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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Né à Dallas, au Texas en mars 1964, il avait fondé Pantera avec son frère, le guitariste « Dimebag » Darrell Abbott, le bassiste Rex Brown, Terry Glaze (guitare) et le chanteur Donnie Hart.
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Mort de Vinnie Paul, batteur et cofondateur de Pantera

Né à Dallas, au Texas en mars 1964, il avait fondé Pantera avec son frère, le guitariste « Dimebag » Darrell Abbott, le bassiste Rex Brown, Terry Glaze (guitare) et le chanteur Donnie Hart.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 15h05
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 15h24
   





                        



Vincent Paul Abbott, plus connu sous le nom de Vinnie Paul, le cofondateur et batteur du groupe de heavy metal Pantera, est mort, à Las Vegas, annonce le groupe, sur Facebook et Twitter, samedi 23 juin. La cause de sa mort est inconnue.

Vincent Paul Abbott aka Vinnie Paul has passed away.
Paul is best known for his work as the drummer in the bands
— Pantera (@Pantera)


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Né à Dallas, au Texas en mars 1964, il avait fondé Pantera avec son frère, le guitariste « Dimebag » Darrell Abbott, le bassiste Rex Brown, Terry Glaze (guitare) et le chanteur Donnie Hart. La carrière du groupe décolle réellement en 1990, avec l’album Cowboys from Hell et se poursuit jusqu’en 2003 et la dissolution du groupe.
En 2004, les frères Abbott montent un nouveau groupe, Damageplan, dont la carrière est interrompue lorsqu’un homme monte sur la scène sur laquelle se produit le groupe et abat Darrell Abbott ainsi que trois autres personnes.
En 2006, Vinnie Paul forme Hellyeah, un nouveau groupe, qui comprend Chad Gray, Greg Tribbett de Mudvayne, Tom Maxwell de Nothingface, Jerry Montano de Danzig et Nothingface.
Vinnie Paul mettait en avant ses racines texanes pour expliquer son style de jeu : « le Texas en fait partie, j’ai grandi avec une bonne dose de ZZ Top et de Stevie Ray Vaughan, mais j’ai aussi été versé dans le metal dès le premier jour. Led Zeppelin, Black Sabbath, Kiss, Van Halen, tous mes groupes préférés avaient de superbes grooves sur leur musique », expliquait-il au site Onlinedrummer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Un podcast donne la parole à des féministes qui démystifient le rôle de la masculinité dans notre société (sur Binge audio à la demande).
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« Les Couilles sur la table » : quand les femmes parlent des hommes

Un podcast donne la parole à des féministes qui démystifient le rôle de la masculinité dans notre société (sur Binge audio à la demande).



Le Monde
 |    23.06.2018 à 13h00
    |

            Mustapha Kessous








                        


Podcast sur Binge audio

   


Les femmes ont mis du temps – et c’est peu dire – avant d’avoir la possibilité de pratiquer un sport en toute liberté. Dans l’Antiquité, lors des Jeux olympiques, interdiction leur était faite de se rendre au stade ; seules les jeunes filles vierges pouvaient assister aux épreuves. Bien plus tard, le père de l’olympisme moderne, Pierre de Coubertin, estimait que les Jeux devaient « être réservés aux hommes » car, disait-il, « le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs ».
Et lorsqu’il les vit, dans les années 1920, taper dans un ballon et revendiquer le droit de participer à des compétitions, le baron déclara, avec sa misogynie légendaire : « S’il y a des femmes qui veulent jouer au football ou boxer, libre à elles, pourvu que cela se passe sans spectateurs, car les spectateurs qui se groupent autour de ­telles compétitions n’y viennent point pour voir du sport. »
Près d’un siècle plus tard, à l’heure du Mondial en Russie, ­Victoire Tuaillon, animatrice d’un podcast au titre irrévérencieux, « Les Couilles sur la table », se demande « pourquoi le sport reste encore un truc de mec ».
Réflexion pertinente
Pour répondre à cette question, elle interroge Thierry Terret, historien du sport, qui, pendant trente minutes, va déconstruire « cette évidence » : l’effort et la ­performance physique ne sont pas l’apanage des hommes. Avec sagacité, il démontre également comment le sport est devenu un marqueur essentiel de la virilité.
Lancée en septembre 2017, un jeudi sur deux, cette émission ­sonore est devenue un rendez-vous où essentiellement des ­féministes mais aussi des anthropologues et des activistes parlent sans détour du rôle des hommes au quotidien. Il n’est pas question ici de les mettre au banc des accusés, mais de comprendre pourquoi les sociétés sont dominées par la masculinité et comment celle-ci concourt à rendre les femmes invisibles. Sur les vingt épisodes disponibles, plusieurs sujets comme « La contraception masculine : au tour des hommes » ou encore « Les harceleurs au travail » ont été abordés. Réflexion pertinente sur les relations entre le masculin et le féminin, ce podcast permet de s’interroger sur les préjugés envers le sexe opposé.
« Les Couilles sur la table », animé par Victoire Tuaillon (un jeudi sur deux, 30 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Centre Getty de Los Angeles ou le MET de New York diffusent leurs collections en libre accès sur Internet. Les institutions françaises se montrent réticentes. Certains appellent à un débat national.
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Open access : les musées français à la traîne

Le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Centre Getty de Los Angeles ou le MET de New York diffusent leurs collections en libre accès sur Internet. Les institutions françaises se montrent réticentes. Certains appellent à un débat national.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 13h51
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            
Un tabou serait-il en train de tomber ? Mardi 13 mars, Emmanuel Macron reçoit pour déjeuner à l’Elysée les directeurs des grands musées français. Ils sont vingt-six, à qui il demande les points qu’il leur semble essentiel de faire évoluer. Restitution, circulation des œuvres, gratuité…
Quand vient le tour de Jean-Luc Martinez, directeur du ­Louvre, celui-ci soulève une question qui semblait inconcevable il y a peu encore : l’accès aux collections en open data – c’est-à-dire de manière gratuite et immédiate pour tous –, avec la possibilité d’imprimer les images des œuvres, de les reproduire, de les diffuser.
400 000 œuvres en haute définition
C’est ce qu’ont fait le Rijksmuseum à Amsterdam, pionnier en la matière depuis 2010, le Centre Getty à Los Angeles, la National Gallery of Art à Washington ou encore le Metropolitan Museum de New York qui a mis en ligne, en 2017, 400 000 œuvres en haute définition, téléchargeables gratuitement pour peu qu’il n’en soit pas fait d’usage commercial.
« Les travaux de recherche sont impactés par la question des images. Et il y a des domaines qui sont dans un trou noir faute de pouvoir accéder aux œuvres », affirme Martine Denoyelle, conservatrice en chef du patrimoine
Or, dans le monde d’Internet, où le libre accès est devenu l’usage, la France est à la traîne, plaident les partisans de l’open data. « Partout en Europe, il ne se passe pas une semaine sans qu’un musée, une bibliothèque ne s’y mette », affirme Martine Denoyelle, conservatrice en chef du patrimoine, qui, à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), a été chargée par la Fondation de France de préparer pour cet automne un livre blanc sur la question. Voire.
Ne serait-ce que l’Italie ou l’Allemagne ne sont guère plus avancées. Reste que, ici comme là-bas, « les travaux de recherche sont impactés par la question des images. Et il y a des domaines qui sont dans un trou noir faute de pouvoir accéder aux œuvres », affirme-t-elle....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’institut ouvre au public mardi 26 juin dans le quartier de Montparnasse, avec une exposition consacrée aux liens entre l’artiste suisse et Jean Genet
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Un écrin pour Giacometti à Paris

L’institut ouvre au public mardi 26 juin dans le quartier de Montparnasse, avec une exposition consacrée aux liens entre l’artiste suisse et Jean Genet



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h17
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

« Ce lieu est petit, mais il est utilisé au maximum, c’est comme un couteau suisse. » La formule est amusante pour décrire l’écrin offert à l’œuvre de l’artiste suisse, Alberto Giacometti (1901-1966), aux figures fines comme des lames. Elle est de Catherine Grenier, directrice de la Fondation Giacometti et de son institut, qui ouvrira au public mardi 26 juin, dans le quartier Montparnasse, à Paris.
L’institut occupe une élégante maison art déco, à quelques dizaines de mètres de la Fondation Cartier. L’architecte Pascal Grasso l’a réaménagée de façon contemporaine tout en conservant les raffinés décors historiques : tapisseries, fresques, cheminées, mosaïques. « C’est un bâtiment classé, les décors sont inscrits, tout est restauré, on n’est pas dans le pastiche », précise la maîtresse des lieux. Cette approche vaut surtout pour le premier étage, où se déploie l’exposition temporaire inaugurale, « L’Atelier d’Alberto Giacometti vu par Jean Genet ».
L’entrée dans le bâtiment, au rez-de-chaussée, ouvre sur un espace blanc qui descend en gradins vers l’atelier de Giacometti, exposé, lui, de manière permanente. Point de pastiche là non plus, mais une reconstitution à l’identique de son espace de création, qui se trouvait à quelques rues de là.
Tout est là jusqu’aux mégots
L’ensemble avait été archivé à la mort de l’artiste par sa veuve, Annette Giacometti. Même les murs recouverts de dessins de cet exigu studio, dont il n’était pas propriétaire, avaient été démontés. La beauté fantomatique de ces 23 m2 immortalisés par tant de photographes est intacte. Son mobilier rudimentaire, ses fins pinceaux, les brosses avec lesquelles il enlevait des détails, les bouteilles de térébenthine : tout est là, jusqu’aux mégots dans le cendrier. Et surtout ses pièces en cours. L’ultime, un portrait en terre non cuite du photographe Eli Lotar encore jamais montré et à la dégradation inexorable. Au total, plus de 70 sculptures,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ « Everything Is Love », premier album commun du couple, frappe par son inertie. « On n’imaginait pas qu’un disque de Beyoncé puisse nous faire pioncer. »
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L’album de Beyoncé et Jay-Z, un pétard mouillé

« Everything Is Love », premier album commun du couple, frappe par son inertie. « On n’imaginait pas qu’un disque de Beyoncé puisse nous faire pioncer. »



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h47
    |

            Aureliano Tonet








                        



   


Critique musicale. Il faudrait être héroïquement dur de la feuille pour ne pas avoir eu vent de la parution inopinée de Everything Is Love. Le premier album commun de Beyoncé et Jay-Z, signé sous pseudonyme marital – The Carters –, a été lâché, entre le 16 et le 18 juin, sur les plates-formes d’écoute en ligne, comme on déverserait une pluie de projectiles. Sitôt l’artillerie sortie – les premières rafales ont résonné à Londres, par où passait la tournée européenne du couple –, tout ne fut plus que raffut : gazettes et gazouilleurs glosèrent à foison, amplifiant de plus belle le boucan. Mais qui a vraiment prêté l’oreille ? « Entendre un coup de tonnerre ne prouve pas qu’on a l’ouïe fine », théorisait Sun Tzu dans son Art de la guerre (1078).
De fait, l’examen des réactions laisse coi. Les commentaires suscités par le clip du morceau Apeshit, tourné au Louvre, pourraient remplir plusieurs traités de gnoséologie. La solidité retrouvée des amants, mise en scène avec la même impudeur que leurs errements l’avaient été sur des disques précédents, a soulagé les suiveurs d’histoires, les leveurs de pouces et les posteurs de cœurs. Quant aux piques envoyées aux West-Kardashian – un vieux couple d’amis des Carters –, elles ont fait tiquer quelques-uns, et cliquer tout le monde. L’anecdotique, en somme, a mis au pas la musique. Allez savoir, c’était peut-être la stratégie visée ; car, anecdotique, la musique jouée sur Everything Is Love l’est de pied en cap.

Sun Tzu, encore : « A la guerre, tout est affaire de rapidité. On profite de ce que l’autre n’est pas prêt, on surgit à l’improviste. » En plus de deux décennies de carrière, c’est d’abord par leur vélocité que Shawn Carter (alias Jay-Z), 48 ans, et Beyoncé Knowles, 36 ans, ont fait céder les résistances – on doit hélas en vaincre un sacré bataillon, quand on est afro-américain et que l’on vit de musique. Visez les alter ego qu’ils se sont choisis : un milliardaire à l’ascension éclair (Rockefeller) pour le rappeur-businessman, divers objets volants (abeilles, fusées) pour la diva. De concert, ils se fantasment en fugitifs, façon Bonnie and Clyde, de qui leur tournée commune tire son nom (« On the run »).
Une mélasse tiédasse
Les voici en état d’arrestation. Quoi, ceux-là même qui, d’albums surprises en chorés records, ont fait bouger tant de lignes esthétiques, politiques et commerciales ? Comment, parle-t-on bien du duo dont les obus rap-r’n’b ont dominé la B.O. des années Obama ? Oui, mon général : pétard mouillé. On n’imaginait pas qu’un disque de Beyoncé puisse un jour nous faire pioncer ; Everything Is Love y parvient sans forcer. Figées par les filtres vocaux – pommade cosmétique dont elle n’avait guère abusé jusqu’ici –, les mélodies de dame Knowles pataugent dans une mélasse tiédasse, dont ne réussit jamais à la sortir sieur Z, débit envasé, verve enlisée. Recrutée au galon, la légion d’arrangeurs qui se relaie sur les neuf morceaux n’arrange rien, au contraire : il est rare que des producteurs aussi chevronnés que Pharrell Williams, Mike Dean ou David Sitek ratent à ce point leur cible.

        Lire aussi :
         

                « La vidéo de Beyoncé et Jay-Z au Louvre renvoie à un défi des grands musées : faire parler de soi »



Le Louvre, qui sert aussi de décor à la pochette, était pourtant une réserve idéale d’allégories : le vieux temple de l’art blanc viriliste, pris d’assaut par un éminent « power-couple » noir, oh le beau symbole ! On y lira, pour notre part, l’aveu d’un ménage en voie de muséification, comme pétrifié par sa propre légende : « Je n’arrive pas à croire qu’on ait réussi », ressasse Beyoncé sur Apeshit, devant un marbre. « Trente millions de vues en cinq jours : pas si mal pour deux momies ! », me direz-vous. Quitte à mater un clip, regardez plutôt celui de This is America de Childish Gambino, qui compte dix fois plus de vues, en moins de deux mois : ici, les convulsions racistes de l’Amérique sont diligemment et intelligemment dansées, pulsées, pensées.
Sun Tzu, toujours : « Toute campagne guerrière doit être réglée sur le semblant ; feignez le désordre, ne manquez jamais d’offrir un appât à l’ennemi pour le leurrer. » Et si le couple stratège se jouait de nous ? Et si son ennuyeuse thérapie conjugale dissimulait quelque offensive cachée ? Prêtons l’oreille à la seule chanson digne de ce nom, Heard About Us, où princesse Beyoncé retrouve ce qu’il lui reste de prestesse : « Pas besoin de demander si vous avez entendu parler de nous/Nous savons déjà ce que vous savez de nous. » En nous faisant douter de l’amour que nous portons à ses auteurs endormis, Everything Is Love attise paradoxalement notre attention. Assoupir, aguerrir, même combat.
Everything Is Love, de The Carters (Roc Nation / Sony).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ En 1968 paraissait « Le Devoir de violence », du Malien Yambo Ouologuem, prix Renaudot vite terni par des accusations de plagiat, et oublié. Le voici réédité.
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Histoire d’un livre. Retour sur l’affaire Ouologuem

En 1968 paraissait « Le Devoir de violence », du Malien Yambo Ouologuem, prix Renaudot vite terni par des accusations de plagiat, et oublié. Le voici réédité.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 09h00
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Le Devoir de violence, de Yambo Ouologuem, Seuil, 304 p., 19 €.

Un scandale. Voilà ce qu’avait fini par évoquer le titre Le Devoir de violence. Paru au Seuil en 1968, ce premier roman a fait le succès fulgurant d’un auteur malien inconnu : Yambo Ouologuem (1940-2017), premier Africain récompensé par le prix Renaudot. Mais en 1972, l’écrivain, traduit dans dix pays, fut accusé de plagiat. Plus tard, l’éditeur français cessa les réimpressions. Et Le Devoir de violence devint un livre fantôme.
2018 marque ses 50 ans et son retour en librairie, dans sa collection d’origine au Seuil, « Cadre rouge », qui publie la littérature française générale. La maison a lancé le projet en 2016 en accord avec la fille de l’écrivain. « Nous avons décidé de rééditer dans un souci de mise à disposition du texte, de devoir de mémoire et de transparence », explique Frédéric Mora, directeur du département littérature de la maison. Le Seuil a également ouvert ses archives, déposées à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), qu’a consultées Jean-Pierre Orban, chercheur de l’équipe Manuscrits francophones de l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM/CNRS-ENS). Il en a tiré un article passionnant : « Livre culte, livre maudit : histoire du Devoir de violence, de Yambo Ouologuem » (à consulter sur la revue en ligne Continents manuscrits), qui retrace son destin.
Le 20 avril 1967, Yambo Ouologuem envoie Le Devoir de violence au Seuil. C’est le quatrième manuscrit adressé par le jeune auteur malien, qu’une note interne désigne comme « à suivre », malgré les refus. Ce texte, racontant l’histoire, sur huit siècles, de la dynastie des Saïfs, à l’origine de laquelle se trouve un juif noir, est à son tour rejeté (les notes de lecture, sévères, sont parfois teintées de racisme). Mais l’éditeur Jean Cayrol, lui, le qualifie d’« A la recherche...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de programmes et de podcasts à (re)découvrir en différé.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Du rock, une légende, un souvenir d’enfance : nos choix de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de programmes et de podcasts à (re)découvrir en différé.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h32
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Le foot vous fatigue ? Voilà quelques programmes pour vous éloigner des pelouses : le portrait d’une comédienne libre, de l’histoire en musique, l’épopée alarmante des pêcheurs sénégalais et une excursion radiophonique de haut vol.
Bernadette Lafont, de vamp à mamie piquante



Il y a des morts qui sont vraiment moches. Celle de Bernadette Lafont, le 25 juillet 2013, d’une crise cardiaque, en fait partie. A 74 ans, elle avait l’air tellement en forme, cette brune piquante, cette « vamp » de la Nouvelle Vague devenue blond platine, avec sa gouaille parigote qui avait remplacé le léger accent du Sud qu’on entend dans ses premiers entretiens télévisés. La documentariste Esther Hoffenberg trace un portrait de l’actrice en forme de « Lettre à… », de ses débuts chez François Truffaut et Claude Chabrol, en noir et blanc, à son avant-dernier long-métrage, Paulette (2012), de Jérôme Enrico, qui la montrera en mamie dealeuse de drogue.
Ce film riche, tendre, informatif, pudique et juste, nous fait regretter la pétillante présence de cette belle fille et grande comédienne partie trop tôt. Car, on en est certain, d’autres rôles de vieille dame indigne l’attendaient. Renaud Machart
« Bernadette Lafont : et Dieu créa la femme libre », d’Esther Hoffenberg (Fr., 2016, 65 min). Disponible sur Arte.fr jusqu’au 26 juin et rediffusion le samedi 23 juin à 6 h 15 sur Arte.
La playlist du Vietnam

   


Période bénie pour la pop, le rock ou le folk que cette décennie 1965-1975. Ce volet de la série documentaire Soundtrack, qui retrace huit événements historiques à travers leur bande-son, rappelle l’importance de la musique dans la société américaine de l’époque. Jamais celle-ci n’a pris une telle place lors d’un conflit armé, aussi bien chez les soldats que parmi les civils. Musiciens (Bruce Springsteen, Eric Burdon, David Crosby, Joan Baez, Ben Harper entre autres), journalistes, anciens soldats témoignent tout au long de ces quarante minutes émouvantes.
Et les nombreuses images d’archives, en couleurs ou en noir et blanc, rappellent la violence de l’époque : pas seulement en première ligne, lors d’une guerre atroce au-dessus de laquelle flotte l’odeur du napalm, mais aussi dans les villes américaines et sur les campus. Alain Constant
« Soundtrack : Kent State et la guerre du Vietnam » (EU, saison 1, ép. 3/8, 2017, 50 min). Rediffusion le 23 juin à 22 h 45 sur Histoire.
De Lorient à Joal-Fadiouth : l’odyssée des pêcheurs sénégalais

   


En France, les patrons pêcheurs peinent à recruter ; ils se tournent donc vers une main-d’œuvre moins chère et motivée : les marins sénégalais. Ces derniers quittent leur pays, où la pêche ne leur rapporte presque rien. Ainsi, plus de 500 pêcheurs sénégalais travaillent sur les côtes bretonnes et envoient de l’argent à leurs familles.
De Lorient au port sénégalais de Joal-Fadiouth, ce documentaire percutant décrypte la crise du secteur halieutique à travers les trajectoires de ces réfugiés écologiques en transit. Au Sénégal, les mareyeurs doivent faire face à la prolifération d’une pêche artisanale non réglementée et à la concurrence industrielle. Les poissons désertent peu à peu les eaux, et les jeunes n’ont qu’une envie : partir en Europe, parfois au péril de leur vie. Camille Langlade
« La vague à l’âme », de Sébastien Daycard-Heid et Bertrand Dévé (26 min). Sur France24.com.
Cap sur le pays imaginaire

   


Le 9 mars, France Culture enregistrait à la Maison de la radio le concert fiction Peter Pan ou le garçon qui ne grandissait pas, tiré de l’œuvre de James Matthew Barrie (Peter Pan, or The Boy Who Wouldn’t Grow up), qui fut d’abord une pièce de théâtre (1904) avant de devenir un roman (1911). En s’inspirant des fragments de notes de l’écrivain, Andrew Birkin en a écrit une version radiophonique.
Accompagnée par l’Orchestre national de France et la Maîtrise de Radio France, cette œuvre ravira les oreilles des petits, comme des grands. Sur scène, trois ensembles se côtoient : l’orchestre et ses chœurs, la cellule de bruitage et les acteurs pour un résultat audio saisissant. Mettez un casque, fermez les yeux et envolez-vous vers un pays imaginaire aux côtés de Peter Pan, Wendy Darling et ses frères, le Capitaine Crochet, et les autres. Un voyage musical magistral. Camille Langlade
« Peter Pan ou le garçon qui ne grandissait pas », adaptation d’Andrew Birkin d’après « Peter Pan, or The Boy Who Wouldn’t Grow up », de James Matthew Barrie. A réécouter sur FranceCulture.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Anthropologue d’origine colombienne, il montre, par une critique radicale, à quel point le récit de la modernité est centré sur l’Occident.
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Arturo Escobar, pourfendeur du développement

Anthropologue d’origine colombienne, il montre, par une critique radicale, à quel point le récit de la modernité est centré sur l’Occident.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 07h33
    |

            Nicolas Bourcier








                        



                                


                            

Un prophète aux cheveux longs. Une voix étonnamment douce, un regard fixe, une pensée complexe et contagieuse. Au milieu des années 1970, dans une chambrée quelque part du côté du campus de l’université Cornell, dans l’Etat de New York, un jeune homme originaire de Colombie s’interroge. Ses études en biochimie ne l’intéressent plus. L’époque est à la contre-culture. On parle de Nord et de Sud, de démocratie et d’impérialisme, d’activisme aussi. Et puis il y a cette famine au Sahel qui revient dans toutes les discussions.
Arturo Escobar écrit trente pages, son premier texte en anglais. Un jet nourri contre la « révolution verte », cette politique de transformation des agricultures des pays dits en développement, fondée sur l’intensification et l’utilisation de céréales à haut rendement. « Il n’y avait pas encore cette radicalité de la critique », dira-t-il plus tard. Elle viendra avec le temps et les lectures. Mais déjà l’étudiant dénonce, par une étourdissante mise en abyme du système, les politiques de lutte contre la faim et les aides au développement : « Ces politiques ne résolvent pas le problème, elles le perpétuent. »
Des indigènes du sud aux ZAD
Sa plume sera son viatique et sa boussole. Grâce à elle, il construit une grammaire de luttes, un corpus de combat. Une structure, diront les spécialistes, à la fois théorique et pratique. Lui s’engage, change de cursus et de curseur, de focale aussi, en nous rappelant d’où il vient et d’où nous venons. Il interroge la modernité, observe les relations entre les peuples, entre les anciennes colonies et les anciens colons, questionne et décompose les rapports entre dominants et dominés.
« Il est un passeur de sens », dit l’ethnologue Irène Bellier, directrice de recherches au CNRS
Aujourd’hui, à 66 ans, Arturo Escobar a solidement planté son élégante et fine silhouette dans le milieu de la pensée critique globale. Il a écrit une dizaine de livres, collaboré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’ architecte en chef des Monuments historiques estime que l’on est peu outillé pour s’occuper des édifices récents.
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François Chatillon : « Le patrimoine du XXe siècle meurt de la normalisation »

L’ architecte en chef des Monuments historiques estime que l’on est peu outillé pour s’occuper des édifices récents.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h01
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

François Chatillon est architecte en chef des Monuments historiques. Son équipe a restauré des joyaux du XXe siècle : les halles du Boulingrin de Freyssinet à Reims, l’appartement-atelier de Le Corbusier à Boulogne-Billancourt (Hauts-deSeine) et sa Cité de refuge à Paris, ainsi que la ­piscine des Amiraux, de Sauvage ou la Maison des sciences, de l’homme de Lods, Depondt et Beauclair.

Quelles sont les difficultés qui freinent les interventions sur des constructions contemporaines ?
Le problème est l’apparente proximité des architectes avec le patrimoine récent. On croit le connaître parce que les techniques paraissent similaires. Bien que l’on soit souvent dans un mode analogue, de type industriel, les choses ont beaucoup changé. Les constructions d’il y a trente ans semblent simples au niveau conceptuel, mais elles sont très complexes dans le ­détail. La proximité historique laisse croire aux architectes qu’ils peuvent facilement intervenir, c’est faux. Il y a cette fausse idée que tout le monde peut maîtriser ce patrimoine.
Les choses ne sont-elles pas en train de changer ?
Il y a un intérêt récent pour ce patrimoine. Il faut s’en réjouir, mais nous n’avons pas encore les outils pour bien s’en occuper. Le travail est assez simple, mais long. Avant tout programme, il faut faire des études préliminaires pour ce que l’on appelle la valorisation : par l’analyse, par les coûts, par le regard, par l’étude scientifique. Il faut arriver à se poser la question : est-ce que ça a une ­valeur, et laquelle ?
La présence d’un architecte du patrimoine dans les équipes offre-t-elle une garantie légale ?
L’architecte du patrimoine n’est pas un représentant de l’Etat. Il a fait le plus souvent une formation à l’école de Chaillot. Pour un ­projet de type « greffe contemporaine » où se pose un problème patrimonial, on l’intègre dans l’équipe. Il se crée, aussitôt,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ A l’instar de la Maison du peuple de Clichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine, plusieurs constructions remarquables sont en danger, bousculées par des investisseurs privés.
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Menaces sur le patrimoine architectural du XXe siècle

A l’instar de la Maison du peuple de Clichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine, plusieurs constructions remarquables sont en danger, bousculées par des investisseurs privés.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h57
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h18
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Le geste est violent. Haute de 96 mètres, enveloppée d’une ­résille en béton fibré couleur pierre, la tour parallélépipédique impose son écrasante présence, surplombant la Maison du peuple de ­Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) à ­laquelle elle est accolée.
Si le projet voit le jour, l’un des bâtiments les plus importants de l’entre-deux-guerres, construit entre 1935 et 1938 par les architectes Eugène Beaudouin (1898-1983) et Marcel Lods (1891-1978), assistés en particulier par le constructeur Jean Prouvé (1901-1984), risque de ne plus être que l’ombre de lui-même, oblitéré par son excroissance de vingt-sept étages.

Cette intrusion, née de l’appel à projets ­Inventons la Métropole du Grand Paris, dont l’objectif est de créer des passerelles entre les mairies et des investisseurs potentiels, pourrait créer une situation inédite : en dépit des textes qui devraient lui garantir une nécessaire protection, jamais un bâtiment ­contemporain à haute teneur patrimoniale ne serait à ce point bafoué. « Les appétits ­suscités par la spéculation immobilière dans le cadre du Grand Paris sont-ils au-dessus des lois ? », s’interroge le conservateur général honoraire du patrimoine, administrateur de Sites & Monuments, Bernard Toulier.
Le projet, porté par le groupe Duval, prévoit d’installer dans la tour un hôtel de luxe Hyatt, un restaurant gastronomique, ainsi qu’une centaine d’appartements de grand standing avec vue panoramique. La Maison du peuple devrait, elle, être restaurée afin d’accueillir un concept de type cuisine et ­culture où cohabiteraient un pôle fooding et services et un espace de présentation des collections permanentes du Centre Georges-Pompidou, partenaire de l’opération.
« Ce n’est pas la première fois qu’il y a co-visibilité entre un monument historique et une création, se défend Rudy Ricciotti, l’auteur de la tour. Pourquoi, là, ça serait interdit? » L’architecte , qui évoque dans cette affaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Notre choix du soir. A travers les musiques américaines des années 1965-1975, ce documentaire dessine les fractures de la société (sur Histoire à 20 h 40).
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TV - « Kent State et la guerre du Vietnam »

Notre choix du soir. A travers les musiques américaines des années 1965-1975, ce documentaire dessine les fractures de la société (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40

   


Période bénie pour la pop, le rock ou le folk que cette décennie 1965-1975. Ce volet de la série documentaire Soundtrack, qui retrace huit événements historiques à travers leur bande-son, rappelle, si besoin, l’importance de la musique dans la société américaine de l’époque. Jamais celle-ci n’a pris une telle place lors d’un conflit armé, aussi bien chez les soldats que parmi les civils.
Au front comme au pays, la musique est partout. Elle aide les GI à tenir le coup et les militants pacifistes à chanter leur colère. Sans oublier certains tubes « nationalistes » atypiques, comme La Ballade des bérets verts, interprété martialement par le sergent Sadler en 1966 et qui resta, pendant des semaines, en tête des ventes, devant les Rolling Stones ou les Beach Boys ! Tout au long de ce film, les tubes résonnent et leurs textes sont décryptés.
Musiciens (Bruce Springsteen, Eric Burdon, David Crosby, Joan Baez, Ben Harper entre autres), journalistes, anciens soldats témoignent tout au long de ces quarante minutes émouvantes. Et les nombreuses images d’archives, en couleurs ou en noir et blanc, rappellent la violence de l’époque : pas seulement en première ligne, lors d’une guerre atroce au-dessus de laquelle flotte l’odeur du napalm, mais aussi dans les villes américaines et sur les campus.

C’est d’ailleurs sur les pelouses de l’université d’Etat de Kent (Ohio) que, en mai 1970, ont lieu des événements qui vont profondément choquer l’Amérique. Et, par là même, voir naître un tube sortant de l’ordinaire. Les images tournées sur les lieux sont glaçantes : le 1er mai 1970, une manifestation antimilitariste sur le campus est violemment réprimée. Deux jours plus tard, face aux caméras, James A. Rhodes, gouverneur de l’Ohio, annonce : « Nous allons utiliser tous les moyens de police nécessaires pour expulser les manifestants ». Apprenant que l’école des officiers de réserve, située sur le campus, a été incendiée, il annonce : « Nous allons éradiquer le problème. »
Le 4 mai, la garde nationale est appelée en renfort. On fait croire aux uniformes verts que des agitateurs communistes préparent une révolution. Alignés en haut d’une petite colline surplombant les pelouses, les gardes nationaux pointent leurs fusils sur les étudiants. Des tirs fusent, sans sommation. On relèvera quatre morts, deux filles et deux garçons. On voit un professeur, présent sur les lieux, demander à un responsable de l’université d’arrêter le massacre. Ce dernier ne lui répond pas. Le pays est en état de choc. Apprenant la nouvelle, Neil Young prend sa guitare, compose et enregistre en une journée Ohio qu’il jouera avec ses amis Crosby, Stills et Nash. Le refrain martèle en boucle : « Quatre morts dans l’Ohio. »
Pendant des semaines, la chanson est diffusée sur toutes les radios du pays. Dans les manifestations, on peut lire sur des pancartes : « 48 700 soldats américains et quatre étudiants morts. Pourquoi ? » Le drame de Kent State marque les esprits, mais il n’est pas le seul. Comme le rappelle un témoin : « La garde nationale a aussi tiré sur des étudiants à Jackson State et South Carolina State. Mais comme se sont deux facultés historiquement à majorité noire, il y a eu moins de retentissement qu’à Kent State où ce sont des étudiants blancs qui ont été tués… »
Kent State et la guerre du Vietnam (EU, saison 1, ép. 3/8, 2017, 40 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ A voir aussi ce soir. Sharmeen Obaid-Chinoy relate l’histoire vraie de Saba, jeune fille victime d’un crime d’honneur (sur Planète + CI à 21 h 00).
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TV - « Une fille dans la rivière. Le prix du pardon »

A voir aussi ce soir. Sharmeen Obaid-Chinoy relate l’histoire vraie de Saba, jeune fille victime d’un crime d’honneur (sur Planète + CI à 21 h 00).



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h30
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur Planète + CI à 21 h 00

Il aura fallu le meurtre par son frère de Qandeel Baloch, une star des réseaux sociaux au Pakistan, mais également Une fille dans la rivière, de Sharmeen Obaid-Chinoy, couronné de l’Oscar du meilleur court-métrage ­documentaire en 2016, pour que le Parlement pakistanais légifère, en octobre 2016, contre les « crimes d’honneur ». Des crimes dont les femmes sont les premières victimes. Jusqu’alors, selon une disposition du code pénal, inspiré du droit islamique, les auteurs de ces crimes pouvaient être acquittés s’ils obtenaient le pardon des proches de la victime, contre une compensation financière.

        Lire aussi :
         

                Le Pakistan durcit sa loi contre les « crimes d’honneur »



Forte d’un premier Oscar en 2012, avec Saving Face, consacré à un chirurgien revenu au Pakistan pour aider des victimes d’attaque à l’acide, Sharmeen Obaid-Chinoy a poursuivi son combat pour ­dénoncer le sort des femmes, ­tenues sous le joug de traditions archaïques. Et l’iniquité d’une loi qui protège les criminels. Comme l’illustre de manière douloureuse et souvent glaçante l’histoire réelle de Saba, l’héroïne d’Une fille dans la rivière.
C’est là, précisément, qu’aurait dû finir la jeune femme, si elle n’était parvenue, dans un dernier sursaut, à sortir du bac de toile dans lequel l’avaient jeté son père et son oncle, après qu’ils l’ont enlevée, battue et blessée au visage d’un coup de revolver. Sa faute : avoir décidé de se marier avec l’homme qu’elle aimait et non ­celui désigné par son oncle.
Pression sociale et familiale
Les deux hommes arrêtés n’exprimeront aucun regret. Question de fierté et d’honneur. Un terme qui revient comme une antienne dans leur bouche, tout comme dans celles de la mère et de la sœur de Saba. Question de peur et de soumission. Mais aussi dans les arguments des notables du quartier qui, au nom de la paix sociale, feront pression sur Saba, allant jusqu’à lui désigner un autre avocat que le sien, favorable au pardon. Aussi héroïque soit-elle – car rares sont les femmes qui portent plainte –, Saba sera contrainte de céder aux injonctions sociales et aux menaces pesant sur sa belle-famille.
Tout autant que ces crimes désormais bannis, c’est cette insupportable pression, cette loi du silence qui continue encore de tuer, que dénonce ce film où sourd la colère d’une jeune fille balafrée.
Une fille dans la rivière. Le prix du pardon, de Sharmeen Obaid-Chinoy (Pakistan, 2015, 40 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Ce duo musical nantais à l’univers inclassable est en tournée dans toute la France.
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Moon Gogo, de la cithare coréenne à volonté

Ce duo musical nantais à l’univers inclassable est en tournée dans toute la France.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h42
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Certains noms aiguisent la curiosité. Moon Gogo ? Cela ne fait pas très sérieux, mais ça pétille et interpelle. L’idée leur en est venue en triturant celui de l’instrument au centre de leur projet, le geomungo (prononcer gomungo), expliquent Federico Pellegrini et E’Joung-Ju. Réuni fin 2013 à Nantes, sur une idée du programmateur Pierre Orefice, le tandem est actuellement en tournée française, avant une escapade en ­Corée du Sud, à la rentrée, pour présenter son album Joy, paru il y a quelques mois, après un premier mini-album, International, sorti fin 2015.
« Cithare à frettes avec six cordes de soie, fabriquée en bois de ­paulownia et châtaignier, le ­geomungo est apparu en Corée au IVe siècle, mais il existait déjà en Chine, où il a disparu. Moi, j’en ignorais tout », lâche Pellegrini, ex-chanteur et guitariste des groupes rock The Little Rabbits, puis French Cowboy (celui-ci continue à exister sous forme de duo). Il ajoute :
« Je suis une vraie bille pour nommer les instruments qui ne sont pas ceux qu’on trouve dans les magasins de musique européens, mais ce que j’ai bien aimé avec le geomungo, c’est que c’est un instrument multiple. Il joue un double rôle : à la fois celui de la basse et celui d’un instrument soliste et mélodique. Elle m’a dit qu’elle était la seule à en jouer en Europe. »
« Elle », c’est E’Joung-Ju. Arrivée de Corée en France en 2008, elle choisit Nantes parce qu’on lui avait dit qu’il « y avait pas mal d’activités ». Outre Moon Gogo, elle s’y implique dans plusieurs projets, dont Keda (avec le compositeur de musique électronique Mathias Delplanque), ManaM (en compagnie du contrebassiste de jazz Sébastien Boisseau), ou encore le festival Printemps coréen (6e édition cette année), dont elle assure la direction artistique.
Cet appétit pour des terrains de jeux très diversifiés lui vient sans doute de ce voyage au Japon qu’elle a effectué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Ancien professeur à Harvard, Stanley Cavell était une grande voix de la philosophie contemporaine. Il est mort le 19 juin, à Boston, à l’âge de 91 ans.
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Le philosophe américain Stanley Cavell est mort

Ancien professeur à Harvard, Stanley Cavell était une grande voix de la philosophie contemporaine. Il est mort le 19 juin, à Boston, à l’âge de 91 ans.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h10
    |

Marc Cerisuelo







                        



                                


                            

Stanley Cavell est mort le 19 juin à Boston (Massachusetts), d’un arrêt cardiaque. C’est l’une des grandes voix de la philosophie contemporaine qui s’éteint. Le terme de voix n’est pas seulement à entendre au sens figuré, tant le mot est central dans cette pensée du scepticisme qui nous empêche d’avoir confiance en nous-même et de faire entendre, dans la vie ordinaire, la politique ou l’art, cette voix qui exprime notre singularité et nous ouvre au monde par le truchement du langage.
Héritier de Ludwig Wittgenstein (1889-1951) en ces matières, Stanley Cavell a toujours occupé une place originale dans le débat contemporain. Situé à mi-chemin des traditions anglo-saxonne et continentale, toujours enclin à ouvrir le champ du philosophique à l’art, à la musique, à la littérature, au théâtre et (surtout) au cinéma, il tenait à faire résonner un ton typiquement américain dont l’origine est à situer (et à redécouvrir) chez Emerson et Thoreau, ces penseurs transcendantalistes de la Nouvelle-Angleterre qu’il a puissamment contribué à faire redécouvrir dans toute leur radicalité philosophique et politique (voir Qu’est-ce que la philosophie américaine ?, 1988, Gallimard, 2009).
Professeur à Harvard depuis 1963, Stanley Cavell ne se destinait pourtant pas à la philosophie. Né en 1926 à Atlanta (Géorgie) dans une famille juive d’origine russe très musicienne (sa mère jouait du piano dans les cinémas), pratiquant lui-même plusieurs instruments, il ambitionne de devenir compositeur et intègre la Juilliard School après un premier cursus universitaire à Berkeley. C’est au cours de ces années new-yorkaises qu’il fait l’épreuve de ce « scepticisme vécu » (Wittgenstein) et ressent le besoin encore diffus d’une orientation nouvelle.
Un cinéphile né
Il connaît un véritable chemin de Damas en écoutant, en 1955, les fameuses conférences américaines sur les actes de langage du philosophe britannique J. L. Austin (1911-1960), qui seront plus tard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ L’opéra « Lessons in Love & Violence » de George Benjamin, est donné à Amsterdam dans le cadre du Holland Festival.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Entre passion et raison d’Etat, Edward II à l’épreuve du pouvoir

L’opéra « Lessons in Love & Violence » de George Benjamin, est donné à Amsterdam dans le cadre du Holland Festival.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h14
    |

                            Marie-Aude Roux (Londres,  envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Un immense aquarium mural peuplé de poissons multicolores, quelques tableaux de Francis Bacon, au centre un grand lit : Katie Mitchell fera tourner, quart par quart, le plateau de Lessons in Love and Violence, le nouvel opéra de George Benjamin (né en 1960), comme les faces d’un Rubik’s Cube. Un enfermement voulu par le livret de Martin Crimp, dont c’est la troisième collaboration avec le compositeur, après Into the Little Hill, en 2008, et surtout Written on Skin, créé au Festival d’Aix-en-Provence de 2012. Le synopsis s’inspire de l’histoire d’amour entre le roi d’Angleterre Edward II et le chevalier gascon Piers Gaveston, immortalisée dans la pièce subversive et homoérotique de Christopher Marlowe, en 1594.
Pris en tenailles entre sa passion et la raison d’Etat incarnée par sa femme, Isabelle, et leurs deux enfants, qu’il finira par s’aliéner, le roi doit faire face à une rébellion interne menée par son conseiller militaire, Mortimer, tandis que le pays est en proie à la famine et à la guerre. L’arrestation de son favori, dont il apprendra la mort par exécution, plongera le souverain dans une affliction abyssale (l’aquarium se videra, les tableaux décrochés se retourneront contre les murs). Trahi, destitué et jeté en prison, il se verra confisquer la couronne par Mortimer, futur époux de la reine. La mort du roi laissera le champ libre à un nouvel ordre, né de la violence et du chaos, une « leçon » apprise et tirée par son héritier légitime.
Références shakespeariennes
Créé au Royal Opera House de Londres, du 10 au 26 mai, Lessons in Love and Violence gagne l’Opéra d’Amsterdam du 25 juin au 5 juillet – il faudra attendre mai 2019 à l’Opéra de Lyon pour une première française. Plus noir et plus désespéré encore que Written on Skin, avec lequel il présente de nombreuses similitudes, ce nouvel opus de chambre en réfère également à l’univers médiéval. Mais il ajoute aux ravages de l’amour interdit et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’épopée onirique d’une talentueuse soprano française, le retour en grande forme d’un rocker miraculé, un album pop envoutant autour du gamelan…
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Sélection albums : Sandrine Piau, Wilko Johnson, Susheela Raman…

L’épopée onirique d’une talentueuse soprano française, le retour en grande forme d’un rocker miraculé, un album pop envoutant autour du gamelan…



Le Monde
 |    22.06.2018 à 15h27
   





                        


Sandrine Piau/Susan Manoff Chimère Lieder et mélodies de Loewe, Schumann, Wolf, Debussy, Poulenc, Gurney, Barber, Previn, Baksa. Sandrine Piau (soprano), Susan Manoff (piano)

   


Depuis de nombreuses années, la discrète et talentueuse Sandrine Piau – mozartienne émérite, haendélienne de haut vol – poursuit une carrière exemplaire. Après Evocation (2007) et Après un rêve (2011), la soprano française et sa pianiste poursuivent, dans Chimère, leur épopée onirique. Le choix du répertoire, qui combine pièces solitaires et cycles poétiques (Fêtes galantes, Debussy-Verlaine), met également l’accent sur de bien subtiles correspondances entre répertoire français et germanique (nonobstant quelques incursions anglo-américaines : Emily Dickinson mise en musique par André Previn et Robert Baksa). La beauté de la ligne de chant couronnée d’aigus lumineux, la clarté d’une prosodie au service de l’expression, l’inspiration poétique du piano enveloppant ou discursif, tout concourt à faire de cet enregistrement un de ces instants magiques, dont on souhaite qu’ils ne finissent pas. Marie-Aude Roux
1 CD Alpha.
Sibelius & Rachmaninov Songs Mélodies de Jean Sibelius et Sergueï Rachmaninov par Jacques Imbrailo (baryton) et Alisdair Hogarth (piano)

   


Le rapprochement de Jean Sibelius (1865-1957) et de Sergueï Rachmaninov (1873-1943) ne va pas de soi, en particulier sur le terrain de la mélodie, qui ne fut cultivé que de loin en loin par le symphoniste finlandais et par le champion russe du piano. Pourtant, il se justifie parfaitement à l’écoute de ce programme où les deux compositeurs développent une expression complémentaire. Intensité ciblée pour Sibelius mais expansion graduée pour Rachmaninov, avec des exigences de contrastes et de nuances que Jacques Imbrailo satisfait en toute occasion. Si la voix du baryton sud-africain paraît plus naturellement convenir aux envolées slaves, elle est travaillée avec art pour servir dans l’excellence dramatique tant les pages isolées de Sibelius (telles que les célèbres Svarta rosor et Säv, säv, susa) que ses cycles majeurs (dont le fabuleux opus 37). Seul regret : le piano souvent anonyme d’Alisdair Hogarth. Pierre Gervasoni
1 CD Linn/Outhere Music.
Gruff Rhys Babelsberg

   


Quatre ans après l’extravagante expédition American Interior, disque concept sur les traces d’un explorateur du XVIIIe siècle en terre du Nouveau Monde, l’imagination débridée du Gallois Gruff Rhys est de nouveau à l’œuvre. Babelsberg, titre du cinquième opus solo du leader des Super Furry Animals, s’inquiète de l’actuel désordre politique de ce monde, non sans humour : sur la pochette verso du disque, Donald Trump, attablé avec le Christ, se prête à une séance de selfies. A rebours de son image de joyeux laborantin de la brit pop, Gruff Rhys livre ici un superbe album de pop folk classieuse, laissant de côté les expérimentations électro pour les orchestrations du BBC National Orchestra of Wales. The Club et Take That Call rivalisent d’élégance avec The Divine Comedy, tandis que Oh Dear ! s’essaie habilement aux cuivres latinos. Idem sur l’entêtant Frontier Man, où sa voix de baryton évoquant Leonard Cohen fait merveille. Une réussite. Franck Colombani
1 CD Rough Trade/PIAS.
Wilko Johnson Blow Your Mind

   


En 2013, le guitariste et chanteur Wilko Johnson apprend qu’il a un cancer du pancréas. Du genre à ce que son futur ne dépasse pas quelques mois. Cinq ans plus tard, guéri – miracle, selon la médecine – et après une collaboration avec le chanteur des Who, Roger Daltrey, en 2014, Wilko Johnson revient avec un nouvel album, Blow Your Mind – le précédent, Red Hot Rocking Blues, constitué de reprises, remontait à 2005. L’ancien guitariste de Dr. Feelgood a toujours ce son tranchant, cet art du riff imparable et une assise dans le blues-rock. Blow Your Mind est un disque de rock direct, sans chichis, intemporel. Avec Johnson, son complice de toujours, le bassiste Norman Watt-Roy, depuis le groupe Solid Senders, en 1978. Le batteur Dylan Howe forme avec eux une base énergique. Mick Talbot aux claviers, ex-Style Council, et Steve Weston à l’harmonica complètent le groupe – soit la formation présente sur Going Back Home avec Daltrey. A part qualifier Blow Your Mind et ses douze compositions d’excellent, on ne voit pas. Sylvain Siclier
1 CD Chess Records/Universal Music.
Susheela Raman Ghost Gamelan

   


De Debussy à Aperghis, de Messiaen à Philip Glass, Steve Reich ou, plus surprenant, au groupe de rock new-yorkais Sonic Youth (allez écouter le titre She’s Not Alone, enregistré par le groupe au début de sa carrière, à l’aube des années 1980), le gamelan en aura inspiré, des musiciens et des compositeurs. Occupant un rôle central dans les arts traditionnels de Java et Bali, cet ensemble de gongs, cymbales et autres métallophones a captivé la magnétique chanteuse anglaise Susheela Raman et son complice, le guitariste Sam Mills. Ils en ont fait l’axe central de ce nouvel album, une sève vivifiante qu’ils sont allés collecter sur place, dans la ville de Solo (Surakarta), au centre de Java, auprès du compositeur de gamelan contemporain javanais Gondrong Gunarto. En habillant leurs compositions et chansons de cette matière ondoyante, ils ont créé un album de pop envoûtante et raffinée, où s’entremêlent sensations d’envol et de plongée en eaux profondes. Patrick Labesse
1 CD Naïve/Believe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Des plans de machine prodigieux exposés à la galerie Christian Berst, et une série de « Peintures en flaque » à la galerie Almine Rech.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Sélection galeries : Jean Perdrizet et John M Armleder à Paris

Des plans de machine prodigieux exposés à la galerie Christian Berst, et une série de « Peintures en flaque » à la galerie Almine Rech.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h56
    |

                            Emmanuelle Lequeux et 
                            Philippe Dagen








                        


Jean Perdrizet à la galerie Christian Berst

   


Jean Perdrizet (1907-1975) travaille aux Ponts et Chaussées quand il se découvre, à 24 ans, inventeur – inventeur prodigieux de systèmes et de machines dont l’efficacité serait ­proportionnelle à la complexité. Cette révélation lui fait perdre son emploi en 1939, et il passe le reste de sa vie à concevoir des moteurs et des structures. Il en dessine et colorie les plans, de plus en plus vastes, dont le moindre élément est longuement expliqué par des commentaires tout aussi impénétrables que ses schémas. Il y a là « l’hélicoptère à dissymétrie centrifuge » et le « théodolite à quatre piles ricochant sur les bords ». Il ne recule pas non plus devant la rédaction d’un Traité de géométrie ­analytique électrique. Il adresse ses fabuleuses nouveautés au CNRS, à la NASA, à l’Unesco ou au Vatican. Mais personne, dans ces tristes institutions, ne prend la mesure de son génie et ne lui répond. Aujourd’hui, non seulement on demeure captivé par l’élégance de ses dessins, l’étendue de son imagination et sa rhétorique inépuisable, mais on reconnaît en son œuvre l’une des manifestations les plus ­pures et les plus accomplies du développement des sciences et des techniques qui ­caractérise le monde depuis deux ­siècles. Perdrizet, qui aurait passionné Roussel et Duchamp, est la figure allégorique parfaite de la modernité, qui est devenue folle bien plus que lui. Philippe Dagen
Deus ex machina 2, Galerie Christian Berst, 3-5, passage des Gravilliers, Paris (3e). Tél. : 01-53-33-01-70. Du mardi au samedi de 14 heures à 19 heures. Christianberst.com. Jusqu’au 13 juillet.
John M Armleder à la galerie Almine Rech

   


La peinture de John Armleder est un étonnant mix entre la rutilance d’une carrosserie et la fulgurance d’une lave volcanique. Un mariage entre le bêtement domestique et la force tellurique. Le plasticien suisse en fait plus que jamais la démonstration avec cette exposition, qui dévoile ses dernières toiles : des coups de poing assenés au bon goût, comme le facétieux sexagénaire en a si souvent porté. Mais des coups de poing tels qu’on en redemande ! Jaillissements de paillettes et coulures maîtrisées, cicatrices à vif et épidermes lisses, splashs et clashs… Et soudain, la quiétude d’une aurore boréale, la rondeur d’une colline. Portées sur des murs monochromes, envahies souvent de gadgets plastique (Hulk, scorpions et dinosaures en tout genre), ces séries fraîchement sorties de l’atelier s’amusent à déjouer le regard ; elles surprennent à chaque pas, rejouant toute l’abstraction du XXe siècle, comme une pantomime. Emmanuelle Lequeux
John M Armleder. Galerie Almine Rech, 64, rue de Turenne, Paris 3e. Tél. : 01-45-83-71-90. Du mardi au samedi, de 11 heures à 19 heures. Alminerech. com. Jusqu’au 28 juillet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’émission emblématique de Canal+ était diffusée pour la dernière fois vendredi, après trente ans de présence à l’antenne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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Ecran noir pour « Les Guignols »

L’émission emblématique de Canal+ était diffusée pour la dernière fois vendredi, après trente ans de présence à l’antenne.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h21
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 10h12
    |

            Mustapha Kessous








                        


Ecran noir. Vendredi 22 juin, à 20 h 30, les fameuses marionnettes en latex ont fait leurs adieux à la télévision. Ce soir-là, Canal+ a diffusé en clair pour la dernière fois « Les Guignols », après trente ans de présence à l’antenne. Une éternité déjà.
Le dernier épisode est à voir en replay sur le site My Canal.

A tchao bonsoir !

— LesGuignols (@Les Guignols)


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Au revoir les mythiques « PPD », « Putain, deux ans », « Ah que coucou », « Reviens JPP reviens », « Supermenteur », « Ah tchao bonsoir », « M. Sylvestre »… Aucune colère du côté des personnalités qui ont donné vie à ce pastiche satirique d’un journal télévisé, juste de la tristesse et un sentiment d’infini gâchis. « C’était attendu. C’était comme être au chevet de quelqu’un qui a été malade depuis longtemps », reconnaît Yves Le Rolland, producteur historique (de 1995 à 2016).
« C’est une page qui se tourne, dit Patrick Poivre d’Arvor, l’ancien présentateur du journal télévisé de TF1, dont la marionnette à son effigie a été « le visage » de ce divertissement. Je n’ai pas demandé à figurer aux “Guignols”, mais j’ai aimé qu’ils m’accompagnent, même si je n’ai jamais vraiment regardé ce programme. D’ailleurs, je pensais qu’ils avaient disparu des radars depuis longtemps. »
Quant à Ahmed Hamidi, un des auteurs (de 2000 à 2008), il se dit « forcément déçu » de la mort de l’émission emblématique de la chaîne cryptée : « Je pense que ce programme a été un formidable jouet qu’on a abîmé de façon chirurgicale », dit-il. Difficile de le contredire…
« “Les Guignols de l’info”, c’est une institution », explique un collaborateur historique qui demande l’anonymat. « Cette émission a été une alchimie entre différents corps de métiers. Elle avait le souci de la mise en scène, qui pouvait rivaliser avec le cinéma, ajoute-t-il. C’est la fin d’une performance artistique quotidienne. »
L’un des programmes les plus impertinents
Lancé le 29 août 1988, l’émission « Les Arènes de l’info » – rebaptisée « Les Guignols de l’info » en 1990 – s’impose très vite comme l’un des programmes les plus impertinents de la télévision française suivi, chaque jour, par plus de 3 millions de téléspectateurs.
Politiques, chanteurs, sportifs, bref les plus grandes personnalités – de Jacques Chirac à Jean Paul II, en passant par Bernard Tapie ou Johnny Hallyday – ont eu droit à leur marionnette. Certains ont plus apprécié que d’autres d’être moqués quotidiennement à 19 h 57 dans l’émission « Nulle part ailleurs ».

   


« Il paraît que c’était chic d’avoir sa marionnette, se rappelle Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1 (de 1988 à 2008) qui a eu sa caricature. Je ne regardais pas l’émission, mais tout le monde me disait que j’en prenais plein la gueule. Un jour, “Les Guignols” ont traité ma chaîne de “boîte à cons” : on peut être irrévérencieux sans être injurieux. Son arrêt ne me fait rien du tout : ne me demandez pas de verser une larme. » 
« Il a été difficile de résister aux assauts des patrons de TF1 qui voulaient que j’attaque “Les Guignols” en justice », Patrick Poivre d’Arvor.
Un jour, M. Le Lay a, pourtant écrit aux auteurs pour leur demander un best of : « Comme ils parlaient de TF1, je voulais voir ça, mais ils ne m’ont jamais rien envoyé. En plus, ils sont malpolis », dit-il dans un sourire. « Il a été difficile de résister aux assauts des patrons de TF1 qui voulaient que j’attaque “Les Guignols” en justice parce qu’ils me faisaient dire des choses peu convenables, et de mes avocats aussi, qui voulaient que je leur réclame des royalties. Il en était hors de question », confie Patrick Poivre d’Arvor.
L’ancien footballeur Jean-Pierre Papin se souvient d’avoir été raillé par ce programme qui l’a fait passer pour un benêt : « Ma famille en a souffert, mais au final l’émission a contribué à ma popularité », dit-il beau joueur. Controverses et polémiques, « l’émission a beaucoup dérangé », se souvient Ahmed Hamidi. Il suffit de lire le récent tweet de Nadine Morano, députée européenne Les Républicains, qui se réjouit de la fin du programme, pour comprendre à quel point « Les Guignols » ont pu excéder une partie de la classe politique : « Quelle joie ! Bien fait ! Pas d’enterrement, crémation directe ! Ni couronne ni fleur, mais une plaque : “bêtes et méchants”. Bon débarras ! »
Place à Kanye West et Kim Kardashian…
Depuis la reprise en main de Canal+ par Vincent Bolloré, à l’été 2015, l’émission avait perdu de sa superbe. Le programme « Les Guignols de l’info » est renommé « Les Guignols » et ne sera plus une caricature d’un JT. Place, désormais, à une nouvelle génération de marionnettes, telles que Kanye West ou Kim Kardashian, censées attirer un nouveau public. « A cette époque, nous faisions encore plus de deux millions de téléspectateurs et nous gagnions de l’argent », se souvient Yves Le Rolland, qui sera viré en 2016 après plus de vingt ans aux commandes du programme.
Indigestes, convenus, « Les Guignols » ne font plus rire. Le programme est diffusé en crypté à 20 h 50, avant de réapparaître en clair. Conséquence, les audiences s’effondrent. Aujourd’hui, moins de cent mille personnes regardent encore l’émission. « En deux ans, les audiences ont été divisées par vingt ! », souffle M. Le Rolland. « A partir du moment où ça ne parlait plus politique et que ce n’était plus la caricature d’un JT, l’émission n’avait plus de sens, analyse M. Hamidi. Je ne suis pas partisan du “c’était mieux avant”, mais ce n’est pas bien maintenant. » De plus, son budget a été divisé par cinq, passant de 15 millions par saison à la belle époque à 3 millions aujourd’hui.

   


La fin d’une époque
Pour les différents collaborateurs des « Guignols », la fin de cette émission met en lumière un échec éditorial. « Mais il ne faut pas y voir un plan machiavélique de Bolloré pour faire disparaître “Les Guignols”, il a juste voulu imposer ses idées. Il y croyait, précise M. Le Rolland. Je pensais, comme Alain De Greef [ancien directeur des programmes de Canal+] que “Les Guignols” étaient un programme immortel. Quoi qu’il en soit, je suis nostalgique d’un passé très heureux où il y avait plus d’impertinence et de liberté. Nous avons eu de la chance de connaître cette période. »
Il y a deux semaines, la famille des « Guignols » (quelque deux cents personnes) s’est réunie près de Paris pour boire à la santé du programme. « C’était festif comme moment. Ce qui me fait beaucoup de peine, c’est que l’émission disparaisse dans l’indifférence totale », dit en soupirant un ancien technicien. « L’émission a été dénaturée, personne n’ira dans la rue manifester pour réclamer son retour », regrette Ahmed Hamidi.
Le 31 août, cette famille devrait se retrouver, à nouveau, pour célébrer les 30 ans des « Guignols ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Maniant la vidéo, la céramique ou la tapisserie, la vidéaste transgresse les règles avec ses œuvres malicieuses et poétiques. Elle a imaginé, pour le Palais de Tokyo, à Paris, un jardin plein de surprises.
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Laure Prouvost ou l’art de l’autodérision


                      Maniant la vidéo, la céramique ou la tapisserie, la vidéaste transgresse les règles avec ses œuvres malicieuses et poétiques. Elle a imaginé, pour le Palais de Tokyo, à Paris, un jardin plein de surprises.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h36
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        

Si elle est l’une des artistes françaises les plus en vogue – une exposition qui a démarré ce 22 juin au Palais de Tokyo et la charge du pavillon hexagonal à la Biennale de Venise en 2019 –, Laure Prouvost emprunte beaucoup à deux autres pays : la Belgique et le Royaume-Uni. Celle qui partage sa vie entre Anvers et Londres manie un humour hybride, tendre et lunaire façon Marcel Broodthaers, célèbre artiste amateur de moules, mais aussi la satire bon enfant des Monty Python. Comme ces figures tutélaires, elle ne se cantonne pas à un seul genre et investit avec un égal bonheur la vidéo, la céramique ou la tapisserie.
Etudiante à Central Saint Martins et Goldsmiths College
Née en 1978 à Croix, dans le Nord, elle a gardé de la France une certaine idée de la complexité. Son père est un héritier de la bourgeoisie industrielle de la région, mais néanmoins original et athée, tandis que sa mère, enseignante, est très catholique. Sa formation obéit au même grand écart : éducation classique à l’Institut Saint-Luc de Tournai, avant le doublé gagnant dans les très libres Central Saint Martins et Goldsmiths College, à Londres. En Angleterre, elle rencontre un enseignant gentiment perché, l’artiste conceptuel Jonathan Latham, dont elle devient l’assistante. Son diplôme en poche, Laure Prouvost jongle pendant dix ans entre l’art et les petits boulots. Jusqu’à ce qu’elle remporte en 2013, à 35 ans, le prestigieux Turner Prize, la plus importante récompense décernée à un artiste au Royaume-Uni. « Je ne suis pas la parfaite Française, mais le Turner Prize m’a rendue française parce que la France s’en est emparée », confie-t-elle.

Biennale de Lyon, Consortium de Dijon, château de Rochechouart : d’un coup, l’Hexagone la prend dans ses bras. Elle rejoint les galeries Nathalie Obadia (Paris et Bruxelles), Lisson (Londres et New York) et Carlier-Gebauer (Berlin). Pour garder les pieds sur terre tout en se réjouissant de tout ce qui lui arrive, elle...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Otis Redding, Isaac Hayes…  De 1958 à 1975, à Memphis, Stax Records découvre des pointures de la soul et fournit la bande-son du mouvement pour les droits civiques. Depuis 2000, l’Academy transmet l’esprit du label à des jeunes de cette ville pauvre.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                
                                       
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La Stax Academy ranime la soul de Memphis


                      Otis Redding, Isaac Hayes…  De 1958 à 1975, à Memphis, Stax Records découvre des pointures de la soul et fournit la bande-son du mouvement pour les droits civiques. Depuis 2000, l’Academy transmet l’esprit du label à des jeunes de cette ville pauvre.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 00h17
    |

                            Clémentine Goldszal








                              

                        

Il y a des grands-mères chapeautées, des hommes grisonnants ceints dans des costumes de couleur vive, des petites en jupe à volants qui cavalent entre les jambes de leurs parents. Ce 29 avril, des dizaines de familles afro-américaines de Memphis (Tennessee) ont convergé vers le Clayborn Temple, à quelques minutes de l’agitation de la célèbre Beale Street, la principale artère touristique de la ville, bordée de magasins de souvenirs et de restaurants de barbecue.
Sur le parvis de l’église, plusieurs sculptures, érigées il y a quelques mois par la ville, rendent hommage à Martin Luther King, assassiné à quelques centaines de mètres de là, au Lorraine Motel, le 4 avril 1968.
Un temple ressuscité
Cinquante ans plus tard, l’église où le pasteur donna l’un de ses derniers discours est en passe de ressusciter après des années d’abandon. Entre des bâches qui soutiennent la toiture fragile et des pans de mur arrachés révélant la pierre, des dizaines d’adolescents en costume noir, bretelles et nœud papillon rouge pour les garçons, robe noire pour les filles, s’apprêtent à chanter des classiques de la soul music.
Ce dimanche de printemps, le Clayborn Temple accueille le concert de fin d’année de la Stax Music Academy, l’école de musique du célèbre label soul qui fit découvrir au monde les voix de Mavis Staples, Otis Redding ou Isaac Hayes.

Sandra Hamilton, 66 ans, reprend son souffle. Ses yeux se remplissent de larmes au souvenir de ce qu’elle a vécu ici même il y a un demi-siècle. « J’ai été baptisée dans cette église, explique-t-elle. Ma mère était une militante des droits civiques. Elle nous emmenait aux manifestations, ma sœur et moi. Quand nous avons été gazées par la police, en 1968, nous nous sommes réfugiées ici et avons entendu le discours du révérend King. Il était à Memphis pour marquer son soutien au mouvement social des éboueurs noirs de la ville… »

Elle est venue aujourd’hui en famille...



