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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Spécialistes reconnus de l’œuvre de la philosophe, Robert Chenavier, Olivier Mongin et Jean-Louis Schlegel s’insurgent dans une tribune au « Monde » contre la récupération de l’auteur de « L’Enracinement » par la droite conservatrice et les intellectuels antimodernes.
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« Lisons donc Simone Weil sans la récupérer par de médiocres instrumentalisations ! »

Spécialistes reconnus de l’œuvre de la philosophe, Robert Chenavier, Olivier Mongin et Jean-Louis Schlegel s’insurgent dans une tribune au « Monde » contre la récupération de l’auteur de « L’Enracinement » par la droite conservatrice et les intellectuels antimodernes.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h26
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La philosophe Simone Weil (1909-1943) serait-elle en passe de devenir la nouvelle muse des politiques conservatrices ? Au service de cette cause est souvent et presque seul cité d’elle, dans les livres et revues qui revendiquent le nouveau conservatisme, son livre posthume publié par Albert Camus en 1949, L’Enracinement (Yann Raison du Cleuziou, « Le renouveau conservateur en France », Esprit, octobre 2017).
Selon Le Monde du 16 février, M. Wauquiez, entre autres, cite volontiers dans ses interventions, outre Marcel Gauchet et Régis Debray, ce livre et son auteure. Dans Le Monde du 5 décembre 2017, Bérénice Levet faisait même de Laurent Wauquiez le « candidat de l’enracinement » ! Dans cette ligne, il emprunterait à la philosophe décédée en 1943 deux de ses thèmes préférés : le patriotisme et l’« identité française ». Cette interprétation est, selon nous, tout à fait abusive.
Quasi blasphématoire
Certes, on ne désavouera pas Levet quand elle résume la position de la philosophe en écrivant que l’« enracinement est inscription […] dans une histoire, dans des histoires même », dans des « communautés d’appartenance qui se conjuguent au pluriel » et sont « dépositaires de récits, de traditions, de significations ».
En coupant les racines, le déracinement provoque en effet la perte des « milieux naturels » – qui sont des milieux de vie pour l’homme et pas seulement des « environnements ». Pour Simone Weil, constituent de tels « milieux naturels » « la patrie, les milieux définis par la langue, par la culture, par un passé historique commun, la profession, la localité… » (Œuvres complètes, Gallimard, t. V, vol. 2, p. 104).

Sauf que L’Enracinement, livre complexe, est aussi une longue dénonciation du fait que la France précisément a, au cours de son histoire, enlevé leur sens aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Analyse. George Orwell, Albert Camus, Simone Weil... Pour « gagner la bataille des idées », les conservateurs n’hésitent plus à piocher chez les penseurs progessistes, détaille Nicolas Truong, journaliste au « Monde ».
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Comment la droite récupère les intellectuels de gauche

Analyse. George Orwell, Albert Camus, Simone Weil... Pour « gagner la bataille des idées », les conservateurs n’hésitent plus à piocher chez les penseurs progessistes, détaille Nicolas Truong, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h21
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Analyse. L’actuelle recomposition du paysage politique repose sur une ample reconfiguration idéologique. Et c’est l’une des raisons du grand concert de citations actuel. Ainsi voit-on Laurent Wauquiez évoquer, de discours en tribunes, Albert Camus, George Orwell et Simone Weil.
Cette captation des intellectuels de gauche par la droite n’est pas nouvelle. Dès 2007, Nicolas Sarkozy avait ouvert la grande opération de récupération en se présentant comme « l’héritier de Jaurès ». Antonio Gramsci (1891-1937), marxiste et cofondateur du Parti communiste italien, réduit à son combat pour « l’hégémonie culturelle », est, depuis lors, devenu l’une de ses références favorites : « Au fond, j’ai fait mienne l’analyse de Gramsci : le pouvoir se gagne par les idées. C’est la première fois qu’un homme de droite assume cette bataille-là. » Serait-elle en passe d’être gagnée ?
Force est de constater que le tournant identitaire de la droite française s’adosse à une méthodique récupération des grandes figures intellectuelles de la gauche que sont notamment George Orwell, Albert Camus ou Simone Weil. Pour que la captation s’opère, il faut qu’il y ait des passages littéraires à convertir en slogans conservateurs. Intellectuels iconoclastes affranchis des orthodoxies, les auteurs de La Ferme des animaux, de L’Etranger ou de L’Enracinement s’y prêtent à merveille.
C’est pourquoi une phrase de Camus, extraite de son discours du 10 décembre 1957 à Stockholm, est devenue la maxime du nouveau conservatisme : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. » Conclusion : ne cherchons plus à transformer le monde, mais attachons-nous à le préserver. Instrumentalisation : réfugions-nous derrière des barrières et des frontières.
C’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Pour obtenir l’adhésion des Français, le gouvernement doit se fixer un calendrier précis et organiser un dialogue approfondi, rappelle l’économiste Xavier Chojnicki
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                   
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Retraites : « Une réforme ambitieuse sur un terrain miné »

Pour obtenir l’adhésion des Français, le gouvernement doit se fixer un calendrier précis et organiser un dialogue approfondi, rappelle l’économiste Xavier Chojnicki



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h51
    |

Xavier Chojnicki (Economiste)







                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Xavier Chojnicki, analysent la situation.]
Tribune. Avec le lancement de la consultation citoyenne sur la réforme des retraites, le 31 mai, le temps est à présent venu de transformer une belle promesse de campagne électorale – un euro cotisé doit donner les mêmes droits à tous – en une réforme ambitieuse du système de retraite français. Mais que nous promet-on au final ?
L’objectif est clair : il faut rendre plus lisible un système actuellement jugé comme étant très complexe, caractérisé par la coexistence d’une multitude de régimes aux règles de calcul différentes, source dans l’esprit de beaucoup de Français d’un soupçon d’iniquité (pourtant relativement peu fondé), voire même pour les plus jeunes générations d’une perte de confiance dans la capacité du système actuel de leur offrir un jour une retraite décente. Le tout en garantissant de ne toucher ni à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions.
Un beau chantier en perspective. Surtout quand on se remémore les remous qu’ont pu provoquer certaines des précédentes réformes.
En effet, cette réforme est loin d’être la première, mais l’objectif a ici clairement changé. Depuis 1993, plusieurs réformes d’importance variable se sont succédé, venant modifier quelques paramètres clés du système : durée de cotisation, calcul du salaire de référence, indexation des pensions, conditions d’âge sur le départ à la retraite. La finalité était globalement toujours la même : assurer la solvabilité des différents régimes de retraite à long terme.
Harmoniser les règles
Bien que ce problème de solvabilité ne soit pas encore totalement réglé – si l’on en croit les exercices de projection réalisés par le Conseil d’orientation des retraites (COR) – ou tout du moins reste très dépendant de la croissance économique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Obsédé par son défi de « start-up nation », Emmanuel Macron poursuit comme unique objectif de faire baisser la part des retraites dans le PIB, estime l’économiste Jean-Marie Harribey
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                   
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Réforme des retraites : « La volonté cachée du gouvernement est d’éviter un débat sur la répartition des fruits du travail »

Obsédé par son défi de « start-up nation », Emmanuel Macron poursuit comme unique objectif de faire baisser la part des retraites dans le PIB, estime l’économiste Jean-Marie Harribey



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h09
   





                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Jean-Marie Harribey, analysent la situation.]
Par Jean-Marie Harribey
Tribune. Le gouvernement s’apprête à réformer les retraites. Les réformes précédentes n’ont-elles pas atteint leur objectif ? Le cumul des mesures (allongement continu de la durée de cotisation, report à 62 ans de l’âge de départ, calcul des pensions sur la base des 25 meilleures années de salaire, indexation sur les prix et non plus sur les salaires…) a limité le déficit global des caisses de retraites au prix d’une baisse inexorable, à l’avenir, du niveau des pensions.
Le haut-commissaire chargé par le gouvernement de préparer la réforme, Jean-Paul Delevoye, vient d’adresser aux syndicats un document de travail qui montre qu’en croisant les deux critères que sont le niveau relatif des pensions par rapport aux salaires des actifs et la part de solidarité du système, la France est à la meilleure place de tous les pays de l’OCDE. Alors pourquoi cette réforme ?
La réponse est contenue dans les rapports du conseil d’orientation des retraites (COR) de 2017. Le système de retraite représente 14 % du produit intérieur brut annuel. Ce qui est jugé trop élevé. Il faut diminuer cette part au nom de la baisse des dépenses publiques et sociales. Comme les réformes paramétriques précédentes ne sont pas parvenues à réduire cette part, le stratagème consiste à ouvrir une réforme « structurelle ». C’est là que le cynisme confine avec l’absurdité.
Il s’agit de mettre à bas le système actuel de retraite
Puisque les pensions sont désindexées de l’évolution des salaires, plus la croissance économique est forte (et donc, normalement, plus les salaires augmentent), plus les pensions seront déconnectées et représenteront une part plus faible dans le produit intérieur brut (PIB). Ainsi, d’après le COR, si la croissance économique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ A l’occasion du lancement de la « consultation citoyenne », dans une tribune au « Monde », treize acteurs de la finance solidaire s’adressent au gouvernement pour que celle-ci ne soit pas la grande oubliée de la réforme à venir des retraites.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                   
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Réforme des retraites : « Pour une généralisation de l’épargne-retraite solidaire »

A l’occasion du lancement de la « consultation citoyenne », dans une tribune au « Monde », treize acteurs de la finance solidaire s’adressent au gouvernement pour que celle-ci ne soit pas la grande oubliée de la réforme à venir des retraites.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h52
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le gouvernement a décidé de procéder à une réforme majeure de l’épargne-retraite et d’harmoniser les produits souscrits par les particuliers comme par les entreprises, proposés par un assureur ou par un gestionnaire d’actifs. Si cette réforme tend à mieux protéger l’épargnant, elle ne peut faire l’impasse sur la solidarité, tant dans les régimes de base par répartition, qu’il faut préserver, que dans l’épargne retraite individuelle ou collective.
Il est d’autant plus essentiel d’introduire cette dimension dans la réforme que l’épargne retraite finance à long terme notre économie. Elle doit donc s’appuyer sur un projet de société et sur un projet de développement durable et solidaire.
Les produits d’épargne solidaire offrent aujourd’hui l’occasion de financer des entreprises et associations à forte utilité sociale, qui privilégient la recherche d’un impact social et environnemental positif pour la société à la seule rentabilité financière.

Ces dernières ont adopté des modèles économiques pérennes qui favorisent l’insertion des demandeurs d’emploi souhaitant créer leur activité grâce au microcrédit (ADIE), soutiennent la création d’emplois par les entrepreneurs sociaux (France active), luttent contre le mal-logement des sans-abri ou des plus fragiles (Habitat et Humanisme et Fondation Abbé Pierre), favorisent la transition écologique et énergétique citoyenne (Enercoop) ou le développement économique dans les pays du Sud (SIDI, Oikocredit).
Les pouvoirs publics doivent mieux encourager tous ces acteurs qui jouent un rôle bénéfique mais trop méconnu dans la cohésion sociale et territoriale de notre société et son orientation vers un développement soutenable.
Besoin d’un financement fléché
Les bénéficiaires d’épargne solidaire, qu’il s’agisse de très jeunes entreprises ou de projets matures en phase de changement d’échelle, ont besoin de ce surcroît d’épargne. Sans que ce soit l’intention du gouvernement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Ouverture à la capitalisation, départ à 63 ans et allongement de la durée de cotisation restent des pistes nécessaires pour sauver le système, estime Victor Poirier de l’Institut Montaigne.
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Réforme des retraites : « Pour ne pas sacrifier l’avenir, la transformation doit répondre à une logique d’objectifs et non de moyens »

Ouverture à la capitalisation, départ à 63 ans et allongement de la durée de cotisation restent des pistes nécessaires pour sauver le système, estime Victor Poirier de l’Institut Montaigne.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h06
   





                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Victor Poirier, analysent la situation.]
Par Victor Poirier
Tribune. Dans ce quinquennat, 2019 sera une année clé. A défaut du rapport CAP 2022, le projet de loi de finances, discuté dès cet automne, devra contenir des éléments substantiels de transformation, si la France veut respecter ses engagements budgétaires. 2019 est aussi l’année choisie par l’exécutif pour la réforme des retraites, qui s’annonce des plus délicates. Dans le programme du candidat Macron, ce chantier, majeur pour les finances publiques du pays, était pourtant très peu documenté.
Seule l’annonce choc de la fin des réformes paramétriques y figurait, au bénéfice d’une réforme systémique. Le tout est prévu en un an, là où les Suédois, souvent cités comme exemple, ont mené des négociations pendant près d’une décennie avant d’aboutir à leur réforme de 1998. A cet égard, la méthode retenue par l’exécutif, celle d’une concertation conduite par un haut-commissaire compétent et rassurant, envoie un signal encourageant.
Coûteux, inéquitable et insoutenable
Sur le fond, les enjeux sont connus. Ils peuvent être résumés en trois volets qui devront guider les décisions à venir. Notre modèle est aujourd’hui généreux et coûteux. En 2015, le niveau de vie médian des retraités est plus élevé que celui de l’ensemble de la population, tandis que 316 milliards d’euros de pensions de retraite ont été versés en 2017, soit 13,8 % du PIB… contre 10 % en moyenne dans l’Union européenne.
Il est aussi difficilement lisible et inéquitable. On compte aujourd’hui près d’une quarantaine de régimes de retraite. Les différences de traitement existantes – âge d’ouverture des droits, méthode de calcul des prestations – entraînent complexité et injustice, certains pouvant être favorisés selon qu’ils auraient effectué leur carrière dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Pour l’économiste Audrey Rain, le gouvernement, en faisant le choix d’une réforme en profondeur, pose les bonnes questions. Reste à apporter les bonnes réponses
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Réforme des retraites : « Le choix du temps long donne l’opportunité de réfléchir aux grandes questions »

Pour l’économiste Audrey Rain, le gouvernement, en faisant le choix d’une réforme en profondeur, pose les bonnes questions. Reste à apporter les bonnes réponses



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h07
   





                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Audrey Rain, analysent la situation.]
Par Audrey Rain
Tribune. La réforme annoncée qui vise à modifier en profondeur le système de retraite peut, de façon légitime, susciter des interrogations, mais ces inquiétudes pourraient être aisément levées. En effet, cette réforme constitue aussi une opportunité pour corriger les actuelles imperfections du système. D’un côté, elle pourrait permettre d’améliorer les dispositifs de solidarité existants et leur articulation avec les mécanismes contributifs. De l’autre, elle devrait assurer l’équilibre financier du système à long terme, ce qui n’implique en aucun cas une restriction de la gouvernance politique.
L’engagement selon lequel « chaque euro cotisé donne les mêmes droits » semble interprété par certains comme la perte des mécanismes de solidarité existants. Or, cette observation s’appuie sur un constat inexact : si le système actuel de retraite réduit les inégalités salariales observées au cours des carrières individuelles, c’est au moyen de dispositifs dits « non contributifs ». Ces mécanismes assurent les individus en cas d’accidents de carrière ou par des minima de pension.
En revanche, le cœur du système – la formule de calcul des pensions – est antiredistributif, comme l’a montré une étude de l’Insee. La règle des vingt-cinq meilleures années constitue un exemple pertinent. En conservant la dynamique actuelle de revalorisation des retraites, une étude montre que ce mécanisme permet aux individus dont les carrières sont les plus ascendantes de percevoir une meilleure pension par rapport à leur cotisation, et pénalise les salariés dont les fins de carrière sont plus difficiles. La réforme envisagée du système offre la possibilité de corriger de telles imperfections en permettant, par la suite, une meilleure...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                

Autolib’ : un fiasco aux responsabilités partagées

Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h12
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La liberté a un prix. Les partenaires d’Autolib’, le service d’autopartage électrique qui devait « libérer » les déplacements des Franciliens, viennent d’en faire l’amère expérience. L’exploitant, le groupe Bolloré, et l’un des principaux concédants, la Mairie de Paris, se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas prêts à assumer les 293,7 millions de pertes que le parc de petites voitures grises aurait générées d’ici à 2023. Alors que les deux parties se rejettent la responsabilité de ce fiasco, le Syndicat mixte Autolib’ Velib’ Metropole (SAVM) a décidé, jeudi 21 juin, de résilier le contrat qui les liait.

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                Autolib’ va s’arrêter, mais à une date encore inconnue



L’accord présenté en 2011 comme « gagnant-gagnant » s’est transformé sept ans plus tard en « perdant-perdant ». Pour Bolloré, Autolib’ devait constituer une vitrine mondiale pour sa technologie de batteries, qu’il essaye d’imposer face aux autres constructeurs de véhicules électriques. Pour la Mairie de Paris, il s’agissait de se doter d’un service de transport alternatif à la fois innovant et peu polluant, au moment où la voiture n’est plus en odeur de sainteté en milieu urbain.
Au mauvais moment
L’échec du projet, qui met à mal ces deux stratégies, arrive au plus mauvais moment pour les deux partenaires. Vincent Bolloré est en difficulté sur tous les fronts. Mis en examen pour les conditions d’attribution de concessions portuaires en Afrique, l’industriel breton vient de subir un revers dans la prise de contrôle de Telecom Italia, tandis que Canal+ se vide de ses abonnés.

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Quant à Anne Hidalgo, la maire de Paris, elle accumule les déboires avec ses différents prestataires. La gestion des PV, devenus des « forfaits post-stationnement », confiée aux sociétés privées Streeteo et Moovia, a connu une série de bugs. Surtout, le changement de prestataires de Vélib’, les vélos en libre-service, a tourné à l’accident industriel. Un peu plus d’un an après l’attribution du contrat à Smovengo, il est toujours impossible d’utiliser normalement le service, alors que son déploiement se heurte à des obstacles techniques et sociaux.
Tandis que Mme Hidalgo a tout fait pour décourager les Parisiens de posséder leur propre voiture, l’échec de ces solutions de transport individuel partagé est une mauvaise nouvelle, à moins de deux ans des élections municipales. Si son combat pour réduire la pollution urbaine va dans le bon sens, celui-ci ne pourra surmonter les réticences qu’en proposant des modes de déplacement alternatifs efficaces et abordables.

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Avec un contrat qui s’est révélé mal ficelé, avec une gouvernance et un contrôle de l’exploitation déficients, le modèle économique retenu pour Autolib’ a conduit à une impasse, dont les responsabilités sont largement partagées. Pourtant, à maintes reprises, des alertes ont été lancées sur le manque de rentabilité du projet. Des solutions avaient été proposées, comme le fait de réduire le service en banlieue, où le taux d’utilisation des véhicules n’était pas assez élevé, ou comme la possibilité d’emprunter à Paris les voies de bus et de taxi. En vain.
De son côté, Bolloré, focalisé sur l’aspect industriel du projet, n’a pas été suffisamment attentif à sa dimension de service public. Chacun a préféré faire l’autruche jusqu’au clash final. Celui-ci jette dans l’incertitude les 267 salariés de la société, qui risquent de se retrouver au chômage. Il frustre également les 150 000 clients qui avaient adopté le service et irrite les contribuables franciliens, qui s’interrogent sur le montant final des pertes qu’ils devront éponger. Bref, un beau gâchis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Pour le directeur général délégué d’Ipsos, le macronisme « ne peut être résumé à une addition de concepts de gauche et de droite »
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Brice Teinturier : « Pour Macron, l’émancipation est un combat »

Pour le directeur général délégué d’Ipsos, le macronisme « ne peut être résumé à une addition de concepts de gauche et de droite »



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h02
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

Brice Teinturier est directeur général délégué d’Ipsos. Auteur de Plus rien à faire, plus rien à foutre – La vraie crise de la démocratie (Robert Laffont, 2017), il décrypte le positionnement idéologique « profond et construit » du chef de l’Etat.

Le macronisme est-il moins une idéologie qu’une méthode ?
On ne peut pas le réduire à une simple méthode, qui relèverait du pragmatisme ou uniquement de la recherche de l’efficacité. Il y a dans la démarche d’Emmanuel Macron une idéologie, une philosophie politique beaucoup plus profonde et construite. Elle passe d’abord par une certaine conception du pouvoir. Pour le chef de l’Etat, dans la relation qui lie un individu à l’Histoire, le souverain a réellement la capacité de peser, d’infléchir le cours de l’Histoire. D’où la référence aux grands hommes, à ceux qui font l’Histoire davantage que l’Histoire ne les fait, même s’ils en sont en partie les produits. Tous les présidents ne pensent pas cela, ou pas à ce point.
La liberté constitue donc un pilier de son logiciel…
Oui, et cela vaut tout autant pour le souverain et la nation que pour un individu dans sa capacité à prendre en main son destin. Certes, des déterminismes existent et Emmanuel Macron ne les nie pas : les rapports de force économiques, les déterminismes sociaux, la reproduction sociale, le poids de l’histoire… Mais, en dernier ressort, il considère que la liberté existe ou plutôt, qu’elle est une possibilité.
C’est ce qu’il y a derrière l’idée d’émancipation. Et c’est pourquoi la mobilité et la responsabilité sont deux autres concepts essentiels dans ce qui me semble être son projet et sa philosophie politique. Il y a là un fond intrinsèquement – et peut-être exagérément – optimiste.
Cette conception libérale est traditionnellement associée à la droite…
L’idée que la liberté de l’individu peut au final l’emporter pourrait le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Marine Le Pen ne supporte toujours pas la critique et peine à fédérer, en interne comme en externe.
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Le Rassemblement national, nouveau Front mais vieilles méthodes

Marine Le Pen ne supporte toujours pas la critique et peine à fédérer, en interne comme en externe.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 10h59
    |

            Lucie Soullier








                        



                                


                            

Je suis parti au dernier jour de l’existence du Front national. »Après trente-huit ans d’adhésion au parti d’extrême droite, Bernard Monot a rendu sa carte le 31 mai. Soit à la veille de la mue du Front ­national (FN) en Rassemblement national (RN). Le député européen assume ses années« patriotes », comme il les nomme. Il n’est d’ailleurs en rien parti pour des raisons idéologiques, en témoigne son discours sur le« péril civilisationnel qui menace la France ». Le quinquagénaire, ancien cadre financier de la caisse des dépôts, acquiesce toujours au discours ­lepéniste sur « l’immigration et le terrorisme », mais critique la méthode mariniste, très loin du « rassemblement » prôné par le nouveau nom du parti.
Les tensions entre la patronne et son ancien conseiller éco­­no­mique s’étaient cristallisées autour du nouvel organigramme du parti, dévoilé au congrès ­frontiste de mars. Elu par les militants à la quinzième place du conseil national (le Parlement du parti d’extrême droite), Bernard Monot s’était vu écarté du bureau national par Marine Le Pen. De quoi acérerson réquisitoiresur la dernière campagne présidentielle : « J’ai fait venir mes réseaux personnels pour construire le ­programme présidentiel. On lui a livré un joli pavé, mais il y avait “trop à lire”. Vous bossez, et on tient compte de trois trucs d’un ­revers de main. »

« Spirale de la lose »
A l’époque, malgré son désaccord, il doit alors tenter de défendre sur les plateaux la sortie de l’euro, révisée par le parti depuis. A un an du scrutin européen, « l’exaspération »a pris le dessus, soupire Bernard Monot. Celle de voir « tous ceux qui glandouillent »et « le peu de travail sur le programme ». « La refondation, le changement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Paul Gobillot, directeur du collège privé de Saint-Ambroix (Gard), a prévenu la gendarmerie avant sa hiérarchie. Pour justifier sa décision, celle-ci avance des dysfonctionnements.
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Un directeur d’école catholique licencié  par le diocèse après avoir dénoncé un viol

Paul Gobillot, directeur du collège privé de Saint-Ambroix (Gard), a prévenu la gendarmerie avant sa hiérarchie. Pour justifier sa décision, celle-ci avance des dysfonctionnements.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 09h59
    |

            Yann Bouchez








                        



                                


                            
La forte mobilisation des parents d’élèves et des professeurs aura été vaine. Directeur depuis une trentaine d’années d’un collège catholique à Saint-Ambroix (Gard), Paul Gobillot a appris son licenciement, jeudi 21 juin. La sanction, décidée pour « faute grave » par l’Organisme de gestion de l’enseignement catholique (OGEC) de la petite ville, avec l’accord du diocèse, autorité de tutelle, risque de raviver l’indignation et l’incompréhension des soutiens de ce chef d’établissement. Depuis deux mois, ils dénoncent une « décision à l’emporte-pièce » et une procédure abusive. Contacté par Le Monde, l’avocat de M. Gobillot, Me Philip de Lumley Woodyear, a annoncé son intention de saisir le conseil des prud’hommes. Le professeur de SVT, âgé de 61 ans, avait été suspendu de ses fonctions de directeur, fin avril, après une affaire de viol entre élèves.
Lors d’un voyage scolaire à Malte, début mars, un garçon se fait agresser par un autre collégien. La scène, filmée, est mise en ligne sur les réseaux sociaux. Les adultes ne découvriront l’affaire que quelques semaines plus tard. Après en avoir pris connaissance, le directeur – non présent à Malte – accompagne les parents de la victime à la gendarmerie. La plainte remonte immédiatement au procureur de la République. Deux collégiens ont depuis été mis en examen. Mais le diocèse reproche au chef d’établissement de ne pas l’avoir averti en premier. Et, contrairement à la procédure indiquée, de ne pas avoir rempli de fiche déclarative à l’intention du rectorat. « Face à un jeune en souffrance, on agit, répond Paul Gobillot. Si un enfant se noie, faut-il appeler au secours au téléphone ou plonger ? Je plonge. Il y a les gens qui sont dans l’humain et puis il y a les voies administratives… »
Le diocèse avance de son côté de nombreux manquements administratifs pour justifier la décision controversée. « Les motifs de licenciement ne sont en aucune manière liés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le président du Conseil économique, social et environnemental explique dans un entretien au « Monde » la réforme portée par Emmanuel Macron.
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Patrick Bernasconi : « Le CESE est à l’aube d’un énorme changement »

Le président du Conseil économique, social et environnemental explique dans un entretien au « Monde » la réforme portée par Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h03
    |

            Michel Noblecourt








                        



   


Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) va se transformer en Chambre de la société civile, selon le vœu émis par Emmanuel Macron. Son président actuel, Patrick Bernasconi, explique les nouveaux rôles que l’institution va être appelée à jouer.

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                Pourquoi réformer le CESE, Conseil économique, social et environnemental ?



Quel jugement portez-vous sur la réforme ?
Patrick Bernasconi : Ce qui nous a guidé pour accompagner cette réforme proposée par le président de la République, c’est de renforcer l’institutionnalisation de l’assemblée de la société civile organisée, et de la rendre encore plus en proximité avec les citoyens engagés. Plus que jamais, la Chambre de la société civile doit être un trait d’union beaucoup plus fort entre les corps intermédiaires et la République.
Au-delà du texte constitutionnel, il y aura bien entendu un travail de fond à réaliser dans le cadre de la loi organique puis dans les décrets afin de faire en sorte que nous puissions mieux et plus servir aux assemblées législatives. Cette transformation ouvre le champ des possibles. Elle nous permettra d’intervenir davantage dans l’éclairage préalable à la fabrique de la loi dans une relation de coopération avec les deux autres assemblées.
Emmanuel Macron a la réputation de ne pas faire grand cas des corps intermédiaires. Cette réforme va-t-elle conforter l’image qui vous colle souvent à la peau d’une société civile enfermée dans un palais de la Belle au bois dormant ou va-t-elle marquer son réveil ?
Nous sommes à l’aube d’un énorme changement et même d’une véritable révolution. Demain cette assemblée de la société civile sera organisée d’une façon assez pure car elle ne sera composée que de conseillers désignés par les organisations, syndicats, associations dont ils seront membres ; il n’y aura plus, dans cette enceinte, des conseillers qualifiés directement par les pouvoirs publics et que l’on a longtemps dénoncés, souvent à tort d’ailleurs, comme étant le produit du fait du prince.
Pour autant, cette chambre devra se nourrir de cercles extérieurs – experts, scientifiques, organisations de terrain – qui enrichiront nos rapports sur la vision des citoyens mais aussi sur les conséquences sur le long terme des décisions à prendre, d’où la relation au monde scientifique.
L’autre évolution majeure devrait être que nous serons consultés de façon systématique avant chaque projet de loi économique, social et environnemental, en dehors des sujets de négociation qui continueront à concerner essentiellement les partenaires sociaux. Il y aura donc une montée en puissance, et une visibilité beaucoup plus forte, de la Chambre de la société civile. Les parlementaires auront une meilleure connaissance de nos avis qui sur les projets de loi seront rendus au même moment que ceux du Conseil d’État.
Comment allez-vous répondre à votre autre mission, celle d’organiser le débat public, notamment à travers des pétitions citoyennes?
Clarifions le débat. Il est proposé que la chambre ait trois responsabilités. La première, il l’a déjà, c’est d’être saisie par 500 000 signataires d’une pétition. Nous demandons à ce que cette possibilité soit désormais numérique et que les conclusions apportées aient une ouverture institutionnelle auprès de l’Assemblée ou du Sénat.
La seconde, c’est que la chambre aura la responsabilité, sur saisine gouvernementale, d’organiser des débats publics sur de grands projets de réforme, en amont de celles-ci. La troisième, mais d’une façon non exclusive, c’est la possibilité qu’elle aura de recevoir sur une plate-forme des pétitions numériques qui n’atteignent pas ce chiffre constitutionnel de 500 000 signataires mais qui n’en méritent pas moins d’être écoutées. Nous avons sur ce sujet un véritable savoir-faire. Nous venons ainsi, à la suite d’une auto-saisine sur la fin de vie qui faisait l’objet de plusieurs pétitions citoyennes, d’adopter un avis sur un sujet aussi difficile, tout en faisant apparaître des dissensus, des différences, dans nos préconisations.
Le projet diminue vos moyens, en ramenant de 233 à 155 le nombre de membres, et accroît vos compétences, en augmentant fortement les cas de consultation obligatoire. Comment comptez-vous faire face à ce « en même temps » ?
Cette réduction du nombre de membres est un sujet de préoccupation. Car la grande valeur de ce conseil est sa colonne vertébrale qui lui donne sa cohérence ; elle n’est pas et ne doit pas être une addition d’individualités. Cette cohérence, c’est la représentation et le nombre d’organisations et d’associations, la qualité de leurs membres qui pour la plupart d’entre eux, en dehors de leurs responsabilités associatives ou autres, et de leur mandat de conseiller, exercent aussi une profession.
Ces deux caractéristiques sont à préserver le plus possible car elles donnent leur valeur à nos travaux, qui ne doivent pas devenir des produits technocratiques. On ne pourra donc pas fonctionner avec le même budget qu’aujourd’hui.
Des craintes se font jour parmi les organisations syndicales. Risquent-elles de faire les frais de la réforme ?
La réforme doit permettre à une assemblée qui rassemble les corps intermédiaires de pouvoir mieux fonctionner et d’être davantage entendue. Il faudra clarifier son rôle et celui de ses représentants. Les organisations syndicales et professionnelles ont un rôle important à jouer sur des sujets qui leur sont propres. Ce serait une erreur de ne pas reconnaître leur place. Pour ma part, j’y veillerai toujours.
Au final, la démocratie sociale, plutôt mal en point, va-t-elle y gagner ?
Je l’espère. Il faut bâtir un meilleur équilibre entre la société civile organisée et les pouvoirs publics. Mon rêve est que nous allions vers une démocratie plus participative, plus moderne, plus mature et plus efficace.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Disponibilité permanente, gestion du planning, dégradations... « Cette location à la nuitée s’est avérée un cauchemar au quotidien », témoigne un propriétaire.
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Lassés d’Airbnb, certains bailleurs préfèrent désormais opter pour la location longue durée

Disponibilité permanente, gestion du planning, dégradations... « Cette location à la nuitée s’est avérée un cauchemar au quotidien », témoigne un propriétaire.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 10h11
    |

                            Laurence Boccara








                        



                                


                            

L’étau continue de se resserrer autour des locations saisonnières de courtes durées. Adopté le 12 juin par l’Assemblée nationale, la loi ELAN sur le logement prévoit des sanctions financières en cas de locations de sa résidence principale au-delà de la durée légale de 120 jours par an, à savoir une amende comprise entre 5 000 et 10 000 euros pour les propriétaires et jusqu’à 50 000 euros pour les plates-formes qui jouent les intermédiaires.
Ces dernières mesures viennent s’ajouter au durcissement des règles de ce type de location au niveau national ; aux dispositions locales prises par de plusieurs municipalités des grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux…) et aux obligations de déclarations fiscales de ces revenus locatifs, désormais bien établies.
Difficile aujourd’hui pour un bailleur de passer à travers les mailles de tous ces filets « anti-abus ». Résultat, le filon des locations de type Airbnb est moins lucratif qu’il y a encore quelques années. De nombreux propriétaires ont décidé de jeter l’éponge pour ces raisons, mais aussi pour d’autres motifs « moins visibles et pesants ».
« Au début, cette formule était sympa et facile. Mais au fil du temps, cette activité a révélé ses côtés sombres. »
Avec du recul, beaucoup se plaignent des contraintes d’une gestion au quotidien, trop lourde à supporter sur la durée. Comme en témoigne cette propriétaire d’un duplex situé sur la butte Montmartre, à Paris. « Au début, cette formule était sympa et facile. Ayant quitté mon appartement pour emménager avec mon compagnon, ces locations à répétition m’aidaient à rembourser mon crédit. Mais au fil du temps, cette activité a révélé ses côtés sombres. J’ai calculé qu’en deux ans, près de 350 personnes ont défilé chez moi, raconte Isabelle B. Occupé par des vacanciers souvent peu respectueux, mon appartement s’est vite dégradé. Et pour le garder en bon état j’ai dû, en 24 mois, refaire trois fois la peinture, remplacer un lavabo...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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Les stratèges de LRM veulent mieux définir le macronisme

Après un an d’exercice du pouvoir, le parti du président va chercher à donner un cadre idéologique aux militants et à des députés parfois en mal de repères.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 10h16
    |

            Cédric Pietralunga et 
Alexandre Lemarié








                        



                                


                            
Comment éviter des prises de position divergentes et se prémunir contre le risque d’une éventuelle fronde au sein de la majorité ? Après un an d’exercice du pouvoir, les stratèges de La République en marche (LRM) jugent nécessaire de mieux définir le macronisme, afin de donner un cadre idéologique aux militants du mouvement et à des députés parfois en mal de repères pour se positionner sur des sujets précis.

Dans cette optique, le patron du parti, Christophe Castaner, et le député de Paris, Pierre Person, ont engagé un travail de fond – en accord avec l’Elysée – pour tenter de préciser la philosophie guidant l’action du chef de l’Etat et de ses soutiens. La réflexion doit durer plusieurs mois, avec pour objectif d’établir une « charte » du macronisme.
« Il y a une pensée à structurer car nous sommes partis d’un projet politique qui est devenu un programme d’action mais n’est pas toujours une doctrine globale, explique M. Castaner au Monde. Nous ne partons pas de rien car nous avons une vision claire sur de nombreux sujets. Sur certains, il nous faut affiner mais le plus souvent, il nous reste à mettre en mots cette doctrine. » Début avril, ce dernier avait expliqué « préparer l’après-Macron » pour que le parti puisse « survivre » à son fondateur et dépasser « le projet présidentiel ».
Cette réflexion, qui doit faire émerger une ligne politique, vise à faire coexister les différentes sensibilités présentes au sein du groupe LRM, composé de 312 députés venus de la droite, de la gauche ou de la société civile. « Il existe un besoin de structurer idéologiquement le macronisme, en couchant sur papier qui on est, ce que l’on porte et où on veut aller », explique M. Person.
« Le pragmatisme ne suffira pas »
Une initiative jugée d’autant plus nécessaire que ces dernières semaines, la majorité a été traversée par des fractures idéologiques. En particulier sur la question...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le nouveau numéro deux des Républicains Jean Leonetti, des membres de la direction du parti et des élus proches de Laurent Wauquiez, parmi lesquels Rachida Dati, Brice Hortefeux ou Nadine Morano présentent leur vision de l’Europe. Ils insistent tout d’abord sur la nécessité d’établir des frontières sûres et stables
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« Un projet européen » pour une « civilisation » européenne

Dans une tribune au « Monde », le nouveau numéro deux des Républicains Jean Leonetti, des membres de la direction du parti et des élus proches de Laurent Wauquiez, parmi lesquels Rachida Dati, Brice Hortefeux ou Nadine Morano présentent leur vision de l’Europe. Ils insistent tout d’abord sur la nécessité d’établir des frontières sûres et stables



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 09h27
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’Europe, à peine convalescente de la crise économique qu’elle vient de surmonter, se trouve confrontée à une succession d’événements qui la menacent d’explosion : une vague migratoire de grande ampleur, des actes de terrorisme perpétrés sur son territoire par des fanatiques islamistes, le Brexit aux conséquences économiques et politiques encore mal évaluées et l’élection d’un président des Etats-Unis prônant un protectionnisme économique.
Dans ce contexte, à chaque élection en Europe, les extrêmes et les partis anti-européens progressent à tel point qu’ils deviennent majoritaires en Italie, pays fondateur de l’Union européenne (UE), qui traverse une crise politique d’une extrême gravité. Les peuples européens se détournent de l’Europe, qu’ils accusent d’imposer des contraintes financières et réglementaires accrues sans apporter de protection contre l’insécurité ou la précarité. Le rêve européen s’évanouit peu à peu. L’Europe n’est plus une espérance de progrès.
Face à cette situation nouvelle et inquiétante, certains, refusant de tirer les leçons de ces événements, proposent d’avancer plus vite encore vers un fédéralisme européen ou une « souveraineté européenne » au risque d’aggraver le divorce entre l’Europe et les peuples. D’autres, à l’inverse, proposent de provoquer une sortie de l’euro et de l’Europe aux conséquences financières dramatiques pour les salariés, les épargnants et les retraités en raison de la dévaluation massive qu’elle engendrerait.
L’Europe n’est pas une option
Nous, les Républicains, quelles que soient nos sensibilités, sommes profondément attachés à l’Europe par réalisme et conviction. L’Europe n’est pas une option, nous savons que les défis environnementaux, économiques et politiques de notre temps ne seront relevés qu’à l’échelle des continents et qu’il serait problématique de laisser la Chine et les Etats-Unis face à face pour organiser de manière bipolaire le monde à venir.
Nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dans un entretien au « Monde », l’académicienne explique comment le républicanisme néoconservateur et le catholicisme traditionaliste s’allient pour défendre une Europe blanche et chrétienne.
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Danièle Sallenave : « L’identitarisme est la maladie du XXIe siècle »

Dans un entretien au « Monde », l’académicienne explique comment le républicanisme néoconservateur et le catholicisme traditionaliste s’allient pour défendre une Europe blanche et chrétienne.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h20
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 09h33
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Ecrivaine, membre de l’Académie française et auteure de L’Eglantine et le Muguet (Gallimard, 544 pages, 22,50 euros), Danièle Sallenave analyse les raisons du tournant identitaire d’une partie des intellectuels français, qui prend notamment sa source dans les dérives du combat antitotalitaire.
Assistons-nous à un tournant identitaire des intellectuels français ?
Danièle Sallenave : C’est indéniable. Par exemple, lorsqu’on lit dans le manifeste du « Printemps républicain » (mouvement issu de la gauche, fondé en mars 2016) l’éloge des notions de nation, d’universalité, de laïcité, on voit bien qu’elles sont convoquées pour une restauration, un combat, où du reste la figure de l’ennemi n’est pas nommée. Mais tout suggère que ce sont l’islam et les musulmans qui sont visés.
La laïcité ici évoquée n’a plus pour but, comme en 1880, dans une France encore sous régime concordataire, d’opposer au pouvoir spirituel et temporel de l’Eglise le principe de la souveraineté du peuple. Elle constitue plutôt l’un des fondements d’un cadre national devenu forteresse identitaire.

A travers ces prises de position récurrentes, on voit bien que le républicanisme identitaire a choisi sa version de la République, et que ce ne sera pas « la sociale ». Les habitants des quartiers ont retrouvé le rôle qu’on assignait au XIXe siècle aux « classes dangereuses ». Leur rassemblement en masse découpe dans la République autant de « territoires perdus ». La question sociale s’efface devant la question religieuse, l’islam étant réputé « insoluble dans la République ».
N’est-ce pas une réaction à la cécité présumée d’une certaine gauche vis-à-vis de l’islamisme ?
Deux thèses s’affrontent aujourd’hui, notamment sur les causes de la violence djihadiste. Ce qu’on reproche à une certaine gauche, ce qu’on appelle sa cécité, c’est de chercher au phénomène djihadiste d’autres explications...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Un représentant du groupe aéronautique a été entendu par les juges d’instruction. L’affaire porte sur des contrats commerciaux conclus avec le Kazakhstan sous Nicolas Sarkozy.
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« Kazakhgate » : Airbus placé sous le statut de témoin assisté

Un représentant du groupe aéronautique a été entendu par les juges d’instruction. L’affaire porte sur des contrats commerciaux conclus avec le Kazakhstan sous Nicolas Sarkozy.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 00h59
   





                        



   


Le groupe aéronautique européen Airbus a été placé vendredi 22 juin sous le statut de témoin assisté à l’issue d’une audition par les juges d’instruction enquêtant sur l’affaire de corruption présumée du « Kazakhgate ».
« Airbus a été placé sous le statut de témoin assisté dans le cadre d’une procédure en pleine coopération avec la justice française à la suite d’une audition d’un de ses représentants », a indiqué à l’agence France-Presse un porte-parole du groupe sans mentionner l’enquête.
Selon une source proche du dossier, Airbus était convoqué en vue de son placement sous ce statut, intermédiaire entre témoin et mis en examen, dans le cadre de l’enquête du « Kazakhgate », qui porte sur des soupçons de corruption en marge de contrats commerciaux conclus entre la France et le Kazakhstan sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

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                Airbus : des affaires qui volent en escadrille



Airbus est sous le coup de plusieurs enquêtes anti-corruption en Europe et notamment d’une procédure franco-britannique portant sur des ventes d’avions civils. Face aux turbulences judiciaires, le groupe a engagé une opération mains propres en interne et manifesté sa volonté de coopérer.
Une vente à deux milliards d’euros
Dans l’enquête du Kazakhgate, ouverte en mars 2013, notamment pour « corruption d’agents publics étrangers », les juges cherchent à établir si la signature des contrats a donné lieu à des versements de commissions illégales à des intermédiaires.
En octobre 2010, Paris et Astana avaient annoncé un accord pour la fourniture de 45 hélicoptères EC 145 fabriqués par Eurocopter, devenu Airbus Helicopters, un centre de satellites d’Astrium (ex-EADS devenu Airbus group) et 295 locomotives Alstom. Montant total des contrats ensuite finalisés : environ deux milliards d’euros, selon des médias.
Selon Mediapart, lors d’une perquisition en février 2016 dans les locaux d’Airbus à Suresnes (Hauts-de-Seine), les enquêteurs avaient retrouvé la trace d’un versement suspect de 8,8 millions d’euros à une société liée à un partenaire d’affaires d’Airbus, dans le cadre d’une vente de satellites au Kazakhstan.
L’audition du groupe intervient après celles de son patron Tom Enders et de deux autres hauts responsables, entendus en octobre comme simple témoins par les policiers anticorruption (Oclciff). En parallèle, l’affaire comporte un volet politique, le plus avancé à ce stade.
Le rôle de l’Elysée en question
Les enquêteurs soupçonnent une équipe proche de l’Élysée de s’être activée pendant le mandat de M. Sarkozy pour influencer des responsables politiques en Belgique afin de faire passer une loi en faveur de Patokh Chodiev, un oligarque kazakh alors mêlé à une affaire de corruption en Belgique et proche du président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev, et de deux associés. A cette même époque, Paris voulait soigner ses relations avec Astana pour conclure des contrats commerciaux.
L’Elysée, comme l’avait admis Claude Guéant en 2017 devant une commission d’enquête parlementaire belge, était intervenu pour aider ce trio à constituer sa défense. Mais l’ex-ministre, récemment placé en garde à vue dans ce dossier, a assuré que Paris n’avait pas tenté d’« infléchir la loi belge ».

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                Qu’est-ce que le « Kazakhgate » et pourquoi Claude Guéant a-t-il été auditionné en Belgique ?



Cinq protagonistes ont été mis en examen, notamment pour corruption active d’agent public étranger, dont l’avocate française de Patokh Chodiev, Catherine Degoul, un ancien conseiller à l’Elysée, Jean-François Etienne des Rosaies, et l’ex-sénateur Aymeri de Montesquiou. L’ex-ministre belge Armand De Decker qui avait rejoint le pool d’avocats des Kazakhs a lui été inculpé pour « trafic d’influence » en Belgique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ L’ex-députée FN a inauguré vendredi l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques, établissement à la confluence de la droite et de l’extrême droite.
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Marion Maréchal assure sa promo à travers son école

L’ex-députée FN a inauguré vendredi l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques, établissement à la confluence de la droite et de l’extrême droite.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h55
    |

            Lucie Soullier (envoyée spéciale à Lyon)








                        



   


« Elle est là, je l’ai croisée. » Son nom posé sur une table finit de rassurer la horde de journalistes venus observer le phénomène qu’ils accompagnent depuis plusieurs semaines. Elle arrive, elle est là, préparez micros et caméras. Marion Maréchal fait son entrée, sous les clic-clac des photographes. « Je suis celle qui va probablement le moins parler. » Encore raté.
Vendredi 22 juin, à Lyon, Marion Maréchal – désormais amputée du patronyme Le Pen – a présenté à la presse son fameux projet « métapolitique » : l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques (Issep), une école prônant « excellence » et « enracinement ».
A 28 ans, l’ancienne élue frontiste s’est libérée des contraintes « politiciennes », bourdonne son entourage. Plus question de commenter l’actualité des partis, encore moins la case « extrême droite » occupée par sa tante Marine et son grand-père Jean-Marie Le Pen. A elle, désormais, « le débat d’idées », mais sans la présence de trois journalistes - de Libération, Rue 89 Lyon et C8 - qui se sont vu refuser l’entrée.

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                La non-revenante Marion Maréchal et le réveil des « zombies »



« Sans parti pris »
Son école « n’est pas un parti, ni à la botte d’un parti », insiste Marion Maréchal. A la qualification de « Sciences po de droite », elle ironise : « Vous suggérez donc que Sciences po est de gauche, ce n’est pas moi qui l’aurai dit. » 
Officiellement, l’Issep ne défend aucune ligne, réaffirme sa directrice, citant le général de Gaulle et récupérant la figure du penseur marxiste italien Antonio Gramsci. D’ailleurs, parmi les 120 professeurs qui auraient postulé spontanément, il pourrait même y en avoir certains de gauche. « Les gens ne mettent pas leur couleur politique sur le formulaire. Ce n’est pas un critère. » Son conseil scientifique, lui, donne toutefois une autre image : un ancien membre du cabinet de François Fillon, le secrétaire général du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, un ancien rédacteur en chef de la version britannique de Breitbart News, média de la droite américaine la plus dure, connu pour relayer des informations mensongères…
Dans son école sera enseignée une culture générale « très factuelle, sans parti pris » et une « bonne connaissance de tous les enjeux structurants de la société actuelle ou des enjeux à venir qui peuvent toucher notamment aux questions du transhumanisme et de la bioéthique », développe celle qui incarnait la ligne identitaire du Front national et était montée à la tribune lors de La Manif pour tous, en 2016.
« France et chrétienté »
Dans la plaquette présentant les formations, quelques intitulés donnent une idée de la future tonalité des cours : « conservatisme aux USA, en Chine et en Russie » ; « France et chrétienté, quel héritage ? »… D’autres ne peuvent empêcher de prêter à sourire, comme celui pour « réussir un débat ».
Marion Maréchal, elle, balaie une nouvelle fois la question de l’union des droites, mais acquiesce à celle du « combat culturel ». D’ailleurs, elle ne « s’interdit pas totalement de pouvoir prendre position dans le débat d’idées » en tant que directrice de l’Issep, comme elle a déjà pu le faire devant les conservateurs américains, en février, ou lors du rendez-vous « Débranchons Mai 68 » du magazine L’Incorrect – dont le directeur de la rédaction, Jacques de Guillebon, tient la coprésidence de son conseil scientifique. Deux raouts à la confluence de la droite et de l’extrême droite.
Retour à Confluence justement, le quartier lyonnais de l’Issep. Au coin de la rue menant à l’école « sans objectif politique », on peut apercevoir le siège de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont le président n’est autre que Laurent Wauquiez, le patron du parti Les Républicains. Sera-t-il invité à l’inauguration ? « Laurent Wauquiez m’a largement évitée pendant cinq ans à l’Assemblée nationale mais s’il veut rattraper le temps perdu, je ne vois pas de blocage de principe », s’amuse l’ancienne députée frontiste de Vaucluse.
Ecartant les questions sur sa famille et l’état de santé de Jean-Marie Le Pen, comme celles sur les détails des comptes de son école, elle se plaît davantage à évoquer des discussions en cours avec d’autres écoles, à l’étranger. Notamment en Italie, mais toujours « rien à voir » avec l’actualité politique. D’ailleurs, ses contacts se trouvent « en Italie du Sud », sourit-elle.
« La marque Issep dépassera un jour mon nom », espère Marion Maréchal en s’extirpant de la horde. Pas encore gagné. A une minute de la fermeture du rideau, le président honoraire de l’école, Patrick Libbrecht, ripe, trop heureux du succès de l’exercice du jour : « Lancer une école, c’est difficile mais quand vous bénéficiez de la notoriété de Marion, tout est plus facile ! » Elle se sera prêtée au jeu plus d’une heure, avant de relancer sa « diète médiatique ». Du moins jusqu’à la rentrée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Le juriste Yann Aguila estime que l’environnement a toute sa place dans l’article 1, « socle des valeurs communes  ». Selon lui, inscrire le principe de non-régression dans la Constitution serait intéressant.
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Inscrire le climat dans la Constitution « aura un impact réel »

Le juriste Yann Aguila estime que l’environnement a toute sa place dans l’article 1, « socle des valeurs communes  ». Selon lui, inscrire le principe de non-régression dans la Constitution serait intéressant.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h41
    |

            Simon Roger








                        



                                


                            

La réforme des institutions engagée par le gouvernement suppose d’« adapter notre droit, notre démocratie, nos institutions, aux vrais enjeux du XXIe siècle », martèle le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Mais comment intégrer les enjeux environnementaux et climatiques dans le texte constitutionnel, quels en seraient les effets ? Analyse de l’avocat et professeur de droit public, Yann Aguila, qui préside par ailleurs la commission environnement du Club des juristes, le premier think tank juridique français.
L’environnement et le climat ont-ils leur place dans la Constitution ?
La Constitution est tout à fait le lieu où inscrire la protection de l’environnement en général et la lutte contre le réchauffement climatique en particulier. Que doit-on inclure dans une Constitution, sinon le socle des valeurs communes de long terme qu’on souhaite mettre à l’abri des changements de majorité politique, pour les générations présentes mais aussi pour les générations futures.
La réforme des institutions offre aujourd’hui une fenêtre de tir pour obtenir un texte qui consacre explicitement, et pas entre les lignes, l’environnement et le climat. C’est au constituant de désigner les objectifs. Si le jour venu, le juge constitutionnel est amené, par exemple, à censurer une loi au motif qu’elle est contraire aux objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, il aura un texte clair à l’appui de sa décision.

La protection de la biodiversité n’est-elle pas, elle aussi, un enjeu de long terme ?
En effet, dans la rédaction proposée par Nicolas Hulot figurent à la fois l’action contre le changement climatique et la protection de la diversité biologique. C’est important de rappeler ces deux objectifs, d’autant que l’interdépendance entre ces deux problématiques est de plus en plus évidente. On voit bien que le dérèglement climatique est une cause...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Les ministres du travail de l’UE ont changé les règles, ce qui va améliorer les comptes de l’Unédic.
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L’indemnisation des travailleurs frontaliers bouleversée

Les ministres du travail de l’UE ont changé les règles, ce qui va améliorer les comptes de l’Unédic.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h45
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
C’est une bonne nouvelle pour les comptes de l’assurance-chômage – moins bonne, en revanche, pour une petite minorité de demandeurs d’emploi. Réunis à Luxembourg dans le cadre d’un conseil consacré à la politique sociale de l’Union européenne (UE), les ministres des Vingt-Huit chargés du travail sont tombés d’accord, jeudi 21 juin, pour modifier les règles d’indemnisation des travailleurs frontaliers qui ont perdu leur poste. Une décision qui devrait diminuer de plusieurs centaines de millions d’euros par an les dépenses de l’Unédic, l’association paritaire qui pilote le régime de protection des chômeurs en France, dont la dette a atteint 33,5 milliards, fin 2017.
A l’heure actuelle, les personnes établies dans l’Hexagone et travaillant dans un pays limitrophe sont soumises à une législation singulière : elles cotisent à l’assurance-chômage de l’Etat où elles sont employées, mais sont prises en charge par l’Unédic lorsque leur contrat prend fin. Leurs droits sont rigoureusement identiques à ceux d’un chômeur ayant exercé une activité en France (qu’il s’agisse du calcul de l’allocation, de la durée pendant laquelle celle-ci est attribuée, etc.).

En outre, l’Etat où la personne travaillait est tenu de rembourser au pays de résidence le montant des prestations versées, mais dans une certaine limite. Ces dispositions découlent d’un règlement communautaire qui s’applique aux nations membres de l’UE depuis 2010, et à la Suisse depuis 2012.
Une règle inversée
Or, un tel dispositif « est défavorable à la France », comme le souligne l’Unédic, dans un rapport de septembre 2016. Notre pays verse « quatre à cinq fois plus d’allocations » qu’il ne reçoit de subsides de ses voisins ayant enrôlé de la main-d’œuvre tricolore. La situation s’est même dégradée depuis les années 2000, aboutissant à une perte nette, pour l’Unédic, de 673 millions d’euros en 2016, d’après le ministère du travail français (contre − 340 millions par an en moyenne,...




                        

                        

