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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.
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Pétrole : l’OPEP, sous la pression de Trump, décide d’une modeste augmentation de la production

L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h59
    |

                            Nabil Wakim (Vienne, envoyé spécial)








                        


Les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont finalement accepté, vendredi 22 juin, de relever leur production, sous la pression du président états-unien, Donald Trump, qui estimait que la stratégie du cartel pétrolier avait trop fait monter les prix du pétrole.
Les Saoudiens s’étaient décidés à augmenter la production pour faire baisser les prix, mais l’Iran s’est opposé à cette stratégie. Jeudi soir, à Vienne, le ministre du pétrole iranien a claqué la porte d’une réunion préparatoire, pour signifier son désaccord quant à une hausse de production.
Il a fallu une négociation serrée dans les couloirs feutrés du secrétariat de l’OPEP, vendredi matin, pour trouver une formule qui convienne aux différents pays de l’organisation, et qui recueille l’assentiment de son puissant partenaire russe.
Respecter l’accord de novembre 2016
Le cartel est donc parvenu à un accord qui ne mentionne pas le volume de la hausse de production, même si le ministre du pétrole saoudien, à la manœuvre dans les négociations, a estimé qu’elle serait équivalente à un million de barils par jour.
Pour arriver à ce tour de passe-passe, l’OPEP a trouvé une astuce. En novembre 2016, l’Organisation, la Russie et plusieurs autres pays producteurs de pétrole s’étaient mis d’accord pour réduire la production de 1,8 million de barils par jour, pour faire remonter les prix mondiaux du pétrole, qui s’étaient effondrés. Mais la déroute pétrolière et économique du Venezuela, ainsi que les difficultés en Libye et en Angola, ont amené le cartel a largement dépasser ces quotas de réduction, passant à 2,8 millions de barils par jour de réduction, au lieu de 1,8 million prévu.
Résultat : ce nouvel accord de juin 2018 consiste surtout… à respecter l’accord de novembre 2016. « Nous avons collectivement décidé que nous devons atteindre cet objectif à 100 % », a expliqué le président par intérim de l’OPEP, l’Emirati Souhail Al-Mazroui.
Il a admis qu’il y avait « des différences entre certains pays » du cartel, et que cela ne permettait pas de préciser une répartition des hausses de production. Interrogé à plusieurs reprises sur le sujet, M. Al-Mazroui s’est contenté de répondre qu’il s’agissait d’un « objectif collectif » et qu’il représentait déjà « un défi » pour certains pays.
« Ce n’est pas transparent »
Ce qui veut dire que certains pays – comme l’Arabie saoudite – peuvent augmenter leur production de manière significative pour répondre à la demande du marché, alors que d’autres, qui ne peuvent pas extraire plus – comme le Venezuela ou l’Iran – n’auront pas à le faire. D’autant que l’OPEP ne s’est dotée d’aucun instrument de contrôle du respect de ses engagements.
Autrement dit, l’Arabie saoudite pourra afficher une augmentation de la production et l’Iran pourra affirmer que le contrat de novembre 2016 est toujours en vigueur. De quoi contenter tout le monde au sein du cartel.
« De fait, cet accord laisse les Saoudiens produire autant qu’ils veulent. Le seul problème c’est ce que ce n’est pas transparent », confiait un très bon connaisseur du cartel. « S’il n’y a pas de détails spécifiques sur la hausse de la production, il n’est pas sûr que cela plaise beaucoup aux marchés », estimait ainsi l’analyste Cornelia Meyer. De fait, le prix du baril a continué à augmenter pendant l’annonce de l’accord trouvé à l’Opep, signe que cette hausse de production ne sera peut-être pas suffisante pour faire baisser les prix.
Mais il n’est pas sûr que Donald Trump se satisfasse d’un accord moins décisif que ce qu’il espérait. Le président américain a réagi dans la foulée sur Twitter : « Espérons que l’OPEP va accroître sa production de manière significative. Il faut faire baisser les prix ! ». Une manière de continuer à mettre la pression sur les Saoudiens et leurs partenaires.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Les ministres de l’agriculture et de l’écologie ont réuni à Paris une soixantaine d’acteurs concernés par la suppression, dans les trois ans, de l’utilisation du glyphosate en France.
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Sortie du glyphosate : Stéphane Travert et Nicolas Hulot veulent des « engagements » à la mi-juillet

Les ministres de l’agriculture et de l’écologie ont réuni à Paris une soixantaine d’acteurs concernés par la suppression, dans les trois ans, de l’utilisation du glyphosate en France.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h54
   





                        


Le gouvernement a annoncé vendredi 22 juin la création d’un groupe de travail chargé de piloter la suppression, sous trois ans, de l’utilisation du glyphosate en France, afin d’en préciser les modalités. Syndicats agricoles, industriels, distributeurs, services de l’Etat, coopératives, chambres d’agriculture et instituts de recherche et d’innovation se sont retrouvés en terrain neutre, à l’hôtel de Cassini, une annexe de Matignon, en présence de parlementaires, sous l’égide de Stéphane Travert et de Nicolas Hulot, les ministres de l’agriculture et de la transition écologique.
« Nous allons missionner une “task force” pilotée par les deux ministères, avec l’appui de l’INRA [Institut national de recherche agronomique], de l’ACTA [Association de coordination technique agricole] et de l’APCA [Assemblée permanente des chambres d’agriculture] avec un compte rendu trimestriel », a déclaré M. Travert.
« La démarche de progrès doit s’appliquer partout et à tous et même si, selon les modes de production, chacun ne part pas du même endroit, nous allons maintenant dans la même direction, et ce n’est pas qu’une formule, avec cet objectif de sortie en trois ans », a ajouté M. Hulot. « On est passé dans une véritable démarche de confiance, de volonté et de détermination partagée », selon lui.
Les ministres ont précisé qu’ils attendent des acteurs l’identification des leviers du changement, filière par filière. Ils souhaitent disposer, d’ici à trois semaines, de premiers engagements précis de réduction et de suppression des usages du glyphosate.
Création d’un centre de ressources
Ils ont en outre annoncé à cette occasion la création d’un centre de ressources « d’ici à la fin de l’année » afin de rendre accessible à l’ensemble de la profession agricole les solutions existantes pour sortir du glyphosate, un herbicide controversé encore massivement utilisé en France. Les actions d’accompagnement vont être renforcées afin de « diffuser les solutions et trouver de nouvelles alternatives pour les usages pour lesquels il demeurerait des impasses », peut-on lire dans un communiqué commun.
Les réseaux territoriaux des chambres d’agriculture et l’enseignement agricole vont être, quant à eux, mobilisés « pour faire connaître et promouvoir les alternatives au glyphosate ». La « task force » devra pour sa part « rendre des comptes » tous les trois mois aux ministres et aux parlementaires « des actions engagées et des progrès accomplis ».

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« Une transition agroécologique majeure »
« Le président de la République a fixé un cap, et nous devons apprendre à nous passer du glyphosate dans les trois ans, tout en précisant que les agriculteurs ne seront pas laissés dans une impasse », a dit Stéphane Travert à la presse à l’issue de la rencontre.
« Il s’agit d’une transition agroécologique majeure d’autant plus marquante que le glyphosate est la substance phytosanitaire la plus utilisée, et la France veut se donner une ambition forte. »
L’Assemblée nationale a rejeté à la fin de mai des amendements, y compris LRM, qui visaient à graver dans la loi agriculture et alimentation cette sortie du glyphosate en 2021, le gouvernement voulant trouver d’abord une solution de rechange pour les agriculteurs.

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Les pays de l’Union européenne ont voté de justesse en novembre le renouvellement pour cinq ans de l’autorisation de cet herbicide, jugé dangereux par les défenseurs de l’environnement, mais que les agriculteurs veulent pouvoir continuer à utiliser. La France a, quant à elle, fait savoir que le produit serait interdit sur son sol d’ici à trois ans et n’a pas exclu une dérogation pour les « 10 % » de cas où il n’y aurait pas d’alternative pour les agriculteurs français. 

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Koko était un gorille connu dans le monde entier. Ce grand primate femelle, élevé par l’éthologue « Penny » Patterson, est mort, mercredi 20 juin, à l’âge de 46 ans.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Une étude inédite associe l’exposition in utero aux polluants à des modifications épigénétiques pouvant présenter un risque pour la mère et l’enfant.
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La pollution de l’air met en danger le fœtus en altérant le placenta

Une étude inédite associe l’exposition in utero aux polluants à des modifications épigénétiques pouvant présenter un risque pour la mère et l’enfant.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h25
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


La littérature scientifique regorge d’études démontrant les effets délétères de la pollution de l’air sur le développement du fœtus et de l’enfant. On sait désormais qu’une exposition aux particules fines pendant la grossesse augmente le risque de donner naissance à des bébés de petits poids, et plusieurs travaux suggèrent qu’elle pourrait aussi être à l’origine d’un fonctionnement dégradé des poumons ou de troubles neuro-développementaux.
L’étude publiée jeudi 21 juin dans la revue Environment international apporte une première réponse sur les mécanismes expliquant ces effets. Ils pourraient passer par une altération du placenta. « Nous nous sommes intéressés au placenta car c’est un tissu très important lors de la grossesse. C’est lui qui est responsable de la bonne santé de la maman et du développement du fœtus », explique au Monde Johanna Lepeule, auteure principale de l’étude et épidémiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Ces résultats inédits ont été obtenus par une équipe de chercheurs de l’Inserm, du CNRS et de l’université Grenoble-Alpes regroupés au sein de l’institut pour l’avancée des biosciences. Ils se fondent sur une cohorte de 668 mères (et de leurs enfants) recrutées entre 2003 et 2006 à Nancy et Poitiers.
L’équipe s’est intéressée aux effets du dioxyde d’azote (NO2), ce gaz très toxique majoritairement émis par le trafic automobile et en particulier par les motorisations diesel. Les chercheurs ont constaté que les mères les plus exposées au NO2 pendant leur grossesse présentaient des modifications épigénétiques au niveau du placenta. A savoir des modifications des mécanismes qui régulent l’expression des gènes.
« Accentuer la lutte »
Pour comprendre ce qu’est l’épigénétique, Johanna Lepeule recourt à une métaphore musicale : « Le code génétique, c’est la partition. L’épigénétique, c’est quand elle est jouée par l’orchestre avec les instruments. Il n’y a qu’une partition mais, à chaque fois, l’interprétation est différente. »
A la différence des travaux précédents sur les polluants atmosphériques, qui se concentraient sur des gènes particuliers, l’originalité de l’étude réside dans le fait qu’elle se base sur l’analyse de données épigénétiques à grande échelle : plus de 400 000 localisations épigénétiques. Cela a permis aux chercheurs d’associer l’exposition au NO2 à des modifications épigénétiques au niveau de cinq gènes, en particulier sur le gène ADORA2B.
« Des défauts dans l’expression de ce gène ont été associés dans d’autres études à la pré-éclampsie, une maladie de la grossesse fréquente et grave si elle n’est pas prise en charge », commente Johanna Lepeule. La pré-éclampsie est une pathologie qui se caractérise par une hypertension artérielle et s’accompagne d’une élévation de la présence de protéines dans les urines. Elle est responsable d’un tiers des naissances des grands prématurés.
« Cette étude est une première étape, juge la chercheuse. Il en faudra désormais d’autres pour confirmer notre hypothèse et associer ces modifications épigénétiques avec d’autres effets sanitaires pour la mère et l’enfant », explique Mme Lepeule.
Ces résultats sont d’autant plus inquiétants que toutes les mères de la cohorte étaient soumises à des concentrations de dioxyde d’azote inférieures aux limites annuelles fixées par la réglementation européenne et recommandées par l’Organisation mondiale de la santé, à savoir 40 µg/m³. Faut-il dès lors durcir ces limites ? « C’est aux politiques et aux citoyens de se saisir de la question de la réglementation, répond Johanna Lepeule. En tant que chercheuse, ce que je peux recommander, c’est d’accentuer la lutte contre la pollution atmosphérique. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ La qualité de l’air se dégrade, et pas seulement dans les métropoles : du fait du réchauffement des océans, le taux d’oxygène dans l’atmosphère pourrait avoir baissé de 2 % en un siècle. Une catastrophe écologique négligée.
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Pollution : la vie ne tient qu’à un souffle

La qualité de l’air se dégrade, et pas seulement dans les métropoles : du fait du réchauffement des océans, le taux d’oxygène dans l’atmosphère pourrait avoir baissé de 2 % en un siècle. Une catastrophe écologique négligée.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h39
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
En cette chaude journée du 10 juin, j’ai consulté Airparif, qui analyse l’état de l’air sur la capitale. L’indice de pollution était jaune, c’est-à-dire « moyen » sur une échelle qui va du bleu (très faible) au rouge sang (très élevé). La présence de particules fines nocives (PM10) était estimée à 73 g/m3, soit plus du double de la valeur guide d’un air acceptable : 30 g/m3. Rien d’étonnant à cela : le 17 mai, la Commission européenne a renvoyé la France devant la Cour de justice de l’Union pour non-respect des normes de qualité de l’air. Sont incriminés les PM10 et le NO2, gaz émis par les moteurs diesel.
Nous, les humains, sommes dans l’air comme le poisson dans l’eau. Nous y baignons, nous sommes tellement habitués à ce qu’il nous soit donné, depuis toujours, en tout lieu, à un taux d’oxygène constant vital pour nos organismes, que nous oublions qu’il est menacé. Il faut pourtant savoir que cet air miraculeux, le premier des biens communs, n’a pas toujours enveloppé la Terre pour y soutenir la vie. Un journaliste scientifique américain, Sam Kean, nous le rappelle dans un livre récent : Caesar’s Last Breath. Decoding the Secrets of the Air Around Us (« Le dernier souffle de César. Décoder les secrets de l’air autour de nous », Little, Brown and ­Company, 2017, non traduit).
Études inquiétantes
Il y a quelque 4,5 milliards d’années, la première atmosphère de la Terre était composée de dioxyde de carbone (CO2), de soufre, de sulfure d’hydrogène, d’ammoniaque, de méthane – des gaz qui suintaient des fissures du sol et des volcans. Puis, il y a 3,8 milliards d’années, certaines bactéries ont inventé la photosynthèse, extrayant l’oxygène (O) du CO2.
Peu à peu, une partie de cet oxygène a formé la couche de trioxygène, ou ozone, ce formidable bouclier qui protège la biosphère du rayonnement solaire : il a permis que, il y a entre – 541 et – 530 millions d’années, le vivant s’épanouisse. C’est ce qu’on a appelé l’« explosion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Le juriste Yann Aguila estime que l’environnement a toute sa place dans l’article 1, « socle des valeurs communes  ». Selon lui, inscrire le principe de non-régression dans la Constitution serait intéressant.
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Inscrire le climat dans la Constitution « aura un impact réel »

Le juriste Yann Aguila estime que l’environnement a toute sa place dans l’article 1, « socle des valeurs communes  ». Selon lui, inscrire le principe de non-régression dans la Constitution serait intéressant.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h41
    |

            Simon Roger








                        



                                


                            

La réforme des institutions engagée par le gouvernement suppose d’« adapter notre droit, notre démocratie, nos institutions, aux vrais enjeux du XXIe siècle », martèle le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Mais comment intégrer les enjeux environnementaux et climatiques dans le texte constitutionnel, quels en seraient les effets ? Analyse de l’avocat et professeur de droit public, Yann Aguila, qui préside par ailleurs la commission environnement du Club des juristes, le premier think tank juridique français.
L’environnement et le climat ont-ils leur place dans la Constitution ?
La Constitution est tout à fait le lieu où inscrire la protection de l’environnement en général et la lutte contre le réchauffement climatique en particulier. Que doit-on inclure dans une Constitution, sinon le socle des valeurs communes de long terme qu’on souhaite mettre à l’abri des changements de majorité politique, pour les générations présentes mais aussi pour les générations futures.
La réforme des institutions offre aujourd’hui une fenêtre de tir pour obtenir un texte qui consacre explicitement, et pas entre les lignes, l’environnement et le climat. C’est au constituant de désigner les objectifs. Si le jour venu, le juge constitutionnel est amené, par exemple, à censurer une loi au motif qu’elle est contraire aux objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, il aura un texte clair à l’appui de sa décision.

La protection de la biodiversité n’est-elle pas, elle aussi, un enjeu de long terme ?
En effet, dans la rédaction proposée par Nicolas Hulot figurent à la fois l’action contre le changement climatique et la protection de la diversité biologique. C’est important de rappeler ces deux objectifs, d’autant que l’interdépendance entre ces deux problématiques est de plus en plus évidente. On voit bien que le dérèglement climatique est une cause...




                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Les quelque 100 élus du comité du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole ont voté, jeudi, la résiliation du contrat les liant au groupe Bolloré.
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Autolib’ va s’arrêter, mais à une date encore inconnue

Les quelque 100 élus du comité du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole ont voté, jeudi, la résiliation du contrat les liant au groupe Bolloré.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h16
    |

            Béatrice Jérôme








                        



   


« Hidalgo fiasco !, Hidalgo fiasco ! » : devant la mairie du 12e arrondissement, jeudi 21 juin, une petite centaine de salariés d’Autolib’ scandaient ce slogan. Tandis que sur les marches, devant eux, Philippe Brillault, maire (Les Républicains) du Chesnay (Yvelines), leur expliquait, micro en main, qu’il comptait faire échec à « la décision de la maire de Paris d’arrêter Autolib’ ». Avec la bénédiction du groupe Bolloré, un petit bataillon d’élus de banlieue de droite a tenté de s’opposer au vote de la résiliation, jeudi, par le Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM). Leur mobilisation n’a pas empêché la sentence de tomber.
Réuni dans la salle des fêtes de la mairie du 12e, le comité du SAVM, qui compte une centaine d’élus, a donné son feu vert à l’arrêt – non encore effectif – du service d’autopartage concédé au groupe Bolloré par le précédent maire de Paris, Bertrand Delanoë, en 2011. Le scrutin était dénué de suspense. La Mairie de Paris est majoritaire avec 55 % des voix (606 sur 1 208, réparties entre une centaine de communes). Chaque ville a autant de voix que de stations Autolib’ sur son territoire. Et la capitale était favorable à la résiliation.
Clivage droite-gauche
Ce vote découle de la bataille financière entre les communes et Autolib’, qui dure depuis des mois. Le 15 juin, la présidente du SAVM, Catherine Baratti-Elbaz, maire (PS) du 12e, a annoncé qu’elle proposerait au comité syndical de refuser de payer la somme, « abracadabrantesque » selon Mme Hidalgo, exigée par le groupe Bolloré pour combler le déficit d’Autolib’. Par courrier du 25 mai au SAVM, l’industriel réclamait 233,7 millions d’euros aux communes d’ici à 2023. L’acceptation ou le refus de payer sont censés, selon le contrat, lui être notifiés par le SAVM avant le 25 juin. Sur la foi de plusieurs expertises juridiques, la Mairie de Paris a estimé qu’elle avait avantage à assortir le refus de verser la somme d’une demande concomitante de résiliation du contrat. Cette stratégie devrait lui permettre, selon les juristes consultés, d’espérer contrer les exigences financières de Bolloré au titre de l’arrêt du service, en cas de contentieux devant le tribunal administratif. Des exigences qui, selon l’industriel, pourraient s’élever à près de 300 millions d’euros.
Jeudi, Mme Baratti-Elbaz a estimé à « moins de 100 millions d’euros » le coût de la résiliation. « C’est un engagement que je prends devant vous au vu des analyses juridiques dont nous disposons », a-t-elle déclaré. Peu précise, cette évaluation n’a visiblement pas été le premier critère pris en compte par les élus. Le vote sur l’arrêt d’Autolib’ a surtout fait apparaître un clivage droite-gauche.
Les représentants des villes de gauche ont majoritairement voté pour la résiliation en reprenant l’argumentaire de la maire socialiste de Paris et du SAVM. « C’est Bolloré qui prend la responsabilité de l’arrêt du service par l’ultimatum financier qu’il nous pose », a fait valoir Gilles Gauché Cazalis, l’élu (Gauche citoyenne) représentant la ville de Nanterre au syndicat.
En coulisses, les ponts ne sont pas rompus
Les élus de droite et du centre se sont pour la plupart abstenus ou ont voté contre la résiliation. « Nous, les maires de banlieue, sommes les dindons de la farce, s’est emporté Philippe Ribatto, adjoint à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Hidalgo a voulu interrompre le service et a pris le syndicat pour une chambre d’enregistrement », expliquait l’élu pour justifier son vote contre la fin d’Autolib’. « Nous voulons voir perdurer un service qui donne satisfaction aux usagers et qui pourrait même se développer considérablement », assurait le maire du Chesnay, M. Brillault. Ce proche de Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Ile-de-France, a annoncé son intention de saisir le tribunal administratif sur la légalité du vote de la délibération et de certaines décisions du SAVM. « Le syndicat n’a pas fait preuve de suffisamment de transparence envers les élus et n’a pas pris la mesure du risque de déficit assez à temps en 2015 et 2016, et ce malgré les alertes successives de Bolloré », déplorait Xavier Caron, adjoint (LR) à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) qui a refusé de prendre part au vote.
Plusieurs élus de droite ont demandé une suspension de séance pour pouvoir entendre Marie Bolloré, patronne du pôle mobilité électrique de Bolloré, et Gilles Alix, directeur général du groupe, assis discrètement dans le public de la salle des fêtes. Mais leur requête a été rejetée par Mme Baratti-Elbaz. « On va continuer à se battre. Ne croyez surtout pas les balivernes du syndicat, La Ville de Paris a pris la décision de résilier le service pour des raisons électoralistes ! », s’est indigné M. Alix. « Nous irons au tribunal administratif et nous obtiendrons beaucoup d’argent », assurait-il en s’engouffrant avec fracas dans le vestibule de la mairie.

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                Après la fin d’Autolib’, l’avenir incertain de l’auto-partage à Paris



Le groupe Bolloré et la Mairie de Paris ont chacun voulu éviter de perdre la face ces derniers jours et se renvoient la responsabilité de la mort du service d’autopartage. Mais, en dépit de la bataille de communication autour de l’enterrement d’Autolib’, en coulisses, les ponts ne sont pas rompus. Vendredi, les représentants de Bolloré et le SAVM avaient rendez-vous. Le sort des 267 salariés d’Autolib’ et la date précise d’arrêt du service sont en débat. Les négociations financières, elles aussi, se poursuivent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ En déplacement en Bretagne, le chef de l’Etat a conforté son ministre sur le glyphosate et sur plusieurs dossiers miniers et énergétiques.
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Macron envoie des signaux positifs à Hulot

En déplacement en Bretagne, le chef de l’Etat a conforté son ministre sur le glyphosate et sur plusieurs dossiers miniers et énergétiques.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h14
    |

            Cédric Pietralunga (Côtes d'Armor et Finistère, envoyé spécial)








                        


« Je bois du petit-lait bio ! » Souvent dépeint comme un ministre en sursis, Nicolas Hulot affichait une mine réjouie, mercredi 20 juin, sur les falaises du cap Fréhel (Côtes-d’Armor), où il était venu annoncer, au côté d’Emmanuel Macron, le maintien des six premiers projets de parcs éoliens offshore français, menacés d’annulation par le gouvernement en raison de leur coût trop élevé. « C’est un moment important pour moi », reconnaissait le ministre de la transition écologique et solidaire, souvent accusé de ne pas gagner d’arbitrages.
Un brouillard tenace avait beau recouvrir la côte bretonne, impossible d’assombrir l’humeur de l’ex-animateur de TF1. Sa mésentente avec le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Stéphane Travert ? « Des tableaux caricaturaux », s’est-il défendu. La preuve, vendredi 22 juin, les deux hommes réuniront ensemble « tous les acteurs de la filière agricole pour bâtir des plans d’action pour sortir du glyphosate ». Ses relations avec le chef de l’Etat, qui parfois s’agace en privé des états d’âme de son ministre ? « On s’entend très, très bien », a rassuré M. Hulot, ajoutant : « L’un et l’autre, on est incapables de dissimuler. »

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                Nucléaire : pourquoi Nicolas Hulot met la pression sur EDF



Le 16 mai, l’ex-candidat à la primaire écologiste de 2011 avait pourtant annoncé qu’il évaluerait « à l’été » sa présence au sein du gouvernement, laissant entendre qu’il pourrait partir s’il ne se sentait plus utile. Une attitude régulièrement adoptée par Nicolas Hulot depuis son arrivée à l’hôtel de Roquelaure et qui a le don d’agacer une partie de la majorité, voire de l’exécutif. « Il se permet des choses qu’aucun autre ministre n’oserait, de peur de prendre la porte », grince un conseiller ministériel.
Mais depuis sa dernière sortie, l’« insatisfait » Hulot dit avoir fait avancer plusieurs dossiers, sur le glyphosate, sur l’interdiction des permis d’exploration des hydrocarbures, sur la fermeture des centrales à charbon ou nucléaires. Signe de sa nouvelle idylle avec le ministre le plus populaire du gouvernement, Emmanuel Macron a ainsi profité de son séjour breton pour annoncer la fin du projet d’extraction de sable coquillier en baie de Lannion. « Les conditions d’exploitation ne sont aujourd’hui pas satisfaisantes », a plaidé le chef de l’Etat.
Autre concession environnementale, le président a déclaré mettre un terme aux projets d’exploration minière en Centre-Bretagne, qui devaient permettre à terme d’extraire du zinc, du cuivre, du plomb ou des métaux précieux comme de l’or ou de l’argent, mais qui étaient contestés par des associations et des élus locaux. Un signal fort : c’est Emmanuel Macron lui-même qui avait accordé ces permis à la société Variscan, en 2014 et 2015, alors qu’il était ministre de l’économie.
« Ça ne va jamais assez vite »
Lors d’un discours à Quimper, jeudi 21 juin, le chef de l’Etat a surtout tenté de mettre un terme au débat qui agite encore une partie des professionnels de l’agriculture sur le glyphosate, en établissant un parallèle entre le pesticide de Monsanto et le chlordécone, un autre produit phytosanitaire utilisé dans les Antilles françaises durant des années, alors que sa toxicité était avérée. « Vous pensez qu’on peut être fier de ce qu’on a fait ?, a interrogé M. Macron. Vous voulez qu’on réplique ça avec le glyphosate ? » Manière de dire qu’il ne laisserait pas l’Etat prendre la responsabilité de différer l’interdiction du produit, alors que certains mettent en doute sa volonté d’y parvenir d’ici trois ans, comme il s’y est engagé.
Seul bémol de ce séjour breton pour Nicolas Hulot : M. Macron a réitéré sa volonté de réaménager la loi littoral, « une bonne loi » mais qui « a des aberrations », selon lui. « Nous avons construit une vision excessive » de cette loi, que l’« on n’arrive plus à expliquer avec bon sens », a-t-il plaidé à Quimper, citant en exemple la difficulté de certaines communes côtières à réhabiliter un centre nautique ou des équipements sanitaires. Malgré les divisions de la majorité sur ce sujet, le chef de l’Etat a assuré que le dispositif sur les « dents creuses », ces parcelles de terrain déclarées inconstructibles le long du littoral, serait « corrigé ».
Mais pas de quoi refroidir Nicolas Hulot, qui donne parfois le sentiment d’avoir du mal à se convertir au pragmatique « en même temps » du chef de l’Etat. « Ça ne va jamais assez vite, compte tenu de l’urgence climatique, de l’urgence sur les sujets santé et environnement. Mais on n’est pas dans un conte de fées, il faut tenir compte d’un certain nombre de réalités », a ainsi déclaré le ministre de la transition écologique lors de son périple breton. Presque un brevet de macronisme.



                            


                        

                        


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Nucléaire : pourquoi Nicolas Hulot met la pression sur EDF

« La filière nucléaire nous emmène dans une dérive », a tancé jeudi le ministre de la transition écologique, encourageant également l’électricien à investir davantage dans les énergies renouvelables



Le Monde
 |    22.06.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h21
    |

            Rémi Barroux et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            
« Une des raisons pour lesquelles EDF se retrouve en difficulté, c’est que, notamment, la filière nucléaire, pardon de le dire, nous emmène dans une dérive. » En quelques minutes, jeudi 21 juin au matin sur Franceinfo, Nicolas Hulot s’est livré à un réquisitoire sévère en règle contre le nucléaire… et contre la stratégie d’EDF, entreprise largement publique, dont il est le ministre de tutelle.
« Il faut que personne ne s’entête. Il n’y a pas de honte à réviser un avis quand les paramètres démontrent que parfois ce que l’on a dit ne s’est pas réalisé. On voit bien qu’économiquement il y a une espèce de règle d’or qui est en train de s’imposer dans cette filière, c’est qu’en réalité on ne tient jamais nos promesses », a-t-il lancé dans une allusion transparente à l’interminable chantier de Flamanville, en Normandie.
Le ministre de la transition écologique et solidaire a également encouragé l’électricien public à investir plus largement dans les énergies renouvelables, particulièrement le solaire et l’éolien, dont les coûts ont très fortement baissé ces dernières années. « On voit bien que le coût de l’énergie fabriquée avec du nucléaire ne cesse de monter (…), en même temps que le coût des énergies renouvelables est en train de dégringoler », a-t-il souligné.
Ces critiques n’ont rien d’anodin : Nicolas Hulot a défendu publiquement, en novembre 2017, le recul du gouvernement sur la loi de transition énergétique. L’objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % de la production électrique en 2025 a été repoussé à une date ultérieure, autour de 2030 ou 2035.
Plusieurs dirigeants de la filière nucléaire française ont alors fait part de leur soulagement. La priorité donnée par Emmanuel Macron à la lutte contre le changement climatique avait achevé de les convaincre que le positionnement antinucléaire de Nicolas Hulot n’aurait pas d’impact immédiat sur la filière.
Or ces nouvelles déclarations interviennent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Ce grand primate femelle, élevé par l’éthologue Penny Patterson et devenu l’ambassadeur de son espèce, était connu dans le monde entier pour sa capacité de communication et d’empathie.
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Koko, le gorille qui parlait la langue des signes, est morte

Ce grand primate femelle, élevé par l’éthologue Penny Patterson et devenu l’ambassadeur de son espèce, était connu dans le monde entier pour sa capacité de communication et d’empathie.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 16h37
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h39
   





                        



Gorille femelle à l’intelligence exceptionnelle, capable de communiquer avec les humains par la langue des signes, Koko est morte mercredi 20 juin 2018, à l’âge de 46 ans.
Ce grand primate né le 4 juillet 1971 au zoo de San Francisco a été éduqué par l’éthologue Penny Patterson à partir de 1972. Celle-ci commença très tôt à lui apprendre la langue des signes avant de créer The Gorilla Foundation à l’université Stanford. Koko maîtrisait environ 1 000 mots et était connue pour son intelligence et sa grande capacité d’empathie.

   


Elle fut l’objet de nombreux reportages, notamment dans le National Geographic, dont elle fit en octobre 1978 la couverture en train de se prendre en photo face à un miroir. Sept ans plus tard, elle fit à nouveau la couverture du magazine avec son chaton, surnommé All Ball, pour lequel elle nourrissait une affection remarquable. A tel point qu’à la mort du félin, renversé par une voiture, Koko avait affiché son chagrin pendant plusieurs mois.

Cette relation entre les deux animaux avait fait l’objet d’un livre pour enfants devenu un classique, Koko’s Kitten, « encore utilisé aujourd’hui dans des écoles du monde entier », selon The Gorilla Foundation.
« Koko a touché des millions de personnes en tant qu’ambassadrice des gorilles et symbole de la communication entre les espèces. Elle était aimée et nous manquera beaucoup », a déclaré la fondation dans un communiqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le président français a évoqué lors de son discours les annonces de la Commission européenne, considérant que « ce ne sera pas accepté ».
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Pour Emmanuel Macron, la réduction du budget de la PAC est « inacceptable »

Le président français a évoqué lors de son discours les annonces de la Commission européenne, considérant que « ce ne sera pas accepté ».



Le Monde
 |    21.06.2018 à 13h55
   





                        



   


« Inacceptables ». Emmanuel Macron a martelé, jeudi 21 juin, l’adjectif utilisé par son ministre de l’agriculture au sujet de la réduction annoncée du budget de la Politique agricole commune (PAC). Depuis Quimper (Finistère), où il s’est rendu pour détailler son « pacte girondin », le président français est revenu sur les annonces de la Commission européenne, qui aboutiraient, selon lui, à faire payer le coût du Brexit uniquement par les agriculteurs.
« Ce qui a été proposé par la Commission européenne aujourd’hui est inacceptable et ne sera pas accepté. C’est inacceptable parce que c’est, en quelque sorte, vouloir dire à tous les paysans d’Europe, le coût du Brexit sera payé uniquement par vous. »
« Qu’on diminue à due proportion de la part de nos amis britanniques la part des engagements budgétaires pour les différentes politiques existantes, c’est tout à fait normal. Qu’on les diminue beaucoup plus sans aucune raison c’est inacceptable », a-t-il répété.
« Instrument de transition »
Il s’est dit favorable à une politique agricole commune conçue comme « un instrument de la transition », se disant « prêt à ce que le gouvernement confie aux régions les aides aux investissements pour la prochaine PAC. Ce sera plus clair et plus efficace ».
La Commission a proposé au début de mai une baisse de 5 % du budget dédié à la PAC pour la période 2021-2027, avec une enveloppe totale de 365 milliards d’euros, mais certains craignent déjà des coupes encore plus sévères en termes réels. Juste après l’annonce le 2 mai, le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, avait estimé qu’il s’agissait de « propositions inacceptables ». « Une telle baisse, drastique, massive et aveugle est simplement inenvisageable », avait-il dit.

        Lire aussi :
         

                La France agricole s’insurge contre les coupes dans le budget de la PAC






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Partout dans le monde, des villes et des régions explorent la question des « communs ». Entre contrôle de l’Etat et mécanismes du marché, cette troisième voie, qui propose de repenser  la propriété des biens universels, implique une autre approche économique et politique.
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Biens communs : jouir sans posséder

Partout dans le monde, des villes et des régions explorent la question des « communs ». Entre contrôle de l’Etat et mécanismes du marché, cette troisième voie, qui propose de repenser  la propriété des biens universels, implique une autre approche économique et politique.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 16h23
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
La vie reprendrait-elle son cours normal à Notre-Dame-des-Landes ? Fermée depuis six ans, la D 281, ou « route des chicanes », a été officiellement rouverte à la circulation le 14 juin. Dix jours plus tôt, quinze conventions d’occupation précaire avaient été signées en préfecture des Pays de la Loire, qui permettront à diverses exploitations (élevage, maraîchage, culture céréalière, pépinière, apiculture) de faire leurs preuves.
Mais les habitants de la ZAD, ex- « zone à défendre », espèrent plus qu’une simple acceptation de leurs projets personnels. Ils souhaitent créer des synergies, un écosystème. Et ils ne sont pas les seuls. Depuis l’abandon par le gouvernement du projet d’aéroport, en janvier, de nombreuses voix, et non des moindres, se sont élevées pour défendre les revendications des zadistes. Car leur projet collectif a relancé avec force la question des utopies concrètes, et avec elle la notion des communs.
Débats citoyens
« Dans les interactions entre habitants “historiques”, paysans, squatteurs, voisins (…) s’est construit un territoire commun, au-delà de la propriété, des habitudes et des appartenances », constate ainsi un collectif d’intellectuels, parmi lesquels la philosophe Isabelle Stengers et l’anthropologue au Collège de France Philippe Descola (Mediapart, 6 avril). Une démarche « collective, construite comme un “commun”, au sein de laquelle les individualités trouvent leur propre énergie », appuient l’ingénieur des Ponts et Chaussées Olivier Frérot et le géographe Luc Gwiazdzinski (Libération, 20 avril).
« Pourquoi ne pas reconnaître aux ­zadistes un droit à l’expérimentation ? Ils pourraient ainsi promouvoir une autre approche de la propriété qui est celle des “commons”, c’est-à-dire un dispositif fondé sur un collectif identifié et porteur d’un territoire », insiste l’économiste Bernard Paranque (Le Monde, 18 mai).

La...




                        

                        


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L’Allemagne accuse la Russie de cyberattaques visant le secteur de l’énergie

L’accusation du chef du renseignement allemand survient après plusieurs alertes.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 12h04
    |

            Martin Untersinger








                        


La Russie est derrière une campagne d’infiltration informatique visant le secteur de l’énergie allemand. L’accusation a été lancée mercredi 20 mai par Hans-Georg Maassen, le directeur de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), le service de renseignement intérieur allemand, interrogé par le groupe de médias allemands RND. « Le mode opératoire est l’une des multiples indications qui pointent vers une implication russe », a déclaré M. Maassen.
Il y a une dizaine de jours, l’autorité allemande chargée de la sécurité informatique du pays alertait sur une « vaste et globale cyberattaque » visant le secteur de l’énergie. « Dans plusieurs cas, des préparatifs pour une attaque future ont été détectés » écrivait l’Office fédéral pour la sécurité informatique (BSI), tout en reconnaissant qu’il n’existait à ce jour « aucune indication d’un accès réussi aux réseaux de contrôle et de production ».
« Nous ne savons pas de quoi il parle », a rétorqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, interrogé par Reuters. Ni le directeur du BfV ni le BSI n’ont précisé le nombre ou l’identité des entreprises visées. L’été dernier, le BSI avait déjà alerté sur une offensive visant le secteur allemand de l’énergie.
Une menace réelle
La menace de pirates parvenant à perturber le fonctionnement de réseaux de distribution d’énergie est réelle. Par deux fois et en plein hiver, des pirates vraisemblablement téléguidés par le Kremlin s’en sont pris au réseau électrique ukrainien, parvenant à en interrompre partiellement le fonctionnement.
En France, même si les autorités restent très discrètes sur le sujet, la menace est prise très au sérieux. Si le versant production, plus spécifiquement les centrales nucléaires, n’inspire pas d’inquiétudes majeures en matière de sécurité informatique, il en va différemment pour le secteur de la distribution.
Ce dernier fait partie de ceux qui donnent des sueurs froides en raison de ses vulnérabilités et des dégâts qu’une attaque réussie pourrait occasionner. « C’est un secteur très sensible, qui est ciblé », reconnaissait Guillaume Poupard, le directeur de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi), interrogé par Le Monde en marge d’une conférence cet automne.

        Lire notre enquête :
         

          Le réseau électrique français peut-il être piraté ?



Quelques semaines auparavant, l’entreprise spécialisée Symantec avait détecté la résurgence de ce type d’attaques. En avril, Kaspersky, autre spécialiste du secteur, a révélé avoir découvert des serveurs utilisés comme base arrière par un groupe particulièrement intéressé par le secteur de l’énergie dans plusieurs pays occidentaux. Ce groupe, qui a été baptisé « Energetic Bear » ou « Dragonfly », est, selon le gouvernement états-unien, piloté par le Kremlin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Dans un entretien sur Franceinfo, le ministre de la transition écologique et solidaire a estimé que le groupe français était dans « une dérive » à cause de son trop grand attachement au nucléaire.
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Nucléaire : Hulot met la pression sur EDF

Dans un entretien sur Franceinfo, le ministre de la transition écologique et solidaire a estimé que le groupe français était dans « une dérive » à cause de son trop grand attachement au nucléaire.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 12h19
    |

                            Nabil Wakim








                        


Alors que la France est en pleine discussion sur sa feuille de route énergétique, Nicolas Hulot n’a pas mâché ses mots, jeudi sur Franceinfo. « Une des raisons pour laquelle EDF se retrouve en difficulté, c’est que, notamment, la filière nucléaire, pardon de le dire, nous emmène dans une dérive », a déclaré le ministre de la transition écologique et solidaire.

M. Hulot s’est livré à une critique en règle du nucléaire. « On voit bien que le coût de l’énergie fabriquée avec du nucléaire ne cesse de monter parce que nous n’avons pas nécessairement provisionné un certain nombre de choses, en même temps que le coût des énergies renouvelables est en train de dégringoler », a souligné le ministre.
« On voit bien qu’économiquement, il y a une espèce de règle d’or qui est en train de s’imposer dans cette filière, c’est qu’en réalité, on ne tient jamais nos promesses », a-t-il encore estimé.
« Il faut sortir des dogmatismes (…). Je pense que l’avenir d’EDF, et l’avenir notamment économique, il est d’abord et principalement dans l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables », a ajouté le ministre. « Qu’EDF – et je pense que maintenant c’est son souhait – ne manque pas l’opportunité de la transition énergétique », a-t-il encore appelé.
Ces critiques n’ont rien d’anodin : d’abord, Nicolas Hulot est le ministre de tutelle d’EDF, entreprise très majoritairement publique. Surtout, M. Hulot a défendu publiquement, en novembre 2017, le recul du gouvernement sur la loi de transition énergétique : l’objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % de la production électrique en 2025 a été repoussé à une date ultérieure, autour de 2030 ou 2035.
Les objectifs pour les cinq prochaines années
Cette sortie de M. Hulot intervient alors que la France débat en ce moment de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), sa feuille de route énergétique, qui doit fixer des objectifs pour les cinq prochaines années. Parmi les sujets clé, figure la trajectoire de réduction du parc nucléaire.
EDF souhaiterait ne fermer aucune centrale avant 2029, et a récemment demandé, dans le cadre de la PPE, que l’Etat s’engage sur la construction d’un deuxième EPR, en plus de celui de Flamanville. Or l’EPR de Flamanville, déjà plombé par des années de retard et un budget qui est passé de 3 à 10,5 milliards d’euros, va certainement connaître de nouveaux délais et ne pourra pas démarrer en janvier 2019, comme l’espérait EDF.

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                Nouveau retard à l’allumage pour le réacteur de Flamanville



Ce n’est pas la première fois que le ministre tance l’électricien. En novembre, dans un entretien au Financial Times, il avait demandé à EDF de prendre ses responsabilités dans la transition énergétique. Depuis, le groupe a annoncé deux plans, l’un pour développer le solaire, l’autre le stockage de l’électricité.

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                Pour diminuer la part du nucléaire, EDF mise sur le solaire



La situation d’EDF reste difficile sur le plan financier : le groupe souffre de la faiblesse des prix de l’électricité sur le marché, perd plusieurs dizaines de milliers de clients par mois et a souffert des arrêts de nombreuses tranches nucléaires ces dernières années. Contacté, le groupe EDF n’a pas souhaité réagir aux déclarations du ministre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Pékin a menacé d’imposer des tarifs douaniers de 25 % sur les importations d’or noir, de gaz et de charbon américains à partir du 6 juillet. Une mesure dont les producteurs texans de pétrole de schiste pourraient être les premières victimes.
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La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis inquiète les pétroliers texans

Pékin a menacé d’imposer des tarifs douaniers de 25 % sur les importations d’or noir, de gaz et de charbon américains à partir du 6 juillet. Une mesure dont les producteurs texans de pétrole de schiste pourraient être les premières victimes.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h47
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Les compagnies pétrolières américaines comptent parmi les plus fervents soutiens de l’administration Trump. Toutefois, la guerre commerciale lancée par le président américain contre la Chine inquiète les patrons du secteur. Car, après les mesures protectionnistes annoncées par le locataire de la Maison Blanche sur l’acier ou les panneaux solaires, Pékin a menacé, mardi 19 juin, d’imposer des tarifs douaniers de 25 % sur les importations de pétrole, de gaz et de charbon américains à partir du 6 juillet.
La déclaration chinoise n’a rien d’anodin. En effet, la Chine est le premier consommateur de pétrole américain, et le pays où la demande d’or noir continue de croître de manière importante. Sur les six derniers mois, elle a ainsi importé plus de 360 000 barils américains par jour, et pourrait, selon les prévisions, aller jusqu’à 450 000 barils par jour d’ici peu.
Les premiers concernés par une telle mesure seraient les producteurs texans de pétrole de schiste, dont la production est en hausse constante. « Ce sera très difficile pour tout le monde à court terme », a expliqué à l’agence Reuters Ron Gasser, le vice-président du pétrolier Mammoth Exploration. Surtout, les parts de marché acquises difficilement en Chine par les producteurs américains risqueraient de tomber dans l’escarcelle des Russes, actuellement premiers fournisseurs de pétrole à Pékin. Pire, les Chinois pourraient être tentés d’acheter du brut iranien.

Répercussions globales
L’industrie pétrolière était déjà réticente à l’idée de voir Donald Trump se lancer dans une bataille sur l’acier. Alors que le secteur est en plein essor, les patrons du pétrole importent massivement de l’acier de l’étranger – et notamment chinois – pour développer des oléoducs nécessaires à l’exportation d’or noir.
L’impact pourrait se faire sentir au-delà des producteurs américains. Dès le mois de mars, l’Agence internationale de l’énergie prévenait qu’une guerre commerciale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ La Mairie de Paris a caché les propositions faites par Bolloré aux élus, déplore la directrice du pôle mobilité électrique du groupe.
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Autolib’: Marie Bolloré accable Anne Hidalgo

La Mairie de Paris a caché les propositions faites par Bolloré aux élus, déplore la directrice du pôle mobilité électrique du groupe.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h39
    |

            Béatrice Jérôme








                        



   


Alors que la résiliation du service de voitures partagées doit être votée jeudi 21 juin, Marie Bolloré, directrice du pôle mobilité électrique du groupe Bolloré, dévoile les coulisses des négociations menées sans succès avec la Mairie de Paris pour éviter l’arrêt d’Autolib’.

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                Le syndicat gestionnaire d’Autolib’ va proposer la résiliation du contrat avec Bolloré



En posant un ultimatum financier « abracabrantesque », selon Anne Hidalgo – vous avez demandé le paiement 233 millions d’euros pour combler le déficit du service – n’avez-vous pas déclenché la mort d’Autolib’ ?
La Mairie de Paris et le Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM) essayent de nous faire porter le chapeau de la résiliation. Or, les élus peuvent refuser de payer 233 millions sans voter l’arrêt d’Autolib’. En adressant un courrier le 25 mai pour réclamer cette somme considérable, nous savions que nous n’aurions aucune chance de l’obtenir. Notre objectif était d’obliger le Syndicat et la Mairie de Paris à se mettre autour de la table.
Plutôt qu’une décision brutale, nous avons défendu une transition en douceur. Nous avons proposé l’arrêt d’Autolib’ en 2019 [Le contrat initial court jusqu’en 2023]. Le 13 juin, nous avions rendez-vous à l’Hôtel de ville pour une discussion à laquelle participaient le directeur de cabinet d’Anne Hidalgo, la présidente du SAVM, Catherine Baratti-Elbaz. Ce jour-là, nous avons proposé que le SVAM nous verse 150 millions d’euros au titre du déficit réel constaté en 2017. Nous étions aussi prêts à prendre à notre charge le passif futur jusqu’à l’arrêt en 2019.
Nous pensions que cette proposition serait présentée aux élus du syndicat réunis en comité le 21 juin pour qu’ils arbitrent entre plusieurs solutions. Mais nous n’avons eu aucune nouvelle de la Mairie. Nous avons tenté de les joindre. On nous a dit qu’on nous rappellerait. C’est alors que nous découvrons dans Le Parisien du 15 juin que Mme Baratti-Elbaz comptait proposer la résiliation immédiate du service. Il nous est alors apparu évident que la Mairie de Paris avait choisi de ne pas dire aux élus que nous faisions des propositions.
Je sais que la commune de Paris est majoritaire au sein du comité qui vote jeudi. Ce que je déplore par-dessus tout c’est qu’en dehors des élus parisiens, aucun membre du comité syndical du SAVM ne soit au courant des négociations avec la Mairie. Tous les élus du syndicat doivent être éclairés sur les choix qui sont faits.
En avril, un tête-à-tête entre Anne Hidalgo et Vincent Bolloré avait permis de déboucher sur un accord financier. Pourquoi ce compromis a-t-il fait long feu ?
En avril, Mme Hidalgo avait donné son accord à M. Bolloré pour que le syndicat verse 88 millions d’euros échelonnés sur cinq ans et supporte 40 % du déficit éventuel constaté au terme de la délégation en 2023. Des mails prouvent que ce compromis avait été accepté par les deux parties. Quelques semaines plus tard, le cabinet de la Maire de Paris est revenu en arrière. Il nous a dit que finalement cela ne serait pas possible juridiquement. Chez Bolloré, quand le président dit quelque chose, on fait en sorte de le suivre. Peut-être que ce n’est pas la même chose à la Mairie de Paris… N’ayant plus de nouvelles de la Mairie, nous n’avions pas d’autre choix que d’envoyer notre courrier du 25 mai.
A combien estimez-vous le coût de la résiliation pour le SAVM ?
La seule chose que le syndicat et Paris gagnent en résiliant, c’est du temps. Et la possibilité de dire que c’est le tribunal qui prendra la décision du montant et non la Mairie de Paris. Mais la résiliation demandée par le syndicat n’a aucun sens ! Elle va coûter plus cher aux communes que ce que nous proposions.
La facture sera supérieure à 233 millions. C’est mathématique. Le syndicat devrait payer au bas mot 150 millions d’euros, soit le montant du déficit en 2017. A cette somme s’ajoute le manque à gagner du fait de la rupture du contrat : il pourrait être de 60 millions d’euros minimum. Il faut aussi additionner 16 millions au titre de l’amortissement que nous n’allons pas pouvoir réaliser sur les bornes et quelques dizaines de millions pour dédommager nos filiales. Au total, il en coûtera entre 250 et 300 millions d’euros aux communes.
Le syndicat affirme que le reclassement de vos salariés sera à votre charge…
Autolib’ emploie 267 salariés. Selon nous, le contrat prévoit que le syndicat est tenu de les prendre en charge dès lors que les bornes continuent d’être utilisées par d’autres opérateurs d’autopartage que nous. Il nous paraîtrait normal que le SAVM encourage le réemploi de nos mécaniciens et de nos personnels d’encadrement par les futurs opérateurs d’autopartage qui sont censés se déployer à Paris. Il y a par ailleurs une centaine de personnes affectées au service Autolib’ dans notre centre d’appels ainsi qu’environ 70 carrossiers, dépanneurs, ouvriers de sociétés de nettoyage qui risquent de se retrouver sans travail.
De nouvelles négociations sont-elles possibles ?
Je suis prête à proposer au syndicat que l’on se donne quinze jours de plus pour négocier. Quand sont concernés, des usagers, des salariés, des contribuables, chacun peut faire un effort. Nous restons toujours ouverts à la négociation même une fois la délibération votée jeudi par le syndicat. Si moi je perds espoir, alors qui va y croire ?

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Les pays de l’OPEP se réunissent vendredi à Vienne. Riyad souhaite accroître la production pour stabiliser les prix, ce qui provoque la colère de Téhéran.
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Pétrole : l’Arabie saoudite et la Russie font front commun face à l’Iran

Les pays de l’OPEP se réunissent vendredi à Vienne. Riyad souhaite accroître la production pour stabiliser les prix, ce qui provoque la colère de Téhéran.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h34
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Les défaites cinglantes au football n’empêchent pas les affaires pétrolières. Alors que les joueurs russes fêtent leur écrasante victoire (5-0) contre l’Arabie saoudite, en match d’ouverture de la Coupe du monde, jeudi 14 juin, le président russe, Vladimir Poutine, et le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, se félicitent en coulisses. Leurs deux pays viennent une nouvelle fois de s’entendre sur la prochaine étape de leur stratégie pétrolière.
Le marché a anticipé cette probable augmentation de production : le cours du baril s’est tassé vers les 75 dollars
Après s’être beaucoup investis, ces derniers mois, pour faire remonter les cours de l’or noir, Moscou et Riyad se sont cette fois accordés sur leur volonté de voir repartir la production à la hausse, afin de stabiliser les prix. En quelques jours, le marché a anticipé cette probable augmentation. Ainsi, le cours du baril s’est tassé, autour de 75 dollars. La prochaine étape, vendredi 22 juin, consiste à faire accepter aux pays membres de l’OPEP cette hausse de production. C’est là que le bât blesse.
Dans les couloirs feutrés du cartel pétrolier, à Vienne, les difficiles tractations entre délégations ont déjà commencé. Les tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran peuvent-elles faire imploser l’OPEP ? La réunion en Autriche promet d’offrir un nouveau théâtre d’affrontement entre les deux puissances régionales, avec la Russie en position d’arbitre.

« Les Russes et les Saoudiens ont des intérêts communs. En recommençant à produire comme avant les réductions de production, ils peuvent conserver leurs parts de marché et augmenter leurs revenus issus du pétrole », explique Jean-François Seznec, consultant au Global Energy Center du think tank américain Atlantic Council.
Trump « ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre »
Les Saoudiens ont également en tête une autre préoccupation. Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a fait comprendre au royaume...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Numéro deux des spécialistes du bio, derrière Biocoop, Naturalia ouvre à Paris un nouveau magasin consacré aux soins alternatifs.
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Naturalia profite du nouvel amour des Français pour le bio

Numéro deux des spécialistes du bio, derrière Biocoop, Naturalia ouvre à Paris un nouveau magasin consacré aux soins alternatifs.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h00
    |

                            Juliette Garnier








                        



                                


                            

Naturalia fait feu de tout bois. Un an après avoir inauguré une enseigne vegane, entièrement consacrée à l’alimentation végétalienne, la filiale de Monoprix devait ouvrir jeudi 20 juin les portes de Naturalia Origines, magasin dévolu aux compléments alimentaires, tisanes et produits de beauté bio, à Paris dans le 15e arrondissement. « Les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir réduire leur consommation de médicaments et se soigner autrement », explique Franck Poncet, président de cette enseigne fondée à Paris voilà 45 ans.

Avec ses tubes d’aloe vera, ses huiles de chia et ses granulés de spiruline, présentés sous un plafond où poussent orchidées et fougères, Naturalia Origines s’apparente au rayon d’apothicaire de Whole Foods, l’enseigne américaine de produits bio rachetée pour 13,8 milliards d’euros par Amazon en 2017. Le président de Naturalia se défend pourtant de s’être inspiré d’un concurrent pour lancer ce nouveau concept dédié à 1 300 références.
En France, ce marché n’est encore qu’une « niche », convient le dirigeant. Mais celle-ci fait partie des rayons abordés par l’enseigne Naturalia dès ses débuts, en 1973. Aujourd’hui, le non-alimentaire bio représente 20 % de ses 240 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Marché très prometteur
La belle santé de ces produits destinés au bien-être n’a échappé à aucun distributeur. Evalué à 825 millions d’euros en France, le marché des compléments alimentaires a progressé de 12,1 % en 2017, selon l’Afipa (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable). Celui des produits d’hygiène-beauté bio et assimilés est lui aussi en plein boom, à contre-courant du recul enregistré dans les rayons des Carrefour, Auchan et autres grandes surfaces alimentaires (− 1,2 % en 2017).

« L’an dernier, la vente de ces produits bio a gagné 26 % », note Emily Mayer, directrice des études chez Iri, experte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Commissaire indépendante auprès de l’OMS sur les maladies non transmissibles, Katie Dain estime que l’objectif de réduire d’un tiers la mortalité d’ici 2030 ne sera pas atteint avec les moyens alloués actuellement.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/06/2018
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Cancer, diabète... « les grands groupes alimentaires et de tabac alimentent l’épidémie »

Commissaire indépendante auprès de l’OMS sur les maladies non transmissibles, Katie Dain estime que l’objectif de réduire d’un tiers la mortalité d’ici 2030 ne sera pas atteint avec les moyens alloués actuellement.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h24
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



                                


                            

Katie Dain est directrice générale de l’Alliance contre les maladies non transmissibles ou chroniques (cancer, diabète, maladies cardiovasculaires et respiratoires…) et membre de la Commission indépendante de haut niveau sur les maladies non transmissibles (MNT) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Alors que l’ONU doit tenir une conférence en septembre sur ce sujet, elle dénonce l’apathie des gouvernements.
Trois ans après l’adoption des objectifs de développement durable sur les maladies non transmissibles, quel premier bilan tirez-vous ?
Ce n’est pas très positif. L’objectif était de réduire d’un tiers la mortalité d’ici à 2030. Mais selon l’OMS, la tendance actuelle nous amène à une réduction d’uniquement 17 %. Si nous continuons ainsi, nous n’atteindrons pas notre objectif. Et il en va de même pour beaucoup d’objectifs spécifiques liés aux MNT, comme la prévalence des maladies causées par le tabagisme ou par l’alcool. Les progrès ont été beaucoup trop lents. Les engagements ambitieux qui ont été pris en 2015 ne se sont pas traduits en action au niveau national. C’est particulièrement vrai pour les pays en voie de développement.

Comment expliquez-vous ce manque de volonté politique ?
D’abord par le fait que les MNT ne sont pas seulement un problème de santé publique. Il touche tous les secteurs du gouvernement : l’agriculture, l’environnement, les transports… Il faut une vraie volonté de l’exécutif pour faire bouger les lignes. Par ailleurs, les pays en développement ne savent pas par où commencer car le champ des MNT est si vaste qu’un sentiment de paralysie domine. Donc l’OMS encourage les pays à prioriser leurs actions.
Enfin, les financements et ressources manquent. Au niveau international, moins de 3 % de l’aide au développement pour la santé [22 milliards de dollars, soit 19 milliards d’euros] vont aux maladies non transmissibles,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Aux Etats-Unis, des scientifiques cherchent à développer des foies et des pancréas humains dans des animaux, dans l’espoir de pouvoir les transplanter aux demandeurs de greffes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/06/2018
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En Californie, un élevage de moutons et de cochons avec des organes humains

Aux Etats-Unis, des scientifiques cherchent à développer des foies et des pancréas humains dans des animaux, dans l’espoir de pouvoir les transplanter aux demandeurs de greffes.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 05h07
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 16h30
    |

            Chloé Hecketsweiler (Davis et Palo Alto, Californie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Rien ne distingue cette ferme des propriétés voisines. Un bâtiment ocre posé au milieu des pâturages, une série d’enclos ombragés par de grands arbres et sous un auvent en bois, une vingtaine de moutons grisâtres broutant nonchalamment leur fourrage. Ce paisible coin de Californie est cependant l’un des terrains d’expérimentations les plus intrigants des Etats-Unis.
Dans cette exploitation, propriété de l’université de Californie à Davis (UC Davis), près de Sacramento, des scientifiques ambitionnent de créer des « chimères ». Dans la mythologie grecque, ce mot désigne des monstres mi-lion, mi-chèvre, mi-serpent. Les créatures fantastiques qui sont inventées ici sont des moutons et des cochons dotés d’organes humains. Grâce à de nouveaux « outils » comme Crispr, le célèbre « ciseau » à ADN, et aux progrès de la recherche sur les cellules souches, cultiver des foies et des pancréas humains semble une piste prometteuse pour faire face à la pénurie d’organes dans le monde.
Rien qu’aux Etats-Unis, 118 000 patients sont sur liste d’attente, et 8 000 ne vivront pas assez longtemps pour bénéficier d’une greffe. En France, la liste compte près de 24 000 personnes, pour environ 6 000 greffes annuelles, comme le rappelle l’Agence de la biomédecine à l’occasion du lancement vendredi 22 juin d’une campagne de sensibilisation au don.
Arpentant la ferme en tenue décontractée, pantalon de toile et chemise à carreaux, le docteur Pablo Ross se fond dans le paysage agricole. Vétérinaire d’origine argentine, il a piloté les premières expériences de chimères « homme-animal », en collaboration avec deux équipes californiennes, celle de l’Espagnol Juan Carlos Izpisua Belmonte au Salk Institute, près de San Diego, et celle du Japonais Hiromitsu Nakauchi, à l’université Stanford, près de San Francisco. « Les moutons que vous voyez ici ne sont pas des chimères », tient-il à préciser en souriant.
Créer des animaux « humanisés » apparaît simple sur...




                        

                        

