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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Le principal porte-parole du géant du streaming, Jonathan Friedland, a été renvoyé après avoir utilisé le mot « nigger [négro] » une seconde fois à l’encontre d’employés.
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Un dirigeant de Netflix limogé pour avoir utilisé une insulte raciste

Le principal porte-parole du géant du streaming, Jonathan Friedland, a été renvoyé après avoir utilisé le mot « nigger [négro] » une seconde fois à l’encontre d’employés.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 13h59
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 14h55
   





                        



   


Netflix a renvoyé son principal porte-parole Jonathan Friedland pour avoir utilisé une insulte raciste deux fois en quelques jours lors de réunions avec les employés, a fait savoir le géant du streaming.
La direction de la communication a annoncé, vendredi 22 juin, le départ de M. Friedland après qu’il s’est vu adresser des remontrances une seconde fois pour avoir utilisé le mot « nigger [négro] », considéré comme extrêmement insultant et totalement tabou.
« Je quitte Netflix après sept ans. Les dirigeants doivent être au-dessus de tout reproche (…) et, malheureusement, j’y ai failli en manquant de sensibilité lorsque j’ai parlé à mon équipe des mots offensants dans les comédies », a-t-il tweeté.
« Je suis infiniment désolé de la détresse que j’ai causée à des gens dans une entreprise que j’aime et où je veux que tout le monde se sente inclus et apprécié. »
M. Friedland, un ancien journaliste, a aussi travaillé au service communication de Disney et auparavant a passé dix ans au Wall Street Journal.
« Une leçon »
Netflix n’a pas réagi immédiatement, mais le magazine Variety, a reproduit le mémo que le directeur général Reed Hastings a envoyé au personnel vendredi. « Jonathan a grandement contribué [à Netflix] à bien des égards, mais son utilisation du mot qui commence par N [la manière dont il est décrit aux Etats-Unis sans être dit], en au moins deux occasions au travail, a montré un manque d’attention et de sensibilité aux questions raciales qui ne correspond pas aux valeurs de notre entreprise », a-t-il ainsi écrit.
M. Hastings ajoute que le premier incident était survenu « il y a plusieurs mois » dans une réunion sur des mots sensibles puis quelques jours plus tard avec deux employés noirs des ressources humaines, alors même qu’il discutait de l’incident d’origine.
M. Friedland, qui est blanc, s’était immédiatement excusé lorsque des critiques se sont élevées la première fois, mais le fait qu’il a récidivé « montre un manque de compréhension profond qui m’a convaincu qu’il devait partir », a conclu M. Reed.
Le patron de Netflix se lance ensuite dans un historique de ce mot très chargé et admet qu’il aurait dû faire du premier incident « une leçon pour que tout le monde chez Netflix réalise à quelque point c’est un mot douloureux et laid qui ne doit pas être utilisé ».

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ La nouvelle formule du magazine devrait retrouver les kiosques chaque mercredi à partir du 3 octobre, sans gadget mais avec l’ambition de reconquérir un lectorat de 8 à 12 ans.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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« Pif » prépare son retour, sans gadget

La nouvelle formule du magazine devrait retrouver les kiosques chaque mercredi à partir du 3 octobre, sans gadget mais avec l’ambition de reconquérir un lectorat de 8 à 12 ans.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 09h19
    |

            François Bougon








                        


Comment jouer sur la nostalgie sans en être totalement prisonnier ? C’est le dilemme des promoteurs de la relance de l’hebdomadaire Pif. Né en 1969 dans le giron de la presse communiste, le magazine avait connu son heure de gloire sous le nom de Pif Gadget avant de sombrer au début des années 1990. Tout comme l’Union soviétique. Une première relance sous format mensuel, entre 2004 et 2008, s’était achevée par une liquidation judiciaire.
Depuis 2015, le journal L’Humanité, qui en détient la marque, a sorti neuf hors-séries, qui se sont vendus en moyenne à 25 000 exemplaires. Le numéro zéro de la nouvelle formule destinée à paraître chaque mercredi sera présenté mi-septembre à la Fête de L’Humanité. Le tout premier numéro devrait arriver dans les kiosques le 3 octobre.
Mais, insiste Frédéric Gargaud, responsable du projet, il n’est pas question de s’adresser uniquement aux anciens lecteurs, aujourd’hui quinquagénaires, pour lesquels Pif occupe une place particulière dans l’armoire de madeleines de Proust. L’objectif est de conquérir un lectorat âgé de 8 à 12 ans.

« Parti pris radical »
« Nous avons un parti pris radical », souligne M. Gargaud. Dans la forme, tout d’abord : le magazine se présente comme un accordéon qu’on déplie, avec une face magazine et une face bande dessinée. Quant au gadget, qui avait fait le succès de l’hebdomadaire, il ne reviendra pas. Adieu pois sauteurs du Mexique, machines à œufs carrés, « pifises » et colliers de Rahan… « Le gadget, c’est le magazine lui-même », réplique l’équipe.
La révolution concerne aussi le fond : le personnage de Pif, repris par le dessinateur Thomas Labourot et le scénariste Jean-Michel Darlot, a été profondément repensé. Si, à la grande époque, le chien vedette passait son temps à se castagner avec son compère, le chat Hercule, en 2018, les deux personnages assument un engagement digne du Docteur Justice et de Rahan en faveur de la justice, du respect de la différence et de la protection de l’environnement. Autre différence, il n’est plus nu, mais habillé…
Et, comme la cible est plutôt les jeunes générations, le Pif nouvelle formule veut miser sur la réalité augmentée : avec son smartphone ou sa tablette, le lecteur pourra faire naître tout un univers des pages imprimées.
« La bataille de l’attention ne se joue pas avec Okapi ou Le Journal de Mickey, mais avec YouTube », explique Frédéric Gargaud. Une campagne de financement a été lancée sur la plate-forme KissKissBankBank pour recruter des abonnés. Avec l’objectif de séduire suffisamment de monde pour proposer un numéro à moins de 2 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Les quatorze salariés de la déclinaison française de l’entreprise américaine ont appris le 7 juin la fermeture du site internet et leur licenciement prochains.
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Les salariés de « BuzzFeed France » en grève à partir de lundi pour protester contre la fermeture du site

Les quatorze salariés de la déclinaison française de l’entreprise américaine ont appris le 7 juin la fermeture du site internet et leur licenciement prochains.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 21h39
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 21h39
   





                        


Deux semaines après avoir appris le licenciement prochain de l’intégralité de leur équipe, les quatorze salariés de BuzzFeed France ont annoncé entamer une grève illimitée dès lundi 25 juin afin de contester la décision de Scott Lamb, dirigeant du site américain, de fermer sa déclinaison française le 20 juillet.
Le même jour, une audience en référé devrait se tenir dans l’après-midi au tribunal de grande instance de Paris, saisi par l’avocat des salariés, Thomas Hollande, sur la légalité de la procédure de licenciement économique décidée outre-Atlantique. Me Hollande estime que celle-ci méconnaît les obligations de l’employeur dictées par le droit français, jugeant les justifications données par l’entreprise américaine « très insuffisantes, voire, pour certaines, incompréhensibles ». Pour l’avocat, l’argumentaire du site américain n’est pas valide.
« Si l’argument donné pour fermer est “BuzzFeed France ne dégage pas de recettes publicitaires” et que le groupe, malgré une demande expresse et répétée des salariés français de mettre en place une régie publicitaire ne le fait pas et qu’il prend ce prétexte pour fermer, cela caractérise une faute. C’est une décision de la direction qui aurait donc provoqué la cessation de l’activité. »
L’équipe dirigeante américaine a en effet refusé les multiples demandes de l’équipe française d’avoir une équipe commerciale installée à Paris afin de mieux monétiser leur production et d’accroître leurs revenus.
« La France n’est pas les Etats-Unis »
Selon un communiqué des employés, qui dénoncent la « brutalité » des licenciements et l’« incompétence de la gestion américaine », aucun autre cadre américain de BuzzFeed n’a accepté de s’entretenir avec les salariés français. « Les employés ne discutent qu’avec un consultant en ressources humaines qui n’a été embauché que dans le seul but de les virer », indique le communiqué.
Les salariés français, qui ont fait part de leurs demandes à la direction d’avoir un dialogue réel avec la direction du site pour connaître les raisons exactes de la fermeture, ont également demandé des mesures de soutien et des compensations pour le préjudice moral de leurs licenciements, si ceux-ci venaient à être déclarés légaux par la justice. Mi-juin, Me Hollande estimait avoir des « chances de succès sérieuses » d’obtenir l’invalidation de la procédure. « L’objectif des salariés est de convaincre la direction américaine de maintenir l’activité en France », a t-il affirmé, précisant que même en cas de rejet du recours en référé, « [il lancera] une action en responsabilité contre BuzzFeed USA et BuzzFeed UK pour les fautes qu’elles ont commises ».
« La France n’est pas les Etats-Unis. Vous ne pouvez pas fermer une rédaction d’un claquement de doigts », disent les salariés. La décision de justice est attendue dans la semaine.

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ L’émission emblématique de Canal+ était diffusée pour la dernière fois vendredi, après trente ans de présence à l’antenne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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Ecran noir pour « Les Guignols »

L’émission emblématique de Canal+ était diffusée pour la dernière fois vendredi, après trente ans de présence à l’antenne.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h21
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 10h12
    |

            Mustapha Kessous








                        


Ecran noir. Vendredi 22 juin, à 20 h 30, les fameuses marionnettes en latex ont fait leurs adieux à la télévision. Ce soir-là, Canal+ a diffusé en clair pour la dernière fois « Les Guignols », après trente ans de présence à l’antenne. Une éternité déjà.
Le dernier épisode est à voir en replay sur le site My Canal.

A tchao bonsoir !

— LesGuignols (@Les Guignols)


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Au revoir les mythiques « PPD », « Putain, deux ans », « Ah que coucou », « Reviens JPP reviens », « Supermenteur », « Ah tchao bonsoir », « M. Sylvestre »… Aucune colère du côté des personnalités qui ont donné vie à ce pastiche satirique d’un journal télévisé, juste de la tristesse et un sentiment d’infini gâchis. « C’était attendu. C’était comme être au chevet de quelqu’un qui a été malade depuis longtemps », reconnaît Yves Le Rolland, producteur historique (de 1995 à 2016).
« C’est une page qui se tourne, dit Patrick Poivre d’Arvor, l’ancien présentateur du journal télévisé de TF1, dont la marionnette à son effigie a été « le visage » de ce divertissement. Je n’ai pas demandé à figurer aux “Guignols”, mais j’ai aimé qu’ils m’accompagnent, même si je n’ai jamais vraiment regardé ce programme. D’ailleurs, je pensais qu’ils avaient disparu des radars depuis longtemps. »
Quant à Ahmed Hamidi, un des auteurs (de 2000 à 2008), il se dit « forcément déçu » de la mort de l’émission emblématique de la chaîne cryptée : « Je pense que ce programme a été un formidable jouet qu’on a abîmé de façon chirurgicale », dit-il. Difficile de le contredire…
« “Les Guignols de l’info”, c’est une institution », explique un collaborateur historique qui demande l’anonymat. « Cette émission a été une alchimie entre différents corps de métiers. Elle avait le souci de la mise en scène, qui pouvait rivaliser avec le cinéma, ajoute-t-il. C’est la fin d’une performance artistique quotidienne. »
L’un des programmes les plus impertinents
Lancé le 29 août 1988, l’émission « Les Arènes de l’info » – rebaptisée « Les Guignols de l’info » en 1990 – s’impose très vite comme l’un des programmes les plus impertinents de la télévision française suivi, chaque jour, par plus de 3 millions de téléspectateurs.
Politiques, chanteurs, sportifs, bref les plus grandes personnalités – de Jacques Chirac à Jean Paul II, en passant par Bernard Tapie ou Johnny Hallyday – ont eu droit à leur marionnette. Certains ont plus apprécié que d’autres d’être moqués quotidiennement à 19 h 57 dans l’émission « Nulle part ailleurs ».

   


« Il paraît que c’était chic d’avoir sa marionnette, se rappelle Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1 (de 1988 à 2008) qui a eu sa caricature. Je ne regardais pas l’émission, mais tout le monde me disait que j’en prenais plein la gueule. Un jour, “Les Guignols” ont traité ma chaîne de “boîte à cons” : on peut être irrévérencieux sans être injurieux. Son arrêt ne me fait rien du tout : ne me demandez pas de verser une larme. » 
« Il a été difficile de résister aux assauts des patrons de TF1 qui voulaient que j’attaque “Les Guignols” en justice », Patrick Poivre d’Arvor.
Un jour, M. Le Lay a, pourtant écrit aux auteurs pour leur demander un best of : « Comme ils parlaient de TF1, je voulais voir ça, mais ils ne m’ont jamais rien envoyé. En plus, ils sont malpolis », dit-il dans un sourire. « Il a été difficile de résister aux assauts des patrons de TF1 qui voulaient que j’attaque “Les Guignols” en justice parce qu’ils me faisaient dire des choses peu convenables, et de mes avocats aussi, qui voulaient que je leur réclame des royalties. Il en était hors de question », confie Patrick Poivre d’Arvor.
L’ancien footballeur Jean-Pierre Papin se souvient d’avoir été raillé par ce programme qui l’a fait passer pour un benêt : « Ma famille en a souffert, mais au final l’émission a contribué à ma popularité », dit-il beau joueur. Controverses et polémiques, « l’émission a beaucoup dérangé », se souvient Ahmed Hamidi. Il suffit de lire le récent tweet de Nadine Morano, députée européenne Les Républicains, qui se réjouit de la fin du programme, pour comprendre à quel point « Les Guignols » ont pu excéder une partie de la classe politique : « Quelle joie ! Bien fait ! Pas d’enterrement, crémation directe ! Ni couronne ni fleur, mais une plaque : “bêtes et méchants”. Bon débarras ! »
Place à Kanye West et Kim Kardashian…
Depuis la reprise en main de Canal+ par Vincent Bolloré, à l’été 2015, l’émission avait perdu de sa superbe. Le programme « Les Guignols de l’info » est renommé « Les Guignols » et ne sera plus une caricature d’un JT. Place, désormais, à une nouvelle génération de marionnettes, telles que Kanye West ou Kim Kardashian, censées attirer un nouveau public. « A cette époque, nous faisions encore plus de deux millions de téléspectateurs et nous gagnions de l’argent », se souvient Yves Le Rolland, qui sera viré en 2016 après plus de vingt ans aux commandes du programme.
Indigestes, convenus, « Les Guignols » ne font plus rire. Le programme est diffusé en crypté à 20 h 50, avant de réapparaître en clair. Conséquence, les audiences s’effondrent. Aujourd’hui, moins de cent mille personnes regardent encore l’émission. « En deux ans, les audiences ont été divisées par vingt ! », souffle M. Le Rolland. « A partir du moment où ça ne parlait plus politique et que ce n’était plus la caricature d’un JT, l’émission n’avait plus de sens, analyse M. Hamidi. Je ne suis pas partisan du “c’était mieux avant”, mais ce n’est pas bien maintenant. » De plus, son budget a été divisé par cinq, passant de 15 millions par saison à la belle époque à 3 millions aujourd’hui.

   


La fin d’une époque
Pour les différents collaborateurs des « Guignols », la fin de cette émission met en lumière un échec éditorial. « Mais il ne faut pas y voir un plan machiavélique de Bolloré pour faire disparaître “Les Guignols”, il a juste voulu imposer ses idées. Il y croyait, précise M. Le Rolland. Je pensais, comme Alain De Greef [ancien directeur des programmes de Canal+] que “Les Guignols” étaient un programme immortel. Quoi qu’il en soit, je suis nostalgique d’un passé très heureux où il y avait plus d’impertinence et de liberté. Nous avons eu de la chance de connaître cette période. »
Il y a deux semaines, la famille des « Guignols » (quelque deux cents personnes) s’est réunie près de Paris pour boire à la santé du programme. « C’était festif comme moment. Ce qui me fait beaucoup de peine, c’est que l’émission disparaisse dans l’indifférence totale », dit en soupirant un ancien technicien. « L’émission a été dénaturée, personne n’ira dans la rue manifester pour réclamer son retour », regrette Ahmed Hamidi.
Le 31 août, cette famille devrait se retrouver, à nouveau, pour célébrer les 30 ans des « Guignols ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ La CFDT et l’UNSA obtiennent l’allongement de l’accord sur le plan de départs volontaires.
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Les syndicats de SFR renégocient avec la direction sur fond de crise

La CFDT et l’UNSA obtiennent l’allongement de l’accord sur le plan de départs volontaires.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h17
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Les deux informations n’ont rien à voir, mais mettent en scène les mêmes acteurs, les syndicats de SFR. Mardi 19 juin, la CFDT et l’UNSA, les deux syndicats majoritaires, ont obtenu de la part de la direction de SFR un allongement du « new deal » jusqu’à fin 2020. Cet accord, négocié en 2016, avait encadré le plan de départs volontaires, qui avait abouti à la suppression d’un tiers des effectifs du groupe, mais à des conditions très généreuses.
Les syndicats ont désiré renégocier avec la direction, car ils restent inquiets de l’avenir de la société. « Nous voulions prolonger l’accord, qui s’arrête en juillet 2019, à fin 2021, juste avant les importantes échéances de remboursement de la dette du groupe. Nous sommes tombés d’accord sur le 31 décembre 2020 », explique Abdelkader Choukrane, responsable UNSA. Pour prendre corps, l’accord doit encore recevoir le vote des adhérents de la CFDT et de l’UNSA. SFR, où l’on précise que « des négociations sont encore en cours », s’engage à maintenir l’effectif à 9 400 personnes. En cas de coup dur, il devrait passer par des départs volontaires, sans procéder à de licenciements secs.

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Licencié pour avoir refusé de faire des photocopies
La CGT, qui craint qu’un nouveau « new deal » crée une nouvelle fuite des effectifs, n’a pas prévu de le signer. Mais, si un changement de capital intervenait – SFR et Bouygues Telecom discuteraient actuellement d’un rapprochement –, les parties devraient revenir à la table des négociations.

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En parallèle, les syndicats, unis en intersyndicale, ont alerté la direction, le 21 juin, après le licenciement de deux salariés des boutiques du groupe. Point commun à ces deux affaires, le rôle qu’aurait tenu Armando Pereira. Steevy M. raconte avoir refusé de faire une série de photocopies pour les amis de la sœur de l’actionnaire et dirigeant de SFR, qui se présentaient dans la boutique de Montesson (Yvelines), où il travaille depuis six ans. « Je lui ai dit que c’était compliqué au niveau des stocks », dit-il. Quelques jours après, il était convoqué à un entretien préalable de licenciement. Un second salarié aurait également été victime d’une proche de l’actionnaire. Un porte-parole de SFR évoque « des comportements non compatibles avec les valeurs de l’entreprise ». L’intersyndicale a prévu de manifester, le 28 juin au matin, devant le siège du groupe, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ambiance.

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Le média créé en 2016 par des anciens journalistes de « Libération » lance une campagne pour recruter les 5 000 abonnés supplémentaires dont il a besoin pour assurer sa pérennité.
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Le site d’information « Les Jours » à la recherche du point d’équilibre

Le média créé en 2016 par des anciens journalistes de « Libération » lance une campagne pour recruter les 5 000 abonnés supplémentaires dont il a besoin pour assurer sa pérennité.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
19.06.2018 à 18h46
    |

            François Bougon








                        


Le site d’informations Les Jours, créé en 2016 par des anciens journalistes de Libération, a lancé mardi 19 juin une campagne pour recruter les 5 000 abonnés supplémentaires qui lui permettraient d’atteindre son équilibre financier. Actuellement, le média, qui fonctionne sans publicité et uniquement sur abonnement, en compte près de 10 000. Mais cela reste insuffisant pour pouvoir financer une rédaction d’une quinzaine de journalistes. « Nous avons survécu dans une année difficile pour la presse », relève cependant Alice Géraud, cofondatrice et codirectrice de la rédaction, citant des échecs récents comme les magazines papier Ebdo et Vraiment.

Depuis deux ans, @Lesjoursfr racontent l’actualité à la façon de séries. Un journalisme innovant reconnu pour sa qu… https://t.co/kWzVjaHBHF— Lesjoursfr (@Les Jours)


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Depuis janvier, Les Jours ont effectué une deuxième levée de fonds pour 350 000 euros, les neuf cofondateurs restant majoritaires au capital (plus de 70 %), le reste se répartissant entre différents actionnaires, parmi lesquels Xavier Niel (actionnaire à titre personnel du Monde). Le recrutement d’abonnés constitue donc le nerf de la guerre pour pouvoir continuer à traiter l’information sous forme de séries (les « obsessions »), la marque de fabrique du site.
Une collection éditée avec le Seuil
Pour asseoir le modèle économique, une collection avec les éditions du Seuil a été lancée, dès 2016, pour publier des ouvrages tirés de certaines enquêtes. Les Revenants de David Thomson, a été récompensé par le prix du livre Albert Londres, en 2017. Par ailleurs, indique Alice Géraud, des discussions ont lieu avec des maisons de production pour l’adaptation audiovisuelle des « Obsessions » des Jours. Un partenariat a été noué avec Brut, média qui diffuse des vidéos courtes sur les réseaux sociaux.
En avril, un autre site d’information indépendant, Explicite, fondé en 2017 par des anciens de la chaîne d’information iTélé, a opté pour un modèle payant après s’être lancé sur les réseaux sociaux. « L’information n’est pas gratuite, et les utilisateurs ont besoin d’une frontière nette entre information et contenus de marque », avait déclaré lors de la conférence de presse de lancement son cofondateur Olivier Ravanello.
Les articles du site ne sont accessibles que sur abonnement, au prix de 11,99 euros par mois, sur PC, mobile, tablette ou TV connectée. Le site vise 35 000 abonnés pour atteindre l’équilibre financier avec une équipe d’une vingtaine de journalistes. Le capital est détenu en majorité par les journalistes fondateurs, rejoints par une dizaine d’investisseurs, dont le financier Guillaume Rambourg. Le site a levé 1,5 million d’euros lors d’un premier tour de table.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Le groupe de télécoms, propriété de Patrick Drahi, renonce à racheter la société de médias portugais Media Capital.
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Altice obligé de dire adieu à sa stratégie de convergence au Portugal

Le groupe de télécoms, propriété de Patrick Drahi, renonce à racheter la société de médias portugais Media Capital.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 11h29
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Altice avait fait de la convergence entre les médias et les télécoms l’alpha et l’oméga de son développement. Cette stratégie vient à nouveau d’être sérieusement écornée : le groupe de télécoms, propriété de Patrick Drahi, auquel appartient SFR en France, a annoncé, lundi 18 juin, l’arrêt des négociations en cours avec l’espagnol Prisa et l’autorité de concurrence portugaise pour racheter Media Capital.
Il y a un peu moins d’un an, Altice, qui possède l’opérateur historique portugais Portugal Telecom, devenu Altice Portugal, annonçait vouloir racheter à Prisa 94,7 % de Media Capital, pour 440 millions d’euros, avec le projet de reprendre 100 % du capital du groupe de médias portugais.

Media Capital possède la première chaîne privée locale, TVI, et des chaînes payantes (TVI24, TVI Ficçao, TVI Reality, TVI Internacional et TVI Africa), accessibles dans 22 pays. En tout, le réseau TVI affiche une audience quotidienne moyenne de 21 % du marché, avec un pic à 25 % pour le prime time. Le groupe, qui a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 165,5 millions d’euros, et un bénéfice de 19,7 millions d’euros, détient aussi la puissante radio portugaise Radio Comercial.
Un petit séisme au Portugal
Au Portugal, ce changement de main avait créé un petit séisme, car il revenait à sceller le destin du premier opérateur télécoms du pays avec le premier groupe de médias local. Comme si, en France, Orange se mariait avec TF1 et RTL en même temps.
Les concurrents de Portugal Telecom, Vodafone et le câblo-opérateur NOS, candidats malheureux un an avant à la reprise de ce groupe de médias, étaient vent debout contre cette opération. Mais c’est l’autorité de concurrence portugaise qui a mis des bâtons dans les roues d’Altice. Depuis six mois, elle réclamait à l’opérateur des « remèdes », autrement dit des concessions de nature à protéger la concurrence.
Altice avait accepté un certain nombre d’entre elles, comme le passage de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Les employés du magazine s’inquiètent de l’avenir de leur titre, alors que l’actuel propriétaire s’apprête à céder 51 % de son capital à une entreprise d’organisation de salons.
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En plein bac, des salariés de « L’Etudiant » font grève

Les employés du magazine s’inquiètent de l’avenir de leur titre, alors que l’actuel propriétaire s’apprête à céder 51 % de son capital à une entreprise d’organisation de salons.



Le Monde
 |    18.06.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
18.06.2018 à 20h31
    |

            François Bougon








                        


Une partie des salariés de L’Etudiant ont observé un mouvement de grève ou débrayé lundi 18 juin, au premier jour des épreuves du bac. Le fonctionnement du site, où les candidats et leurs parents ont trouvé les traditionnels corrigés des épreuves de philosophie, n’a pas été trop perturbé, mais le malaise est patent.
Plus de la moitié de la centaine de salariés a participé à ce mouvement de protestation, a affirmé Thierry Gibrat, élu au Comité d’entreprise et délégué syndical SUD. Les employés s’inquiètent notamment de la réorganisation menée depuis le rachat du titre par l’entrepreneur Marc Laufer à SFR en avril 2017, du projet d’abandon des activités print et édition – le magazine n’est plus disponible en kiosque depuis la rentrée, mais il est encore distribué aux abonnés – et du manque croissant de moyens.
Une trentaine de départs
Une trentaine de personnes, tous métiers confondus, sont parties, selon M. Gibrat. L’inquiétude est d’autant plus grande que M. Laufer s’apprête à céder 51 % du capital à une entreprise d’organisation de salons, Comexposium.

Les salariés de @letudiant / @Educpros sont en #grève ou en débrayage aujourd'hui #18juin. Le mouvement est suivi p… https://t.co/Cm2Mjt5vLO— SDJ_LEtudiant (@La SDJ de l'Etudiant)


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Marc Laufer assure comprendre les inquiétudes des salariés, mais met en avant la nécessité d’assurer la survie du titre en concentrant les forces sur ce qui marche : l’organisation de salons (80 % de ses revenus, selon lui). L’Etudiant a enregistré un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros pour un résultat net de deux millions.
Dans un message adressé aux salariés vendredi, que Le Monde a pu consulter, M. Laufer juge que « l’entreprise doit continuer de se transformer, d’évoluer ». « Toutes les équipes savent qu’on ne peut plus travailler comme il y a quelques années », a-t-il ajouté.
De leur côté, certains salariés semblent estimer que l’actuel propriétaire de l’entreprise cherche surtout à baisser les coûts pour augmenter rapidement la rentabilité, afin de maximiser le prix de revente de l’entreprise. Ils s’inquiètent des conséquences pour l’image de marque de L’Etudiant et pour l’avenir de son activité éditoriale, l’entreprise acheteuse étant avant tout un spécialiste de l’événementiel. 
« Pourquoi détruire un écosystème, qui génère de confortables bénéfices depuis quarante-cinq ans, en conjuguant contenus éditoriaux de qualité et événementiel ?, demandent les salariés, dans un communiqué cosigné des syndicats SNJ et SUD-Culture. Alors que L’Etudiant est en passe de changer d’actionnaire majoritaire, les salariés craignent pour la pérennité de l’entreprise et l’indépendance de leur rédaction. »



                            


                        

                        


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Marc Fauvelle présentera la matinale de Franceinfo

Le journaliste, actuellement sur France Inter, prendra la succession de Bruce Toussaint à partir de la fin d’août.



Le Monde
 |    18.06.2018 à 14h03
   





                        


Le journaliste Marc Fauvelle, qui présente actuellement des journaux sur France Inter, va animer à partir de la fin d’août la matinale de Franceinfo, à la suite du départ de Bruce Toussaint pour BFM-TV, apprend-on lundi 18 juin.
Marc Fauvelle présentera la matinale à partir du 27 août, entre 7 heures et 9 heures. Né en 1976, il a débuté à France Bleu (le réseau des locales de Radio France) avant de rejoindre Franceinfo en 2001, comme reporter puis journaliste politique. Il avait déjà coprésenté la matinale de la radio de 2007 à 2011. Marc Fauvelle a ensuite fait un passage dans le privé et à la télévision, en intégrant l’ex-i-Télé (devenue CNews) en 2011-2012.
Retour à Radio France en 2012
Il avait fait son retour à Radio France dès décembre 2012, en devenant chef du service politique de France Inter et présentateur de l’émission dominicale « Tous politiques ».
Depuis 2015, il présentait les journaux de 6 h 30 et 8 heures de France Inter, qui sont d’importance stratégique en matière d’audience.
Il a également participé l’an dernier au magazine d’actu « C L’hebdo » sur France 5.
BFM-TV avait officialisé ce mois-ci l’arrivée sur son antenne de Bruce Toussaint, qui présentera l’émission « Grand Angle », après une saison à la tête de la matinale de Franceinfo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ Depuis l’an dernier, Apple multiplie les projets de séries en signant avec de grands noms.
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Contenus : Oprah Winfrey va produire des programmes pour Apple

Depuis l’an dernier, Apple multiplie les projets de séries en signant avec de grands noms.



Le Monde
 |    15.06.2018 à 21h56
 • Mis à jour le
18.06.2018 à 10h57
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Le catalogue de la future offre vidéo d’Apple s’étoffe. Vendredi 15 juin, le groupe à la pomme a officialisé un partenariat avec Oprah Winfrey, la « papesse » de la télévision américaine, pour créer des programmes originaux. Il s’ajoute aux accords signés ces derniers mois, qui doivent permettre à Apple de rivaliser avec Netflix et Amazon dans la vidéo.Le communiqué laconique de la société ne précise pas le type de contenus que produira l’animatrice vedette. La presse américaine évoque toutefois des films, des séries télévisées, des émissions, des livres numériques et même des applications mobiles. Mme Winfrey devrait apparaître dans certaines émissions, notamment pour réaliser des interviews.
« C’est un gros coup pour Apple, estime Carolina Milanesi, analyste chez Creative Strategies. Non seulement pour les contenus qu’Oprah va créer, mais aussi pour son carnet d’adresses et l’audience qu’elle peut attirer. » Oprah Winfrey est en effet l’une personnalités préférées des Américains. Pendant vingt-cinq ans, elle a présenté le talk-show le plus regardé de l’histoire de la télévision aux Etats-Unis. En 2011, elle a lancé sa propre chaîne, baptisée « OWN », qui a trouvé le chemin du succès après des débuts difficiles.
Chasse aux talents
Depuis un an, Apple est passé à la vitesse supérieure dans la vidéo. La firme à la pomme a recruté deux anciens dirigeants de Sony Pictures, leur confiant un budget de 1 milliard de dollars (plus de 860 millions d’euros) pour se lancer à la chasse aux talents d’Hollywood. Elle va ainsi financer une nouvelle version de la série Histoires fantastiques, de Steven Spielberg, une série produite par les actrices Jennifer Aniston et Reese Witherspoon, et une autre créée par Damien Chazelle, le réalisateur oscarisé en 2017 pour le film La La Land. Les premiers épisodes sont attendus pour début 2019.  Au-delà de ces collaborations, les contours de l’offre vidéo restent inconnus. Pour l’heure, les deux premières émissions financées par le groupe font partie d’Apple Music, l’offre maison de streaming (lecture en ligne sans téléchargement) musical. A terme, Apple pourrait cependant lancer une plate-forme spécifique. Et ainsi concurrencer Netflix, qui vient de s’attacher les services de l’ancien président américain Barack Obama et son épouse Michelle, Amazon Video ou encore Disney, qui va lancer une offre de streaming vidéo début 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Le consortium sino-suisse DDMC-Fortis remporterait un contrat estimé 4 milliards de dollars. Cet accord couvre toutes les compétitions de la Confédération asiatique de football.
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Lagardère Sports perd les droits audiovisuels du football en Asie

Le consortium sino-suisse DDMC-Fortis remporterait un contrat estimé 4 milliards de dollars. Cet accord couvre toutes les compétitions de la Confédération asiatique de football.



Le Monde
 |    15.06.2018 à 12h21
    |

            François Bougon et 
Sandrine Cassini








                        



                                


                            

La razzia des groupes chinois sur les droits du football se poursuit, cette fois au détriment du groupe Lagardère. Moins de deux semaines après l’annonce de l’acquisition d’une grande partie de ceux de la Ligue 1 en France par le groupe espagnol Mediapro, détenu majoritairement par une société chinoise, la Confédération asiatique de football (AFC) a annoncé, lundi 11 juin, à Moscou, confier sa gestion des droits audiovisuels et marketing sur la période 2021-2028 à DDMC Fortis, une société commune entre le chinois DDMC et le suisse Fortis AG. Aucun chiffre n’a été donné, mais, selon les estimations, l’accord s’élève à 4 milliards de dollars (3,5 milliards d’euros). « Nous avons décidé de ne pas surenchérir car cela n’aurait pas été financièrement prudent », explique, dans un communiqué, Lagardère Sports and Entertainment, qui était associé au japonais Dentsu et au britannique Perform, récent « vainqueur », avec Sky, de la Serie A.
Cet accord couvre toutes les compétitions de l’AFC, dont la Ligue des champions d’Asie, la Coupe d’Asie, qui a lieu tous les quatre ans, et les épreuves qualificatives pour la Coupe du monde. L’association mettra donc fin, au début de 2021, à son partenariat avec Lagardère Sports, branche du groupe français, qui avait débuté en 1993.

En annonçant ce nouveau partenariat, l’AFC a même évoqué une « nouvelle ère », une expression prisée par le président chinois, Xi Jinping, qui a fait du développement du football une priorité. « Cette conclusion réussie d’un processus qui a duré plus de quinze mois signifiera que l’AFC et la famille du football asiatique pourront contempler maintenant un avenir radieux et prospère », a déclaré, lyrique, le président de l’AFC, cheikh Salman Ben Ibrahim Al Khalifa.
Une branche malade du groupe
Du côté de Lagardère Sports, cette perte est « plus qu’un accident industriel », juge un bon connaisseur du dossier. Cette nouvelle défaite ressemble...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ « A l’heure de l’internet, qui met en relation directe producteurs et diffuseurs de contenus, plus besoin d’intermédiaires prenant leur marge au passage », explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Lagardère Sports ou Spotify, sale temps pour les intermédiaires »

« A l’heure de l’internet, qui met en relation directe producteurs et diffuseurs de contenus, plus besoin d’intermédiaires prenant leur marge au passage », explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    15.06.2018 à 12h15
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. C’est un beau rêve qui part en fumée un jour de fête. Comme une finale de Coupe du monde gâchée par de mauvais choix. En perdant les droits audiovisuels de la confédération asiatique de football, au moment même ou s’ouvre le Mondial à Moscou, Lagardère Sports ruine ses derniers espoirs dans un secteur qui devait porter les ambitions du groupe.
Les Chinois – qui ont décrété que le ballon rond relevait désormais de la souveraineté nationale – ne pouvaient laisser passer une telle occasion. A coup de milliards de dollars, ils ont sorti le petit français, qui a toutes les chances de ne pas se relever de cet affront.
Pourtant, la vision d’Arnaud Lagardère de constituer un empire dans le sport-business était juste. Le spectacle d’un match de foot ou d’une course de voitures est aujourd’hui le contenu le plus prisé de tous les groupes de médias du monde. Mais la stratégie choisie, qui consistait à devenir un intermédiaire incontournable détenteur des droits de multiples clubs et fédérations et les revendant à des diffuseurs, n’était pas la bonne.

A l’heure de l’internet, plus besoin d’intermédiaires prenant leur marge au passage. Les sportifs professionnels et leurs manageurs ont compris qu’il était bien plus juteux de négocier directement avec les diffuseurs, médias ou plateformes Internet. Et ces derniers considèrent comme stratégique de traiter directement avec les producteurs de contenu, qu’ils soient club de foot, star de la chanson ou producteur de cinéma.
Produire ses propres contenus
C’est ce qu’est en train de comprendre Spotify. La société suédoise qui a révolutionné la musique grâce à sa plate-forme d’écoute en ligne, bénéficie d’une domination mondiale écrasante, et, pourtant, elle continue à perdre de l’argent. A l’inverse, son équivalent dans la vidéo, Netflix, engrange les bénéfices et sa valorisation dépasse aujourd’hui celle du géant des médias Disney.
La différence entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Les trois groupes audiovisuels ont annoncé vendredi une alliance inédite en France avec la création d’une plate-forme de vidéo en ligne, baptisée Salto.
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France Télévisions, TF1 et M6 vont créer une plate-forme commune de vidéo en ligne pour contrer Netflix

Les trois groupes audiovisuels ont annoncé vendredi une alliance inédite en France avec la création d’une plate-forme de vidéo en ligne, baptisée Salto.



Le Monde
 |    15.06.2018 à 08h43
 • Mis à jour le
15.06.2018 à 11h20
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Le long feuilleton de l’émergence d’un « Netflix à la française » achève enfin une saison, après de multiples épisodes : les dirigeants Delphine Ernotte, de France Télévisions, Gilles Pélisson, de TF1, et Nicolas de Tavernost, de M6, « unissent leurs forces » vendredi 15 juin pour bâtir une plate-forme audiovisuelle par Internet, sur abonnement : Salto. Face au numéro un américain de la vidéo à la demande par abonnement, les trois plus grands groupes de la télévision gratuite française font finalement mentir ceux qui pensaient les rivaux hexagonaux, public et privés, incapables de collaborer.
Selon nos informations, les associés se sont engagés à investir au minimum 50 millions d’euros dans cette plate-forme, qui devrait être lancée courant 2019, après avis de l’Autorité de la concurrence.
Salto prévoit deux formules d’abonnement. La première, de 2 à 5 euros par mois, donnera accès, en direct, aux chaînes des trois groupes (France 2, France 3, France 5, TF1, TMC, NT1, M6, W9, 6Ter…), ainsi qu’à des services premium : visionnage en rattrapage étendu à plus de sept jours, « start over » pour reprendre un programme au début, « stacking » pour voir les épisodes précédents d’une série en cours, avant-premières… Pensée pour les tablettes, les smartphones, les ordinateurs et les télés connectées, cette offre concurrencera les box de télévision des fournisseurs d’accès à Internet.

        Lire aussi :
         

                « Etre abonné à Netflix, c’est faire partie d’une communauté »



La seconde, plus directement rivale de Netflix, proposera, pour environ 7 ou 8 euros par mois, l’accès illimité à des séries, films, documentaires et dessins animés, mais aussi de l’information et du divertissement. Son offre sera principalement française et européenne : Capitaine Marleau, Clem, Apocalypse, Petit Ours Brun… Ce n’est pas le point fort de Netflix.
Cinq ans de discussions
L’idée d’une offre gratuite, évoquée ces derniers mois, n’a finalement pas été retenue. C’est une victoire de la logique des chaînes privées, TF1 et M6, soucieuses de ne pas cannibaliser les bouquets des fournisseurs d’accès à Internet comme Orange, Free ou SFR. Les deux groupes viennent en effet d’obtenir de haute lutte de faire payer les opérateurs plus cher pour diffuser leurs chaînes, avec des services premium comme ceux qu’offrira Salto. Il s’agit de ne pas rompre « l’égalité » entre les distributeurs, précise-t-on chez M6. Les trois partenaires insistent sur le fait qu’ils conservent leurs plates-formes gratuites propres, France.tv, MyTF1 et 6Play, montrant leurs programmes pendant quelques jours après leur passage à l’antenne.
« Aujourd’hui les Gafan – Google, Apple, Facebook, Amazon et Netflix – poussent fort. Face à cette donne globale, le regroupement local est indispensable », explique Nicolas de Tavernost.
La naissance de Salto conclut environ cinq ans de discussions diverses, menées entre les groupes concernés, mais aussi avec Orange ou AlloCiné. Souvent comparé à l’américain Netflix, lancé en France en 2014, le projet est depuis associé à Hulu, la plate-forme gratuite et payante créée par les grandes chaînes américaines. Mais Salto rappelle aussi TPS, ce bouquet de télévision par satellite créé en 1995 par France Télévisions, TF1, M6 et Suez, notamment, pour contrer la domination de Canal+ dans la télévision payante.
« La situation est analogue, explique Nicolas de Tavernost, le président du directoire du groupe M6. Nous avons construit TPS parce que le numérique bouleversait la donne. Aujourd’hui les Gafan – Google, Apple, Facebook, Amazon et Netflix – poussent fort. Face à cette donne globale, le regroupement local est indispensable. » De telles unions sacrées de chaînes publiques et privées se nouent aussi en Espagne ou au Royaume-Uni et s’étudient en Allemagne, ajoute le dirigeant.
Un défi, la gouvernance
La gouvernance de Salto constituera un défi : les trois associés vont créer une société dont ils détiendront chacun un tiers. Un management propre sera nommé mais certaines décisions sont prévues à l’unanimité. Pour M. de Tavernost, l’exemple de TPS montre toutefois qu’une coentreprise peut fonctionner. Quant à sa revente finale à Canal+ en 2005, le dirigeant de M6 n’y voit pas un échec et rappelle qu’elle avait généré une plus-value pour les actionnaires (TPS avait été valorisé environ 900 millions d’euros).

        Lire aussi :
         

                En France, une riposte crédible à Netflix peine à s’organiser



Autres défis, Salto devra concurrencer Amazon ou Netflix, qui, avec 3,5 millions d’abonnés en France, a une capacité d’investissement beaucoup plus grande. Mais se mesurera aussi aux offres gratuites comme la TNT, YouTube ou Molotov, et à la télévision payante de Canal+ ou OCS, plus chère mais plus premium.
Une victoire pour Delphine Ernotte
Le lancement de cette plate-forme représente enfin une victoire pour Delphine Ernotte. Dès le début de son mandat en 2015, la présidente de France Télévisions avait annoncé un futur service de vidéo à la demande par abonnement. Mais depuis, elle a constaté les difficultés juridiques à fédérer des acteurs européens, mesuré l’incapacité du groupe audiovisuel public à financer seul un catalogue de programmes… L’entreprise a biaisé en demandant aux producteurs de mettre à disposition leurs œuvres gratuitement en échange d’un partage des revenus, mais le projet a continué à traîner, avant qu’au printemps il soit même mis « en pause », le temps de discuter avec TF1 et M6. Certains y voyaient un enterrement de première classe. Mme Ernotte peut enfin afficher un succès dans ce projet de plate-forme, souhaitée par le gouvernement, qui s’apprête justement à mener une réforme de l’audiovisuel public cruciale pour France Télévisions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ L’ancien roi de la pub était le grand absent de l’assemblée générale du groupe mercredi.
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La chute de Martin Sorrell continue d’agiter WPP

L’ancien roi de la pub était le grand absent de l’assemblée générale du groupe mercredi.



Le Monde
 |    14.06.2018 à 11h20
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

La salle du Southbank Centre, à Londres, était pleine à craquer et pas moins de treize représentants du conseil d’administration et de l’entreprise étaient assis à la tribune. C’est pourtant un absent qui a été le plus remarqué mercredi 13 juin, lors de l’assemblée générale de WPP, le numéro un mondial de la publicité. Martin Sorrell, l’homme qui a fondé l’entreprise en 1985, et qui l’a dirigée d’une main de fer pendant plus de trois décennies, n’était pas là. Il n’a pourtant été question que de lui.

Le 14 avril, M. Sorrell, qui s’accrochait à son siège depuis des années malgré ses 73 ans et la pression grandissante des actionnaires, a été forcé à la démission après une enquête sur sa conduite personnelle et son utilisation de l’argent de l’entreprise. Les raisons exactes ? Ni l’entreprise ni M. Sorrell ne les ont révélées, après avoir signé un accord de confidentialité. Mercredi, le président exécutif, Roberto Quarta, a une nouvelle fois conservé le silence, refusant de dévoiler quoi que ce soit.
Depuis des semaines pourtant, la rumeur circulait à Londres. Le très autoritaire et très charismatique patron, habitué des conférences internationales et du Forum de Davos, passant sa vie dans les avions, aurait eu tendance à confondre ses dépenses privées et celles faites pour l’entreprise. Une autre rumeur a ensuite pris le relais : M. Sorrell aurait eu recours à des prostituées, aux frais de WPP.
Un patron qui traitait le petit personnel avec mépris
Le Wall Street Journal a été le premier à oser l’écrire publiquement. Dans une longue enquête, le Financial Times a pris le relais le 11 juin. La bible des milieux financiers britanniques décrit un patron colérique, traitant le petit personnel avec mépris.
Un incident résume l’atmosphère qui l’entourait. Une nuit, épuisé après douze jours de travail consécutif, son chauffeur avait ramené la femme de M. Sorrell à 2 heures du matin au domicile conjugal. Il avait ensuite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Le propriétaire des chaînes de télévision NBC, CNBC, MSNBC, avait confirmé en mai qu’il préparait une offre en numéraire et supérieure à celle de Disney.
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Comcast tente de ravir à Disney la 21st Century Fox

Le propriétaire des chaînes de télévision NBC, CNBC, MSNBC, avait confirmé en mai qu’il préparait une offre en numéraire et supérieure à celle de Disney.



Le Monde
 |    13.06.2018 à 22h48
 • Mis à jour le
14.06.2018 à 09h33
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


L’affaire n’a pas traîné. Au lendemain du feu vert d’un juge fédéral à la fusion entre le groupe de téléphonie AT&T et Time Warner, la major d’Hollywood propriétaire de CNN, Comcast, s’est lancée mercredi 13 juin dans la bataille pour tenter de ravir la 21st Century Fox à Disney. Le groupe, propriétaire de NBC et des studios Universal, a déposé une offre de 65 milliards de dollars en cash pour acquérir l’entreprise auprès du magnat des médias Rupert Murdoch. L’offre est de 20 % supérieure à celle de Disney, qui propose, lui, un échange d’actions.
Comcast propose de payer 35 dollars l’action tandis que Disney avait fait une offre évaluée à 29,50 dollars par action (52 milliards au total) selon les parités des cours à la veille de l’accord scellé avec Murdoch en décembre 2017. L’offre ne concerne pas la chaîne conservatrice Fox News, via laquelle Donald Trump s’informe.

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Comcast avait déjà tenté de ravir la 21st Century Fox, mais s’était vu opposer un refus du groupe Murdoch, en raison des risques estimés face aux autorités de la concurrence, ainsi que pour des raisons d’optimisation fiscale. Le jugement sur ATT-Time Warner, extrêmement sévère pour les autorités antitrust américaines, est désormais considéré comme un feu vert aux intégrations verticales. Il devrait permettre au rêve caressé dès le tournant du siècle par Jean-Marie Messier et Vivendi Universal d’intégrer contenus et contenants de devenir une réalité. 
« Nous sommes convaincus que les grandes entreprises de médias du siècle à venir seront des entités globales intégrées », a déclaré Brian Roberts, le PDG de Comcast, qui détient le tiers des droits de vote de son entreprise et dont la fortune est évaluée à 2 milliards de dollars. Fox avait prévu d’organiser le 10 juillet une assemblée générale de ses actionnaires pour approuver la fusion avec Disney. Celle-ci pourrait désormais être repoussée, rapporte le Wall Street Journal.

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Contre-offensive contre les géants de la Silicon Valley
Le mouvement de concentration à l’œuvre entre les entreprises de médias et de télécommunications est considéré comme une contre-offensive contre les géants de la Silicon Valley, Google, Facebook, Amazon et Netflix qui produisent leurs propres contenus destinés à être diffusés sur leurs réseaux. Comcast souffre du déclin des abonnements à des bouquets télévisés à domicile et pourrait profiter des offres de streaming de Fox ainsi que de ses activités internationales, notamment en Inde et au Royaume-Uni via la chaîne payante Sky détenue à 39 % par Fox.
Disney, lui, veut affronter Netflix et sa production de contenus. Le rachat de Fox lui permettrait d’acquérir Hulu, le concurrent de Netflix, fort de 17 millions d’abonnés, et d’avoir accès au catalogue de 21st Century Fox, où figurent Avatar ou la série « Les Simpsons ». Ces œuvres pourraient être diffusées en streaming, comme le souhaitent de plus en plus les consommateurs.
Netflix a désormais une valeur boursière supérieure à celle de Disney et Comcast, ces trois entreprises valant environ 150 milliards de dollars en bourse. En 2017, Fox et Disney ont représenté 35 % des entrées en salle en Amérique du Nord, tandis que Fox et Comcast atteignaient ensemble 28 %. La forte position des futurs ensembles dans les activités sportives pourrait les conduire à procéder à des cessions pour obtenir le feu vert des autorités de la concurrence.
L’affaire risque de tourner au combat de personnes. En 2004, Comcast avait tenté de racheter Disney, mais son conseil d’administration s’y était opposé. Brian Roberts, 58 ans, s’était affronté à Robert Iger, qui s’apprêtait à prendre la succession de Michael Eisner à la tête de Disney.

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L’enjeu est de savoir combien Disney acceptera de surenchérir. Chacun a en mémoire le rachat par Disney de Pixar, en 2006, pour 7,4 milliards de dollars. L’acquisition décidée par M. Iger avait été jugée exorbitante – à tort puisqu’elle a permis à Disney de faire fortune dans les studios d’animation. Le rachat de Fox serait le couronnement de la carrière de M. Iger, 67 ans, qui a accepté de repousser de 2019 à 2021 son départ en retraite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Le quatrième vendeur mondial de téléviseurs est partenaire de la compétition de foot.
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Le fabricant de télés Hisense compte sur la Coupe du monde pour doper sa notoriété

Le quatrième vendeur mondial de téléviseurs est partenaire de la compétition de foot.



Le Monde
 |    13.06.2018 à 11h14
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            
Il n’y a pas que les hommes de Didier Deschamps qui nourrissent les plus grandes ambitions pour le Mondial de football qui s’ouvre le 14 juin. Les fabricants de téléviseurs eux aussi sont dans les starting-blocks, à commencer par le chinois Hisense, qui est partenaire de la compétition. C’est un engagement financier considérable – mais que le groupe refuse de révéler – pour une marque en quête de notoriété.
Grâce à ce partenariat, Hisense pourra afficher ses couleurs sept minutes par match sur les panneaux bordant les pelouses, ainsi que dans les inserts s’affichant à l’écran pour indiquer le score, et derrière les joueurs dans la zone d’interview. Une belle visibilité vu l’audience de la compétition : la dernière Coupe du monde, au Brésil, avait été suivie par plus de 3 milliards de téléspectateurs. L’investissement devrait aussi faciliter la présence de ses produits en magasins : ces derniers sont en effet particulièrement enclins à accueillir des marques pouvant afficher le logo de la Coupe du monde – privilège des sponsors de la compétition.
Autant d’arguments pour muscler les ventes de la marque dans un marché en léger recul : 215 millions de téléviseurs ont été livrés dans le monde en 2017, en recul de 3 % par rapport à 2016. Le tout représentant un chiffre d’affaires de 82,5 milliards de dollars (70 milliards d’euros), selon le cabinet IHS Markit. En 2016, Hisense avait déjà été partenaire de l’Euro de football en France, avec des résultats qui l’ont convaincu de continuer sa collaboration avec la Fédération internationale de football. « En France on était passé de 1 % de notoriété, avant la compétition, à près de 10 %. Depuis, on est retombé à 7-8 %. Avec le Mondial on espère grimper autour de 15 % », explique Damien Neymarc, directeur marketing de Hisense en France.
Volonté de la marque de se faire connaître à l’étranger
Cette stratégie marketing s’inscrit pleinement dans la volonté de la marque de se faire connaître...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ En 2016, Donald Trump avait dit le plus grand mal de cette fusion. Les autorités antitrust ont perdu leur procès, dans un pays gagné par les oligopoles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/06/2018
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La justice américaine donne son accord à la fusion d’AT&T et de Time Warner

En 2016, Donald Trump avait dit le plus grand mal de cette fusion. Les autorités antitrust ont perdu leur procès, dans un pays gagné par les oligopoles.



Le Monde
 |    12.06.2018 à 23h04
 • Mis à jour le
13.06.2018 à 21h09
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Enfin. Vingt mois après l’annonce de leurs fiançailles, le géant américain de la téléphonie AT&T et celui des médias Time Warner vont pouvoir fusionner. Ainsi en a décidé un juge fédéral, mardi 12 juin, en déboutant le ministère de la justice américain, qui contestait ce rapprochement.
Le nouvel ensemble, qui pèsera environ 275 milliards de dollars (235 milliards d’euros) en Bourse, représentera le premier acteur du secteur et pourra prétendre concurrencer les géants du Net que sont Google et Facebook. Le juge a même enjoint au ministère de la justice de ne pas entraver la marche des affaires, alors que celui-ci peut faire appel de la décision. Ce jugement, un camouflet pour l’administration Trump, devrait chambouler le paysage des médias et des communications américain.
L’affaire marque un puissant bond en avant dans l’intégration entre contenus et contenants. AT&T (160 milliards de dollars de chiffre d’affaires) est présent dans la téléphonie pour les entreprises, l’Internet, le câble à domicile et la téléphonie mobile. Time Warner (32 milliards de dollars de chiffre d’affaires) possède la chaîne d’information CNN, la chaîne HBO — qui diffuse notamment la série Game of Thrones — et les studios Warner Bros, qui ont, par exemple, tourné les sagas Batman ou Harry Potter.
Critiques de Donald Trump
Les autorités antitrust s’inquiétaient de la faiblesse de la concurrence dans un pays où un abonnement au câble, à Internet ou au téléphone mobile peut coûter pour chacun plus de 100 dollars par mois. AT&T, qui fournit en télévision 25 millions de foyers américains, pourrait user de son pouvoir pour facturer plus cher les contenus qu’il contrôle auprès des autres câblo-opérateurs américains.
« Cette fusion affecterait gravement le consommateur américain. Elle signifierait des factures de télévision plus élevées chaque mois et moins de nouvelles options de consommation innovantes », avait déclaré Makan Delrahim, le chef de la division antitrust du département de la justice, à l’ouverture du procès, à l’automne 2017.

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                AT&T-Time Warner, naissance d’un géant télécoms-médias



Un an plus tôt, Donald Trump, alors candidat à l’élection présidentielle, avait dit le plus grand mal de ce rapprochement, d’autant qu’il était — et est toujours — en conflit ouvert avec la rédaction de CNN. « Je vais citer un des exemples de structure de pouvoir que je combats : AT&T rachète Time Warner et donc CNN, un accord que je n’approuverai pas dans mon gouvernement, parce que c’est trop de concentration de pouvoir dans les mains de trop peu », déclarait-il alors.
Le New York Times s’est indigné, dans un éditorial, que Donald Trump puisse utiliser la loi antitrust pour faire taire ses opposants. Ce soupçon a pesé sur le procès. D’autant que M. Delrahim avait déclaré à l’époque, alors qu’il était simple professeur d’université, qu’il ne voyait pas dans le dossier un sujet d’antitrust majeur.
Le juge Richard Leon, nommé sous George W. Bush, n’a pas estimé nécessaire de bloquer le mariage, les trusts verticaux n’ayant pas été interdits par le passé. Le procès avait été particulièrement difficile pour le ministère de la justice, qui avait été sommé de s’expliquer : il lui appartenait de prouver que la fusion était néfaste pour les consommateurs.
La décision est « un développement très dangereux pour les consommateurs. Cela permet aux entreprises de contenu et de transmission de poursuivre leur consolidation et de maintenir leur contrôle et des prix élevés »
La décision est une victoire pour le PDG d’AT&T, Randall Stephenson, qui avait refusé de céder des actifs pour obtenir l’accord du ministère de la justice. Après la clôture des marchés mardi soir, les actions de Time Warner ont bondi de 4 %, tandis que celles d’AT&T reculaient de 2 %.
Le rachat de Time Warner par AT&T est censé être bouclé avant le 20 juin. Gene Kimmelman, un défenseur des consommateurs et ancien de l’administration Obama, a estimé que la décision de la justice américaine était « un développement très dangereux pour les consommateurs. Cela permet aux entreprises de contenu et de transmission de poursuivre leur consolidation et de maintenir leur contrôle et des prix élevés, qu’il s’agisse des diffusions par câble ou par satellite ».
Comcast après AT&T-Time Warner
Ce mouvement survient alors que la course aux contenus est lancée pour faire face à la montée en puissance du géant de la vidéo en ligne Netflix. Comcast (propriétaire de NBC et des studios Universal) veut empêcher son rival Disney (qui détient les studios Pixar et la chaîne ABC) de mettre la main sur les actifs de 21st Century Fox, propriété du magnat Rupert Murdoch, dont les studios possèdent les droits d’Avatar ou de X-Men.
Comcast attendait de connaître le destin de l’union AT&T-Time Warner pour savoir s’il se lançait dans la bataille boursière. La décision du juge devrait ouvrir donc la voie à une surenchère très rapide. La presse américaine envisageait une offre dès mercredi 13 juin. Le conseil d’administration de 21st Century Fox avait déjà refusé l’an dernier une offre de Comcast, cette fois-là en actions et pour un montant global d’environ 60 milliards de dollars – donc supérieure à celle de Disney –, en raison de craintes en matière de concurrence. Les trois géants Netflix, Comcast et Disney valent autour de 150 milliards de dollars en Bourse.
Selon le Wall Street Journal, Amazon et Apple, dont la capitalisation est en marche vers les 1 000 milliards de dollars, posent un problème similaire à celui de Netflix : « Les médias ont beau ne pas être leur cœur de métier, tous deux dépensent des milliards pour créer des contenus originaux, aspirant les talents d’Hollywood au détriment des sortants », accuse le WSJ.
Restructuration du marché de la téléphonie
Enfin, les opérateurs de téléphonie sont en pleine restructuration. T-Mobile et Sprint, troisième et quatrième opérateurs du secteur, sont en projet de fusion. Eux aussi invoquent un marché ayant changé de nature pour justifier la réduction à trois des opérateurs nationaux. « Il ne s’agit pas de passer de quatre à trois entreprises de téléphonie portable, il y a au moins sept ou huit compétiteurs sur ce marché qui converge », déclarait en avril John Legere, le patron de T-Mobile.

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                « Rupert Murdoch veut solder une vie consacrée aux médias »



Selon lui, AT&T est désormais le premier fournisseur de télévision du pays, Comcast a conquis plus de clients dans le téléphone mobile qu’AT & T et Verizon en 2017, tandis que 12 % des Américains utilisent leur téléphone mobile comme unique fournisseur d’accès à Internet et à la télévision.
Le New York Times, lui aussi, estime que les géants des technologies sont déjà intégrés verticalement. « Amazon et Netflix dépensent chaque année des milliards de dollars pour développer des contenus vidéo et les distribuer eux-mêmes via des services et des systèmes différents », écrit le quotidien new-yorkais.
Bref, chacun a beau jeu de dire que le chamboulement des marchés ne justifie pas l’intervention du juge de la concurrence. L’échec du ministère de la justice est tel que nul n’imagine que ce dernier se lance désormais dans des procédures incertaines : l’affaire laisse le champ libre aux entreprises.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Le président de la première chaîne de télévision publique allemande Ulrich Wilhelm défendra mercredi à Paris ce projet destiné à redonner aux Européens leur « souveraineté numérique » face aux GAFA.
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Le patron de l’ARD prône la création d’une plate-forme numérique européenne

Le président de la première chaîne de télévision publique allemande Ulrich Wilhelm défendra mercredi à Paris ce projet destiné à redonner aux Européens leur « souveraineté numérique » face aux GAFA.



Le Monde
 |    12.06.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
12.06.2018 à 16h09
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Le fossé qui ne cesse de se creuser entre l’Europe et les Etats-Unis depuis l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, en 2016, sera-il une chance pour le projet européen ? Angela Merkel en est convaincue. « Nous, Européens, devons prendre notre destin en main », déclarait la chancelière allemande, le 28 mai 2017, au lendemain du sommet du G7 organisé à Taormine, en Sicile. Un an plus tard, le sommet du G7 à Charlevoix, au Canada, a renforcé sa conviction. En se montrant plus déterminé que jamais à célébrer l’« America first » (« l’Amérique d’abord »), M. Trump a confirmé que « nous devons nous-mêmes défendre nos principes et nos valeurs en Europe », a-t-elle insisté, dimanche 10 juin, sur le plateau de l’ARD, la première chaîne de télévision publique en Allemagne.
Porte-parole de Mme Merkel de 2005 à 2010, « intendant » de la radio-télévision bavaroise Bayerischer Rundfunk depuis 2011, Ulrich Wilhelm occupe aussi, depuis le mois de janvier, la présidence tournante de l’ARD, un mandat d’un an (généralement renouvelé une fois) confié à l’un des patrons des chaînes régionales du pays, qui assument la fonction à tour de rôle. Européen convaincu, ce Munichois de 56 ans était attendu à Paris, mercredi 13 juin, pour y présenter, dans le cadre d’un débat organisé à l’ambassade d’Allemagne, un projet auquel il travaille depuis quelques mois : la création d’une plate-forme numérique européenne.
Protéger l’« héritage culturel » européen
A l’origine de sa réflexion, un constat qui entre en résonance avec celui de Mme Merkel et de nombreux représentants des élites allemandes, d’autant plus préoccupés par le délitement des relations transatlantiques que l’Allemagne fédérale était considérée, depuis la fin de la guerre, comme l’allié le plus proche des Etats-Unis sur le continent européen.
« L’univers numérique se présente comme un espace public, mais il est en réalité aux mains de compagnies privées américaines,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ Le directeur d’un des plus influents quotidiens du pays, connu pour son ton critique envers le pouvoir, est accusé de plusieurs agressions sexuelles.
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Décryptage

Au Maroc, le procès du patron de presse Taoufik Bouachrine jette le trouble

Le directeur d’un des plus influents quotidiens du pays, connu pour son ton critique envers le pouvoir, est accusé de plusieurs agressions sexuelles.

Charlotte Bozonnet (Casablanca, envoyée spéciale)
    



LE MONDE
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        Le 10.06.2018 à 18h00

     •
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        Mis à jour le 10.06.2018 à 19h29






                        

Crédits : ABDELHAK SENNA/AFP


                    

Les semaines de procès se suivent et apportent leurs lots de rebondissements. Des vidéos « dégoûtantes » projetées à l’audience, des avocats qui claquent la porte du tribunal, des noms d’oiseaux échangés entre conseils, des femmes éplorées ou amenées de force au tribunal. Trois mois après le début du procès visant le patron de presse marocain Taoufik Bouachrine, les tensions qui entourent l’affaire ne faiblissent pas.

Le directeur d’Akhbar Al-Youm, important quotidien du Maroc, a été arrêté le 23 février dans les locaux du journal et aussitôt incarcéré. Il est accusé de « traite d’êtres humains », « abus de pouvoir à des fins sexuelles », « viol et tentative de viol ». Des accusations très lourdes qui créent la suspicion alors que le journaliste de 49 ans est connu pour ses critiques envers le pouvoir.
Pour le conseil de M. Bouachrine, il ne fait ainsi aucun doute qu’il s’agit d’une manipulation. « On prend les gens pour des imbéciles, fulmine Me Mohamed Ziane dans son bureau de Casablanca. Mon client dirige un quotidien qui critique tous les centres de décision, sans exception, et c’est ça qui pourrait lui coûter cher. »
« Une aubaine »
Lancé en 2009, Akhbar Al-Youm est l’un des quotidiens arabophones les plus influents du royaume, avec quelque 15 000 exemplaires diffusés par jour. « Bouachrine est l’un des meilleurs journalistes en arabe, une plume, témoigne un journaliste francophone. A un moment, il est devenu gênant pour la stratégie du Palais qui veut faire d’Aziz Akhannouch [ministre de l’agriculture et riche homme d’affaires] le futur premier ministre et de son parti, le Rassemblement national des indépendants (RNI), une super-formation capable de contrer le Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste). » Si Taoufik Bouachrine n’est pas membre du PJD, il en est proche, notamment de l’ex-chef de gouvernement Abdelilah...


