyant sur l’observation et la démonstration expérimentale. De profondes mutations s’annoncent, liées à la rénovation du Grand Palais, qui abrite le musée scientifique. Il est essentiel qu’au cours de ce processus cet esprit du Palais demeure.
Le Palais de la découverte est né en 1937 d’une initiative de Jean Perrin, lauréat en 1926 du prix Nobel de physique pour la mise en évidence expérimentale de l’existence des atomes, et alors sous-secrétaire d’Etat à la recherche. Jean Perrin propose au public de voir « la science en train de se faire », selon son expression, à travers des démonstrations menées par des médiateurs qualifiés.
Approche unique en France
Ces animations concernent essentiellement les sciences fondamentales et nécessitent parfois la mise en place d’expériences imposantes, dont les plus emblématiques sont sans doute celles de la salle d’électrostatique, avec par exemple l’expérience des cheveux qui se dressent sur la tête.
Cette approche est, à son échelle, unique en France. Chaque jour, le Palais propose plusieurs dizaines d’exposés et d’ateliers permettant au public de découvrir, à travers des expériences scientifiques réalisées en direct par les médiateurs, des facettes des sciences fondamentales hors de portée des expositions traditionnelles.
La fréquentation annuelle est de l’ordre de 500 000 visiteurs, dont 30 % de scolaires venant de toute la France, et même de Belgique et de Suisse. Pendant quatre-vingts ans, le Palais de la découverte a marqué des générations de visiteurs et souvent déclenché un intérêt, voire une vocation, pour la démarche scientifique, notamment auprès des jeunes, en éveillant leur curiosité.
« Le Palais 2024 doit rester un endroit qui met les citoyens en contact avec les sciences...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Un club parisien permet à une vingtaine d’enfants atteints de troubles moteurs, cognitifs et des apprentissages, d’apprendre à nager. Une activité qui développe aussi leur confiance en eux.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
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Se mouiller pour faire face au handicap

Un club parisien permet à une vingtaine d’enfants atteints de troubles moteurs, cognitifs et des apprentissages, d’apprendre à nager. Une activité qui développe aussi leur confiance en eux.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
19.06.2018 à 14h46
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Dans le petit bassin, ils sont une dizaine d’enfants, équipés de shorty bleu, lunettes et bonnet de bain assortis. Certains enchaînent des allers et retours avec une planche, d’autres des galipettes. Moins à l’aise, une brunette marche en tenant la main d’une adulte. Encouragée par Eduardo, un maître-nageur, une fille à l’air timide s’écarte progressivement du bord. Séance ordinaire de natation d’une classe élémentaire du quartier ? Pas tout à fait.
Tous les lundis de 13 h 30 à 15 h 30, les deux bassins de la piscine parisienne Bertrand-Dauvin, près de la porte de Clignancourt, sont réservés à l’ASMF Association Handisport de Paris. Depuis la rentrée de septembre 2017, le club accueille gratuitement deux groupes d’élèves en ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire) de deux écoles de la capitale. Sans ce dispositif, la plupart de ces 22 gamins, atteints de troubles moteurs, cognitifs ou des apprentissages, n’apprendraient pas à nager.
Des besoins particuliers
« Dans les créneaux scolaires ordinaires, cela ne fonctionnait pas, leurs besoins sont trop particuliers », résume une enseignante. Un garçon en excès de poids ne voulait pas entendre parler de piscine ; d’autres étaient affolés au moment d’entrer dans l’eau…
Dix mois plus tard, leur peu d’empressement à en sortir en fin de séance est éloquent, tout comme leur sourire. Les encadrants – maîtres-nageurs spécialisés salariés du club, enseignants, assistantes de vie scolaire (AVS) – sont eux aussi ravis. « J’ai vu plusieurs enfants se métamorphoser. Ils deviennent plus ouverts aux autres, dans l’eau et dans la classe aussi », témoigne une AVS. « La plupart ont peu d’activités à l’extérieur pour diverses raisons. Ici, la bienveillance fait que tout le monde y trouve son compte », souligne un autre encadrant.
La bienveillance, et l’individualisation du programme aussi. « L’objectif est que ces enfants soient en...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ En juin 2014 au Brésil, un supporteur brésilien regarde à la télévision un match opposant son équipe à celle du Chili. Il s’écroule, terrassé par un infarctus du myocarde.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ A l’occasion de la Journée mondiale de la drépanocytose, mardi, zoom sur ce qui est la maladie génétique la plus commune mais pas la mieux connue.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤ 
<article-nb="2018/06/24/19-19">
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ L’accélérateur du CERN va profiter d’une cure de jouvence afin de multiplier par dix le nombre de collisions de particules.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤                     
                                                   
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Les physiciens du LHC en quête de nouvelles lumières

L’accélérateur du CERN va profiter d’une cure de jouvence afin de multiplier par dix le nombre de collisions de particules.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 07h00
    |

                            Alizée Guilhem ("Le Temps") et 
                            Fabien Goubet ("Le Temps")








                        



                                


                            
« Cette journée ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire du CERN. » Sous un beau soleil, peu avant midi, vendredi 15 juin, Fabiola Gianotti, la directrice générale de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), accueille les représentants de la Suisse et de la France pour le lancement du chantier du futur LHC à haute luminosité (HL-LHC). Ce sera une version améliorée du plus puissant accélérateur de particules au monde, installé sous la frontière entre les deux pays. « Il s’agit d’une modification radicale de la machine existante, qui fonctionne, mais qui verra sa durée de vie doublée par la mise en œuvre de nouvelles technologies de pointe », explique Lucio Rossi, chef du projet HL-LHC.
La facture s’élèvera à 820 millions d’euros entre 2015 et 2026, avec la participation du CERN et des pays extérieurs à l’organisation. « Le ­HL-LHC va produire dix fois plus de collisions que sa mouture actuelle », prédit Frédérick Bordry, directeur des accélérateurs et de la technologie au CERN. L’énergie des collisions, assimilable à la vitesse à laquelle les particules se percutent, ne devrait, quant à elle, pas beaucoup changer.
En tout, 1,2 kilomètre du couloir circulaire du LHC sera remplacé. Une distance modeste sur les 27 km de circonférence de l’instrument. « Plus de 200 nouveaux composants seront connectés à l’installation existante d’ici moins de dix ans. Chacun de ces composants est innovant afin que le LHC fasse vraiment peau neuve », a ajouté Isabel Bejar Alonso, coordinatrice technique du HL-LHC.
Parmi les nouveautés figurent des aimants encore plus performants, qui autoriseront des champs magnétiques de 11 à 13 tesla, contre 8,3 actuellement. Ils seront construits en niobium-étain, ceux en niobium-titane ne pouvant offrir de tels champs ­magnétiques. Placés en amont de CMS et d’Atlas, les deux plus grands détecteurs installés dans l’anneau, ils vont notamment compacter le faisceau de paquets...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ L’écoute et la pratique musicales renforcent la plasticité cérébrale à tous les âges, et stimulent les circuits de la récompense.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/06/2018
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Quand la musique est bonne… pour le cerveau

L’écoute et la pratique musicales renforcent la plasticité cérébrale à tous les âges, et stimulent les circuits de la récompense.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 06h14
 • Mis à jour le
19.06.2018 à 08h16
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Si la musique adoucit les mœurs, ses ­effets vont bien au-delà. Depuis l’Antiquité, elle occupe une place à part, et ce dans toutes les sociétés et religions. Mais, depuis quelques années, « on est passé d’une pensée magique à un vrai savoir scientifique sur ses bienfaits, et cela, à chaque ­extrémité de la vie », souligne Emmanuel Bigand, directeur du Laboratoire d’étude de l’apprentissage et du développement (LEAD, CNRS) à l’université de Bourgogne et coordinateur de l’ouvrage Les Bienfaits de la musique sur le cerveau (Belin, 192 p., 18 €).
Outre ses effets sur la santé, la douleur, la musique est également un puissant stimulant cognitif et cérébral.
D’abord chez le bébé, des études ont montré qu’elle agit comme un neurostimulant. Il mémorise les œuvres musicales in utero et peut même les reconnaître un an après sa naissance. Emmanuel Bigand coordonne actuellement une étude financée par la Fondation de France, en collaboration avec la Philharmonie de Paris, chez des nourrissons à partir de 3 mois et suivis durant leurs trois ­années de crèche à Dijon et à Paris. Lors d’ateliers d’environ quarante minutes, ils sont initiés au son et au rythme deux fois par semaine et encouragés à participer. Les séances sont filmées et décortiquées par Emmanuel Bigand. « Les bébés ne parlent pas encore, mais ils chantent déjà. »

« Effets socio-cognitifs »
Sans conteste, la musique est un moyen de capter leur attention et de créer une communication. Certains se lèvent, se synchronisent avec le rythme. « La musique met en place des schémas mentaux (macro-stimulus) qui permettent une meilleure appréhension du langage, de la lecture, et plus tard des facilités au cours préparatoire, on parle d’effets socio-cognitifs », poursuit Emmanuel Bigand.
Comment l’expliquer ? Les découvertes les plus récentes montrent que la musique modifie les processus biochimiques du cerveau en renforçant la plasticité cérébrale. Ainsi,...




                        

                        

