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Récit

La légende retrouvée de Yasuke, le premier samouraï noir du Japon

Né sur l’île de Mozambique, l’homme au destin exceptionnel est arrivé au pays du Soleil levant en tant qu’esclave à la fin du XVIe siècle.

Pierre Lepidi
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-24T18:30:32+02:00"

        Le 24.06.2018 à 18h30






    
Yasuke, le samouraï noir, lors d’un bain pour vérifier l’aspect naturel de sa peau.
Crédits : CREATIVE DIGITAL


C’est l’histoire d’un homme qui fut engloutie par le temps. Au point que même son nom de naissance a été perdu. De lui, on ne connaît que le surnom japonais qui lui a été attribué : Yasuke. Ancien esclave né sur la côte est-africaine au milieu du XVIe siècle, Yasuke est devenu le premier samouraï étranger de l’histoire du Japon. Il aura fallu attendre près de cinq siècles pour que ce destin hors du commun refasse surface. Pourquoi maintenant ? Personne ne peut le dire.
Au pays du Soleil levant, cet homme fort et courageux animé d’une passion pour l’art de la guerre apparaît aujourd’hui dans une publicité. Au Cameroun, une exposition lui est consacrée à partir de mardi 26 juin au Palais des congrès de Yaoundé ; et elle migrera dans quelques mois au Japon. En Espagne, au Portugal, en Italie ou en Roumanie, des dizaines d’articles ont été publiés pour raconter les exploits de ce guerrier. Aux Etats-Unis enfin, la société de production Lionsgate, qui a notamment produit le film Highlander, a annoncé qu’elle travaillait sur son biopic.

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La vie de Yasuke se lit comme un roman. « Un lecteur martiniquais, passionné d’arts martiaux, m’a contacté un jour pour me dire que lors d’un voyage au Japon, on lui avait parlé de cet Africain devenu l’un des premiers étrangers à intégrer l’élite guerrière nippone, explique Serge Bilé, journaliste et auteur de la biographie Yasuke, le samouraï noir (Owen Publishing, mars 2018). J’ai creusé la piste en m’appuyant sur des historiens, des ethnologues, des spécialistes de l’Inde et du Japon. »
« Dévisagé comme une bête curieuse »
Yasuke est né sur l’île de Mozambique, au large du pays du même nom, dans les années 1530 ou 1540. Comme tous les membres de la communauté makua à laquelle il appartient, il pêche et chasse avec dextérité. C’est en recherchant la trace d’un lion blessé par sa sagaie qu’il est capturé par des trafiquants d’esclaves. Le jeune homme est alors arraché à son île.

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« L’un des deux marins s’empare de lui et l’entraîne brutalement sous les ponts où s’amassent un tas d’hommes noirs, enchaînés les uns aux autres, prostrés, accablés, découragés, peut-on lire dans la biographie. Yasuke est effrayé par ce tableau et saisi par l’odeur nauséabonde qui se dégage du lieu. C’est un mélange répugnant d’urine, de selles et de sueur. L’air est irrespirable. » La traversée jusqu’à Goa, en Inde, un port portugais à l’époque, va durer un mois et quelques jours.

    
Arrivée au 17e siècle de bateaux étrangers à Nagasaki, ville japonaise située sur la côte nord-ouest de l’île de Kyushu.
Crédits : CC 2.0


Yasuke est conduit sous bonne escorte à un endroit baptisé Leilao, qui signifie « enchères ». « Il enrage de se voir dévisagé comme une bête curieuse, écrit Serge Bilé. Il maudit tous ces gens pour leur indépendance. Ils l’ont palpé de haut en bas. Ils ont également tâté le sexe et les seins de la femme à côté de lui. Quoi de plus normal à leurs yeux ? Les esclaves sont leur “chose” et ils s’accordent le droit, avant d’enchérir, de vérifier la marchandise. »
Le jeune Africain est acheté par un gentilhomme et conduit jusqu’à une bâtisse appartenant à des jésuites. Son travail va alors consister à aller chercher toute la journée de l’eau à une source et à la ramener dans de grandes cruches. La tâche n’est pas épuisante, mais elle est répétitive et dévolue aux femmes chez les Makua, ce que Yasuke ressent comme une humiliation. Les mois s’enchaînent, il souffre de l’exil et du déracinement. « Il songe au suicide mais ne veut pas s’y résoudre. Pour sa maman, pour la revoir, il est prêt à vivre et il est prêt à tout. »
Un voyage de près de deux ans
Le 6 septembre 1574, son destin bascule une nouvelle fois après le débarquement de 44 ecclésiastiques à Goa. Parmi eux se trouve Alessandro Valignano, un prêtre élégant chargé d’inspecter les missions jésuites de sa juridiction. Après plusieurs mois, ce dernier décide de poursuivre son travail au Japon. Il cherche un homme puissant et fort pour le servir et assurer sa protection. Il choisit Yasuke. Le 20 septembre 1577, les deux hommes embarquent pour un voyage qui durera près de deux ans. Après des escales à Malacca, l’actuelle Malaisie, et Macao (Chine), ils arrivent au Japon le 25 juillet 1579.

    
Le prêtre jésuite Alessandro Valignano.
Crédits : CC 2.0


Sur l’île de Kyushu, le siège de la mission jésuite se situe dans la petite localité d’Arima, à quelques encablures de Nagasaki. Au pays du Soleil levant, la vue de cet homme à la peau noire provoque l’hystérie de la population. « Ils aiment voir les Noirs, spécialement les Africains, écrit à l’époque le père Organtino Gnecchi-Soldo. Les Japonais sont même prêts à parcourir une centaine de kilomètres rien que pour les voir et se distraire en leur compagnie pendant trois ou quatre jours. » L’idée d’exhiber un esclave africain pour en tirer profit et gagner de l’argent est courante chez les prêtres jésuites.
Le 8 mars 1581, Yasuke et Alessandro Valignano quittent l’île de Kyushu pour Kyoto, où règne Oda Nobunaga, un puissant seigneur de guerre. Lorsqu’il rencontre le jeune Makua, le daimyo (gouverneur de province) est subjugué par sa force, sa taille (plus de 1,90 m), son intelligence, qui lui a notamment permis d’apprendre le japonais, et sa peau. Au point de lui faire prendre un bain pour vérifier si le noir est bien sa couleur naturelle. Pris d’empathie pour Yasuke, Oda Nobunaga demande à Alessandro Valignano, qui doit quitter le Japon, de laisser son serviteur auprès de lui. Le jésuite accepte.

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Le jeune esclave est vite libéré et élevé au rang de samouraï. En devenant l’un des gardes du corps du seigneur de guerre, Yasuke entre dans son premier cercle. En plus des deux sabres qu’il a le droit de porter, le Japonais lui confie sa propre lance. « C’est un privilège exceptionnel pour l’époque, écrit Serge Bilé. Seuls les guerriers ont le droit de porter ces deux sabres en même temps. C’est dire la confiance que Nobunaga place en Yasuke. Pour le jeune Makua, c’est le rêve d’une vie qui se réalise. Il est le premier étranger à porter les attributs des célèbres chevaliers nippons. Personne avant lui, pas même un Européen, n’avait eu cet honneur ! » Il se voit aussi offrir une maison et même la fille adoptive du seigneur de guerre comme épouse.
« Yasuke n’est pas un homme »
Yasuke devient un guerrier. Il en est fier et heureux. En 1582, il s’illustre lors de la bataille de Tenmokuzan livrée contre Takeda Katsuyori, un autre seigneur de guerre, grand rival d’Oda Nobunaga. La victoire est belle, Yasuke savoure. Mais sa proximité avec le grand seigneur suscite des jalousies dans la province.
Parmi les plus envieux, Akechi Mitsuhide, qui accuse Oda Nobunaga d’être responsable de la mort de sa mère. Il rassemble des hommes et lance une attaque contre le seigneur, qui se retrouve vite en infériorité numérique. Plutôt que de se rendre, le daimyo se fait hara-kiri sous les yeux de Yasuke, qui n’a pas le courage de s’enfoncer un sabre dans le ventre. Lui préfère mourir au combat. Alors il prend ses armes et part se battre, mais il est arrêté.

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Il aura la vie sauve. Dans une lettre écrite le 5 novembre 1582, le père Luis Frois écrit : « Pour Akechi Mitsuhide, Yasuke n’est pas un homme, c’est un animal. Il n’est donc pas la peine de le tuer. Il faut le renvoyer en Inde chez les prêtres. » Le premier samouraï étranger est-il retourné à Goa ? En Afrique ? Sa trace se perd dans les limbes de l’histoire. « Il est aujourd’hui impossible de connaître la fin de Yasuke, explique Julien Peltier, auteur de Samouraïs, dix destins incroyables (éd. Prisma, 2016). Yasuke était un homme respecté et on peut aussi envisager qu’il soit resté au Japon. Mais c’est spéculatif. »
La fin de l’histoire est-elle importante après une vie aussi riche ? « Pas vraiment, même si on préférerait évidemment savoir », répond Anne-Sophie Omgba, directrice de Subsahara Group, la société qui organise l’exposition de Yaoundé : « Nous rendons hommage à Yasuke parce qu’il était un esclave africain et qu’il est devenu un héros. »


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le chanteur franco-ougandais, surnommé le « Leonard Cohen africain », s’est éteint à l’âge de 65 ans.
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édition abonné


Geoffrey Oryema, voix célèbre de la bande son afro-européenne, est mort

Le chanteur franco-ougandais, surnommé le « Leonard Cohen africain », s’est éteint à l’âge de 65 ans.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 18h19
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Chanteur, guitariste, auteur-compositeur, le Franco-Ougandais Geoffrey Oryema était l’une des voix qui ont compté dans la vogue des musiques et artistes issus du continent africain, en Europe, au cours des années 1980 et 1990. Il est mort le vendredi 22 juin à Lorient (Morbihan), des suites d’un cancer. Il avait 65 ans.
Né en 1953 à Soroti, en Ouganda, d’un père professeur d’anglais et d’une mère directrice d’une compagnie de danse, Geoffrey Oryema grandit à Kampala, la capitale, en apprenant à jouer de la guitare, de la flûte, du lukeme (piano à pouces) de la harpe nanga. Au début des années 1970, il exprime également le désir de devenir acteur, entre dans une école de théâtre, puis va créer sa propre compagnie. « Fou de Brecht, il va d’ailleurs s’inspirer des techniques chères à Stanislavski et Grotowski pour écrire des pièces avant-gardistes. Un théâtre de l’absurde griffé de sons tribaux et d’improvisations, serti d’allégories, nourri de rumeurs et d’onomatopées, dont on retrouvera les influences, plus tard, dans ses chansons », écrit Frank tenaille dans son ouvrage Le Swing du Caméléon (Actes Sud, 2000).
En 1977, après l’assassinat de son père, alors ministre de l’eau et des ressources, commandité par le dictateur Amin Dada (dirigeant le pays depuis 1971), Geoffrey Oryema fuit vers le Kenya, caché dans un coffre de voiture. Il rejoint Paris, où il va vivre plusieurs années avant de s’installer dans l’Ouest de la France. Sa carrière internationale démarre en 1990, avec son premier album, Exile, qui paraît sur le label Real World, fraîchement créé par Peter Gabriel, étoile du rock progressif britannique et ancien leader du groupe Genesis, pour, résume celui-ci, «des musiques qu’on n’entend pas habituellement à la radio et à la télévision ».
Un côté rock
Exile, ses univers mélancoliques et dépouillés (dont le fameux Yé Yé Yé, qui sera choisi en France pour la musique de générique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Notre choix du soir. Ce numéro de la collection « Une maison, un artiste » s’intéresse plus à l’artiste qu’à la maison louée par le compositeur de « Carmen » (sur France 5 à 22 h 35).
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TV - « Georges Bizet, Carmen sur les bords de Seine »

Notre choix du soir. Ce numéro de la collection « Une maison, un artiste » s’intéresse plus à l’artiste qu’à la maison louée par le compositeur de « Carmen » (sur France 5 à 22 h 35).



Le Monde
 |    24.06.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur France 5 à 22 h 35

   


On a peine à croire que Carmen, de Georges Bizet (1875), fut un échec à sa création et que le compositeur, mort trois mois plus tard d’un refroidissement contracté après s’être ­baigné dans la Seine en face de la maison qu’il avait louée à Bougival (Yvelines), n’ait jamais su que son ouvrage allait devenir l’opéra le plus populaire au monde.
Certes, le directeur de l’Opéra-Comique s’est ému de cette ­histoire très immorale selon les canons bourgeois de l’époque ; certes, le public a goûté les ­premiers actes et ses scènes « pittoresques ». Mais, au moment de la mort de la cigarière croqueuse d’hommes, c’en fut trop.
Non, comme l’affirme l’écrivain Eric-Emmanuel Schmitt (dont on se demande pourquoi on l’interroge si longuement alors que, à ses propos ordinaires, on ­préfère ceux de l’excellent Hervé Lacombe, spécialiste reconnu et patenté de Bizet), qu’on « ne meur[e] pas sur la scène de l’Opéra-Comique » (l’année précédente, en 1874, on y avait vu la fin tragique de Mireille, l’héroïne provençale de Charles Gounod). Mais la mort de Carmen lança la vogue, sur cette scène parisienne, des héroïnes sacrificielles – Lakmé (Léo Delibes), Manon (Jules Massenet), Mélisande (Claude Debussy) – qu’on voyait auparavant ailleurs, notamment sur la scène ­ « sérieuse » de l’Opéra.
La revanche posthume viendra vite, à l’Opéra de Vienne puis partout dans le monde. On a même découvert une Carmen en chinois, montée par le metteur en scène français René Terrasson à Pékin, en 1982. Un disque assez exotique a immortalisé ce moment. Parmi les contemporains de Bizet, Nietzsche fait de Carmen l’antidote aux noirceurs toxiques des opéras de Wagner. Brahms, qui le déchiffre à quatre mains avec la grande cantatrice Pauline Viardot (voisine de Bizet à Bougival), y voit un chef-d’œuvre. Tchaïkovski ­annonce prophétiquement que « Carmen sera l’opéra le plus ­célèbre de toute la planète ».
Une façade et deux pièces
Si le portrait de cette villégiature d’artistes qu’était Bougival est bien fait, ce numéro d’« Une ­maison, un artiste » s’attache ­davantage à l’artiste qu’à sa maison, dont seules la façade et deux pièces sont filmées. Bizet était-il seul dans cette location ? Partageait-il un étage avec d’autres ?
Il est par exemple évoqué que Meilhac et Halévy, les librettistes de Carmen, étaient installés au rez-de-chaussée tandis que le compositeur travaillait à l’étage. Pourquoi ne montre-t-on pas ce rez-de-chaussée ? N’est-il plus aménagé comme à l’époque ? Etait-il inondé par une crue de la Seine le jour du tournage ? Y a-t-on installé une boutique de ­babioles et souvenirs ?
Pourquoi le lit de Bizet est-il à une place ? Ses relations matrimoniales sont évoquées. Mais où dormait sa femme ? Lui rendait-elle seulement visite ou le laissait-elle travailler seul (d’autant que, ainsi que le dit Jorge Chaminé, président de l’association des Amis de Georges Bizet, le compositeur sortait de son lit en pleine nuit pour se mettre à son piano d’étude installé dans sa chambre) ?
Pourquoi le piano était-il dans la chambre, et non dans le bureau attenant ? Bizet faisait-il partie des compositeurs qui écrivent à la table et ne se servent du piano que pour vérifier tel ou tel passage ? On pourrait multiplier les questions à la Jean-Jacques Bourdin, parodié par « Les Guignols de l’info » sur Canal+ : en effet, « les Français ont le droit de savoir ! »
Georges Bizet, Carmen sur les bords de Seine, un film de Jean Rousselot, dans le cadre de Ia série documentaire « Une maison, un artiste » sur une idée originale de Patrick Poivre d’Arvor (Fr., 2018, 30 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Porte de la Chapelle, avenue de Flandres ou dans le 5e arrondissement, plusieurs œuvres évoquent la crise des migrants et la politique française face à cette question.
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Banksy peint les murs de Paris pour illustrer la crise des migrants

Porte de la Chapelle, avenue de Flandres ou dans le 5e arrondissement, plusieurs œuvres évoquent la crise des migrants et la politique française face à cette question.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 18h22
   





                        



   


Banksy par-ci, Banksy par-là. Depuis quelques jours, la rumeur enfle, comme le raconte Télérama : l’artiste de rue le plus célèbre du monde serait à Paris. Sa première œuvre a été repérée à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés. A proximité du périphérique, porte de la Chapelle, près de l’ancien centre de premier accueil (CPA) des réfugiés dans le 18e arrondissement, fermé le 31 mars, une petite fille repeint à la bombe à peinture une croix gammée.

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                Banksy peint Steve Jobs sur les murs de Calais pour illustrer la crise des migrants



Dans le 19e arrondissement, avenue de Flandres, l’artiste s’approprie Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, tableau de Jacques-Louis David de 1801. Il montre un Napoléon emberlificoté dans son manteau qui le fait ressembler à une femme voilée…

Banksy devait venir à Paris pour les 50 ans de mai 68. Mais comme il ne sait pas lire un calendrier, il fête avec s… https://t.co/DrCczgIFVH— JDBeauvallet (@JD Beauvallet)


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Des œuvres à Calais
Dans le 5e arrondissement, un autre pochoir montre un homme, cachant une scie dans le dos, donnant à manger un os à un chien, à qui on vient de couper une patte. D’autres peintures avec des rats, sa marque de fabrique, ont été repérées dans la capitale.
Des œuvres peintes au moment où Paris et Rome sont engagés dans un bras de fer autour des migrants et où les dirigeants de seize pays membres de l’Union européenne (UE) participent à un mini-sommet, improvisé et « informel » à Bruxelles pour évoquer des « solutions européennes » à la question migratoire. En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour dénoncer l’attitude du gouvernement français dans la crise de l’Aquarius.

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          Banksy, « génie » ou « imposteur » ?



A la fin de l’année 2015, Banksy avait réalisé quatre œuvres en soutien aux migrants de la « jungle » de Calais, dont un portrait de Steve Jobs, pour illustrer la crise des migrants.

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                Migrants : cacophonie européenne avant le mini-sommet de crise à Bruxelles




Bansky Paris Invasion ! Venu incognito comme toujours, le célèbre street artist a déjà laissé deux œuvres qui témoi… https://t.co/t302gOpZri— Telerama (@Télérama)


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ A voir. Un documentaire relate l’histoire de ce mets populaire. Et, en bonus, livre l’adresse de la meilleure margherita de France (sur Paris Première à 12h00).
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TV - « La très très bonne pizza » : quête et enquête

A voir. Un documentaire relate l’histoire de ce mets populaire. Et, en bonus, livre l’adresse de la meilleure margherita de France (sur Paris Première à 12h00).



Le Monde
 |    24.06.2018 à 10h00
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur Paris Première à 12 h 00



Margherita », « quattro stagioni », « marinara », « diavola », « regina »… Inutile d’en dire davantage. Tout lecteur de ces lignes, gastronome ou non, aura reconnu, à l’énoncé de cette déclinaison, l’un des plats italiens les plus populaires et universels qui soient. Et des plus simples lorsque la pizza se présente dans sa forme classique, respectant la sainte trinité patriotique : vert basilic, blanc mozzarella, rouge tomate. Simple, la margherita, vraiment ? C’est ce qu’on était tenté de penser jusqu’à ce que l’on suive François-Régis Gaudry dans sa quête de la meilleure pizza de France.
Pour ce faire, le chroniqueur gastronomique de Paris Première, épaulé par Alessandra Pieri, fine spécialiste des produits transalpins, et par le chef Alain Cirelli, a parcouru 6 200 kilomètres, écumé du nord au sud une trentaine de villes et visité, en caméra cachée, quelque 102 pizzerias pour dénicher le must de la margherita. Un choix qui ne doit rien au hasard puisque c’est par cette création de Raffaele Esposito – destinée à la reine Marguerite de Savoie – en 1889, à Naples, que tout a véritablement débuté en Italie. Avant que cette spécialité ne migre à Marseille, haut lieu dans l’Hexagone de cette recette dont on retrouve cependant les premières traces dès l’antiquité.

   


Comme on le devine dès l’entame de ce périple croustillant, la quête de la meilleure pizza sert de prétexte pour dévider le fil de son histoire et celle de son expansion en France. Apporté par les émigrés napolitains qui s’installent en nombre dans la cité phocéenne, le disque de pâte roule jusqu’au Sud-Ouest, avant de remonter en Bretagne où, aujourd’hui, les camions « crêpes-saucisses » côtoient ceux des pizzaiolos. Certains des plus fameux – comme la « star » John Bergh – détaillent, du choix des farines à celui des tomates fraîches ou de la mozzarella, les qualités inhérentes à une pizza de haut vol.
Histoire sociale, culinaire, culturelle – le geste tourbillonnant du pizzaiolo est désormais inscrit au patrimoine des biens immatériels de l’humanité de l’Unesco –, c’est tout cela que relatent avec autant d’érudition et de passion que de gourmandise François-Régis Gaudry et ses acolytes. Avant de couronner le lieu où se mitonne la reine des margheritas. Mais… chut ! on vous laisse l’adouber, fourchette en main.
La très très bonne pizza, de François-Régis Gaudry et Anthony Da Silva (Fr. 2018, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ A 88 ans, l’écrivain allemand, toujours en verve, cultive le rejet de l’autorité qui le caractérise depuis un demi-siècle. « Tumulte », autoportrait sceptique, en témoigne.
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édition abonné


Hans Magnus Enzensberger, le réfractaire radical

A 88 ans, l’écrivain allemand, toujours en verve, cultive le rejet de l’autorité qui le caractérise depuis un demi-siècle. « Tumulte », autoportrait sceptique, en témoigne.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 09h00
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            

Un orage tonne sur Munich et l’élégant quartier de Schwabing. Thomas Mann y vécut, et toute une bohème y inventa la liberté des mœurs, au début du XXe siècle. Hans Magnus Enzensberger habite là. A près de 90 ans, rien n’ébranle l’entrain de ce grand romancier, essayiste, poète et dramaturge allemand, qui incarne, non sans ironie, la figure devenue plutôt discrète de l’intellectuel de gauche. Mince, obstinément fumeur et buveur de café, à chaque réplique il rit de lui-même, laissant entendre que le temps joue désormais contre lui.
Dans son dernier livre traduit en français, il mène un dialogue, sous forme théâtrale, avec son propre moi, pour éviter le « mensonge » des autobiographies. « J’ai appliqué dans Tumulte la technique du “dialogue des morts”, venue de l’Antiquité, de Lucien [IIe siècle], reprise par Fontenelle au XVIIIe siècle. La méthode me plaît », dit-il en montrant l’ouvrage qui traîne à propos sur sa table. Dans Hammerstein (Gallimard, 2010), récit sur la vie et la famille d’un général allemand hostile au nazisme, « j’ai aussi discuté avec un disparu et, dans Tumulte, je converse avec moi-même, jeune et vieux. Ces procédés amusants sont destinés à évacuer le pathos de la confession à la Rousseau ».
Excellent connaisseur de la culture française
Parmi les auteurs des Lumières, cet excellent connaisseur de la culture française (récemment, il dit avoir apprécié Eric Vuillard) voue à Diderot une passion « obsessionnelle » et, chaque année, il relit Jacques le fataliste. Contrairement à l’image sombre et dionysiaque de l’écrivain allemand qu’on chérit en France, lui s’inscrirait plutôt dans l’héritage rationaliste goethéen, passant par Heine. « Les Français raffolent du mythe de l’Allemand et de la “Forêt-Noire”, celui du roi des Aulnes à la Tournier », résume Enzensberger. Lequel s’étonne ainsi du succès qu’ont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Je ne serais pas arrivée là si… L’écrivaine, auteure de « Elle s’appelait Sarah », raconte comment sa double culture franco-anglaise l’a construite.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/06/2018
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Tatiana de Rosnay : « Pendant vingt-cinq ans, mon corps a été l’ennemi »

Je ne serais pas arrivée là si… L’écrivaine, auteure de « Elle s’appelait Sarah », raconte comment sa double culture franco-anglaise l’a construite.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h29
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            

Auteure de treize livres dont une ­biographie de Daphné du Maurier, la romancière franco-britannique Tatiana de Rosnay a acquis une notoriété mondiale avec Elle s’appelait Sarah (Héloïse d’Ormesson, 2007), vendu à onze millions d’exemplaires. Trois de ses ­romans ont aussi été portés à l’écran. Elle a récemment publié Sentinelle de la pluie, et elle vient de signer la pétition d’une quarantaine d’« auteurs en colère » contre l’évolution ­prévue de leur régime social et fiscal.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais pas un cerveau hybride. Un ­cerveau franglais. Cette double culture, ­anglaise par ma mère, française par mon père, cette dualité, cette richesse, le fait d’être coincée entre deux pays qui adorent se détester, tout cela m’a donné un point de vue ­singulier. L’envie de lire, puis de devenir ­écrivain. J’ai deux langues d’écriture – nous ne sommes pas très nombreux dans ce cas. Et je suis incapable de choisir entre les deux. Au point que j’envisage d’écrire un roman à la fois en français et en anglais.
Enfant, vous étiez constamment plongée dans les livres ?
J’étais un « ver de livres », comme on dit en anglais. Je les dévorais ! Je lisais en anglais, en français, Jules Verne comme Edgar Poe, Enid Blyton comme la comtesse de Ségur. En grimpant sur le canapé, j’attrapais les livres tout en haut de la bibliothèque. A 11 ans, je ­lisais Lolita, de Nabokov, ou L’Amant de Lady Chatterley. Mes parents, ça ne les dérangeait pas…
Mais c’est la littérature anglo-saxonne qui a façonné mon imaginaire. L’envergure de la nature qui y est décrite, le côté macabre d’Edgar Allan Poe, les secrets des sœurs Brontë… Quand j’avais 11 ans, toujours, pour Noël, ma mère m’a offert Rebecca, de Daphné du Maurier. Cela m’a fascinée… Cette ­noirceur ! L’absence de fin, cette espèce de fantôme qu’on ne voit jamais, et le manoir traité comme un personnage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Né à Dallas, au Texas en mars 1964, il avait fondé Pantera avec son frère, le guitariste « Dimebag » Darrell Abbott, le bassiste Rex Brown, Terry Glaze (guitare) et le chanteur Donnie Hart.
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Mort de Vinnie Paul, batteur et cofondateur de Pantera

Né à Dallas, au Texas en mars 1964, il avait fondé Pantera avec son frère, le guitariste « Dimebag » Darrell Abbott, le bassiste Rex Brown, Terry Glaze (guitare) et le chanteur Donnie Hart.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 15h05
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 15h24
   





                        



Vincent Paul Abbott, plus connu sous le nom de Vinnie Paul, le cofondateur et batteur du groupe de heavy metal Pantera, est mort, à Las Vegas, annonce le groupe, sur Facebook et Twitter, samedi 23 juin. La cause de sa mort est inconnue.

Vincent Paul Abbott aka Vinnie Paul has passed away.
Paul is best known for his work as the drummer in the bands
— Pantera (@Pantera)


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Né à Dallas, au Texas en mars 1964, il avait fondé Pantera avec son frère, le guitariste « Dimebag » Darrell Abbott, le bassiste Rex Brown, Terry Glaze (guitare) et le chanteur Donnie Hart. La carrière du groupe décolle réellement en 1990, avec l’album Cowboys from Hell et se poursuit jusqu’en 2003 et la dissolution du groupe.
En 2004, les frères Abbott montent un nouveau groupe, Damageplan, dont la carrière est interrompue lorsqu’un homme monte sur la scène sur laquelle se produit le groupe et abat Darrell Abbott ainsi que trois autres personnes.
En 2006, Vinnie Paul forme Hellyeah, un nouveau groupe, qui comprend Chad Gray, Greg Tribbett de Mudvayne, Tom Maxwell de Nothingface, Jerry Montano de Danzig et Nothingface.
Vinnie Paul mettait en avant ses racines texanes pour expliquer son style de jeu : « le Texas en fait partie, j’ai grandi avec une bonne dose de ZZ Top et de Stevie Ray Vaughan, mais j’ai aussi été versé dans le metal dès le premier jour. Led Zeppelin, Black Sabbath, Kiss, Van Halen, tous mes groupes préférés avaient de superbes grooves sur leur musique », expliquait-il au site Onlinedrummer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Un podcast donne la parole à des féministes qui démystifient le rôle de la masculinité dans notre société (sur Binge audio à la demande).
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« Les Couilles sur la table » : quand les femmes parlent des hommes

Un podcast donne la parole à des féministes qui démystifient le rôle de la masculinité dans notre société (sur Binge audio à la demande).



Le Monde
 |    23.06.2018 à 13h00
    |

            Mustapha Kessous








                        


Podcast sur Binge audio

   


Les femmes ont mis du temps – et c’est peu dire – avant d’avoir la possibilité de pratiquer un sport en toute liberté. Dans l’Antiquité, lors des Jeux olympiques, interdiction leur était faite de se rendre au stade ; seules les jeunes filles vierges pouvaient assister aux épreuves. Bien plus tard, le père de l’olympisme moderne, Pierre de Coubertin, estimait que les Jeux devaient « être réservés aux hommes » car, disait-il, « le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs ».
Et lorsqu’il les vit, dans les années 1920, taper dans un ballon et revendiquer le droit de participer à des compétitions, le baron déclara, avec sa misogynie légendaire : « S’il y a des femmes qui veulent jouer au football ou boxer, libre à elles, pourvu que cela se passe sans spectateurs, car les spectateurs qui se groupent autour de ­telles compétitions n’y viennent point pour voir du sport. »
Près d’un siècle plus tard, à l’heure du Mondial en Russie, ­Victoire Tuaillon, animatrice d’un podcast au titre irrévérencieux, « Les Couilles sur la table », se demande « pourquoi le sport reste encore un truc de mec ».
Réflexion pertinente
Pour répondre à cette question, elle interroge Thierry Terret, historien du sport, qui, pendant trente minutes, va déconstruire « cette évidence » : l’effort et la ­performance physique ne sont pas l’apanage des hommes. Avec sagacité, il démontre également comment le sport est devenu un marqueur essentiel de la virilité.
Lancée en septembre 2017, un jeudi sur deux, cette émission ­sonore est devenue un rendez-vous où essentiellement des ­féministes mais aussi des anthropologues et des activistes parlent sans détour du rôle des hommes au quotidien. Il n’est pas question ici de les mettre au banc des accusés, mais de comprendre pourquoi les sociétés sont dominées par la masculinité et comment celle-ci concourt à rendre les femmes invisibles. Sur les vingt épisodes disponibles, plusieurs sujets comme « La contraception masculine : au tour des hommes » ou encore « Les harceleurs au travail » ont été abordés. Réflexion pertinente sur les relations entre le masculin et le féminin, ce podcast permet de s’interroger sur les préjugés envers le sexe opposé.
« Les Couilles sur la table », animé par Victoire Tuaillon (un jeudi sur deux, 30 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Centre Getty de Los Angeles ou le MET de New York diffusent leurs collections en libre accès sur Internet. Les institutions françaises se montrent réticentes. Certains appellent à un débat national.
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Open access : les musées français à la traîne

Le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Centre Getty de Los Angeles ou le MET de New York diffusent leurs collections en libre accès sur Internet. Les institutions françaises se montrent réticentes. Certains appellent à un débat national.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 13h51
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            
Un tabou serait-il en train de tomber ? Mardi 13 mars, Emmanuel Macron reçoit pour déjeuner à l’Elysée les directeurs des grands musées français. Ils sont vingt-six, à qui il demande les points qu’il leur semble essentiel de faire évoluer. Restitution, circulation des œuvres, gratuité…
Quand vient le tour de Jean-Luc Martinez, directeur du ­Louvre, celui-ci soulève une question qui semblait inconcevable il y a peu encore : l’accès aux collections en open data – c’est-à-dire de manière gratuite et immédiate pour tous –, avec la possibilité d’imprimer les images des œuvres, de les reproduire, de les diffuser.
400 000 œuvres en haute définition
C’est ce qu’ont fait le Rijksmuseum à Amsterdam, pionnier en la matière depuis 2010, le Centre Getty à Los Angeles, la National Gallery of Art à Washington ou encore le Metropolitan Museum de New York qui a mis en ligne, en 2017, 400 000 œuvres en haute définition, téléchargeables gratuitement pour peu qu’il n’en soit pas fait d’usage commercial.
« Les travaux de recherche sont impactés par la question des images. Et il y a des domaines qui sont dans un trou noir faute de pouvoir accéder aux œuvres », affirme Martine Denoyelle, conservatrice en chef du patrimoine
Or, dans le monde d’Internet, où le libre accès est devenu l’usage, la France est à la traîne, plaident les partisans de l’open data. « Partout en Europe, il ne se passe pas une semaine sans qu’un musée, une bibliothèque ne s’y mette », affirme Martine Denoyelle, conservatrice en chef du patrimoine, qui, à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), a été chargée par la Fondation de France de préparer pour cet automne un livre blanc sur la question. Voire.
Ne serait-ce que l’Italie ou l’Allemagne ne sont guère plus avancées. Reste que, ici comme là-bas, « les travaux de recherche sont impactés par la question des images. Et il y a des domaines qui sont dans un trou noir faute de pouvoir accéder aux œuvres », affirme-t-elle....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ L’institut ouvre au public mardi 26 juin dans le quartier de Montparnasse, avec une exposition consacrée aux liens entre l’artiste suisse et Jean Genet
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Un écrin pour Giacometti à Paris

L’institut ouvre au public mardi 26 juin dans le quartier de Montparnasse, avec une exposition consacrée aux liens entre l’artiste suisse et Jean Genet



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h17
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

« Ce lieu est petit, mais il est utilisé au maximum, c’est comme un couteau suisse. » La formule est amusante pour décrire l’écrin offert à l’œuvre de l’artiste suisse, Alberto Giacometti (1901-1966), aux figures fines comme des lames. Elle est de Catherine Grenier, directrice de la Fondation Giacometti et de son institut, qui ouvrira au public mardi 26 juin, dans le quartier Montparnasse, à Paris.
L’institut occupe une élégante maison art déco, à quelques dizaines de mètres de la Fondation Cartier. L’architecte Pascal Grasso l’a réaménagée de façon contemporaine tout en conservant les raffinés décors historiques : tapisseries, fresques, cheminées, mosaïques. « C’est un bâtiment classé, les décors sont inscrits, tout est restauré, on n’est pas dans le pastiche », précise la maîtresse des lieux. Cette approche vaut surtout pour le premier étage, où se déploie l’exposition temporaire inaugurale, « L’Atelier d’Alberto Giacometti vu par Jean Genet ».
L’entrée dans le bâtiment, au rez-de-chaussée, ouvre sur un espace blanc qui descend en gradins vers l’atelier de Giacometti, exposé, lui, de manière permanente. Point de pastiche là non plus, mais une reconstitution à l’identique de son espace de création, qui se trouvait à quelques rues de là.
Tout est là jusqu’aux mégots
L’ensemble avait été archivé à la mort de l’artiste par sa veuve, Annette Giacometti. Même les murs recouverts de dessins de cet exigu studio, dont il n’était pas propriétaire, avaient été démontés. La beauté fantomatique de ces 23 m2 immortalisés par tant de photographes est intacte. Son mobilier rudimentaire, ses fins pinceaux, les brosses avec lesquelles il enlevait des détails, les bouteilles de térébenthine : tout est là, jusqu’aux mégots dans le cendrier. Et surtout ses pièces en cours. L’ultime, un portrait en terre non cuite du photographe Eli Lotar encore jamais montré et à la dégradation inexorable. Au total, plus de 70 sculptures,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ « Everything Is Love », premier album commun du couple, frappe par son inertie. « On n’imaginait pas qu’un disque de Beyoncé puisse nous faire pioncer. »
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L’album de Beyoncé et Jay-Z, un pétard mouillé

« Everything Is Love », premier album commun du couple, frappe par son inertie. « On n’imaginait pas qu’un disque de Beyoncé puisse nous faire pioncer. »



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 06h43
    |

            Aureliano Tonet








                        



   


Critique musicale. Il faudrait être héroïquement dur de la feuille pour ne pas avoir eu vent de la parution inopinée de Everything Is Love. Le premier album commun de Beyoncé et Jay-Z, signé sous pseudonyme marital – The Carters –, a été lâché, entre le 16 et le 18 juin, sur les plates-formes d’écoute en ligne, comme on déverserait une pluie de projectiles.
Sitôt l’artillerie sortie – les premières rafales ont résonné à Londres, par où passait la tournée européenne du couple –, tout ne fut plus que raffut : gazettes et gazouilleurs glosèrent à foison, amplifiant de plus belle le boucan. Mais qui a vraiment prêté l’oreille ? « Entendre un coup de tonnerre ne prouve pas qu’on a l’ouïe fine », théorisait Sun Tzu dans son Art de la guerre (1078).
De fait, l’examen des réactions laisse coi. Les commentaires suscités par le clip du morceau Apeshit, tourné au Louvre, pourraient remplir plusieurs traités de gnoséologie. La solidité retrouvée des amants, mise en scène avec la même impudeur que leurs errements l’avaient été sur des disques précédents, a soulagé les suiveurs d’histoires, les leveurs de pouces et les posteurs de cœurs. Quant aux piques envoyées aux West-Kardashian – un vieux couple d’amis des Carters –, elles ont fait tiquer quelques-uns, et cliquer tout le monde. L’anecdotique, en somme, a mis au pas la musique. Allez savoir, c’était peut-être la stratégie visée ; car, anecdotique, la musique jouée sur Everything Is Love l’est de pied en cap.

Sun Tzu, encore : « A la guerre, tout est affaire de rapidité. On profite de ce que l’autre n’est pas prêt, on surgit à l’improviste. » En plus de deux décennies de carrière, c’est d’abord par leur vélocité que Shawn Carter (alias Jay-Z), 48 ans, et Beyoncé Knowles, 36 ans, ont fait céder les résistances – on doit hélas en vaincre un sacré bataillon, quand on est afro-américain et que l’on vit de musique. Visez les alter ego qu’ils se sont choisis : un milliardaire à l’ascension éclair (Rockefeller) pour le rappeur-businessman, divers objets volants (abeilles, fusées) pour la diva. De concert, ils se fantasment en fugitifs, façon Bonnie and Clyde, de qui leur tournée commune tire son nom (« On the run »).
Une mélasse tiédasse
Les voici en état d’arrestation. Quoi, ceux-là même qui, d’albums surprises en chorés records, ont fait bouger tant de lignes esthétiques, politiques et commerciales ? Comment, parle-t-on bien du duo dont les obus rap-r’n’b ont dominé la B.O. des années Obama ?
Oui, mon général : pétard mouillé. On n’imaginait pas qu’un disque de Beyoncé puisse un jour nous faire pioncer ; Everything Is Love y parvient sans forcer. Figées par les filtres vocaux – pommade cosmétique dont elle n’avait guère abusé jusqu’ici –, les mélodies de dame Knowles pataugent dans une mélasse tiédasse, dont ne réussit jamais à la sortir sieur Z, débit envasé, verve enlisée. Recrutée au galon, la légion d’arrangeurs qui se relaie sur les neuf morceaux n’arrange rien, au contraire : il est rare que des producteurs aussi chevronnés que Pharrell Williams, Mike Dean ou David Sitek ratent à ce point leur cible.

        Lire aussi :
         

                « La vidéo de Beyoncé et Jay-Z au Louvre renvoie à un défi des grands musées : faire parler de soi »



Le Louvre, qui sert aussi de décor à la pochette, était pourtant une réserve idéale d’allégories : le vieux temple de l’art blanc viriliste, pris d’assaut par un éminent « power-couple » noir, oh le beau symbole ! On y lira, pour notre part, l’aveu d’un ménage en voie de muséification, comme pétrifié par sa propre légende : « Je n’arrive pas à croire qu’on ait réussi », ressasse Beyoncé sur Apeshit, devant un marbre.
« Trente millions de vues en cinq jours : pas si mal pour deux momies ! », me direz-vous. Quitte à mater un clip, regardez plutôt celui de This is America de Childish Gambino, qui compte dix fois plus de vues, en moins de deux mois : ici, les convulsions racistes de l’Amérique sont diligemment et intelligemment dansées, pulsées, pensées.
Sun Tzu, toujours : « Toute campagne guerrière doit être réglée sur le semblant ; feignez le désordre, ne manquez jamais d’offrir un appât à l’ennemi pour le leurrer. » Et si le couple stratège se jouait de nous ? Et si son ennuyeuse thérapie conjugale dissimulait quelque offensive cachée ? Prêtons l’oreille à la seule chanson digne de ce nom, Heard About Us, où princesse Beyoncé retrouve ce qu’il lui reste de prestesse : « Pas besoin de demander si vous avez entendu parler de nous/Nous savons déjà ce que vous savez de nous. » 
En nous faisant douter de l’amour que nous portons à ses auteurs endormis, Everything Is Love attise paradoxalement notre attention. Assoupir, aguerrir, même combat.
« Everything Is Love », de The Carters (Roc Nation / Sony).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ En 1968 paraissait « Le Devoir de violence », du Malien Yambo Ouologuem, prix Renaudot vite terni par des accusations de plagiat, et oublié. Le voici réédité.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Histoire d’un livre. Retour sur l’affaire Ouologuem

En 1968 paraissait « Le Devoir de violence », du Malien Yambo Ouologuem, prix Renaudot vite terni par des accusations de plagiat, et oublié. Le voici réédité.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 09h00
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Le Devoir de violence, de Yambo Ouologuem, Seuil, 304 p., 19 €.

Un scandale. Voilà ce qu’avait fini par évoquer le titre Le Devoir de violence. Paru au Seuil en 1968, ce premier roman a fait le succès fulgurant d’un auteur malien inconnu : Yambo Ouologuem (1940-2017), premier Africain récompensé par le prix Renaudot. Mais en 1972, l’écrivain, traduit dans dix pays, fut accusé de plagiat. Plus tard, l’éditeur français cessa les réimpressions. Et Le Devoir de violence devint un livre fantôme.
2018 marque ses 50 ans et son retour en librairie, dans sa collection d’origine au Seuil, « Cadre rouge », qui publie la littérature française générale. La maison a lancé le projet en 2016 en accord avec la fille de l’écrivain. « Nous avons décidé de rééditer dans un souci de mise à disposition du texte, de devoir de mémoire et de transparence », explique Frédéric Mora, directeur du département littérature de la maison. Le Seuil a également ouvert ses archives, déposées à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), qu’a consultées Jean-Pierre Orban, chercheur de l’équipe Manuscrits francophones de l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM/CNRS-ENS). Il en a tiré un article passionnant : « Livre culte, livre maudit : histoire du Devoir de violence, de Yambo Ouologuem » (à consulter sur la revue en ligne Continents manuscrits), qui retrace son destin.
Le 20 avril 1967, Yambo Ouologuem envoie Le Devoir de violence au Seuil. C’est le quatrième manuscrit adressé par le jeune auteur malien, qu’une note interne désigne comme « à suivre », malgré les refus. Ce texte, racontant l’histoire, sur huit siècles, de la dynastie des Saïfs, à l’origine de laquelle se trouve un juif noir, est à son tour rejeté (les notes de lecture, sévères, sont parfois teintées de racisme). Mais l’éditeur Jean Cayrol, lui, le qualifie d’« A la recherche...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de programmes et de podcasts à (re)découvrir en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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Du rock, une légende, un souvenir d’enfance : nos choix de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de programmes et de podcasts à (re)découvrir en différé.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 18h38
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Le foot vous fatigue ? Voilà quelques programmes pour vous éloigner des pelouses : le portrait d’une comédienne libre, de l’histoire en musique, l’épopée alarmante des pêcheurs sénégalais et une excursion radiophonique de haut vol.
Bernadette Lafont, de vamp à mamie piquante



Il y a des morts qui sont vraiment moches. Celle de Bernadette Lafont, le 25 juillet 2013, d’une crise cardiaque, en fait partie. A 74 ans, elle avait l’air tellement en forme, cette brune piquante, cette « vamp » de la Nouvelle Vague devenue blond platine, avec sa gouaille parigote qui avait remplacé le léger accent du Sud qu’on entend dans ses premiers entretiens télévisés. La documentariste Esther Hoffenberg trace un portrait de l’actrice en forme de « Lettre à… », de ses débuts chez François Truffaut et Claude Chabrol, en noir et blanc, à son avant-dernier long-métrage, Paulette (2012), de Jérôme Enrico, qui la montrera en mamie dealeuse de drogue.
Ce film riche, tendre, informatif, pudique et juste, nous fait regretter la pétillante présence de cette belle fille et grande comédienne partie trop tôt. Car, on en est certain, d’autres rôles de vieille dame indigne l’attendaient. Renaud Machart
« Bernadette Lafont : et Dieu créa la femme libre », d’Esther Hoffenberg (Fr., 2016, 65 min). Disponible sur Arte.fr jusqu’au 26 juin et rediffusion le samedi 23 juin à 6 h 15 sur Arte.
La playlist du Vietnam

   


Période bénie pour la pop, le rock ou le folk que cette décennie 1965-1975. Ce volet de la série documentaire Soundtrack, qui retrace huit événements historiques à travers leur bande-son, rappelle l’importance de la musique dans la société américaine de l’époque. Jamais celle-ci n’a pris une telle place lors d’un conflit armé, aussi bien chez les soldats que parmi les civils. Musiciens (Bruce Springsteen, Eric Burdon, David Crosby, Joan Baez, Ben Harper entre autres), journalistes, anciens soldats témoignent tout au long de ces quarante minutes émouvantes.
Et les nombreuses images d’archives, en couleurs ou en noir et blanc, rappellent la violence de l’époque : pas seulement en première ligne, lors d’une guerre atroce au-dessus de laquelle flotte l’odeur du napalm, mais aussi dans les villes américaines et sur les campus. Alain Constant
« Soundtrack : Kent State et la guerre du Vietnam » (EU, saison 1, ép. 3/8, 2017, 50 min). Rediffusion le 23 juin à 22 h 45 sur Histoire.
De Lorient à Joal-Fadiouth : l’odyssée des pêcheurs sénégalais

   


En France, les patrons pêcheurs peinent à recruter ; ils se tournent donc vers une main-d’œuvre moins chère et motivée : les marins sénégalais. Ces derniers quittent leur pays, où la pêche ne leur rapporte presque rien. Ainsi, plus de 500 pêcheurs sénégalais travaillent sur les côtes bretonnes et envoient de l’argent à leurs familles.
De Lorient au port sénégalais de Joal-Fadiouth, ce documentaire percutant décrypte la crise du secteur halieutique à travers les trajectoires de ces réfugiés écologiques en transit. Au Sénégal, les mareyeurs doivent faire face à la prolifération d’une pêche artisanale non réglementée et à la concurrence industrielle. Les poissons désertent peu à peu les eaux, et les jeunes n’ont qu’une envie : partir en Europe, parfois au péril de leur vie. Camille Langlade
« La vague à l’âme », de Sébastien Daycard-Heid et Bertrand Dévé (26 min). Sur France24.com.
Cap sur le pays imaginaire

   


Le 9 mars, France Culture enregistrait à la Maison de la radio le concert fiction Peter Pan ou le garçon qui ne grandissait pas, tiré de l’œuvre de James Matthew Barrie (Peter Pan, or The Boy Who Wouldn’t Grow up), qui fut d’abord une pièce de théâtre (1904) avant de devenir un roman (1911). En s’inspirant des fragments de notes de l’écrivain, Andrew Birkin en a écrit une version radiophonique.
Accompagnée par l’Orchestre national de France et la Maîtrise de Radio France, cette œuvre ravira les oreilles des petits, comme des grands. Sur scène, trois ensembles se côtoient : l’orchestre et ses chœurs, la cellule de bruitage et les acteurs pour un résultat audio saisissant. Mettez un casque, fermez les yeux et envolez-vous vers un pays imaginaire aux côtés de Peter Pan, Wendy Darling et ses frères, le Capitaine Crochet, et les autres. Un voyage musical magistral. Camille Langlade
« Peter Pan ou le garçon qui ne grandissait pas », adaptation d’Andrew Birkin d’après « Peter Pan, or The Boy Who Wouldn’t Grow up », de James Matthew Barrie. A réécouter sur FranceCulture.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Anthropologue d’origine colombienne, il montre, par une critique radicale, à quel point le récit de la modernité est centré sur l’Occident.
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Arturo Escobar, pourfendeur du développement

Anthropologue d’origine colombienne, il montre, par une critique radicale, à quel point le récit de la modernité est centré sur l’Occident.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 07h33
    |

            Nicolas Bourcier








                        



                                


                            

Un prophète aux cheveux longs. Une voix étonnamment douce, un regard fixe, une pensée complexe et contagieuse. Au milieu des années 1970, dans une chambrée quelque part du côté du campus de l’université Cornell, dans l’Etat de New York, un jeune homme originaire de Colombie s’interroge. Ses études en biochimie ne l’intéressent plus. L’époque est à la contre-culture. On parle de Nord et de Sud, de démocratie et d’impérialisme, d’activisme aussi. Et puis il y a cette famine au Sahel qui revient dans toutes les discussions.
Arturo Escobar écrit trente pages, son premier texte en anglais. Un jet nourri contre la « révolution verte », cette politique de transformation des agricultures des pays dits en développement, fondée sur l’intensification et l’utilisation de céréales à haut rendement. « Il n’y avait pas encore cette radicalité de la critique », dira-t-il plus tard. Elle viendra avec le temps et les lectures. Mais déjà l’étudiant dénonce, par une étourdissante mise en abyme du système, les politiques de lutte contre la faim et les aides au développement : « Ces politiques ne résolvent pas le problème, elles le perpétuent. »
Des indigènes du sud aux ZAD
Sa plume sera son viatique et sa boussole. Grâce à elle, il construit une grammaire de luttes, un corpus de combat. Une structure, diront les spécialistes, à la fois théorique et pratique. Lui s’engage, change de cursus et de curseur, de focale aussi, en nous rappelant d’où il vient et d’où nous venons. Il interroge la modernité, observe les relations entre les peuples, entre les anciennes colonies et les anciens colons, questionne et décompose les rapports entre dominants et dominés.
« Il est un passeur de sens », dit l’ethnologue Irène Bellier, directrice de recherches au CNRS
Aujourd’hui, à 66 ans, Arturo Escobar a solidement planté son élégante et fine silhouette dans le milieu de la pensée critique globale. Il a écrit une dizaine de livres, collaboré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’ architecte en chef des Monuments historiques estime que l’on est peu outillé pour s’occuper des édifices récents.
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François Chatillon : « Le patrimoine du XXe siècle meurt de la normalisation »

L’ architecte en chef des Monuments historiques estime que l’on est peu outillé pour s’occuper des édifices récents.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h01
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

François Chatillon est architecte en chef des Monuments historiques. Son équipe a restauré des joyaux du XXe siècle : les halles du Boulingrin de Freyssinet à Reims, l’appartement-atelier de Le Corbusier à Boulogne-Billancourt (Hauts-deSeine) et sa Cité de refuge à Paris, ainsi que la ­piscine des Amiraux, de Sauvage ou la Maison des sciences, de l’homme de Lods, Depondt et Beauclair.

Quelles sont les difficultés qui freinent les interventions sur des constructions contemporaines ?
Le problème est l’apparente proximité des architectes avec le patrimoine récent. On croit le connaître parce que les techniques paraissent similaires. Bien que l’on soit souvent dans un mode analogue, de type industriel, les choses ont beaucoup changé. Les constructions d’il y a trente ans semblent simples au niveau conceptuel, mais elles sont très complexes dans le ­détail. La proximité historique laisse croire aux architectes qu’ils peuvent facilement intervenir, c’est faux. Il y a cette fausse idée que tout le monde peut maîtriser ce patrimoine.
Les choses ne sont-elles pas en train de changer ?
Il y a un intérêt récent pour ce patrimoine. Il faut s’en réjouir, mais nous n’avons pas encore les outils pour bien s’en occuper. Le travail est assez simple, mais long. Avant tout programme, il faut faire des études préliminaires pour ce que l’on appelle la valorisation : par l’analyse, par les coûts, par le regard, par l’étude scientifique. Il faut arriver à se poser la question : est-ce que ça a une ­valeur, et laquelle ?
La présence d’un architecte du patrimoine dans les équipes offre-t-elle une garantie légale ?
L’architecte du patrimoine n’est pas un représentant de l’Etat. Il a fait le plus souvent une formation à l’école de Chaillot. Pour un ­projet de type « greffe contemporaine » où se pose un problème patrimonial, on l’intègre dans l’équipe. Il se crée, aussitôt,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ A l’instar de la Maison du peuple de Clichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine, des constructions remarquables sont en danger, bousculées par des investisseurs privés.
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Menaces sur le patrimoine architectural du XXe siècle

A l’instar de la Maison du peuple de Clichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine, des constructions remarquables sont en danger, bousculées par des investisseurs privés.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h57
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 06h43
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Le geste est violent. Haute de 96 mètres, enveloppée d’une ­résille en béton fibré couleur pierre, la tour parallélépipédique impose son écrasante présence, surplombant la Maison du peuple de ­Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) à ­laquelle elle est accolée.
Si le projet voit le jour, l’un des bâtiments les plus importants de l’entre-deux-guerres, construit entre 1935 et 1938 par les architectes Eugène Beaudouin (1898-1983) et Marcel Lods (1891-1978), assistés en particulier par le constructeur Jean Prouvé (1901-1984), risque de ne plus être que l’ombre de lui-même, oblitéré par son excroissance de vingt-sept étages.

Cette intrusion, née de l’appel à projets ­Inventons la Métropole du Grand Paris, dont l’objectif est de créer des passerelles entre les mairies et des investisseurs potentiels, pourrait créer une situation inédite : en dépit des textes qui devraient lui garantir une nécessaire protection, jamais un bâtiment ­contemporain à haute teneur patrimoniale ne serait à ce point bafoué. « Les appétits ­suscités par la spéculation immobilière dans le cadre du Grand Paris sont-ils au-dessus des lois ? », s’interroge le conservateur général honoraire du patrimoine, administrateur de Sites & Monuments, Bernard Toulier.
Le projet, porté par le groupe Duval, prévoit d’installer dans la tour un hôtel de luxe Hyatt, un restaurant gastronomique, ainsi qu’une centaine d’appartements de grand standing avec vue panoramique. La Maison du peuple devrait, elle, être restaurée afin d’accueillir un concept de type cuisine et ­culture où cohabiteraient un pôle fooding et services et un espace de présentation des collections permanentes du Centre Georges-Pompidou, partenaire de l’opération.
« Ce n’est pas la première fois qu’il y a co-visibilité entre un monument historique et une création, se défend Rudy Ricciotti, l’auteur de la tour. Pourquoi, là, ça serait interdit? » L’architecte , qui évoque dans cette affaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Notre choix du soir. A travers les musiques américaines des années 1965-1975, ce documentaire dessine les fractures de la société (sur Histoire à 20 h 40).
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TV - « Kent State et la guerre du Vietnam »

Notre choix du soir. A travers les musiques américaines des années 1965-1975, ce documentaire dessine les fractures de la société (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40

   


Période bénie pour la pop, le rock ou le folk que cette décennie 1965-1975. Ce volet de la série documentaire Soundtrack, qui retrace huit événements historiques à travers leur bande-son, rappelle, si besoin, l’importance de la musique dans la société américaine de l’époque. Jamais celle-ci n’a pris une telle place lors d’un conflit armé, aussi bien chez les soldats que parmi les civils.
Au front comme au pays, la musique est partout. Elle aide les GI à tenir le coup et les militants pacifistes à chanter leur colère. Sans oublier certains tubes « nationalistes » atypiques, comme La Ballade des bérets verts, interprété martialement par le sergent Sadler en 1966 et qui resta, pendant des semaines, en tête des ventes, devant les Rolling Stones ou les Beach Boys ! Tout au long de ce film, les tubes résonnent et leurs textes sont décryptés.
Musiciens (Bruce Springsteen, Eric Burdon, David Crosby, Joan Baez, Ben Harper entre autres), journalistes, anciens soldats témoignent tout au long de ces quarante minutes émouvantes. Et les nombreuses images d’archives, en couleurs ou en noir et blanc, rappellent la violence de l’époque : pas seulement en première ligne, lors d’une guerre atroce au-dessus de laquelle flotte l’odeur du napalm, mais aussi dans les villes américaines et sur les campus.

C’est d’ailleurs sur les pelouses de l’université d’Etat de Kent (Ohio) que, en mai 1970, ont lieu des événements qui vont profondément choquer l’Amérique. Et, par là même, voir naître un tube sortant de l’ordinaire. Les images tournées sur les lieux sont glaçantes : le 1er mai 1970, une manifestation antimilitariste sur le campus est violemment réprimée. Deux jours plus tard, face aux caméras, James A. Rhodes, gouverneur de l’Ohio, annonce : « Nous allons utiliser tous les moyens de police nécessaires pour expulser les manifestants ». Apprenant que l’école des officiers de réserve, située sur le campus, a été incendiée, il annonce : « Nous allons éradiquer le problème. »
Le 4 mai, la garde nationale est appelée en renfort. On fait croire aux uniformes verts que des agitateurs communistes préparent une révolution. Alignés en haut d’une petite colline surplombant les pelouses, les gardes nationaux pointent leurs fusils sur les étudiants. Des tirs fusent, sans sommation. On relèvera quatre morts, deux filles et deux garçons. On voit un professeur, présent sur les lieux, demander à un responsable de l’université d’arrêter le massacre. Ce dernier ne lui répond pas. Le pays est en état de choc. Apprenant la nouvelle, Neil Young prend sa guitare, compose et enregistre en une journée Ohio qu’il jouera avec ses amis Crosby, Stills et Nash. Le refrain martèle en boucle : « Quatre morts dans l’Ohio. »
Pendant des semaines, la chanson est diffusée sur toutes les radios du pays. Dans les manifestations, on peut lire sur des pancartes : « 48 700 soldats américains et quatre étudiants morts. Pourquoi ? » Le drame de Kent State marque les esprits, mais il n’est pas le seul. Comme le rappelle un témoin : « La garde nationale a aussi tiré sur des étudiants à Jackson State et South Carolina State. Mais comme se sont deux facultés historiquement à majorité noire, il y a eu moins de retentissement qu’à Kent State où ce sont des étudiants blancs qui ont été tués… »
Kent State et la guerre du Vietnam (EU, saison 1, ép. 3/8, 2017, 40 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ A voir aussi ce soir. Sharmeen Obaid-Chinoy relate l’histoire vraie de Saba, jeune fille victime d’un crime d’honneur (sur Planète + CI à 21 h 00).
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TV - « Une fille dans la rivière. Le prix du pardon »

A voir aussi ce soir. Sharmeen Obaid-Chinoy relate l’histoire vraie de Saba, jeune fille victime d’un crime d’honneur (sur Planète + CI à 21 h 00).



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h30
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur Planète + CI à 21 h 00

Il aura fallu le meurtre par son frère de Qandeel Baloch, une star des réseaux sociaux au Pakistan, mais également Une fille dans la rivière, de Sharmeen Obaid-Chinoy, couronné de l’Oscar du meilleur court-métrage ­documentaire en 2016, pour que le Parlement pakistanais légifère, en octobre 2016, contre les « crimes d’honneur ». Des crimes dont les femmes sont les premières victimes. Jusqu’alors, selon une disposition du code pénal, inspiré du droit islamique, les auteurs de ces crimes pouvaient être acquittés s’ils obtenaient le pardon des proches de la victime, contre une compensation financière.

        Lire aussi :
         

                Le Pakistan durcit sa loi contre les « crimes d’honneur »



Forte d’un premier Oscar en 2012, avec Saving Face, consacré à un chirurgien revenu au Pakistan pour aider des victimes d’attaque à l’acide, Sharmeen Obaid-Chinoy a poursuivi son combat pour ­dénoncer le sort des femmes, ­tenues sous le joug de traditions archaïques. Et l’iniquité d’une loi qui protège les criminels. Comme l’illustre de manière douloureuse et souvent glaçante l’histoire réelle de Saba, l’héroïne d’Une fille dans la rivière.
C’est là, précisément, qu’aurait dû finir la jeune femme, si elle n’était parvenue, dans un dernier sursaut, à sortir du bac de toile dans lequel l’avaient jeté son père et son oncle, après qu’ils l’ont enlevée, battue et blessée au visage d’un coup de revolver. Sa faute : avoir décidé de se marier avec l’homme qu’elle aimait et non ­celui désigné par son oncle.
Pression sociale et familiale
Les deux hommes arrêtés n’exprimeront aucun regret. Question de fierté et d’honneur. Un terme qui revient comme une antienne dans leur bouche, tout comme dans celles de la mère et de la sœur de Saba. Question de peur et de soumission. Mais aussi dans les arguments des notables du quartier qui, au nom de la paix sociale, feront pression sur Saba, allant jusqu’à lui désigner un autre avocat que le sien, favorable au pardon. Aussi héroïque soit-elle – car rares sont les femmes qui portent plainte –, Saba sera contrainte de céder aux injonctions sociales et aux menaces pesant sur sa belle-famille.
Tout autant que ces crimes désormais bannis, c’est cette insupportable pression, cette loi du silence qui continue encore de tuer, que dénonce ce film où sourd la colère d’une jeune fille balafrée.
Une fille dans la rivière. Le prix du pardon, de Sharmeen Obaid-Chinoy (Pakistan, 2015, 40 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Ce duo musical nantais à l’univers inclassable est en tournée dans toute la France.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Moon Gogo, de la cithare coréenne à volonté

Ce duo musical nantais à l’univers inclassable est en tournée dans toute la France.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h42
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                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Certains noms aiguisent la curiosité. Moon Gogo ? Cela ne fait pas très sérieux, mais ça pétille et interpelle. L’idée leur en est venue en triturant celui de l’instrument au centre de leur projet, le geomungo (prononcer gomungo), expliquent Federico Pellegrini et E’Joung-Ju. Réuni fin 2013 à Nantes, sur une idée du programmateur Pierre Orefice, le tandem est actuellement en tournée française, avant une escapade en ­Corée du Sud, à la rentrée, pour présenter son album Joy, paru il y a quelques mois, après un premier mini-album, International, sorti fin 2015.
« Cithare à frettes avec six cordes de soie, fabriquée en bois de ­paulownia et châtaignier, le ­geomungo est apparu en Corée au IVe siècle, mais il existait déjà en Chine, où il a disparu. Moi, j’en ignorais tout », lâche Pellegrini, ex-chanteur et guitariste des groupes rock The Little Rabbits, puis French Cowboy (celui-ci continue à exister sous forme de duo). Il ajoute :
« Je suis une vraie bille pour nommer les instruments qui ne sont pas ceux qu’on trouve dans les magasins de musique européens, mais ce que j’ai bien aimé avec le geomungo, c’est que c’est un instrument multiple. Il joue un double rôle : à la fois celui de la basse et celui d’un instrument soliste et mélodique. Elle m’a dit qu’elle était la seule à en jouer en Europe. »
« Elle », c’est E’Joung-Ju. Arrivée de Corée en France en 2008, elle choisit Nantes parce qu’on lui avait dit qu’il « y avait pas mal d’activités ». Outre Moon Gogo, elle s’y implique dans plusieurs projets, dont Keda (avec le compositeur de musique électronique Mathias Delplanque), ManaM (en compagnie du contrebassiste de jazz Sébastien Boisseau), ou encore le festival Printemps coréen (6e édition cette année), dont elle assure la direction artistique.
Cet appétit pour des terrains de jeux très diversifiés lui vient sans doute de ce voyage au Japon qu’elle a effectué...




                        

                        

