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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Le garçon, né avec de graves malformations, a déjà subi à l’âge de 11 ans cinquante-trois opérations.
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Glyphosate : la famille de Théo, 11 ans, exposé in utero, poursuit Monsanto

Le garçon, né avec de graves malformations, a déjà subi à l’âge de 11 ans cinquante-trois opérations.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h06
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Théo Grataloup est ce petit garçon de 11 ans né avec de graves malformations des appareils digestif et respiratoire et qui a, depuis sa naissance, le 2 mai 2007, été opéré à cinquante-trois reprises. Son histoire a été racontée par Marie-Monique Robin, dans son documentaire Le Roundup face à ses juges, diffusé sur Arte en octobre 2017. En dépit de ces nombreuses interventions chirurgicales, il ne parle et ne respire que grâce à une trachéotomie. Début juin, ses parents ont assigné la société Monsanto devant le tribunal de grande instance de Vienne (Isère).
Sabine Grataloup, la mère de Théo, avait désherbé une carrière d’équitation au Glyper – un désherbant à base de glyphosate – alors qu’elle ignorait encore être enceinte. Elle attribue les handicaps graves de son fils à son exposition in utero au produit. En passe d’être absorbée par l’allemand Bayer, la firme de Saint-Louis (Missouri) est actuellement poursuivie aux Etats-Unis par des personnes atteintes de cancers du sang qu’elles attribuent à leur exposition passée au glyphosate, mais c’est la première fois que la société américaine est poursuivie pour de tels effets allégués, dits « tératogènes » (capable d’induire des malformations), de son produit phare.

Commission d’enquête
« Les éléments déclencheurs de la plainte, explique William Bourdon, l’avocat de la famille, ont été le Tribunal Monsanto ainsi que les révélations des “Monsanto Papers” [des milliers de documents internes de la firme rendus publics par la justice fédérale américaine], qui montrent que la société s’inquiétait de certains effets du glyphosate à une époque bien antérieure à la grossesse de Mme Grataloup. » Le Tribunal Monsanto, une initiative citoyenne, a rassemblé, en octobre 2016, à La Haye (Pays-Bas), des organisations non gouvernementales, des juristes, des médecins et des victimes venus de nombreux pays témoigner des dégâts environnementaux et sanitaires qu’ils...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.
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Autolib’ : un fiasco aux responsabilités partagées

Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h12
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La liberté a un prix. Les partenaires d’Autolib’, le service d’autopartage électrique qui devait « libérer » les déplacements des Franciliens, viennent d’en faire l’amère expérience. L’exploitant, le groupe Bolloré, et l’un des principaux concédants, la Mairie de Paris, se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas prêts à assumer les 293,7 millions de pertes que le parc de petites voitures grises aurait générées d’ici à 2023. Alors que les deux parties se rejettent la responsabilité de ce fiasco, le Syndicat mixte Autolib’ Velib’ Metropole (SAVM) a décidé, jeudi 21 juin, de résilier le contrat qui les liait.

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                Autolib’ va s’arrêter, mais à une date encore inconnue



L’accord présenté en 2011 comme « gagnant-gagnant » s’est transformé sept ans plus tard en « perdant-perdant ». Pour Bolloré, Autolib’ devait constituer une vitrine mondiale pour sa technologie de batteries, qu’il essaye d’imposer face aux autres constructeurs de véhicules électriques. Pour la Mairie de Paris, il s’agissait de se doter d’un service de transport alternatif à la fois innovant et peu polluant, au moment où la voiture n’est plus en odeur de sainteté en milieu urbain.
Au mauvais moment
L’échec du projet, qui met à mal ces deux stratégies, arrive au plus mauvais moment pour les deux partenaires. Vincent Bolloré est en difficulté sur tous les fronts. Mis en examen pour les conditions d’attribution de concessions portuaires en Afrique, l’industriel breton vient de subir un revers dans la prise de contrôle de Telecom Italia, tandis que Canal+ se vide de ses abonnés.

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                Démêlés judiciaires, gouvernance contestée, concurrence accrue : l’empire de Vincent Bolloré accumule les déconvenues



Quant à Anne Hidalgo, la maire de Paris, elle accumule les déboires avec ses différents prestataires. La gestion des PV, devenus des « forfaits post-stationnement », confiée aux sociétés privées Streeteo et Moovia, a connu une série de bugs. Surtout, le changement de prestataires de Vélib’, les vélos en libre-service, a tourné à l’accident industriel. Un peu plus d’un an après l’attribution du contrat à Smovengo, il est toujours impossible d’utiliser normalement le service, alors que son déploiement se heurte à des obstacles techniques et sociaux.
Tandis que Mme Hidalgo a tout fait pour décourager les Parisiens de posséder leur propre voiture, l’échec de ces solutions de transport individuel partagé est une mauvaise nouvelle, à moins de deux ans des élections municipales. Si son combat pour réduire la pollution urbaine va dans le bon sens, celui-ci ne pourra surmonter les réticences qu’en proposant des modes de déplacement alternatifs efficaces et abordables.

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                Comment Hidalgo veut sortir de l’impasse Autolib’



Avec un contrat qui s’est révélé mal ficelé, avec une gouvernance et un contrôle de l’exploitation déficients, le modèle économique retenu pour Autolib’ a conduit à une impasse, dont les responsabilités sont largement partagées. Pourtant, à maintes reprises, des alertes ont été lancées sur le manque de rentabilité du projet. Des solutions avaient été proposées, comme le fait de réduire le service en banlieue, où le taux d’utilisation des véhicules n’était pas assez élevé, ou comme la possibilité d’emprunter à Paris les voies de bus et de taxi. En vain.
De son côté, Bolloré, focalisé sur l’aspect industriel du projet, n’a pas été suffisamment attentif à sa dimension de service public. Chacun a préféré faire l’autruche jusqu’au clash final. Celui-ci jette dans l’incertitude les 267 salariés de la société, qui risquent de se retrouver au chômage. Il frustre également les 150 000 clients qui avaient adopté le service et irrite les contribuables franciliens, qui s’interrogent sur le montant final des pertes qu’ils devront éponger. Bref, un beau gâchis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », rappelle que diverses études et données suggèrent un déclin récent de nos capacités cognitives.
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« Le fait que la dégradation de notre environnement entraîne une baisse de QI est hautement probable »

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », rappelle que diverses études et données suggèrent un déclin récent de nos capacités cognitives.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 09h31
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. La dégradation ou les changements de notre environnement nous rendent-ils plus bêtes ? Ou, à tout le moins, peuvent-ils faire baisser notre quotient intellectuel (QI) ? Une récente étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, et dont Le Monde a rendu compte sous la signature de Nathaniel Herzberg, a remis cette idée en lumière.
Selon Ole Rogeberg et Bernt Bratsberg (Centre for Economic Research, Oslo), les deux auteurs de cette analyse, l’érosion du QI des conscrits norvégiens depuis le milieu des années 1990, qui intervient après des décennies de croissance, est due à l’environnement au sens large (éducation, nutrition, pollutions diffuses, écrans, etc.) et n’est pas explicable par d’autres facteurs, liés à des dynamiques sociales.
A notre connaissance, la Norvège et la Finlande sont les deux seuls pays disposant de données solides sur l’évolution du QI de l’ensemble de leur population, génération après génération. Tous les jeunes conscrits passent en effet, chaque année, des évaluations standardisées de leurs capacités cognitives. Et, dans ces deux pays, on note une érosion significative du QI depuis le milieu des années 1990. D’autres données, bien plus fragiles car réalisées sur de petits échantillons, suggèrent aussi un déclin récent du QI en France, et dans quelques autres pays.
Pourquoi un tel déclin, s’il est avéré ? Une très grande diversité de facteurs (éducation, taille des familles, etc.) entrent en ligne de compte dans l’augmentation ou le déclin du QI. Mais la conversation publique s’est récemment focalisée sur des causes chimiques. Certains métaux lourds (plomb, mercure…) ou perturbateurs endocriniens (pesticides, retardateurs de flamme…) imprégnant à bas bruit la population générale, pourraient altérer la construction cérébrale, assurent certains chercheurs.
Argumentaire trompeur
Cette alerte serait fantaisiste, rien de moins qu’une « fake...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Atteint d’un cancer après avoir manipulé intensivement le pesticide Roundup de Monsanto, le jardinier Dewayne Johnson poursuit la firme pour avoir dissimulé les risques.
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Premier procès du glyphosate aux Etats-Unis

Atteint d’un cancer après avoir manipulé intensivement le pesticide Roundup de Monsanto, le jardinier Dewayne Johnson poursuit la firme pour avoir dissimulé les risques.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 07h23
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

Conformément à la législation de Californie, le procès a été avancé pour permettre au plaignant, en phase terminale, de suivre les audiences. Dewayne Johnson, 46 ans, père de deux garçons, poursuit Monsanto, le premier producteur de semences génétiquement modifiées du monde et de leur herbicide associé, le Roundup. Il affirme que ce produit l’a rendu malade. C’est le premier procès, aux Etats-Unis, sur les possibles effets cancérigènes de ce produit phytosanitaire à base de glyphosate, commercialisé par le géant de l’agrochimie, racheté fin mai pour 63 milliards de dollars (54 milliards d’euros) par le groupe allemand Bayer.
La première audience a eu lieu lundi 18 juin devant la cour supérieure de l’Etat de Californie, à San Francisco. Dewayne Johnson est apparu vêtu d’un polo gris, le visage marqué de lésions qui couvrent 80 % de son corps. Employé de 2012 à 2014 à l’entretien des jardins du district scolaire de Benicia, une localité située à 65 km à l’est de San Francisco, il a mélangé et répandu des centaines de litres de Roundup, le pesticide phare de Monsanto, deux fois par mois en moyenne pendant deux ans. En 2014, les médecins lui ont annoncé qu’il était atteint d’un lymphome, un cancer qui affecte les globules blancs. Il a dû quitter son travail. Après sa chimiothérapie, l’oncologue lui a donné six mois à vivre.
Dissimulation de preuves
Le malade, qui a porté plainte en 2016, reproche à la firme de ne pas avoir prévenu les utilisateurs du danger présenté par le glyphosate, alors qu’elle en était informée, et, accusation lourde de conséquences, d’en avoir dissimulé les preuves. A la veille de l’audience, le vice-président de Monsanto chargé de la stratégie, Scott Partridge, a publié un communiqué affirmant sa « sympathie » pour « toute personne atteinte de cancer » mais réfutant tout lien avec le pesticide. « Les preuves scientifiques montrent clairement que le glyphosate n’en est pas la cause, a-t-il assuré....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ « Le Monde » a embarqué sur le navire scientifique pour un périple dans le Pacifique Nord entre Hawaï et Portland, à la recherche des microplastiques qui contaminent les océans.
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A bord de la goélette « Tara », cap sur la « soupe » de plastiques

« Le Monde » a embarqué sur le navire scientifique pour un périple dans le Pacifique Nord entre Hawaï et Portland, à la recherche des microplastiques qui contaminent les océans.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 19h34
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 14h00
    |

            Patricia Jolly








                        



   





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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Quarante-huit heures de navigation et 250 milles nautiques couverts (environ 460 km) sur les 2 255 prévus jusqu’à Portland (Oregon)… Mardi 19 juin à 21 h 12, heure locale, la goélette Tara a quitté le quai 9 du port de Honolulu (Hawaï) pour faire route vers le Great Pacific Garbage Patch (GPGP).

   


Juste avant le départ avait eu lieu le briefing « vie à bord et sécurité » du capitaine Yohann « Yo » Mucherie et de son second Daniel « Dan » Cron. Un huis clos à treize, à ciel ouvert, sur un voilier de 36 mètres, ça s’organise. Les marins sont connus pour leur manie de faire des phrases et les maîtres de notre bord ne dérogent pas à cette règle.
Le menu de la « croisière » est copieux : tableau des tâches à bord – de la vaisselle à la corvée de toilettes sans oublier le service de table –, planning des quarts de nuit – le plus cauchemardesque, c’est le 3 heures-6 heures –, répartition dans les deux Zodiac de sauvetage en cas de naufrage, et essayage des combinaisons d’immersion orange. Aussi seyantes que flottantes, elles prolongeraient au mieux nos agonies respectives de quelques heures. Depuis notre départ, nous n’avons en effet croisé qu’une poignée d’oiseaux marins égarés, et nous ne reverrons la terre qu’aux environs du 8 juillet.

   


Le fait d’œuvrer pour la planète ne nous affranchit pas des paradoxes. Depuis le départ, Tara a le vent dans le nez – quand il y en a – ; aussi, malgré ses deux mâts gigantesques et ses 400 mètres carrés de surface potentielle de voilure, la goélette monte à l’assaut du gyre de plastiques… au moteur. Vacarme assourdissant et relents de gazole entre deux nuances de bleu – du ciel et de l’océan –, tel est notre lot.
Séparer le plancton du plastique
Pour les cinq scientifiques du bord, experts en plancton et en plastique, ça n’est donc pas la vie de paquebot. Les « manips » débutent à 7 h 30 pétantes. A encore trois jours de navigation du GPGP, des microplastiques se laissent déjà prendre à leurs filets.
Dolphin, HSN ou Manta ressemblent à des chaussettes géantes équipées d’un collecteur qu’on traîne en surface entre trente minutes et deux heures. Il faut l’aide de deux membres de l’équipage pour les immerger à l’arrière de Tara qui doit adapter sa vitesse entre 7 et 3 nœuds (13 et 5,5 km/h) pour assurer des prélèvements efficaces. On les remonte pour entamer un travail de bénédictin : séparer le plancton du plastique à l’aide d’une pince à épiler géante. A l’abri de cryotubes, ces petites choses seront ensuite stockées dans les congélateurs ou les réfrigérateurs de la cale avant.

   


Malgré le beau temps et la mer calme, Justine Jacquin, doctorante spécialiste de la dégradation des plastiques à l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), n’a même pas pu faire un de ces allers-retours entre le pont arrière et les flancs du navire. Le premier jour, à peine éveillée, cette Bretonne s’est mise à nourrir les poissons. Elle n’a repris des couleurs, une alimentation légère et une vie sociale que trente-six heures plus tard, pour célébrer l’été et la Fête de la musique.
Mélanie Billaud, la Niçoise, s’est rebiffée. A 21 ans, cette étudiante en master 1 sciences de la vie à Sophia-Antipolis, est actuellement en stage avec Maria Luiza Pedrotti, chercheuse en biologie marine au Laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et cheffe de mission scientifique sur Tara. La benjamine du bord, qui doit son embarquement au désistement d’un chercheur senior, est bien décidée à vivre pleinement ce rêve éveillé. Jamais on n’avait vu quelqu’un plonger la tête dans un vilain seau marron puis le vider dans l’océan avec un sourire aussi radieux, avant de se remettre au travail comme si de rien n’était.

   


Daurade coryphène
Au coucher du soleil, Maria Luiza Pedrotti philosophait en briscard : « Il y a deux sortes de malades en mer, ceux qui sont “out” pour deux jours et qui n’y peuvent rien, et ceux qui, après avoir vomi, réussissent à vaquer à leurs occupations. »
J’appartiens donc à un troisième type, celui de la migraineuse barbouillée bien en peine de remplir son office. Comment le photographe Samuel Bollendorff est-il aussi à l’aise sur l’eau ? Ses bracelets antinausée ou ses origines luxembourgeoises ?
Mon questionnement existentiel attendra. La ligne de pêche qui traîne dans l’eau à bâbord couine, provoquant un branle-bas de combat. Une daurade coryphène de taille à améliorer notre ordinaire – un mètre pour 5 kg – se débat au bout de l’hameçon. Jonathan « Jon » Lancelot, le chef-plongeur, porte l’estocade d’un coup de couteau expert à l’arête dorsale. Taillé en filet et mis en marinade, l’infortuné mahi-mahi – comme on l’appelle dans ce coin du Pacifique – figure déjà au menu du déjeuner du lendemain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.
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Pétrole : l’OPEP, sous la pression de Trump, décide d’une modeste augmentation de la production

L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 08h42
    |

                            Nabil Wakim (Vienne, envoyé spécial)








                        



   


C’est un petit monde feutré, qui se réunit deux fois par an dans des locaux vieillots de la Helferstorferstrasse, dans l’un des quartiers les plus cossus de Vienne. Vendredi 22 juin, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a finalement trouvé un accord très attendu qui vise à augmenter la production pour faire baisser les prix au niveau mondial.
Fruit d’une intense négociation entre les Saoudiens, les Iraniens et les autres pays membres de l’organisation, le « deal » est un modèle d’opacité. Récit d’un marchandage en coulisses.
La difficile mission de Khalid Al-Falih
« Trump n’est pas là, mais on ne voit que lui, c’est comme s’il était dans la pièce ! », plaisante Helima Croft, analyste chez RBC Capital. Ces dernières semaines, le président des Etats-Unis ne s’est pas privé de tweeter son mécontentement face à des prix du pétrole qu’il juge trop élevés, et qui font perdre du pouvoir d’achat aux électeurs américains.
Il y a quelque temps, les Saoudiens plaidaient encore pour un prix du baril élevé, autour de 90 dollars, contre 75 dollars aujourd’hui. Mais, pour satisfaire Donald Trump et soutenir ses sanctions contre l’Iran, le ministre du pétrole, Khalid Al-Falih, s’est soudainement mis à défendre une hausse de la production de 1 million de barils par jour. Comment faire accepter ce revirement à un cartel qui se réjouit chaque jour d’avoir fait remonter les prix ?
« Trump n’est pas là, mais on ne voit que lui, c’est comme s’il était dans la pièce ! »
Mercredi 20 juin au soir, c’est le ministre du pétrole d’Abou Dhabi, Souhail Al-Mazroui, qui reçoit, pour le dîner de gala dans le somptueux hôtel de ville de Vienne. Mais le secrétaire général de l’OPEP, le Nigérian Mohammed Barkindo, a autre chose en tête que le délicieux style gothique de l’architecte Friedrich von Schmidt. Il s’adresse directement au ministre saoudien et lui confie son inquiétude. S’il veut parvenir à un accord et rassurer les marchés, Khalid Al-Falih doit être plus explicite. M. Barkindo a son idée : il peut modifier en dernière minute le programme des débats publics du lendemain matin, pour y faire parler M. Al-Falih, qui ne devait pas s’exprimer.

        Lire aussi :
         

                Pétrole : l’Arabie saoudite et la Russie font front commun face à l’Iran



Jeudi 21 juin dans la matinée, personne n’est au courant de cet arrangement. Et pour cause : ce que va dire le ministre saoudien n’a qu’un seul objectif. S’adresser directement à Donald Trump, pour lui faire comprendre que l’Arabie saoudite se préoccupe de ses clients et ne laissera pas les prix monter trop haut. « Il ferait mieux de se faire inviter directement sur le plateau de “Fox & Friends”, l’émission préférée de Trump », raille un analyste. Mais M. Al-Falih reste sur une ligne de crête, et envoie des messages d’apaisement aux Iraniens.
Mélodrame à la viennoise
Dans la soirée a lieu la réunion du comité technique qui doit préparer les contours d’un deal. Le secrétaire général décide de l’ouvrir à tous, y compris à l’Iran, qui n’en fait pas partie. Las ! Vers 21 heures, au bout de trente minutes de réunion, le ministre iranien du pétrole claque la porte et part retrouver les caméras qui font le pied de grue devant le bâtiment. Bijan Zanganeh joue la fermeté devant les journalistes : il n’y aura pas d’accord.
« C’est pire qu’un drame égyptien »
Une grande partie des observateurs est alors persuadée que l’Iran n’a plus rien à perdre et fera tout pour empêcher un deal. « C’est pire qu’un drame égyptien », lâche un analyste proche-oriental.
Mais, à l’intérieur de la grande salle sans charme du premier étage, les conseillers du ministre iranien sont restés, et le travail continue. Vers 23 heures, le ministre nigérian du pétrole sort et se montre optimiste. Vendredi matin, les choses s’accélèrent : les ministres saoudien et iranien se voient en tête-à-tête et trouvent un terrain d’entente.
Avant le début de la réunion officielle, la salle est brièvement ouverte aux journalistes, qui se ruent dans une gigantesque mêlée autour des dirigeants saoudiens et iraniens. « Nous avons quelque chose sur le feu », confirme Bijan Zanganeh, sans donner plus de détails.

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« Tout le monde peut dire qu’il a gagné ! » 
Les ministres s’enferment de nouveau et tentent de trouver la formule qui conviendra à tout le monde. Les Saoudiens veulent pouvoir afficher que la production augmentera de 1 million de barils par jour dès juillet, même si cette hausse devait être en partie fictive. Les Iraniens acceptent de voir la production augmenter, mais n’assument pas de monter à un tel niveau.
Pour résoudre ce dilemme, les délégations finissent par trouver une astuce. En novembre 2016, l’OPEP, la Russie et plusieurs autres pays producteurs de pétrole s’étaient mis d’accord pour réduire la production de 1,8 million de barils par jour, pour faire remonter les prix, qui s’étaient effondrés.
Mais la déroute du Venezuela, ainsi que les difficultés en Libye et en Angola, ont poussé le cartel à largement dépasser ces quotas de réduction, passant à 2,8 millions de barils par jour de baisse.
Résultat : ce nouvel accord de juin 2018 consiste surtout… à respecter celui de novembre 2016. C’est le président en exercice de l’OPEP, l’Emirati Souhail Al-Mazroui, qui vient l’annoncer aux journalistes et aux analystes. « Nous avons collectivement décidé que nous devons atteindre cet objectif à 100 % », répète-t-il, refusant de donner le moindre détail sur la répartition de cette hausse.
Il a raison de rester prudent : dans les couloirs, le ministre saoudien promet que la hausse de la production sera donc de 1 million de barils par jour, comme il s’y était engagé. Tandis que, de son côté, le ministre iranien répète que ce strict respect du texte initial de 2016 aboutira à une hausse de 460 000 barils, tout au plus.
« Tout le monde peut dire qu’il a gagné, tout en défendant l’accord », s’amuse un observateur. Concrètement, les Saoudiens vont pouvoir produire plus, pendant que ceux qui ne peuvent produire plus – comme le Venezuela ou l’Iran – n’auront pas à le faire. D’autant que l’OPEP ne s’est dotée d’aucun instrument spécifique de contrôle du respect de ses engagements…
Pour tenter de satisfaire tout le monde, le texte final préfère l’opacité à la clarté. Il n’est pas certain que cela soit du goût du président américain. « Espérons que l’OPEP va accroître sa production de manière significative. Il faut faire baisser les prix ! », a immédiatement écrit sur Twitter Donald Trump. Comme s’il était dans la pièce voisine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Les ministres de l’agriculture et de l’écologie ont réuni à Paris une soixantaine d’acteurs concernés par la suppression, dans les trois ans, de l’utilisation du glyphosate en France.
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Sortie du glyphosate : Stéphane Travert et Nicolas Hulot veulent des « engagements » à la mi-juillet

Les ministres de l’agriculture et de l’écologie ont réuni à Paris une soixantaine d’acteurs concernés par la suppression, dans les trois ans, de l’utilisation du glyphosate en France.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h54
   





                        


Le gouvernement a annoncé vendredi 22 juin la création d’un groupe de travail chargé de piloter la suppression, sous trois ans, de l’utilisation du glyphosate en France, afin d’en préciser les modalités. Syndicats agricoles, industriels, distributeurs, services de l’Etat, coopératives, chambres d’agriculture et instituts de recherche et d’innovation se sont retrouvés en terrain neutre, à l’hôtel de Cassini, une annexe de Matignon, en présence de parlementaires, sous l’égide de Stéphane Travert et de Nicolas Hulot, les ministres de l’agriculture et de la transition écologique.
« Nous allons missionner une “task force” pilotée par les deux ministères, avec l’appui de l’INRA [Institut national de recherche agronomique], de l’ACTA [Association de coordination technique agricole] et de l’APCA [Assemblée permanente des chambres d’agriculture] avec un compte rendu trimestriel », a déclaré M. Travert.
« La démarche de progrès doit s’appliquer partout et à tous et même si, selon les modes de production, chacun ne part pas du même endroit, nous allons maintenant dans la même direction, et ce n’est pas qu’une formule, avec cet objectif de sortie en trois ans », a ajouté M. Hulot. « On est passé dans une véritable démarche de confiance, de volonté et de détermination partagée », selon lui.
Les ministres ont précisé qu’ils attendent des acteurs l’identification des leviers du changement, filière par filière. Ils souhaitent disposer, d’ici à trois semaines, de premiers engagements précis de réduction et de suppression des usages du glyphosate.
Création d’un centre de ressources
Ils ont en outre annoncé à cette occasion la création d’un centre de ressources « d’ici à la fin de l’année » afin de rendre accessible à l’ensemble de la profession agricole les solutions existantes pour sortir du glyphosate, un herbicide controversé encore massivement utilisé en France. Les actions d’accompagnement vont être renforcées afin de « diffuser les solutions et trouver de nouvelles alternatives pour les usages pour lesquels il demeurerait des impasses », peut-on lire dans un communiqué commun.
Les réseaux territoriaux des chambres d’agriculture et l’enseignement agricole vont être, quant à eux, mobilisés « pour faire connaître et promouvoir les alternatives au glyphosate ». La « task force » devra pour sa part « rendre des comptes » tous les trois mois aux ministres et aux parlementaires « des actions engagées et des progrès accomplis ».

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« Une transition agroécologique majeure »
« Le président de la République a fixé un cap, et nous devons apprendre à nous passer du glyphosate dans les trois ans, tout en précisant que les agriculteurs ne seront pas laissés dans une impasse », a dit Stéphane Travert à la presse à l’issue de la rencontre.
« Il s’agit d’une transition agroécologique majeure d’autant plus marquante que le glyphosate est la substance phytosanitaire la plus utilisée, et la France veut se donner une ambition forte. »
L’Assemblée nationale a rejeté à la fin de mai des amendements, y compris LRM, qui visaient à graver dans la loi agriculture et alimentation cette sortie du glyphosate en 2021, le gouvernement voulant trouver d’abord une solution de rechange pour les agriculteurs.

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Les pays de l’Union européenne ont voté de justesse en novembre le renouvellement pour cinq ans de l’autorisation de cet herbicide, jugé dangereux par les défenseurs de l’environnement, mais que les agriculteurs veulent pouvoir continuer à utiliser. La France a, quant à elle, fait savoir que le produit serait interdit sur son sol d’ici à trois ans et n’a pas exclu une dérogation pour les « 10 % » de cas où il n’y aurait pas d’alternative pour les agriculteurs français. 

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Koko était un gorille connu dans le monde entier. Ce grand primate femelle, élevé par l’éthologue « Penny » Patterson, est mort, mercredi 20 juin, à l’âge de 46 ans.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Une étude inédite associe l’exposition in utero aux polluants à des modifications épigénétiques pouvant présenter un risque pour la mère et l’enfant.
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La pollution de l’air met en danger le fœtus en altérant le placenta

Une étude inédite associe l’exposition in utero aux polluants à des modifications épigénétiques pouvant présenter un risque pour la mère et l’enfant.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h25
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


La littérature scientifique regorge d’études démontrant les effets délétères de la pollution de l’air sur le développement du fœtus et de l’enfant. On sait désormais qu’une exposition aux particules fines pendant la grossesse augmente le risque de donner naissance à des bébés de petits poids, et plusieurs travaux suggèrent qu’elle pourrait aussi être à l’origine d’un fonctionnement dégradé des poumons ou de troubles neuro-développementaux.
L’étude publiée jeudi 21 juin dans la revue Environment international apporte une première réponse sur les mécanismes expliquant ces effets. Ils pourraient passer par une altération du placenta. « Nous nous sommes intéressés au placenta car c’est un tissu très important lors de la grossesse. C’est lui qui est responsable de la bonne santé de la maman et du développement du fœtus », explique au Monde Johanna Lepeule, auteure principale de l’étude et épidémiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Ces résultats inédits ont été obtenus par une équipe de chercheurs de l’Inserm, du CNRS et de l’université Grenoble-Alpes regroupés au sein de l’institut pour l’avancée des biosciences. Ils se fondent sur une cohorte de 668 mères (et de leurs enfants) recrutées entre 2003 et 2006 à Nancy et Poitiers.
L’équipe s’est intéressée aux effets du dioxyde d’azote (NO2), ce gaz très toxique majoritairement émis par le trafic automobile et en particulier par les motorisations diesel. Les chercheurs ont constaté que les mères les plus exposées au NO2 pendant leur grossesse présentaient des modifications épigénétiques au niveau du placenta. A savoir des modifications des mécanismes qui régulent l’expression des gènes.
« Accentuer la lutte »
Pour comprendre ce qu’est l’épigénétique, Johanna Lepeule recourt à une métaphore musicale : « Le code génétique, c’est la partition. L’épigénétique, c’est quand elle est jouée par l’orchestre avec les instruments. Il n’y a qu’une partition mais, à chaque fois, l’interprétation est différente. »
A la différence des travaux précédents sur les polluants atmosphériques, qui se concentraient sur des gènes particuliers, l’originalité de l’étude réside dans le fait qu’elle se base sur l’analyse de données épigénétiques à grande échelle : plus de 400 000 localisations épigénétiques. Cela a permis aux chercheurs d’associer l’exposition au NO2 à des modifications épigénétiques au niveau de cinq gènes, en particulier sur le gène ADORA2B.
« Des défauts dans l’expression de ce gène ont été associés dans d’autres études à la pré-éclampsie, une maladie de la grossesse fréquente et grave si elle n’est pas prise en charge », commente Johanna Lepeule. La pré-éclampsie est une pathologie qui se caractérise par une hypertension artérielle et s’accompagne d’une élévation de la présence de protéines dans les urines. Elle est responsable d’un tiers des naissances des grands prématurés.
« Cette étude est une première étape, juge la chercheuse. Il en faudra désormais d’autres pour confirmer notre hypothèse et associer ces modifications épigénétiques avec d’autres effets sanitaires pour la mère et l’enfant », explique Mme Lepeule.
Ces résultats sont d’autant plus inquiétants que toutes les mères de la cohorte étaient soumises à des concentrations de dioxyde d’azote inférieures aux limites annuelles fixées par la réglementation européenne et recommandées par l’Organisation mondiale de la santé, à savoir 40 µg/m³. Faut-il dès lors durcir ces limites ? « C’est aux politiques et aux citoyens de se saisir de la question de la réglementation, répond Johanna Lepeule. En tant que chercheuse, ce que je peux recommander, c’est d’accentuer la lutte contre la pollution atmosphérique. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ La qualité de l’air se dégrade, et pas seulement dans les métropoles : du fait du réchauffement des océans, le taux d’oxygène dans l’atmosphère pourrait avoir baissé de 2 % en un siècle. Une catastrophe écologique négligée.
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Pollution : la vie ne tient qu’à un souffle

La qualité de l’air se dégrade, et pas seulement dans les métropoles : du fait du réchauffement des océans, le taux d’oxygène dans l’atmosphère pourrait avoir baissé de 2 % en un siècle. Une catastrophe écologique négligée.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h39
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
En cette chaude journée du 10 juin, j’ai consulté Airparif, qui analyse l’état de l’air sur la capitale. L’indice de pollution était jaune, c’est-à-dire « moyen » sur une échelle qui va du bleu (très faible) au rouge sang (très élevé). La présence de particules fines nocives (PM10) était estimée à 73 g/m3, soit plus du double de la valeur guide d’un air acceptable : 30 g/m3. Rien d’étonnant à cela : le 17 mai, la Commission européenne a renvoyé la France devant la Cour de justice de l’Union pour non-respect des normes de qualité de l’air. Sont incriminés les PM10 et le NO2, gaz émis par les moteurs diesel.
Nous, les humains, sommes dans l’air comme le poisson dans l’eau. Nous y baignons, nous sommes tellement habitués à ce qu’il nous soit donné, depuis toujours, en tout lieu, à un taux d’oxygène constant vital pour nos organismes, que nous oublions qu’il est menacé. Il faut pourtant savoir que cet air miraculeux, le premier des biens communs, n’a pas toujours enveloppé la Terre pour y soutenir la vie. Un journaliste scientifique américain, Sam Kean, nous le rappelle dans un livre récent : Caesar’s Last Breath. Decoding the Secrets of the Air Around Us (« Le dernier souffle de César. Décoder les secrets de l’air autour de nous », Little, Brown and ­Company, 2017, non traduit).
Études inquiétantes
Il y a quelque 4,5 milliards d’années, la première atmosphère de la Terre était composée de dioxyde de carbone (CO2), de soufre, de sulfure d’hydrogène, d’ammoniaque, de méthane – des gaz qui suintaient des fissures du sol et des volcans. Puis, il y a 3,8 milliards d’années, certaines bactéries ont inventé la photosynthèse, extrayant l’oxygène (O) du CO2.
Peu à peu, une partie de cet oxygène a formé la couche de trioxygène, ou ozone, ce formidable bouclier qui protège la biosphère du rayonnement solaire : il a permis que, il y a entre – 541 et – 530 millions d’années, le vivant s’épanouisse. C’est ce qu’on a appelé l’« explosion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le juriste Yann Aguila estime que l’environnement a toute sa place dans l’article 1, « socle des valeurs communes  ». Selon lui, inscrire le principe de non-régression dans la Constitution serait intéressant.
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Inscrire le climat dans la Constitution « aura un impact réel »

Le juriste Yann Aguila estime que l’environnement a toute sa place dans l’article 1, « socle des valeurs communes  ». Selon lui, inscrire le principe de non-régression dans la Constitution serait intéressant.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h41
    |

            Simon Roger








                        



                                


                            

La réforme des institutions engagée par le gouvernement suppose d’« adapter notre droit, notre démocratie, nos institutions, aux vrais enjeux du XXIe siècle », martèle le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Mais comment intégrer les enjeux environnementaux et climatiques dans le texte constitutionnel, quels en seraient les effets ? Analyse de l’avocat et professeur de droit public, Yann Aguila, qui préside par ailleurs la commission environnement du Club des juristes, le premier think tank juridique français.
L’environnement et le climat ont-ils leur place dans la Constitution ?
La Constitution est tout à fait le lieu où inscrire la protection de l’environnement en général et la lutte contre le réchauffement climatique en particulier. Que doit-on inclure dans une Constitution, sinon le socle des valeurs communes de long terme qu’on souhaite mettre à l’abri des changements de majorité politique, pour les générations présentes mais aussi pour les générations futures.
La réforme des institutions offre aujourd’hui une fenêtre de tir pour obtenir un texte qui consacre explicitement, et pas entre les lignes, l’environnement et le climat. C’est au constituant de désigner les objectifs. Si le jour venu, le juge constitutionnel est amené, par exemple, à censurer une loi au motif qu’elle est contraire aux objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, il aura un texte clair à l’appui de sa décision.

La protection de la biodiversité n’est-elle pas, elle aussi, un enjeu de long terme ?
En effet, dans la rédaction proposée par Nicolas Hulot figurent à la fois l’action contre le changement climatique et la protection de la diversité biologique. C’est important de rappeler ces deux objectifs, d’autant que l’interdépendance entre ces deux problématiques est de plus en plus évidente. On voit bien que le dérèglement climatique est une cause...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Les quelque 100 élus du comité du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole ont voté, jeudi, la résiliation du contrat les liant au groupe Bolloré.
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Autolib’ va s’arrêter, mais à une date encore inconnue

Les quelque 100 élus du comité du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole ont voté, jeudi, la résiliation du contrat les liant au groupe Bolloré.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h16
    |

            Béatrice Jérôme








                        



   


« Hidalgo fiasco !, Hidalgo fiasco ! » : devant la mairie du 12e arrondissement, jeudi 21 juin, une petite centaine de salariés d’Autolib’ scandaient ce slogan. Tandis que sur les marches, devant eux, Philippe Brillault, maire (Les Républicains) du Chesnay (Yvelines), leur expliquait, micro en main, qu’il comptait faire échec à « la décision de la maire de Paris d’arrêter Autolib’ ». Avec la bénédiction du groupe Bolloré, un petit bataillon d’élus de banlieue de droite a tenté de s’opposer au vote de la résiliation, jeudi, par le Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM). Leur mobilisation n’a pas empêché la sentence de tomber.
Réuni dans la salle des fêtes de la mairie du 12e, le comité du SAVM, qui compte une centaine d’élus, a donné son feu vert à l’arrêt – non encore effectif – du service d’autopartage concédé au groupe Bolloré par le précédent maire de Paris, Bertrand Delanoë, en 2011. Le scrutin était dénué de suspense. La Mairie de Paris est majoritaire avec 55 % des voix (606 sur 1 208, réparties entre une centaine de communes). Chaque ville a autant de voix que de stations Autolib’ sur son territoire. Et la capitale était favorable à la résiliation.
Clivage droite-gauche
Ce vote découle de la bataille financière entre les communes et Autolib’, qui dure depuis des mois. Le 15 juin, la présidente du SAVM, Catherine Baratti-Elbaz, maire (PS) du 12e, a annoncé qu’elle proposerait au comité syndical de refuser de payer la somme, « abracadabrantesque » selon Mme Hidalgo, exigée par le groupe Bolloré pour combler le déficit d’Autolib’. Par courrier du 25 mai au SAVM, l’industriel réclamait 233,7 millions d’euros aux communes d’ici à 2023. L’acceptation ou le refus de payer sont censés, selon le contrat, lui être notifiés par le SAVM avant le 25 juin. Sur la foi de plusieurs expertises juridiques, la Mairie de Paris a estimé qu’elle avait avantage à assortir le refus de verser la somme d’une demande concomitante de résiliation du contrat. Cette stratégie devrait lui permettre, selon les juristes consultés, d’espérer contrer les exigences financières de Bolloré au titre de l’arrêt du service, en cas de contentieux devant le tribunal administratif. Des exigences qui, selon l’industriel, pourraient s’élever à près de 300 millions d’euros.
Jeudi, Mme Baratti-Elbaz a estimé à « moins de 100 millions d’euros » le coût de la résiliation. « C’est un engagement que je prends devant vous au vu des analyses juridiques dont nous disposons », a-t-elle déclaré. Peu précise, cette évaluation n’a visiblement pas été le premier critère pris en compte par les élus. Le vote sur l’arrêt d’Autolib’ a surtout fait apparaître un clivage droite-gauche.
Les représentants des villes de gauche ont majoritairement voté pour la résiliation en reprenant l’argumentaire de la maire socialiste de Paris et du SAVM. « C’est Bolloré qui prend la responsabilité de l’arrêt du service par l’ultimatum financier qu’il nous pose », a fait valoir Gilles Gauché Cazalis, l’élu (Gauche citoyenne) représentant la ville de Nanterre au syndicat.
En coulisses, les ponts ne sont pas rompus
Les élus de droite et du centre se sont pour la plupart abstenus ou ont voté contre la résiliation. « Nous, les maires de banlieue, sommes les dindons de la farce, s’est emporté Philippe Ribatto, adjoint à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Hidalgo a voulu interrompre le service et a pris le syndicat pour une chambre d’enregistrement », expliquait l’élu pour justifier son vote contre la fin d’Autolib’. « Nous voulons voir perdurer un service qui donne satisfaction aux usagers et qui pourrait même se développer considérablement », assurait le maire du Chesnay, M. Brillault. Ce proche de Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Ile-de-France, a annoncé son intention de saisir le tribunal administratif sur la légalité du vote de la délibération et de certaines décisions du SAVM. « Le syndicat n’a pas fait preuve de suffisamment de transparence envers les élus et n’a pas pris la mesure du risque de déficit assez à temps en 2015 et 2016, et ce malgré les alertes successives de Bolloré », déplorait Xavier Caron, adjoint (LR) à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) qui a refusé de prendre part au vote.
Plusieurs élus de droite ont demandé une suspension de séance pour pouvoir entendre Marie Bolloré, patronne du pôle mobilité électrique de Bolloré, et Gilles Alix, directeur général du groupe, assis discrètement dans le public de la salle des fêtes. Mais leur requête a été rejetée par Mme Baratti-Elbaz. « On va continuer à se battre. Ne croyez surtout pas les balivernes du syndicat, La Ville de Paris a pris la décision de résilier le service pour des raisons électoralistes ! », s’est indigné M. Alix. « Nous irons au tribunal administratif et nous obtiendrons beaucoup d’argent », assurait-il en s’engouffrant avec fracas dans le vestibule de la mairie.

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                Après la fin d’Autolib’, l’avenir incertain de l’auto-partage à Paris



Le groupe Bolloré et la Mairie de Paris ont chacun voulu éviter de perdre la face ces derniers jours et se renvoient la responsabilité de la mort du service d’autopartage. Mais, en dépit de la bataille de communication autour de l’enterrement d’Autolib’, en coulisses, les ponts ne sont pas rompus. Vendredi, les représentants de Bolloré et le SAVM avaient rendez-vous. Le sort des 267 salariés d’Autolib’ et la date précise d’arrêt du service sont en débat. Les négociations financières, elles aussi, se poursuivent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ En déplacement en Bretagne, le chef de l’Etat a conforté son ministre sur le glyphosate et sur plusieurs dossiers miniers et énergétiques.
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Macron envoie des signaux positifs à Hulot

En déplacement en Bretagne, le chef de l’Etat a conforté son ministre sur le glyphosate et sur plusieurs dossiers miniers et énergétiques.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h14
    |

            Cédric Pietralunga (Côtes d'Armor et Finistère, envoyé spécial)








                        


« Je bois du petit-lait bio ! » Souvent dépeint comme un ministre en sursis, Nicolas Hulot affichait une mine réjouie, mercredi 20 juin, sur les falaises du cap Fréhel (Côtes-d’Armor), où il était venu annoncer, au côté d’Emmanuel Macron, le maintien des six premiers projets de parcs éoliens offshore français, menacés d’annulation par le gouvernement en raison de leur coût trop élevé. « C’est un moment important pour moi », reconnaissait le ministre de la transition écologique et solidaire, souvent accusé de ne pas gagner d’arbitrages.
Un brouillard tenace avait beau recouvrir la côte bretonne, impossible d’assombrir l’humeur de l’ex-animateur de TF1. Sa mésentente avec le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Stéphane Travert ? « Des tableaux caricaturaux », s’est-il défendu. La preuve, vendredi 22 juin, les deux hommes réuniront ensemble « tous les acteurs de la filière agricole pour bâtir des plans d’action pour sortir du glyphosate ». Ses relations avec le chef de l’Etat, qui parfois s’agace en privé des états d’âme de son ministre ? « On s’entend très, très bien », a rassuré M. Hulot, ajoutant : « L’un et l’autre, on est incapables de dissimuler. »

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                Nucléaire : pourquoi Nicolas Hulot met la pression sur EDF



Le 16 mai, l’ex-candidat à la primaire écologiste de 2011 avait pourtant annoncé qu’il évaluerait « à l’été » sa présence au sein du gouvernement, laissant entendre qu’il pourrait partir s’il ne se sentait plus utile. Une attitude régulièrement adoptée par Nicolas Hulot depuis son arrivée à l’hôtel de Roquelaure et qui a le don d’agacer une partie de la majorité, voire de l’exécutif. « Il se permet des choses qu’aucun autre ministre n’oserait, de peur de prendre la porte », grince un conseiller ministériel.
Mais depuis sa dernière sortie, l’« insatisfait » Hulot dit avoir fait avancer plusieurs dossiers, sur le glyphosate, sur l’interdiction des permis d’exploration des hydrocarbures, sur la fermeture des centrales à charbon ou nucléaires. Signe de sa nouvelle idylle avec le ministre le plus populaire du gouvernement, Emmanuel Macron a ainsi profité de son séjour breton pour annoncer la fin du projet d’extraction de sable coquillier en baie de Lannion. « Les conditions d’exploitation ne sont aujourd’hui pas satisfaisantes », a plaidé le chef de l’Etat.
Autre concession environnementale, le président a déclaré mettre un terme aux projets d’exploration minière en Centre-Bretagne, qui devaient permettre à terme d’extraire du zinc, du cuivre, du plomb ou des métaux précieux comme de l’or ou de l’argent, mais qui étaient contestés par des associations et des élus locaux. Un signal fort : c’est Emmanuel Macron lui-même qui avait accordé ces permis à la société Variscan, en 2014 et 2015, alors qu’il était ministre de l’économie.
« Ça ne va jamais assez vite »
Lors d’un discours à Quimper, jeudi 21 juin, le chef de l’Etat a surtout tenté de mettre un terme au débat qui agite encore une partie des professionnels de l’agriculture sur le glyphosate, en établissant un parallèle entre le pesticide de Monsanto et le chlordécone, un autre produit phytosanitaire utilisé dans les Antilles françaises durant des années, alors que sa toxicité était avérée. « Vous pensez qu’on peut être fier de ce qu’on a fait ?, a interrogé M. Macron. Vous voulez qu’on réplique ça avec le glyphosate ? » Manière de dire qu’il ne laisserait pas l’Etat prendre la responsabilité de différer l’interdiction du produit, alors que certains mettent en doute sa volonté d’y parvenir d’ici trois ans, comme il s’y est engagé.
Seul bémol de ce séjour breton pour Nicolas Hulot : M. Macron a réitéré sa volonté de réaménager la loi littoral, « une bonne loi » mais qui « a des aberrations », selon lui. « Nous avons construit une vision excessive » de cette loi, que l’« on n’arrive plus à expliquer avec bon sens », a-t-il plaidé à Quimper, citant en exemple la difficulté de certaines communes côtières à réhabiliter un centre nautique ou des équipements sanitaires. Malgré les divisions de la majorité sur ce sujet, le chef de l’Etat a assuré que le dispositif sur les « dents creuses », ces parcelles de terrain déclarées inconstructibles le long du littoral, serait « corrigé ».
Mais pas de quoi refroidir Nicolas Hulot, qui donne parfois le sentiment d’avoir du mal à se convertir au pragmatique « en même temps » du chef de l’Etat. « Ça ne va jamais assez vite, compte tenu de l’urgence climatique, de l’urgence sur les sujets santé et environnement. Mais on n’est pas dans un conte de fées, il faut tenir compte d’un certain nombre de réalités », a ainsi déclaré le ministre de la transition écologique lors de son périple breton. Presque un brevet de macronisme.



                            


                        

                        


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Nucléaire : pourquoi Nicolas Hulot met la pression sur EDF

« La filière nucléaire nous emmène dans une dérive », a tancé jeudi le ministre de la transition écologique, encourageant également l’électricien à investir davantage dans les énergies renouvelables



Le Monde
 |    22.06.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h21
    |

            Rémi Barroux et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            
« Une des raisons pour lesquelles EDF se retrouve en difficulté, c’est que, notamment, la filière nucléaire, pardon de le dire, nous emmène dans une dérive. » En quelques minutes, jeudi 21 juin au matin sur Franceinfo, Nicolas Hulot s’est livré à un réquisitoire sévère en règle contre le nucléaire… et contre la stratégie d’EDF, entreprise largement publique, dont il est le ministre de tutelle.
« Il faut que personne ne s’entête. Il n’y a pas de honte à réviser un avis quand les paramètres démontrent que parfois ce que l’on a dit ne s’est pas réalisé. On voit bien qu’économiquement il y a une espèce de règle d’or qui est en train de s’imposer dans cette filière, c’est qu’en réalité on ne tient jamais nos promesses », a-t-il lancé dans une allusion transparente à l’interminable chantier de Flamanville, en Normandie.
Le ministre de la transition écologique et solidaire a également encouragé l’électricien public à investir plus largement dans les énergies renouvelables, particulièrement le solaire et l’éolien, dont les coûts ont très fortement baissé ces dernières années. « On voit bien que le coût de l’énergie fabriquée avec du nucléaire ne cesse de monter (…), en même temps que le coût des énergies renouvelables est en train de dégringoler », a-t-il souligné.
Ces critiques n’ont rien d’anodin : Nicolas Hulot a défendu publiquement, en novembre 2017, le recul du gouvernement sur la loi de transition énergétique. L’objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % de la production électrique en 2025 a été repoussé à une date ultérieure, autour de 2030 ou 2035.
Plusieurs dirigeants de la filière nucléaire française ont alors fait part de leur soulagement. La priorité donnée par Emmanuel Macron à la lutte contre le changement climatique avait achevé de les convaincre que le positionnement antinucléaire de Nicolas Hulot n’aurait pas d’impact immédiat sur la filière.
Or ces nouvelles déclarations interviennent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Ce grand primate femelle, élevé par l’éthologue Penny Patterson et devenu l’ambassadeur de son espèce, était connu dans le monde entier pour sa capacité de communication et d’empathie.
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Koko, le gorille qui parlait la langue des signes, est morte

Ce grand primate femelle, élevé par l’éthologue Penny Patterson et devenu l’ambassadeur de son espèce, était connu dans le monde entier pour sa capacité de communication et d’empathie.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 16h37
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h39
   





                        



Gorille femelle à l’intelligence exceptionnelle, capable de communiquer avec les humains par la langue des signes, Koko est morte mercredi 20 juin 2018, à l’âge de 46 ans.
Ce grand primate né le 4 juillet 1971 au zoo de San Francisco a été éduqué par l’éthologue Penny Patterson à partir de 1972. Celle-ci commença très tôt à lui apprendre la langue des signes avant de créer The Gorilla Foundation à l’université Stanford. Koko maîtrisait environ 1 000 mots et était connue pour son intelligence et sa grande capacité d’empathie.

   


Elle fut l’objet de nombreux reportages, notamment dans le National Geographic, dont elle fit en octobre 1978 la couverture en train de se prendre en photo face à un miroir. Sept ans plus tard, elle fit à nouveau la couverture du magazine avec son chaton, surnommé All Ball, pour lequel elle nourrissait une affection remarquable. A tel point qu’à la mort du félin, renversé par une voiture, Koko avait affiché son chagrin pendant plusieurs mois.

Cette relation entre les deux animaux avait fait l’objet d’un livre pour enfants devenu un classique, Koko’s Kitten, « encore utilisé aujourd’hui dans des écoles du monde entier », selon The Gorilla Foundation.
« Koko a touché des millions de personnes en tant qu’ambassadrice des gorilles et symbole de la communication entre les espèces. Elle était aimée et nous manquera beaucoup », a déclaré la fondation dans un communiqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Le président français a évoqué lors de son discours les annonces de la Commission européenne, considérant que « ce ne sera pas accepté ».
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Pour Emmanuel Macron, la réduction du budget de la PAC est « inacceptable »

Le président français a évoqué lors de son discours les annonces de la Commission européenne, considérant que « ce ne sera pas accepté ».



Le Monde
 |    21.06.2018 à 13h55
   





                        



   


« Inacceptables ». Emmanuel Macron a martelé, jeudi 21 juin, l’adjectif utilisé par son ministre de l’agriculture au sujet de la réduction annoncée du budget de la Politique agricole commune (PAC). Depuis Quimper (Finistère), où il s’est rendu pour détailler son « pacte girondin », le président français est revenu sur les annonces de la Commission européenne, qui aboutiraient, selon lui, à faire payer le coût du Brexit uniquement par les agriculteurs.
« Ce qui a été proposé par la Commission européenne aujourd’hui est inacceptable et ne sera pas accepté. C’est inacceptable parce que c’est, en quelque sorte, vouloir dire à tous les paysans d’Europe, le coût du Brexit sera payé uniquement par vous. »
« Qu’on diminue à due proportion de la part de nos amis britanniques la part des engagements budgétaires pour les différentes politiques existantes, c’est tout à fait normal. Qu’on les diminue beaucoup plus sans aucune raison c’est inacceptable », a-t-il répété.
« Instrument de transition »
Il s’est dit favorable à une politique agricole commune conçue comme « un instrument de la transition », se disant « prêt à ce que le gouvernement confie aux régions les aides aux investissements pour la prochaine PAC. Ce sera plus clair et plus efficace ».
La Commission a proposé au début de mai une baisse de 5 % du budget dédié à la PAC pour la période 2021-2027, avec une enveloppe totale de 365 milliards d’euros, mais certains craignent déjà des coupes encore plus sévères en termes réels. Juste après l’annonce le 2 mai, le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, avait estimé qu’il s’agissait de « propositions inacceptables ». « Une telle baisse, drastique, massive et aveugle est simplement inenvisageable », avait-il dit.

        Lire aussi :
         

                La France agricole s’insurge contre les coupes dans le budget de la PAC






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Partout dans le monde, des villes et des régions explorent la question des « communs ». Entre contrôle de l’Etat et mécanismes du marché, cette troisième voie, qui propose de repenser  la propriété des biens universels, implique une autre approche économique et politique.
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Biens communs : jouir sans posséder

Partout dans le monde, des villes et des régions explorent la question des « communs ». Entre contrôle de l’Etat et mécanismes du marché, cette troisième voie, qui propose de repenser  la propriété des biens universels, implique une autre approche économique et politique.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 16h23
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
La vie reprendrait-elle son cours normal à Notre-Dame-des-Landes ? Fermée depuis six ans, la D 281, ou « route des chicanes », a été officiellement rouverte à la circulation le 14 juin. Dix jours plus tôt, quinze conventions d’occupation précaire avaient été signées en préfecture des Pays de la Loire, qui permettront à diverses exploitations (élevage, maraîchage, culture céréalière, pépinière, apiculture) de faire leurs preuves.
Mais les habitants de la ZAD, ex- « zone à défendre », espèrent plus qu’une simple acceptation de leurs projets personnels. Ils souhaitent créer des synergies, un écosystème. Et ils ne sont pas les seuls. Depuis l’abandon par le gouvernement du projet d’aéroport, en janvier, de nombreuses voix, et non des moindres, se sont élevées pour défendre les revendications des zadistes. Car leur projet collectif a relancé avec force la question des utopies concrètes, et avec elle la notion des communs.
Débats citoyens
« Dans les interactions entre habitants “historiques”, paysans, squatteurs, voisins (…) s’est construit un territoire commun, au-delà de la propriété, des habitudes et des appartenances », constate ainsi un collectif d’intellectuels, parmi lesquels la philosophe Isabelle Stengers et l’anthropologue au Collège de France Philippe Descola (Mediapart, 6 avril). Une démarche « collective, construite comme un “commun”, au sein de laquelle les individualités trouvent leur propre énergie », appuient l’ingénieur des Ponts et Chaussées Olivier Frérot et le géographe Luc Gwiazdzinski (Libération, 20 avril).
« Pourquoi ne pas reconnaître aux ­zadistes un droit à l’expérimentation ? Ils pourraient ainsi promouvoir une autre approche de la propriété qui est celle des “commons”, c’est-à-dire un dispositif fondé sur un collectif identifié et porteur d’un territoire », insiste l’économiste Bernard Paranque (Le Monde, 18 mai).

La...




                        

                        


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L’Allemagne accuse la Russie de cyberattaques visant le secteur de l’énergie

L’accusation du chef du renseignement allemand survient après plusieurs alertes.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 12h04
    |

            Martin Untersinger








                        


La Russie est derrière une campagne d’infiltration informatique visant le secteur de l’énergie allemand. L’accusation a été lancée mercredi 20 mai par Hans-Georg Maassen, le directeur de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), le service de renseignement intérieur allemand, interrogé par le groupe de médias allemands RND. « Le mode opératoire est l’une des multiples indications qui pointent vers une implication russe », a déclaré M. Maassen.
Il y a une dizaine de jours, l’autorité allemande chargée de la sécurité informatique du pays alertait sur une « vaste et globale cyberattaque » visant le secteur de l’énergie. « Dans plusieurs cas, des préparatifs pour une attaque future ont été détectés » écrivait l’Office fédéral pour la sécurité informatique (BSI), tout en reconnaissant qu’il n’existait à ce jour « aucune indication d’un accès réussi aux réseaux de contrôle et de production ».
« Nous ne savons pas de quoi il parle », a rétorqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, interrogé par Reuters. Ni le directeur du BfV ni le BSI n’ont précisé le nombre ou l’identité des entreprises visées. L’été dernier, le BSI avait déjà alerté sur une offensive visant le secteur allemand de l’énergie.
Une menace réelle
La menace de pirates parvenant à perturber le fonctionnement de réseaux de distribution d’énergie est réelle. Par deux fois et en plein hiver, des pirates vraisemblablement téléguidés par le Kremlin s’en sont pris au réseau électrique ukrainien, parvenant à en interrompre partiellement le fonctionnement.
En France, même si les autorités restent très discrètes sur le sujet, la menace est prise très au sérieux. Si le versant production, plus spécifiquement les centrales nucléaires, n’inspire pas d’inquiétudes majeures en matière de sécurité informatique, il en va différemment pour le secteur de la distribution.
Ce dernier fait partie de ceux qui donnent des sueurs froides en raison de ses vulnérabilités et des dégâts qu’une attaque réussie pourrait occasionner. « C’est un secteur très sensible, qui est ciblé », reconnaissait Guillaume Poupard, le directeur de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi), interrogé par Le Monde en marge d’une conférence cet automne.

        Lire notre enquête :
         

          Le réseau électrique français peut-il être piraté ?



Quelques semaines auparavant, l’entreprise spécialisée Symantec avait détecté la résurgence de ce type d’attaques. En avril, Kaspersky, autre spécialiste du secteur, a révélé avoir découvert des serveurs utilisés comme base arrière par un groupe particulièrement intéressé par le secteur de l’énergie dans plusieurs pays occidentaux. Ce groupe, qui a été baptisé « Energetic Bear » ou « Dragonfly », est, selon le gouvernement états-unien, piloté par le Kremlin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Dans un entretien sur Franceinfo, le ministre de la transition écologique et solidaire a estimé que le groupe français était dans « une dérive » à cause de son trop grand attachement au nucléaire.
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Nucléaire : Hulot met la pression sur EDF

Dans un entretien sur Franceinfo, le ministre de la transition écologique et solidaire a estimé que le groupe français était dans « une dérive » à cause de son trop grand attachement au nucléaire.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 12h19
    |

                            Nabil Wakim








                        


Alors que la France est en pleine discussion sur sa feuille de route énergétique, Nicolas Hulot n’a pas mâché ses mots, jeudi sur Franceinfo. « Une des raisons pour laquelle EDF se retrouve en difficulté, c’est que, notamment, la filière nucléaire, pardon de le dire, nous emmène dans une dérive », a déclaré le ministre de la transition écologique et solidaire.

M. Hulot s’est livré à une critique en règle du nucléaire. « On voit bien que le coût de l’énergie fabriquée avec du nucléaire ne cesse de monter parce que nous n’avons pas nécessairement provisionné un certain nombre de choses, en même temps que le coût des énergies renouvelables est en train de dégringoler », a souligné le ministre.
« On voit bien qu’économiquement, il y a une espèce de règle d’or qui est en train de s’imposer dans cette filière, c’est qu’en réalité, on ne tient jamais nos promesses », a-t-il encore estimé.
« Il faut sortir des dogmatismes (…). Je pense que l’avenir d’EDF, et l’avenir notamment économique, il est d’abord et principalement dans l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables », a ajouté le ministre. « Qu’EDF – et je pense que maintenant c’est son souhait – ne manque pas l’opportunité de la transition énergétique », a-t-il encore appelé.
Ces critiques n’ont rien d’anodin : d’abord, Nicolas Hulot est le ministre de tutelle d’EDF, entreprise très majoritairement publique. Surtout, M. Hulot a défendu publiquement, en novembre 2017, le recul du gouvernement sur la loi de transition énergétique : l’objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % de la production électrique en 2025 a été repoussé à une date ultérieure, autour de 2030 ou 2035.
Les objectifs pour les cinq prochaines années
Cette sortie de M. Hulot intervient alors que la France débat en ce moment de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), sa feuille de route énergétique, qui doit fixer des objectifs pour les cinq prochaines années. Parmi les sujets clé, figure la trajectoire de réduction du parc nucléaire.
EDF souhaiterait ne fermer aucune centrale avant 2029, et a récemment demandé, dans le cadre de la PPE, que l’Etat s’engage sur la construction d’un deuxième EPR, en plus de celui de Flamanville. Or l’EPR de Flamanville, déjà plombé par des années de retard et un budget qui est passé de 3 à 10,5 milliards d’euros, va certainement connaître de nouveaux délais et ne pourra pas démarrer en janvier 2019, comme l’espérait EDF.

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                Nouveau retard à l’allumage pour le réacteur de Flamanville



Ce n’est pas la première fois que le ministre tance l’électricien. En novembre, dans un entretien au Financial Times, il avait demandé à EDF de prendre ses responsabilités dans la transition énergétique. Depuis, le groupe a annoncé deux plans, l’un pour développer le solaire, l’autre le stockage de l’électricité.

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La situation d’EDF reste difficile sur le plan financier : le groupe souffre de la faiblesse des prix de l’électricité sur le marché, perd plusieurs dizaines de milliers de clients par mois et a souffert des arrêts de nombreuses tranches nucléaires ces dernières années. Contacté, le groupe EDF n’a pas souhaité réagir aux déclarations du ministre.



                            


                        

                        


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La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis inquiète les pétroliers texans

Pékin a menacé d’imposer des tarifs douaniers de 25 % sur les importations d’or noir, de gaz et de charbon américains à partir du 6 juillet. Une mesure dont les producteurs texans de pétrole de schiste pourraient être les premières victimes.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h47
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                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Les compagnies pétrolières américaines comptent parmi les plus fervents soutiens de l’administration Trump. Toutefois, la guerre commerciale lancée par le président américain contre la Chine inquiète les patrons du secteur. Car, après les mesures protectionnistes annoncées par le locataire de la Maison Blanche sur l’acier ou les panneaux solaires, Pékin a menacé, mardi 19 juin, d’imposer des tarifs douaniers de 25 % sur les importations de pétrole, de gaz et de charbon américains à partir du 6 juillet.
La déclaration chinoise n’a rien d’anodin. En effet, la Chine est le premier consommateur de pétrole américain, et le pays où la demande d’or noir continue de croître de manière importante. Sur les six derniers mois, elle a ainsi importé plus de 360 000 barils américains par jour, et pourrait, selon les prévisions, aller jusqu’à 450 000 barils par jour d’ici peu.
Les premiers concernés par une telle mesure seraient les producteurs texans de pétrole de schiste, dont la production est en hausse constante. « Ce sera très difficile pour tout le monde à court terme », a expliqué à l’agence Reuters Ron Gasser, le vice-président du pétrolier Mammoth Exploration. Surtout, les parts de marché acquises difficilement en Chine par les producteurs américains risqueraient de tomber dans l’escarcelle des Russes, actuellement premiers fournisseurs de pétrole à Pékin. Pire, les Chinois pourraient être tentés d’acheter du brut iranien.

Répercussions globales
L’industrie pétrolière était déjà réticente à l’idée de voir Donald Trump se lancer dans une bataille sur l’acier. Alors que le secteur est en plein essor, les patrons du pétrole importent massivement de l’acier de l’étranger – et notamment chinois – pour développer des oléoducs nécessaires à l’exportation d’or noir.
L’impact pourrait se faire sentir au-delà des producteurs américains. Dès le mois de mars, l’Agence internationale de l’énergie prévenait qu’une guerre commerciale...




                        

                        

