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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Paris et Berlin se disent prêts à des solutions à 28 mais aussi à des accords bilatéraux et trilatéraux pour régler la question
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Crise des migrants : Macron et Merkel à la recherche d’un « modus vivendi » à Bruxelles

Paris et Berlin se disent prêts à des solutions à 28 mais aussi à des accords bilatéraux et trilatéraux pour régler la question



Le Monde
 |    24.06.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h25
   





                        


Lors de son arrivée à Bruxelles, dans le cadre de sa participation à un mini-sommet convoquée par la Commission européenne sur la question migratoire, Emmanuel Macron a appelé dimanche 24 juin à une « solution européenne » pour gérer les afflux de réfugiés qui traversent les frontières pour venir en Europe.
« La solution que nous devons aujourd’hui réussir à porter est une solution européenne, elle se construira uniquement sur la coopération entre les Etats membres de l’UE, que ce soit une coopération à 28 ou entre plusieurs Etats qui décident d’avancer ensemble », a déclaré le président français.

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Pour sa part, lors d’une déclaration avant le sommet, Angela Merkel a dit ne pas s’attendre à un accord entre les 28 membres de l’Union européenne sur la question migratoire lors du Conseil européen de jeudi 28 et vendredi 29 juin. « Nous savons qu’au Conseil européen, malheureusement, nous n’aurons pas de solution complète sur la question migratoire », a déclaré la chancelière à Bruxelles.
« C’est pourquoi il y aura des accords bilatéraux et trilatéraux, sur la manière dont nous pouvons nous aider les uns les autres sans toujours attendre tous les 28 Etats membres mais réfléchir à ce qui est important pour qui, a-t-elle poursuivi. La recherche d’un modus vivendi et la poursuite du travail pour parvenir à une solution européenne commune sont au cœur des discussions d’aujourd’hui. »
La France, « deuxième pays d’accueil »
La rencontre du 24 juin à Bruxelles sur la question migratoire, à laquelle participent seize pays européens (sans les pays du groupe de Visegrad, à savoir : la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie), a lieu sur fonds de tensions encore vives entre différents acteurs majeurs de l’UE.

   


A la veille du sommet, le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, a notamment qualifié le président français d’« arrogant » sur le sujet des migrants. La France et l’Espagne venaient alors de proposer la mise en place de « centres fermés sur le sol européen dès le débarquement » des migrants, et prôné une « solution différente et complémentaire ». 
Lors d’une conférence de presse à l’Elysée, M. Macron a déclaré être en faveur de sanctions financières envers les pays de l’UE qui refuseraient d’accueillir des migrants, expliquant : « On ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l’UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s’agit de sujets migratoires. »
En réponse à l’« arrogance » reprochée par Matteo Salvini, Emmanuel Macron a déclaré dimanche que la France « n’a de leçons à recevoir de personne » sur le sujet car elle est « le deuxième pays d’accueil des demandeurs d’asile cette année ». « Nous avons des valeurs, c’est ce qui nous a faits. Chaque fois que nous les avons trahies nous avons créé le pire, a-t-il ajouté depuis Bruxelles. C’est le respect des droits de l’homme, de l’individu, des autres Etats et de leur intégrité et cette solidarité qui nous lie. »
« Il y a une crise sur les mouvements secondaires c’est-à-dire les personnes qui sont rentrées dans l’espace Schengen, et donc il est important sur ce point que nous fassions avancer certains textes – le texte de la procédure d’asile qui est en discussion – que nous réformions les procédures de Dublin et que nous ayons aussi des accords qui permettent de rendre le système plus efficace », a-t-il précisé.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Christine Prunaud, sénatrice des Côtes-d’Armor, Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin, et Pascal Torre, membre du secteur des relations internationales au PCF, ont comparu devant un juge.
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Elections en Turquie : une délégation d’observateurs du PCF arrêtée quelques heures

Christine Prunaud, sénatrice des Côtes-d’Armor, Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin, et Pascal Torre, membre du secteur des relations internationales au PCF, ont comparu devant un juge.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 16h33
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h26
   





                        


Une délégation du Parti communiste français présente à Agri, dans l’est de la Turquie, comme observateur des élections présidentielles et législatives dans le pays, a été arrêtée quelques heures avant d’être relachée, a annoncé le PCF, dimanche 24 juin.
« Nous avons été arrêtés à 10 h 30 et retenus à la gendarmerie jusque 17 heures, à la fin des opérations de vote. On nous a dit qu’il n’y aurait pas de poursuites contre nous car notre présence n’était pas délictuelle », a expliqué Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin. Le PCF avait fait savoir au milieu de la journée que les membres de cette délégation comprenant Christine Prunaud, sénatrice des Côtes-d’Armor, Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin, et Pascal Torre, membre du secteur des relations internationales au PCF, avaient comparu dans la matinée devant le procureur de la République.
Le Parti a dénoncé les pratiques du gouvernement turc, qui affirme sur Twitter que « les membres de la délégation seraient de faux observateurs qui tenteraient de manipuler les élections ». Dans son communiqué, le PCF « condamne ces méthodes qui ne font que le renforcer résolument à rester aux côtés des démocrates de Turquie qui entendent mettre un terme à la dictature de R. T. Erdogan ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Porte de la Chapelle, avenue de Flandres ou dans le 5e arrondissement, plusieurs œuvres évoquent la crise des migrants et la politique française face à cette question.
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Banksy peint les murs de Paris pour illustrer la crise des migrants

Porte de la Chapelle, avenue de Flandres ou dans le 5e arrondissement, plusieurs œuvres évoquent la crise des migrants et la politique française face à cette question.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 18h22
   





                        



   


Banksy par-ci, Banksy par-là. Depuis quelques jours, la rumeur enfle, comme le raconte Télérama : l’artiste de rue le plus célèbre du monde serait à Paris. Sa première œuvre a été repérée à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés. A proximité du périphérique, porte de la Chapelle, près de l’ancien centre de premier accueil (CPA) des réfugiés dans le 18e arrondissement, fermé le 31 mars, une petite fille repeint à la bombe à peinture une croix gammée.

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Dans le 19e arrondissement, avenue de Flandres, l’artiste s’approprie Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, tableau de Jacques-Louis David de 1801. Il montre un Napoléon emberlificoté dans son manteau qui le fait ressembler à une femme voilée…

Banksy devait venir à Paris pour les 50 ans de mai 68. Mais comme il ne sait pas lire un calendrier, il fête avec s… https://t.co/DrCczgIFVH— JDBeauvallet (@JD Beauvallet)


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Des œuvres à Calais
Dans le 5e arrondissement, un autre pochoir montre un homme, cachant une scie dans le dos, donnant à manger un os à un chien, à qui on vient de couper une patte. D’autres peintures avec des rats, sa marque de fabrique, ont été repérées dans la capitale.
Des œuvres peintes au moment où Paris et Rome sont engagés dans un bras de fer autour des migrants et où les dirigeants de seize pays membres de l’Union européenne (UE) participent à un mini-sommet, improvisé et « informel » à Bruxelles pour évoquer des « solutions européennes » à la question migratoire. En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour dénoncer l’attitude du gouvernement français dans la crise de l’Aquarius.

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A la fin de l’année 2015, Banksy avait réalisé quatre œuvres en soutien aux migrants de la « jungle » de Calais, dont un portrait de Steve Jobs, pour illustrer la crise des migrants.

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Bansky Paris Invasion ! Venu incognito comme toujours, le célèbre street artist a déjà laissé deux œuvres qui témoi… https://t.co/t302gOpZri— Telerama (@Télérama)


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ A Diyarbakir, au sud-est de la Turquie, les sympathisants du Parti démocratique des peuples espèrent obtenir plus de 10 % des voix face à l’AKP.
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Elections en Turquie : l’espoir kurde face à l’AKP

A Diyarbakir, au sud-est de la Turquie, les sympathisants du Parti démocratique des peuples espèrent obtenir plus de 10 % des voix face à l’AKP.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h57
    |

                            Allan Kaval (envoyé spécial à Diyarbakir)








                        



   


Dans la cour de récréation de l’école Çelebi Eser, dans la ville de Diyarbakir (au sud-est de la Turquie, non loin de la frontière syrienne), les électeurs qui entrent et sortent en files continues, dimanche 24 juin au matin, n’ont pas un regard pour l’imposant blindé sombre des forces spéciales de la police. La présence de ce véhicule à tourelle mitrailleuse garé à proximité du terrain de jeu est devenue un trait habituel des journées électorales depuis la reprise des violences dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie. Les habitants du quartier ont beau l’ignorer, sa présence incarne pour beaucoup l’ordre autoritaire imposé par Ankara dans les régions kurdes du pays, au nom de la lutte contre la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
« Voilà comment l’Etat impose sa pression sur nous, par la peur », dénonce un électeur en évoquant le blindé. Comme 59 millions de Turcs, il doit se prononcer, dimanche, pour le premier tour de l’élection présidentielle, ainsi que pour le tour unique des élections législatives. Des scrutins aux enjeux inédits pour le régime du président Erdogan et son parti, l’AKP, confrontés à une opposition ragaillardie.

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Fonctionnaire, cet électeur souhaite conserver l’anonymat par peur de perdre son emploi, mais explique son état d’esprit : « L’Etat a créé un climat de peur. Les maires que nous avons élus dans les régions kurdes ont été démis de leurs fonctions, remplacés par des administrateurs. C’est la peur et l’injustice qui règnent. Cette élection est notre chance de dire non, de chasser Erdogan le dictateur. » Pour lui comme pour la grande majorité des habitants des régions kurdes de Turquie, faire barrage au président turc et sa formation, le Parti de la justice et du développement (AKP), c’est voter pour le Parti démocratique des peuples (HDP), issu du mouvement kurde.
« Confiance brisée »
Si cette bataille électorale se tient en marge du scrutin, son issue aura un impact pour toute la Turquie. Historiquement, le HDP arrive en tête des suffrages dans le Sud-Est, et l’AKP, qui dispose de l’appui des Kurdes conservateurs, occupe la deuxième position. Or pour être représenté au Parlement, le HDP doit franchir le seuil des 10 % des voix à l’échelle nationale. Si le HDP ne remplit pas ce critère, les votes de ses électeurs ne seront pas pris en compte, et l’AKP obtiendra l’ensemble des sièges des circonscriptions à majorité kurde, même s’il n’y aura pas obtenu localement la majorité des voix. La composition de la prochaine législature dépendra donc de la capacité du HDP à mobiliser sa base dans le sud-est de la Turquie afin d’atteindre ce seuil électoral singulièrement élevé à l’échelle du pays.
En cette matinée de scrutin, les responsables du HDP paraissent confiants quant à leur capacité à dépasser le score fatidique des 10 %. « Ce matin commence la chute du régime dictatorial d’Erdogan », veut croire Imam Tascier, parlementaire du HDP venu voter tôt le matin dans une école d’un quartier huppé de Diyarbakir. « Le barrage ne sera pas un problème pour le HDP. Les électeurs kurdes sont déterminés », selon lui.

   


Le mouvement kurde part pourtant de loin. Arrivé à un score historique de 13,5 % aux élections législatives de juin 2015, le HDP a subi un affaiblissement considérable au cours des années qui ont suivi. La reprise des affrontements entre les combattants du PKK, la branche armée du mouvement kurde, et les forces de sécurité turques dans plusieurs localités du sud-est du pays lui ont fait perdre la confiance d’une partie de son électorat. Les structures militaires du PKK s’étaient alors lancées dans une stratégie insurrectionnelle vouée à l’échec, et écrasée dans le sang par Ankara.
Au printemps 2016, les combattants kurdes étaient vaincus et l’Etat reprenait le Sud-Est d’une main de fer. La stratégie de guerre urbaine lancée par le mouvement kurde s’était traduite entre-temps par des destructions massives et des pertes humaines qui ont affecté le cœur de l’électorat du HDP. « La guerre a éloigné les Kurdes de notre parti, les gens étaient déçus et en colère, la confiance était brisée », confiait une responsable élue du mouvement kurde au Monde à quelques jours des élections.
Un leader emprisonné
Le HDP a ensuite subi de plein fouet la reconquête politique menée par l’Etat turc dans le sud-est kurde dans le sillage de sa victoire militaire contre le PKK. Les municipalités acquises au mouvement kurde étaient reprises en main par des administrateurs gouvernementaux, tandis que les structures associatives qui lui permettaient d’encadrer la société civile étaient dissoutes, et ses militants arrêtés massivement.

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Alors que ces élections anticipées ont été organisées pour offrir une victoire confortable à Erdogan, elles ont aussi donné l’occasion au mouvement kurde de relever la tête. En détention préventive depuis novembre 2016, son chef de file, Selahattin Demirtas, qui est aussi depuis sa cellule le candidat à la présidentielle du HDP, suscite une sympathie et une adhésion qui va bien au-delà de la base militante la plus active du mouvement kurde. La simplicité de son discours et de ses manières, son charisme personnel et sa position de victime d’une répression considérée comme injuste jusque chez certains partisans de l’AKP a galvanisé l’électorat kurde en faveur de son parti.

   


Et parmi les conservateurs kurdes qui lui ont longtemps été acquis, le parti de Recep Tayyip Erdogan serait en perte de vitesse. « L’AKP a beaucoup apporté aux Kurdes au départ. Erdogan a reconnu lors de ses premiers mandats l’existence d’un conflit kurde. Mais quand il s’est rendu compte que son ouverture kurde ne lui apporterait rien, il s’est rapproché des nationalistes ! C’est un opportuniste et il a perdu le soutien de beaucoup de Kurdes depuis les dernières élections », regrette Ibrahim Halil Aksakal, vivant à Diyarbakir. Alors qu’il a voté au cours des quinze dernières années pour l’AKP, ce professeur de sciences religieuses votera dimanche pour un petit parti islamiste kurde, le Hüda Par.
« L’AKP est plus que jamais en mauvaise position dans les régions kurdes », explique un sympathisant de Recep Tayyip Erdogan à Diyarbakir. Selon lui, les rivalités personnelles qui opposent les caciques du parti dans le sud-est de la Turquie et les faiblesses des structures locales de la formation de Recep Tayyip Erdogan, fondées en premier lieu sur des réseaux de clientèle et sur des intérêts privés, ont sclérosé la machine partisane.
« Les cadres de l’AKP pensaient que le retour en force de l’Etat dans le Sud-Est leur garantirait une position de force sans qu’ils aient à se fatiguer. Ils se sont trompés, admet un autre membre kurde de l’AKP à Diyarbakir : L’AKP contrôle l’Etat. Après la guerre, on avait une très bonne opportunité à saisir en reconstruisant sérieusement la région. Mais le gouvernement ne l’a pas saisie. » 
Soupçons de fraudes
Le scrutin de ce dimanche se déroule dans le contexte d’un conflit armé et des mesures exceptionnelles sont appliquées. Dans un rapport préparatoire du 15 juin, l’OSCE, qui a déployé plusieurs équipes dans les régions kurdes de Turquie, a averti des conséquences négatives que cet état d’exception pourrait avoir sur le scrutin selon plusieurs de ses interlocuteurs. Environ 144 000 électeurs sont ainsi concernés par le déplacement ou la fusion de leurs bureaux de votes dans plusieurs provinces du Sud-Est, une mesure considérée par le mouvement kurde comme visant à limiter la participation des électeurs du HDP dans ses bastions électoraux.
Le barreau de Diyarbakir, dont les équipes sillonnent la région, estime cependant que les risques d’irrégularité seraient limités, bien que des incidents ponctuels aient été enregistrés dans des localités acquises au pouvoir. De l’aveu même d’un responsable local du parti au pouvoir, désabusé par la déshérence de sa formation politique dans les régions kurdes, les pressions directes sur les électeurs sont monnaie courante. « L’AKP contrôle la police, les administrations publiques. L’Etat est à nous. C’est facile pour nous d’influencer le vote des gens. Par exemple : il suffit qu’un directeur d’administration demande aux fonctionnaires qui sont sous son autorité de voter pour AKP et de le prouver pour qu’ils le fassent, de peur de perdre leur emploi. Même un membre important du parti au niveau de la province peut le faire directement », indiquait ce cadre de l’AKP au Monde la veille du scrutin.
Au cours de la journée de vote, dimanche, plusieurs habitants de la localité kurde de Suruç ont ainsi déclaré au Monde avoir été témoins d’intimidations violentes et de tentatives de bourrage d’urnes de la part de proches d’un candidat local de l’AKP aux élections législatives. Saisi, le Conseil électoral suprême a indiqué qu’une enquête avait été lancée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le navire était toujours dimanche au large de Malte, avec 239 personnes à bord dont 14 femmes et quatre bébés, récupérés près des côtes libyennes.
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Migrants : l’équipe du navire « Lifeline » répond aux provocations de Salvini

Le navire était toujours dimanche au large de Malte, avec 239 personnes à bord dont 14 femmes et quatre bébés, récupérés près des côtes libyennes.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 13h06
   





                        



   


L’ONG allemande Mission Lifeline, dont le navire transportant près de 240 migrants africains s’est vu interdire l’entrée des ports italiens, a répondu dimanche aux remarques du ministre italien de l’intérieur d’extrême droite, Matteo Salvini.
Il y a quelques jours, le ministre avait parlé sur Facebook de la cargaison de « chair humaine » que transportait le navire. « Cher Matteo Salvini, nous n’avons pas de viande à bord, seulement des humains. Nous vous invitons cordialement à vous convaincre que ce sont des êtres humains que nous sauvons de la noyade. Venez voir, vous êtes le bienvenu ! », a répondu l’association sur Twitter.

Dear @matteosalvinimi, we have no meat on board, but humans. We cordially invite you to convince yourself that it i… https://t.co/8OAHzw6Lp7— SEENOTRETTUNG (@MISSION LIFELINE)


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Le navire était toujours dimanche au large de Malte, avec 239 personnes à bord dont 14 femmes et quatre bébés, récupérés près des côtes libyennes.
L’organisation a précisé qu’elle avait reçu de Malte de la nourriture et de l’eau potable, ainsi que des médicaments et des couvertures de deux autres navires allemands d’aide, le Sea-Eye et le Sea-Watch. Le Lifeline espère retrouver bientôt le navire danois Alexander-Maersk, qui a quant à lui sauvé 113 migrants dans les eaux au sud de l’Italie, et qui pourrait assurer une protection au petit bateau de Mission Lifeline en cas de mauvais temps.
Après l’odyssée de l’Aquarius et de ses 629 migrants, à qui Malte et l’Italie ont refusé d’accoster et finalement accueilli par l’Espagne, le Lifeline est en passe de devenir un nouveau symbole du bras de fer entre pays européens sur la prise en charge des migrants secourus en Méditerranée.

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La question de l’accueil, qui divise profondément les Européens, sera au centre d’un mini-sommet de crise dimanche à Bruxelles. Destiné à préparer le sommet de Bruxelles des 28 et 29 juin qui sera largement consacré à l’immigration, il sera boycotté par les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), partisans d’une ligne dure sur l’immigration.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les demandeurs d’asile sont « mal traités » dans le projet de loi asile et immigration, estime le Défenseur des droits dans un entretien au « JDD ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/06/2018
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Pour Jacques Toubon, il faut « accueillir d’abord, observer la situation ensuite »

Les demandeurs d’asile sont « mal traités » dans le projet de loi asile et immigration, estime le Défenseur des droits dans un entretien au « JDD ».



Le Monde
 |    24.06.2018 à 00h32
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 12h28
   





                        



   


Accueillir d’abord, étudier la « situation administrative ensuite ». Le Défenseur des droits a critiqué la réponse française à la crise du navire humanitaire de l’Aquarius. « La réponse qu’il fallait donner à l’errance des migrants d’Aquarius était une réponse humanitaire : accueillir ces personnes dans l’urgence », a insisté Jacques Toubon dans une interview au Journal du dimanche du 24 juin, alors qu’un mini-sommet européen consacré à la crise migratoire est prévu à Bruxelles dans la journée.
L’Aquarius, un navire humanitaire qui transportait 630 migrants, a terminé le 17 juin sa route à Valence, en Espagne, après une errance d’une semaine en Méditerranée provoquée par le refus de l’Italie et de Malte de lui ouvrir leurs ports.

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Paris critiqué
En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour déplorer que le gouvernement français n’ait pas proposé d’accueillir le bateau, passé près des côtes corses. Face aux critiques, Paris a fini par accepter une partie de ces migrants mais uniquement ceux « qui répondraient aux critères du droit d’asile » après examen de leur situation en Espagne.
« Le principe de non-refoulement prévu par la Convention de Genève impose à la France de donner à l’errance de ces personnes une réponse humanitaire et juridique : les accueillir d’abord, observer leur situation administrative ensuite », rappelle ainsi M. Toubon.

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Le Défenseur des droits a par ailleurs plus généralement déploré que « la peur » et l’idée « fausse » d’une « submersion » migratoire « guident les opinions et les choix politiques ».
« Respecter les droits fondamentaux »
Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, dont le projet de loi controversé sur l’immigration doit être adopté pendant l’été, a été critiqué pour avoir déclaré que certaines régions étaient « submergées par les flux de demandeurs d’asile ». « Il faut que la vérité et la raison reprennent le dessus sur les préjugés et les émotions pour que soient respectés scrupuleusement les droits fondamentaux », a exhorté M. Toubon.
Dans son interview, il appelle par ailleurs de ses vœux la « fin » du règlement « injuste et inefficace » de Dublin, qui confie principalement la charge du traitement des demandes d’asile aux pays de première entrée dans l’Union européenne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Pour le deuxième anniversaire du vote en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Londres pour réclamer un nouveau référendum sur l’accord final.
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A Londres, deux ans après le Brexit : « Je ne reconnais plus mon pays »

Pour le deuxième anniversaire du vote en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Londres pour réclamer un nouveau référendum sur l’accord final.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 19h33
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 11h36
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



Lors de la victoire du Brexit au référendum du 23 juin 2016, Nigel Farage avait déclaré que cette date marquerait désormais « le jour de l’indépendance ». Deux ans plus tard, en guise de célébration, l’ancien leader du UKIP, le parti europhobe, a obtenu une nuée de drapeaux européens au centre de Londres. Pour ce deuxième anniversaire du vote, seuls les anti-Brexit se faisaient entendre ce samedi. Plusieurs dizaines de milliers de personnes (100 000, d’après les organisateurs) sont descendues dans la rue.

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Leur principale revendication : l’organisation d’un deuxième référendum, cette fois-ci sur l’accord final qui sera négocié entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. « Le premier vote était bien trop vague, ne précisant pas quel genre de Brexit les Britanniques voulaient », estime Richard, interrogé sur place. « Les gens ont voté la première fois sur la base de mensonges », s’agace Stephen Lue. « Maintenant, tout le monde connaît la vérité du Brexit : Airbus a annoncé qu’il risquait de se retirer du pays, la livre sterling s’est effondrée, la question de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande n’est toujours pas réglée… » Il tient dans ses mains l’une des pancartes les plus applaudies du défilé : « Fuck Boris », en référence à Boris Johnson, l’un des leaders du camp du Brexit.

   


De fait, beaucoup des manifestants ne croient pas vraiment à un deuxième référendum. Descendre dans la rue est plutôt une façon de dire que le Brexit est, selon eux, une erreur monumentale et historique. « Je ne reconnais plus mon pays », s’inquiète Harry : « C’était un vote raciste, un vote contre l’immigration, qui envoie un message très triste ». Il arbore un slogan très simple, qu’il a peint à la main : « Let’s make Britain nice again » (« Refaisons de la Grande-Bretagne un pays sympa »). « Quand on va à l’étranger maintenant, on se sent obligé de préciser qu’on ne fait pas partie de ceux qui ont voté Brexit », renchérit Debby Kendall. Cette enseignante, qui dit avoir éclaté en sanglots à l’annonce du vote en faveur du Brexit, raconte s’être sentie « en deuil » pendant de longs mois. « Surtout, dites aux Français qu’on n’est pas tous des Brexiters », ajoute Frances.
Une opinion publique divisée
Beaucoup d’Européens étaient aussi dans la foule. Maia, une Néerlandaise, son mari écossais Murdo et leurs deux enfants ont pris un drapeau britannique et un européen pour faire entendre leur émotion. Pour Maia, son statut de résident est compliqué : s’étant arrêtée de travailler pendant trois ans pour élever ses enfants, elle n’a pas les cinq années successives d’activité qui lui donne le droit à la naturalisation britannique. Si elle ne craint pas l’expulsion – les Européens déjà présents au Royaume-Uni pourront rester – elle s’inquiète « d’un lent déclin de [ses] droits ».

   


Derrière l’émotion pourtant, ces dizaines de milliers de manifestants n’indiquent pas un profond changement d’opinion outre-Manche. Les sondages montrent que les Britanniques restent divisés en deux camps à peu près égaux, pour et contre le Brexit. Les neuf derniers sondages indiquent bien une avance de deux points pour les personnes en faveur de rester dans l’Union Européenne (52 % contre 48 %), mais cela reste dans la marge d’erreur. Selon John Curtice, spécialiste des sondages à l’université de Strathclyde, chacun campe sur ses positions : 90 % des Britanniques voteraient de la même façon qu’il y a deux ans.

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Les manifestants manquent également cruellement de leader. À Londres, samedi, seuls deux personnalités politiques étaient présentes : Vince Cable, le leader des libéraux démocrates (douze députés), et Caroline Lucas, coleader du parti Vert (dont elle est la seule députée). Dans la foule, un chant est revenu régulièrement, condamnant l’absence du leader du parti travailliste : « où est Jeremy Corbyn ? ».
Ce dernier, eurosceptique de longue date, joue à l’équilibriste depuis le référendum, critiquant la version trop dure du Brexit de la première ministre Theresa May, tout en rejetant les appels à un Brexit doux. Entre l’opinion publique qui n’a pas évolué et le paysage politique qui n’est pas favorable, les manifestants auront du mal à obtenir le deuxième référendum qu’ils revendiquent.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Avant la rencontre de dimanche, les dirigeants des seize pays participants ont réaffirmé des lignes parfois très contrastées.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/06/2018
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Migrants : cacophonie européenne avant le mini-sommet de crise à Bruxelles

Avant la rencontre de dimanche, les dirigeants des seize pays participants ont réaffirmé des lignes parfois très contrastées.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 14h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen - avec AFP)








                        


Les dirigeants de seize pays membres de l’Union européenne (UE) participent, dimanche 24 juin, à un mini-sommet, improvisé et « informel » à Bruxelles pour évoquer des « solutions européennes » à la question migratoire, avant le Conseil qui doit réunir les vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement, les 28 et 29 juin, à Bruxelles également.
Avant la rencontre, les participants ont réaffirmé des positions parfois très contrastées sur les réponses à apporter aux situations des milliers de réfugiés qui tentent de traverser la Méditerranée et les frontières de l’Europe.

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Paris pour des « centres fermés sur le sol européen »
A la veille du sommet, Emmanuel Macron a défendu une approche « collaborative » sur le sujet, qu’il oppose à celle des pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie). Le président français a tenu, samedi, une conférence de presse commune avec le nouveau chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, qu’il a reçu à l’Elysée.
M. Macron y a déclaré être en faveur de sanctions financières envers les pays de l’UE qui refuseraient d’accueillir des migrants, expliquant : « On ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l’UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s’agit de sujets migratoires. » « Il ne peut y avoir de réponse unilatérale » à la question migratoire, a insisté dimanche dans un entretien à El Pais M. Sanchez, qui avait ouvert un port espagnol pour mettre fin à l’odyssée de l’Aquarius. Il faut « une réponse européenne commune », a-t-il plaidé.

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La France et l’Espagne ont proposé la mise en place de « centres fermés sur le sol européen dès le débarquement » des migrants, et prôné une « solution différente et complémentaire » à une crise qui divise l’Europe. « Une fois débarqués sur le sol européen, nous sommes favorables à mettre en place des centres fermés conformément au HCR [l’Agence des Nations unies pour les réfugiés], avec des moyens européens qui permettent (…) une solidarité financière immédiate, une instruction rapide des dossiers, une solidarité européenne pour que chaque pays prenne de manière organisée les personnes qui ont droit à l’asile », a expliqué M. Macron.

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Sur le fond, la position française est de n’accorder ce droit d’asile qu’aux migrants justifiant d’une persécution et d’expulser les migrants économiques. La position de la France repose sur la protection des côtes par l’agence Frontex, qui serait renforcée à 10 000 hommes contre 1 500 actuellement, et la création d’un office européen pour centraliser les demandes d’asile, afin de pouvoir répartir en Europe les personnes ayant obtenu le statut de réfugiés.
« L’arrogant président français »
Ces propositions ont été très critiquées du côté de Rome, notamment par le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, qui s’en est pris à M. Macron. Le dirigeant de la Ligue (extrême droite) s’est étonné que cette situation ne soit pas considérée comme un problème pour « l’arrogant président français ».
« Nous l’invitons à arrêter les insultes et à démontrer sa générosité avec des faits en ouvrant les nombreux ports français et en arrêtant de refouler des femmes, des enfants et des hommes à Vintimille. Si l’arrogance française pense transformer l’Italie en camp de réfugiés pour toute l’Europe, peut-être en versant quelques euros de pourboire, elle se fourvoie complètement. »

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De leur côté, les pays du groupe de Visegrad ne pourront répondre directement au président français, dimanche à Bruxelles : ils ont exclu leur participation à la réunion, jugeant que ses résultats seront de toute manière « inacceptables ».

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L’Italie, de son côté, a hésité mais a finalement confirmé sa présence, sur insistance de la chancelière allemande, Angela Merkel. C’est, à l’évidence, pour soutenir celle-ci que la plupart des dirigeants participeront au rendez-vous dominical fixé par la Commission. Le premier ministre italien, Giuseppe Conte, a cependant indiqué que la conclusion serait un simple « résumé des sujets abordés » avant le sommet, qui sera probablement très houleux.
Mme Merkel n’a dit finalement pas autre chose que M. Conte : elle a exclu, vendredi, l’hypothèse d’une « solution européenne » qui serait dégagée dès dimanche. Elle a insisté plutôt sur « des accords bilatéraux, trilatéraux et multilatéraux » à conclure avec des pays comme l’Italie, la Grèce ou encore la Bulgarie. La CSU, l’aile droite de la coalition allemande, exige des solutions pour fin juin au plus tard et, à défaut, le ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, entend renvoyer les migrants arrivant en Allemagne dans les pays où ils ont été enregistrés en premier lieu.
La Commission abandonne son texte
Il se confirme, en tout cas, que les participants à la réunion de dimanche débattront de la solidarité entre les pays membres et de quotas de répartition obligatoires des demandeurs d’asile entre les pays membres. Hypothèse rejetée catégoriquement par le Hongrois Viktor Orban et ses alliés.
La Commission avait récemment élaboré un projet de texte de conclusions, en insistant sur un meilleur contrôle des frontières (avec la mise en place d’une véritable police) et une pression accentuée (avec des menaces de sanctions) sur les pays africains pour qu’ils limitent les départs et acceptent rapidement des réadmissions. Bruxelles espère aussi forcer une définition des procédures communes d’asile – bloquées depuis des années – et instaurer une « solidarité » entre les Etats membres pour la répartition des demandeurs d’asile.
L’idée de créer des « plates-formes de débarquement » de migrants aux frontières extérieures de l’UE n’est pas évoquée explicitement dans le texte, pas plus que celle de centres pour déboutés du droit d’asile qui devraient être renvoyés dans des pays tiers. Le texte de la Commission évoque un soutien à l’organisation éventuelle « de capacités de protection et de réception hors de l’UE ». Et d’une réinstallation de ceux qui auraient droit à l’asile, « sur une base volontaire » des pays.
Ce texte a été longuement soupesé… mais il ne verra pas le jour. Les réticences du gouvernement italien ont fait que les travaux devraient se conclure par une simple déclaration du seul Jean-Claude Juncker, le président de la Commission.
Le débat de fond à Vingt-Huit se déroulera donc lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, à Bruxelles, les 28 et 29 juin. La question des « plates-formes », ou des « centres », à installer aux frontières extérieures promet d’être un sujet d’affrontement, avec notamment l’Autriche et le Danemark. Des capitales s’inquiètent de la légalité de cette solution. La conviction est désormais que les débats à venir concerneront aussi l’avenir de la zone sans passeport de Schengen, pilier de la construction européenne. Le rétablissement des frontières intérieures pourrait entraîner son effondrement.



                            


                        

                        


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Brexit : deux ans de reculades britanniques

Les deux années qui se sont écoulées depuis le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ont été une succession de reculades et de concessions de la part du gouvernement de Theresa May.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 19h45
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


De la trompette au pianissimo. En deux ans, c’est peu dire que le ton du gouvernement britannique sur le Brexit a été decrescendo. Tout comme les indicateurs économiques qui ont vu le Royaume-Uni passer du rang d’économie la plus florissante du G7 à celui de lanterne rouge.
« Dans les deux ans, nous pouvons négocier une zone de libre-échange considérablement plus vaste que l’Union européenne (UE) », promettait David Davis, nouveau ministre du Brexit trois semaines après la victoire du « non » à l’Europe au référendum du 23 juin 2016. À la même époque, Liam Fox, autre hard brexiter (partisan d’un Brexit dur) propulsé au ministère du commerce extérieur, assurait qu’un accord avec l’UE serait « l’un des plus faciles à conclure de toute l’histoire de l’humanité ». Les continentaux, assurait-il, sont prêts à toutes les concessions pour vendre aux Britanniques leurs voitures, leurs vins et leurs fromages. Un argument ressassé pendant la campagne du référendum.

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Deux ans plus tard, la « considérable » zone de libre-échange n’est même pas dans les limbes, car l’UE a interdit aux Britanniques de commencer à négocier avec des pays tiers tant qu’elle reste membre de l’Union. La politique protectionniste brutalement mise en œuvre par Donald Trump met à mal une promesse centrale des antieuropéens. Quant à l’Inde, autre terre promise selon les brexiters, elle ne lâchera rien sur le commerce sans de nouveaux quotas de visas pour ses ressortissants. Pas vraiment ce que souhaitaient les électeurs pro-Brexit, souvent hostiles à l’immigration.
Le « facile » accord commercial avec l’UE, lui, n’a commencé à être discuté qu’en mars 2018 et seules des grandes lignes devraient en être adoptées d’ici au 29 mars 2019, date théorique du Brexit, à condition que l’énorme obstacle de la frontière irlandaise, absolument non anticipé par Londres, soit surmonté d’ici là.
En réalité, les deux années qui se sont écoulées depuis le référendum et plus particulièrement les quinze mois écoulés depuis le déclenchement de la procédure de retrait par Theresa May le 29 mars 2017, ont été une suite de concessions accordées par le Royaume-Uni aux Vingt-Sept de l’UE qui ont fait vaciller, voire voler en éclats les « lignes rouges » posées à l’origine par la première ministre Theresa May : sortie du marché unique européen, rejet de la compétence des juridictions européennes et de la libre circulation des personnes. Retour sur les reculs du gouvernement britannique de ces deux dernières années.
La dette à l’Union européenne.
Les Vingt-Sept peuvent « toujours courir » pour que Londres solde sa dette, déclare le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, le 11 juillet 2017. Quatre mois plus tard, le Royaume-Uni accepte de payer entre 40 et 45 milliards de livres au titre de ses engagements de membre de l’Union.
Les « dividendes du Brexit »

   


Le bus de campagne des pro-Brexit promettait que la sortie de l’UE permettrait de récupérer 350 millions de livres par semaine, qui pourraient être consacrés au système public de santé (NHS). Theresa May agite toujours la promesse des « dividendes du Brexit », mais elle vient d’admettre qu’il faudrait augmenter les impôts pour renflouer le NHS. Selon l’organisme de contrôle des comptes publics, le Brexit fait perdre 300 millions de livres par semaine à l’Etat.

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La « période de transition »
« Nous n’avons pas besoin d’une période de transition et, si nous en acceptons une, ce sera pour mettre en œuvre le nouvel accord commercial conclu avant le 29 mars 2019 », assurait le ministre du Brexit David Davis en 2016 et 2017.
En réalité, Londres a bataillé pour obtenir une « période de transition » la plus longue possible pour éviter le « saut de la falaise » redouté par le patronat. Pendant cette période, limitée par Bruxelles au 31 décembre 2020, peu de chose changera – maintien du Royaume-Uni dans le marché intérieur européen –, si ce n’est que les Britanniques n’auront plus voix au chapitre. Ils devront, en revanche, respecter toutes les règles européennes, y compris les nouvelles. Cette période ne servira pas à « mettre en œuvre » un nouvel accord commercial, mais à commencer à le négocier, tant la tâche est complexe et peut durer des années.
La sortie du marché intérieur européen et de l’union douanière.
C’est le point central de la négociation. Promesse phare de Theresa May, elle a du plomb dans l’aile, car elle conduirait à rétablir des postes frontières entre les deux Irlande, ce qui menacerait la paix civile et étranglerait économiquement la République d’Irlande. Les promesses britanniques de contrôle automatisé des camions destinées à créer une « frontière invisible » relevant selon l’UE de la « pensée magique », Theresa May propose de maintenir l’ensemble du Royaume-Uni dans l’union douanière jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour la frontière irlandaise.

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Une perspective refusée par l’UE qui accepte d’inclure seulement l’Irlande du Nord dans l’union douanière. Solution inacceptable pour les unionistes extrémistes, dont Mme May a besoin pour conserver sa majorité à Westminster. Et qui ne réglerait pas entièrement la question de la frontière, car elle maintiendrait les différences de normes et de réglementation.
Dans le « livre blanc » annoncé par la première ministre pour début juillet, elle pourrait suggérer de maintenir l’ensemble du pays non pas seulement dans l’union douanière, mais dans le marché intérieur européen. Mais ce maintien concernerait seulement les marchandises (pour lesquelles les Vingt-Sept ont des échanges excédentaires avec le Royaume-Uni), mais pas les services (où les Britanniques bénéficient d’un excédent et pourraient alors s’affranchir des règles européennes). Mais rien ne dit que l’UE acceptera un pareil marché, au moins sans des concessions britanniques en matière de libre circulation et de financement.
Les accords de libre-échange. 
Les brexiters promettaient de booster l’économie britannique en concluant très vite après le Brexit des accords de libre-échange en solo non plus avec l’Europe mais avec le reste du monde, Amérique et Asie en particulier. En réalité, Londres ne pourra commencer de négocier de tels accords qu’après le début de la période de transition (30 mars 2019) et ne pourra les mettre en œuvre qu’à l’issue de celle-ci (1er janvier 2021).
Libre circulation des personnes

   


Theresa May avait promis que la libre circulation des ressortissants européens cesserait à compter du Brexit, le 30 mars 2019. Sous la pression de l’UE, elle a dû accepter que les Européens arrivés au Royaume-Uni avant la fin de la période de transition (31 décembre 2020) bénéficient d’un droit au séjour de principe et de formalités simplifiées. Ce qui rend furieux la presse tabloïd qui l’accuse d’ouvrir les vannes de l’immigration (européenne).
Les juridictions de l’UE
Leurs décisions ne devaient plus s’appliquer au Royaume-Uni, avait promis Mme May, conformément au slogan « Reprenons le contrôle » des partisans du Brexit. En réalité, ces décisions continueront à s’appliquer pendant la période de transition et leur jurisprudence probablement après.
Alors que les Britanniques réclament une solution de libre-échange avec les Vingt-Sept, la question de l’institution compétente pour régler les contentieux commerciaux reste en suspens.
La menace de claquer la porte
« Pour la Grande-Bretagne, il vaut mieux pas d’accord qu’un mauvais accord », avait menacé Theresa May dans son discours de Lancaster House en janvier 2017. La révélation des conséquences de ce scénario catastrophe – pénurie alimentaire et de carburant, blocage du port de Douvres – a conduit la première ministre à cesser d’agiter cette menace. De même, elle a abandonné le chantage à l’insécurité (fin de l’échange de renseignement policier) qu’elle avait brandi au début des négociations.
Aujourd’hui, Theresa May semble faire contre mauvaise fortune bon cœur. Sur un air excessivement enjoué, elle exprime son enthousiasme dans une récente vidéo où elle se flatte de « mettre en œuvre le Brexit pour lequel le peuple a voté et qui offre aux Britanniques un meilleur avenir ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La Turquie a commencé à voter dimanche lors d’élections présidentielle et législatives à hauts risques pour Recep Tayyip Erdogan qui fait face à une opposition déterminée.
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En Turquie, des élections aux enjeux inédits pour Erdogan, face à une opposition ragaillardie

La Turquie a commencé à voter dimanche lors d’élections présidentielle et législatives à hauts risques pour Recep Tayyip Erdogan qui fait face à une opposition déterminée.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 11h33
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


La Turquie a commencé à voter, dimanche 24 juin, lors des élections présidentielle et législatives à hauts risques pour Recep Tayyip Erdogan. 59 millions d’électeurs turcs (56 millions dans leur pays, trois millions à l’étranger) sont appelés aux urnes pour élire leur président et leurs députés au Parlement ; un double scrutin inédit dans l’histoire de la République fondée par Mustafa Kemal, dit Atatürk, en 1923.
Après quinze ans d’un règne sans partage, le président Recep Tayyip Erdogan parviendra-t-il à convaincre l’électorat de lui confier un nouveau mandat ?
Ces élections anticipées, organisées sur demande du président au pouvoir pour le 24 juin, soit dix-neuf mois avant la date prévue, se présentaient comme une partie facile pour lui et pour le Parti de la justice et développement (AKP, islamo-conservateur, au pouvoir). Or, elles s’avèrent plus difficiles qu’escomptées pour le candidat Erdogan, rattrapé par une opposition ragaillardie et par les piètres résultats de sa politique économique.
« A chaque élection, j’ai de l’espoir. Mais cette année, j’y crois beaucoup plus », a déclaré Hulya Ozdemiral, une électrice, devant un bureau de vote à Istanbul. Le candidat du parti prokurde HDP, Selahattin Demirtas, a été contraint de faire campagne depuis une cellule : accusé d’activités « terroristes », il est détention préventive depuis 2016. « Je suis persuadé que le résultat sera excellent », a-t-il toutefois écrit sur Twitter après avoir voté depuis sa prison.
L’étoile pâlit
A 64 ans, celui que ses partisans appellent familièrement « Tayyip » a beau demeurer l’homme politique le plus adulé de Turquie depuis Atatürk, il est aussi le dirigeant le plus clivant que le pays ait jamais connu.
Selon les instituts de sondage, M. Erdogan ne sera pas élu dès le premier tour. Un second aurait alors lieu le 8 juillet. Et l’AKP pourrait perdre sa majorité au Parlement le 24 juin – les législatives, elles, se déroulent sur un seul tour.
Ces enquêtes d’opinion mitigées interviennent alors que le candidat au pouvoir comme son parti ont bénéficié de sérieux avantages lors de la campagne : les médias, contrôlés à 90 % par le gouvernement, retransmettent en intégralité leurs meetings. Le « raïs » (chef) Erdogan voit donc son étoile pâlir malgré les ressources de l’Etat, dont il use et abuse. Ses meetings ne sont plus aussi vibrants et plus aussi fréquentés qu’autrefois. Lui-même apparaît à cours d’idées, répétitif, fatigué. Face à ses partisans à Van (est de la Turquie), il a même donné une date erronée pour le scrutin, évoquant « le 26 juin », au lieu du 24.
Ses promesses de créer « des maisons de thé-librairies » avec « cakes gratuits » au moment où les Turcs sont touchés au porte-monnaie par l’inflation, ont suscité tollé et moqueries sur les réseaux sociaux. Tout comme ses déclarations sur les frigos et les téléviseurs acquis par les ménages turcs depuis l’avènement de l’AKP au pouvoir.
Alliance de l’opposition
Loin d’être un chemin facile, cette campagne a été, de loin, la plus ardue que M. Erdogan, inlassable vainqueur dans les urnes depuis 2002, ait jamais connue. Ceci pour deux raisons.
En premier lieu, l’opposition a réussi à s’unir autour d’un dénominateur commun : le refus du système présidentiel taillé spécialement pour lui et censé entrer pleinement en vigueur après le 24 juin. Ce système, dont les modalités ont été adoptées de justesse par référendum en 2017, dote le chef de l’Etat de pouvoirs exorbitants. Le Parlement, réduit au rôle de chambre d’enregistrement, n’aura plus son mot à dire sur la composition du gouvernement, le poste de premier ministre sera supprimé, le président aura aussi la main sur la nomination des hauts magistrats.
Plus que tout, M. Erdogan veut refonder l’identité culturelle de la Turquie. Son rêve est de mettre en place un modèle plus conservateur, plus religieux. Son horizon préféré est 2023, la date du centenaire de la fondation de la République, qu’il cite fréquemment comme l’étape ultime venant parachever son régime absolutiste.
Hostiles à ce projet, les kémalistes du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche, le parti d’Atatürk), les conservateurs du Bon Parti (Iyi partisi), les islamistes du Parti de la félicité (Saadet partisi) ont formé une alliance pour les législatives. Chacune des trois formations présente son candidat au premier tour de la présidentielle, mais un accord de désistement aura lieu au second dans l’espoir de mettre fin au règne du « raïs ».
Rejet de l’« hyperprésidence »
En tout, cinq candidats vont affronter M. Erdogan à la présidentielle du 24 juin. D’après les sondages, Muharrem Ince, celui du CHP, est le mieux placé pour affronter le président sortant au second tour, prévu le dimanche 8 juillet.
M. Erdogan a beau parler de lui comme d’un « apprenti » tandis qu’il se qualifie de « maître » (usta), son inquiétude est palpable. Dans une vidéo diffusée en boucle sur les réseaux sociaux, il reconnaît que la campagne « n’est pas facile » et n’exclut pas que l’AKP, sa formation, soit contrainte de former un gouvernement de coalition si elle venait à perdre sa majorité parlementaire.
Bon orateur, énergique, Muharrem Ince, 54 ans, un ancien professeur de physique-chimie, a mené une campagne dynamique à travers toute la Turquie, suscitant l’enthousiasme des foules comme à Izmir, un bastion du CHP, où deux millions de personnes sont venues l’applaudir, le 21 juin. En cas de victoire, il promet d’être « le président de 81 millions de Turcs, qu’ils soient de droite, de gauche, alévis, sunnites, turcs, kurdes », de « rétablir la justice » et de se montrer « impartial ».

Son alliée, l’opposante Meral Aksener, une ancienne ministre de l’intérieur devenue la nouvelle égérie du centre droit, fait, elle aussi, de l’ombre au « raïs » en chassant sur les terres du Parti de l’action nationaliste (MHP) qui est allié avec l’AKP pour ces élections.
Le parti prokurde de la Démocratie des peuples (HDP) n’a pas rejoint formellement l’opposition. Mais il partage certaines de ses vues, notamment le rejet de l’« hyperprésidence » voulue par Erdogan. Selahattin Demirtas, le leader kurde emprisonné depuis novembre 2016, fait campagne, pour sa part, depuis sa cellule de douze mètres carrés de la prison de haute sécurité d’Edirne, en Thrace orientale.

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Chute de la livre turque et hausse des prix
L’économie turque est la deuxième raison du désenchantement actuel pour M. Erdogan. Malgré une forte croissance (+ 7,4 % en 2017), elle va mal. La devise locale, la livre turque, s’effondre un peu plus chaque jour (– 18 % depuis janvier 2018), l’inflation (+ 12 % annuels) flambe, les investisseurs fuient.
Les islamo-conservateurs sont ainsi privés de leur atout majeur. Jusqu’ici, ils pouvaient porter à leur crédit le fait d’avoir réussi à tripler le produit intérieur brut (PIB) du pays depuis 2002 et d’avoir offert aux Turcs une décennie de forte croissance économique et de stabilité politique.
Il faut dire que la gouvernance souple et pragmatique des débuts a été remplacée par l’autoritarisme et le culte de la personnalité. L’état d’urgence, imposé depuis le coup d’Etat raté du 15 juillet 2016, permet au président de gouverner par décrets, avec, pour résultat, l’arrestation de dizaine de milliers de personnes.
519 000 observateurs
Dans ce contexte, l’opposition redoute tout particulièrement des fraudes électorales lors de ce double scrutin anticipé ; 519 000 observateurs, en majorité des Turcs, vont être répartis dans les plus de 180 000 bureaux de vote à travers le pays.
L’inquiétude des opposants au pouvoir est justifiée par les modifications récentes de la loi électorale qui assurent à l’AKP un contrôle accru sur le déroulement du scrutin. Dorénavant, le Conseil électoral suprême peut redécouper les circonscriptions et déplacer les urnes pour des raisons de sécurité, ce qui est le cas dans le Sud-Est à majorité kurde, où 150 000 électeurs doivent faire des kilomètres pour aller voter.
L’inquiétude s’est renforcée un peu plus, le 19 juin, quand l’agence Anatolie a transmis à la chaîne de télévision Tvnet des résultats préliminaires du vote de dimanche très favorables au président sortant. Selon ce tableau diffusé, par inadvertance, au cours d’un débat sur Tvnet, M. Erdogan apparaissait réélu président avec 53 % des suffrages. L’opinion publique s’en étant indignée, la chaîne a expliqué qu’il s’agissait d’« un test ».

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Des centaines de migrants sauvés au large de l’Espagne, à la veille du mini-sommet de crise à Bruxelles

Plus de 700 migrants ont été secourus samedi au cours de quatre opérations menées au large des côtes espagnoles et italiennes.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 19h46
   





                        



   


Plus de 700 migrants ont été secourus samedi 23 juin au cours de trois opérations menées au large des côtes espagnoles par les services de sauvetage en mer de l’Espagne, a annoncé l’organisme public Salvamento maritimo. Entassées à bord de seize embarcations, 298 personnes ont été prises en charge dans le détroit de Gibraltar et débarquées dans les ports de Tarifa et de Barbate, en Andalousie. D’autre part, 342 autres migrants ont été secourus en Méditerranée entre le sud de l’Espagne et le nord du Maroc et 129 au large de l’île de Grande Canarie, dans l’océan Atlantique.
Sauvetage au large de l’Italie
Les personnes secourues, dont des mineurs, des femmes et plusieurs bébés, proviennent majoritairement du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne mais aussi d’Asie, a précisé une porte-parole de l’organisme. L’armateur danois Maersk Line a annoncé de son côté samedi que l’Alexander Maersk, un de ses porte-conteneurs, avait secouru 113 migrants au large des côtes du sud de l’Italie et se trouvait au large de la Sicile. Le navire a changé de cap après avoir reçu un signal de détresse vendredi matin, a précisé Mikkel Elbek Linnet, porte-parole de Maersk Line. Il n’a pas spécifié où exactement les migrants avaient été secourus, ni quand le signal d’alerte avait été reçu. Le navire se trouve au large de la ville de Pozzallo en Sicile et attend des instructions du centre italien de coordination des sauvetages en mer MRCC Rome.
Par ailleurs, le Lifeline, navire menacé de mise sous séquestre par l’Italie, attend dans les eaux internationales une solution diplomatique et un approvisionnement pour les quelque 230 migrants à bord, a déclaré samedi l’ONG allemande Lifeline qui l’affrète. Rome a exclu de laisser le navire entrer dans un port italien et a dit vouloir vérifier la correspondance entre le pavillon néerlandais du bateau et sa nationalité.
Sauvetages au large de la Libye
La marine libyenne a signalé, samedi, que cinq migrants africains sont morts et près de 200 secourus au large de la Libye alors qu’ils tentaient de traverser la Méditerranée pour atteindre l’Europe. Lors d’une première opération vendredi, 94 migrants dont trois enfants et neuf femmes, ont été secourus à douze milles marins au large de Garabulli, à l’est de la capitale libyenne Tripoli, après le naufrage de leur canot pneumatique.
A bord d’une autre embarcation, 91 migrants ont été secourus dans la même zone lors d’une opération distincte, a ajouté le porte-parole en soulignant que les migrants étaient de différentes nationalités africaines. Au total depuis mercredi, 900 migrants ont été interceptés ou secourus par la marine libyenne.

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Mini-sommet à Bruxelles
Ces derniers bilans ont été diffusés six jours après l’arrivée à Valence de l’Aquarius, qui avait secouru 629 migrants au large des côtes libyennes. La question de l’accueil des migrants, qui divise profondément les Européens, sera au centre d’un mini-sommet de crise dimanche à Bruxelles. Destiné à préparer le sommet de Bruxelles des 28 et 29 juin qui sera largement consacré à l’immigration, il sera boycotté par les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), partisans d’une ligne dure sur l’immigration.
La France veut proposer à ses partenaires européens dimanche, en accord avec l’Allemagne et l’Espagne, d’« européaniser » la gestion des migrants, pour l’accueil, l’examen des dossiers ou leur « reconduite » dans leur pays d’origine, a expliqué l’Elysée.
Tentée par un boycott de ce mini-sommet, l’Italie a, finalement, confirmé sa participation mais entend y faire « entendre sa musique », selon le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini. Selon Rome, le texte préparé par Paris et Berlin aborde insuffisamment la question de la protection des frontières européennes pour se concentrer sur le redéploiement des migrants dès lors qu’ils sont déjà arrivés en Europe.

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L’ONG SOS Méditerranée « exhorte » les dirigeants « à garantir des ports de débarquement sûrs pour les personnes secourues en mer ». « L’Union européenne devra placer l’impératif de préservation et de protection de la vie des personnes en détresse avant tout autre considération politique », prévient, samedi, l’ONG européenne dans un communiqué.
L’Espagne, dont le nouveau premier ministre, Pedro Sanchez, a pris l’initiative d’accueillir l’Aquarius, participera elle aussi au sommet. Elle est la troisième porte d’entrée des migrants en Europe après l’Italie et la Grèce.

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Si le nombre de migrants tentant de franchir la Méditerranée a été divisé par deux depuis le début de l’année par rapport à la même période l’an passé, il a triplé pour ce qui concerne l’Espagne, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Quelque 12 155 migrants sont ainsi arrivés en Espagne entre le 1er janvier et le 20 juin. Sur cette période, 292 migrants sont morts en tentant d’atteindre les côtes espagnoles. Au total, 960 migrants sont morts en Méditerranée sur cette période, selon l’OIM.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Depuis le 1er janvier, plus de 1 000 mineurs non accompagnés ont été pris en charge par le département des Hautes-Alpes.
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A Briançon, un afflux permanent, mais pas encore d’« effet Salvini »

Depuis le 1er janvier, plus de 1 000 mineurs non accompagnés ont été pris en charge par le département des Hautes-Alpes.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h05
    |

            Henri Seckel (Briançon, Hautes-Alpes, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Billy est fatigué. Parti à 8 heures la veille au soir, arrivé à 8 heures ce matin de juin : douze heures de marche sur des sentiers escarpés et caillouteux entre Clavière, dernier village italien avant la frontière, et Briançon (Hautes-Alpes). En cours de route, une rencontre avec les gendarmes français qui surveillent la montagne a contraint ce jeune Camerounais, une fois ramené de l’autre côté de la frontière italienne, à recommencer sa traversée depuis le début, cette fois avec succès.
Abbas, lui, a esquivé les gendarmes et rallié Briançon du premier coup, usant jusqu’à la corde ses malheureuses baskets de 23 heures à 6 heures du matin. Il avait, auparavant, été recalé par la police aux frontières (PAF) au tunnel du Fréjus, ainsi qu’à Menton (Alpes-Maritimes). Il aura donc fallu cinq jours à ce trentenaire pakistanais pour parvenir à quitter l’Italie, où il était allé renouveler son permis de séjour, et retourner en France, où il travaille depuis plusieurs années.

Au Refuge solidaire, bâtiment vieillot en face de la gare de Briançon, Michel Rousseau fait ce qu’il peut pour offrir un peu de repos, avant la suite du périple, aux corps fourbus arrivés d’Italie. Ce retraité œuvre comme bénévole au sein de l’association Tous migrants, qui accueille Billy, Abbas et leurs compagnons de galère. « On a l’impression de devoir gérer une inondation tous les jours depuis un an et demi, concède Michel Rousseau. On ne s’arrête jamais, on est parfois un peu pris de vitesse. »

Le travail considérable que des dizaines de bénévoles abattent jour après jour pour accueillir, soigner, nourrir et conseiller les nouveaux arrivants permet d’éviter tout problème d’hygiène ou de délinquance. Ce sont eux qui empêchent Briançon, 12 000 habitants, de se transformer en Calais des Alpes. Mais les murs ne sont pas extensibles, la place manque.
Porte d’entrée
Depuis son ouverture en juillet 2017 jusqu’à la fin mai 2018, le Refuge...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Des membres de l’UE souhaiteraient transférer à des pays tiers les procédures d’examen.
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Crise migratoire en Europe : la tentation d’externaliser les demandes d’asile

Des membres de l’UE souhaiteraient transférer à des pays tiers les procédures d’examen.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h39
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            

L’idée d’externaliser la demande d’asile, c’est-à-dire de délocaliser les procédures d’examen en dehors de l’UE, progresse depuis une quinzaine d’années en Europe. En 2003, le Royaume-Uni de Tony Blair avait plaidé pour des centres de transit sur les routes migratoires. En 2004, l’Allemagne avait à son tour soutenu la création en Afrique du Nord de centres fermés où instruire les demandes d’asile, et l’Italie lui avait emboîté le pas en proposant d’installer ces dispositifs en Libye et au Maroc. Le scénario trouve désormais les faveurs d’un certain nombre d’Etats membres. Début juin, le Danemark a ainsi annoncé mener des discussions avec l’Autriche – qui assumera bientôt la présidence tournante de l’Union – et « d’autres pays » en vue de créer des centres hors du territoire de l’UE.

« On justifie cela en expliquant qu’il faut protéger les réfugiés des dangers de la mer mais l’objectif est en réalité d’éviter de déclencher le mécanisme Dublin et les tensions qu’il génère entre les pays situés en « première ligne » et ceux qui se réfugient derrière le mécanisme Dublin », analyse Emmanuel Blanchard, président du réseau d’associations Migreurop. Le régime de Dublin prévoit que la responsabilité de l’examen d’une demande d’asile relève en tout premier lieu de l’Etat membre de première entrée, ce qui fait peser la charge sur des pays comme l’Italie et la Grèce, même si, depuis le début de l’année, les arrivées de migrants par la route de la Méditerranée centrale ont baissé de 77 % par rapport à la même période l’an dernier.
Au ministère de l’intérieur, on met en garde sur la notion fourre-tout de plate-forme de débarquement : « Tout le monde manie ce concept mais personne n’y voit la même chose, résume une source place Beauvau. Une chose est sûre, le droit international et européen interdit aux bateaux européens de ramener des migrants sur les côtes nord-africaines car cela s’apparente à du refoulement vers des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La posture de Paris et son refus d’accueillir davantage de réfugiés suscite une profonde amertume à Rome, où l’extrême droite s’est saisie de la question.
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Entre France et Italie, la brouille sur les migrants

La posture de Paris et son refus d’accueillir davantage de réfugiés suscite une profonde amertume à Rome, où l’extrême droite s’est saisie de la question.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 12h18
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant) et 
Maryline Baumard








                        



                                


                            

Casse-tête à Vingt-Huit, la question migratoire va être réfléchie en comité restreint, dimanche 24 juin, à Bruxelles, avant le sommet européen des 28 et 29 juin. Si le sujet est plus simple à discuter en groupe resserré, le consensus semble loin d’être acquis. Rome a déjà réfuté les projets de conclusions préparées par les services de Bruxelles. Les relations du nouveau gouvernement italien avec les autres membres de l’Union s’annoncent compliquées, surtout si l’on en croit le match auquel se livrent la France et l’Italie depuis quelque temps.
Les démonstrations d’affection affichées à l’issue de la rencontre d’Emmanuel Macron et du premier ministre italien, Giuseppe Conte, le 15 juin, ne trompent pas grand monde. Cette rencontre, certes chaleureuse, n’a en effet rien effacé. Ni les traces laissées par la dénonciation macronienne du « cynisme » et de « l’irresponsabilité du gouvernement italien » après que Rome a refusé à l’Aquarius de débarquer 629 migrants dans un de ses ports, le 12 juin, ni la réponse du ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, qui avait affirmé, avec le soutien d’une écrasante majorité de l’opinion italienne, qu’il n’entendait pas « accepter de leçons hypocrites de pays ayant préféré détourner le regard en matière d’immigration ».

L’échange, particulièrement vif, avait provoqué la convocation de l’ambassadeur de France à Rome, une procédure plus qu’inhabituelle entre pays amis. Tout aussi insolite était le fait que le même ambassadeur avait déjà été convoqué au ministère des affaires étrangères, moins de trois mois plus tôt, avant même l’arrivée au pouvoir de Matteo Salvini. En effet, le 30 mars, l’Italie avait accusé des douaniers français d’être entrés sans permission dans un local d’une association d’aide aux migrants, en gare de Bardonecchia, juste derrière la frontière, pour effectuer une recherche de stupéfiants sur un migrant nigérian en situation régulière.
Contentieux
« Un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Dans les Hautes-Alpes se joue depuis un an et demi un ping-pong absurde entre les migrants qui veulent se rendre à Briançon et les gendarmes qui les renvoient en Italie.
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A la frontière franco-italienne : « Il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer »

Dans les Hautes-Alpes se joue depuis un an et demi un ping-pong absurde entre les migrants qui veulent se rendre à Briançon et les gendarmes qui les renvoient en Italie.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h18
    |

            Henri Seckel (Briançon, Hautes-Alpes)








                        



   


« Certains voulaient partir de Clavière à 20 heures, d’autres à 3 heures du matin, mais j’ai dit non, il faut partir à 23 heures, pour arriver tôt le matin. Quand il fait jour, c’est mort, ils arrêtent tout le monde. » Abbas, 35 ans, n’a pas tort, mais Billy et ses sept compagnons, trop pressés, ne l’ont pas écouté. Ils sont partis vers 20 heures de ce village-frontière, dernière étape en Italie pour les migrants qui s’apprêtent à rejoindre Briançon et la France, de l’autre côté du col de Montgenèvre.
Clavière-Briançon : dix kilomètres à vol d’oiseau, vingt minutes en voiture, pour un Italien ou un Français. Pour un migrant, au mieux sept heures de marche sur des chemins de randonnée plus ou moins discrets, au pire trois jours d’errance, le temps de se perdre dans le dédale des petits sentiers ou de croiser une patrouille qui vous reconduit illico en Italie.
La nuit n’était pas encore tombée quand une voiture de gendarmes a surgi au détour du chemin qu’arpentaient Billy et ses camarades. Ramené à Clavière par les forces de l’ordre, le jeune homme parti du Cameroun il y a trois ans se remettra immédiatement en route par le même chemin, et arrivera à 8 heures du matin à Briançon.

   


Abbas, parti un peu après Billy, est arrivé deux heures avant lui, au bout de sept heures de marche. Sous chacune de ses baskets ne reste qu’une demi-semelle ; l’autre moitié s’est consumée sur les cailloux des sentiers. Son pantalon crotté raconte les moments de panique où il a fallu se planquer dans les fourrés à cause d’un bruit suspect.
« Si les gendarmes voulaient arrêter tout le monde… »
Contrairement à la quasi-totalité des migrants qui entrent en France par le Briançonnais ces temps-ci, Abbas n’est pas africain, mais pakistanais. Il vit et travaille en région parisienne, mais doit parfois venir renouveler son permis de séjour en Italie. Depuis peu, le récépissé qu’il y obtient en attendant ses papiers ne lui permet plus de franchir la frontière. Son récit illustre la partie de ping-pong inepte qui se joue actuellement avec la frontière franco-italienne.

   


Abbas a tenté trois fois de passer par le tunnel du Fréjus – une fois en bus, deux fois en train –, et s’est fait recaler trois fois par les mêmes policiers, à Modane. « La troisième fois, ils m’ont dit : “Mais t’es encore là ?” J’ai dit : “Putain, j’en ai marre !” Ils ont rigolé. J’ai rigolé aussi. Ils ont dit : “Tu ne passeras pas.” J’ai dit : “O.K.” » Direction Vintimille. « Je savais que c’était une autre route possible, j’étais déjà passé par là. » La frontière est, désormais, complètement militarisée, infranchissable. Descente du train à Menton, retour à la case Italie. Turin puis Clavière, et Briançon, enfin, le lendemain matin.
« En fait, la nuit aussi, les flics pourraient arrêter tout le monde s’ils le voulaient, assure Abbas. Dès qu’il y a un mouvement dans la montagne, de grosses lumières s’allument. Même si c’est juste une souris qui bouge, paf !, ça s’allume. Mais je crois qu’ils n’ont pas envie de se prendre la tête à 3 heures du matin, dans la forêt, à jouer à cache-cache et courir derrière nous. »

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                Dans les Alpes, auprès des migrants, « on va redescendre des cadavres, un de ces jours »



« Certains gendarmes ferment les yeux, parce que si toutes les forces de l’ordre appliquaient les consignes cyniquement, personne ne passerait », raconte Michel Rousseau, bénévole de l’association Tous migrants, qui accueille les marcheurs fatigués venant d’Italie au refuge solidaire, situé en face de la gare de Briançon.
« D’ailleurs, l’été dernier, il y a eu une période de huit jours où personne n’est arrivé à Briançon. Avec des lunettes à infrarouge, c’est très facile de surveiller, même des espaces immenses comme ici. »
« Situation absurde »
Il n’est pas rare que certains migrants s’y reprennent à quatre, cinq, six fois pour franchir cette frontière qui s’avère dangereuse pour eux en hiver, lorsqu’il fait – 20 °C et qu’ils sont chaussés de petites baskets. Mais ils finissent par la franchir. « Cette situation est absurde, et mobilise des centaines de gens, poursuit Michel Rousseau. Tout cela a un coût, c’est de l’argent qu’on pourrait mettre dans l’accueil. »
François Chemin, le maire de Fourneaux – ville de Savoie où passent ceux sortant du tunnel de Fréjus – pointe lui aussi l’ineptie d’un système fait pour décourager des migrants qui ne sont plus à ça près :
« Ces gens ont pris tous les risques, pour la plupart, ils ont traversé le Sahara, survécu à la torture en Libye et à la traversée de la Méditerranée. Ce ne sont pas quelques gendarmes français qui vont leur faire rebrousser chemin. Il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer la frontière franco-italienne. »
« Vous pouvez fermer les cols de l’Echelle et de Montgenèvre, les migrants passeront par le col suivant, suppose Michel Rousseau. Il faudra aller toujours plus loin, ce sera toujours plus dur, mais la pression est tellement forte qu’ils finiront par passer. » Les semelles n’ont pas fini de se consumer sur les sentiers de montagne entre l’Italie et la France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Seules les entreprises des pays membres de l’UE peuvent participer aux appels d’offres pour le système concurrent du GPS américain. Les Européens risquent aussi d’y perdre.
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Brexit : le satellite européen Galileo s’éloigne de l’orbite britannique

Seules les entreprises des pays membres de l’UE peuvent participer aux appels d’offres pour le système concurrent du GPS américain. Les Européens risquent aussi d’y perdre.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 15h18
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Et soudain, le Brexit devint réalité. Il y a exactement deux ans, le 23 juin 2016, les Britanniques votaient en faveur d’une sortie de l’Union européenne (UE). Jusqu’à présent, malgré la dramaturgie politique qui entoure les négociations, rien n’a vraiment changé. L’une des toutes premières conséquences concrètes vient… de l’espace. Appliquant à la lettre les règles que le Royaume-Uni avait lui-même approuvées, Bruxelles a décidé d’exclure les entreprises britanniques des appels d’offres de la partie cryptée de Galileo, le système satellite européen, concurrent du GPS américain. Seules les entreprises présentes dans les pays membres de l’UE peuvent se porter candidates.
C’est peu dire que Londres est furieux. Galileo, qui fonctionnera pleinement dans un peu plus de deux ans, est bien plus qu’un système de géolocalisation plus précis que le GPS. Comme son concurrent américain, il comporte un signal crypté, qui sert notamment de système de guidage aux missiles. Son contrôle est militairement stratégique. Sans compter qu’une bonne partie de l’industrie britannique a obtenu de juteux contrats sur ce projet.
Depuis trois mois, le gouvernement britannique fait monter la pression. Les ministres de la défense, de l’industrie, du Brexit et la première ministre, Theresa May, sont tous montés au créneau. S’il est exclu de Galileo, le Royaume-Uni menace de construire son propre système concurrent, une idée qui semble cependant guère crédible au regard de son coût.
« Les Européens se tirent une balle dans le pied »
« Les Européens se tirent une balle dans le pied pour voir si leur pistolet fonctionne », accuse David Davis, le ministre du Brexit. Selon lui, se priver des entreprises britanniques et de certaines de leurs techniques de pointe va retarder la construction de Galileo de trois ans et coûter 1 milliard d’euros supplémentaire. « Le problème est que le pied en question est le Royaume-Uni », réplique Bleddyn Bowen, spécialiste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le gouvernement de Theresa May n’arrive pas à surmonter ses divisions depuis le succès du référendum sur la sortie de l’UE, le 23 juin 2016.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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Deux ans après, le Brexit continue de tirailler le Royaume-Uni

Le gouvernement de Theresa May n’arrive pas à surmonter ses divisions depuis le succès du référendum sur la sortie de l’UE, le 23 juin 2016.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h42
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Vu de l’étranger, le spectacle est déjà étonnant : deux ans après que 51,9 % des Britanniques ont voté pour sortir de l’Union européenne (UE), le 23 juin 2016, le gouvernement britannique, radicalement divisé, ne s’est toujours pas mis d’accord sur le type de relations qu’il souhaite dans l’avenir avec le continent et l’Irlande. Quel type de frontières ? Quel genre de coopération ?
Alors que le Brexit doit formellement intervenir le 29 mars 2019, les réponses tardent. Comme si le pays découvrait le caractère quasi indéfectible des liens qu’il a tissés avec le continent depuis son adhésion au Marché commun voici quarante-cinq ans – « le Brexit se révèle aussi compliqué que de retirer un œuf d’une omelette », résume Pascal Lamy, ancien patron de l’Organisation mondiale du commerce. Comme si le Royaume-Uni ne s’était pas résolu à assumer les conséquences de son propre choix et continuait à marchander le maintien des avantages de l’UE.
La première ministre conservatrice, Theresa May, qui ne dispose que d’une majorité incertaine à Westminster, n’a cessé de repousser l’heure de décisions qui risquent de faire éclater son gouvernement et d’entraîner sa chute.
Obsession
Vu de Londres, le spectacle paraît surréaliste. Le monde est en pleine turbulence. Mais « où est la Grande-Bretagne ? », interroge Andrew Rawnsley, chroniqueur à l’Observer. Réponse : « Elle est très occupée à regarder le feu qui a pris au fond de son nombril. » De fait, tout dans le pays semble suspendu, phagocyté par une bestiole insatiable : le Brexit ; chaque pan de la vie politique, économique et sociale britannique étant lié au continent, le divorce ébranle tout et tourne à l’obsession.
« Le Brexit absorbe toute l’énergie du débat intellectuel et politique, mais aussi de l’administration. Il retarde les réformes dont ce pays a besoin désespérément. Précisément celles qui répondraient au mécontentement à l’origine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Des rassemblements se sont tenus en Espagne, vendredi, après la libération provisoire de cinq hommes condamnés pour « agression sexuelle ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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Le gouvernement féministe de Pedro Sanchez à l’épreuve de la « Meute »

Des rassemblements se sont tenus en Espagne, vendredi, après la libération provisoire de cinq hommes condamnés pour « agression sexuelle ».



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h05
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Des milliers d’Espagnoles ont manifesté massivement dans une trentaine de villes, vendredi 22 juin au soir, comme elles l’avaient déjà fait jeudi, pour exprimer leur colère. La veille, un tribunal de Pampelune, en Navarre, a accordé la liberté provisoire (sous caution de 6 000 euros) à cinq jeunes hommes condamnés en avril à neuf ans de prison pour « agression sexuelle » aggravée d’abus de faiblesse, contre une jeune fille de 18 ans, lors des fêtes de la San Fermin de l’été 2016. Les juges ont justifié leur décision en écartant tout risque de fuite et de récidive avant la tenue du procès en appel. Le parquet a annoncé qu’il déposerait un recours. Les membres de la « Meute » font en outre l’objet d’une autre enquête à Cordoue pour une agression sexuelle présumée sur une jeune fille droguée, dont les images ont été retrouvées sur leurs téléphones.
En avril, déjà, de grandes manifestations féministes avaient accueilli la décision des juges de ne pas retenir la qualification d’agression sexuelle, c’est-à-dire de viol, contre ces cinq Sévillans âgés de 27 à 29 ans, dont un militaire et un garde civil, qui se surnommaient la « Meute » et qui avaient filmé leurs actes.
L’affaire est devenue le #metoo espagnol, symbole de la « justice patriarcale » que dénoncent les manifestants, le code pénal exigeant qu’il y ait violence ou menace pour qualifier un crime de viol, bien que les actes sexuels aient été imposés sans le consentement de la victime.
Le féminisme, étendard du nouveau gouvernement
« Pour lutter contre les atteintes à la liberté et l’intégrité sexuelles, le gouvernement s’est engagé à étudier la possibilité que le service juridique de l’Etat se porte partie civile en défense des victimes », a annoncé, vendredi, la porte-parole du gouvernement, Isabel Celaa, qui a reconnu que la libération provisoire a provoqué la « surprise » de l’exécutif. « Le gouvernement se fait écho de l’état d’alarme sociale de l’Espagne dans son ensemble et des femmes en particulier, que nous allons protéger », a-t-elle ajouté.
La veille, la ministre de la justice, la procureure Dolores Delgado, a estimé que « ce qu’il faut, ce sont des changements de mentalités, des réformes de la formation », pour mieux appréhender les « perspectives de genre et les victimes ». Estimant que « les faits prouvés sont très graves », elle a apporté son soutien à « la victime dans sa douleur », tout en insistant sur l’obligation pour le gouvernement de « respecter » toutes les décisions judiciaires. Un « respect » qui a été critiqué par de nombreuses manifestantes qui ont demandé la suspension des juges chargés de l’affaire de la « Meute ».
Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, formé de onze femmes et de seulement huit hommes, un record dans l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis sa création, a fait du féminisme l’un de ses principaux étendards. En confiant le portefeuille de l’égalité hommes-femmes, pour la première fois, à la numéro deux de l’exécutif, la vice-présidente Carmen Calvo, il entend imprégner toute sa politique d’une perspective de genre, transversale.

   


« Travailler à émettre des verdicts justes »
Autre symbole, la première proposition de loi que les socialistes ont présentée au Parlement depuis qu’ils sont au pouvoir, le 12 juin, porte justement sur la formation spécifique des juges espagnols sur la violence de genre et l’égalité, et l’augmentation des tribunaux pénaux spécialisés dans les crimes machistes.
« L’objectif est que l’administration de la justice travaille avec des critères d’interprétation corrects des genres pour interpréter la violence, pouvoir la traiter juridiquement et émettre des verdicts justes », avait expliqué, lors de l’élaboration de la proposition de loi, Carmen Calvo, alors chargée de l’égalité au sein du Parti socialiste ouvrier espagnol.
Déjà, le précédent gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, confronté au verdict polémique de la « Meute », mais aussi aux immenses manifestations qui ont marqué la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, avait dû répondre à l’indignation sociale en convoquant la Commission générale de qualification des crimes et délits pour qu’elle actualise les paragraphes du code pénal, qui date de 1995, en matière d’agression sexuelle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le nouveau numéro deux des Républicains Jean Leonetti, des membres de la direction du parti et des élus proches de Laurent Wauquiez, parmi lesquels Rachida Dati, Brice Hortefeux ou Nadine Morano présentent leur vision de l’Europe. Ils insistent tout d’abord sur la nécessité d’établir des frontières sûres et stables
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« Un projet européen » pour une « civilisation » européenne

Dans une tribune au « Monde », le nouveau numéro deux des Républicains Jean Leonetti, des membres de la direction du parti et des élus proches de Laurent Wauquiez, parmi lesquels Rachida Dati, Brice Hortefeux ou Nadine Morano présentent leur vision de l’Europe. Ils insistent tout d’abord sur la nécessité d’établir des frontières sûres et stables



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 09h27
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’Europe, à peine convalescente de la crise économique qu’elle vient de surmonter, se trouve confrontée à une succession d’événements qui la menacent d’explosion : une vague migratoire de grande ampleur, des actes de terrorisme perpétrés sur son territoire par des fanatiques islamistes, le Brexit aux conséquences économiques et politiques encore mal évaluées et l’élection d’un président des Etats-Unis prônant un protectionnisme économique.
Dans ce contexte, à chaque élection en Europe, les extrêmes et les partis anti-européens progressent à tel point qu’ils deviennent majoritaires en Italie, pays fondateur de l’Union européenne (UE), qui traverse une crise politique d’une extrême gravité. Les peuples européens se détournent de l’Europe, qu’ils accusent d’imposer des contraintes financières et réglementaires accrues sans apporter de protection contre l’insécurité ou la précarité. Le rêve européen s’évanouit peu à peu. L’Europe n’est plus une espérance de progrès.
Face à cette situation nouvelle et inquiétante, certains, refusant de tirer les leçons de ces événements, proposent d’avancer plus vite encore vers un fédéralisme européen ou une « souveraineté européenne » au risque d’aggraver le divorce entre l’Europe et les peuples. D’autres, à l’inverse, proposent de provoquer une sortie de l’euro et de l’Europe aux conséquences financières dramatiques pour les salariés, les épargnants et les retraités en raison de la dévaluation massive qu’elle engendrerait.
L’Europe n’est pas une option
Nous, les Républicains, quelles que soient nos sensibilités, sommes profondément attachés à l’Europe par réalisme et conviction. L’Europe n’est pas une option, nous savons que les défis environnementaux, économiques et politiques de notre temps ne seront relevés qu’à l’échelle des continents et qu’il serait problématique de laisser la Chine et les Etats-Unis face à face pour organiser de manière bipolaire le monde à venir.
Nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017.
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Mineurs sans papiers : quelle prise en charge en France ?

Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 19h15
    |

                            Simon Auffret








                        



   


Depuis le mois de mai, 2 500 jeunes migrants du Mexique et d’Amérique centrale ont été séparés de leurs parents en traversant la frontière avec les Etats-Unis, en application de la politique « tolérance zéro » mise en place par l’administration de Donald Trump. Plusieurs milliers d’autres adolescents ont tenté leur chance sans leur famille, et sont envoyés dans des centres d’hébergements pour les migrants mineurs non accompagnés, dans l’attente du traitement de leur dossier d’asile.

        Lire aussi :
         

                Décret immigration de Trump : symbole politique et réponse temporaire, pour la presse américaine



« Cet endroit est appelé un “refuge” mais ces enfants sont bel et bien incarcérés », décrit le journaliste Jacob Soboroff après avoir visité, le 15 juin, le plus grand de ces sites au Texas. Le président Donald Trump, devant l’ampleur internationale de la polémique, a signé mercredi 20 juin un décret pour empêcher la séparation des familles – apportant ainsi une réponse temporaire au débat sur la politique migratoire des Etats-Unis.
Les familles avec des enfants mineurs
En France, la séparation des familles et la rétention de mineurs non accompagnés sont illégales. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a pourtant dénoncé la gestion de l’accueil français à six reprises pour l’enfermement d’enfants en compagnie de leur famille dans des centres de rétention administrative (CRA) : ils étaient 306 en 2017, selon le contrôleur général des lieux de privation de liberté.

        Lire aussi :
         

                En France, en 2017, environ trois cents enfants étrangers ont été enfermés



En juillet 2012, la France est condamnée une première fois pour avoir violé l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme : un couple et deux enfants de 5 mois et 3 ans ont été placés pendant quinze jours dans le centre de rétention administratif de Rouen. « Il convient de garder à l’esprit que la situation d’extrême vulnérabilité des enfants est déterminante et prédomine sur la qualité d’étranger en séjour illégal », rappelle la CEDH. Autrement dit : si le regroupement familial est obligatoire, il ne justifie pas l’enfermement d’enfants. Le discours européen sera le même dans les cinq autres condamnations concernant la France.
Des consignes sont alors envoyées aux préfets, responsables des dispositifs dans les départements, pour « appliquer la procédure d’assignation à résidence plutôt que le placement en rétention » lorsqu’il est décidé qu’une famille doit quitter le territoire français. Depuis, le nombre de mineurs enfermés a chuté avant de progressivement remonter à son plus haut niveau en cinq ans.


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Le nombre d'enfants en rétention administrative au plus haut depuis cinq ans
Etrangers de moins de 18 ans placés dans des CRA de métropole, selon les rapports de la Cimade (jusqu'en 2015) et de contrôleur général des lieux de privation de liberté.

Sources : Cimade, CGLPL



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Une hausse due à l’exploitation par certains préfets d’une mesure qui permet la rétention des familles « dans les quarante-huit heures précédant le départ programmé », pour faciliter l’organisation de sortie du territoire. Un « glissement vers l’enfermement » dénoncé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté dans un rapport publié le 14 juin, surtout pratiqué dans deux CRA, ceux de Metz-Queuleu (Moselle) et du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).
Les mineurs non accompagnés
Comme pour les enfants avec leur famille, la rétention de jeunes arrivés seuls sur le territoire français est illégale – contrairement à la situation américaine, ils ne peuvent pas être contraints d’aller dans des centres d’hébergement.
Dans chaque département, l’aide sociale à l’enfance, sous tutelle du conseil départemental, est chargée de l’accueil et de la mise à l’abri des migrants mineurs sous le statut de protection de l’enfance, en partenariat avec le dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (Demie) géré par la Croix-Rouge.

        Lire aussi :
         

                Comment sont pris en charge les mineurs isolés étrangers en France ?



Contrairement aux familles avec enfants, les mineurs non accompagnés ne peuvent faire l’objet de mesures d’éloignement. Leur prise en charge par les autorités n’est pas liée à leur demande d’asile. Ils sont considérés, par le droit français, comme des enfants avant d’être de jeunes migrants.
Un rapport parlementaire de juin 2017 dénombrait « près de 13 000 mineurs non accompagnés pris en charge par les services départementaux » en France, une statistique en constante augmentation qui s’oppose au nombre de places d’hébergement limitées. Cette saturation est en partie à l’origine de l’opposition entre les conseils départementaux et l’Etat sur la responsabilité des financements pour cet accueil.
Un autre point de tension entre les services de l’Etat est l’évaluation de l’âge des jeunes migrants, qui détermine de manière importante leur niveau de protection : certaines personnes, évaluées mineures dans un département, sont considérées majeures dans un autre, complexifiant les dispositifs d’accompagnement.
Alimentant les débats sur la limite d’âge, les départements demandent fréquemment une radiographie osseuse, dont la fiabilité est vivement critiquée médicalement et judiciairement. Limité aux derniers recours par la garde des sceaux Christiane Taubira en 2013, l’examen médical reste souvent pratiqué aujourd’hui. En décembre 2017, le défenseur des droits Jacques Toubon affirmait encore y être « fermement opposé », et demandait à ce qu’il soit proscrit.



                            


                        

                        

