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Mineurs sans papiers : quelle prise en charge en France ?

Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h24
    |

                            Simon Auffret








                        



   


Depuis le mois de mai, 2 500 jeunes migrants du Mexique et d’Amérique centrale ont été séparés de leurs parents en traversant la frontière avec les Etats-Unis, en application de la politique « tolérance zéro » mise en place par l’administration de Donald Trump. Plusieurs milliers d’autres adolescents ont tenté leur chance sans leur famille, et sont envoyés dans des centres d’hébergements dédiés aux migrants mineurs non accompagnés, dans l’attente du traitement de leur dossier d’asile.

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« Cet endroit est appelé un “refuge” mais ces enfants sont bel et bien incarcérés », décrit le journaliste Jacob Soboroff après avoir visité, le 15 juin, le plus grand de ces sites au Texas. Le président Donald Trump, devant l’ampleur internationale de la polémique, a signé mercredi 20 juin un décret pour empêcher la séparation des familles – apportant ainsi une réponse temporaire au débat sur la politique migratoire des Etats-Unis.
Les familles avec des enfants mineurs
En France, la séparation des familles et la rétention de mineurs non accompagnés sont illégales. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a pourtant dénoncé la gestion de l’accueil français à six reprises pour l’enfermement d’enfants en compagnie de leur famille dans des centres de rétention administrative (CRA) : ils étaient 306 en 2017, selon le contrôleur général des lieux de privation de liberté.

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                En France, en 2017, environ trois cents enfants étrangers ont été enfermés



En juillet 2012, la France est condamnée une première fois pour avoir violé l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme : un couple et deux enfants de cinq mois et trois ans ont été placés pendant quinze jours dans le centre de rétention administratif de Rouen. « Il convient de garder à l’esprit que la situation d’extrême vulnérabilité des enfants est déterminante et prédomine sur la qualité d’étranger en séjour illégal », rappelle la CEDH. Autrement dit : si le regroupement familial est obligatoire, il ne justifie pas l’enfermement d’enfants. Le discours européen sera le même dans les cinq autres condamnations concernant la France.
Des consignes sont alors envoyées aux préfets, responsables des dispositifs dans les départements, pour « appliquer la procédure d’assignation à résidence plutôt que le placement en rétention » lorsqu’il est décidé qu’une famille doit quitter le territoire français. Depuis, le nombre de mineurs enfermés a chuté avant de progressivement remonter à son plus haut niveau en cinq ans.


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Le nombre d'enfants en rétention administrative au plus haut depuis cinq ans
Etrangers de moins de 18 ans placés dans des CRA de métropole, selon les rapports de la Cimade (jusqu'en 2015) et de contrôleur général des lieux de privation de liberté.

Sources : Cimade, CGLPL



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Une hausse due à l’exploitation par certains préfets d’une mesure qui permet la rétention des familles « dans les quarante-huit heures précédant le départ programmé », pour faciliter l’organisation de sortie du territoire. Un « glissement vers l’enfermement » dénoncé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté dans un rapport publié le 14 juin 2018, surtout pratiqué dans deux CRA, ceux de Metz-Queuleu (Moselle) et du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).
Les mineurs non accompagnés
Comme pour les enfants avec leur famille, la rétention de jeunes arrivés seuls sur le territoire français est illégale – contrairement à la situation américaine, ils ne peuvent pas être contraints d’aller dans des centres d’hébergements.
Dans chaque département, l’aide sociale à l’enfance, sous tutelle du conseil départemental, est chargée de l’accueil et de la mise à l’abri des migrants mineurs sous le statut de protection de l’enfance, en partenariat avec le Dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers.

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                Comment sont pris en charge les mineurs isolés étrangers en France ?



Contrairement aux familles avec enfants, les mineurs non accompagnés ne peuvent faire l’objet de mesure d’éloignement. Leur prise en charge par les autorités n’est pas liée à leur demande d’asile. Ils sont considérés, par le droit français, comme des enfants avant d’être de jeunes migrants.
Un rapport parlementaire de juin 2017 dénombrait « près de 13 000 mineurs non accompagnés pris en charge par les services départementaux » en France, une statistique en constante augmentation qui s’oppose au nombre de places d’hébergement limitées. Cette saturation est en partie à l’origine de l’opposition entre les conseils départementaux et l’Etat sur la responsabilité des financements pour cet accueil.
Un autre point de tension entre les services de l’Etat est l’évaluation de l’âge des jeunes migrants, qui détermine de manière importante leur niveau de protection : certaines personnes, évaluées mineures dans un département, sont considérées majeures dans un autre, complexifiant les dispositifs d’accompagnement.
Alimentant les débats sur la limite d’âge, les départements demandent fréquemment une radiographie osseuse, dont la fiabilité est vivement critiquée médicalement et judiciairement. Limité aux derniers recours par la garde des sceaux Christiane Taubira en 2013, l’examen médical reste souvent pratiqué aujourd’hui. En décembre 2017, le défenseur des droits Jacques Toubon affirmait encore y être « fermement opposé », et demandait à ce qu’il soit proscrit.



                            


                        

                        


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Brexit : Airbus gèle ses investissements au Royaume-Uni et menace de se retirer

L’entreprise européenne a publié, vendredi, un mémo menaçant de déplacer son usine d’ailes d’avion



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h56
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Airbus a décidé de prendre des risques politiques et de taper du poing sur la table. Alors que beaucoup de grandes entreprises se plaignent en privé des risques du Brexit mais n’osent pas le faire publiquement, la compagnie aéronautique européenne a publié, vendredi 22 juin, un mémo en forme d’avertissement au Royaume-Uni. Elle annonce sa décision de geler ses investissements en attendant d’y voir plus clair, menace de déplacer son usine d’ailes d’avion en cas de Brexit sans aucun accord avec Bruxelles et affirme que, même en cas d’accord, la sortie de l’Union européenne (UE) lui coûtera au moins 1 milliard d’euros par an.
« Nous sommes de plus en plus frustrés du manque de clarté [concernant le Brexit], a déclaré, sur la BBC, Tom Williams, le directeur des opérations commerciales d’Airbus. On n’a plus de temps, il ne reste que neuf mois [avant la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le 30 mars 2019]. Nous arrivons au moment où nous devons prendre des décisions sérieuses, de long terme. » Il avertit qu’il lui faut y voir plus clair « dans les semaines qui viennent » et qu’une série de décisions doivent être prises « durant l’été ». « Nous avons commencé à appuyer sur le bouton de crise. »
Airbus, qui emploie 14 000 personnes au Royaume-Uni et 100 000 personnes indirectement, divise son mémo en deux sections. La première, la plus spectaculaire, détaille les conséquences d’un Brexit si aucun accord n’est trouvé avec l’UE. Immédiatement, les certifications des pièces détachées fabriquées au Royaume-Uni ne seraient plus valables. L’aéronautique est une industrie très réglementée, sous l’égide, sur le Vieux Continent, de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). En l’absence d’accord de réciprocité, « Nous ne pourrons plus installer ces pièces » sur les avions, en l’absence d’accord de réciprocité, explique M. Williams. Pour Airbus, dont les appareils contiennent 10 000 pièces fabriquées au Royaume-Uni venant de 4 000 sous-traitants, ce serait une catastrophe.
Fort renchérissement du passage des douanes
L’absence d’accord sur le Brexit provoquerait aussi un fort renchérissement du passage des douanes. Non seulement des tarifs douaniers pourraient être imposés, mais la simple lourdeur administrative de vérifier les pièces détachées à la frontière ralentirait leur transit. Pour une industrie qui fonctionne selon un modèle « juste à temps », cela signifie immédiatement des coûts supplémentaires. L’entreprise va devoir augmenter ses stocks et risque d’accumuler des retards dans ses livraisons d’avions, synonyme de pénalités financières à payer à ses clients. Selon les calculs d’Airbus, cela signifierait 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires perdu par semaine de retard, et Airbus pense qu’un Brexit sans accord signifierait « plusieurs semaines » de retard, d’où une perte financière de « plusieurs milliards d’euros ».
Dans un tel scénario, l’usine de Broughton, dans le nord-est du Pays de Galles, qui réalise l’assemblage des ailes, est particulièrement en danger. Airbus prépare actuellement les investissements nécessaires pour assembler la prochaine génération d’ailes. « Nous nous demandons si nous devons continuer », explique M. Williams.
Ce scénario catastrophe n’est cependant pas le plus probable. Malgré les tergiversations politiques et les retards dans les négociations, Britanniques et Européens continuent à espérer trouver un accord vers la fin de l’année. Dans ce contexte, la deuxième partie du mémo d’Airbus, moins spectaculaire, est sans doute la plus significative. Elle détaille les conséquences d’un accord où le Royaume-Uni sortirait du marché unique européen et de l’union douanière, ce qui est le scénario préféré par la première ministre, Theresa May.

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Trois avertissements
Premier avertissement : Airbus gèle tous ses investissements jusqu’à nouvel ordre. « Jusqu’à ce qu’on connaisse et comprenne la nouvelle relation UE-Royaume-Uni, Airbus va superviser avec attention tout nouvel investissement [outre-Manche] et va éviter d’y étendre sa base de partenariats et de sous-traitants. »
Deuxième avertissement : la période de transition prévue pour le Brexit, qui permettrait de ne rien changer sur le terrain jusqu’à fin 2020, est « trop courte (…) pour mettre en place tous les changements nécessaires à [la] chaîne de sous-traitants » d’Airbus.
Troisième avertissement : même un accord de ce type, qui éviterait les tarifs douaniers, coûterait de l’argent à Airbus, à cause des procédures supplémentaires au niveau des douanes. Montant de la facture : 1 milliard d’euros par an, selon Airbus. Ce coût n’est pas insurmontable par rapport au chiffre d’affaires de 67 milliards d’euros d’Airbus, mais il s’agit ici du scénario le plus positif.
L’avertissement de l’entreprise européenne met la pression sur Theresa May à un moment crucial. Après l’avoir retardé à plusieurs reprises, la première ministre britannique a promis de publier la semaine du 9 juillet un Livre blanc sur les futures relations commerciales qu’elle souhaite avoir avec l’UE. Elle doit en particulier clarifier la façon dont elle entend éviter une frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. Selon que ses plans seront jugés crédibles ou pas, Airbus pourrait commencer à agir.
« Il faut débloquer la situation du Brexit, et vite »
L’entreprise n’est pas la seule dans cette situation. Sans être aussi précis, le patron de Siemens au Royaume-Uni, Juergen Maier, a averti, le 20 juin, qu’un Brexit sans accord « ne serait vraiment pas beau à voir ». Fin mai, Paul Drechsler, le président de la Confederation of British Industry, le principal groupe patronal britannique, dont le mandat se terminait, a prononcé son discours d’adieu avec un avertissement très direct : « Il faut débloquer la situation du Brexit, et vite. »
Si peu de groupes ont osé lancer des avertissements aussi précis et chiffrés qu’Airbus, son agacement est largement partagé, comme le prouvent les chiffres macroéconomiques. Au premier trimestre, les investissements des entreprises au Royaume-Uni ont baissé de 0,2 %. Le secteur automobile est un exemple criant : 2,5 milliards de livres sterling (2,9 milliards d’euros) d’investissement en 2015, 1,6 milliard en 2016 et 1 milliard en 2017. Ce n’est pas la première fois que les entreprises tirent la sonnette d’alarme sur le Brexit, mais les menaces deviennent progressivement réalité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le premier ministre tchèque a évoqué vendredi un contrôle par la police mais aussi par les douaniers et l’armée en cas d’urgence.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

La République tchèque refoulera les migrants illégaux si l’Autriche et l’Allemagne font de même

Le premier ministre tchèque a évoqué vendredi un contrôle par la police mais aussi par les douaniers et l’armée en cas d’urgence.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h22
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h26
   





                        



   


Le premier ministre tchèque, Andrej Babis, a déclaré vendredi 22 juin, à la sortie du conseil des ministres à Prague, que son pays prendrait des dispositions pour refouler les migrants arrivant à sa frontière si l’Allemagne et l’Autriche prenaient une telle mesure.
« Nous ne pouvons pas permettre que les migrants illégaux entrent sur notre territoire, parce que ce serait ensuite notre problème et c’est ce que nous ne souhaitons pas, a dit le chef du gouvernement tchèque. Cela veut dire que nous irons immédiatement aux passages frontaliers pour contrôler notre frontière. »
« Les passagers frontaliers seront contrôlés dans ce cas-là par la police, mais nous avons aussi un plan d’urgence aux termes duquel les douaniers et éventuellement l’armée seront déployés », a ajouté M. Babis, qui a convoqué pour vendredi après-midi une réunion du conseil de sécurité de l’Etat.

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Favorables à d’autres attributions pour Frontex
Selon lui, « la frontière sud de l’UE doit être défendue par les Etats tels que la Grèce, l’Italie, Malte et l’Espagne et les autres Etats doivent les aider ». M. Babis s’est également prononcé en faveur d’un « changement de compétences » de l’agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes Frontex au cas où ses effectifs seraient portés à 10 000 employés d’ici 2020, comme le réclame l’Italie depuis longtemps.
« Il n’est pas possible de dépenser tant d’argent [pour Frontex] pour ne faire que du monitoring de la migration illégale et pour voir se développer le business des mafias de passeurs. Frontex doit opérer hors de l’Europe, a affirmé le premier ministre tchèque. La solution est très simple : les bateaux [avec les migrants] ne doivent pas prendre la mer. »
Le ministre de l’intérieur allemand, Horst Seehofer, a prévenu lundi qu’il serait prêt « en juillet » à « refouler immédiatement » les migrants arrivant aux frontières allemandes en provenance d’un autre pays européen si la chancelière Angela Merkel ne parvenait pas à une solution « équivalente » à l’occasion du sommet de l’Union européenne prévu les 28 et 29 juin.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le chancelier autrichien doit son ascension politique à son discours de fermeté.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Sebastian Kurz, nouveau visage de la « lutte contre l’immigration »

Le chancelier autrichien doit son ascension politique à son discours de fermeté.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h27
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Il avait remporté les législatives en octobre 2017 en misant tout sur l’immigration. C’est encore en portant quotidiennement dans les médias ce sujet que Sebastian Kurz, 31 ans, entend faire de sa présidence de l’Union européenne pour six mois, à partir du 1er juillet, un succès de politique intérieure.
Peu importe, semble-t-il, que les arrivées clandestines sur le continent aient été largement réduites, depuis la crise historique de 2015. Que la France soit devenue le pays d’Europe dans lequel le plus grand nombre de demandes d’asile aient été déposées en 2018 ne semble pas non plus faire ciller l’un des plus jeunes dirigeants de la planète, à 31 ans seulement.
Il n’a pas achevé ses études de droit et mène ses troupes à la manière douce de ceux qui n’ont pas besoin d’élever la voix, tout en répétant à longueur de journée qu’il faut renforcer les frontières extérieures de Schengen, arrêter d’instruire les demandes au sein de l’Union européenne et créer des camps pour « trier » les migrants économiques des personnes éligibles à l’asile. Le nombre de demandes de protection déposées en Autriche ne cesse pourtant de décroître. Il est passé de 88 340 en 2015 à 24 296 en 2016.
Le gouvernement autrichien craint que les chiffres ne repartent à la hausse, car depuis l’affaire de l’Aquarius en Italie, les routes migratoires pourraient de nouveau se mouvoir. Mais même si le nombre de migrants a sensiblement augmenté ces derniers mois dans les Balkans, il reste peu probable qu’une arrivée aussi massive que celle de 2015 ne se reproduire, comme Sebastian Kurz, yeux bleus et cheveux blonds invariablement gominés en arrière, le laisse régulièrement entendre.
Même si son discours de fermeté n’a pas changé ces deux dernières années, Sebastian Kurz, avec son air posé et ses bonnes manières, est devenu plutôt récemment l’une des principales figures européennes incarnant la « fermeté » sur le sujet.
Personnalité clivante
Et cela ne doit rien au hasard : ancien des jeunesses conservatrices autrichiennes, qu’il a présidées dès 2009, il porte une attention particulière à la sémantique, à la gestuelle et à la communication visuelle en politique. Détesté par une grande partie de la gauche, encore puissante en Autriche puisque le Parti social-démocrate (SPÖ) reste la deuxième force politique actuelle, il est adulé de manière irrationnelle par une partie importante de la population, dépassant les clivages politiques traditionnels.
À la tête d’un gouvernement regroupant les conservateurs et l’extrême droite, il est désormais en capacité d’appliquer les idées qu’il prônait lorsqu’il était ministre des affaires étrangères, mais que le SPÖ, alors au pouvoir en coalition avec lui, bloquait. Son visage est moins poupin et ses propos moins lisses que lorsqu’il a décroché son premier secrétariat d’Etat – à l’intégration, déjà – à 24 ans. Il compte se servir de la présidence de l’Union pour affaiblir la chancelière allemande Angela Merkel, à qui il reproche d’avoir manqué de vision historique en ouvrant grand les portes de son pays, il y a bientôt trois ans. Car Sebastian Kurz, même s’il appartient à la famille du Parti populaire européen (PPE), s’en prend principalement à son propre camp sur le sujet.
Figure politique autrichienne la plus connue à l’étranger depuis Jörg Haider, ce Viennois manie un style de gouvernance très éloigné de celui de dirigeants tels que Vladimir Poutine, Viktor Orban, Matteo Salvini ou Donald Trump. Issu d’un milieu modeste (son père est technicien, sa mère enseignante), réduisant l’exposition de sa compagne au strict minimum protocolaire, il avait déjà œuvré en 2016 pour fermer la route des Balkans, poussant Mme Merkel, pour éviter une nouvelle crise dramatique en Grèce, à passer un accord controversé avec la Turquie, afin que cette dernière retienne les migrants présents sur son territoire.
Cheval de Troie
La même année, il proposait de conduire vers une île de la Méditerranée les migrants interceptés en mer. C’est dans une même logique qu’il attise désormais les tensions en Europe, soutenant le dirigeant hongrois, les élus bavarois de la CSU, le nouveau gouvernement italien et certains responsables politiques scandinaves dans leur volonté de redéfinir les règles de l’asile au niveau européen.

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                L’Autriche et le Danemark veulent ouvrir des camps d’expulsés aux portes de l’UE



Quitte à sembler avoir un double agenda. Alors qu’il dévoilait les priorités de la présidence autrichienne pour l’Union européenne au début du mois de juin, se présentant comme un « pont » favorisant le dialogue entre l’Est et l’Ouest sur les questions migratoires, le gouvernement danois éventait des discussions secrètes, menées par l’Autriche avec plusieurs pays membres – mais pas la France – pour ouvrir des camps, dans lesquels seraient envoyés les déboutés de l’asile en dehors de l’Union européenne. Or ce projet ne figurait aucunement dans les soixante-six pages présentées par Vienne à la Commission européenne, pour les six mois à venir, ce qui jette le trouble sur ses intentions, certains voyant déjà en lui un cheval de Troie à même de rendre les thèses de l’extrême droite majoritaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Reportage chez les marins pêcheurs du sud de l’Angleterre, à Selsey, qui ont peur d’être « trahis » par leur gouvernement dans les négociations avec Bruxelles sur le Brexit.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Analyse. Jérôme Gautheret, notre correspondant à Rome, explique pourquoi malgré les rodomontades de Matteo Salvini, ministre de l’intérieur italien, les impératifs du droit de la mer subsistent.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Migrants : « L’hystérisation du débat sur l’action des ONG en mer est difficilement compréhensible »

Analyse. Jérôme Gautheret, notre correspondant à Rome, explique pourquoi malgré les rodomontades de Matteo Salvini, ministre de l’intérieur italien, les impératifs du droit de la mer subsistent.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h54
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            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. Alors que le monde avait les yeux tournés vers l’Aquarius, dont les 629 passagers, secourus dans la nuit du 9 au 10 juin au large des côtes libyennes, ont été finalement recueillis à Valence, en Espagne, après une semaine d’errance, un autre drame est passé largement inaperçu. Mardi 19 juin, deux jours après l’annonce par Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur, que les ports italiens étaient fermés aux navires humanitaires jusqu’à nouvel ordre, 41 migrants ont été secourus par un navire militaire américain, l’USS Trenton, après le naufrage de leur embarcation.
Le Trenton est aussitôt entré en contact avec l’équipage d’un navire d’ONG, le Sea Watch 3, pour organiser un transbordement, et aussi coordonner une macabre tâche, celle de repêcher les cadavres aperçus à la surface – les marins américains en ont repéré une douzaine.
Lorsque le navire humanitaire se retourne vers les autorités de Rome pour s’assurer qu’il pourra ensuite débarquer les personnes secourues dans un port italien, il se heurte à une fin de non-recevoir. Sea Watch 3 n’aura donc d’autre choix que de refuser de prendre à son bord les rescapés, tandis que le Trenton, ne disposant pas d’une chambre froide, renonçait à repêcher les cadavres. Après une semaine de péripéties diverses, les rescapés recueillis par le Trenton, ainsi que 480 autres migrants, ont été débarqués en catimini, mardi 19 juin au soir, dans le port de Pozzallo (au sud de la Sicile) depuis un navire de gardes-côtes italiens. Combien de personnes ont été englouties dans le naufrage ? Nul n’en saura jamais rien avec certitude.
Les rodomontades de M. Salvini n’y changeront pas grand-chose : même sans la présence des ONG, les impératifs du droit de la mer subsistent. En premier lieu, un principe universel, rappelé par la convention de Montego Bay, en 1982 : celui de l’obligation absolue de porter secours aux navires en détresse.
Opération...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le président Emmanuel Macron se rend au Saint-Siège, mardi 26 juin, pour sa première rencontre avec le pape François. L’ambassadeur de France, Philippe Zeller, supervise un protocole bien huilé.
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L’art (délicat) de préparer une visite présidentielle au Vatican


                      Le président Emmanuel Macron se rend au Saint-Siège, mardi 26 juin, pour sa première rencontre avec le pape François. L’ambassadeur de France, Philippe Zeller, supervise un protocole bien huilé.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h31
    |

                            Delphine Paillard








   


A la Villa Bonaparte, siège romain de l’ambassade de France près le Saint-Siège, le téléphone ne cesse de retentir. A l’autre bout du fil, l’Elysée veut savoir où en sont les préparatifs. Le 26 juin, Emmanuel Macron est attendu à Rome pour sa première visite au Vatican. A quelques semaines de la fin de sa mission, l’ambassadeur Philippe Zeller n’a pas droit à l’erreur. Un exercice à la fois banal, pour un diplomate en fin de carrière, et délicat. Car le Vatican n’est pas un Etat comme les autres. Et la France laïque ne facilite pas l’exercice. Deux mois après son discours au Collège des bernardins, le président poursuit son opération séduction de l’électorat catholique.
Jean Landousie, « l’homme qui murmure à l’oreille du pape »
Contrairement à son prédécesseur, il prendra officiellement possession de son titre de chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean-de-Latran. La tradition remonte à Henri IV. En remerciement d’un don, la cathédrale du pape attribua ce titre au roi de France. Relancé par René Coty en 1957, le rite sert depuis de prétexte à chaque président pour défendre sa propre vision de la laïcité. Si le général de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy sont venus en personne prendre possession du titre, ni Georges Pompidou, ni François Mitterrand, ni François Hollande ne l’ont fait – bien qu’ils l’aient accepté formellement.

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Côté Vatican, le protocole est bien huilé : l’incontournable audience avec le pape puis avec son secrétaire d’Etat au palais apostolique dans la matinée, suivie par la cérémonie au Latran dans l’après-midi. En attendant le jour J, au premier étage du palais pontifical, toute la section francophone de la secrétairerie d’Etat s’active pour aider le pape avant sa rencontre avec le jeune président français. A la manœuvre, le père Jean Landousie, 70 ans, dont vingt à Alger, puis vingt autres aux services diplomatiques du Saint-Siège. Surnommé « l’homme qui murmure à l’oreille du pape », il servit d’interprète à Jean Paul II, Benoît XVI puis François lors de leurs tête-à-tête avec les chefs d’Etat francophones. En novembre 2015, il prépara la visite sous haute sécurité de François en Centrafrique. Pour l’heure, le prêtre breton aux yeux rieurs supervise les notes de synthèse et les éléments de langage qui seront utilisés lors de l’audience papale.
« On cherche à donner toutes les clés pour que le président puisse, surtout si c’est une première rencontre, immédiatement toucher juste. » Bruno Joubert, ambassadeur de 2012 à 2015
De son côté, Philippe Zeller s’efforce de recueillir le plus de données possible sur les sujets que compte aborder le Saint-Siège, afin de les transmettre au conseiller pour les affaires religieuses du Quai d’Orsay. En réalité, chaque service diplomatique a besoin de l’autre. Plusieurs rencontres informelles ont lieu entre l’ambassadeur et les minutanti, ces fonctionnaires du Vatican chargés de dossiers confidentiels. « On se donne des indications, sur un ton très diplomatique et allusif, sur l’état d’esprit dans lequel la réunion aura lieu, confie Bruno Joubert, son prédécesseur à la Villa Bonaparte de 2012 à 2015. Pour la visite de M. Hollande, en 2014, le Vatican nous avait dit : “Il n’y a pas de mauvais sentiment.” » Un message d’apaisement dans un contexte tendu, un an après la loi sur le mariage pour tous. Le briefing continue jusqu’au dernier moment : « Dans la voiture pour le Vatican, j’avais donné plusieurs conseils à M. Hollande sur le tempérament du pape, les sujets auxquels il était plus sensible, confie Bruno Joubert. On cherche à donner toutes les clés pour que le président puisse, surtout si c’est une première rencontre, immédiatement toucher juste. »

   


Car l’audience peut aussi très mal se passer. Tous les ambassadeurs ont en tête la visite catastrophique de Valéry Giscard d’Estaing en décembre 1975. Le président était ressorti furieux de son entretien avec Paul VI, qui l’avait longuement rabroué à propos de la loi Veil sur l’IVG, promulguée en janvier 1975. Le sujet ne devait pas être abordé. L’ambassadeur près le Saint-Siège fut rappelé à Paris. Il ne se remit jamais de cette humiliation. C’est en tout cas ce qu’il expliqua, un an plus tard, lorsqu’il assassina femme et enfant avant de se suicider en prison.
Les lois de bioéthique et la PMA
Le tête-à-tête papal est souvent l’occasion de revenir sur les grands débats de société qui inquiètent l’Eglise catholique. La prochaine révision des lois de bioéthique, avec la possible ouverture de la PMA aux femmes célibataires ou aux couples de femmes, sera sans aucun doute au menu. Lors du deuxième entretien, plus technique, l’accent est mis sur les relations internationales, chaque partie échange des renseignements, explique une source bien informée proche de la Villa Bonaparte. Le Vatican pourrait donner des informations précises sur la situation en Terre sainte, où il a d’importants contacts. L’immigration et l’Europe seront au cœur de la discussion, mais aussi le Moyen-Orient ou encore le traité d’interdiction des armes nucléaires, ratifié en septembre 2017 par le Saint-Siège à l’ONU.
Petit déjeuner avec Sant’Egidio
Philippe Zeller et ses conseillers ont aussi planché sur le savant plan de table du déjeuner formel à la Villa Bonaparte, qui réunira la délégation présidentielle et les hautes personnalités de la Curie romaine. A 16 heures, direction la basilique Saint-Jean-de-Latran, au sud-est du centre de Rome, pour devenir chanoine d’honneur. Une brève cérémonie religieuse, sans messe, qui se poursuivra au palais du Latran, où l’évêque auxiliaire de Rome, Angelo De Donatis, s’adressera au président, lequel lui répondra par une brève allocution. Ici, l’ambassade conseille, mais c’est surtout l’Elysée qui pilote : pas question de réitérer le « discours du Latran » de Sarkozy, qui avait suscité des critiques durant tout son quinquennat, notamment à cause de cette phrase : « L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé. »

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Après avoir déclaré qu’il souhaitait « réparer le lien entre l’Église et l’Etat » au Collège des bernardins, Macron a lui aussi été accusé d’« atteinte à la laïcité ». L’ambassadeur planche sur une rencontre en fin de journée à la Villa Bonaparte, avec des Français, religieux et laïcs, liés au Vatican. Mais son équipe se concentre davantage sur l’aspect le plus compliqué de cette visite, décidément inhabituelle. Car Emmanuel Macron arrivera la veille au soir et logera au palais Farnèse, ambassade de France… en Italie. Un petit déjeuner avec la communauté de laïcs catholiques Sant’Egidio, très active dans l’accueil des migrants, serait encore à l’étude. Ce serait une habile façon de contourner le protocole – qui empêche toute rencontre du président avec l’administration italienne – pour envoyer un signal fort au nouveau pouvoir, après sa passe d’armes avec Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur, sur l’Aquarius… Et un briefing idéal avant son « grand oral » au Vatican : Sant’Egidio a joué un rôle de médiateur dans de nombreuses crises internationales, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le businessman laïque et républicain Ali Koç a été élu président du club de Fenerbahçe, le 3 juin, après vingt ans de règne d’Aziz Yildirim. L’opposition y voit une métaphore des élections anticipées du 24 juin.
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Football : en Turquie, les anti-Erdogan gagnent un président


                      Le businessman laïque et républicain Ali Koç a été élu président du club de Fenerbahçe, le 3 juin, après vingt ans de règne d’Aziz Yildirim. L’opposition y voit une métaphore des élections anticipées du 24 juin.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h05
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








   


Aux manettes de la Turquie depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan peut-il perdre les élections, législatives et présidentielle, anticipées par lui au dimanche 24 juin ? C’est ce que semble croire l’opposition, les kémalistes du Parti républicain du peuple (CHP), les nationalistes du Bon Parti et les islamistes du Parti de la félicité, unis contre lui – c’est une première – en vue du scrutin. Les anti-Erdogan misent d’autant plus sur la victoire qu’ils ont cru en déceler les prémices lorsque le club de Fenerbahçe, l’un des trois « géants » du football stambouliote avec Galatasaray et Besiktas, a changé de président de façon inattendue, à l’issue d’un vote, dimanche 3 juin.
Ancien d’Harvard et entrepreneur
Ce jour-là, l’homme d’affaires Ali Koç, 51 ans, ancien d’Harvard, issu d’une prestigieuse dynastie turque d’entrepreneurs, a été élu président du club en remplacement d’Aziz Yildirim, 65 ans, qui régnait sur Fenerbahçe depuis vingt ans. En cause, la mauvaise gestion du club et l’organisation de matchs truqués, onze pendant la saison 2010-2011, ce qui lui a valu une condamnation à six ans et trois mois de prison en 2011. Comme Aziz Yildirim est une personnalité connue, il n’a passé qu’un an à la prison de Metris, à Istanbul, avant d’en être libéré en juillet 2012. Il a alors retrouvé son poste de président du club, comme si de rien n’était, jusqu’au scrutin du 3 juin. « Sa gestion très personnifiée, sa volonté de tout contrôler lui auront finalement coûté son poste », a estimé la journaliste Barçin Yinanç dans les colonnes du quotidien Hurriyet (édition du 5 juin).

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                Elections : en Turquie, la peur en campagne (et la bouilloire qui tweetait)



Tout s’est joué sur l’image. Face à un Aziz Yildirim au discours éculé, cherchant encore et toujours à « laver son nom et celui du club », Ali Koç n’a pas eu de mal à briller. L’assistance, 20 000 membres du club qui avaient fait le déplacement au stade pour attribuer leurs votes ce jour-là, a été conquise lorsqu’il a présenté son équipe, composée pour beaucoup de jeunes femmes. Car ce fils de famille, représentant de la Turquie laïque et républicaine en col blanc, veut voir davantage de femmes aux postes de gestion, y compris dans le football. Elles seraient, dit-on, meilleures gestionnaires que leurs homologues masculins.
Les matchs truqués sont loin d’être la seule épine dans le pied des clubs de foot, lourdement endettés auprès des banques. Dès lors, les électeurs ont sans doute été sensibles aux attraits de la fortune des Koç, l’une des familles les plus riches du pays. Finalement, Aziz Yildirim, « l’indéboulonnable », dont la silhouette dominait les terrains de jeu depuis 1998, a été battu à plate couture, avec 4 644 voix seulement, contre 16 092 à Ali Koç. Il n’en fallait pas plus pour que l’opposition interprète ce vote comme une métaphore de celui du 24 juin.
Erdogan une vocation de footballeur
En Turquie, football et politique marchent main dans la main. Chaque club a sa coloration : Besiktas est à gauche, Galatasaray et Fenerbahçe sont plus conservateurs, plus à droite. Fenerbahçe jouit des faveurs du gouvernement islamo-conservateur. Le club ne compte-t-il pas le président Erdogan parmi ses fans ? Passionné de football dans sa jeunesse, le numéro un turc, surnommé « l’imam Becken-bauer » par ses camarades de jeu, a été approché à la fin des années 1970 par un entraîneur de Fenerbahçe. Il a toutefois dû renoncer à sa vocation, son père y étant opposé. Pieuse et conservatrice, la famille souhaitait faire de lui un « hafiz », capable d’apprendre et de réciter le Coran par cœur. Le chef de l’Etat turc en a gardé une solide passion pour les sermons et pour le ballon rond.

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Dans ses meetings, Recep Erdogan a beau tacler tant qu’il le peut Muharrem Ince, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche) à la présidentielle, son principal rival sur le terrain, sa popularité est en déclin. D’après les sondages, il arriverait en tête du scrutin pour la présidentielle, sans parvenir pour autant à recueillir les 51 % nécessaires pour l’emporter dès le premier tour.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Plusieurs représentations de la comédie musicale « Billy Elliot » ont été annulées après une campagne homophobe menée par un journal progouvernemental.
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En Hongrie, une croisade menée par des proches du pouvoir contre la « propagande homosexuelle »

Plusieurs représentations de la comédie musicale « Billy Elliot » ont été annulées après une campagne homophobe menée par un journal progouvernemental.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h49
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Il y a un peu plus de dix ans, le gouvernement polonais s’en prenait à la série télévisée britannique Les Télétubbies, accusée de « promouvoir l’homosexualité » auprès d’un jeune public. Aujourd’hui, c’est au tour de la Hongrie de partir en croisade contre Billy Elliot. Jouée en ce moment à Budapest, la célèbre comédie musicale d’Elton John, adaptée d’un film britannique à succès, est victime d’une campagne sans précédent, ayant contraint l’Opéra national hongrois à la déprogrammer en catastrophe, faute de réservations.
La charge a été lancée par Magyar Idök, un journal progouvernemental accompagnant les efforts du premier ministre pour mener sa « révolution conservatrice » dans ce pays d’Europe centrale. Dans un éditorial au vitriol, à peine deux mois après la victoire électorale de Viktor Orban aux législatives, il s’en est pris aux milieux artistiques, constatant que dans le domaine de la culture, il n’y « avait pas encore eu de véritable changement de régime ».
Prenant l’exemple de cette comédie musicale, accusée de « propager l’homosexualité dans une situation où la population diminue et où la Hongrie est menacée par une invasion étrangère », il a considéré qu’il était « incompréhensible qu’une institution publique, allant à l’encontre des objectifs de l’Etat » s’adonne encore à mettre en avant le destin d’un petit garçon préférant les chaussons de la danse classique aux virils gants de boxe des autres bambins issus comme lui d’un milieu ouvrier.
« Bad buzz »
S’en est suivi un débat de société sur les tentatives des élites artistiques pour marquer l’inconscient des jeunes enfants, par le biais détourné de la création subventionnée. Un « bad buzz » ayant eu un impact significatif sur les ventes de billet selon la direction de l’Opéra, au point de forcer l’annulation de 15 des 40 représentations prévues.
Et comme lorsque le gouvernement a souhaité s’en prendre aux migrants, aux ONG ou aux journalistes, cette campagne homophobe, menée indirectement par des obligés du pouvoir, semble inscrite dans des ambitions larges. Car Figyelö, un autre organe de presse largement acquis à la cause de Viktor Orban, a publié le 19 juin un article établissant la liste d’universitaires travaillant sur le thème du genre ou de l’homosexualité avec de l’argent public.

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                La Hongrie adopte une loi interdisant aux ONG de venir en aide aux migrants



Là encore, il est reproché, sur un ton acrimonieux, à des chercheurs dont le nom et la photo sont offerts à la vindicte populaire, de ne pas participer aux efforts de la nation pour relancer le taux de natalité, mais au contraire de dilapider l’argent du contribuable dans le but de « diffuser une idéologie ». Le journal rappelle que des arbitrages budgétaires se profilent pour 2019, ce qui pourrait permettre de remédier à cet état de fait.
Ce même hebdomadaire avait déjà suscité un scandale en publiant, quelques jours après les dernières élections législatives, une liste de 200 « spéculateurs » supposément au service du philanthrope juif américain George Soros, un octogénaire accusé par Viktor Orban de mener, par le biais détourné des dons à des ONG, une politique visant à limiter la mainmise du gouvernement sur la Hongrie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Dans les revues. Un an après l’incendie d’un HLM londonien dans lequel 79 personnes sont mortes, Andrew O’Hagan publie dans la « London Review of Books » un article qui ajoute à la controverse.
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édition abonné


L’écrivain écossais et la tour infernale

Dans les revues. Un an après l’incendie d’un HLM londonien dans lequel 79 personnes sont mortes, Andrew O’Hagan publie dans la « London Review of Books » un article qui ajoute à la controverse.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h33
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Dans la nuit du 13 au 14 juin 2017, un terrible incendie ravage la tour HLM Grenfell, située dans un district de Kensington et Chelsea, l’un des plus riches de Londres. Soixante-dix-neuf personnes y perdent la vie, dont bon nombre d’immigrés et de réfugiés. L’incendie devient le symbole des excès de la déréglementation et ajoute aux tensions politiques qui agitent le Royaume-Uni depuis le référendum sur le Brexit. L’enquête publique sur les causes de cette tragédie a débuté le 21 mai.
Une dizaine de jours plus tard, la London Review of Books publie un long article tentant de faire la lumière sur les événements de juin 2017, mais aussi sur ses suites. La revue bimensuelle est connue pour être un lieu de débats, proposant régulièrement, outre de longs papiers critiques sur l’actualité éditoriale, des textes de réflexion ou des enquêtes signées par des intellectuels ou des écrivains.
L’article sur la tour a ainsi été confié au romancier écossais Andrew O’Hagan, publié en France chez Christian Bourgois. Ce type de commande est typique d’une tradition littéraire anglo-saxonne qui mêle sans sourciller ­l’essai personnel et l’enquête journalistique. Andrew O’Hagan est un familier du genre : pour la même revue, il a enquêté sur le New Labour ou la fin de la vie privée.
Aucune « intention de tuer »
Ce nouvel article ajoute à la controverse entourant l’incendie qui a dévasté la tour londonienne. Certains ont dénoncé des erreurs factuelles dans l’article, d’autres ont contesté les propos qui leur étaient attribués. Enfin, l’avocat représentant Behailu Kebede, l’homme chez qui l’incendie a débuté, a démenti l’information selon laquelle il aurait pris soin de préparer une valise avant de prévenir ses voisins. La version en ligne a été corrigée afin de retirer ces allégations.
La thèse que défend Andrew O’Hagan fait, elle aussi, débat. Son article réhabilite le conseil municipal de Kensington et Chelsea, cible de critiques depuis un an : la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Jyrki Katainen, le vice-président de la Commission européenne, explique la riposte très politique de l’Europe
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Commerce  : « Au Congrès américain, la pression va monter »

Jyrki Katainen, le vice-président de la Commission européenne, explique la riposte très politique de l’Europe



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h57
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Face aux attaques commerciales orchestrées par le président américain Donald Trump sur l’acier et l’aluminium, la contre-offensive européenne est officiellement lancée. La riposte est entrée en vigueur vendredi 22 juin, sous la forme de nouveaux droits de douane imposés sur une série de produits américains, tels le beurre de cacahuète, le bourbon, les jeans ou le fond de teint. « Nous avons choisi des produits à fort impact, économique et politique », assure le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, dans une interview au Monde.
La liste, notifiée à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), comprend un tiers de produits sidérurgiques, un tiers de produits industriels et un tiers de produits agricoles. Elle frappe des Etats qui ont largement voté pour Donald Trump. A quelques mois des élections de mi-mandat, qui auront lieu aux Etats-Unis en novembre, l’intention est claire.

« Les membres du Congrès américain, des deux partis, ne partagent pas forcément les vues du président, tout comme le secteur privé. Une fois que les mesures commenceront à faire effet, la pression va monter », explique M. Katainen. Jusqu’à inciter la Maison Blanche à faire marche arrière ? « Nous l’espérons, même si cette administration reste hautement imprévisible. »
Processus en deux temps
Les mesures de rétorsion correspondent, en valeur, au dommage infligé par les surtaxes américaines sur les exportations européennes d’acier et d’aluminium, soit un total de 6,4 milliards d’euros en 2017. Mais le processus se déroulera en deux temps. L’Union européenne (UE) a relevé, vendredi, ses droits de douane à 25 % sur 2,8 milliards d’euros d’exportations américaines. Le solde de 3,6 milliards d’euros sera taxé plus tard, à l’issue d’un contentieux à l’OMC, dans un délai maximal de trois ans.
La réponse se veut « ferme » mais « mesurée ». « Quand les règles internationales ne sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’ONG, qui rappelle l’existence de mécanismes de signalement internes, déclare n’avoir « pas été en mesure de trouver des preuves à l’appui des allégations ».
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D’ex-employées de MSF accusent d’anciens collègues d’avoir eu recours à des prostituées

L’ONG, qui rappelle l’existence de mécanismes de signalement internes, déclare n’avoir « pas été en mesure de trouver des preuves à l’appui des allégations ».



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h33
   





                        



   


L’ONG Médecins sans Frontières (MSF) a estimé, vendredi 22 juin, qu’« aucun élément ne permet de nous dire qu’il y a des faits avérés », après une enquête de la BBC sur des travailleurs humanitaires qui auraient eu recours à des prostituées lors de missions.
Dans un communiqué, l’organisation rappelle que « MSF n’est pas immunisée face à ces dérives, et nous nous efforçons de prendre chaque cas au sérieux ».
« Notre organisation dispose de mécanismes de signalement pour recueillir les plaintes sur ce type d’abus », a précisé au Monde.fr l’ONG, qui n’envisage pas l’ouverture d’une enquête sur la base des témoignages recueillis par la BBC, faute d’« éléments concluants ».
« Nous avons investigué, dans la mesure du possible, chaque affirmation de la BBC, mais le manque de précisions a rendu la tâche extrêmement difficile. Nous n’avons pas été en mesure de trouver des preuves à l’appui des allégations présentes dans le rapport de la BBC. »
MSF précise avoir tenté de vérifier l’allégation selon laquelle un employé de MSF aurait dit qu’il était possible d’échanger des médicaments contre des faveurs sexuelles, sans y parvenir. « S’il s’avérait qu’un employé MSF avait tenté d’obtenir des services sexuels en échanges de médicaments, il s’agirait d’un abus de pouvoir inacceptable », écrit l’ONG, qui n’a identifié aucun incident étayant cette allégation.
24 cas de harcèlement ou d’abus sexuels en 2017
Dans l’article de la BBC, trois anciennes employées accusent des travailleurs humanitaires, en poste au Kenya, au Liberia et en Afrique centrale, d’avoir eu recours à des prostituées. Selon la chaîne, ces accusations visent des logisticiens, et non des médecins ou infirmiers.
En février, dans la foulée de la révélation de scandales sexuels au sein de l’ONG Oxfam, MSF, qui emploie plus de 40 000 personnes dans le monde, avait dit avoir reçu, en 2017, 146 plaintes ou signalements pour des discriminations, abus de pouvoir ou comportements inappropriés. Parmi ceux-ci, 24 cas de harcèlement ou d’abus sexuels avaient été identifiés, donnant lieu à 19 licenciements.

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                Violences sexuelles par des humanitaires : les ONG peinent à trouver des solutions






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ « Comme toutes les idées simples bâties sur des clichés simplistes, les guerres commerciales ne font que des perdants », explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste au « Monde »
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« Donald frappe la Chine, puis l’Europe, qui répondent, et, au final, tout le monde y perd »

« Comme toutes les idées simples bâties sur des clichés simplistes, les guerres commerciales ne font que des perdants », explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste au « Monde »



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h44
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Chacun ses clichés. Pour les Européens, l’Amérique éternelle sera toujours celle du Sud profond où de vieux fermiers fatigués en salopette de toile sirotent un bourbon et chiquent du tabac de Virginie sur le rocking-chair de leur véranda au soleil couchant. Un air de blues, une Harley-Davidson et un pick-up Ford au garage.

Cherchant le symbole facile, l’Union européenne a pointé du doigt le beurre de cacahuète, le bourbon, le tabac, les jeans et les « motos d’une cylindrée supérieure à 500 cm3 », dans sa liste des produits américains qui devraient être taxés à l’entrée du Vieux Continent. Une mesure de rétorsion aux taxes imposées par Washington sur l’acier et l’aluminium européens.
Toujours en quête d’un bouc émissaire
Pour Donald Trump et ses amis, toujours en quête d’un bouc émissaire facile à identifier, le symbole de l’Europe est une étoile. Celle qui orne depuis presque cent ans le capot des Mercedes. Le président des Etats-Unis n’en peut plus de voir ces grosses berlines et 4×4 allemands défiler sous ses fenêtres de la Ve Avenue, à New York.
Alors, en mars 2018, dans un hangar de Pittsburgh, devant un public acquis, il a prévenu que, si les Européens ne supprimaient pas leurs droits de douane, il allait, lui, taxer Mercedes-Benz et BMW. Normal, n’est-ce pas ? Devant ses électeurs, des « petits Blancs » victimes de la mondialisation, il respectait sa parole en frappant les deux bourreaux de l’Amérique : la Chine et l’Allemagne, coupables d’avoir désindustrialisé son pays.

A idées simples, mesures simples, des droits de douane sont immédiatement appliqués sur l’acier et l’aluminium et nombre de produits chinois, pour une valeur de 50 milliards de dollars, avec la possibilité de 200 milliards supplémentaires en cas de rétorsion, voire de 200 autres milliards, jusqu’à taxer la totalité des 500 milliards d’importations annuelles chinoises...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Les ministres du travail de l’UE ont changé les règles, ce qui va améliorer les comptes de l’Unédic.
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L’indemnisation des travailleurs frontaliers bouleversée

Les ministres du travail de l’UE ont changé les règles, ce qui va améliorer les comptes de l’Unédic.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h45
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
C’est une bonne nouvelle pour les comptes de l’assurance-chômage – moins bonne, en revanche, pour une petite minorité de demandeurs d’emploi. Réunis à Luxembourg dans le cadre d’un conseil consacré à la politique sociale de l’Union européenne (UE), les ministres des Vingt-Huit chargés du travail sont tombés d’accord, jeudi 21 juin, pour modifier les règles d’indemnisation des travailleurs frontaliers qui ont perdu leur poste. Une décision qui devrait diminuer de plusieurs centaines de millions d’euros par an les dépenses de l’Unédic, l’association paritaire qui pilote le régime de protection des chômeurs en France, dont la dette a atteint 33,5 milliards, fin 2017.
A l’heure actuelle, les personnes établies dans l’Hexagone et travaillant dans un pays limitrophe sont soumises à une législation singulière : elles cotisent à l’assurance-chômage de l’Etat où elles sont employées, mais sont prises en charge par l’Unédic lorsque leur contrat prend fin. Leurs droits sont rigoureusement identiques à ceux d’un chômeur ayant exercé une activité en France (qu’il s’agisse du calcul de l’allocation, de la durée pendant laquelle celle-ci est attribuée, etc.).

En outre, l’Etat où la personne travaillait est tenu de rembourser au pays de résidence le montant des prestations versées, mais dans une certaine limite. Ces dispositions découlent d’un règlement communautaire qui s’applique aux nations membres de l’UE depuis 2010, et à la Suisse depuis 2012.
Une règle inversée
Or, un tel dispositif « est défavorable à la France », comme le souligne l’Unédic, dans un rapport de septembre 2016. Notre pays verse « quatre à cinq fois plus d’allocations » qu’il ne reçoit de subsides de ses voisins ayant enrôlé de la main-d’œuvre tricolore. La situation s’est même dégradée depuis les années 2000, aboutissant à une perte nette, pour l’Unédic, de 673 millions d’euros en 2016, d’après le ministère du travail français (contre − 340 millions par an en moyenne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Pour les agences de notation, la dette du pays reste « très spéculative ». Le défi pour Athènes sera de se financer à un coût raisonnable après sa sortie du plan d’aide, prévue le 20 août.
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Le retour de la Grèce sur les marchés s’annonce délicat

Pour les agences de notation, la dette du pays reste « très spéculative ». Le défi pour Athènes sera de se financer à un coût raisonnable après sa sortie du plan d’aide, prévue le 20 août.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h33
    |

            Marie de Vergès








                        



   


C’est le corollaire de la fin très progressive de plus de huit ans d’assistance européenne : au terme du troisième plan d’aide, le 20 août, la Grèce est censée retourner se financer auprès des marchés. Un retour qui n’en est pas tout à fait un : au cours des douze mois écoulés, Athènes a déjà réalisé deux incursions auprès des investisseurs, en juillet 2017 puis en février 2018. Deux opérations qui se sont déroulées sans accrocs. 
« La différence, maintenant, c’est que les Grecs ne seront plus sous le parapluie du plan. En matière de signal donné aux investisseurs, il est donc très important que la première émission se passe bien, ce qui suppose de choisir au mieux son timing », souligne Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.

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                Grèce : les Européens s’accordent au forceps sur la sortie du plan d’aide



Le cap est important au regard des épreuves traversées. La Grèce ne se finance plus sur les marchés depuis 2010 : à l’époque, la montée en flèche de ses coûts d’emprunt lui en avait barré l’accès. Désormais, elle espère suivre la voie du Portugal. Egalement passé sous tutelle financière, le pays s’en est affranchi en 2014. Aujourd’hui, il emprunte à moins de 2 % sur dix ans.
Turbulences
La Grèce, dont la dette reste qualifiée de « très spéculative » par les agences de notation, pourra-t-elle aussi se financer à un coût raisonnable ? Actuellement, sur le marché secondaire (où se négocient les titres déjà émis), le taux de ses obligations à dix ans tourne autour de 4,3 %. Le 30 avril, ce taux n’était « que » de 3,85 %. Entre-temps, Athènes a fait les frais des turbulences provoquées par le risque politique italien.

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                « Les Grecs sont loin de voir le bout du tunnel de l’austérité »



« Cette détérioration complique un peu les choses, en plus des questions de fond qui vont continuer à se poser, sur le véritable état de santé de l’économie grecque et la soutenabilité de sa dette », estime Eric Dor, économiste à l’école de management Iéseg. La croissance est repartie, le tourisme tourne à plein régime, mais huit ans de crise ont laminé le tissu productif et l’investissement. Quant à la dette, elle reste la plus élevée au sein de l’Union européenne (180 % du PIB). Jeudi 21 juin, les Européens ont allégé ce fardeau en rallongeant les échéances de remboursement. Ils ont aussi doté la Grèce d’un « matelas financier » de 15 milliards d’euros pour amortir d’éventuelles complications sur les marchés.

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                Grâce au courage des Grecs et de Tsipras, la Grèce a survécu



« Mais le plus important, pour les investisseurs, c’est ce qui se passe au sein du gouvernement, assure M. Robin. A l’évidence, celui d’Alexis Tsipras [gauche radicale] a réussi le vote de confiance en rassurant sur sa volonté de poursuivre la consolidation budgétaire. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les pêcheurs britanniques, qui ont voté à 92 % en 2016 pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE, craignent de ne pas être défendus face à Bruxelles.
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Le Brexit laisse les pêcheurs britanniques à quai

Les pêcheurs britanniques, qui ont voté à 92 % en 2016 pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE, craignent de ne pas être défendus face à Bruxelles.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h16
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            


Pour la demi-douzaine de pêcheurs réunis sur la plage de galets de Selsey, au sud de l’Angleterre, la question ne fait aucun doute. Deux ans après le vote des Britanniques, le 23 juin 2016, pour sortir de l’Union européenne, « si on devait revoter, on choisirait encore le Brexit. Et on l’emporterait à une majorité encore plus forte », affirme Willie Pledger.

A 65 ans, dont quarante-deux ans de mer, après une matinée commencée encore une fois aux aurores, il raconte l’histoire d’un lent déclin. Dans ce gros village de 1 800 habitants, proche de Portsmouth, il y avait une trentaine de bateaux à ses débuts. Il en reste très exactement douze. Sur presque cent marins, une trentaine demeure, la plupart âgés et incertains de trouver une succession. M. Pledger, sourcils en broussaille et visage buriné, est le premier à reconnaître que l’Union européenne n’est pas la seule explication à ses maux. Mais c’est, d’après lui, un facteur déterminant. « Il faut qu’on reprenne le contrôle de nos eaux territoriales et qu’on arrête de laisser tout le monde se servir. »
Comme l’immense majorité des pêcheurs britanniques, qui ont voté à 92 % en faveur du Brexit, il revient sans cesse à une statistique qui résume le sentiment de se faire voler : dans les eaux britanniques (200 milles nautiques autour des côtes), 40 % des prises sont réalisées par les Britanniques, tandis que 60 % sont ramenées par les Européens. Au large de Selsey, les quotas pour le cabillaud sont encore plus frappants : 87 % appartiennent aux Français, 7 % aux Britanniques, le reste étant divisé entre d’autres pays européens.
« Se préparer à être déçus »
« A six miles des côtes [la limite réservée aux Britanniques], on voit les bateaux français et belges. A douze milles, on voit les néerlandais », témoigne Tony Delahunty, un pêcheur qui a vendu son bateau en décembre après quatre décennies d’activité. Son fils, qui travaillait avec lui,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le dirigeant turc pourrait perdre sa majorité si le parti kurde recueillait plus de 10 % des voix lors des élections présidentielle et législatives, dimanche.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Le vote des Kurdes, une menace pour Erdogan

Le dirigeant turc pourrait perdre sa majorité si le parti kurde recueillait plus de 10 % des voix lors des élections présidentielle et législatives, dimanche.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h42
    |

                            Allan Kaval








                        



                                


                            

A Diyarbakir, les apparences peuvent être trompeuses. Dans la grande ville du sud-est à majorité kurde de la Turquie, la propagande électorale foisonne. Des fanions frappés des logos des principales formations en lice flottent au-dessus des rues encombrées. Sur les murs s’étalent les portraits souriants accompagnés de slogans percutants des candidats à l’élection présidentielle et aux législatives qui se tiendront dimanche 24 juin. Tous les partis sont représentés et pourtant, à Diyarbakir comme dans le reste des régions kurdes dont la ville fait figure de capitale informelle, les enjeux du scrutin ne sont pas les mêmes qu’ailleurs.
Le Parti de la justice et du développement (AKP) du président Erdogan n’y a pas pour adversaire principal la coalition d’opposition qui le menace dans le reste du pays, dont l’influence reste ici marginale. Il cherche surtout à contrer le mouvement kurde, représenté par le Parti démocratique des peuples (HDP). Et cette bataille électorale a une importance décisive pour le pays tout entier. « Selon la loi électorale turque, si le HDP ne passe pas la barre des 10 % à l’échelle nationale, l’AKP, qui est en deuxième place dans la région grâce au vote conservateur, raflera tous les sièges dans les circonscriptions kurdes et aura une large majorité au Parlement », explique Sibel Yigitalp, députée HDP de Diyarbakir.
Conflit armé sans fin
Or, en pays kurde, la campagne électorale a ceci de particulier qu’elle est menée au cœur d’un conflit armé sans fin, celui qui oppose le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à l’Etat turc depuis 1984. A Diyarbakir, le long des avenues filent des blindés aux carrosseries anguleuses, toutes mitrailleuses dehors. Au-dessus des rues commerçantes et des terrasses de café, le bruit de la ville peut être soudain recouvert par le vrombissement d’avions de chasse au décollage. Les appareils dévoilent parfois leurs silhouettes effilées entre deux immeubles, avant d’aller frapper les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le fossé entre Etats membres de l’UE reste béant sur les enjeux migratoires, alors qu’un minisommet, organisé dimanche, sera boycotté par les dirigeants tchèque, slovaque, polonais et hongrois.
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Migration : les pays de l’Est refusent toute concession à Angela Merkel

Le fossé entre Etats membres de l’UE reste béant sur les enjeux migratoires, alors qu’un minisommet, organisé dimanche, sera boycotté par les dirigeants tchèque, slovaque, polonais et hongrois.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h03
    |

            Cécile Ducourtieux (Luxembourg, Envoyée spéciale), 
Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Tentative de conciliation à Bruxelles, décision de boycott à Budapest : plus que jamais, la crise politique née, notamment, du refus italien d’accueillir les navires des ONG de secours des migrants en Méditerranée creuse un gouffre entre deux Europe.
Celle que tente de coaliser la Commission, d’un côté, avec la réunion, dimanche 24 juin, d’un minisommet sur la migration. Simple « préparation » du Conseil européen qui aura lieu quatre jours plus tard à Bruxelles ? Beaucoup voient plutôt cette rencontre improvisée comme une tentative de sauver la chancelière allemande, Angela Merkel, en conflit ouvert avec Horst Seehofer, son ministre de l’intérieur et dirigeant de la CSU bavaroise, qui lui a indiqué que, faute de solution européenne aux questions de la migration, il fermerait, dans deux semaines, les frontières de l’Allemagne.
Pendant ce temps, les pays d’Europe de l’Est campent sur une posture d’opposition radicale. Les dirigeants tchèque, slovaque, polonais et hongrois, réunis jeudi à Budapest, se sont installés dans une position de défiance ouvertement exprimée en décidant de boycotter la réunion de dimanche. Le Hongrois Viktor Orban s’est agacé de ce qu’il estime être des traitements de faveur accordés à Angela Merkel, estimant que la Commission n’avait pas à sortir de son rôle en organisant un sommet parce que la chancelière se trouve en mauvaise posture.
Pour faire comprendre qu’il comptait peser sur les décisions à venir, Viktor Orban a adopté le style sémantique du chancelier autrichien, Sebastian Kurz, qui avait défendu la semaine dernière un « axe des bonnes volontés » entre les ministres de l’intérieur autrichien, italien et allemand pour durcir les politiques migratoires.
Sachant pertinemment qu’en allemand cette expression choque les consciences, parce qu’elle renvoie à l’axe Rome-Berlin scellé entre Mussolini et Hitler, il a évoqué un « axe Visegrad-Vienne » (le groupe de Visegrad réunit la Hongrie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Fabrice Pothier écrit que la nomination du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement espagnol oblige le président français à réfléchir à de nouvelles alliances, à un an des élections européennes.
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« L’arrivée de Pedro Sanchez au gouvernement espagnol, un nouveau dilemme pour Emmanuel Macron »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Fabrice Pothier écrit que la nomination du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement espagnol oblige le président français à réfléchir à de nouvelles alliances, à un an des élections européennes.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 11h16
    |

Fabrice Pothier (Directeur général des affaires stratégiques au cabinet de conseil Rasmussen Global et chercheur associé à l’International Institut...







                        



                                


                            

Tribune. L’arrivée d’un gouvernement de centre gauche ouvertement proeuropéen dans la péninsule ibérique apporte une bouffée d’oxygène à la stratégie européenne d’Emmanuel Macron. En mal d’alliés, faisant face à une Allemagne qui avance à petits pas, et à une Italie aux mains des populistes, Paris peut compter d’ores et déjà sur une convergence de vues avec la quatrième puissance économique de la zone euro.
Comme Macron, le nouveau premier ministre espagnol fait le pari du centre et de l’Europe afin de regagner le terrain perdu par les socialistes espagnols. Il ne serait pas surprenant si Sanchez allait jusqu’au bout de sa logique en faisant coïncider la date des prochaines élections législatives (fixées au plus tard le 26 juillet 2020) avec le scrutin européen de mai 2019 afin de s’appuyer sur sa ligne proeuropéenne pour devenir la première force au Parlement espagnol. Mais c’est là où le dilemme se pose pour Emmanuel Macron : choisir entre un allié de gouvernement ou un allié dans l’opposition avec le jeune parti centriste Ciuadadanos.

Ce dernier se voit comme le frère jumeau de la République en marche : un mouvement devenu parti, ancré au centre, et essayant de rompre avec le bipartisanisme fatigué qui a structuré l’Espagne depuis son retour à la démocratie. Ciudadanos est considéré comme la première force politique prête à rejoindre un nouveau groupe centriste européen envisagé par Macron pour les élections européennes de 2019.
A l’exception du Partido democratico italien, qui est en pleine crise, Ciudadanos pourrait apporter au groupe souhaité par Macron entre une dizaine et une quinzaine d’eurodéputés. Une manne non négligeable quand on sait qu’en deçà de cinquante députés un groupe parlementaire européen peine à peser dans le jeu byzantin du Parlement européen. Mais Ciudadanos est sous pression depuis le coup démocratique de Sanchez.
La perspective des élections européennes
Avant la motion de censure...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ En déplacement à Quimper, le chef de l’Etat a dénoncé les « donneurs de leçons » et la « lèpre » populiste qui monte en Europe.
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En Bretagne, Emmanuel Macron répond aux critiques sur les migrants

En déplacement à Quimper, le chef de l’Etat a dénoncé les « donneurs de leçons » et la « lèpre » populiste qui monte en Europe.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h26
    |

            Cédric Pietralunga








                        



   


Il y a près de onze ans, les Français y avaient découvert le caractère tempétueux de Nicolas Sarkozy. Arrivé six mois plus tôt à l’Elysée, l’ancien maire de Neuilly s’était rendu, en novembre 2007, sur le port du Guilvinec (Finistère) afin de répondre à la colère de pêcheurs asphyxiés par la hausse des prix du gasoil. A peine arrivé, dans une ambiance électrique, le chef de l’Etat avait été traité d’« enc… ! » par un marin juché sur le toit de la criée. « C’est toi qui a dit ça ? Eh ben descends un peu le dire, descends un peu ! », avait répliqué M. Sarkozy, entouré de ses gardes du corps. « Si je descends, je te mets un coup de boule », lui avait répondu le pêcheur, donnant le ton d’un quinquennat épileptique.
Onze ans plus tard, autre ambiance. Alors qu’il est lui aussi accusé de réactions parfois brutales lors de ses rencontres avec les Français, à l’image de la leçon donnée à un jeune collégien au Mont-Valérien, le 18 juin, Emmanuel Macron s’est offert à son tour une visite de la criée du port du Guilvinec, jeudi 21 juin, à l’occasion d’un déplacement de deux jours en Bretagne. Mais pas de colère ni de mots durs cette fois. Au contraire, le président de la République a joué le visiteur attentif, prenant le temps de discuter avec les représentants des pêcheurs, qui s’inquiètent du maintien par certains pays européens de la pêche électrique ou des conséquences du Brexit sur leurs zones de pêche.
Attitude thaumaturge
Durant tout son séjour, le président de la République a surtout pris soin d’apparaître au contact des Français. A plusieurs reprises, il s’est prêté à des bains de foule, où il a fait assaut d’intérêt et d’empathie, notamment auprès des enfants, auxquels il demandait systématiquement leur âge ou la classe qu’ils fréquentent à l’école. Au cap Fréhel (Côtes-d’Armor), mercredi, il s’est même longuement attardé avec un jeune handicapé, passionné de politique et qui rêvait de le rencontrer. Dans une attitude thaumaturge qu’il affectionne, le président lui a tenu la main tout au long de leur échange, devant l’objectif des caméras, et l’a invité à venir à l’Elysée pour assister aux festivités du 14-Juillet.
A en croire l’entourage du chef de l’Etat, ces mises en scène n’ont pourtant rien de fabriqué. « Le président aime aller au contact », assure un conseiller, qui dit devoir parfois le refréner, souvent sans succès. Aucun lien non plus avec les accusations d’arrogance qui ont fusé, notamment de la part de l’opposition, après la séquence du Mont-Valérien. « Si le président voulait apaiser ceux qui se soucient des polémiques, il irait au Café de Flore », ironise Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée, pour qui « il y a toujours un décalage entre les préoccupations des observateurs parisiens et le pays profond ».
Le naturel combatif du chef de l’Etat a d’ailleurs repris le dessus à plusieurs reprises lors de son périple breton. A l’occasion d’un discours, jeudi, à Quimper (Finistère), Emmanuel Macron a ainsi tenu à revenir sur les étiquettes que ses opposants tentent de coller à son costume. « On m’a parfois dit, il se peut qu’on me le dise encore : je serais le président des villes. Parfois on dit même des riches, de ceux qui réussissent. Je suis le président des Françaises et des Français, et je n’ai jamais cru à ces oppositions, et ces oppositions n’ont d’ailleurs jamais conduit à rien », a-t-il lancé devant un parterre de quelque 200 élus. « Ceux qui veulent faire ça, (…) comme les extrêmes, ils jouent sur les peurs parce qu’il y a une peur française qui va avec ce goût français de la justice, qui est un goût dont il ne faut jamais perdre le sel », a-t-il ajouté.
« Temps troublés »
Evoquant la question des migrants, et en creux celle de sa réaction jugée timorée face à la crise de l’Aquarius, le chef de l’Etat s’est aussi emporté contre « les donneurs de leçons » qui « m’expliquent qu’il faut accueillir tout le monde » sans voir « les fractures de la société française ». « Regardez ce que nous faisons aussi, et nous n’avons pas en rougir, a argumenté le président de la République, dont la loi asile et immigration a été critiquée par certains députés de sa majorité. Je veux que la France et la cohésion nationale se tiennent, que nos classes moyennes trouvent leur place. Et en même temps être à la hauteur de notre tradition d’accueil et en particulier de l’asile, ce qui ne veut pas dire tout et n’importe quoi. »
A quelques jours d’un sommet européen important sur le sujet des migrants et des réfugiés, le chef de l’Etat s’est ensuite lancé dans un plaidoyer europhile sans concession en faisant allusion à la situation politique dans certains pays européens. « On s’habitue à tous les extrêmes dans les pays qui, depuis des années, sont pourtant pro-européens comme nous. Et sur ce sujet, nos élites économiques, politiques, journalistiques ont une responsabilité immense », s’est agacé le président, qui trouve notamment les critiques contre le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, trop timides.
« Je vous demande de ne rien céder, dans ces temps troublés que nous vivons, de votre amour pour l’Europe, a-t-il poursuivi, alors que les élections européennes auront lieu en 2019. Beaucoup la détestent, mais ils la détestent depuis longtemps, et vous les voyez monter, comme une lèpre, un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c’était impossible de la voir réapparaître. Et des amis voisins, ils disent le pire et nous nous y habituons. »
Le mot de « lèpre » a été aussitôt commenté de l’autre côté des Alpes. « Si Macron cessait d’insulter et pratiquait concrètement la générosité qui emplit sa bouche, en accueillant les milliers d’immigrants que l’Italie a accueillis ces dernières années, ce serait mieux pour tout le monde, a rétorqué Matteo Salvini, selon l’agence de presse italienne AGI. Nous sommes peut-être des lépreux populistes. Mais je tire les leçons de ceux qui ouvrent leurs propres ports. Accueillez des milliers de migrants, et ensuite on pourra parler. » Dans les jours à venir, l’ambiance en Europe risque d’être moins bienveillante que celle qu’a connue M. Macron en Bretagne.



                            


                        

                        

