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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Face à une opposition ragaillardie, le chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan, brigue un nouveau mandat dimanche après quinze ans de règne sans partage.
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Elections en Turquie : l’opposition dénonce des tentatives de fraude

Face à une opposition ragaillardie, le chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan, brigue un nouveau mandat dimanche après quinze ans de règne sans partage.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 17h54
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h58
   





                        



   


Plus de 56 millions d’électeurs turcs étaient appelés aux urnes jusqu’à 16 heures dimanche 24 juin pour les élections présidentielle et législatives. Le chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan, brigue un nouveau mandat après quinze ans de règne sans partage. Les résultats seront connus en début de soirée et l’opposition dénonce des tentatives de fraude.
Ce double scrutin marque le passage en Turquie d’un système parlementaire à un régime hyperprésidentiel souhaité par M. Erdogan et validé lors d’un référendum en 2017. Mais face à une économie qui se dégrade ces derniers mois, le chef de l’Etat turc, qui avait choisi de convoquer ces élections dix-neuf mois avant la date prévue, est en difficulté.

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Selon les instituts de sondage, M. Erdogan ne serait pas élu dès le premier tour. Un second aurait alors lieu le 8 juillet. Et son parti l’AKP (Parti de la justice et développement, islamo-conservateur) pourrait même perdre sa majorité au Parlement.
Le président Erdogan en difficulté ? 

   


Voyant dans ces élections leur dernière chance d’arrêter M. Erdogan dans sa quête d’un pouvoir incontestable, des partis aussi différents que le CHP (social-démocrate), l’Iyi (nationaliste) et le Saadet (islamiste) ont noué une alliance inédite pour le scrutin législatif, avec l’appui du HDP (prokurde).

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Le candidat du CHP à la présidentielle, Muharrem Ince, s’est imposé au cours de la campagne comme le principal opposant de M. Erdogan, tandis que celui-ci a semblé sur la défensive, promettant par exemple de lever rapidement l’état d’urgence ou encore d’accélérer le retour dans leur pays des réfugiés syriens, mais uniquement après que M. Ince eut promis la même chose. Au pouvoir depuis 2002, cette campagne électorale a été la plus ardue pour M. Erdogan. Il a pourtant bénéficié de sérieux avantages : les médias, contrôlés à 90 % par le gouvernement, retransmettaient en intégralité ses meetings. Après avoir voté dimanche matin, M. Erdogan s’est montré confiant :
« La Turquie effectue une révolution démocratique. Avec le système présidentiel, la Turquie met la barre beaucoup plus haut, elle s’élève au-dessus du niveau des civilisations contemporaines. »
L’opposition dénonce des tentatives de fraude

   


Au cours de la journée électorale, le principal d’opposition turc, le CHP, a dénoncé des tentatives de fraude. « De nombreuses plaintes nous sont parvenues », surtout de la province de Sanliurfa (sud-est), a déclaré le porte-parole du CHP (social-démocrate), Bülent Tezcan, lors d’une conférence de presse au siège de son parti à Ankara. « Nos amis sont intervenus au moment où c’est arrivé », a-t-il ajouté.
Il a énuméré plusieurs exemples de tentatives de bourrage d’urnes, avec notamment une urne comptant déjà une centaine de bulletins de vote, tous pour l’alliance dominée par le parti au pouvoir AKP (islamo-conservateur) de M. Erdogan, avant même l’ouverture des bureaux. Il a également diffusé une vidéo, qu’il affirme avoir authentifiée, d’un homme affirmant qu’il y avait plus de bulletins que d’électeurs déjà passés dans un bureau de vote à Suruç.
Le procureur public de Sanliurfa, dont dépend Suruç, a annoncé avoir ouvert une enquête sur ces accusations et quatre personnes ont été arrêtées, selon l’agence de presse étatique Anatolie. Craignant des fraudes, en particulier dans le sud-est à majorité kurde, opposants et ONG ont mobilisé plusieurs centaines de milliers d’observateurs pour surveiller les urnes. « Dans la région, il y a eu des assauts, des menaces pour arrêter nos observateurs », a affirmé M. Tezcan.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Paris et Berlin se disent prêts à des solutions à 28 mais aussi à des accords bilatéraux et trilatéraux pour régler la question
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Crise des migrants : Macron et Merkel à la recherche d’un « modus vivendi » à Bruxelles

Paris et Berlin se disent prêts à des solutions à 28 mais aussi à des accords bilatéraux et trilatéraux pour régler la question



Le Monde
 |    24.06.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h25
   





                        


Lors de son arrivée à Bruxelles, dans le cadre de sa participation à un mini-sommet convoquée par la Commission européenne sur la question migratoire, Emmanuel Macron a appelé dimanche 24 juin à une « solution européenne » pour gérer les afflux de réfugiés qui traversent les frontières pour venir en Europe.
« La solution que nous devons aujourd’hui réussir à porter est une solution européenne, elle se construira uniquement sur la coopération entre les Etats membres de l’UE, que ce soit une coopération à 28 ou entre plusieurs Etats qui décident d’avancer ensemble », a déclaré le président français.

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Pour sa part, lors d’une déclaration avant le sommet, Angela Merkel a dit ne pas s’attendre à un accord entre les 28 membres de l’Union européenne sur la question migratoire lors du Conseil européen de jeudi 28 et vendredi 29 juin. « Nous savons qu’au Conseil européen, malheureusement, nous n’aurons pas de solution complète sur la question migratoire », a déclaré la chancelière à Bruxelles.
« C’est pourquoi il y aura des accords bilatéraux et trilatéraux, sur la manière dont nous pouvons nous aider les uns les autres sans toujours attendre tous les 28 Etats membres mais réfléchir à ce qui est important pour qui, a-t-elle poursuivi. La recherche d’un modus vivendi et la poursuite du travail pour parvenir à une solution européenne commune sont au cœur des discussions d’aujourd’hui. »
La France, « deuxième pays d’accueil »
La rencontre du 24 juin à Bruxelles sur la question migratoire, à laquelle participent seize pays européens (sans les pays du groupe de Visegrad, à savoir : la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie), a lieu sur fonds de tensions encore vives entre différents acteurs majeurs de l’UE.

   


A la veille du sommet, le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, a notamment qualifié le président français d’« arrogant » sur le sujet des migrants. La France et l’Espagne venaient alors de proposer la mise en place de « centres fermés sur le sol européen dès le débarquement » des migrants, et prôné une « solution différente et complémentaire ». 
Lors d’une conférence de presse à l’Elysée, M. Macron a déclaré être en faveur de sanctions financières envers les pays de l’UE qui refuseraient d’accueillir des migrants, expliquant : « On ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l’UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s’agit de sujets migratoires. »
En réponse à l’« arrogance » reprochée par Matteo Salvini, Emmanuel Macron a déclaré dimanche que la France « n’a de leçons à recevoir de personne » sur le sujet car elle est « le deuxième pays d’accueil des demandeurs d’asile cette année ». « Nous avons des valeurs, c’est ce qui nous a faits. Chaque fois que nous les avons trahies nous avons créé le pire, a-t-il ajouté depuis Bruxelles. C’est le respect des droits de l’homme, de l’individu, des autres Etats et de leur intégrité et cette solidarité qui nous lie. »
« Il y a une crise sur les mouvements secondaires c’est-à-dire les personnes qui sont rentrées dans l’espace Schengen, et donc il est important sur ce point que nous fassions avancer certains textes – le texte de la procédure d’asile qui est en discussion – que nous réformions les procédures de Dublin et que nous ayons aussi des accords qui permettent de rendre le système plus efficace », a-t-il précisé.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Christine Prunaud, sénatrice des Côtes-d’Armor, Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin, et Pascal Torre, membre du secteur des relations internationales au PCF, ont comparu devant un juge.
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Elections en Turquie : une délégation d’observateurs du PCF arrêtée quelques heures

Christine Prunaud, sénatrice des Côtes-d’Armor, Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin, et Pascal Torre, membre du secteur des relations internationales au PCF, ont comparu devant un juge.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 16h33
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h26
   





                        


Une délégation du Parti communiste français présente à Agri, dans l’est de la Turquie, comme observateur des élections présidentielles et législatives dans le pays, a été arrêtée quelques heures avant d’être relachée, a annoncé le PCF, dimanche 24 juin.
« Nous avons été arrêtés à 10 h 30 et retenus à la gendarmerie jusque 17 heures, à la fin des opérations de vote. On nous a dit qu’il n’y aurait pas de poursuites contre nous car notre présence n’était pas délictuelle », a expliqué Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin. Le PCF avait fait savoir au milieu de la journée que les membres de cette délégation comprenant Christine Prunaud, sénatrice des Côtes-d’Armor, Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin, et Pascal Torre, membre du secteur des relations internationales au PCF, avaient comparu dans la matinée devant le procureur de la République.
Le Parti a dénoncé les pratiques du gouvernement turc, qui affirme sur Twitter que « les membres de la délégation seraient de faux observateurs qui tenteraient de manipuler les élections ». Dans son communiqué, le PCF « condamne ces méthodes qui ne font que le renforcer résolument à rester aux côtés des démocrates de Turquie qui entendent mettre un terme à la dictature de R. T. Erdogan ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Porte de la Chapelle, avenue de Flandres ou dans le 5e arrondissement, plusieurs œuvres évoquent la crise des migrants et la politique française face à cette question.
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Banksy peint les murs de Paris pour illustrer la crise des migrants

Porte de la Chapelle, avenue de Flandres ou dans le 5e arrondissement, plusieurs œuvres évoquent la crise des migrants et la politique française face à cette question.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 18h22
   





                        



   


Banksy par-ci, Banksy par-là. Depuis quelques jours, la rumeur enfle, comme le raconte Télérama : l’artiste de rue le plus célèbre du monde serait à Paris. Sa première œuvre a été repérée à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés. A proximité du périphérique, porte de la Chapelle, près de l’ancien centre de premier accueil (CPA) des réfugiés dans le 18e arrondissement, fermé le 31 mars, une petite fille repeint à la bombe à peinture une croix gammée.

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Dans le 19e arrondissement, avenue de Flandres, l’artiste s’approprie Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, tableau de Jacques-Louis David de 1801. Il montre un Napoléon emberlificoté dans son manteau qui le fait ressembler à une femme voilée…

Banksy devait venir à Paris pour les 50 ans de mai 68. Mais comme il ne sait pas lire un calendrier, il fête avec s… https://t.co/DrCczgIFVH— JDBeauvallet (@JD Beauvallet)


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Des œuvres à Calais
Dans le 5e arrondissement, un autre pochoir montre un homme, cachant une scie dans le dos, donnant à manger un os à un chien, à qui on vient de couper une patte. D’autres peintures avec des rats, sa marque de fabrique, ont été repérées dans la capitale.
Des œuvres peintes au moment où Paris et Rome sont engagés dans un bras de fer autour des migrants et où les dirigeants de seize pays membres de l’Union européenne (UE) participent à un mini-sommet, improvisé et « informel » à Bruxelles pour évoquer des « solutions européennes » à la question migratoire. En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour dénoncer l’attitude du gouvernement français dans la crise de l’Aquarius.

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A la fin de l’année 2015, Banksy avait réalisé quatre œuvres en soutien aux migrants de la « jungle » de Calais, dont un portrait de Steve Jobs, pour illustrer la crise des migrants.

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Bansky Paris Invasion ! Venu incognito comme toujours, le célèbre street artist a déjà laissé deux œuvres qui témoi… https://t.co/t302gOpZri— Telerama (@Télérama)


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ A Diyarbakir, au sud-est de la Turquie, les sympathisants du Parti démocratique des peuples espèrent obtenir plus de 10 % des voix face à l’AKP.
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Elections en Turquie : l’espoir kurde face à l’AKP

A Diyarbakir, au sud-est de la Turquie, les sympathisants du Parti démocratique des peuples espèrent obtenir plus de 10 % des voix face à l’AKP.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h57
    |

                            Allan Kaval (envoyé spécial à Diyarbakir)








                        



   


Dans la cour de récréation de l’école Çelebi Eser, dans la ville de Diyarbakir (au sud-est de la Turquie, non loin de la frontière syrienne), les électeurs qui entrent et sortent en files continues, dimanche 24 juin au matin, n’ont pas un regard pour l’imposant blindé sombre des forces spéciales de la police. La présence de ce véhicule à tourelle mitrailleuse garé à proximité du terrain de jeu est devenue un trait habituel des journées électorales depuis la reprise des violences dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie. Les habitants du quartier ont beau l’ignorer, sa présence incarne pour beaucoup l’ordre autoritaire imposé par Ankara dans les régions kurdes du pays, au nom de la lutte contre la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
« Voilà comment l’Etat impose sa pression sur nous, par la peur », dénonce un électeur en évoquant le blindé. Comme 59 millions de Turcs, il doit se prononcer, dimanche, pour le premier tour de l’élection présidentielle, ainsi que pour le tour unique des élections législatives. Des scrutins aux enjeux inédits pour le régime du président Erdogan et son parti, l’AKP, confrontés à une opposition ragaillardie.

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Fonctionnaire, cet électeur souhaite conserver l’anonymat par peur de perdre son emploi, mais explique son état d’esprit : « L’Etat a créé un climat de peur. Les maires que nous avons élus dans les régions kurdes ont été démis de leurs fonctions, remplacés par des administrateurs. C’est la peur et l’injustice qui règnent. Cette élection est notre chance de dire non, de chasser Erdogan le dictateur. » Pour lui comme pour la grande majorité des habitants des régions kurdes de Turquie, faire barrage au président turc et sa formation, le Parti de la justice et du développement (AKP), c’est voter pour le Parti démocratique des peuples (HDP), issu du mouvement kurde.
« Confiance brisée »
Si cette bataille électorale se tient en marge du scrutin, son issue aura un impact pour toute la Turquie. Historiquement, le HDP arrive en tête des suffrages dans le Sud-Est, et l’AKP, qui dispose de l’appui des Kurdes conservateurs, occupe la deuxième position. Or pour être représenté au Parlement, le HDP doit franchir le seuil des 10 % des voix à l’échelle nationale. Si le HDP ne remplit pas ce critère, les votes de ses électeurs ne seront pas pris en compte, et l’AKP obtiendra l’ensemble des sièges des circonscriptions à majorité kurde, même s’il n’y aura pas obtenu localement la majorité des voix. La composition de la prochaine législature dépendra donc de la capacité du HDP à mobiliser sa base dans le sud-est de la Turquie afin d’atteindre ce seuil électoral singulièrement élevé à l’échelle du pays.
En cette matinée de scrutin, les responsables du HDP paraissent confiants quant à leur capacité à dépasser le score fatidique des 10 %. « Ce matin commence la chute du régime dictatorial d’Erdogan », veut croire Imam Tascier, parlementaire du HDP venu voter tôt le matin dans une école d’un quartier huppé de Diyarbakir. « Le barrage ne sera pas un problème pour le HDP. Les électeurs kurdes sont déterminés », selon lui.

   


Le mouvement kurde part pourtant de loin. Arrivé à un score historique de 13,5 % aux élections législatives de juin 2015, le HDP a subi un affaiblissement considérable au cours des années qui ont suivi. La reprise des affrontements entre les combattants du PKK, la branche armée du mouvement kurde, et les forces de sécurité turques dans plusieurs localités du sud-est du pays lui ont fait perdre la confiance d’une partie de son électorat. Les structures militaires du PKK s’étaient alors lancées dans une stratégie insurrectionnelle vouée à l’échec, et écrasée dans le sang par Ankara.
Au printemps 2016, les combattants kurdes étaient vaincus et l’Etat reprenait le Sud-Est d’une main de fer. La stratégie de guerre urbaine lancée par le mouvement kurde s’était traduite entre-temps par des destructions massives et des pertes humaines qui ont affecté le cœur de l’électorat du HDP. « La guerre a éloigné les Kurdes de notre parti, les gens étaient déçus et en colère, la confiance était brisée », confiait une responsable élue du mouvement kurde au Monde à quelques jours des élections.
Un leader emprisonné
Le HDP a ensuite subi de plein fouet la reconquête politique menée par l’Etat turc dans le sud-est kurde dans le sillage de sa victoire militaire contre le PKK. Les municipalités acquises au mouvement kurde étaient reprises en main par des administrateurs gouvernementaux, tandis que les structures associatives qui lui permettaient d’encadrer la société civile étaient dissoutes, et ses militants arrêtés massivement.

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Alors que ces élections anticipées ont été organisées pour offrir une victoire confortable à Erdogan, elles ont aussi donné l’occasion au mouvement kurde de relever la tête. En détention préventive depuis novembre 2016, son chef de file, Selahattin Demirtas, qui est aussi depuis sa cellule le candidat à la présidentielle du HDP, suscite une sympathie et une adhésion qui va bien au-delà de la base militante la plus active du mouvement kurde. La simplicité de son discours et de ses manières, son charisme personnel et sa position de victime d’une répression considérée comme injuste jusque chez certains partisans de l’AKP a galvanisé l’électorat kurde en faveur de son parti.

   


Et parmi les conservateurs kurdes qui lui ont longtemps été acquis, le parti de Recep Tayyip Erdogan serait en perte de vitesse. « L’AKP a beaucoup apporté aux Kurdes au départ. Erdogan a reconnu lors de ses premiers mandats l’existence d’un conflit kurde. Mais quand il s’est rendu compte que son ouverture kurde ne lui apporterait rien, il s’est rapproché des nationalistes ! C’est un opportuniste et il a perdu le soutien de beaucoup de Kurdes depuis les dernières élections », regrette Ibrahim Halil Aksakal, vivant à Diyarbakir. Alors qu’il a voté au cours des quinze dernières années pour l’AKP, ce professeur de sciences religieuses votera dimanche pour un petit parti islamiste kurde, le Hüda Par.
« L’AKP est plus que jamais en mauvaise position dans les régions kurdes », explique un sympathisant de Recep Tayyip Erdogan à Diyarbakir. Selon lui, les rivalités personnelles qui opposent les caciques du parti dans le sud-est de la Turquie et les faiblesses des structures locales de la formation de Recep Tayyip Erdogan, fondées en premier lieu sur des réseaux de clientèle et sur des intérêts privés, ont sclérosé la machine partisane.
« Les cadres de l’AKP pensaient que le retour en force de l’Etat dans le Sud-Est leur garantirait une position de force sans qu’ils aient à se fatiguer. Ils se sont trompés, admet un autre membre kurde de l’AKP à Diyarbakir : L’AKP contrôle l’Etat. Après la guerre, on avait une très bonne opportunité à saisir en reconstruisant sérieusement la région. Mais le gouvernement ne l’a pas saisie. » 
Soupçons de fraudes
Le scrutin de ce dimanche se déroule dans le contexte d’un conflit armé et des mesures exceptionnelles sont appliquées. Dans un rapport préparatoire du 15 juin, l’OSCE, qui a déployé plusieurs équipes dans les régions kurdes de Turquie, a averti des conséquences négatives que cet état d’exception pourrait avoir sur le scrutin selon plusieurs de ses interlocuteurs. Environ 144 000 électeurs sont ainsi concernés par le déplacement ou la fusion de leurs bureaux de votes dans plusieurs provinces du Sud-Est, une mesure considérée par le mouvement kurde comme visant à limiter la participation des électeurs du HDP dans ses bastions électoraux.
Le barreau de Diyarbakir, dont les équipes sillonnent la région, estime cependant que les risques d’irrégularité seraient limités, bien que des incidents ponctuels aient été enregistrés dans des localités acquises au pouvoir. De l’aveu même d’un responsable local du parti au pouvoir, désabusé par la déshérence de sa formation politique dans les régions kurdes, les pressions directes sur les électeurs sont monnaie courante. « L’AKP contrôle la police, les administrations publiques. L’Etat est à nous. C’est facile pour nous d’influencer le vote des gens. Par exemple : il suffit qu’un directeur d’administration demande aux fonctionnaires qui sont sous son autorité de voter pour AKP et de le prouver pour qu’ils le fassent, de peur de perdre leur emploi. Même un membre important du parti au niveau de la province peut le faire directement », indiquait ce cadre de l’AKP au Monde la veille du scrutin.
Au cours de la journée de vote, dimanche, plusieurs habitants de la localité kurde de Suruç ont ainsi déclaré au Monde avoir été témoins d’intimidations violentes et de tentatives de bourrage d’urnes de la part de proches d’un candidat local de l’AKP aux élections législatives. Saisi, le Conseil électoral suprême a indiqué qu’une enquête avait été lancée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le navire était toujours dimanche au large de Malte, avec 239 personnes à bord dont 14 femmes et quatre bébés, récupérés près des côtes libyennes.
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Le Monde
 |    24.06.2018 à 13h06
   





                        



   


L’ONG allemande Mission Lifeline, dont le navire transportant près de 240 migrants africains s’est vu interdire l’entrée des ports italiens, a répondu dimanche aux remarques du ministre italien de l’intérieur d’extrême droite, Matteo Salvini.
Il y a quelques jours, le ministre avait parlé sur Facebook de la cargaison de « chair humaine » que transportait le navire. « Cher Matteo Salvini, nous n’avons pas de viande à bord, seulement des humains. Nous vous invitons cordialement à vous convaincre que ce sont des êtres humains que nous sauvons de la noyade. Venez voir, vous êtes le bienvenu ! », a répondu l’association sur Twitter.

Dear @matteosalvinimi, we have no meat on board, but humans. We cordially invite you to convince yourself that it i… https://t.co/8OAHzw6Lp7— SEENOTRETTUNG (@MISSION LIFELINE)


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Le navire était toujours dimanche au large de Malte, avec 239 personnes à bord dont 14 femmes et quatre bébés, récupérés près des côtes libyennes.
L’organisation a précisé qu’elle avait reçu de Malte de la nourriture et de l’eau potable, ainsi que des médicaments et des couvertures de deux autres navires allemands d’aide, le Sea-Eye et le Sea-Watch. Le Lifeline espère retrouver bientôt le navire danois Alexander-Maersk, qui a quant à lui sauvé 113 migrants dans les eaux au sud de l’Italie, et qui pourrait assurer une protection au petit bateau de Mission Lifeline en cas de mauvais temps.
Après l’odyssée de l’Aquarius et de ses 629 migrants, à qui Malte et l’Italie ont refusé d’accoster et finalement accueilli par l’Espagne, le Lifeline est en passe de devenir un nouveau symbole du bras de fer entre pays européens sur la prise en charge des migrants secourus en Méditerranée.

        Lire aussi :
         

                Migrants : cacophonie européenne avant le mini-sommet de crise à Bruxelles



La question de l’accueil, qui divise profondément les Européens, sera au centre d’un mini-sommet de crise dimanche à Bruxelles. Destiné à préparer le sommet de Bruxelles des 28 et 29 juin qui sera largement consacré à l’immigration, il sera boycotté par les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), partisans d’une ligne dure sur l’immigration.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Abbas et les Palestiniens refusent de rencontrer les équipes de Donald Trump depuis que ce dernier a pris la décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat israélien. Washington affirme avoir un projet de paix qui pourrait être rendu public.
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Jared Kushner, l’envoyé spécial de Donald Trump, essaie de renouer le dialogue avec les Palestiniens

Abbas et les Palestiniens refusent de rencontrer les équipes de Donald Trump depuis que ce dernier a pris la décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat israélien. Washington affirme avoir un projet de paix qui pourrait être rendu public.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 12h45
   





                        



   


Dans un entretien au journal palestinien Al-Quds, dimanche 24 juin, Jared Kushner, conseiller et gendre de Donald Trump, se dit « prêt à travailler » avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Le gendre de Donald Trump adresse un message aux Palestiniens : « Vous méritez un avenir radieux. Le temps est venu pour les Israéliens et les Palestiniens de renforcer et recentrer leurs gouvernements, pour les engager à être ouverts à une solution et à ne pas avoir peur d’essayer. »
Plan de paix
Washington affirme avoir un projet de paix qui pourrait être rendu public prochainement, alors que les négociations entre Israéliens et Palestiniens sont dans l’impasse depuis 2014. Abbas et les Palestiniens refusent de rencontrer les équipes de Donald Trump depuis que ce dernier a pris la décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat israélien et qu’il a fait transférer l’ambassade américaine dans cette ville. Les Palestiniens revendiquent un Etat avec Jérusalem-Est comme capitale.
« Le président [Mahmoud] Abbas dit qu’il est attaché à la paix et je n’ai aucune raison de ne pas le croire, déclare Jared Kushner dans cette interview. Cependant, je me demande dans quelle mesure le président Abbas a la capacité ou la volonté de s’engager afin de conclure un accord. Il discute des mêmes points depuis vingt-cinq ans. Aucun accord de paix n’a été conclu pendant cette période. » Selon M. Kushner, « afin de parvenir à un accord, les deux parties devront faire un pas en avant et se retrouver à mi-chemin de leurs positions officielles. Je ne suis pas sûr que le président Abbas soit en mesure de faire cela ».
Revendication israélienne
Réagissant à l’interview, le porte-parole de Mahmoud Abbas, Nabil Abou Rdainah, a souligné que « la voie vers la paix est claire : un engagement en faveur d’une solution à deux Etats, un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967 avec Jérusalem comme capitale. C’est la voie vers toute négociation ou toute rencontre ».
Depuis le 19 juin, M. Kushner a rencontré différents dirigeants régionaux, dans le cadre d’une tournée effectuée en compagnie de l’émissaire spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Jason Greenblatt. Cette visite coïncide avec une montée des tensions dans la bande de Gaza contrôlée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. Depuis le 30 mars, au moins 133 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens à Gaza.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Surnommé « l’Eternel Second » de la politique sud-coréenne, le créateur de l’agence de renseignement de son pays s’est éteint à Séoul, à l’âge de 92 ans.
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Corée du Sud : mort de Kim Jong-pil, deux fois premier ministre et créateur de la KCIA

Surnommé « l’Eternel Second » de la politique sud-coréenne, le créateur de l’agence de renseignement de son pays s’est éteint à Séoul, à l’âge de 92 ans.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 12h37
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            

Faiseur de rois, premier ministre de dirigeants un temps ennemis intimes, baptisé « l’Eternel Second » de la politique sud-coréenne, Kim Jong-pil, par ailleurs créateur de la KCIA, la redoutable et redoutée agence de renseignement de son pays, s’est éteint samedi 23 juin à l’hôpital universitaire de Soonchunhyang de Séoul, à l’âge de 92 ans. La Maison Bleue, la présidence sud-coréenne, a salué dans un communiqué un homme dont les marques sur la politique moderne de la Corée « ne seront pas facilement effacées ».
« En tant qu’individu, il avait beaucoup de capacités et de charme. Il m’a aussi laissé de précieux souvenirs », a réagi le premier ministre Lee Nak-yon, qui l’a par ailleurs décrit comme « l’incarnation même de l’honneur et la disgrâce ». Une appréciation reprise par le Parti démocrate, formation progressiste au pouvoir, pour laquelle la vie de M. Kim est une alternance « d’ombre et de lumière ».
Un argument contesté par le Parti de la liberté en Corée, formation d’opposition. M. Kim « a joué un rôle important pour sauvegarder la démocratie libérale en Corée du Sud et en en faisant une véritable puissance économique », a déclaré son porte-parole, Kim Sung-won.

La diversité des réactions traduit l’ambiguïté du destin particulier de ce politicien, né le 7 janvier 1926 dans la campagne de la province du Chungcheong du Sud (centre du pays). Diplômé en 1949 de l’académie militaire de Corée, il participe à la guerre de Corée (1950-1953) comme agent de renseignement. En 1961, alors lieutenant-colonel, il joue un rôle déterminant dans le coup d’Etat qui amène au pouvoir Park Chung-hee, dont il était proche notamment par son mariage en 1951 avec sa cousine Park Young-ok, disparue en 2015 à 86 ans.
Membre de l’administration Park, il crée en 1961 la KCIA, l’agence de renseignement qu’il dirige pendant trois ans et dont le fonctionnement s’inspire de celui de la CIA américaine....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La propriétaire de l’établissement a refusé de la servir au motif qu’elle travaillait pour Donald Trump.
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Sarah Sanders, la porte-parole de l’administration Trump, éconduite dans un restaurant

La propriétaire de l’établissement a refusé de la servir au motif qu’elle travaillait pour Donald Trump.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 11h46
   





                        



   


La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a été mise à la porte de The Red Hen, à Lexington, localité de 7 000 habitants dans l’Etat de Virginie mitoyen de la capitale fédérale, où elle souhaitait dîner vendredi soir, au motif qu’elle travaillait pour le président Donald Trump.
« Hier soir, la propriétaire du Red Hen à Lexington, en Virginie, m’a demandée de partir car je travaille pour le président des Etats-Unis. Je suis partie en restant polie », a tweeté Mme Sanders. Le geste de la restauratrice « en dit plus long sur elle que sur moi », a ajouté la responsable, chargée en semaine de répondre aux journalistes lors d’une conférence de presse quotidienne à la Maison Blanche.

Last night I was told by the owner of Red Hen in Lexington, VA to leave because I work for @POTUS and I politely le… https://t.co/C5554K1LVJ— PressSec (@Sarah Sanders)


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L’incident a été révélé sur Facebook par un homme affirmant être un employé de l’établissement, qui a précisé dans son message avoir servi Sarah Sanders « lors d’une durée totale de deux minutes ». Le restaurant, dont le site internet était difficilement accessible samedi, a été visé par de nombreuses critiques positives ou négatives pour avoir refusé Mme Sanders.
Administration « inhumaine et immorale »
La propriétaire de l’établissement, Stephanie Wilkinson, a expliqué au Washington Post que, de son point de vue, la porte-parole servait une administration « inhumaine et immorale » et qu’elle ne pouvait pas accueillir un défenseur des « politiques les plus cruelles » du président Trump.

   


« Nous pensons qu’il y a des moments où les gens doivent être fidèles à leurs convictions », a-t-elle déclaré, ajoutant que beaucoup de ses employés étaient homosexuels et que Mme Sanders défendait la volonté de Donald Trump d’interdire aux recrues transgenres l’accès aux forces armées. Elle s’est dite choquée aussi par sa défense de la séparation de force des parents sans papiers et de leurs enfants.
« Je lui ai dit : “Je voudrais vous demander de partir”. J’ai expliqué que l’établissement avait des valeurs que j’entendais défendre telles que l’honnêteté, la compassion et l’entraide », a ajouté Mme Wilkinson.
Le visage de Sarah Sanders est connu car son briefing est retransmis par les chaînes d’information américaines. Son homologue au département d’Etat, Heather Nauert, lui a rendu hommage. « Sarah, tu es impressionnante. Je suis tellement désolée que tu aies été traitée de la sorte », a écrit la porte-parole de la diplomatie américaine.

Sarah, you’re a class act. I’m so sorry you were treated this way. https://t.co/6T5Lm5oMVW— HeatherNauert (@heather nauert)


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La ministre américaine de la sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, a de son côté été prise à partie par des manifestants mardi alors qu’elle dînait dans un restaurant mexicain de Washington.
Ces militants lui reprochaient de défendre la politique migratoire très controversée du président Trump, ayant conduit à la séparation de leurs parents de plus de 2 000 enfants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Les chorégraphies de masse sont un classique dans les représentations nord-coréennes. En les photographiant, les journalistes occidentaux qui couvrent le pays ne servent-ils pas sa propagande ?
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Corée du Nord : quand les masses paradent pour Kim

Les chorégraphies de masse sont un classique dans les représentations nord-coréennes. En les photographiant, les journalistes occidentaux qui couvrent le pays ne servent-ils pas sa propagande ?



Le Monde
 |    24.06.2018 à 07h01
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Au premier regard, on pense à un motif de papier peint ou à des pixels agrandis, à une image reproduite par un procédé mécanique. Et puis on s’aperçoit qu’il s’agit de centaines d’êtres humains concentrés sur un espace réduit, bras levés, vêtus pareillement, composant un dessin géométrique dont les lignes bien ordonnées se perpétuent hors du cadre. On comprend qu’il s’agit d’une chorégraphie de masse, destinée à composer une vaste image aux effets cinétiques, visible de loin – depuis des gradins.
Cette photo a été prise par Ed Jones, de l’AFP, en Corée du Nord, le 10 juin, soit deux jours avant que Kim Jong-un et ­Donald Trump signent à Singapour un accord dit « historique ». Que se passait-il ce jour-là, loin des journaux télévisés du monde entier, sous l’arc de triomphe de Pyongyang ? Une répétition pour les Jeux de masse d’Arirang. Cet énorme spectacle à la gloire du régime, avec abondance de tableaux vivants, se déroulera d’août à octobre dans le stade du ­Premier-Mai aux 150 000 places.
« Un concentré du pouvoir étatique »
Ces shows colossaux, basés sur des exercices de gymnastique collective inspirés par les défilés militaires, où la prouesse individuelle est abolie au profit de l’expression collective, sont devenus une des spécialités de la Corée du Nord, après l’avoir été de la plupart des pays communistes et de plusieurs mouvements patriotiques européens de la fin du XIXe siècle – les sociétés de gymnastes pangermanistes des années ­1810-1820, le Turnverein, le mouvement Sokol tchèque, fondé en 1862 pour exalter le sentiment national slave.
Ed Jones, le photographe de l’AFP, reconnaît qu’il s’agit là d’un véritable « cliché » du pays : « Demandez à n’importe qui d’imaginer à quoi ressemble la Corée du Nord. L’image qui vient spontanément à l’esprit est celle d’une parade, avec des milliers de visages et de jambes se mouvant comme un seul homme. » Dans le numéro 10 d’octobre 1966 de la revue Internationale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Ceux du président des Etats-Unis sont formidables lorsqu’ils le concernent, effrayants lorsqu’il le faut, ou truqués lorsqu’il s’agit des chiffres des autres.
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Président Trump, an II : les chiffres imaginaires

Ceux du président des Etats-Unis sont formidables lorsqu’ils le concernent, effrayants lorsqu’il le faut, ou truqués lorsqu’il s’agit des chiffres des autres.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 06h45
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Vendredi 22 juin, Donald Trump a reçu à la Maison Blanche les parents de treize victimes de sans-papiers, tuées dans des accidents de la route ou dans des agressions parfois particulièrement atroces. Il avait déjà donné la parole à ces familles pendant la campagne présidentielle pour étayer son procès de l’immigration, qui ne visait alors que l’illégale.
Leur douleur infinie visait vendredi à contrer l’émoi soulevé par les séparations des familles sans-papiers arrêtées après avoir franchi la frontière et auxquelles le président des Etats-Unis avait dû renoncer deux jours plus tôt. Ces parents étaient venus avec de grandes photos. Celles de visages souvent très jeunes, offerts aux caméras, qui portaient tous inexplicablement cette signature que Donald Trump brandit dès qu’il en a l’occasion.
Puis le locataire de la Maison Blanche a asséné un chiffre. Celui des morts dont seraient responsables les sans-papiers aux Etats-Unis. Il l’a répété trois fois, pour lui donner plus de force, tout en précisant qu’il s’agissait d’une estimation basse, « parce que des choses ne sont pas comptabilisées ». Ce chiffre, pourtant, est énorme. « Soixante-trois mille Américains ont été tués par des étrangers illégaux depuis le 11-Septembre », a assuré Donald Trump. Un carnage.
Estimation au doigt mouillé
Un journaliste du Washington Post, Philip Bump, s’est lancé dans une sorte de fouille archéologique pour en retrouver l’origine. Il a identifié une première occurrence le 20 mars, au cours d’une réunion à la Maison Blanche consacrée au même sujet. Le chiffre avait été avancé par la mère d’une victime, Maryann Mendoza, présente à nouveau vendredi. Le président, alors, avait paru incrédule. « Est-ce que c’est un chiffre connu ? Est-ce qu’il est admis ? », avait-il demandé.
En creusant plus encore, Philip Bump a retrouvé le mode de calcul présenté il y a trois mois par Mme Mendoza dans une note publiée en 2006...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ 17 % des mineurs vivant dans des structures du gouvernement le sont dans le cadre de la politique de « tolérance zéro », les 83 % autres sont arrivés seuls aux Etats-Unis.
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Aux Etats-Unis, 522 enfants réunis avec leurs parents sans-papiers

17 % des mineurs vivant dans des structures du gouvernement le sont dans le cadre de la politique de « tolérance zéro », les 83 % autres sont arrivés seuls aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 05h50
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h09
   





                        



   


Le département de la sécurité intérieure américaine (DHS) a annoncé, samedi 23 juin, que 522 enfants qui avaient été séparés de leurs parents dans le cadre de la politique de « tolérance zéro » à l’égard des migrants clandestins avaient retrouvé leurs familles. Donald Trump a signé mercredi un décret mettant fin à la politique de séparation des enfants dont les parents sont des migrants clandestins arrêtés à la frontière sud des Etats-Unis.
Les images de ces enfants détenus dans des cages ont provoqué une vague d’indignation parmi les démocrates et les organisations humanitaires et ont placé certains élus républicains dans une position inconfortable à l’égard de la politique migratoire de Trump.
83 % des mineurs arrivés seuls
Le DHS précise que le service fédéral de la santé publique (HHS) héberge 2 053 enfants dans des structures et qu’ils « travaillent avec les agences partenaires concernées pour améliorer la communication et œuvrer à réunir tous les mineurs et tous les parents via des procédures de réunion établies ».
Actuellement, 17 % des mineurs vivant dans des structures financées par le HHS le sont dans le cadre la politique de « tolérance zéro », les 83 % autres sont arrivés seuls aux Etats-Unis. Le DHS précise que 16 autres enfants vont retrouver leurs parents dans les prochaines vingt-quatre heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le bilan de la vague de contestation lancée le 18 avril dépasse désormais les 200 morts.
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Nicaragua : nouvelles attaques des forces de l’ordre

Le bilan de la vague de contestation lancée le 18 avril dépasse désormais les 200 morts.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 03h51
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 08h21
   





                        



   


Au moins huit personnes, dont un enfant de 15 mois, ont été tuées samedi 23 juin dans des opérations des forces de l’ordre et des groupes paramilitaires à Managua, marquant un regain de la répression contre les opposants au président nicaraguayen Daniel Ortega. Le dernier bilan de huit morts, dont sept à Managua et un dans la ville rebelle de Masaya, au sud de la capitale, a été communiqué par le Centre nicaraguayen des droits de l’Homme (CENIDH).
Le bilan de la vague de contestation lancée le 18 avril pour exiger le départ du président Daniel Ortega et de sa femme Rosario Murillo, vice-présidente, dépasse désormais les 200 morts.

        Lire aussi :
         

                Des enquêteurs internationaux vont pouvoir se rendre au Nicaragua



Dans la nuit de vendredi à samedi, et huit heures durant, les forces de l’ordre et groupes paramilitaires ont lancé une attaque contre des étudiants retranchés dans les locaux de l’Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), au sud-ouest de Managua, ainsi que dans six quartiers de l’est de la capitale, selon le témoignage d’étudiants, confirmé par des défenseurs des droits de l’Homme.
« Ils nous attaquent depuis une heure du matin. (…) Il y a aussi des francs-tireurs, nous sommes sur les barricades », a témoigné un jeune, le visage masqué par un foulard, dans une transmission en direct sur Facebook, où on le voit dans une tranchée avec d’autres jeunes tandis que l’on entend des tirs. « Ils tirent pour tuer. Ils sont en train de massacrer le peuple, les jeunes. Nous sommes assiégés. C’est une guerre inégale », a-t-il ajouté.
« Nous ne nous rendrons pas »
Un autre jeune évoque le survol du campus universitaire par « quatre drones ». Pendant ces témoignages en direct sur les réseaux sociaux, des tirs se faisaient entendre. « Nous ne nous rendrons pas », criaient des jeunes.
Le CENIDH a précisé que deux des morts l’ont été dans la zone de l’université UNAN. Quinze étudiants ont été blessés. Plusieurs autres décès, y compris l’enfant mortellement touché par une balle perdue, ont été recensés dans d’autres quartiers, selon la même source. « C’était une balle de la police, je les ai vus », a déclaré la mère de l’enfant, Kenia Navarrete, à la chaîne 100 % Noticias. Dans un communiqué, la police a imputé la responsabilité de ce décès aux « délinquants » qui occupent les quartiers.
La Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), qui a œuvré depuis le début de la crise pour maintenir un dialogue entre le gouvernement et ses opposants, a envoyé une délégation de quatre prêtres sur place pour évaluer la situation. « Au nom de Dieu, nous demandons que cessent ces attaques, que cesse cette vague de violence, que cessent les morts », a déclaré le père Raùl Zamora depuis l’université.
Demande d’élections anticipées
Une coalition de groupes d’opposition de la société civile, l’Alliance civique pour la Justice et la Démocratie, a annoncé suspendre une « marche des fleurs » en mémoire des victimes de la répression, programmée dans l’après-midi de samedi dans la capitale. Ce groupe a toutefois appelé « tous les secteurs de la société à observer une grève de 48 heures » dans les jours à venir. Une grève générale avait déjà paralysé le Nicaragua le 14 juin.
Avant le déclenchement de l’attaque de samedi, la CEN avait invité le gouvernement et l’Alliance civique à renouer le dialogue – déjà suspendu à trois reprises – pour discuter de la proposition d’organiser des élections anticipées.
L’Eglise appelle le président Ortega à organiser des élections générales anticipées en mars 2019, au lieu de fin 2021. L’ex-guérillero de 72 ans, au pouvoir depuis 2007 après l’avoir déjà été de 1979 à 1990, reste muet sur ce point.
« L’action répressive de l’Etat a fait au moins 212 morts au 19 juin et 1 337 blessés », avait indiqué vendredi la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), ajoutant que plus de 500 personnes avaient été détenues au 6 juin.
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            data-slide-description="Un homme passe devant des pneus brûlés lors d’une manifestation contre le président Daniel Ortega, à Sebaco, le 11 juin."
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            data-slide-description="Lors d’une manifestation contre le président du Nicaragua, Daniel Ortega, dans la capitale, Managua, le 10 juin."
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            data-slide-description="Une manifestante monte une barricade à Managua, le 8 juin."
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            data-slide-description="Un manifestant remplit une cartouche artisanale avec de la poudre, à Masaya, près de Managua, le 8 juin."
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            data-slide-description="Un manifestant tire avec un mortier artisanal vers la police près de Managua, le 9 juin."
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            data-slide-description="Lors d’une manifestation contre le président Daniel Ortega à Managua, le 10 juin."
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            data-slide-description="Barricade improvisée à Masaya, près de Managua, le 5 juin."
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            data-slide-description="Un enfant joue sur son portable à « Patria Libre », un jeu où s’opposent le président nicaraguayen, Daniel Ortega et le vice-président, Rosario Murillo, à Managua, le 10 juin."
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            data-slide-description="Cocktails Molotov lors d’une manifestation à Masaya, près de Managua, le 9 juin."
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            data-slide-description="Des proches de la famille d’un étudiant de 19 ans, Chester Chavarria,  tué par  les forces nicaraguayennes lors d’une manifestation, lors de ses funérailles, à Managua, le 9 juin."
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            data-slide-description="Lors des funérailles de Chester Chavarria, un étudiant de 19 ans tué lors des manifestations contre Daniel Ortega. Au cimetière de Managua, le 9 juin."
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            data-slide-description="Un homme tire en l’air avec son mortier artisanal lors des funérailles, au cimetière de Managua, de Chester Chavarria, un étudiant tué lors des manifestations contre le gouvernement."
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            data-slide-description="En marge d’une manifestation contre le gouvernement du président Daniel Ortega, à Masaya, le 9 juin."
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Un homme passe devant des pneus brûlés lors d’une manifestation contre le président Daniel Ortega, à Sebaco, le 11 juin.

OSWALDO RIVAS / REUTERS
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Il s’agit des premières frappes menées par Moscou dans cette région insurgée depuis la trêve instaurée en juillet 2017.
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L’aviation russe bombarde des zones rebelles du sud de la Syrie

Il s’agit des premières frappes menées par Moscou dans cette région insurgée depuis la trêve instaurée en juillet 2017.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 01h19
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 14h04
   





                        



   


La Russie a bombardé tard samedi 23 juin des zones contrôlées par les rebelles dans le sud de la Syrie, pour la première fois depuis qu’elle a accepté une trêve dans cette partie du pays en 2017, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Selon l’OSDH, Moscou a lancé près de vingt-cinq frappes sur des localités insurgées dans l’est de la province de Deraa. Aucun bilan n’a été fourni.
Les avions utilisés lors de ces raids provenaient de Hmeimim, une base permanente de l’armée russe située dans le nord-ouest de la Syrie. « Les frappes russes ont débuté vers 22 h 30 et se sont arrêtées après minuit », a déclaré Ibrahim Mohammad, un chroniqueur indépendant de la ville de Basr Al-Harir, au nord-est de Deraa.
Il a raconté qu’en entendant les avions, les habitants de la ville et lui-même se sont réfugiés dans les sous-sols et les abris anti-bombardements ; il a aussi évoqué le bruit sourd et constant lors de ce bombardement qui a duré près de deux heures.

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Les Etats-Unis ont prévenu les insurgés syriens qu’ils n’interviendraient pas pour les aider en cas d’offensive du régime de Damas dans le sud de la Syrie, a affirmé dimanche un commandant rebelle, alors que l’aviation de Bachar Al-Assad bombarde depuis mardi les deux provinces.
Zone de désescalade
La Russie, les Etats-Unis et la Jordanie avaient accepté en juillet 2017 de respecter une zone de désescalade dans les parties contrôlées par les rebelles dans le sud afin d’y réduire les hostilités. Depuis lors, les avions russes – qui opèrent en Syrie depuis 2015 – avaient évité de bombarder des positions rebelles dans le Sud.
Ces raids interviennent alors que, depuis mardi, les troupes de Bachar Al-Assad bombardent les zones contrôlées par les rebelles dans l’est de Deraa. Le pilonnage et les combats se concentrent dans une zone à cheval entre cette province et la partie ouest de la province voisine de Souweïda. Depuis mardi, au moins 19 civils ont été tués dans les zones insurgées, selon l’OSDH.
Le régime a perdu huit de ses soldats, samedi, dans les affrontements avec les rebelles, portant à treize ses pertes depuis mardi, toujours selon l’OSDH. Plus de 12 000 Syriens ont fui la province de Deraa ces derniers jours. Selon les Nations unies, ces opérations du régime mettent en danger plus de 750 000 civils dans la région.

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Après avoir sécurisé la capitale Damas, l’armée syrienne se concentre sur le sud du pays, où les rebelles contrôlent toujours la majorité des provinces de Deraa et de Souweïda.

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Cette région stratégique est située non loin du plateau du Golan syrien, dont une large partie est occupée par Israël depuis 1967.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les demandeurs d’asile sont « mal traités » dans le projet de loi asile et immigration, estime le Défenseur des droits dans un entretien au « JDD ».
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Pour Jacques Toubon, il faut « accueillir d’abord, observer la situation ensuite »

Les demandeurs d’asile sont « mal traités » dans le projet de loi asile et immigration, estime le Défenseur des droits dans un entretien au « JDD ».



Le Monde
 |    24.06.2018 à 00h32
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 12h28
   





                        



   


Accueillir d’abord, étudier la « situation administrative ensuite ». Le Défenseur des droits a critiqué la réponse française à la crise du navire humanitaire de l’Aquarius. « La réponse qu’il fallait donner à l’errance des migrants d’Aquarius était une réponse humanitaire : accueillir ces personnes dans l’urgence », a insisté Jacques Toubon dans une interview au Journal du dimanche du 24 juin, alors qu’un mini-sommet européen consacré à la crise migratoire est prévu à Bruxelles dans la journée.
L’Aquarius, un navire humanitaire qui transportait 630 migrants, a terminé le 17 juin sa route à Valence, en Espagne, après une errance d’une semaine en Méditerranée provoquée par le refus de l’Italie et de Malte de lui ouvrir leurs ports.

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Paris critiqué
En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour déplorer que le gouvernement français n’ait pas proposé d’accueillir le bateau, passé près des côtes corses. Face aux critiques, Paris a fini par accepter une partie de ces migrants mais uniquement ceux « qui répondraient aux critères du droit d’asile » après examen de leur situation en Espagne.
« Le principe de non-refoulement prévu par la Convention de Genève impose à la France de donner à l’errance de ces personnes une réponse humanitaire et juridique : les accueillir d’abord, observer leur situation administrative ensuite », rappelle ainsi M. Toubon.

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Le Défenseur des droits a par ailleurs plus généralement déploré que « la peur » et l’idée « fausse » d’une « submersion » migratoire « guident les opinions et les choix politiques ».
« Respecter les droits fondamentaux »
Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, dont le projet de loi controversé sur l’immigration doit être adopté pendant l’été, a été critiqué pour avoir déclaré que certaines régions étaient « submergées par les flux de demandeurs d’asile ». « Il faut que la vérité et la raison reprennent le dessus sur les préjugés et les émotions pour que soient respectés scrupuleusement les droits fondamentaux », a exhorté M. Toubon.
Dans son interview, il appelle par ailleurs de ses vœux la « fin » du règlement « injuste et inefficace » de Dublin, qui confie principalement la charge du traitement des demandes d’asile aux pays de première entrée dans l’Union européenne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Pour le deuxième anniversaire du vote en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Londres pour réclamer un nouveau référendum sur l’accord final.
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A Londres, deux ans après le Brexit : « Je ne reconnais plus mon pays »

Pour le deuxième anniversaire du vote en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Londres pour réclamer un nouveau référendum sur l’accord final.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 19h33
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 11h36
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



Lors de la victoire du Brexit au référendum du 23 juin 2016, Nigel Farage avait déclaré que cette date marquerait désormais « le jour de l’indépendance ». Deux ans plus tard, en guise de célébration, l’ancien leader du UKIP, le parti europhobe, a obtenu une nuée de drapeaux européens au centre de Londres. Pour ce deuxième anniversaire du vote, seuls les anti-Brexit se faisaient entendre ce samedi. Plusieurs dizaines de milliers de personnes (100 000, d’après les organisateurs) sont descendues dans la rue.

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Leur principale revendication : l’organisation d’un deuxième référendum, cette fois-ci sur l’accord final qui sera négocié entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. « Le premier vote était bien trop vague, ne précisant pas quel genre de Brexit les Britanniques voulaient », estime Richard, interrogé sur place. « Les gens ont voté la première fois sur la base de mensonges », s’agace Stephen Lue. « Maintenant, tout le monde connaît la vérité du Brexit : Airbus a annoncé qu’il risquait de se retirer du pays, la livre sterling s’est effondrée, la question de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande n’est toujours pas réglée… » Il tient dans ses mains l’une des pancartes les plus applaudies du défilé : « Fuck Boris », en référence à Boris Johnson, l’un des leaders du camp du Brexit.

   


De fait, beaucoup des manifestants ne croient pas vraiment à un deuxième référendum. Descendre dans la rue est plutôt une façon de dire que le Brexit est, selon eux, une erreur monumentale et historique. « Je ne reconnais plus mon pays », s’inquiète Harry : « C’était un vote raciste, un vote contre l’immigration, qui envoie un message très triste ». Il arbore un slogan très simple, qu’il a peint à la main : « Let’s make Britain nice again » (« Refaisons de la Grande-Bretagne un pays sympa »). « Quand on va à l’étranger maintenant, on se sent obligé de préciser qu’on ne fait pas partie de ceux qui ont voté Brexit », renchérit Debby Kendall. Cette enseignante, qui dit avoir éclaté en sanglots à l’annonce du vote en faveur du Brexit, raconte s’être sentie « en deuil » pendant de longs mois. « Surtout, dites aux Français qu’on n’est pas tous des Brexiters », ajoute Frances.
Une opinion publique divisée
Beaucoup d’Européens étaient aussi dans la foule. Maia, une Néerlandaise, son mari écossais Murdo et leurs deux enfants ont pris un drapeau britannique et un européen pour faire entendre leur émotion. Pour Maia, son statut de résident est compliqué : s’étant arrêtée de travailler pendant trois ans pour élever ses enfants, elle n’a pas les cinq années successives d’activité qui lui donne le droit à la naturalisation britannique. Si elle ne craint pas l’expulsion – les Européens déjà présents au Royaume-Uni pourront rester – elle s’inquiète « d’un lent déclin de [ses] droits ».

   


Derrière l’émotion pourtant, ces dizaines de milliers de manifestants n’indiquent pas un profond changement d’opinion outre-Manche. Les sondages montrent que les Britanniques restent divisés en deux camps à peu près égaux, pour et contre le Brexit. Les neuf derniers sondages indiquent bien une avance de deux points pour les personnes en faveur de rester dans l’Union Européenne (52 % contre 48 %), mais cela reste dans la marge d’erreur. Selon John Curtice, spécialiste des sondages à l’université de Strathclyde, chacun campe sur ses positions : 90 % des Britanniques voteraient de la même façon qu’il y a deux ans.

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Les manifestants manquent également cruellement de leader. À Londres, samedi, seuls deux personnalités politiques étaient présentes : Vince Cable, le leader des libéraux démocrates (douze députés), et Caroline Lucas, coleader du parti Vert (dont elle est la seule députée). Dans la foule, un chant est revenu régulièrement, condamnant l’absence du leader du parti travailliste : « où est Jeremy Corbyn ? ».
Ce dernier, eurosceptique de longue date, joue à l’équilibriste depuis le référendum, critiquant la version trop dure du Brexit de la première ministre Theresa May, tout en rejetant les appels à un Brexit doux. Entre l’opinion publique qui n’a pas évolué et le paysage politique qui n’est pas favorable, les manifestants auront du mal à obtenir le deuxième référendum qu’ils revendiquent.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Avant la rencontre de dimanche, les dirigeants des seize pays participants ont réaffirmé des lignes parfois très contrastées.
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Migrants : cacophonie européenne avant le mini-sommet de crise à Bruxelles

Avant la rencontre de dimanche, les dirigeants des seize pays participants ont réaffirmé des lignes parfois très contrastées.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 14h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen - avec AFP)








                        


Les dirigeants de seize pays membres de l’Union européenne (UE) participent, dimanche 24 juin, à un mini-sommet, improvisé et « informel » à Bruxelles pour évoquer des « solutions européennes » à la question migratoire, avant le Conseil qui doit réunir les vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement, les 28 et 29 juin, à Bruxelles également.
Avant la rencontre, les participants ont réaffirmé des positions parfois très contrastées sur les réponses à apporter aux situations des milliers de réfugiés qui tentent de traverser la Méditerranée et les frontières de l’Europe.

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Paris pour des « centres fermés sur le sol européen »
A la veille du sommet, Emmanuel Macron a défendu une approche « collaborative » sur le sujet, qu’il oppose à celle des pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie). Le président français a tenu, samedi, une conférence de presse commune avec le nouveau chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, qu’il a reçu à l’Elysée.
M. Macron y a déclaré être en faveur de sanctions financières envers les pays de l’UE qui refuseraient d’accueillir des migrants, expliquant : « On ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l’UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s’agit de sujets migratoires. » « Il ne peut y avoir de réponse unilatérale » à la question migratoire, a insisté dimanche dans un entretien à El Pais M. Sanchez, qui avait ouvert un port espagnol pour mettre fin à l’odyssée de l’Aquarius. Il faut « une réponse européenne commune », a-t-il plaidé.

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La France et l’Espagne ont proposé la mise en place de « centres fermés sur le sol européen dès le débarquement » des migrants, et prôné une « solution différente et complémentaire » à une crise qui divise l’Europe. « Une fois débarqués sur le sol européen, nous sommes favorables à mettre en place des centres fermés conformément au HCR [l’Agence des Nations unies pour les réfugiés], avec des moyens européens qui permettent (…) une solidarité financière immédiate, une instruction rapide des dossiers, une solidarité européenne pour que chaque pays prenne de manière organisée les personnes qui ont droit à l’asile », a expliqué M. Macron.

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Sur le fond, la position française est de n’accorder ce droit d’asile qu’aux migrants justifiant d’une persécution et d’expulser les migrants économiques. La position de la France repose sur la protection des côtes par l’agence Frontex, qui serait renforcée à 10 000 hommes contre 1 500 actuellement, et la création d’un office européen pour centraliser les demandes d’asile, afin de pouvoir répartir en Europe les personnes ayant obtenu le statut de réfugiés.
« L’arrogant président français »
Ces propositions ont été très critiquées du côté de Rome, notamment par le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, qui s’en est pris à M. Macron. Le dirigeant de la Ligue (extrême droite) s’est étonné que cette situation ne soit pas considérée comme un problème pour « l’arrogant président français ».
« Nous l’invitons à arrêter les insultes et à démontrer sa générosité avec des faits en ouvrant les nombreux ports français et en arrêtant de refouler des femmes, des enfants et des hommes à Vintimille. Si l’arrogance française pense transformer l’Italie en camp de réfugiés pour toute l’Europe, peut-être en versant quelques euros de pourboire, elle se fourvoie complètement. »

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De leur côté, les pays du groupe de Visegrad ne pourront répondre directement au président français, dimanche à Bruxelles : ils ont exclu leur participation à la réunion, jugeant que ses résultats seront de toute manière « inacceptables ».

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L’Italie, de son côté, a hésité mais a finalement confirmé sa présence, sur insistance de la chancelière allemande, Angela Merkel. C’est, à l’évidence, pour soutenir celle-ci que la plupart des dirigeants participeront au rendez-vous dominical fixé par la Commission. Le premier ministre italien, Giuseppe Conte, a cependant indiqué que la conclusion serait un simple « résumé des sujets abordés » avant le sommet, qui sera probablement très houleux.
Mme Merkel n’a dit finalement pas autre chose que M. Conte : elle a exclu, vendredi, l’hypothèse d’une « solution européenne » qui serait dégagée dès dimanche. Elle a insisté plutôt sur « des accords bilatéraux, trilatéraux et multilatéraux » à conclure avec des pays comme l’Italie, la Grèce ou encore la Bulgarie. La CSU, l’aile droite de la coalition allemande, exige des solutions pour fin juin au plus tard et, à défaut, le ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, entend renvoyer les migrants arrivant en Allemagne dans les pays où ils ont été enregistrés en premier lieu.
La Commission abandonne son texte
Il se confirme, en tout cas, que les participants à la réunion de dimanche débattront de la solidarité entre les pays membres et de quotas de répartition obligatoires des demandeurs d’asile entre les pays membres. Hypothèse rejetée catégoriquement par le Hongrois Viktor Orban et ses alliés.
La Commission avait récemment élaboré un projet de texte de conclusions, en insistant sur un meilleur contrôle des frontières (avec la mise en place d’une véritable police) et une pression accentuée (avec des menaces de sanctions) sur les pays africains pour qu’ils limitent les départs et acceptent rapidement des réadmissions. Bruxelles espère aussi forcer une définition des procédures communes d’asile – bloquées depuis des années – et instaurer une « solidarité » entre les Etats membres pour la répartition des demandeurs d’asile.
L’idée de créer des « plates-formes de débarquement » de migrants aux frontières extérieures de l’UE n’est pas évoquée explicitement dans le texte, pas plus que celle de centres pour déboutés du droit d’asile qui devraient être renvoyés dans des pays tiers. Le texte de la Commission évoque un soutien à l’organisation éventuelle « de capacités de protection et de réception hors de l’UE ». Et d’une réinstallation de ceux qui auraient droit à l’asile, « sur une base volontaire » des pays.
Ce texte a été longuement soupesé… mais il ne verra pas le jour. Les réticences du gouvernement italien ont fait que les travaux devraient se conclure par une simple déclaration du seul Jean-Claude Juncker, le président de la Commission.
Le débat de fond à Vingt-Huit se déroulera donc lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, à Bruxelles, les 28 et 29 juin. La question des « plates-formes », ou des « centres », à installer aux frontières extérieures promet d’être un sujet d’affrontement, avec notamment l’Autriche et le Danemark. Des capitales s’inquiètent de la légalité de cette solution. La conviction est désormais que les débats à venir concerneront aussi l’avenir de la zone sans passeport de Schengen, pilier de la construction européenne. Le rétablissement des frontières intérieures pourrait entraîner son effondrement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Maroc, Tunisie, Arabie Saoudite et Egypte... Les quatre équipes arabes de la Coupe du monde de football en sont d’ores et déjà éliminées, et ce après une série ininterrompue de défaites.
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Brexit : deux ans de reculades britanniques

Les deux années qui se sont écoulées depuis le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ont été une succession de reculades et de concessions de la part du gouvernement de Theresa May.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 19h45
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


De la trompette au pianissimo. En deux ans, c’est peu dire que le ton du gouvernement britannique sur le Brexit a été decrescendo. Tout comme les indicateurs économiques qui ont vu le Royaume-Uni passer du rang d’économie la plus florissante du G7 à celui de lanterne rouge.
« Dans les deux ans, nous pouvons négocier une zone de libre-échange considérablement plus vaste que l’Union européenne (UE) », promettait David Davis, nouveau ministre du Brexit trois semaines après la victoire du « non » à l’Europe au référendum du 23 juin 2016. À la même époque, Liam Fox, autre hard brexiter (partisan d’un Brexit dur) propulsé au ministère du commerce extérieur, assurait qu’un accord avec l’UE serait « l’un des plus faciles à conclure de toute l’histoire de l’humanité ». Les continentaux, assurait-il, sont prêts à toutes les concessions pour vendre aux Britanniques leurs voitures, leurs vins et leurs fromages. Un argument ressassé pendant la campagne du référendum.

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Deux ans plus tard, la « considérable » zone de libre-échange n’est même pas dans les limbes, car l’UE a interdit aux Britanniques de commencer à négocier avec des pays tiers tant qu’elle reste membre de l’Union. La politique protectionniste brutalement mise en œuvre par Donald Trump met à mal une promesse centrale des antieuropéens. Quant à l’Inde, autre terre promise selon les brexiters, elle ne lâchera rien sur le commerce sans de nouveaux quotas de visas pour ses ressortissants. Pas vraiment ce que souhaitaient les électeurs pro-Brexit, souvent hostiles à l’immigration.
Le « facile » accord commercial avec l’UE, lui, n’a commencé à être discuté qu’en mars 2018 et seules des grandes lignes devraient en être adoptées d’ici au 29 mars 2019, date théorique du Brexit, à condition que l’énorme obstacle de la frontière irlandaise, absolument non anticipé par Londres, soit surmonté d’ici là.
En réalité, les deux années qui se sont écoulées depuis le référendum et plus particulièrement les quinze mois écoulés depuis le déclenchement de la procédure de retrait par Theresa May le 29 mars 2017, ont été une suite de concessions accordées par le Royaume-Uni aux Vingt-Sept de l’UE qui ont fait vaciller, voire voler en éclats les « lignes rouges » posées à l’origine par la première ministre Theresa May : sortie du marché unique européen, rejet de la compétence des juridictions européennes et de la libre circulation des personnes. Retour sur les reculs du gouvernement britannique de ces deux dernières années.
La dette à l’Union européenne.
Les Vingt-Sept peuvent « toujours courir » pour que Londres solde sa dette, déclare le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, le 11 juillet 2017. Quatre mois plus tard, le Royaume-Uni accepte de payer entre 40 et 45 milliards de livres au titre de ses engagements de membre de l’Union.
Les « dividendes du Brexit »

   


Le bus de campagne des pro-Brexit promettait que la sortie de l’UE permettrait de récupérer 350 millions de livres par semaine, qui pourraient être consacrés au système public de santé (NHS). Theresa May agite toujours la promesse des « dividendes du Brexit », mais elle vient d’admettre qu’il faudrait augmenter les impôts pour renflouer le NHS. Selon l’organisme de contrôle des comptes publics, le Brexit fait perdre 300 millions de livres par semaine à l’Etat.

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La « période de transition »
« Nous n’avons pas besoin d’une période de transition et, si nous en acceptons une, ce sera pour mettre en œuvre le nouvel accord commercial conclu avant le 29 mars 2019 », assurait le ministre du Brexit David Davis en 2016 et 2017.
En réalité, Londres a bataillé pour obtenir une « période de transition » la plus longue possible pour éviter le « saut de la falaise » redouté par le patronat. Pendant cette période, limitée par Bruxelles au 31 décembre 2020, peu de chose changera – maintien du Royaume-Uni dans le marché intérieur européen –, si ce n’est que les Britanniques n’auront plus voix au chapitre. Ils devront, en revanche, respecter toutes les règles européennes, y compris les nouvelles. Cette période ne servira pas à « mettre en œuvre » un nouvel accord commercial, mais à commencer à le négocier, tant la tâche est complexe et peut durer des années.
La sortie du marché intérieur européen et de l’union douanière.
C’est le point central de la négociation. Promesse phare de Theresa May, elle a du plomb dans l’aile, car elle conduirait à rétablir des postes frontières entre les deux Irlande, ce qui menacerait la paix civile et étranglerait économiquement la République d’Irlande. Les promesses britanniques de contrôle automatisé des camions destinées à créer une « frontière invisible » relevant selon l’UE de la « pensée magique », Theresa May propose de maintenir l’ensemble du Royaume-Uni dans l’union douanière jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour la frontière irlandaise.

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Une perspective refusée par l’UE qui accepte d’inclure seulement l’Irlande du Nord dans l’union douanière. Solution inacceptable pour les unionistes extrémistes, dont Mme May a besoin pour conserver sa majorité à Westminster. Et qui ne réglerait pas entièrement la question de la frontière, car elle maintiendrait les différences de normes et de réglementation.
Dans le « livre blanc » annoncé par la première ministre pour début juillet, elle pourrait suggérer de maintenir l’ensemble du pays non pas seulement dans l’union douanière, mais dans le marché intérieur européen. Mais ce maintien concernerait seulement les marchandises (pour lesquelles les Vingt-Sept ont des échanges excédentaires avec le Royaume-Uni), mais pas les services (où les Britanniques bénéficient d’un excédent et pourraient alors s’affranchir des règles européennes). Mais rien ne dit que l’UE acceptera un pareil marché, au moins sans des concessions britanniques en matière de libre circulation et de financement.
Les accords de libre-échange. 
Les brexiters promettaient de booster l’économie britannique en concluant très vite après le Brexit des accords de libre-échange en solo non plus avec l’Europe mais avec le reste du monde, Amérique et Asie en particulier. En réalité, Londres ne pourra commencer de négocier de tels accords qu’après le début de la période de transition (30 mars 2019) et ne pourra les mettre en œuvre qu’à l’issue de celle-ci (1er janvier 2021).
Libre circulation des personnes

   


Theresa May avait promis que la libre circulation des ressortissants européens cesserait à compter du Brexit, le 30 mars 2019. Sous la pression de l’UE, elle a dû accepter que les Européens arrivés au Royaume-Uni avant la fin de la période de transition (31 décembre 2020) bénéficient d’un droit au séjour de principe et de formalités simplifiées. Ce qui rend furieux la presse tabloïd qui l’accuse d’ouvrir les vannes de l’immigration (européenne).
Les juridictions de l’UE
Leurs décisions ne devaient plus s’appliquer au Royaume-Uni, avait promis Mme May, conformément au slogan « Reprenons le contrôle » des partisans du Brexit. En réalité, ces décisions continueront à s’appliquer pendant la période de transition et leur jurisprudence probablement après.
Alors que les Britanniques réclament une solution de libre-échange avec les Vingt-Sept, la question de l’institution compétente pour régler les contentieux commerciaux reste en suspens.
La menace de claquer la porte
« Pour la Grande-Bretagne, il vaut mieux pas d’accord qu’un mauvais accord », avait menacé Theresa May dans son discours de Lancaster House en janvier 2017. La révélation des conséquences de ce scénario catastrophe – pénurie alimentaire et de carburant, blocage du port de Douvres – a conduit la première ministre à cesser d’agiter cette menace. De même, elle a abandonné le chantage à l’insécurité (fin de l’échange de renseignement policier) qu’elle avait brandi au début des négociations.
Aujourd’hui, Theresa May semble faire contre mauvaise fortune bon cœur. Sur un air excessivement enjoué, elle exprime son enthousiasme dans une récente vidéo où elle se flatte de « mettre en œuvre le Brexit pour lequel le peuple a voté et qui offre aux Britanniques un meilleur avenir ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Cedella Roman a été arrêtée par deux agents américains, chargés de la surveillance de la frontière, ils l’accusent d’être entrée illégalement aux Etats-Unis.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Quinze jours en centre de rétention pour une Française qui avait franchi la frontière entre le Canada et les Etats-Unis

Cedella Roman a été arrêtée par deux agents américains, chargés de la surveillance de la frontière, ils l’accusent d’être entrée illégalement aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 15h57
   





                        



   


Pour avoir accidentellement franchi la frontière entre le Canada et les Etats-Unis en faisant son jogging, Cedella Roman, jeune Française de 19 ans, a été détenue pendant quinze jours dans un centre américain pour migrants.
En pleine controverse sur la politique migratoire de l’administration Trump, la jeune femme raconte avoir eu « la peur de [s]a vie ». « Quand j’y repense, je me dis : “tout ça pour ça”. C’est un peu incroyable », raconte la jeune femme qui peine encore à mettre des mots sur sa mésaventure, révélée par la chaîne canadienne CBC.
Originaire de Briançon dans les Hautes-Alpes, après l’obtention de son baccalauréat, Cedella Roman décide d’aller « apprendre l’anglais » au Canada, à White Rock (Colombie-Britannique), où vit sa mère.
Le 21 mai, tout bascule. « C’était un jour férié et comme ma mère ne travaillait pas, nous sommes partis à la plage avec ma petite sœur pour profiter du soleil », se souvient-elle. En fin de journée, la jeune femme décide de faire un jogging. « Rapidement, j’arrive vers la fin de la plage et je m’aperçois que la marée commence à monter », dit-elle, jointe par téléphone.
Elle rebrousse alors chemin quand elle aperçoit un sentier qu’elle emprunte pour photographier le paysage avant de repartir. C’est alors que deux agents américains chargés de la surveillance de la frontière l’accusent d’être entrée illégalement aux Etats-Unis.
Prise au dépourvu, sans papiers d’identité, elle explique qu’elle est française, qu’elle dispose d’un visa au Canada et qu’elle a franchi la frontière « sans [s’en] rendre compte ». Les deux agents tentent, selon ses dires de la rassurer, mais l’informent, au bout d’une vingtaine de minutes, qu’ils ne peuvent pas la laisser repartir.
Elle raconte avoir été emmenée « dans un bâtiment » où des agents prennent ses empreintes digitales et lui retirent ses effets personnels : « C’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir très peur. J’avais l’impression d’être une grande criminelle », dit-elle.
Les officiers la laisseront téléphoner à sa mère qui croit d’abord à une mauvaise plaisanterie : « C’est lorsque je lui ai passé un des officiers qu’elle a tout de suite compris et qu’elle s’est mis à paniquer », explique-t-elle.
Elle arrive dans un centre de rétention de Tacoma (Etat de Washington, à 200 kilomètres de là) entre une heure et deux heures du matin, le 22 mai. Sur place, c’est le choc : « Je me retrouve en prison. Nous sommes enfermés en permanence et, dans la cour, il y a des barbelés et des chiens. »
Solidarité entre migrants
Pendant quinze jours, la jeune fille vit dans une grande pièce qui abrite 60 lits superposés et une centaine de migrants. « On essayait de s’entraider, il y avait une bonne ambiance. Et voir des gens venus d’Afrique et d’ailleurs enfermés pour avoir essayé de passer la frontière, ça m’a fait relativiser mon expérience », dédramatise-t-elle. Sa mère arrive sur place deux jours plus tard avec le passeport et le visa de sa fille.
Pour autant, Cedella n’est pas relâchée immédiatement en raison d’un imbroglio administratif. Selon elle, « les Etats-Unis ont cherché à joindre le Canada pour avoir le plus d’informations sur moi. Mais comme je n’étais pas ressortissante canadienne, ça a pris du temps. »
Elle est finalement libérée le 6 juin et retourne au Canada avant de rentrer en France une semaine plus tard. La jeune femme ne fait pas l’objet de poursuites judiciaires mais est interdite de séjour aux Etats-Unis.
Interrogés par la chaîne CBC, les services américains de l’immigration ont confirmé sa libération. « Un porte-parole des services frontaliers américains (…) a souligné que franchir la frontière américaine à un endroit autre qu’un poste de douane est illégal. Le règlement s’applique, même si la personne prétend avoir franchi la frontière accidentellement », ajoute la chaîne.
Contactée par les médias locaux, l’Agence des services frontaliers du Canada a refusé de s’exprimer sur le cas de la jeune Française « en raison de la protection des renseignements personnels ».
CBC précise qu’« en 2017, 288 personnes ont été arrêtées alors qu’elles franchissaient illégalement la frontière menant à la région de Blaine, dans l’Etat de Washington. Il n’existe pas de statistiques sur le nombre de passages accidentels. »
Avec le recul, Cedella juge la réaction des autorités américaines démesurée. « Je comprends qu’ils veuillent faire respecter la loi, mais je n’ai rien fait. Il s’agissait d’une erreur. » « Cette expérience a changé mon regard sur les migrants, dit-elle. Le fait d’avoir vécu avec eux pendant ces quinze jours fait que je me sens plus proche de leur situation. »



                            


                        

                        

