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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ L’ex-députée FN a inauguré vendredi l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques, établissement à la confluence de la droite et de l’extrême droite.
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Marion Maréchal assure sa promo à travers son école

L’ex-députée FN a inauguré vendredi l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques, établissement à la confluence de la droite et de l’extrême droite.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h33
    |

            Lucie Soullier (Envoyée spéciale à Lyon)








                        



   


« Elle est là, je l’ai croisée. » Son nom posé sur une table finit de rassurer la horde de journalistes venus observer le phénomène qu’ils accompagnent depuis plusieurs semaines. Elle arrive, elle est là, préparez micros et caméras. Marion Maréchal fait son entrée, sous les clic-clac des photographes. « Je suis celle qui va probablement le moins parler. » Encore raté.
Vendredi 22 juin, à Lyon, Marion Maréchal – désormais amputée du « Le Pen » – a présenté à la presse son fameux projet « métapolitique » : l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques (Issep), une école prônant « excellence » et « enracinement ».
A 28 ans, l’ancienne élue frontiste s’est libérée des contraintes « politiciennes », bourdonne son entourage. Plus question de commenter l’actualité des partis, encore moins la case « extrême droite » occupée par sa tante et son grand-père. A elle, désormais, « le débat d’idées », mais sans la présence de trois journalistes qui se sont vu refuser l’entrée.

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« Sans parti pris »
Son école « n’est pas un parti, ni à la botte d’un parti », insiste Marion Maréchal. A la qualification de « Sciences po de droite », elle ironise : « Vous suggérez donc que Sciences po est de gauche, ce n’est pas moi qui l’aurais dit. » 
Officiellement, l’Issep ne défend aucune ligne, réaffirme sa directrice, citant de Gaulle et récupérant la figure de Gramsci. D’ailleurs, parmi les 120 professeurs qui auraient postulé spontanément, il pourrait même y en avoir certains de gauche. « Les gens ne mettent pas leur couleur politique sur le formulaire. Ce n’est pas un critère. » Son conseil scientifique, lui, donne toutefois une autre image : un ancien membre du cabinet de François Fillon, le secrétaire général du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, un ancien rédacteur en chef de la version britannique de Breitbart, média de la droite la plus dure, connu pour relayer des informations mensongères…
Dans son école sera enseignée une culture générale « très factuelle, sans parti pris » et une « bonne connaissance de tous les enjeux structurants de la société actuelle ou des enjeux à venir qui peuvent toucher notamment aux questions du transhumanisme et de la bioéthique », développe celle qui incarnait la ligne identitaire du Front national et était montée à la tribune lors de La Manif pour tous, en 2016.
« France et chrétienté »
Dans la plaquette présentant les formations, quelques intitulés donnent une idée de la future tonalité des cours : « conservatisme aux USA, en Chine et en Russie » ; « France et chrétienté, quel héritage ? »… D’autres ne peuvent empêcher de prêter à sourire, comme celui pour « réussir un débat ».
Marion Maréchal, elle, balaie une nouvelle fois la question de l’union des droites, mais acquiesce à celle du « combat culturel ». D’ailleurs, elle ne « s’interdit pas totalement de pouvoir prendre position dans le débat d’idées » en tant que directrice de l’Issep, comme elle a déjà pu le faire devant les conservateurs américains, en février, ou lors du rendez-vous « Débranchons Mai 68 » du magazine L’Incorrect – dont le rédacteur en chef, Jacques de Guillebon, tient la coprésidence de son conseil scientifique. Deux raouts à la confluence de la droite et de l’extrême droite.
Retour à Confluence justement, le quartier lyonnais de l’Issep. Au coin de la rue menant à l’école « sans objectif politique », on peut apercevoir le siège de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont le président n’est autre que Laurent Wauquiez, le patron du parti Les Républicains. Sera-t-il invité à l’inauguration ? « Laurent Wauquiez m’a largement évitée pendant cinq ans à l’Assemblée nationale mais s’il veut rattraper le temps perdu, je ne vois pas de blocage de principe », s’amuse l’ancienne députée frontiste de Vaucluse.
Ecartant les questions sur sa famille et l’état de santé de Jean-Marie Le Pen, comme celles sur les détails des comptes de son école, elle se plaît davantage à évoquer des discussions en cours avec d’autres écoles, à l’étranger. Notamment en Italie, mais toujours « rien à voir » avec l’actualité politique. D’ailleurs, ses contacts se trouvent « en Italie du Sud », sourit-elle.
« La marque Issep dépassera un jour mon nom », espère Marion Maréchal en s’extirpant de la horde. Pas encore gagné. A une minute de la fermeture du rideau, le président honoraire de l’école, Patrick Libbrecht, ripe, trop heureux du succès de l’exercice du jour : « Lancer une école, c’est difficile mais quand vous bénéficiez de la notoriété de Marion, tout est plus facile ! » Elle se sera prêtée au jeu plus d’une heure, avant de relancer sa « diète médiatique ». Du moins jusqu’à la rentrée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le juriste Yann Aguila estime que l’environnement a toute sa place dans l’article 1, « socle des valeurs communes  ». Selon lui, inscrire le principe de non-régression dans la Constitution serait intéressant.
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Inscrire le climat dans la Constitution « aura un impact réel »

Le juriste Yann Aguila estime que l’environnement a toute sa place dans l’article 1, « socle des valeurs communes  ». Selon lui, inscrire le principe de non-régression dans la Constitution serait intéressant.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h41
    |

            Simon Roger








                        



                                


                            

La réforme des institutions engagée par le gouvernement suppose d’« adapter notre droit, notre démocratie, nos institutions, aux vrais enjeux du XXIe siècle », martèle le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Mais comment intégrer les enjeux environnementaux et climatiques dans le texte constitutionnel, quels en seraient les effets ? Analyse de l’avocat et professeur de droit public, Yann Aguila, qui préside par ailleurs la commission environnement du Club des juristes, le premier think tank juridique français.
L’environnement et le climat ont-ils leur place dans la Constitution ?
La Constitution est tout à fait le lieu où inscrire la protection de l’environnement en général et la lutte contre le réchauffement climatique en particulier. Que doit-on inclure dans une Constitution, sinon le socle des valeurs communes de long terme qu’on souhaite mettre à l’abri des changements de majorité politique, pour les générations présentes mais aussi pour les générations futures.
La réforme des institutions offre aujourd’hui une fenêtre de tir pour obtenir un texte qui consacre explicitement, et pas entre les lignes, l’environnement et le climat. C’est au constituant de désigner les objectifs. Si le jour venu, le juge constitutionnel est amené, par exemple, à censurer une loi au motif qu’elle est contraire aux objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, il aura un texte clair à l’appui de sa décision.

La protection de la biodiversité n’est-elle pas, elle aussi, un enjeu de long terme ?
En effet, dans la rédaction proposée par Nicolas Hulot figurent à la fois l’action contre le changement climatique et la protection de la diversité biologique. C’est important de rappeler ces deux objectifs, d’autant que l’interdépendance entre ces deux problématiques est de plus en plus évidente. On voit bien que le dérèglement climatique est une cause...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Les ministres du travail de l’UE ont changé les règles, ce qui va améliorer les comptes de l’Unédic.
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L’indemnisation des travailleurs frontaliers bouleversée

Les ministres du travail de l’UE ont changé les règles, ce qui va améliorer les comptes de l’Unédic.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h45
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
C’est une bonne nouvelle pour les comptes de l’assurance-chômage – moins bonne, en revanche, pour une petite minorité de demandeurs d’emploi. Réunis à Luxembourg dans le cadre d’un conseil consacré à la politique sociale de l’Union européenne (UE), les ministres des Vingt-Huit chargés du travail sont tombés d’accord, jeudi 21 juin, pour modifier les règles d’indemnisation des travailleurs frontaliers qui ont perdu leur poste. Une décision qui devrait diminuer de plusieurs centaines de millions d’euros par an les dépenses de l’Unédic, l’association paritaire qui pilote le régime de protection des chômeurs en France, dont la dette a atteint 33,5 milliards, fin 2017.
A l’heure actuelle, les personnes établies dans l’Hexagone et travaillant dans un pays limitrophe sont soumises à une législation singulière : elles cotisent à l’assurance-chômage de l’Etat où elles sont employées, mais sont prises en charge par l’Unédic lorsque leur contrat prend fin. Leurs droits sont rigoureusement identiques à ceux d’un chômeur ayant exercé une activité en France (qu’il s’agisse du calcul de l’allocation, de la durée pendant laquelle celle-ci est attribuée, etc.).

En outre, l’Etat où la personne travaillait est tenu de rembourser au pays de résidence le montant des prestations versées, mais dans une certaine limite. Ces dispositions découlent d’un règlement communautaire qui s’applique aux nations membres de l’UE depuis 2010, et à la Suisse depuis 2012.
Une règle inversée
Or, un tel dispositif « est défavorable à la France », comme le souligne l’Unédic, dans un rapport de septembre 2016. Notre pays verse « quatre à cinq fois plus d’allocations » qu’il ne reçoit de subsides de ses voisins ayant enrôlé de la main-d’œuvre tricolore. La situation s’est même dégradée depuis les années 2000, aboutissant à une perte nette, pour l’Unédic, de 673 millions d’euros en 2016, d’après le ministère du travail français (contre − 340 millions par an en moyenne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Les quelque 100 élus du comité du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole ont voté, jeudi, la résiliation du contrat les liant au groupe Bolloré.
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Autolib’ va s’arrêter, mais à une date encore inconnue

Les quelque 100 élus du comité du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole ont voté, jeudi, la résiliation du contrat les liant au groupe Bolloré.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h16
    |

            Béatrice Jérôme








                        



   


« Hidalgo fiasco !, Hidalgo fiasco ! » : devant la mairie du 12e arrondissement, jeudi 21 juin, une petite centaine de salariés d’Autolib’ scandaient ce slogan. Tandis que sur les marches, devant eux, Philippe Brillault, maire (Les Républicains) du Chesnay (Yvelines), leur expliquait, micro en main, qu’il comptait faire échec à « la décision de la maire de Paris d’arrêter Autolib’ ». Avec la bénédiction du groupe Bolloré, un petit bataillon d’élus de banlieue de droite a tenté de s’opposer au vote de la résiliation, jeudi, par le Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM). Leur mobilisation n’a pas empêché la sentence de tomber.
Réuni dans la salle des fêtes de la mairie du 12e, le comité du SAVM, qui compte une centaine d’élus, a donné son feu vert à l’arrêt – non encore effectif – du service d’autopartage concédé au groupe Bolloré par le précédent maire de Paris, Bertrand Delanoë, en 2011. Le scrutin était dénué de suspense. La Mairie de Paris est majoritaire avec 55 % des voix (606 sur 1 208, réparties entre une centaine de communes). Chaque ville a autant de voix que de stations Autolib’ sur son territoire. Et la capitale était favorable à la résiliation.
Clivage droite-gauche
Ce vote découle de la bataille financière entre les communes et Autolib’, qui dure depuis des mois. Le 15 juin, la présidente du SAVM, Catherine Baratti-Elbaz, maire (PS) du 12e, a annoncé qu’elle proposerait au comité syndical de refuser de payer la somme, « abracadabrantesque » selon Mme Hidalgo, exigée par le groupe Bolloré pour combler le déficit d’Autolib’. Par courrier du 25 mai au SAVM, l’industriel réclamait 233,7 millions d’euros aux communes d’ici à 2023. L’acceptation ou le refus de payer sont censés, selon le contrat, lui être notifiés par le SAVM avant le 25 juin. Sur la foi de plusieurs expertises juridiques, la Mairie de Paris a estimé qu’elle avait avantage à assortir le refus de verser la somme d’une demande concomitante de résiliation du contrat. Cette stratégie devrait lui permettre, selon les juristes consultés, d’espérer contrer les exigences financières de Bolloré au titre de l’arrêt du service, en cas de contentieux devant le tribunal administratif. Des exigences qui, selon l’industriel, pourraient s’élever à près de 300 millions d’euros.
Jeudi, Mme Baratti-Elbaz a estimé à « moins de 100 millions d’euros » le coût de la résiliation. « C’est un engagement que je prends devant vous au vu des analyses juridiques dont nous disposons », a-t-elle déclaré. Peu précise, cette évaluation n’a visiblement pas été le premier critère pris en compte par les élus. Le vote sur l’arrêt d’Autolib’ a surtout fait apparaître un clivage droite-gauche.
Les représentants des villes de gauche ont majoritairement voté pour la résiliation en reprenant l’argumentaire de la maire socialiste de Paris et du SAVM. « C’est Bolloré qui prend la responsabilité de l’arrêt du service par l’ultimatum financier qu’il nous pose », a fait valoir Gilles Gauché Cazalis, l’élu (Gauche citoyenne) représentant la ville de Nanterre au syndicat.
En coulisses, les ponts ne sont pas rompus
Les élus de droite et du centre se sont pour la plupart abstenus ou ont voté contre la résiliation. « Nous, les maires de banlieue, sommes les dindons de la farce, s’est emporté Philippe Ribatto, adjoint à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Hidalgo a voulu interrompre le service et a pris le syndicat pour une chambre d’enregistrement », expliquait l’élu pour justifier son vote contre la fin d’Autolib’. « Nous voulons voir perdurer un service qui donne satisfaction aux usagers et qui pourrait même se développer considérablement », assurait le maire du Chesnay, M. Brillault. Ce proche de Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Ile-de-France, a annoncé son intention de saisir le tribunal administratif sur la légalité du vote de la délibération et de certaines décisions du SAVM. « Le syndicat n’a pas fait preuve de suffisamment de transparence envers les élus et n’a pas pris la mesure du risque de déficit assez à temps en 2015 et 2016, et ce malgré les alertes successives de Bolloré », déplorait Xavier Caron, adjoint (LR) à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) qui a refusé de prendre part au vote.
Plusieurs élus de droite ont demandé une suspension de séance pour pouvoir entendre Marie Bolloré, patronne du pôle mobilité électrique de Bolloré, et Gilles Alix, directeur général du groupe, assis discrètement dans le public de la salle des fêtes. Mais leur requête a été rejetée par Mme Baratti-Elbaz. « On va continuer à se battre. Ne croyez surtout pas les balivernes du syndicat, La Ville de Paris a pris la décision de résilier le service pour des raisons électoralistes ! », s’est indigné M. Alix. « Nous irons au tribunal administratif et nous obtiendrons beaucoup d’argent », assurait-il en s’engouffrant avec fracas dans le vestibule de la mairie.

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                Après la fin d’Autolib’, l’avenir incertain de l’auto-partage à Paris



Le groupe Bolloré et la Mairie de Paris ont chacun voulu éviter de perdre la face ces derniers jours et se renvoient la responsabilité de la mort du service d’autopartage. Mais, en dépit de la bataille de communication autour de l’enterrement d’Autolib’, en coulisses, les ponts ne sont pas rompus. Vendredi, les représentants de Bolloré et le SAVM avaient rendez-vous. Le sort des 267 salariés d’Autolib’ et la date précise d’arrêt du service sont en débat. Les négociations financières, elles aussi, se poursuivent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ En déplacement en Bretagne, le chef de l’Etat a conforté son ministre sur le glyphosate et sur plusieurs dossiers miniers et énergétiques.
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Macron envoie des signaux positifs à Hulot

En déplacement en Bretagne, le chef de l’Etat a conforté son ministre sur le glyphosate et sur plusieurs dossiers miniers et énergétiques.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h14
    |

            Cédric Pietralunga (Côtes d'Armor et Finistère, envoyé spécial)








                        


« Je bois du petit-lait bio ! » Souvent dépeint comme un ministre en sursis, Nicolas Hulot affichait une mine réjouie, mercredi 20 juin, sur les falaises du cap Fréhel (Côtes-d’Armor), où il était venu annoncer, au côté d’Emmanuel Macron, le maintien des six premiers projets de parcs éoliens offshore français, menacés d’annulation par le gouvernement en raison de leur coût trop élevé. « C’est un moment important pour moi », reconnaissait le ministre de la transition écologique et solidaire, souvent accusé de ne pas gagner d’arbitrages.
Un brouillard tenace avait beau recouvrir la côte bretonne, impossible d’assombrir l’humeur de l’ex-animateur de TF1. Sa mésentente avec le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Stéphane Travert ? « Des tableaux caricaturaux », s’est-il défendu. La preuve, vendredi 22 juin, les deux hommes réuniront ensemble « tous les acteurs de la filière agricole pour bâtir des plans d’action pour sortir du glyphosate ». Ses relations avec le chef de l’Etat, qui parfois s’agace en privé des états d’âme de son ministre ? « On s’entend très, très bien », a rassuré M. Hulot, ajoutant : « L’un et l’autre, on est incapables de dissimuler. »

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Le 16 mai, l’ex-candidat à la primaire écologiste de 2011 avait pourtant annoncé qu’il évaluerait « à l’été » sa présence au sein du gouvernement, laissant entendre qu’il pourrait partir s’il ne se sentait plus utile. Une attitude régulièrement adoptée par Nicolas Hulot depuis son arrivée à l’hôtel de Roquelaure et qui a le don d’agacer une partie de la majorité, voire de l’exécutif. « Il se permet des choses qu’aucun autre ministre n’oserait, de peur de prendre la porte », grince un conseiller ministériel.
Mais depuis sa dernière sortie, l’« insatisfait » Hulot dit avoir fait avancer plusieurs dossiers, sur le glyphosate, sur l’interdiction des permis d’exploration des hydrocarbures, sur la fermeture des centrales à charbon ou nucléaires. Signe de sa nouvelle idylle avec le ministre le plus populaire du gouvernement, Emmanuel Macron a ainsi profité de son séjour breton pour annoncer la fin du projet d’extraction de sable coquillier en baie de Lannion. « Les conditions d’exploitation ne sont aujourd’hui pas satisfaisantes », a plaidé le chef de l’Etat.
Autre concession environnementale, le président a déclaré mettre un terme aux projets d’exploration minière en Centre-Bretagne, qui devaient permettre à terme d’extraire du zinc, du cuivre, du plomb ou des métaux précieux comme de l’or ou de l’argent, mais qui étaient contestés par des associations et des élus locaux. Un signal fort : c’est Emmanuel Macron lui-même qui avait accordé ces permis à la société Variscan, en 2014 et 2015, alors qu’il était ministre de l’économie.
« Ça ne va jamais assez vite »
Lors d’un discours à Quimper, jeudi 21 juin, le chef de l’Etat a surtout tenté de mettre un terme au débat qui agite encore une partie des professionnels de l’agriculture sur le glyphosate, en établissant un parallèle entre le pesticide de Monsanto et le chlordécone, un autre produit phytosanitaire utilisé dans les Antilles françaises durant des années, alors que sa toxicité était avérée. « Vous pensez qu’on peut être fier de ce qu’on a fait ?, a interrogé M. Macron. Vous voulez qu’on réplique ça avec le glyphosate ? » Manière de dire qu’il ne laisserait pas l’Etat prendre la responsabilité de différer l’interdiction du produit, alors que certains mettent en doute sa volonté d’y parvenir d’ici trois ans, comme il s’y est engagé.
Seul bémol de ce séjour breton pour Nicolas Hulot : M. Macron a réitéré sa volonté de réaménager la loi littoral, « une bonne loi » mais qui « a des aberrations », selon lui. « Nous avons construit une vision excessive » de cette loi, que l’« on n’arrive plus à expliquer avec bon sens », a-t-il plaidé à Quimper, citant en exemple la difficulté de certaines communes côtières à réhabiliter un centre nautique ou des équipements sanitaires. Malgré les divisions de la majorité sur ce sujet, le chef de l’Etat a assuré que le dispositif sur les « dents creuses », ces parcelles de terrain déclarées inconstructibles le long du littoral, serait « corrigé ».
Mais pas de quoi refroidir Nicolas Hulot, qui donne parfois le sentiment d’avoir du mal à se convertir au pragmatique « en même temps » du chef de l’Etat. « Ça ne va jamais assez vite, compte tenu de l’urgence climatique, de l’urgence sur les sujets santé et environnement. Mais on n’est pas dans un conte de fées, il faut tenir compte d’un certain nombre de réalités », a ainsi déclaré le ministre de la transition écologique lors de son périple breton. Presque un brevet de macronisme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Quelque 1 500 visiteurs se sont déhanchés dans la cour du palais présidentiel en écoutant Kavinsky, Busy P ou encore Chloé.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                

DJs, bière sans alcool, tee-shirt revendicatif... Quand l’Elysée fête la musique

Quelque 1 500 visiteurs se sont déhanchés dans la cour du palais présidentiel en écoutant Kavinsky, Busy P ou encore Chloé.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h11
    |

            Virginie Malingre








                        


« Do not try to get rich, that’s impossible (…). Do not try to escape poverty, that’s impossible » : les paroles du morceau d’ouverture de la Fête de la musique à l’Elysée, jeudi 21 juin, qu’avait choisi Chloé, n’étaient pas très macronistes. Pendant quelques heures, dans la cour du palais présidentiel, il n’a plus été question d’« émancipation » ou de « premier de cordée ». Mais on y a dansé aux accents de la musique mixée par des artistes branchés de la scène électro française.
Sur les platines installées en haut des marches, là où le chef de l’Etat a l’habitude d’échanger des poignées de main avec les dirigeants du monde entier, se sont succédé, à partir de 20 heures, Chloé, Cézaire, Kiddy Smile, Kavinsky ou l’ancien manageur des Daft Punk, Busy P.
« Fils d’immigré, noir et pédé »
Dans une ambiance bon enfant, quelque 1 500 visiteurs – ceux qui s’étaient inscrits les premiers sur le site ouvert pour l’occasion – se sont déhanchés quand ils ne prenaient pas des selfies. Dans une buvette, ils pouvaient acheter de la bière sans alcool pour 3 euros – dans un gobelet collector « L’Elysée Fête de la musique » – et des paniers repas pour 10 euros.
Brigitte Macron est passée brièvement en début de soirée, photographiée par des centaines de smartphones. Elle est revenue un peu plus tard, aux côtés de son époux et de la ministre du travail, Muriel Pénicaud. Le président avait choisi le moment où la star Kavinsky avait pris les platines pour faire son apparition.
Il n’était plus là quand Kiddy Smile est monté sur la scène. Casquette orange vissée sur la tête, le musicien portait un tee-shirt noir avec l’inscription « Fils d’immigré, noir et pédé », en signe de protestation contre la loi asile et immigration. L’artiste militant avait prévenu sur son site Facebook qu’il profiterait de l’occasion pour s’opposer à ce texte et qu’il reverserait son cachet de 1 500 euros à une association d’aide aux migrants. La veille, il avait tenu à expliquer sa démarche, alors que « beaucoup de gens, qui suivent ce que je fais, ont pu être choqués et consternés par ma présence à la Fête de la musique de l’Elysée ». Décidément pas très macroniste, tout ça.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ La présidente LR  de la région Ile-de-France a présenté jeudi des mesures en partie déjà votées en 2016.
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Soutien scolaire, vidéosurveillance... le plan banlieue de Valérie Pécresse

La présidente LR  de la région Ile-de-France a présenté jeudi des mesures en partie déjà votées en 2016.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 11h50
    |

            Louise Couvelaire








                        



   


Un mois après l’allocution du président de la République, Emmanuel Macron, sur les quartiers populaires, Valérie Pécresse présente son propre plan banlieue. L’objectif ? « Ramener la mixité sociale dans les quartiers et en finir avec les politiques de saupoudrage », résume-t-elle. La présidente (Les Républicains) de la région Ile-de-France n’avait pas caché sa « frustration » à la suite de la prise de parole du chef de l’Etat, le 22 mai à l’Elysée – un événement rassemblant 600 personnes auquel elle n’était « pas invitée », précise-t-elle. Elle a jugé les propositions d’Emmanuel Macron « décevantes » et a regretté l’abandon du rapport Borloo, dans lequel elle avait placé « énormément d’espoirs ».
« Jean-Louis Borloo avait posé le bon diagnostic, certaines de ses propositions étaient très intéressantes, souligne-t-elle. Mais l’exécutif est dans sa logique à lui et ne voit le sujet qu’à travers la question comptable. » Décidée à faire « avec ou sans l’Etat », l’ancienne ministre du budget de Nicolas Sarkozy a dévoilé, jeudi 21 juin, son « pacte pour les quartiers populaires », d’un montant de 3,2 milliards d’euros sur cinq ans, en petite partie financé par la vente du siège parisien de la région, qui devrait rapporter 150 millions d’euros.

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Soutien scolaire
Parmi les mesures qui seront débattues en séance du conseil régional début juillet figure l’octroi d’un bonus de 50 % pour la rénovation ou l’installation d’un poste de police municipale dans l’un des 270 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) d’Ile-de-France, soit 150 000 euros au lieu de 100 000 euros. Autre proposition, destinée à lutter contre la désertification médicale : une aide financière pour la sécurisation (sas, caméras, porte blindée, grille à l’entrée…) des professionnels de santé (maisons de santé, médecins libéraux…) qui en font la demande.
Contre le décrochage scolaire, l’objectif est de parvenir, d’ici à 2022, à ce que 100 % des 30 000 décrocheurs scolaires de la région soient recontactés et que 50 % d’entre eux soient inscrits dans une structure de réinsertion. Une vingtaine de lycées devraient par ailleurs expérimenter l’ouverture le soir, le week-end et pendant les vacances afin de proposer du soutien scolaire, des activités culturelles et sportives ainsi que de l’aide aux parents.
Le « pacte » prévoit également la mise en place d’un « passeport numérique » (une plate-forme destinée à former les personnes éloignées d’Internet), la création de 1 000 stages pour les jeunes dans la perspective des Jeux olympiques de 2024, la gratuité du passe Navigo pendant une semaine pour les élèves des quartiers populaires en stage de 3e et le triplement du nombre d’entrepreneurs accompagnés par le microcrédit (soit 6 000 d’ici à 2022, dont 50 % issus des quartiers populaires).
Pour le reste, les mesures énoncées ont en réalité été votées dès 2016, peu après l’arrivée de Valérie Pécresse à la tête de la région, et sont déjà budgétisées. Ainsi le « dispositif anti-ghetto » qui prévoit de cesser de financer le logement très social dans les communes qui ont déjà 30 % de logements destinés aux plus modestes, la création de 100 quartiers écologiques sur dix ans ou encore la mise en place d’un « bouclier de sécurité », un fonds doté d’une enveloppe annuelle de 20 millions d’euros auquel les communes peuvent faire appel pour financer l’installation de caméras de vidéoprotection, de centres de surveillance… Cent trente-huit municipalités y ont eu recours. Voté également il y a plusieurs semaines, le recrutement de 650 personnels supplémentaires dans les transports (trains, RER, bus…).
Dans un communiqué, le groupe Ensemble Ile-de-France (ex-PS) a dénoncé « un plan improvisé pour les médias (…) en réaction à l’actualité nationale autour du plan Borloo » dans lequel « il est difficile de trouver des mesures concrètes et nouvelles ». Pour la présidente de la région Ile-de-France, « l’idée de ce pacte n’est pas de faire contre l’Etat, mais de prendre l’initiative et de montrer la direction aux maires, qui sont désespérés ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Charles de Courson va défendre plusieurs amendements au projet de loi constitutionnelle.
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A l’Assemblée, les collectivités locales vont se battre pour leur autonomie fiscale

Charles de Courson va défendre plusieurs amendements au projet de loi constitutionnelle.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h09
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Emmanuel Macron a réaffirmé, jeudi 21 juin à Quimper, sa volonté d’inscrire dans la Constitution, à l’occasion du projet de loi constitutionnelle qui viendra en discussion à l’Assemblée nationale à partir du 10 juillet, une plus grande liberté d’expérimentation pour les collectivités territoriales, ce qu’il appelle une « décentralisation de projet ». La rédaction de ce nouvel article 72 de la Loi fondamentale est l’élément-clé de ce que le chef de l’Etat se plaît à présenter comme un « pacte girondin ».
Du côté des collectivités et des élus locaux, cette profession de foi se heurte à un certain scepticisme. L’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France et Régions de France ne cessent de dénoncer une « recentralisation massive ». Plutôt que des déclarations d’amour, elles attendent des preuves. C’est donc à l’Assemblée, avant l’épreuve encore plus redoutable du Sénat, que va se livrer une première bataille autour de l’autonomie financière des collectivités territoriales.
A la manœuvre, un vieux routier du Palais-Bourbon : Charles de Courson, député (UDI, Agir et Indépendants) de la Marne. Parfait connaisseur des arcanes de l’Assemblée, où il siège sans discontinuer depuis vingt-cinq ans, virtuose redouté des joutes budgétaires, expert vétilleux des finances locales, l’ancien magistrat à la Cour des comptes s’apprête à défendre devant la commission des lois, où le projet de loi sera examiné mardi 26 et mercredi 27, une série d’amendements visant à garantir aux collectivités territoriales les moyens d’exercer leurs compétences.
Curieux paradoxe
Ces amendements prennent appui sur les conclusions de la « mission flash » sur l’autonomie financière des collectivités territoriales que M. de Courson a conduite avec Christophe Jerretie, député (LRM) de la Corrèze, au titre de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation. Une dizaine de membres de toutes appartenances de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Fabrice Pothier écrit que la nomination du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement espagnol oblige le président français à réfléchir à de nouvelles alliances, à un an des élections européennes.
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« L’arrivée de Pedro Sanchez au gouvernement espagnol, un nouveau dilemme pour Emmanuel Macron »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Fabrice Pothier écrit que la nomination du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement espagnol oblige le président français à réfléchir à de nouvelles alliances, à un an des élections européennes.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 11h16
    |

Fabrice Pothier (Directeur général des affaires stratégiques au cabinet de conseil Rasmussen Global et chercheur associé à l’International Institut...







                        



                                


                            

Tribune. L’arrivée d’un gouvernement de centre gauche ouvertement proeuropéen dans la péninsule ibérique apporte une bouffée d’oxygène à la stratégie européenne d’Emmanuel Macron. En mal d’alliés, faisant face à une Allemagne qui avance à petits pas, et à une Italie aux mains des populistes, Paris peut compter d’ores et déjà sur une convergence de vues avec la quatrième puissance économique de la zone euro.
Comme Macron, le nouveau premier ministre espagnol fait le pari du centre et de l’Europe afin de regagner le terrain perdu par les socialistes espagnols. Il ne serait pas surprenant si Sanchez allait jusqu’au bout de sa logique en faisant coïncider la date des prochaines élections législatives (fixées au plus tard le 26 juillet 2020) avec le scrutin européen de mai 2019 afin de s’appuyer sur sa ligne proeuropéenne pour devenir la première force au Parlement espagnol. Mais c’est là où le dilemme se pose pour Emmanuel Macron : choisir entre un allié de gouvernement ou un allié dans l’opposition avec le jeune parti centriste Ciuadadanos.

Ce dernier se voit comme le frère jumeau de la République en marche : un mouvement devenu parti, ancré au centre, et essayant de rompre avec le bipartisanisme fatigué qui a structuré l’Espagne depuis son retour à la démocratie. Ciudadanos est considéré comme la première force politique prête à rejoindre un nouveau groupe centriste européen envisagé par Macron pour les élections européennes de 2019.
A l’exception du Partido democratico italien, qui est en pleine crise, Ciudadanos pourrait apporter au groupe souhaité par Macron entre une dizaine et une quinzaine d’eurodéputés. Une manne non négligeable quand on sait qu’en deçà de cinquante députés un groupe parlementaire européen peine à peser dans le jeu byzantin du Parlement européen. Mais Ciudadanos est sous pression depuis le coup démocratique de Sanchez.
La perspective des élections européennes
Avant la motion de censure...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ En déplacement à Quimper, le chef de l’Etat a dénoncé les « donneurs de leçons » et la « lèpre » populiste qui monte en Europe.
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En Bretagne, Emmanuel Macron répond aux critiques sur les migrants

En déplacement à Quimper, le chef de l’Etat a dénoncé les « donneurs de leçons » et la « lèpre » populiste qui monte en Europe.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h26
    |

            Cédric Pietralunga








                        



   


Il y a près de onze ans, les Français y avaient découvert le caractère tempétueux de Nicolas Sarkozy. Arrivé six mois plus tôt à l’Elysée, l’ancien maire de Neuilly s’était rendu, en novembre 2007, sur le port du Guilvinec (Finistère) afin de répondre à la colère de pêcheurs asphyxiés par la hausse des prix du gasoil. A peine arrivé, dans une ambiance électrique, le chef de l’Etat avait été traité d’« enc… ! » par un marin juché sur le toit de la criée. « C’est toi qui a dit ça ? Eh ben descends un peu le dire, descends un peu ! », avait répliqué M. Sarkozy, entouré de ses gardes du corps. « Si je descends, je te mets un coup de boule », lui avait répondu le pêcheur, donnant le ton d’un quinquennat épileptique.
Onze ans plus tard, autre ambiance. Alors qu’il est lui aussi accusé de réactions parfois brutales lors de ses rencontres avec les Français, à l’image de la leçon donnée à un jeune collégien au Mont-Valérien, le 18 juin, Emmanuel Macron s’est offert à son tour une visite de la criée du port du Guilvinec, jeudi 21 juin, à l’occasion d’un déplacement de deux jours en Bretagne. Mais pas de colère ni de mots durs cette fois. Au contraire, le président de la République a joué le visiteur attentif, prenant le temps de discuter avec les représentants des pêcheurs, qui s’inquiètent du maintien par certains pays européens de la pêche électrique ou des conséquences du Brexit sur leurs zones de pêche.
Attitude thaumaturge
Durant tout son séjour, le président de la République a surtout pris soin d’apparaître au contact des Français. A plusieurs reprises, il s’est prêté à des bains de foule, où il a fait assaut d’intérêt et d’empathie, notamment auprès des enfants, auxquels il demandait systématiquement leur âge ou la classe qu’ils fréquentent à l’école. Au cap Fréhel (Côtes-d’Armor), mercredi, il s’est même longuement attardé avec un jeune handicapé, passionné de politique et qui rêvait de le rencontrer. Dans une attitude thaumaturge qu’il affectionne, le président lui a tenu la main tout au long de leur échange, devant l’objectif des caméras, et l’a invité à venir à l’Elysée pour assister aux festivités du 14-Juillet.
A en croire l’entourage du chef de l’Etat, ces mises en scène n’ont pourtant rien de fabriqué. « Le président aime aller au contact », assure un conseiller, qui dit devoir parfois le refréner, souvent sans succès. Aucun lien non plus avec les accusations d’arrogance qui ont fusé, notamment de la part de l’opposition, après la séquence du Mont-Valérien. « Si le président voulait apaiser ceux qui se soucient des polémiques, il irait au Café de Flore », ironise Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée, pour qui « il y a toujours un décalage entre les préoccupations des observateurs parisiens et le pays profond ».
Le naturel combatif du chef de l’Etat a d’ailleurs repris le dessus à plusieurs reprises lors de son périple breton. A l’occasion d’un discours, jeudi, à Quimper (Finistère), Emmanuel Macron a ainsi tenu à revenir sur les étiquettes que ses opposants tentent de coller à son costume. « On m’a parfois dit, il se peut qu’on me le dise encore : je serais le président des villes. Parfois on dit même des riches, de ceux qui réussissent. Je suis le président des Françaises et des Français, et je n’ai jamais cru à ces oppositions, et ces oppositions n’ont d’ailleurs jamais conduit à rien », a-t-il lancé devant un parterre de quelque 200 élus. « Ceux qui veulent faire ça, (…) comme les extrêmes, ils jouent sur les peurs parce qu’il y a une peur française qui va avec ce goût français de la justice, qui est un goût dont il ne faut jamais perdre le sel », a-t-il ajouté.
« Temps troublés »
Evoquant la question des migrants, et en creux celle de sa réaction jugée timorée face à la crise de l’Aquarius, le chef de l’Etat s’est aussi emporté contre « les donneurs de leçons » qui « m’expliquent qu’il faut accueillir tout le monde » sans voir « les fractures de la société française ». « Regardez ce que nous faisons aussi, et nous n’avons pas en rougir, a argumenté le président de la République, dont la loi asile et immigration a été critiquée par certains députés de sa majorité. Je veux que la France et la cohésion nationale se tiennent, que nos classes moyennes trouvent leur place. Et en même temps être à la hauteur de notre tradition d’accueil et en particulier de l’asile, ce qui ne veut pas dire tout et n’importe quoi. »
A quelques jours d’un sommet européen important sur le sujet des migrants et des réfugiés, le chef de l’Etat s’est ensuite lancé dans un plaidoyer europhile sans concession en faisant allusion à la situation politique dans certains pays européens. « On s’habitue à tous les extrêmes dans les pays qui, depuis des années, sont pourtant pro-européens comme nous. Et sur ce sujet, nos élites économiques, politiques, journalistiques ont une responsabilité immense », s’est agacé le président, qui trouve notamment les critiques contre le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, trop timides.
« Je vous demande de ne rien céder, dans ces temps troublés que nous vivons, de votre amour pour l’Europe, a-t-il poursuivi, alors que les élections européennes auront lieu en 2019. Beaucoup la détestent, mais ils la détestent depuis longtemps, et vous les voyez monter, comme une lèpre, un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c’était impossible de la voir réapparaître. Et des amis voisins, ils disent le pire et nous nous y habituons. »
Le mot de « lèpre » a été aussitôt commenté de l’autre côté des Alpes. « Si Macron cessait d’insulter et pratiquait concrètement la générosité qui emplit sa bouche, en accueillant les milliers d’immigrants que l’Italie a accueillis ces dernières années, ce serait mieux pour tout le monde, a rétorqué Matteo Salvini, selon l’agence de presse italienne AGI. Nous sommes peut-être des lépreux populistes. Mais je tire les leçons de ceux qui ouvrent leurs propres ports. Accueillez des milliers de migrants, et ensuite on pourra parler. » Dans les jours à venir, l’ambiance en Europe risque d’être moins bienveillante que celle qu’a connue M. Macron en Bretagne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le président français a dénoncé, jeudi, la « lèpre qui monte » en Europe. « Accueillez des milliers de migrants et, ensuite, on pourra parler », lui a répondu le ministre de l’intérieur italien.
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Macron et Salvini poursuivent leur affrontement verbal à propos des migrants

Le président français a dénoncé, jeudi, la « lèpre qui monte » en Europe. « Accueillez des milliers de migrants et, ensuite, on pourra parler », lui a répondu le ministre de l’intérieur italien.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 10h43
   





                        


Les tensions persistent entre Paris et Rome. Et les échanges entre les dirigeants des deux pays sont tout sauf amènes. Dans un discours enflammé à Quimper (Finistère) jeudi 21 juin, à quelques jours d’un sommet européen restreint crucial sur la gestion des migrants, Emmanuel Macron a dénoncé la « lèpre qui monte » en Europe, « le nationalisme qui renaît, la frontière fermée que certains proposent ». Le chef de l’Etat s’est aussi emporté contre « les donneurs de leçons » qui « m’expliquent qu’il faut accueillir tout le monde » sans voir « les fractures de la société française ».
Si M. Macron n’a cité aucun nom, ses propos visaient, entre autres, les nouveaux « hommes forts » au pouvoir en Italie, à commencer par le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini. Celui-ci n’a d’ailleurs pas tardé à réagir. Lors d’une visite à Terni, jeudi, le leader de la Ligue (extrême droite), interrogé sur les tensions avec Paris, a répliqué : « si Macron cessait d’insulter et pratiquait concrètement la générosité qui emplit sa bouche, en accueillant les milliers d’immigrants que l’Italie a accueillis ces dernières années, ce serait mieux pour tout le monde », a-t-il déclaré, selon l’agence de presse italienne AGI.
« Nous sommes peut-être des lépreux populistes, a-t-il ajouté, mais je tire les leçons de ceux qui ouvrent leurs propres ports. Accueillez des milliers de migrants et, ensuite, on pourra parler. »
Les « accrochages » entre les deux capitales avaient commencé il y a une dizaine de jours. Après que M. Macron avait dénoncé « la part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien », en raison de son refus d’accueillir l’« Aquarius », le bateau de l’association SOS-Méditerranée qui avait recueilli des migrants, Rome avait exigé des excuses de la France. L’ambassadeur français avait été convoqué et les Italiens avaient menacé d’annuler une rencontre entre les dirigeants français et italien le 15 juin à Paris.
« Ils disent le pire et nous nous y habituons »
Jeudi, M. Macron a défendu en Bretagne sa politique migratoire médiane « dont nous n’avons pas à rougir » (mieux intégrer ceux qui obtiennent l’asile mais expulser systématiquement les autres), « un chemin qui est toujours plus difficultueux, car personne n’est jamais content, mais plus responsable que celui qui joue avec les peurs ». « Je vous demande de ne rien céder, dans ces temps troublés que nous vivons, de votre amour pour l’Europe », a-t-il lancé de ce territoire très attaché à l’Europe, dans une envolée qui sonnait comme une profession de foi à un an des élections européennes de 2019.
« Je vous le dis avec beaucoup de gravité. Beaucoup la détestent, mais ils la détestent depuis longtemps et vous les voyez monter, comme une lèpre, un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c’était impossible de la voir réapparaître. Et des amis voisins, ils disent le pire et nous nous y habituons », s’est-il indigné.

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Au lieu de cela, a-t-il déploré, on accuse les pro-européens « de ne l’être pas assez et on oublie de dénoncer ceux qui ne le sont plus du tout », « on s’habitue à tous les extrêmes dans les pays qui depuis des années sont pourtant pro-européens comme nous ! Et sur ce sujet, nos élites économiques, politiques, journalistiques ont une responsabilité immense ! », s’est-il écrié sous les applaudissements.
« Je le dis à tous les donneurs de leçons. Allez m’expliquer qu’il faut accueillir tout le monde. Mais regardez la société française et ses fractures ! Regardez ce que nous faisons aussi, et nous n’avons pas en rougir. » « Je veux que la France et la cohésion nationale se tiennent, que nos classes moyennes trouvent leur place ! Et en même temps, être à la hauteur de notre tradition d’accueil et en particulier de l’asile, ce qui ne veut pas dire tout et n’importe quoi. »
« J’ai besoin de ces terres qui croient dans l’Europe, des Françaises et Français qui croient dans ce projet parce qu’ils savent le prix du nationalisme, le coût de la bêtise », a-t-il conclu, répétant son credo dans une « Europe qui protège ».

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Comment des parlementaires veulent inscrire la neutralité du Net dans la Constitution

Données personnelles, accès à Internet… députés et sénateurs proposent l’adoption d’une « charte du numérique » lors de la révision constitutionnelle.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h16
    |

            Manon Rescan et 
Martin Untersinger








                        



   


La partie n’est pas encore gagnée, mais si l’initiative aboutit, elle constituerait un symbole fort en matière de libertés numériques. Vendredi 22 juin, Paula Forteza, députée La République en marche (LRM) des Français de l’étranger, a déposé un amendement au projet de loi constitutionnelle, dans lequel elle propose d’adopter une charte du numérique, qui rejoindrait le préambule de la Constitution. Le fruit d’un travail conduit conjointement par 19 députés et sénateurs ces dernières semaines, notamment avec le sénateur Les Républicains Christophe-André Frassa, et l’appui du président de l’Assemblée nationale, François de Rugy.
« Si la démarche aboutit, cela signera la volonté de faire de l’adoption de ces nouvelles règles constitutionnelles un symbole politique fort », observe la constitutionnaliste Marie-Anne Cohendet. Les parlementaires ont, en effet, choisi non pas de compléter un article existant mais bien de proposer un texte ad hoc, comme cela avait été le cas avec l’adoption de la Charte de l’environnement en 2004. « Face aux différents scandales sur les fuites de données et à l’actualité internationale, il est temps d’affirmer de nouveaux droits sur le numérique », insiste Mme Forteza.
Selon leur proposition de texte, que Le Monde s’est procuré, les parlementaires ne créeront pas de nouveaux droits en tant que tels, mais entendent consolider quelques grands principes en les fixant dans le texte suprême. Ces droits et libertés, garantis à divers niveaux, pourront ainsi faire l’objet d’un contrôle de constitutionnalité.
De la neutralité au droit d’accès à Internet
C’est notamment le cas du principe de neutralité du Net, qui garantit un accès égal au réseau quels que soient l’utilisateur et le service auquel il se connecte. Il est actuellement reconnu par le droit européen et français. Mais il reste fragile : l’administration Trump en est revenue, et il est soumis, en Europe, à une pression constante des lobbies de l’industrie des télécoms. « L’idée, c’est de protéger ces droits pour l’avenir pour qu’on ne puisse pas revenir en arrière », explique encore Paula Forteza. Dès ses vœux en janvier, François de Rugy s’était prononcé en faveur d’une avancée en ce sens.
Les parlementaires veulent aussi insérer dans cette charte du numérique la protection des données personnelles. Là encore, les parlementaires ne créent pas ce droit ex nihilo : ce dernier est par exemple présent, explicitement, dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Par ailleurs, dans sa jurisprudence, le Conseil constitutionnel a déjà déduit ce droit de la Déclaration des droits de l’homme (DDHC). Son inscription dans le marbre de la Constitution est une marotte de la CNIL, le gendarme français des données personnelles, qui faisait encore tout récemment circuler une note en ce sens, que Le Monde a pu consulter. Dans cette dernière, l’institution rappelle que treize pays européens ont déjà placé la protection des données à un niveau constitutionnel.
Les parlementaires veulent aussi « un droit d’accès » à Internet. Ce dernier existe déjà à un niveau constitutionnel : les « sages » l’ont reconnu en 2009 comme une condition nécessaire de l’exercice du droit à « la libre communication des pensées et des opinions », protégé par la déclaration des droits de l’homme.

        Lire aussi :
         

                Le président de l’Assemblée veut inscrire la neutralité du Net dans la Constitution



Plus innovant, le projet de charte numérique veut entériner un droit d’accès « aux informations détenues par les autorités publiques ». Cela fait écho au mouvement de l’open data qui veut que les administrations ouvrent leurs données. Là encore, ce principe est présent dans la DDHC, mais le numérique lui a donné une ampleur inédite que les parlementaires espèrent voir consacrée. Enfin, ces derniers souhaitent voir apparaître dans la charte un « droit à l’éducation et à la formation au numérique ».
Si des députés et des sénateurs sont déjà d’accord sur le principe, ils devront encore convaincre une majorité de leurs collègues de les suivre. A l’Assemblée, la majorité guette, elle, la réaction de l’exécutif à ces propositions, ce qui pourrait donner le ton. Enfin, le sort de cette charte demeurera intimement lié à celui de la révision constitutionnelle dans son ensemble. Son adoption requiert un accord de la majorité des sénateurs puis des trois cinquièmes des parlementaires. Or, le texte, dont l’examen commence mardi 26 juin, contient bien d’autres sujets loin d’être consensuels.




                            


                        

                        


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<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     


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Nucléaire : pourquoi Nicolas Hulot met la pression sur EDF

« La filière nucléaire nous emmène dans une dérive », a tancé jeudi le ministre de la transition écologique, encourageant également l’électricien à investir davantage dans les énergies renouvelables



Le Monde
 |    22.06.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h21
    |

            Rémi Barroux et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            
« Une des raisons pour lesquelles EDF se retrouve en difficulté, c’est que, notamment, la filière nucléaire, pardon de le dire, nous emmène dans une dérive. » En quelques minutes, jeudi 21 juin au matin sur Franceinfo, Nicolas Hulot s’est livré à un réquisitoire sévère en règle contre le nucléaire… et contre la stratégie d’EDF, entreprise largement publique, dont il est le ministre de tutelle.
« Il faut que personne ne s’entête. Il n’y a pas de honte à réviser un avis quand les paramètres démontrent que parfois ce que l’on a dit ne s’est pas réalisé. On voit bien qu’économiquement il y a une espèce de règle d’or qui est en train de s’imposer dans cette filière, c’est qu’en réalité on ne tient jamais nos promesses », a-t-il lancé dans une allusion transparente à l’interminable chantier de Flamanville, en Normandie.
Le ministre de la transition écologique et solidaire a également encouragé l’électricien public à investir plus largement dans les énergies renouvelables, particulièrement le solaire et l’éolien, dont les coûts ont très fortement baissé ces dernières années. « On voit bien que le coût de l’énergie fabriquée avec du nucléaire ne cesse de monter (…), en même temps que le coût des énergies renouvelables est en train de dégringoler », a-t-il souligné.
Ces critiques n’ont rien d’anodin : Nicolas Hulot a défendu publiquement, en novembre 2017, le recul du gouvernement sur la loi de transition énergétique. L’objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % de la production électrique en 2025 a été repoussé à une date ultérieure, autour de 2030 ou 2035.
Plusieurs dirigeants de la filière nucléaire française ont alors fait part de leur soulagement. La priorité donnée par Emmanuel Macron à la lutte contre le changement climatique avait achevé de les convaincre que le positionnement antinucléaire de Nicolas Hulot n’aurait pas d’impact immédiat sur la filière.
Or ces nouvelles déclarations interviennent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ La date limite de dépôt des déclarations étant dépassée, les contribuables ayant déclaré leur IFI en ligne peuvent corriger leur déclaration à partir du 31 juillet.
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Impôt sur la fortune immobilière : l’emprunt pour acheter la résidence principale est déductible en totalité

La date limite de dépôt des déclarations étant dépassée, les contribuables ayant déclaré leur IFI en ligne peuvent corriger leur déclaration à partir du 31 juillet.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h56
    |

                            Nathalie Cheysson-Kaplan








                        



   


Comme prévu, l’administration fiscale a publié ses commentaires sur le nouvel impôt sur la fortune immobilière (IFI) le 8 juin. Ils apportent des précisions utiles concernant la déduction de l’emprunt relatif à la résidence principale.
La notice qui avait été mise en ligne sur le site de l’administration fiscale lors du lancement de la campagne déclarative précisait que, compte tenu de l’abattement de 30 % applicable sur la valeur vénale de la résidence principale, le crédit contracté pour l’achat de la résidence principale ne devait être retenu qu’à hauteur de 70 % de sa valeur.

        Lire aussi :
         

                L’IFI mode d’emploi



Bonne nouvelle pour les contribuables ! Les commentaires publiés au Bulletin officiel des impôts (Bofip) retiennent une solution plus favorable aux contribuables.
Il précise que les dettes relatives à la résidence principale sont déductibles à concurrence de leur montant total sans pouvoir excéder la valeur imposable de la résidence principale (soit 70 % de sa valeur vénale réelle).
Le service de correction en ligne disponible
Pour une résidence principale d’une valeur de 500 000 euros (350 000 euros après l’abattement de 30 %), si vous avez contracté un emprunt dont le capital restant dû au 1er janvier est de 300 000 euros, il est déductible en totalité au lieu de l’être à hauteur de 210 000 euros (70 % de 300 000 euros), comme le laissait initialement croire la notice.
En revanche, si vous avez contracté un emprunt dont le capital restant dû au 1er janvier est de 400 000 euros, vous ne pouvez le déduire qu’à hauteur de 350 000 euros.
Conséquence : la date limite de dépôt des déclarations étant fixée au 15 juin, il est désormais trop tard pour corriger votre déclaration si vous aviez tenu compte de ce qui était indiqué dans la notice.

        Lire aussi :
         

                Immobilier : les mesures du gouvernement devraient avoir peu d’impact



Mais vous pourrez, si vous avez déclaré votre IFI sur Internet, utiliser le service de correction en ligne, disponible à partir du 31 juillet jusqu’au 18 décembre 2018.
Si vous avez utilisé un formulaire papier, vous devez faire une réclamation écrite par courrier ou par e-mail depuis votre espace personnel sur impots.gouv.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Les magistrats soulignent le coût élevé des mesures prises pour récompenser des forces de l’ordre très sollicitées. Le locataire de la place Beauvau conteste ces avertissements.
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La Cour des comptes s’inquiète d’un dérapage des dépenses au ministère de l’intérieur

Les magistrats soulignent le coût élevé des mesures prises pour récompenser des forces de l’ordre très sollicitées. Le locataire de la place Beauvau conteste ces avertissements.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 05h10
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 05h16
   





                        



   


La Cour des comptes appelle le ministère de l’intérieur à une « vigilance renforcée » sur la « maîtrise des dépenses » liées à la masse salariale de la police et de la gendarmerie nationale, mais le gouvernement se veut rassurant.
Alors que la place Beauvau a entamé les discussions avec Bercy dans le cadre du prochain budget, les magistrats de la rue Cambon sous la plume de leur premier président, Didier Migaud, ont publié jeudi 21 juin une note en date du 13 mars.
Ils avertissent le gouvernement sur les conséquences financières des réformes touchant pour l’une, à l’organisation du temps de travail, pour l’autre au « coût prévisionnel élevé » des protocoles signés en avril 2016 par l’ex-ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve avec les représentants des forces de l’ordre.
Sur fond d’intense activité opérationnelle en raison de la menace terroriste, policiers et gendarmes avaient bénéficié d’un train de mesures améliorant le déroulement de leurs carrières et leurs rémunérations.
Les magistrats de la rue Cambon avancent que ces mesures catégorielles, couplées à un plan de revalorisation des carrières des fonctionnaires adopté en 2015, représenteront un coût annuel de 478 millions d’euros par an en 2021.
« Des risques maîtrisés »
Or selon la Cour des comptes, la trajectoire de ces dépenses conjuguée au recrutement des 10 000 policiers et gendarmes prévu d’ici la fin du quinquennat, pourrait contrarier l’objectif de maîtrise des dépenses de l’Etat fixé par le Parlement à chaque ministère : un plafond de 13,66 milliards d’euros de dépenses en 2020 hors pensions pour la mission « sécurité » de la Place Beauvau.
Les besoins en matière d’équipements et de matériels et « l’impact budgétaire éventuel des adaptations apportées à l’organisation du temps de travail au sein des deux forces » devraient encore compliquer l’équation financière, anticipe la Cour des comptes.
Des inquiétudes que le premier ministre, dans sa réponse aux magistrats, balaie d’un revers de la main : « les deux risques mis en évidence par la Cour apparaissent maîtrisés ».
Matignon fait ainsi valoir que « l’évolution prévisible » des dépenses de masse salariale des forces de sécurité intérieure est d’ores et déjà budgétée grâce à un effort financier de l’Etat mais aussi à des « mesures structurelles génératrices d’économies » : diminution des effectifs dans les états-majors, substitution d’agents actifs par des personnels administratifs, techniques et scientifiques.
Quant aux risques budgétaires induits par la mise en conformité de l’organisation du temps de travail avec les normes européennes, Edouard Philippe affiche un optimisme certain alors que le sujet continue de susciter d’âpres débats au sein de la police et de la gendarmerie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ DERRIERE LE CHIFFRE - La révélation d’une commande de vaisselle « à 500 000 euros » a provoqué une controverse, alors que l’Elysée évoque une facture de 50 000 euros.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/06/2018
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50 000 ou 500 000 euros, les raisons du coût controversé de la nouvelle vaisselle de l’Elysée

DERRIERE LE CHIFFRE - La révélation d’une commande de vaisselle « à 500 000 euros » a provoqué une controverse, alors que l’Elysée évoque une facture de 50 000 euros.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 19h14
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 09h38
    |

            Anne-Aël Durand








                        



   


« Peu importe le prix pourvu que nos majestés de l’Elysée se restaurent en toute dignité » : le député de La France insoumise François Ruffin a ironisé, mardi 19 juin, lors des questions au gouvernement, sur un service de vaisselle de 1 200 pièces, commandé par l’Elysée, dont le coût a été estimé par Le Canard enchaîné à 500 000 euros. Le montant de cette facture a été contesté par l’exécutif, qui évoque une enveloppe de 50 000 euros.
Combien coûte ce service d’assiettes ?
Le Canard enchaîné a estimé la facture totale à 500 000 euros : le calcul a été réalisé en multipliant le coût de revient des pièces réalisées à Sèvres (408 euros en moyenne, selon le rapport d’activité 2016 de l’institution) par le nombre d’assiettes commandées. Il s’agit d’un service de prestige, baptisé Bleu Elysée, composé de 900 assiettes de présentation et 300 assiettes à pain, réalisé par la manufacture nationale de Sèvres. Destiné aux dîners d’Etat, il remplacera les assiettes commandées par les présidents René Coty et Jacques Chirac (que l’on peut voir ici).
Chaque assiette aura un motif unique, inspiré d’un détail du plan du palais présidentiel et imaginé par l’artiste Evariste Richier, a expliqué Romane Sarfati, directrice générale de la Cité de la céramique Sèvres et Limoges (qui comprend la manufacture de Sèvres) dans Le Figaro, en précisant qu’il est trop tôt pour en connaître le prix : « Nous sommes au tout début du projet et nous n’avons pas encore calculé de prix de revient. Il dépendra notamment du temps passé à sa réalisation. »
Qui va payer pour cette vaisselle ?
Depuis sa création en 1740, la Manufacture de Sèvres est un établissement lié au pouvoir politique. Qualifiée de royale, impériale, puis nationale au fil des régimes, c’est aujourd’hui un service à compétence nationale, comme la Manufacture des Gobelins ou les Archives nationales. Elle est rattachée au ministère de la culture, qui verse à la Cité de la céramique une subvention de 4 millions d’euros (sur 7 millions de budget total, dont 1,7 million d’euros de vente de produits). Le coût de ce service d’assiettes sera bien à la charge du contribuable mais ne figurera à aucun moment dans le budget du palais présidentiel, car l’ensemble est pris en charge par le ministère de la culture.
Créer des pièces pour la table de l’Elysée fait partie de ses missions, donc la fabrication de ce service n’engendrera pas de coût supplémentaire pour l’Etat. « Commander un tel service, c’est assurer des commandes pendant des mois et des mois à la Manufacture de Sèvres », a ainsi justifié le secrétaire d’Etat à l’action et aux comptes publics, Olivier Dussopt, sur LCI.
En revanche, une enveloppe de 50 000 euros a été attribuée aux deux artistes finalistes qui ont réalisé des esquisses et au lauréat qui a conçu le projet. Cette somme, versée par le ministère de la culture, est celle sur laquelle l’Elysée a communiqué.
Ce découpage budgétaire est critiqué par la Cour des comptes, qui avait recommandé dans un rapport que les objets et meubles mis à disposition de l’Elysée soient intégrés au budget de la présidence et non de la culture.
Le budget de l’Elysée a-t-il augmenté sous la présidence Macron ?
Le secrétaire d’Etat a ensuite précisé que « le président a diminué le budget de l’Elysée et de la présidence de la République, donc pas de faux procès ». Si le budget de Brégançon a effectivement baissé (150 000 euros, contre 200 000 euros les années précédentes), celui de la présidence de la République a augmenté de 3 % en 2018 et s’établit à 104 millions d’euros, dont les deux tiers pour la rémunération du personnel. Cette hausse a été votée par les députés après quatre ans de gel de crédits, non pas pour financer de la vaisselle ou une piscine mais pour des dépenses de sécurité.
La polémique sur le coût élevé des assiettes élyséennes s’est doublée d’une autre controverse, car Emmanuel Macron a demandé l’installation d’une piscine au fort de Brégançon, résidence d’été des présidents de la République depuis 1968. Olivier Dussopt a assuré que cette dépense « anecdotique » n’augmenterait pas la somme allouée pour l’entretien annuel du bâtiment.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole a approuvé la résiliation du contrat de délégation avec Bolloré.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     
                                                

3 952 véhicules, 154 000 abonnés, 5,7 millions de trajets… Autolib’ en chiffres

Le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole a approuvé la résiliation du contrat de délégation avec Bolloré.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 19h05
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 19h19
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Bientôt la fin d’Autolib’ ? Jeudi 21 juin, le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM) a voté la résiliation du contrat avec Bolloré, une décision qui devrait entraîner la fin de ce service de libre partage, lancé en fanfare en 2011 sous Bertrand Delanoë et qui devait courir jusqu’en 2023.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Déficit d’Autolib’ : les « prévisions trop optimistes » du groupe Bolloré



Pourtant, sur le papier, Autolib’ a tout pour séduire : Nicolas Hulot, le ministre de l’environnement, estimait, jeudi matin sur Franceinfo, que la fin de ce service était « dommage parce que ça ne va pas dans le sens de l’histoire », qui est de « mettre des véhicules à disposition pour tout le monde ». Il y a quatre jours, une pétition a été lancée sur Change.org pour demander le « maintien du service public Autolib’ », signée par plus de 21 000 personnes jeudi soir.
154 000 abonnés et 5,76 millions de trajets
En 2016, avec 5,76 millions de trajets effectués selon le bilan annuel 2016 d’Autolib’ Métropole (le plus récent disponible), le service s’est développé essentiellement en banlieue : cette année-là, sur les 52 stations créées, 40 l’ont été en proche couronne. Le département des Hauts-de-Seine est celui qui compte le plus de communes adhérentes (36) devant la Seine-Saint-Denis (22), le Val-de-Marne (20), les Yvelines (11), l’Essonne (4), le Val-d’Oise (4) et Paris (1).
Le périmètre d’Autolib’ couvre ainsi 665 km² (soit l’équivalent de la surface de Paris et de ses départements limitrophes) ce qui représente un bassin de 3,7 millions d’emplois. En 2016, près de 5 % des Parisiens en âge de conduire étaient abonnés à Autolib’, mais c’est dans les Yvelines que le nombre d’utilisateurs a le plus augmenté (+ 115 %), suivi du Val-d’Oise (+ 74 %).
Fin mai 2018, le service compte 154 819 abonnés, dont 101 708 abonnés « longue durée » (avec un abonnement payant, mais une utilisation à la minute moins onéreuse) et 53 111 abonnés « prêts à rouler » (abonnement gratuit mais location à la minute plus élevée).
Le service séduit principalement des utilisateurs jeunes, l’âge moyen des abonnés étant de 38 ans et concernant de plus en plus de femmes ; elles sont passées de 36 % des utilisateurs en 2014 à 37 % en 2015 puis 38 % en 2016.
Quatre pics d’utilisation dans la journée
Le service connaît quatre pics d’utilisation par jour. Le premier, entre 7 et 10 heures, s’observe principalement en semaine pour des trajets vers la proche couronne (et dans l’autre sens le samedi). Le second, entre midi et 13 heures, est accentué durant le week-end, et tout particulièrement le dimanche.
Le pic le plus important se situe entre 17 heures et 20 heures avant un regain d’activité aux alentours de minuit. Cela est d’autant plus vrai les vendredis et samedis soir, en particulier pour les trajets de Paris vers la proche couronne.
Le service cesse graduellement d’être « parisien » : les trajets Paris-Paris ne représentaient plus que 49,3 % du total, les trajets Paris-banlieue et banlieue-Paris représentaient 36,2 % et les trajets de banlieue à banlieue 14,4 %.
2 h 43 min de location par jour par véhicule
Dans son rapport d’activité consacré à l’année 2016, Autolib’ Métropole expliquait que 3 952 Autolib’ étaient en service (+ 254 unités). Chaque Autolib’ totalise en moyenne 37 abonnés, 4,5 locations par jour pour une durée totale de 2 h 43 min, et passe quarante et un jours de l’année en maintenance. La flotte de véhicules s’est accrue de 254 unités en 2016 contre 853 unités en 2015.
Le taux d’indisponibilité des véhicules, supérieur à 10 % dans la première moitié de l’année 2016, s’est réduit pour atteindre 8,7 % en décembre 2016.
Une station Autolib’ : 350 jours de service par an
En 2016, il y avait au total 1 086 stations d’Autolib’, espacées en moyenne de 371 mètres ; chacune contient de 4 à 7 places et voit 14 voitures partir en location chaque semaine, contre 17 le week-end. Si le nombre de places par véhicule a baissé au fil de l’année 2016 (passant de de 1,78 en janvier à 1,69 en décembre), le nombre de véhicules par station a lui logiquement augmenté, et est passé de 3,15 en janvier à 3,32 en décembre 2016.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, dont le financement n’est pas assuré, suffira-t-il à doper la machine économique tricolore, alors que le ciel semble s’assombrir pour 2018, s’interroge dans sa chronique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier.
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Un « Pacte » pour la croissance ?

Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, dont le financement n’est pas assuré, suffira-t-il à doper la machine économique tricolore, alors que le ciel semble s’assombrir pour 2018, s’interroge dans sa chronique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 15h32
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

Tendances France. On lui a reproché ses multiples reports, son côté fourre-tout, peu lisible. Alors, pour présenter son projet de loi « relatif à la croissance et la transformation des entreprises » (dit « Pacte »), dévoilé lundi 18 juin en conseil des ministres, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, n’a pas lésiné sur les moyens. Discours-fleuve, présence de députés LRM – Stanislas Guerini, qui fut à la manœuvre dans la première partie de l’élaboration du texte, lors de la consultation de chefs d’entreprise à l’automne 2017, et Olivia Grégoire, qui devrait présider la commission spéciale chargée de l’examiner en septembre.
Et surtout, une flopée de chiffres. Sur les emplois générés par les PME-ETI (entreprises de taille intermédiaire), première cible du projet de loi (près de 400 000 postes entre 2009 et 2015), sur les difficultés de croissance des Petit Poucet de l’économie tricolore (ils ne sont que 5 800 en France, contre 12 500 en Allemagne), sur leurs faibles performances à l’export, sur le peu d’épargne des Français allouée à leur financement, etc.

Une litanie en forme de plaidoyer pour un texte qui doit « lever les verrous et activer les leviers de la croissance », a vanté le locataire de Bercy. A l’appui de ses propos, il a cité une étude du Trésor. Selon cette dernière, la loi « Pacte peut représenter 1 point de produit intérieur brut [PIB] supplémentaire à long terme », dont 0,3 point en 2025. Soit quelque 22 milliards d’euros de richesse potentielle supplémentaire pour le pays. Sans qu’il soit pour l’heure possible de déterminer précisément sur quels critères s’appuie cette estimation, ni quel est son degré de fiabilité à cet horizon éloigné, l’étude n’ayant pas encore été rendue publique.
A en croire Bercy, la suppression du forfait social sur les accords d’intéressement dans les entreprises de moins de 250 salariés, et sur la participation pour celles de moins de 50 salariés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Le président français a évoqué lors de son discours les annonces de la Commission européenne, considérant que « ce ne sera pas accepté ».
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Pour Emmanuel Macron, la réduction du budget de la PAC est « inacceptable »

Le président français a évoqué lors de son discours les annonces de la Commission européenne, considérant que « ce ne sera pas accepté ».



Le Monde
 |    21.06.2018 à 13h55
   





                        



   


« Inacceptables ». Emmanuel Macron a martelé, jeudi 21 juin, l’adjectif utilisé par son ministre de l’agriculture au sujet de la réduction annoncée du budget de la Politique agricole commune (PAC). Depuis Quimper (Finistère), où il s’est rendu pour détailler son « pacte girondin », le président français est revenu sur les annonces de la Commission européenne, qui aboutiraient, selon lui, à faire payer le coût du Brexit uniquement par les agriculteurs.
« Ce qui a été proposé par la Commission européenne aujourd’hui est inacceptable et ne sera pas accepté. C’est inacceptable parce que c’est, en quelque sorte, vouloir dire à tous les paysans d’Europe, le coût du Brexit sera payé uniquement par vous. »
« Qu’on diminue à due proportion de la part de nos amis britanniques la part des engagements budgétaires pour les différentes politiques existantes, c’est tout à fait normal. Qu’on les diminue beaucoup plus sans aucune raison c’est inacceptable », a-t-il répété.
« Instrument de transition »
Il s’est dit favorable à une politique agricole commune conçue comme « un instrument de la transition », se disant « prêt à ce que le gouvernement confie aux régions les aides aux investissements pour la prochaine PAC. Ce sera plus clair et plus efficace ».
La Commission a proposé au début de mai une baisse de 5 % du budget dédié à la PAC pour la période 2021-2027, avec une enveloppe totale de 365 milliards d’euros, mais certains craignent déjà des coupes encore plus sévères en termes réels. Juste après l’annonce le 2 mai, le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, avait estimé qu’il s’agissait de « propositions inacceptables ». « Une telle baisse, drastique, massive et aveugle est simplement inenvisageable », avait-il dit.

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                La France agricole s’insurge contre les coupes dans le budget de la PAC






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Dans un entretien sur Franceinfo, le ministre de la transition écologique et solidaire a estimé que le groupe français était dans « une dérive » à cause de son trop grand attachement au nucléaire.
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Nucléaire : Hulot met la pression sur EDF

Dans un entretien sur Franceinfo, le ministre de la transition écologique et solidaire a estimé que le groupe français était dans « une dérive » à cause de son trop grand attachement au nucléaire.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 12h19
    |

                            Nabil Wakim








                        


Alors que la France est en pleine discussion sur sa feuille de route énergétique, Nicolas Hulot n’a pas mâché ses mots, jeudi sur Franceinfo. « Une des raisons pour laquelle EDF se retrouve en difficulté, c’est que, notamment, la filière nucléaire, pardon de le dire, nous emmène dans une dérive », a déclaré le ministre de la transition écologique et solidaire.

M. Hulot s’est livré à une critique en règle du nucléaire. « On voit bien que le coût de l’énergie fabriquée avec du nucléaire ne cesse de monter parce que nous n’avons pas nécessairement provisionné un certain nombre de choses, en même temps que le coût des énergies renouvelables est en train de dégringoler », a souligné le ministre.
« On voit bien qu’économiquement, il y a une espèce de règle d’or qui est en train de s’imposer dans cette filière, c’est qu’en réalité, on ne tient jamais nos promesses », a-t-il encore estimé.
« Il faut sortir des dogmatismes (…). Je pense que l’avenir d’EDF, et l’avenir notamment économique, il est d’abord et principalement dans l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables », a ajouté le ministre. « Qu’EDF – et je pense que maintenant c’est son souhait – ne manque pas l’opportunité de la transition énergétique », a-t-il encore appelé.
Ces critiques n’ont rien d’anodin : d’abord, Nicolas Hulot est le ministre de tutelle d’EDF, entreprise très majoritairement publique. Surtout, M. Hulot a défendu publiquement, en novembre 2017, le recul du gouvernement sur la loi de transition énergétique : l’objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % de la production électrique en 2025 a été repoussé à une date ultérieure, autour de 2030 ou 2035.
Les objectifs pour les cinq prochaines années
Cette sortie de M. Hulot intervient alors que la France débat en ce moment de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), sa feuille de route énergétique, qui doit fixer des objectifs pour les cinq prochaines années. Parmi les sujets clé, figure la trajectoire de réduction du parc nucléaire.
EDF souhaiterait ne fermer aucune centrale avant 2029, et a récemment demandé, dans le cadre de la PPE, que l’Etat s’engage sur la construction d’un deuxième EPR, en plus de celui de Flamanville. Or l’EPR de Flamanville, déjà plombé par des années de retard et un budget qui est passé de 3 à 10,5 milliards d’euros, va certainement connaître de nouveaux délais et ne pourra pas démarrer en janvier 2019, comme l’espérait EDF.

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Ce n’est pas la première fois que le ministre tance l’électricien. En novembre, dans un entretien au Financial Times, il avait demandé à EDF de prendre ses responsabilités dans la transition énergétique. Depuis, le groupe a annoncé deux plans, l’un pour développer le solaire, l’autre le stockage de l’électricité.

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La situation d’EDF reste difficile sur le plan financier : le groupe souffre de la faiblesse des prix de l’électricité sur le marché, perd plusieurs dizaines de milliers de clients par mois et a souffert des arrêts de nombreuses tranches nucléaires ces dernières années. Contacté, le groupe EDF n’a pas souhaité réagir aux déclarations du ministre.



                            


                        

                        

