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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Une dizaine de poissonniers ont été sanctionnés le 14 juin à l’occasion d’une opération de contrôle mobilisant une vingtaine d’agents des services de l’Etat.
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Les poissonniers du Vieux-Port verbalisés pour ne pas avoir apposé le nom latin sur leurs étals

Une dizaine de poissonniers ont été sanctionnés le 14 juin à l’occasion d’une opération de contrôle mobilisant une vingtaine d’agents des services de l’Etat.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 14h13
   





                        



   


« C’est une galéjade ! » Les poissonniers du Vieux-Port de Marseille ne décolèrent pas samedi 23 juin après la verbalisation de plusieurs d’entre eux il y a une semaine pour ne pas avoir inscrit le nom latin des poissons sur leurs étals.
« Les clients ne font même pas la différence entre la rascasse et le rouget, qu’est-ce qu’on vient nous demander de mettre le nom en latin ! », s’agace Marie qui a été verbalisée pour la première fois en vingt-cinq ans de métier.
Comme elle, une dizaine de poissonniers vendant chaque matin leur marchandise sur le célèbre Vieux-Port ont été sanctionnés le 14 juin à l’occasion d’une opération de contrôle, mobilisant une vingtaine d’agents des services de l’Etat (direction départementale des territoires et de la mer, de la protection des populations et de la Direccte). Il leur est notamment reproché de ne pas avoir affiché le nom scientifique des poissons comme le veut la réglementation européenne et, pour d’autres, ne pas avoir affiché les prix.
Marchandise détruite
« Ce sont des bureaucrates qui ne connaissent pas le terrain. Aucun client me demande le nom en latin », poursuit Marie. « Les contrôles, c’est bien, mais de cette façon et pour ce motif, c’est exagéré », peste aussi Abdel alors que les touristes affluent samedi matin sur le marché.
Patrick, revendeur de poisson, a, lui, vu toute sa marchandise saisie pour être détruite par les contrôleurs, car il ne pouvait pas justifier la zone dans laquelle son poisson avait été pêché. « J’ai voulu appeler le pêcheur, mais ils ne m’ont pas laissé faire. C’est une honte, ils auraient au moins pu donner tout ça aux pauvres », s’emporte le commerçant qui risque entre 400 et 1 500 euros d’amende et attendait sa convocation au tribunal. Les services de contrôle n’étaient pas joignables samedi.
« Emmanuel Macron m’a garanti, après avoir éclaté de rire quand je le lui ai appris, que les poissonnières du Vieux-Port n’auraient désormais plus à écrire, en latin, le nom des poissons qu’elles vendent… », a fait savoir, pour sa part, dans un communiqué le maire, Jean-Claude Gaudin, qui a déjeuné vendredi avec le président de la République.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Dans les Hautes-Alpes se joue depuis un an et demi un ping-pong absurde entre les migrants qui veulent se rendre à Briançon et les gendarmes qui les renvoient en Italie.
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A la frontière franco-italienne : « Il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer »

Dans les Hautes-Alpes se joue depuis un an et demi un ping-pong absurde entre les migrants qui veulent se rendre à Briançon et les gendarmes qui les renvoient en Italie.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h18
    |

            Henri Seckel (Briançon, Hautes-Alpes)








                        



   


« Certains voulaient partir de Clavière à 20 heures, d’autres à 3 heures du matin, mais j’ai dit non, il faut partir à 23 heures, pour arriver tôt le matin. Quand il fait jour, c’est mort, ils arrêtent tout le monde. » Abbas, 35 ans, n’a pas tort, mais Billy et ses sept compagnons, trop pressés, ne l’ont pas écouté. Ils sont partis vers 20 heures de ce village-frontière, dernière étape en Italie pour les migrants qui s’apprêtent à rejoindre Briançon et la France, de l’autre côté du col de Montgenèvre.
Clavière-Briançon : dix kilomètres à vol d’oiseau, vingt minutes en voiture, pour un Italien ou un Français. Pour un migrant, au mieux sept heures de marche sur des chemins de randonnée plus ou moins discrets, au pire trois jours d’errance, le temps de se perdre dans le dédale des petits sentiers ou de croiser une patrouille qui vous reconduit illico en Italie.
La nuit n’était pas encore tombée quand une voiture de gendarmes a surgi au détour du chemin qu’arpentaient Billy et ses camarades. Ramené à Clavière par les forces de l’ordre, le jeune homme parti du Cameroun il y a trois ans se remettra immédiatement en route par le même chemin, et arrivera à 8 heures du matin à Briançon.

   


Abbas, parti un peu après Billy, est arrivé deux heures avant lui, au bout de sept heures de marche. Sous chacune de ses baskets ne reste qu’une demi-semelle ; l’autre moitié s’est consumée sur les cailloux des sentiers. Son pantalon crotté raconte les moments de panique où il a fallu se planquer dans les fourrés à cause d’un bruit suspect.
« Si les gendarmes voulaient arrêter tout le monde… »
Contrairement à la quasi-totalité des migrants qui entrent en France par le Briançonnais ces temps-ci, Abbas n’est pas africain, mais pakistanais. Il vit et travaille en région parisienne, mais doit parfois venir renouveler son permis de séjour en Italie. Depuis peu, le récépissé qu’il y obtient en attendant ses papiers ne lui permet plus de franchir la frontière. Son récit illustre la partie de ping-pong inepte qui se joue actuellement avec la frontière franco-italienne.

   


Abbas a tenté trois fois de passer par le tunnel du Fréjus – une fois en bus, deux fois en train –, et s’est fait recaler trois fois par les mêmes policiers, à Modane. « La troisième fois, ils m’ont dit : “Mais t’es encore là ?” J’ai dit : “Putain, j’en ai marre !” Ils ont rigolé. J’ai rigolé aussi. Ils ont dit : “Tu ne passeras pas.” J’ai dit : “O.K.” » Direction Vintimille. « Je savais que c’était une autre route possible, j’étais déjà passé par là. » La frontière est, désormais, complètement militarisée, infranchissable. Descente du train à Menton, retour à la case Italie. Turin puis Clavière, et Briançon, enfin, le lendemain matin.
« En fait, la nuit aussi, les flics pourraient arrêter tout le monde s’ils le voulaient, assure Abbas. Dès qu’il y a un mouvement dans la montagne, de grosses lumières s’allument. Même si c’est juste une souris qui bouge, paf !, ça s’allume. Mais je crois qu’ils n’ont pas envie de se prendre la tête à 3 heures du matin, dans la forêt, à jouer à cache-cache et courir derrière nous. »

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                Dans les Alpes, auprès des migrants, « on va redescendre des cadavres, un de ces jours »



« Certains gendarmes ferment les yeux, parce que si toutes les forces de l’ordre appliquaient les consignes cyniquement, personne ne passerait », raconte Michel Rousseau, bénévole de l’association Tous migrants, qui accueille les marcheurs fatigués venant d’Italie au refuge solidaire, situé en face de la gare de Briançon.
« D’ailleurs, l’été dernier, il y a eu une période de huit jours où personne n’est arrivé à Briançon. Avec des lunettes à infrarouge, c’est très facile de surveiller, même des espaces immenses comme ici. »
« Situation absurde »
Il n’est pas rare que certains migrants s’y reprennent à quatre, cinq, six fois pour franchir cette frontière qui s’avère dangereuse pour eux en hiver, lorsqu’il fait – 20 °C et qu’ils sont chaussés de petites baskets. Mais ils finissent par la franchir. « Cette situation est absurde, et mobilise des centaines de gens, poursuit Michel Rousseau. Tout cela a un coût, c’est de l’argent qu’on pourrait mettre dans l’accueil. »
François Chemin, le maire de Fourneaux – ville de Savoie où passent ceux sortant du tunnel de Fréjus – pointe lui aussi l’ineptie d’un système fait pour décourager des migrants qui ne sont plus à ça près :
« Ces gens ont pris tous les risques, pour la plupart, ils ont traversé le Sahara, survécu à la torture en Libye et à la traversée de la Méditerranée. Ce ne sont pas quelques gendarmes français qui vont leur faire rebrousser chemin. Il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer la frontière franco-italienne. »
« Vous pouvez fermer les cols de l’Echelle et de Montgenèvre, les migrants passeront par le col suivant, suppose Michel Rousseau. Il faudra aller toujours plus loin, ce sera toujours plus dur, mais la pression est tellement forte qu’ils finiront par passer. » Les semelles n’ont pas fini de se consumer sur les sentiers de montagne entre l’Italie et la France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Les élèves du lycée Parc de Vilgénis, à Massy (Essonne), ont enterré un silo en béton de 2 mètres de profondeur rempli d’objets du quotidien. Consigne : « Ne pas ouvrir avant 2067. »
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Un lycée de Massy enterre une capsule temporelle

Les élèves du lycée Parc de Vilgénis, à Massy (Essonne), ont enterré un silo en béton de 2 mètres de profondeur rempli d’objets du quotidien. Consigne : « Ne pas ouvrir avant 2067. »



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 10h15
    |

            Violaine Morin








                        


A quoi ressembleront les lycéens en 2067 ? A quoi rêveront-ils dans cinquante ans, de quoi auront-ils peur ? Les élèves du lycée Parc de Vilgénis, à Massy (Essonne), ont eu l’occasion de se poser la question, depuis que l’idée d’enterrer une capsule temporelle dans le parc de l’établissement a germé dans l’esprit d’un professeur de lettres et d’histoire, Baptiste Pujol. Il faudra pourtant se résoudre à ne jamais satisfaire cette curiosité : « C’est un dialogue à sens unique. La réponse se trouve de l’autre côté », conclut l’enseignant au micro.
Une trentaine d’élèves et de professeurs sont rassemblés, vendredi 22 juin, pour cette « célébration mémorielle » un brin insolite. Ils encerclent un silo en béton de 2 mètres de profondeur, enfoui presque entièrement dans le sol. Une plaque vissée sur le couvercle intime l’ordre suivant : « Ne pas ouvrir avant 2067. » La terre battue devrait voir repousser de l’herbe, mais il est prévu que la cachette reste toujours visible. Sage décision, quand on sait que de nombreuses capsules temporelles ne sont jamais retrouvées. Elles peuvent alors alimenter tous les fantasmes, notamment aux Etats-Unis où l’enfouissement de souvenirs est devenu une tradition au tournant du XXe siècle.
Tampon buvard
Quelques minutes plus tard, les élèves y font descendre les objets du quotidien choisis par chaque classe. En 2067, on retrouvera donc dans la pelouse du lycée Vilgénis des journaux de tous bords – par « souci de représentativité ». Mais aussi une ancienne gazette du lycée, exhumée dans le bureau de la proviseure, au titre plutôt inspiré : Mammouth, le journal qui dégraisse. Date de parution : 1998. L’histoire ne dit pas si cette publication a survécu au mandat de Claude Allègre, l’auteur de la célèbre injonction à « dégraisser le mammouth », qui quitta ses fonctions de ministre de l’éducation deux ans plus tard.
Baptiste Pujol brandit ensuite divers symboles du monde actuel : un pot de Nutella vide, « avec l’espoir que l’huile de palme aura disparu de notre alimentation dans cinquante ans », une pièce de 2 euros, « témoin de nos interrogations sur le futur de la monnaie unique ». Mais il y aura aussi les résultats du premier concours de nouvelles jamais organisé à Vilgénis, sur le thème « Imaginez le monde en 2067 ». Les dix candidats ont vu leurs œuvres éditées et imprimées dans un petit livret.
Un élève, décidé à « troller les gens de 2067 » (un verbe qui désigne le fait de harceler quelqu’un sur un réseau social), y a également glissé des vestiges d’une époque déjà révolue, pour brouiller les pistes : un tampon buvard, l’un de ces atroces stylos raccordés à un support par une chaînette, que l’on n’utilise guère plus qu’au guichet de la poste, et une cassette vidéo d’un enregistrement de 1993 du Bébête Show. C’est son professeur d’histoire, Florent Marcuzzi, qui relate cette gentille subversion, sourire aux lèvres. Nous convenons ensemble que l’idéal serait de pouvoir glisser dans la capsule, avant sa fermeture définitive, le lendemain, un exemplaire du Monde paru le même jour. Avec, en page 9, une surprise pour les élèves de 2067.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Paul Gobillot, directeur du collège privé de Saint-Ambroix (Gard), a prévenu la gendarmerie avant sa hiérarchie. Pour justifier sa décision, celle-ci avance des dysfonctionnements.
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Un directeur d’école catholique licencié  par le diocèse après avoir dénoncé un viol

Paul Gobillot, directeur du collège privé de Saint-Ambroix (Gard), a prévenu la gendarmerie avant sa hiérarchie. Pour justifier sa décision, celle-ci avance des dysfonctionnements.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 09h59
    |

            Yann Bouchez








                        



                                


                            
La forte mobilisation des parents d’élèves et des professeurs aura été vaine. Directeur depuis une trentaine d’années d’un collège catholique à Saint-Ambroix (Gard), Paul Gobillot a appris son licenciement, jeudi 21 juin. La sanction, décidée pour « faute grave » par l’Organisme de gestion de l’enseignement catholique (OGEC) de la petite ville, avec l’accord du diocèse, autorité de tutelle, risque de raviver l’indignation et l’incompréhension des soutiens de ce chef d’établissement. Depuis deux mois, ils dénoncent une « décision à l’emporte-pièce » et une procédure abusive. Contacté par Le Monde, l’avocat de M. Gobillot, Me Philip de Lumley Woodyear, a annoncé son intention de saisir le conseil des prud’hommes. Le professeur de SVT, âgé de 61 ans, avait été suspendu de ses fonctions de directeur, fin avril, après une affaire de viol entre élèves.
Lors d’un voyage scolaire à Malte, début mars, un garçon se fait agresser par un autre collégien. La scène, filmée, est mise en ligne sur les réseaux sociaux. Les adultes ne découvriront l’affaire que quelques semaines plus tard. Après en avoir pris connaissance, le directeur – non présent à Malte – accompagne les parents de la victime à la gendarmerie. La plainte remonte immédiatement au procureur de la République. Deux collégiens ont depuis été mis en examen. Mais le diocèse reproche au chef d’établissement de ne pas l’avoir averti en premier. Et, contrairement à la procédure indiquée, de ne pas avoir rempli de fiche déclarative à l’intention du rectorat. « Face à un jeune en souffrance, on agit, répond Paul Gobillot. Si un enfant se noie, faut-il appeler au secours au téléphone ou plonger ? Je plonge. Il y a les gens qui sont dans l’humain et puis il y a les voies administratives… »
Le diocèse avance de son côté de nombreux manquements administratifs pour justifier la décision controversée. « Les motifs de licenciement ne sont en aucune manière liés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le président du Conseil économique, social et environnemental explique dans un entretien au « Monde » la réforme portée par Emmanuel Macron.
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Patrick Bernasconi : « Le CESE est à l’aube d’un énorme changement »

Le président du Conseil économique, social et environnemental explique dans un entretien au « Monde » la réforme portée par Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h03
    |

            Michel Noblecourt








                        



   


Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) va se transformer en Chambre de la société civile, selon le vœu émis par Emmanuel Macron. Son président actuel, Patrick Bernasconi, explique les nouveaux rôles que l’institution va être appelée à jouer.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi réformer le CESE, Conseil économique, social et environnemental ?



Quel jugement portez-vous sur la réforme ?
Patrick Bernasconi : Ce qui nous a guidé pour accompagner cette réforme proposée par le président de la République, c’est de renforcer l’institutionnalisation de l’assemblée de la société civile organisée, et de la rendre encore plus en proximité avec les citoyens engagés. Plus que jamais, la Chambre de la société civile doit être un trait d’union beaucoup plus fort entre les corps intermédiaires et la République.
Au-delà du texte constitutionnel, il y aura bien entendu un travail de fond à réaliser dans le cadre de la loi organique puis dans les décrets afin de faire en sorte que nous puissions mieux et plus servir aux assemblées législatives. Cette transformation ouvre le champ des possibles. Elle nous permettra d’intervenir davantage dans l’éclairage préalable à la fabrique de la loi dans une relation de coopération avec les deux autres assemblées.
Emmanuel Macron a la réputation de ne pas faire grand cas des corps intermédiaires. Cette réforme va-t-elle conforter l’image qui vous colle souvent à la peau d’une société civile enfermée dans un palais de la Belle au bois dormant ou va-t-elle marquer son réveil ?
Nous sommes à l’aube d’un énorme changement et même d’une véritable révolution. Demain cette assemblée de la société civile sera organisée d’une façon assez pure car elle ne sera composée que de conseillers désignés par les organisations, syndicats, associations dont ils seront membres ; il n’y aura plus, dans cette enceinte, des conseillers qualifiés directement par les pouvoirs publics et que l’on a longtemps dénoncés, souvent à tort d’ailleurs, comme étant le produit du fait du prince.
Pour autant, cette chambre devra se nourrir de cercles extérieurs – experts, scientifiques, organisations de terrain – qui enrichiront nos rapports sur la vision des citoyens mais aussi sur les conséquences sur le long terme des décisions à prendre, d’où la relation au monde scientifique.
L’autre évolution majeure devrait être que nous serons consultés de façon systématique avant chaque projet de loi économique, social et environnemental, en dehors des sujets de négociation qui continueront à concerner essentiellement les partenaires sociaux. Il y aura donc une montée en puissance, et une visibilité beaucoup plus forte, de la Chambre de la société civile. Les parlementaires auront une meilleure connaissance de nos avis qui sur les projets de loi seront rendus au même moment que ceux du Conseil d’État.
Comment allez-vous répondre à votre autre mission, celle d’organiser le débat public, notamment à travers des pétitions citoyennes?
Clarifions le débat. Il est proposé que la chambre ait trois responsabilités. La première, il l’a déjà, c’est d’être saisie par 500 000 signataires d’une pétition. Nous demandons à ce que cette possibilité soit désormais numérique et que les conclusions apportées aient une ouverture institutionnelle auprès de l’Assemblée ou du Sénat.
La seconde, c’est que la chambre aura la responsabilité, sur saisine gouvernementale, d’organiser des débats publics sur de grands projets de réforme, en amont de celles-ci. La troisième, mais d’une façon non exclusive, c’est la possibilité qu’elle aura de recevoir sur une plate-forme des pétitions numériques qui n’atteignent pas ce chiffre constitutionnel de 500 000 signataires mais qui n’en méritent pas moins d’être écoutées. Nous avons sur ce sujet un véritable savoir-faire. Nous venons ainsi, à la suite d’une auto-saisine sur la fin de vie qui faisait l’objet de plusieurs pétitions citoyennes, d’adopter un avis sur un sujet aussi difficile, tout en faisant apparaître des dissensus, des différences, dans nos préconisations.
Le projet diminue vos moyens, en ramenant de 233 à 155 le nombre de membres, et accroît vos compétences, en augmentant fortement les cas de consultation obligatoire. Comment comptez-vous faire face à ce « en même temps » ?
Cette réduction du nombre de membres est un sujet de préoccupation. Car la grande valeur de ce conseil est sa colonne vertébrale qui lui donne sa cohérence ; elle n’est pas et ne doit pas être une addition d’individualités. Cette cohérence, c’est la représentation et le nombre d’organisations et d’associations, la qualité de leurs membres qui pour la plupart d’entre eux, en dehors de leurs responsabilités associatives ou autres, et de leur mandat de conseiller, exercent aussi une profession.
Ces deux caractéristiques sont à préserver le plus possible car elles donnent leur valeur à nos travaux, qui ne doivent pas devenir des produits technocratiques. On ne pourra donc pas fonctionner avec le même budget qu’aujourd’hui.
Des craintes se font jour parmi les organisations syndicales. Risquent-elles de faire les frais de la réforme ?
La réforme doit permettre à une assemblée qui rassemble les corps intermédiaires de pouvoir mieux fonctionner et d’être davantage entendue. Il faudra clarifier son rôle et celui de ses représentants. Les organisations syndicales et professionnelles ont un rôle important à jouer sur des sujets qui leur sont propres. Ce serait une erreur de ne pas reconnaître leur place. Pour ma part, j’y veillerai toujours.
Au final, la démocratie sociale, plutôt mal en point, va-t-elle y gagner ?
Je l’espère. Il faut bâtir un meilleur équilibre entre la société civile organisée et les pouvoirs publics. Mon rêve est que nous allions vers une démocratie plus participative, plus moderne, plus mature et plus efficace.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Le gaz lacrymogène est de plus en plus utilisé dans le monde. Pourtant les risques pour la santé restent méconnus.
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<filnamedate="20180623"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180623"><AAMMJJHH="2018062316">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Disponibilité permanente, gestion du planning, dégradations... « Cette location à la nuitée s’est avérée un cauchemar au quotidien », témoigne un propriétaire.
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Lassés d’Airbnb, certains bailleurs préfèrent désormais opter pour la location longue durée

Disponibilité permanente, gestion du planning, dégradations... « Cette location à la nuitée s’est avérée un cauchemar au quotidien », témoigne un propriétaire.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 10h11
    |

                            Laurence Boccara








                        



                                


                            

L’étau continue de se resserrer autour des locations saisonnières de courtes durées. Adopté le 12 juin par l’Assemblée nationale, la loi ELAN sur le logement prévoit des sanctions financières en cas de locations de sa résidence principale au-delà de la durée légale de 120 jours par an, à savoir une amende comprise entre 5 000 et 10 000 euros pour les propriétaires et jusqu’à 50 000 euros pour les plates-formes qui jouent les intermédiaires.
Ces dernières mesures viennent s’ajouter au durcissement des règles de ce type de location au niveau national ; aux dispositions locales prises par de plusieurs municipalités des grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux…) et aux obligations de déclarations fiscales de ces revenus locatifs, désormais bien établies.
Difficile aujourd’hui pour un bailleur de passer à travers les mailles de tous ces filets « anti-abus ». Résultat, le filon des locations de type Airbnb est moins lucratif qu’il y a encore quelques années. De nombreux propriétaires ont décidé de jeter l’éponge pour ces raisons, mais aussi pour d’autres motifs « moins visibles et pesants ».
« Au début, cette formule était sympa et facile. Mais au fil du temps, cette activité a révélé ses côtés sombres. »
Avec du recul, beaucoup se plaignent des contraintes d’une gestion au quotidien, trop lourde à supporter sur la durée. Comme en témoigne cette propriétaire d’un duplex situé sur la butte Montmartre, à Paris. « Au début, cette formule était sympa et facile. Ayant quitté mon appartement pour emménager avec mon compagnon, ces locations à répétition m’aidaient à rembourser mon crédit. Mais au fil du temps, cette activité a révélé ses côtés sombres. J’ai calculé qu’en deux ans, près de 350 personnes ont défilé chez moi, raconte Isabelle B. Occupé par des vacanciers souvent peu respectueux, mon appartement s’est vite dégradé. Et pour le garder en bon état j’ai dû, en 24 mois, refaire trois fois la peinture, remplacer un lavabo...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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Danièle Sallenave : « L’identitarisme est la maladie du XXIe siècle »

Dans un entretien au « Monde », l’académicienne explique comment le républicanisme néoconservateur et le catholicisme traditionaliste s’allient pour défendre une Europe blanche et chrétienne.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h20
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 09h33
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Ecrivaine, membre de l’Académie française et auteure de L’Eglantine et le Muguet (Gallimard, 544 pages, 22,50 euros), Danièle Sallenave analyse les raisons du tournant identitaire d’une partie des intellectuels français, qui prend notamment sa source dans les dérives du combat antitotalitaire.
Assistons-nous à un tournant identitaire des intellectuels français ?
Danièle Sallenave : C’est indéniable. Par exemple, lorsqu’on lit dans le manifeste du « Printemps républicain » (mouvement issu de la gauche, fondé en mars 2016) l’éloge des notions de nation, d’universalité, de laïcité, on voit bien qu’elles sont convoquées pour une restauration, un combat, où du reste la figure de l’ennemi n’est pas nommée. Mais tout suggère que ce sont l’islam et les musulmans qui sont visés.
La laïcité ici évoquée n’a plus pour but, comme en 1880, dans une France encore sous régime concordataire, d’opposer au pouvoir spirituel et temporel de l’Eglise le principe de la souveraineté du peuple. Elle constitue plutôt l’un des fondements d’un cadre national devenu forteresse identitaire.

A travers ces prises de position récurrentes, on voit bien que le républicanisme identitaire a choisi sa version de la République, et que ce ne sera pas « la sociale ». Les habitants des quartiers ont retrouvé le rôle qu’on assignait au XIXe siècle aux « classes dangereuses ». Leur rassemblement en masse découpe dans la République autant de « territoires perdus ». La question sociale s’efface devant la question religieuse, l’islam étant réputé « insoluble dans la République ».
N’est-ce pas une réaction à la cécité présumée d’une certaine gauche vis-à-vis de l’islamisme ?
Deux thèses s’affrontent aujourd’hui, notamment sur les causes de la violence djihadiste. Ce qu’on reproche à une certaine gauche, ce qu’on appelle sa cécité, c’est de chercher au phénomène djihadiste d’autres explications...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Le principal accusé, Pierre Paoli, est acquitté. Trois nationalistes sont incarcérés pour des attentats commis il y a six ans contre des résidences secondaires en Corse.
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Six nationalistes condamnés et deux acquittés pour des attentats en Corse en 2012

Le principal accusé, Pierre Paoli, est acquitté. Trois nationalistes sont incarcérés pour des attentats commis il y a six ans contre des résidences secondaires en Corse.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 02h02
   





                        



   


La cour d’assises de Paris a acquitté vendredi 22 juin deux nationalistes corses, dont le principal accusé Pierre Paoli, mais condamné six autres dont trois avec mandat de dépôt pour des attentats contre des résidences secondaires sur l’île en 2012.
Après dix heures de délibéré, le président de la cour d’assises spéciale, composée uniquement de magistrats, comme c’est le cas dans les affaires de terrorisme, a annoncé le verdict dans une salle comble.
Quelques minutes après, les trois accusés les plus lourdement condamnés quittaient la salle pour la prison, dans l’agitation, en criant « Liberta! » sous les applaudissements du public. La mère de l’un d’eux s’est évanouie, alors qu’un père a pris à partie un gendarme qui ne le laissait pas embrasser son fils qui partait en détention.
Les huit nationalistes corses étaient jugés depuis le 11 juin pour des faits remontant à mai et décembre 2012: plusieurs dizaines d’attentats avaient alors visé des résidences secondaires aux quatre coins de l’île, sans faire de victimes. Des attaques revendiquées par le FLNC (Front de libération nationale corse), au nom de son « combat contre la spéculation immobilière ».
Mais tous ont nié avoir pris part à ces attentats. Ces nationalistes réfutent avoir été membres du FLNC, sans toutefois condamner la lutte armée à laquelle ce groupe clandestin a fini par renoncer il y a quatre ans. Il s’agissait donc a priori du dernier procès pour des « nuits bleues » en Corse (séries d’attentats).
Pierre Paoli acquitté
Pierre Paoli, qui était soupçonné d’avoir été le chef du FLNC, a été acquitté. De même que Fernand Agostini, le patron du restaurant le Relais de Mezzavia à Ajaccio, qui est passé pendant longtemps pour un point de rencontre de membres du FLNC. « Les charges sont insuffisantes pour retenir la culpabilité », a déclaré le président Régis de Jorna.
Le parquet avait déjà requis jeudi l’acquittement de Pierre Paoli. « J’ai toujours pensé qu’il serait acquitté compte tenu de l’absence de charges », a réagi son avocat Emmanuel Mercinier-Pantalacci. Pierre Paoli a été incarcéré dans cette affaire de février 2015 à septembre 2016. Certains de ses co-accusés ont fait jusqu’à trois ans de détention provisoire.
Tout au long du procès, M. Paoli, boxeur de 65 ans à la carrure imposante, a été présenté par ses proches comme « un homme de paix ». Il dit avoir prôné la fin de la lutte armée dès 2010, sans toutefois la condamner.
Deux de ses co-accusés ont été condamnés à 6 ans de prison, un troisième à 5 ans. Les autres ne retourneront pas en prison, les peines étant couvertes par la détention provisoire. Les éléments recueillis lors de l’enquête (sonorisation avec micros placés dans des voitures et dans le bar de Fernand Agostini, géolocalisation, exploitation du matériel informatique) ont permis à la cour de conclure à leur culpabilité.
Droit au silence
La plupart de ces accusés ont fait valoir leur droit au silence pendant les deux semaines de procès, suscitant souvent l’énervement du président contraint à de longs monologues. « Si vous voulez tous aller à l’abattoir, allez à l’abattoir! », a-t-il même lâché en début de semaine aux accusés, des trentenaires en majorité.
L’avocate générale Maryvonne Caillibotte a expliqué jeudi qu’elle gardait « une incertitude inquiétante » car, si le FLNC a abandonné la lutte armée, « il n’a jamais déposé les armes ».
Mais tout au long du procès, la défense n’a cessé de répéter que la page de la violence était « tournée ». Ce procès est « anachronique », a même dit Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, venu témoigner la semaine dernière. « Nous sommes aux antipodes » de la situation de 2012, a affirmé le chef de file du parti indépendantiste Corsica Libera. « Il faudra que votre décision renforce la démarche de paix qui s’installe aujourd’hui », avait-il plaidé.
Le nationalisme corse a tourné la page des attentats et a triomphé dans les urnes, en obtenant une majorité absolue aux élections territoriales en décembre.



                            


                        

                        


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« Kazakhgate » : Airbus placé sous le statut de témoin assisté

Un représentant du groupe aéronautique a été entendu par les juges d’instruction. L’affaire porte sur des contrats commerciaux conclus avec le Kazakhstan sous Nicolas Sarkozy.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 00h59
   





                        



   


Le groupe aéronautique européen Airbus a été placé vendredi 22 juin sous le statut de témoin assisté à l’issue d’une audition par les juges d’instruction enquêtant sur l’affaire de corruption présumée du « Kazakhgate ».
« Airbus a été placé sous le statut de témoin assisté dans le cadre d’une procédure en pleine coopération avec la justice française à la suite d’une audition d’un de ses représentants », a indiqué à l’agence France-Presse un porte-parole du groupe sans mentionner l’enquête.
Selon une source proche du dossier, Airbus était convoqué en vue de son placement sous ce statut, intermédiaire entre témoin et mis en examen, dans le cadre de l’enquête du « Kazakhgate », qui porte sur des soupçons de corruption en marge de contrats commerciaux conclus entre la France et le Kazakhstan sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

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Airbus est sous le coup de plusieurs enquêtes anti-corruption en Europe et notamment d’une procédure franco-britannique portant sur des ventes d’avions civils. Face aux turbulences judiciaires, le groupe a engagé une opération mains propres en interne et manifesté sa volonté de coopérer.
Une vente à deux milliards d’euros
Dans l’enquête du Kazakhgate, ouverte en mars 2013, notamment pour « corruption d’agents publics étrangers », les juges cherchent à établir si la signature des contrats a donné lieu à des versements de commissions illégales à des intermédiaires.
En octobre 2010, Paris et Astana avaient annoncé un accord pour la fourniture de 45 hélicoptères EC 145 fabriqués par Eurocopter, devenu Airbus Helicopters, un centre de satellites d’Astrium (ex-EADS devenu Airbus group) et 295 locomotives Alstom. Montant total des contrats ensuite finalisés : environ deux milliards d’euros, selon des médias.
Selon Mediapart, lors d’une perquisition en février 2016 dans les locaux d’Airbus à Suresnes (Hauts-de-Seine), les enquêteurs avaient retrouvé la trace d’un versement suspect de 8,8 millions d’euros à une société liée à un partenaire d’affaires d’Airbus, dans le cadre d’une vente de satellites au Kazakhstan.
L’audition du groupe intervient après celles de son patron Tom Enders et de deux autres hauts responsables, entendus en octobre comme simple témoins par les policiers anticorruption (Oclciff). En parallèle, l’affaire comporte un volet politique, le plus avancé à ce stade.
Le rôle de l’Elysée en question
Les enquêteurs soupçonnent une équipe proche de l’Élysée de s’être activée pendant le mandat de M. Sarkozy pour influencer des responsables politiques en Belgique afin de faire passer une loi en faveur de Patokh Chodiev, un oligarque kazakh alors mêlé à une affaire de corruption en Belgique et proche du président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev, et de deux associés. A cette même époque, Paris voulait soigner ses relations avec Astana pour conclure des contrats commerciaux.
L’Elysée, comme l’avait admis Claude Guéant en 2017 devant une commission d’enquête parlementaire belge, était intervenu pour aider ce trio à constituer sa défense. Mais l’ex-ministre, récemment placé en garde à vue dans ce dossier, a assuré que Paris n’avait pas tenté d’« infléchir la loi belge ».

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                Qu’est-ce que le « Kazakhgate » et pourquoi Claude Guéant a-t-il été auditionné en Belgique ?



Cinq protagonistes ont été mis en examen, notamment pour corruption active d’agent public étranger, dont l’avocate française de Patokh Chodiev, Catherine Degoul, un ancien conseiller à l’Elysée, Jean-François Etienne des Rosaies, et l’ex-sénateur Aymeri de Montesquiou. L’ex-ministre belge Armand De Decker qui avait rejoint le pool d’avocats des Kazakhs a lui été inculpé pour « trafic d’influence » en Belgique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017.
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Mineurs sans papiers : quelle prise en charge en France ?

Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 19h15
    |

                            Simon Auffret








                        



   


Depuis le mois de mai, 2 500 jeunes migrants du Mexique et d’Amérique centrale ont été séparés de leurs parents en traversant la frontière avec les Etats-Unis, en application de la politique « tolérance zéro » mise en place par l’administration de Donald Trump. Plusieurs milliers d’autres adolescents ont tenté leur chance sans leur famille, et sont envoyés dans des centres d’hébergements pour les migrants mineurs non accompagnés, dans l’attente du traitement de leur dossier d’asile.

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                Décret immigration de Trump : symbole politique et réponse temporaire, pour la presse américaine



« Cet endroit est appelé un “refuge” mais ces enfants sont bel et bien incarcérés », décrit le journaliste Jacob Soboroff après avoir visité, le 15 juin, le plus grand de ces sites au Texas. Le président Donald Trump, devant l’ampleur internationale de la polémique, a signé mercredi 20 juin un décret pour empêcher la séparation des familles – apportant ainsi une réponse temporaire au débat sur la politique migratoire des Etats-Unis.
Les familles avec des enfants mineurs
En France, la séparation des familles et la rétention de mineurs non accompagnés sont illégales. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a pourtant dénoncé la gestion de l’accueil français à six reprises pour l’enfermement d’enfants en compagnie de leur famille dans des centres de rétention administrative (CRA) : ils étaient 306 en 2017, selon le contrôleur général des lieux de privation de liberté.

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En juillet 2012, la France est condamnée une première fois pour avoir violé l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme : un couple et deux enfants de 5 mois et 3 ans ont été placés pendant quinze jours dans le centre de rétention administratif de Rouen. « Il convient de garder à l’esprit que la situation d’extrême vulnérabilité des enfants est déterminante et prédomine sur la qualité d’étranger en séjour illégal », rappelle la CEDH. Autrement dit : si le regroupement familial est obligatoire, il ne justifie pas l’enfermement d’enfants. Le discours européen sera le même dans les cinq autres condamnations concernant la France.
Des consignes sont alors envoyées aux préfets, responsables des dispositifs dans les départements, pour « appliquer la procédure d’assignation à résidence plutôt que le placement en rétention » lorsqu’il est décidé qu’une famille doit quitter le territoire français. Depuis, le nombre de mineurs enfermés a chuté avant de progressivement remonter à son plus haut niveau en cinq ans.


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Le nombre d'enfants en rétention administrative au plus haut depuis cinq ans
Etrangers de moins de 18 ans placés dans des CRA de métropole, selon les rapports de la Cimade (jusqu'en 2015) et de contrôleur général des lieux de privation de liberté.

Sources : Cimade, CGLPL



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Une hausse due à l’exploitation par certains préfets d’une mesure qui permet la rétention des familles « dans les quarante-huit heures précédant le départ programmé », pour faciliter l’organisation de sortie du territoire. Un « glissement vers l’enfermement » dénoncé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté dans un rapport publié le 14 juin, surtout pratiqué dans deux CRA, ceux de Metz-Queuleu (Moselle) et du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).
Les mineurs non accompagnés
Comme pour les enfants avec leur famille, la rétention de jeunes arrivés seuls sur le territoire français est illégale – contrairement à la situation américaine, ils ne peuvent pas être contraints d’aller dans des centres d’hébergement.
Dans chaque département, l’aide sociale à l’enfance, sous tutelle du conseil départemental, est chargée de l’accueil et de la mise à l’abri des migrants mineurs sous le statut de protection de l’enfance, en partenariat avec le dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (Demie) géré par la Croix-Rouge.

        Lire aussi :
         

                Comment sont pris en charge les mineurs isolés étrangers en France ?



Contrairement aux familles avec enfants, les mineurs non accompagnés ne peuvent faire l’objet de mesures d’éloignement. Leur prise en charge par les autorités n’est pas liée à leur demande d’asile. Ils sont considérés, par le droit français, comme des enfants avant d’être de jeunes migrants.
Un rapport parlementaire de juin 2017 dénombrait « près de 13 000 mineurs non accompagnés pris en charge par les services départementaux » en France, une statistique en constante augmentation qui s’oppose au nombre de places d’hébergement limitées. Cette saturation est en partie à l’origine de l’opposition entre les conseils départementaux et l’Etat sur la responsabilité des financements pour cet accueil.
Un autre point de tension entre les services de l’Etat est l’évaluation de l’âge des jeunes migrants, qui détermine de manière importante leur niveau de protection : certaines personnes, évaluées mineures dans un département, sont considérées majeures dans un autre, complexifiant les dispositifs d’accompagnement.
Alimentant les débats sur la limite d’âge, les départements demandent fréquemment une radiographie osseuse, dont la fiabilité est vivement critiquée médicalement et judiciairement. Limité aux derniers recours par la garde des sceaux Christiane Taubira en 2013, l’examen médical reste souvent pratiqué aujourd’hui. En décembre 2017, le défenseur des droits Jacques Toubon affirmait encore y être « fermement opposé », et demandait à ce qu’il soit proscrit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Cinq ans après le mariage pour tous, alors que les gays ont gagné en visibilité, les lesbiennes restent dans l’ombre. Une volonté de se fondre dans le décor, car être femme et lesbienne, pour certaines, c’est la double peine.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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Les lesbiennes peinent à faire entendre leur voix


                      Cinq ans après le mariage pour tous, alors que les gays ont gagné en visibilité, les lesbiennes restent dans l’ombre. Une volonté de se fondre dans le décor, car être femme et lesbienne, pour certaines, c’est la double peine.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h31
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h25
    |

                            François Rousseaux








                              

                        

Elles sortent de Chez Paulette, peu après minuit, laissant derrière elles un groupe de filles dansant le rock. Pour la seconde fois, ce minuscule bar de Lille, d’ordinaire très fréquenté par des garçons, a organisé une soirée « demoiselles » : rien que pour elles.
Sur le pavé du Vieux-Lille, elles s’enlacent, s’embrassent et saluent leurs copines. A la vue du journaliste, elles sourient en faisant « non » de la tête puis s’éclipsent dans la nuit, main dans la main, sans un mot.
Et si plonger dans la vie des lesbiennes en 2018 pouvait s’apparenter à cette scène fugace, un samedi soir printanier ? Vingt ans après le pacs, cinq ans après le mariage pour tous et l’adoption homoparentale, les femmes qui aiment les femmes restent, dans tous les domaines, des femmes de l’ombre.
Le premier couple homosexuel français marié, en mai 2013, à faire l’ouverture des journaux télévisés de 20 heures ? Des hommes, alors qu’il y a presque autant de mariages de femmes. Les rumeurs d’homosexualité sur telle ou telle personnalité en vue ? « Toujours sur des mecs. Les femmes, ça n’intéresse pas, soupire Flora ­Bolter, ancienne présidente du Centre LGBT ­Paris-Ile de France. Où sont les lesbiennes ? Planquées et invisibles, ajoute-t-elle. On n’est pas vues, pas perçues, ignorées. Il y a une mise à l’écart, un déni, et une violence indirecte. Comme, par exemple, lorsqu’un gynéco me dit : “Vous viendrez quand vous aurez une sexualité.” »
La loi du silence
Combien de femmes, parmi la vingtaine rencontrée pour ce reportage, raconteront des anecdotes similaires ? Cet hôtelier qui leur prépare des lits jumeaux bien qu’elles aient réservé une chambre avec un lit double. Ce propriétaire d’appartement qui leur rétorque « ne pas prendre de colocataires ». Ou cet urgentiste à l’hôpital qui bloque l’accès à la chambre au motif que « seuls les proches sont acceptés ». Camille, quimpéroise de 29 ans, en a fait l’expérience....




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Grâce à la détermination d’un maire nationaliste, l’île de Beauté a accueilli il y a deux ans une famille de réfugiés syriens. Une intégration réussie qui, ajoutée à la proposition d’accueillir les migrants de l’« Aquarius », fait échec aux préjugés.
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L’histoire d’une famille syrienne en Corse


                      Grâce à la détermination d’un maire nationaliste, l’île de Beauté a accueilli il y a deux ans une famille de réfugiés syriens. Une intégration réussie qui, ajoutée à la proposition d’accueillir les migrants de l’« Aquarius », fait échec aux préjugés.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h05
    |

                            Antoine Albertini (Bastia, correspondant)








                              

                        

C’est une histoire à fronts renversés comme la Corse sait en produire. Une histoire inattendue où personne ne semble décidé à occuper la place que lui assignent des clichés rebattus, ni un maire nationaliste qui s’est battu de longs mois pour accueillir des réfugiés syriens dans son village, ni un préfet optimiste en butte à sa propre administration, ni une famille d’exilés mise en garde dans un camp de réfugiés au Liban : « Si tu vas en France, Izzat, ils vont arracher le voile de ta femme. » Mais, depuis ce 1er avril 2016 qui a vu les Al-Rahmoun débarquer avec leurs trois filles et leur fils à Belgodère – littéralement « beau plaisir » –, un village de Balagne perché entre mer et montagne au nord de l’île, personne n’a touché au voile d’Amina, son mari est devenu employé communal à tout faire et Ilat, leur fille aînée de « 8 ans et demi, bientôt 9 », parle couramment français.
Une main tendue aux 629 migrants à la dérive
« Les Corses ont un fond de discours radical envers les étrangers mais va comprendre : dès qu’ils les rencontrent, la plupart du temps, c’est comme si tout s’effaçait », professe Lionel Mortini, le maire nationaliste de Belgodère, âgé de 49 ans, excédé par les réactions de certains militants aux « Tweet de Gilles et Jean-Guy ». La semaine dernière, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, respectivement présidents de l’Assemblée de Corse et du conseil exécutif, le mini-gouvernement de l’île, ont proposé d’accueillir dans un port insulaire l’Aquarius, le navire de l’ONG SOS Méditerranée. Refoulé par les autorités italiennes, le bâtiment, chargé de 629 migrants, a finalement pu accoster à Valence, en Espagne, après avoir frôlé les rives corses. « Le geste des deux présidents est peut-être le plus fort qu’ils aient accompli jusqu’à présent. Mais certains voudraient plutôt qu’on s’occupe de la précarité sur place, comme si la solidarité devait se diviser », ajoute Mortini en levant les...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Otis Redding, Isaac Hayes…  De 1958 à 1975, à Memphis, Stax Records découvre des pointures de la soul et fournit la bande-son du mouvement pour les droits civiques. Depuis 2000, l’Academy transmet l’esprit du label à des jeunes de cette ville pauvre.
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La Stax Academy ranime la soul de Memphis


                      Otis Redding, Isaac Hayes…  De 1958 à 1975, à Memphis, Stax Records découvre des pointures de la soul et fournit la bande-son du mouvement pour les droits civiques. Depuis 2000, l’Academy transmet l’esprit du label à des jeunes de cette ville pauvre.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 00h17
    |

                            Clémentine Goldszal








                              

                        

Il y a des grands-mères chapeautées, des hommes grisonnants ceints dans des costumes de couleur vive, des petites en jupe à volants qui cavalent entre les jambes de leurs parents. Ce 29 avril, des dizaines de familles afro-américaines de Memphis (Tennessee) ont convergé vers le Clayborn Temple, à quelques minutes de l’agitation de la célèbre Beale Street, la principale artère touristique de la ville, bordée de magasins de souvenirs et de restaurants de barbecue.
Sur le parvis de l’église, plusieurs sculptures, érigées il y a quelques mois par la ville, rendent hommage à Martin Luther King, assassiné à quelques centaines de mètres de là, au Lorraine Motel, le 4 avril 1968.
Un temple ressuscité
Cinquante ans plus tard, l’église où le pasteur donna l’un de ses derniers discours est en passe de ressusciter après des années d’abandon. Entre des bâches qui soutiennent la toiture fragile et des pans de mur arrachés révélant la pierre, des dizaines d’adolescents en costume noir, bretelles et nœud papillon rouge pour les garçons, robe noire pour les filles, s’apprêtent à chanter des classiques de la soul music.
Ce dimanche de printemps, le Clayborn Temple accueille le concert de fin d’année de la Stax Music Academy, l’école de musique du célèbre label soul qui fit découvrir au monde les voix de Mavis Staples, Otis Redding ou Isaac Hayes.

Sandra Hamilton, 66 ans, reprend son souffle. Ses yeux se remplissent de larmes au souvenir de ce qu’elle a vécu ici même il y a un demi-siècle. « J’ai été baptisée dans cette église, explique-t-elle. Ma mère était une militante des droits civiques. Elle nous emmenait aux manifestations, ma sœur et moi. Quand nous avons été gazées par la police, en 1968, nous nous sommes réfugiées ici et avons entendu le discours du révérend King. Il était à Memphis pour marquer son soutien au mouvement social des éboueurs noirs de la ville… »

Elle est venue aujourd’hui en famille...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Les enfants exposés in utero à l’acide valproïque ont quatre à cinq fois plus de risques d’être atteints de troubles mentaux.
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Une étude confirme l’ampleur des dégâts causés par la Dépakine

Les enfants exposés in utero à l’acide valproïque ont quatre à cinq fois plus de risques d’être atteints de troubles mentaux.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h00
    |

            François Béguin








                        


Combien d’enfants ont été atteints de troubles neuro-développementaux, dont l’autisme, après avoir été exposés in utero à l’acide valproïque contenu dans des antiépileptiques comme la Dépakine ? A cette question posée de longue date par les parents d’« enfants Dépakine », l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) ont apporté une double réponse dans un document qui devait être présenté aux associations vendredi 22 juin.
La première repose sur une étude de très grande ampleur réalisée à partir du système national des données de santé. Toutes les demandes de soins en orthophonie, orthoptie ou psychiatrie, ainsi que tous les diagnostics effectués lors d’une hospitalisation pour troubles envahissants du développement, retard mental, troubles du développement ont été relevés jusqu’au 31 décembre 2016 chez 1,7 million d’enfants nés entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2014, dont 8 848 qui avaient été exposés in utero à différents traitements antiépileptiques (dont 991 à l’acide valproïque).
Résultat : à l’âge moyen de 3,6 ans, les enfants dont la mère prenait un antiépileptique à l’acide valproïque au cours de la grossesse présentent un risque quatre à cinq fois plus élevé d’avoir un diagnostic de « troubles mentaux et du comportement » précoces (avant l’âge de 6 ans) que les enfants dont la mère n’a pas reçu d’antiépileptique pendant la grossesse. Ce risque était jusqu’à 8 à 10 fois plus élevé chez les enfants exposés aux plus fortes doses.
La période à risque se situerait « plus particulièrement au cours du deuxième et/ou du troisième trimestre de la grossesse »
Le risque de troubles associé aux autres antiépileptiques « apparaît beaucoup moins marqué que pour l’acide valproïque, avec des différences en fonction des substances », relève le rapport.
Les résultats de l’étude « suggèrent », par ailleurs, que la période d’exposition à risque « pourrait se situer plus particulièrement au cours du deuxième et/ou du troisième trimestre de la grossesse ». Une exposition à l’acide valproïque au cours du premier trimestre de grossesse expose à un risque de malformations congénitales majeures. Une précédente enquête nationale évaluait entre 2 150 et 4 100 le nombre d’enfants exposés in utero au valproate atteints d’au moins une malformation majeure.
La CNAM et l’ANSM estiment cependant que plusieurs facteurs empêchent de déduire de ces nouveaux résultats « une estimation du nombre absolu » de cas de troubles neuro-développementaux parmi les enfants exposés in utero à l’acide valproïque en France. Et c’est avec un autre mode de calcul, déjà utilisé par l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac), que les deux structures parviennent à calculer une fourchette du nombre d’enfants touchés.
« Chiffre gigantesque »
Considérant que 30 % à 40 % des 41 600 à 76 100 enfants exposés entre le début de la commercialisation de la Dépakine en 1967 et 2016 seraient concernés, ce sont donc entre 16 600 et 30 400 enfants qui seraient atteints de troubles neuro-développementaux précoces, en comptant ceux dont la mère était traitée pour des troubles bipolaires.
Si cette estimation était attendue, c’est la première fois qu’elle figure noir sur blanc dans un document officiel. « C’est un chiffre gigantesque, cela vient confirmer l’ampleur du scandale », souligne Marine Martin, la présidente de l’Apesac. Les dangers de ces médicaments pour l’enfant à naître sont connus depuis les années 1980 et ont été de nouveau documentés au début des années 2000. Or, les femmes n’ont pas été informées de ces risques pour leur enfant.
Plusieurs procédures judiciaires sont aujourd’hui en cours contre Sanofi, le fabricant de la Dépakine. En décembre 2017, le laboratoire a été condamné par la cour d’appel d’Orléans à verser 2 millions d’euros à la famille d’une victime et 1 million d’euros à la Caisse primaire d’assurance-maladie, décision dont il a fait appel. Un fonds d’indemnisation devrait par ailleurs commencer à fonctionner à l’automne. « Si on est 30 000 victimes et si chacune d’entre nous est indemnisée 1 million d’euros, ça va coûter 30 milliards, prévient Marine Marin. Or, Sanofi continue de nier sa responsabilité. Si l’Etat ne demande pas à Sanofi de participer au fonds d’indemnisation, c’est le contribuable qui devra payer cette somme. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Alors que « l’usage de tout modèle de calculatrice, avec ou sans mode examen, est autorisé », des candidats au bac S de plusieurs lycées de l’académie du Nord se sont vu reprocher de consulter des antisèches dessus.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ 
<article-nb="2018/06/23/16-17">
<filnamedate="20180623"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180623"><AAMMJJHH="2018062316">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Ces assistants d’éducation sont soupçonnés d’avoir ri d’un élève autiste, d’avoir filmé la scène et de l’avoir diffusée sur les réseaux sociaux. Une enquête est en cours.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Aulnay-sous-Bois : quatre surveillants suspendus pour s’être moqués d’un collégien autiste

Ces assistants d’éducation sont soupçonnés d’avoir ri d’un élève autiste, d’avoir filmé la scène et de l’avoir diffusée sur les réseaux sociaux. Une enquête est en cours.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h38
    |

            Violaine Morin








                        


Quatre surveillants affectés au collège Claude-Debussy d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ont été suspendus jeudi, soupçonnés de s’être moqués d’un élève autiste, d’avoir filmé la scène et de l’avoir diffusée sur Snapchat, a-t-on appris vendredi 22 juin de sources concordantes. Ces quatre assistants d’éducation ont fait l’objet d’une suspension à titre conservatoire dans l’attente des résultats de l’enquête administrative, a expliqué le rectorat. Le parquet de Bobigny a été saisi.
Les quatre surveillants avaient tous été engagés cette année par l’établissement, qui a la responsabilité du recrutement de ces personnels. L’un d’entre eux n’avait été affecté au collège qu’en février, a précisé le rectorat de Créteil, sans vouloir en dire plus sur leur profil.
« Des faits inacceptables »
Les faits se sont déroulés mardi. La victime, un enfant autiste scolarisé en classe ULIS (classe d’insertion pour les élèves handicapés), avait empli son sac de pain. « Les surveillants ont voulu le punir d’avoir pris du pain et ils se sont moqués de lui », a rapporté une source proche du dossier. L’un d’eux a filmé la scène, qui s’est retrouvée sur Snapchat mercredi matin. « L’enfant n’a pas compris qu’on se moquait de lui, il va bien », a ajouté cette source.
Alerté dans la même journée par le principal de l’établissement, le rectorat de Créteil a immédiatement fait supprimer la vidéo. « Ces agissements, s’ils sont avérés, sont inacceptables », a réagi Régis Astruc, responsable de la vie scolaire à la direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) de la Seine-Saint-Denis. M. Astruc a souligné qu’il s’agissait du premier incident de ce type dans un établissement où l’intégration des élèves en situation de handicap, via deux classes ULIS (environ 25 élèves sur 700 au total), se passe par ailleurs « très bien ». 
« Cet incident isolé n’est en rien représentatif du climat scolaire dans ce collège », a-t-il ajouté. Le collège Claude-Debussy d’Aulnay, classé REP + – réseau d’éducation prioritaire renforcé –, jouit en effet d’une réputation particulière au sein d’un quartier particulièrement sensible : il a été le cadre du tournage du film Swagger, d’Olivier Babinet, un documentaire sorti en 2016 au cinéma qui mettait en scène des élèves. Le collège connaît également une forte valeur ajoutée depuis plusieurs années dans ses résultats au diplôme national du brevet.
Selon le rectorat de Créteil, la famille a été prévenue immédiatement et est « accompagnée » par la direction de l’établissement, qui devrait recevoir le père de la victime lundi. Ce dernier devra décider s’il choisit ou non de porter plainte. L’enfant s’est rendu au collège le reste de la semaine, sans autres incidents.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ L’ONG, qui rappelle l’existence de mécanismes de signalement internes, déclare n’avoir « pas été en mesure de trouver des preuves à l’appui des allégations ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

D’ex-employées de MSF accusent d’anciens collègues d’avoir eu recours à des prostituées

L’ONG, qui rappelle l’existence de mécanismes de signalement internes, déclare n’avoir « pas été en mesure de trouver des preuves à l’appui des allégations ».



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h33
   





                        



   


L’ONG Médecins sans Frontières (MSF) a estimé, vendredi 22 juin, qu’« aucun élément ne permet de nous dire qu’il y a des faits avérés », après une enquête de la BBC sur des travailleurs humanitaires qui auraient eu recours à des prostituées lors de missions.
Dans un communiqué, l’organisation rappelle que « MSF n’est pas immunisée face à ces dérives, et nous nous efforçons de prendre chaque cas au sérieux ».
« Notre organisation dispose de mécanismes de signalement pour recueillir les plaintes sur ce type d’abus », a précisé au Monde.fr l’ONG, qui n’envisage pas l’ouverture d’une enquête sur la base des témoignages recueillis par la BBC, faute d’« éléments concluants ».
« Nous avons investigué, dans la mesure du possible, chaque affirmation de la BBC, mais le manque de précisions a rendu la tâche extrêmement difficile. Nous n’avons pas été en mesure de trouver des preuves à l’appui des allégations présentes dans le rapport de la BBC. »
MSF précise avoir tenté de vérifier l’allégation selon laquelle un employé de MSF aurait dit qu’il était possible d’échanger des médicaments contre des faveurs sexuelles, sans y parvenir. « S’il s’avérait qu’un employé MSF avait tenté d’obtenir des services sexuels en échanges de médicaments, il s’agirait d’un abus de pouvoir inacceptable », écrit l’ONG, qui n’a identifié aucun incident étayant cette allégation.
24 cas de harcèlement ou d’abus sexuels en 2017
Dans l’article de la BBC, trois anciennes employées accusent des travailleurs humanitaires, en poste au Kenya, au Liberia et en Afrique centrale, d’avoir eu recours à des prostituées. Selon la chaîne, ces accusations visent des logisticiens, et non des médecins ou infirmiers.
En février, dans la foulée de la révélation de scandales sexuels au sein de l’ONG Oxfam, MSF, qui emploie plus de 40 000 personnes dans le monde, avait dit avoir reçu, en 2017, 146 plaintes ou signalements pour des discriminations, abus de pouvoir ou comportements inappropriés. Parmi ceux-ci, 24 cas de harcèlement ou d’abus sexuels avaient été identifiés, donnant lieu à 19 licenciements.

        Lire aussi :
         

                Violences sexuelles par des humanitaires : les ONG peinent à trouver des solutions






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ La France s’est opposée à un congé parental européen mieux rémunéré. Certains, notamment à l’extrême droite, voudraient aller plus loin, en octroyant un revenu au parent au foyer.
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Instaurer un revenu parental serait-il souhaitable (et possible) ?

La France s’est opposée à un congé parental européen mieux rémunéré. Certains, notamment à l’extrême droite, voudraient aller plus loin, en octroyant un revenu au parent au foyer.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 15h41
    |

            Mathilde Damgé








                        


C’était une des rares avancées sociales européennes proposées par la Commission Juncker, au printemps 2017. C’est pourtant une version très pâle du texte d’origine qui a été adoptée jeudi 21 juin par les ministres du travail et des affaires sociales de l’Union européenne. Il s’agissait au départ de donner aux vingt-huit pays membres de l’UE les mêmes règles sur le congé parental, de préférence mieux-disantes pour une majorité : quatre mois par parent et par enfant, rémunérés aux mêmes conditions que les arrêts maladie.
Mais plusieurs Etats ont bataillé contre cette idée et obtenu gain de cause : les représentants des Etats membres ont fini par s’accorder sur un texte qui n’impose plus aucun niveau minimal de rémunération. L’obligation de partage entre le père et la mère est limitée à deux mois pour un congé de quatre mois pour chaque parent (dont un mois et demi indemnisé). Le Parlement européen doit se pencher à son tour le 11 juillet sur les propositions de l’exécutif européen lors d’une réunion de la commission Emploi, qui pilote les discussions.
La France, en particulier, s’est opposée à cette amélioration du congé parental, pour des raisons de coût, suscitant une réaction indignée des syndicats et des associations familiales, qui ont déploré, dans deux lettres ouvertes, la frilosité du président de la République sur la question.

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Une idée issue de l’extrême droite
Dans le même temps, l’idée d’octroyer un revenu au parent au foyer semble faire son retour, notamment dans les rangs de l’extrême droite, qui traditionnellement porte cette proposition en France :

Préserver la cellule de base de notre #Societe la famille: le @FN_officiel propose de donner la possibilité aux fem… https://t.co/Ebefu8mrLD— Elus_FN_NA (@RN Nouvelle-Aquitaine)


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En janvier, l’eurodéputé frontiste Nicolas Bay écrivait ainsi : « Il est urgent de mettre en œuvre une véritable politique au service des familles, notamment en rétablissant l’universalité des allocations familiales, ou encore par la création d’un revenu parental. »
Si un revenu parental, ou un système équivalent, a déjà été mis en place dans d’autres pays (Allemagne, Suède, etc.), en France, un tel dispositif est resté au stade de l’hypothèse, laquelle n’a d’ailleurs été formulée que par des partis politiques ultraconservateurs et quelques associations défendant la famille.
Dans les dernières années, le seul geste de reconnaissance du « travail » que constitue la parentalité a été réalisé par la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, qui a proposé de gratifier les parents au foyer d’un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) petite enfance, pouvant être obtenu après validation d’acquis, afin de faciliter leur insertion professionnelle.

Les jeunes mères pourraient, après un "parcours diplômant", obtenir un "CAP petite enfance", annonce… https://t.co/j558pCjGy8— LCP (@LCP)


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Aussi simple et généreux soit-il, le revenu parental est une idée complexe qui pose de nombreuses questions : un salaire ou une indemnisation ? En supprimant les aides existantes ? Pour quel travail ? Avec quel budget pour l’Etat ? Tour d’horizon de ce qui est évoqué en France et à l’étranger pour rémunérer ces travailleurs et travailleuses invisibles.
Une allocation, pas un salaire
Actuellement, les allocations familiales sont considérées symboliquement comme une forme de revenu par certaines mères au foyer pour qui élever des enfants est un métier : pour elles, les sommes versées par la Caisse d’allocations familiales (CAF) entreraient en compte dans la décision de ne pas travailler pour se consacrer à leurs enfants.
A ceci près que l’allocation de base est versée au foyer, et non au parent qui a la charge du foyer, tout comme l’indemnité de congé parental d’éducation. Appelée prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE), cette indemnité (à ne pas confondre avec le congé maternité ou paternité, au moment de la naissance, qui permet de cotiser et d’être rémunéré) remplace depuis 2015 le complément de libre choix d’activité (CLCA).
Destinée aux parents qui ont arrêté de travailler afin d’élever un enfant de moins de 3 ans, l’allocation correspond à 396 euros net pour un temps plein, à 256 euros net pour un mi-temps. Toutes ces aides ne sont pas des salaires à proprement parler : elles ne sont pas soumises à cotisations, n’ouvrent pas de droits sociaux, et ne permettent pas de progresser dans une forme de « carrière », contrairement à ce qui se fait chez certains de nos voisins, comme en Suède.

Congé parental : ce que font les autres pays
Peu de pays ont réellement expérimenté un revenu parental en tant que tel ; la plupart indemnisent le congé lié à une naissance (congé maternité et/ou de paternité) et aident, plus ou moins généreusement, à la prise en charge d’un enfant en bas âge (congé parental d’éducation). Sept pays de l’Union ne rémunèrent pas du tout le congé parental : le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Irlande, la Grèce, les Pays-Bas et Chypre.
La Suède est le pays qui rémunère le mieux les parents : le congé parental ouvre droit à un revenu de remplacement, correspondant à 80 % du salaire antérieur, pendant les treize premiers mois (les trois derniers mois étant indemnisés environ 500 euros chaque). Le modèle suédois est cohérent avec cette notion de revenu : ce dernier est imposable et, en contrepartie, tous les droits sociaux du bénéficiaire sont maintenus. Il continue à cotiser pour sa retraite, la période de congé est comptabilisée dans le calcul des avantages liés à l’ancienneté et il bénéficie de la garantie du retour à son poste.
Si le parent au foyer tombe malade, il reçoit une indemnité journalière et ses jours de maladie ne sont pas comptabilisés dans le congé parental. Il faut toutefois avoir travaillé au moins huit mois avant l’arrêt. « Les parents ne satisfaisant pas à ces conditions touchent, pour leur part, une indemnité forfaitaire d’environ 18 euros par jour. Les modalités de ce congé incitent donc assez fortement à s’intégrer sur le marché du travail avant d’avoir des enfants », explique la docteure en sociologie Nathalie Morel. De plus, la Suède a mis en place des mesures incitatives pour pousser les hommes à davantage utiliser le congé : chaque parent est obligé de prendre au moins trois mois pour bénéficier du reste du congé parental.
Même logique en Allemagne : si les deux parents prennent le congé (deux tiers du salaire, plafonné à 1 800 euros par mois), ils ont droit à deux mois supplémentaires. Une « prime aux fourneaux » de 150 euros mensuels avait, en outre, été initiée en 2013 par les conservateurs pour relancer la natalité, mais elle a été invalidée en 2015 par la Cour constitutionnelle qui a jugé que le gouvernement fédéral avait empiété sur les prérogatives des Etats régionaux.
L’Islande a le modèle le plus égalitaire avec un congé parental de neuf mois, dont un tiers est réservé à la mère, un tiers au père et un tiers partageable entre les deux, avant les dix-huit mois de l’enfant, chaque partie étant perdue si elle n’est pas prise par son destinataire. Il est rémunéré à 80 % pour tout salaire en dessous de 1 260 euros par mois et 75 % pour les salaires supérieurs, avec un plafonnement à 1 890 euros mensuel.
A l’opposé d’une conception sociale du revenu parental, et dans une proportion probablement anecdotique, une version néocapitaliste aurait déjà été expérimentée dans la sphère privée : à New York, certaines femmes au foyer toucheraient un « bonus d’épouse » au titre de leur bonne gestion du budget du foyer ou de la qualité de l’éducation apportée aux enfants et de la capacité de ces derniers à intégrer de bonnes écoles. Les Etats-Unis sont actuellement le seul pays de l’OCDE à ne même pas financer un congé maternité.


« 80 % du SMIC »
La création d’un revenu parental, « équivalant à 80 % du SMIC » et ouvrant des droits afférents à tout revenu du travail (protection sociale, retraite, formation, etc.), figurait au programme du Front national pour l’élection présidentielle en 2012. « Ce revenu serait accessible pendant trois ans à partir du deuxième enfant avec une possibilité de renouvellement d’une durée de quatre ans pour le troisième enfant. » 
Pour l’eurodéputé Dominique Martin (FN), qui avait invoqué, en 2015, la liberté des « femmes de s’occuper de leur foyer, notamment par un salaire parental d’éducation », la mesure comporterait d’évidents bénéfices, comme le fait de libérer des emplois et d’améliorer la sécurité de certains quartiers.
Mais elle aurait naturellement un coût assez élevé. En retirant le congé parental, le coût d’un tel revenu parental oscillerait entre 3,3 milliards et 10 milliards d’euros, selon l’Institut Montaigne. Le centre de réflexion, orienté à droite, souligne par ailleurs le risque d’un « fort effet désincitatif sur le travail des personnes peu qualifiées », et donc sur leur intégration sociale.
Il faudrait en outre imaginer les effets macroéconomiques d’une réduction de la population active féminine aussi drastique, notamment sur la croissance, sur la consommation et sur le système de retraites… « Les éventuelles économies générées sur le financement de l’accueil de la petite enfance seraient ainsi très largement compensées par les pertes de recettes », juge en conclusion l’Institut Montaigne.
Contacté, le Front national, devenu entre-temps Rassemblement national, n’a pas souhaité répondre sur le détail du financement de ce dispositif, ni même à la question de savoir s’il soutenait encore cette mesure.
Plus de 1 300 euros par mois à temps plein
Outre le financement du revenu parental se pose la question de la « fiche de poste » et du niveau de salaire afférent aux tâches réalisées. Le travail domestique est un véritable travail dans la mesure où il produit de la valeur, valeur mesurée par l’Insee. En 2010, quel que soit son temps de travail, une femme vivant en couple et mère d’un ou plusieurs enfants de moins de 25 ans, accomplissait en moyenne :
vingt-huit heures par semaine de tâches du périmètre dit « restreint » du travail domestique (cuisine, ménage, soins matériels aux enfants, entretien du linge, gestion du ménage) ;trente-quatre heures si l’on ajoute le périmètre « intermédiaire » (courses, jardinage, bricolage, jeux avec les enfants) ;quarante et une heures avec l’« extensif » (trajets en voiture, soins d’un animal domestique).
Pour un homme dans la même situation, le temps de travail domestique est en moyenne de dix-huit heures (dix pour le périmètre restreint et vingt-six pour le périmètre extensif). Avec un salaire minimum de 9,76 euros brut de l’heure, une femme devrait recevoir une rémunération d’environ 1 327 euros par mois, un homme, de 702 euros… sans prendre en compte le coût horaire plus élevé de certains spécialistes (assistant maternel, plombier, couturier, etc.).

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                Oui, les hommes participent plus... mais ils gardent les tâches les plus gratifiantes



Déséquilibre hommes-femmes
Les défenseurs actuels du revenu parental s’adressent indifféremment aux hommes et aux femmes. Mais, en réalité, une telle compensation (qui atteindrait au mieux une fraction du salaire minimal) risque de n’intéresser que les personnes ayant des rémunérations plus faibles, travaillant à temps partiel ou avec des carrières compliquées…, soit le plus souvent des femmes, explique sur son blog le professeur de sciences sociales et économiques Denis Colombi. Cet écueil touche déjà le congé parental actuel, qui n’est pris qu’à 4 % par les hommes.
Un cercle vicieux peut alors s’enclencher, les femmes restant à la maison par défaut et ne pouvant espérer un meilleur avenir professionnel. C’est d’ailleurs pour éviter que le congé parental ne se substitue au travail que certains économistes défendent un congé court. Pour Hélène Périvier, spécialiste des questions d’inégalités entre les sexes à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il y a une coupure, en France, entre l’accueil de la petite enfance et ce qui relève de l’éducation nationale.
Constatant le manque de modes de garde, elle souligne la nécessité de régler ce problème de prise en charge de la petite enfance, pour pouvoir réduire le congé parental… « Et c’est là qu’il y a des crispations. Il faudrait, selon moi, revoir cette coupure nette, et plutôt penser globalement l’accueil des moins de 6 ans. » Une solution qui permettrait de rétablir l’égalité entre hommes et femmes, mais également entre enfants, qui avant 3 trois ans ne bénéficient pas des mêmes traitements.



                            


                        

                        


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Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h19
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            Gaëlle Dupont








                        



                                


                            

Vêtements éparpillés, objets amoncelés… Un foutoir typiquement adolescent règne dans la chambre de Rokya (tous les prénoms ont été modifiés), 16 ans. Au mur, une seule décoration : son diplôme du brevet. « J’en suis très fière, j’ai eu une mention alors que je l’ai passé enceinte », explique la jeune fille. Juste au-dessous est installé le berceau d’Aïssata, 10 mois, calé entre le lit de sa mère et une pile de cartons de couches. En cette fin d’après-midi, le bébé est encore à la crèche. Les petites sœurs de Rokya, âgées de 12 et 6 ans, jouent dans le salon. Leur mère à toutes les trois et grand-mère d’Aïssata est au travail. « Elle est un grand soutien pour moi, confie la jeune fille. Même s’il arrive qu’on s’embrouille, parfois j’ai l’impression qu’elle veut prendre ma place. » 
Combien de fois Rokya n’a-t-elle pas entendu qu’elle était trop jeune pour avoir un enfant ? « Quelle bêtise que tu as faite ! », lui a dit sa mère. A l’hôpital, l’anesthésiste lui a imposé une péridurale parce qu’elle n’avait « pas l’âge de décider ». Sa famille au Mali la considère « comme une prostituée » car elle n’est pas mariée. Mais Rokya se trouve mieux sans le père, qui ne s’implique pas beaucoup auprès de l’enfant. Agé de vingt ans de plus qu’elle, il était son premier amour, et son premier amant. « J’étais naïve, poursuit-elle. Je pensais qu’on ne pouvait pas être enceinte la première fois. »
Elle a envisagé d’avorter, mais « ce n’était pas dans (s)es convictions ». Elle s’est sentie mère « à part entière » dès qu’elle a eu le bébé sur la poitrine. « Certaines personnes disent que je suis courageuse. Moi je dirais plutôt que j’assume ce que j’ai fait. » Le plus compliqué pour Rokya, c’est le lycée. Elle est en seconde générale à Paris. « Les profs ne sont pas très tolérants », regrette la jeune mère. Il faut dire qu’elle a...




                        

                        

