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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ L’ architecte en chef des Monuments historiques estime que l’on est peu outillé pour s’occuper des édifices récents.
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François Chatillon : « Le patrimoine du XXe siècle meurt de la normalisation »

L’ architecte en chef des Monuments historiques estime que l’on est peu outillé pour s’occuper des édifices récents.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h01
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

François Chatillon est architecte en chef des Monuments historiques. Son équipe a restauré des joyaux du XXe siècle : les halles du Boulingrin de Freyssinet à Reims, l’appartement-atelier de Le Corbusier à Boulogne-Billancourt (Hauts-deSeine) et sa Cité de refuge à Paris, ainsi que la ­piscine des Amiraux, de Sauvage ou la Maison des sciences, de l’homme de Lods, Depondt et Beauclair.

Quelles sont les difficultés qui freinent les interventions sur des constructions contemporaines ?
Le problème est l’apparente proximité des architectes avec le patrimoine récent. On croit le connaître parce que les techniques paraissent similaires. Bien que l’on soit souvent dans un mode analogue, de type industriel, les choses ont beaucoup changé. Les constructions d’il y a trente ans semblent simples au niveau conceptuel, mais elles sont très complexes dans le ­détail. La proximité historique laisse croire aux architectes qu’ils peuvent facilement intervenir, c’est faux. Il y a cette fausse idée que tout le monde peut maîtriser ce patrimoine.
Les choses ne sont-elles pas en train de changer ?
Il y a un intérêt récent pour ce patrimoine. Il faut s’en réjouir, mais nous n’avons pas encore les outils pour bien s’en occuper. Le travail est assez simple, mais long. Avant tout programme, il faut faire des études préliminaires pour ce que l’on appelle la valorisation : par l’analyse, par les coûts, par le regard, par l’étude scientifique. Il faut arriver à se poser la question : est-ce que ça a une ­valeur, et laquelle ?
La présence d’un architecte du patrimoine dans les équipes offre-t-elle une garantie légale ?
L’architecte du patrimoine n’est pas un représentant de l’Etat. Il a fait le plus souvent une formation à l’école de Chaillot. Pour un ­projet de type « greffe contemporaine » où se pose un problème patrimonial, on l’intègre dans l’équipe. Il se crée, aussitôt,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A l’instar de la Maison du peuple de Clichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine, plusieurs constructions remarquables sont en danger, bousculées par des investisseurs privés.
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Menaces sur le patrimoine architectural du XXe siècle

A l’instar de la Maison du peuple de Clichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine, plusieurs constructions remarquables sont en danger, bousculées par des investisseurs privés.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h57
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h04
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            
Le geste est violent. Haute de 96 mètres, enveloppée d’une ­résille en béton fibré couleur pierre, la tour parallélépipédique que Rudy Ricciotti, son auteur, ­appelle « le scoubidou géant », impose son écrasante présence, surplombant la Maison du peuple de ­Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) à ­laquelle elle est accolée. Si le projet voit le jour, l’un des bâtiments les plus importants de l’entre-deux-guerres, construit entre 1935 et 1938 par les architectes Eugène Beaudouin (1898-1983) et Marcel Lods (1891-1978), assistés en particulier par le constructeur Jean Prouvé (1901-1984), risque de ne plus être que l’ombre de lui-même, oblitéré par son excroissance de 27 étages.

Cette intrusion, née de l’appel à projets ­Inventons la Métropole du Grand Paris, dont l’objectif est de créer des passerelles entre les mairies et des investisseurs potentiels, pourrait créer une situation inédite : en dépit des textes qui devraient lui garantir une nécessaire protection, jamais un bâtiment ­contemporain à haute teneur patrimoniale ne serait à ce point bafoué. « Les appétits ­suscités par la spéculation immobilière dans le cadre du Grand Paris sont-ils au-dessus des lois ? », s’interroge le conservateur général honoraire du patrimoine, administrateur de Sites & Monuments, Bernard Toulier.
Le projet, porté par le groupe Duval, prévoit d’installer dans la tour un hôtel de luxe Hyatt, un restaurant gastronomique, ainsi qu’une centaine d’appartements de grand standing avec vue panoramique. La Maison du peuple devrait, elle, être restaurée afin d’accueillir un concept de type cuisine et ­culture où cohabiteraient un pôle fooding et services et un espace de présentation des collections permanentes du Centre Georges-Pompidou, partenaire de l’opération.
La règle des abords bafouée
Bien que diffusée de manière publique à partir de l’automne 2017 (les projets ­lauréats de l’opération Inventons la Métropole du Grand Paris avaient été exposés peu après...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Notre choix du soir. A travers les musiques américaines des années 1965-1975, ce documentaire dessine les fractures de la société (sur Histoire à 20 h 40).
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TV - « Kent State et la guerre du Vietnam »

Notre choix du soir. A travers les musiques américaines des années 1965-1975, ce documentaire dessine les fractures de la société (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40

   


Période bénie pour la pop, le rock ou le folk que cette décennie 1965-1975. Ce volet de la série documentaire Soundtrack, qui retrace huit événements historiques à travers leur bande-son, rappelle, si besoin, l’importance de la musique dans la société américaine de l’époque. Jamais celle-ci n’a pris une telle place lors d’un conflit armé, aussi bien chez les soldats que parmi les civils.
Au front comme au pays, la musique est partout. Elle aide les GI à tenir le coup et les militants pacifistes à chanter leur colère. Sans oublier certains tubes « nationalistes » atypiques, comme La Ballade des bérets verts, interprété martialement par le sergent Sadler en 1966 et qui resta, pendant des semaines, en tête des ventes, devant les Rolling Stones ou les Beach Boys ! Tout au long de ce film, les tubes résonnent et leurs textes sont décryptés.
Musiciens (Bruce Springsteen, Eric Burdon, David Crosby, Joan Baez, Ben Harper entre autres), journalistes, anciens soldats témoignent tout au long de ces quarante minutes émouvantes. Et les nombreuses images d’archives, en couleurs ou en noir et blanc, rappellent la violence de l’époque : pas seulement en première ligne, lors d’une guerre atroce au-dessus de laquelle flotte l’odeur du napalm, mais aussi dans les villes américaines et sur les campus.

C’est d’ailleurs sur les pelouses de l’université d’Etat de Kent (Ohio) que, en mai 1970, ont lieu des événements qui vont profondément choquer l’Amérique. Et, par là même, voir naître un tube sortant de l’ordinaire. Les images tournées sur les lieux sont glaçantes : le 1er mai 1970, une manifestation antimilitariste sur le campus est violemment réprimée. Deux jours plus tard, face aux caméras, James A. Rhodes, gouverneur de l’Ohio, annonce : « Nous allons utiliser tous les moyens de police nécessaires pour expulser les manifestants ». Apprenant que l’école des officiers de réserve, située sur le campus, a été incendiée, il annonce : « Nous allons éradiquer le problème. »
Le 4 mai, la garde nationale est appelée en renfort. On fait croire aux uniformes verts que des agitateurs communistes préparent une révolution. Alignés en haut d’une petite colline surplombant les pelouses, les gardes nationaux pointent leurs fusils sur les étudiants. Des tirs fusent, sans sommation. On relèvera quatre morts, deux filles et deux garçons. On voit un professeur, présent sur les lieux, demander à un responsable de l’université d’arrêter le massacre. Ce dernier ne lui répond pas. Le pays est en état de choc. Apprenant la nouvelle, Neil Young prend sa guitare, compose et enregistre en une journée Ohio qu’il jouera avec ses amis Crosby, Stills et Nash. Le refrain martèle en boucle : « Quatre morts dans l’Ohio. »
Pendant des semaines, la chanson est diffusée sur toutes les radios du pays. Dans les manifestations, on peut lire sur des pancartes : « 48 700 soldats américains et quatre étudiants morts. Pourquoi ? » Le drame de Kent State marque les esprits, mais il n’est pas le seul. Comme le rappelle un témoin : « La garde nationale a aussi tiré sur des étudiants à Jackson State et South Carolina State. Mais comme se sont deux facultés historiquement à majorité noire, il y a eu moins de retentissement qu’à Kent State où ce sont des étudiants blancs qui ont été tués… »
Kent State et la guerre du Vietnam (EU, saison 1, ép. 3/8, 2017, 40 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A voir aussi ce soir. Sharmeen Obaid-Chinoy relate l’histoire vraie de Saba, jeune fille victime d’un crime d’honneur (sur Planète + CI à 21 h 00).
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TV - « Une fille dans la rivière. Le prix du pardon »

A voir aussi ce soir. Sharmeen Obaid-Chinoy relate l’histoire vraie de Saba, jeune fille victime d’un crime d’honneur (sur Planète + CI à 21 h 00).



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h30
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur Planète + CI à 21 h 00

Il aura fallu le meurtre par son frère de Qandeel Baloch, une star des réseaux sociaux au Pakistan, mais également Une fille dans la rivière, de Sharmeen Obaid-Chinoy, couronné de l’Oscar du meilleur court-métrage ­documentaire en 2016, pour que le Parlement pakistanais légifère, en octobre 2016, contre les « crimes d’honneur ». Des crimes dont les femmes sont les premières victimes. Jusqu’alors, selon une disposition du code pénal, inspiré du droit islamique, les auteurs de ces crimes pouvaient être acquittés s’ils obtenaient le pardon des proches de la victime, contre une compensation financière.

        Lire aussi :
         

                Le Pakistan durcit sa loi contre les « crimes d’honneur »



Forte d’un premier Oscar en 2012, avec Saving Face, consacré à un chirurgien revenu au Pakistan pour aider des victimes d’attaque à l’acide, Sharmeen Obaid-Chinoy a poursuivi son combat pour ­dénoncer le sort des femmes, ­tenues sous le joug de traditions archaïques. Et l’iniquité d’une loi qui protège les criminels. Comme l’illustre de manière douloureuse et souvent glaçante l’histoire réelle de Saba, l’héroïne d’Une fille dans la rivière.
C’est là, précisément, qu’aurait dû finir la jeune femme, si elle n’était parvenue, dans un dernier sursaut, à sortir du bac de toile dans lequel l’avaient jeté son père et son oncle, après qu’ils l’ont enlevée, battue et blessée au visage d’un coup de revolver. Sa faute : avoir décidé de se marier avec l’homme qu’elle aimait et non ­celui désigné par son oncle.
Pression sociale et familiale
Les deux hommes arrêtés n’exprimeront aucun regret. Question de fierté et d’honneur. Un terme qui revient comme une antienne dans leur bouche, tout comme dans celles de la mère et de la sœur de Saba. Question de peur et de soumission. Mais aussi dans les arguments des notables du quartier qui, au nom de la paix sociale, feront pression sur Saba, allant jusqu’à lui désigner un autre avocat que le sien, favorable au pardon. Aussi héroïque soit-elle – car rares sont les femmes qui portent plainte –, Saba sera contrainte de céder aux injonctions sociales et aux menaces pesant sur sa belle-famille.
Tout autant que ces crimes désormais bannis, c’est cette insupportable pression, cette loi du silence qui continue encore de tuer, que dénonce ce film où sourd la colère d’une jeune fille balafrée.
Une fille dans la rivière. Le prix du pardon, de Sharmeen Obaid-Chinoy (Pakistan, 2015, 40 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Ce duo musical nantais à l’univers inclassable est en tournée dans toute la France.
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Moon Gogo, de la cithare coréenne à volonté

Ce duo musical nantais à l’univers inclassable est en tournée dans toute la France.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h42
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Certains noms aiguisent la curiosité. Moon Gogo ? Cela ne fait pas très sérieux, mais ça pétille et interpelle. L’idée leur en est venue en triturant celui de l’instrument au centre de leur projet, le geomungo (prononcer gomungo), expliquent Federico Pellegrini et E’Joung-Ju. Réuni fin 2013 à Nantes, sur une idée du programmateur Pierre Orefice, le tandem est actuellement en tournée française, avant une escapade en ­Corée du Sud, à la rentrée, pour présenter son album Joy, paru il y a quelques mois, après un premier mini-album, International, sorti fin 2015.
« Cithare à frettes avec six cordes de soie, fabriquée en bois de ­paulownia et châtaignier, le ­geomungo est apparu en Corée au IVe siècle, mais il existait déjà en Chine, où il a disparu. Moi, j’en ignorais tout », lâche Pellegrini, ex-chanteur et guitariste des groupes rock The Little Rabbits, puis French Cowboy (celui-ci continue à exister sous forme de duo). Il ajoute :
« Je suis une vraie bille pour nommer les instruments qui ne sont pas ceux qu’on trouve dans les magasins de musique européens, mais ce que j’ai bien aimé avec le geomungo, c’est que c’est un instrument multiple. Il joue un double rôle : à la fois celui de la basse et celui d’un instrument soliste et mélodique. Elle m’a dit qu’elle était la seule à en jouer en Europe. »
« Elle », c’est E’Joung-Ju. Arrivée de Corée en France en 2008, elle choisit Nantes parce qu’on lui avait dit qu’il « y avait pas mal d’activités ». Outre Moon Gogo, elle s’y implique dans plusieurs projets, dont Keda (avec le compositeur de musique électronique Mathias Delplanque), ManaM (en compagnie du contrebassiste de jazz Sébastien Boisseau), ou encore le festival Printemps coréen (6e édition cette année), dont elle assure la direction artistique.
Cet appétit pour des terrains de jeux très diversifiés lui vient sans doute de ce voyage au Japon qu’elle a effectué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Ancien professeur à Harvard, Stanley Cavell était une grande voix de la philosophie contemporaine. Il est mort le 19 juin, à Boston, à l’âge de 91 ans.
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Le philosophe américain Stanley Cavell est mort

Ancien professeur à Harvard, Stanley Cavell était une grande voix de la philosophie contemporaine. Il est mort le 19 juin, à Boston, à l’âge de 91 ans.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h10
    |

Marc Cerisuelo







                        



                                


                            

Stanley Cavell est mort le 19 juin à Boston (Massachusetts), d’un arrêt cardiaque. C’est l’une des grandes voix de la philosophie contemporaine qui s’éteint. Le terme de voix n’est pas seulement à entendre au sens figuré, tant le mot est central dans cette pensée du scepticisme qui nous empêche d’avoir confiance en nous-même et de faire entendre, dans la vie ordinaire, la politique ou l’art, cette voix qui exprime notre singularité et nous ouvre au monde par le truchement du langage.
Héritier de Ludwig Wittgenstein (1889-1951) en ces matières, Stanley Cavell a toujours occupé une place originale dans le débat contemporain. Situé à mi-chemin des traditions anglo-saxonne et continentale, toujours enclin à ouvrir le champ du philosophique à l’art, à la musique, à la littérature, au théâtre et (surtout) au cinéma, il tenait à faire résonner un ton typiquement américain dont l’origine est à situer (et à redécouvrir) chez Emerson et Thoreau, ces penseurs transcendantalistes de la Nouvelle-Angleterre qu’il a puissamment contribué à faire redécouvrir dans toute leur radicalité philosophique et politique (voir Qu’est-ce que la philosophie américaine ?, 1988, Gallimard, 2009).
Professeur à Harvard depuis 1963, Stanley Cavell ne se destinait pourtant pas à la philosophie. Né en 1926 à Atlanta (Géorgie) dans une famille juive d’origine russe très musicienne (sa mère jouait du piano dans les cinémas), pratiquant lui-même plusieurs instruments, il ambitionne de devenir compositeur et intègre la Juilliard School après un premier cursus universitaire à Berkeley. C’est au cours de ces années new-yorkaises qu’il fait l’épreuve de ce « scepticisme vécu » (Wittgenstein) et ressent le besoin encore diffus d’une orientation nouvelle.
Un cinéphile né
Il connaît un véritable chemin de Damas en écoutant, en 1955, les fameuses conférences américaines sur les actes de langage du philosophe britannique J. L. Austin (1911-1960), qui seront plus tard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ L’opéra « Lessons in Love & Violence » de George Benjamin, est donné à Amsterdam dans le cadre du Holland Festival.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Entre passion et raison d’Etat, Edward II à l’épreuve du pouvoir

L’opéra « Lessons in Love & Violence » de George Benjamin, est donné à Amsterdam dans le cadre du Holland Festival.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h14
    |

                            Marie-Aude Roux (Londres,  envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Un immense aquarium mural peuplé de poissons multicolores, quelques tableaux de Francis Bacon, au centre un grand lit : Katie Mitchell fera tourner, quart par quart, le plateau de Lessons in Love and Violence, le nouvel opéra de George Benjamin (né en 1960), comme les faces d’un Rubik’s Cube. Un enfermement voulu par le livret de Martin Crimp, dont c’est la troisième collaboration avec le compositeur, après Into the Little Hill, en 2008, et surtout Written on Skin, créé au Festival d’Aix-en-Provence de 2012. Le synopsis s’inspire de l’histoire d’amour entre le roi d’Angleterre Edward II et le chevalier gascon Piers Gaveston, immortalisée dans la pièce subversive et homoérotique de Christopher Marlowe, en 1594.
Pris en tenailles entre sa passion et la raison d’Etat incarnée par sa femme, Isabelle, et leurs deux enfants, qu’il finira par s’aliéner, le roi doit faire face à une rébellion interne menée par son conseiller militaire, Mortimer, tandis que le pays est en proie à la famine et à la guerre. L’arrestation de son favori, dont il apprendra la mort par exécution, plongera le souverain dans une affliction abyssale (l’aquarium se videra, les tableaux décrochés se retourneront contre les murs). Trahi, destitué et jeté en prison, il se verra confisquer la couronne par Mortimer, futur époux de la reine. La mort du roi laissera le champ libre à un nouvel ordre, né de la violence et du chaos, une « leçon » apprise et tirée par son héritier légitime.
Références shakespeariennes
Créé au Royal Opera House de Londres, du 10 au 26 mai, Lessons in Love and Violence gagne l’Opéra d’Amsterdam du 25 juin au 5 juillet – il faudra attendre mai 2019 à l’Opéra de Lyon pour une première française. Plus noir et plus désespéré encore que Written on Skin, avec lequel il présente de nombreuses similitudes, ce nouvel opus de chambre en réfère également à l’univers médiéval. Mais il ajoute aux ravages de l’amour interdit et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’épopée onirique d’une talentueuse soprano française, le retour en grande forme d’un rocker miraculé, un album pop envoutant autour du gamelan…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Sélection albums : Sandrine Piau, Wilko Johnson, Susheela Raman…

L’épopée onirique d’une talentueuse soprano française, le retour en grande forme d’un rocker miraculé, un album pop envoutant autour du gamelan…



Le Monde
 |    22.06.2018 à 15h27
   





                        


Sandrine Piau/Susan Manoff Chimère Lieder et mélodies de Loewe, Schumann, Wolf, Debussy, Poulenc, Gurney, Barber, Previn, Baksa. Sandrine Piau (soprano), Susan Manoff (piano)

   


Depuis de nombreuses années, la discrète et talentueuse Sandrine Piau – mozartienne émérite, haendélienne de haut vol – poursuit une carrière exemplaire. Après Evocation (2007) et Après un rêve (2011), la soprano française et sa pianiste poursuivent, dans Chimère, leur épopée onirique. Le choix du répertoire, qui combine pièces solitaires et cycles poétiques (Fêtes galantes, Debussy-Verlaine), met également l’accent sur de bien subtiles correspondances entre répertoire français et germanique (nonobstant quelques incursions anglo-américaines : Emily Dickinson mise en musique par André Previn et Robert Baksa). La beauté de la ligne de chant couronnée d’aigus lumineux, la clarté d’une prosodie au service de l’expression, l’inspiration poétique du piano enveloppant ou discursif, tout concourt à faire de cet enregistrement un de ces instants magiques, dont on souhaite qu’ils ne finissent pas. Marie-Aude Roux
1 CD Alpha.
Sibelius & Rachmaninov Songs Mélodies de Jean Sibelius et Sergueï Rachmaninov par Jacques Imbrailo (baryton) et Alisdair Hogarth (piano)

   


Le rapprochement de Jean Sibelius (1865-1957) et de Sergueï Rachmaninov (1873-1943) ne va pas de soi, en particulier sur le terrain de la mélodie, qui ne fut cultivé que de loin en loin par le symphoniste finlandais et par le champion russe du piano. Pourtant, il se justifie parfaitement à l’écoute de ce programme où les deux compositeurs développent une expression complémentaire. Intensité ciblée pour Sibelius mais expansion graduée pour Rachmaninov, avec des exigences de contrastes et de nuances que Jacques Imbrailo satisfait en toute occasion. Si la voix du baryton sud-africain paraît plus naturellement convenir aux envolées slaves, elle est travaillée avec art pour servir dans l’excellence dramatique tant les pages isolées de Sibelius (telles que les célèbres Svarta rosor et Säv, säv, susa) que ses cycles majeurs (dont le fabuleux opus 37). Seul regret : le piano souvent anonyme d’Alisdair Hogarth. Pierre Gervasoni
1 CD Linn/Outhere Music.
Gruff Rhys Babelsberg

   


Quatre ans après l’extravagante expédition American Interior, disque concept sur les traces d’un explorateur du XVIIIe siècle en terre du Nouveau Monde, l’imagination débridée du Gallois Gruff Rhys est de nouveau à l’œuvre. Babelsberg, titre du cinquième opus solo du leader des Super Furry Animals, s’inquiète de l’actuel désordre politique de ce monde, non sans humour : sur la pochette verso du disque, Donald Trump, attablé avec le Christ, se prête à une séance de selfies. A rebours de son image de joyeux laborantin de la brit pop, Gruff Rhys livre ici un superbe album de pop folk classieuse, laissant de côté les expérimentations électro pour les orchestrations du BBC National Orchestra of Wales. The Club et Take That Call rivalisent d’élégance avec The Divine Comedy, tandis que Oh Dear ! s’essaie habilement aux cuivres latinos. Idem sur l’entêtant Frontier Man, où sa voix de baryton évoquant Leonard Cohen fait merveille. Une réussite. Franck Colombani
1 CD Rough Trade/PIAS.
Wilko Johnson Blow Your Mind

   


En 2013, le guitariste et chanteur Wilko Johnson apprend qu’il a un cancer du pancréas. Du genre à ce que son futur ne dépasse pas quelques mois. Cinq ans plus tard, guéri – miracle, selon la médecine – et après une collaboration avec le chanteur des Who, Roger Daltrey, en 2014, Wilko Johnson revient avec un nouvel album, Blow Your Mind – le précédent, Red Hot Rocking Blues, constitué de reprises, remontait à 2005. L’ancien guitariste de Dr. Feelgood a toujours ce son tranchant, cet art du riff imparable et une assise dans le blues-rock. Blow Your Mind est un disque de rock direct, sans chichis, intemporel. Avec Johnson, son complice de toujours, le bassiste Norman Watt-Roy, depuis le groupe Solid Senders, en 1978. Le batteur Dylan Howe forme avec eux une base énergique. Mick Talbot aux claviers, ex-Style Council, et Steve Weston à l’harmonica complètent le groupe – soit la formation présente sur Going Back Home avec Daltrey. A part qualifier Blow Your Mind et ses douze compositions d’excellent, on ne voit pas. Sylvain Siclier
1 CD Chess Records/Universal Music.
Susheela Raman Ghost Gamelan

   


De Debussy à Aperghis, de Messiaen à Philip Glass, Steve Reich ou, plus surprenant, au groupe de rock new-yorkais Sonic Youth (allez écouter le titre She’s Not Alone, enregistré par le groupe au début de sa carrière, à l’aube des années 1980), le gamelan en aura inspiré, des musiciens et des compositeurs. Occupant un rôle central dans les arts traditionnels de Java et Bali, cet ensemble de gongs, cymbales et autres métallophones a captivé la magnétique chanteuse anglaise Susheela Raman et son complice, le guitariste Sam Mills. Ils en ont fait l’axe central de ce nouvel album, une sève vivifiante qu’ils sont allés collecter sur place, dans la ville de Solo (Surakarta), au centre de Java, auprès du compositeur de gamelan contemporain javanais Gondrong Gunarto. En habillant leurs compositions et chansons de cette matière ondoyante, ils ont créé un album de pop envoûtante et raffinée, où s’entremêlent sensations d’envol et de plongée en eaux profondes. Patrick Labesse
1 CD Naïve/Believe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Des plans de machine prodigieux exposés à la galerie Christian Berst, et une série de « Peintures en flaque » à la galerie Almine Rech.
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Sélection galeries : Jean Perdrizet et John M Armleder à Paris

Des plans de machine prodigieux exposés à la galerie Christian Berst, et une série de « Peintures en flaque » à la galerie Almine Rech.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h56
    |

                            Emmanuelle Lequeux et 
                            Philippe Dagen








                        


Jean Perdrizet à la galerie Christian Berst

   


Jean Perdrizet (1907-1975) travaille aux Ponts et Chaussées quand il se découvre, à 24 ans, inventeur – inventeur prodigieux de systèmes et de machines dont l’efficacité serait ­proportionnelle à la complexité. Cette révélation lui fait perdre son emploi en 1939, et il passe le reste de sa vie à concevoir des moteurs et des structures. Il en dessine et colorie les plans, de plus en plus vastes, dont le moindre élément est longuement expliqué par des commentaires tout aussi impénétrables que ses schémas. Il y a là « l’hélicoptère à dissymétrie centrifuge » et le « théodolite à quatre piles ricochant sur les bords ». Il ne recule pas non plus devant la rédaction d’un Traité de géométrie ­analytique électrique. Il adresse ses fabuleuses nouveautés au CNRS, à la NASA, à l’Unesco ou au Vatican. Mais personne, dans ces tristes institutions, ne prend la mesure de son génie et ne lui répond. Aujourd’hui, non seulement on demeure captivé par l’élégance de ses dessins, l’étendue de son imagination et sa rhétorique inépuisable, mais on reconnaît en son œuvre l’une des manifestations les plus ­pures et les plus accomplies du développement des sciences et des techniques qui ­caractérise le monde depuis deux ­siècles. Perdrizet, qui aurait passionné Roussel et Duchamp, est la figure allégorique parfaite de la modernité, qui est devenue folle bien plus que lui. Philippe Dagen
Deus ex machina 2, Galerie Christian Berst, 3-5, passage des Gravilliers, Paris (3e). Tél. : 01-53-33-01-70. Du mardi au samedi de 14 heures à 19 heures. Christianberst.com. Jusqu’au 13 juillet.
John M Armleder à la galerie Almine Rech

   


La peinture de John Armleder est un étonnant mix entre la rutilance d’une carrosserie et la fulgurance d’une lave volcanique. Un mariage entre le bêtement domestique et la force tellurique. Le plasticien suisse en fait plus que jamais la démonstration avec cette exposition, qui dévoile ses dernières toiles : des coups de poing assenés au bon goût, comme le facétieux sexagénaire en a si souvent porté. Mais des coups de poing tels qu’on en redemande ! Jaillissements de paillettes et coulures maîtrisées, cicatrices à vif et épidermes lisses, splashs et clashs… Et soudain, la quiétude d’une aurore boréale, la rondeur d’une colline. Portées sur des murs monochromes, envahies souvent de gadgets plastique (Hulk, scorpions et dinosaures en tout genre), ces séries fraîchement sorties de l’atelier s’amusent à déjouer le regard ; elles surprennent à chaque pas, rejouant toute l’abstraction du XXe siècle, comme une pantomime. Emmanuelle Lequeux
John M Armleder. Galerie Almine Rech, 64, rue de Turenne, Paris 3e. Tél. : 01-45-83-71-90. Du mardi au samedi, de 11 heures à 19 heures. Alminerech. com. Jusqu’au 28 juillet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’émission emblématique de Canal+ est diffusée pour la dernière fois vendredi, après trente ans de présence à l’antenne.
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Ecran noir pour « Les Guignols »

L’émission emblématique de Canal+ est diffusée pour la dernière fois vendredi, après trente ans de présence à l’antenne.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h21
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h51
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Ecran noir. Vendredi 22 juin, à 20 h 30, les fameuses marionnettes en latex font leurs adieux à la télévision. Ce soir-là, Canal+ diffuse en clair pour la dernière fois « Les Guignols », après trente ans de présence à l’antenne. Une éternité déjà. Au revoir les mythiques « PPD », « Putain, deux ans », « Ah que coucou », « Reviens JPP reviens », « Supermenteur », « Ah tchao bonsoir », « M. Sylvestre »… Aucune colère du côté des personnalités qui ont donné vie à ce pastiche satirique d’un journal télévisé, juste de la tristesse et un sentiment d’infini gâchis. « C’était attendu. C’était comme être au chevet de quelqu’un qui a été malade depuis longtemps », reconnaît Yves Le Rolland, producteur historique (de 1995 à 2016).
« C’est une page qui se tourne, dit Patrick Poivre d’Arvor, l’ancien présentateur du journal télévisé de TF1, dont la marionnette à son effigie a été « le visage » de ce divertissement. Je n’ai pas demandé à figurer aux “Guignols”, mais j’ai aimé qu’ils m’accompagnent, même si je n’ai jamais vraiment regardé ce programme. D’ailleurs, je pensais qu’ils avaient disparu des radars depuis longtemps. » Quant à Ahmed Hamidi, un des auteurs (de 2000 à 2008), il se dit « forcément déçu » de la mort de l’émission emblématique de la chaîne cryptée : « Je pense que ce programme a été un formidable jouet qu’on a abîmé de façon chirurgicale », dit-il. Difficile de le contredire…
« “Les Guignols de l’info”, c’est une institution », explique un collaborateur historique qui demande l’anonymat. « Cette émission a été une alchimie entre différents corps de métiers. Elle avait le souci de la mise en scène, qui pouvait rivaliser avec le cinéma, ajoute-t-il. C’est la fin d’une performance artistique quotidienne. »
L’un des programmes les plus impertinents
Lancé le 29 août 1988, l’émission « Les Arènes de l’info » – rebaptisée « Les Guignols de l’info » en 1990 – s’impose très vite comme l’un des programmes les plus impertinents de la télévision française suivi, chaque jour, par plus de 3 millions de téléspectateurs. Politiques, chanteurs, sportifs, bref les plus grandes personnalités – de Jacques Chirac à Jean Paul II, en passant par Bernard Tapie ou Johnny Hallyday – ont eu droit à leur marionnette. Certains ont plus apprécié que d’autres d’être moqués quotidiennement à 19 h 57 dans l’émission « Nulle part ailleurs ».

   


« Il paraît que c’était chic d’avoir sa marionnette, se rappelle Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1 (de 1988 à 2008) qui a eu sa caricature. Je ne regardais pas l’émission, mais tout le monde me disait que j’en prenais plein la gueule. Un jour, “Les Guignols” ont traité ma chaîne de “boîte à cons” : on peut être irrévérencieux sans être injurieux. Son arrêt ne me fait rien du tout : ne me demandez pas de verser une larme. » 
« Il a été difficile de résister aux assauts des patrons de TF1 qui voulaient que j’attaque “Les Guignols” en justice », Patrick Poivre d’Arvor.
Un jour, M. Le Lay a, pourtant écrit aux auteurs pour leur demander un best of : « Comme ils parlaient de TF1, je voulais voir ça, mais ils ne m’ont jamais rien envoyé. En plus, ils sont malpolis », dit-il dans un sourire. « Il a été difficile de résister aux assauts des patrons de TF1 qui voulaient que j’attaque “Les Guignols” en justice parce qu’ils me faisaient dire des choses peu convenables, et de mes avocats aussi, qui voulaient que je leur réclame des royalties. Il en était hors de question », confie Patrick Poivre d’Arvor.
L’ancien footballeur Jean-Pierre Papin se souvient d’avoir été raillé par ce programme qui l’a fait passer pour un benêt : « Ma famille en a souffert, mais au final l’émission a contribué à ma popularité », dit-il beau joueur. Controverses et polémiques, « l’émission a beaucoup dérangé », se souvient Ahmed Hamidi. Il suffit de lire le récent tweet de Nadine Morano, députée européenne Les Républicains, qui se réjouit de la fin du programme, pour comprendre à quel point « Les Guignols » ont pu excéder une partie de la classe politique : « Quelle joie ! Bien fait ! Pas d’enterrement, crémation directe ! Ni couronne ni fleur, mais une plaque : “bêtes et méchants”. Bon débarras ! »
Place à Kanye West et Kim Kardashian…
Depuis la reprise en main de Canal+ par Vincent Bolloré, à l’été 2015, l’émission avait perdu de sa superbe. Le programme « Les Guignols de l’info » est renommé « Les Guignols » et ne sera plus une caricature d’un JT. Place, désormais, à une nouvelle génération de marionnettes, telles que Kanye West ou Kim Kardashian, censées attirer un nouveau public. « A cette époque, nous faisions encore plus de deux millions de téléspectateurs et nous gagnions de l’argent », se souvient Yves Le Rolland, qui sera viré en 2016 après plus de vingt ans aux commandes du programme.
Indigestes, convenus, « Les Guignols » ne font plus rire. Le programme est diffusé en crypté à 20 h 50, avant de réapparaître en clair. Conséquence, les audiences s’effondrent. Aujourd’hui, moins de cent mille personnes regardent encore l’émission. « En deux ans, les audiences ont été divisées par vingt ! », souffle M. Le Rolland. « A partir du moment où ça ne parlait plus politique et que ce n’était plus la caricature d’un JT, l’émission n’avait plus de sens, analyse M. Hamidi. Je ne suis pas partisan du “c’était mieux avant”, mais ce n’est pas bien maintenant. » De plus, son budget a été divisé par cinq, passant de 15 millions par saison à la belle époque à 3 millions aujourd’hui.

   


La fin d’une époque
Pour les différents collaborateurs des « Guignols », la fin de cette émission met en lumière un échec éditorial. « Mais il ne faut pas y voir un plan machiavélique de Bolloré pour faire disparaître “Les Guignols”, il a juste voulu imposer ses idées. Il y croyait, précise M. Le Rolland. Je pensais, comme Alain De Greef [ancien directeur des programmes de Canal+] que “Les Guignols” étaient un programme immortel. Quoi qu’il en soit, je suis nostalgique d’un passé très heureux où il y avait plus d’impertinence et de liberté. Nous avons eu de la chance de connaître cette période. »
Il y a deux semaines, la famille des « Guignols » (quelque deux cents personnes) s’est réunie près de Paris pour boire à la santé du programme. « C’était festif comme moment. Ce qui me fait beaucoup de peine, c’est que l’émission disparaisse dans l’indifférence totale », dit en soupirant un ancien technicien. « L’émission a été dénaturée, personne n’ira dans la rue manifester pour réclamer son retour », regrette Ahmed Hamidi.
Le 31 août, cette famille devrait se retrouver, à nouveau, pour célébrer les 30 ans des « Guignols ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Maniant la vidéo, la céramique ou la tapisserie, la vidéaste transgresse les règles avec ses œuvres malicieuses et poétiques. Elle a imaginé, pour le Palais de Tokyo, à Paris, un jardin plein de surprises.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                
                                       
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Laure Prouvost ou l’art de l’autodérision


                      Maniant la vidéo, la céramique ou la tapisserie, la vidéaste transgresse les règles avec ses œuvres malicieuses et poétiques. Elle a imaginé, pour le Palais de Tokyo, à Paris, un jardin plein de surprises.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h36
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        

Si elle est l’une des artistes françaises les plus en vogue – une exposition qui a démarré ce 22 juin au Palais de Tokyo et la charge du pavillon hexagonal à la Biennale de Venise en 2019 –, Laure Prouvost emprunte beaucoup à deux autres pays : la Belgique et le Royaume-Uni. Celle qui partage sa vie entre Anvers et Londres manie un humour hybride, tendre et lunaire façon Marcel Broodthaers, célèbre artiste amateur de moules, mais aussi la satire bon enfant des Monty Python. Comme ces figures tutélaires, elle ne se cantonne pas à un seul genre et investit avec un égal bonheur la vidéo, la céramique ou la tapisserie.
Etudiante à Central Saint Martins et Goldsmiths College
Née en 1978 à Croix, dans le Nord, elle a gardé de la France une certaine idée de la complexité. Son père est un héritier de la bourgeoisie industrielle de la région, mais néanmoins original et athée, tandis que sa mère, enseignante, est très catholique. Sa formation obéit au même grand écart : éducation classique à l’Institut Saint-Luc de Tournai, avant le doublé gagnant dans les très libres Central Saint Martins et Goldsmiths College, à Londres. En Angleterre, elle rencontre un enseignant gentiment perché, l’artiste conceptuel Jonathan Latham, dont elle devient l’assistante. Son diplôme en poche, Laure Prouvost jongle pendant dix ans entre l’art et les petits boulots. Jusqu’à ce qu’elle remporte en 2013, à 35 ans, le prestigieux Turner Prize, la plus importante récompense décernée à un artiste au Royaume-Uni. « Je ne suis pas la parfaite Française, mais le Turner Prize m’a rendue française parce que la France s’en est emparée », confie-t-elle.

Biennale de Lyon, Consortium de Dijon, château de Rochechouart : d’un coup, l’Hexagone la prend dans ses bras. Elle rejoint les galeries Nathalie Obadia (Paris et Bruxelles), Lisson (Londres et New York) et Carlier-Gebauer (Berlin). Pour garder les pieds sur terre tout en se réjouissant de tout ce qui lui arrive, elle...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Otis Redding, Isaac Hayes…  De 1958 à 1975, à Memphis, Stax Records découvre des pointures de la soul et fourni la bande-son du mouvement pour les droits civiques. Depuis 2000, l’Academy transmet l’esprit du label à des jeunes de cette ville pauvre.
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La Stax Academy ranime la soul de Memphis


                      Otis Redding, Isaac Hayes…  De 1958 à 1975, à Memphis, Stax Records découvre des pointures de la soul et fourni la bande-son du mouvement pour les droits civiques. Depuis 2000, l’Academy transmet l’esprit du label à des jeunes de cette ville pauvre.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h05
    |

                            Clémentine Goldszal








                              

                        

Il y a des grands-mères chapeautées, des hommes grisonnants ceints dans des costumes de couleur vive, des petites en jupe à volants qui cavalent entre les jambes de leurs parents. Ce 29 avril, des dizaines de familles afro-américaines de Memphis (Tennessee) ont convergé vers le Clayborn Temple, à quelques minutes de l’agitation de la célèbre Beale Street, la principale artère touristique de la ville, bordée de magasins de souvenirs et de restaurants de barbecue.
Sur le parvis de l’église, plusieurs sculptures, érigées il y a quelques mois par la ville, rendent hommage à Martin Luther King, assassiné à quelques centaines de mètres de là, au Lorraine Motel, le 4 avril 1968.
Un temple ressuscité
Cinquante ans plus tard, l’église où le pasteur donna l’un de ses derniers discours est en passe de ressusciter après des années d’abandon. Entre des bâches qui soutiennent la toiture fragile et des pans de mur arrachés révélant la pierre, des dizaines d’adolescents en costume noir, bretelles et nœud papillon rouge pour les garçons, robe noire pour les filles, s’apprêtent à chanter des classiques de la soul music.
Ce dimanche de printemps, le Clayborn Temple accueille le concert de fin d’année de la Stax Music Academy, l’école de musique du célèbre label soul qui fit découvrir au monde les voix de Mavis Staples, Otis Redding ou Isaac Hayes.

Sandra Hamilton, 66 ans, reprend son souffle. Ses yeux se remplissent de larmes au souvenir de ce qu’elle a vécu ici même il y a un demi-siècle. « J’ai été baptisée dans cette église, explique-t-elle. Ma mère était une militante des droits civiques. Elle nous emmenait aux manifestations, ma sœur et moi. Quand nous avons été gazées par la police, en 1968, nous nous sommes réfugiées ici et avons entendu le discours du révérend King. Il était à Memphis pour marquer son soutien au mouvement social des éboueurs noirs de la ville… »

Elle est venue aujourd’hui en famille...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Quelque 1 500 visiteurs se sont déhanchés dans la cour du palais présidentiel en écoutant Kavinsky, Busy P ou encore Chloé.
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DJs, bière sans alcool, tee-shirt revendicatif... Quand l’Elysée fête la musique

Quelque 1 500 visiteurs se sont déhanchés dans la cour du palais présidentiel en écoutant Kavinsky, Busy P ou encore Chloé.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h11
    |

            Virginie Malingre








                        


« Do not try to get rich, that’s impossible (…). Do not try to escape poverty, that’s impossible » : les paroles du morceau d’ouverture de la Fête de la musique à l’Elysée, jeudi 21 juin, qu’avait choisi Chloé, n’étaient pas très macronistes. Pendant quelques heures, dans la cour du palais présidentiel, il n’a plus été question d’« émancipation » ou de « premier de cordée ». Mais on y a dansé aux accents de la musique mixée par des artistes branchés de la scène électro française.
Sur les platines installées en haut des marches, là où le chef de l’Etat a l’habitude d’échanger des poignées de main avec les dirigeants du monde entier, se sont succédé, à partir de 20 heures, Chloé, Cézaire, Kiddy Smile, Kavinsky ou l’ancien manageur des Daft Punk, Busy P.
« Fils d’immigré, noir et pédé »
Dans une ambiance bon enfant, quelque 1 500 visiteurs – ceux qui s’étaient inscrits les premiers sur le site ouvert pour l’occasion – se sont déhanchés quand ils ne prenaient pas des selfies. Dans une buvette, ils pouvaient acheter de la bière sans alcool pour 3 euros – dans un gobelet collector « L’Elysée Fête de la musique » – et des paniers repas pour 10 euros.
Brigitte Macron est passée brièvement en début de soirée, photographiée par des centaines de smartphones. Elle est revenue un peu plus tard, aux côtés de son époux et de la ministre du travail, Muriel Pénicaud. Le président avait choisi le moment où la star Kavinsky avait pris les platines pour faire son apparition.
Il n’était plus là quand Kiddy Smile est monté sur la scène. Casquette orange vissée sur la tête, le musicien portait un tee-shirt noir avec l’inscription « Fils d’immigré, noir et pédé », en signe de protestation contre la loi asile et immigration. L’artiste militant avait prévenu sur son site Facebook qu’il profiterait de l’occasion pour s’opposer à ce texte et qu’il reverserait son cachet de 1 500 euros à une association d’aide aux migrants. La veille, il avait tenu à expliquer sa démarche, alors que « beaucoup de gens, qui suivent ce que je fais, ont pu être choqués et consternés par ma présence à la Fête de la musique de l’Elysée ». Décidément pas très macroniste, tout ça.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ « Arbitrage vidéo » épisode 2. Etienne Labrunie s’est infligé les débriefings de BFM, CNews et LCI après France-Pérou. Il refait le match de ceux qui refont le match.
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Coupe du monde sur les chaînes info : « Je vous propose de revoir le but pour la 647e fois »

« Arbitrage vidéo » épisode 2. Etienne Labrunie s’est infligé les débriefings de BFM, CNews et LCI après France-Pérou. Il refait le match de ceux qui refont le match.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 10h47
    |

                            Etienne Labrunie








                        


Le plan de jeu

   


BFM Foot (n°15)
Tout est dans le nom, fruit d’un audit interne de la cellule marketing de BFM Business. Priorité au football. La chaîne d’info du groupe Altice Media, qui a décroché l’exclusivité des droits de la Ligue des champions et de la Premier League anglaise, met le paquet et « en édition spéciale ».
Et priorité à l’expertise. Un plateau où anciens footeux et spécialistes rivalisent d’analyses, se coupent la parole, causent « 4-2-3-1 », « sentinelle » ou pas devant la défense, et il « faudra quand même qu’on m’explique »… Et à la fin, Christophe Dugarry bougonne.
« Destination Moscou » - CNews (n°16) 
Gros travail de naming là encore. CPascal Praud ou Foot Praud auraient bien trouvé leur place dans la grille du multi-animateur qui présente le matin « L’Heure des pros ». « Parler foot en ouvrant un peu le débat avec de l’humeur et de la polémique », explique le Praud. En l’ouvrant mais sans trop l’élever non plus. Du coup, tout le monde se coupe la parole, cause « 4-2-3-1 », d’Olivier Giroud en « pivot » dans la défense adverse, et « à ce niveau-là, ça ne pardonne pas ». Et à la fin, Pascal Praud marque contre son camp.
Prolongations – LCI (n°26)
Ici, on prolonge le match (de TF1) et les mags (de TF1). En plateau, des consultants (de TF1) et toutes les images en exclusivité (« la seule chaîne info à proposer en clair les images de la compétition »), mais souvent vues… sur TF1. Une émission plus éditorialisée, avec beaucoup d’images (c’est vrai), des interviews, un bandeau EXCLUSIF et… des analyses. Des spécialistes et des invités people qui finissent quand même par, sans se couper la parole, causer « 4-2-3-1 », défenseur qui « coulisse » dans son couloir, et « doit-on s’inquiéter pour nos Bleus qu’on a en exclusivité ? » Et à la fin, si la France gagne, le groupe (TF1) vit bien.
Compo des équipes
BFM
La « dream team » autoproclamée, le nom donné à l’équipe des consultants éparpillés sur les antennes du groupe. Sélectionnés de la fin d’aprem : Willy Sagnol, Eric Di Meco et Jean-Michel Larqué, en roue libre pour sa dernière Coupe du monde. Avec eux, deux journalistes de RMC.
Le coaching est assuré par Jean-Baptiste Boursier, ex- « Grand Angle » le soir sur BFM, prochain animateur de « Champions Zone » (les soirs de Ligue des champions) sur la future RMC Sport. « Mon Dieu, qu’on a souffert, mais l’essentiel est là, ouf ! » 

   


CNews
Pascal et les pros. Un maximum de consultants pour ce deuxième match. Ceux de Canal+, bientôt en manque de jeu après la fuite des droits du foot de la chaîne cryptée : Alain Roche, Sidney Govou, Jean-Luc Arribart et Marc Libbra. Et puis Gilles Verdez, loin de son mentor Cyril Hanouna mais assez proche du ridicule quand même : « Nous sommes en huitièmes de finale, c’est extraordinaire, c’est un jour de liesse pour le pays ! » Aux platines, c’est Pascal qui envoie le son : « Qu’est ce que vous taillez, les anciens pros, j’adore ! »
LCI
Moins de monde en tribunes. Les consultants vedettes réquisitionnés sur TF1, c’est Christophe Jallet, « défenseur international de l’OGC Nice », qui s’occupe de la technique. Des journalistes et deux personnalités de la société civile avec Dany Cohn-Bendit (qui fait le show) et Raphaël Mezrahi.
Patrick Chêne est à la baguette (« Je peux en placer une, oui ? ») mais se fait constamment couper la parole par les joueurs de l’équipe de France interviewés (en exclu). Il ironise même à la fin : « Je vous propose de revoir le but pour la 647e fois. »
L’Ambiance
BFM
« Pas tous en même temps. » « Écoutez-vous les uns, les autres ». « Il y a un avis de recherche pour Lemar ? » « Moi, si j’étais Deschamps… » « J’ai dit moyen pour être gentil ». « En 2e mi-temps, le Pérou a envoyé les pieds. » « Dans quel état est Sidibé ? »
CNews
« Arrête Gilles. » « Vous y croyez vraiment à cette équipe ? ». « Arrête Gilles. » « On a vu du mieux. » « C’est DD la chance. ». « Il y a aussi des choses qui nous ont inquiétés. » « Gilles, tu surjoues ! »

   


LCI
« Il semblerait, je dis bien il semblerait… ». « L’essentiel, c’est les six points. ». « On retourne tout de suite auprès des Bleus. » « Qui veut prendre la parole ? » « Priorité aux joueurs ». « Dany, il y a votre portable qui sonne. » « Mettons-nous en perspective. »
Résultat
Un match équilibré et franchement copieux. Même formule pour BFM et C News, avec technico-tactique à volonté. A ce jeu-là, BFM prend le dessus, bien campée sur son « équipe de rêve ». Question fonds de jeu, avantage à LCI qui se démarque avec ses duplex, ses reportages, ses rubriques, ses insolites, mais reste prisonnier de droits à rentabiliser. A suivre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Les sujets de thèse des grands acteurs de l’enseignement supérieur et de l’éducation.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’artiste congolais, qui a créé un studio et un lieu de formation à Brazzaville, se produit avec sa troupe à La Villette les 22 et 23 juin.
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DeLaVallet Bidiefono, chorégraphe monstre

L’artiste congolais, qui a créé un studio et un lieu de formation à Brazzaville, se produit avec sa troupe à La Villette les 22 et 23 juin.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 09h26
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 11h13
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

La voix est joyeuse, débordante de vitalité. Elle s’emballe dans un rire, se détend par vagues. Le chorégraphe DeLaVallet Bidiefono, 38 ans, va bien. Depuis 2009 et son explosion aux Francophonies en Limousin avec Empreintes/On posera les mots après, tout file, et vite, pour ­l’artiste congolais, dont l’énergie âpre a su conserver son sens positif. Il est, pour la première fois, à l’affiche de la Grande Halle de La Villette, les vendredi 22 et samedi 23 juin, avec sa nouvelle pièce, Monstres/On ne danse pas pour rien, pour dix ­danseurs et trois musiciens, dont deux batteurs. Deux soirées ­express et un challenge gros comme 850 spectateurs par ­représentation. De quoi affoler la boussole. « J’ai la sensation d’être arrivé quelque part, confie-t-il. La Villette est pour moi un lieu mythique, et je mesure le chemin ­parcouru depuis mes débuts. »

DeLaVallet Bidiefono débarque avec la Compagnie Baninga (« les amis » en lingala), créée à Brazzaville (République du Congo), en 2005. Annoncé « très punk, très rock et joyeux » Monstres/On ne danse pas pour rien, est « une fête ». On y célèbre la construction, en 2015, d’un studio de répétition, l’Espace Baning’Art, dans la banlieue de Brazzaville. « Les ­interprètes, ainsi que le chef de chantier Hafid Chouaf, qui sont avec moi sur scène, ont bâti cet espace sur une parcelle de terre, explique le chorégraphe. Le plateau est en béton, abrité sous un préau. On n’a peut-être pas de murs, mais on a nos corps qui se battent. » Il se dresse aussi « contre les dirigeants qui nous jettent des peaux de banane sous les pieds et ne font rien. Ce sont les artistes qui construisent en Afrique, sans aucune aide. » Mais qui sont les monstres alors ? « Nous, les danseurs, s’exclame Bidiefono. On s’appelle ­souvent comme ça entre nous. On est des monstres positifs ! »
Autodidacte
Aujourd’hui entre Brazzaville...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Avec « Xenos », le chorégraphe a imaginé une escalade symbolique pour représenter le combat d’un soldat indien pendant la première guerre mondiale. A découvrir les 26 et 27 juin.
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Festival Montpellier Danse : Akram Khan sur la corde raide


                      Avec « Xenos », le chorégraphe a imaginé une escalade symbolique pour représenter le combat d’un soldat indien pendant la première guerre mondiale. A découvrir les 26 et 27 juin.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h38
    |

                            Rosita Boisseau








   


C’est décidé. Le danseur et chorégraphe Akram Khan, en vedette au Festival Montpellier Danse, qui démarre ce 22 juin, met un point final à sa carrière d’interprète avec un solo, Xenos. « Je ferai encore sans doute quelques apparitions dans des pièces courtes mais plus de spectacles longue durée, explique-t-il. Mon corps ne peut plus le supporter. Le travail et l’entraînement pour danser Xenos sont terriblement exigeants. »
A 43 ans, l’artiste, né à Londres de parents immigrés du Bangladesh en 1971, expert en kathak, danse du nord de l’Inde, s’est donc jeté un défi ultime avec cette pièce multicouche. « Xenos signifie étranger en grec, et se veut une réponse à ce qui se passe aujourd’hui dans le monde, raconte-t-il. J’ai choisi de parler de ces soldats indiens, généralement des paysans, qui ont été enrôlés de force dans les armées de l’Empire britannique et sont venus par milliers faire la première guerre mondiale en Europe. » Des hommes qui ont disparu des livres d’histoire. « J’ai eu envie de faire entendre leurs voix oubliées. Parallèlement, j’évoque aussi le mythe de Prométhée qui devient évidemment une métaphore. » 
« Il s’agit d’une sorte de montagne ou de volcan que j’escalade. C’est à partir du décor que j’ai véritablement commencé à créer le spectacle. »
Depuis la création de sa compagnie en 2000, Akram Khan n’a cessé de surprendre. Celui qui a commencé à danser à 7 ans, participé à 13 ans au Mahâbhârata de Peter Brook, slalome avec talent entre les catégories. Parallèlement à des pièces de kathak pur, il règle des spectacles contemporains, joue les partenaires de stars comme Sylvie Guillem ou Juliette Binoche. Pour Xenos, il s’est entouré d’une équipe de collaborateurs de choc comme le compositeur Vincenzo Lamagna et l’écrivain Jordan Tannahill. Avec eux, Akram Khan a plongé dans les archives du conflit, compulsé les images, les documents, les films. « Nous avons lu des poèmes écrits par des soldats et avons imaginé la scénographie, précise-t-il. Il s’agit d’une sorte de montagne ou de volcan que j’escalade. C’est à partir du décor que j’ai véritablement commencé à créer le spectacle. »
Lire aussi : En un solo magique, Akram Khan remonte le fil originel de sa danse
Il y endosse le rôle d’un de ces militaires indiens envoyés comme chair à canon sur un front très lointain. « L’une des questions lors de l’élaboration de la pièce était la suivante : comment avec un seul corps, une seule personne, représenter ces milliers de disparus, poursuit-il. Il fallait que mon personnage soit très particulier et très ouvert, personnel et universel à la fois. J’ai imaginé que j’étais un jeune danseur en Inde, qui doit partir à la guerre. » Sur scène, cinq musiciens sont juchés sur la montagne, surplombant l’interprète dont la voix off plane. Pour résister à ce qui ressemble à une épreuve de force, Akram Khan a dû s’endurcir. « Au tout début des répétitions, j’étais excité par la scénographie, et puis j’ai réalisé que c’était très dur de grimper et j’ai cru que je n’allais pas résister physiquement, confie-t-il. J’ai pris conseil auprès de gymnastes, et j’ai adopté un entraînement spécifique pour mes jambes et mes épaules. Mais le spectacle reste néanmoins un combat. »
Six ans après son premier solo, Desh (« terre natale »), qui traçait ses origines au Bangladesh entre fiction et réalité, Akram Khan poursuit l’écriture d’une histoire personnelle chahutée en dégageant l’espace d’un nouveau conte sur « ce qui fait de nous des êtres humains ».
« Xenos », de et avec Akram Khan, Opéra Berlioz-Le Corum, Montpellier Danse, Montpellier. Les 26 et 27 juin. www.montpellierdanse.com



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ La manifestation met en lumière une cinquantaine d’artistes, pour la plupart inconnus, venus majoritairement d’Afrique, d’Amérique latine, des Caraïbes…
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Des œuvres comme des herbes folles à la Biennale de Berlin

La manifestation met en lumière une cinquantaine d’artistes, pour la plupart inconnus, venus majoritairement d’Afrique, d’Amérique latine, des Caraïbes…



Le Monde
 |    22.06.2018 à 09h10
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

Classer les artistes par ordre alphabétique de leur prénom, plutôt que leur nom, c’est déjà un signe. Refuser d’indiquer leur nationalité ? Le signe est plus fort encore. Surtout à l’heure où le monde de l’art a besoin de toujours plus de filtres, considérant les créateurs en fonction de leur origine, de leur genre, de leur âge. La Biennale de Berlin a fait un choix fort en évacuant ces grilles de lecture.
Certes, l’immense majorité de ses invités viennent d’Afrique, des Caraïbes ou d’Amérique latine ; les femmes y figurent à un pourcentage extrêmement élevé. Ce double label a déjà servi d’étendard à des dizaines d’expositions. Mais, ici, vraiment, ce n’est pas la question. Il suffit d’évoquer la place majeure accordée au « deuxième » sexe devant la commissaire de cette biennale singulière, la Sud-Africaine Gabi Ngcoco : yeux ronds, et réponse sarcastique. « Non, je ne sais pas, oui, peut-être ? Ça ne m’intéresse pas, d’ailleurs moi-même je me pose la question de changer de sexe… » Une biennale postcoloniale ? « Non ! Nous sommes tous postcoloniaux, c’est notre condition au quotidien. » Ou comment renvoyer dans les cordes une lecture tellement XXe siècle.
Sensation de flottement
C’est donc vierge de tout a priori qu’il faut découvrir la cinquantaine d’artistes dispersés entre l’Akademie der Künste, le KW et le ZK/U. Des quasi-inconnus, pour la plupart, qui ont échappé au radar des musées et des galeries. Ils apparaissent comme ces herbes folles disséminées dans le bâtiment brutaliste de l’académie par Sara Haq. Plantées dans le plancher de bois, jaillissant incongrues et hors sol, elles dégagent une intense poésie. De même que les digressions géométriques de Johanna Unzueta : héritières de la pionnière de l’abstraction Hilma af Klint, mais aussi des techniques de pigmentations artisanales comme l’indigo, elles lévitent sur des plaques de verre, s’offrant sur leurs deux faces.
Sensation de flottement ? C’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ L’ancien PDG du groupe de luxe Kering est un amateur d’art contemporain aussi passionné qu’influent. En attendant l’ouverture de son musée à la Bourse de commerce de Paris, en 2019, une partie de sa collection s’expose à Rennes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤             
François Pinault, le collectionneur 
                  
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Le Monde
 |
                  22.06.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 15h20


L’ancien PDG du groupe de luxe Kering est un amateur d’art contemporain aussi passionné qu’influent. En attendant l’ouverture de son musée à la Bourse de commerce de Paris, en 2019, une partie de sa collection s’expose à Rennes.

Par             Raphaëlle Bacqué





                     

Il n’a fallu que quelques dizaines de minutes pour quitter les beaux quartiers de Manhattan, où François Pinault possède un vaste appartement littéralement tapissé de tableaux. La berline noire a remonté Lexington Avenue vers le nord, glissant jusqu’aux rues plus pauvres de Harlem. On jurerait que le quartier n’abrite que des entrepôts, mais il y a là, nichée dans une usine de quatre étages, une galerie où le milliardaire a rendez-vous.
Une formidable visibilité
En descendant sur le trottoir, il a cette phrase : « Si je n’avais pas aimé l’art, je serais resté dans ma Bretagne. » Comme si ces quelques miles entre deux mondes mesuraient cet autre chemin invisible, de la ferme de son enfance à Trévérien à l’univers restreint des plus grands collectionneurs d’art contemporain.
La veille, Caroline Bourgeois, son élégante conseillère, est venue en repérage et convenir de cette visite privée alors que la galerie n’est pas encore ouverte au public. C’est là que la Gavin Brown’s Enterprise expose les sculptures, photos et vidéos d’Arthur Jafa, un de ces artistes afro-américains qui nourrissent les nouvelles méditations de l’« Amérique noire ». Jafa est là, justement, timide et discret. Presque pétrifié par la présence de cet acheteur français dont la fortune et les « musées » à Venise et à la Bourse de commerce de Paris, à l’automne 2019, peuvent offrir une formidable visibilité.
« S’il s’intéresse à un artiste, il y a de bonnes chances pour que tout le marché s’y intéresse ensuite. » Alain Seban, ancien patron du Centre Pompidou
« Vous me direz ce qu’il a acheté », a réclamé, quelques jours auparavant, l’air dégagé, un marchand d’art français apprenant ce voyage à New York au beau moment des foires et des ventes dans les galeries privées. « S’il s’intéresse à un artiste, il y a de bonnes chances pour que tout le marché s’y intéresse ensuite », nous a prévenus Alain Seban, l’ancien président du Centre Pompidou, à Paris...





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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Judas Priest, Alice in Chains, Hollywood Vampires, Body Count, Joan Jett… plus de 150 formations de musique metal vont se produire de vendredi à dimanche à Clisson.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/06/2018
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Les dix groupes à voir au Hellfest

Judas Priest, Alice in Chains, Hollywood Vampires, Body Count, Joan Jett… plus de 150 formations de musique metal vont se produire de vendredi à dimanche à Clisson.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h30
    |

            Franck Colombani








                        


La 13e édition du Hellfest se déroule à Clisson en Loire-Atlantique du vendredi 22 au dimanche 24 juin. Plus de 150 groupes de musique metal et ses dérivés (hard rock, thrash, punk, death et black metal, hardcore, stoner, indus…) s’y produisent à guichets fermés, avec en clôture les Britanniques Iron Maiden flanqués de leur légendaire mascotte Eddy. Au sein de cette programmation pléthorique, voici une sélection subjective des dix formations à ne pas rater lors de ces trois jours placés sous le signe des grosses guitares.
Judas Priest, vendredi 22 juin à 23 heures

En dépit du récent retrait scénique du guitariste Glen Tipton (atteint de la maladie de Parkinson), les pionniers britanniques du heavy metal ont défié cette année tous les pronostics avec le regénéré Firepower, leur meilleur album depuis le monumental Painkiller (1990). Une double excuse pour voir cette formation incontournable emmenée par le charismatique Rob Halford aux spectaculaires vocalises suraiguës.
Alice in Chains, dimanche 24 juin à 21 h 25

Avec leurs camarades de Seattle Pearl Jam, Alice in Chains fait partie des rares formations phares du mouvement grunge à toujours être en activité. Le groupe a même réussi à se relever de la mort de leur chanteur Layne Stanley en 2002, face à cette terrible malédiction qui semble peser sur ces groupes à l’image torturée (Kurt Cobain, Chris Cornell, Scott Weiland…). Plutôt rare en France, le leader et guitariste Jerry Cantrell devrait donner un aperçu de leur prochain album, attendu pour la rentrée.
Hollywood Vampires, vendredi 22 juin à 22 h 15

Voilà une des curiosités de cette 13e édition du Hellfest : un « All Star band » constitué de la vedette de cinéma Johnny Depp à la guitare, le chanteur grimé Alice Cooper et le guitar hero d’Aerosmith Joe Perry. Formé depuis 2015, les vampires californiens reprennent sur scène des classiques du rock avec une bonne dose de paillettes glamour. Ces étoiles donneront à Clisson leur unique date en France.
Body Count, samedi 23 juin à 20 heures

Lors de leur précédente apparition au Hellfest, le rappeur/acteur Ice-T et ses comparses metalleux ont rempli à craquer la scène de la Warzone, à tel point que le service de sécurité s’est retrouvé dépassé par l’impressionnant mouvement de foule. Il faut dire que ces pionniers du mariage entre thrash metal et hip-hop s’avèrent sur scène une véritable machine de guerre, à voir absolument.
Turnstile, samedi 23 juin à 15 heures

Nouvelle coqueluche de la scène hardcore américaine, ce jeune et vigoureux sextet basé à Baltimore (Maryland) réussit avec brio à infuser dans ses riffs épais des mélodies pop accrocheuses, hip-hop, indie rock et influences jamaïcaines. Avec leur deuxième album récemment sorti sur le puissant label Roadrunner, Turnstile est déjà promis à un brillant avenir.
Joan Jett & the Blackhearts, vendredi 22 juin à 16 h 45

Il serait injuste de considérer la carrière de Joan Jett à son seul tube universel I Love Rock’n’Roll en 1982. Ce serait notamment occulter son passé au sein du groupe glam punk et pionnier de la cause rock féminine The Runaways. Un film leur fut d’ailleurs consacré en 2010, avec – cerise sur le « Cherry Bomb » – l’actrice Kristen Stewart interprétant Joan Jett.
Messhuggah, vendredi 22 juin à 17 heures

Depuis plus de trente ans, le groupe suédois originaire d’Umea a considérablement œuvré au renouvellement du metal à l’échelle internationale. Un son unique, à la fois complexe et puissant (à la lisière du rock progressif et du death metal), qui prend toute sa dimension sur scène.
Gluecifer, vendredi 22 juin à 16 heures

Côté garage rock’n’roll, les Norvégiens de Gluecifer y connaissent un rayon. Récemment reformé après treize années de brouille, le quatuor se produit à Clisson pour une date française exclusive. Attendons-nous à une leçon de groove rock décapant.
Jessica 93, samedi 23 juin à 12 h 50

Au départ seul projet studio du multi-instrumentiste et chanteur de Villejuif, Geoffrey Laporte, Jessica 93 s’est mué depuis quelques années sur scène en groupe. Protégé du label Born Bad, le banlieusard télescope audacieusement sur son huit-pistes analogique les guitares crasses de Nirvana, la pop sombre de The Cure et la dissonance de The Jesus & Mary Chain.
Carpenter Brut, dimanche 24 juin à 1 heure du matin

Après minuit, il reviendra donc l’insigne honneur à Carpenter Brut de clôturer cette édition 2018 du Hellfest. Incontestablement, l’univers du mystérieux musicien électro Franck Hueso tranche avec le reste de la programmation musclée du festival, par son esthétique empruntée aux séries B et aux bandes originales synthétiques des films de John Carpenter, teintée toutefois d’une bonne dose de dérision rock. Idéal pour atterrir tranquillement après ce maelström de guitares.



                            


                        

                        

