<FILE-date="2018/06/22/19">

<article-nb="2018/06/22/19-1">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ L’attaquant star du Brésil a inscrit le deuxième but de sa sélection face au Costa Rica et fondu en larmes au coup de sifflet final, à l’issue d’une rencontre dont le déroulement l’a rendu très nerveux.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : Neymar dans tous ses états

L’attaquant star du Brésil a inscrit le deuxième but de sa sélection face au Costa Rica et fondu en larmes au coup de sifflet final, à l’issue d’une rencontre dont le déroulement l’a rendu très nerveux.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h49
    |

            Benoît Vitkine (Saint-Pétersbourg, envoyé spécial)








                        



   


Ça aurait dû être une promenade de santé, ce fut un long chemin de croix. Pour son deuxième match de poule dans le Mondial 2018, vendredi 22 juin face au Costa Rica, le Brésil a souffert, jouant avec ses propres nerfs avant la délivrance, venue de deux buts inscrits dans les derniers instants (91e et 97e minutes) par Philippe Coutinho et Neymar. Après un simple match de poule, le sélectionneur brésilien Tite, cheveux gris et costume cravate, s’est roulé dans l’herbe dans un accès de joie fébrile ; Neymar a pleuré à genoux au milieu du terrain, de longues minutes.

        Lire aussi :
         

          Coutinho et Neymar délivrent le Brésil face au Costa Rica



Après sa contre-performance contre la Suisse lors de son entrée dans la compétition (1-1), l’enjeu était immense pour la Seleçao. Elle a été capable de fulgurances ravageuses comme de phases de fébrilité extrême. De toute évidence, le traumatisme de 2014 – la défaite 7-1 face à l’Allemagne en demi-finale de son Mondial –, n’a pas encore complètement disparu. La moindre difficulté semble mettre les nerfs de la sélection brésilienne à vif, et les mésaventures vécues par les autres favoris du tournoi, le voisin argentin en tête, ont fait disparaître toutes les certitudes.
« Il y a une dimension très émotionnelle, a admis Tite en résumant la rencontre. Nous n’avons pas cédé au désespoir. »
Plus qu’aucun autre, Neymar a incarné vendredi à Saint-Pétersbourg l’inconstance et la nervosité de son équipe, autant que son génie. Superstar de son effectif, l’attaquant du Paris-Saint-Germain se sait l’objet de toutes les attentions. Sa blessure à la cheville, en février avec son club, le Paris-Saint-Germain, a plongé le Brésil en apoplexie. Et sa légère rechute à l’entraînement, il y a trois jours, lui a fait frôler l’infarctus. Autant dire que le joueur aux cheveux peroxydés avait à cœur de se montrer. Il a été omniprésent. Pour le meilleur et pour le pire.

        Lire aussi :
         

          Au Brésil, pas de passion pour cette « Copa »



Ligne Maginot
Le meilleur, ce fut une fin de match débridée, des débordements incessants dans son couloir gauche, des gestes techniques – coup du sombrero, roulette… – plein de gourmandise, un déchet inférieur au match contre la Suisse (44 passes réussies sur 49,3 dribbles réussis sur 6 tentés), une complémentarité parfaite avec son arrière Marcelo… Et pour finir, un but malin sur un service parfait de Douglas Costa.

   


Le pire, ce fut sa maladresse face au but en deuxième période, au plus fort de la domination brésilienne, butant toutefois sur une défense aux allures de ligne Maginot. Les rares fois où les attaquants brésiliens ont réussi à percer le rideau défensif des Costaricains, ce fut pour buter sur un Keylor Navas, impérial. Les minutes passant, le calme du gardien et capitaine des Ticos contrastait de plus en plus avec l’impatience et la nervosité de Neymar.
Car c’est aussi par sa fébrilité que l’attaquant s’est illustré. Déjà guère connu pour son flegme, celui-ci a multiplié les coups de sang. Meneur d’hommes et de jeu capable de motiver son équipe ou gamin capricieux ? Le Brésilien a plus souvent ressemblé au second.

        Lire aussi :
         

                Tout savoir sur le Brésil à la Coupe du monde 2018 de football



Simulation et carton jaune
On l’a vu, à la mi-temps, attendre le trio arbitral dans les travées du stade, l’œil mauvais ; on l’a vu, grossière simulation à l’appui, réclamer un penalty inexistant à la 79e minute ; accordé dans un premier temps, le penalty a finalement été refusé après un arbitrage vidéo, et on l’a alors vu s’exaspérer et envoyer valser le ballon, récoltant ainsi un carton jaune. On l’a aussi vu copieusement insulter (« fils de p… ») un adversaire. Et on l’a vu, donc, finir en larmes un match qui aurait pu ne pas devenir si angoissant.
« Il y a une chose que je peux dire, c’est que la joie, la responsabilité et la pression de jouer pour le Brésil, c’est fort, et il a le courage de le montrer, l’a défendu Tite, avec qui Neymar s’entend parfaitement. Il est humain et il a besoin de temps pour revenir à son meilleur niveau. Bien sûr qu’il va retrouver son meilleur niveau, sans aucun doute. »
Outre trois points vitaux – un deuxième match nul aurait mis le Brésil dans l’obligation de battre la Serbie –, cette rencontre face au Costa Rica laisse le Brésil avec de nombreuses interrogations. La pression que se met en grande partie elle-même la Seleçao peut être un précieux stimulant – à l’instar de la Russie, auteure de débuts en fanfare –, comme elle peut paralyser les meilleurs joueurs et les meilleures intentions. La hargne montrée par son attaquant peut donner un supplément d’âme aux Auriverde comme finir par les déstabiliser.

        Lire aussi :
         

          Dans sa prison, Lula se mue en commentateur sportif



La réponse est sans doute une question d’équilibre : vendredi, l’équipe brésilienne a eu l’intelligence de ne pas s’en remettre à Neymar, de jouer avec lui plutôt que pour lui. A lui désormais de montrer plus de sérénité et de confiance. Le jeune homme – il n’a que 26 ans – peut se rassurer en se disant qu’il est déjà rentré dans l’histoire de la Coupe du monde, en inscrivant, en Russie, le but le plus tardif jamais inscrit dans le tournoi.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-2">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ En dix ans d’absence de France, vingt-huit dans le Var, la F1 a évolué. Pour ceux qui auraient un peu décroché, récapitulatif à la veille des premiers essais au Castellet.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Grand Prix de France : la formule 1 n’est plus ce qu’elle était

En dix ans d’absence de France, vingt-huit dans le Var, la F1 a évolué. Pour ceux qui auraient un peu décroché, récapitulatif à la veille des premiers essais au Castellet.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h25
    |

            Catherine Pacary








                        



   


Le dernier Grand Prix de France s’est couru sur le circuit de Magny-Cours, dans la Nièvre, en 2008. Il revient le 24 juin au Castellet, dans le Var, sur le Paul-Ricard, qui lui n’avait plus accueilli de formule 1 depuis 1990. Cette année-là, Alain Prost offrait sa 100e victoire à Ferrari après un dépassement dans les derniers tours sur le surprenant Ivan Capelli. Pour ceux qui n’auraient pas tout suivi, et pour les autres, petit mémorandum non exhaustif des principales évolutions enregistrées depuis une décennie.

   


1/ Un look futuriste… Au premier coup d’œil, le halo, sorte de « Y » arqué placé au-dessus du baquet, surprend. Obligatoire depuis janvier, il protège la tête des pilotes, puisque, en F1, il n’y a pas de pare-brise. A l’avant, des ailerons s’étirent au ras du bitume à l’avant des pneus pour maximiser la prise au sol ; à l’arrière, en hauteur, ils changent de forme au fil des réglementations. Performant, cet aérodynamisme serait en revanche à l’origine de la baisse du nombre de dépassements en course, en générant dans le sillage des monoplaces de trop fortes turbulences. Et ce même si, depuis 2011, le DRS (Drag Reduction System), sorte de trappe qui s’ouvre ou se ferme sur commande, permet, en détournant le flux d’air, de booster la voiture d’environ 10 km/h sur certaines portions du tracé. Sur le plateau du Castellet, dans le Var, les pilotes risquent de découvrir un autre perturbateur de masse d’air : le mistral.

   


2/ Hybrides, moins bruyantes. L’évolution de la motorisation reflète les enjeux de la mobilité de demain. Adieu le moteur 10 cylindres en V de la McLaren-Honda d’Ayrton Senna de 1990 — de 3 493 cm3 pour 690 chevaux — ou les V6 Turbo. Depuis 2014 sont imposés des groupes propulseurs hybrides (V6 turbo) dotés de deux systèmes de récupération d’énergie, au niveau du freinage et de l’échappement, pour une puissance proche de 1 000 chevaux. Conséquence, la voiture fait moins de bruit, ce qui n’a pas plu aux fans de la première heure ni au promoteur de la F1 d’alors, Bernie Ecclestone.
3/ Bernie » justement n’est plus « le grand argentier de la Formule 1 ». Après quarante ans de règne sans partage, il a été évincé en janvier 2017 par les nouveaux propriétaires de la F1 mondiale, l’américain Liberty Media, et remplacé par Chase Carey aux bacchantes déjà célèbres.
4/ La consommation a été divisée par deux en un quart de siècle et limitée à 105 kg par course (environ 130 litres, selon les mélanges). Les ravitaillements en essence ont donc été supprimés en 2010. Un plein couvre un Grand Prix, dont la distance varie de 300 km à 310 km — à l’exception des 260 km de Monaco. Le nombre de tours est donc calculé en fonction de la longueur du circuit. Question : sachant que le Paul-Ricard fait 5,842 km, combien de tours effectueront les monoplaces dimanche ? Réponse 53, soit une distance totale de 309,626 km.

   


5/ Hyperconnecté. Le développement de l’électronique permet aux ingénieurs de recevoir les données de la monoplace en continu sur l’usure des pièces, les niveaux d’huile, de carburant, les températures… Autre révolution, les jeunes pilotes comme le Français de Force India, Esteban Ocon, ou le pilote Red Bull Max Verstappen ont appris à piloter uniquement sur simulateur. C’est pourquoi le « volant » s’apparente désormais à une console de jeu. De même pour le nouveau tracé du Paul-Ricard, qu’aucun pilote n’a pu tester, puisque les travaux se sont achevés il y a quelques semaines, le simulateur a été la seule option pour se préparer. Gare toutefois à ne pas déshumaniser la course. La FIA refuse toujours de valider les Robot Race, courses de voitures autonomes.
6/ Toujours plus vite ? La vitesse moyenne n’a pas tant augmenté que ça : de 40 km/h en un quart de siècle. Globalement, la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a plutôt tout fait pour ralentir les monoplaces : ailerons diminués en 1991, pneus moins larges en 1993, baisse de la cylindrée en 1995 et en 2006… afin d’améliorer la sécurité. Jusqu’à ce que le spectacle en pâtisse. Aussi, depuis deux saisons, les vitesses de pointe ont-elles été revues à la hausse.

   


7/ La sécurité, une priorité. Le Paul-Ricard s’est voulu exemplaire dès sa conception. Son créateur, inventeur de la boisson anisée à 40 degrés qui porte son nom, voulait en effet par ce circuit démontrer que ce n’étaient ni la vitesse ni l’alcool mais le mauvais état des routes qui était la cause principale de nombreux accidents enregistrés dans les années 1960-1970 (avec un pic de 18 034 morts en 1972 contre 3 500 en 2017). D’où la configuration novatrice du tracé, avec une piste très large, de grands dégagements, des bacs à graviers, qui seront remplacés par les bandes de « grip » à adhérence progressive. Aujourd’hui, le Paul-Ricard est un des circuits les plus avancés techniquement au monde, et le premier désigné « Centre d’excellence » par la FIA.
8/ Ecuries. Derrière l’apparente stabilité — Honda motorise les McLaren en 1990 comme en 2017 — se cache un incessant va-et-vient. Parmi les grandes « disparues », Virgin Racing, rebaptisée Marussia puis Manor (2010–2016), et Lotus (2010-2015) rachetée en décembre 2015 par Renault pour effectuer son grand retour comme « écurie à part entière » et non plus comme simple motoriste. Autre grand come-back, celui des Etats-Unis avec l’écurie Haas en 2016 également. Dernière annonce en date, le 19 juin, Red Bull qui rompt son contrat avec Renault motoriste pour passer à un moteur Honda dès 2019. Toro Rosso, la pépinière de Red Bull, se trouvant très satisfaite des engins nippons.

Get ready for the grand revival of the #FrenchGP! 
— pirellisport (@Pirelli Motorsport)


require(["twitter/widgets"]);

9/ Stratégiques pneumatiques. L’équipementier français Michelin se retire de la F1 à la fin de 2006, alors qu’il se partage l’élite du sport automobile avec Bridgestone. Depuis 2011, Pirelli a pris le relais en tant que fournisseur exclusif. Au-delà de la marque, la technologie a beaucoup évolué. La gamme de pneus mise à disposition est passée de trois à neuf en vingt ans : hypertendre rose, ultratendre violet, extratendre rouge…, l’arc-en-ciel se décline jusqu’au pneu pluie bleu.

French GP special 🤙🇫🇷👌
— RGrosjean (@Romain Grosjean)


require(["twitter/widgets"]);

10/ Cocoricos. Bien avant la création du championnat du monde FIA de F1, en 1950, le premier Grand Prix de l’histoire s’est couru en 1906 en France, sur 103 km de route ouverte entre Le Mans, Saint-Calais et La Ferté-Bernard.
— Sur les quinze nationalités présentes dimanche 24 juin sur la grille, la France est la plus représentée, avec trois pilotes — contre 0 en 2011 ! : Romain Grosjean (32 ans, pilote Haas, qui s’est fait customiser son casque pour l’occasion) ; Esteban Ocon (arrivé chez Force India à la mi-saison en 2016) ; et Pierre Gasly, promu chez Toro Rosso un an après.
— Sur les dix écuries en lice, trois sont dirigées par un Français : McLaren, drivée par Eric Boulier ; Renault F1, par Cyril Abiteboul ; et Sauber, par Frédéric (Fred) Vasseur depuis juillet 2017, six mois après avoir claqué la porte de Renault.
— Le Français Jean Todt, patron de la Scuderia Ferrari pendant quatorze ans (1993-2007), est réélu président de la FIA le 7 décembre 2017 pour un troisième mandat de quatre ans, qui doit le mener jusqu’en 2021, le temps de renégocier avec les écuries la nouvelle répartition des budgets.
Reste à trouver un successeur à Alain Prost. En dehors du « Professeur », dernier vainqueur au Castellet, en 1990, avant de décrocher son quatrième titre mondial en 1993 pour Williams, il y a eu l’unique victoire en Grand Prix de Jean Alesi (Canada, 1995) et celle d’Olivier Panis (Monaco, 1996). Depuis, plus rien.

This day in 1996 in the Ligier JS43, Olivier Panis crossed to victory at the Monaco Grand Prix. Amazing scenes. #F1 https://t.co/Wbp97ryH0S— F1PaddockPass (@F1 Paddock Pass)


require(["twitter/widgets"]);




                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-3">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Grâce à un doublé de Musa, les Nigérians se sont replacés dans les places qualificatives du groupe D, devant l’Islande et l’Argentine.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ 
<article-nb="2018/06/22/19-4">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ Le businessman laïque et républicain Ali Koç a été élu président du club de Fenerbahçe, le 3 juin, après vingt ans de règne d’Aziz Yildirim. L’opposition y voit une métaphore des élections anticipées du 24 juin.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤                
                                    

Football : en Turquie, les anti-Erdogan gagnent un président


                      Le businessman laïque et républicain Ali Koç a été élu président du club de Fenerbahçe, le 3 juin, après vingt ans de règne d’Aziz Yildirim. L’opposition y voit une métaphore des élections anticipées du 24 juin.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h05
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








   


Aux manettes de la Turquie depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan peut-il perdre les élections, législatives et présidentielle, anticipées par lui au dimanche 24 juin ? C’est ce que semble croire l’opposition, les kémalistes du Parti républicain du peuple (CHP), les nationalistes du Bon Parti et les islamistes du Parti de la félicité, unis contre lui – c’est une première – en vue du scrutin. Les anti-Erdogan misent d’autant plus sur la victoire qu’ils ont cru en déceler les prémices lorsque le club de Fenerbahçe, l’un des trois « géants » du football stambouliote avec Galatasaray et Besiktas, a changé de président de façon inattendue, à l’issue d’un vote, dimanche 3 juin.
Ancien d’Harvard et entrepreneur
Ce jour-là, l’homme d’affaires Ali Koç, 51 ans, ancien d’Harvard, issu d’une prestigieuse dynastie turque d’entrepreneurs, a été élu président du club en remplacement d’Aziz Yildirim, 65 ans, qui régnait sur Fenerbahçe depuis vingt ans. En cause, la mauvaise gestion du club et l’organisation de matchs truqués, onze pendant la saison 2010-2011, ce qui lui a valu une condamnation à six ans et trois mois de prison en 2011. Comme Aziz Yildirim est une personnalité connue, il n’a passé qu’un an à la prison de Metris, à Istanbul, avant d’en être libéré en juillet 2012. Il a alors retrouvé son poste de président du club, comme si de rien n’était, jusqu’au scrutin du 3 juin. « Sa gestion très personnifiée, sa volonté de tout contrôler lui auront finalement coûté son poste », a estimé la journaliste Barçin Yinanç dans les colonnes du quotidien Hurriyet (édition du 5 juin).

        Lire aussi :
         

                Elections : en Turquie, la peur en campagne (et la bouilloire qui tweetait)



Tout s’est joué sur l’image. Face à un Aziz Yildirim au discours éculé, cherchant encore et toujours à « laver son nom et celui du club », Ali Koç n’a pas eu de mal à briller. L’assistance, 20 000 membres du club qui avaient fait le déplacement au stade pour attribuer leurs votes ce jour-là, a été conquise lorsqu’il a présenté son équipe, composée pour beaucoup de jeunes femmes. Car ce fils de famille, représentant de la Turquie laïque et républicaine en col blanc, veut voir davantage de femmes aux postes de gestion, y compris dans le football. Elles seraient, dit-on, meilleures gestionnaires que leurs homologues masculins.
Les matchs truqués sont loin d’être la seule épine dans le pied des clubs de foot, lourdement endettés auprès des banques. Dès lors, les électeurs ont sans doute été sensibles aux attraits de la fortune des Koç, l’une des familles les plus riches du pays. Finalement, Aziz Yildirim, « l’indéboulonnable », dont la silhouette dominait les terrains de jeu depuis 1998, a été battu à plate couture, avec 4 644 voix seulement, contre 16 092 à Ali Koç. Il n’en fallait pas plus pour que l’opposition interprète ce vote comme une métaphore de celui du 24 juin.
Erdogan une vocation de footballeur
En Turquie, football et politique marchent main dans la main. Chaque club a sa coloration : Besiktas est à gauche, Galatasaray et Fenerbahçe sont plus conservateurs, plus à droite. Fenerbahçe jouit des faveurs du gouvernement islamo-conservateur. Le club ne compte-t-il pas le président Erdogan parmi ses fans ? Passionné de football dans sa jeunesse, le numéro un turc, surnommé « l’imam Becken-bauer » par ses camarades de jeu, a été approché à la fin des années 1970 par un entraîneur de Fenerbahçe. Il a toutefois dû renoncer à sa vocation, son père y étant opposé. Pieuse et conservatrice, la famille souhaitait faire de lui un « hafiz », capable d’apprendre et de réciter le Coran par cœur. Le chef de l’Etat turc en a gardé une solide passion pour les sermons et pour le ballon rond.

        Lire aussi :
         

                En Turquie, les limites de l’Erdoganomics



Dans ses meetings, Recep Erdogan a beau tacler tant qu’il le peut Muharrem Ince, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche) à la présidentielle, son principal rival sur le terrain, sa popularité est en déclin. D’après les sondages, il arriverait en tête du scrutin pour la présidentielle, sans parvenir pour autant à recueillir les 51 % nécessaires pour l’emporter dès le premier tour.



<article-nb="2018/06/22/19-5">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ Les deux attaquants brésiliens ont marqué dans les arrêts de jeu de la deuxième période, offrant la victoire à la Seleçao 2-0 alors qu’un match nul se profilait.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ 
<article-nb="2018/06/22/19-6">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ L’ancien chef d’Etat, qui purge une peine de douze ans de prison pour corruption, envoie des textos de sa cellule, qui sont ensuite lus à la télévision lors des matchs du Brésil.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : dans sa prison, Lula se mue en commentateur sportif

L’ancien chef d’Etat, qui purge une peine de douze ans de prison pour corruption, envoie des textos de sa cellule, qui sont ensuite lus à la télévision lors des matchs du Brésil.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h21
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Les uns voient dans l’effronterie la démonstration de l’ego surdimensionné d’un ancien chef d’Etat cherchant désespérément à ne pas finir dans les oubliettes de l’actualité. Les autres ont la preuve que leur héros est un homme du peuple. Un de ces Brésiliens qui aiment le futebol et la cachaça. Comme ses compatriotes, de fait, l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, 72 ans, peste contre ce football devenu « une machine à cash ». S’agace de l’indolence de la Seleçao, l’équipe officielle du Brésil. S’emporte quand Neymar, attaquant à l’inventivité capillaire débridée et à l’individualisme assumé, se jette à terre comme une petite chose. Et implore le retour du jogo bonito (le « beau jeu »).

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde 2018 : au Brésil, pas de passion pour cette « Copa »



Lors des matchs du Brésil, favori d’une Coupe du monde qui peine à passionner, Lula râle donc, comme tous les Brésiliens devant son poste de télévision. Mais contrairement à ses compatriotes, le septuagénaire, « prisonnier politique » pour ses amis, « politicien prisonnier » pour ses ennemis, assiste aux jeux dans sa cellule de quinze mètres carrés, où il purge une peine de douze ans de prison pour corruption, tout en jouant les commentateurs sportifs à la télévision. Une prouesse simple comme un texto : lors des matchs, la figure centrale du Parti des travailleurs (PT, gauche), qui prétend participer à l’élection présidentielle d’octobre, envoie ses états d’âme footballistiques par Whatsapp au journaliste José Trajano, dit « Zé Trajano », qui les retransmet par écrit avec une lecture en voix off à la TVT, la chaîne de télévision du syndicat des métallos.
Ça n’arrive qu’au Brésil
L’expression « so no Brasil » (« ça n’arrive qu’au Brésil ») trouve ici tout son sens. Mais à en croire les experts interrogés par les médias brésiliens, il n’y a dans le procédé aucune illégalité. « Communiquer avec l’extérieur par courrier n’est pas interdit », explique au site Veja l’avocat Francisco Monteiro Rocha Júnior. « Tout prisonnier a le droit de travailler, notamment pour obtenir une remise de peine », abonde le criminologue João Paulo Martinelli.
Zé Trajano, lui, se frotte les mains. C’est lui qui a eu cette idée pour le moins saugrenue. « J’ai osé !», se félicite-t-il. La participation de Lula à son émission, jusqu’ici confidentielle, a fait doubler les audiences et a eu des répercussions mondiales. Der Spiegel, en Allemagne, El Pais, en Espagne, The Sun, au Royaume-Uni, ont, parmi d’autres, noté la conversion —temporaire ? — de l’homme politique. De plus, souligne le journaliste, « Lula fait des commentaires pertinents. Je n’aurais pas pu demander ça à FHC ». FHC étant le sigle de Fernando Henrique Cardoso, président de 1995 à 2003, surnommé « pé frio » (« pied froid ») et suspecté de porter la poisse à la Seleçao.
La passion de Lula pour le foot est sincère. Né dans la misère, l’ex-syndicaliste est un supporteur enflammé des Corinthians, l’une des équipes de Sao Paulo. Il fut l’ami du joueur mythique Socrates, et assiste toujours à l’intégralité des matchs de la « Copa », qu’il s’agisse de l’Arabie saoudite ou du Portugal. Son amour pour le jeu l’empêche même de haïr le prodige Neymar, qui a pourtant appelé à voter Aecio Neves, candidat de l’opposition au PT lors de la présidentielle de 2014.
Après avoir maudit la Seleçao lors du match (1-1) contre la Suisse, dimanche 17 juin, Lula reprendra du service vendredi 22, lors de la rencontre contre le Costa Rica, priant pour une victoire de son pays. A quatre jours de l’examen d’un recours visant à le faire sortir de prison, l’ancien chef d’Etat priera sans doute aussi un peu pour lui et pour une victoire de la gauche à la présidentielle.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-7">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ « Roulette russe », épisode 8. Aujourd’hui, Eddy Fleck vous raconte pourquoi le drapeau de l’Algérie est omniprésent dans les tribunes de la Coupe du monde, malgré l’absence de sa sélection. Retrouvez aussi le programme du jour.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Pourquoi y a-t-il toujours un drapeau algérien dans un stade ?

« Roulette russe », épisode 8. Aujourd’hui, Eddy Fleck vous raconte pourquoi le drapeau de l’Algérie est omniprésent dans les tribunes de la Coupe du monde, malgré l’absence de sa sélection. Retrouvez aussi le programme du jour.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h30
   





                        



   


Chaque jour durant la Coupe du monde, Eddy Fleck et Maxime Mianat analysent la compétition à leur façon. Attention : cette chronique peut contenir du second degré.
Il faut remonter au temps de l’Empire romain pour comprendre l’origine de cette coutume. Si le péplum Gladiator a fait le choix de mettre en avant l’empereur Commode, la vérité historique est tout autre. A cette époque, un jeune esclave originaire du Maghreb voit sa réputation grimper en flèche, après une prestation comique de premier ordre.
Rachidus Romulus gravait dans la pierre des messages humoristiques sur les différents sujets d’actualité : l’humoristique Texus doit-il être viré du théâtre latin pour sa blague misogyne ? Rome respecte-t-il le fair-play financier en recrutant le gladiateur Maximus pour 200 millions de sesterces ? Rachidus était le premier twittos de l’Empire romain. Son succès fut tel que l’administration romaine accepta sa présence à l’assemblée, étape décisive avant son élection en tant qu’empereur quelques années plus tard.
Durant les combats de gladiateurs, Rachidus Romulus brisa les codes. Pour signifier la grâce d’un combattant, l’empereur agitait à son balcon un drapeau aux couleurs de l’Algérie. Une manière de rendre hommage à ses origines. Ce tissu devint rapidement le symbole de la paix et l’outil indispensable dans tous les événements culturels. Récemment, des chercheurs affirmaient que cette version était inventée de toutes pièces et que les empereurs sortaient, en réalité, une banderole « Sarreguemines ». Un débat qui n’a pas fini de déchirer le monde du football et qui continue d’être instrumentalisé par les politiques durant cette Coupe du monde.
Eddy Fleck

Le programme du jour
Les matchs du jour (à suivre en direct sur LeMonde.fr)
Brésil - Costa Rica (14h)
Nigéria - Islande (17h)
Le résultat de Serbie - Suisse
A retrouver sur le web
Retour gagnant aux fondamentaux pour les Bleus
Kylian Mbappé, un record et un peu de sueur
Même Messi ne peut rien pour la sélection argentine
France-Pérou : les Bleus, le pressing et le cynisme
La gazette de la Coupe du monde 2018 : maestro, précocité et mœurs légères
Chronique télé: « Je vous propose de revoir le but pour la 647e fois »
Revue de presse: La France fait de nouveau peur à l’étranger
Bryan Ruiz : « La plus belle expression de la “Pura Vida” au Costa Rica, c’est l’absence de l’armée »
A retrouver dans le journal et pour les abonnés
L’Islande, 11 défenseurs, 338 000 supporteurs



Les épisodes précédents de « Roulette russe »
Episode 1 : comment concilier Coupe du monde et vie de famille
Episode 2 : pourquoi il ne faut pas critiquer l’équipe de France
Episode 3 : pourquoi on ne sait pas encore si Griezmann pourra jouer contre l’Australie
Episode 4 : pourquoi le drapeau du Brésil n’est pas ce que vous croyez
Episode 5 : pourquoi les Anglais n’ont en réalité pas inventé le football
Episode 6 : pourquoi Pologne-Sénégal est un authentique derby
Episode 7 : pourquoi la Coupe du monde est un cauchemar pour les autres sportifs





                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-8">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ La prestation des Bleus face au Pérou (1-0) a rassuré la presse étrangère sur le niveau de l’équipe de France. Mais elle en attend encore davantage, vu l’effectif aligné. Revue de presse de « Courrier international ».
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : la France fait de nouveau peur à l’étranger

La prestation des Bleus face au Pérou (1-0) a rassuré la presse étrangère sur le niveau de l’équipe de France. Mais elle en attend encore davantage, vu l’effectif aligné. Revue de presse de « Courrier international ».



Le Monde
 |    22.06.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 10h58
    |

                            Corentin Pennarguear (Courrier international)








                        





Coupe du monde 2018 vue d’ailleurs


Une revue de presse de





  @import url('https://fonts.googleapis.com/css?family=Roboto+Slab:300,700');

  .snippetCI {
    display: block;
    text-decoration: none;
    color: #000;
    font-family: 'Roboto Slab', serif;
    font-weight: 300;
    text-align: center;
    line-height: 1;
  }
  .snippetCI-title {
    background-color: #2e3942;
    color: #FFF;
    padding: 16px 10px;
    font-size: 26px;
    line-height: 1.2;
  }
  .snippetCI-title span,
  .snippetCI-text span {
    white-space: nowrap;
  }
  .snippetCI-title span:first-of-type {
    font-weight: 700;
    color: #ffc602;
  }
  .snippetCI-text {
    background-color: #f8f9fb;
    color: #16212c;
    border: 1px solid #eef1f5;
    padding: 10px;
  }
  .snippetCI-text span {
    font-size: 18px;
    line-height: 1.4;
  }
  .snippetCI-text img {
    width: 160px;
    height: auto;
    vertical-align: middle;
    margin: 0 4px;
  }


La sortie de Kylian Mbappé lors de France-Pérou, jeudi 21 juin, a stupéfié la Süddeutsche Zeitung en Allemagne. Remplacé à la 75e minute, le prodige de 19 ans a été copieusement sifflé par le public alors qu’il traînait sur le terrain pour gagner du temps et conserver le score de 1 à 0. « Le fait que les Français aient eu besoin de ça, alors qu’il restait plus d’un quart d’heure à jouer, signifie que ce match avait pris une bien étrange tournure », juge le quotidien allemand, avant d’ajouter :
« Car durant la première période, ils avaient fait naître chez nous le sentiment que les prochains champions du monde se trouvaient sur le terrain. »
Si elle n’a pas encore montré tout son potentiel, la performance de l’équipe de France a retenu l’attention de la presse internationale. Ainsi, The Times estime, après cette victoire 1-0, que « toutes les nations doivent se méfier de la France ». Le journal britannique souligne que les Bleus « se sont qualifiés pour les 8e de finale alors qu’ils sont encore en phase d’apprentissage, encore en train d’expérimenter, toujours sans avoir eu le déclic ». En clair, résume The Daily Telegraph, « la France semble rassembler ses forces ».
« Une voiture de sport dont on a du mal à passer les vitesses »
Les deux victoires des Bleus en ce début de Coupe du monde n’empêchent pas les critiques, tant l’effectif de l’équipe de France fait fantasmer en dehors de nos frontières. El País, par exemple, juge « grossier de voir autant de passes ratées dans cette équipe, aussi peu de risques pris avec le ballon dans une sélection qui compte une grande partie du firmament du football actuel ».
Du côté du New York Times, on jure que « la France ressemble à une voiture de sport dont on a du mal à passer les vitesses ». Au Portugal comme en Allemagne, Público et la Frankfurter Allgemeine Zeitung constatent « un service minimum pour un objectif minimum » de la part des Bleus.

   


Si l’ensemble n’est pas qualifié de grandiose par les médias étrangers, certaines individualités bleues sont sorties du lot face au Pérou. Le revenant du jour, Olivier Giroud, a ainsi les honneurs de Die Zeit en Allemagne, qui titre : « le serveur a servi. » La publication allemande assure que « s’il y avait un commentaire positif à faire sur cette équipe de France, qui a hésité de manière si étrange pendant ces premiers matchs, c’est que Giroud lui a donné une structure évidente ». Même constat du côté de The Times, c’est l’attaquant de Chelsea « qui a fait de la France une équipe davantage soudée et dangereuse ».
The New York Times s’est focalisé sur la performance du gardien Hugo Lloris, « excellent quand on avait le plus besoin de lui ». Mais c’est évidemment Kylian Mbappé, devenu le plus jeune buteur français dans une grande compétition internationale, qui fait le plus parler de lui. Pour The Guardian, l’attaquant de 19 ans « a déployé toute l’audace de la jeunesse » lors de France-Pérou, lui dont « la vie avance si vite ». Selon El País, c’est lui qui « qualifie les Bleus pour les 8e de finale ».
Jusqu’au bout ?
Les joueurs de Didier Deschamps avaient pourtant fort à faire avec 20 000 spectateurs péruviens dans les tribunes. « S’il y avait ne serait-ce qu’un seul supporter français solitaire dans le stade de Iekaterinbourg, appuie The Irish Times, il serait sorti de l’enceinte heureux du résultat mais inquiet de la performance de son camp pour l’atteindre. » Le quotidien irlandais reconnaît toutefois « les efforts considérables des Bleus, qui ont pris le dessus au moment et à l’endroit où il le fallait ».
Avec deux victoires par la plus petite des marges et une qualification express pour le prochain tour, les Bleus peuvent souffler. Mais restent très attendus. « Même si les Français n’ont pas tout emporté sur leur passage jusqu’à présent, ils restent très largement en lice pour aller au bout de cette Coupe du monde », conclut The New York Times.


À lire aussi sur Courrier international

“L’individualiste Neymar” irrite le Brésil
Les Russes redécouvrent la joie de fraterniser avec les étrangers
Arbitrage vidéo : un nouveau jour se lève pour le football




  .snippetCI.CI-bottom .snippetCI-title img {
    width: 160px;
    height: auto;
    vertical-align: middle;
    margin: 0 4px;
  }
  .snippetCI.CI-bottom .snippetCI-text {
    text-align: left;
    display: block;
    margin: 0;
    padding: 10px 16px 10px 32px;
  }
  .snippetCI.CI-bottom .snippetCI-text li {
    line-height: 1.2;
    padding: 6px 0;
  }
  .snippetCI.CI-bottom .snippetCI-text a {
    color: #16212c;
    font-weight: bold;
    text-decoration: none;
  }





                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-9">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ « Arbitrage vidéo » épisode 2. Etienne Labrunie s’est infligé les débriefings de BFM, CNews et LCI après France-Pérou. Il refait le match de ceux qui refont le match.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Coupe du monde sur les chaînes info : « Je vous propose de revoir le but pour la 647e fois »

« Arbitrage vidéo » épisode 2. Etienne Labrunie s’est infligé les débriefings de BFM, CNews et LCI après France-Pérou. Il refait le match de ceux qui refont le match.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 10h47
    |

                            Etienne Labrunie








                        


Le plan de jeu

   


BFM Foot (n°15)
Tout est dans le nom, fruit d’un audit interne de la cellule marketing de BFM Business. Priorité au football. La chaîne d’info du groupe Altice Media, qui a décroché l’exclusivité des droits de la Ligue des champions et de la Premier League anglaise, met le paquet et « en édition spéciale ».
Et priorité à l’expertise. Un plateau où anciens footeux et spécialistes rivalisent d’analyses, se coupent la parole, causent « 4-2-3-1 », « sentinelle » ou pas devant la défense, et il « faudra quand même qu’on m’explique »… Et à la fin, Christophe Dugarry bougonne.
« Destination Moscou » - CNews (n°16) 
Gros travail de naming là encore. CPascal Praud ou Foot Praud auraient bien trouvé leur place dans la grille du multi-animateur qui présente le matin « L’Heure des pros ». « Parler foot en ouvrant un peu le débat avec de l’humeur et de la polémique », explique le Praud. En l’ouvrant mais sans trop l’élever non plus. Du coup, tout le monde se coupe la parole, cause « 4-2-3-1 », d’Olivier Giroud en « pivot » dans la défense adverse, et « à ce niveau-là, ça ne pardonne pas ». Et à la fin, Pascal Praud marque contre son camp.
Prolongations – LCI (n°26)
Ici, on prolonge le match (de TF1) et les mags (de TF1). En plateau, des consultants (de TF1) et toutes les images en exclusivité (« la seule chaîne info à proposer en clair les images de la compétition »), mais souvent vues… sur TF1. Une émission plus éditorialisée, avec beaucoup d’images (c’est vrai), des interviews, un bandeau EXCLUSIF et… des analyses. Des spécialistes et des invités people qui finissent quand même par, sans se couper la parole, causer « 4-2-3-1 », défenseur qui « coulisse » dans son couloir, et « doit-on s’inquiéter pour nos Bleus qu’on a en exclusivité ? » Et à la fin, si la France gagne, le groupe (TF1) vit bien.
Compo des équipes
BFM
La « dream team » autoproclamée, le nom donné à l’équipe des consultants éparpillés sur les antennes du groupe. Sélectionnés de la fin d’aprem : Willy Sagnol, Eric Di Meco et Jean-Michel Larqué, en roue libre pour sa dernière Coupe du monde. Avec eux, deux journalistes de RMC.
Le coaching est assuré par Jean-Baptiste Boursier, ex- « Grand Angle » le soir sur BFM, prochain animateur de « Champions Zone » (les soirs de Ligue des champions) sur la future RMC Sport. « Mon Dieu, qu’on a souffert, mais l’essentiel est là, ouf ! » 

   


CNews
Pascal et les pros. Un maximum de consultants pour ce deuxième match. Ceux de Canal+, bientôt en manque de jeu après la fuite des droits du foot de la chaîne cryptée : Alain Roche, Sidney Govou, Jean-Luc Arribart et Marc Libbra. Et puis Gilles Verdez, loin de son mentor Cyril Hanouna mais assez proche du ridicule quand même : « Nous sommes en huitièmes de finale, c’est extraordinaire, c’est un jour de liesse pour le pays ! » Aux platines, c’est Pascal qui envoie le son : « Qu’est ce que vous taillez, les anciens pros, j’adore ! »
LCI
Moins de monde en tribunes. Les consultants vedettes réquisitionnés sur TF1, c’est Christophe Jallet, « défenseur international de l’OGC Nice », qui s’occupe de la technique. Des journalistes et deux personnalités de la société civile avec Dany Cohn-Bendit (qui fait le show) et Raphaël Mezrahi.
Patrick Chêne est à la baguette (« Je peux en placer une, oui ? ») mais se fait constamment couper la parole par les joueurs de l’équipe de France interviewés (en exclu). Il ironise même à la fin : « Je vous propose de revoir le but pour la 647e fois. »
L’Ambiance
BFM
« Pas tous en même temps. » « Écoutez-vous les uns, les autres ». « Il y a un avis de recherche pour Lemar ? » « Moi, si j’étais Deschamps… » « J’ai dit moyen pour être gentil ». « En 2e mi-temps, le Pérou a envoyé les pieds. » « Dans quel état est Sidibé ? »
CNews
« Arrête Gilles. » « Vous y croyez vraiment à cette équipe ? ». « Arrête Gilles. » « On a vu du mieux. » « C’est DD la chance. ». « Il y a aussi des choses qui nous ont inquiétés. » « Gilles, tu surjoues ! »

   


LCI
« Il semblerait, je dis bien il semblerait… ». « L’essentiel, c’est les six points. ». « On retourne tout de suite auprès des Bleus. » « Qui veut prendre la parole ? » « Priorité aux joueurs ». « Dany, il y a votre portable qui sonne. » « Mettons-nous en perspective. »
Résultat
Un match équilibré et franchement copieux. Même formule pour BFM et C News, avec technico-tactique à volonté. A ce jeu-là, BFM prend le dessus, bien campée sur son « équipe de rêve ». Question fonds de jeu, avantage à LCI qui se démarque avec ses duplex, ses reportages, ses rubriques, ses insolites, mais reste prisonnier de droits à rentabiliser. A suivre.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-10">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ Face au Pérou, l’équipe de France a choisi de provoquer l’erreur chez l’adversaire plutôt que de créer le déséquilibre. L’analyse tactique des « Cahiers du foot ».
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

France-Pérou : les Bleus, le pressing et le cynisme

Face au Pérou, l’équipe de France a choisi de provoquer l’erreur chez l’adversaire plutôt que de créer le déséquilibre. L’analyse tactique des « Cahiers du foot ».



Le Monde
 |    22.06.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h08
    |

                            Les Cahiers du Football








                        



   


C’est l’histoire d’une demi-finale de Coupe du monde disputée sous la pluie, d’un numéro 10 jouant sans cesse dans le dos de la défense et d’un gagne-terrain qui, à force de mettre l’adversaire sous pression, le pousse à la faute et sape son moral. C’était il y a quinze ans, le ballon était ovale et la France affrontait l’Angleterre. A priori, rien à voir avec le Mondial en cours. Et pourtant… Dans leurs intentions et la manière dont ils font des différences, les Bleus, vainqueurs du Pérou (1-0) jeudi 21 juin, sont parfois plus proches de la bande à Jonny Wilkinson que de l’Allemagne de Kroos en 2014 ou de celle de Xavi en 2010. Dans une Coupe du monde où la largeur d’épaule sert, pour l’instant, plus que la vitesse de course, c’est peut-être dans une forme de minimalisme, sinon de cynisme, que se trouve leur salut.
Retour à Ekaterinbourg. Après dix minutes de jeu d’une rencontre qui débute avec plus d’intensité que la précédente, les Péruviens bénéficient d’une touche à une vingtaine de mètres de leur but. Décidée à jouer plus haut que face à l’Australie, match à l’issue duquel Didier Deschamps avait regretté que « le pressing [ne soit] pas coordonné », l’équipe de France coupe toutes les solutions adverses. Voyant ses partenaires serrés de près, Trauco, le latéral péruvien, décide de propulser la balle loin devant. Pogba anticipe et gagne son duel aérien, Griezmann en fait de même et, après un contre favorable de Giroud, l’attaquant de l’Atlético Madrid se retrouve face au but. S’il ne cadre pas, le ton est donné. Le rappel a lieu à la 33e minute : touche rapide jouée par le même Trauco à peine plus haut sur le terrain, récupération de Giroud dans ses pieds et ballon qui va jusqu’à Pogba. Le milieu sert Mbappé en profondeur, mais le Parisien ne parvient à dévier le ballon au point de penalty. Il marquera moins d’une minute plus tard.

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde 2018 : retour gagnant aux fondamentaux pour les Bleus



La discipline tactique de Giroud
Ces deux occasions, parmi les rares qu’aura l’équipe de France dans une rencontre qui s’éteindra au fil des minutes après l’ouverture du score, naissent d’une situation identique a priori peu dangereuse : une touche pour l’adversaire dans son camp, phase arrêtée idéale pour mettre en place un pressing où il suffit de serrer son homme de près pour espérer récupérer le ballon dans une zone intéressante – sauf si celui qui fait la remise en jeu a fait du javelot dans sa jeunesse et peut envoyer le ballon quarante mètres plus loin. L’activité de Giroud et sa discipline tactique au marquage des centraux, en forçant les Péruviens à solliciter leurs latéraux, a, certes, permis de lancer plusieurs séquences de pressing efficaces. Mais la France, qui peut avoir du mal à se coordonner dans les actions en mouvement, n’a jamais été aussi menaçante que lorsqu’elle a mis le ballon hors du terrain et en a profité pour monter au front.
Sur ces actions précises, la sortie n’était pas volontaire. L’emprunt au rugby, où la zone d’action importe souvent plus que la possession, est, cependant, devenu habituel : grand adepte des engagements directement en touche près du poteau de corner adverse, Rudi Garcia fait partie de ces entraîneurs qui y voient le moyen de mettre l’adversaire sous pression d’entrée de jeu. Et, comme Johan Cruyff, Marcelo Bielsa ou Rafael Benitez, qui l’a inspiré, il travaille spécifiquement les rentrées en jeu à l’entraînement. Dans le magazine Vestiaires, Jean-Claude Suaudeau, ancien emblème du jeu à la nantaise, allait même plus loin : « il nous arrivait, dans les attaques dites “placées” aujourd’hui, de donner délibérément le ballon à l’adversaire, sans qu’il s’en rende compte, mais sur un joueur ou une zone bien précise du terrain, en faisant en sorte que le contrôle ne soit pas évident à réaliser… Et là, signal, on se jetait dessus. »
Les Bleus ne sont pas au niveau de pensée collective de Loko et consorts, gamins capables de courir partout qui ont grandi ensemble au centre de formation, mais ils peuvent, sur les touches adverses, trouver un moyen simple de s’approcher du but. Sans se livrer et ouvrir des espaces, risque principal du pressing si quelqu’un oublie de suivre le mouvement. « Si on veut jouer le pressing, il faut avoir des joueurs à tous les postes prêts à aller au duel et à la conquête du ballon, soulignait Roger Schmidt, ancien entraîneur de Leverkusen, dans Comment regarder un match de foot ? C’est la première chose à apprendre aux joueurs : quand l’équipe joue le pressing, chacun a ses responsabilités. » Or, même s’ils se sont montrés plus travailleurs contre l’Australie, les Bleus ne sont pas toujours irréprochables quand il faut courir après le ballon…
Provoquer l’erreur chez l’adversaire

   


Provoquer l’erreur chez l’adversaire plutôt que créer soi-même le déséquilibre : l’idée peut sembler manquer de noblesse, surtout pour une équipe bien pourvue en éléments talentueux, mais elle est défendue par l’un des plus illustres entraîneurs actuels. Dans l’ouvrage Preparense para perder, La Era Mourinho 2010-2013, Diego Torres énonçait les grands principes du Portugais. En partant de l’idée que « le match est remporté par l’équipe qui commet le moins d’erreurs » et que « celui qui possède la balle a plus de chance de commettre une erreur », le coach mancunien arrivait à l’idée que « celui qui a le ballon a peur et celui qui ne l’a pas est de ce fait plus fort ». Mourinhesques, ces Bleus ?

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde 2018 : Kylian Mbappé, un record et un peu de sueur



Avec 43 % de possession et 61 % de duels gagnés face à des Péruviens ambitieux mais plutôt inoffensifs, les Tricolores, régulièrement en difficulté quand il faut prendre le jeu à leur compte face à des équipes regroupées (Albanie 2015 et 2016, Luxembourg 2017, Australie 2018…), ont trouvé une configuration de match qui leur réussit, sans créer beaucoup de déséquilibres. Taillée pour contrer, l’équipe de France n’a jamais réussi à le faire, même quand le Pérou, bien décidé à égaliser, abandonnait l’idée de laisser des joueurs en couverture.
On en revient donc au point de départ. Dans une Coupe du monde fermée, où les discussions entre 4-2-3-1 compacts avec deux milieux très bas devant la défense ne sont pas propices aux envolées lyriques, les coups de pied arrêtés amènent buts et occasions dans des proportions jamais vues. Offensivement, les combinaisons avec blocs et démarquages, empruntées au basket, perturbent des défenses qui privilégient souvent le un contre un à la zone. Défensivement, cibler les touches apparaît comme une solution aussi simple qu’efficace pour s’approcher du but adverse. De là à ritualiser la stratégie et ne pas regretter les ouvertures en profondeur ratées près du poteau de corner ? Iconoclaste, sans doute. Mais quand on a vu l’Argentine essayer de relancer avec Caballero, Tagliafico et Mascherano, on se dit que la Coupe du monde réserve toujours des surprises…

Christophe Kuchly



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-11">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Si le gardien Kaylor Navas est la star du Costa Rica, Bryan Ruiz en est son meneur de jeu et son artiste. Avant d’affronter le Brésil, il raconte son pays souvent considéré comme « la Suisse d’Amérique centrale ».
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Bryan Ruiz : « La plus belle expression de la “Pura Vida” au Costa Rica, c’est l’absence de l’armée »

Si le gardien Kaylor Navas est la star du Costa Rica, Bryan Ruiz en est son meneur de jeu et son artiste. Avant d’affronter le Brésil, il raconte son pays souvent considéré comme « la Suisse d’Amérique centrale ».



Le Monde
 |    22.06.2018 à 08h54
   





                        



   


Surprenant quart-finaliste en 2014, le Costa Rica a mal débuté l’édition 2018, battue 1-0 contre la Serbie dans le groupe. Les Ticos sont déjà condamnés à l’exploit, vendredi à Saint-Pétersbourg contre le Brésil et comptent sur Bryan Ruiz et ses inspirations, parfois géniales. Si le milieu de terrain évolue en Europe depuis douze ans, il reste très attaché au Costa Rica, son mode de vie et garde un œil attentif sur son évolution.
Peut-on considérer le quart de finale de 2014 comme la meilleure page de l’histoire du football costaricien ?
Oui, déjà parce qu’on n’a pas perdu un seul match sur les cinq qu’on a disputés. C’est le tir au but que je rate contre les Pays-Bas en quarts de finale qui nous élimine, mais on est sortis invaincus du tournoi. Quand tu es dans le groupe de trois ex-champions du monde (Uruguay, Angleterre, Italie), tu n’as aucune pression parce que tout le monde s’attend à ce que tu perdes les trois matchs. On a donc pris ce Mondial comme un challenge, on n’avait rien à perdre.
Quand on évoque le Costa Rica, on parle souvent de la « Pura Vida ». Quelle en est ta définition ?
La plus belle expression de la Pura Vida, c’est l’absence de l’armée dans le pays depuis l’indépendance en 1948. Au pays, cette expression est très populaire. On l’utilise même pour dire « Bonjour ! » ou « Tout va bien ! » Quand tu voyages et que tu entends cette expression, tu sais que tu as affaire à un Costaricien (rires). Mon pays a évidemment beaucoup de choses à améliorer, comme n’importe quelle autre nation, mais on ressent clairement le côté amical et pacifique général des habitants.
Le Costa Rica fait partie des destinations touristiques à la mode, mais n’est-ce pas un danger pour les valeurs écologiques que le pays véhicule ?
Le problème principal du pays n’a rien à voir avec le tourisme, c’est le trafic routier. Il est de plus en plus facile d’acheter une voiture, donc, elles se multiplient à une allure folle alors que nous n’avons pas suffisamment de routes, qu’elles ne sont pas en bon état et que nous n’avons ni métro ni train. Dans les embouteillages, il n’y a pas de Pura Vida, surtout que les Costariciens ne sont pas réputés pour leur patience (sourire). Pour préserver notre importante biodiversité, on devrait aussi se tourner vers les voitures électriques, qui ne sont pas encore assez popularisées au Costa Rica. Mais, de manière générale, je pense que le pays doit s’adapter à son développement et s’agrandir dans tous les sens du terme, en construisant un nouvel aéroport, par exemple.
Juste avant les élections présidentielles d’avril 2018, vous avez tweeté un message en faveur de la légalisation du mariage gay. De l’extérieur, il semble que cette question ait constitué le principal axe de débat de la campagne.
Carlos Alvarado, notre président finalement élu, était pour à la différence de son adversaire Francisco Alvarado. Ma volonté avec ce tweet était d’alerter les Costariciens sur l’importance de faire le bon choix. Maintenant, je ne pense pas que ce sujet du mariage gay aurait dû être la clé des élections. C’était évidemment une bonne chose d’en faire prendre conscience aux gens, mais d’autres thèmes tels que le transport, le déficit financier et la sécurité étaient selon moi primordiaux. A cause de cette affaire du mariage gay, tout a été un peu confus et les candidats comme le pays se sont un peu perdus.
Vous avez grandi dans un quartier populaire de San José, la capitale du pays, où la drogue circulait. Comment évite-t-on les problèmes dans ce contexte ?
L’éducation de ma famille nous a sauvés mes frères, mes cousins et moi parce qu’aucun de nous n’a de problème aujourd’hui. On nous a enseigné les bonnes manières, mais je pense qu’on était aussi de bons enfants. Jeune, je ne me rendais peut-être pas compte des dangers de la drogue, mais j’étais obnubilé par le football. Je pense que c’est ça qui m’a aidé à ne pas découvrir la drogue… et à ne pas trop la voir, tout simplement.
De bons amis d’enfance sont tombés dans ce monde et sont devenus des personnes tout à fait différentes. Je vais encore parfois à Napolita pour essayer de les aider. Je sais qu’ils ne vont pas s’attaquer à moi, mais je vois bien que leur état physique et mental est mauvais. Mon aide ne suffit évidemment pas, ces problèmes ne se résolvent pas si facilement.
Votre père a quitté le foyer familial très tôt. Quels souvenirs gardez-vous de lui ?
Aucun, il est parti quand j’avais un an. Ma mère m’a dit que c’était un vrai sportif, un ancien basketteur. Je n’ai jamais vraiment été marqué par son absence parce que j’avais mon grand-père maternel. Il a représenté cette figure paternelle pour moi. Quand j’ai eu 12 ans, mon père nous a téléphoné deux fois à mon frère et moi. Il ne nous a pas expliqué les raisons de son départ. Il vivait aux Etats-Unis et nous appelait parce que sa nouvelle compagne l’y avait obligé.
J’ai appris dernièrement que j’avais deux autres frères et une sœur américains. Quand tu le découvres à 30 ans, ça fait quelque chose. J’ai d’ailleurs rencontré un de mes frères, il a 21 ans. Je lui ai proposé de venir au Costa Rica. On a déjà deux choses en commun : le même père et la méconnaissance totale de ce dernier, qui a aussi fui son foyer américain après sa naissance.
En quoi votre grand-père a-t-il été important dans votre parcours de joueur ?
Lui-même a commencé à jouer au foot à 16 ans à peine, quand il est tombé amoureux du jeu en regardant un match. Il n’a jamais été professionnel, donc, il a reporté ses rêves sur ses petits-fils, dont deux ont réussi (Yendrick, le frère de Bryan, joue à Herediano en D 1 costaricaine). C’est lui qui m’a inculqué une certaine technique en jouant sur des petits terrains de la capitale et en me faisant participer aux tournois régionaux.
L’ascension du Cerro San Miguel (2 035 m, San José culminant à 900 m) faisait aussi partie du programme avec votre grand-père.
On est allé à plusieurs reprises jusqu’à son sommet. Je ne sais plus combien d’heures ça prenait, mais on marchait ! Au-dessus, il y a une croix catholique qui veille sur les quartiers qu’elle surplombe. C’est un symbole important d’Alajuelita pour nous. Je ne sais pas si l’on accomplit quelque chose en atteignant le sommet, mais c’est ce genre de moments privilégiés avec mon grand-père que je voudrais vivre avec mon fils.
Emilien Hofman



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-12">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Footballeurs aux mines patibulaires, détournements des affiches du Mondial, babouchkas tâtant le ballon, voilà ce qui attend les visiteurs de la galerie du collectif Kolkhui, entre surréalisme pétersbourgeois et humour potache.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Avec les artistes les plus punks de Saint-Pétersbourg : « Le foot, c’est de la merde »

Footballeurs aux mines patibulaires, détournements des affiches du Mondial, babouchkas tâtant le ballon, voilà ce qui attend les visiteurs de la galerie du collectif Kolkhui, entre surréalisme pétersbourgeois et humour potache.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 08h20
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h01
    |

            Benoît Vitkine (Saint-Pétersbourg, envoyé spécial)








                        


A vous qui vous êtes laissé attirer par ce titre aguicheur, nous sommes obligés de l’avouer d’emblée : cette phrase n’a pas été prononcée par nos amis d’un jour, les membres du collectif d’artistes Kolkhui, sis à Saint-Pétersbourg, capitale éternelle de la culture russe. C’est en fait encore pire : « Je m’en fous tellement du football, que je serais bien incapable d’avoir un avis aussi tranché, explique Nikolaï Kopeïkine, tatouages et physique de stoppeur. Et pourtant je suis officiellement un “ami du Zénith Saint-Pétersbourg” ! »
L’anecdote vaut son pesant de cacahuètes. Nikolaï, peintre potache et néanmoins reconnu de la scène alternative pétersbourgeoise, s’est vu solliciter par le club de football local. Lassé des accusations incessantes de racisme, celui-ci avait une commande très précise pour le peintre : réaliser un Pouchkine noir (le poète avait bel et bien un ancêtre africain) que le club pourrait exposer. « Après, ils n’ont pas arrêté de m’inviter à leurs matchs, raconte Kopeïkine. J’y ai été une fois. J’étais seul, il pleuvait, je ne comprenais rien… Je n’y suis jamais retourné ! »

   


Alors pourquoi ce titre, commencez-vous à vous impatienter ? « Le football, c’est de la merde » est le nom de l’exposition temporaire accueillie dans la galerie du collectif, galerie gracieusement appelée Svinoe Rylo. Traduction : le « groin de cochon », un nom inspiré d’une œuvre de Gogol. L’exposition occupe une petite pièce de la galerie, située sur le quai Fontanka. Les œuvres exposées ont été réalisées par des invités, des artistes moscovites. Footballeurs aux mines patibulaires, détournements des affiches du Mondial, babouchkas tâtant le ballon, Maradona vendu aux enchères… ou encore préservatifs accrochés à un fil à linge, œuvre titrée Onze capotes (qui peut également se traduire, en russe, par « débiles »).
Royaume du « mult-realizm »

   


Dans un coin, on trouve aussi un portrait d’Alexander Kerzhakov, joueur mythique du Zénith, à la figure gribouillée. « Nous n’aimons pas, comme dans l’art contemporain, les œuvres qui demandent une explication de 30 lignes, mais là il faut expliquer, intervient Nikolaï Kopeïkine. Kerzhakov avait pour habitude d’expliquer après les matchs que lui et son équipe avaient fait de leur mieux. Eh bien… l’artiste aussi a fait de son mieux pour le peindre… »

   


Ce ne sont pas les membres du collectif Kolkhui – contraction de deux mots signifiant « artistes de sorcellerie », le tout teinté de connotation graveleuse – qui ont choisi le thème de l’exposition. Mais ils pourraient y souscrire : pas un n’a regardé une minute du Mondial. « Ma mère de 86 ans m’appelle quand la Russie marque un but, donc je suis au courant qu’il y en a eu quelques-uns ces derniers temps », rigole Andreï Kagadiev, 56 ans. « On est des vieux punks, des internationalistes et des antifascistes, complète Nikolaï Kopeïkine, le foot, ce n’est pas vraiment notre truc. » L’une des œuvres exposées en permanence, réalisée par un autre membre du collectif pétersbourgeois, pourrait d’ailleurs trouver sans problème sa place dans l’exposition : on y voit deux Arabes en turban lancer un « bonjour Natacha », le prénom fantasmé associé à toutes les Russes.

   


« Les Moscovites pensaient peut-être faire un bon coup, une provocation. Mais ça ne dérange personne, les footeux, ce n’est pas notre public, constate Nikolaï, 52 ans. Nous, on aime bien représenter Poutine de toutes les façons possibles, mais il n’est jamais venu, alors on se dit aussi que ça ne gêne personne. »
Le collectif Kolkhui, qui regroupe une dizaine d’hommes – « ça fait enrager les féministes, mais ici c’est comme un bateau, on n’accepte pas les femmes. Elles ont un regard différent du nôtre » – s’attaque régulièrement aux thèmes d’actualité : les cent ans de la Révolution, les 200 ans de la naissance de Karl Marx, le blocus de Leningrad, la guerre en Ukraine (« on n’est pas d’accord entre nous mais on arrive à ne pas se taper dessus »)…

   


Le Svinoe Rylo est le royaume du « mult-realizm », un mot inventé par les artistes qui évoque « une façon de représenter le monde inspirée des dessins animés ». Le collectif ne se cantonne d’ailleurs pas aux arts graphiques : la plupart de ses membres appartiennent au groupe de rock teinté d’absurde NOM, et plusieurs d’entre eux réalisent des films tout aussi inspirés – dernière œuvre en date : Fantômas enlève son masque.
Humour potache
Le collectif entend mettre ses pas dans deux traditions, celle du surréalisme pétersbourgeois des années 1920, rapidement réprimé par le pouvoir soviétique, et celle, plus générale et très russe, d’un attachement à une forme d’humour potache et ironique. Cette forme d’art est difficilement accessible aux étrangers : elle emprunte beaucoup au folklore russe et se délecte de jeux de mots, alterne entre le joyeux déglingué et le sombre désespéré – « on prive les hommes des dernières miettes de leurs illusions », proclame le manifeste des Kolkhui.
Si les Moscovites ont certes été invités à proclamer leur rejet du football, la galerie s’inscrit bel et bien dans une tradition pétersbourgeoise source de fierté. « Ici, la jeunesse connaît la culture, joue de la guitare, avance Andreï Kagadiev. A Moscou, tout le monde est trop occupé à bâtir des plans sur dix ans… Les seuls qui se préoccupent de l’art sont les femmes d’oligarques, c’est pour elles un hobby. » Quant au football, il change un peu le visage de leur ville, constatent les artistes avec amusement. Mais ça passera. « C’est comme le soleil, ça ne dure jamais longtemps ici. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-13">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ La France et la Croatie sont qualifiées, le Pérou est éliminé, l’Argentine presque. Mais le Mondial, s’est aussi Luka Modric et un combo touche-roulade.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

La gazette de la Coupe du monde 2018 : maestro, précocité et mœurs légères

La France et la Croatie sont qualifiées, le Pérou est éliminé, l’Argentine presque. Mais le Mondial, s’est aussi Luka Modric et un combo touche-roulade.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 07h34
    |

                            Corentin Lesueur et 
Luc Vinogradoff








                        


LE TSAR DU JOUR

   


De la doublette de feux follets alignée face à l’Australie (2-1), il était le seul rescapé. Kylian Mbappé a été l’un des grands contributeurs de la prestation bien plus consistante face au Pérou (1-0). Les tricolores déjà qualifiés, l’attaquant du Paris-Saint-Germain est pleinement entré dans sa première grande compétition internationale. A 19 ans, il a rejoint un club très fermé : celui des plus jeunes buteurs du Mondial avec Michael Owen (18 ans), Lionel Messi (18 ans) Dmitri Sychev (18 ans) et Pelé (17 ans).

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde 2018 : retour gagnant aux fondamentaux pour les Bleus



Désigné homme du match, Mbappé n’a pas semblé perturbé pas le changement tactique opéré par Didier Deschamps. Associé à Olivier Giroud, il a profité des bons relais de son aîné, efficace dans un rôle de pivot et précieux point d’appui pour ses camarades. Incisif sur le front de l’attaque au cours de la première période, Mbappé s’est ensuite illustré par ses replis défensifs quand il s’agissait surtout pour la France de conserver un score durement acquis.
« Si l’équipe en a besoin, il faut savoir à certains moments se sacrifier, mais ce n’est même pas se sacrifier, c’est apporter quelque chose à l’équipe. Aujourd’hui, il y avait des périodes où on était moins haut sur le terrain, il fallait redescendre et c’est ce que j’ai fait pour l’équipe. »
« Je suis très satisfait de ce qu’il a fait aujourd’hui », a observé Didier Deschamps, soucieux de protéger son attaquant d’une pression rare pour un joueur de seulement 19 ans et 6 mois.

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde 2018 : la florissante PME Mbappé



LA MÈRE PARTIE
Le Brésil a raté son entrée en Coupe du monde. C’est un euphémisme, tant la presse et les 207 millions de sélectionneurs au pays ont critiqué la piètre prestation des Brésiliens contre la Suisse (1-1), certains leur promettant même une courte compétition. « Espérer, c’est démentir l’avenir », disait Cioran, et peut-être aussi le sélectionneur brésilien Tite. Celui-ci a défendu le résultat, et même un peu la manière, et prévenu qu’il ne changera pas son équipe titulaire pour le deuxième match, à 14 heures contre l’équipe a priori la plus faible du groupe E, le Costa Rica. Une histoire de « cohérence », selon lui.
Neymar sera donc bien là, sur le flanc gauche, avec une nouvelle coupe de cheveu, même s’il n’est pas à 100 % physiquement. Le seul changement concerne le brassard de capitaine. Il ne sera plus sur l’avant-bras du latéral Marcelo, et retrouvera celui du défenseur central Thiago Silva.

   


On se souvient que c’est ce même Thiago Silva qui était capitaine lors de la Coupe du monde au Brésil en 2014, qui s’est terminée comme chacun sait. Silva n’avait pas disputé la défaite 7-1 contre l’Allemagne en demi-finales, mais il avait eu le temps de marquer les esprits en éclatant en sanglots et en refusant de participer aux penalties en huitièmes de finale contre le Chili. Depuis, il avait été écarté de l’équipe, avant d’y revenir récemment. Il avait même été capitaine lors d’un match contre l’Argentine. C’est le seul match que le Brésil ait jamais perdu avec Tite.

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde 2018 : « Le Brésil est beaucoup mieux équilibré cette année »



AU PAYS DE VLAD
Seriez-vous prêts à tout pour des burgers gratuits à vie ? C’est le pari fait par la filiale russe d’une chaîne de fast-food américaine qui commence par B. et finit par King. Dans une petite annonce publiée sur le réseau social VK, elle promettait trois millions de roubles (40 000 euros) et une infinité de sandwichs à chaque femme russe qui tomberait enceinte d’un footballeur étranger présent au Mondial. Sursaut de dignité ou coup de fil de Gianni Infantino, soucieux de préserver le calme au sein des sélections, la multinationale a rapidement supprimé son offre.

   


L’ŒIL DE MOSCOU
« Cela va être notre match le plus facile car nous n’avons rien à perdre. Cela va être un grand match. »
Le sélectionneur croate Zlatko Dalic ne croyait pas si bien dire. Son équipe a détruit l’Argentine (3-0), une humiliation moins dans les chiffres que dans la manière. Les Croates ont tout dominé, rugueux et roublards quand il le fallait, et merveilleux dans les passes et les appels le reste du temps.
L’artisan de cette démonstration est le créateur croate Luka Modric. Difficile de trouver encore des superlatifs pour ce joueur, qui a tout gagné avec le Real Madrid, et qui explose enfin sur la plus grande scène. Son toucher de balle, sa capacité à voir les espaces, à orienter le jeu tout en laissant des adversaires déboussolés derrière lui, est inégalée dans le football actuel. Son deuxième but de la Coupe du monde à la 80e minute est venu tuer les derniers espoirs argentins. Voici comment la télévision argentine l’a raconté :

El golazo de Modrić narrado por la tele pública de Argentina. Disfruten. #CRO #WorldCup
— RealEspartaB (@RealEspartaβ)


require(["twitter/widgets"]);

Extraits : « Incroyable cette Argentine. Modric, de loin… un golazo… et maintenant mes amis, Dieu décidera. »
La Croatie est qualifiée pour les huitièmes de finale pour la première fois depuis 1998. L’Argentine, elle, est au bord du gouffre. Avec un point en deux matchs, un Messi fantomatique et un gardien aux relances inqualifiables, la suite de leur Mondial dépendra des matchs du Nigeria et de l’Islande.
KOMINTERN
La Coupe du monde est aussi l’occasion de recevoir une flopée de communiqués sans intérêt. Mais ce serait bête que ces derniers meurent oubliés dans nos spams.
Quel meilleur moment pour perdre des sommes insensées que pendant la Coupe du monde ? C’est ce que doit se dire ce célèbre opérateur sportif qui nous informe qu’il veut réaliser pas moins de « 200 millions d’euros de mise » pendant cette période. Comment ? Mettre « les parieurs et les supporters au cœur de sa stratégie », créer « une nouvelle expérience client » et bien d’autres expressions toutes faites de novlangue managériale.
POUCHKINE BALL
La Gazette est toujours poète. Aujourd’hui, Alexandre Pouchkine dépicte l’invraisemblable roulade-touche tentée par l’Iranien Milad Mohammadi contre l’Espagne. Un magnifique ratage, pas au niveau de la touche de cette joueuse suédoise.
« Les paroles d’un poète sont déjà ses actions. »

Football is brilliant. https://t.co/mhfPLI9vyF— MundialMag (@MUNDIAL)


require(["twitter/widgets"]);

RUSSIA TODAY
Le programme des matchs du jeudi 22 juin
14 heures : Brésil-Coata Rica
17 heures : Nigeria-Islande
20 heures : Serbie-Suisse

Ce qu’il faut lire avant de regarder les matchs du 22 juin
A retrouver sur le web
On refait 1998 : Zidane, l’expulsion qui aurait pu tout changer
Analyse : avec ou sans identité de jeu, les Bleus se cherchent encore
Reportage : la Russie entre incrédulité et rêves les plus fous
La gazette du Mondial : Muraille qui a fait le mur et blessure lunaire
Sur le blog « La campagne de Russie » : Sandrine Gruda présente son Iekaterinbourg, avant France-Pérou
Thierry Marszalek, le « M. Vidéo » de Didier Deschamps
La roulette russe : pourquoi France-Pérou n’aura pas lieu
Notre grand format: dix matchs épiques de la Coupe du monde
A retrouver dans le journal et pour les abonnés
La chronique d’Olivier Guez : à bord du Transsibérien
Reportage : l’Islande, 11 défenseurs, 338.000 supporteurs
Reportage : l’Asie pour les beaux yeux de Ronaldo
Analyse : Antoine Griezmann, attendu au tournant
La chronique de Gérard Houllier : l’équipe de France sera plus libérée
Dans l’ancien bloc soviétique, le football au stade critique



Notre sélection d’articles pour suivre la Coupe du monde 2018
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur la Coupe du monde de football en Russie (du 14 juin au 15 juillet) :
Notre « guide suprême » du Mondial : 32 fiches pour connaître les 32 équipesLes Bleus : tous nos articles sur l’équipe de FranceLe calendrier : les horaires et les résultats de tous les matchsLes explications : tout ce qu’il faut savoir sur la VAR, l’assistance vidéo à l’arbitrageFaites vos jeux : pariez sur les 64 matchs et partagez vos pronostics avec vos amisNos conseils : comment regarder la Coupe du monde au travailLe visuel interactif : 10 matchs épiques de la Coupe du mondeUn graphique multimédia pour comparer les forces et faiblesses des 32 équipesLe quiz : êtes-vous (vraiment) prêt pour la Russie ?
Toutes nos vidéos :
L’arbitrage vidéo est-il efficace ?Comment tricher au tirage au sort grâce à une formule mathématiquePourquoi les joueurs de foot simulent-ils autant ?Comment la peur du ridicule explique la plupart des penalties ratésPourquoi le football est-il un sport si imprévisible ?





                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-14">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ Face au Pérou, l’attaquant est à 19 ans le plus jeune buteur de l’histoire des Bleus en Coupe du monde au terme d’un match où il a plus défendu qu’à son habitude.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : Kylian Mbappé, un record et un peu de sueur

Face au Pérou, l’attaquant est à 19 ans le plus jeune buteur de l’histoire des Bleus en Coupe du monde au terme d’un match où il a plus défendu qu’à son habitude.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 07h18
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 08h35
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Kylian Mbappé n’aime pas trop être ramené à son âge, que l’on fasse de sa précocité une qualité ou une excuse. Lui n’a pas l’impression de griller des étapes, de vivre en accéléré. Ce Mondial en Russie, le gamin de Bondy l’avait d’ailleurs coché dans son agenda en 2016, quand il n’était pas encore majeur et tout juste la cinquième option en attaque de Leonardo Jardim, son entraîneur à Monaco. « Depuis l’époque monégasque, je me disais que c’était possible en fait. Se fixer des objectifs élevés, c’est ce qui me fait avancer », avouait-il avant d’entamer la compétition dans un entretien à L’Equipe avec sa franchise déconcertante. Pourtant, ce 21 juin à Iekaterinbourg, le jeune homme pressé n’a pas échappé à son âge. C’est bien lui qui vient de le propulser dans la petite histoire des Bleus. En marquant face au Pérou – le seul but de la rencontre –, il est devenu, à 19 ans, six mois et un jour, le plus jeune buteur français dans une phase finale de Coupe du monde.

#CM2018 #FRAPER  34è, 1-0 

⚽ BUT POUR LA FRANCE

🇨🇵 MBAPPE MARQUE, 1-0 POUR LES BLEUS 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


require(["twitter/widgets"]);

Le précédent détenteur du record s’appelait David Trezeguet. A 20 ans et 246 jours lors de la Coupe du monde 1998, l’avant-centre avait profité d’une faute de main du gardien saoudien en parfait buteur. Du but de Mbappé à la 34e minute, on dira poliment que son auteur a eu le mérite de suivre ce ballon d’Olivier Giroud qui aurait sans doute filé dans les filets péruviens sans sa complicité. Peu importe, un buteur vit aussi de ces situations où il n’a plus qu’à signer en bas à droite pour acquisition. Mais au moment de passer devant les journalistes en zone mixte, Mbappé avait laissé son sourire sur le terrain et donné plutôt dans le convenu pour revenir sur l’événement : « J’ai toujours dit que marquer en Coupe du monde était un rêve pour tout footballeur. Il se réalise, j’espère qu’il y en aura d’autres. » 
Aussi facile et opportuniste soit-il, ce but tombait plutôt bien pour le joueur du PSG. Depuis sa prestation moyenne contre l’Australie, une petite musique se faisait entendre du côté d’Istra, camp de base des Bleus. Kylian Mbappé aurait une tendance à forcer ses actions et aurait l’effort défensif parcimonieux. Ajoutez à cela son lobbying, un peu trop voyant, pour pousser la candidature de son copain Ousmane Dembélé à une place de titulaire, et vous obtenez un joueur mis sur le gril pour la première fois dans sa jeune carrière internationale.
La parole est à la défense
Alors pour cette première journée d’été, Kylian Mbappé a enfilé son bleu de chauffe à défaut de réaliser une prestation éblouissante. En avait-il vraiment le choix, positionné dans un poste de milieu droit dans le 4-4-2 de Didier Deschamps ? « Ce n’est pas une position dans laquelle il est confortable. Aujourd’hui, il a été au service de l’équipe et ça, c’est super », a salué son capitaine, Hugo Lloris. L’entraîneur de l’Altético Madrid, Diego Simeone, a beau répéter que « l’effort n’est pas négociable », Mbappé, lui, en a souvent été dispensé par son talent et ses buts lors de ses années de formation. « Dans les équipes de jeunes, on a toujours fait les tâches défensives pour moi », confiait-il, toujours à L’Equipe.
Au PSG, son implication dans le replacement a alimenté les débats toute la saison. Cet effort ne lui est pas naturel. Ou pas encore. Et quand il a évoqué son travail de l’ombre du jour, le vocabulaire ne trompait pas. « Si l’équipe en a besoin, il faut savoir à un moment se sacrifier, a-t-il expliqué. Dans les périodes où on était moins haut sur le terrain, il fallait redescendre pour aider l’équipe. » Sauf que l’attaquant va peut-être devoir s’y habituer et répéter les sacrifices, car Didier Deschamps pourrait bien reconduire ce système qui lui a donné des garanties ce jeudi à Iekaterinbourg.
De la capitale de l’Oural, Kylian Mbappé a ramené, lui, un record, une qualification pour les huitièmes de finale mais aussi le trophée d’homme du match. Et tant pis pour l’infatigable N’Golo Kanté. Le milieu de Chelsea a été éblouissant dans la récupération du ballon, son utilisation et la façon dont il a équilibré l’équipe. Attribué par une marque de bière, le trophée fait surtout mousser les buteurs depuis le début de la compétition. Même quand ils se trouvent à deux mètres de cages vides…



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-15">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ Largement battus par les Croates (3-0), les Argentins ont subi une énorme désillusion jeudi à Nijni-Novgorod. Impuissant, Lionel Messi a été incapable d’éviter la déroute.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : même Messi ne peut rien pour la sélection argentine

Largement battus par les Croates (3-0), les Argentins ont subi une énorme désillusion jeudi à Nijni-Novgorod. Impuissant, Lionel Messi a été incapable d’éviter la déroute.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 01h43
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 07h14
    |

            Anthony Hernandez (Nijni-Novgorod, Russie, envoyé spécial)








                        



   


La tête et l’œil bas comme un pigeon blessé, Lionel Messi regagne le rond central. Aucun signe de colère, juste une sombre résignation qui surprend. Après le troisième but croate, il tourne le dos à la joie de ses adversaires comme pour oublier le cauchemar qui n’est pas prêt pour autant de se dissiper. Quelques jours après avoir été incapable de battre l’Islande (1-1), les Sud-Américains ont chaviré, jeudi 21 juin, face à la Croatie (3-0), à quelques encablures des rives de la Volga, où trône la magnifique Arena de Nijni-Novgorod.

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde 2018 : la Croatie humilie l’Argentine (3-0)



Inexistant malgré le vert fluo de ses chaussures, le capitaine argentin n’a rien pu faire et peut souffrir de la comparaison avec son homologue croate. Suprême outrage pour le Barcelonais, le leadeur de ses bourreaux n’est autre que le Madrilène Luka Modric. Le magnifique meneur de jeu rappelle que les footballeurs des Balkans n’ont rien à envier à la légendaire technique sud-américaine. Sur le deuxième but, d’un crochet, digne d’un pas de tango et d’une frappe soudaine parfaitement en mesure, il a éclaboussé de son talent les spectateurs à qui Messi, lui, n’a rien su montrer.
De longues minutes après le coup de sifflet, les supporteurs argentins Pablo et Carlos ne peuvent pas se résigner à abandonner leur siège. Il faut toute la persuasion bienveillante des stewards russes pour qu’ils replient en silence leur drapeau et qu’ils quittent la tribune. Le regard absent, abasourdi, Pablo prend son courage à deux mains pour mettre des mots, crus, sur sa tristesse : « C’est nul. Nous n’avons pas de paire de couilles. Messi n’a pas de paire de couilles. Sampaoli [l’entraîneur] ne sait pas quoi faire. » Les deux amis argentins ont pris une décision radicale, qu’ils regretteront peut-être. « Nous venons de revendre en ligne nos billets pour le troisième match face au Nigeria. Je ne veux pas en voir plus », assène le jeune homme originaire de Neuquen, dans la lointaine Patagonie.
« Logique implacable »
Vêtu d’un haut de survêtement bleu du Racing, club mythique basé à Avellaneda, une banlieue de Buenos Aires, Horacio n’a même pas le droit à un peu de réconfort. Pas de traitement de faveur pour les perdants malheureux, les volontaires font appliquer le règlement de la FIFA et le trentenaire à la chevelure bouclée éteint sans un mot de protestation sa cigarette. « Ce n’est pas une surprise. C’est d’une logique implacable. On a Messi et c’est tout. Il n’y a pas de direction de jeu. Sampaoli ne devrait pas être notre sélectionneur », confie-t-il blasé.
L’attaquant du Barça ne peut, en effet, pas tout faire. Les failles collectives de l’Albiceleste sont profondes. Le successeur désigné de Messi, le Turinois Paulo Dybala, est pour le moment cantonné au banc. En défense et au milieu de terrain, à l’exception de Javier Mascherano, toujours solide au poste, il n’y a aucune certitude. D’un match à l’autre, Jorge Sampaoli a presque tout changé.

        Lire aussi :
         

                Le contrat de Lionel Messi avec le FC Barcelone dépasserait les 100 millions d’euros par an



Jeudi après-midi, dans le train Moscou-Nijni-Novgorod, malgré son penalty décisif manqué samedi dernier contre les Islandais, les fans argentins chantaient encore leur amour pour Messi. Après la déroute, la plupart ne peuvent se résigner à lui en vouloir. « Messi est toujours au-dessus de tous. Non, non, non, on ne lui en veut pas. Il est Dieu pour nous », défend Horacio. En direct, dans un de ses commentaires à la syntaxe improbable qui fait son charme, le plus Français des Argentins Omar Da Fonseca a résumé la solitude de la « Pulga » (la puce, en espagnol) : « Messi, Messi seul, Messi maintenant enfermé… » 
En conférence de presse, le sélectionneur Jorge Sampaoli défend sa vedette au jeu des comparaisons inévitables avec Cristiano Ronaldo à qui tout sourit depuis le début du tournoi. Le Portugais a déjà marqué quatre fois. « Tout de suite, nous ne devrions pas comparer ces deux joueurs. La réalité de l’équipe argentine assombrit l’éclat de Messi. Il est limité, car l’équipe ne prend pas forme avec lui comme elle le devrait. Je suis vraiment blessé par cette défaite, mais je n’ai probablement pas composé mon équipe de la bonne manière », s’excuse le coach argentin.
« Messi était à l’arrêt, il était éteint, déprimé »
Combien de temps les péchés de Lionel Messi seront-ils encore absous ? En Argentine, le football n’est pas à prendre à la légère. La presse commence à s’impatienter. « Aujourd’hui, Messi était à l’arrêt, il était éteint, déprimé », a regretté après le match Diego Latorre, commentateur de la TV Publica, la chaîne nationale argentine.
Mais le premier à prendre place sur le banc des accusés sera à coup sûr Sampaoli. Il a beau agiter dans tous les sens son crâne luisant au bord du terrain, son plan de jeu est aussi fouillis que l’enchevêtrement de tatouages qui recouvre ses bras. « Je ne ressens pas de la honte mais de la douleur, comme je n’en avais pas eu depuis longtemps. Nous étions très ambitieux et nous voulions être premiers du groupe », a-t-il confessé.
Pourtant, il y a bien eu quelques signes avant-coureurs. Les éliminatoires sud-américains ont été périlleux. Avant le dernier match en Equateur, qui avait en plus ouvert le score, l’Argentine n’était que sixième, et donc barragiste, avant que Messi n’inscrive un triplé qualificatif. Fin mars, l’Argentine avait également explosé en vol lors d’un déplacement en Espagne (6-1). Bien sûr, les matchs amicaux n’ont jamais décidé d’une Coupe du monde et Lionel Messi n’était pas présent, mais rétroactivement, l’avertissement était limpide.
Trois mois après, le quintuple Ballon d’or est bel et bien sur le terrain, impuissant à pouvoir transformer le visage d’une équipe terriblement décevante. Il reste encore une chance à l’Argentine de se qualifier. Pour cela, il vaut mieux espérer une défaite de l’Islande vendredi 22 juin contre le Nigeria. Une victoire, mercredi 26 juin, contre les Super Eagles suffirait alors.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


        Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires de Roger Federer et de Denis Podalydès, Marc Beaugé scrute celui de l’Argentin, qui a commencé la compétition par un penalty raté, peut-il gagner la Coupe du Monde ? 2007, allongé"
            data-slide-description="Lionel Messi n’a que 20 ans, mais c’est déjà un grand joueur. Un très grand joueur, même. Après avoir enchaîné pendant des années les traitements destinés à lutter contre un déficit naturel d’hormones de croissance, la starlette argentine, surnommée « la Pulga » (la puce), culmine désormais à 1,70 m. Ce qui ne l’empêche pas de nager dans ce costume approximativement taillé dans une laine estivale de couleur sable. La vie est cruelle, quand même."
            data-slide-item-lie=""

        
        2013, torsadé"
            data-slide-description="Trois Ligas, deux Ligues des champions et quatre Ballons d’or plus tard, tout va bien pour Lionel Messi. Sauf l’essentiel. Car à quoi bon briller sur le terrain pour s’afficher, à la ville, dans un jean artificiellement usé et dans un cardigan faisant l’implacable démonstration que les motifs à torsades, inventés à la fin du XIXe siècle par les habitants de l’archipel irlandais d’Aran, ne vont pas à grand monde ? Franchement."
            data-slide-item-lie=""

        
        2013, requinqué"
            data-slide-description="Cinq mois après, l’Argentin a décroché un nouveau titre de champion d’Espagne, mais a-t-il vraiment retenu les leçons de ses échecs passés ? Au vu de ce blazer un bouton et de cette chemise à col requin (un col spécifique fabriqué d’une seule pièce et restant naturellement ouvert), la question se pose. Au regard de ce pantalon taille basse, rétrécissant cruellement les jambes du footballeur et l’exposant à dévoiler son sourire du plombier à la première génuflexion venue, la réponse tombe sèchement : non."
            data-slide-item-lie=""

        
        2015, lamé"
            data-slide-description="Pas de Liga, pas de Coupe d’Espagne, pas de Ligue des champions, pas de Soulier d’or, pas de titre de meilleur buteur en championnat… Pour arracher le Ballon d’or 2014, Lionel Messi mise donc tout sur le style. Et sur le bling-bling. Pourtant, malgré ce costume trois-pièces aux revers gansés, c’est bien Cristiano Ronaldo qui remportera le trophée cette année-là. En même temps, comment espérer battre le Portugais sur son propre terrain ?"
            data-slide-item-lie=""

        
        2018, comblé"
            data-slide-description="Après une défaite en finale contre l’Allemagne, en 2014, au Brésil, Lionel Messi remportera-t-il cet été la Coupe du monde qui manque cruellement à son palmarès ? Tout est possible en football. La preuve, s’il parvient à faire disparaître l’espace béant entre le col de sa veste et le col de sa chemise, baptisé « collar gap » par les puristes, l’Argentin pourrait même finir par porter le costume correctement. Si, si."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/5

Suivant






Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires de Roger Federer et de Denis Podalydès, Marc Beaugé scrute celui de l’Argentin, qui a commencé la compétition par un penalty raté, peut-il gagner la Coupe du Monde ? 2007, allongé            
Lionel Messi n’a que 20 ans, mais c’est déjà un grand joueur. Un très grand joueur, même. Après avoir enchaîné pendant des années les traitements destinés à lutter contre un déficit naturel d’hormones de croissance, la starlette argentine, surnommée « la Pulga » (la puce), culmine désormais à 1,70 m. Ce qui ne l’empêche pas de nager dans ce costume approximativement taillé dans une laine estivale de couleur sable. La vie est cruelle, quand même.

Carlos Alvarez/Getty Images/AFP
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);





                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-16">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ Avec un effectif plus expérimenté que lors du dernier match, l’équipe de France a validé sa qualification pour les huitièmes de finale en battant le Pérou (1-0).
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 21/06/2018
Découvrir l’application


                        

Coupe du monde 2018 : retour gagnant aux fondamentaux pour les Bleus

Avec un effectif plus expérimenté que lors du dernier match, l’équipe de France a validé sa qualification pour les huitièmes de finale en battant le Pérou (1-0).



Le Monde
 |    21.06.2018 à 22h31
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 07h16
    |

            Rémi Dupré (Iekaterinbourg, envoyé spécial)








                        



   


A force de tâtonner et de phosphorer devant son tableau noir, le sélectionneur Didier Deschamps aurait-il enfin trouvé la bonne formule ? Une partie de la réponse a été apportée par les joueurs de l’équipe de France, victorieux (1-0) du Pérou, jeudi 21 juin, sous la bruine de Iekaterinbourg. Aux portes de la Sibérie, les Bleus se sont imposés « au métier », dira-t-on, et la sueur au front. Malgré les scories dans la circulation du ballon et autres imperfections, ils ont ainsi validé leur qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde.
Les planètes s’alignent d’autant plus que le nul (1-1) entre l’Australie et le Danemark propulse les Tricolores en tête de la poule C, avec six points au compteur et deux points d’avance sur leurs dauphins scandinaves. Il ne leur restera plus qu’à neutraliser les Vikings (un point suffit), mardi 26 juin, au stade Loujniki de Moscou, pour conserver la première place du groupe.

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde 2018 : avec ou sans identité de jeu, les Bleus se cherchent encore



Le retour des trentenaires
Contrat rempli, donc, pour Deschamps, dont le retour aux fondamentaux s’est révélé gagnant. Après l’inféconde cure de rajeunissement imposée lors de la victoire inaugurale (2-1) contre l’Australie, Deschamps avait décidé d’envoyer sur le banc le prodige Ousmane Dembélé (21 ans) et Corentin Tolisso (23 ans), représentants de la nouvelle vague. En quête d’équilibre, le patron de l’équipe de France a ainsi choisi de sortir du placard les expérimentés (plus de 140 apparitions sous le maillot bleu à eux deux) Blaise Matuidi, milieu relayeur au profil de marathonien, et Olivier Giroud, prolifique avant-centre (31 buts inscrits en 75 sélections) et précieux point d’appui. Soit deux grognards de 31 ans, sacrifiés au premier match sur l’autel du renouvellement.
Outre les hommes, Deschamps avait également changé son système de jeu. La « purge » entrevue contre les Socceroos l’a poussé à renouer avec une forme de classicisme et avec le fameux schéma tactique (4-3-2-1) qui avait permis à ses protégés d’atteindre la finale de l’Euro 2016. Dans l’Oural, force est de constater que ces réajustements ont permis aux Bleus de corriger le tir. « On a été efficaces et solides, même si on a souffert et beaucoup trop défendu, a estimé Deschamps, soulagé après ce nouveau succès étriqué. Mais on a défendu avec beaucoup de solidarité pour tenir notre résultat. Je n’ai pas été totalement satisfait, mais on n’a rien donné à l’adversaire. »
Ce déplacement à Iekaterinbourg, où les Lada d’un autre âge doublent les trolleybus décatis, n’incitait pas le sélectionneur à baisser la garde. Avec ses deux tribunes vertigineuses constituées d’échafaudages, le stade de la quatrième ville de Russie a offert une acoustique hostile aux Bleus. Près de 20 000 supporteurs péruviens ont fait vibrer l’écrin, entre nuée de klaxons et chants à la gloire des « Incas ». Lesquels disputaient leur premier Mondial depuis 1982. On se serait cru à l’Estadio Nacional de Lima tant la Iekaterinbourg Arena était parée de rouge et de blanc.

   


« On aurait pu oser un peu plus »
Dans cette atmosphère étouffante, le onze titularisé par Deschamps s’apparentait à un commando rompu aux missions périlleuses, avec six vétérans du Mondial brésilien 2014 alignés au coup d’envoi. Sous pression, les Bleus s’en sont remis à leurs vieux chevaux de retour. A la pointe de l’attaque, Olivier Giroud a su répondre au défi physique proposé par les Péruviens. Maître des airs, percutant, l’avant-centre de Chelsea est à l’origine du seul but de la rencontre : sa frappe déviée a atterri dans les pieds du jeune Kylian Mbappé (19 ans), à l’affût dans la surface.
Sa prestation convaincante a amené Deschamps à lui tresser des lauriers. « Olivier a été très bon dans la déviation et les remises. C’est notre meilleur buteur, a déclaré le sélectionneur. On voit qu’il a l’habitude d’évoluer avec Antoine Griezmann. C’est souvent quand il n’est pas là qu’on voit à quel point il nous est utile. » Déjà incisif dès son entrée contre l’Australie, le numéro 9 des Tricolores a joué aux journalistes le refrain de l’éternel revanchard, sempiternellement condamné à prouver sa valeur. « J’étais particulièrement attendu, comme j’allais figurer dans la composition de départ », a glissé le Savoyard, en esquissant un rictus satisfait.
L’autre « rentrant », Blaise Matuidi, ne s’est pas économisé sur son flanc gauche. Sous les sifflets stridents des supporteurs péruviens, le milieu de la Juventus Turin a remonté beaucoup de ballons, bien assisté, en deuxième rideau, par l’infatigable N’Golo Kanté et par Paul Pogba, ses deux compères de l’entrejeu. « Dans son registre, Blaise a apporté de la densité, de l’agressivité. On avait besoin d’équilibre avec ce système de jeu », a considéré Deschamps.
Tout en retenue devant les journalistes, le technicien oscillait entre satisfaction et agacement. « On aurait pu prendre un peu plus de marge et ainsi se donner de l’air. Mais, par rapport à nos manques et aux insuffisances du premier match, en termes de contenu, il n’y a pas photo, surtout collectivement », a-t-il confié, dans l’auditorium de la Iekaterinbourg Arena. Son capitaine et gardien, Hugo Lloris, a dressé le même constat. « On a su rester solides et disciplinés mais on aurait pu oser un peu plus balle au pied », a pointé le portier des Bleus, qui a honoré sa centième sélection contre le Pérou.
Conforté dans ses choix tactiques, Deschamps peut avancer avec davantage de certitudes vers le match contre le Danemark, lors de la « finale » du groupe C. « On va jouer pour gagner, a insisté le Bayonnais. Je ne raisonnerai jamais en disant : “Si on est deuxième, on peu rencontrer Untel ou Untel en huitièmes de finale.” » Cette fois, le sélectionneur ne modifiera pas ses plans.

        Lire aussi :
         

                Tout savoir sur l’équipe de France à la Coupe du monde 2018 de football






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-17">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Les Bleus ont battu les Péruviens 1-0 (but de Kylian Mbappé) à Iekaterinbourg. Avec deux victoires en deux matchs, la qualification est déjà assurée pour les hommes de Didier Deschamps.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : la France bat le Pérou et file déjà en huitièmes de finale

Les Bleus ont battu les Péruviens 1-0 (but de Kylian Mbappé) à Iekaterinbourg. Avec deux victoires en deux matchs, la qualification est déjà assurée pour les hommes de Didier Deschamps.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 19h09
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 20h07
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Une mi-temps convaincante, une autre plus poussive, mais l’essentiel est ailleurs pour l’équipe de France. Vainqueurs du Pérou 1-0 dans ce groupe C, les coéquipiers de Hugo Lloris ont assuré leur qualification pour les huitièmes de finale avec six points au compteur. Un match nul contre le Danemark, mardi 26 juin à 16 heures, suffira pour s’assurer la première place du groupe. L’occasion sans doute pour les « coiffeurs » de se dégourdir les jambes.
A l’heure du déjeuner à Kazan contre l’Australie, les Bleus avaient laissé leurs supporteurs sur leur faim. Pour affronter le Pérou, Didier Deschamps avait revu son menu pour revenir à du classique avec Olivier Giroud en pointe et Blaise Matuidi au milieu de terrain pour ce goûter de 17 h à Iekaterinbourg. D’entrée de jeu, les Français montrent d’autres intentions. Paul Pogba inquiète le gardien péruvien d’une frappe à l’entrée de la surface, Antoine Griezmann se procure lui une première occasion mais trouve une nouvelle fois les gants de Gallese.

#CM2018 #FRAPER 16è, 0-0 
🇨🇵 Griezmann fappe fort à l'entrée de la surface
— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


require(["twitter/widgets"]);

La Blanquirroja laisse passer l’orage et compte surtout sur le virevoltant André Carillo sur son côté droit. Le danger viendra pourtant de la gauche. Servi dans la surface, Paolo Guerrero réalise un superbe enchaînement contrôle-frappe, mais Hugo Lloris effectue un arrêt décisif pour fêter sa 100e sélection.

#CM2018 #FRAPER 31è, 0-0 
🇵🇪🇵🇪 Le Péruvien Guerreiro proche d'ouvrir la marque
🤚🤚 MAIS LLORIS SORT UN ARRÊT DECISIF 
— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


require(["twitter/widgets"]);

Trois minutes plus tard, un Pogba inspiré alerte Giroud dans l’axe, dont la frappe retombe avec un peu de réussite dans les pieds de Kylian Mbappé. L’attaquant du PSG pousse le ballon au fond des filets et devient par la même occasion le plus jeune buteur français en Coupe du monde à 19 ans et six mois.

#CM2018 #FRAPER  34è, 1-0 

⚽ BUT POUR LA FRANCE

🇨🇵 MBAPPE MARQUE, 1-0 POUR LES BLEUS 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


require(["twitter/widgets"]);

Si la fin de la première mi-temps a été française, les Péruviens entament plus fort la seconde période. Pas attaqué par la défense française, Pedro Sanchez prend sa chance aux trente mètres. Hugo Lloris est battu, mais voit le ballon heurter l’équerre de sa transversale (50e). La chance du centenaire. Les Bleus laissent les Péruviens reprendre confiance et se retrouvent dans un entre-deux : conserver ce résultat ou pousser pour doubler la mise.

#CM2018 #FRAP 50è, 1-0 
🇵🇪 Le Pérou frappe le montant de Lloris 
— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


require(["twitter/widgets"]);

Battu face au Danemark pour son premier match, le Pérou n’a pas envie de quitter sa première phase finale de Coupe du monde depuis trente-six ans sans se battre. Sur un centre de l’insaisissable André Carillo, le vétéran Jefferson Farfan trouve le petit filet de Lloris sur sa reprise.
L’équipe de France laisse passer l’orage. Toujours aussi précieux, Giroud dévie de la tête un ballon en direction d’Ousmane Dembélé (entré à la place de Mbappé), mais sa frappe est trop croisée (81e). Les dernières minutes amènent quelques frissons, Guerrero prend sa chance sur coup franc mais trouve les mains de Lloris. La France plie mais ne rompt pas et maîtrise les dernières minutes. Le Pérou, lui, est déjà éliminé de cette Coupe du monde et disputera un match pour l’honneur face à l’Australie.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-18">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ En perdition pendant tout le match, les Argentins se sont inclinés. Les Croates se qualifient pour les huitièmes de finale, les Argentins en sont extrêmement loin.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ 
<article-nb="2018/06/22/19-19">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ A l’intérieur du cercle polaire, sur le toit d’un centre commercial ou près d’un vestige romain : tour du monde en image des stades de foot les plus insolites.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ 
<article-nb="2018/06/22/19-20">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ Grâce à un but de Kylian Mbappé, l’équipe de France a assuré une courte victoire contre les Péruviens (1-0) et sa qualification pour les huitièmes de finale.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ 