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En Turquie, des élections aux enjeux inédits pour Erdogan, face à une opposition ragaillardie

Après quinze ans d’un règne sans partage, le président parviendra-t-il, dès dimanche, à convaincre l’électorat de lui confier un nouveau mandat ?



Le Monde
 |    23.06.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 16h20
   





                        


Dimanche 24 juin, 59 millions d’électeurs (56 millions en Turquie, 3 millions à l’étranger) sont appelés aux urnes en Turquie pour élire leur président et leurs députés au Parlement, un double scrutin inédit dans l’histoire de la République fondée par Mustafa Kemal, dit Atatürk, en 1923.
Après quinze ans d’un règne sans partage, le président Recep Tayyip Erdogan parviendra-t-il à convaincre l’électorat de lui confier un nouveau mandat ? Ces élections anticipées, organisées sur demande du président au pouvoir pour le 24 juin, soit dix-neuf mois avant la date prévue, se présentaient comme une partie facile pour le parti au pouvoir. Or, elles s’avèrent plus difficiles qu’escomptées pour le candidat Erdogan, rattrapé par une opposition ragaillardie et par les piètres résultats de son économie.
L’étoile pâlit
A 64 ans, celui que ses partisans appellent familièrement « Tayyip » a beau demeurer l’homme politique le plus adulé depuis Atatürk, il est aussi le dirigeant le plus clivant que le pays ait jamais connu. Selon les instituts de sondage, M. Erdogan ne sera pas élu dès le premier tour. Un second tour aurait alors lieu le 8 juillet. Son parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), l’AKP, pourrait perdre sa majorité parlementaire lors des législatives du 24 juin, qui se déroulent, elles, en un seul tour.
Des sondages qui interviennent malgré de sérieux avantages de campagne pour le parti et le candidat au pouvoir : les médias, contrôlés à 90 % par le gouvernement, retransmettent en intégralité ses meetings. Mais le « raïs » (chef) Erdogan voit son étoile pâlir malgré les ressources de l’Etat, dont il use et abuse. Ses meetings ne sont plus aussi vibrants et fréquentés qu’autrefois. Lui-même apparaît à cours d’idées, répétitif, fatigué. Face à ses partisans à Van (est de la Turquie), il a donné une date erronée pour le scrutin, évoquant « le 26 juin », au lieu du 24.
Ses promesses de créer « des maisons de thé-librairies » avec « cakes gratuits » au moment où les Turcs sont touchés au porte-monnaie par l’inflation, ont suscité tollé et moqueries sur les réseaux sociaux. Tout comme toutes ses déclarations sur les frigos et les téléviseurs acquis par les ménages turcs depuis l’avènement de l’AKP au pouvoir. Loin d’être un chemin facile, la campagne a été, de loin, la plus ardue que M. Erdogan, inlassablement vainqueur des urnes depuis 2002, ait jamais connue.
Alliance de l’opposition
Ceci pour deux raisons. En premier lieu, l’opposition a réussi à s’unir autour d’un dénominateur commun : le refus du système présidentiel taillé spécialement pour lui et censé entrer pleinement en vigueur après le 24 juin.
Ce système, dont les modalités ont été adoptées de justesse par référendum l’an dernier, dote le chef de l’Etat de pouvoirs exorbitants. Le Parlement, réduit au rôle de chambre d’enregistrement, n’aura plus son mot à dire sur la composition du gouvernement, le poste de premier ministre sera supprimé, le président aura la main sur la nomination des hauts magistrats.
Plus que tout, M. Erdogan veut refonder l’identité culturelle de la Turquie. Son rêve est de mettre en place un modèle plus conservateur, plus religieux. Son horizon préféré est 2023, la date du centenaire de la fondation de la République, qu’il cite fréquemment comme l’étape ultime venant parachever son régime absolutiste.
Hostiles à ce projet, les kémalistes du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche, le parti d’Atatürk), les conservateurs du Bon Parti (Iyi partisi), les islamistes du Parti de la félicité (Saadet partisi) ont formé une alliance pour les législatives. Chacun des trois partis présente son candidat au premier tour de la présidentielle, mais un accord de désistement aura lieu au second tour dans l’espoir de mettre fin au règne du « raïs ».
En tout, cinq candidats vont affronter M. Erdogan à la présidentielle du 24 juin. D’après les sondages, Muharrem Ince, le candidat du CHP, est le mieux placé pour affronter le président sortant au second tour de la présidentielle, prévu pour dimanche 8 juillet.
M. Erdogan a beau parler de lui comme d’un « apprenti » tandis qu’il se qualifie de « maître » (usta), son inquiétude est palpable. Dans une vidéo diffusée en boucle sur les réseaux sociaux, il reconnaît que la campagne « n’est pas facile » et n’exclut pas que l’AKP, sa formation, soit contrainte de former un gouvernement de coalition si elle venait à perdre sa majorité parlementaire.
Bon orateur, énergique, Muharrem Ince, 54 ans, un ancien professeur de physique-chimie a mené une campagne dynamique à travers toute la Turquie, suscitant l’enthousiasme des foules comme à Izmir, un bastion du CHP, où deux millions de personnes sont venues l’applaudir, le 21 juin. En cas de victoire, il promet d’être « le président de 81 millions de Turcs, qu’ils soient de droite, de gauche, alévis, sunnites, turcs, kurdes », de « rétablir la justice » et de se montrer « impartial ».

Son alliée, l’opposante Meral Aksener, une ancienne ministre de l’intérieur devenue la nouvelle égérie du centre droit, fait, elle aussi, de l’ombre au « raïs » en chassant sur les terres du Parti de l’action nationaliste (MHP) qui est allié avec l’AKP pour ces élections.
Le parti prokurde de la Démocratie des peuples (HDP) n’a pas rejoint formellement l’opposition. Mais il partage certaines de ses vues, notamment le rejet de l’« hyperprésidence » voulue par Erdogan. Selahattin Demirtas, le leadeur kurde emprisonné depuis novembre 2016, fait campagne, pour sa part, depuis sa cellule de douze mètres carrés de la prison de haute sécurité d’Edirne, en Thrace orientale.

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519 000 observateurs
L’économie est la deuxième raison du désenchantement actuel pour M. Erdogan. Malgré une forte croissance (7,4 % en 2017), l’économie nationale turque va mal. La devise locale, la livre turque, s’effondre un peu plus chaque jour (– 18 % depuis janvier 2018), l’inflation (12 % annuels) flambe, les investisseurs fuient.
Les islamo-conservateurs sont ainsi privés de leur atout majeur. Jusqu’ici, ils étaient crédités d’avoir réussi à tripler le PIB depuis 2002 et d’avoir offert aux Turcs une décennie de forte croissance économique et de stabilité politique.
Il faut dire que la gouvernance souple et pragmatique des débuts a été remplacée par l’autoritarisme et le culte de la personnalité. L’état d’urgence imposé depuis le coup d’Etat raté du 15 juillet 2016 permet au président de gouverner par décrets, avec, pour résultat, l’arrestation de dizaine de milliers de personnes.
Dans ce contexte, l’opposition redoute tout particulièrement des fraudes électorales lors de ce double scrutin anticipé. 519 000 observateurs, en majorité des Turcs, vont être répartis dans les plus de 180 000 bureaux de vote à travers le pays.
L’inquiétude des opposants au pouvoir est justifiée par les modifications récentes survenues à la loi électorale qui assurent à l’AKP un contrôle accru sur le déroulement du scrutin. Dorénavant, le conseil électoral suprême peut redécouper les circonscriptions et de déplacer les urnes pour des raisons de sécurité, ce qui est le cas dans le Sud est à majorité kurde du pays, où 150 000 électeurs doivent faire des kilomètres pour aller voter.
L’inquiétude s’est renforcée un peu plus, mardi 19 juin, quand l’agence Anatolie a transmis à la chaîne de télévision Tvnet des résultats préliminaires du vote de dimanche extrêmement favorables au président sortant. Selon ce tableau diffusé, par inadvertance, au cours d’un débat sur Tvnet, M. Erdogan apparaissait réélu président avec 53 % des suffrages. L’opinion publique s’en étant indignée, la chaîne a expliqué qu’il s’agissait d’« un test ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ 569 migrants ont été secourus samedi au cours de quatre opérations menées au large des côtes espagnoles et italiennes.
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Des centaines de migrants sauvés au large de l’Espagne, à la veille du mini-sommet de crise à Bruxelles

569 migrants ont été secourus samedi au cours de quatre opérations menées au large des côtes espagnoles et italiennes.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 15h25
   





                        



   


418 migrants ont été secourus samedi 23 juin au cours de trois opérations menées au large des côtes espagnoles par les services de sauvetage en mer de l’Espagne, a annoncé l’organisme public Salvamento maritimo. Entassées à bord de quinze embarcations, 262 personnes ont été prises en charge dans le détroit de Gibraltar et débarquées dans les ports de Tarifa et de Barbate, en Andalousie. Vingt-sept autres ont été secourues en Méditerranée entre le sud de l’Espagne et le nord du Maroc et 129 au large de l’île de Grande Canarie, dans l’océan Atlantique.
Sauvetage au large de l’Italie
L’armateur danois Maersk Line a annoncé de son côté samedi que l’Alexander Maersk, un de ses porte-conteneurs, avait secouru 113 migrants au large des côtes du sud de l’Italie et se trouvait au large de la Sicile. Le navire a changé de cap après avoir reçu un signal de détresse vendredi matin, a précisé Mikkel Elbek Linnet, porte-parole de Maersk Line. Il n’a pas spécifié où exactement les migrants avaient été secourus, ni quand le signal d’alerte avait été reçu. Le navire se trouve au large de la ville de Pozzallo en Sicile et attend des instructions du centre italien de coordination des sauvetages en mer MRCC Rome.
Par ailleurs, le Lifeline, navire menacé de mise sous séquestre par l’Italie, attend dans les eaux internationales une solution diplomatique et un approvisionnement pour les quelque 230 migrants à bord, a déclaré samedi l’ONG allemande Lifeline qui l’affrète. Rome a exclu de laisser le navire entrer dans un port italien et a dit vouloir vérifier la correspondance entre le pavillon néerlandais du bateau et sa nationalité.
Sauvetages au large de la Libye
La marine libyenne a signalé, samedi, que cinq migrants africains sont morts et près de 200 secourus au large de la Libye alors qu’ils tentaient de traverser la Méditerranée pour atteindre l’Europe. Lors d’une première opération vendredi, 94 migrants dont trois enfants et neuf femmes, ont été secourus à douze milles marins au large de Garabulli, à l’est de la capitale libyenne Tripoli, après le naufrage de leur canot pneumatique.
A bord d’une autre embarcation, 91 migrants ont été secourus dans la même zone lors d’une opération distincte, a ajouté le porte-parole en soulignant que les migrants étaient de différentes nationalités africaines. Au total depuis mercredi, 900 migrants ont été interceptés ou secourus par la marine libyenne.

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Mini-sommet à Bruxelles
Ces derniers bilans ont été diffusés six jours après l’arrivée à Valence de l’Aquarius, qui avait secouru 629 migrants au large des côtes libyennes. La question de l’accueil des migrants, qui divise profondément les Européens, sera au centre d’un mini-sommet de crise dimanche à Bruxelles. Destiné à préparer le sommet de Bruxelles des 28 et 29 juin qui sera largement consacré à l’immigration, il sera boycotté par les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), partisans d’une ligne dure sur l’immigration.
La France veut proposer à ses partenaires européens dimanche, en accord avec l’Allemagne et l’Espagne, d’« européaniser » la gestion des migrants, pour l’accueil, l’examen des dossiers ou leur « reconduite » dans leur pays d’origine, a expliqué l’Elysée.
Tentée par un boycott de ce mini-sommet, l’Italie a, finalement, confirmé sa participation mais entend y faire « entendre sa musique », selon le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini. Selon Rome, le texte préparé par Paris et Berlin aborde insuffisamment la question de la protection des frontières européennes pour se concentrer sur le redéploiement des migrants dès lors qu’ils sont déjà arrivés en Europe.

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L’ONG SOS Méditerranée « exhorte » les dirigeants « à garantir des ports de débarquement sûrs pour les personnes secourues en mer ». « L’Union européenne devra placer l’impératif de préservation et de protection de la vie des personnes en détresse avant tout autre considération politique », prévient, samedi, l’ONG européenne dans un communiqué.
L’Espagne, dont le nouveau premier ministre, Pedro Sanchez, a pris l’initiative d’accueillir l’Aquarius, participera elle aussi au sommet. Elle est la troisième porte d’entrée des migrants en Europe après l’Italie et la Grèce.
Si le nombre de migrants tentant de franchir la Méditerranée a été divisé par deux depuis le début de l’année par rapport à la même période l’an passé, il a triplé pour ce qui concerne l’Espagne, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Quelque 12 155 migrants sont ainsi arrivés en Espagne entre le 1er janvier et le 20 juin. Sur cette période, 292 migrants sont morts en tentant d’atteindre les côtes espagnoles. Au total, 960 migrants sont morts en Méditerranée sur cette période, selon l’OIM.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Depuis le 1er janvier, plus de 1 000 mineurs non accompagnés ont été pris en charge par le département des Hautes-Alpes.
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A Briançon, un afflux permanent, mais pas encore d’« effet Salvini »

Depuis le 1er janvier, plus de 1 000 mineurs non accompagnés ont été pris en charge par le département des Hautes-Alpes.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h05
    |

            Henri Seckel (Briançon, Hautes-Alpes, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Billy est fatigué. Parti à 8 heures la veille au soir, arrivé à 8 heures ce matin de juin : douze heures de marche sur des sentiers escarpés et caillouteux entre Clavière, dernier village italien avant la frontière, et Briançon (Hautes-Alpes). En cours de route, une rencontre avec les gendarmes français qui surveillent la montagne a contraint ce jeune Camerounais, une fois ramené de l’autre côté de la frontière italienne, à recommencer sa traversée depuis le début, cette fois avec succès.
Abbas, lui, a esquivé les gendarmes et rallié Briançon du premier coup, usant jusqu’à la corde ses malheureuses baskets de 23 heures à 6 heures du matin. Il avait, auparavant, été recalé par la police aux frontières (PAF) au tunnel du Fréjus, ainsi qu’à Menton (Alpes-Maritimes). Il aura donc fallu cinq jours à ce trentenaire pakistanais pour parvenir à quitter l’Italie, où il était allé renouveler son permis de séjour, et retourner en France, où il travaille depuis plusieurs années.

Au Refuge solidaire, bâtiment vieillot en face de la gare de Briançon, Michel Rousseau fait ce qu’il peut pour offrir un peu de repos, avant la suite du périple, aux corps fourbus arrivés d’Italie. Ce retraité œuvre comme bénévole au sein de l’association Tous migrants, qui accueille Billy, Abbas et leurs compagnons de galère. « On a l’impression de devoir gérer une inondation tous les jours depuis un an et demi, concède Michel Rousseau. On ne s’arrête jamais, on est parfois un peu pris de vitesse. »

Le travail considérable que des dizaines de bénévoles abattent jour après jour pour accueillir, soigner, nourrir et conseiller les nouveaux arrivants permet d’éviter tout problème d’hygiène ou de délinquance. Ce sont eux qui empêchent Briançon, 12 000 habitants, de se transformer en Calais des Alpes. Mais les murs ne sont pas extensibles, la place manque.
Porte d’entrée
Depuis son ouverture en juillet 2017 jusqu’à la fin mai 2018, le Refuge...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Des membres de l’UE souhaiteraient transférer à des pays tiers les procédures d’examen.
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Crise migratoire en Europe : la tentation d’externaliser les demandes d’asile

Des membres de l’UE souhaiteraient transférer à des pays tiers les procédures d’examen.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h39
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            

L’idée d’externaliser la demande d’asile, c’est-à-dire de délocaliser les procédures d’examen en dehors de l’UE, progresse depuis une quinzaine d’années en Europe. En 2003, le Royaume-Uni de Tony Blair avait plaidé pour des centres de transit sur les routes migratoires. En 2004, l’Allemagne avait à son tour soutenu la création en Afrique du Nord de centres fermés où instruire les demandes d’asile, et l’Italie lui avait emboîté le pas en proposant d’installer ces dispositifs en Libye et au Maroc. Le scénario trouve désormais les faveurs d’un certain nombre d’Etats membres. Début juin, le Danemark a ainsi annoncé mener des discussions avec l’Autriche – qui assumera bientôt la présidence tournante de l’Union – et « d’autres pays » en vue de créer des centres hors du territoire de l’UE.

« On justifie cela en expliquant qu’il faut protéger les réfugiés des dangers de la mer mais l’objectif est en réalité d’éviter de déclencher le mécanisme Dublin et les tensions qu’il génère entre les pays situés en « première ligne » et ceux qui se réfugient derrière le mécanisme Dublin », analyse Emmanuel Blanchard, président du réseau d’associations Migreurop. Le régime de Dublin prévoit que la responsabilité de l’examen d’une demande d’asile relève en tout premier lieu de l’Etat membre de première entrée, ce qui fait peser la charge sur des pays comme l’Italie et la Grèce, même si, depuis le début de l’année, les arrivées de migrants par la route de la Méditerranée centrale ont baissé de 77 % par rapport à la même période l’an dernier.
Au ministère de l’intérieur, on met en garde sur la notion fourre-tout de plate-forme de débarquement : « Tout le monde manie ce concept mais personne n’y voit la même chose, résume une source place Beauvau. Une chose est sûre, le droit international et européen interdit aux bateaux européens de ramener des migrants sur les côtes nord-africaines car cela s’apparente à du refoulement vers des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ A la veille du sommet de Bruxelles, la posture de Paris et son refus d’accueillir davantage de réfugiés suscite une profonde amertume à Rome, où l’extrême droite s’est saisie de la question.
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Entre France et Italie, la brouille sur les migrants

A la veille du sommet de Bruxelles, la posture de Paris et son refus d’accueillir davantage de réfugiés suscite une profonde amertume à Rome, où l’extrême droite s’est saisie de la question.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h32
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant) et 
Maryline Baumard








                        



                                


                            

Casse-tête à Vingt-Huit, la question migratoire va être réfléchie en comité restreint, dimanche 24 juin, à Bruxelles, avant le sommet européen des 28 et 29 juin. Si le sujet est plus simple à discuter en groupe resserré, le consensus semble loin d’être acquis. Rome a déjà réfuté les projets de conclusions préparées par les services de Bruxelles. Les relations du nouveau gouvernement italien avec les autres membres de l’Union s’annoncent compliquées, surtout si la France et l’Italie se livrent déjà depuis quelque temps un match difficile.
Les démonstrations d’affection affichées à l’issue de la rencontre d’Emmanuel Macron et du premier ministre italien, Giuseppe Conte, le 15 juin, ne trompent pas grand monde. Cette rencontre, certes chaleureuse, n’a en effet rien effacé. Ni les traces laissées par la dénonciation macronienne du « cynisme » et de « l’irresponsabilité du gouvernement italien » après que Rome a refusé à l’Aquarius de débarquer 629 migrants dans un de ses ports, le 12 juin, ni la réponse du ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, qui avait affirmé, avec le soutien d’une écrasante majorité de l’opinion italienne, qu’il n’entendait pas « accepter de leçons hypocrites de pays ayant préféré détourner le regard en matière d’immigration ».

L’échange, particulièrement vif, avait provoqué la convocation de l’ambassadeur de France à Rome, une procédure plus qu’inhabituelle entre pays amis. Tout aussi insolite était le fait que le même ambassadeur avait déjà été convoqué au ministère des affaires étrangères, moins de trois mois plus tôt, avant même l’arrivée au pouvoir de Matteo Salvini. En effet, le 30 mars, l’Italie avait accusé des douaniers français d’être entrés sans permission dans un local d’une association d’aide aux migrants, en gare de Bardonecchia, juste derrière la frontière, pour effectuer une recherche de stupéfiants sur un migrant nigérian en situation régulière.
Contentieux
« Un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Dans les Hautes-Alpes se joue depuis un an et demi un ping-pong absurde entre les migrants qui veulent se rendre à Briançon et les gendarmes qui les renvoient en Italie.
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A la frontière franco-italienne : « Il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer »

Dans les Hautes-Alpes se joue depuis un an et demi un ping-pong absurde entre les migrants qui veulent se rendre à Briançon et les gendarmes qui les renvoient en Italie.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h18
    |

            Henri Seckel (Briançon, Hautes-Alpes)








                        



   


« Certains voulaient partir de Clavière à 20 heures, d’autres à 3 heures du matin, mais j’ai dit non, il faut partir à 23 heures, pour arriver tôt le matin. Quand il fait jour, c’est mort, ils arrêtent tout le monde. » Abbas, 35 ans, n’a pas tort, mais Billy et ses sept compagnons, trop pressés, ne l’ont pas écouté. Ils sont partis vers 20 heures de ce village-frontière, dernière étape en Italie pour les migrants qui s’apprêtent à rejoindre Briançon et la France, de l’autre côté du col de Montgenèvre.
Clavière-Briançon : dix kilomètres à vol d’oiseau, vingt minutes en voiture, pour un Italien ou un Français. Pour un migrant, au mieux sept heures de marche sur des chemins de randonnée plus ou moins discrets, au pire trois jours d’errance, le temps de se perdre dans le dédale des petits sentiers ou de croiser une patrouille qui vous reconduit illico en Italie.
La nuit n’était pas encore tombée quand une voiture de gendarmes a surgi au détour du chemin qu’arpentaient Billy et ses camarades. Ramené à Clavière par les forces de l’ordre, le jeune homme parti du Cameroun il y a trois ans se remettra immédiatement en route par le même chemin, et arrivera à 8 heures du matin à Briançon.

   


Abbas, parti un peu après Billy, est arrivé deux heures avant lui, au bout de sept heures de marche. Sous chacune de ses baskets ne reste qu’une demi-semelle ; l’autre moitié s’est consumée sur les cailloux des sentiers. Son pantalon crotté raconte les moments de panique où il a fallu se planquer dans les fourrés à cause d’un bruit suspect.
« Si les gendarmes voulaient arrêter tout le monde… »
Contrairement à la quasi-totalité des migrants qui entrent en France par le Briançonnais ces temps-ci, Abbas n’est pas africain, mais pakistanais. Il vit et travaille en région parisienne, mais doit parfois venir renouveler son permis de séjour en Italie. Depuis peu, le récépissé qu’il y obtient en attendant ses papiers ne lui permet plus de franchir la frontière. Son récit illustre la partie de ping-pong inepte qui se joue actuellement avec la frontière franco-italienne.

   


Abbas a tenté trois fois de passer par le tunnel du Fréjus – une fois en bus, deux fois en train –, et s’est fait recaler trois fois par les mêmes policiers, à Modane. « La troisième fois, ils m’ont dit : “Mais t’es encore là ?” J’ai dit : “Putain, j’en ai marre !” Ils ont rigolé. J’ai rigolé aussi. Ils ont dit : “Tu ne passeras pas.” J’ai dit : “O.K.” » Direction Vintimille. « Je savais que c’était une autre route possible, j’étais déjà passé par là. » La frontière est, désormais, complètement militarisée, infranchissable. Descente du train à Menton, retour à la case Italie. Turin puis Clavière, et Briançon, enfin, le lendemain matin.
« En fait, la nuit aussi, les flics pourraient arrêter tout le monde s’ils le voulaient, assure Abbas. Dès qu’il y a un mouvement dans la montagne, de grosses lumières s’allument. Même si c’est juste une souris qui bouge, paf !, ça s’allume. Mais je crois qu’ils n’ont pas envie de se prendre la tête à 3 heures du matin, dans la forêt, à jouer à cache-cache et courir derrière nous. »

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                Dans les Alpes, auprès des migrants, « on va redescendre des cadavres, un de ces jours »



« Certains gendarmes ferment les yeux, parce que si toutes les forces de l’ordre appliquaient les consignes cyniquement, personne ne passerait », raconte Michel Rousseau, bénévole de l’association Tous migrants, qui accueille les marcheurs fatigués venant d’Italie au refuge solidaire, situé en face de la gare de Briançon.
« D’ailleurs, l’été dernier, il y a eu une période de huit jours où personne n’est arrivé à Briançon. Avec des lunettes à infrarouge, c’est très facile de surveiller, même des espaces immenses comme ici. »
« Situation absurde »
Il n’est pas rare que certains migrants s’y reprennent à quatre, cinq, six fois pour franchir cette frontière qui s’avère dangereuse pour eux en hiver, lorsqu’il fait – 20 °C et qu’ils sont chaussés de petites baskets. Mais ils finissent par la franchir. « Cette situation est absurde, et mobilise des centaines de gens, poursuit Michel Rousseau. Tout cela a un coût, c’est de l’argent qu’on pourrait mettre dans l’accueil. »
François Chemin, le maire de Fourneaux – ville de Savoie où passent ceux sortant du tunnel de Fréjus – pointe lui aussi l’ineptie d’un système fait pour décourager des migrants qui ne sont plus à ça près :
« Ces gens ont pris tous les risques, pour la plupart, ils ont traversé le Sahara, survécu à la torture en Libye et à la traversée de la Méditerranée. Ce ne sont pas quelques gendarmes français qui vont leur faire rebrousser chemin. Il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer la frontière franco-italienne. »
« Vous pouvez fermer les cols de l’Echelle et de Montgenèvre, les migrants passeront par le col suivant, suppose Michel Rousseau. Il faudra aller toujours plus loin, ce sera toujours plus dur, mais la pression est tellement forte qu’ils finiront par passer. » Les semelles n’ont pas fini de se consumer sur les sentiers de montagne entre l’Italie et la France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Seules les entreprises des pays membres de l’UE peuvent participer aux appels d’offres pour le système concurrent du GPS américain. Les Européens risquent aussi d’y perdre.
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Brexit : le satellite européen Galileo s’éloigne de l’orbite britannique

Seules les entreprises des pays membres de l’UE peuvent participer aux appels d’offres pour le système concurrent du GPS américain. Les Européens risquent aussi d’y perdre.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 15h18
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Et soudain, le Brexit devint réalité. Il y a exactement deux ans, le 23 juin 2016, les Britanniques votaient en faveur d’une sortie de l’Union européenne (UE). Jusqu’à présent, malgré la dramaturgie politique qui entoure les négociations, rien n’a vraiment changé. L’une des toutes premières conséquences concrètes vient… de l’espace. Appliquant à la lettre les règles que le Royaume-Uni avait lui-même approuvées, Bruxelles a décidé d’exclure les entreprises britanniques des appels d’offres de la partie cryptée de Galileo, le système satellite européen, concurrent du GPS américain. Seules les entreprises présentes dans les pays membres de l’UE peuvent se porter candidates.
C’est peu dire que Londres est furieux. Galileo, qui fonctionnera pleinement dans un peu plus de deux ans, est bien plus qu’un système de géolocalisation plus précis que le GPS. Comme son concurrent américain, il comporte un signal crypté, qui sert notamment de système de guidage aux missiles. Son contrôle est militairement stratégique. Sans compter qu’une bonne partie de l’industrie britannique a obtenu de juteux contrats sur ce projet.
Depuis trois mois, le gouvernement britannique fait monter la pression. Les ministres de la défense, de l’industrie, du Brexit et la première ministre, Theresa May, sont tous montés au créneau. S’il est exclu de Galileo, le Royaume-Uni menace de construire son propre système concurrent, une idée qui semble cependant guère crédible au regard de son coût.
« Les Européens se tirent une balle dans le pied »
« Les Européens se tirent une balle dans le pied pour voir si leur pistolet fonctionne », accuse David Davis, le ministre du Brexit. Selon lui, se priver des entreprises britanniques et de certaines de leurs techniques de pointe va retarder la construction de Galileo de trois ans et coûter 1 milliard d’euros supplémentaire. « Le problème est que le pied en question est le Royaume-Uni », réplique Bleddyn Bowen, spécialiste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le gouvernement de Theresa May n’arrive pas à surmonter ses divisions depuis le succès du référendum sur la sortie de l’UE, le 23 juin 2016.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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Deux ans après, le Brexit continue de tirailler le Royaume-Uni

Le gouvernement de Theresa May n’arrive pas à surmonter ses divisions depuis le succès du référendum sur la sortie de l’UE, le 23 juin 2016.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h42
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Vu de l’étranger, le spectacle est déjà étonnant : deux ans après que 51,9 % des Britanniques ont voté pour sortir de l’Union européenne (UE), le 23 juin 2016, le gouvernement britannique, radicalement divisé, ne s’est toujours pas mis d’accord sur le type de relations qu’il souhaite dans l’avenir avec le continent et l’Irlande. Quel type de frontières ? Quel genre de coopération ?
Alors que le Brexit doit formellement intervenir le 29 mars 2019, les réponses tardent. Comme si le pays découvrait le caractère quasi indéfectible des liens qu’il a tissés avec le continent depuis son adhésion au Marché commun voici quarante-cinq ans – « le Brexit se révèle aussi compliqué que de retirer un œuf d’une omelette », résume Pascal Lamy, ancien patron de l’Organisation mondiale du commerce. Comme si le Royaume-Uni ne s’était pas résolu à assumer les conséquences de son propre choix et continuait à marchander le maintien des avantages de l’UE.
La première ministre conservatrice, Theresa May, qui ne dispose que d’une majorité incertaine à Westminster, n’a cessé de repousser l’heure de décisions qui risquent de faire éclater son gouvernement et d’entraîner sa chute.
Obsession
Vu de Londres, le spectacle paraît surréaliste. Le monde est en pleine turbulence. Mais « où est la Grande-Bretagne ? », interroge Andrew Rawnsley, chroniqueur à l’Observer. Réponse : « Elle est très occupée à regarder le feu qui a pris au fond de son nombril. » De fait, tout dans le pays semble suspendu, phagocyté par une bestiole insatiable : le Brexit ; chaque pan de la vie politique, économique et sociale britannique étant lié au continent, le divorce ébranle tout et tourne à l’obsession.
« Le Brexit absorbe toute l’énergie du débat intellectuel et politique, mais aussi de l’administration. Il retarde les réformes dont ce pays a besoin désespérément. Précisément celles qui répondraient au mécontentement à l’origine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Des rassemblements se sont tenus en Espagne, vendredi, après la libération provisoire de cinq hommes condamnés pour « agression sexuelle ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/06/2018
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Le gouvernement féministe de Pedro Sanchez à l’épreuve de la « Meute »

Des rassemblements se sont tenus en Espagne, vendredi, après la libération provisoire de cinq hommes condamnés pour « agression sexuelle ».



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h05
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Des milliers d’Espagnoles ont manifesté massivement dans une trentaine de villes, vendredi 22 juin au soir, comme elles l’avaient déjà fait jeudi, pour exprimer leur colère. La veille, un tribunal de Pampelune, en Navarre, a accordé la liberté provisoire (sous caution de 6 000 euros) à cinq jeunes hommes condamnés en avril à neuf ans de prison pour « agression sexuelle » aggravée d’abus de faiblesse, contre une jeune fille de 18 ans, lors des fêtes de la San Fermin de l’été 2016. Les juges ont justifié leur décision en écartant tout risque de fuite et de récidive avant la tenue du procès en appel. Le parquet a annoncé qu’il déposerait un recours. Les membres de la « Meute » font en outre l’objet d’une autre enquête à Cordoue pour une agression sexuelle présumée sur une jeune fille droguée, dont les images ont été retrouvées sur leurs téléphones.
En avril, déjà, de grandes manifestations féministes avaient accueilli la décision des juges de ne pas retenir la qualification d’agression sexuelle, c’est-à-dire de viol, contre ces cinq Sévillans âgés de 27 à 29 ans, dont un militaire et un garde civil, qui se surnommaient la « Meute » et qui avaient filmé leurs actes.
L’affaire est devenue le #metoo espagnol, symbole de la « justice patriarcale » que dénoncent les manifestants, le code pénal exigeant qu’il y ait violence ou menace pour qualifier un crime de viol, bien que les actes sexuels aient été imposés sans le consentement de la victime.
Le féminisme, étendard du nouveau gouvernement
« Pour lutter contre les atteintes à la liberté et l’intégrité sexuelles, le gouvernement s’est engagé à étudier la possibilité que le service juridique de l’Etat se porte partie civile en défense des victimes », a annoncé, vendredi, la porte-parole du gouvernement, Isabel Celaa, qui a reconnu que la libération provisoire a provoqué la « surprise » de l’exécutif. « Le gouvernement se fait écho de l’état d’alarme sociale de l’Espagne dans son ensemble et des femmes en particulier, que nous allons protéger », a-t-elle ajouté.
La veille, la ministre de la justice, la procureure Dolores Delgado, a estimé que « ce qu’il faut, ce sont des changements de mentalités, des réformes de la formation », pour mieux appréhender les « perspectives de genre et les victimes ». Estimant que « les faits prouvés sont très graves », elle a apporté son soutien à « la victime dans sa douleur », tout en insistant sur l’obligation pour le gouvernement de « respecter » toutes les décisions judiciaires. Un « respect » qui a été critiqué par de nombreuses manifestantes qui ont demandé la suspension des juges chargés de l’affaire de la « Meute ».
Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, formé de onze femmes et de seulement huit hommes, un record dans l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis sa création, a fait du féminisme l’un de ses principaux étendards. En confiant le portefeuille de l’égalité hommes-femmes, pour la première fois, à la numéro deux de l’exécutif, la vice-présidente Carmen Calvo, il entend imprégner toute sa politique d’une perspective de genre, transversale.

   


« Travailler à émettre des verdicts justes »
Autre symbole, la première proposition de loi que les socialistes ont présentée au Parlement depuis qu’ils sont au pouvoir, le 12 juin, porte justement sur la formation spécifique des juges espagnols sur la violence de genre et l’égalité, et l’augmentation des tribunaux pénaux spécialisés dans les crimes machistes.
« L’objectif est que l’administration de la justice travaille avec des critères d’interprétation corrects des genres pour interpréter la violence, pouvoir la traiter juridiquement et émettre des verdicts justes », avait expliqué, lors de l’élaboration de la proposition de loi, Carmen Calvo, alors chargée de l’égalité au sein du Parti socialiste ouvrier espagnol.
Déjà, le précédent gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, confronté au verdict polémique de la « Meute », mais aussi aux immenses manifestations qui ont marqué la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, avait dû répondre à l’indignation sociale en convoquant la Commission générale de qualification des crimes et délits pour qu’elle actualise les paragraphes du code pénal, qui date de 1995, en matière d’agression sexuelle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le nouveau numéro deux des Républicains Jean Leonetti, des membres de la direction du parti et des élus proches de Laurent Wauquiez, parmi lesquels Rachida Dati, Brice Hortefeux ou Nadine Morano présentent leur vision de l’Europe. Ils insistent tout d’abord sur la nécessité d’établir des frontières sûres et stables
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« Un projet européen » pour une « civilisation » européenne

Dans une tribune au « Monde », le nouveau numéro deux des Républicains Jean Leonetti, des membres de la direction du parti et des élus proches de Laurent Wauquiez, parmi lesquels Rachida Dati, Brice Hortefeux ou Nadine Morano présentent leur vision de l’Europe. Ils insistent tout d’abord sur la nécessité d’établir des frontières sûres et stables



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 09h27
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’Europe, à peine convalescente de la crise économique qu’elle vient de surmonter, se trouve confrontée à une succession d’événements qui la menacent d’explosion : une vague migratoire de grande ampleur, des actes de terrorisme perpétrés sur son territoire par des fanatiques islamistes, le Brexit aux conséquences économiques et politiques encore mal évaluées et l’élection d’un président des Etats-Unis prônant un protectionnisme économique.
Dans ce contexte, à chaque élection en Europe, les extrêmes et les partis anti-européens progressent à tel point qu’ils deviennent majoritaires en Italie, pays fondateur de l’Union européenne (UE), qui traverse une crise politique d’une extrême gravité. Les peuples européens se détournent de l’Europe, qu’ils accusent d’imposer des contraintes financières et réglementaires accrues sans apporter de protection contre l’insécurité ou la précarité. Le rêve européen s’évanouit peu à peu. L’Europe n’est plus une espérance de progrès.
Face à cette situation nouvelle et inquiétante, certains, refusant de tirer les leçons de ces événements, proposent d’avancer plus vite encore vers un fédéralisme européen ou une « souveraineté européenne » au risque d’aggraver le divorce entre l’Europe et les peuples. D’autres, à l’inverse, proposent de provoquer une sortie de l’euro et de l’Europe aux conséquences financières dramatiques pour les salariés, les épargnants et les retraités en raison de la dévaluation massive qu’elle engendrerait.
L’Europe n’est pas une option
Nous, les Républicains, quelles que soient nos sensibilités, sommes profondément attachés à l’Europe par réalisme et conviction. L’Europe n’est pas une option, nous savons que les défis environnementaux, économiques et politiques de notre temps ne seront relevés qu’à l’échelle des continents et qu’il serait problématique de laisser la Chine et les Etats-Unis face à face pour organiser de manière bipolaire le monde à venir.
Nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017.
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Mineurs sans papiers : quelle prise en charge en France ?

Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 19h15
    |

                            Simon Auffret








                        



   


Depuis le mois de mai, 2 500 jeunes migrants du Mexique et d’Amérique centrale ont été séparés de leurs parents en traversant la frontière avec les Etats-Unis, en application de la politique « tolérance zéro » mise en place par l’administration de Donald Trump. Plusieurs milliers d’autres adolescents ont tenté leur chance sans leur famille, et sont envoyés dans des centres d’hébergements pour les migrants mineurs non accompagnés, dans l’attente du traitement de leur dossier d’asile.

        Lire aussi :
         

                Décret immigration de Trump : symbole politique et réponse temporaire, pour la presse américaine



« Cet endroit est appelé un “refuge” mais ces enfants sont bel et bien incarcérés », décrit le journaliste Jacob Soboroff après avoir visité, le 15 juin, le plus grand de ces sites au Texas. Le président Donald Trump, devant l’ampleur internationale de la polémique, a signé mercredi 20 juin un décret pour empêcher la séparation des familles – apportant ainsi une réponse temporaire au débat sur la politique migratoire des Etats-Unis.
Les familles avec des enfants mineurs
En France, la séparation des familles et la rétention de mineurs non accompagnés sont illégales. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a pourtant dénoncé la gestion de l’accueil français à six reprises pour l’enfermement d’enfants en compagnie de leur famille dans des centres de rétention administrative (CRA) : ils étaient 306 en 2017, selon le contrôleur général des lieux de privation de liberté.

        Lire aussi :
         

                En France, en 2017, environ trois cents enfants étrangers ont été enfermés



En juillet 2012, la France est condamnée une première fois pour avoir violé l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme : un couple et deux enfants de 5 mois et 3 ans ont été placés pendant quinze jours dans le centre de rétention administratif de Rouen. « Il convient de garder à l’esprit que la situation d’extrême vulnérabilité des enfants est déterminante et prédomine sur la qualité d’étranger en séjour illégal », rappelle la CEDH. Autrement dit : si le regroupement familial est obligatoire, il ne justifie pas l’enfermement d’enfants. Le discours européen sera le même dans les cinq autres condamnations concernant la France.
Des consignes sont alors envoyées aux préfets, responsables des dispositifs dans les départements, pour « appliquer la procédure d’assignation à résidence plutôt que le placement en rétention » lorsqu’il est décidé qu’une famille doit quitter le territoire français. Depuis, le nombre de mineurs enfermés a chuté avant de progressivement remonter à son plus haut niveau en cinq ans.


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Le nombre d'enfants en rétention administrative au plus haut depuis cinq ans
Etrangers de moins de 18 ans placés dans des CRA de métropole, selon les rapports de la Cimade (jusqu'en 2015) et de contrôleur général des lieux de privation de liberté.

Sources : Cimade, CGLPL



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Une hausse due à l’exploitation par certains préfets d’une mesure qui permet la rétention des familles « dans les quarante-huit heures précédant le départ programmé », pour faciliter l’organisation de sortie du territoire. Un « glissement vers l’enfermement » dénoncé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté dans un rapport publié le 14 juin, surtout pratiqué dans deux CRA, ceux de Metz-Queuleu (Moselle) et du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).
Les mineurs non accompagnés
Comme pour les enfants avec leur famille, la rétention de jeunes arrivés seuls sur le territoire français est illégale – contrairement à la situation américaine, ils ne peuvent pas être contraints d’aller dans des centres d’hébergement.
Dans chaque département, l’aide sociale à l’enfance, sous tutelle du conseil départemental, est chargée de l’accueil et de la mise à l’abri des migrants mineurs sous le statut de protection de l’enfance, en partenariat avec le dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (Demie) géré par la Croix-Rouge.

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                Comment sont pris en charge les mineurs isolés étrangers en France ?



Contrairement aux familles avec enfants, les mineurs non accompagnés ne peuvent faire l’objet de mesures d’éloignement. Leur prise en charge par les autorités n’est pas liée à leur demande d’asile. Ils sont considérés, par le droit français, comme des enfants avant d’être de jeunes migrants.
Un rapport parlementaire de juin 2017 dénombrait « près de 13 000 mineurs non accompagnés pris en charge par les services départementaux » en France, une statistique en constante augmentation qui s’oppose au nombre de places d’hébergement limitées. Cette saturation est en partie à l’origine de l’opposition entre les conseils départementaux et l’Etat sur la responsabilité des financements pour cet accueil.
Un autre point de tension entre les services de l’Etat est l’évaluation de l’âge des jeunes migrants, qui détermine de manière importante leur niveau de protection : certaines personnes, évaluées mineures dans un département, sont considérées majeures dans un autre, complexifiant les dispositifs d’accompagnement.
Alimentant les débats sur la limite d’âge, les départements demandent fréquemment une radiographie osseuse, dont la fiabilité est vivement critiquée médicalement et judiciairement. Limité aux derniers recours par la garde des sceaux Christiane Taubira en 2013, l’examen médical reste souvent pratiqué aujourd’hui. En décembre 2017, le défenseur des droits Jacques Toubon affirmait encore y être « fermement opposé », et demandait à ce qu’il soit proscrit.



                            


                        

                        


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Brexit : Airbus gèle ses investissements au Royaume-Uni et menace de se retirer

L’entreprise européenne a publié, vendredi, un mémo menaçant de déplacer son usine d’ailes d’avion



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h56
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Airbus a décidé de prendre des risques politiques et de taper du poing sur la table. Alors que beaucoup de grandes entreprises se plaignent en privé des risques du Brexit mais n’osent pas le faire publiquement, la compagnie aéronautique européenne a publié, vendredi 22 juin, un mémo en forme d’avertissement au Royaume-Uni. Elle annonce sa décision de geler ses investissements en attendant d’y voir plus clair, menace de déplacer son usine d’ailes d’avion en cas de Brexit sans aucun accord avec Bruxelles et affirme que, même en cas d’accord, la sortie de l’Union européenne (UE) lui coûtera au moins 1 milliard d’euros par an.
« Nous sommes de plus en plus frustrés du manque de clarté [concernant le Brexit], a déclaré, sur la BBC, Tom Williams, le directeur des opérations commerciales d’Airbus. On n’a plus de temps, il ne reste que neuf mois [avant la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le 30 mars 2019]. Nous arrivons au moment où nous devons prendre des décisions sérieuses, de long terme. » Il avertit qu’il lui faut y voir plus clair « dans les semaines qui viennent » et qu’une série de décisions doivent être prises « durant l’été ». « Nous avons commencé à appuyer sur le bouton de crise. »
Airbus, qui emploie 14 000 personnes au Royaume-Uni et 100 000 personnes indirectement, divise son mémo en deux sections. La première, la plus spectaculaire, détaille les conséquences d’un Brexit si aucun accord n’est trouvé avec l’UE. Immédiatement, les certifications des pièces détachées fabriquées au Royaume-Uni ne seraient plus valables. L’aéronautique est une industrie très réglementée, sous l’égide, sur le Vieux Continent, de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). En l’absence d’accord de réciprocité, « Nous ne pourrons plus installer ces pièces » sur les avions, en l’absence d’accord de réciprocité, explique M. Williams. Pour Airbus, dont les appareils contiennent 10 000 pièces fabriquées au Royaume-Uni venant de 4 000 sous-traitants, ce serait une catastrophe.
Fort renchérissement du passage des douanes
L’absence d’accord sur le Brexit provoquerait aussi un fort renchérissement du passage des douanes. Non seulement des tarifs douaniers pourraient être imposés, mais la simple lourdeur administrative de vérifier les pièces détachées à la frontière ralentirait leur transit. Pour une industrie qui fonctionne selon un modèle « juste à temps », cela signifie immédiatement des coûts supplémentaires. L’entreprise va devoir augmenter ses stocks et risque d’accumuler des retards dans ses livraisons d’avions, synonyme de pénalités financières à payer à ses clients. Selon les calculs d’Airbus, cela signifierait 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires perdu par semaine de retard, et Airbus pense qu’un Brexit sans accord signifierait « plusieurs semaines » de retard, d’où une perte financière de « plusieurs milliards d’euros ».
Dans un tel scénario, l’usine de Broughton, dans le nord-est du Pays de Galles, qui réalise l’assemblage des ailes, est particulièrement en danger. Airbus prépare actuellement les investissements nécessaires pour assembler la prochaine génération d’ailes. « Nous nous demandons si nous devons continuer », explique M. Williams.
Ce scénario catastrophe n’est cependant pas le plus probable. Malgré les tergiversations politiques et les retards dans les négociations, Britanniques et Européens continuent à espérer trouver un accord vers la fin de l’année. Dans ce contexte, la deuxième partie du mémo d’Airbus, moins spectaculaire, est sans doute la plus significative. Elle détaille les conséquences d’un accord où le Royaume-Uni sortirait du marché unique européen et de l’union douanière, ce qui est le scénario préféré par la première ministre, Theresa May.

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                Brexit : les Britanniques, écartés de Galileo, envisagent de lancer un projet concurrent



Trois avertissements
Premier avertissement : Airbus gèle tous ses investissements jusqu’à nouvel ordre. « Jusqu’à ce qu’on connaisse et comprenne la nouvelle relation UE-Royaume-Uni, Airbus va superviser avec attention tout nouvel investissement [outre-Manche] et va éviter d’y étendre sa base de partenariats et de sous-traitants. »
Deuxième avertissement : la période de transition prévue pour le Brexit, qui permettrait de ne rien changer sur le terrain jusqu’à fin 2020, est « trop courte (…) pour mettre en place tous les changements nécessaires à [la] chaîne de sous-traitants » d’Airbus.
Troisième avertissement : même un accord de ce type, qui éviterait les tarifs douaniers, coûterait de l’argent à Airbus, à cause des procédures supplémentaires au niveau des douanes. Montant de la facture : 1 milliard d’euros par an, selon Airbus. Ce coût n’est pas insurmontable par rapport au chiffre d’affaires de 67 milliards d’euros d’Airbus, mais il s’agit ici du scénario le plus positif.
L’avertissement de l’entreprise européenne met la pression sur Theresa May à un moment crucial. Après l’avoir retardé à plusieurs reprises, la première ministre britannique a promis de publier la semaine du 9 juillet un Livre blanc sur les futures relations commerciales qu’elle souhaite avoir avec l’UE. Elle doit en particulier clarifier la façon dont elle entend éviter une frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. Selon que ses plans seront jugés crédibles ou pas, Airbus pourrait commencer à agir.
« Il faut débloquer la situation du Brexit, et vite »
L’entreprise n’est pas la seule dans cette situation. Sans être aussi précis, le patron de Siemens au Royaume-Uni, Juergen Maier, a averti, le 20 juin, qu’un Brexit sans accord « ne serait vraiment pas beau à voir ». Fin mai, Paul Drechsler, le président de la Confederation of British Industry, le principal groupe patronal britannique, dont le mandat se terminait, a prononcé son discours d’adieu avec un avertissement très direct : « Il faut débloquer la situation du Brexit, et vite. »
Si peu de groupes ont osé lancer des avertissements aussi précis et chiffrés qu’Airbus, son agacement est largement partagé, comme le prouvent les chiffres macroéconomiques. Au premier trimestre, les investissements des entreprises au Royaume-Uni ont baissé de 0,2 %. Le secteur automobile est un exemple criant : 2,5 milliards de livres sterling (2,9 milliards d’euros) d’investissement en 2015, 1,6 milliard en 2016 et 1 milliard en 2017. Ce n’est pas la première fois que les entreprises tirent la sonnette d’alarme sur le Brexit, mais les menaces deviennent progressivement réalité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le premier ministre tchèque a évoqué vendredi un contrôle par la police mais aussi par les douaniers et l’armée en cas d’urgence.
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La République tchèque refoulera les migrants illégaux si l’Autriche et l’Allemagne font de même

Le premier ministre tchèque a évoqué vendredi un contrôle par la police mais aussi par les douaniers et l’armée en cas d’urgence.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h22
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h26
   





                        



   


Le premier ministre tchèque, Andrej Babis, a déclaré vendredi 22 juin, à la sortie du conseil des ministres à Prague, que son pays prendrait des dispositions pour refouler les migrants arrivant à sa frontière si l’Allemagne et l’Autriche prenaient une telle mesure.
« Nous ne pouvons pas permettre que les migrants illégaux entrent sur notre territoire, parce que ce serait ensuite notre problème et c’est ce que nous ne souhaitons pas, a dit le chef du gouvernement tchèque. Cela veut dire que nous irons immédiatement aux passages frontaliers pour contrôler notre frontière. »
« Les passagers frontaliers seront contrôlés dans ce cas-là par la police, mais nous avons aussi un plan d’urgence aux termes duquel les douaniers et éventuellement l’armée seront déployés », a ajouté M. Babis, qui a convoqué pour vendredi après-midi une réunion du conseil de sécurité de l’Etat.

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Favorables à d’autres attributions pour Frontex
Selon lui, « la frontière sud de l’UE doit être défendue par les Etats tels que la Grèce, l’Italie, Malte et l’Espagne et les autres Etats doivent les aider ». M. Babis s’est également prononcé en faveur d’un « changement de compétences » de l’agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes Frontex au cas où ses effectifs seraient portés à 10 000 employés d’ici 2020, comme le réclame l’Italie depuis longtemps.
« Il n’est pas possible de dépenser tant d’argent [pour Frontex] pour ne faire que du monitoring de la migration illégale et pour voir se développer le business des mafias de passeurs. Frontex doit opérer hors de l’Europe, a affirmé le premier ministre tchèque. La solution est très simple : les bateaux [avec les migrants] ne doivent pas prendre la mer. »
Le ministre de l’intérieur allemand, Horst Seehofer, a prévenu lundi qu’il serait prêt « en juillet » à « refouler immédiatement » les migrants arrivant aux frontières allemandes en provenance d’un autre pays européen si la chancelière Angela Merkel ne parvenait pas à une solution « équivalente » à l’occasion du sommet de l’Union européenne prévu les 28 et 29 juin.

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Sebastian Kurz, nouveau visage de la « lutte contre l’immigration »

Le chancelier autrichien doit son ascension politique à son discours de fermeté.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h27
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Il avait remporté les législatives en octobre 2017 en misant tout sur l’immigration. C’est encore en portant quotidiennement dans les médias ce sujet que Sebastian Kurz, 31 ans, entend faire de sa présidence de l’Union européenne pour six mois, à partir du 1er juillet, un succès de politique intérieure.
Peu importe, semble-t-il, que les arrivées clandestines sur le continent aient été largement réduites, depuis la crise historique de 2015. Que la France soit devenue le pays d’Europe dans lequel le plus grand nombre de demandes d’asile aient été déposées en 2018 ne semble pas non plus faire ciller l’un des plus jeunes dirigeants de la planète, à 31 ans seulement.
Il n’a pas achevé ses études de droit et mène ses troupes à la manière douce de ceux qui n’ont pas besoin d’élever la voix, tout en répétant à longueur de journée qu’il faut renforcer les frontières extérieures de Schengen, arrêter d’instruire les demandes au sein de l’Union européenne et créer des camps pour « trier » les migrants économiques des personnes éligibles à l’asile. Le nombre de demandes de protection déposées en Autriche ne cesse pourtant de décroître. Il est passé de 88 340 en 2015 à 24 296 en 2016.
Le gouvernement autrichien craint que les chiffres ne repartent à la hausse, car depuis l’affaire de l’Aquarius en Italie, les routes migratoires pourraient de nouveau se mouvoir. Mais même si le nombre de migrants a sensiblement augmenté ces derniers mois dans les Balkans, il reste peu probable qu’une arrivée aussi massive que celle de 2015 ne se reproduire, comme Sebastian Kurz, yeux bleus et cheveux blonds invariablement gominés en arrière, le laisse régulièrement entendre.
Même si son discours de fermeté n’a pas changé ces deux dernières années, Sebastian Kurz, avec son air posé et ses bonnes manières, est devenu plutôt récemment l’une des principales figures européennes incarnant la « fermeté » sur le sujet.
Personnalité clivante
Et cela ne doit rien au hasard : ancien des jeunesses conservatrices autrichiennes, qu’il a présidées dès 2009, il porte une attention particulière à la sémantique, à la gestuelle et à la communication visuelle en politique. Détesté par une grande partie de la gauche, encore puissante en Autriche puisque le Parti social-démocrate (SPÖ) reste la deuxième force politique actuelle, il est adulé de manière irrationnelle par une partie importante de la population, dépassant les clivages politiques traditionnels.
À la tête d’un gouvernement regroupant les conservateurs et l’extrême droite, il est désormais en capacité d’appliquer les idées qu’il prônait lorsqu’il était ministre des affaires étrangères, mais que le SPÖ, alors au pouvoir en coalition avec lui, bloquait. Son visage est moins poupin et ses propos moins lisses que lorsqu’il a décroché son premier secrétariat d’Etat – à l’intégration, déjà – à 24 ans. Il compte se servir de la présidence de l’Union pour affaiblir la chancelière allemande Angela Merkel, à qui il reproche d’avoir manqué de vision historique en ouvrant grand les portes de son pays, il y a bientôt trois ans. Car Sebastian Kurz, même s’il appartient à la famille du Parti populaire européen (PPE), s’en prend principalement à son propre camp sur le sujet.
Figure politique autrichienne la plus connue à l’étranger depuis Jörg Haider, ce Viennois manie un style de gouvernance très éloigné de celui de dirigeants tels que Vladimir Poutine, Viktor Orban, Matteo Salvini ou Donald Trump. Issu d’un milieu modeste (son père est technicien, sa mère enseignante), réduisant l’exposition de sa compagne au strict minimum protocolaire, il avait déjà œuvré en 2016 pour fermer la route des Balkans, poussant Mme Merkel, pour éviter une nouvelle crise dramatique en Grèce, à passer un accord controversé avec la Turquie, afin que cette dernière retienne les migrants présents sur son territoire.
Cheval de Troie
La même année, il proposait de conduire vers une île de la Méditerranée les migrants interceptés en mer. C’est dans une même logique qu’il attise désormais les tensions en Europe, soutenant le dirigeant hongrois, les élus bavarois de la CSU, le nouveau gouvernement italien et certains responsables politiques scandinaves dans leur volonté de redéfinir les règles de l’asile au niveau européen.

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                L’Autriche et le Danemark veulent ouvrir des camps d’expulsés aux portes de l’UE



Quitte à sembler avoir un double agenda. Alors qu’il dévoilait les priorités de la présidence autrichienne pour l’Union européenne au début du mois de juin, se présentant comme un « pont » favorisant le dialogue entre l’Est et l’Ouest sur les questions migratoires, le gouvernement danois éventait des discussions secrètes, menées par l’Autriche avec plusieurs pays membres – mais pas la France – pour ouvrir des camps, dans lesquels seraient envoyés les déboutés de l’asile en dehors de l’Union européenne. Or ce projet ne figurait aucunement dans les soixante-six pages présentées par Vienne à la Commission européenne, pour les six mois à venir, ce qui jette le trouble sur ses intentions, certains voyant déjà en lui un cheval de Troie à même de rendre les thèses de l’extrême droite majoritaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Reportage chez les marins pêcheurs du sud de l’Angleterre, à Selsey, qui ont peur d’être « trahis » par leur gouvernement dans les négociations avec Bruxelles sur le Brexit.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les navires humanitaires ne représentent que 10 % des prises en charge. Jérôme Gautheret, notre correspondant à Rome, rappelle l’obligation de porter secours aux navires en détresse.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Migrants : « Le gros des opérations de secours est fait par des navires marchands ou militaires »

Les navires humanitaires ne représentent que 10 % des prises en charge. Jérôme Gautheret, notre correspondant à Rome, rappelle l’obligation de porter secours aux navires en détresse.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 20h46
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Analyse. Alors que le monde avait les yeux tournés vers l’Aquarius, dont les 629 passagers, secourus dans la nuit du 9 au 10 juin au large des côtes libyennes, ont été finalement recueillis à Valence, en Espagne, après une semaine d’errance, un autre drame est passé largement inaperçu. Mardi 19 juin, deux jours après l’annonce par Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur, que les ports italiens étaient fermés aux navires humanitaires jusqu’à nouvel ordre, 41 migrants ont été secourus par un navire militaire américain, l’USS Trenton, après le naufrage de leur embarcation.
Le Trenton est aussitôt entré en contact avec l’équipage d’un navire d’ONG, le Sea Watch 3, pour organiser un transbordement, et aussi coordonner une macabre tâche, celle de repêcher les cadavres aperçus à la surface – les marins américains en ont repéré une douzaine.
Lorsque le navire humanitaire se retourne vers les autorités de Rome pour s’assurer qu’il pourra ensuite débarquer les personnes secourues dans un port italien, il se heurte à une fin de non-recevoir. Sea Watch 3 n’aura donc d’autre choix que de refuser de prendre à son bord les rescapés, tandis que le Trenton, ne disposant pas d’une chambre froide, renonçait à repêcher les cadavres. Après une semaine de péripéties diverses, les rescapés recueillis par le Trenton, ainsi que 480 autres migrants, ont été débarqués en catimini, mardi 19 juin au soir, dans le port de Pozzallo (au sud de la Sicile) depuis un navire de gardes-côtes italiens. Combien de personnes ont été englouties dans le naufrage ? Nul n’en saura jamais rien avec certitude.
Les rodomontades de M. Salvini n’y changeront pas grand-chose : même sans la présence des ONG, les impératifs du droit de la mer subsistent. En premier lieu, un principe universel, rappelé par la convention de Montego Bay, en 1982 : celui de l’obligation absolue de porter secours aux navires en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le président Emmanuel Macron se rend au Saint-Siège, mardi 26 juin, pour sa première rencontre avec le pape François. L’ambassadeur de France, Philippe Zeller, supervise un protocole bien huilé.
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L’art (délicat) de préparer une visite présidentielle au Vatican


                      Le président Emmanuel Macron se rend au Saint-Siège, mardi 26 juin, pour sa première rencontre avec le pape François. L’ambassadeur de France, Philippe Zeller, supervise un protocole bien huilé.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h31
    |

                            Delphine Paillard








   


A la Villa Bonaparte, siège romain de l’ambassade de France près le Saint-Siège, le téléphone ne cesse de retentir. A l’autre bout du fil, l’Elysée veut savoir où en sont les préparatifs. Le 26 juin, Emmanuel Macron est attendu à Rome pour sa première visite au Vatican. A quelques semaines de la fin de sa mission, l’ambassadeur Philippe Zeller n’a pas droit à l’erreur. Un exercice à la fois banal, pour un diplomate en fin de carrière, et délicat. Car le Vatican n’est pas un Etat comme les autres. Et la France laïque ne facilite pas l’exercice. Deux mois après son discours au Collège des bernardins, le président poursuit son opération séduction de l’électorat catholique.
Jean Landousie, « l’homme qui murmure à l’oreille du pape »
Contrairement à son prédécesseur, il prendra officiellement possession de son titre de chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean-de-Latran. La tradition remonte à Henri IV. En remerciement d’un don, la cathédrale du pape attribua ce titre au roi de France. Relancé par René Coty en 1957, le rite sert depuis de prétexte à chaque président pour défendre sa propre vision de la laïcité. Si le général de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy sont venus en personne prendre possession du titre, ni Georges Pompidou, ni François Mitterrand, ni François Hollande ne l’ont fait – bien qu’ils l’aient accepté formellement.

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Côté Vatican, le protocole est bien huilé : l’incontournable audience avec le pape puis avec son secrétaire d’Etat au palais apostolique dans la matinée, suivie par la cérémonie au Latran dans l’après-midi. En attendant le jour J, au premier étage du palais pontifical, toute la section francophone de la secrétairerie d’Etat s’active pour aider le pape avant sa rencontre avec le jeune président français. A la manœuvre, le père Jean Landousie, 70 ans, dont vingt à Alger, puis vingt autres aux services diplomatiques du Saint-Siège. Surnommé « l’homme qui murmure à l’oreille du pape », il servit d’interprète à Jean Paul II, Benoît XVI puis François lors de leurs tête-à-tête avec les chefs d’Etat francophones. En novembre 2015, il prépara la visite sous haute sécurité de François en Centrafrique. Pour l’heure, le prêtre breton aux yeux rieurs supervise les notes de synthèse et les éléments de langage qui seront utilisés lors de l’audience papale.
« On cherche à donner toutes les clés pour que le président puisse, surtout si c’est une première rencontre, immédiatement toucher juste. » Bruno Joubert, ambassadeur de 2012 à 2015
De son côté, Philippe Zeller s’efforce de recueillir le plus de données possible sur les sujets que compte aborder le Saint-Siège, afin de les transmettre au conseiller pour les affaires religieuses du Quai d’Orsay. En réalité, chaque service diplomatique a besoin de l’autre. Plusieurs rencontres informelles ont lieu entre l’ambassadeur et les minutanti, ces fonctionnaires du Vatican chargés de dossiers confidentiels. « On se donne des indications, sur un ton très diplomatique et allusif, sur l’état d’esprit dans lequel la réunion aura lieu, confie Bruno Joubert, son prédécesseur à la Villa Bonaparte de 2012 à 2015. Pour la visite de M. Hollande, en 2014, le Vatican nous avait dit : “Il n’y a pas de mauvais sentiment.” » Un message d’apaisement dans un contexte tendu, un an après la loi sur le mariage pour tous. Le briefing continue jusqu’au dernier moment : « Dans la voiture pour le Vatican, j’avais donné plusieurs conseils à M. Hollande sur le tempérament du pape, les sujets auxquels il était plus sensible, confie Bruno Joubert. On cherche à donner toutes les clés pour que le président puisse, surtout si c’est une première rencontre, immédiatement toucher juste. »

   


Car l’audience peut aussi très mal se passer. Tous les ambassadeurs ont en tête la visite catastrophique de Valéry Giscard d’Estaing en décembre 1975. Le président était ressorti furieux de son entretien avec Paul VI, qui l’avait longuement rabroué à propos de la loi Veil sur l’IVG, promulguée en janvier 1975. Le sujet ne devait pas être abordé. L’ambassadeur près le Saint-Siège fut rappelé à Paris. Il ne se remit jamais de cette humiliation. C’est en tout cas ce qu’il expliqua, un an plus tard, lorsqu’il assassina femme et enfant avant de se suicider en prison.
Les lois de bioéthique et la PMA
Le tête-à-tête papal est souvent l’occasion de revenir sur les grands débats de société qui inquiètent l’Eglise catholique. La prochaine révision des lois de bioéthique, avec la possible ouverture de la PMA aux femmes célibataires ou aux couples de femmes, sera sans aucun doute au menu. Lors du deuxième entretien, plus technique, l’accent est mis sur les relations internationales, chaque partie échange des renseignements, explique une source bien informée proche de la Villa Bonaparte. Le Vatican pourrait donner des informations précises sur la situation en Terre sainte, où il a d’importants contacts. L’immigration et l’Europe seront au cœur de la discussion, mais aussi le Moyen-Orient ou encore le traité d’interdiction des armes nucléaires, ratifié en septembre 2017 par le Saint-Siège à l’ONU.
Petit déjeuner avec Sant’Egidio
Philippe Zeller et ses conseillers ont aussi planché sur le savant plan de table du déjeuner formel à la Villa Bonaparte, qui réunira la délégation présidentielle et les hautes personnalités de la Curie romaine. A 16 heures, direction la basilique Saint-Jean-de-Latran, au sud-est du centre de Rome, pour devenir chanoine d’honneur. Une brève cérémonie religieuse, sans messe, qui se poursuivra au palais du Latran, où l’évêque auxiliaire de Rome, Angelo De Donatis, s’adressera au président, lequel lui répondra par une brève allocution. Ici, l’ambassade conseille, mais c’est surtout l’Elysée qui pilote : pas question de réitérer le « discours du Latran » de Sarkozy, qui avait suscité des critiques durant tout son quinquennat, notamment à cause de cette phrase : « L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé. »

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Après avoir déclaré qu’il souhaitait « réparer le lien entre l’Église et l’Etat » au Collège des bernardins, Macron a lui aussi été accusé d’« atteinte à la laïcité ». L’ambassadeur planche sur une rencontre en fin de journée à la Villa Bonaparte, avec des Français, religieux et laïcs, liés au Vatican. Mais son équipe se concentre davantage sur l’aspect le plus compliqué de cette visite, décidément inhabituelle. Car Emmanuel Macron arrivera la veille au soir et logera au palais Farnèse, ambassade de France… en Italie. Un petit déjeuner avec la communauté de laïcs catholiques Sant’Egidio, très active dans l’accueil des migrants, serait encore à l’étude. Ce serait une habile façon de contourner le protocole – qui empêche toute rencontre du président avec l’administration italienne – pour envoyer un signal fort au nouveau pouvoir, après sa passe d’armes avec Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur, sur l’Aquarius… Et un briefing idéal avant son « grand oral » au Vatican : Sant’Egidio a joué un rôle de médiateur dans de nombreuses crises internationales, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le businessman laïque et républicain Ali Koç a été élu président du club de Fenerbahçe, le 3 juin, après vingt ans de règne d’Aziz Yildirim. L’opposition y voit une métaphore des élections anticipées du 24 juin.
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Football : en Turquie, les anti-Erdogan gagnent un président


                      Le businessman laïque et républicain Ali Koç a été élu président du club de Fenerbahçe, le 3 juin, après vingt ans de règne d’Aziz Yildirim. L’opposition y voit une métaphore des élections anticipées du 24 juin.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h05
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








   


Aux manettes de la Turquie depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan peut-il perdre les élections, législatives et présidentielle, anticipées par lui au dimanche 24 juin ? C’est ce que semble croire l’opposition, les kémalistes du Parti républicain du peuple (CHP), les nationalistes du Bon Parti et les islamistes du Parti de la félicité, unis contre lui – c’est une première – en vue du scrutin. Les anti-Erdogan misent d’autant plus sur la victoire qu’ils ont cru en déceler les prémices lorsque le club de Fenerbahçe, l’un des trois « géants » du football stambouliote avec Galatasaray et Besiktas, a changé de président de façon inattendue, à l’issue d’un vote, dimanche 3 juin.
Ancien d’Harvard et entrepreneur
Ce jour-là, l’homme d’affaires Ali Koç, 51 ans, ancien d’Harvard, issu d’une prestigieuse dynastie turque d’entrepreneurs, a été élu président du club en remplacement d’Aziz Yildirim, 65 ans, qui régnait sur Fenerbahçe depuis vingt ans. En cause, la mauvaise gestion du club et l’organisation de matchs truqués, onze pendant la saison 2010-2011, ce qui lui a valu une condamnation à six ans et trois mois de prison en 2011. Comme Aziz Yildirim est une personnalité connue, il n’a passé qu’un an à la prison de Metris, à Istanbul, avant d’en être libéré en juillet 2012. Il a alors retrouvé son poste de président du club, comme si de rien n’était, jusqu’au scrutin du 3 juin. « Sa gestion très personnifiée, sa volonté de tout contrôler lui auront finalement coûté son poste », a estimé la journaliste Barçin Yinanç dans les colonnes du quotidien Hurriyet (édition du 5 juin).

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Tout s’est joué sur l’image. Face à un Aziz Yildirim au discours éculé, cherchant encore et toujours à « laver son nom et celui du club », Ali Koç n’a pas eu de mal à briller. L’assistance, 20 000 membres du club qui avaient fait le déplacement au stade pour attribuer leurs votes ce jour-là, a été conquise lorsqu’il a présenté son équipe, composée pour beaucoup de jeunes femmes. Car ce fils de famille, représentant de la Turquie laïque et républicaine en col blanc, veut voir davantage de femmes aux postes de gestion, y compris dans le football. Elles seraient, dit-on, meilleures gestionnaires que leurs homologues masculins.
Les matchs truqués sont loin d’être la seule épine dans le pied des clubs de foot, lourdement endettés auprès des banques. Dès lors, les électeurs ont sans doute été sensibles aux attraits de la fortune des Koç, l’une des familles les plus riches du pays. Finalement, Aziz Yildirim, « l’indéboulonnable », dont la silhouette dominait les terrains de jeu depuis 1998, a été battu à plate couture, avec 4 644 voix seulement, contre 16 092 à Ali Koç. Il n’en fallait pas plus pour que l’opposition interprète ce vote comme une métaphore de celui du 24 juin.
Erdogan une vocation de footballeur
En Turquie, football et politique marchent main dans la main. Chaque club a sa coloration : Besiktas est à gauche, Galatasaray et Fenerbahçe sont plus conservateurs, plus à droite. Fenerbahçe jouit des faveurs du gouvernement islamo-conservateur. Le club ne compte-t-il pas le président Erdogan parmi ses fans ? Passionné de football dans sa jeunesse, le numéro un turc, surnommé « l’imam Becken-bauer » par ses camarades de jeu, a été approché à la fin des années 1970 par un entraîneur de Fenerbahçe. Il a toutefois dû renoncer à sa vocation, son père y étant opposé. Pieuse et conservatrice, la famille souhaitait faire de lui un « hafiz », capable d’apprendre et de réciter le Coran par cœur. Le chef de l’Etat turc en a gardé une solide passion pour les sermons et pour le ballon rond.

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Dans ses meetings, Recep Erdogan a beau tacler tant qu’il le peut Muharrem Ince, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche) à la présidentielle, son principal rival sur le terrain, sa popularité est en déclin. D’après les sondages, il arriverait en tête du scrutin pour la présidentielle, sans parvenir pour autant à recueillir les 51 % nécessaires pour l’emporter dès le premier tour.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Plusieurs représentations de la comédie musicale « Billy Elliot » ont été annulées après une campagne homophobe menée par un journal progouvernemental.
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En Hongrie, une croisade menée par des proches du pouvoir contre la « propagande homosexuelle »

Plusieurs représentations de la comédie musicale « Billy Elliot » ont été annulées après une campagne homophobe menée par un journal progouvernemental.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h49
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Il y a un peu plus de dix ans, le gouvernement polonais s’en prenait à la série télévisée britannique Les Télétubbies, accusée de « promouvoir l’homosexualité » auprès d’un jeune public. Aujourd’hui, c’est au tour de la Hongrie de partir en croisade contre Billy Elliot. Jouée en ce moment à Budapest, la célèbre comédie musicale d’Elton John, adaptée d’un film britannique à succès, est victime d’une campagne sans précédent, ayant contraint l’Opéra national hongrois à la déprogrammer en catastrophe, faute de réservations.
La charge a été lancée par Magyar Idök, un journal progouvernemental accompagnant les efforts du premier ministre pour mener sa « révolution conservatrice » dans ce pays d’Europe centrale. Dans un éditorial au vitriol, à peine deux mois après la victoire électorale de Viktor Orban aux législatives, il s’en est pris aux milieux artistiques, constatant que dans le domaine de la culture, il n’y « avait pas encore eu de véritable changement de régime ».
Prenant l’exemple de cette comédie musicale, accusée de « propager l’homosexualité dans une situation où la population diminue et où la Hongrie est menacée par une invasion étrangère », il a considéré qu’il était « incompréhensible qu’une institution publique, allant à l’encontre des objectifs de l’Etat » s’adonne encore à mettre en avant le destin d’un petit garçon préférant les chaussons de la danse classique aux virils gants de boxe des autres bambins issus comme lui d’un milieu ouvrier.
« Bad buzz »
S’en est suivi un débat de société sur les tentatives des élites artistiques pour marquer l’inconscient des jeunes enfants, par le biais détourné de la création subventionnée. Un « bad buzz » ayant eu un impact significatif sur les ventes de billet selon la direction de l’Opéra, au point de forcer l’annulation de 15 des 40 représentations prévues.
Et comme lorsque le gouvernement a souhaité s’en prendre aux migrants, aux ONG ou aux journalistes, cette campagne homophobe, menée indirectement par des obligés du pouvoir, semble inscrite dans des ambitions larges. Car Figyelö, un autre organe de presse largement acquis à la cause de Viktor Orban, a publié le 19 juin un article établissant la liste d’universitaires travaillant sur le thème du genre ou de l’homosexualité avec de l’argent public.

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Là encore, il est reproché, sur un ton acrimonieux, à des chercheurs dont le nom et la photo sont offerts à la vindicte populaire, de ne pas participer aux efforts de la nation pour relancer le taux de natalité, mais au contraire de dilapider l’argent du contribuable dans le but de « diffuser une idéologie ». Le journal rappelle que des arbitrages budgétaires se profilent pour 2019, ce qui pourrait permettre de remédier à cet état de fait.
Ce même hebdomadaire avait déjà suscité un scandale en publiant, quelques jours après les dernières élections législatives, une liste de 200 « spéculateurs » supposément au service du philanthrope juif américain George Soros, un octogénaire accusé par Viktor Orban de mener, par le biais détourné des dons à des ONG, une politique visant à limiter la mainmise du gouvernement sur la Hongrie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Dans les revues. Un an après l’incendie d’un HLM londonien dans lequel 79 personnes sont mortes, Andrew O’Hagan publie dans la « London Review of Books » un article qui ajoute à la controverse.
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édition abonné


L’écrivain écossais et la tour infernale

Dans les revues. Un an après l’incendie d’un HLM londonien dans lequel 79 personnes sont mortes, Andrew O’Hagan publie dans la « London Review of Books » un article qui ajoute à la controverse.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h33
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Dans la nuit du 13 au 14 juin 2017, un terrible incendie ravage la tour HLM Grenfell, située dans un district de Kensington et Chelsea, l’un des plus riches de Londres. Soixante-dix-neuf personnes y perdent la vie, dont bon nombre d’immigrés et de réfugiés. L’incendie devient le symbole des excès de la déréglementation et ajoute aux tensions politiques qui agitent le Royaume-Uni depuis le référendum sur le Brexit. L’enquête publique sur les causes de cette tragédie a débuté le 21 mai.
Une dizaine de jours plus tard, la London Review of Books publie un long article tentant de faire la lumière sur les événements de juin 2017, mais aussi sur ses suites. La revue bimensuelle est connue pour être un lieu de débats, proposant régulièrement, outre de longs papiers critiques sur l’actualité éditoriale, des textes de réflexion ou des enquêtes signées par des intellectuels ou des écrivains.
L’article sur la tour a ainsi été confié au romancier écossais Andrew O’Hagan, publié en France chez Christian Bourgois. Ce type de commande est typique d’une tradition littéraire anglo-saxonne qui mêle sans sourciller ­l’essai personnel et l’enquête journalistique. Andrew O’Hagan est un familier du genre : pour la même revue, il a enquêté sur le New Labour ou la fin de la vie privée.
Aucune « intention de tuer »
Ce nouvel article ajoute à la controverse entourant l’incendie qui a dévasté la tour londonienne. Certains ont dénoncé des erreurs factuelles dans l’article, d’autres ont contesté les propos qui leur étaient attribués. Enfin, l’avocat représentant Behailu Kebede, l’homme chez qui l’incendie a débuté, a démenti l’information selon laquelle il aurait pris soin de préparer une valise avant de prévenir ses voisins. La version en ligne a été corrigée afin de retirer ces allégations.
La thèse que défend Andrew O’Hagan fait, elle aussi, débat. Son article réhabilite le conseil municipal de Kensington et Chelsea, cible de critiques depuis un an : la...




                        

                        

