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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Cedella Roman a été arrêtée par deux agents américains, chargés de la surveillance de la frontière, ils l’accusent d’être entrée illégalement aux Etats-Unis.
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Quinze jours en centre de rétention pour une Française qui avait franchi la frontière entre le Canada et les Etats-Unis

Cedella Roman a été arrêtée par deux agents américains, chargés de la surveillance de la frontière, ils l’accusent d’être entrée illégalement aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 15h57
   





                        



   


Pour avoir accidentellement franchi la frontière entre le Canada et les Etats-Unis en faisant son jogging, Cedella Roman, jeune Française de 19 ans, a été détenue pendant quinze jours dans un centre américain pour migrants.
En pleine controverse sur la politique migratoire de l’administration Trump, la jeune femme raconte avoir eu « la peur de [s]a vie ». « Quand j’y repense, je me dis : “tout ça pour ça”. C’est un peu incroyable », raconte la jeune femme qui peine encore à mettre des mots sur sa mésaventure, révélée par la chaîne canadienne CBC.
Originaire de Briançon dans les Hautes-Alpes, après l’obtention de son baccalauréat, Cedella Roman décide d’aller « apprendre l’anglais » au Canada, à White Rock (Colombie-Britannique), où vit sa mère.
Le 21 mai, tout bascule. « C’était un jour férié et comme ma mère ne travaillait pas, nous sommes partis à la plage avec ma petite sœur pour profiter du soleil », se souvient-elle. En fin de journée, la jeune femme décide de faire un jogging. « Rapidement, j’arrive vers la fin de la plage et je m’aperçois que la marée commence à monter », dit-elle, jointe par téléphone.
Elle rebrousse alors chemin quand elle aperçoit un sentier qu’elle emprunte pour photographier le paysage avant de repartir. C’est alors que deux agents américains chargés de la surveillance de la frontière l’accusent d’être entrée illégalement aux Etats-Unis.
Prise au dépourvu, sans papiers d’identité, elle explique qu’elle est française, qu’elle dispose d’un visa au Canada et qu’elle a franchi la frontière « sans [s’en] rendre compte ». Les deux agents tentent, selon ses dires de la rassurer, mais l’informent, au bout d’une vingtaine de minutes, qu’ils ne peuvent pas la laisser repartir.
Elle raconte avoir été emmenée « dans un bâtiment » où des agents prennent ses empreintes digitales et lui retirent ses effets personnels : « C’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir très peur. J’avais l’impression d’être une grande criminelle », dit-elle.
Les officiers la laisseront téléphoner à sa mère qui croit d’abord à une mauvaise plaisanterie : « C’est lorsque je lui ai passé un des officiers qu’elle a tout de suite compris et qu’elle s’est mis à paniquer », explique-t-elle.
Elle arrive dans un centre de rétention de Tacoma (Etat de Washington, à 200 kilomètres de là) entre une heure et deux heures du matin, le 22 mai. Sur place, c’est le choc : « Je me retrouve en prison. Nous sommes enfermés en permanence et, dans la cour, il y a des barbelés et des chiens. »
Solidarité entre migrants
Pendant quinze jours, la jeune fille vit dans une grande pièce qui abrite 60 lits superposés et une centaine de migrants. « On essayait de s’entraider, il y avait une bonne ambiance. Et voir des gens venus d’Afrique et d’ailleurs enfermés pour avoir essayé de passer la frontière, ça m’a fait relativiser mon expérience », dédramatise-t-elle. Sa mère arrive sur place deux jours plus tard avec le passeport et le visa de sa fille.
Pour autant, Cedella n’est pas relâchée immédiatement en raison d’un imbroglio administratif. Selon elle, « les Etats-Unis ont cherché à joindre le Canada pour avoir le plus d’informations sur moi. Mais comme je n’étais pas ressortissante canadienne, ça a pris du temps. »
Elle est finalement libérée le 6 juin et retourne au Canada avant de rentrer en France une semaine plus tard. La jeune femme ne fait pas l’objet de poursuites judiciaires mais est interdite de séjour aux Etats-Unis.
Interrogés par la chaîne CBC, les services américains de l’immigration ont confirmé sa libération. « Un porte-parole des services frontaliers américains (…) a souligné que franchir la frontière américaine à un endroit autre qu’un poste de douane est illégal. Le règlement s’applique, même si la personne prétend avoir franchi la frontière accidentellement », ajoute la chaîne.
Contactée par les médias locaux, l’Agence des services frontaliers du Canada a refusé de s’exprimer sur le cas de la jeune Française « en raison de la protection des renseignements personnels ».
CBC précise qu’« en 2017, 288 personnes ont été arrêtées alors qu’elles franchissaient illégalement la frontière menant à la région de Blaine, dans l’Etat de Washington. Il n’existe pas de statistiques sur le nombre de passages accidentels. »
Avec le recul, Cedella juge la réaction des autorités américaines démesurée. « Je comprends qu’ils veuillent faire respecter la loi, mais je n’ai rien fait. Il s’agissait d’une erreur. » « Cette expérience a changé mon regard sur les migrants, dit-elle. Le fait d’avoir vécu avec eux pendant ces quinze jours fait que je me sens plus proche de leur situation. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Après quinze ans d’un règne sans partage, le président parviendra-t-il, dès dimanche, à convaincre l’électorat de lui confier un nouveau mandat ?
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En Turquie, des élections aux enjeux inédits pour Erdogan, face à une opposition ragaillardie

Après quinze ans d’un règne sans partage, le président parviendra-t-il, dès dimanche, à convaincre l’électorat de lui confier un nouveau mandat ?



Le Monde
 |    23.06.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 16h20
   





                        


Dimanche 24 juin, 59 millions d’électeurs (56 millions en Turquie, 3 millions à l’étranger) sont appelés aux urnes en Turquie pour élire leur président et leurs députés au Parlement, un double scrutin inédit dans l’histoire de la République fondée par Mustafa Kemal, dit Atatürk, en 1923.
Après quinze ans d’un règne sans partage, le président Recep Tayyip Erdogan parviendra-t-il à convaincre l’électorat de lui confier un nouveau mandat ? Ces élections anticipées, organisées sur demande du président au pouvoir pour le 24 juin, soit dix-neuf mois avant la date prévue, se présentaient comme une partie facile pour le parti au pouvoir. Or, elles s’avèrent plus difficiles qu’escomptées pour le candidat Erdogan, rattrapé par une opposition ragaillardie et par les piètres résultats de son économie.
L’étoile pâlit
A 64 ans, celui que ses partisans appellent familièrement « Tayyip » a beau demeurer l’homme politique le plus adulé depuis Atatürk, il est aussi le dirigeant le plus clivant que le pays ait jamais connu. Selon les instituts de sondage, M. Erdogan ne sera pas élu dès le premier tour. Un second tour aurait alors lieu le 8 juillet. Son parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), l’AKP, pourrait perdre sa majorité parlementaire lors des législatives du 24 juin, qui se déroulent, elles, en un seul tour.
Des sondages qui interviennent malgré de sérieux avantages de campagne pour le parti et le candidat au pouvoir : les médias, contrôlés à 90 % par le gouvernement, retransmettent en intégralité ses meetings. Mais le « raïs » (chef) Erdogan voit son étoile pâlir malgré les ressources de l’Etat, dont il use et abuse. Ses meetings ne sont plus aussi vibrants et fréquentés qu’autrefois. Lui-même apparaît à cours d’idées, répétitif, fatigué. Face à ses partisans à Van (est de la Turquie), il a donné une date erronée pour le scrutin, évoquant « le 26 juin », au lieu du 24.
Ses promesses de créer « des maisons de thé-librairies » avec « cakes gratuits » au moment où les Turcs sont touchés au porte-monnaie par l’inflation, ont suscité tollé et moqueries sur les réseaux sociaux. Tout comme toutes ses déclarations sur les frigos et les téléviseurs acquis par les ménages turcs depuis l’avènement de l’AKP au pouvoir. Loin d’être un chemin facile, la campagne a été, de loin, la plus ardue que M. Erdogan, inlassablement vainqueur des urnes depuis 2002, ait jamais connue.
Alliance de l’opposition
Ceci pour deux raisons. En premier lieu, l’opposition a réussi à s’unir autour d’un dénominateur commun : le refus du système présidentiel taillé spécialement pour lui et censé entrer pleinement en vigueur après le 24 juin.
Ce système, dont les modalités ont été adoptées de justesse par référendum l’an dernier, dote le chef de l’Etat de pouvoirs exorbitants. Le Parlement, réduit au rôle de chambre d’enregistrement, n’aura plus son mot à dire sur la composition du gouvernement, le poste de premier ministre sera supprimé, le président aura la main sur la nomination des hauts magistrats.
Plus que tout, M. Erdogan veut refonder l’identité culturelle de la Turquie. Son rêve est de mettre en place un modèle plus conservateur, plus religieux. Son horizon préféré est 2023, la date du centenaire de la fondation de la République, qu’il cite fréquemment comme l’étape ultime venant parachever son régime absolutiste.
Hostiles à ce projet, les kémalistes du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche, le parti d’Atatürk), les conservateurs du Bon Parti (Iyi partisi), les islamistes du Parti de la félicité (Saadet partisi) ont formé une alliance pour les législatives. Chacun des trois partis présente son candidat au premier tour de la présidentielle, mais un accord de désistement aura lieu au second tour dans l’espoir de mettre fin au règne du « raïs ».
En tout, cinq candidats vont affronter M. Erdogan à la présidentielle du 24 juin. D’après les sondages, Muharrem Ince, le candidat du CHP, est le mieux placé pour affronter le président sortant au second tour de la présidentielle, prévu pour dimanche 8 juillet.
M. Erdogan a beau parler de lui comme d’un « apprenti » tandis qu’il se qualifie de « maître » (usta), son inquiétude est palpable. Dans une vidéo diffusée en boucle sur les réseaux sociaux, il reconnaît que la campagne « n’est pas facile » et n’exclut pas que l’AKP, sa formation, soit contrainte de former un gouvernement de coalition si elle venait à perdre sa majorité parlementaire.
Bon orateur, énergique, Muharrem Ince, 54 ans, un ancien professeur de physique-chimie a mené une campagne dynamique à travers toute la Turquie, suscitant l’enthousiasme des foules comme à Izmir, un bastion du CHP, où deux millions de personnes sont venues l’applaudir, le 21 juin. En cas de victoire, il promet d’être « le président de 81 millions de Turcs, qu’ils soient de droite, de gauche, alévis, sunnites, turcs, kurdes », de « rétablir la justice » et de se montrer « impartial ».

Son alliée, l’opposante Meral Aksener, une ancienne ministre de l’intérieur devenue la nouvelle égérie du centre droit, fait, elle aussi, de l’ombre au « raïs » en chassant sur les terres du Parti de l’action nationaliste (MHP) qui est allié avec l’AKP pour ces élections.
Le parti prokurde de la Démocratie des peuples (HDP) n’a pas rejoint formellement l’opposition. Mais il partage certaines de ses vues, notamment le rejet de l’« hyperprésidence » voulue par Erdogan. Selahattin Demirtas, le leadeur kurde emprisonné depuis novembre 2016, fait campagne, pour sa part, depuis sa cellule de douze mètres carrés de la prison de haute sécurité d’Edirne, en Thrace orientale.

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519 000 observateurs
L’économie est la deuxième raison du désenchantement actuel pour M. Erdogan. Malgré une forte croissance (7,4 % en 2017), l’économie nationale turque va mal. La devise locale, la livre turque, s’effondre un peu plus chaque jour (– 18 % depuis janvier 2018), l’inflation (12 % annuels) flambe, les investisseurs fuient.
Les islamo-conservateurs sont ainsi privés de leur atout majeur. Jusqu’ici, ils étaient crédités d’avoir réussi à tripler le PIB depuis 2002 et d’avoir offert aux Turcs une décennie de forte croissance économique et de stabilité politique.
Il faut dire que la gouvernance souple et pragmatique des débuts a été remplacée par l’autoritarisme et le culte de la personnalité. L’état d’urgence imposé depuis le coup d’Etat raté du 15 juillet 2016 permet au président de gouverner par décrets, avec, pour résultat, l’arrestation de dizaine de milliers de personnes.
Dans ce contexte, l’opposition redoute tout particulièrement des fraudes électorales lors de ce double scrutin anticipé. 519 000 observateurs, en majorité des Turcs, vont être répartis dans les plus de 180 000 bureaux de vote à travers le pays.
L’inquiétude des opposants au pouvoir est justifiée par les modifications récentes survenues à la loi électorale qui assurent à l’AKP un contrôle accru sur le déroulement du scrutin. Dorénavant, le conseil électoral suprême peut redécouper les circonscriptions et de déplacer les urnes pour des raisons de sécurité, ce qui est le cas dans le Sud est à majorité kurde du pays, où 150 000 électeurs doivent faire des kilomètres pour aller voter.
L’inquiétude s’est renforcée un peu plus, mardi 19 juin, quand l’agence Anatolie a transmis à la chaîne de télévision Tvnet des résultats préliminaires du vote de dimanche extrêmement favorables au président sortant. Selon ce tableau diffusé, par inadvertance, au cours d’un débat sur Tvnet, M. Erdogan apparaissait réélu président avec 53 % des suffrages. L’opinion publique s’en étant indignée, la chaîne a expliqué qu’il s’agissait d’« un test ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ 569 migrants ont été secourus samedi au cours de quatre opérations menées au large des côtes espagnoles et italiennes.
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Des centaines de migrants sauvés au large de l’Espagne, à la veille du mini-sommet de crise à Bruxelles

569 migrants ont été secourus samedi au cours de quatre opérations menées au large des côtes espagnoles et italiennes.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 15h25
   





                        



   


418 migrants ont été secourus samedi 23 juin au cours de trois opérations menées au large des côtes espagnoles par les services de sauvetage en mer de l’Espagne, a annoncé l’organisme public Salvamento maritimo. Entassées à bord de quinze embarcations, 262 personnes ont été prises en charge dans le détroit de Gibraltar et débarquées dans les ports de Tarifa et de Barbate, en Andalousie. Vingt-sept autres ont été secourues en Méditerranée entre le sud de l’Espagne et le nord du Maroc et 129 au large de l’île de Grande Canarie, dans l’océan Atlantique.
Sauvetage au large de l’Italie
L’armateur danois Maersk Line a annoncé de son côté samedi que l’Alexander Maersk, un de ses porte-conteneurs, avait secouru 113 migrants au large des côtes du sud de l’Italie et se trouvait au large de la Sicile. Le navire a changé de cap après avoir reçu un signal de détresse vendredi matin, a précisé Mikkel Elbek Linnet, porte-parole de Maersk Line. Il n’a pas spécifié où exactement les migrants avaient été secourus, ni quand le signal d’alerte avait été reçu. Le navire se trouve au large de la ville de Pozzallo en Sicile et attend des instructions du centre italien de coordination des sauvetages en mer MRCC Rome.
Par ailleurs, le Lifeline, navire menacé de mise sous séquestre par l’Italie, attend dans les eaux internationales une solution diplomatique et un approvisionnement pour les quelque 230 migrants à bord, a déclaré samedi l’ONG allemande Lifeline qui l’affrète. Rome a exclu de laisser le navire entrer dans un port italien et a dit vouloir vérifier la correspondance entre le pavillon néerlandais du bateau et sa nationalité.
Sauvetages au large de la Libye
La marine libyenne a signalé, samedi, que cinq migrants africains sont morts et près de 200 secourus au large de la Libye alors qu’ils tentaient de traverser la Méditerranée pour atteindre l’Europe. Lors d’une première opération vendredi, 94 migrants dont trois enfants et neuf femmes, ont été secourus à douze milles marins au large de Garabulli, à l’est de la capitale libyenne Tripoli, après le naufrage de leur canot pneumatique.
A bord d’une autre embarcation, 91 migrants ont été secourus dans la même zone lors d’une opération distincte, a ajouté le porte-parole en soulignant que les migrants étaient de différentes nationalités africaines. Au total depuis mercredi, 900 migrants ont été interceptés ou secourus par la marine libyenne.

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Mini-sommet à Bruxelles
Ces derniers bilans ont été diffusés six jours après l’arrivée à Valence de l’Aquarius, qui avait secouru 629 migrants au large des côtes libyennes. La question de l’accueil des migrants, qui divise profondément les Européens, sera au centre d’un mini-sommet de crise dimanche à Bruxelles. Destiné à préparer le sommet de Bruxelles des 28 et 29 juin qui sera largement consacré à l’immigration, il sera boycotté par les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), partisans d’une ligne dure sur l’immigration.
La France veut proposer à ses partenaires européens dimanche, en accord avec l’Allemagne et l’Espagne, d’« européaniser » la gestion des migrants, pour l’accueil, l’examen des dossiers ou leur « reconduite » dans leur pays d’origine, a expliqué l’Elysée.
Tentée par un boycott de ce mini-sommet, l’Italie a, finalement, confirmé sa participation mais entend y faire « entendre sa musique », selon le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini. Selon Rome, le texte préparé par Paris et Berlin aborde insuffisamment la question de la protection des frontières européennes pour se concentrer sur le redéploiement des migrants dès lors qu’ils sont déjà arrivés en Europe.

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L’ONG SOS Méditerranée « exhorte » les dirigeants « à garantir des ports de débarquement sûrs pour les personnes secourues en mer ». « L’Union européenne devra placer l’impératif de préservation et de protection de la vie des personnes en détresse avant tout autre considération politique », prévient, samedi, l’ONG européenne dans un communiqué.
L’Espagne, dont le nouveau premier ministre, Pedro Sanchez, a pris l’initiative d’accueillir l’Aquarius, participera elle aussi au sommet. Elle est la troisième porte d’entrée des migrants en Europe après l’Italie et la Grèce.
Si le nombre de migrants tentant de franchir la Méditerranée a été divisé par deux depuis le début de l’année par rapport à la même période l’an passé, il a triplé pour ce qui concerne l’Espagne, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Quelque 12 155 migrants sont ainsi arrivés en Espagne entre le 1er janvier et le 20 juin. Sur cette période, 292 migrants sont morts en tentant d’atteindre les côtes espagnoles. Au total, 960 migrants sont morts en Méditerranée sur cette période, selon l’OIM.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Infographie. 55 millions d’électeurs turcs sont appelés aux urnes, dimanche 24 juin. Dans les régions kurdes du sud-est du pays, la tension reste très élevée : dans sa guerre déclarée contre le mouvement du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Ankara engage ses troupes à la fois en Syrie et en Irak.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Plusieurs personnes ont été blessées dans cette explosion, a déclaré le premier ministre. Pour lui, cette explosion était « une tentative manquée des forces qui ne veulent pas d’une Ethiopie unie ».
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Compte rendu

Ethiopie : plusieurs blessés après une explosion dans un meeting du premier ministre

Plusieurs personnes ont été blessées dans cette explosion, a déclaré le premier ministre. Pour lui, cette explosion était « une tentative manquée des forces qui ne veulent pas d’une Ethiopie unie ».


Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters
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        Le 23.06.2018 à 11h09

     •
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        Mis à jour le 23.06.2018 à 12h40






    
Le premier ministre, qui a quitté les lieux précipitamment après l’explosion, a estimé que l’incident avait été planifié par des groupes cherchant à discréditer cette réunion et son programme de réformes.
Crédits : MAHEDER HAILESELASSIE / REUTERS


Une explosion a semé la panique, samedi 23 juin, lors d’un rassemblement public en présence du premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, dans le centre d’Addis-Abeba. Devant des dizaines de milliers de personnes réunies sur la place Meskel, M. Abiy Ahmed venait de finir son discours et saluait la foule quand une explosion d’origine indéterminée s’est produite, provoquant un mouvement de foule vers la scène.
Le premier ministre a quitté précipitamment les lieux. Dans un premier temps, il avait annoncé que plusieurs personnes avaeint été tuées dans cette explosion. Pour lui, cette explosion était « une tentative manquée des forces qui ne veulent pas d’une Ethiopie unie ».

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Pas de responsable identifié
Un responsable du comité organisateur du meeting a déclaré qu’une grenade avait été lancée en direction de la tribune où Abiy Ahmed venait de s’exprimer. « C’était une grenade. Quelqu’un a tenté de la lancer sur la tribune où se trouvait le premier ministre », a expliqué Seyoum Teshome.
Abiy Ahmed n’a pas désigné de responsable pour cette explosion. Le premier ministre a ajouté : « L’amour gagne toujours. Tuer les autres est une défaite. A ceux qui ont essayé de nous diviser, je veux vous dire que vous n’avez pas réussi. »
« Des personnes au cœur plein de haine ont voulu commettre un attentat à la grenade. Le premier ministre Abiy est sain et sauf. (…) Les auteurs de l’attaque seront traduits devant la justice », a dit le secrétaire général du gouvernement, Fitsum Arega, sur son compte Twitter, sans dire qui pouvait être soupçonné.
Après l’explosion, des dizaines de personnes ont envahi la scène et commencé à lancer des objets divers vers la police. Le nouveau premier ministre a prêté serment début avril. C’est la première fois dans l’histoire de l’Ethiopie qu’un membre de l’ethnie Oromo est chargé de diriger le gouvernement. Abiy Ahmed, ancien général âgé de 41 ans, a succédé à Hailemariam Desalegn, qui a démissionné pour ouvrir la voie à des réformes.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Mesure emblématique impulsée par le roi Salman et son fils Mohammed, le décret octroyant aux Saoudiennes le droit de conduire est contrebalancé par des concessions accordées au clergé.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Arabie saoudite, femmes au volant, conservateurs au tournant

Mesure emblématique impulsée par le roi Salman et son fils Mohammed, le décret octroyant aux Saoudiennes le droit de conduire est contrebalancé par des concessions accordées au clergé.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h01
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Dimanche 24 juin, à minuit et une minute, « et pas une de plus », la Saoudienne Majdouleen Al-Ateeq, décoratrice d’intérieure de 24 ans, se glissera derrière le volant de la berline grise qu’elle a achetée il y a quelques mois aux Etats-Unis et expédiée par bateau jusqu’à Riyad. Elle tournera la clé de contact, savourera pendant quelques secondes le vrombissement du moteur, et fera monter sur le siège passager sa tante Fawzia Al-Bakr, une figure de la lutte pour les droits des femmes en Arabie saoudite.
Puis les deux femmes s’en iront rouler dans les rues de Riyad, sans destination, ni but précis, juste pour célébrer l’entrée en vigueur, ce même jour, du décret octroyant aux Saoudiennes le droit de conduire une voiture. Annoncée en septembre, cette mesure emblématique du programme de réformes impulsé par le roi Salman et son fils Mohammed, le prince héritier, casse un interdit quasiment unique au monde, qui alimentait le discrédit du royaume dans l’opinion publique internationale.
Fawzia Al-Bakr, une sociologue qui a participé en 1990 au premier convoi d’automobiles conduites par des femmes, une opération organisée pour défier le pouvoir, affiche son enthousiasme.
« C’est un jour historique, qui va changer le visage de l’Arabie saoudite à jamais. Bien sûr, tous les hommes n’autoriseront pas leur fille ou leur épouse à prendre le volant. Mais le processus est lancé et il va bien au-delà de la capacité à aller faire des courses au supermarché sans requérir les services d’un chauffeur. Avec cette mesure, les femmes reprennent la conduite de leur existence. Les ultraconservateurs ont perdu la bataille. »
Un constat partagé par Sultan Al-Bazie, commentateur de l’actualité saoudienne, qui se réjouit à l’idée que ses deux filles viendront lui rendre visite, ce dimanche, au volant de leur voiture. « C’est un fait accompli, les femmes vont prendre de plus en plus de place dans la société », prédit-il. En tant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Depuis le 1er janvier, plus de 1 000 mineurs non accompagnés ont été pris en charge par le département des Hautes-Alpes.
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A Briançon, un afflux permanent, mais pas encore d’« effet Salvini »

Depuis le 1er janvier, plus de 1 000 mineurs non accompagnés ont été pris en charge par le département des Hautes-Alpes.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h05
    |

            Henri Seckel (Briançon, Hautes-Alpes, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Billy est fatigué. Parti à 8 heures la veille au soir, arrivé à 8 heures ce matin de juin : douze heures de marche sur des sentiers escarpés et caillouteux entre Clavière, dernier village italien avant la frontière, et Briançon (Hautes-Alpes). En cours de route, une rencontre avec les gendarmes français qui surveillent la montagne a contraint ce jeune Camerounais, une fois ramené de l’autre côté de la frontière italienne, à recommencer sa traversée depuis le début, cette fois avec succès.
Abbas, lui, a esquivé les gendarmes et rallié Briançon du premier coup, usant jusqu’à la corde ses malheureuses baskets de 23 heures à 6 heures du matin. Il avait, auparavant, été recalé par la police aux frontières (PAF) au tunnel du Fréjus, ainsi qu’à Menton (Alpes-Maritimes). Il aura donc fallu cinq jours à ce trentenaire pakistanais pour parvenir à quitter l’Italie, où il était allé renouveler son permis de séjour, et retourner en France, où il travaille depuis plusieurs années.

Au Refuge solidaire, bâtiment vieillot en face de la gare de Briançon, Michel Rousseau fait ce qu’il peut pour offrir un peu de repos, avant la suite du périple, aux corps fourbus arrivés d’Italie. Ce retraité œuvre comme bénévole au sein de l’association Tous migrants, qui accueille Billy, Abbas et leurs compagnons de galère. « On a l’impression de devoir gérer une inondation tous les jours depuis un an et demi, concède Michel Rousseau. On ne s’arrête jamais, on est parfois un peu pris de vitesse. »

Le travail considérable que des dizaines de bénévoles abattent jour après jour pour accueillir, soigner, nourrir et conseiller les nouveaux arrivants permet d’éviter tout problème d’hygiène ou de délinquance. Ce sont eux qui empêchent Briançon, 12 000 habitants, de se transformer en Calais des Alpes. Mais les murs ne sont pas extensibles, la place manque.
Porte d’entrée
Depuis son ouverture en juillet 2017 jusqu’à la fin mai 2018, le Refuge...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Des membres de l’UE souhaiteraient transférer à des pays tiers les procédures d’examen.
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Crise migratoire en Europe : la tentation d’externaliser les demandes d’asile

Des membres de l’UE souhaiteraient transférer à des pays tiers les procédures d’examen.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h39
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            

L’idée d’externaliser la demande d’asile, c’est-à-dire de délocaliser les procédures d’examen en dehors de l’UE, progresse depuis une quinzaine d’années en Europe. En 2003, le Royaume-Uni de Tony Blair avait plaidé pour des centres de transit sur les routes migratoires. En 2004, l’Allemagne avait à son tour soutenu la création en Afrique du Nord de centres fermés où instruire les demandes d’asile, et l’Italie lui avait emboîté le pas en proposant d’installer ces dispositifs en Libye et au Maroc. Le scénario trouve désormais les faveurs d’un certain nombre d’Etats membres. Début juin, le Danemark a ainsi annoncé mener des discussions avec l’Autriche – qui assumera bientôt la présidence tournante de l’Union – et « d’autres pays » en vue de créer des centres hors du territoire de l’UE.

« On justifie cela en expliquant qu’il faut protéger les réfugiés des dangers de la mer mais l’objectif est en réalité d’éviter de déclencher le mécanisme Dublin et les tensions qu’il génère entre les pays situés en « première ligne » et ceux qui se réfugient derrière le mécanisme Dublin », analyse Emmanuel Blanchard, président du réseau d’associations Migreurop. Le régime de Dublin prévoit que la responsabilité de l’examen d’une demande d’asile relève en tout premier lieu de l’Etat membre de première entrée, ce qui fait peser la charge sur des pays comme l’Italie et la Grèce, même si, depuis le début de l’année, les arrivées de migrants par la route de la Méditerranée centrale ont baissé de 77 % par rapport à la même période l’an dernier.
Au ministère de l’intérieur, on met en garde sur la notion fourre-tout de plate-forme de débarquement : « Tout le monde manie ce concept mais personne n’y voit la même chose, résume une source place Beauvau. Une chose est sûre, le droit international et européen interdit aux bateaux européens de ramener des migrants sur les côtes nord-africaines car cela s’apparente à du refoulement vers des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ A la veille du sommet de Bruxelles, la posture de Paris et son refus d’accueillir davantage de réfugiés suscite une profonde amertume à Rome, où l’extrême droite s’est saisie de la question.
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Entre France et Italie, la brouille sur les migrants

A la veille du sommet de Bruxelles, la posture de Paris et son refus d’accueillir davantage de réfugiés suscite une profonde amertume à Rome, où l’extrême droite s’est saisie de la question.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h32
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant) et 
Maryline Baumard








                        



                                


                            

Casse-tête à Vingt-Huit, la question migratoire va être réfléchie en comité restreint, dimanche 24 juin, à Bruxelles, avant le sommet européen des 28 et 29 juin. Si le sujet est plus simple à discuter en groupe resserré, le consensus semble loin d’être acquis. Rome a déjà réfuté les projets de conclusions préparées par les services de Bruxelles. Les relations du nouveau gouvernement italien avec les autres membres de l’Union s’annoncent compliquées, surtout si la France et l’Italie se livrent déjà depuis quelque temps un match difficile.
Les démonstrations d’affection affichées à l’issue de la rencontre d’Emmanuel Macron et du premier ministre italien, Giuseppe Conte, le 15 juin, ne trompent pas grand monde. Cette rencontre, certes chaleureuse, n’a en effet rien effacé. Ni les traces laissées par la dénonciation macronienne du « cynisme » et de « l’irresponsabilité du gouvernement italien » après que Rome a refusé à l’Aquarius de débarquer 629 migrants dans un de ses ports, le 12 juin, ni la réponse du ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, qui avait affirmé, avec le soutien d’une écrasante majorité de l’opinion italienne, qu’il n’entendait pas « accepter de leçons hypocrites de pays ayant préféré détourner le regard en matière d’immigration ».

L’échange, particulièrement vif, avait provoqué la convocation de l’ambassadeur de France à Rome, une procédure plus qu’inhabituelle entre pays amis. Tout aussi insolite était le fait que le même ambassadeur avait déjà été convoqué au ministère des affaires étrangères, moins de trois mois plus tôt, avant même l’arrivée au pouvoir de Matteo Salvini. En effet, le 30 mars, l’Italie avait accusé des douaniers français d’être entrés sans permission dans un local d’une association d’aide aux migrants, en gare de Bardonecchia, juste derrière la frontière, pour effectuer une recherche de stupéfiants sur un migrant nigérian en situation régulière.
Contentieux
« Un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Dans les Hautes-Alpes se joue depuis un an et demi un ping-pong absurde entre les migrants qui veulent se rendre à Briançon et les gendarmes qui les renvoient en Italie.
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A la frontière franco-italienne : « Il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer »

Dans les Hautes-Alpes se joue depuis un an et demi un ping-pong absurde entre les migrants qui veulent se rendre à Briançon et les gendarmes qui les renvoient en Italie.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h18
    |

            Henri Seckel (Briançon, Hautes-Alpes)








                        



   


« Certains voulaient partir de Clavière à 20 heures, d’autres à 3 heures du matin, mais j’ai dit non, il faut partir à 23 heures, pour arriver tôt le matin. Quand il fait jour, c’est mort, ils arrêtent tout le monde. » Abbas, 35 ans, n’a pas tort, mais Billy et ses sept compagnons, trop pressés, ne l’ont pas écouté. Ils sont partis vers 20 heures de ce village-frontière, dernière étape en Italie pour les migrants qui s’apprêtent à rejoindre Briançon et la France, de l’autre côté du col de Montgenèvre.
Clavière-Briançon : dix kilomètres à vol d’oiseau, vingt minutes en voiture, pour un Italien ou un Français. Pour un migrant, au mieux sept heures de marche sur des chemins de randonnée plus ou moins discrets, au pire trois jours d’errance, le temps de se perdre dans le dédale des petits sentiers ou de croiser une patrouille qui vous reconduit illico en Italie.
La nuit n’était pas encore tombée quand une voiture de gendarmes a surgi au détour du chemin qu’arpentaient Billy et ses camarades. Ramené à Clavière par les forces de l’ordre, le jeune homme parti du Cameroun il y a trois ans se remettra immédiatement en route par le même chemin, et arrivera à 8 heures du matin à Briançon.

   


Abbas, parti un peu après Billy, est arrivé deux heures avant lui, au bout de sept heures de marche. Sous chacune de ses baskets ne reste qu’une demi-semelle ; l’autre moitié s’est consumée sur les cailloux des sentiers. Son pantalon crotté raconte les moments de panique où il a fallu se planquer dans les fourrés à cause d’un bruit suspect.
« Si les gendarmes voulaient arrêter tout le monde… »
Contrairement à la quasi-totalité des migrants qui entrent en France par le Briançonnais ces temps-ci, Abbas n’est pas africain, mais pakistanais. Il vit et travaille en région parisienne, mais doit parfois venir renouveler son permis de séjour en Italie. Depuis peu, le récépissé qu’il y obtient en attendant ses papiers ne lui permet plus de franchir la frontière. Son récit illustre la partie de ping-pong inepte qui se joue actuellement avec la frontière franco-italienne.

   


Abbas a tenté trois fois de passer par le tunnel du Fréjus – une fois en bus, deux fois en train –, et s’est fait recaler trois fois par les mêmes policiers, à Modane. « La troisième fois, ils m’ont dit : “Mais t’es encore là ?” J’ai dit : “Putain, j’en ai marre !” Ils ont rigolé. J’ai rigolé aussi. Ils ont dit : “Tu ne passeras pas.” J’ai dit : “O.K.” » Direction Vintimille. « Je savais que c’était une autre route possible, j’étais déjà passé par là. » La frontière est, désormais, complètement militarisée, infranchissable. Descente du train à Menton, retour à la case Italie. Turin puis Clavière, et Briançon, enfin, le lendemain matin.
« En fait, la nuit aussi, les flics pourraient arrêter tout le monde s’ils le voulaient, assure Abbas. Dès qu’il y a un mouvement dans la montagne, de grosses lumières s’allument. Même si c’est juste une souris qui bouge, paf !, ça s’allume. Mais je crois qu’ils n’ont pas envie de se prendre la tête à 3 heures du matin, dans la forêt, à jouer à cache-cache et courir derrière nous. »

        Lire aussi :
         

                Dans les Alpes, auprès des migrants, « on va redescendre des cadavres, un de ces jours »



« Certains gendarmes ferment les yeux, parce que si toutes les forces de l’ordre appliquaient les consignes cyniquement, personne ne passerait », raconte Michel Rousseau, bénévole de l’association Tous migrants, qui accueille les marcheurs fatigués venant d’Italie au refuge solidaire, situé en face de la gare de Briançon.
« D’ailleurs, l’été dernier, il y a eu une période de huit jours où personne n’est arrivé à Briançon. Avec des lunettes à infrarouge, c’est très facile de surveiller, même des espaces immenses comme ici. »
« Situation absurde »
Il n’est pas rare que certains migrants s’y reprennent à quatre, cinq, six fois pour franchir cette frontière qui s’avère dangereuse pour eux en hiver, lorsqu’il fait – 20 °C et qu’ils sont chaussés de petites baskets. Mais ils finissent par la franchir. « Cette situation est absurde, et mobilise des centaines de gens, poursuit Michel Rousseau. Tout cela a un coût, c’est de l’argent qu’on pourrait mettre dans l’accueil. »
François Chemin, le maire de Fourneaux – ville de Savoie où passent ceux sortant du tunnel de Fréjus – pointe lui aussi l’ineptie d’un système fait pour décourager des migrants qui ne sont plus à ça près :
« Ces gens ont pris tous les risques, pour la plupart, ils ont traversé le Sahara, survécu à la torture en Libye et à la traversée de la Méditerranée. Ce ne sont pas quelques gendarmes français qui vont leur faire rebrousser chemin. Il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer la frontière franco-italienne. »
« Vous pouvez fermer les cols de l’Echelle et de Montgenèvre, les migrants passeront par le col suivant, suppose Michel Rousseau. Il faudra aller toujours plus loin, ce sera toujours plus dur, mais la pression est tellement forte qu’ils finiront par passer. » Les semelles n’ont pas fini de se consumer sur les sentiers de montagne entre l’Italie et la France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le gouvernement de Theresa May n’arrive pas à surmonter ses divisions depuis le succès du référendum sur la sortie de l’UE, le 23 juin 2016.
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Deux ans après, le Brexit continue de tirailler le Royaume-Uni

Le gouvernement de Theresa May n’arrive pas à surmonter ses divisions depuis le succès du référendum sur la sortie de l’UE, le 23 juin 2016.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h42
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Vu de l’étranger, le spectacle est déjà étonnant : deux ans après que 51,9 % des Britanniques ont voté pour sortir de l’Union européenne (UE), le 23 juin 2016, le gouvernement britannique, radicalement divisé, ne s’est toujours pas mis d’accord sur le type de relations qu’il souhaite dans l’avenir avec le continent et l’Irlande. Quel type de frontières ? Quel genre de coopération ?
Alors que le Brexit doit formellement intervenir le 29 mars 2019, les réponses tardent. Comme si le pays découvrait le caractère quasi indéfectible des liens qu’il a tissés avec le continent depuis son adhésion au Marché commun voici quarante-cinq ans – « le Brexit se révèle aussi compliqué que de retirer un œuf d’une omelette », résume Pascal Lamy, ancien patron de l’Organisation mondiale du commerce. Comme si le Royaume-Uni ne s’était pas résolu à assumer les conséquences de son propre choix et continuait à marchander le maintien des avantages de l’UE.
La première ministre conservatrice, Theresa May, qui ne dispose que d’une majorité incertaine à Westminster, n’a cessé de repousser l’heure de décisions qui risquent de faire éclater son gouvernement et d’entraîner sa chute.
Obsession
Vu de Londres, le spectacle paraît surréaliste. Le monde est en pleine turbulence. Mais « où est la Grande-Bretagne ? », interroge Andrew Rawnsley, chroniqueur à l’Observer. Réponse : « Elle est très occupée à regarder le feu qui a pris au fond de son nombril. » De fait, tout dans le pays semble suspendu, phagocyté par une bestiole insatiable : le Brexit ; chaque pan de la vie politique, économique et sociale britannique étant lié au continent, le divorce ébranle tout et tourne à l’obsession.
« Le Brexit absorbe toute l’énergie du débat intellectuel et politique, mais aussi de l’administration. Il retarde les réformes dont ce pays a besoin désespérément. Précisément celles qui répondraient au mécontentement à l’origine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Atteint d’un cancer après avoir manipulé intensivement le pesticide Roundup de Monsanto, le jardinier Dewayne Johnson poursuit la firme pour avoir dissimulé les risques.
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Premier procès du glyphosate aux Etats-Unis

Atteint d’un cancer après avoir manipulé intensivement le pesticide Roundup de Monsanto, le jardinier Dewayne Johnson poursuit la firme pour avoir dissimulé les risques.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 07h23
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

Conformément à la législation de Californie, le procès a été avancé pour permettre au plaignant, en phase terminale, de suivre les audiences. Dewayne Johnson, 46 ans, père de deux garçons, poursuit Monsanto, le premier producteur de semences génétiquement modifiées du monde et de leur herbicide associé, le Roundup. Il affirme que ce produit l’a rendu malade. C’est le premier procès, aux Etats-Unis, sur les possibles effets cancérigènes de ce produit phytosanitaire à base de glyphosate, commercialisé par le géant de l’agrochimie, racheté fin mai pour 63 milliards de dollars (54 milliards d’euros) par le groupe allemand Bayer.
La première audience a eu lieu lundi 18 juin devant la cour supérieure de l’Etat de Californie, à San Francisco. Dewayne Johnson est apparu vêtu d’un polo gris, le visage marqué de lésions qui couvrent 80 % de son corps. Employé de 2012 à 2014 à l’entretien des jardins du district scolaire de Benicia, une localité située à 65 km à l’est de San Francisco, il a mélangé et répandu des centaines de litres de Roundup, le pesticide phare de Monsanto, deux fois par mois en moyenne pendant deux ans. En 2014, les médecins lui ont annoncé qu’il était atteint d’un lymphome, un cancer qui affecte les globules blancs. Il a dû quitter son travail. Après sa chimiothérapie, l’oncologue lui a donné six mois à vivre.
Dissimulation de preuves
Le malade, qui a porté plainte en 2016, reproche à la firme de ne pas avoir prévenu les utilisateurs du danger présenté par le glyphosate, alors qu’elle en était informée, et, accusation lourde de conséquences, d’en avoir dissimulé les preuves. A la veille de l’audience, le vice-président de Monsanto chargé de la stratégie, Scott Partridge, a publié un communiqué affirmant sa « sympathie » pour « toute personne atteinte de cancer » mais réfutant tout lien avec le pesticide. « Les preuves scientifiques montrent clairement que le glyphosate n’en est pas la cause, a-t-il assuré....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Des rassemblements se sont tenus en Espagne, vendredi, après la libération provisoire de cinq hommes condamnés pour « agression sexuelle ».
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Le gouvernement féministe de Pedro Sanchez à l’épreuve de la « Meute »

Des rassemblements se sont tenus en Espagne, vendredi, après la libération provisoire de cinq hommes condamnés pour « agression sexuelle ».



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h05
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Des milliers d’Espagnoles ont manifesté massivement dans une trentaine de villes, vendredi 22 juin au soir, comme elles l’avaient déjà fait jeudi, pour exprimer leur colère. La veille, un tribunal de Pampelune, en Navarre, a accordé la liberté provisoire (sous caution de 6 000 euros) à cinq jeunes hommes condamnés en avril à neuf ans de prison pour « agression sexuelle » aggravée d’abus de faiblesse, contre une jeune fille de 18 ans, lors des fêtes de la San Fermin de l’été 2016. Les juges ont justifié leur décision en écartant tout risque de fuite et de récidive avant la tenue du procès en appel. Le parquet a annoncé qu’il déposerait un recours. Les membres de la « Meute » font en outre l’objet d’une autre enquête à Cordoue pour une agression sexuelle présumée sur une jeune fille droguée, dont les images ont été retrouvées sur leurs téléphones.
En avril, déjà, de grandes manifestations féministes avaient accueilli la décision des juges de ne pas retenir la qualification d’agression sexuelle, c’est-à-dire de viol, contre ces cinq Sévillans âgés de 27 à 29 ans, dont un militaire et un garde civil, qui se surnommaient la « Meute » et qui avaient filmé leurs actes.
L’affaire est devenue le #metoo espagnol, symbole de la « justice patriarcale » que dénoncent les manifestants, le code pénal exigeant qu’il y ait violence ou menace pour qualifier un crime de viol, bien que les actes sexuels aient été imposés sans le consentement de la victime.
Le féminisme, étendard du nouveau gouvernement
« Pour lutter contre les atteintes à la liberté et l’intégrité sexuelles, le gouvernement s’est engagé à étudier la possibilité que le service juridique de l’Etat se porte partie civile en défense des victimes », a annoncé, vendredi, la porte-parole du gouvernement, Isabel Celaa, qui a reconnu que la libération provisoire a provoqué la « surprise » de l’exécutif. « Le gouvernement se fait écho de l’état d’alarme sociale de l’Espagne dans son ensemble et des femmes en particulier, que nous allons protéger », a-t-elle ajouté.
La veille, la ministre de la justice, la procureure Dolores Delgado, a estimé que « ce qu’il faut, ce sont des changements de mentalités, des réformes de la formation », pour mieux appréhender les « perspectives de genre et les victimes ». Estimant que « les faits prouvés sont très graves », elle a apporté son soutien à « la victime dans sa douleur », tout en insistant sur l’obligation pour le gouvernement de « respecter » toutes les décisions judiciaires. Un « respect » qui a été critiqué par de nombreuses manifestantes qui ont demandé la suspension des juges chargés de l’affaire de la « Meute ».
Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, formé de onze femmes et de seulement huit hommes, un record dans l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis sa création, a fait du féminisme l’un de ses principaux étendards. En confiant le portefeuille de l’égalité hommes-femmes, pour la première fois, à la numéro deux de l’exécutif, la vice-présidente Carmen Calvo, il entend imprégner toute sa politique d’une perspective de genre, transversale.

   


« Travailler à émettre des verdicts justes »
Autre symbole, la première proposition de loi que les socialistes ont présentée au Parlement depuis qu’ils sont au pouvoir, le 12 juin, porte justement sur la formation spécifique des juges espagnols sur la violence de genre et l’égalité, et l’augmentation des tribunaux pénaux spécialisés dans les crimes machistes.
« L’objectif est que l’administration de la justice travaille avec des critères d’interprétation corrects des genres pour interpréter la violence, pouvoir la traiter juridiquement et émettre des verdicts justes », avait expliqué, lors de l’élaboration de la proposition de loi, Carmen Calvo, alors chargée de l’égalité au sein du Parti socialiste ouvrier espagnol.
Déjà, le précédent gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, confronté au verdict polémique de la « Meute », mais aussi aux immenses manifestations qui ont marqué la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, avait dû répondre à l’indignation sociale en convoquant la Commission générale de qualification des crimes et délits pour qu’elle actualise les paragraphes du code pénal, qui date de 1995, en matière d’agression sexuelle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Anthropologue d’origine colombienne, il montre, par une critique radicale, à quel point le récit de la modernité est centré sur l’Occident.
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Arturo Escobar, pourfendeur du développement

Anthropologue d’origine colombienne, il montre, par une critique radicale, à quel point le récit de la modernité est centré sur l’Occident.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 07h33
    |

            Nicolas Bourcier








                        



                                


                            

Un prophète aux cheveux longs. Une voix étonnamment douce, un regard fixe, une pensée complexe et contagieuse. Au milieu des années 1970, dans une chambrée quelque part du côté du campus de l’université Cornell, dans l’Etat de New York, un jeune homme originaire de Colombie s’interroge. Ses études en biochimie ne l’intéressent plus. L’époque est à la contre-culture. On parle de Nord et de Sud, de démocratie et d’impérialisme, d’activisme aussi. Et puis il y a cette famine au Sahel qui revient dans toutes les discussions.
Arturo Escobar écrit trente pages, son premier texte en anglais. Un jet nourri contre la « révolution verte », cette politique de transformation des agricultures des pays dits en développement, fondée sur l’intensification et l’utilisation de céréales à haut rendement. « Il n’y avait pas encore cette radicalité de la critique », dira-t-il plus tard. Elle viendra avec le temps et les lectures. Mais déjà l’étudiant dénonce, par une étourdissante mise en abyme du système, les politiques de lutte contre la faim et les aides au développement : « Ces politiques ne résolvent pas le problème, elles le perpétuent. »
Des indigènes du sud aux ZAD
Sa plume sera son viatique et sa boussole. Grâce à elle, il construit une grammaire de luttes, un corpus de combat. Une structure, diront les spécialistes, à la fois théorique et pratique. Lui s’engage, change de cursus et de curseur, de focale aussi, en nous rappelant d’où il vient et d’où nous venons. Il interroge la modernité, observe les relations entre les peuples, entre les anciennes colonies et les anciens colons, questionne et décompose les rapports entre dominants et dominés.
« Il est un passeur de sens », dit l’ethnologue Irène Bellier, directrice de recherches au CNRS
Aujourd’hui, à 66 ans, Arturo Escobar a solidement planté son élégante et fine silhouette dans le milieu de la pensée critique globale. Il a écrit une dizaine de livres, collaboré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le nouveau numéro deux des Républicains Jean Leonetti, des membres de la direction du parti et des élus proches de Laurent Wauquiez, parmi lesquels Rachida Dati, Brice Hortefeux ou Nadine Morano présentent leur vision de l’Europe. Ils insistent tout d’abord sur la nécessité d’établir des frontières sûres et stables
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« Un projet européen » pour une « civilisation » européenne

Dans une tribune au « Monde », le nouveau numéro deux des Républicains Jean Leonetti, des membres de la direction du parti et des élus proches de Laurent Wauquiez, parmi lesquels Rachida Dati, Brice Hortefeux ou Nadine Morano présentent leur vision de l’Europe. Ils insistent tout d’abord sur la nécessité d’établir des frontières sûres et stables



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 09h27
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’Europe, à peine convalescente de la crise économique qu’elle vient de surmonter, se trouve confrontée à une succession d’événements qui la menacent d’explosion : une vague migratoire de grande ampleur, des actes de terrorisme perpétrés sur son territoire par des fanatiques islamistes, le Brexit aux conséquences économiques et politiques encore mal évaluées et l’élection d’un président des Etats-Unis prônant un protectionnisme économique.
Dans ce contexte, à chaque élection en Europe, les extrêmes et les partis anti-européens progressent à tel point qu’ils deviennent majoritaires en Italie, pays fondateur de l’Union européenne (UE), qui traverse une crise politique d’une extrême gravité. Les peuples européens se détournent de l’Europe, qu’ils accusent d’imposer des contraintes financières et réglementaires accrues sans apporter de protection contre l’insécurité ou la précarité. Le rêve européen s’évanouit peu à peu. L’Europe n’est plus une espérance de progrès.
Face à cette situation nouvelle et inquiétante, certains, refusant de tirer les leçons de ces événements, proposent d’avancer plus vite encore vers un fédéralisme européen ou une « souveraineté européenne » au risque d’aggraver le divorce entre l’Europe et les peuples. D’autres, à l’inverse, proposent de provoquer une sortie de l’euro et de l’Europe aux conséquences financières dramatiques pour les salariés, les épargnants et les retraités en raison de la dévaluation massive qu’elle engendrerait.
L’Europe n’est pas une option
Nous, les Républicains, quelles que soient nos sensibilités, sommes profondément attachés à l’Europe par réalisme et conviction. L’Europe n’est pas une option, nous savons que les défis environnementaux, économiques et politiques de notre temps ne seront relevés qu’à l’échelle des continents et qu’il serait problématique de laisser la Chine et les Etats-Unis face à face pour organiser de manière bipolaire le monde à venir.
Nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Les manœuvres étaient vécues comme une provocation par la Corée du Nord. Donald Trump maintient en revanche les sanctions contre Pyongyang.
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Washington suspend de nouveaux exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud

Les manœuvres étaient vécues comme une provocation par la Corée du Nord. Donald Trump maintient en revanche les sanctions contre Pyongyang.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 03h19
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 03h28
   





                        



   


Le ministère américain de la défense a annoncé vendredi 22 juin suspendre indéfiniment de nouveaux exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, pour soutenir les négociations diplomatiques en cours avec la Corée du Nord.
« Pour soutenir l’exécution des résultats obtenus au sommet de Singapour (...) le secrétaire [James] Mattis a suspendu indéfiniment des exercices sélectionnés », a indiqué la porte-parole du Pentagone, Dana White, citant trois exercices qui étaient programmés dans les trois mois à venir, dont le Freedom Guardian prévu en août et déjà annulé.
Les armées américaine et sud-coréenne avaient confirmé mardi avoir suspendu les exercices militaires de Freedom Guardian. Environ 17 500 soldats américains devaient prendre part à ces manœuvres.
C’est le président Donald Trump lui-même qui s’était engagé après le sommet historique avec le leader nord-coréen Kim Jong-un le 12 juin à renoncer aux exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, où sont déployés des dizaines de milliers de soldats américains chargés de la défendre contre les menaces nord-coréennes.
Ces suspensions annoncées vendredi incluent « le Freedom Guardian ainsi que deux exercices d’entraînement du programme d’échange de la marine coréenne qui était prévu pour se dérouler dans les trois prochains mois », a souligné Mme White dans un communiqué, sans apporter plus de précisions.
Des sanctions maintenues
Le sommet Trump-Kim de Singapour s’est achevé sur un engagement de la Corée du Nord en faveur d’une « dénucléarisation complète » mais les détails ont été remis à des négociations ultérieures et dix jours après, aucune avancée concrète n’a été enregistrée.
Donald Trump a donc dans le même temps qualifié l’arsenal nucléaire nord-coréen de « menace exceptionnelle et extraordinaire », afin de justifier le maintien des sanctions contre Pyongyang.
« L’existence et le risque de prolifération de matière fissile à des fins militaires sur la péninsule coréenne et les actes et les politiques du gouvernement de Corée du Nord continuent de constituer une menace exceptionnelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des Etats-Unis »
Dans cette déclaration formelle rendue publique vendredi, le locataire de la Maison Blanche justifie le maintien des sanctions contre Pyongyang et la prorogation pour une année supplémentaire de « l’état d’urgence national » décrété en 2008 à cet égard.
« Il n’y a plus de menace nucléaire de la part de la Corée du Nord », avait pourtant claironné le président américain à son retour à Washington, après le sommet de Singapour.



                            


                        

                        


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« Kazakhgate » : Airbus placé sous le statut de témoin assisté

Un représentant du groupe aéronautique a été entendu par les juges d’instruction. L’affaire porte sur des contrats commerciaux conclus avec le Kazakhstan sous Nicolas Sarkozy.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 00h59
   





                        



   


Le groupe aéronautique européen Airbus a été placé vendredi 22 juin sous le statut de témoin assisté à l’issue d’une audition par les juges d’instruction enquêtant sur l’affaire de corruption présumée du « Kazakhgate ».
« Airbus a été placé sous le statut de témoin assisté dans le cadre d’une procédure en pleine coopération avec la justice française à la suite d’une audition d’un de ses représentants », a indiqué à l’agence France-Presse un porte-parole du groupe sans mentionner l’enquête.
Selon une source proche du dossier, Airbus était convoqué en vue de son placement sous ce statut, intermédiaire entre témoin et mis en examen, dans le cadre de l’enquête du « Kazakhgate », qui porte sur des soupçons de corruption en marge de contrats commerciaux conclus entre la France et le Kazakhstan sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

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                Airbus : des affaires qui volent en escadrille



Airbus est sous le coup de plusieurs enquêtes anti-corruption en Europe et notamment d’une procédure franco-britannique portant sur des ventes d’avions civils. Face aux turbulences judiciaires, le groupe a engagé une opération mains propres en interne et manifesté sa volonté de coopérer.
Une vente à deux milliards d’euros
Dans l’enquête du Kazakhgate, ouverte en mars 2013, notamment pour « corruption d’agents publics étrangers », les juges cherchent à établir si la signature des contrats a donné lieu à des versements de commissions illégales à des intermédiaires.
En octobre 2010, Paris et Astana avaient annoncé un accord pour la fourniture de 45 hélicoptères EC 145 fabriqués par Eurocopter, devenu Airbus Helicopters, un centre de satellites d’Astrium (ex-EADS devenu Airbus group) et 295 locomotives Alstom. Montant total des contrats ensuite finalisés : environ deux milliards d’euros, selon des médias.
Selon Mediapart, lors d’une perquisition en février 2016 dans les locaux d’Airbus à Suresnes (Hauts-de-Seine), les enquêteurs avaient retrouvé la trace d’un versement suspect de 8,8 millions d’euros à une société liée à un partenaire d’affaires d’Airbus, dans le cadre d’une vente de satellites au Kazakhstan.
L’audition du groupe intervient après celles de son patron Tom Enders et de deux autres hauts responsables, entendus en octobre comme simple témoins par les policiers anticorruption (Oclciff). En parallèle, l’affaire comporte un volet politique, le plus avancé à ce stade.
Le rôle de l’Elysée en question
Les enquêteurs soupçonnent une équipe proche de l’Élysée de s’être activée pendant le mandat de M. Sarkozy pour influencer des responsables politiques en Belgique afin de faire passer une loi en faveur de Patokh Chodiev, un oligarque kazakh alors mêlé à une affaire de corruption en Belgique et proche du président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev, et de deux associés. A cette même époque, Paris voulait soigner ses relations avec Astana pour conclure des contrats commerciaux.
L’Elysée, comme l’avait admis Claude Guéant en 2017 devant une commission d’enquête parlementaire belge, était intervenu pour aider ce trio à constituer sa défense. Mais l’ex-ministre, récemment placé en garde à vue dans ce dossier, a assuré que Paris n’avait pas tenté d’« infléchir la loi belge ».

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                Qu’est-ce que le « Kazakhgate » et pourquoi Claude Guéant a-t-il été auditionné en Belgique ?



Cinq protagonistes ont été mis en examen, notamment pour corruption active d’agent public étranger, dont l’avocate française de Patokh Chodiev, Catherine Degoul, un ancien conseiller à l’Elysée, Jean-François Etienne des Rosaies, et l’ex-sénateur Aymeri de Montesquiou. L’ex-ministre belge Armand De Decker qui avait rejoint le pool d’avocats des Kazakhs a lui été inculpé pour « trafic d’influence » en Belgique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017.
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Mineurs sans papiers : quelle prise en charge en France ?

Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 19h15
    |

                            Simon Auffret








                        



   


Depuis le mois de mai, 2 500 jeunes migrants du Mexique et d’Amérique centrale ont été séparés de leurs parents en traversant la frontière avec les Etats-Unis, en application de la politique « tolérance zéro » mise en place par l’administration de Donald Trump. Plusieurs milliers d’autres adolescents ont tenté leur chance sans leur famille, et sont envoyés dans des centres d’hébergements pour les migrants mineurs non accompagnés, dans l’attente du traitement de leur dossier d’asile.

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                Décret immigration de Trump : symbole politique et réponse temporaire, pour la presse américaine



« Cet endroit est appelé un “refuge” mais ces enfants sont bel et bien incarcérés », décrit le journaliste Jacob Soboroff après avoir visité, le 15 juin, le plus grand de ces sites au Texas. Le président Donald Trump, devant l’ampleur internationale de la polémique, a signé mercredi 20 juin un décret pour empêcher la séparation des familles – apportant ainsi une réponse temporaire au débat sur la politique migratoire des Etats-Unis.
Les familles avec des enfants mineurs
En France, la séparation des familles et la rétention de mineurs non accompagnés sont illégales. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a pourtant dénoncé la gestion de l’accueil français à six reprises pour l’enfermement d’enfants en compagnie de leur famille dans des centres de rétention administrative (CRA) : ils étaient 306 en 2017, selon le contrôleur général des lieux de privation de liberté.

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                En France, en 2017, environ trois cents enfants étrangers ont été enfermés



En juillet 2012, la France est condamnée une première fois pour avoir violé l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme : un couple et deux enfants de 5 mois et 3 ans ont été placés pendant quinze jours dans le centre de rétention administratif de Rouen. « Il convient de garder à l’esprit que la situation d’extrême vulnérabilité des enfants est déterminante et prédomine sur la qualité d’étranger en séjour illégal », rappelle la CEDH. Autrement dit : si le regroupement familial est obligatoire, il ne justifie pas l’enfermement d’enfants. Le discours européen sera le même dans les cinq autres condamnations concernant la France.
Des consignes sont alors envoyées aux préfets, responsables des dispositifs dans les départements, pour « appliquer la procédure d’assignation à résidence plutôt que le placement en rétention » lorsqu’il est décidé qu’une famille doit quitter le territoire français. Depuis, le nombre de mineurs enfermés a chuté avant de progressivement remonter à son plus haut niveau en cinq ans.


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Le nombre d'enfants en rétention administrative au plus haut depuis cinq ans
Etrangers de moins de 18 ans placés dans des CRA de métropole, selon les rapports de la Cimade (jusqu'en 2015) et de contrôleur général des lieux de privation de liberté.

Sources : Cimade, CGLPL



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Une hausse due à l’exploitation par certains préfets d’une mesure qui permet la rétention des familles « dans les quarante-huit heures précédant le départ programmé », pour faciliter l’organisation de sortie du territoire. Un « glissement vers l’enfermement » dénoncé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté dans un rapport publié le 14 juin, surtout pratiqué dans deux CRA, ceux de Metz-Queuleu (Moselle) et du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).
Les mineurs non accompagnés
Comme pour les enfants avec leur famille, la rétention de jeunes arrivés seuls sur le territoire français est illégale – contrairement à la situation américaine, ils ne peuvent pas être contraints d’aller dans des centres d’hébergement.
Dans chaque département, l’aide sociale à l’enfance, sous tutelle du conseil départemental, est chargée de l’accueil et de la mise à l’abri des migrants mineurs sous le statut de protection de l’enfance, en partenariat avec le dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (Demie) géré par la Croix-Rouge.

        Lire aussi :
         

                Comment sont pris en charge les mineurs isolés étrangers en France ?



Contrairement aux familles avec enfants, les mineurs non accompagnés ne peuvent faire l’objet de mesures d’éloignement. Leur prise en charge par les autorités n’est pas liée à leur demande d’asile. Ils sont considérés, par le droit français, comme des enfants avant d’être de jeunes migrants.
Un rapport parlementaire de juin 2017 dénombrait « près de 13 000 mineurs non accompagnés pris en charge par les services départementaux » en France, une statistique en constante augmentation qui s’oppose au nombre de places d’hébergement limitées. Cette saturation est en partie à l’origine de l’opposition entre les conseils départementaux et l’Etat sur la responsabilité des financements pour cet accueil.
Un autre point de tension entre les services de l’Etat est l’évaluation de l’âge des jeunes migrants, qui détermine de manière importante leur niveau de protection : certaines personnes, évaluées mineures dans un département, sont considérées majeures dans un autre, complexifiant les dispositifs d’accompagnement.
Alimentant les débats sur la limite d’âge, les départements demandent fréquemment une radiographie osseuse, dont la fiabilité est vivement critiquée médicalement et judiciairement. Limité aux derniers recours par la garde des sceaux Christiane Taubira en 2013, l’examen médical reste souvent pratiqué aujourd’hui. En décembre 2017, le défenseur des droits Jacques Toubon affirmait encore y être « fermement opposé », et demandait à ce qu’il soit proscrit.



                            


                        

                        


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<filnamedate="20180623"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180623"><AAMMJJHH="2018062316">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ L’Etat du Veracruz est submergé par la violence des cartels de la drogue, dépassé par la corruption et l’impunité, englouti par la perte d’autorité morale du gouvernement. A la veille des élections du 1er juillet, l’ambiance s’électrise dans cette région tropicale qui concentre les maux du Mexique.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La petite fille éplorée lors de l’arrestation de sa mère hondurienne à la frontière n’a pas été séparée d’elle.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

La fillette en larmes sur la couverture du « Time » n’avait pas été séparée de sa mère

La petite fille éplorée lors de l’arrestation de sa mère hondurienne à la frontière n’a pas été séparée d’elle.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 19h15
    |

                            Delphine Bernard-Bruls








                        


Sur sa dernière couverture, le magazine américain Time a réutilisé une photographie déjà célèbre montrant une fillette en larmes alors que sa mère est arrêtée par la police à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Placée face au président américain, Donald Trump, et à l’expression « Bienvenue en Amérique », la photo devait illustrer la politique migratoire de « tolérance zéro » qui a mené à plus de 2 000 séparations entre parents et enfants clandestins. Sauf que, contrairement à ce que de nombreux observateurs ont laissé penser, la mère et la fille n’ont pas été séparées à leur arrivée à McAllen, au Texas.

TIME’s new cover: A reckoning after Trump's border separation policy: What kind of country are we?… https://t.co/iRrT5dtbp8— TIME (@TIME)


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Le photographe de Getty Images, John Moore, savait que la fillette au gilet rose et sa mère arrivaient du Honduras, rien de plus. S’il ignorait que son cliché illustrerait le mouvement d’indignation contre la politique migratoire de M. Trump – contre laquelle ce dernier a finalement signé un décret le 20 juin – il ne savait pas plus que mère et fille n’avaient pas été séparées mais internées ensemble. Dans le Time, M. Moore a expliqué avoir photographié la mère et la fille dans la nuit du 12 au 13 juin alors qu’elles achevaient un mois de marche en direction des Etats-Unis.
Mise à jour tardive
Interrogé sur CNN, le photographe a souligné en début de semaine ne pas avoir été témoin d’une quelconque séparation, mais a rapporté que mère et fille « ont été envoyées vers un centre où elles ont peut-être été séparées », comme quelque 2 000 familles au cours de ces deux derniers mois. Le Time a lui-même fait l’erreur : après avoir d’abord affirmé le 19 juin que mère et fille avaient été séparées, le magazine a ajouté une mise à jour au bas de son article.
« La version originale de cet article a fait une fausse affirmation quant au sort de la petite fille après la photographie. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. »
A des milliers de kilomètres de là, au Honduras, Denis Javier Varela Hernandez a reconnu la bambine en larmes figurant sur la photo devenue virale, et assuré qu’il s’agissait de sa fille, qu’il n’avait pas vue depuis plusieurs semaines. Il a d’abord affirmé cela, mardi sur la chaîne de télévision hispanophone Univision : « Cette photo… dès que je l’ai vue j’ai su que c’était ma fille. » Il a répété cette affirmation au quotidien britannique Daily Mail, précisant que sa compagne ne l’avait pas mis au courant de ses projets de migration vers les Etats-Unis. Sans nouvelles d’elle depuis son départ, il a appris la semaine dernière qu’elle avait été interpellée à son arrivée au Texas, mais internée avec sa fille.
D’autres sources sont venues corroborer les propos du père, resté au Honduras : « La mère et la fille n’ont pas été séparées », a déclaré une porte-parole des autorités douanières et frontalières au Daily Beast. Côté hondurien, la ministre adjointe des relations internationales, Nelly Jerez, a confirmé le récit du père auprès de l’agence de presse Reuters. Optimiste, ce dernier a estimé que « si elles sont déportées, ça ne fait rien, tant qu’ils ne laissent pas l’enfant sans sa mère ».



                            


                        

                        

