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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Objets connectés, cloud, villes intelligentes… Notre monde est de plus en plus dépendant au numérique et à son réseau physique de câbles et de centres de données. Afin d’assurer leur indépendance, les majors du secteur investissent massivement dans ces infrastructures.
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Internet : la bataille du câble ne fait que commencer

Objets connectés, cloud, villes intelligentes… Notre monde est de plus en plus dépendant au numérique et à son réseau physique de câbles et de centres de données. Afin d’assurer leur indépendance, les majors du secteur investissent massivement dans ces infrastructures.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 17h00
    |

                            Sophy Caulier








                        



                                


                            

Fin septembre 2016, à Roubaix. Les serveurs du data center (centre de données) d’OVH s’affolent. Ils enregistrent des débits de connexion jamais atteints jusque-là. Le site est victime d’un déni de service, une attaque DDoS, dans le jargon informatique.
Des centaines de milliers de requêtes simultanées tentent de saturer le réseau afin d’empêcher l’accès aux serveurs, ce qui rendrait les sites et les applications des clients d’OVH indisponibles. « En 2017, nous avons compté 2 000 attaques DDoS par jour menées à l’encontre de nos clients, dont une vingtaine de forte puissance ! », précise François Sterin, directeur industriel d’OVH. Quant à Annabelle, graphiste indépendante, elle s’arrache les cheveux. En cette veille de 14-Juillet, impossible pour elle d’envoyer son travail à son client. Sa connexion Internet ne répond plus. Il faudra plusieurs jours au fournisseur d’accès pour trouver l’endroit où le câble a été arraché par une pelleteuse, et le réparer.
Et si ce câble sectionné connectait également à Internet l’hôpital de la ville, des collèges ou les services municipaux ? Ou que l’attaque menée contre les clients d’OVH ait réussi et bloqué l’accès à leurs applications pendant plusieurs heures ? Ces exemples illustrent notre dépendance croissante au numérique – et à son réseau bien physique d’ordinateurs et de câbles qui sillonnent la planète. D’où la question : que se passera-t-il si le réseau ne « tient » pas, pris en tenaille entre l’explosion des usages et les risques naturels ou criminels ? C’est pour conjurer ce mauvais sort et asseoir leur emprise sur la gigantesque plomberie du Net que les majors du secteur jettent désormais leurs milliards dans cette bataille du câble.

Le squelette de l’Internet est composé de trois éléments majeurs : des data centers, qui hébergent et traitent les données auxquelles nous accédons (il en existe plusieurs milliers dans le monde) ; des réseaux, qui transportent ces données de...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Si les satellites supportaient la majorité des communications Internet jusqu’à la fin des années 1980, l’arrivée de la fibre optique a fait migrer le trafic vers les câbles terrestres et sous-marins. Les fonds marins vont d’ailleurs bientôt accueillir plus que des câbles…
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Câbles transcontinentaux : des milliards de gigaoctets sous les mers

Si les satellites supportaient la majorité des communications Internet jusqu’à la fin des années 1980, l’arrivée de la fibre optique a fait migrer le trafic vers les câbles terrestres et sous-marins. Les fonds marins vont d’ailleurs bientôt accueillir plus que des câbles…



Le Monde
 |    24.06.2018 à 17h00
    |

                            Sophy Caulier








                        



                                


                            

Fin mars, la Mauritanie s’est trouvée soudainement privée d’Internet. En cause, la rupture du câble sous-marin ACE (Africa Coast to Europe), au large de Nouakchott. Ce problème a perturbé le trafic Internet dans plusieurs pays le long de la côte ouest de l’Afrique. Il a fallu une dizaine de jours pour faire venir un navire câblier sur site, localiser la panne sur le câble (immergé par 30 mètres de fond à plusieurs kilomètres de la côte), réparer et rétablir le trafic.
En mai, ce sont les tortues luths, une espèce protégée, venues pondre leurs œufs sur les plages de Guyane, qui ont empêché la finalisation de la pose du câble sous-marin Kanawa. Celui-ci sera mis en service entre la Martinique et la Guyane… dès que la saison de la ponte sera terminée.
Qu’il s’agisse de l’arrachage accidentel par un chalut de bateau de pêche ou d’une rupture causée par une éruption ou un séisme sous-marins, les câbles qui relient les côtes, les continents et les îles subissent des pannes fréquentes. « On passe notre temps à réparer les câbles. Si nous ne le faisions pas, l’Internet mondial s’arrêterait en quelques semaines », affirme Jean-Luc Vuillemin, directeur des réseaux internationaux d’Orange.
20 à 25 ans de durée de vie
L’opérateur dispose de six navires, dont deux dédiés à la pose et quatre à la maintenance, basés en Méditerranée, en Afrique du Sud, dans l’océan Indien et à Brest, pour l’Atlantique. Un point noir ? « Un câble au large d’Ostende, posé sur un fond sableux par seulement 30 mètres de fond. Nous en sommes à la 91e réparation… »
Si les satellites supportaient la majorité des communications Internet jusqu’à la fin des années 1980, l’arrivée de la fibre optique a fait migrer le trafic vers les câbles terrestres et sous-marins. Un câble ne contient que quelques fibres, organisées par paires, une fibre transportant les données dans un sens, et l’autre, dans l’autre sens. L’ensemble, renforcé et protégé afin...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Les contenus des grands groupes américains sont acheminés sur le dernier kilomètre dans de bonnes conditions par les opérateurs européens, qui ont massivement investi dans leurs propres infrastructures.
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Les géants américains profitent de la neutralité du Net

Les contenus des grands groupes américains sont acheminés sur le dernier kilomètre dans de bonnes conditions par les opérateurs européens, qui ont massivement investi dans leurs propres infrastructures.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 17h00
    |

                            Sophy Caulier








                        



                                


                            

C’est l’un des principes fondateurs d’Internet. La neutralité du Net garantit l’accès de tous au réseau, quels que soient les services consultés et les flux transportés. Consulter un horaire de train ou regarder un film en HD coûtent le même prix à l’internaute et sont acheminés aux mêmes conditions pour les fournisseurs de contenu. Cet idéal des fondateurs a fait long feu, tout au moins aux Etats-Unis, où il vient d’être abrogé par décision de la Commission fédérale des communications.
Le sujet fait controverse. Le principe est vertueux, mais sert-il autant les intérêts des internautes que ceux des quelques groupes américains qui contrôlent de plus en plus le réseau ? Le coût de l’infrastructure Internet n’est pas le même sur le tronçon principal – le câble fibre optique pour l’essentiel – et sur les extrémités, le premier et le dernier kilomètre.
Le coût d’un câble se chiffre en dizaines, voire en centaines, de millions de dollars, mais il est supporté par des consortiums et s’amortit sur des millions d’utilisateurs ou d’entreprises qui paient pour les utiliser. En revanche, les premiers et derniers kilomètres sont financés par les opérateurs télécoms – Orange, SFR, Bouygues ou Free en France –, qui font payer des abonnements à leurs services sans discrimination tarifaire.
Une révision des offres tarifaires
La neutralité fait que Google (qui possède YouTube) ou Netflix, qui représentent respectivement 18 % et 14 % du trafic Internet en France selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, ne rémunèrent pas les opérateurs pour transporter ce trafic jusqu’à l’utilisateur final.
C’est pourquoi les géants américains du Net investissent de plus en plus dans leurs propres infrastructures sur le premier kilomètre, pour en contrôler le coût, et rapprochent leurs data centers des points de connexion aux câbles transatlantiques. C’est aussi pourquoi ils se félicitent de la neutralité du Net en Europe, où...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Des designers proposent de créer des microcérémonies personnalisées. Vous avez une contravention ? Faites-la cuire à la poêle et mangez-la. Un concept qui intéresse aussi Microsoft ou Apple, explique Rémi Sussan sur le blog Internet Actu.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/06/24/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Il existe des solutions pour protéger un enfant en situation de handicap si ses parents viennent à décéder explique au « Monde » Valérie Bentz, responsable des études patrimoniales chez UFF
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Comment protéger son enfant handicapé en assurant une transmission équitable ?

Il existe des solutions pour protéger un enfant en situation de handicap si ses parents viennent à décéder explique au « Monde » Valérie Bentz, responsable des études patrimoniales chez UFF



Le Monde
 |    24.06.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 15h58
    |

Valérie Bentz, responsable des études patrimoniales chez UFF







                        


Question à un expert
En cas de décès de parents d’un enfant handicapé, permettre à ce dernier de subvenir à ses besoins reste une préoccupation majeure. Les parents sont souvent tentés, en accord avec la fratrie, de mettre en œuvre une stratégie de transmission qui avantage l’enfant handicapé. Est-ce toujours la meilleure solution ?
Une personne en situation de handicap qui n’a pas la capacité d’exercer une activité professionnelle peut bénéficier d’allocations. Certaines prestations relevant de l’aide sociale, et notamment dans le cadre du financement d’instituts spécialisés, peuvent être des avances récupérables en cas de changement de situation financière du bénéficiaire, en cas d’héritages, de donations, ou encore en cas de décès de la personne concernée… Dans ces conditions, attribuer volontairement une part supplémentaire du patrimoine à un enfant handicapé en diminuant celle des autres enfants peut se révéler contraire à l’objectif initial.

        Lire aussi :
         

                Transmission : et si vous adoptiez vos beaux-enfants ?



Sans déshériter l’enfant handicapé, il est parfois plus judicieux d’avantager les autres enfants, qui auront ensuite à charge de compenser les besoins de leur frère ou sœur handicapé(e), si nécessaire. La distribution de revenus complémentaires à un enfant handicapé peut également entraîner une diminution des prestations accordées sous condition de ressources, comme l’AAH (Allocation adulte handicapé) ou la PCH (Prestation de compensation du handicap). Il est donc souvent préférable de choisir des placements à capitalisation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Le groupe Bolloré devra reclasser ses salariés affectés à l’exploitation du service d’auto-partage. Pour eux, l’avenir reste incertain.
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« Un gâchis humain » : les salariés d’Autolib’ témoignent

Le groupe Bolloré devra reclasser ses salariés affectés à l’exploitation du service d’auto-partage. Pour eux, l’avenir reste incertain.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 14h22
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Le sort des salariés d’Autolib’ est tranché. De source syndicale, le groupe Bolloré s’est engagé à reclasser – dans la mesure du possible – ses salariés mis sur le carreau après la fin prochaine du service d’auto-partage. La résiliation de la délégation de service public avec le groupe Bolloré par le syndicat des communes franciliennes Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM), le 21 juin, a fait l’effet d’une bombe.
Les deux parties se renvoyaient la balle concernant le sort des salariés du groupe : environ 500 à 600 personnes (267 en emplois directs) vont se retrouver sans travail, dont la moitié d’emplois indirects, selon les syndicats.

Vendredi 22 juin, le groupe Bolloré et le syndicat des communes franciliennes se sont finalement accordés : la société de transports accepte de prendre en charge le reclassement des salariés. Une annonce qui soulage en partie Samir Mohamdi, secrétaire FO de la délégation unique du personnel d’Autolib’ : « Bien sûr, l’arrêt du service reste un choc, mais au moins on n’est plus dans l’incertitude », fait-il valoir. Rien n’est encore acté : les salariés vont devoir attendre le 25 juin pour être notifiés officiellement de la décision du groupe.
Arrêt du service dans un mois
L’arrêt définitif du service devrait avoir lieu dans un mois. S’ensuivra, très probablement, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). « Le 31 août, chacun sera fixé sur son sort : c’est licenciement ou reclassement », annonce Samir Mohamdi. Le responsable syndical exprime tout de même un certain optimisme concernant la probabilité pour les salariés d’être recasés en interne : « Le groupe Bolloré, c’est grand : il ya des possibilités au niveau du RER, par exemple », souligne-t-il.
Samir Mohamdi reste abasourdi par l’arrêt soudain du service. « On était pourtant soutenus par les élus ! », insiste-t-il. Il faut dire que la ville de Paris, favorable à la résiliation, représentait à elle seule 55 %...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ 17 % des mineurs vivant dans des structures du gouvernement le sont dans le cadre de la politique de « tolérance zéro », les 83 % autres sont arrivés seuls aux Etats-Unis.
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Aux Etats-Unis, 522 enfants réunis avec leurs parents sans-papiers

17 % des mineurs vivant dans des structures du gouvernement le sont dans le cadre de la politique de « tolérance zéro », les 83 % autres sont arrivés seuls aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 05h50
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h09
   





                        



   


Le département de la sécurité intérieure américaine (DHS) a annoncé, samedi 23 juin, que 522 enfants qui avaient été séparés de leurs parents dans le cadre de la politique de « tolérance zéro » à l’égard des migrants clandestins avaient retrouvé leurs familles. Donald Trump a signé mercredi un décret mettant fin à la politique de séparation des enfants dont les parents sont des migrants clandestins arrêtés à la frontière sud des Etats-Unis.
Les images de ces enfants détenus dans des cages ont provoqué une vague d’indignation parmi les démocrates et les organisations humanitaires et ont placé certains élus républicains dans une position inconfortable à l’égard de la politique migratoire de Trump.
83 % des mineurs arrivés seuls
Le DHS précise que le service fédéral de la santé publique (HHS) héberge 2 053 enfants dans des structures et qu’ils « travaillent avec les agences partenaires concernées pour améliorer la communication et œuvrer à réunir tous les mineurs et tous les parents via des procédures de réunion établies ».
Actuellement, 17 % des mineurs vivant dans des structures financées par le HHS le sont dans le cadre la politique de « tolérance zéro », les 83 % autres sont arrivés seuls aux Etats-Unis. Le DHS précise que 16 autres enfants vont retrouver leurs parents dans les prochaines vingt-quatre heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », montre qu’il est préférable de s’intéresser aux qualités intrinsèques des individus, plutôt que de se focaliser sur leur âge aux dépens des plus expérimentés.
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« Plutôt que de célébrer les millennials, mieux vaut déceler les perennials »

Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », montre qu’il est préférable de s’intéresser aux qualités intrinsèques des individus, plutôt que de se focaliser sur leur âge aux dépens des plus expérimentés.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 15h04
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. Cette manie de découper la population en rondelles, en fonction des dates de naissance, aurait-elle du plomb dans l’aile ? Le fait de nommer les générations baby-boomeurs, X, Y/millennials ou Z, et de leur attribuer des caractéristiques spécifiques, est une pratique récente, qui a commencé avec le boom des naissances de l’immédiat après-guerre. Certes, le contexte géopolitique, technologique et économique qui prévaut durant l’enfance, l’adolescence, puis l’âge adulte influe sur les comportements. Ce qui peut expliquer une certaine similitude de goûts, de rapport à l’autorité, de type de consommation au sein d’une classe d’âge.
Mais que pèsent ces prétendues constantes générationnelles vis-à-vis des qualités propres à un individu, indépendamment de sa date de naissance ? Pas grand-chose, estime Gina Pell, cofondatrice et rédactrice en chef du site The What, dans un article publié en octobre 2016, mais chaque année un peu plus d’actualité.
Quel que soit son âge, on peut être curieux de tout, rester au fait des dernières évolutions technologiques, avoir des amis de son âge, mais aussi beaucoup plus jeunes ou beaucoup plus vieux. Etre créatif et entreprenant. En bref, se renouveler chaque année, sans perdre ses qualités, à l’instar des plantes vivaces (perennial, en anglais). Plutôt que de célébrer les millennials, mieux vaut donc déceler les Perennials, estime Gina Pell.
Dans un article à paraître dans la Harvard Business Review, Avivah Wittenberg-Cox, PDG de la société de conseil 20-first, enfonce le clou. « On a longtemps considéré que les sexagénaires et septuagénaires étaient forcément des retraités […], vivant entre eux, adeptes de croisières pour le troisième âge. Alors qu’actuellement ils souhaitent au contraire s’engager pleinement dans cette troisième phase de leur vie. » Tant au plan personnel que professionnel.
Les « dé-retraités » arrivent
Les retraités sont...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-9">
<filnamedate="20180624"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180624"><AAMMJJHH="2018062419">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Centre Getty de Los Angeles ou le MET de New York diffusent leurs collections en libre accès sur Internet. Les institutions françaises se montrent réticentes. Certains appellent à un débat national.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Open access : les musées français à la traîne

Le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Centre Getty de Los Angeles ou le MET de New York diffusent leurs collections en libre accès sur Internet. Les institutions françaises se montrent réticentes. Certains appellent à un débat national.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 13h51
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            
Un tabou serait-il en train de tomber ? Mardi 13 mars, Emmanuel Macron reçoit pour déjeuner à l’Elysée les directeurs des grands musées français. Ils sont vingt-six, à qui il demande les points qu’il leur semble essentiel de faire évoluer. Restitution, circulation des œuvres, gratuité…
Quand vient le tour de Jean-Luc Martinez, directeur du ­Louvre, celui-ci soulève une question qui semblait inconcevable il y a peu encore : l’accès aux collections en open data – c’est-à-dire de manière gratuite et immédiate pour tous –, avec la possibilité d’imprimer les images des œuvres, de les reproduire, de les diffuser.
400 000 œuvres en haute définition
C’est ce qu’ont fait le Rijksmuseum à Amsterdam, pionnier en la matière depuis 2010, le Centre Getty à Los Angeles, la National Gallery of Art à Washington ou encore le Metropolitan Museum de New York qui a mis en ligne, en 2017, 400 000 œuvres en haute définition, téléchargeables gratuitement pour peu qu’il n’en soit pas fait d’usage commercial.
« Les travaux de recherche sont impactés par la question des images. Et il y a des domaines qui sont dans un trou noir faute de pouvoir accéder aux œuvres », affirme Martine Denoyelle, conservatrice en chef du patrimoine
Or, dans le monde d’Internet, où le libre accès est devenu l’usage, la France est à la traîne, plaident les partisans de l’open data. « Partout en Europe, il ne se passe pas une semaine sans qu’un musée, une bibliothèque ne s’y mette », affirme Martine Denoyelle, conservatrice en chef du patrimoine, qui, à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), a été chargée par la Fondation de France de préparer pour cet automne un livre blanc sur la question. Voire.
Ne serait-ce que l’Italie ou l’Allemagne ne sont guère plus avancées. Reste que, ici comme là-bas, « les travaux de recherche sont impactés par la question des images. Et il y a des domaines qui sont dans un trou noir faute de pouvoir accéder aux œuvres », affirme-t-elle....




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Ce que les économistes sont capables de « voir » ne dépend pas seulement de leurs théories, mais aussi du contexte politique et des données qu’ils ont à leur disposition, explique dans sa chronique l’économiste Beatrice Cherrier.
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Les économistes redécouvrent « les inégalités de revenus et de richesse au sein des pays développés »

Ce que les économistes sont capables de « voir » ne dépend pas seulement de leurs théories, mais aussi du contexte politique et des données qu’ils ont à leur disposition, explique dans sa chronique l’économiste Beatrice Cherrier.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h47
    |

Beatrice Cherrier (Economiste à l’université de Cergy-Pontoise et à l’Institute for New Economic Thinking)







                        



                                


                            

Recherches. Un procès souvent fait aux économistes est que ceux-ci seraient, jusqu’à ces dernières années, restés aveugles face la montée des inégalités. La faute, dit-on, à leur étroit intérêt pour l’efficacité des politiques économiques plutôt que pour leur équité, et à leurs modèles théoriques dans lesquels tous les agents sont peu ou prou semblables.
Un article du sociologue américain Dan Hirschman (« Rediscovering the 1 % : Economic Expertise and Inequality Knowledge », SocArXiv, 2016) montre pourtant que ce que les économistes sont capables de « voir » ne dépend pas seulement de leurs théories, mais aussi du contexte politique et des données qu’ils ont à leur disposition.
Les chercheurs des années 1940 à 1980 étaient préoccupés par les inégalités, mais pas par les hauts revenus, que les deux guerres mondiales et leurs conséquences avaient sérieusement rabotés. La croissance était élevée – ce sont les « trente glorieuses » – et l’on croit, avec optimisme, que l’enrichissement qui en résulte rendra inutiles pour un temps les politiques de redistribution.
De nouvelles théories
Celles-ci sont, qui plus est, actives à l’époque : des années 1950 aux années 1980, les taux d’imposition sur les tranches les plus élevées avoisinent les 80 % puis les 70 % aux Etats-Unis. Du coup, l’attention des économistes se concentre plutôt sur l’inégalité entre capital et travail.
Qui, des capitalistes ou des travailleurs, récupère la plus grosse partie des fruits de la croissance, se demandent-ils ? Les inégalités entre pays font également l’objet de nombreuses études. La période est à la décolonisation et, en pleine guerre froide, le risque de voir basculer plusieurs pays en développement dans le giron communiste inquiète.
Les chiffres concernant les familles les plus aisées, faciles à identifier, sont supprimés avant toute mise à disposition
Plus encore que les inégalités, c’est la pauvreté absolue...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Pour obtenir l’adhésion des Français, le gouvernement doit se fixer un calendrier précis et organiser un dialogue approfondi, rappelle l’économiste Xavier Chojnicki
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Retraites : « Une réforme ambitieuse sur un terrain miné »

Pour obtenir l’adhésion des Français, le gouvernement doit se fixer un calendrier précis et organiser un dialogue approfondi, rappelle l’économiste Xavier Chojnicki



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h51
    |

Xavier Chojnicki (Economiste)







                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Xavier Chojnicki, analysent la situation.]
Tribune. Avec le lancement de la consultation citoyenne sur la réforme des retraites, le 31 mai, le temps est à présent venu de transformer une belle promesse de campagne électorale – un euro cotisé doit donner les mêmes droits à tous – en une réforme ambitieuse du système de retraite français. Mais que nous promet-on au final ?
L’objectif est clair : il faut rendre plus lisible un système actuellement jugé comme étant très complexe, caractérisé par la coexistence d’une multitude de régimes aux règles de calcul différentes, source dans l’esprit de beaucoup de Français d’un soupçon d’iniquité (pourtant relativement peu fondé), voire même pour les plus jeunes générations d’une perte de confiance dans la capacité du système actuel de leur offrir un jour une retraite décente. Le tout en garantissant de ne toucher ni à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions.
Un beau chantier en perspective. Surtout quand on se remémore les remous qu’ont pu provoquer certaines des précédentes réformes.
En effet, cette réforme est loin d’être la première, mais l’objectif a ici clairement changé. Depuis 1993, plusieurs réformes d’importance variable se sont succédé, venant modifier quelques paramètres clés du système : durée de cotisation, calcul du salaire de référence, indexation des pensions, conditions d’âge sur le départ à la retraite. La finalité était globalement toujours la même : assurer la solvabilité des différents régimes de retraite à long terme.
Harmoniser les règles
Bien que ce problème de solvabilité ne soit pas encore totalement réglé – si l’on en croit les exercices de projection réalisés par le Conseil d’orientation des retraites (COR) – ou tout du moins reste très dépendant de la croissance économique...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Obsédé par son défi de « start-up nation », Emmanuel Macron poursuit comme unique objectif de faire baisser la part des retraites dans le PIB, estime l’économiste Jean-Marie Harribey
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Réforme des retraites : « La volonté cachée du gouvernement est d’éviter un débat sur la répartition des fruits du travail »

Obsédé par son défi de « start-up nation », Emmanuel Macron poursuit comme unique objectif de faire baisser la part des retraites dans le PIB, estime l’économiste Jean-Marie Harribey



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h09
   





                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Jean-Marie Harribey, analysent la situation.]
Par Jean-Marie Harribey
Tribune. Le gouvernement s’apprête à réformer les retraites. Les réformes précédentes n’ont-elles pas atteint leur objectif ? Le cumul des mesures (allongement continu de la durée de cotisation, report à 62 ans de l’âge de départ, calcul des pensions sur la base des 25 meilleures années de salaire, indexation sur les prix et non plus sur les salaires…) a limité le déficit global des caisses de retraites au prix d’une baisse inexorable, à l’avenir, du niveau des pensions.
Le haut-commissaire chargé par le gouvernement de préparer la réforme, Jean-Paul Delevoye, vient d’adresser aux syndicats un document de travail qui montre qu’en croisant les deux critères que sont le niveau relatif des pensions par rapport aux salaires des actifs et la part de solidarité du système, la France est à la meilleure place de tous les pays de l’OCDE. Alors pourquoi cette réforme ?
La réponse est contenue dans les rapports du conseil d’orientation des retraites (COR) de 2017. Le système de retraite représente 14 % du produit intérieur brut annuel. Ce qui est jugé trop élevé. Il faut diminuer cette part au nom de la baisse des dépenses publiques et sociales. Comme les réformes paramétriques précédentes ne sont pas parvenues à réduire cette part, le stratagème consiste à ouvrir une réforme « structurelle ». C’est là que le cynisme confine avec l’absurdité.
Il s’agit de mettre à bas le système actuel de retraite
Puisque les pensions sont désindexées de l’évolution des salaires, plus la croissance économique est forte (et donc, normalement, plus les salaires augmentent), plus les pensions seront déconnectées et représenteront une part plus faible dans le produit intérieur brut (PIB). Ainsi, d’après le COR, si la croissance économique...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ A l’occasion du lancement de la « consultation citoyenne », dans une tribune au « Monde », treize acteurs de la finance solidaire s’adressent au gouvernement pour que celle-ci ne soit pas la grande oubliée de la réforme à venir des retraites.
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Réforme des retraites : « Pour une généralisation de l’épargne-retraite solidaire »

A l’occasion du lancement de la « consultation citoyenne », dans une tribune au « Monde », treize acteurs de la finance solidaire s’adressent au gouvernement pour que celle-ci ne soit pas la grande oubliée de la réforme à venir des retraites.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h52
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le gouvernement a décidé de procéder à une réforme majeure de l’épargne-retraite et d’harmoniser les produits souscrits par les particuliers comme par les entreprises, proposés par un assureur ou par un gestionnaire d’actifs. Si cette réforme tend à mieux protéger l’épargnant, elle ne peut faire l’impasse sur la solidarité, tant dans les régimes de base par répartition, qu’il faut préserver, que dans l’épargne retraite individuelle ou collective.
Il est d’autant plus essentiel d’introduire cette dimension dans la réforme que l’épargne retraite finance à long terme notre économie. Elle doit donc s’appuyer sur un projet de société et sur un projet de développement durable et solidaire.
Les produits d’épargne solidaire offrent aujourd’hui l’occasion de financer des entreprises et associations à forte utilité sociale, qui privilégient la recherche d’un impact social et environnemental positif pour la société à la seule rentabilité financière.

Ces dernières ont adopté des modèles économiques pérennes qui favorisent l’insertion des demandeurs d’emploi souhaitant créer leur activité grâce au microcrédit (ADIE), soutiennent la création d’emplois par les entrepreneurs sociaux (France active), luttent contre le mal-logement des sans-abri ou des plus fragiles (Habitat et Humanisme et Fondation Abbé Pierre), favorisent la transition écologique et énergétique citoyenne (Enercoop) ou le développement économique dans les pays du Sud (SIDI, Oikocredit).
Les pouvoirs publics doivent mieux encourager tous ces acteurs qui jouent un rôle bénéfique mais trop méconnu dans la cohésion sociale et territoriale de notre société et son orientation vers un développement soutenable.
Besoin d’un financement fléché
Les bénéficiaires d’épargne solidaire, qu’il s’agisse de très jeunes entreprises ou de projets matures en phase de changement d’échelle, ont besoin de ce surcroît d’épargne. Sans que ce soit l’intention du gouvernement,...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Ouverture à la capitalisation, départ à 63 ans et allongement de la durée de cotisation restent des pistes nécessaires pour sauver le système, estime Victor Poirier de l’Institut Montaigne.
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Réforme des retraites : « Pour ne pas sacrifier l’avenir, la transformation doit répondre à une logique d’objectifs et non de moyens »

Ouverture à la capitalisation, départ à 63 ans et allongement de la durée de cotisation restent des pistes nécessaires pour sauver le système, estime Victor Poirier de l’Institut Montaigne.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h06
   





                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Victor Poirier, analysent la situation.]
Par Victor Poirier
Tribune. Dans ce quinquennat, 2019 sera une année clé. A défaut du rapport CAP 2022, le projet de loi de finances, discuté dès cet automne, devra contenir des éléments substantiels de transformation, si la France veut respecter ses engagements budgétaires. 2019 est aussi l’année choisie par l’exécutif pour la réforme des retraites, qui s’annonce des plus délicates. Dans le programme du candidat Macron, ce chantier, majeur pour les finances publiques du pays, était pourtant très peu documenté.
Seule l’annonce choc de la fin des réformes paramétriques y figurait, au bénéfice d’une réforme systémique. Le tout est prévu en un an, là où les Suédois, souvent cités comme exemple, ont mené des négociations pendant près d’une décennie avant d’aboutir à leur réforme de 1998. A cet égard, la méthode retenue par l’exécutif, celle d’une concertation conduite par un haut-commissaire compétent et rassurant, envoie un signal encourageant.
Coûteux, inéquitable et insoutenable
Sur le fond, les enjeux sont connus. Ils peuvent être résumés en trois volets qui devront guider les décisions à venir. Notre modèle est aujourd’hui généreux et coûteux. En 2015, le niveau de vie médian des retraités est plus élevé que celui de l’ensemble de la population, tandis que 316 milliards d’euros de pensions de retraite ont été versés en 2017, soit 13,8 % du PIB… contre 10 % en moyenne dans l’Union européenne.
Il est aussi difficilement lisible et inéquitable. On compte aujourd’hui près d’une quarantaine de régimes de retraite. Les différences de traitement existantes – âge d’ouverture des droits, méthode de calcul des prestations – entraînent complexité et injustice, certains pouvant être favorisés selon qu’ils auraient effectué leur carrière dans...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Pour l’économiste Audrey Rain, le gouvernement, en faisant le choix d’une réforme en profondeur, pose les bonnes questions. Reste à apporter les bonnes réponses
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Réforme des retraites : « Le choix du temps long donne l’opportunité de réfléchir aux grandes questions »

Pour l’économiste Audrey Rain, le gouvernement, en faisant le choix d’une réforme en profondeur, pose les bonnes questions. Reste à apporter les bonnes réponses



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h07
   





                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Audrey Rain, analysent la situation.]
Par Audrey Rain
Tribune. La réforme annoncée qui vise à modifier en profondeur le système de retraite peut, de façon légitime, susciter des interrogations, mais ces inquiétudes pourraient être aisément levées. En effet, cette réforme constitue aussi une opportunité pour corriger les actuelles imperfections du système. D’un côté, elle pourrait permettre d’améliorer les dispositifs de solidarité existants et leur articulation avec les mécanismes contributifs. De l’autre, elle devrait assurer l’équilibre financier du système à long terme, ce qui n’implique en aucun cas une restriction de la gouvernance politique.
L’engagement selon lequel « chaque euro cotisé donne les mêmes droits » semble interprété par certains comme la perte des mécanismes de solidarité existants. Or, cette observation s’appuie sur un constat inexact : si le système actuel de retraite réduit les inégalités salariales observées au cours des carrières individuelles, c’est au moyen de dispositifs dits « non contributifs ». Ces mécanismes assurent les individus en cas d’accidents de carrière ou par des minima de pension.
En revanche, le cœur du système – la formule de calcul des pensions – est antiredistributif, comme l’a montré une étude de l’Insee. La règle des vingt-cinq meilleures années constitue un exemple pertinent. En conservant la dynamique actuelle de revalorisation des retraites, une étude montre que ce mécanisme permet aux individus dont les carrières sont les plus ascendantes de percevoir une meilleure pension par rapport à leur cotisation, et pénalise les salariés dont les fins de carrière sont plus difficiles. La réforme envisagée du système offre la possibilité de corriger de telles imperfections en permettant, par la suite, une meilleure...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Le gouvernement vient d’autoriser de nouveau les importations de cerises turques, en assurant qu’elles ne sont plus traitées au diméthoate, dangereux pour la santé.
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Le retour de la cerise turque inquiète les agriculteurs français

Le gouvernement vient d’autoriser de nouveau les importations de cerises turques, en assurant qu’elles ne sont plus traitées au diméthoate, dangereux pour la santé.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 10h56
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            
Chronique. Sus à la cerise turque ! Lors des blocages de raffineries orchestrés par le syndicat FNSEA jusqu’au 13 juin, le fruit rouge voyageur en a pris pour son grade. Et pour cause. Cette année, la cerise de la Sublime Porte a vu se rouvrir celles du marché français. Elle a décroché le visa sanitaire perdu en 2016. Les agriculteurs français s’interrogent, eux, comme pour l’huile de palme ou la viande bovine, sur les conditions de production et d’éventuelles distorsions de concurrence.
Pour l’heure, pas de déferlante turque dans les étals de primeurs. Mais la vigilance est de mise. Il est vrai que la Turquie s’est refait la cerise avec ce fruit. « Avec 630 000 tonnes en 2017, c’est le premier producteur mondial, devant l’Italie (118 000 tonnes) et l’Espagne (100 000 tonnes) », affirme Alexandra Lacoste, de l’AOP Cerises. Et le pays exporte à tour de bras vers l’Allemagne ou la Russie.
En France, la production était de 35 000 tonnes en 2017. Et cette année ? Il est encore trop tôt pour tirer un bilan. Mais beaucoup d’espoirs ont été douchés par le pluvieux mois de mai. Du jamais-vu, disent en chœur les arboriculteurs. Des monts du Lyonnais, au mont Ventoux en passant par Céret dans les Pyrénées-Orientales, tous ont bu la tasse. Plus ou moins remplie.
La drosophile suzukii reste discrète
« J’ai perdu 40 % de mes volumes. Avec la pluie mais aussi l’absence de mistral qui habituellement assainit les arbres », raconte Jean-Christophe Neyron, président de l’AOP Cerises, en fin de récolte, près du mont Ventoux. Dépité d’avoir vu les fruits pourrir sur les branches, même pas dignes de finir en confiture. Et d’avoir travaillé pour des queues de cerise.
Le retour du soleil redonne le sourire dans les monts du Lyonnais. Première région productrice française, elle est plus tardive et son potentiel a donc été moins affecté. « Nous avons eu tout de même un gros travail de tri en mai », reconnaît...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-17">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Aux Etats-Unis, achats en ligne et achats en boutique pourront être taxés de la même façon.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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La Cour suprême autorise les Etats américains à taxer l’e-commerce

Aux Etats-Unis, achats en ligne et achats en boutique pourront être taxés de la même façon.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h32
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Aux Etats-Unis, les achats en ligne pourront désormais êtres taxés comme les autres. Jeudi 21 juin, la Cour suprême des Etats-Unis a donné raison à plus de 40 Etats américains, qui lui demandaient de revenir sur un précédent jugement datant de 1992. La plus haute juridiction du pays justifie sa décision par la nécessité de ne pas créer « des avantages compétitifs artificiels » au détriment des distributeurs traditionnels. Le secteur du e-commerce redoute un impact dévastateur.
Actuellement, les sites Internet peuvent proposer des achats hors taxes dans les Etats où ils ne possèdent pas une présence physique, comme un magasin ou un entrepôt. C’est aux contribuables américains de régler ces taxes, dont le montant varie selon les Etats, au moment de leur déclaration d’impôt. Mais seulement 1 % à 2 % des ménages le font, selon des estimations officielles. Les autres économisent ainsi jusqu’à 10 % lorsqu’ils commandent un produit en ligne.
Avec l’essor du commerce en ligne, qui représente désormais près de 10 % de l’ensemble des achats, cette situation est devenue intenable pour les Etats américains, qui collectent les taxes sur les ventes. Leur manque à gagner s’élèverait à 13 milliards de dollars par an (11,2 milliards d’euros), selon un rapport fédéral cité par l’AFP. Ces derniers dénonçaient ainsi une réglementation « dépassée », établie à l’époque des catalogues de vente par correspondance, qui les obligent à des coupes budgétaires drastiques.
« Une concurrence équitable »
L’offensive avait été lancée en 2016, par le Dakota du Sud, qui avait engagé une action judiciaire contre Wayfair, une boutique de mobilier en ligne, et avait voté une loi imposant la collecte des taxes locales pour les sites réalisant plus de 100 000 dollars de chiffre d’affaires ou 200 ventes, même sans présence physique dans l’Etat. Après plusieurs revers judiciaires, il avait porté l’affaire devant la Cour suprême. La décision des neufs juges de...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-18">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le pays a reçu la première tranche du programme d’aide du FMI et appris qu’il réintégrerait, mi-2019, l’indice MSCI des marchés émergents.
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L’Argentine espère se réconcilier avec les investisseurs

Le pays a reçu la première tranche du programme d’aide du FMI et appris qu’il réintégrerait, mi-2019, l’indice MSCI des marchés émergents.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h25
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Humiliée au football, ressuscitée sur les marchés. En déroute face à la Croatie, jeudi 21 juin, pour son deuxième match du Mondial, l’Argentine a vu sa cote remonter le même jour sur un autre terrain – financier celui-ci. La Bourse de Buenos Aires a bondi de 8 % pour saluer l’officialisation d’un prêt de 50 milliards de dollars (43 milliards d’euros) du Fonds monétaire international (FMI).
Cette ligne de crédit, d’un montant inédit dans les annales de l’institution, est destinée à stabiliser la situation du pays, très secoué ces dernières semaines sur les marchés – le peso argentin s’est déprécié de plus de 30 % depuis le début de l’année. Une première tranche de 15 milliards de dollars a été versée vendredi, censée prévenir une nouvelle chute de la devise et soutenir le budget argentin. Le reste sera versé si les autorités en font la demande, en échange de revues trimestrielles de l’économie.
Une deuxième annonce simultanée a accru l’enthousiasme des investisseurs : celle du retour de l’Argentine dans le prestigieux indice boursier MSCI des marchés émergents, à partir de mi-2019. Le pays avait été déclassé dix ans plus tôt, en 2009, après la mise en place de contrôles des capitaux et des changes. Avec cette promotion, la société de services financiers, installée à New York, a pris acte des réformes lancées sous la houlette du président libéral Mauricio Macri. Issu d’une des familles les plus riches du pays, le successeur de Cristina Kirchner a fait la promesse de réconcilier son pays avec la finance mondiale.
Restaurer la crédibilité du pays
Cette réintégration était loin d’être acquise, au vu des récentes turbulences. Mais l’accord avec le FMI a fini de convaincre MSCI que les mesures d’ouverture prises par M. Macri, depuis son arrivée au pouvoir en 2015, ne seraient pas annulées de sitôt. Pour le président, il s’agit de la meilleure nouvelle depuis plusieurs mois, compte tenu du poids et de l’influence de cet indice auprès des grands...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.
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Autolib’ : un fiasco aux responsabilités partagées

Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h12
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La liberté a un prix. Les partenaires d’Autolib’, le service d’autopartage électrique qui devait « libérer » les déplacements des Franciliens, viennent d’en faire l’amère expérience. L’exploitant, le groupe Bolloré, et l’un des principaux concédants, la Mairie de Paris, se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas prêts à assumer les 293,7 millions de pertes que le parc de petites voitures grises aurait générées d’ici à 2023. Alors que les deux parties se rejettent la responsabilité de ce fiasco, le Syndicat mixte Autolib’ Velib’ Metropole (SAVM) a décidé, jeudi 21 juin, de résilier le contrat qui les liait.

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L’accord présenté en 2011 comme « gagnant-gagnant » s’est transformé sept ans plus tard en « perdant-perdant ». Pour Bolloré, Autolib’ devait constituer une vitrine mondiale pour sa technologie de batteries, qu’il essaye d’imposer face aux autres constructeurs de véhicules électriques. Pour la Mairie de Paris, il s’agissait de se doter d’un service de transport alternatif à la fois innovant et peu polluant, au moment où la voiture n’est plus en odeur de sainteté en milieu urbain.
Au mauvais moment
L’échec du projet, qui met à mal ces deux stratégies, arrive au plus mauvais moment pour les deux partenaires. Vincent Bolloré est en difficulté sur tous les fronts. Mis en examen pour les conditions d’attribution de concessions portuaires en Afrique, l’industriel breton vient de subir un revers dans la prise de contrôle de Telecom Italia, tandis que Canal+ se vide de ses abonnés.

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Quant à Anne Hidalgo, la maire de Paris, elle accumule les déboires avec ses différents prestataires. La gestion des PV, devenus des « forfaits post-stationnement », confiée aux sociétés privées Streeteo et Moovia, a connu une série de bugs. Surtout, le changement de prestataires de Vélib’, les vélos en libre-service, a tourné à l’accident industriel. Un peu plus d’un an après l’attribution du contrat à Smovengo, il est toujours impossible d’utiliser normalement le service, alors que son déploiement se heurte à des obstacles techniques et sociaux.
Tandis que Mme Hidalgo a tout fait pour décourager les Parisiens de posséder leur propre voiture, l’échec de ces solutions de transport individuel partagé est une mauvaise nouvelle, à moins de deux ans des élections municipales. Si son combat pour réduire la pollution urbaine va dans le bon sens, celui-ci ne pourra surmonter les réticences qu’en proposant des modes de déplacement alternatifs efficaces et abordables.

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Avec un contrat qui s’est révélé mal ficelé, avec une gouvernance et un contrôle de l’exploitation déficients, le modèle économique retenu pour Autolib’ a conduit à une impasse, dont les responsabilités sont largement partagées. Pourtant, à maintes reprises, des alertes ont été lancées sur le manque de rentabilité du projet. Des solutions avaient été proposées, comme le fait de réduire le service en banlieue, où le taux d’utilisation des véhicules n’était pas assez élevé, ou comme la possibilité d’emprunter à Paris les voies de bus et de taxi. En vain.
De son côté, Bolloré, focalisé sur l’aspect industriel du projet, n’a pas été suffisamment attentif à sa dimension de service public. Chacun a préféré faire l’autruche jusqu’au clash final. Celui-ci jette dans l’incertitude les 267 salariés de la société, qui risquent de se retrouver au chômage. Il frustre également les 150 000 clients qui avaient adopté le service et irrite les contribuables franciliens, qui s’interrogent sur le montant final des pertes qu’ils devront éponger. Bref, un beau gâchis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le président du Conseil économique, social et environnemental explique dans un entretien au « Monde » la réforme portée par Emmanuel Macron.
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Patrick Bernasconi : « Le CESE est à l’aube d’un énorme changement »

Le président du Conseil économique, social et environnemental explique dans un entretien au « Monde » la réforme portée par Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h03
    |

            Michel Noblecourt








                        



   


Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) va se transformer en Chambre de la société civile, selon le vœu émis par Emmanuel Macron. Son président actuel, Patrick Bernasconi, explique les nouveaux rôles que l’institution va être appelée à jouer.

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Quel jugement portez-vous sur la réforme ?
Patrick Bernasconi : Ce qui nous a guidé pour accompagner cette réforme proposée par le président de la République, c’est de renforcer l’institutionnalisation de l’assemblée de la société civile organisée, et de la rendre encore plus en proximité avec les citoyens engagés. Plus que jamais, la Chambre de la société civile doit être un trait d’union beaucoup plus fort entre les corps intermédiaires et la République.
Au-delà du texte constitutionnel, il y aura bien entendu un travail de fond à réaliser dans le cadre de la loi organique puis dans les décrets afin de faire en sorte que nous puissions mieux et plus servir aux assemblées législatives. Cette transformation ouvre le champ des possibles. Elle nous permettra d’intervenir davantage dans l’éclairage préalable à la fabrique de la loi dans une relation de coopération avec les deux autres assemblées.
Emmanuel Macron a la réputation de ne pas faire grand cas des corps intermédiaires. Cette réforme va-t-elle conforter l’image qui vous colle souvent à la peau d’une société civile enfermée dans un palais de la Belle au bois dormant ou va-t-elle marquer son réveil ?
Nous sommes à l’aube d’un énorme changement et même d’une véritable révolution. Demain cette assemblée de la société civile sera organisée d’une façon assez pure car elle ne sera composée que de conseillers désignés par les organisations, syndicats, associations dont ils seront membres ; il n’y aura plus, dans cette enceinte, des conseillers qualifiés directement par les pouvoirs publics et que l’on a longtemps dénoncés, souvent à tort d’ailleurs, comme étant le produit du fait du prince.
Pour autant, cette chambre devra se nourrir de cercles extérieurs – experts, scientifiques, organisations de terrain – qui enrichiront nos rapports sur la vision des citoyens mais aussi sur les conséquences sur le long terme des décisions à prendre, d’où la relation au monde scientifique.
L’autre évolution majeure devrait être que nous serons consultés de façon systématique avant chaque projet de loi économique, social et environnemental, en dehors des sujets de négociation qui continueront à concerner essentiellement les partenaires sociaux. Il y aura donc une montée en puissance, et une visibilité beaucoup plus forte, de la Chambre de la société civile. Les parlementaires auront une meilleure connaissance de nos avis qui sur les projets de loi seront rendus au même moment que ceux du Conseil d’État.
Comment allez-vous répondre à votre autre mission, celle d’organiser le débat public, notamment à travers des pétitions citoyennes?
Clarifions le débat. Il est proposé que la chambre ait trois responsabilités. La première, il l’a déjà, c’est d’être saisie par 500 000 signataires d’une pétition. Nous demandons à ce que cette possibilité soit désormais numérique et que les conclusions apportées aient une ouverture institutionnelle auprès de l’Assemblée ou du Sénat.
La seconde, c’est que la chambre aura la responsabilité, sur saisine gouvernementale, d’organiser des débats publics sur de grands projets de réforme, en amont de celles-ci. La troisième, mais d’une façon non exclusive, c’est la possibilité qu’elle aura de recevoir sur une plate-forme des pétitions numériques qui n’atteignent pas ce chiffre constitutionnel de 500 000 signataires mais qui n’en méritent pas moins d’être écoutées. Nous avons sur ce sujet un véritable savoir-faire. Nous venons ainsi, à la suite d’une auto-saisine sur la fin de vie qui faisait l’objet de plusieurs pétitions citoyennes, d’adopter un avis sur un sujet aussi difficile, tout en faisant apparaître des dissensus, des différences, dans nos préconisations.
Le projet diminue vos moyens, en ramenant de 233 à 155 le nombre de membres, et accroît vos compétences, en augmentant fortement les cas de consultation obligatoire. Comment comptez-vous faire face à ce « en même temps » ?
Cette réduction du nombre de membres est un sujet de préoccupation. Car la grande valeur de ce conseil est sa colonne vertébrale qui lui donne sa cohérence ; elle n’est pas et ne doit pas être une addition d’individualités. Cette cohérence, c’est la représentation et le nombre d’organisations et d’associations, la qualité de leurs membres qui pour la plupart d’entre eux, en dehors de leurs responsabilités associatives ou autres, et de leur mandat de conseiller, exercent aussi une profession.
Ces deux caractéristiques sont à préserver le plus possible car elles donnent leur valeur à nos travaux, qui ne doivent pas devenir des produits technocratiques. On ne pourra donc pas fonctionner avec le même budget qu’aujourd’hui.
Des craintes se font jour parmi les organisations syndicales. Risquent-elles de faire les frais de la réforme ?
La réforme doit permettre à une assemblée qui rassemble les corps intermédiaires de pouvoir mieux fonctionner et d’être davantage entendue. Il faudra clarifier son rôle et celui de ses représentants. Les organisations syndicales et professionnelles ont un rôle important à jouer sur des sujets qui leur sont propres. Ce serait une erreur de ne pas reconnaître leur place. Pour ma part, j’y veillerai toujours.
Au final, la démocratie sociale, plutôt mal en point, va-t-elle y gagner ?
Je l’espère. Il faut bâtir un meilleur équilibre entre la société civile organisée et les pouvoirs publics. Mon rêve est que nous allions vers une démocratie plus participative, plus moderne, plus mature et plus efficace.



                            


                        

                        

