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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Les chorégraphies de masse sont un classique dans les représentations nord-coréennes. En les photographiant, les journalistes occidentaux qui couvrent le pays ne servent-ils pas sa propagande ?
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Corée du Nord : quand les masses paradent pour Kim

Les chorégraphies de masse sont un classique dans les représentations nord-coréennes. En les photographiant, les journalistes occidentaux qui couvrent le pays ne servent-ils pas sa propagande ?



Le Monde
 |    24.06.2018 à 07h01
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Au premier regard, on pense à un motif de papier peint ou à des pixels agrandis, à une image reproduite par un procédé mécanique. Et puis on s’aperçoit qu’il s’agit de centaines d’êtres humains concentrés sur un espace réduit, bras levés, vêtus pareillement, composant un dessin géométrique dont les lignes bien ordonnées se perpétuent hors du cadre. On comprend qu’il s’agit d’une chorégraphie de masse, destinée à composer une vaste image aux effets cinétiques, visible de loin – depuis des gradins.
Cette photo a été prise par Ed Jones, de l’AFP, en Corée du Nord, le 10 juin, soit deux jours avant que Kim Jong-un et ­Donald Trump signent à Singapour un accord dit « historique ». Que se passait-il ce jour-là, loin des journaux télévisés du monde entier, sous l’arc de triomphe de Pyongyang ? Une répétition pour les Jeux de masse d’Arirang. Cet énorme spectacle à la gloire du régime, avec abondance de tableaux vivants, se déroulera d’août à octobre dans le stade du ­Premier-Mai aux 150 000 places.
« Un concentré du pouvoir étatique »
Ces shows colossaux, basés sur des exercices de gymnastique collective inspirés par les défilés militaires, où la prouesse individuelle est abolie au profit de l’expression collective, sont devenus une des spécialités de la Corée du Nord, après l’avoir été de la plupart des pays communistes et de plusieurs mouvements patriotiques européens de la fin du XIXe siècle – les sociétés de gymnastes pangermanistes des années ­1810-1820, le Turnverein, le mouvement Sokol tchèque, fondé en 1862 pour exalter le sentiment national slave.
Ed Jones, le photographe de l’AFP, reconnaît qu’il s’agit là d’un véritable « cliché » du pays : « Demandez à n’importe qui d’imaginer à quoi ressemble la Corée du Nord. L’image qui vient spontanément à l’esprit est celle d’une parade, avec des milliers de visages et de jambes se mouvant comme un seul homme. » Dans le numéro 10 d’octobre 1966 de la revue Internationale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Les « missions de volontariat » que vendent certaines sociétés sont largement critiquées : la démarche, d’abord commerciale, peut affecter les populations locales.
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« Volontourisme » : le juteux business de l’humanitaire sur catalogue

Les « missions de volontariat » que vendent certaines sociétés sont largement critiquées : la démarche, d’abord commerciale, peut affecter les populations locales.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 06h44
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

« Volontariat international. Départ dernière minute accepté. » Les publicités de l’entreprise Projects Abroad sur Internet ont l’apparence et la mélodie des alléchantes offres all inclusive. L’entreprise, qui se définit comme une « organisation », vend, à l’instar des agences de voyages, des séjours clés en main dans des contrées exotiques pour des « missions de volontariat » sans aucun prérequis du côté des bénévoles, pas même la majorité.
Répondant à une forte demande des jeunes Occidentaux pour « partir faire de l’humanitaire » à l’étranger, Projects Abroad est un acteur d’un secteur en pleine expansion depuis les années 1990 dans les pays anglo-saxons : celui du tourisme humanitaire, ou voluntourism ­ (« volontourisme » en français), qui s’implante en France depuis 2006.
De telles entreprises envoient des jeunes Occidentaux à l’étranger dans des structures partenaires locales et, moyennant une coquette somme (en moyenne 2 000 euros la semaine), garantissent leur sécurité, des activités et un encadrement.
« Complexe du sauveur blanc »
Si l’intention des bénévoles est louable, le recours à ce genre d’offres est pourtant largement critiqué. Depuis une dizaine d’années, les associations humanitaires à but non lucratif formulent des inquiétudes.
Elles dénoncent entre autres la monétarisation du bénévolat, le peu d’impact sur les populations locales (les volontaires n’apportant généralement pas de compétences spécifiques et qui s’inscriraient dans un projet de développement à long terme), voire un impact négatif : la pratique d’actes médicaux par des personnes non diplômées, les troubles psychologiques d’orphelins nouant des liens affectifs avec des volontaires aussitôt repartis, et parfois la création pure et simple de faux orphelinats. En ligne de mire, la logique commerciale de ces entreprises : plutôt que de répondre à un réel besoin sur place, elles épouseraient la demande de leurs clients.
Par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ La façon dont François a abordé le scandale de pédophilie qui a touché l’Eglise au Chili évoque la manière pragmatique avec laquelle Léon IX, au XIe siècle, traita la question du commerce des charges ecclésiastique.
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La realpolitique papale ne date pas d’hier

La façon dont François a abordé le scandale de pédophilie qui a touché l’Eglise au Chili évoque la manière pragmatique avec laquelle Léon IX, au XIe siècle, traita la question du commerce des charges ecclésiastique.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 06h30
    |

                            Valérie Theis (Historienne)








                        



                                


                            
L’actualité dense de ces dernières semaines a presque fait passer inaperçu un événement pourtant rare dans l’Eglise catholique : la démission, le 18 mai, de tous les évêques chiliens, accusés d’abus sexuels, mais aussi de pouvoir et d’autorité dans un rapport accablant commandé par le pape.
Jusque-là en retrait de ce qu’on aurait pu attendre de lui dans la lutte contre la pédophilie, ce dernier a commencé à agir, mais sa réponse à la démission collective reste très limitée : trois démissions ont été acceptées. Un épisode lointain, appelé « réforme grégorienne », pourrait aider à éclairer cette décision et à replacer dans un temps plus long les problèmes de gestion de la sexualité des clercs – et pas seulement celui de la pédophilie – que l’Eglise doit aujourd’hui affronter.
Simonie et nicolaïsme
Cette réforme, qui tient son nom du pape Grégoire VII (1073-1085), a commencé en fait dès l’époque de Léon IX (1049-1054) qui, lors d’un concile tenu au Latran en 1049, décida d’interdire ce qu’il considérait comme les deux maux principaux de l’Eglise. Le premier, la simonie, était le fait de vendre ou d’acheter des charges ou sacrements ecclésiastiques, et le second, le nicolaïsme, était le mariage ou le concubinage des clercs.
Dans l’Eglise chrétienne, il est en effet interdit de se marier à partir des ordres majeurs, donc dès qu’on est ordonné sous-diacre, mais, jusqu’à cette réforme, l’application de la règle était très inégale. A Byzance, il suffisait même aux prêtres de se marier avant d’être ordonnés sous-diacres pour pouvoir garder leurs épouses. Les deux interdictions de 1049 convergeaient vers un seul objectif, le célibat n’étant qu’un des outils pour y parvenir : il s’agissait de procurer à l’Eglise une autonomie parrapport aux laïcs dont elle n’avait jamais bénéficié. Pour cela, il fallait imposer l’idée que les laïcs et les clercs étaient séparés dans leur mode de vie et que le fonctionnement de l’Eglise devait relever uniquement des seconds.
Dans...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », montre qu’il est préférable de s’intéresser aux qualités intrinsèques des individus, plutôt que de se focaliser sur leur âge aux dépens des plus expérimentés.
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« Plutôt que de célébrer les millennials, mieux vaut déceler les perennials »

Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », montre qu’il est préférable de s’intéresser aux qualités intrinsèques des individus, plutôt que de se focaliser sur leur âge aux dépens des plus expérimentés.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 15h04
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. Cette manie de découper la population en rondelles, en fonction des dates de naissance, aurait-elle du plomb dans l’aile ? Le fait de nommer les générations baby-boomeurs, X, Y/millennials ou Z, et de leur attribuer des caractéristiques spécifiques, est une pratique récente, qui a commencé avec le boom des naissances de l’immédiat après-guerre. Certes, le contexte géopolitique, technologique et économique qui prévaut durant l’enfance, l’adolescence, puis l’âge adulte influe sur les comportements. Ce qui peut expliquer une certaine similitude de goûts, de rapport à l’autorité, de type de consommation au sein d’une classe d’âge.
Mais que pèsent ces prétendues constantes générationnelles vis-à-vis des qualités propres à un individu, indépendamment de sa date de naissance ? Pas grand-chose, estime Gina Pell, cofondatrice et rédactrice en chef du site The What, dans un article publié en octobre 2016, mais chaque année un peu plus d’actualité.
Quel que soit son âge, on peut être curieux de tout, rester au fait des dernières évolutions technologiques, avoir des amis de son âge, mais aussi beaucoup plus jeunes ou beaucoup plus vieux. Etre créatif et entreprenant. En bref, se renouveler chaque année, sans perdre ses qualités, à l’instar des plantes vivaces (perennial, en anglais). Plutôt que de célébrer les millennials, mieux vaut donc déceler les Perennials, estime Gina Pell.
Dans un article à paraître dans la Harvard Business Review, Avivah Wittenberg-Cox, PDG de la société de conseil 20-first, enfonce le clou. « On a longtemps considéré que les sexagénaires et septuagénaires étaient forcément des retraités […], vivant entre eux, adeptes de croisières pour le troisième âge. Alors qu’actuellement ils souhaitent au contraire s’engager pleinement dans cette troisième phase de leur vie. » Tant au plan personnel que professionnel.
Les « dé-retraités » arrivent
Les retraités sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Centre Getty de Los Angeles ou le MET de New York diffusent leurs collections en libre accès sur Internet. Les institutions françaises se montrent réticentes. Certains appellent à un débat national.
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Open access : les musées français à la traîne

Le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Centre Getty de Los Angeles ou le MET de New York diffusent leurs collections en libre accès sur Internet. Les institutions françaises se montrent réticentes. Certains appellent à un débat national.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 13h51
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            
Un tabou serait-il en train de tomber ? Mardi 13 mars, Emmanuel Macron reçoit pour déjeuner à l’Elysée les directeurs des grands musées français. Ils sont vingt-six, à qui il demande les points qu’il leur semble essentiel de faire évoluer. Restitution, circulation des œuvres, gratuité…
Quand vient le tour de Jean-Luc Martinez, directeur du ­Louvre, celui-ci soulève une question qui semblait inconcevable il y a peu encore : l’accès aux collections en open data – c’est-à-dire de manière gratuite et immédiate pour tous –, avec la possibilité d’imprimer les images des œuvres, de les reproduire, de les diffuser.
400 000 œuvres en haute définition
C’est ce qu’ont fait le Rijksmuseum à Amsterdam, pionnier en la matière depuis 2010, le Centre Getty à Los Angeles, la National Gallery of Art à Washington ou encore le Metropolitan Museum de New York qui a mis en ligne, en 2017, 400 000 œuvres en haute définition, téléchargeables gratuitement pour peu qu’il n’en soit pas fait d’usage commercial.
« Les travaux de recherche sont impactés par la question des images. Et il y a des domaines qui sont dans un trou noir faute de pouvoir accéder aux œuvres », affirme Martine Denoyelle, conservatrice en chef du patrimoine
Or, dans le monde d’Internet, où le libre accès est devenu l’usage, la France est à la traîne, plaident les partisans de l’open data. « Partout en Europe, il ne se passe pas une semaine sans qu’un musée, une bibliothèque ne s’y mette », affirme Martine Denoyelle, conservatrice en chef du patrimoine, qui, à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), a été chargée par la Fondation de France de préparer pour cet automne un livre blanc sur la question. Voire.
Ne serait-ce que l’Italie ou l’Allemagne ne sont guère plus avancées. Reste que, ici comme là-bas, « les travaux de recherche sont impactés par la question des images. Et il y a des domaines qui sont dans un trou noir faute de pouvoir accéder aux œuvres », affirme-t-elle....




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Ce que les économistes sont capables de « voir » ne dépend pas seulement de leurs théories, mais aussi du contexte politique et des données qu’ils ont à leur disposition, explique dans sa chronique l’économiste Beatrice Cherrier.
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Les économistes redécouvrent « les inégalités de revenus et de richesse au sein des pays développés »

Ce que les économistes sont capables de « voir » ne dépend pas seulement de leurs théories, mais aussi du contexte politique et des données qu’ils ont à leur disposition, explique dans sa chronique l’économiste Beatrice Cherrier.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h47
    |

Beatrice Cherrier (Economiste à l’université de Cergy-Pontoise et à l’Institute for New Economic Thinking)







                        



                                


                            

Recherches. Un procès souvent fait aux économistes est que ceux-ci seraient, jusqu’à ces dernières années, restés aveugles face la montée des inégalités. La faute, dit-on, à leur étroit intérêt pour l’efficacité des politiques économiques plutôt que pour leur équité, et à leurs modèles théoriques dans lesquels tous les agents sont peu ou prou semblables.
Un article du sociologue américain Dan Hirschman (« Rediscovering the 1 % : Economic Expertise and Inequality Knowledge », SocArXiv, 2016) montre pourtant que ce que les économistes sont capables de « voir » ne dépend pas seulement de leurs théories, mais aussi du contexte politique et des données qu’ils ont à leur disposition.
Les chercheurs des années 1940 à 1980 étaient préoccupés par les inégalités, mais pas par les hauts revenus, que les deux guerres mondiales et leurs conséquences avaient sérieusement rabotés. La croissance était élevée – ce sont les « trente glorieuses » – et l’on croit, avec optimisme, que l’enrichissement qui en résulte rendra inutiles pour un temps les politiques de redistribution.
De nouvelles théories
Celles-ci sont, qui plus est, actives à l’époque : des années 1950 aux années 1980, les taux d’imposition sur les tranches les plus élevées avoisinent les 80 % puis les 70 % aux Etats-Unis. Du coup, l’attention des économistes se concentre plutôt sur l’inégalité entre capital et travail.
Qui, des capitalistes ou des travailleurs, récupère la plus grosse partie des fruits de la croissance, se demandent-ils ? Les inégalités entre pays font également l’objet de nombreuses études. La période est à la décolonisation et, en pleine guerre froide, le risque de voir basculer plusieurs pays en développement dans le giron communiste inquiète.
Les chiffres concernant les familles les plus aisées, faciles à identifier, sont supprimés avant toute mise à disposition
Plus encore que les inégalités, c’est la pauvreté absolue...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Spécialistes reconnus de l’œuvre de la philosophe, Robert Chenavier, Olivier Mongin et Jean-Louis Schlegel s’insurgent dans une tribune au « Monde » contre la récupération de l’auteur de « L’Enracinement » par la droite conservatrice et les intellectuels antimodernes.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Lisons donc Simone Weil sans la récupérer par de médiocres instrumentalisations ! »

Spécialistes reconnus de l’œuvre de la philosophe, Robert Chenavier, Olivier Mongin et Jean-Louis Schlegel s’insurgent dans une tribune au « Monde » contre la récupération de l’auteur de « L’Enracinement » par la droite conservatrice et les intellectuels antimodernes.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h26
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La philosophe Simone Weil (1909-1943) serait-elle en passe de devenir la nouvelle muse des politiques conservatrices ? Au service de cette cause est souvent et presque seul cité d’elle, dans les livres et revues qui revendiquent le nouveau conservatisme, son livre posthume publié par Albert Camus en 1949, L’Enracinement (Yann Raison du Cleuziou, « Le renouveau conservateur en France », Esprit, octobre 2017).
Selon Le Monde du 16 février, M. Wauquiez, entre autres, cite volontiers dans ses interventions, outre Marcel Gauchet et Régis Debray, ce livre et son auteure. Dans Le Monde du 5 décembre 2017, Bérénice Levet faisait même de Laurent Wauquiez le « candidat de l’enracinement » ! Dans cette ligne, il emprunterait à la philosophe décédée en 1943 deux de ses thèmes préférés : le patriotisme et l’« identité française ». Cette interprétation est, selon nous, tout à fait abusive.
Quasi blasphématoire
Certes, on ne désavouera pas Levet quand elle résume la position de la philosophe en écrivant que l’« enracinement est inscription […] dans une histoire, dans des histoires même », dans des « communautés d’appartenance qui se conjuguent au pluriel » et sont « dépositaires de récits, de traditions, de significations ».
En coupant les racines, le déracinement provoque en effet la perte des « milieux naturels » – qui sont des milieux de vie pour l’homme et pas seulement des « environnements ». Pour Simone Weil, constituent de tels « milieux naturels » « la patrie, les milieux définis par la langue, par la culture, par un passé historique commun, la profession, la localité… » (Œuvres complètes, Gallimard, t. V, vol. 2, p. 104).

Sauf que L’Enracinement, livre complexe, est aussi une longue dénonciation du fait que la France précisément a, au cours de son histoire, enlevé leur sens aux...




                        

                        


<article-nb="2018/06/24/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ George Orwell, Albert Camus, Simone Weil... Pour « gagner la bataille des idées », les conservateurs n’hésitent plus à piocher chez les penseurs progessistes, détaille Nicolas Truong, chef du service Débats au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 23/06/2018
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Comment la droite récupère les intellectuels de gauche

George Orwell, Albert Camus, Simone Weil... Pour « gagner la bataille des idées », les conservateurs n’hésitent plus à piocher chez les penseurs progessistes, détaille Nicolas Truong, chef du service Débats au « Monde ».



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 18h27
    |

Nicolas Truong (chef du service Débats au « Monde »)







                        



                                


                            

Analyse. L’actuelle recomposition du paysage politique français repose sur une ample reconfiguration idéologique. Et c’est l’une des raisons du grand concert de citations actuel. Ainsi voit-on le président du parti Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez évoquer, de discours en tribunes, Albert Camus, George Orwell et Simone Weil.
Cette captation des intellectuels de gauche par la droite n’est pas nouvelle. Dès 2007, Nicolas Sarkozy avait ouvert la grande opération de récupération en se présentant comme « l’héritier de Jaurès ». Antonio Gramsci (1891-1937), marxiste et cofondateur du Parti communiste italien, réduit à son combat pour « l’hégémonie culturelle », est, depuis lors, devenu l’une de ses références favorites : « Au fond, j’ai fait mienne l’analyse de Gramsci : le pouvoir se gagne par les idées. C’est la première fois qu’un homme de droite assume cette bataille-là. » Serait-elle en passe d’être gagnée ?
Force est de constater que le tournant identitaire de la droite française s’adosse à une méthodique récupération des grandes figures intellectuelles de la gauche que sont notamment George Orwell, Albert Camus ou Simone Weil. Pour que la captation s’opère, il faut qu’il y ait des passages littéraires à convertir en slogans conservateurs. Intellectuels iconoclastes affranchis des orthodoxies, les auteurs de La Ferme des animaux, de L’Etranger ou de L’Enracinement s’y prêtent à merveille.
Nouveau conservatisme
C’est pourquoi une phrase de Camus (1913-1960), extraite de son discours du 10 décembre 1957 à Stockholm, est devenue la maxime du nouveau conservatisme : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. » Conclusion : ne cherchons plus à transformer le monde, mais attachons-nous à le préserver....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Pour obtenir l’adhésion des Français, le gouvernement doit se fixer un calendrier précis et organiser un dialogue approfondi, rappelle l’économiste Xavier Chojnicki
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Retraites : « Une réforme ambitieuse sur un terrain miné »

Pour obtenir l’adhésion des Français, le gouvernement doit se fixer un calendrier précis et organiser un dialogue approfondi, rappelle l’économiste Xavier Chojnicki



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h51
    |

Xavier Chojnicki (Economiste)







                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Xavier Chojnicki, analysent la situation.]
Tribune. Avec le lancement de la consultation citoyenne sur la réforme des retraites, le 31 mai, le temps est à présent venu de transformer une belle promesse de campagne électorale – un euro cotisé doit donner les mêmes droits à tous – en une réforme ambitieuse du système de retraite français. Mais que nous promet-on au final ?
L’objectif est clair : il faut rendre plus lisible un système actuellement jugé comme étant très complexe, caractérisé par la coexistence d’une multitude de régimes aux règles de calcul différentes, source dans l’esprit de beaucoup de Français d’un soupçon d’iniquité (pourtant relativement peu fondé), voire même pour les plus jeunes générations d’une perte de confiance dans la capacité du système actuel de leur offrir un jour une retraite décente. Le tout en garantissant de ne toucher ni à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions.
Un beau chantier en perspective. Surtout quand on se remémore les remous qu’ont pu provoquer certaines des précédentes réformes.
En effet, cette réforme est loin d’être la première, mais l’objectif a ici clairement changé. Depuis 1993, plusieurs réformes d’importance variable se sont succédé, venant modifier quelques paramètres clés du système : durée de cotisation, calcul du salaire de référence, indexation des pensions, conditions d’âge sur le départ à la retraite. La finalité était globalement toujours la même : assurer la solvabilité des différents régimes de retraite à long terme.
Harmoniser les règles
Bien que ce problème de solvabilité ne soit pas encore totalement réglé – si l’on en croit les exercices de projection réalisés par le Conseil d’orientation des retraites (COR) – ou tout du moins reste très dépendant de la croissance économique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Obsédé par son défi de « start-up nation », Emmanuel Macron poursuit comme unique objectif de faire baisser la part des retraites dans le PIB, estime l’économiste Jean-Marie Harribey
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Réforme des retraites : « La volonté cachée du gouvernement est d’éviter un débat sur la répartition des fruits du travail »

Obsédé par son défi de « start-up nation », Emmanuel Macron poursuit comme unique objectif de faire baisser la part des retraites dans le PIB, estime l’économiste Jean-Marie Harribey



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h09
   





                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Jean-Marie Harribey, analysent la situation.]
Par Jean-Marie Harribey
Tribune. Le gouvernement s’apprête à réformer les retraites. Les réformes précédentes n’ont-elles pas atteint leur objectif ? Le cumul des mesures (allongement continu de la durée de cotisation, report à 62 ans de l’âge de départ, calcul des pensions sur la base des 25 meilleures années de salaire, indexation sur les prix et non plus sur les salaires…) a limité le déficit global des caisses de retraites au prix d’une baisse inexorable, à l’avenir, du niveau des pensions.
Le haut-commissaire chargé par le gouvernement de préparer la réforme, Jean-Paul Delevoye, vient d’adresser aux syndicats un document de travail qui montre qu’en croisant les deux critères que sont le niveau relatif des pensions par rapport aux salaires des actifs et la part de solidarité du système, la France est à la meilleure place de tous les pays de l’OCDE. Alors pourquoi cette réforme ?
La réponse est contenue dans les rapports du conseil d’orientation des retraites (COR) de 2017. Le système de retraite représente 14 % du produit intérieur brut annuel. Ce qui est jugé trop élevé. Il faut diminuer cette part au nom de la baisse des dépenses publiques et sociales. Comme les réformes paramétriques précédentes ne sont pas parvenues à réduire cette part, le stratagème consiste à ouvrir une réforme « structurelle ». C’est là que le cynisme confine avec l’absurdité.
Il s’agit de mettre à bas le système actuel de retraite
Puisque les pensions sont désindexées de l’évolution des salaires, plus la croissance économique est forte (et donc, normalement, plus les salaires augmentent), plus les pensions seront déconnectées et représenteront une part plus faible dans le produit intérieur brut (PIB). Ainsi, d’après le COR, si la croissance économique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ A l’occasion du lancement de la « consultation citoyenne », dans une tribune au « Monde », treize acteurs de la finance solidaire s’adressent au gouvernement pour que celle-ci ne soit pas la grande oubliée de la réforme à venir des retraites.
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Réforme des retraites : « Pour une généralisation de l’épargne-retraite solidaire »

A l’occasion du lancement de la « consultation citoyenne », dans une tribune au « Monde », treize acteurs de la finance solidaire s’adressent au gouvernement pour que celle-ci ne soit pas la grande oubliée de la réforme à venir des retraites.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h52
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le gouvernement a décidé de procéder à une réforme majeure de l’épargne-retraite et d’harmoniser les produits souscrits par les particuliers comme par les entreprises, proposés par un assureur ou par un gestionnaire d’actifs. Si cette réforme tend à mieux protéger l’épargnant, elle ne peut faire l’impasse sur la solidarité, tant dans les régimes de base par répartition, qu’il faut préserver, que dans l’épargne retraite individuelle ou collective.
Il est d’autant plus essentiel d’introduire cette dimension dans la réforme que l’épargne retraite finance à long terme notre économie. Elle doit donc s’appuyer sur un projet de société et sur un projet de développement durable et solidaire.
Les produits d’épargne solidaire offrent aujourd’hui l’occasion de financer des entreprises et associations à forte utilité sociale, qui privilégient la recherche d’un impact social et environnemental positif pour la société à la seule rentabilité financière.

Ces dernières ont adopté des modèles économiques pérennes qui favorisent l’insertion des demandeurs d’emploi souhaitant créer leur activité grâce au microcrédit (ADIE), soutiennent la création d’emplois par les entrepreneurs sociaux (France active), luttent contre le mal-logement des sans-abri ou des plus fragiles (Habitat et Humanisme et Fondation Abbé Pierre), favorisent la transition écologique et énergétique citoyenne (Enercoop) ou le développement économique dans les pays du Sud (SIDI, Oikocredit).
Les pouvoirs publics doivent mieux encourager tous ces acteurs qui jouent un rôle bénéfique mais trop méconnu dans la cohésion sociale et territoriale de notre société et son orientation vers un développement soutenable.
Besoin d’un financement fléché
Les bénéficiaires d’épargne solidaire, qu’il s’agisse de très jeunes entreprises ou de projets matures en phase de changement d’échelle, ont besoin de ce surcroît d’épargne. Sans que ce soit l’intention du gouvernement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Ouverture à la capitalisation, départ à 63 ans et allongement de la durée de cotisation restent des pistes nécessaires pour sauver le système, estime Victor Poirier de l’Institut Montaigne.
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Réforme des retraites : « Pour ne pas sacrifier l’avenir, la transformation doit répondre à une logique d’objectifs et non de moyens »

Ouverture à la capitalisation, départ à 63 ans et allongement de la durée de cotisation restent des pistes nécessaires pour sauver le système, estime Victor Poirier de l’Institut Montaigne.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h06
   





                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Victor Poirier, analysent la situation.]
Par Victor Poirier
Tribune. Dans ce quinquennat, 2019 sera une année clé. A défaut du rapport CAP 2022, le projet de loi de finances, discuté dès cet automne, devra contenir des éléments substantiels de transformation, si la France veut respecter ses engagements budgétaires. 2019 est aussi l’année choisie par l’exécutif pour la réforme des retraites, qui s’annonce des plus délicates. Dans le programme du candidat Macron, ce chantier, majeur pour les finances publiques du pays, était pourtant très peu documenté.
Seule l’annonce choc de la fin des réformes paramétriques y figurait, au bénéfice d’une réforme systémique. Le tout est prévu en un an, là où les Suédois, souvent cités comme exemple, ont mené des négociations pendant près d’une décennie avant d’aboutir à leur réforme de 1998. A cet égard, la méthode retenue par l’exécutif, celle d’une concertation conduite par un haut-commissaire compétent et rassurant, envoie un signal encourageant.
Coûteux, inéquitable et insoutenable
Sur le fond, les enjeux sont connus. Ils peuvent être résumés en trois volets qui devront guider les décisions à venir. Notre modèle est aujourd’hui généreux et coûteux. En 2015, le niveau de vie médian des retraités est plus élevé que celui de l’ensemble de la population, tandis que 316 milliards d’euros de pensions de retraite ont été versés en 2017, soit 13,8 % du PIB… contre 10 % en moyenne dans l’Union européenne.
Il est aussi difficilement lisible et inéquitable. On compte aujourd’hui près d’une quarantaine de régimes de retraite. Les différences de traitement existantes – âge d’ouverture des droits, méthode de calcul des prestations – entraînent complexité et injustice, certains pouvant être favorisés selon qu’ils auraient effectué leur carrière dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Pour l’économiste Audrey Rain, le gouvernement, en faisant le choix d’une réforme en profondeur, pose les bonnes questions. Reste à apporter les bonnes réponses
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Réforme des retraites : « Le choix du temps long donne l’opportunité de réfléchir aux grandes questions »

Pour l’économiste Audrey Rain, le gouvernement, en faisant le choix d’une réforme en profondeur, pose les bonnes questions. Reste à apporter les bonnes réponses



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h07
   





                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Audrey Rain, analysent la situation.]
Par Audrey Rain
Tribune. La réforme annoncée qui vise à modifier en profondeur le système de retraite peut, de façon légitime, susciter des interrogations, mais ces inquiétudes pourraient être aisément levées. En effet, cette réforme constitue aussi une opportunité pour corriger les actuelles imperfections du système. D’un côté, elle pourrait permettre d’améliorer les dispositifs de solidarité existants et leur articulation avec les mécanismes contributifs. De l’autre, elle devrait assurer l’équilibre financier du système à long terme, ce qui n’implique en aucun cas une restriction de la gouvernance politique.
L’engagement selon lequel « chaque euro cotisé donne les mêmes droits » semble interprété par certains comme la perte des mécanismes de solidarité existants. Or, cette observation s’appuie sur un constat inexact : si le système actuel de retraite réduit les inégalités salariales observées au cours des carrières individuelles, c’est au moyen de dispositifs dits « non contributifs ». Ces mécanismes assurent les individus en cas d’accidents de carrière ou par des minima de pension.
En revanche, le cœur du système – la formule de calcul des pensions – est antiredistributif, comme l’a montré une étude de l’Insee. La règle des vingt-cinq meilleures années constitue un exemple pertinent. En conservant la dynamique actuelle de revalorisation des retraites, une étude montre que ce mécanisme permet aux individus dont les carrières sont les plus ascendantes de percevoir une meilleure pension par rapport à leur cotisation, et pénalise les salariés dont les fins de carrière sont plus difficiles. La réforme envisagée du système offre la possibilité de corriger de telles imperfections en permettant, par la suite, une meilleure...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Autolib’ : un fiasco aux responsabilités partagées

Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h12
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La liberté a un prix. Les partenaires d’Autolib’, le service d’autopartage électrique qui devait « libérer » les déplacements des Franciliens, viennent d’en faire l’amère expérience. L’exploitant, le groupe Bolloré, et l’un des principaux concédants, la Mairie de Paris, se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas prêts à assumer les 293,7 millions de pertes que le parc de petites voitures grises aurait générées d’ici à 2023. Alors que les deux parties se rejettent la responsabilité de ce fiasco, le Syndicat mixte Autolib’ Velib’ Metropole (SAVM) a décidé, jeudi 21 juin, de résilier le contrat qui les liait.

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                Autolib’ va s’arrêter, mais à une date encore inconnue



L’accord présenté en 2011 comme « gagnant-gagnant » s’est transformé sept ans plus tard en « perdant-perdant ». Pour Bolloré, Autolib’ devait constituer une vitrine mondiale pour sa technologie de batteries, qu’il essaye d’imposer face aux autres constructeurs de véhicules électriques. Pour la Mairie de Paris, il s’agissait de se doter d’un service de transport alternatif à la fois innovant et peu polluant, au moment où la voiture n’est plus en odeur de sainteté en milieu urbain.
Au mauvais moment
L’échec du projet, qui met à mal ces deux stratégies, arrive au plus mauvais moment pour les deux partenaires. Vincent Bolloré est en difficulté sur tous les fronts. Mis en examen pour les conditions d’attribution de concessions portuaires en Afrique, l’industriel breton vient de subir un revers dans la prise de contrôle de Telecom Italia, tandis que Canal+ se vide de ses abonnés.

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                Démêlés judiciaires, gouvernance contestée, concurrence accrue : l’empire de Vincent Bolloré accumule les déconvenues



Quant à Anne Hidalgo, la maire de Paris, elle accumule les déboires avec ses différents prestataires. La gestion des PV, devenus des « forfaits post-stationnement », confiée aux sociétés privées Streeteo et Moovia, a connu une série de bugs. Surtout, le changement de prestataires de Vélib’, les vélos en libre-service, a tourné à l’accident industriel. Un peu plus d’un an après l’attribution du contrat à Smovengo, il est toujours impossible d’utiliser normalement le service, alors que son déploiement se heurte à des obstacles techniques et sociaux.
Tandis que Mme Hidalgo a tout fait pour décourager les Parisiens de posséder leur propre voiture, l’échec de ces solutions de transport individuel partagé est une mauvaise nouvelle, à moins de deux ans des élections municipales. Si son combat pour réduire la pollution urbaine va dans le bon sens, celui-ci ne pourra surmonter les réticences qu’en proposant des modes de déplacement alternatifs efficaces et abordables.

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                Comment Hidalgo veut sortir de l’impasse Autolib’



Avec un contrat qui s’est révélé mal ficelé, avec une gouvernance et un contrôle de l’exploitation déficients, le modèle économique retenu pour Autolib’ a conduit à une impasse, dont les responsabilités sont largement partagées. Pourtant, à maintes reprises, des alertes ont été lancées sur le manque de rentabilité du projet. Des solutions avaient été proposées, comme le fait de réduire le service en banlieue, où le taux d’utilisation des véhicules n’était pas assez élevé, ou comme la possibilité d’emprunter à Paris les voies de bus et de taxi. En vain.
De son côté, Bolloré, focalisé sur l’aspect industriel du projet, n’a pas été suffisamment attentif à sa dimension de service public. Chacun a préféré faire l’autruche jusqu’au clash final. Celui-ci jette dans l’incertitude les 267 salariés de la société, qui risquent de se retrouver au chômage. Il frustre également les 150 000 clients qui avaient adopté le service et irrite les contribuables franciliens, qui s’interrogent sur le montant final des pertes qu’ils devront éponger. Bref, un beau gâchis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Pour le directeur général délégué d’Ipsos, le macronisme « ne peut être résumé à une addition de concepts de gauche et de droite »
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Brice Teinturier : « Pour Macron, l’émancipation est un combat »

Pour le directeur général délégué d’Ipsos, le macronisme « ne peut être résumé à une addition de concepts de gauche et de droite »



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h02
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

Brice Teinturier est directeur général délégué d’Ipsos. Auteur de Plus rien à faire, plus rien à foutre – La vraie crise de la démocratie (Robert Laffont, 2017), il décrypte le positionnement idéologique « profond et construit » du chef de l’Etat.

Le macronisme est-il moins une idéologie qu’une méthode ?
On ne peut pas le réduire à une simple méthode, qui relèverait du pragmatisme ou uniquement de la recherche de l’efficacité. Il y a dans la démarche d’Emmanuel Macron une idéologie, une philosophie politique beaucoup plus profonde et construite. Elle passe d’abord par une certaine conception du pouvoir. Pour le chef de l’Etat, dans la relation qui lie un individu à l’Histoire, le souverain a réellement la capacité de peser, d’infléchir le cours de l’Histoire. D’où la référence aux grands hommes, à ceux qui font l’Histoire davantage que l’Histoire ne les fait, même s’ils en sont en partie les produits. Tous les présidents ne pensent pas cela, ou pas à ce point.
La liberté constitue donc un pilier de son logiciel…
Oui, et cela vaut tout autant pour le souverain et la nation que pour un individu dans sa capacité à prendre en main son destin. Certes, des déterminismes existent et Emmanuel Macron ne les nie pas : les rapports de force économiques, les déterminismes sociaux, la reproduction sociale, le poids de l’histoire… Mais, en dernier ressort, il considère que la liberté existe ou plutôt, qu’elle est une possibilité.
C’est ce qu’il y a derrière l’idée d’émancipation. Et c’est pourquoi la mobilité et la responsabilité sont deux autres concepts essentiels dans ce qui me semble être son projet et sa philosophie politique. Il y a là un fond intrinsèquement – et peut-être exagérément – optimiste.
Cette conception libérale est traditionnellement associée à la droite…
L’idée que la liberté de l’individu peut au final l’emporter pourrait le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le président du Conseil économique, social et environnemental explique dans un entretien au « Monde » la réforme portée par Emmanuel Macron.
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Patrick Bernasconi : « Le CESE est à l’aube d’un énorme changement »

Le président du Conseil économique, social et environnemental explique dans un entretien au « Monde » la réforme portée par Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h03
    |

            Michel Noblecourt








                        



   


Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) va se transformer en Chambre de la société civile, selon le vœu émis par Emmanuel Macron. Son président actuel, Patrick Bernasconi, explique les nouveaux rôles que l’institution va être appelée à jouer.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi réformer le CESE, Conseil économique, social et environnemental ?



Quel jugement portez-vous sur la réforme ?
Patrick Bernasconi : Ce qui nous a guidé pour accompagner cette réforme proposée par le président de la République, c’est de renforcer l’institutionnalisation de l’assemblée de la société civile organisée, et de la rendre encore plus en proximité avec les citoyens engagés. Plus que jamais, la Chambre de la société civile doit être un trait d’union beaucoup plus fort entre les corps intermédiaires et la République.
Au-delà du texte constitutionnel, il y aura bien entendu un travail de fond à réaliser dans le cadre de la loi organique puis dans les décrets afin de faire en sorte que nous puissions mieux et plus servir aux assemblées législatives. Cette transformation ouvre le champ des possibles. Elle nous permettra d’intervenir davantage dans l’éclairage préalable à la fabrique de la loi dans une relation de coopération avec les deux autres assemblées.
Emmanuel Macron a la réputation de ne pas faire grand cas des corps intermédiaires. Cette réforme va-t-elle conforter l’image qui vous colle souvent à la peau d’une société civile enfermée dans un palais de la Belle au bois dormant ou va-t-elle marquer son réveil ?
Nous sommes à l’aube d’un énorme changement et même d’une véritable révolution. Demain cette assemblée de la société civile sera organisée d’une façon assez pure car elle ne sera composée que de conseillers désignés par les organisations, syndicats, associations dont ils seront membres ; il n’y aura plus, dans cette enceinte, des conseillers qualifiés directement par les pouvoirs publics et que l’on a longtemps dénoncés, souvent à tort d’ailleurs, comme étant le produit du fait du prince.
Pour autant, cette chambre devra se nourrir de cercles extérieurs – experts, scientifiques, organisations de terrain – qui enrichiront nos rapports sur la vision des citoyens mais aussi sur les conséquences sur le long terme des décisions à prendre, d’où la relation au monde scientifique.
L’autre évolution majeure devrait être que nous serons consultés de façon systématique avant chaque projet de loi économique, social et environnemental, en dehors des sujets de négociation qui continueront à concerner essentiellement les partenaires sociaux. Il y aura donc une montée en puissance, et une visibilité beaucoup plus forte, de la Chambre de la société civile. Les parlementaires auront une meilleure connaissance de nos avis qui sur les projets de loi seront rendus au même moment que ceux du Conseil d’État.
Comment allez-vous répondre à votre autre mission, celle d’organiser le débat public, notamment à travers des pétitions citoyennes?
Clarifions le débat. Il est proposé que la chambre ait trois responsabilités. La première, il l’a déjà, c’est d’être saisie par 500 000 signataires d’une pétition. Nous demandons à ce que cette possibilité soit désormais numérique et que les conclusions apportées aient une ouverture institutionnelle auprès de l’Assemblée ou du Sénat.
La seconde, c’est que la chambre aura la responsabilité, sur saisine gouvernementale, d’organiser des débats publics sur de grands projets de réforme, en amont de celles-ci. La troisième, mais d’une façon non exclusive, c’est la possibilité qu’elle aura de recevoir sur une plate-forme des pétitions numériques qui n’atteignent pas ce chiffre constitutionnel de 500 000 signataires mais qui n’en méritent pas moins d’être écoutées. Nous avons sur ce sujet un véritable savoir-faire. Nous venons ainsi, à la suite d’une auto-saisine sur la fin de vie qui faisait l’objet de plusieurs pétitions citoyennes, d’adopter un avis sur un sujet aussi difficile, tout en faisant apparaître des dissensus, des différences, dans nos préconisations.
Le projet diminue vos moyens, en ramenant de 233 à 155 le nombre de membres, et accroît vos compétences, en augmentant fortement les cas de consultation obligatoire. Comment comptez-vous faire face à ce « en même temps » ?
Cette réduction du nombre de membres est un sujet de préoccupation. Car la grande valeur de ce conseil est sa colonne vertébrale qui lui donne sa cohérence ; elle n’est pas et ne doit pas être une addition d’individualités. Cette cohérence, c’est la représentation et le nombre d’organisations et d’associations, la qualité de leurs membres qui pour la plupart d’entre eux, en dehors de leurs responsabilités associatives ou autres, et de leur mandat de conseiller, exercent aussi une profession.
Ces deux caractéristiques sont à préserver le plus possible car elles donnent leur valeur à nos travaux, qui ne doivent pas devenir des produits technocratiques. On ne pourra donc pas fonctionner avec le même budget qu’aujourd’hui.
Des craintes se font jour parmi les organisations syndicales. Risquent-elles de faire les frais de la réforme ?
La réforme doit permettre à une assemblée qui rassemble les corps intermédiaires de pouvoir mieux fonctionner et d’être davantage entendue. Il faudra clarifier son rôle et celui de ses représentants. Les organisations syndicales et professionnelles ont un rôle important à jouer sur des sujets qui leur sont propres. Ce serait une erreur de ne pas reconnaître leur place. Pour ma part, j’y veillerai toujours.
Au final, la démocratie sociale, plutôt mal en point, va-t-elle y gagner ?
Je l’espère. Il faut bâtir un meilleur équilibre entre la société civile organisée et les pouvoirs publics. Mon rêve est que nous allions vers une démocratie plus participative, plus moderne, plus mature et plus efficace.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ A de très rares exception près, les clubs ne font pas de bénéfices, affirme Luc Arrondel, économiste du sport. Mais l’arrivée de nouveaux investisseurs dans le secteur pourrait être la marque d’un changement d’ère.
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« Le football est une petite affaire économique »

A de très rares exception près, les clubs ne font pas de bénéfices, affirme Luc Arrondel, économiste du sport. Mais l’arrivée de nouveaux investisseurs dans le secteur pourrait être la marque d’un changement d’ère.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 09h15
    |

            Luc Vinogradoff








                        



                                


                            
Luc Arrondel, directeur de recherche au CNRS, est l’auteur, avec Richard Duhautois, de L’Argent du football (Cepremap, 228 p., 12 €).
Dans votre livre, vous décrivez un football « post­moderne » où l’argent prend de plus en plus de place. Pourquoi ce sport concentre-t-il autant de critiques aujourd’hui ?
L’idée d’écrire ce livre nous est venue à l’été 2017, après les transferts très coûteux de Neymar et Kylian Mbappé au PSG. Nous avons voulu prendre du recul par rapport au discours alarmiste sur cette bulle spéculative et examiner sereinement le rôle et la place de l’argent dans ce sport. Le football a l’image d’un sport qui brasse beaucoup d’argent et qui distribue des ­rémunérations obscènes. De notre point de vue, le football, en tant que sport et secteur économique, n’est pourtant qu’un ­reflet de la société, elle-même inégalitaire.
On peut trouver qu’il y a des mauvais côtés dans la mondialisation et la financiarisation de ce sport, comme les salaires de certains joueurs, mais il existe des rémunérations similaires, voire plus importantes, dans d’autres secteurs économiques, comme la finance. Dans le cas des footballeurs les mieux payés, les salaires proviennent de la rente des droits de retransmission à la télévision et des poches des propriétaires de leur club, qui sont le plus souvent des milliardaires.
Le vrai problème n’est pas la rémunération des joueurs, mais la répartition des salaires entre les joueurs. On a tendance à croire que le football se résume à une petite minorité de joueurs très bien payés qui ont une carrière longue. Or, en Ligue 1, le salaire mensuel moyen d’un joueur est de 50 000 euros, mais sa carrière ne dure qu’entre cinq et six ans.
Vous montrez, chiffres à l’appui, que malgré l’afflux ­d’argent le football n’est pas une activité économique ­rentable pour les propriétaires des clubs. Pourquoi ?
Le football, malgré ce que l’on veut faire croire, est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », rappelle que diverses études et données suggèrent un déclin récent de nos capacités cognitives.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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La dégradation ou les changements de notre environnement font-ils vraiment baisser notre QI ?

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », rappelle que diverses études et données suggèrent un déclin récent de nos capacités cognitives.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 19h58
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. La dégradation ou les changements de notre environnement nous rendent-ils plus bêtes ? Ou, à tout le moins, peuvent-ils faire baisser notre quotient intellectuel (QI) ? Une récente étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, et dont Le Monde a rendu compte sous la signature de Nathaniel Herzberg, a remis cette idée en lumière.
Selon Ole Rogeberg et Bernt Bratsberg (Centre for Economic Research, Oslo), les deux auteurs de cette analyse, l’érosion du QI des conscrits norvégiens depuis le milieu des années 1990, qui intervient après des décennies de croissance, est due à l’environnement au sens large (éducation, nutrition, pollutions diffuses, écrans, etc.) et n’est pas explicable par d’autres facteurs, liés à des dynamiques sociales.
A notre connaissance, la Norvège et la Finlande sont les deux seuls pays disposant de données solides sur l’évolution du QI de l’ensemble de leur population, génération après génération. Tous les jeunes conscrits passent en effet, chaque année, des évaluations standardisées de leurs capacités cognitives. Et, dans ces deux pays, on note une érosion significative du QI depuis le milieu des années 1990. D’autres données, bien plus fragiles car réalisées sur de petits échantillons, suggèrent aussi un déclin récent du QI en France, et dans quelques autres pays.
Pourquoi un tel déclin, s’il est avéré ? Une très grande diversité de facteurs (éducation, taille des familles, etc.) entrent en ligne de compte dans l’augmentation ou le déclin du QI. Mais la conversation publique s’est récemment focalisée sur des causes chimiques. Certains métaux lourds (plomb, mercure…) ou perturbateurs endocriniens (pesticides, retardateurs de flamme…) imprégnant à bas bruit la population générale, pourraient altérer la construction cérébrale, assurent certains chercheurs.
Argumentaire trompeur
Cette alerte serait fantaisiste, rien de moins qu’une « fake...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Anthropologue d’origine colombienne, il montre, par une critique radicale, à quel point le récit de la modernité est centré sur l’Occident.
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Arturo Escobar, pourfendeur du développement

Anthropologue d’origine colombienne, il montre, par une critique radicale, à quel point le récit de la modernité est centré sur l’Occident.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 07h33
    |

            Nicolas Bourcier








                        



                                


                            

Un prophète aux cheveux longs. Une voix étonnamment douce, un regard fixe, une pensée complexe et contagieuse. Au milieu des années 1970, dans une chambrée quelque part du côté du campus de l’université Cornell, dans l’Etat de New York, un jeune homme originaire de Colombie s’interroge. Ses études en biochimie ne l’intéressent plus. L’époque est à la contre-culture. On parle de Nord et de Sud, de démocratie et d’impérialisme, d’activisme aussi. Et puis il y a cette famine au Sahel qui revient dans toutes les discussions.
Arturo Escobar écrit trente pages, son premier texte en anglais. Un jet nourri contre la « révolution verte », cette politique de transformation des agricultures des pays dits en développement, fondée sur l’intensification et l’utilisation de céréales à haut rendement. « Il n’y avait pas encore cette radicalité de la critique », dira-t-il plus tard. Elle viendra avec le temps et les lectures. Mais déjà l’étudiant dénonce, par une étourdissante mise en abyme du système, les politiques de lutte contre la faim et les aides au développement : « Ces politiques ne résolvent pas le problème, elles le perpétuent. »
Des indigènes du sud aux ZAD
Sa plume sera son viatique et sa boussole. Grâce à elle, il construit une grammaire de luttes, un corpus de combat. Une structure, diront les spécialistes, à la fois théorique et pratique. Lui s’engage, change de cursus et de curseur, de focale aussi, en nous rappelant d’où il vient et d’où nous venons. Il interroge la modernité, observe les relations entre les peuples, entre les anciennes colonies et les anciens colons, questionne et décompose les rapports entre dominants et dominés.
« Il est un passeur de sens », dit l’ethnologue Irène Bellier, directrice de recherches au CNRS
Aujourd’hui, à 66 ans, Arturo Escobar a solidement planté son élégante et fine silhouette dans le milieu de la pensée critique globale. Il a écrit une dizaine de livres, collaboré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le nouveau numéro deux des Républicains Jean Leonetti, des membres de la direction du parti et des élus proches de Laurent Wauquiez, parmi lesquels Rachida Dati, Brice Hortefeux ou Nadine Morano présentent leur vision de l’Europe. Ils insistent tout d’abord sur la nécessité d’établir des frontières sûres et stables
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Un projet européen » pour une « civilisation » européenne

Dans une tribune au « Monde », le nouveau numéro deux des Républicains Jean Leonetti, des membres de la direction du parti et des élus proches de Laurent Wauquiez, parmi lesquels Rachida Dati, Brice Hortefeux ou Nadine Morano présentent leur vision de l’Europe. Ils insistent tout d’abord sur la nécessité d’établir des frontières sûres et stables



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 09h27
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’Europe, à peine convalescente de la crise économique qu’elle vient de surmonter, se trouve confrontée à une succession d’événements qui la menacent d’explosion : une vague migratoire de grande ampleur, des actes de terrorisme perpétrés sur son territoire par des fanatiques islamistes, le Brexit aux conséquences économiques et politiques encore mal évaluées et l’élection d’un président des Etats-Unis prônant un protectionnisme économique.
Dans ce contexte, à chaque élection en Europe, les extrêmes et les partis anti-européens progressent à tel point qu’ils deviennent majoritaires en Italie, pays fondateur de l’Union européenne (UE), qui traverse une crise politique d’une extrême gravité. Les peuples européens se détournent de l’Europe, qu’ils accusent d’imposer des contraintes financières et réglementaires accrues sans apporter de protection contre l’insécurité ou la précarité. Le rêve européen s’évanouit peu à peu. L’Europe n’est plus une espérance de progrès.
Face à cette situation nouvelle et inquiétante, certains, refusant de tirer les leçons de ces événements, proposent d’avancer plus vite encore vers un fédéralisme européen ou une « souveraineté européenne » au risque d’aggraver le divorce entre l’Europe et les peuples. D’autres, à l’inverse, proposent de provoquer une sortie de l’euro et de l’Europe aux conséquences financières dramatiques pour les salariés, les épargnants et les retraités en raison de la dévaluation massive qu’elle engendrerait.
L’Europe n’est pas une option
Nous, les Républicains, quelles que soient nos sensibilités, sommes profondément attachés à l’Europe par réalisme et conviction. L’Europe n’est pas une option, nous savons que les défis environnementaux, économiques et politiques de notre temps ne seront relevés qu’à l’échelle des continents et qu’il serait problématique de laisser la Chine et les Etats-Unis face à face pour organiser de manière bipolaire le monde à venir.
Nous...




                        

                        

