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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017.
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Mineurs sans papiers : quelle prise en charge en France ?

Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h24
    |

                            Simon Auffret








                        



   


Depuis le mois de mai, 2 500 jeunes migrants du Mexique et d’Amérique centrale ont été séparés de leurs parents en traversant la frontière avec les Etats-Unis, en application de la politique « tolérance zéro » mise en place par l’administration de Donald Trump. Plusieurs milliers d’autres adolescents ont tenté leur chance sans leur famille, et sont envoyés dans des centres d’hébergements dédiés aux migrants mineurs non accompagnés, dans l’attente du traitement de leur dossier d’asile.

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« Cet endroit est appelé un “refuge” mais ces enfants sont bel et bien incarcérés », décrit le journaliste Jacob Soboroff après avoir visité, le 15 juin, le plus grand de ces sites au Texas. Le président Donald Trump, devant l’ampleur internationale de la polémique, a signé mercredi 20 juin un décret pour empêcher la séparation des familles – apportant ainsi une réponse temporaire au débat sur la politique migratoire des Etats-Unis.
Les familles avec des enfants mineurs
En France, la séparation des familles et la rétention de mineurs non accompagnés sont illégales. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a pourtant dénoncé la gestion de l’accueil français à six reprises pour l’enfermement d’enfants en compagnie de leur famille dans des centres de rétention administrative (CRA) : ils étaient 306 en 2017, selon le contrôleur général des lieux de privation de liberté.

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                En France, en 2017, environ trois cents enfants étrangers ont été enfermés



En juillet 2012, la France est condamnée une première fois pour avoir violé l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme : un couple et deux enfants de cinq mois et trois ans ont été placés pendant quinze jours dans le centre de rétention administratif de Rouen. « Il convient de garder à l’esprit que la situation d’extrême vulnérabilité des enfants est déterminante et prédomine sur la qualité d’étranger en séjour illégal », rappelle la CEDH. Autrement dit : si le regroupement familial est obligatoire, il ne justifie pas l’enfermement d’enfants. Le discours européen sera le même dans les cinq autres condamnations concernant la France.
Des consignes sont alors envoyées aux préfets, responsables des dispositifs dans les départements, pour « appliquer la procédure d’assignation à résidence plutôt que le placement en rétention » lorsqu’il est décidé qu’une famille doit quitter le territoire français. Depuis, le nombre de mineurs enfermés a chuté avant de progressivement remonter à son plus haut niveau en cinq ans.


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Le nombre d'enfants en rétention administrative au plus haut depuis cinq ans
Etrangers de moins de 18 ans placés dans des CRA de métropole, selon les rapports de la Cimade (jusqu'en 2015) et de contrôleur général des lieux de privation de liberté.

Sources : Cimade, CGLPL



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Une hausse due à l’exploitation par certains préfets d’une mesure qui permet la rétention des familles « dans les quarante-huit heures précédant le départ programmé », pour faciliter l’organisation de sortie du territoire. Un « glissement vers l’enfermement » dénoncé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté dans un rapport publié le 14 juin 2018, surtout pratiqué dans deux CRA, ceux de Metz-Queuleu (Moselle) et du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).
Les mineurs non accompagnés
Comme pour les enfants avec leur famille, la rétention de jeunes arrivés seuls sur le territoire français est illégale – contrairement à la situation américaine, ils ne peuvent pas être contraints d’aller dans des centres d’hébergements.
Dans chaque département, l’aide sociale à l’enfance, sous tutelle du conseil départemental, est chargée de l’accueil et de la mise à l’abri des migrants mineurs sous le statut de protection de l’enfance, en partenariat avec le Dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers.

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                Comment sont pris en charge les mineurs isolés étrangers en France ?



Contrairement aux familles avec enfants, les mineurs non accompagnés ne peuvent faire l’objet de mesure d’éloignement. Leur prise en charge par les autorités n’est pas liée à leur demande d’asile. Ils sont considérés, par le droit français, comme des enfants avant d’être de jeunes migrants.
Un rapport parlementaire de juin 2017 dénombrait « près de 13 000 mineurs non accompagnés pris en charge par les services départementaux » en France, une statistique en constante augmentation qui s’oppose au nombre de places d’hébergement limitées. Cette saturation est en partie à l’origine de l’opposition entre les conseils départementaux et l’Etat sur la responsabilité des financements pour cet accueil.
Un autre point de tension entre les services de l’Etat est l’évaluation de l’âge des jeunes migrants, qui détermine de manière importante leur niveau de protection : certaines personnes, évaluées mineures dans un département, sont considérées majeures dans un autre, complexifiant les dispositifs d’accompagnement.
Alimentant les débats sur la limite d’âge, les départements demandent fréquemment une radiographie osseuse, dont la fiabilité est vivement critiquée médicalement et judiciairement. Limité aux derniers recours par la garde des sceaux Christiane Taubira en 2013, l’examen médical reste souvent pratiqué aujourd’hui. En décembre 2017, le défenseur des droits Jacques Toubon affirmait encore y être « fermement opposé », et demandait à ce qu’il soit proscrit.



                            


                        

                        


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<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La petite fille éplorée lors de l’arrestation de sa mère hondurienne à la frontière n’a pas été séparée d’elle.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

La fillette en larmes sur la couverture du « Time » n’avait pas été séparée de sa mère

La petite fille éplorée lors de l’arrestation de sa mère hondurienne à la frontière n’a pas été séparée d’elle.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h00
    |

                            Delphine Bernard-Bruls








                        


Sur sa dernière couverture, le magazine américain Time a réutilisé une photographie déjà célèbre montrant une fillette en larmes alors que sa mère est arrêtée par la police à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Placée face au président américain, Donald Trump, et à l’expression « Bienvenue en Amérique », la photo devait illustrer la politique migratoire de « tolérance zéro » qui a mené à plus de 2 000 séparations entre parents et enfants clandestins. Sauf que, contrairement à ce que de nombreux observateurs ont laissé penser, la mère et la fille n’ont pas été séparées à leur arrivée à McAllen, au Texas.

TIME’s new cover: A reckoning after Trump's border separation policy: What kind of country are we?… https://t.co/iRrT5dtbp8— TIME (@TIME)


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Le photographe de Getty Images, John Moore, savait que la fillette au gilet rose et sa mère arrivaient du Honduras, rien de plus. S’il ignorait que son cliché illustrerait le mouvement d’indignation contre la politique migratoire de M. Trump – contre laquelle ce dernier a finalement signé un décret le 20 juin – il ne savait pas plus que mère et fille n’avaient pas été séparées mais internées ensemble. Dans le Time, M. Moore a expliqué avoir photographié la mère et la fille dans la nuit du 12 au 13 juin alors qu’elles achevaient un mois de marche en direction des Etats-Unis.
Mise à jour tardive
Interrogé sur CNN, le photographe a souligné en début de semaine ne pas avoir été témoin d’une quelconque séparation, mais a rapporté que mère et fille « ont été envoyées vers un centre où elles ont peut-être été séparées », comme quelque 2 000 familles au cours de ces deux derniers mois. Le Time a lui-même fait l’erreur : après avoir d’abord affirmé le 19 juin que mère et fille avaient été séparées, le magazine a ajouté une mise à jour au bas de son article.
« La version originale de cet article a fait une fausse affirmation quant au sort de la petite fille après la photographie. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. »
A des milliers de kilomètres de là, au Honduras, Denis Javier Varela Hernandez a reconnu la bambine en larmes figurant sur la photo devenue virale, et assuré qu’il s’agissait de sa fille, qu’il n’avait pas vue depuis plusieurs semaines. Il a d’abord affirmé cela, mardi sur la chaîne de télévision sud-américaine Univision : « Cette photo… dès que je l’ai vue j’ai su que c’était ma fille. » Il a répété cette affirmation au quotidien britannique Daily Mail, précisant que sa compagne ne l’avait pas mis au courant de ses projets de migration vers les Etats-Unis. Sans nouvelles d’elle depuis son départ, il a appris la semaine dernière qu’elle avait été interpellée à son arrivée au Texas, mais internée avec sa fille.
D’autres sources sont venues corroborer les propos du père, resté au Honduras : « La mère et la fille n’ont pas été séparées », a déclaré une porte-parole des autorités douanières et frontalières au Daily Beast. Côté hondurien, la ministre adjointe des relations internationales, Nelly Jerez, a confirmé le récit du père auprès de l’agence de presse Reuters. Optimiste, ce dernier a estimé que « si elles sont déportées, ça ne fait rien, tant qu’ils ne laissent pas l’enfant sans sa mère ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ La Grande Ile est plongée dans la crise depuis deux mois. Le processus électoral est suspendu aux affrontements entre les trois principales figures politiques du pays.
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Analyse

Madagascar rattrapée par ses vieux démons

La Grande Ile est plongée dans la crise depuis deux mois. Le processus électoral est suspendu aux affrontements entre les trois principales figures politiques du pays.

Laurence Caramel
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-22T16:53:28+02:00"

        Le 22.06.2018 à 16h53






                        

Crédits : RIJASOLO / AFP


                    
Deux mois après le début de la crise provoquée par l’adoption de lois électorales non conformes à la Constitution et la répression des manifestations qui a suivi, le feu couve toujours à Madagascar.
Le président de la République, Hery Rajaonarimampianina, accusé d’avoir acheté des votes de parlementaires, a échappé à la destitution réclamée par ses opposants. Un premier ministre et un gouvernement dits « de consensus » ont été désignés, avec pour mission de conduire à son terme le processus électoral. Pour autant, les affrontements ouverts et les tractations secrètes entre les principaux partis politiques et leurs candidats supposés continuent d’alimenter l’instabilité et donnent une nouvelle fois le spectacle d’une classe politique davantage préoccupée par la défense de ses propres intérêts que par l’avenir du pays.

Les trois grands prétendants – dont aucun n’a annoncé officiellement sa candidature – sont bien connus. Il s’agit de Marc Ravalomanana, président chassé du pouvoir en 2009 par le maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina (probable candidat lui aussi), avec le soutien de l’armée. Le président déchu et le putschiste – rebaptisé président d’une « Transition » qui dura cinq ans – n’avaient pas été autorisés à se présenter à l’élection de 2013. C’est alors Hery Rajaonarimampianina, ministre des finances de M. Rajoelina, qui avait été choisi par son mentor pour affronter les urnes (il devrait briguer un second mandat).
La loyauté attendue en retour ne fut pas au rendez-vous, mais cette « trahison » n’a pas modifié les mœurs politiques qui minent la Grande Ile. Détournement de fonds publics, scandales de corruption et trafics de matières premières ont rapidement refait surface, malgré les promesses de jours nouveaux.
Retour des bailleurs de fonds
Habitués à ces jeux de pouvoir dont ils n’ont jusqu’à présent rien retiré, les Malgaches semblent patienter avec une sorte de fatalité. En dehors de la capitale, où l’occupation de la...



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<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Selon les sondages, le candidat du Parti républicain du peuple, Muharrem Ince, devrait se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ 
<article-nb="2018/06/22/19-6">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le premier ministre tchèque a évoqué vendredi un contrôle par la police mais aussi par les douaniers et l’armée en cas d’urgence.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

La République tchèque refoulera les migrants illégaux si l’Autriche et l’Allemagne font de même

Le premier ministre tchèque a évoqué vendredi un contrôle par la police mais aussi par les douaniers et l’armée en cas d’urgence.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h22
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h26
   





                        



   


Le premier ministre tchèque, Andrej Babis, a déclaré vendredi 22 juin, à la sortie du conseil des ministres à Prague, que son pays prendrait des dispositions pour refouler les migrants arrivant à sa frontière si l’Allemagne et l’Autriche prenaient une telle mesure.
« Nous ne pouvons pas permettre que les migrants illégaux entrent sur notre territoire, parce que ce serait ensuite notre problème et c’est ce que nous ne souhaitons pas, a dit le chef du gouvernement tchèque. Cela veut dire que nous irons immédiatement aux passages frontaliers pour contrôler notre frontière. »
« Les passagers frontaliers seront contrôlés dans ce cas-là par la police, mais nous avons aussi un plan d’urgence aux termes duquel les douaniers et éventuellement l’armée seront déployés », a ajouté M. Babis, qui a convoqué pour vendredi après-midi une réunion du conseil de sécurité de l’Etat.

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                Migration : les pays de l’Est refusent toute concession à Angela Merkel



Favorables à d’autres attributions pour Frontex
Selon lui, « la frontière sud de l’UE doit être défendue par les Etats tels que la Grèce, l’Italie, Malte et l’Espagne et les autres Etats doivent les aider ». M. Babis s’est également prononcé en faveur d’un « changement de compétences » de l’agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes Frontex au cas où ses effectifs seraient portés à 10 000 employés d’ici 2020, comme le réclame l’Italie depuis longtemps.
« Il n’est pas possible de dépenser tant d’argent [pour Frontex] pour ne faire que du monitoring de la migration illégale et pour voir se développer le business des mafias de passeurs. Frontex doit opérer hors de l’Europe, a affirmé le premier ministre tchèque. La solution est très simple : les bateaux [avec les migrants] ne doivent pas prendre la mer. »
Le ministre de l’intérieur allemand, Horst Seehofer, a prévenu lundi qu’il serait prêt « en juillet » à « refouler immédiatement » les migrants arrivant aux frontières allemandes en provenance d’un autre pays européen si la chancelière Angela Merkel ne parvenait pas à une solution « équivalente » à l’occasion du sommet de l’Union européenne prévu les 28 et 29 juin.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le chancelier autrichien doit son ascension politique à son discours de fermeté.
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Sebastian Kurz, nouveau visage de la « lutte contre l’immigration »

Le chancelier autrichien doit son ascension politique à son discours de fermeté.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h27
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Il avait remporté les législatives en octobre 2017 en misant tout sur l’immigration. C’est encore en portant quotidiennement dans les médias ce sujet que Sebastian Kurz, 31 ans, entend faire de sa présidence de l’Union européenne pour six mois, à partir du 1er juillet, un succès de politique intérieure.
Peu importe, semble-t-il, que les arrivées clandestines sur le continent aient été largement réduites, depuis la crise historique de 2015. Que la France soit devenue le pays d’Europe dans lequel le plus grand nombre de demandes d’asile aient été déposées en 2018 ne semble pas non plus faire ciller l’un des plus jeunes dirigeants de la planète, à 31 ans seulement.
Il n’a pas achevé ses études de droit et mène ses troupes à la manière douce de ceux qui n’ont pas besoin d’élever la voix, tout en répétant à longueur de journée qu’il faut renforcer les frontières extérieures de Schengen, arrêter d’instruire les demandes au sein de l’Union européenne et créer des camps pour « trier » les migrants économiques des personnes éligibles à l’asile. Le nombre de demandes de protection déposées en Autriche ne cesse pourtant de décroître. Il est passé de 88 340 en 2015 à 24 296 en 2016.
Le gouvernement autrichien craint que les chiffres ne repartent à la hausse, car depuis l’affaire de l’Aquarius en Italie, les routes migratoires pourraient de nouveau se mouvoir. Mais même si le nombre de migrants a sensiblement augmenté ces derniers mois dans les Balkans, il reste peu probable qu’une arrivée aussi massive que celle de 2015 ne se reproduire, comme Sebastian Kurz, yeux bleus et cheveux blonds invariablement gominés en arrière, le laisse régulièrement entendre.
Même si son discours de fermeté n’a pas changé ces deux dernières années, Sebastian Kurz, avec son air posé et ses bonnes manières, est devenu plutôt récemment l’une des principales figures européennes incarnant la « fermeté » sur le sujet.
Personnalité clivante
Et cela ne doit rien au hasard : ancien des jeunesses conservatrices autrichiennes, qu’il a présidées dès 2009, il porte une attention particulière à la sémantique, à la gestuelle et à la communication visuelle en politique. Détesté par une grande partie de la gauche, encore puissante en Autriche puisque le Parti social-démocrate (SPÖ) reste la deuxième force politique actuelle, il est adulé de manière irrationnelle par une partie importante de la population, dépassant les clivages politiques traditionnels.
À la tête d’un gouvernement regroupant les conservateurs et l’extrême droite, il est désormais en capacité d’appliquer les idées qu’il prônait lorsqu’il était ministre des affaires étrangères, mais que le SPÖ, alors au pouvoir en coalition avec lui, bloquait. Son visage est moins poupin et ses propos moins lisses que lorsqu’il a décroché son premier secrétariat d’Etat – à l’intégration, déjà – à 24 ans. Il compte se servir de la présidence de l’Union pour affaiblir la chancelière allemande Angela Merkel, à qui il reproche d’avoir manqué de vision historique en ouvrant grand les portes de son pays, il y a bientôt trois ans. Car Sebastian Kurz, même s’il appartient à la famille du Parti populaire européen (PPE), s’en prend principalement à son propre camp sur le sujet.
Figure politique autrichienne la plus connue à l’étranger depuis Jörg Haider, ce Viennois manie un style de gouvernance très éloigné de celui de dirigeants tels que Vladimir Poutine, Viktor Orban, Matteo Salvini ou Donald Trump. Issu d’un milieu modeste (son père est technicien, sa mère enseignante), réduisant l’exposition de sa compagne au strict minimum protocolaire, il avait déjà œuvré en 2016 pour fermer la route des Balkans, poussant Mme Merkel, pour éviter une nouvelle crise dramatique en Grèce, à passer un accord controversé avec la Turquie, afin que cette dernière retienne les migrants présents sur son territoire.
Cheval de Troie
La même année, il proposait de conduire vers une île de la Méditerranée les migrants interceptés en mer. C’est dans une même logique qu’il attise désormais les tensions en Europe, soutenant le dirigeant hongrois, les élus bavarois de la CSU, le nouveau gouvernement italien et certains responsables politiques scandinaves dans leur volonté de redéfinir les règles de l’asile au niveau européen.

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Quitte à sembler avoir un double agenda. Alors qu’il dévoilait les priorités de la présidence autrichienne pour l’Union européenne au début du mois de juin, se présentant comme un « pont » favorisant le dialogue entre l’Est et l’Ouest sur les questions migratoires, le gouvernement danois éventait des discussions secrètes, menées par l’Autriche avec plusieurs pays membres – mais pas la France – pour ouvrir des camps, dans lesquels seraient envoyés les déboutés de l’asile en dehors de l’Union européenne. Or ce projet ne figurait aucunement dans les soixante-six pages présentées par Vienne à la Commission européenne, pour les six mois à venir, ce qui jette le trouble sur ses intentions, certains voyant déjà en lui un cheval de Troie à même de rendre les thèses de l’extrême droite majoritaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Reportage chez les marins pêcheurs du sud de l’Angleterre, à Selsey, qui ont peur d’être « trahis » par leur gouvernement dans les négociations avec Bruxelles sur le Brexit.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Pour mettre fin à l’« impunité », le haut-commissaire aux droits de l’homme demande l’ouverture d’une enquête internationale.
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Droits de l’homme : rapport accablant de l’ONU sur le Venezuela

Pour mettre fin à l’« impunité », le haut-commissaire aux droits de l’homme demande l’ouverture d’une enquête internationale.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h04
   





                        



   


Usage de la force excessive, détentions arbitraires, tortures et mauvais traitements… Le nouveau rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur la situation au Venezuela, publié vendredi 22 juin, est accablant. Ce document est publié un an après un premier rapport, tout aussi alarmant.
L’enquête de l’ONU accuse notamment diverses forces de sécurité vénézuéliennes d’avoir procédé depuis 2015 à plus de 500 exécutions extrajudiciaires, visant surtout des jeunes dans les quartiers pauvres, dans le cadre d’opérations de lutte contre la criminalité, entre juillet 2015 et mars 2017. Ces chiffres s’appuient sur des statistiques de l’ancien procureur général, désormais en exil.
« Ces opérations de lutte contre la criminalité étaient un exercice visant à montrer que le gouvernement est sérieux dans la lutte contre la criminalité », a expliqué aux médias une porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani.
« Engagement accru » de la Cour pénale internationale
Face à cette situation « lamentable », Zeid Ra’ad Al-Hussein, le haut-commissaire aux droits de l’homme, appelle à créer une commission d’enquête internationale et demande un « engagement accru » de la Cour pénale internationale.
« Etant donné que l’Etat ne semble ni capable ni disposé à poursuivre les auteurs de violations graves des droits de l’homme, il y a de solides raisons de demander un engagement accru de la Cour pénale internationale, a-t-il estimé. L’impunité doit cesser. »
Le Haut-Commissariat demande aussi la création d’une commission d’enquête internationale par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, comme il en existe pour la Syrie.

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Les autorités vénézuéliennes ayant refusé l’accès du pays aux experts de l’ONU, ce rapport est basé sur une série d’interviews, réalisées à distance par une équipe de spécialistes des droits humains, auprès de quelque 150 personnes, dont des victimes et leurs familles, ainsi que des témoins, des journalistes, des avocats et des médecins notamment.
Détentions « plus sélectives »
Ces témoignages ont montré que les méthodes pour « intimider et réprimer l’opposition politique ou toute personne perçue comme étant une menace au gouvernement » se poursuivent, mais que « ces détentions sont devenues plus sélectives que durant la période des manifestations », visant des activistes, des étudiants, des défenseurs des droits humains, des travailleurs des médias et des membres des forces armées.
Au moins 12 320 personnes ont été détenues dans le pays entre janvier 2014 et avril 2018, et plus de 7 000 d’entre elles ont été libérées avec comme condition de respecter un certain nombre de mesures limitant leurs libertés, détaille le rapport, utilisant des éléments communiqués par des représentants de la société civile. Au moins 570 personnes, dont 35 enfants, ont été détenues depuis août.
Le président Maduro, au pouvoir depuis 2013, a été récemment réélu jusqu’en 2025, au terme d’un scrutin vivement critiqué à l’étranger.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.
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Pétrole : l’OPEP, sous la pression de Trump, décide d’une modeste augmentation de la production

L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h59
    |

                            Nabil Wakim (Vienne, envoyé spécial)








                        


Les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont finalement accepté, vendredi 22 juin, de relever leur production, sous la pression du président états-unien, Donald Trump, qui estimait que la stratégie du cartel pétrolier avait trop fait monter les prix du pétrole.
Les Saoudiens s’étaient décidés à augmenter la production pour faire baisser les prix, mais l’Iran s’est opposé à cette stratégie. Jeudi soir, à Vienne, le ministre du pétrole iranien a claqué la porte d’une réunion préparatoire, pour signifier son désaccord quant à une hausse de production.
Il a fallu une négociation serrée dans les couloirs feutrés du secrétariat de l’OPEP, vendredi matin, pour trouver une formule qui convienne aux différents pays de l’organisation, et qui recueille l’assentiment de son puissant partenaire russe.
Respecter l’accord de novembre 2016
Le cartel est donc parvenu à un accord qui ne mentionne pas le volume de la hausse de production, même si le ministre du pétrole saoudien, à la manœuvre dans les négociations, a estimé qu’elle serait équivalente à un million de barils par jour.
Pour arriver à ce tour de passe-passe, l’OPEP a trouvé une astuce. En novembre 2016, l’Organisation, la Russie et plusieurs autres pays producteurs de pétrole s’étaient mis d’accord pour réduire la production de 1,8 million de barils par jour, pour faire remonter les prix mondiaux du pétrole, qui s’étaient effondrés. Mais la déroute pétrolière et économique du Venezuela, ainsi que les difficultés en Libye et en Angola, ont amené le cartel a largement dépasser ces quotas de réduction, passant à 2,8 millions de barils par jour de réduction, au lieu de 1,8 million prévu.
Résultat : ce nouvel accord de juin 2018 consiste surtout… à respecter l’accord de novembre 2016. « Nous avons collectivement décidé que nous devons atteindre cet objectif à 100 % », a expliqué le président par intérim de l’OPEP, l’Emirati Souhail Al-Mazroui.
Il a admis qu’il y avait « des différences entre certains pays » du cartel, et que cela ne permettait pas de préciser une répartition des hausses de production. Interrogé à plusieurs reprises sur le sujet, M. Al-Mazroui s’est contenté de répondre qu’il s’agissait d’un « objectif collectif » et qu’il représentait déjà « un défi » pour certains pays.
« Ce n’est pas transparent »
Ce qui veut dire que certains pays – comme l’Arabie saoudite – peuvent augmenter leur production de manière significative pour répondre à la demande du marché, alors que d’autres, qui ne peuvent pas extraire plus – comme le Venezuela ou l’Iran – n’auront pas à le faire. D’autant que l’OPEP ne s’est dotée d’aucun instrument de contrôle du respect de ses engagements.
Autrement dit, l’Arabie saoudite pourra afficher une augmentation de la production et l’Iran pourra affirmer que le contrat de novembre 2016 est toujours en vigueur. De quoi contenter tout le monde au sein du cartel.
« De fait, cet accord laisse les Saoudiens produire autant qu’ils veulent. Le seul problème c’est ce que ce n’est pas transparent », confiait un très bon connaisseur du cartel. « S’il n’y a pas de détails spécifiques sur la hausse de la production, il n’est pas sûr que cela plaise beaucoup aux marchés », estimait ainsi l’analyste Cornelia Meyer. De fait, le prix du baril a continué à augmenter pendant l’annonce de l’accord trouvé à l’Opep, signe que cette hausse de production ne sera peut-être pas suffisante pour faire baisser les prix.
Mais il n’est pas sûr que Donald Trump se satisfasse d’un accord moins décisif que ce qu’il espérait. Le président américain a réagi dans la foulée sur Twitter : « Espérons que l’OPEP va accroître sa production de manière significative. Il faut faire baisser les prix ! ». Une manière de continuer à mettre la pression sur les Saoudiens et leurs partenaires.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Analyse. Jérôme Gautheret, notre correspondant à Rome, explique pourquoi malgré les rodomontades de Matteo Salvini, ministre de l’intérieur italien, les impératifs du droit de la mer subsistent.
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édition abonné


Migrants : « L’hystérisation du débat sur l’action des ONG en mer est difficilement compréhensible »

Analyse. Jérôme Gautheret, notre correspondant à Rome, explique pourquoi malgré les rodomontades de Matteo Salvini, ministre de l’intérieur italien, les impératifs du droit de la mer subsistent.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h54
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. Alors que le monde avait les yeux tournés vers l’Aquarius, dont les 629 passagers, secourus dans la nuit du 9 au 10 juin au large des côtes libyennes, ont été finalement recueillis à Valence, en Espagne, après une semaine d’errance, un autre drame est passé largement inaperçu. Mardi 19 juin, deux jours après l’annonce par Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur, que les ports italiens étaient fermés aux navires humanitaires jusqu’à nouvel ordre, 41 migrants ont été secourus par un navire militaire américain, l’USS Trenton, après le naufrage de leur embarcation.
Le Trenton est aussitôt entré en contact avec l’équipage d’un navire d’ONG, le Sea Watch 3, pour organiser un transbordement, et aussi coordonner une macabre tâche, celle de repêcher les cadavres aperçus à la surface – les marins américains en ont repéré une douzaine.
Lorsque le navire humanitaire se retourne vers les autorités de Rome pour s’assurer qu’il pourra ensuite débarquer les personnes secourues dans un port italien, il se heurte à une fin de non-recevoir. Sea Watch 3 n’aura donc d’autre choix que de refuser de prendre à son bord les rescapés, tandis que le Trenton, ne disposant pas d’une chambre froide, renonçait à repêcher les cadavres. Après une semaine de péripéties diverses, les rescapés recueillis par le Trenton, ainsi que 480 autres migrants, ont été débarqués en catimini, mardi 19 juin au soir, dans le port de Pozzallo (au sud de la Sicile) depuis un navire de gardes-côtes italiens. Combien de personnes ont été englouties dans le naufrage ? Nul n’en saura jamais rien avec certitude.
Les rodomontades de M. Salvini n’y changeront pas grand-chose : même sans la présence des ONG, les impératifs du droit de la mer subsistent. En premier lieu, un principe universel, rappelé par la convention de Montego Bay, en 1982 : celui de l’obligation absolue de porter secours aux navires en détresse.
Opération...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le président Emmanuel Macron se rend au Saint-Siège, mardi 26 juin, pour sa première rencontre avec le pape François. L’ambassadeur de France, Philippe Zeller, supervise un protocole bien huilé.
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L’art (délicat) de préparer une visite présidentielle au Vatican


                      Le président Emmanuel Macron se rend au Saint-Siège, mardi 26 juin, pour sa première rencontre avec le pape François. L’ambassadeur de France, Philippe Zeller, supervise un protocole bien huilé.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h31
    |

                            Delphine Paillard








   


A la Villa Bonaparte, siège romain de l’ambassade de France près le Saint-Siège, le téléphone ne cesse de retentir. A l’autre bout du fil, l’Elysée veut savoir où en sont les préparatifs. Le 26 juin, Emmanuel Macron est attendu à Rome pour sa première visite au Vatican. A quelques semaines de la fin de sa mission, l’ambassadeur Philippe Zeller n’a pas droit à l’erreur. Un exercice à la fois banal, pour un diplomate en fin de carrière, et délicat. Car le Vatican n’est pas un Etat comme les autres. Et la France laïque ne facilite pas l’exercice. Deux mois après son discours au Collège des bernardins, le président poursuit son opération séduction de l’électorat catholique.
Jean Landousie, « l’homme qui murmure à l’oreille du pape »
Contrairement à son prédécesseur, il prendra officiellement possession de son titre de chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean-de-Latran. La tradition remonte à Henri IV. En remerciement d’un don, la cathédrale du pape attribua ce titre au roi de France. Relancé par René Coty en 1957, le rite sert depuis de prétexte à chaque président pour défendre sa propre vision de la laïcité. Si le général de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy sont venus en personne prendre possession du titre, ni Georges Pompidou, ni François Mitterrand, ni François Hollande ne l’ont fait – bien qu’ils l’aient accepté formellement.

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Côté Vatican, le protocole est bien huilé : l’incontournable audience avec le pape puis avec son secrétaire d’Etat au palais apostolique dans la matinée, suivie par la cérémonie au Latran dans l’après-midi. En attendant le jour J, au premier étage du palais pontifical, toute la section francophone de la secrétairerie d’Etat s’active pour aider le pape avant sa rencontre avec le jeune président français. A la manœuvre, le père Jean Landousie, 70 ans, dont vingt à Alger, puis vingt autres aux services diplomatiques du Saint-Siège. Surnommé « l’homme qui murmure à l’oreille du pape », il servit d’interprète à Jean Paul II, Benoît XVI puis François lors de leurs tête-à-tête avec les chefs d’Etat francophones. En novembre 2015, il prépara la visite sous haute sécurité de François en Centrafrique. Pour l’heure, le prêtre breton aux yeux rieurs supervise les notes de synthèse et les éléments de langage qui seront utilisés lors de l’audience papale.
« On cherche à donner toutes les clés pour que le président puisse, surtout si c’est une première rencontre, immédiatement toucher juste. » Bruno Joubert, ambassadeur de 2012 à 2015
De son côté, Philippe Zeller s’efforce de recueillir le plus de données possible sur les sujets que compte aborder le Saint-Siège, afin de les transmettre au conseiller pour les affaires religieuses du Quai d’Orsay. En réalité, chaque service diplomatique a besoin de l’autre. Plusieurs rencontres informelles ont lieu entre l’ambassadeur et les minutanti, ces fonctionnaires du Vatican chargés de dossiers confidentiels. « On se donne des indications, sur un ton très diplomatique et allusif, sur l’état d’esprit dans lequel la réunion aura lieu, confie Bruno Joubert, son prédécesseur à la Villa Bonaparte de 2012 à 2015. Pour la visite de M. Hollande, en 2014, le Vatican nous avait dit : “Il n’y a pas de mauvais sentiment.” » Un message d’apaisement dans un contexte tendu, un an après la loi sur le mariage pour tous. Le briefing continue jusqu’au dernier moment : « Dans la voiture pour le Vatican, j’avais donné plusieurs conseils à M. Hollande sur le tempérament du pape, les sujets auxquels il était plus sensible, confie Bruno Joubert. On cherche à donner toutes les clés pour que le président puisse, surtout si c’est une première rencontre, immédiatement toucher juste. »

   


Car l’audience peut aussi très mal se passer. Tous les ambassadeurs ont en tête la visite catastrophique de Valéry Giscard d’Estaing en décembre 1975. Le président était ressorti furieux de son entretien avec Paul VI, qui l’avait longuement rabroué à propos de la loi Veil sur l’IVG, promulguée en janvier 1975. Le sujet ne devait pas être abordé. L’ambassadeur près le Saint-Siège fut rappelé à Paris. Il ne se remit jamais de cette humiliation. C’est en tout cas ce qu’il expliqua, un an plus tard, lorsqu’il assassina femme et enfant avant de se suicider en prison.
Les lois de bioéthique et la PMA
Le tête-à-tête papal est souvent l’occasion de revenir sur les grands débats de société qui inquiètent l’Eglise catholique. La prochaine révision des lois de bioéthique, avec la possible ouverture de la PMA aux femmes célibataires ou aux couples de femmes, sera sans aucun doute au menu. Lors du deuxième entretien, plus technique, l’accent est mis sur les relations internationales, chaque partie échange des renseignements, explique une source bien informée proche de la Villa Bonaparte. Le Vatican pourrait donner des informations précises sur la situation en Terre sainte, où il a d’importants contacts. L’immigration et l’Europe seront au cœur de la discussion, mais aussi le Moyen-Orient ou encore le traité d’interdiction des armes nucléaires, ratifié en septembre 2017 par le Saint-Siège à l’ONU.
Petit déjeuner avec Sant’Egidio
Philippe Zeller et ses conseillers ont aussi planché sur le savant plan de table du déjeuner formel à la Villa Bonaparte, qui réunira la délégation présidentielle et les hautes personnalités de la Curie romaine. A 16 heures, direction la basilique Saint-Jean-de-Latran, au sud-est du centre de Rome, pour devenir chanoine d’honneur. Une brève cérémonie religieuse, sans messe, qui se poursuivra au palais du Latran, où l’évêque auxiliaire de Rome, Angelo De Donatis, s’adressera au président, lequel lui répondra par une brève allocution. Ici, l’ambassade conseille, mais c’est surtout l’Elysée qui pilote : pas question de réitérer le « discours du Latran » de Sarkozy, qui avait suscité des critiques durant tout son quinquennat, notamment à cause de cette phrase : « L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé. »

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Après avoir déclaré qu’il souhaitait « réparer le lien entre l’Église et l’Etat » au Collège des bernardins, Macron a lui aussi été accusé d’« atteinte à la laïcité ». L’ambassadeur planche sur une rencontre en fin de journée à la Villa Bonaparte, avec des Français, religieux et laïcs, liés au Vatican. Mais son équipe se concentre davantage sur l’aspect le plus compliqué de cette visite, décidément inhabituelle. Car Emmanuel Macron arrivera la veille au soir et logera au palais Farnèse, ambassade de France… en Italie. Un petit déjeuner avec la communauté de laïcs catholiques Sant’Egidio, très active dans l’accueil des migrants, serait encore à l’étude. Ce serait une habile façon de contourner le protocole – qui empêche toute rencontre du président avec l’administration italienne – pour envoyer un signal fort au nouveau pouvoir, après sa passe d’armes avec Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur, sur l’Aquarius… Et un briefing idéal avant son « grand oral » au Vatican : Sant’Egidio a joué un rôle de médiateur dans de nombreuses crises internationales, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le businessman laïque et républicain Ali Koç a été élu président du club de Fenerbahçe, le 3 juin, après vingt ans de règne d’Aziz Yildirim. L’opposition y voit une métaphore des élections anticipées du 24 juin.
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Football : en Turquie, les anti-Erdogan gagnent un président


                      Le businessman laïque et républicain Ali Koç a été élu président du club de Fenerbahçe, le 3 juin, après vingt ans de règne d’Aziz Yildirim. L’opposition y voit une métaphore des élections anticipées du 24 juin.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h05
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








   


Aux manettes de la Turquie depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan peut-il perdre les élections, législatives et présidentielle, anticipées par lui au dimanche 24 juin ? C’est ce que semble croire l’opposition, les kémalistes du Parti républicain du peuple (CHP), les nationalistes du Bon Parti et les islamistes du Parti de la félicité, unis contre lui – c’est une première – en vue du scrutin. Les anti-Erdogan misent d’autant plus sur la victoire qu’ils ont cru en déceler les prémices lorsque le club de Fenerbahçe, l’un des trois « géants » du football stambouliote avec Galatasaray et Besiktas, a changé de président de façon inattendue, à l’issue d’un vote, dimanche 3 juin.
Ancien d’Harvard et entrepreneur
Ce jour-là, l’homme d’affaires Ali Koç, 51 ans, ancien d’Harvard, issu d’une prestigieuse dynastie turque d’entrepreneurs, a été élu président du club en remplacement d’Aziz Yildirim, 65 ans, qui régnait sur Fenerbahçe depuis vingt ans. En cause, la mauvaise gestion du club et l’organisation de matchs truqués, onze pendant la saison 2010-2011, ce qui lui a valu une condamnation à six ans et trois mois de prison en 2011. Comme Aziz Yildirim est une personnalité connue, il n’a passé qu’un an à la prison de Metris, à Istanbul, avant d’en être libéré en juillet 2012. Il a alors retrouvé son poste de président du club, comme si de rien n’était, jusqu’au scrutin du 3 juin. « Sa gestion très personnifiée, sa volonté de tout contrôler lui auront finalement coûté son poste », a estimé la journaliste Barçin Yinanç dans les colonnes du quotidien Hurriyet (édition du 5 juin).

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Tout s’est joué sur l’image. Face à un Aziz Yildirim au discours éculé, cherchant encore et toujours à « laver son nom et celui du club », Ali Koç n’a pas eu de mal à briller. L’assistance, 20 000 membres du club qui avaient fait le déplacement au stade pour attribuer leurs votes ce jour-là, a été conquise lorsqu’il a présenté son équipe, composée pour beaucoup de jeunes femmes. Car ce fils de famille, représentant de la Turquie laïque et républicaine en col blanc, veut voir davantage de femmes aux postes de gestion, y compris dans le football. Elles seraient, dit-on, meilleures gestionnaires que leurs homologues masculins.
Les matchs truqués sont loin d’être la seule épine dans le pied des clubs de foot, lourdement endettés auprès des banques. Dès lors, les électeurs ont sans doute été sensibles aux attraits de la fortune des Koç, l’une des familles les plus riches du pays. Finalement, Aziz Yildirim, « l’indéboulonnable », dont la silhouette dominait les terrains de jeu depuis 1998, a été battu à plate couture, avec 4 644 voix seulement, contre 16 092 à Ali Koç. Il n’en fallait pas plus pour que l’opposition interprète ce vote comme une métaphore de celui du 24 juin.
Erdogan une vocation de footballeur
En Turquie, football et politique marchent main dans la main. Chaque club a sa coloration : Besiktas est à gauche, Galatasaray et Fenerbahçe sont plus conservateurs, plus à droite. Fenerbahçe jouit des faveurs du gouvernement islamo-conservateur. Le club ne compte-t-il pas le président Erdogan parmi ses fans ? Passionné de football dans sa jeunesse, le numéro un turc, surnommé « l’imam Becken-bauer » par ses camarades de jeu, a été approché à la fin des années 1970 par un entraîneur de Fenerbahçe. Il a toutefois dû renoncer à sa vocation, son père y étant opposé. Pieuse et conservatrice, la famille souhaitait faire de lui un « hafiz », capable d’apprendre et de réciter le Coran par cœur. Le chef de l’Etat turc en a gardé une solide passion pour les sermons et pour le ballon rond.

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Dans ses meetings, Recep Erdogan a beau tacler tant qu’il le peut Muharrem Ince, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche) à la présidentielle, son principal rival sur le terrain, sa popularité est en déclin. D’après les sondages, il arriverait en tête du scrutin pour la présidentielle, sans parvenir pour autant à recueillir les 51 % nécessaires pour l’emporter dès le premier tour.



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les affrontements entre l’Armée nationale libyenne et des milices pourraient hypothéquer le règlement politique de la crise.
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Décryptage

En Libye, le maréchal Haftar à la reconquête du Croissant pétrolier

Les affrontements entre l’Armée nationale libyenne et des milices pourraient hypothéquer le règlement politique de la crise.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-22T13:50:48+02:00"

        Le 22.06.2018 à 13h50






    
Sur la route de Ras Lanouf, en Libye, en 2011.
Crédits : GIANLUIGI GUERCIA / AFP


C’est comme un scénario qui se réédite. Depuis le 14 juin, le Croissant pétrolier, poumon économique de la Libye, est à nouveau le théâtre d’affrontements qui risquent d’hypothéquer la reprise des exportations du brut tout autant que le règlement politique de la crise libyenne. Les forces de l’Armée nationale libyenne (ANL), du maréchal Khalifa Haftar, ont affirmé, jeudi 21 juin, avoir repris le contrôle d’Al-Sedra et Ras Lanouf, deux des principaux ports situés le long de l’arc de terminaux en bordure du golfe de Syrte. Zone stratégique, cette région voit transiter plus de la moitié de brut libyen exporté.

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L’offensive de l’ANL, baptisée « Invasion sainte », visait à déloger les forces d’Ibrahim Jadhran, qui s’étaient emparées le 14 juin d’Al-Sedra et Ras Lanouf après une opération éclair. Issu de la tribu locale des Magharaba, Ibrahim Jadhran est l’ancien chef de la Garde des installations pétrolières, une force supposée être officielle mais devenue de facto une milice privée au service d’un homme.
Trois réservoirs détruits
Jadhran avait été l’allié de Haftar lors de l’éclatement de la guerre civile, en 2014, ayant opposé ce dernier au bloc politico-militaire Fajr Libya (« Aube de la Libye »), à tendance islamiste. Illustration de la volatilité des alliances dans le chaos libyen, les deux hommes s’étaient par la suite brouillés.
En septembre 2016, Haftar avait bouté Jadhran hors du Croissant pétrolier et rouvert les terminaux bloqués, permettant la reprise des exportations de pétrole. L’épisode avait consacré la réhabilitation diplomatique de Haftar auprès des chancelleries occidentales, qui l’avaient jusque-là snobé en raison de la sulfureuse réputation de général d’opérette qui l’entourait.

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Malgré les communiqués de victoire diffusés par l’ANL, les combats ne semblent pas totalement terminés autour du Croissant pétrolier. Des escarmouches pourraient se poursuivre ces prochains jours. Toutefois l’ANL, qui bénéficie d’une précieuse supériorité aérienne – grâce au soutien dispensé par les Emirats arabes unis et l’Egypte –, devrait finir à moyen terme par rétablir son emprise sur la zone. A défaut, la facture économique, déjà élevée, pourrait s’alourdir et peser sur les ressources financières du pays.
Trois réservoirs ont été détruits en une semaine. La National Oil Company (NOC), l’entreprise publique libyenne qui gère les ressources d’hydrocarbures, a déploré des « pertes catastrophiques ». Les combats, selon Mustafa Sanalla, le directeur de la NOC, pourraient coûter au pays plus de 450 000 barils d’exportation par jour sur un total actuel supérieur au million.
Cette nouvelle flambée de violence autour du Croissant pétrolier jette une ombre sur le scénario de sortie crise établi lors d’une réunion au sommet, fin mai à Paris, où les protagonistes de la crise libyenne – dont le maréchal Haftar – s’étaient accordés sur la perspective d’organiser avant le 10 décembre un double scrutin présidentiel et législatif.
Haftar polarise la scène politique
Les derniers combats s’ajoutent à l’offensive menée par l’ANL à Derna, une ville de Cyrénaïque (est) tenue par une alliance politico-militaire islamiste autour de laquelle gravitent des groupes proches d’Al-Qaïda.
Après avoir conquis l’essentiel de Benghazi en 2017, le maréchal Haftar, qui a réussi à susciter des soutiens extérieurs – dont celui de la France – au nom de sa lutte « antiterroriste », est résolu à s’emparer de Derna afin de consolider sa stature d’homme d’Etat ayant unifié le pays. Ce faisant, il polarise toutefois davantage la scène politique libyenne, attisant l’hostilité de ses adversaires, qui dénoncent la brutalité de ses méthodes et son approche exclusivement militariste.

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C’est à Misrata, métropole portuaire de la Tripolitaine (ouest), que l’opposition à Haftar est la plus déterminée. De ce point de vue, il n’est pas anodin que l’ANL ait mis en cause la Brigade de défense de Benghazi (BDB), au côté de Jadhran, dans les récents combats du Croissant pétrolier. La BDB, formée de « révolutionnaires » et d’islamistes chassés de Benghazi par Haftar, a été hébergée à Misrata. Des connexions familiales existent entre ces groupes anti-Haftar expulsés de Benghazi et Misrata.
Tant que cette fracture entre Misrata et les forces du maréchal n’est pas résorbée, les scénarios de sortie de crise demeureront fragiles. Et dans ce face-à-face, le gouvernement d’« accord national » de Fayez Al-Sarraj, établi à Tripoli, n’est guère d’un grand secours, limité par la faiblesse de son ancrage territorial.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Condamné à mort en 2014, Mohamed Ould Cheikh Mkheitir n’est plus apparu en public depuis son jugement en appel en novembre 2017
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Décryptage

En Mauritanie, une peine qui n’en finit pas pour le blogueur « apostat »

Condamné à mort en 2014, Mohamed Ould Cheikh Mkheitir n’est plus apparu en public depuis son jugement en appel en novembre 2017

Christophe Châtelot
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-22T13:42:03+02:00"

        Le 22.06.2018 à 13h42

     •
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          datetime="2018-06-22T18:41:29+02:00"

        Mis à jour le 22.06.2018 à 18h41






                        

Crédits : STR / AFP


                    

Où est Mohamed Ould Cheikh Mkheitir ? Le blogueur mauritanien condamné à mort en 2014 pour apostasie devrait être libre de ses mouvements depuis que sa peine a été ramenée, en novembre 2017, à deux ans de prison par la cour d’appel de Nouadhibou. Sauf que Mohamed Ould Cheikh Mkheitir n’est plus apparu en public depuis le verdict. Ses avocats, qui ne peuvent lui rendre visite, pas plus que sa famille, parlent de « séquestration » et s’inquiètent de son état de santé.

Mohamed Ould Cheikh Mkheitir, âgé d’une trentaine d’années, est détenu depuis janvier 2014. Peu de temps avant, il avait publié un article sur Internet jugé blasphématoire envers le prophète Mahomet. Son repentir n’avait pas été suffisant pour calmer la colère de certains groupes musulmans radicaux du pays.
Sous la pression de la rue, il avait été condamné à mort le 24 décembre 2014 par la cour criminelle de Nouadhibou, sa ville de résidence, dans l’ouest de la Mauritanie. La réduction de sa peine avait de nouveau enflammé une partie de la population qui continue de demander son exécution, plaçant les autorités politiques mauritaniennes dans l’embarras.
« Demande populaire »
Sous le poids de cette opinion publique de plus en plus bruyante – le parti islamiste Tawassoul est la principale force d’opposition –, le gouvernement a fait passer un projet de loi durcissant la législation contre les auteurs d’apostasie et de blasphèmes, désormais passibles de la peine de mort, sans plus tenir compte d’un éventuel repentir. Dans un récent entretien avec l’hebdomadaire Jeune Afrique, le chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz, expliquait que « le peuple a voulu qu’il en soit ainsi, et les lois sont l’émanation du peuple ». « Il y a eu beaucoup de manifestations, je dirais même que 90 % de la ville de Nouakchott est descendue dans la rue pour se faire justice. Nous avons répondu à cette demande populaire », ajoutait-il.

Le sort...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’homme de loi se dit victime d’une tentative d’assassinat. Le « cas de trop » pour la profession, qui, après un mois de grève, a obtenu la traduction en justice des auteurs présumés.
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Décryptage

Doumra Manassé, l’avocat tchadien par qui le scandale est arrivé

L’homme de loi se dit victime d’une tentative d’assassinat. Le « cas de trop » pour la profession, qui, après un mois de grève, a obtenu la traduction en justice des auteurs présumés.

Par                Aurélie Bazzara (contributrice Le Monde Afrique, N'Djamena)



LE MONDE
              datetime="2018-06-22T13:08:43+02:00"

        Le 22.06.2018 à 13h08






    
L’avocat tchadien Doumra Manassé, à N’Djamena, le 18 juin 2018.
Crédits : Aurélie Bazzara


Pour Me Doumra Manassé, tout est question de détails et de preuves. Procès verbaux, rapports d’enquête et Code pénal à l’appui, l’avocat tchadien de 39 ans explique méthodiquement comment il a « failli perdre la vie » en exerçant sa profession. « Ils ont voulu m’abattre. Aujourd’hui, je suis encore menacé. J’ai prévenu ma femme et mes enfants : si on me rate, on peut les attaquer car ces personnes sont hors-la-loi », confie-t-il, installé à son bureau envahi de dossiers.
Le 22 mai, Me Manassé se rend à la maison d’arrêt de Doba, dans le sud du Tchad, après avoir obtenu la relaxe de trois clients poursuivis pour association de malfaiteurs. « Le gouverneur de la région et des commandants militaires ne voulaient pas qu’ils soient libérés. Ils m’ont menacé au téléphone, mais je n’ai pas pris ces mises en garde au sérieux. » Il repart avec ses clients, mais, sur le chemin du retour, tombe dans une embuscade, raconte-t-il.

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« J’ai reconnu trois véhicules de la légion militaire. J’ai demandé à mon chauffeur de foncer vers le palais de justice pour nous protéger. Ils nous ont pris en chasse sous le feu des armes », dit-il en étalant devant lui les photos des impacts de balles sur son véhicule. « Face à l’intensité des tirs, nous nous sommes enfermés dans le bureau du procureur. » Ils y resteront trois heures, avant que les militaires ne repartent, sans faire de blessé.
Menacé de mort en pleine audience
Intimidation ou réelle volonté de tuer ? Peu importe. Pour la première fois au Tchad, l’ensemble des professions judiciaires ne tardent pas condamner d’une même voix ces violences et à entamer une grève, qui a pris fin jeudi 21 juin après satisfaction de leurs revendications : la destitution du gouverneur du Logone Oriental et des autorités militaires impliquées dans la fusillade, ainsi que la traduction en justice de leurs auteurs présumés, Me Manassé ayant déposé une plainte pour tentative d’assassinat.
« Il est inconcevable que des personnes qui représentent la loi soient victimes d’agression dans notre pays. Des mesures seront prises sous la IVe République [entrée en vigueur en mai] pour changer les comportements et faire triompher l’Etat de droit », explique Djimet Arabi, le ministre tchadien de la justice, contacté par Le Monde Afrique.

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Car selon le corps judiciaire, le cas Manassé – « celui de trop », disent-ils – est symptomatique du danger d’exercer la profession d’auxiliaire de justice au Tchad. « Les avocats se font malheureusement souvent malmener verbalement ou physiquement, par des hommes en tenue comme par des justiciables », déplore Me Djimadoun Koumtog. En exercice depuis quatorze ans, le secrétaire national de l’ordre des avocats énumère les affaires où des hommes de loi ont eu « peur pour leur vie ». L’air grave, il évoque la dernière agression en date : le 18 juin, le procureur d’Iriba, dans le sud-est du Tchad, a été menacé de mort en pleine salle d’audience. Deux accusés ont été assassinés lors de ce même procès.
Corruption et « crise de confiance »
Pour se protéger, le corps judiciaire est autorisé à porter une arme de poing. Mais peu optent pour cette solution. Selon les avocats grévistes, pour stopper ces violences, l’Etat devrait avant tout s’attaquer au fléau qui gangrène la profession : la corruption. « Il y a déjà un problème d’acceptation et de compréhension de la justice dans un pays où les citoyens préfèrent régler les affaires à l’amiable. La corruption ajoute à cela une crise de confiance », analyse Me Koumtog. Un constat que partage Me Manassé, qui soutient avoir refusé plusieurs fois des « enveloppes » proposées par ses clients pour « arroser le juge et gagner un procès ».

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En attendant le procès, Me Manassé potasse son Code pénal aux reliures usées par le temps pour trouver les failles du dossier. Il espère parvenir à faire condamner le gouverneur du Logone Oriental et les deux commandants militaires. Une victoire au tribunal de N’Djamena serait, dit-il, un signal fort pour montrer l’importance des lois et de la justice tchadiennes. « J’exerce ma profession par vocation », explique celui qui jouait déjà à l’avocat à l’école primaire. « Je ne compte pas quitter cette fonction à cause des agissements de ces malfrats. Quelles que soient les conditions d’exercice de ma profession, je vais continuer à défendre l’Etat de droit dans ce pays », conclut-il, déterminé et tout sourire.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Plusieurs représentations de la comédie musicale « Billy Elliot » ont été annulées après une campagne homophobe menée par un journal progouvernemental.
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En Hongrie, une croisade menée par des proches du pouvoir contre la « propagande homosexuelle »

Plusieurs représentations de la comédie musicale « Billy Elliot » ont été annulées après une campagne homophobe menée par un journal progouvernemental.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h49
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Il y a un peu plus de dix ans, le gouvernement polonais s’en prenait à la série télévisée britannique Les Télétubbies, accusée de « promouvoir l’homosexualité » auprès d’un jeune public. Aujourd’hui, c’est au tour de la Hongrie de partir en croisade contre Billy Elliot. Jouée en ce moment à Budapest, la célèbre comédie musicale d’Elton John, adaptée d’un film britannique à succès, est victime d’une campagne sans précédent, ayant contraint l’Opéra national hongrois à la déprogrammer en catastrophe, faute de réservations.
La charge a été lancée par Magyar Idök, un journal progouvernemental accompagnant les efforts du premier ministre pour mener sa « révolution conservatrice » dans ce pays d’Europe centrale. Dans un éditorial au vitriol, à peine deux mois après la victoire électorale de Viktor Orban aux législatives, il s’en est pris aux milieux artistiques, constatant que dans le domaine de la culture, il n’y « avait pas encore eu de véritable changement de régime ».
Prenant l’exemple de cette comédie musicale, accusée de « propager l’homosexualité dans une situation où la population diminue et où la Hongrie est menacée par une invasion étrangère », il a considéré qu’il était « incompréhensible qu’une institution publique, allant à l’encontre des objectifs de l’Etat » s’adonne encore à mettre en avant le destin d’un petit garçon préférant les chaussons de la danse classique aux virils gants de boxe des autres bambins issus comme lui d’un milieu ouvrier.
« Bad buzz »
S’en est suivi un débat de société sur les tentatives des élites artistiques pour marquer l’inconscient des jeunes enfants, par le biais détourné de la création subventionnée. Un « bad buzz » ayant eu un impact significatif sur les ventes de billet selon la direction de l’Opéra, au point de forcer l’annulation de 15 des 40 représentations prévues.
Et comme lorsque le gouvernement a souhaité s’en prendre aux migrants, aux ONG ou aux journalistes, cette campagne homophobe, menée indirectement par des obligés du pouvoir, semble inscrite dans des ambitions larges. Car Figyelö, un autre organe de presse largement acquis à la cause de Viktor Orban, a publié le 19 juin un article établissant la liste d’universitaires travaillant sur le thème du genre ou de l’homosexualité avec de l’argent public.

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Là encore, il est reproché, sur un ton acrimonieux, à des chercheurs dont le nom et la photo sont offerts à la vindicte populaire, de ne pas participer aux efforts de la nation pour relancer le taux de natalité, mais au contraire de dilapider l’argent du contribuable dans le but de « diffuser une idéologie ». Le journal rappelle que des arbitrages budgétaires se profilent pour 2019, ce qui pourrait permettre de remédier à cet état de fait.
Ce même hebdomadaire avait déjà suscité un scandale en publiant, quelques jours après les dernières élections législatives, une liste de 200 « spéculateurs » supposément au service du philanthrope juif américain George Soros, un octogénaire accusé par Viktor Orban de mener, par le biais détourné des dons à des ONG, une politique visant à limiter la mainmise du gouvernement sur la Hongrie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Dans les revues. Un an après l’incendie d’un HLM londonien dans lequel 79 personnes sont mortes, Andrew O’Hagan publie dans la « London Review of Books » un article qui ajoute à la controverse.
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édition abonné


L’écrivain écossais et la tour infernale

Dans les revues. Un an après l’incendie d’un HLM londonien dans lequel 79 personnes sont mortes, Andrew O’Hagan publie dans la « London Review of Books » un article qui ajoute à la controverse.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h33
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            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Dans la nuit du 13 au 14 juin 2017, un terrible incendie ravage la tour HLM Grenfell, située dans un district de Kensington et Chelsea, l’un des plus riches de Londres. Soixante-dix-neuf personnes y perdent la vie, dont bon nombre d’immigrés et de réfugiés. L’incendie devient le symbole des excès de la déréglementation et ajoute aux tensions politiques qui agitent le Royaume-Uni depuis le référendum sur le Brexit. L’enquête publique sur les causes de cette tragédie a débuté le 21 mai.
Une dizaine de jours plus tard, la London Review of Books publie un long article tentant de faire la lumière sur les événements de juin 2017, mais aussi sur ses suites. La revue bimensuelle est connue pour être un lieu de débats, proposant régulièrement, outre de longs papiers critiques sur l’actualité éditoriale, des textes de réflexion ou des enquêtes signées par des intellectuels ou des écrivains.
L’article sur la tour a ainsi été confié au romancier écossais Andrew O’Hagan, publié en France chez Christian Bourgois. Ce type de commande est typique d’une tradition littéraire anglo-saxonne qui mêle sans sourciller ­l’essai personnel et l’enquête journalistique. Andrew O’Hagan est un familier du genre : pour la même revue, il a enquêté sur le New Labour ou la fin de la vie privée.
Aucune « intention de tuer »
Ce nouvel article ajoute à la controverse entourant l’incendie qui a dévasté la tour londonienne. Certains ont dénoncé des erreurs factuelles dans l’article, d’autres ont contesté les propos qui leur étaient attribués. Enfin, l’avocat représentant Behailu Kebede, l’homme chez qui l’incendie a débuté, a démenti l’information selon laquelle il aurait pris soin de préparer une valise avant de prévenir ses voisins. La version en ligne a été corrigée afin de retirer ces allégations.
La thèse que défend Andrew O’Hagan fait, elle aussi, débat. Son article réhabilite le conseil municipal de Kensington et Chelsea, cible de critiques depuis un an : la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Koko était un gorille connu dans le monde entier. Ce grand primate femelle, élevé par l’éthologue « Penny » Patterson, est mort, mercredi 20 juin, à l’âge de 46 ans.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Les Etats-Unis ne parviendront pas à stopper les ambitions nucléaires iraniennes militairement, estime l’expert israélien. Et même si Israël reçoit le soutien de l’administration Trump, cette option reste dangereuse.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Amos Yadlin : « Face au risque nucléaire, la meilleure stratégie réside dans le changement du régime iranien »

Les Etats-Unis ne parviendront pas à stopper les ambitions nucléaires iraniennes militairement, estime l’expert israélien. Et même si Israël reçoit le soutien de l’administration Trump, cette option reste dangereuse.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h08
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            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            
Amos Yadlin est l’une des voix les plus renommées parmi les experts des questions ­sécuritaires en Israël. Avant de devenir directeur de l’Institut pour les études de sécurité nationale (INSS), il a passé près de ­quarante ans au sein de l’armée israélienne, notamment dans les forces aériennes. Entre 2006 et 2010, il a été le chef du renseignement militaire.
Depuis le retrait américain, l’avenir de ­l’accord sur le nucléaire iranien (dit JCPOA) paraît incertain. Quel scénario vous semble le plus probable ?
Deux types de scénarios se dessinent pour les six prochains mois, en fonction de l’efficacité de la réintroduction des sanctions en Iran et leur impact sur son économie. Dans le cas où les sanctions ne sont pas assez efficaces, si les Européens développent des mécanismes pour les contourner, si la Russie, la Chine, l’Inde, le Japon ne changent pas leurs relations avec l’Iran, alors, le cœur de la lutte sera l’Europe. Les Américains vont introduire des sanctions secondaires vis-à-vis des compagnies européennes, afin que ces dernières réalisent que le marché américain est bien plus important que le marché iranien. Entre ensuite en jeu la question des importations du pétrole iranien, qui concerne surtout l’Inde, la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Enfin, il y a la question des transactions financières (Swift), qui pourraient être atteintes comme en 2012, mais si un mécanisme est trouvé pour opérer ces transactions par des banques sans activités aux Etats-Unis, alors la mesure sera inefficace.
Si les sanctions ne produisent pas d’effets, je pense que l’Iran restera dans l’accord. Le statu quo des trois dernières années se poursuivra : l’Iran respectera l’accord, profitera de bonnes relations économiques avec l’Europe, la Chine, la Russie. Le retrait américain aura un effet limité.
Si les sanctions fonctionnent, on peut imaginer des scénarios positifs et négatifs. Le plus positif étant un retour iranien à la table des négociations,...




                        

                        

