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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Classes préparatoires puis grandes écoles, Sciences Po, médecine… ces filières d’excellence auraient dû être la suite logique de votre scolarité brillante, mais vous avez choisi une autre voie.
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APPEL À TÉMOIGNAGES
Elève brillant, vous n’avez pas choisi la « voie royale » pour vos études ? Témoignez

Discussion lancée le 22 juin 2018
22 juin 2018

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Vous êtes étudiant(e), jeune diplômé(e) ou tout juste entré(e) dans la vie active, et après une scolarité brillante, vous n’avez pas souhaité suivre une filière d’« excellence » (classes préparatoires puis grandes écoles, Sciences Po, médecine, etc.) où certains vous imaginaient.
Quel a été votre choix et ses motifs ? A quel moment de votre cursus l’avez-vous effectué ? A quels doutes ou difficultés avez-vous été confronté(e)s ? Quelles ont été les réactions de votre entourage (professeurs, famille, etc.) ? Un événement ou une personne ont-ils influencé, positivement ou négativement, cette décision ? A posteriori, la regrettez-vous ou la confirmez-vous ?
Nous vous invitons à raconter votre parcours, l’évolution de vos choix, les réactions de vos proches. Afin que nous puissions vous recontacter, merci de laisser une adresse courriel ou un numéro de téléphone que vous consultez régulièrement. Et de nous préciser si vous souhaitez conserver votre anonymat en cas de publication de votre témoignage, dans le cadre d’un article sur Le Monde Campus.                            





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Brexit : Airbus gèle ses investissements au Royaume-Uni et menace de se retirer

L’entreprise européenne a publié, vendredi, un mémo menaçant de déplacer son usine d’ailes d’avion



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h56
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Airbus a décidé de prendre des risques politiques et de taper du poing sur la table. Alors que beaucoup de grandes entreprises se plaignent en privé des risques du Brexit mais n’osent pas le faire publiquement, la compagnie aéronautique européenne a publié, vendredi 22 juin, un mémo en forme d’avertissement au Royaume-Uni. Elle annonce sa décision de geler ses investissements en attendant d’y voir plus clair, menace de déplacer son usine d’ailes d’avion en cas de Brexit sans aucun accord avec Bruxelles et affirme que, même en cas d’accord, la sortie de l’Union européenne (UE) lui coûtera au moins 1 milliard d’euros par an.
« Nous sommes de plus en plus frustrés du manque de clarté [concernant le Brexit], a déclaré, sur la BBC, Tom Williams, le directeur des opérations commerciales d’Airbus. On n’a plus de temps, il ne reste que neuf mois [avant la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le 30 mars 2019]. Nous arrivons au moment où nous devons prendre des décisions sérieuses, de long terme. » Il avertit qu’il lui faut y voir plus clair « dans les semaines qui viennent » et qu’une série de décisions doivent être prises « durant l’été ». « Nous avons commencé à appuyer sur le bouton de crise. »
Airbus, qui emploie 14 000 personnes au Royaume-Uni et 100 000 personnes indirectement, divise son mémo en deux sections. La première, la plus spectaculaire, détaille les conséquences d’un Brexit si aucun accord n’est trouvé avec l’UE. Immédiatement, les certifications des pièces détachées fabriquées au Royaume-Uni ne seraient plus valables. L’aéronautique est une industrie très réglementée, sous l’égide, sur le Vieux Continent, de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). En l’absence d’accord de réciprocité, « Nous ne pourrons plus installer ces pièces » sur les avions, en l’absence d’accord de réciprocité, explique M. Williams. Pour Airbus, dont les appareils contiennent 10 000 pièces fabriquées au Royaume-Uni venant de 4 000 sous-traitants, ce serait une catastrophe.
Fort renchérissement du passage des douanes
L’absence d’accord sur le Brexit provoquerait aussi un fort renchérissement du passage des douanes. Non seulement des tarifs douaniers pourraient être imposés, mais la simple lourdeur administrative de vérifier les pièces détachées à la frontière ralentirait leur transit. Pour une industrie qui fonctionne selon un modèle « juste à temps », cela signifie immédiatement des coûts supplémentaires. L’entreprise va devoir augmenter ses stocks et risque d’accumuler des retards dans ses livraisons d’avions, synonyme de pénalités financières à payer à ses clients. Selon les calculs d’Airbus, cela signifierait 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires perdu par semaine de retard, et Airbus pense qu’un Brexit sans accord signifierait « plusieurs semaines » de retard, d’où une perte financière de « plusieurs milliards d’euros ».
Dans un tel scénario, l’usine de Broughton, dans le nord-est du Pays de Galles, qui réalise l’assemblage des ailes, est particulièrement en danger. Airbus prépare actuellement les investissements nécessaires pour assembler la prochaine génération d’ailes. « Nous nous demandons si nous devons continuer », explique M. Williams.
Ce scénario catastrophe n’est cependant pas le plus probable. Malgré les tergiversations politiques et les retards dans les négociations, Britanniques et Européens continuent à espérer trouver un accord vers la fin de l’année. Dans ce contexte, la deuxième partie du mémo d’Airbus, moins spectaculaire, est sans doute la plus significative. Elle détaille les conséquences d’un accord où le Royaume-Uni sortirait du marché unique européen et de l’union douanière, ce qui est le scénario préféré par la première ministre, Theresa May.

        Lire aussi :
         

                Brexit : les Britanniques, écartés de Galileo, envisagent de lancer un projet concurrent



Trois avertissements
Premier avertissement : Airbus gèle tous ses investissements jusqu’à nouvel ordre. « Jusqu’à ce qu’on connaisse et comprenne la nouvelle relation UE-Royaume-Uni, Airbus va superviser avec attention tout nouvel investissement [outre-Manche] et va éviter d’y étendre sa base de partenariats et de sous-traitants. »
Deuxième avertissement : la période de transition prévue pour le Brexit, qui permettrait de ne rien changer sur le terrain jusqu’à fin 2020, est « trop courte (…) pour mettre en place tous les changements nécessaires à [la] chaîne de sous-traitants » d’Airbus.
Troisième avertissement : même un accord de ce type, qui éviterait les tarifs douaniers, coûterait de l’argent à Airbus, à cause des procédures supplémentaires au niveau des douanes. Montant de la facture : 1 milliard d’euros par an, selon Airbus. Ce coût n’est pas insurmontable par rapport au chiffre d’affaires de 67 milliards d’euros d’Airbus, mais il s’agit ici du scénario le plus positif.
L’avertissement de l’entreprise européenne met la pression sur Theresa May à un moment crucial. Après l’avoir retardé à plusieurs reprises, la première ministre britannique a promis de publier la semaine du 9 juillet un Livre blanc sur les futures relations commerciales qu’elle souhaite avoir avec l’UE. Elle doit en particulier clarifier la façon dont elle entend éviter une frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. Selon que ses plans seront jugés crédibles ou pas, Airbus pourrait commencer à agir.
« Il faut débloquer la situation du Brexit, et vite »
L’entreprise n’est pas la seule dans cette situation. Sans être aussi précis, le patron de Siemens au Royaume-Uni, Juergen Maier, a averti, le 20 juin, qu’un Brexit sans accord « ne serait vraiment pas beau à voir ». Fin mai, Paul Drechsler, le président de la Confederation of British Industry, le principal groupe patronal britannique, dont le mandat se terminait, a prononcé son discours d’adieu avec un avertissement très direct : « Il faut débloquer la situation du Brexit, et vite. »
Si peu de groupes ont osé lancer des avertissements aussi précis et chiffrés qu’Airbus, son agacement est largement partagé, comme le prouvent les chiffres macroéconomiques. Au premier trimestre, les investissements des entreprises au Royaume-Uni ont baissé de 0,2 %. Le secteur automobile est un exemple criant : 2,5 milliards de livres sterling (2,9 milliards d’euros) d’investissement en 2015, 1,6 milliard en 2016 et 1 milliard en 2017. Ce n’est pas la première fois que les entreprises tirent la sonnette d’alarme sur le Brexit, mais les menaces deviennent progressivement réalité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Trois dirigeants d’entreprise plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur d’une large ouverture des conseils d’administration aux collaborateurs.
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« 30 % d’administrateurs salariés dans trois ans »

Trois dirigeants d’entreprise plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur d’une large ouverture des conseils d’administration aux collaborateurs.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h00
    |

Hubert de Boisredon (PDG d’Armor), Vincent Prolongeau (Directeur général de Continental Foods France) et Denis Terrien (Président d’Entreprise et p...







                        



                                


                            

Tribune. Une entreprise ne peut être performante dans la durée que si elle est à la fois pilotée au jour le jour par son dirigeant, et gouvernée à plus long terme par son conseil d’administration ou son conseil de surveillance. Ce double rythme, parfois source de tension, crée l’identité de l’entreprise quand il est géré avec le souci du juste équilibre. Loin de nous l’idée absurde de prétendre que le dirigeant n’aurait pas besoin d’être un stratège, mais c’est au conseil de voir le plus loin.
Pour conduire une entreprise dans la houle chronique qu’est devenue l’économie mondiale, il n’est plus suffisant de formuler une stratégie et d’en contrôler de temps en temps la mise en œuvre. La vision mécaniste d’une structure rigide optimisant scientifiquement ses processus de production correspond à une réalité dépassée, définitivement obsolète parce qu’elle ignore des informations essentielles : les signaux faibles qu’adresse en continu son écosystème à l’entreprise. Charge à celle-ci de les décrypter grâce à un réseau de capteurs capables de déceler les tendances qui émergent, en interne comme à sa périphérie.
Dans cette approche « biologique » de l’entreprise, ce qui compte, c’est la capacité d’interface à travers un dialogue nourri et continu avec l’ensemble de ses parties prenantes, en commençant par les collaborateurs, qui sont même des parties « constituantes », avec souvent une grande longévité dans l’entreprise. Voilà pourquoi nous, dirigeants, voulons avancer vite et renforcer la présence de ces derniers dans les conseils d’administration.
Engagement et coopération
Fixons-nous trois objectifs ambitieux. D’abord, 30 % de salariés au conseil dans trois ans. Une proportion de 30 %, c’est la garantie que ces administrateurs auront vraiment voix au chapitre et s’obligeront, au nom de la responsabilité, à maîtriser parfaitement les enjeux.
Trois ans, c’est la durée nécessaire pour atteindre le deuxième objectif : des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Reportage chez les marins pêcheurs du sud de l’Angleterre, à Selsey, qui ont peur d’être « trahis » par leur gouvernement dans les négociations avec Bruxelles sur le Brexit.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ La consultante Camille Baudoin suggère, dans une tribune au « Monde », de transformer la contrainte réglementaire qui pèse sur le secteur bancaire en levier stratégique pour reconstruire un modèle d’affaires.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Le surplus de régulation bancaire, « menace ou opportunité pour les banques ? »

La consultante Camille Baudoin suggère, dans une tribune au « Monde », de transformer la contrainte réglementaire qui pèse sur le secteur bancaire en levier stratégique pour reconstruire un modèle d’affaires.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h04
    |

Camille Baudouin (Consultante et maître de conférences en stratégie d’entreprise à Sciences Po et à l’Edhec)







                        



                                


                            

Tribune. A l’heure de la dérégulation bancaire outre-Atlantique, l’Europe, elle, poursuit sa route vers une régulation renforcée. Jamais la pression réglementaire n’a été aussi forte pour les banques françaises. Ces nouvelles règles du jeu éprouvent les limites de leurs modèles économiques et doivent conduire à une remise en question. Mais est-ce une menace ou une opportunité ?
En tant qu’intermédiaire entre les agents économiques, le rôle premier des banques est de financer l’économie. Garantir la solidité du système bancaire est donc un prérequis à la confiance des investisseurs, des entreprises et des particuliers. La crise de 2007-2008 en a révélé les failles. Le système bancaire est apparu fragile et capable de s’écrouler, à moins que les Etats ne lui viennent en aide. Le G20 de Pittsburgh, en septembre 2009, réunissant les vingt plus grandes nations, s’était alors accordé pour définir et mettre en place un cadre permettant au système financier mondial de continuer d’exister, et, par conséquent, aux économies nationales de poursuivre leurs trajectoires.
La vague de réglementations qui, depuis, n’a cessé de déferler sur le secteur bancaire implique de nombreux défis à relever. D’une part, les banques doivent déployer des moyens humains et financiers très importants afin de répondre aux nouvelles exigences pour éviter les sanctions, dans des délais contraints. Ces projets réglementaires ont d’ailleurs la part belle dans les budgets de transformation des banques.
D’autre part, cette mise en conformité transforme leurs activités, leurs processus et leurs sources de revenus.
Plans d’économies importants
Citons par exemple les exigences en fonds propres de Bâle III, qui immobilisent du capital ; l’ajout d’un intermédiaire (les chambres de compensation) dans le cadre du règlement European Market Infrastructure Regulation (EMIR), pour sécuriser et lever l’opacité des transactions sur le marché de gré à gré, fortement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.
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Pétrole : l’OPEP, sous la pression de Trump, décide d’une modeste augmentation de la production

L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h59
    |

                            Nabil Wakim (Vienne, envoyé spécial)








                        


Les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont finalement accepté, vendredi 22 juin, de relever leur production, sous la pression du président états-unien, Donald Trump, qui estimait que la stratégie du cartel pétrolier avait trop fait monter les prix du pétrole.
Les Saoudiens s’étaient décidés à augmenter la production pour faire baisser les prix, mais l’Iran s’est opposé à cette stratégie. Jeudi soir, à Vienne, le ministre du pétrole iranien a claqué la porte d’une réunion préparatoire, pour signifier son désaccord quant à une hausse de production.
Il a fallu une négociation serrée dans les couloirs feutrés du secrétariat de l’OPEP, vendredi matin, pour trouver une formule qui convienne aux différents pays de l’organisation, et qui recueille l’assentiment de son puissant partenaire russe.
Respecter l’accord de novembre 2016
Le cartel est donc parvenu à un accord qui ne mentionne pas le volume de la hausse de production, même si le ministre du pétrole saoudien, à la manœuvre dans les négociations, a estimé qu’elle serait équivalente à un million de barils par jour.
Pour arriver à ce tour de passe-passe, l’OPEP a trouvé une astuce. En novembre 2016, l’Organisation, la Russie et plusieurs autres pays producteurs de pétrole s’étaient mis d’accord pour réduire la production de 1,8 million de barils par jour, pour faire remonter les prix mondiaux du pétrole, qui s’étaient effondrés. Mais la déroute pétrolière et économique du Venezuela, ainsi que les difficultés en Libye et en Angola, ont amené le cartel a largement dépasser ces quotas de réduction, passant à 2,8 millions de barils par jour de réduction, au lieu de 1,8 million prévu.
Résultat : ce nouvel accord de juin 2018 consiste surtout… à respecter l’accord de novembre 2016. « Nous avons collectivement décidé que nous devons atteindre cet objectif à 100 % », a expliqué le président par intérim de l’OPEP, l’Emirati Souhail Al-Mazroui.
Il a admis qu’il y avait « des différences entre certains pays » du cartel, et que cela ne permettait pas de préciser une répartition des hausses de production. Interrogé à plusieurs reprises sur le sujet, M. Al-Mazroui s’est contenté de répondre qu’il s’agissait d’un « objectif collectif » et qu’il représentait déjà « un défi » pour certains pays.
« Ce n’est pas transparent »
Ce qui veut dire que certains pays – comme l’Arabie saoudite – peuvent augmenter leur production de manière significative pour répondre à la demande du marché, alors que d’autres, qui ne peuvent pas extraire plus – comme le Venezuela ou l’Iran – n’auront pas à le faire. D’autant que l’OPEP ne s’est dotée d’aucun instrument de contrôle du respect de ses engagements.
Autrement dit, l’Arabie saoudite pourra afficher une augmentation de la production et l’Iran pourra affirmer que le contrat de novembre 2016 est toujours en vigueur. De quoi contenter tout le monde au sein du cartel.
« De fait, cet accord laisse les Saoudiens produire autant qu’ils veulent. Le seul problème c’est ce que ce n’est pas transparent », confiait un très bon connaisseur du cartel. « S’il n’y a pas de détails spécifiques sur la hausse de la production, il n’est pas sûr que cela plaise beaucoup aux marchés », estimait ainsi l’analyste Cornelia Meyer. De fait, le prix du baril a continué à augmenter pendant l’annonce de l’accord trouvé à l’Opep, signe que cette hausse de production ne sera peut-être pas suffisante pour faire baisser les prix.
Mais il n’est pas sûr que Donald Trump se satisfasse d’un accord moins décisif que ce qu’il espérait. Le président américain a réagi dans la foulée sur Twitter : « Espérons que l’OPEP va accroître sa production de manière significative. Il faut faire baisser les prix ! ». Une manière de continuer à mettre la pression sur les Saoudiens et leurs partenaires.

        Lire aussi :
         

                Pétrole : l’Arabie saoudite et la Russie font front commun face à l’Iran






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Le contrôle externe d’une entreprise ne remplace pas les valeurs choisies par cette dernière. Cela vaut encore plus pour des ONG qui se consacrent à une mission humanitaire, explique dans sa chronique le professeur à MinesParisTech, Armand Hatchuel.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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ONG : il faut « des contrôles qui maintiennent la confiance des donateurs, sans pour autant brider leur action »

Le contrôle externe d’une entreprise ne remplace pas les valeurs choisies par cette dernière. Cela vaut encore plus pour des ONG qui se consacrent à une mission humanitaire, explique dans sa chronique le professeur à MinesParisTech, Armand Hatchuel.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 15h19
    |

                            Armand Hatchuel (Professeur à MinesParisTech/université PSL)








                        



                                


                            
Entreprises. Il y a quelques mois, Oxfam, l’une des organisations humanitaires les plus réputées, était secouée par la révélation du comportement inacceptable de certains de ses cadres. Ce type de faits conduit toujours à exiger des contrôles renforcés des organisations non gouvernementales (ONG). Mais selon que les donateurs sont des particuliers ou des institutions, ces contrôles ne sont pas de même nature.
Le contrôle des institutions impose un fonctionnement centralisé et systématique, et reste paradoxalement plus distant des épreuves du terrain. C’est ce que suggère une étude récente du secteur, et notamment de deux grandes ONG, Handicap International et Médecins sans frontières (« L’émergence d’un “nouveau management humanitaire” », Bruno Cazenave, thèse de sciences de gestion, université Paris-I-Panthéon-Sorbonne-ESCP Europe, 2017).
En un siècle, le nombre des ONG humanitaires et médicales a considérablement augmenté, passant de trente-sept en 1910 à six cent soixante en 2000. Cette multiplication a été permise par la croissance des dons provenant de campagnes d’appel à la générosité publique et par celle des subventions accordées par des « bailleurs institutionnels » liés aux Etats, comme l’Agence française de développement en France (AFD), ou comme ECHO, l’organisme humanitaire de la Commission européenne.

Or, selon la notoriété de la cause qu’ils défendent et la nature de leurs activités, les ONG bénéficient de façons très différentes de ces types de fonds. C’est ainsi que Handicap International, bien connue pour sa lutte contre les mines antipersonnel, le traitement des blessés et l’aide au développement, est surtout financée (à 60 %) par des bailleurs institutionnels, alors que Médecins sans frontières a choisi de ne recevoir que des dons privés (à 97 %).
Cent trente-six audits pour Handicap International en 2015
Mais les bailleurs institutionnels sont eux-mêmes contraints de justifier leurs subventions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Des sociétés aux méthodes musclées, chargées de récupérer les prêts non remboursés, se développent dans le pays.
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En Inde, l’essor du crédit à la consommation fait les affaires des gros bras du recouvrement

Des sociétés aux méthodes musclées, chargées de récupérer les prêts non remboursés, se développent dans le pays.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 13h13
    |

            Julien Bouissou (Gurgaon, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Akshay et Vinay, recouvreurs de dettes d’une filiale d’un grand constructeur automobile spécialisée dans le crédit, vont souvent se détendre dans un jardin du centre de Gurgaon. Cette ville de l’Etat de l’Haryana, sise en périphérie de New Delhi, hérissée de tours en verre et de complexes résidentiels sécurisés, est sortie de terre en quelques décennies, en même temps que le décollage économique de l’Inde. On y achète des appartements, des téléviseurs et des voitures, parfois à crédit.
Dans le jardin décoré de répliques de palais moghols et de fontaines, Akshay et Vinay font la sieste à l’ombre des arbres, et aiment se raconter les dernières « histoires » de leurs clients. Celui qui, par exemple, « s’est caché dans le réservoir à eau sur le toit » ou « a simulé une maladie grave » pour retarder le remboursement de son prêt. Depuis qu’ils n’ont plus de terres à cultiver à Gurgaon, ces anciens agriculteurs à la carrure de lutteur se sont reconvertis dans le recouvrement de dettes.
L’explosion des crédits à la consommation leur donne beaucoup de travail. En février, leur encours a augmenté de 20 % sur un an, contre seulement 1 % pour l’industrie. Une hausse qui devrait toutefois ralentir du fait du relèvement du principal taux d’intérêt de la Banque centrale Indienne, le 6 juin. « Plus un pays consomme, plus il s’endette, se réjouit Rajan Pental, directeur de la banque détail chez Yes Bank, et l’Inde va devenir le troisième marché intérieur du monde d’ici à 2025, alors que le ratio entre crédit et PIB [Produit intérieur brut] y est actuellement l’un des plus bas. »
« Le marché du prêt à la consommation n’est pas sans risque »
L’arrivée de nouveaux acteurs, notamment de sociétés spécialisées dans le crédit à la consommation sur Internet, pourrait bouleverser le marché. « Avec seulement 4 % de la population qui peut bénéficier d’un prêt dans les banques traditionnelles, le potentiel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ 37,9 % des conducteurs sont en grève vendredi, 33e jour de mouvement.
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Grève à la SNCF : le taux de grévistes sous 10 %, selon la direction

37,9 % des conducteurs sont en grève vendredi, 33e jour de mouvement.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h40
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 13h38
   





                        



   


La SNCF relève, vendredi 22 juin, que le taux de grévistes est de moins de 10 %, tombant à 9,87 %, une première. 37,9 % des conducteurs sont grévistes, contre 43,8 % lors de la dernière journée de grève, lundi, précise l’entreprise ferroviaire.
Ce sont les plus bas niveaux de participation à la grève contre la réforme ferroviaire depuis le lancement, le 3 avril du calendrier par épisodes de deux jours de grève sur cinq. En ce 33e jour de ce mouvement, parmi les personnels indispensables à la circulation des trains, 31,6 % des contrôleurs et 14,2 % des aiguilleurs étaient en grève en milieu de matinée, des plus bas niveaux également.
La mobilisation faiblit nettement alors que le calendrier de 36 jours de grève en 18 épisodes entre dans sa dernière ligne droite et s’achèvera la semaine prochaine.
Par catégorie de personnels, vendredi matin, 17,3 % des agents d’exécution étaient en grève, ainsi que 7,8 % des agents de maîtrise et 1,6 % des cadres, selon le communiqué de la direction de la SNCF.
Dispositif spécial baccalauréat
Côté trafic, le groupe ferroviaire signalait moins de perturbations, vendredi, que lors des journées de grève précédentes avec neuf TGV sur dix, trois TER sur cinq, deux Transilien sur trois, trois trains Intercités sur cinq et quatre trains internationaux sur cinq.
Pour cette journée d’épreuves écrites du bac, le syndicat CFDT-Cheminots a levé partiellement son appel à la grève en demandant aux agents de faire rouler les TER et Transilien (RER), afin de ne pas pénaliser les candidats dans leurs déplacements vers les lieux des examens.
La SNCF a activé son dispositif « Spécial Exams » qui vise à garantir les trains stratégiques le matin et à aiguiller les élèves, grâce notamment à des agents en « gilets rouges » déployés en gare. Un certain nombre de trains sont identifiés en collaboration avec l’éducation nationale, ceux particulièrement susceptibles d’être empruntés par les candidats. Des bus de substitution sont prévus dans certaines zones.
La CGT-Cheminots et SUD-Rail ont déjà annoncé qu’ils allaient continuer la grève en juillet et août. L’UNSA-Ferroviaire s’arrêtera à la fin du calendrier actuel. La CFDT-Cheminots doit annoncer la semaine prochaine sa décision sur une poursuite ou non de la grève.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Quelques journalistes avaient été conviés jeudi dans un restaurant parisien pour échanger en « off » sur l’actualité avec une personnalité du monde ferroviaire.
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Au menu : discussion sur le paiement des jours de grève à la SNCF et risotto aux morilles

Quelques journalistes avaient été conviés jeudi dans un restaurant parisien pour échanger en « off » sur l’actualité avec une personnalité du monde ferroviaire.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 15h09
    |

                            Éric Béziat








                        



   


C’est quelqu’un qui compte dans le secteur ferroviaire. Son carnet d’adresses est long comme un train de fret et l’homme est aussi familier des conseillers ministériels que des travailleurs du ballast ou des dirigeants de la SNCF. Il a donné rendez-vous à un petit groupe de journalistes dans le meilleur restaurant vénitien de Paris pour échanger – « off the record » – sur l’actualité : la réforme du rail, la grève, les syndicats.
Cela tombe bien, une information vient de tomber : dans la querelle qui l’oppose depuis plusieurs semaines aux organisations syndicales, la SNCF a été condamnée, jeudi 21 juin, à payer les jours de repos des grévistes. L’entreprise, considérant comme un mouvement unique les dix-huit épisodes de deux jours de grève programmés entre avril et juin contre la réforme ferroviaire, entendait appliquer ce qu’elle considère comme la règle habituelle : les congés ne sont pas payés. Mais la justice ne l’a pas entendu de cette oreille. La SNCF a annoncé aussitôt qu’elle faisait appel de la décision.
Des gelati et l’addition
« Je comprends ce choix de contester le jugement, commente notre “gorge profonde”, en reprenant les arguments de la direction (et un peu de risotto aux morilles). La justice a décidé que l’apparence de dix-huit grèves différentes comptait davantage que la réalité d’un seul mouvement contre la réforme. Mais je ne suis pas sûr que cette victoire syndicale soit si éclatante. Des grévistes payés, ce n’est jamais très populaire. D’autant plus qu’un tabou a été brisé : pour la première fois, à ma connaissance, les 6 et 7 juillet, des syndicats de cheminots ont décidé de bloquer les départs en vacances des salariés et de leurs familles. »

        Lire aussi :
         

                La SNCF condamnée à payer les jours de repos des grévistes



En attendant, les grévistes devront être remboursés. L’appel de l’entreprise n’est pas suspensif. Les syndicalistes, qui déclenchaient vendredi leur 33e jour de grève, ont demandé un geste dès la fin de juin. Mais l’entreprise devrait étaler ces arriérés sur juillet, août et septembre. « Cela pourrait coûter à la SNCF quelques millions d’euros supplémentaires, croit savoir l’homme à l’heure des gelati, avant d’estimer l’addition. Ils s’ajouteront à la facture totale de la grève pour l’entreprise. Elle frôle maintenant le demi-milliard. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Jyrki Katainen, le vice-président de la Commission européenne, explique la riposte très politique de l’Europe
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Commerce  : « Au Congrès américain, la pression va monter »

Jyrki Katainen, le vice-président de la Commission européenne, explique la riposte très politique de l’Europe



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h57
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Face aux attaques commerciales orchestrées par le président américain Donald Trump sur l’acier et l’aluminium, la contre-offensive européenne est officiellement lancée. La riposte est entrée en vigueur vendredi 22 juin, sous la forme de nouveaux droits de douane imposés sur une série de produits américains, tels le beurre de cacahuète, le bourbon, les jeans ou le fond de teint. « Nous avons choisi des produits à fort impact, économique et politique », assure le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, dans une interview au Monde.
La liste, notifiée à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), comprend un tiers de produits sidérurgiques, un tiers de produits industriels et un tiers de produits agricoles. Elle frappe des Etats qui ont largement voté pour Donald Trump. A quelques mois des élections de mi-mandat, qui auront lieu aux Etats-Unis en novembre, l’intention est claire.

« Les membres du Congrès américain, des deux partis, ne partagent pas forcément les vues du président, tout comme le secteur privé. Une fois que les mesures commenceront à faire effet, la pression va monter », explique M. Katainen. Jusqu’à inciter la Maison Blanche à faire marche arrière ? « Nous l’espérons, même si cette administration reste hautement imprévisible. »
Processus en deux temps
Les mesures de rétorsion correspondent, en valeur, au dommage infligé par les surtaxes américaines sur les exportations européennes d’acier et d’aluminium, soit un total de 6,4 milliards d’euros en 2017. Mais le processus se déroulera en deux temps. L’Union européenne (UE) a relevé, vendredi, ses droits de douane à 25 % sur 2,8 milliards d’euros d’exportations américaines. Le solde de 3,6 milliards d’euros sera taxé plus tard, à l’issue d’un contentieux à l’OMC, dans un délai maximal de trois ans.
La réponse se veut « ferme » mais « mesurée ». « Quand les règles internationales ne sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ La France s’est opposée à un congé parental européen mieux rémunéré. Certains, notamment à l’extrême droite, voudraient aller plus loin, en octroyant un revenu au parent au foyer.
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Instaurer un revenu parental serait-il souhaitable (et possible) ?

La France s’est opposée à un congé parental européen mieux rémunéré. Certains, notamment à l’extrême droite, voudraient aller plus loin, en octroyant un revenu au parent au foyer.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 15h41
    |

            Mathilde Damgé








                        


C’était une des rares avancées sociales européennes proposées par la Commission Juncker, au printemps 2017. C’est pourtant une version très pâle du texte d’origine qui a été adoptée jeudi 21 juin par les ministres du travail et des affaires sociales de l’Union européenne. Il s’agissait au départ de donner aux vingt-huit pays membres de l’UE les mêmes règles sur le congé parental, de préférence mieux-disantes pour une majorité : quatre mois par parent et par enfant, rémunérés aux mêmes conditions que les arrêts maladie.
Mais plusieurs Etats ont bataillé contre cette idée et obtenu gain de cause : les représentants des Etats membres ont fini par s’accorder sur un texte qui n’impose plus aucun niveau minimal de rémunération. L’obligation de partage entre le père et la mère est limitée à deux mois pour un congé de quatre mois pour chaque parent (dont un mois et demi indemnisé). Le Parlement européen doit se pencher à son tour le 11 juillet sur les propositions de l’exécutif européen lors d’une réunion de la commission Emploi, qui pilote les discussions.
La France, en particulier, s’est opposée à cette amélioration du congé parental, pour des raisons de coût, suscitant une réaction indignée des syndicats et des associations familiales, qui ont déploré, dans deux lettres ouvertes, la frilosité du président de la République sur la question.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi la France s’oppose à une meilleure indemnisation du congé parental



Une idée issue de l’extrême droite
Dans le même temps, l’idée d’octroyer un revenu au parent au foyer semble faire son retour, notamment dans les rangs de l’extrême droite, qui traditionnellement porte cette proposition en France :

Préserver la cellule de base de notre #Societe la famille: le @FN_officiel propose de donner la possibilité aux fem… https://t.co/Ebefu8mrLD— Elus_FN_NA (@RN Nouvelle-Aquitaine)


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En janvier, l’eurodéputé frontiste Nicolas Bay écrivait ainsi : « Il est urgent de mettre en œuvre une véritable politique au service des familles, notamment en rétablissant l’universalité des allocations familiales, ou encore par la création d’un revenu parental. »
Si un revenu parental, ou un système équivalent, a déjà été mis en place dans d’autres pays (Allemagne, Suède, etc.), en France, un tel dispositif est resté au stade de l’hypothèse, laquelle n’a d’ailleurs été formulée que par des partis politiques ultraconservateurs et quelques associations défendant la famille.
Dans les dernières années, le seul geste de reconnaissance du « travail » que constitue la parentalité a été réalisé par la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, qui a proposé de gratifier les parents au foyer d’un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) petite enfance, pouvant être obtenu après validation d’acquis, afin de faciliter leur insertion professionnelle.

Les jeunes mères pourraient, après un "parcours diplômant", obtenir un "CAP petite enfance", annonce… https://t.co/j558pCjGy8— LCP (@LCP)


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Aussi simple et généreux soit-il, le revenu parental est une idée complexe qui pose de nombreuses questions : un salaire ou une indemnisation ? En supprimant les aides existantes ? Pour quel travail ? Avec quel budget pour l’Etat ? Tour d’horizon de ce qui est évoqué en France et à l’étranger pour rémunérer ces travailleurs et travailleuses invisibles.
Une allocation, pas un salaire
Actuellement, les allocations familiales sont considérées symboliquement comme une forme de revenu par certaines mères au foyer pour qui élever des enfants est un métier : pour elles, les sommes versées par la Caisse d’allocations familiales (CAF) entreraient en compte dans la décision de ne pas travailler pour se consacrer à leurs enfants.
A ceci près que l’allocation de base est versée au foyer, et non au parent qui a la charge du foyer, tout comme l’indemnité de congé parental d’éducation. Appelée prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE), cette indemnité (à ne pas confondre avec le congé maternité ou paternité, au moment de la naissance, qui permet de cotiser et d’être rémunéré) remplace depuis 2015 le complément de libre choix d’activité (CLCA).
Destinée aux parents qui ont arrêté de travailler afin d’élever un enfant de moins de 3 ans, l’allocation correspond à 396 euros net pour un temps plein, à 256 euros net pour un mi-temps. Toutes ces aides ne sont pas des salaires à proprement parler : elles ne sont pas soumises à cotisations, n’ouvrent pas de droits sociaux, et ne permettent pas de progresser dans une forme de « carrière », contrairement à ce qui se fait chez certains de nos voisins, comme en Suède.

Congé parental : ce que font les autres pays
Peu de pays ont réellement expérimenté un revenu parental en tant que tel ; la plupart indemnisent le congé lié à une naissance (congé maternité et/ou de paternité) et aident, plus ou moins généreusement, à la prise en charge d’un enfant en bas âge (congé parental d’éducation). Sept pays de l’Union ne rémunèrent pas du tout le congé parental : le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Irlande, la Grèce, les Pays-Bas et Chypre.
La Suède est le pays qui rémunère le mieux les parents : le congé parental ouvre droit à un revenu de remplacement, correspondant à 80 % du salaire antérieur, pendant les treize premiers mois (les trois derniers mois étant indemnisés environ 500 euros chaque). Le modèle suédois est cohérent avec cette notion de revenu : ce dernier est imposable et, en contrepartie, tous les droits sociaux du bénéficiaire sont maintenus. Il continue à cotiser pour sa retraite, la période de congé est comptabilisée dans le calcul des avantages liés à l’ancienneté et il bénéficie de la garantie du retour à son poste.
Si le parent au foyer tombe malade, il reçoit une indemnité journalière et ses jours de maladie ne sont pas comptabilisés dans le congé parental. Il faut toutefois avoir travaillé au moins huit mois avant l’arrêt. « Les parents ne satisfaisant pas à ces conditions touchent, pour leur part, une indemnité forfaitaire d’environ 18 euros par jour. Les modalités de ce congé incitent donc assez fortement à s’intégrer sur le marché du travail avant d’avoir des enfants », explique la docteure en sociologie Nathalie Morel. De plus, la Suède a mis en place des mesures incitatives pour pousser les hommes à davantage utiliser le congé : chaque parent est obligé de prendre au moins trois mois pour bénéficier du reste du congé parental.
Même logique en Allemagne : si les deux parents prennent le congé (deux tiers du salaire, plafonné à 1 800 euros par mois), ils ont droit à deux mois supplémentaires. Une « prime aux fourneaux » de 150 euros mensuels avait, en outre, été initiée en 2013 par les conservateurs pour relancer la natalité, mais elle a été invalidée en 2015 par la Cour constitutionnelle qui a jugé que le gouvernement fédéral avait empiété sur les prérogatives des Etats régionaux.
L’Islande a le modèle le plus égalitaire avec un congé parental de neuf mois, dont un tiers est réservé à la mère, un tiers au père et un tiers partageable entre les deux, avant les dix-huit mois de l’enfant, chaque partie étant perdue si elle n’est pas prise par son destinataire. Il est rémunéré à 80 % pour tout salaire en dessous de 1 260 euros par mois et 75 % pour les salaires supérieurs, avec un plafonnement à 1 890 euros mensuel.
A l’opposé d’une conception sociale du revenu parental, et dans une proportion probablement anecdotique, une version néocapitaliste aurait déjà été expérimentée dans la sphère privée : à New York, certaines femmes au foyer toucheraient un « bonus d’épouse » au titre de leur bonne gestion du budget du foyer ou de la qualité de l’éducation apportée aux enfants et de la capacité de ces derniers à intégrer de bonnes écoles. Les Etats-Unis sont actuellement le seul pays de l’OCDE à ne même pas financer un congé maternité.


« 80 % du SMIC »
La création d’un revenu parental, « équivalant à 80 % du SMIC » et ouvrant des droits afférents à tout revenu du travail (protection sociale, retraite, formation, etc.), figurait au programme du Front national pour l’élection présidentielle en 2012. « Ce revenu serait accessible pendant trois ans à partir du deuxième enfant avec une possibilité de renouvellement d’une durée de quatre ans pour le troisième enfant. » 
Pour l’eurodéputé Dominique Martin (FN), qui avait invoqué, en 2015, la liberté des « femmes de s’occuper de leur foyer, notamment par un salaire parental d’éducation », la mesure comporterait d’évidents bénéfices, comme le fait de libérer des emplois et d’améliorer la sécurité de certains quartiers.
Mais elle aurait naturellement un coût assez élevé. En retirant le congé parental, le coût d’un tel revenu parental oscillerait entre 3,3 milliards et 10 milliards d’euros, selon l’Institut Montaigne. Le centre de réflexion, orienté à droite, souligne par ailleurs le risque d’un « fort effet désincitatif sur le travail des personnes peu qualifiées », et donc sur leur intégration sociale.
Il faudrait en outre imaginer les effets macroéconomiques d’une réduction de la population active féminine aussi drastique, notamment sur la croissance, sur la consommation et sur le système de retraites… « Les éventuelles économies générées sur le financement de l’accueil de la petite enfance seraient ainsi très largement compensées par les pertes de recettes », juge en conclusion l’Institut Montaigne.
Contacté, le Front national, devenu entre-temps Rassemblement national, n’a pas souhaité répondre sur le détail du financement de ce dispositif, ni même à la question de savoir s’il soutenait encore cette mesure.
Plus de 1 300 euros par mois à temps plein
Outre le financement du revenu parental se pose la question de la « fiche de poste » et du niveau de salaire afférent aux tâches réalisées. Le travail domestique est un véritable travail dans la mesure où il produit de la valeur, valeur mesurée par l’Insee. En 2010, quel que soit son temps de travail, une femme vivant en couple et mère d’un ou plusieurs enfants de moins de 25 ans, accomplissait en moyenne :
vingt-huit heures par semaine de tâches du périmètre dit « restreint » du travail domestique (cuisine, ménage, soins matériels aux enfants, entretien du linge, gestion du ménage) ;trente-quatre heures si l’on ajoute le périmètre « intermédiaire » (courses, jardinage, bricolage, jeux avec les enfants) ;quarante et une heures avec l’« extensif » (trajets en voiture, soins d’un animal domestique).
Pour un homme dans la même situation, le temps de travail domestique est en moyenne de dix-huit heures (dix pour le périmètre restreint et vingt-six pour le périmètre extensif). Avec un salaire minimum de 9,76 euros brut de l’heure, une femme devrait recevoir une rémunération d’environ 1 327 euros par mois, un homme, de 702 euros… sans prendre en compte le coût horaire plus élevé de certains spécialistes (assistant maternel, plombier, couturier, etc.).

        Lire aussi :
         

                Oui, les hommes participent plus... mais ils gardent les tâches les plus gratifiantes



Déséquilibre hommes-femmes
Les défenseurs actuels du revenu parental s’adressent indifféremment aux hommes et aux femmes. Mais, en réalité, une telle compensation (qui atteindrait au mieux une fraction du salaire minimal) risque de n’intéresser que les personnes ayant des rémunérations plus faibles, travaillant à temps partiel ou avec des carrières compliquées…, soit le plus souvent des femmes, explique sur son blog le professeur de sciences sociales et économiques Denis Colombi. Cet écueil touche déjà le congé parental actuel, qui n’est pris qu’à 4 % par les hommes.
Un cercle vicieux peut alors s’enclencher, les femmes restant à la maison par défaut et ne pouvant espérer un meilleur avenir professionnel. C’est d’ailleurs pour éviter que le congé parental ne se substitue au travail que certains économistes défendent un congé court. Pour Hélène Périvier, spécialiste des questions d’inégalités entre les sexes à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il y a une coupure, en France, entre l’accueil de la petite enfance et ce qui relève de l’éducation nationale.
Constatant le manque de modes de garde, elle souligne la nécessité de régler ce problème de prise en charge de la petite enfance, pour pouvoir réduire le congé parental… « Et c’est là qu’il y a des crispations. Il faudrait, selon moi, revoir cette coupure nette, et plutôt penser globalement l’accueil des moins de 6 ans. » Une solution qui permettrait de rétablir l’égalité entre hommes et femmes, mais également entre enfants, qui avant 3 trois ans ne bénéficient pas des mêmes traitements.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Seize banquiers venus du monde entier se sont mobilisés contre l’exclusion.
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Des banquiers de JPMorgan au service d’associations françaises

Seize banquiers venus du monde entier se sont mobilisés contre l’exclusion.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h49
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

Ils n’auraient jamais dû se rencontrer. Ils se sont quittés à regret. Jeudi 21 juin, Navin, Heïdi et les autres ont fait leurs adieux à Fabien, Marie ou encore Armonia. Seize banquiers de JP Morgan avaient débarqué à Paris le 4 juin en provenance de New York, Londres ou Singapour. Leur mission ? Apporter leur expertise de financiers de haut vol à l’ADIE (Association pour le droit à l’initiative économique), Groupe Ares, Simplon et Article 1, quatre associations françaises de lutte contre l’exclusion. Ce qui apparaissait a priori comme un périlleux grand écart culturel s’est révélé une belle réussite, selon l’avis unanime des participants.
Ce programme de mécénat de compétences a été inauguré en 2014, à Detroit, par la banque américaine, très impliquée dans la réhabilitation de l’ancienne capitale automobile. Chicago, La Nouvelle-Orléans ou encore Hongkong en ont ensuite bénéficié. En 2018, six délégations sont prévues. C’était cependant la première fois que les « service corps » – le nom du programme – s’aventuraient dans un pays non anglophone.
« Quand nous avons postulé, nous ne savions pas où nous serions affectés. Mais aider, c’est aider », assure Jennifer Ryan, une banquière de Columbus (Ohio). « Pour nous, c’est un investissement important. Pendant trois semaines, nous avons complètement déconnecté de notre travail », témoigne Emmanuelle Baillot, une Française installée à Genève.
Du concret
Bien loin de la place Vendôme où la plus française des banques américaines est installée à Paris, les seize samouraïs ont sillonné pendant trois semaines le 13e arrondissement, Montreuil ou Asnières (impossible à prononcer pour des Américains !). Ils ne se connaissaient pas. « Nous venons d’environnements différents, nous n’avons pas la même culture, mais nous sommes réunis pour une cause commune », résume Ronnie Sequeira, banquier commercial à Bangalore en Inde, qui n’avait jamais mis les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ « Comme toutes les idées simples bâties sur des clichés simplistes, les guerres commerciales ne font que des perdants », explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste au « Monde »
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« Donald frappe la Chine, puis l’Europe, qui répondent, et, au final, tout le monde y perd »

« Comme toutes les idées simples bâties sur des clichés simplistes, les guerres commerciales ne font que des perdants », explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste au « Monde »



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h44
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Chacun ses clichés. Pour les Européens, l’Amérique éternelle sera toujours celle du Sud profond où de vieux fermiers fatigués en salopette de toile sirotent un bourbon et chiquent du tabac de Virginie sur le rocking-chair de leur véranda au soleil couchant. Un air de blues, une Harley-Davidson et un pick-up Ford au garage.

Cherchant le symbole facile, l’Union européenne a pointé du doigt le beurre de cacahuète, le bourbon, le tabac, les jeans et les « motos d’une cylindrée supérieure à 500 cm3 », dans sa liste des produits américains qui devraient être taxés à l’entrée du Vieux Continent. Une mesure de rétorsion aux taxes imposées par Washington sur l’acier et l’aluminium européens.
Toujours en quête d’un bouc émissaire
Pour Donald Trump et ses amis, toujours en quête d’un bouc émissaire facile à identifier, le symbole de l’Europe est une étoile. Celle qui orne depuis presque cent ans le capot des Mercedes. Le président des Etats-Unis n’en peut plus de voir ces grosses berlines et 4×4 allemands défiler sous ses fenêtres de la Ve Avenue, à New York.
Alors, en mars 2018, dans un hangar de Pittsburgh, devant un public acquis, il a prévenu que, si les Européens ne supprimaient pas leurs droits de douane, il allait, lui, taxer Mercedes-Benz et BMW. Normal, n’est-ce pas ? Devant ses électeurs, des « petits Blancs » victimes de la mondialisation, il respectait sa parole en frappant les deux bourreaux de l’Amérique : la Chine et l’Allemagne, coupables d’avoir désindustrialisé son pays.

A idées simples, mesures simples, des droits de douane sont immédiatement appliqués sur l’acier et l’aluminium et nombre de produits chinois, pour une valeur de 50 milliards de dollars, avec la possibilité de 200 milliards supplémentaires en cas de rétorsion, voire de 200 autres milliards, jusqu’à taxer la totalité des 500 milliards d’importations annuelles chinoises...




                        

                        


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L’indemnisation des travailleurs frontaliers bouleversée

Les ministres du travail de l’UE ont changé les règles, ce qui va améliorer les comptes de l’Unédic.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h45
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
C’est une bonne nouvelle pour les comptes de l’assurance-chômage – moins bonne, en revanche, pour une petite minorité de demandeurs d’emploi. Réunis à Luxembourg dans le cadre d’un conseil consacré à la politique sociale de l’Union européenne (UE), les ministres des Vingt-Huit chargés du travail sont tombés d’accord, jeudi 21 juin, pour modifier les règles d’indemnisation des travailleurs frontaliers qui ont perdu leur poste. Une décision qui devrait diminuer de plusieurs centaines de millions d’euros par an les dépenses de l’Unédic, l’association paritaire qui pilote le régime de protection des chômeurs en France, dont la dette a atteint 33,5 milliards, fin 2017.
A l’heure actuelle, les personnes établies dans l’Hexagone et travaillant dans un pays limitrophe sont soumises à une législation singulière : elles cotisent à l’assurance-chômage de l’Etat où elles sont employées, mais sont prises en charge par l’Unédic lorsque leur contrat prend fin. Leurs droits sont rigoureusement identiques à ceux d’un chômeur ayant exercé une activité en France (qu’il s’agisse du calcul de l’allocation, de la durée pendant laquelle celle-ci est attribuée, etc.).

En outre, l’Etat où la personne travaillait est tenu de rembourser au pays de résidence le montant des prestations versées, mais dans une certaine limite. Ces dispositions découlent d’un règlement communautaire qui s’applique aux nations membres de l’UE depuis 2010, et à la Suisse depuis 2012.
Une règle inversée
Or, un tel dispositif « est défavorable à la France », comme le souligne l’Unédic, dans un rapport de septembre 2016. Notre pays verse « quatre à cinq fois plus d’allocations » qu’il ne reçoit de subsides de ses voisins ayant enrôlé de la main-d’œuvre tricolore. La situation s’est même dégradée depuis les années 2000, aboutissant à une perte nette, pour l’Unédic, de 673 millions d’euros en 2016, d’après le ministère du travail français (contre − 340 millions par an en moyenne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Pour les agences de notation, la dette du pays reste « très spéculative ». Le défi pour Athènes sera de se financer à un coût raisonnable après sa sortie du plan d’aide, prévue le 20 août.
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Le retour de la Grèce sur les marchés s’annonce délicat

Pour les agences de notation, la dette du pays reste « très spéculative ». Le défi pour Athènes sera de se financer à un coût raisonnable après sa sortie du plan d’aide, prévue le 20 août.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h33
    |

            Marie de Vergès








                        



   


C’est le corollaire de la fin très progressive de plus de huit ans d’assistance européenne : au terme du troisième plan d’aide, le 20 août, la Grèce est censée retourner se financer auprès des marchés. Un retour qui n’en est pas tout à fait un : au cours des douze mois écoulés, Athènes a déjà réalisé deux incursions auprès des investisseurs, en juillet 2017 puis en février 2018. Deux opérations qui se sont déroulées sans accrocs. 
« La différence, maintenant, c’est que les Grecs ne seront plus sous le parapluie du plan. En matière de signal donné aux investisseurs, il est donc très important que la première émission se passe bien, ce qui suppose de choisir au mieux son timing », souligne Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.

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Le cap est important au regard des épreuves traversées. La Grèce ne se finance plus sur les marchés depuis 2010 : à l’époque, la montée en flèche de ses coûts d’emprunt lui en avait barré l’accès. Désormais, elle espère suivre la voie du Portugal. Egalement passé sous tutelle financière, le pays s’en est affranchi en 2014. Aujourd’hui, il emprunte à moins de 2 % sur dix ans.
Turbulences
La Grèce, dont la dette reste qualifiée de « très spéculative » par les agences de notation, pourra-t-elle aussi se financer à un coût raisonnable ? Actuellement, sur le marché secondaire (où se négocient les titres déjà émis), le taux de ses obligations à dix ans tourne autour de 4,3 %. Le 30 avril, ce taux n’était « que » de 3,85 %. Entre-temps, Athènes a fait les frais des turbulences provoquées par le risque politique italien.

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                « Les Grecs sont loin de voir le bout du tunnel de l’austérité »



« Cette détérioration complique un peu les choses, en plus des questions de fond qui vont continuer à se poser, sur le véritable état de santé de l’économie grecque et la soutenabilité de sa dette », estime Eric Dor, économiste à l’école de management Iéseg. La croissance est repartie, le tourisme tourne à plein régime, mais huit ans de crise ont laminé le tissu productif et l’investissement. Quant à la dette, elle reste la plus élevée au sein de l’Union européenne (180 % du PIB). Jeudi 21 juin, les Européens ont allégé ce fardeau en rallongeant les échéances de remboursement. Ils ont aussi doté la Grèce d’un « matelas financier » de 15 milliards d’euros pour amortir d’éventuelles complications sur les marchés.

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                Grâce au courage des Grecs et de Tsipras, la Grèce a survécu



« Mais le plus important, pour les investisseurs, c’est ce qui se passe au sein du gouvernement, assure M. Robin. A l’évidence, celui d’Alexis Tsipras [gauche radicale] a réussi le vote de confiance en rassurant sur sa volonté de poursuivre la consolidation budgétaire. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Avant de délivrer un permis de construire, les élus imposent des conventions particulières.
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Maires et promoteurs : leurs bonnes et moins bonnes raisons de s’entendre

Avant de délivrer un permis de construire, les élus imposent des conventions particulières.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h32
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

Maires et promoteurs sont obligés de s’associer et, malgré leurs intérêts parfois contradictoires, de se mettre d’accord pour fabriquer la ville et créer des quartiers nouveaux. Au-delà des règles officielles et écrites, les maires ont leurs exigences, des contraintes extralégales qui se négocient dans le secret de leur cabinet : « Le pouvoir est clairement du côté de celui qui délivre le permis de construire, le plus souvent le maire, parfois son adjoint à l’urbanisme », confiait, le 12 juin, à l’occasion d’une rencontre à l’initiative de l’Institut d’urbanisme d’Ile-de-France, Fréderic Cartier, PDG d’Eiffage Immobilier Ile-de-France. Sa société a, courant 2017, édifié 2 700 logements dans la région, et ce témoignage précieux lève un coin du voile sur les tractations entre maires et promoteurs.

Rien qu’en Ile-de-France, selon le pointage du cabinet d’études Inovefa, une cinquantaine de communes de plus de 10 000 habitants, dont Paris et des villes de petite couronne souvent de gauche socialiste ou communiste, les plus bâtisseuses, ont ainsi consigné des règles qu’elles imposent aux constructeurs sous la forme de « charte » ou de « code de bonne conduite ».
Ces documents veillent à la qualité des immeubles : copropriétés de taille raisonnable, parties communes en lumière du jour, WC séparé au-delà du trois pièces, logements traversants, placards, superficies minimales de 45 mètres carrés pour un deux pièces, 60 pour un trois pièces, chantiers sans nuisance et concertations avec les riverains… « Ce sont des exigences qualitatives qui nous titillent un peu, mais nous poussent à nous améliorer », concède Frédéric Cartier. « C’est confortable pour les clients, mais ils ne peuvent pas se le payer », estime Jean-Philippe Ruggieri, directeur général délégué de Nexity, chargé du « client particulier ».

« Programme très fléché »
De telles conventions sont, en principe, contractuelles mais, comme le précise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Les pêcheurs britanniques, qui ont voté à 92 % en 2016 pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE, craignent de ne pas être défendus face à Bruxelles.
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Le Brexit laisse les pêcheurs britanniques à quai

Les pêcheurs britanniques, qui ont voté à 92 % en 2016 pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE, craignent de ne pas être défendus face à Bruxelles.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h16
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            


Pour la demi-douzaine de pêcheurs réunis sur la plage de galets de Selsey, au sud de l’Angleterre, la question ne fait aucun doute. Deux ans après le vote des Britanniques, le 23 juin 2016, pour sortir de l’Union européenne, « si on devait revoter, on choisirait encore le Brexit. Et on l’emporterait à une majorité encore plus forte », affirme Willie Pledger.

A 65 ans, dont quarante-deux ans de mer, après une matinée commencée encore une fois aux aurores, il raconte l’histoire d’un lent déclin. Dans ce gros village de 1 800 habitants, proche de Portsmouth, il y avait une trentaine de bateaux à ses débuts. Il en reste très exactement douze. Sur presque cent marins, une trentaine demeure, la plupart âgés et incertains de trouver une succession. M. Pledger, sourcils en broussaille et visage buriné, est le premier à reconnaître que l’Union européenne n’est pas la seule explication à ses maux. Mais c’est, d’après lui, un facteur déterminant. « Il faut qu’on reprenne le contrôle de nos eaux territoriales et qu’on arrête de laisser tout le monde se servir. »
Comme l’immense majorité des pêcheurs britanniques, qui ont voté à 92 % en faveur du Brexit, il revient sans cesse à une statistique qui résume le sentiment de se faire voler : dans les eaux britanniques (200 milles nautiques autour des côtes), 40 % des prises sont réalisées par les Britanniques, tandis que 60 % sont ramenées par les Européens. Au large de Selsey, les quotas pour le cabillaud sont encore plus frappants : 87 % appartiennent aux Français, 7 % aux Britanniques, le reste étant divisé entre d’autres pays européens.
« Se préparer à être déçus »
« A six miles des côtes [la limite réservée aux Britanniques], on voit les bateaux français et belges. A douze milles, on voit les néerlandais », témoigne Tony Delahunty, un pêcheur qui a vendu son bateau en décembre après quatre décennies d’activité. Son fils, qui travaillait avec lui,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ La CFDT et l’UNSA obtiennent l’allongement de l’accord sur le plan de départs volontaires.
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Les syndicats de SFR renégocient avec la direction sur fond de crise

La CFDT et l’UNSA obtiennent l’allongement de l’accord sur le plan de départs volontaires.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h17
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Les deux informations n’ont rien à voir, mais mettent en scène les mêmes acteurs, les syndicats de SFR. Mardi 19 juin, la CFDT et l’UNSA, les deux syndicats majoritaires, ont obtenu de la part de la direction de SFR un allongement du « new deal » jusqu’à fin 2020. Cet accord, négocié en 2016, avait encadré le plan de départs volontaires, qui avait abouti à la suppression d’un tiers des effectifs du groupe, mais à des conditions très généreuses.
Les syndicats ont désiré renégocier avec la direction, car ils restent inquiets de l’avenir de la société. « Nous voulions prolonger l’accord, qui s’arrête en juillet 2019, à fin 2021, juste avant les importantes échéances de remboursement de la dette du groupe. Nous sommes tombés d’accord sur le 31 décembre 2020 », explique Abdelkader Choukrane, responsable UNSA. Pour prendre corps, l’accord doit encore recevoir le vote des adhérents de la CFDT et de l’UNSA. SFR, où l’on précise que « des négociations sont encore en cours », s’engage à maintenir l’effectif à 9 400 personnes. En cas de coup dur, il devrait passer par des départs volontaires, sans procéder à de licenciements secs.

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Licencié pour avoir refusé de faire des photocopies
La CGT, qui craint qu’un nouveau « new deal » crée une nouvelle fuite des effectifs, n’a pas prévu de le signer. Mais, si un changement de capital intervenait – SFR et Bouygues Telecom discuteraient actuellement d’un rapprochement –, les parties devraient revenir à la table des négociations.

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En parallèle, les syndicats, unis en intersyndicale, ont alerté la direction, le 21 juin, après le licenciement de deux salariés des boutiques du groupe. Point commun à ces deux affaires, le rôle qu’aurait tenu Armando Pereira. Steevy M. raconte avoir refusé de faire une série de photocopies pour les amis de la sœur de l’actionnaire et dirigeant de SFR, qui se présentaient dans la boutique de Montesson (Yvelines), où il travaille depuis six ans. « Je lui ai dit que c’était compliqué au niveau des stocks », dit-il. Quelques jours après, il était convoqué à un entretien préalable de licenciement. Un second salarié aurait également été victime d’une proche de l’actionnaire. Un porte-parole de SFR évoque « des comportements non compatibles avec les valeurs de l’entreprise ». L’intersyndicale a prévu de manifester, le 28 juin au matin, devant le siège du groupe, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ambiance.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Les quelque 100 élus du comité du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole ont voté, jeudi, la résiliation du contrat les liant au groupe Bolloré.
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Autolib’ va s’arrêter, mais à une date encore inconnue

Les quelque 100 élus du comité du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole ont voté, jeudi, la résiliation du contrat les liant au groupe Bolloré.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h16
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            Béatrice Jérôme








                        



   


« Hidalgo fiasco !, Hidalgo fiasco ! » : devant la mairie du 12e arrondissement, jeudi 21 juin, une petite centaine de salariés d’Autolib’ scandaient ce slogan. Tandis que sur les marches, devant eux, Philippe Brillault, maire (Les Républicains) du Chesnay (Yvelines), leur expliquait, micro en main, qu’il comptait faire échec à « la décision de la maire de Paris d’arrêter Autolib’ ». Avec la bénédiction du groupe Bolloré, un petit bataillon d’élus de banlieue de droite a tenté de s’opposer au vote de la résiliation, jeudi, par le Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM). Leur mobilisation n’a pas empêché la sentence de tomber.
Réuni dans la salle des fêtes de la mairie du 12e, le comité du SAVM, qui compte une centaine d’élus, a donné son feu vert à l’arrêt – non encore effectif – du service d’autopartage concédé au groupe Bolloré par le précédent maire de Paris, Bertrand Delanoë, en 2011. Le scrutin était dénué de suspense. La Mairie de Paris est majoritaire avec 55 % des voix (606 sur 1 208, réparties entre une centaine de communes). Chaque ville a autant de voix que de stations Autolib’ sur son territoire. Et la capitale était favorable à la résiliation.
Clivage droite-gauche
Ce vote découle de la bataille financière entre les communes et Autolib’, qui dure depuis des mois. Le 15 juin, la présidente du SAVM, Catherine Baratti-Elbaz, maire (PS) du 12e, a annoncé qu’elle proposerait au comité syndical de refuser de payer la somme, « abracadabrantesque » selon Mme Hidalgo, exigée par le groupe Bolloré pour combler le déficit d’Autolib’. Par courrier du 25 mai au SAVM, l’industriel réclamait 233,7 millions d’euros aux communes d’ici à 2023. L’acceptation ou le refus de payer sont censés, selon le contrat, lui être notifiés par le SAVM avant le 25 juin. Sur la foi de plusieurs expertises juridiques, la Mairie de Paris a estimé qu’elle avait avantage à assortir le refus de verser la somme d’une demande concomitante de résiliation du contrat. Cette stratégie devrait lui permettre, selon les juristes consultés, d’espérer contrer les exigences financières de Bolloré au titre de l’arrêt du service, en cas de contentieux devant le tribunal administratif. Des exigences qui, selon l’industriel, pourraient s’élever à près de 300 millions d’euros.
Jeudi, Mme Baratti-Elbaz a estimé à « moins de 100 millions d’euros » le coût de la résiliation. « C’est un engagement que je prends devant vous au vu des analyses juridiques dont nous disposons », a-t-elle déclaré. Peu précise, cette évaluation n’a visiblement pas été le premier critère pris en compte par les élus. Le vote sur l’arrêt d’Autolib’ a surtout fait apparaître un clivage droite-gauche.
Les représentants des villes de gauche ont majoritairement voté pour la résiliation en reprenant l’argumentaire de la maire socialiste de Paris et du SAVM. « C’est Bolloré qui prend la responsabilité de l’arrêt du service par l’ultimatum financier qu’il nous pose », a fait valoir Gilles Gauché Cazalis, l’élu (Gauche citoyenne) représentant la ville de Nanterre au syndicat.
En coulisses, les ponts ne sont pas rompus
Les élus de droite et du centre se sont pour la plupart abstenus ou ont voté contre la résiliation. « Nous, les maires de banlieue, sommes les dindons de la farce, s’est emporté Philippe Ribatto, adjoint à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Hidalgo a voulu interrompre le service et a pris le syndicat pour une chambre d’enregistrement », expliquait l’élu pour justifier son vote contre la fin d’Autolib’. « Nous voulons voir perdurer un service qui donne satisfaction aux usagers et qui pourrait même se développer considérablement », assurait le maire du Chesnay, M. Brillault. Ce proche de Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Ile-de-France, a annoncé son intention de saisir le tribunal administratif sur la légalité du vote de la délibération et de certaines décisions du SAVM. « Le syndicat n’a pas fait preuve de suffisamment de transparence envers les élus et n’a pas pris la mesure du risque de déficit assez à temps en 2015 et 2016, et ce malgré les alertes successives de Bolloré », déplorait Xavier Caron, adjoint (LR) à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) qui a refusé de prendre part au vote.
Plusieurs élus de droite ont demandé une suspension de séance pour pouvoir entendre Marie Bolloré, patronne du pôle mobilité électrique de Bolloré, et Gilles Alix, directeur général du groupe, assis discrètement dans le public de la salle des fêtes. Mais leur requête a été rejetée par Mme Baratti-Elbaz. « On va continuer à se battre. Ne croyez surtout pas les balivernes du syndicat, La Ville de Paris a pris la décision de résilier le service pour des raisons électoralistes ! », s’est indigné M. Alix. « Nous irons au tribunal administratif et nous obtiendrons beaucoup d’argent », assurait-il en s’engouffrant avec fracas dans le vestibule de la mairie.

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Le groupe Bolloré et la Mairie de Paris ont chacun voulu éviter de perdre la face ces derniers jours et se renvoient la responsabilité de la mort du service d’autopartage. Mais, en dépit de la bataille de communication autour de l’enterrement d’Autolib’, en coulisses, les ponts ne sont pas rompus. Vendredi, les représentants de Bolloré et le SAVM avaient rendez-vous. Le sort des 267 salariés d’Autolib’ et la date précise d’arrêt du service sont en débat. Les négociations financières, elles aussi, se poursuivent.



                            


                        

                        

