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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Trois dirigeants d’entreprise plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur d’une large ouverture des conseils d’administration aux collaborateurs.
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« 30 % d’administrateurs salariés dans trois ans »

Trois dirigeants d’entreprise plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur d’une large ouverture des conseils d’administration aux collaborateurs.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h00
    |

Hubert de Boisredon (PDG d’Armor), Vincent Prolongeau (Directeur général de Continental Foods France) et Denis Terrien (Président d’Entreprise et p...







                        



                                


                            

Tribune. Une entreprise ne peut être performante dans la durée que si elle est à la fois pilotée au jour le jour par son dirigeant, et gouvernée à plus long terme par son conseil d’administration ou son conseil de surveillance. Ce double rythme, parfois source de tension, crée l’identité de l’entreprise quand il est géré avec le souci du juste équilibre. Loin de nous l’idée absurde de prétendre que le dirigeant n’aurait pas besoin d’être un stratège, mais c’est au conseil de voir le plus loin.
Pour conduire une entreprise dans la houle chronique qu’est devenue l’économie mondiale, il n’est plus suffisant de formuler une stratégie et d’en contrôler de temps en temps la mise en œuvre. La vision mécaniste d’une structure rigide optimisant scientifiquement ses processus de production correspond à une réalité dépassée, définitivement obsolète parce qu’elle ignore des informations essentielles : les signaux faibles qu’adresse en continu son écosystème à l’entreprise. Charge à celle-ci de les décrypter grâce à un réseau de capteurs capables de déceler les tendances qui émergent, en interne comme à sa périphérie.
Dans cette approche « biologique » de l’entreprise, ce qui compte, c’est la capacité d’interface à travers un dialogue nourri et continu avec l’ensemble de ses parties prenantes, en commençant par les collaborateurs, qui sont même des parties « constituantes », avec souvent une grande longévité dans l’entreprise. Voilà pourquoi nous, dirigeants, voulons avancer vite et renforcer la présence de ces derniers dans les conseils d’administration.
Engagement et coopération
Fixons-nous trois objectifs ambitieux. D’abord, 30 % de salariés au conseil dans trois ans. Une proportion de 30 %, c’est la garantie que ces administrateurs auront vraiment voix au chapitre et s’obligeront, au nom de la responsabilité, à maîtriser parfaitement les enjeux.
Trois ans, c’est la durée nécessaire pour atteindre le deuxième objectif : des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Ancien professeur à Harvard, Stanley Cavell était une grande voix de la philosophie contemporaine. Il est mort le 19 juin, à Boston, à l’âge de 91 ans.
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Le philosophe américain Stanley Cavell est mort

Ancien professeur à Harvard, Stanley Cavell était une grande voix de la philosophie contemporaine. Il est mort le 19 juin, à Boston, à l’âge de 91 ans.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h10
    |

Marc Cerisuelo







                        



                                


                            

Stanley Cavell est mort le 19 juin à Boston (Massachusetts), d’un arrêt cardiaque. C’est l’une des grandes voix de la philosophie contemporaine qui s’éteint. Le terme de voix n’est pas seulement à entendre au sens figuré, tant le mot est central dans cette pensée du scepticisme qui nous empêche d’avoir confiance en nous-même et de faire entendre, dans la vie ordinaire, la politique ou l’art, cette voix qui exprime notre singularité et nous ouvre au monde par le truchement du langage.
Héritier de Ludwig Wittgenstein (1889-1951) en ces matières, Stanley Cavell a toujours occupé une place originale dans le débat contemporain. Situé à mi-chemin des traditions anglo-saxonne et continentale, toujours enclin à ouvrir le champ du philosophique à l’art, à la musique, à la littérature, au théâtre et (surtout) au cinéma, il tenait à faire résonner un ton typiquement américain dont l’origine est à situer (et à redécouvrir) chez Emerson et Thoreau, ces penseurs transcendantalistes de la Nouvelle-Angleterre qu’il a puissamment contribué à faire redécouvrir dans toute leur radicalité philosophique et politique (voir Qu’est-ce que la philosophie américaine ?, 1988, Gallimard, 2009).
Professeur à Harvard depuis 1963, Stanley Cavell ne se destinait pourtant pas à la philosophie. Né en 1926 à Atlanta (Géorgie) dans une famille juive d’origine russe très musicienne (sa mère jouait du piano dans les cinémas), pratiquant lui-même plusieurs instruments, il ambitionne de devenir compositeur et intègre la Juilliard School après un premier cursus universitaire à Berkeley. C’est au cours de ces années new-yorkaises qu’il fait l’épreuve de ce « scepticisme vécu » (Wittgenstein) et ressent le besoin encore diffus d’une orientation nouvelle.
Un cinéphile né
Il connaît un véritable chemin de Damas en écoutant, en 1955, les fameuses conférences américaines sur les actes de langage du philosophe britannique J. L. Austin (1911-1960), qui seront plus tard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ La consultante Camille Baudoin suggère, dans une tribune au « Monde », de transformer la contrainte réglementaire qui pèse sur le secteur bancaire en levier stratégique pour reconstruire un modèle d’affaires.
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Le surplus de régulation bancaire, « menace ou opportunité pour les banques ? »

La consultante Camille Baudoin suggère, dans une tribune au « Monde », de transformer la contrainte réglementaire qui pèse sur le secteur bancaire en levier stratégique pour reconstruire un modèle d’affaires.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h04
    |

Camille Baudouin (Consultante et maître de conférences en stratégie d’entreprise à Sciences Po et à l’Edhec)







                        



                                


                            

Tribune. A l’heure de la dérégulation bancaire outre-Atlantique, l’Europe, elle, poursuit sa route vers une régulation renforcée. Jamais la pression réglementaire n’a été aussi forte pour les banques françaises. Ces nouvelles règles du jeu éprouvent les limites de leurs modèles économiques et doivent conduire à une remise en question. Mais est-ce une menace ou une opportunité ?
En tant qu’intermédiaire entre les agents économiques, le rôle premier des banques est de financer l’économie. Garantir la solidité du système bancaire est donc un prérequis à la confiance des investisseurs, des entreprises et des particuliers. La crise de 2007-2008 en a révélé les failles. Le système bancaire est apparu fragile et capable de s’écrouler, à moins que les Etats ne lui viennent en aide. Le G20 de Pittsburgh, en septembre 2009, réunissant les vingt plus grandes nations, s’était alors accordé pour définir et mettre en place un cadre permettant au système financier mondial de continuer d’exister, et, par conséquent, aux économies nationales de poursuivre leurs trajectoires.
La vague de réglementations qui, depuis, n’a cessé de déferler sur le secteur bancaire implique de nombreux défis à relever. D’une part, les banques doivent déployer des moyens humains et financiers très importants afin de répondre aux nouvelles exigences pour éviter les sanctions, dans des délais contraints. Ces projets réglementaires ont d’ailleurs la part belle dans les budgets de transformation des banques.
D’autre part, cette mise en conformité transforme leurs activités, leurs processus et leurs sources de revenus.
Plans d’économies importants
Citons par exemple les exigences en fonds propres de Bâle III, qui immobilisent du capital ; l’ajout d’un intermédiaire (les chambres de compensation) dans le cadre du règlement European Market Infrastructure Regulation (EMIR), pour sécuriser et lever l’opacité des transactions sur le marché de gré à gré, fortement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Le contrôle externe d’une entreprise ne remplace pas les valeurs choisies par cette dernière. Cela vaut encore plus pour des ONG qui se consacrent à une mission humanitaire, explique dans sa chronique le professeur à MinesParisTech, Armand Hatchuel.
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ONG : il faut « des contrôles qui maintiennent la confiance des donateurs, sans pour autant brider leur action »

Le contrôle externe d’une entreprise ne remplace pas les valeurs choisies par cette dernière. Cela vaut encore plus pour des ONG qui se consacrent à une mission humanitaire, explique dans sa chronique le professeur à MinesParisTech, Armand Hatchuel.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 15h19
    |

                            Armand Hatchuel (Professeur à MinesParisTech/université PSL)








                        



                                


                            
Entreprises. Il y a quelques mois, Oxfam, l’une des organisations humanitaires les plus réputées, était secouée par la révélation du comportement inacceptable de certains de ses cadres. Ce type de faits conduit toujours à exiger des contrôles renforcés des organisations non gouvernementales (ONG). Mais selon que les donateurs sont des particuliers ou des institutions, ces contrôles ne sont pas de même nature.
Le contrôle des institutions impose un fonctionnement centralisé et systématique, et reste paradoxalement plus distant des épreuves du terrain. C’est ce que suggère une étude récente du secteur, et notamment de deux grandes ONG, Handicap International et Médecins sans frontières (« L’émergence d’un “nouveau management humanitaire” », Bruno Cazenave, thèse de sciences de gestion, université Paris-I-Panthéon-Sorbonne-ESCP Europe, 2017).
En un siècle, le nombre des ONG humanitaires et médicales a considérablement augmenté, passant de trente-sept en 1910 à six cent soixante en 2000. Cette multiplication a été permise par la croissance des dons provenant de campagnes d’appel à la générosité publique et par celle des subventions accordées par des « bailleurs institutionnels » liés aux Etats, comme l’Agence française de développement en France (AFD), ou comme ECHO, l’organisme humanitaire de la Commission européenne.

Or, selon la notoriété de la cause qu’ils défendent et la nature de leurs activités, les ONG bénéficient de façons très différentes de ces types de fonds. C’est ainsi que Handicap International, bien connue pour sa lutte contre les mines antipersonnel, le traitement des blessés et l’aide au développement, est surtout financée (à 60 %) par des bailleurs institutionnels, alors que Médecins sans frontières a choisi de ne recevoir que des dons privés (à 97 %).
Cent trente-six audits pour Handicap International en 2015
Mais les bailleurs institutionnels sont eux-mêmes contraints de justifier leurs subventions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Analyse. Jérôme Gautheret, notre correspondant à Rome, explique pourquoi malgré les rodomontades de Matteo Salvini, ministre de l’intérieur italien, les impératifs du droit de la mer subsistent.
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Migrants : « L’hystérisation du débat sur l’action des ONG en mer est difficilement compréhensible »

Analyse. Jérôme Gautheret, notre correspondant à Rome, explique pourquoi malgré les rodomontades de Matteo Salvini, ministre de l’intérieur italien, les impératifs du droit de la mer subsistent.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h54
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. Alors que le monde avait les yeux tournés vers l’Aquarius, dont les 629 passagers, secourus dans la nuit du 9 au 10 juin au large des côtes libyennes, ont été finalement recueillis à Valence, en Espagne, après une semaine d’errance, un autre drame est passé largement inaperçu. Mardi 19 juin, deux jours après l’annonce par Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur, que les ports italiens étaient fermés aux navires humanitaires jusqu’à nouvel ordre, 41 migrants ont été secourus par un navire militaire américain, l’USS Trenton, après le naufrage de leur embarcation.
Le Trenton est aussitôt entré en contact avec l’équipage d’un navire d’ONG, le Sea Watch 3, pour organiser un transbordement, et aussi coordonner une macabre tâche, celle de repêcher les cadavres aperçus à la surface – les marins américains en ont repéré une douzaine.
Lorsque le navire humanitaire se retourne vers les autorités de Rome pour s’assurer qu’il pourra ensuite débarquer les personnes secourues dans un port italien, il se heurte à une fin de non-recevoir. Sea Watch 3 n’aura donc d’autre choix que de refuser de prendre à son bord les rescapés, tandis que le Trenton, ne disposant pas d’une chambre froide, renonçait à repêcher les cadavres. Après une semaine de péripéties diverses, les rescapés recueillis par le Trenton, ainsi que 480 autres migrants, ont été débarqués en catimini, mardi 19 juin au soir, dans le port de Pozzallo (au sud de la Sicile) depuis un navire de gardes-côtes italiens. Combien de personnes ont été englouties dans le naufrage ? Nul n’en saura jamais rien avec certitude.
Les rodomontades de M. Salvini n’y changeront pas grand-chose : même sans la présence des ONG, les impératifs du droit de la mer subsistent. En premier lieu, un principe universel, rappelé par la convention de Montego Bay, en 1982 : celui de l’obligation absolue de porter secours aux navires en détresse.
Opération...



                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans les revues. Un an après l’incendie d’un HLM londonien dans lequel 79 personnes sont mortes, Andrew O’Hagan publie dans la « London Review of Books » un article qui ajoute à la controverse.
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L’écrivain écossais et la tour infernale

Dans les revues. Un an après l’incendie d’un HLM londonien dans lequel 79 personnes sont mortes, Andrew O’Hagan publie dans la « London Review of Books » un article qui ajoute à la controverse.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h33
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Dans la nuit du 13 au 14 juin 2017, un terrible incendie ravage la tour HLM Grenfell, située dans un district de Kensington et Chelsea, l’un des plus riches de Londres. Soixante-dix-neuf personnes y perdent la vie, dont bon nombre d’immigrés et de réfugiés. L’incendie devient le symbole des excès de la déréglementation et ajoute aux tensions politiques qui agitent le Royaume-Uni depuis le référendum sur le Brexit. L’enquête publique sur les causes de cette tragédie a débuté le 21 mai.
Une dizaine de jours plus tard, la London Review of Books publie un long article tentant de faire la lumière sur les événements de juin 2017, mais aussi sur ses suites. La revue bimensuelle est connue pour être un lieu de débats, proposant régulièrement, outre de longs papiers critiques sur l’actualité éditoriale, des textes de réflexion ou des enquêtes signées par des intellectuels ou des écrivains.
L’article sur la tour a ainsi été confié au romancier écossais Andrew O’Hagan, publié en France chez Christian Bourgois. Ce type de commande est typique d’une tradition littéraire anglo-saxonne qui mêle sans sourciller ­l’essai personnel et l’enquête journalistique. Andrew O’Hagan est un familier du genre : pour la même revue, il a enquêté sur le New Labour ou la fin de la vie privée.
Aucune « intention de tuer »
Ce nouvel article ajoute à la controverse entourant l’incendie qui a dévasté la tour londonienne. Certains ont dénoncé des erreurs factuelles dans l’article, d’autres ont contesté les propos qui leur étaient attribués. Enfin, l’avocat représentant Behailu Kebede, l’homme chez qui l’incendie a débuté, a démenti l’information selon laquelle il aurait pris soin de préparer une valise avant de prévenir ses voisins. La version en ligne a été corrigée afin de retirer ces allégations.
La thèse que défend Andrew O’Hagan fait, elle aussi, débat. Son article réhabilite le conseil municipal de Kensington et Chelsea, cible de critiques depuis un an : la...




                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ La qualité de l’air se dégrade, et pas seulement dans les métropoles : du fait du réchauffement des océans, le taux d’oxygène dans l’atmosphère pourrait avoir baissé de 2 % en un siècle. Une catastrophe écologique négligée.
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Pollution : la vie ne tient qu’à un souffle

La qualité de l’air se dégrade, et pas seulement dans les métropoles : du fait du réchauffement des océans, le taux d’oxygène dans l’atmosphère pourrait avoir baissé de 2 % en un siècle. Une catastrophe écologique négligée.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h39
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
En cette chaude journée du 10 juin, j’ai consulté Airparif, qui analyse l’état de l’air sur la capitale. L’indice de pollution était jaune, c’est-à-dire « moyen » sur une échelle qui va du bleu (très faible) au rouge sang (très élevé). La présence de particules fines nocives (PM10) était estimée à 73 g/m3, soit plus du double de la valeur guide d’un air acceptable : 30 g/m3. Rien d’étonnant à cela : le 17 mai, la Commission européenne a renvoyé la France devant la Cour de justice de l’Union pour non-respect des normes de qualité de l’air. Sont incriminés les PM10 et le NO2, gaz émis par les moteurs diesel.
Nous, les humains, sommes dans l’air comme le poisson dans l’eau. Nous y baignons, nous sommes tellement habitués à ce qu’il nous soit donné, depuis toujours, en tout lieu, à un taux d’oxygène constant vital pour nos organismes, que nous oublions qu’il est menacé. Il faut pourtant savoir que cet air miraculeux, le premier des biens communs, n’a pas toujours enveloppé la Terre pour y soutenir la vie. Un journaliste scientifique américain, Sam Kean, nous le rappelle dans un livre récent : Caesar’s Last Breath. Decoding the Secrets of the Air Around Us (« Le dernier souffle de César. Décoder les secrets de l’air autour de nous », Little, Brown and ­Company, 2017, non traduit).
Études inquiétantes
Il y a quelque 4,5 milliards d’années, la première atmosphère de la Terre était composée de dioxyde de carbone (CO2), de soufre, de sulfure d’hydrogène, d’ammoniaque, de méthane – des gaz qui suintaient des fissures du sol et des volcans. Puis, il y a 3,8 milliards d’années, certaines bactéries ont inventé la photosynthèse, extrayant l’oxygène (O) du CO2.
Peu à peu, une partie de cet oxygène a formé la couche de trioxygène, ou ozone, ce formidable bouclier qui protège la biosphère du rayonnement solaire : il a permis que, il y a entre – 541 et – 530 millions d’années, le vivant s’épanouisse. C’est ce qu’on a appelé l’« explosion...




                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le juriste Yann Aguila estime que l’environnement a toute sa place dans l’article 1, « socle des valeurs communes  ». Selon lui, inscrire le principe de non-régression dans la Constitution serait intéressant.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Inscrire le climat dans la Constitution « aura un impact réel »

Le juriste Yann Aguila estime que l’environnement a toute sa place dans l’article 1, « socle des valeurs communes  ». Selon lui, inscrire le principe de non-régression dans la Constitution serait intéressant.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h41
    |

            Simon Roger








                        



                                


                            

La réforme des institutions engagée par le gouvernement suppose d’« adapter notre droit, notre démocratie, nos institutions, aux vrais enjeux du XXIe siècle », martèle le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Mais comment intégrer les enjeux environnementaux et climatiques dans le texte constitutionnel, quels en seraient les effets ? Analyse de l’avocat et professeur de droit public, Yann Aguila, qui préside par ailleurs la commission environnement du Club des juristes, le premier think tank juridique français.
L’environnement et le climat ont-ils leur place dans la Constitution ?
La Constitution est tout à fait le lieu où inscrire la protection de l’environnement en général et la lutte contre le réchauffement climatique en particulier. Que doit-on inclure dans une Constitution, sinon le socle des valeurs communes de long terme qu’on souhaite mettre à l’abri des changements de majorité politique, pour les générations présentes mais aussi pour les générations futures.
La réforme des institutions offre aujourd’hui une fenêtre de tir pour obtenir un texte qui consacre explicitement, et pas entre les lignes, l’environnement et le climat. C’est au constituant de désigner les objectifs. Si le jour venu, le juge constitutionnel est amené, par exemple, à censurer une loi au motif qu’elle est contraire aux objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, il aura un texte clair à l’appui de sa décision.

La protection de la biodiversité n’est-elle pas, elle aussi, un enjeu de long terme ?
En effet, dans la rédaction proposée par Nicolas Hulot figurent à la fois l’action contre le changement climatique et la protection de la diversité biologique. C’est important de rappeler ces deux objectifs, d’autant que l’interdépendance entre ces deux problématiques est de plus en plus évidente. On voit bien que le dérèglement climatique est une cause...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Fabrice Pothier écrit que la nomination du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement espagnol oblige le président français à réfléchir à de nouvelles alliances, à un an des élections européennes.
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« L’arrivée de Pedro Sanchez au gouvernement espagnol, un nouveau dilemme pour Emmanuel Macron »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Fabrice Pothier écrit que la nomination du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement espagnol oblige le président français à réfléchir à de nouvelles alliances, à un an des élections européennes.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 11h16
    |

Fabrice Pothier (Directeur général des affaires stratégiques au cabinet de conseil Rasmussen Global et chercheur associé à l’International Institut...







                        



                                


                            

Tribune. L’arrivée d’un gouvernement de centre gauche ouvertement proeuropéen dans la péninsule ibérique apporte une bouffée d’oxygène à la stratégie européenne d’Emmanuel Macron. En mal d’alliés, faisant face à une Allemagne qui avance à petits pas, et à une Italie aux mains des populistes, Paris peut compter d’ores et déjà sur une convergence de vues avec la quatrième puissance économique de la zone euro.
Comme Macron, le nouveau premier ministre espagnol fait le pari du centre et de l’Europe afin de regagner le terrain perdu par les socialistes espagnols. Il ne serait pas surprenant si Sanchez allait jusqu’au bout de sa logique en faisant coïncider la date des prochaines élections législatives (fixées au plus tard le 26 juillet 2020) avec le scrutin européen de mai 2019 afin de s’appuyer sur sa ligne proeuropéenne pour devenir la première force au Parlement espagnol. Mais c’est là où le dilemme se pose pour Emmanuel Macron : choisir entre un allié de gouvernement ou un allié dans l’opposition avec le jeune parti centriste Ciuadadanos.

Ce dernier se voit comme le frère jumeau de la République en marche : un mouvement devenu parti, ancré au centre, et essayant de rompre avec le bipartisanisme fatigué qui a structuré l’Espagne depuis son retour à la démocratie. Ciudadanos est considéré comme la première force politique prête à rejoindre un nouveau groupe centriste européen envisagé par Macron pour les élections européennes de 2019.
A l’exception du Partido democratico italien, qui est en pleine crise, Ciudadanos pourrait apporter au groupe souhaité par Macron entre une dizaine et une quinzaine d’eurodéputés. Une manne non négligeable quand on sait qu’en deçà de cinquante députés un groupe parlementaire européen peine à peser dans le jeu byzantin du Parlement européen. Mais Ciudadanos est sous pression depuis le coup démocratique de Sanchez.
La perspective des élections européennes
Avant la motion de censure...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Les ministres des finances de la zone euro sont parvenus à un accord pour alléger la dette grecque. Une bonne nouvelle pour le premier ministre, au plus bas dans les sondages.
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Grâce au courage des Grecs et de Tsipras, la Grèce a survécu

Editorial. Les ministres des finances de la zone euro sont parvenus à un accord pour alléger la dette grecque. Une bonne nouvelle pour le premier ministre, au plus bas dans les sondages.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 11h22
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Huit ans après le début de la crise, la Grèce voit enfin la lumière. Les ministres des finances de la zone euro sont parvenus, dans la nuit de jeudi 21 à vendredi 22 juin à Luxembourg, à un accord pour alléger la colossale dette grecque. Athènes va sortir du plan d’aide pour se financer sur les marchés à partir du 20 août. Pour le commissaire européen aux finances, Pierre Moscovici, l’accord « met un point final symbolique à une crise existentielle pour notre monnaie unique, une crise à laquelle elle a survécu ».

        Lire aussi :
         

                Grèce : les Européens s’accordent au forceps sur la sortie du plan d’aide



Alors que de nouveaux nuages italiens pointent sur l’économie du continent, alors surtout que la crise migratoire met terriblement à l’épreuve l’Union européenne, il était plus que temps de clore ce chapitre grec, où l’idée européenne a connu son premier naufrage. Dans sa gestion de la crise grecque, l’Europe a montré ce qu’elle sait faire de pire : défaut de solidarité entre les Etats, fracture entre le Nord et le Sud et coupable manque de réactivité. Le plan adopté en 2010 a été un désastre. Le pays s’est écroulé, l’économie est sous perfusion, le chômage a explosé, surtout pour les jeunes, et le moral des Grecs est tombé au plus bas. Mais la Grèce a survécu, le « Grexit » a été évité, l’eurozone n’a pas explosé.
De spectaculaires volte-face idéologiques
Le pays relève un peu la tête, avec une croissance de 1,4 % en 2017. Mais le secteur bancaire est toujours atrophié et les investissements restent faibles. Athènes retrouvera en août une certaine liberté, qui restera largement surveillée. La dette (178 % du produit intérieur brut) n’est pas effacée. Elle est allégée par un mécanisme complexe et les gouvernements grecs devront maintenir un excédent budgétaire primaire (hors intérêts financiers) de 2,2 % jusqu’en 2060. Une façon de veiller à ce qu’ils ne se lancent pas dans des promesses électorales à crédit, comme la gauche du Pasok et la droite de la Nouvelle Démocratie l’ont fait par le passé en conduisant le pays au fiasco.
Dans ces décombres, Alexis Tsipras s’est imposé comme un premier ministre courageux, qui a su affronter les vents adverses, face à Bruxelles mais aussi à ses propres partisans. Il a gardé le cap, même si ce fut au prix de spectaculaires volte-face idéologiques. Le jeune premier ministre de la gauche radicale, élu en janvier 2015 pour combattre l’austérité, représentée alors par la « troïka » des créanciers de la Grèce (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), a été contraint, six mois après, d’accepter un nouveau plan de rigueur sous peine de sortie de la Grèce de la zone euro.
« Huit ans d’efforts et de sacrifices qui s’achèvent
L’humiliation du premier ministre grec lors du Conseil européen de juillet 2015 est aussi une des heures sombres de l’Union. Il avait osé soumettre à référendum l’accord qui tournait le dos à son programme électoral. L’usage démagogique qu’il en a fait était une erreur, mais qui ne méritait pas une telle vexation. Après cette défaite, il est revenu face à ses électeurs pour faire valider, avec succès, son retournement. Un an avant les prochaines législatives, il est aujourd’hui au plus bas dans les sondages, connaissant le déclin des premiers ministres grecs obligés d’imposer l’austérité.
« Pour la Grèce, ce sont huit ans d’efforts et de sacrifices qui s’achèvent », s’est réjoui Pierre Moscovici. Pendant la crise, les Grecs ont fait preuve de résilience et de réalisme. Ils sont peu nombreux à Athènes à croire que la période des sacrifices est aujourd’hui révolue.

        Lire aussi :
         

                « Les Grecs sont loin de voir le bout du tunnel de l’austérité »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Pour Sarah Abdelnour, reprendre le concept marxiste de prolétaire permet de replacer au cœur du débat la question de la distribution de la richesse et donc celle des inégalités. Cela vient aussi rappeler que les relations de travail sont faites d’antagonismes entre les patrons et les travailleurs.
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Emploi : les prolétaires sont parmi nous

Pour Sarah Abdelnour, reprendre le concept marxiste de prolétaire permet de replacer au cœur du débat la question de la distribution de la richesse et donc celle des inégalités. Cela vient aussi rappeler que les relations de travail sont faites d’antagonismes entre les patrons et les travailleurs.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 10h41
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Livre. Karl Marx est mort il y a cent trente-cinq ans, mais sa pensée, elle, demeure bien vivante et donne encore des clés de compréhension sur le monde de l’entreprise et, plus largement, sur le fonctionnement de notre société. C’est la thèse que défend Sarah Abdelnour, maître de conférences en sociologie à l’université Paris-Dauphine, dans une nouvelle version de son essai Les Nouveaux Prolétaires, paru dans sa première édition en 2012.
Sarah Abdelnour exhorte à ne surtout pas « céder à une vision enchantée de la modernité », consistant à soutenir que la marche « vers le progrès social » se déroulerait paisiblement. Certes, nous ne sommes plus au temps des grandes manufactures, avec des bataillons de travailleurs rivés aux chaînes de production, dans le bruit et la saleté. Mais aux yeux de la chercheuse, qui déploie sa réflexion en citant de multiples ouvrages de référence, il subsiste aujourd’hui des formes de « domination » et de « rapports de force », différents de ceux qui furent analysés par l’auteur du Capital.
Un premier lieu commun doit être balayé, plaide Sarah Abdelnour : la classe ouvrière ne s’est pas éteinte, même si elle a reculé sur « le plan numérique » tout en étant reléguée au troisième plan, « dans les représentations collectives et dans la vie politique ». En 2016, « un tiers des hommes en emploi » relevaient de cette catégorie socioprofessionnelle.
« La question ouvrière est plus que jamais d’actualité », comme l’ont écrit Stéphane Beaud et Michel Pialoux, à l’issue d’une longue enquête sur les salariés de l’automobile dans la région de Montbéliard : les deux sociologues ont dépeint « un “travail enchaîné”, surveillé, hiérarchisé et éreintant », rapporte Sarah Abdelnour.
Recyclage d’idées ?
Mais le prolétariat du XXIe siècle ne se résume pas à la figure de l’ouvrier. Il convient d’y...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Claire Gerardin, experte du numérique, décrit dans une tribune au « Monde » les origines des techniques de captation de l’attention déployées par les entreprises du secteur, et les moyens d’y résister.
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Comment nous rend-on accros à nos applis ?

Claire Gerardin, experte du numérique, décrit dans une tribune au « Monde » les origines des techniques de captation de l’attention déployées par les entreprises du secteur, et les moyens d’y résister.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 10h21
    |

Claire Gerardin (Conseillère en communication, spécialiste des nouvelles technologies et de leurs impacts sociétaux)







                        



                                


                            

Tribune. Nous le savons bien, réseaux sociaux, messageries instantanées, applications de réservation, d’actualité, de visionnage de vidéos… tous ont pour objectif de faire rester leurs utilisateurs le plus longtemps possible sur leurs pages. Ils peuvent ainsi collecter des données sur eux, afin de les exposer à la diffusion de publicités personnalisées. C’est ce qu’on appelle l’économie de l’attention. Mais la genèse et les méthodes de ce qui est devenu une véritable science pratique, ainsi que les pathologies psycho­logiques et sociales qu’elle peut engendrer, sont moins connues.
A la fin du XIXe siècle, le sociologue et psychologue Gabriel Tarde (1843-1904) étudie et développe une théorie alors concurrente de la sociologie d’Emile Durkheim (1858-1917), le père de la sociologie moderne, à travers des ouvrages comme Les Lois de l’imitation (1890), Monadologie et sociologie (1893), L’Opinion et la foule (1901) et Psychologie économique (1902). Il y décrit les moyens de retenir l’attention (des techniques de rétention), ressource devenue rare dans un contexte de surabondance d’informations et de produits.

Les designers Web appliquent sans le savoir certaines de ces méthodes, enseignées notamment à l’université Stanford, dans son Persuasive Tech Lab. Comme, par exemple, la « captologie », c’est-à-dire l’étude de l’informatique et des technologies numériques comme outil d’influence et de persuasion des individus » (selon la définition de Wikipédia). Ou encore le nudge (« coup de pouce »), selon lequel « des suggestions indirectes peuvent, sans forcer, influencer les motivations, les incitations et la prise de décision des groupes et des individus » (Wikipédia).
Ces techniques de rétention jouent, entre autres, sur la fameuse « FOMO » (fear of missing out, la peur de manquer quelque chose, une nouvelle, un événement) et sur notre « goût immodéré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La part de la population française vivant sous le seuil de pauvreté reste stable, mais sa démographie a évolué, explique, dans une tribune au « Monde », le sociologue Julien Damon. Les pauvres sont plus jeunes, plus urbains et tendent à s’internationaliser.
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« La stabilité de la pauvreté masque de profondes évolutions »

La part de la population française vivant sous le seuil de pauvreté reste stable, mais sa démographie a évolué, explique, dans une tribune au « Monde », le sociologue Julien Damon. Les pauvres sont plus jeunes, plus urbains et tendent à s’internationaliser.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 10h06
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Julien Damon (Sociologue, professeur associé à Science Po)







                        



                                


                            
Tribune. La pauvreté, en France, augmente-t-elle ? Depuis les années 1970, la tendance a été à la baisse, puis à la stabilisation du taux de pauvreté. La part de la population vivant sous le seuil conventionnel de pauvreté tourne, depuis plus d’un quart de siècle, autour de 14 %.
Cette stabilité s’explique, entre autres, par la croissance des dépenses sociales, qu’il s’agisse des retraites ou des aides sociales comme le RMI ou le RSA : cet amortisseur de crise, qui représentait 25 % du PIB en 1980, a atteint 33 % du PIB, situant la France au premier rang mondial. La stabilité de la pauvreté masque cependant de profondes évolutions : plus qu’elle ne varie statistiquement, la pauvreté se transforme démographiquement.
« Monoparentalisation »
Principale mutation de la pauvreté : son rajeunissement. Durant les « trente glorieuses », les pauvres se comptaient, en premier lieu, parmi les personnes âgées qui n’avaient pas encore accès à des régimes de retraite performants. Aujourd’hui, les pauvres se recensent d’abord parmi les jeunes et les enfants, dans des ménages à l’insertion professionnelle instable. Illustration physique des transformations de la pauvreté : l’obésité, qui affecte particulièrement les enfants des milieux défavorisés.
Longtemps, les enfants de condition aisée ont pu présenter de l’embonpoint, tandis que les plus démunis étaient malingres. C’est l’inverse qui prévaut désormais : les enfants pauvres sont victimes des conséquences de la malbouffe, alors que les enfants favorisés bénéficient des programmes d’éducation alimentaire que peuvent leur faire respecter leurs parents.
Autre transformation majeure : la « monoparentalisation » de la pauvreté. Avec des familles nombreuses moins nombreuses et des familles monoparentales plus répandues, le nombre de pauvres vivant en foyers monoparentaux est, depuis les années 2000, supérieur à celui de ceux qui vivent dans une famille nombreuse.
Géographiquement, la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ En se plaçant au cœur d’un clip déjà vu près de 30 millions de fois, l’institution a atteint son but, estime le rédacteur en chef au « Monde » Michel Guerrin
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« La vidéo de Beyoncé et Jay-Z au Louvre renvoie à un défi des grands musées : faire parler de soi »

En se plaçant au cœur d’un clip déjà vu près de 30 millions de fois, l’institution a atteint son but, estime le rédacteur en chef au « Monde » Michel Guerrin



Le Monde
 |    22.06.2018 à 05h01
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 09h02
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            

A quoi reconnaît-on le premier musée au monde ? A sa taille, son prestige, ses collections, son public. Et à la façon dont il valorise sa marque. A ce petit jeu, le Louvre est champion. Ainsi le clip Apeshit, figurant dans l’album Everything is Love, montrant le couple musical le plus célèbre de la planète, les Américains Beyoncé et Jay-Z, au milieu d’œuvres phares du musée, affole la sphère culturelle et les réseaux sociaux depuis une semaine. Certains s’enthousiasment, d’autres crient à la vulgarité. Le Louvre, lui, est mutique sur une opération menée dans le plus grand secret. Ce qui ouvre la boîte à fantasmes, pour ne laisser qu’une certitude : les rois de la musique sont chez eux dans l’ancien palais des rois.
Les fantasmes galopent car le Louvre refuse de dire combien d’argent le couple lui a versé. Autour de 40 000 euros pour deux nuits, selon les tarifs en vigueur. Le chiffre fait sourire des experts, et pourtant regardons ce que lui rapporte la petite centaine de tournages annuels : 260 000 euros en 2016 et plus de 400 000 euros en 2017. La dynamique est là, mais les chiffres sont modestes au regard de ses 145 millions de recettes, et de quelques films tournés sur place comme Da Vinci Code (2006) ou Wonder Woman (2017), dont l’héroïne est conservatrice au Louvre.
Il est vrai que les tournages ne peuvent avoir lieu que le mardi, jour de fermeture, et la nuit. Et puis ne sont retenus que les projets qui « valorisent » le musée. Pas sûr de voir un jour sur grand écran un engin futuriste s’exploser sur la Pyramide de Pei.

Le Louvre répond qu’il ne s’assigne pas d’objectifs financiers pour les tournages. Autrement dit, il ne court pas après le client, le laisse venir. Ce qui peut expliquer la modestie des gains. Il a néanmoins changé de cap en 2014 en créant un service « tournages » de quatre personnes. Car le Louvre est dans une économie serrée, tributaire d’une fréquentation qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Le journaliste turc exilé en France estime, dans une tribune au « Monde », que les Turcs sortent éreintés du mandat du président sortant, Recep Tayyip Erdogan, candidat à sa propre succession à la présidentielle du 24 juin.
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Yavuz Baydar : « Chasser Erdogan du pouvoir »

Le journaliste turc exilé en France estime, dans une tribune au « Monde », que les Turcs sortent éreintés du mandat du président sortant, Recep Tayyip Erdogan, candidat à sa propre succession à la présidentielle du 24 juin.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 09h52
    |

Yavuz Baydar (Journaliste, directeur du site d'information en ligne Ahval, un journal d'opinion indépendant et sur le Turquie.)







                        



                                


                            

Tribune. Quand quelqu’un avança la comparaison avec le vaisseau spatial Nostromo, tout le monde éclata de rire. Réuni récemment dans une capitale européenne, notre petit groupe d’observateurs turcs s’était engagé dans une discussion enflammée à propos du phénomène que constitue le président Recep Tayyip Erdogan. « Il me rappelle le film Alien, déclara un universitaire. L’histoire de cette créature agressive qui prend de façon horrible le contrôle du vaisseau et dont il est extrêmement difficile de se débarrasser. »
Même si ses opposants sont prêts à en admettre la validité, de nombreux éléments vont encore au-delà de l’analogie. Et c’est la complexité de la situation actuelle de la Turquie, qui rend si malaisé à comprendre ce qui est en jeu dans la présidentielle du 24 juin. La poigne de fer d’Erdogan a profondément clivé la société turque. Pendant que les partis politiques se cramponnent fermement à leur politique identitaire, Erdogan se présente face à un front d’opposition, qui rassemble kémalistes, Kurdes, nationalistes turcs et un petit parti islamiste, affichant une fragile unité.
Ce qui les unit – et c’est là que la métaphore avec Alien prend tout son sens – se résume à un désir simple : chasser Erdogan du pouvoir comme il fallait chasser la créature de l’aéronef. La moitié environ du corps électoral considère que le président est la cause des problèmes auxquels la Turquie est confrontée aujourd’hui. Comme l’estiment aussi les capitales occidentales, il représente un vrai danger pour son pays en difficulté.

Certains soutiennent que sa défaite résoudrait un problème majeur. Mais, plus largement, la véritable question est de savoir si l’obsession qu’il inspire ne masque pas en réalité les bouleversements profonds qui ont affecté l’ADN administratif de la Turquie depuis quatre ou cinq ans, au cours desquels les institutions essentielles de l’Etat ont été transformées en organismes...




                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-16">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, dont le financement n’est pas assuré, suffira-t-il à doper la machine économique tricolore, alors que le ciel semble s’assombrir pour 2018, s’interroge dans sa chronique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier.
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Un « Pacte » pour la croissance ?

Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, dont le financement n’est pas assuré, suffira-t-il à doper la machine économique tricolore, alors que le ciel semble s’assombrir pour 2018, s’interroge dans sa chronique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 15h32
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

Tendances France. On lui a reproché ses multiples reports, son côté fourre-tout, peu lisible. Alors, pour présenter son projet de loi « relatif à la croissance et la transformation des entreprises » (dit « Pacte »), dévoilé lundi 18 juin en conseil des ministres, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, n’a pas lésiné sur les moyens. Discours-fleuve, présence de députés LRM – Stanislas Guerini, qui fut à la manœuvre dans la première partie de l’élaboration du texte, lors de la consultation de chefs d’entreprise à l’automne 2017, et Olivia Grégoire, qui devrait présider la commission spéciale chargée de l’examiner en septembre.
Et surtout, une flopée de chiffres. Sur les emplois générés par les PME-ETI (entreprises de taille intermédiaire), première cible du projet de loi (près de 400 000 postes entre 2009 et 2015), sur les difficultés de croissance des Petit Poucet de l’économie tricolore (ils ne sont que 5 800 en France, contre 12 500 en Allemagne), sur leurs faibles performances à l’export, sur le peu d’épargne des Français allouée à leur financement, etc.

Une litanie en forme de plaidoyer pour un texte qui doit « lever les verrous et activer les leviers de la croissance », a vanté le locataire de Bercy. A l’appui de ses propos, il a cité une étude du Trésor. Selon cette dernière, la loi « Pacte peut représenter 1 point de produit intérieur brut [PIB] supplémentaire à long terme », dont 0,3 point en 2025. Soit quelque 22 milliards d’euros de richesse potentielle supplémentaire pour le pays. Sans qu’il soit pour l’heure possible de déterminer précisément sur quels critères s’appuie cette estimation, ni quel est son degré de fiabilité à cet horizon éloigné, l’étude n’ayant pas encore été rendue publique.
A en croire Bercy, la suppression du forfait social sur les accords d’intéressement dans les entreprises de moins de 250 salariés, et sur la participation pour celles de moins de 50 salariés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ François Yvon, chercheur en informatique, dans une tribune au « Monde », souligne l’importance des technologies de traduction, nécessaires au développement international des entreprises et à l’affirmation de la souveraineté nationale.
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La traduction automatique, « enjeu technologique, économique et culturel »

François Yvon, chercheur en informatique, dans une tribune au « Monde », souligne l’importance des technologies de traduction, nécessaires au développement international des entreprises et à l’affirmation de la souveraineté nationale.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 15h00
    |

François Yvon (Professeur au département d’Informatique de l’université Paris-Sud)







                        



                                


                            

Tribune. Le président Macron a récemment prononcé deux grands discours, en apparence sans lien l’un avec l’autre : le premier, le 20 mars pour affirmer devant l’Académie française sa volonté de rétablir la place du français parmi les grandes langues mondiales du XXIe siècle ; le second, le 29 mars, devant la fine fleur de la recherche en sciences du numérique, pour annoncer un plan d’action pour développer l’intelligence artificielle (IA) en France et en Europe.
Le premier, truffé de citations littéraires, prône comme mesure phare le renforcement de l’apprentissage du français pour tous (les écoliers français, les migrants, les étrangers dans les instituts français). Le second, mâtiné de franglais, promet le développement d’une nouvelle filière industrielle : soutien aux « talents » et à l’innovation, libération des « datas », etc.
Les motifs pour lier les deux sujets – langue et IA – ne manquent pourtant pas. L’enjeu de la traduction automatique (TA) permet de le démontrer.
Le discours sur l’IA insiste sur les opportunités de développement économique qu’offrent ces technologies. Or, grâce à la TA, il devient possible aux entreprises françaises de bénéficier pleinement du grand marché européen unifié, en traduisant dans les 23 autres langues officielles de l’Union européenne (UE) leurs manuels techniques, contrats, catalogues et sites Internet.
Citoyens de seconde zone
Car se limiter à traduire vers l’anglais n’est pas suffisant : moins d’un Européen sur deux parle anglais, et plus de 70 % des Européens font plus confiance aux sites rédigés dans leur langue pour commercer en ligne. L’utilisation d’une TA de haute qualité pour traduire depuis le français vers les langues de l’UE – mais aussi vers le mandarin, l’hindi, l’arabe… – est la seule solution économiquement viable.
Dans le sens inverse, les consommateurs et les citoyens français doivent pouvoir accéder à des contenus (bien)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Les aéroports ne sont plus aujourd’hui des monopoles. Tous les aéroports, quelle que soit leur taille, y compris le hub de Roissy, sont désormais mis en concurrence par les compagnies aériennes, explique Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français, dans une tribune au « Monde ».
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« La privatisation d’ADP doit conduire à clarifier le rôle de l’Etat dans le transport aérien »

Les aéroports ne sont plus aujourd’hui des monopoles. Tous les aéroports, quelle que soit leur taille, y compris le hub de Roissy, sont désormais mis en concurrence par les compagnies aériennes, explique Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    21.06.2018 à 14h15
    |

Thomas Juin (Président de l’Union des aéroports français/UAF)







                        



                                


                            

Tribune. La privatisation d’Aéroports de Paris, présentée lundi 18 juin en conseil des ministres, ne manquera pas de susciter de nombreux débats qu’il convient de mettre en perspective.
Celle-ci s’inscrit dans le prolongement de la révolution aéroportuaire des années 2004-2005, qui a notamment vu la naissance de la société Aéroports de Paris, dont le capital a été ouvert en 2006 aux investisseurs privés (l’Etat restant néanmoins par la loi majoritaire, à hauteur de 50,6 % du capital) ; la création, pour les grands aéroports régionaux, de sociétés de droit commercial à capitaux publics (contrôlées à 60 % par l’Etat, à 25 % par les chambres de commerce et d’industrie et à 15 % par les collectivités locales), avec possibilité pour l’Etat de vendre à terme tout ou partie de ses parts ; et, enfin, le transfert des aéroports de proximité aux collectivités locales.
En dépit des alternances politiques, jamais l’esprit de la loi aéroportuaire de 2005 n’a été remis en cause. Les premières sociétés aéroportuaires régionales ont vu le jour en 2007 et le processus de vente des parts de l’Etat a été lancé en 2014, avec Toulouse, puis poursuivi en 2016, avec Lyon et Nice.
Pas une exception française
Le processus de privatisation des aéroports n’est pas une exception française. Il s’intègre dans une tendance générale et un « modèle européen » d’exploitation aéroportuaire avec mixité de capitaux publics et privés. Ainsi, dans l’Union européenne en 2016, selon le Conseil international des aéroports (ACI Europe), 46,8 % des sociétés d’exploitation aéroportuaire, représentant plus des trois quarts du trafic commercial, comptaient de l’actionnariat privé contre seulement 23 % en 2010.
Si la privatisation de l’exploitation aéroportuaire est une décision d’ordre politique, les constats sont clairs du côté des exploitants. Publics ou privés, les grands aéroports français enregistrent ces temps-ci des courbes de croissance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Analyse. La publication du baromètre du dialogue social par le Cevipof ne peut que conforter Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, qui juge que le « syndicalisme est mortel ». Il souligne l’urgence qui est la sienne à se réinventer, explique le journaliste du « Monde » Michel Noblecourt.
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Les syndicats face à la défiance des salariés

Analyse. La publication du baromètre du dialogue social par le Cevipof ne peut que conforter Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, qui juge que le « syndicalisme est mortel ». Il souligne l’urgence qui est la sienne à se réinventer, explique le journaliste du « Monde » Michel Noblecourt.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 13h10
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 13h30
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Analyse. En treize mois, Emmanuel Macron a posé les jalons de ses principales réformes sociales. La réforme du code du travail, la loi « avenir professionnel » – qui englobe l’assurance-chômage, l’apprentissage et la formation continue et a repris, en partie, des accords interprofessionnels – et la réforme ferroviaire ont été adoptées.
En attendant la réforme des retraites, ce grand chamboule-tout laisse perplexes les salariés. C’est ce que révèle le baromètre du dialogue social que vient de publier le Cevipof, à l’intention du master dialogue social de Sciences Po et de l’association Dialogues, qui, réunissant des directeurs de ressources humaines et des syndicalistes, a fêté, mardi 19 juin, ses quinze ans. Réalisée du 21 au 25 mai auprès de 1 650 salariés du privé et du public hors fonctionnaires (605 cadres et 1 045 non-cadres), cette enquête est riche d’enseignements.
Pour 61 % des salariés, la réforme du code du travail, opérée par ordonnances à la suite d’une concertation avec les syndicats, ne va pas « dans le bon sens ». Les salariés syndiqués sont 78 % à émettre un jugement négatif, alors que 56 % des cadres sont d’un avis contraire. Pour 57 % des personnes interrogées par le Cevipof, « la flexibilité est une menace pour la protection sociale des salariés ». Et 67 % réfutent l’idée selon laquelle « les droits acquis sont une menace pour la compétitivité ».
65 % des salariés ne font pas confiance aux syndicats, juste devant les médias (72 %) et les partis politiques (90 %), qui emportent la palme du rejet
Petit bémol qui entre dans le cadre des relations sociales rêvé par M. Macron : 52 % des salariés pensent qu’il faut privilégier la négociation dans l’entreprise – 53 % de ceux qui travaillent dans des PME et 43 % parmi les syndiqués –, contre seulement 16 % qui donnent la préférence à l’Etat et au code du travail. Mais dans un « en même temps » très macronien, les...




                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Partout dans le monde, des villes et des régions explorent la question des « communs ». Entre contrôle de l’Etat et mécanismes du marché, cette troisième voie, qui propose de repenser  la propriété des biens universels, implique une autre approche économique et politique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Biens communs : jouir sans posséder

Partout dans le monde, des villes et des régions explorent la question des « communs ». Entre contrôle de l’Etat et mécanismes du marché, cette troisième voie, qui propose de repenser  la propriété des biens universels, implique une autre approche économique et politique.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 16h23
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
La vie reprendrait-elle son cours normal à Notre-Dame-des-Landes ? Fermée depuis six ans, la D 281, ou « route des chicanes », a été officiellement rouverte à la circulation le 14 juin. Dix jours plus tôt, quinze conventions d’occupation précaire avaient été signées en préfecture des Pays de la Loire, qui permettront à diverses exploitations (élevage, maraîchage, culture céréalière, pépinière, apiculture) de faire leurs preuves.
Mais les habitants de la ZAD, ex- « zone à défendre », espèrent plus qu’une simple acceptation de leurs projets personnels. Ils souhaitent créer des synergies, un écosystème. Et ils ne sont pas les seuls. Depuis l’abandon par le gouvernement du projet d’aéroport, en janvier, de nombreuses voix, et non des moindres, se sont élevées pour défendre les revendications des zadistes. Car leur projet collectif a relancé avec force la question des utopies concrètes, et avec elle la notion des communs.
Débats citoyens
« Dans les interactions entre habitants “historiques”, paysans, squatteurs, voisins (…) s’est construit un territoire commun, au-delà de la propriété, des habitudes et des appartenances », constate ainsi un collectif d’intellectuels, parmi lesquels la philosophe Isabelle Stengers et l’anthropologue au Collège de France Philippe Descola (Mediapart, 6 avril). Une démarche « collective, construite comme un “commun”, au sein de laquelle les individualités trouvent leur propre énergie », appuient l’ingénieur des Ponts et Chaussées Olivier Frérot et le géographe Luc Gwiazdzinski (Libération, 20 avril).
« Pourquoi ne pas reconnaître aux ­zadistes un droit à l’expérimentation ? Ils pourraient ainsi promouvoir une autre approche de la propriété qui est celle des “commons”, c’est-à-dire un dispositif fondé sur un collectif identifié et porteur d’un territoire », insiste l’économiste Bernard Paranque (Le Monde, 18 mai).

La...




                        

                        

