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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Le compositeur de la bande originale du film « 120 battements par minute » se produit samedi au festival parisien organisé par Solidarité sida.
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Solidays : Arnaud Rebotini, l’électron libre

Le compositeur de la bande originale du film « 120 battements par minute » se produit samedi au festival parisien organisé par Solidarité sida.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h48
    |

            Bruno Lesprit








                        



                                


                            

Les téléspectateurs ont découvert Arnaud Rebotini le 2 mars, lors de la 43e cérémonie des ­ Césars, quand il a reçu la ­compression dorée récompensant la meilleure musique de film pour 120 battements par ­minute. Une première pour un compositeur issu de l’électronique. Sur l’écran est ­apparu un ­colosse de près de 2 mètres à face de boxeur, portant banane et moustache. Un physique de ­videur plutôt que d’as des platines.
Le géant n’a pu retenir ses larmes en remerciant son épouse, avant d’évoquer « la voix de ceux qui sont morts, de ceux qui ont perdu des proches, qui se sont battus, qu’on n’a pas voulu entendre », et de ­dédier « ce prix à ces héros oubliés d’hier et d’aujourd’hui : Act Up existe toujours et le sida n’est pas qu’un film ». Un message conforme à celui du festival Solidays, organisé par Solidarité sida, qui ­célèbre ses 20 ans du 22 au 24 juin à l’hippodrome de Paris-Longchamp. Rebotini y est ­attendu avec ses claviers et ses ­machines le samedi, jour d’une « cérémonie contre l’oubli » des victimes d’une pandémie qui a fait 35 millions de morts, selon les ­estimations d’Onusida.

Pour Act Up, le succès (plus de 600 000 entrées en France) du film de Robin Campillo s’est traduit par un afflux de nouveaux militants, qui a provoqué une crise de gouvernance. A Rebotini, il a apporté « de la notoriété et de l’intérêt pour [s] a musique ». Du prestige aussi, puisque la Philharmonie de Paris l’a convié à jouer la bande originale, en avril 2019, avec une formation acoustique. De la house dans la salle Pierre-Boulez ? « Il aurait détesté, j’en suis sûr », glisse en souriant le laborantin, qui reçoit sur son lieu de labeur, où il s’astreint à des horaires réguliers.
Solide culture musicale
Niché dans un immeuble de Montmartre, l’appartement, aux murs couverts de vinyles, comporte une cave transformée en studio, encombré d’instruments analogiques et de séquenceurs....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Philippe Mechelen et Julien Hervé, scénaristes des « Tuche », signent un premier film inégal.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/06/2018
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« Le Doudou » : un tandem comique sur la piste d’un ourson

Philippe Mechelen et Julien Hervé, scénaristes des « Tuche », signent un premier film inégal.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 07h50
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Intouchables (Eric Tolédano, Olivier Nakache, 2011) et ses dix neuf millions de spectateurs a façonné l’archétype cinématographique d’une cohabitation harmonieuse entre Français de plus ou moins longue extraction, riches et pauvres, gens des villes et gens des cités. Le cinéma étant par ailleurs une industrie, il était fatal qu’une litanie de films, eu égard à un succès aussi considérable, se mettent au diapason. Philippe Mechelen et Julien Hervé – qui ne sont pas des bleus en matière de succès puisqu’ils sont les scénaristes des Tuche – se sont donc mis sur les rangs pour leur baptême de réalisation.
La séquence d’ouverture invite ainsi à une petite sémiologie accessible à tous. Plaque de scooter 93 en gros plan, musique funky sur l’engin qui se faufile dans la circulation, Malik Bentalha dessus en Gavroche issu de l’immigration et responsable des chariots à Roissy 3, drague malicieuse de deux hôtesses, fine fleur du charme français, qui débarquent d’un aérogare voisin. Tout est dit. L’enfant de l’immigration qui rame avec une tchatche sans pareille, l’aspiration à séduire les beautés du cru, le groove américain pour mettre tout le monde d’accord.
Le principe du « marabout de ficelle »
L’action va toutefois se nouer autour d’un autre couple. Michel (Kad Merad), responsable de la voirie à Poissy, passe une annonce pour retrouver, contre récompense, le doudou de sa fille perdu à Roissy. Sofiane (Malik Bentalha), qui voit une belle occasion de mettre du beurre dans les épinards, l’appelle en prétendant avoir trouvé ce qui n’est qu’un ourson neuf grossièrement maquillé. Le coup ne marche pas mais constitue la pierre de touche d’un récit qui va mener les deux hommes, partant d’une vidéo qui montre l’objet embarqué par une grand-mère, sur la piste du doudou selon le principe du « marabout de ficelle ».
Un film inégal, bridé, entre la tentation de la folie et la peur de lui laisser le champ libre
Argument délibérément ténu et principe d’écriture réglé sur une volonté de fantaisie donnent ici un film inégal, bridé, comme souvent dans la comédie française, entre la tentation de la folie et la peur de lui laisser le champ libre. Ce film de tandem, formule comique éprouvée, est surtout l’occasion de confronter à travers ce couple de héros positifs deux générations de stand-uppers franco-maghrébins (quand bien même Kad Merad camperait ici un édile provincial) à tout ce que la France compte de forces plus ou moins rassises. Une grand-mère anciennement collabo, un châtelain dégénéré, un vigile sadique, un escroc de l’action caritative, une congrégation de bourgeois catholiques bon teint, on en passe et des meilleures.

        Lire l’entretien avec Kad Merad :
         

          « Aujourd’hui, je sais que je suis capable de jouer n’importe quoi »



Tout cela, on l’aura compris, offre un spectacle plutôt bon enfant et optimiste (voir le happy end), dans un contexte européen de montée des intolérances qui devient quant à lui franchement inquiétant. Le « doudou » n’est ainsi pas seulement le titre du film, il en qualifie la fonction.

Film français de Philippe Mechelen et Julien Hervé. Avec Kad Merad, Malik Bentalha, Guy Marchand (1 h 22). Sur le Web : www.facebook.com/pathefilms et www.pathefilms.com/film/ledoudou



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Avec son deuxième long-métrage, Liu Jian réussit un tableau féroce de son pays et un film de gangsters à la Tarantino.
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« Have a Nice Day » : un polar en ombres de Chine

Avec son deuxième long-métrage, Liu Jian réussit un tableau féroce de son pays et un film de gangsters à la Tarantino.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 07h17
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 07h28
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
L’expression « Have a nice day » (et sa traduction française, « bonne journée »), sorte de service minimum de la relation humaine, n’est plus qu’une formule automatique dans le va-et-vient des échanges quotidiens. Personne n’est dupe mais ça aide à tenir – et à vendre. Que le cinéaste chinois et artisan de l’animation, Liu Jian, 49 ans, ait choisi ce titre pour nous donner des nouvelles de son pays est sans doute un signe avancé de mélancolie : la Chine est un prince marchand, pas vraiment charmant.

        Lire l’entretien avec le réalisateur Denis Walgenwitz :
         

          « Liu Jian dépeint le réel sur le mode de l’enluminure »



Ce film d’animation démarre lentement, comme la boule de flipper qui remonte le corridor avant d’être secouée dans tous les sens (pour finir dans un trou noir). Have a Nice Day, ou son acronyme HAND, a le ton désinvolte et délirant d’un film de gangsters revisité par Quentin Tarantino, façon Pulp Fiction. Après le réaliste ­Piercing 1 (2010), ancré dans la crise de 2008, Liu Jian signe un deuxième long-métrage plus proche du rêve et de l’absurde. Tous les coups sont permis dans ces faubourgs du sud de la Chine, du moment que les protagonistes peuvent sortir de leur misère ou préserver leurs gains acquis de haute lutte mafieuse. Le jeune Xiao Zhang, chauffeur d’un truand local, décide un soir de voler son patron. Il part avec un sac rempli de billets. L’argent doit lui servir à payer une nouvelle chirurgie esthétique à sa fiancée, sa première opération du visage ayant raté.
La trame sociale du film est entrelardée de bagarres au fil d’un scénario ordonné en quatre parties
La trame sociale du film est entrelardée de bagarres au fil d’un scénario ordonné en quatre parties et traversé de subites accélérations. Beaucoup de rebondissements dans la machine… Des personnages douteux surgissent de l’ombre pour tenter de récupérer le magot, tels des chats de gouttière se disputant la poubelle du restaurant chic. Il faut retrouver l’argent avant l’aube.
Le petit peuple fantasmé de la Chine contemporaine défile sous le crayon du réalisateur, le temps d’une nuit bleu pétrole : le patron d’une cantine aux gadgets diaboliques se rêve en inventeur ; le responsable d’un billard et sa copine voudraient bien filer à Shanghaï ; la réceptionniste d’un morne hôtel attend que chaque nuit passe… Quant à Skinny, découpeur de viande et homme de main du bandit floué, il ne va pas lâcher l’affaire. Have a Nice Day est saignant et « à poings ».
Déprogrammé à Annecy
Evidemment, le message n’est pas des plus touristiques. Sélectionné au Festival international du film d’animation d’Annecy, en 2017, HAND avait finalement été déprogrammé à la suite de pressions des autorités chinoises. Cette année-là, la Chine était justement invitée à Annecy pour présenter un panorama du film d’animation et le polar de Liu Jian faisait tâche. Have a Nice Day a pu en revanche figurer en compétition officielle à la Berlinale 2017.

        Lire le reportage :
         

          La peinture shanshui s’anime au Festival d’Annecy



On sait peu de chose de Liu Jian. Diplômé en peinture chinoise de l’Institut d’art de Nankin, il évolue aussi bien dans le milieu de l’art contemporain que dans le cinéma. Il fabrique ses films au sein d’une toute petite équipe – entre autres sa compagne, la peintre Lynne Wang, qui est aussi la productrice du film. Il enseigne l’animation à l’Académie des arts de Chine et ses contraintes professionnelles l’empêchent d’assurer la promotion de Have a Nice Day à l’occasion de sa sortie en France, mercredi 20 juin.
Il y aurait pourtant beaucoup à dire, sur son style d’animation ou sa philosophie du pas de côté. Pour développer ses scénarios, Liu Jian accumule des photos de paysages urbains, de campagnes ou d’intérieurs d’appartements. Ce fonds documentaire lui sert à fabriquer ses décors. Est-ce un tel travail, quasi artisanal et solitaire, qui a fini par imposer cette esthétique minimaliste ? La virtuosité de l’animation n’est pas la priorité de l’auteur. Du moins pas celle que l’on entend au sens technique du mot. Parfois le réalisateur a recours au dessin « pur », presque sans mouvement, pour installer le spectateur dans la ville, toujours à une certaine distance : une ruelle mal éclairée la nuit, deux hommes autour d’une mobylette, un homme endormi sur un banc…
Comme sur une grande tapisserie
Le réalisateur nous livre quelques clés dans le dossier de presse du film. « Have a Nice Day est à envisager dans son entièreté et aucun des personnages ne peut être décrit comme le personnage principal, même si le sac rempli d’argent est souvent vu comme tel », explique-t-il. Il s’intéresse, dit-il, aux humains qui vivent dans ces villages des faubourgs du sud de la Chine, transformés par des vagues d’urbanisation et d’industrialisation. « Mon principal objectif est de rester proche de ces gens, d’observer les vies de ces différents groupes, d’écouter leurs voix et d’être capable de partager leurs histoires. »
Liu Jian part du réel et brode. Comme sur une grande tapisserie, il isole un détail, un arrière-plan au sens parfois caché – une métaphore pour échapper à la censure ? Un crocodile s’avance sur la ligne de chemin de fer, à l’approche du train. Ou bien est-ce un homme métamorphosé en animal, qui attend son heure ? Il y a aussi ces personnages secondaires, tapis dans un coin, déconnectés de l’intrigue principale, qui deviennent des conteurs de la Chine contemporaine. A l’heure de la pause, un gardien de sécurité d’un chantier se plaint d’être un peu moins libre que lorsqu’il était chauffeur. Son collègue le « rassure » et lui fait un topo sur la liberté : est libre celui ou celle qui peut acheter sans se soucier du prix, que ce soit dans le marché du village, à l’hyper­marché ou en ligne…
Le vague à l’âme peut se diluer dans les flots d’une mer sombre. Ou s’exprimer dans quelques secondes d’écran vide de toute image, lesquelles paraissent une éternité. Chez Liu Jian, le polar reste un film noir.



Film d’animation chinois de Liu Jian (1 h 17). Sur le Web : www.rouge-distribution.com/2018/03/03/have-a-nice-day.html

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 20 juin)
Have a Nice Day, film d’animation chinois de Liu Jian (à ne pas manquer)Sans un bruit, film américain de John Krasinski (à voir)Une prière avant l’aube, film britannique, cambodgien et français de Jean-Stéphane Sauvaire (à voir)Bécassine !, film français de Bruno Podalydès (pourquoi pas)How to Talk to Girls at Parties, film américain de John Cameron Mitchell (pourquoi pas)Jerico. L’envol infini des jours, documentaire colombien et français de Catalina Mesa (pourquoi pas)A genoux les gars, film français d’Antoine Desrosières (on peut éviter)
A l’affiche également :
Le Doudou, film français de Philippe Mechelen et Julien HervéKuzola. Le chant des racines, documentaire français d’Hugo BacheletRose piment, film français de Cédric Malzieu





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Collaborateur et ami du cinéaste chinois, dont il est le « passeur » en Occident, le réalisateur décrit son esthétique singulière.
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Denis Walgenwitz : « Liu Jian dépeint le réel sur le mode de l’enluminure »

Collaborateur et ami du cinéaste chinois, dont il est le « passeur » en Occident, le réalisateur décrit son esthétique singulière.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 07h16
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 07h18
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Réalisateur, Denis Walgenwitz a rencontré Liu Jian en 2010, dans le cadre du Festival international du film d’animation d’Annecy, où le premier long-métrage de Liu Jian, Piercing 1, était en compétition. Devenu un peu le « passeur » en Occident du cinéaste chinois, très investi dans son travail d’enseignant en Chine, Walgenwitz a ­présenté Have a Nice Day lors de l’édition 2018 du Festival d’Annecy, quelques jours avant sa sortie en salles. Il travaille à un projet de film sur la mafia chinoise en collaboration avec Liu Jian.

Comment présenteriez-vous le cinéma de Liu Jian ?
J’ai été très impressionné lorsque j’ai découvert son travail en 2010. Dans Piercing 1, un jeune homme se retrouve au chômage : l’usine de chaussures dans laquelle il travaille ferme ses portes. Jusque-là, j’avais cette vision de la Chine qui nous prive de nos emplois en Occident. Et là, je me rendais compte que les Chinois eux-mêmes subissaient une situation comparable. Sans travail, certains n’avaient même plus d’argent pour prendre les transports et rentrer dans leur village. On les voyait comme des adversaires. En fait, ils étaient aussi comme nous. Liu Jian nous rapproche ainsi de la Chine. Son esthétique est minimaliste. Il ne montre pas le mouvement mais l’énergie qu’il insuffle à ses personnages. Il travaille beaucoup ses décors, de même que les paysages dans lesquels évoluent ses protagonistes. Il dépeint le réel sur le mode de l’enluminure.
Comment parvient-il à mener un film d’animation de façon quasi artisanale ?
Liu Jian est hors normes. J’ai collaboré à différents postes sur des films d’animation comme Persépolis (2007), de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi, Le Congrès (2013), d’Ari Folman, ou encore La Tortue rouge (2016), de Michael Dudok de Wit. C’est un vrai combat d’emmener ce type de film vers un public adulte. Je sais la charge que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires de Benjamin Biolay et de Roger Federer, Marc Beaugé scrute celui du comédien qui est à l’affiche de « Bécassine ! », en salle 20 juin. Et il a fière allure.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Coécrit avec ses deux actrices, le film d’Antoine Desrosières dérange plus qu’il n’amuse.
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« A genoux les gars » : sexe, tchatche et désolation

Coécrit avec ses deux actrices, le film d’Antoine Desrosières dérange plus qu’il n’amuse.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 07h51
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
En 2015, avec Haramiste, le réalisateur-scénariste Antoine Desrosières s’était payé le culot d’aller voir ce qui se cachait sous le voile de deux adolescentes, lesquelles bouleversaient les idées reçues par la malice dont elles usaient pour contourner les interdits et satisfaire leurs désirs. Trois ans plus tard, le cinéaste prolonge son exploration avec un long-métrage qui met en scène, dans une cité de banlieue, quatre jeunes gens aux prises avec une sexualité empêchée par les conventions culturelles et religieuses.
Abrupt dans son propos, rustre dans ses dialogues logorrhéiques, économe dans sa forme, le long-métrage,qui a été présenté au Festival de Cannes dans la sélection Un certain regard, met à rude épreuve. Et crée un réel malaise.
Yasmina et Rim sont deux sœurs dont la complicité se mesure aux interminables heures qu’elles passent à discuter autour de rien. Chacune, flanquée d’un petit ami – aussi crétin l’un que l’autre –, va devoir répondre à la demande pressante et obsessionnelle des garçons. A savoir, se plier à la fellation. Cet acte sexuel, moins objet de désir que de revendication et de pouvoir pour les mecs, de soumission ou de refus émancipateur pour les filles, se pose comme sujet central et omnipotent du film. Jusqu’à fournir matière à une intrigue. Après avoir accepté de faire une « gâterie » au petit ami de sa sœur absente, Yasmina va devenir la victime d’un chantage qui va tout bouleverser.
Une grande vacuité
Répété durant quatre mois, coécrit par ses interprètes féminines, Souad Arsane et Inas Chanti, filmé en dix-huit jours, A genoux les gars déroule une tchatche ininterrompue, fruit d’une écriture mêlée d’improvisations dont l’écho ne fait que renvoyer une grande vacuité. Dotés d’un vocabulaire qui ne comprend pas plus d’une quarantaine de mots, les protagonistes – servis par des acteurs dont le jeu flotte parfois autant que leur discours – privent le film du relief auquel on ne cesse d’espérer.
En attente d’un positionnement là où tout est mis au même niveau, d’un comique revendiqué plutôt que soumis à l’indulgence du langage pratiqué, de ruptures qui modulent ce chant monocorde. Amputé de ces qualités, le film installe une gêne qui ne relève pas tant du sujet traité que de la complaisance à laquelle il s’assujettit pour en rendre compte.

Film français d’Antoine Desrosières. Avec Souad Arsane, Inas Chanti, Sidi Mejai, Mehdi Dahmane (1 h 38). Sur le Web : www.rezofilms.com/distribution/a-genoux-les-gars



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Sur le schéma usé de la chute puis de la résurrection, Jean-Stéphane Sauvaire réussit à se distinguer brillamment.
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« Une prière avant l’aube » : le martyre d’un jeune boxeur dans une prison thaïlandaise

Sur le schéma usé de la chute puis de la résurrection, Jean-Stéphane Sauvaire réussit à se distinguer brillamment.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 07h14
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Le récit d’Une prière avant l’aube épouse la structure très éprouvée de la chute et de la renaissance. Tiré d’un ouvrage autobiographique, le film de Jean-Stéphane Sauvaire décrit le martyre d’un jeune boxeur toxicomane britannique jeté dans une prison thaïlandaise et parvenant, en participant aux championnats de boxe thaï de l’établissement, à améliorer son sort.
Caméra à l’épaule
Le cinéaste jette le spectateur dans une plongée immersive, exprimée par les choix d’une mise en scène privilégiant les longs plans caméra à l’épaule, au centre d’un lieu infernal, collant à un personnage soumis à un calvaire absurde et brutal. Le spectacle est âpre, le personnage principal une force brute, incontrôlable et obtuse (la performance de l’acteur principal est remarquable) qui devra parvenir, au terme d’une longue et douloureuse épreuve, à une forme de renaissance.
Sur un schéma très usé, Une prière avant l’aube se distingue brillamment par le refus obstiné de toute sentimentalité et de tout effet emphatique.

Film britannique, cambodgien et français de Jean-Stéphane Sauvaire. Avec Joe Cole, Vitaya Pansringarm, Panya Yimmumphai (2 h 02). Sur le Web : unepriereavantlaube-lefilm.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ La réalisatrice Catalina Mesa est revenue dans le village natal de sa grand-mère pour y filmer huit récits au féminin.
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« Jerico » : portraits de femmes solitaires en Colombie

La réalisatrice Catalina Mesa est revenue dans le village natal de sa grand-mère pour y filmer huit récits au féminin.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 07h13
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Catalina Mesa, qui a fui la violence de son pays natal, pour se former au cinéma aux Etats-Unis et en France, est retournée en Colombie pour y filmer Jerico, le village de sa grand-mère. Elle a choisi un panel de huit femmes de l’ancienne génération pour évoquer tout à la fois des destins individuels marqués par le sceau de la souffrance et du stoïcisme, de la dévotion charnelle sud-américaine, dans un monde où les hommes sont absents, morts ou partis, victimes eux-mêmes d’une violence sociale qui est ainsi suggérée en creux.
Haute solitude
Le film, qui alterne dialogues arrangés et mis en situation entre personnages et moults tunnels musicaux évoquant une atmosphère locale haute en couleurs et signes ostentatoires de la religion, repose pour l’essentiel sur les récits de ces femmes solitaires et dignes. A la fois édifiants et pathétiques, ils retracent des expériences très différentes, souvent dramatiques, dont le point commun serait le niveau de haute solitude qui les conclut.
Le nombre des personnages, le caractère qu’on ressent comme fabriqué de leurs rencontres, l’arbitraire de ce monde féminin soustrait à une réalité plus diverse, le point de vue subjectif qui nous prive de la moindre information d’ordre socio-historique sur la ville, la longueur des passages d’ambiance, tout cela, qui relève d’un choix de mise en scène, ôte toutefois beaucoup à la valeur qu’aurait pu à l’évidence avoir ce film.

Jerico. L’envol infini des jours. Documentaire colombien et français de Catalina Mesa (1 h 17). Sur le Web : www.arizonafilms.fr/jr_bio.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ John Krasinski met en scène une famille américaine confrontée à des créatures anthropophages.
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« Sans un bruit » : terreur à la ferme cernée par des crustacés géants

John Krasinski met en scène une famille américaine confrontée à des créatures anthropophages.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 15h11
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Quelques mois avant le début de l’histoire que conte Sans un bruit, les Abbott, papa Lee (John Krasinski), ­maman Evelyn (Emily Blunt) et leurs trois enfants, étaient en tête de toutes les listes alphabétiques. Depuis que la terre a été envahie par des créatures anthropophages, indestructibles, hypersensibles au bruit, les Abbott sont l’alpha et l’oméga de l’espèce humaine. Ils ne sont pas sûrs que d’autres qu’eux ont survécu, et si eux y sont arrivés c’est que Regan (Millicent Simmonds, que l’on avait découverte dans Le Musée des merveilles, de Todd Haynes), leur aînée, est malentendante. Toute la famille communique en langue des signes, ce qui leur donne un avantage certain sur leurs concitoyens plus bruyants.

        Lire l’analyse sur le cinéma d’horreur :
         

          « La terreur se partage en famille, sur l’écran et dans la salle »



De ce postulat, développé par deux scénaristes débutants, Scott Beck et Bryan Woods, John Krasinski, réalisateur et interprète, a tiré un film si américain qu’il fédère, sous la bannière du film d’horreur, le thriller, la chronique familiale et le western. Il le fait avec une remarquable économie de moyens, pour le meilleur (un rythme dramatique serré, dont témoigne la durée du film) et pour le moins bon : alors que les personnages enfantins s’épanouissent en personnalités complexes, les parents restent des silhouettes qui synthétisent des générations de fermiers américains, de la conquête de l’Ouest à la débâcle agricole des années 1980 – un homme énergique et bienveillant, une mère nourricière qui sait aussi se servir d’un fusil à pompe.
Efficace et concis, « Sans un bruit » est un nouvel exemple de ­l’épanouissement d’une nouvelle génération de longs-métrages horrifiques américains
Efficace et concis, Sans un bruit est un nouvel exemple de l’épanouissement d’une nouvelle génération de longs-métrages horrifiques américains. Mais le film de Krasinski, contrairement à Get Out ou Hérédité, n’a aucune autre ambition que de faire peur, et encore, en observant certaines règles. Le réalisateur et le producteur Michael Bay (maître d’œuvre de la série Transformers) ont veillé à ce que leur long-métrage soit coté « PG13 » lors de sa sortie aux Etats-Unis, ce qui permet aux adolescents de le voir sans être accompagnés de leurs parents (dont ils auront besoin s’ils veulent prendre un billet pour Hérédité ou Get Out).

   


Les créatures qui peuplent les environs de la ferme Abbott sont ­affreuses mais on ne verra pas les sévices qu’elles infligent à leurs victimes. Cette contention de l’horreur n’est pas pour rien dans le charme du film qui recourt aussi – puisque les dialogues sont limités au strict nécessaire – à des procédés narratifs aujourd’hui oubliés : depuis quand n’avions-nous pas vu une situation géopolitique (la destruction de l’humanité) expliquée à la « une » d’un journal (vous savez, ces grandes feuilles de papier recouvertes de caractères d’imprimerie) plutôt que par un montage de journaux télévisés du monde entier ?
Menace omniprésente
Adroitement, John Krasinski joue du contraste entre cette désuétude calculée et l’horreur de la situation des Abbott. La séquence d’ouverture met en scène une expédition au supermarché qui vire à la tragédie. Plus tard, ce ­seront les gestes quotidiens des travaux des champs qui seront déréglés jusqu’à l’absurde par la menace omniprésente.
Pour y parvenir, le réalisateur ne recule pas devant l’incohérence. Alors que l’essentiel du film est situé un an après le drame évoqué plus haut, la ferme des Abbott se dresse au milieu d’acres de maïs aux rangs parfaitement rectilignes sans qu’il soit précisé si le travail a été effectué à la main ou avec des machines agricoles silencieuses. Pour ne rien dire de la séquence de l’accouchement, qui amusera sûrement tous les professionnels de l’obstétrique. A moins que l’on rende les armes devant les efforts d’Emily Blunt et de son mari de metteur en scène pour rendre muet un moment qui depuis la nuit des temps est le plus bruyant de l’existence. Ces réflexions, on se les fera à la sortie de la salle. Parce que, sur le moment, tout va si vite et si ­efficacement qu’on n’a d’autre préoccupation que le sort des Abbott, et celui qu’ils réserveront à ces horribles crustacés de l’espace.

Film américain de et avec John Krasinski. Avec Emily Blunt, Millicent Simmonds, Noah Jupe (1 h 30). Sur le Web : Paramountpictures.fr/film/sans-un-bruit et Aquietplacemovie.com

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 20 juin)
Have a Nice Day, film d’animation chinois de Liu Jian (à ne pas manquer)Sans un bruit, film américain de John Krasinski (à voir)Une prière avant l’aube, film britannique, cambodgien et français de Jean-Stéphane Sauvaire (à voir)Bécassine !, film français de Bruno Podalydès (pourquoi pas)How to Talk to Girls at Parties, film américain de John Cameron Mitchell (pourquoi pas)Jerico. L’envol infini des jours, documentaire colombien et français de Catalina Mesa (pourquoi pas)A genoux les gars, film français d’Antoine Desrosières (on peut éviter)
A l’affiche également :
Le Doudou, film français de Philippe Mechelen et Julien HervéKuzola. Le chant des racines, documentaire français d’Hugo BacheletRose piment, film français de Cédric Malzieu





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose un choix de longs-métrages à voir sur grand écran.
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Mélancolie, terreur et retour à l’enfance : une semaine au cinéma

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose un choix de longs-métrages à voir sur grand écran.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 07h25
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Entre deux épreuves du bac ou pour égayer un dimanche soir, faites votre choix : la Bécassine ! de Podalydès attendrit sans convaincre, Have a Nice Day fascine par sa mélancolie, Sans un bruit terrifie avec une grande efficacité et Une prière avant l’aube renouvelle particulièrement bien le film de boxe.
« Have a Nice Day » : polar à la noirceur d’encre

L’expression « Have a nice day » (et sa traduction française, « bonne journée »), sorte de service minimum de la relation humaine, n’est plus qu’une formule automatique dans les échanges quotidiens. Personne n’est dupe, mais ça aide à tenir – et à vendre. Que le cinéaste chinois et artisan de l’animation, Liu Jian, 49 ans, ait choisi ce titre pour nous donner des nouvelles de son pays est sans doute un signe avancé de mélancolie : la Chine est un prince marchand, pas vraiment charmant.
Tous les coups sont permis dans ces faubourgs du sud de la Chine, du moment que les protagonistes peuvent sortir de leur misère ou préserver leurs gains acquis de haute lutte mafieuse. Le jeune Xiao Zhang, chauffeur d’un truand local, décide un soir de voler son patron afin de pouvoir payer une nouvelle chirurgie esthétique à sa fiancée. Ordonné en quatre parties, le film est traversé de subites accélérations, de bagarres et de multiples rebondissements.
Pour développer ses scénarios, Liu Jian accumule des photos de lieux réels. Ce fonds documentaire lui sert à fabriquer ses décors. Est-ce ce travail quasi artisanal, et solitaire, qui a fini par imposer cette esthétique minimaliste? Le vague à l’âme peut s’exprimer dans quelques secondes d’écran vide de toute image, lesquelles paraissent une éternité. Chez Liu Jian, le polar reste un film noir. Clarisse Fabre
« Have a Nice Day », film d’animation chinois de Liu Jian (1 h 17 min).
« Sans un bruit » : terreur à la ferme

Quelques mois avant le début de l’histoire que conte Sans un bruit, les Abbott, papa Lee, maman Evelyn et leurs trois enfants, étaient en tête de toutes les listes alphabétiques. Depuis que la Terre a été envahie par des créatures anthropophages, indestructibles, hypersensibles au bruit, les Abbott sont l’alpha et l’oméga de l’espèce humaine. Ils ne sont pas sûrs que d’autres qu’eux ont survécu, et si eux y sont parvenus, c’est que Regan, leur aînée, est malentendante. Toute la famille communique en langage des signes, ce qui leur donne un avantage certain sur leurs concitoyens plus bruyants.
De ce postulat, développé par deux scénaristes débutants, Scott Beck et Bryan Woods, Krasinski, réalisateur et interprète, a tiré un film si américain qu’il fédère, sous la bannière du film d’horreur, le thriller, la chronique familiale et le western. Efficace et concis, Sans un bruit est un nouvel exemple de l’épanouissement d’une nouvelle génération de longs-métrages horrifiques américains.
Adroitement, John Krasinski joue du contraste entre une désuétude calculée et l’horreur de la situation des Abbott. La séquence d’ouverture met en scène une expédition au supermarché qui vire à la tragédie. Plus tard, ce ­seront les gestes quotidiens des travaux des champs qui seront déréglés jusqu’à l’absurde par la menace omniprésente. Thomas Sotinel
« Sans un bruit », film américain de et avec John Krasinski. Avec Emily Blunt, Millicent Simmonds, Noah Jupe (1 h 30).
« Une prière avant l’aube » : le martyre d’un jeune boxeur

Le récit d’Une prière avant l’aube épouse la structure éprouvée de la chute et de la renaissance. Tiré d’un livre autobiographique, le film de Jean-Stéphane Sauvaire décrit le martyre d’un jeune toxicomane britannique jeté dans une prison thaïlandaise et parvenant, en participant aux championnats de boxe thaï de l’établissement, à améliorer son sort.
Le cinéaste jette le spectateur dans une plongée immersive, exprimée par les choix d’une mise en scène privilégiant les longs plans caméra à l’épaule, au centre d’un lieu infernal, collant à un personnage soumis à un calvaire absurde et brutal. Le spectacle est âpre, le personnage principal une force brute, incontrôlable et obtuse (la performance de l’acteur principal est remarquable) qui devra parvenir, au terme d’une longue et douloureuse épreuve, à une forme de renaissance.
Sur un schéma très usé, Une prière avant l’aube se distingue brillamment par le refus obstiné de toute sentimentalité et de tout effet emphatique. Jean-François Rauger
« Une prière avant l’aube », film britannique, cambodgien et français de Jean-Stéphane Sauvaire. Avec Joe Cole, Vitaya Pansringarm, Panya Yimmumphai (2 h 02).
« Bécassine ! » : dans le coffre à jouets

Astérix, le Marsupilami, Iznogoud, Lucky Luke, Boule et Bill, Spirou, Gaston Lagaffe… Où s’arrêtera donc la grande lessiveuse cinématographique qui ­essore impitoyablement nos héros de bande dessinée préférés ?
On reconnaîtra à Bruno Poda­lydès, qui adapte aujourd’hui ­Bécassine, la vertu de n’être pas un faiseur, de préserver en lui, comme son œuvre le prouve ­suffisamment (Liberté-Oléron, Adieu Berthe, Comme un avion…), un esprit d’enfance, de choisir une héroïne qui, contrairement aux précédents, remonte si loin dans le temps que son souvenir s’estompe.
On retrouve donc ici l’attrait du réalisateur pour les rémanences enfantines et les univers de pure fantaisie. Le problème est que la candeur du personnage, la ­découpe délibérément grossière et statique des caractères, la ligne ténue de l’intrigue, l’humour plutôt daté – autant de traits qui ne dérangent pas le plaisir de la lecture imagée – passent assez mal au cinéma. Restent des joliesses, des interprétations plaisamment outrées, une litanie de petites inventions comme sorties d’un coffre à jouets. C’est mieux que rien, ce n’est toutefois pas suffisant. Jacques Mandelbaum
« Bécassine ! », film français de Bruno Podalydès. Avec Emeline Bayart, Karin Viard, Denis Podalydès (1 h 31).

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 20 juin)
Have a Nice Day, film d’animation chinois de Liu Jian (à ne pas manquer)Sans un bruit, film américain de John Krasinski (à voir)Une prière avant l’aube, film britannique, cambodgien et français de Jean-Stéphane Sauvaire (à voir)Bécassine !, film français de Bruno Podalydès (pourquoi pas)How to Talk to Girls at Parties, film américain de John Cameron Mitchell (pourquoi pas)Jerico. L’envol infini des jours, documentaire colombien et français de Catalina Mesa (pourquoi pas)A genoux les gars, film français d’Antoine Desrosières (on peut éviter)
A l’affiche également :
Le Doudou, film français de Philippe Mechelen et Julien HervéKuzola. Le chant des racines, documentaire français d’Hugo BacheletRose piment, film français de Cédric Malzieu





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Un seul dispositif va désormais offrir, sur le temps scolaire, trois fois par an, des projections de films choisis dans un catalogue qui reste à étoffer.
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« Ecole et cinéma » veut proposer davantage de films d’auteur aux collégiens

Un seul dispositif va désormais offrir, sur le temps scolaire, trois fois par an, des projections de films choisis dans un catalogue qui reste à étoffer.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
19.06.2018 à 10h49
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Cinéphiles en herbe, tous au cinéma. Rangez les tablettes, les films se découvrent et se partagent en salle. Voilà pour l’affiche. La nouvelle, quant à elle, pourrait paraître purement administrative : les dispositifs « Ecole et cinéma » et « Collège au cinéma », qui permettent à des élèves de découvrir au moins trois films d’auteur chaque année durant le temps scolaire, vont fusionner pour ne former qu’une seule entité. Celle-ci sera pilotée par l’association Les Enfants de cinéma, dont le délégué général est Eugène Andréanszky. L’annonce doit être officialisée mercredi 20 juin.
Plusieurs raisons expliquent cette « reprise » en main qui n’en est pas vraiment une, analyse Eugène Andréanszky : « Notre mission consiste à transmettre le goût du cinéma d’art, en salles. Au seuil de l’adolescence, la question de la transmission est plus délicate. Les élèves veulent affirmer leurs choix et les prescriptions des professeurs passent moins bien. Il est donc très important d’accompagner les collégiens et les enseignants dans ce passage », souligne l’ancien exploitant, qui pilote, depuis 1994, « Ecole et cinéma ».
Or, le dispositif « Collège au cinéma » a connu une baisse de régime ces dernières années, entre autres du fait d’une diminution des moyens. En effet, sur les 94 départements impliqués dans « Collège au cinéma », seize d’entre eux se sont désengagés – les autres financeurs sont essentiellement le ministère de la culture (par le biais du Centre national du cinéma et de l’image animée) et celui de l’éducation nationale. « Il y a des territoires exemplaires comme à Paris et dans les départements périphériques. Mais parfois, les conseils départementaux ont l’impression d’être la vache à lait, qui sont juste là pour payer le transport en bus. Ils pourraient être davantage associés au dispositif, y compris à la programmation », poursuit Eugène Andréanszky.
Les œuvres sont sélectionnées par un comité de quatorze personnalités, composé...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Bruno Podalydès fait vivre à l’écran le personnage de bande dessinée sans convaincre, malgré de jolies inventions.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/06/2018
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« Bécassine ! » : dans le coffre à jouets

Bruno Podalydès fait vivre à l’écran le personnage de bande dessinée sans convaincre, malgré de jolies inventions.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 07h51
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Astérix, le Marsupilami, Iznogoud, Lucky Luke, Boule et Bill, Spirou, Gaston Lagaffe… Où s’arrêtera donc la grande lessiveuse cinématographique qui ­essore impitoyablement nos héros de bande dessinée préférés ? On reconnaîtra à Bruno Poda­lydès, qui adapte aujourd’hui ­Bécassine, la vertu de n’être pas un faiseur, de préserver en lui, comme son œuvre le prouve ­suffisamment (Liberté-Oléron, Adieu Berthe, Comme un avion…), un esprit d’enfance, de choisir une héroïne qui, contrairement aux précédents, remonte si loin dans le temps que son souvenir s’estompe.
La naïve servante bretonne est née en 1905 de la plume de Jacqueline Rivière et du pinceau de Joseph Pinchon
Née en 1905 de la plume de Jacqueline Rivière et du pinceau de Joseph Pinchon, la naïve servante bretonne aura eu le succès vif et la vie longue, prolongeant jusqu’à la fin des années 1950 ses aventures, et jouissant dans la mémoire nationale d’une aura similaire à ses trois affreux (et infiniment plus croquignolesques) contemporains que sont les Pieds nickelés.

   


Au sujet de la brave fille, deux camps s’affrontent clairement. Les premiers, parmi lesquels quelques fiers Bretons qui défendent bec et ongles l’honneur régional à chaque résurgence du personnage (le film de Bruno Podalydès n’y fait pas exception), tiennent que c’est une gourde, que ses histoires sont à dormir debout, qu’elle est l’illustration du mépris de classe que les bourgeois parisiens de la Belle Epoque concevaient pour les émigrés provinciaux venant chercher pitance dans la capitale.
Une femme forte avant l’heure
Un second camp tient qu’elle est moins bête qu’elle n’en a l’air, qu’elle a le sens pratique, qu’elle subvertit l’ordre existant, qu’elle participe aux combats de son temps, qu’elle est en un mot une femme forte avant l’heure, en même temps que la bande dessinée qui l’héroïse annonce la fameuse ligne claire du grand Hergé. Il va de soi que Bruno Podalydès se situe dans ce camp-là. Sa Bécassine (interprétée par Emeline Bayart) est certes épaisse ce qu’il faut, mais c’est une bonne fille, qui débrouille les problèmes là où les autres s’y noient et qui a le cœur sur la main. Partie de sa Bretagne natale pour Paris, elle tombe en chemin sur le convoi de la marquise de Grand-Air (Karin Viard), qui ne sait que faire du nourrisson qu’elle a recueilli après la mort de ses jardiniers. Le talent avec lequel Bécassine calme la fillette la fait embaucher au château.
On retrouve l’attrait du réalisateur pour les rémanences enfantines et les univers de pure fantaisie
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si la marquise, en dépit de la vigilance de ses proches (Denis Podalydès en compagnon équivoque, ­Josiane Balasko en gouvernante de style militaire), ne tombait sous la coupe de Rastaquoueros (Bruno Podalydès), un marionnettiste grec vaguement aigrefin, qui ­devient son amant et la ruine en deux coups de cuillère à pot.
On retrouve donc ici l’attrait du réalisateur pour les rémanences enfantines et les univers de pure fantaisie. Le problème est que la candeur du personnage, la ­découpe délibérément grossière et statique des caractères, la ligne ténue de l’intrigue, l’humour passablement daté – autant de traits qui ne dérangent pas le plaisir de la lecture imagée – passent assez mal au cinéma. Restent des joliesses, des interprétations plaisamment outrées, une litanie de petites inventions comme sorties d’un coffre à jouets. C’est mieux que rien, ce n’est toutefois pas suffisant.

Film français de Bruno Podalydès. Avec Emeline Bayart, Karin Viard, Denis Podalydès, Michel Vuillermoz (1 h 31). Sur le Web : Whynotproductions.fr/film3.php?id=164 et Ugcdistribution.fr/film/becassine



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. La plus bilingue des actrices françaises a soif de discrétion et d’eau gazeuse.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤                
                                       
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Un apéro avec Clémence Poésy : « Les gens doivent penser que j’ai inventé mon nom »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. La plus bilingue des actrices françaises a soif de discrétion et d’eau gazeuse.



Le Monde
 |    18.06.2018 à 18h15
    |

            Mustapha Kessous








                              

                        

Le photographe est aux anges : son modèle du jour pose sans rechigner et se plie presque naturellement à ses directives. « Baisse la tête. » « Mets tes bras comme ça. » « Ah ouais, c’était bien, ça. » « Garde la paille. » Clémence Poésy ne craint pas l’objectif. Comment pourrait-il en être autrement pour l’égérie d’une marque de parfum ?
Blockbusters et films d’auteur
Actrice à la renommée internationale, cette trentenaire navigue avec aisance, depuis une vingtaine d’années, entre des rôles très différents, de blockbusters en films d’auteur : la saga Harry Potter, Bons baisers de Bruges (Martin McDonagh, 2008), 127 heures (Danny Boyle, 2010), Jeanne captive (Philippe Ramos, 2011) et, plus récemment, Genius (2018), une série produite par Ron Howard où elle donne la réplique à Antonio Banderas qui joue Picasso.
Elle est aussi l’héroïne de Tunnel (dont Canal+ diffuse la troisième saison depuis le 4 juin), une série franco-britannique dans laquelle elle incarne Elise Wassermann, un flic de la police criminelle de Calais. Froide, un peu perchée, quasi autiste, psychorigide et totalement dévouée à son travail, la jeune femme est incapable de mentir et suit scrupuleusement les règles.

Habituée des studios anglais, français et aussi américains, Clémence Poésy n’est pourtant pas très connue du grand public. Ce bout de femme de 35 ans est discret, presque (trop) réservé. Elle ne laisse pas un journaliste « entrer » dans son univers, pour ne pas dire intimité : l’actrice a tout verrouillé. « En même temps, on me pose toujours les mêmes questions », précise-t-elle.
« J’ai très soif, ce sera un apéro sage. On va faire croire qu’il y a de la vodka dedans. »
Mercredi 13 juin, 17 h 04. Rendez-vous au Wood, un café branché situé au cœur du Marais dans le 3e arrondissement de Paris. La comédienne n’a pas choisi ce lieu, mais celui qu’elle avait en tête (juste à deux...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Les deux villes se sont livrées une guerre sans merci pour accueillir le festival consacré aux séries du petit écran. Perdante, Cannes a lancé sa manifestation dissidente. Les dessous d’une compétition qui dépasse largement le cadre culturel.
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Lille et Cannes déroulent le tapis rouge aux séries

Les deux villes se sont livrées une guerre sans merci pour accueillir le festival consacré aux séries du petit écran. Perdante, Cannes a lancé sa manifestation dissidente. Les dessous d’une compétition qui dépasse largement le cadre culturel.



Le Monde
 |    17.06.2018 à 17h00
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            
C’est finalement la capitale des Flandres qui a été choisie pour accueillir le festival Séries Mania, dont la première édition s’est tenue du 27 avril au 5 mai. Pas moins de cinq villes avaient postulé – Paris, Lille, Cannes, Nice et Bordeaux – pour remporter l’appel d’offres lancé par le ministère de la culture visant mettre sur pied un festival d’envergure consacré aux séries du petit écran. Candidate malheureuse, Cannes n'en est pas restée là. Son maire, David Lisnard (LR), avait annoncé bien avant la fin de l’appel à projet qu’il comptait de toute manière lancer son propre festival des séries. Parole tenue : la première édition de CanneSéries s’est déroulée début avril, quelques semaines avant sa concurrente lilloise.
à l’échelle mondiale, aucune métropole ne propose véritablement un festival des séries de renommée internationale
Bien sûr, ce n’est pas l’amour du petit écran qui motive cet affrontement entre les deux villes. Alors que l’engouement pour les séries bat son plein, il y a un vrai créneau à prendre : à l’échelle mondiale, aucune métropole ne propose véritablement un festival des séries de renommée internationale. D’où ce projet hexagonal, soutenu par les pouvoirs publics par le biais du Centre national du cinéma (CNC).
Ce n’est pas la seule raison qui a poussé Martine Aubry et Xavier Bertrand, respectivement maire (PS) de Lille et président (LR) de la région, à soutenir main dans la main la candidature de la capitale des Flandres. Le territoire a l’ambition de développer une véritable filière audiovisuelle, dont le clou serait un festival international des séries. Selon la chambre de commerce et d’industrie des Hauts-de-France, la filière image représentait déjà 2 560 emplois en 2016 dans la région, enregistrant une progression de 35 % depuis 2008.
Redynamiser son image
A l’instar du film Dunkerque, de Christopher Nolan, qui aurait rapporté 19 millions d’euros au territoire selon le CNC, la région veut attirer davantage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Accueillant chaque année la grand-messe du film fantastique, cette petite station de ski de Haute-Savoie s’est trouvée sous le feu des projecteurs pendant vingt ans. Avant de retomber dans un relatif anonymat.
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Avoriaz, vie et mort d’un festival

Accueillant chaque année la grand-messe du film fantastique, cette petite station de ski de Haute-Savoie s’est trouvée sous le feu des projecteurs pendant vingt ans. Avant de retomber dans un relatif anonymat.



Le Monde
 |    17.06.2018 à 17h00
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            
Qui aurait cru que cette tranquille station de ski, accolée au village de Morzine, en Haute-Savoie, puisse devenir le rendez-vous incontournable des amateurs d’hémoglobine ? En hébergeant le Festival international du film fantastique de 1973 à 1993, Avoriaz est devenue renommée dans le monde entier.
A l’origine de l’histoire, aucune ambition culturelle, pourtant. C’est d’abord pour faire connaître le site que Gérard Brémond, son promoteur et futur créateur de Pierre & Vacances, a l’idée de produire un festival du film fantastique. Il est épaulé en cela par Lionel Chouchan, fondateur de l’agence Promo 2000, qui fait jouer son carnet d’adresses pour promouvoir l’événement. Le pari est rapidement gagné.
Selon un sondage réalisé par la Sofres en 1990, Avoriaz et son festival sont alors connus par 93 % des sondés
Dès 1973, le festival couronne Duel, le premier film de Steven Spielberg. Un coup de maître, suivi de nombreux autres. Selon un sondage réalisé par la Sofres en 1990, Avoriaz et son festival sont alors connus par 93 % des sondés ; seule Cannes arrive à dépasser la station en termes de notoriété festivalière.
La renommée d’Avoriaz permet à Gérard Brémond d’appâter les investisseurs et de lancer un nouveau programme de développement au début des années 1980 pour construire des résidences de tourisme. C’est donc à la surprise générale que le festival fantastique tire sa révérence en 1993. Raison invoquée par Gérard Brémond : les films d’horreur des années 1990, plus proches de la série Z qu’autre chose, ne permettaient plus de présenter un palmarès de qualité.
Capitale du film d’horreur
Le promoteur a été accusé d’opportunisme, se désengageant du festival après avoir bouclé la commercialisation de ses immeubles. Sans doute, aussi, s’agissait-il pour le site de se débarrasser de cette image encombrante de capitale du film d’horreur. « La clientèle familiale et sportive, celle qui constitue souvent le fonds de commerce des stations,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Au Festival d’Annecy, « Ce magnifique gâteau ! », de Marc James Roels et Emma de Swaef, brille par son invention.
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Un conte cruel de la colonisation en figurines animées

Au Festival d’Annecy, « Ce magnifique gâteau ! », de Marc James Roels et Emma de Swaef, brille par son invention.



Le Monde
 |    16.06.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
17.06.2018 à 15h34
    |

                            Thomas Sotinel (Annecy, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Il n’y a pas eu de clarinettiste exilé sur décret royal ni d’escargot anthropomorphe. En tout cas les historiens de la colonisation du Congo n’en font pas état. Ces embardées imaginaires n’entachent pas (au contraire, elles y contribuent) la fantastique pertinence historique, politique, esthétique et humaine de Ce magnifique gâteau ! L’apparition au Festival du cinéma d’animation d’Annecy (après un passage à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes) du film de Marc James Roels et Emma de Swaef a autant enthousiasmé qu’interloqué. En à peine trois quarts d’heure, dans une jungle grande comme un salon, ou des salons grands comme une table, peuplés de figurines recouvertes de tissu animées image par image, les deux jeunes cinéastes évoquent le terrible passé colonial de leur pays en convoquant les mânes de Joseph Conrad et Céline, du douanier Rousseau et de Léopold II, qui prennent vie sous des peaux d’étoffes étranges (laine, crin de cheval, alpaca…).

Rien dans Ce magnifique gâteau ! ne correspond aux formats du cinéma. Le scénario est découpé en une demi-douzaine de chapitres qui esquissent chacun le destin d’un personnage : le roi des Belges (et propriétaire privé de la colonie, de 1884 à 1908), un pygmée Aka réduit en quasi-esclavage, une paire de colons alcooliques à la violente mélancolie. Ces personnages devaient occuper 20 minutes du temps des spectateurs. C’est peut-être le climat équatorial qui les a fait croître, mais le film a doublé de volume pendant les deux ans qu’a duré la production.
Libre association des images et des mots
« Nous avons commencé par juxtaposer des images, comme dans le livre Congo (belge) du photographe Carl de Keyzer [éd. Lannoo, 2010] qui montrait des vues de la colonie sans autre contexte », explique Emma de Swaef, créatrice des figurines, mais aussi documentariste. « Et puis nous avons vu L’Or de Naples [Vittorio de Sica, 1954]. C’est un portrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Depuis l’an dernier, Apple multiplie les projets de séries en signant avec de grands noms.
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Contenus : Oprah Winfrey va produire des programmes pour Apple

Depuis l’an dernier, Apple multiplie les projets de séries en signant avec de grands noms.



Le Monde
 |    15.06.2018 à 21h56
 • Mis à jour le
18.06.2018 à 10h57
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Le catalogue de la future offre vidéo d’Apple s’étoffe. Vendredi 15 juin, le groupe à la pomme a officialisé un partenariat avec Oprah Winfrey, la « papesse » de la télévision américaine, pour créer des programmes originaux. Il s’ajoute aux accords signés ces derniers mois, qui doivent permettre à Apple de rivaliser avec Netflix et Amazon dans la vidéo.Le communiqué laconique de la société ne précise pas le type de contenus que produira l’animatrice vedette. La presse américaine évoque toutefois des films, des séries télévisées, des émissions, des livres numériques et même des applications mobiles. Mme Winfrey devrait apparaître dans certaines émissions, notamment pour réaliser des interviews.
« C’est un gros coup pour Apple, estime Carolina Milanesi, analyste chez Creative Strategies. Non seulement pour les contenus qu’Oprah va créer, mais aussi pour son carnet d’adresses et l’audience qu’elle peut attirer. » Oprah Winfrey est en effet l’une personnalités préférées des Américains. Pendant vingt-cinq ans, elle a présenté le talk-show le plus regardé de l’histoire de la télévision aux Etats-Unis. En 2011, elle a lancé sa propre chaîne, baptisée « OWN », qui a trouvé le chemin du succès après des débuts difficiles.
Chasse aux talents
Depuis un an, Apple est passé à la vitesse supérieure dans la vidéo. La firme à la pomme a recruté deux anciens dirigeants de Sony Pictures, leur confiant un budget de 1 milliard de dollars (plus de 860 millions d’euros) pour se lancer à la chasse aux talents d’Hollywood. Elle va ainsi financer une nouvelle version de la série Histoires fantastiques, de Steven Spielberg, une série produite par les actrices Jennifer Aniston et Reese Witherspoon, et une autre créée par Damien Chazelle, le réalisateur oscarisé en 2017 pour le film La La Land. Les premiers épisodes sont attendus pour début 2019.  Au-delà de ces collaborations, les contours de l’offre vidéo restent inconnus. Pour l’heure, les deux premières émissions financées par le groupe font partie d’Apple Music, l’offre maison de streaming (lecture en ligne sans téléchargement) musical. A terme, Apple pourrait cependant lancer une plate-forme spécifique. Et ainsi concurrencer Netflix, qui vient de s’attacher les services de l’ancien président américain Barack Obama et son épouse Michelle, Amazon Video ou encore Disney, qui va lancer une offre de streaming vidéo début 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Des dommages et intérêts vont maintenant être réclamés au réalisateur.
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« Don Quichotte » : la justice donne raison au producteur Paulo Branco contre Terry Gilliam

Des dommages et intérêts vont maintenant être réclamés au réalisateur.



Le Monde
 |    15.06.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
18.06.2018 à 14h59
    |

            Guillaume Fraissard








                        



   


Il était dit que même tourné, monté, montré à Cannes hors compétition et sorti en salle après presque vingt ans d’attente, L’Homme qui tua Don Quichotte continuerait de traîner sa réputation de film maudit. Vendredi 15 juin, la cour d’appel de Paris a tranché en faveur du producteur portugais Paulo Branco et de sa société Alfama Films dans l’épineux conflit qui l’oppose au réalisateur britannique Terry Gilliam sur les droits de ce film, en salle depuis le 19 mai.

        Lire la critique de  « L’Homme qui tua Don Quichotte » :
         

          Un bébé vigoureux, malgré trente ans de gestation



En première instance, en mai 2017, le TGI de Paris s’était déjà prononcé en faveur de Paulo Branco sur le fait que la rupture du contrat, suvenue en août 2016, entre Terry Gilliam et son producteur n’était pas justifiée. A l’époque, le réalisateur avait estimé que les conditions de tournage imposées par M. Branco ne lui permettaient pas de monter comme il l’entendait cette libre adaptation de l’œuvre de Cervantes qu’il porte depuis si longtemps. Il avait donc unilatéralement mis fin au contrat signé avec Alfama Films avant de se tourner vers d’autres producteurs pour démarrer le tournage de son film avec Adam Driver et Jonathan Pryce.
Avec cet arrêt, la justice donne raison au producteur portugais sur le fait que ce contrat – et les droits qui y sont associés – n’est pas résilié. Terry Gilliam devra verser 10 000 euros à Alfama Films pour les frais engagés en appel. La défense du réalisateur, qui estime que cet arrêt maintient artificiellement en vie un texte qui n’a plus d’effet et ne donne toujours aucun droit à Paulo Branco, va se pourvoir en cassation. La société Alfama Films fait quant à elle savoir qu’elle va prendre le temps d’étudier toutes les voies possibles pour réclamer des dommages et intérêts aux producteurs du film (RPC, Kinology, Entre Chien et Loup et Tornasol).

        Lire l’entretien avec Terry Gilliam à Cannes :
         

          « Je n’ai plus de montagne à gravir »



Situation kafkaïenne
Si l’affaire est donc loin d’être close, ce nouvel épisode judiciaire n’en crée pas moins une situation kafkaïenne. En l’état actuel des choses, L’Homme qui tua Don Quichotte est sorti en salle sans que la propriété des droits sur le film ne soit définitivement établie. Un flou qui a notamment conduit Amazon à se retirer de la distribution du film outre-Atlantique. Cette bataille autour des droits du film s’était aussi invitée sur la Croisette lors du dernier Festival de Cannes : Pierre Lescure, président de la manifestation cannoise et Thierry Frémaux, délégué général, avaient fermement pris position en faveur de l’ex-Monty Python en dénonçant les manœuvres de Paulo Branco pour faire interdire la projection cannoise et la sortie en salle du film. Ce dernier estimait au contraire que la direction du Festival opérait « un passage en force » en projetant L’Homme qui tua Don Quichotte.
A l’écran depuis quatre semaines en France, le film ne totalise pour l’instant que 110 000 entrées. Un chiffre largement insuffisant pour équilibrer un budget de plus de 16 millions d’euros et ce alors que la carrière du film à l’international reste suspendue au conflit judiciaire en cours. Aucune sortie aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni n’est encore annoncée.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Le Louxor, à Paris, propose de découvrir des regards incisifs sur une société dominée par les valeurs du sionisme.
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Nuit blanche avec sept cinéastes israéliennes

Le Louxor, à Paris, propose de découvrir des regards incisifs sur une société dominée par les valeurs du sionisme.



Le Monde
 |    15.06.2018 à 08h25
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Sept films de cinéastes ­israéliennes réalisés entre 2004 et 2017, projetés dans la salle mythique du Louxor, à Paris. C’est, pour le week-end du 16 juin, une proposition de nuit blanche qui s’inscrit dans l’air ­féministe du temps. Dans une ­société dominée depuis l’origine par les valeurs viriles et héroïques de la renaissance sioniste – encore qu’une tendance égalisatrice ­entre les sexes a animé le progressisme social des pionniers –, ces réalisatrices, qui s’illustrent dans tous les genres, portent un regard décalé et incisif sur leur pays.
Entre 2000 et 2018, le pourcentage de réalisatrices est passé de 3 % à 25 %
Sans doute, le cinéma israélien ne les a pas attendues pour ce faire. Dès les années 1960, un « nouveau cinéma » emmené par la figure d’Uri Zohar rognait sauvagement le mythe sioniste. Une seconde vague a émergé dans les années 2000, qui a considérablement élargi le cercle des représentations alternatives (religion, sexualité, présence palestinienne) et qui s’est, à la différence de la précédente, exportée dans le monde entier. Les femmes y ont joué un rôle central, avec deux titres (au programme du Louxor) qui ont fait forte impression à leur sortie en 2004 : Mon trésor, de Keren ­Yedaya, et Prendre femme, de Ronit et Shlomi Elkabetz. Deux films engagés, âpres, presque brutaux, qui dénoncent sans ambages la violence faite aux femmes dans une société réputée moderne.
Ces deux postes avancés du film féminin israélien n’ont pas seulement contribué à l’essor d’un ­cinéma jusqu’alors méconnu à l’étranger. Ils ont fait, sur place, des émules. Entre 2000 et 2018, le pourcentage de réalisatrices est passé de 3 % à 25 %. Ce foisonnement s’inscrit, paradoxalement, dans un contexte politique de plus en plus hostile à la liberté de création. La politique culturelle mise en œuvre par la ministre de la ­culture et du sport, Miri Regev, subordonne l’octroi des subventions publiques à l’alignement politique des artistes, au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Histoire récente, géopolitique… Au Festival international d’Annecy, de jeunes réalisateurs se saisissent de sujets graves.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/06/2018
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Le cinéma d’animation s’empare du réel

Histoire récente, géopolitique… Au Festival international d’Annecy, de jeunes réalisateurs se saisissent de sujets graves.



Le Monde
 |    15.06.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
15.06.2018 à 18h09
    |

                            Thomas Sotinel (Annecy, envoyé spécial)








                        



                                


                            

En matière de moyenne d’âge, le Festival international du film d’animation d’Annecy est à Cannes, Venise ou Berlin ce que le Burkina Faso est au Japon : une pouponnière. Sur les 10 000 accrédités de cette édition 2018, qui s’achèvera le 17 juin, la masse des jeunes animateurs – étudiants, nouveaux collaborateurs de studios qui se multiplient dans le monde entier, dirigeants de start-up – donne à la manifestation une couleur adolescente. Avant chaque projection, la salle organise un concours informel d’avions en papier ; dans la ville, les restaurateurs pratiquent des prix compatibles avec la précarité de la vie étudiante ou d’un début de carrière.

Ce qui ne veut pas dire que le cinéma d’animation n’est pas sérieux. Bien sûr, Annecy est le point de passage obligé des grands studios américains ou japonais, qui proposent des produits de grande consommation : le public de la grande salle de la scène nationale de Bonlieu a accueilli en héros le réalisateur Genndy Tartakovsky, qui présentait le troisième long-métrage de la série Hôtel Transylvanie, produite par Sony. Mais le même public a aussi fait un triomphe à Another Day of Life, de Raul de la Fuente et Damien Nenow, adaptation hispano-polonaise d’un ouvrage du journaliste Ryszard Kapuscinski, évocation de la guerre civile en Angola.

Confrontation de deux films
Histoire récente, géopolitique : l’animation n’a peur de rien et recourt à tout son arsenal (dessin, volumes, images numériques) pour prendre à bras-le-corps des sujets colossaux – le génocide perpétré par les Khmers rouges, la dislocation de l’ex-Yougoslavie, le conflit israélo-palestinien – ou négligés (une grève ouvrière en France en 1950, dans Un homme est mort, d’Olivier Cossu, présenté hors compétition, aujourd’hui disponible en replay sur Arte) sur le mode du documentaire ou de la fiction. Another Day of Life trouvait un écho dans Chris the Swiss, d’Anja Kofmel,...




                        

                        

