<FILE-date="2018/06/22/19">

<article-nb="2018/06/22/19-1">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ En déplacement à Quimper, le chef de l’Etat a dénoncé les « donneurs de leçons » et la « lèpre » populiste qui monte en Europe.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

En Bretagne, Emmanuel Macron répond aux critiques sur les migrants

En déplacement à Quimper, le chef de l’Etat a dénoncé les « donneurs de leçons » et la « lèpre » populiste qui monte en Europe.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h26
    |

            Cédric Pietralunga








                        



   


Il y a près de onze ans, les Français y avaient découvert le caractère tempétueux de Nicolas Sarkozy. Arrivé six mois plus tôt à l’Elysée, l’ancien maire de Neuilly s’était rendu, en novembre 2007, sur le port du Guilvinec (Finistère) afin de répondre à la colère de pêcheurs asphyxiés par la hausse des prix du gasoil. A peine arrivé, dans une ambiance électrique, le chef de l’Etat avait été traité d’« enc… ! » par un marin juché sur le toit de la criée. « C’est toi qui a dit ça ? Eh ben descends un peu le dire, descends un peu ! », avait répliqué M. Sarkozy, entouré de ses gardes du corps. « Si je descends, je te mets un coup de boule », lui avait répondu le pêcheur, donnant le ton d’un quinquennat épileptique.
Onze ans plus tard, autre ambiance. Alors qu’il est lui aussi accusé de réactions parfois brutales lors de ses rencontres avec les Français, à l’image de la leçon donnée à un jeune collégien au Mont-Valérien, le 18 juin, Emmanuel Macron s’est offert à son tour une visite de la criée du port du Guilvinec, jeudi 21 juin, à l’occasion d’un déplacement de deux jours en Bretagne. Mais pas de colère ni de mots durs cette fois. Au contraire, le président de la République a joué le visiteur attentif, prenant le temps de discuter avec les représentants des pêcheurs, qui s’inquiètent du maintien par certains pays européens de la pêche électrique ou des conséquences du Brexit sur leurs zones de pêche.
Attitude thaumaturge
Durant tout son séjour, le président de la République a surtout pris soin d’apparaître au contact des Français. A plusieurs reprises, il s’est prêté à des bains de foule, où il a fait assaut d’intérêt et d’empathie, notamment auprès des enfants, auxquels il demandait systématiquement leur âge ou la classe qu’ils fréquentent à l’école. Au cap Fréhel (Côtes-d’Armor), mercredi, il s’est même longuement attardé avec un jeune handicapé, passionné de politique et qui rêvait de le rencontrer. Dans une attitude thaumaturge qu’il affectionne, le président lui a tenu la main tout au long de leur échange, devant l’objectif des caméras, et l’a invité à venir à l’Elysée pour assister aux festivités du 14-Juillet.
A en croire l’entourage du chef de l’Etat, ces mises en scène n’ont pourtant rien de fabriqué. « Le président aime aller au contact », assure un conseiller, qui dit devoir parfois le refréner, souvent sans succès. Aucun lien non plus avec les accusations d’arrogance qui ont fusé, notamment de la part de l’opposition, après la séquence du Mont-Valérien. « Si le président voulait apaiser ceux qui se soucient des polémiques, il irait au Café de Flore », ironise Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée, pour qui « il y a toujours un décalage entre les préoccupations des observateurs parisiens et le pays profond ».
Le naturel combatif du chef de l’Etat a d’ailleurs repris le dessus à plusieurs reprises lors de son périple breton. A l’occasion d’un discours, jeudi, à Quimper (Finistère), Emmanuel Macron a ainsi tenu à revenir sur les étiquettes que ses opposants tentent de coller à son costume. « On m’a parfois dit, il se peut qu’on me le dise encore : je serais le président des villes. Parfois on dit même des riches, de ceux qui réussissent. Je suis le président des Françaises et des Français, et je n’ai jamais cru à ces oppositions, et ces oppositions n’ont d’ailleurs jamais conduit à rien », a-t-il lancé devant un parterre de quelque 200 élus. « Ceux qui veulent faire ça, (…) comme les extrêmes, ils jouent sur les peurs parce qu’il y a une peur française qui va avec ce goût français de la justice, qui est un goût dont il ne faut jamais perdre le sel », a-t-il ajouté.
« Temps troublés »
Evoquant la question des migrants, et en creux celle de sa réaction jugée timorée face à la crise de l’Aquarius, le chef de l’Etat s’est aussi emporté contre « les donneurs de leçons » qui « m’expliquent qu’il faut accueillir tout le monde » sans voir « les fractures de la société française ». « Regardez ce que nous faisons aussi, et nous n’avons pas en rougir, a argumenté le président de la République, dont la loi asile et immigration a été critiquée par certains députés de sa majorité. Je veux que la France et la cohésion nationale se tiennent, que nos classes moyennes trouvent leur place. Et en même temps être à la hauteur de notre tradition d’accueil et en particulier de l’asile, ce qui ne veut pas dire tout et n’importe quoi. »
A quelques jours d’un sommet européen important sur le sujet des migrants et des réfugiés, le chef de l’Etat s’est ensuite lancé dans un plaidoyer europhile sans concession en faisant allusion à la situation politique dans certains pays européens. « On s’habitue à tous les extrêmes dans les pays qui, depuis des années, sont pourtant pro-européens comme nous. Et sur ce sujet, nos élites économiques, politiques, journalistiques ont une responsabilité immense », s’est agacé le président, qui trouve notamment les critiques contre le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, trop timides.
« Je vous demande de ne rien céder, dans ces temps troublés que nous vivons, de votre amour pour l’Europe, a-t-il poursuivi, alors que les élections européennes auront lieu en 2019. Beaucoup la détestent, mais ils la détestent depuis longtemps, et vous les voyez monter, comme une lèpre, un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c’était impossible de la voir réapparaître. Et des amis voisins, ils disent le pire et nous nous y habituons. »
Le mot de « lèpre » a été aussitôt commenté de l’autre côté des Alpes. « Si Macron cessait d’insulter et pratiquait concrètement la générosité qui emplit sa bouche, en accueillant les milliers d’immigrants que l’Italie a accueillis ces dernières années, ce serait mieux pour tout le monde, a rétorqué Matteo Salvini, selon l’agence de presse italienne AGI. Nous sommes peut-être des lépreux populistes. Mais je tire les leçons de ceux qui ouvrent leurs propres ports. Accueillez des milliers de migrants, et ensuite on pourra parler. » Dans les jours à venir, l’ambiance en Europe risque d’être moins bienveillante que celle qu’a connue M. Macron en Bretagne.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-2">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Pour Michel Vakaloulis, politologue à l’université de Paris-VIII, la sortie de la Grèce du plan d’aide européen, prévue pour le 20 août, est « surtout symbolique ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

« Les Grecs sont loin de voir le bout du tunnel de l’austérité »

Pour Michel Vakaloulis, politologue à l’université de Paris-VIII, la sortie de la Grèce du plan d’aide européen, prévue pour le 20 août, est « surtout symbolique ».



Le Monde
 |    22.06.2018 à 07h41
    |

            Charlotte Chabas (propos recueillis par)








                        



   


Après de longues discussions, les ministres des finances de la zone euro (l’Eurogroupe), réunis jeudi 21 juin à Luxembourg, ont réussi à s’accorder sur les conditions de sortie de la Grèce de son troisième plan, prévue pour le 20 août. 
Le pays aura reçu 300 milliards d’euros de prêts en échange d’un plan d’austérité et de réformes drastiques. Mais pour Michel Vakaloulis, enseignant chercheur en sociologie politique à l’université de Paris-VIII, cette sortie « est surtout symbolique, la Grèce va rester dans un régime d’exception ».
Huit ans après le début de la crise, à quel point la société grecque a-t-elle changé ?
La société grecque a subi une série de bouleversements à marche forcée sans précédent : réforme des retraites, des conventions collectives, de la sécurité sociale, du système des impôts, du salaire minimum et des aides sociales, entre autres… Cela donne une chute considérable et durable du niveau de vie des Grecs, et un triplement du taux de chômage, avec notamment le plus important taux chez les jeunes en Europe.
Le pays a été profondément traumatisé, et la fin du troisième plan d’aide ne va pas changer cet état de fait. C’est la plus longue crise pour un pays occidental depuis la seconde guerre mondiale.
Ces derniers mois, l’économie semble retrouver légèrement des couleurs, est-ce bon signe pour la suite ?
On peut dire que la situation s’est stabilisée, à l’image des comptes de l’Etat. Mais la croissance est un peu moins élevée que prévu, et surtout la dette reste immense. En revanche, c’est vrai que le chômage a baissé de quelques points ces derniers mois, mais c’est surtout dû à une hausse des embauches due à l’embellie saisonnière. Aujourd’hui, le tourisme est devenu l’industrie lourde de la Grèce, qui connaît une énorme explosion de la fréquentation, avec 36 millions de personnes attendues cette année.
Mais il ne faut pas confondre baisse du chômage et baisse de la précarité. Les emplois saisonniers sont souvent des temps partiels, et des contrats courts. Enormément de salariés grecs ne sont pas encore payés, ou avec des retards colossaux. Certains, dans les supermarchés par exemple, sont payés en partie avec des bons d’achat sur leur magasin.
Il y a deux jours, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a dit : « Nous sommes très proches du moment où nous récolterons les fruits d’années de sacrifices. » Les Grecs peuvent-ils espérer voir leur situation s’améliorer ?
Les Grecs sont loin de voir le bout du tunnel de l’austérité. Pour retrouver leur niveau de vie d’avant la crise, il faudra des décennies, voire plusieurs générations. D’autres réformes sont déjà annoncées : les seuils imposables vont notamment être encore abaissés, et une nouvelle version des régimes de retraites devrait aboutir d’ici à 2019, alors que beaucoup de retraités ont déjà vu leurs revenus divisés par deux.
De même, l’Etat continue de se délester pour une bouchée de pain de ses entreprises publiques. Après les quinze meilleurs aéroports du pays, la société ferroviaire nationale doit être vendue, tout comme la compagnie d’électricité du pays ou encore le port de Thessalonique.
La sortie du plan d’aide est surtout symbolique : la Grèce va rester dans un régime d’exception, avec une surveillance trimestrielle de la part de l’Union européenne. C’est comme dans un avion en pilote automatique, une fois que le programme de vol est appliqué, l’équipage n’a que très peu de marge de manœuvre.
Quel est l’état d’esprit de la population ?
Les Grecs vivent dans un climat anxiogène et morose. Les derniers sondages montrent un pessimisme envers l’avenir, aucune amélioration à court et moyen terme.
Une situation d’autant plus ressentie que le pays a souffert d’une importante fuite de sa jeunesse et de ses cerveaux. Près d’un demi-million de personnes ont ainsi quitté le pays. Parmi eux, 69 % ont moins de quarante ans, et 53 % sont titulaires d’un diplôme de troisième cycle, selon une enquête d’ICAP parmi les Grecs expatriés. Les principales raisons de ces départs sont à 44 % justifiés par le manque de méritocratie et la corruption.
En Grèce, le piston reste bien trop souvent la règle. D’autant que la structure socioprofessionnelle est très différente de la France. Quand on trouve 92 % de salariés dans l’Hexagone, il n’y en a que 70 % en Grèce. Il y a une culture de l’indépendance : des petits commerces ou petites entreprises. Or, aujourd’hui, avec la multiplication des sources de taxation, la seule possibilité de survivre, c’est de travailler au noir, y compris chez les avocats, médecins, etc. Cela n’incite pas à embaucher de manière transparente.
Politiquement, qu’est-ce que donne cette frustration ?
Alexis Tsipras va essayer de construire son récit, disant : « Je vais vous sortir de la situation où je vous ai en partie menés, on va recommencer à respirer. » Mais les derniers sondages montrent la perte de terrain de son parti, Syriza. Elu avec 36 % des voix en septembre 2015, il stagne autour de 20 % des intentions de vote. Surtout, il risque de perdre sa majorité parlementaire sur le dossier macédonien : cela pourrait résulter sur des législatives anticipées.
Reste à savoir si les Grecs s’intéresseront aux élections à venir, notamment les européennes. En 2015, il y avait eu 48 % d’abstention. Leur déception de la classe politique est telle que beaucoup préfèrent « voter avec leurs pieds ». Quand on leur dit que les dettes sont en vigueur jusqu’à 2060, beaucoup répondent « à quoi bon voter, nos dettes nous survivront de toute façon ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-3">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ L’ex-députée FN a inauguré vendredi l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques, établissement à la confluence de la droite et de l’extrême droite.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Marion Maréchal assure sa promo à travers son école

L’ex-députée FN a inauguré vendredi l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques, établissement à la confluence de la droite et de l’extrême droite.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h33
    |

            Lucie Soullier (Envoyée spéciale à Lyon)








                        



   


« Elle est là, je l’ai croisée. » Son nom posé sur une table finit de rassurer la horde de journalistes venus observer le phénomène qu’ils accompagnent depuis plusieurs semaines. Elle arrive, elle est là, préparez micros et caméras. Marion Maréchal fait son entrée, sous les clic-clac des photographes. « Je suis celle qui va probablement le moins parler. » Encore raté.
Vendredi 22 juin, à Lyon, Marion Maréchal – désormais amputée du « Le Pen » – a présenté à la presse son fameux projet « métapolitique » : l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques (Issep), une école prônant « excellence » et « enracinement ».
A 28 ans, l’ancienne élue frontiste s’est libérée des contraintes « politiciennes », bourdonne son entourage. Plus question de commenter l’actualité des partis, encore moins la case « extrême droite » occupée par sa tante et son grand-père. A elle, désormais, « le débat d’idées », mais sans la présence de trois journalistes qui se sont vu refuser l’entrée.

        Lire aussi :
         

                La non-revenante Marion Maréchal et le réveil des « zombies »



« Sans parti pris »
Son école « n’est pas un parti, ni à la botte d’un parti », insiste Marion Maréchal. A la qualification de « Sciences po de droite », elle ironise : « Vous suggérez donc que Sciences po est de gauche, ce n’est pas moi qui l’aurais dit. » 
Officiellement, l’Issep ne défend aucune ligne, réaffirme sa directrice, citant de Gaulle et récupérant la figure de Gramsci. D’ailleurs, parmi les 120 professeurs qui auraient postulé spontanément, il pourrait même y en avoir certains de gauche. « Les gens ne mettent pas leur couleur politique sur le formulaire. Ce n’est pas un critère. » Son conseil scientifique, lui, donne toutefois une autre image : un ancien membre du cabinet de François Fillon, le secrétaire général du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, un ancien rédacteur en chef de la version britannique de Breitbart, média de la droite la plus dure, connu pour relayer des informations mensongères…
Dans son école sera enseignée une culture générale « très factuelle, sans parti pris » et une « bonne connaissance de tous les enjeux structurants de la société actuelle ou des enjeux à venir qui peuvent toucher notamment aux questions du transhumanisme et de la bioéthique », développe celle qui incarnait la ligne identitaire du Front national et était montée à la tribune lors de La Manif pour tous, en 2016.
« France et chrétienté »
Dans la plaquette présentant les formations, quelques intitulés donnent une idée de la future tonalité des cours : « conservatisme aux USA, en Chine et en Russie » ; « France et chrétienté, quel héritage ? »… D’autres ne peuvent empêcher de prêter à sourire, comme celui pour « réussir un débat ».
Marion Maréchal, elle, balaie une nouvelle fois la question de l’union des droites, mais acquiesce à celle du « combat culturel ». D’ailleurs, elle ne « s’interdit pas totalement de pouvoir prendre position dans le débat d’idées » en tant que directrice de l’Issep, comme elle a déjà pu le faire devant les conservateurs américains, en février, ou lors du rendez-vous « Débranchons Mai 68 » du magazine L’Incorrect – dont le rédacteur en chef, Jacques de Guillebon, tient la coprésidence de son conseil scientifique. Deux raouts à la confluence de la droite et de l’extrême droite.
Retour à Confluence justement, le quartier lyonnais de l’Issep. Au coin de la rue menant à l’école « sans objectif politique », on peut apercevoir le siège de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont le président n’est autre que Laurent Wauquiez, le patron du parti Les Républicains. Sera-t-il invité à l’inauguration ? « Laurent Wauquiez m’a largement évitée pendant cinq ans à l’Assemblée nationale mais s’il veut rattraper le temps perdu, je ne vois pas de blocage de principe », s’amuse l’ancienne députée frontiste de Vaucluse.
Ecartant les questions sur sa famille et l’état de santé de Jean-Marie Le Pen, comme celles sur les détails des comptes de son école, elle se plaît davantage à évoquer des discussions en cours avec d’autres écoles, à l’étranger. Notamment en Italie, mais toujours « rien à voir » avec l’actualité politique. D’ailleurs, ses contacts se trouvent « en Italie du Sud », sourit-elle.
« La marque Issep dépassera un jour mon nom », espère Marion Maréchal en s’extirpant de la horde. Pas encore gagné. A une minute de la fermeture du rideau, le président honoraire de l’école, Patrick Libbrecht, ripe, trop heureux du succès de l’exercice du jour : « Lancer une école, c’est difficile mais quand vous bénéficiez de la notoriété de Marion, tout est plus facile ! » Elle se sera prêtée au jeu plus d’une heure, avant de relancer sa « diète médiatique ». Du moins jusqu’à la rentrée.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-4">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Grâce à un doublé de Musa, les Nigérians mènent 2-0 face aux Islandais. La journée de Coupe du monde a commencé par la victoire sur le fil du Brésil face au Costa Rica.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/06/22/19-5">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Disparitions, féminicides, meurtres de politiciens, de journalistes, détournements de fonds, corruption… A la veille du scrutin présidentiel du 1er juillet, l’Etat du Veracruz concentre tous les maux du Mexique.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mexique : le Veracruz sous l’emprise du crime

Disparitions, féminicides, meurtres de politiciens, de journalistes, détournements de fonds, corruption… A la veille du scrutin présidentiel du 1er juillet, l’Etat du Veracruz concentre tous les maux du Mexique.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h34
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            
Une goutte de sueur ruisselle sur son front. Marcela Zuritas enfonce un pieu dans le sol argileux, près de la ville de Cordoba, dans l’Etat du Veracruz, dans le sud-est du Mexique. Au milieu d’une végétation luxuriante, l’élégante sexagénaire, coiffée d’un chapeau de safari, extrait ensuite la longue tige en acier avant de sentir son extrémité. « Si ça sent le cadavre, on creuse », explique cette mère célibataire de trois enfants, qui cherche désespérément son fils aîné depuis octobre 2012. Comme lui, plus de 34 000 Mexicains sont officiellement portés disparus aux quatre coins d’un pays submergé par la violence des cartels de la drogue, dépassé par la corruption et l’impunité, englouti par la perte d’autorité morale du gouvernement. A la veille du scrutin présidentiel du 1er juillet, l’ambiance s’électrise dans cette région tropicale qui concentre les maux du Mexique.
« Nous voilà enquêtrices, légistes et piocheuses, car les autorités ne recherchent pas nos enfants », déplore Mme Zuritas, l’une des fondatrices d’El Solecito (« Petit soleil »), collectif régional de mères de disparus. A ses côtés, Hilaria Arzaba, 57 ans, se fraye à la machette un chemin dans la brousse. « Quand on trouve des restes humains, on prévient le ministère public pour les tests ADN », dit cette autre mère, dont le fils a disparu sept ans plus tôt, à l’âge de 19 ans, après une soirée entre amis. Créé en 2016, El Solecito compte plus de 200 membres dans l’Etat du Veracruz, qui décroche la triste palme nationale des disparus (3 600). Leur collectif est devenu célèbre après avoir localisé, en 2017, la plus grande fosse clandestine d’Amérique latine (295 crânes et des milliers de restes humains), au nord de la ville de Veracruz, en bordure du golfe du Mexique.

Loin du port et du centre touristique de cette agglomération coloniale de 550 000 habitants, les maisons décrépies laissent place à une campagne verdoyante. Ce matin-là,...




                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-6">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le trafic SNCF sera un peu plus perturbé lors de la 34e journée du mouvement de grève unitaire, avec neuf TGV sur dix, un TER sur deux et trois Transilien sur cinq, selon la direction.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Grève SNCF : les prévisions de trafic pour samedi

Le trafic SNCF sera un peu plus perturbé lors de la 34e journée du mouvement de grève unitaire, avec neuf TGV sur dix, un TER sur deux et trois Transilien sur cinq, selon la direction.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h16
   





                        



   


Samedi 23 juin se déroulera la 34e journée de grève du mouvement unitaire contre la réforme ferroviaire qui prendra fin le 28 juin. Voici les prévisions de trafic fournies par la direction de la SNCF :

        Lire aussi :
         

                Grève SNCF : la CGT « appellera régulièrement à la grève en juillet et août »



TGV : 9 trains sur 10 en moyenne
axe Atlantique, est, nord et sud-est : 9 trains sur 10 ;OuiGo : 4 trains sur 5.
TER et Intercités : 1 train sur 2 en moyenne
Transilien : 3 trains sur 5
RER A et B (branche sud) : trafic normal ;RER B (branche nord) : deux trains sur trois ;RER C, D, E : un train sur deux.
Trafic international
Eurostar : trafic normal ;Thalys : trafic quasi normal ;Lyria : quatre trains sur cinq ;France-Italie : deux trains sur trois ;France-Allemagne : neuf trains sur dix ;France-Espagne : deux trains sur trois.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?en données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle panorama : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaireles cinq pistes pour une sortie de criseles détails du calendrier des perturbationsle moteur de recherche pour savoir si votre ligne s’est dégradée au fil du temps





                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-7">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ La future loi de programmation militaire permettra à la DGSI d’accéder à des données internationales, notamment pour la prévention du terrorisme.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Renseignement : la sécurité intérieure franchit les frontières

La future loi de programmation militaire permettra à la DGSI d’accéder à des données internationales, notamment pour la prévention du terrorisme.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 10h32
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            

Aux yeux du gouvernement, c’est la fin d’une anomalie. Une situation « peu cohérente » qui était devenue handicapante pour le renseignement français, en particulier en matière de lutte contre le terrorisme ou de cyberattaque. La loi de programmation militaire (LPM) validée en commission mixte paritaire, mardi 19 juin, qui devrait être définitivement adoptée dans les prochains jours, va donc ouvrir au renseignement intérieur l’accès aux données internationales captées par la défense, en particulier la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Un pas qui ouvre au passage la voie à l’exploitation plus facile de toutes les données cryptées.
Ces nouvelles dispositions ont été introduites tardivement par voie d’amendement sur proposition du gouvernement, le 22 mai, lors des débats au Sénat. Réunies dans l’article 22 bis A de la loi, elles révisent le cadre légal qui prévalait depuis les lois renseignements, adoptées en 2015 au beau milieu de la vague d’attentats terroristes touchant la France et sous pression alors du Conseil constitutionnel.
Concrètement, pour l’heure, lorsque un individu fiché par exemple pour radicalisation communique depuis la France par voie électronique avec l’international, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ne peut accéder à ces échanges. Seules exceptions : si cet individu était déjà sous interception de sécurité au moment de son départ à l’étranger. Ou s’il représente une menace pour les « intérêts fondamentaux de la Nation ». Dans tous les autres cas, ses données interceptées par la DGSE doivent être en principe « instantanément détruites », selon le code de la sécurité intérieure. Un défi technique en soi.

Une exploitation « rationalisée »
Le gouvernement a finalement estimé que cette frontière entre données nationales et internationales dans un monde globalisé était trop importante et qu’il fallait « rationaliser » leur exploitation. Une...




                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-8">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ L’attaquant star du Brésil a inscrit le deuxième but de sa sélection face au Costa Rica et fondu en larmes au coup de sifflet final, à l’issue d’une rencontre dont le déroulement l’a rendu très nerveux.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : Neymar dans tous ses états

L’attaquant star du Brésil a inscrit le deuxième but de sa sélection face au Costa Rica et fondu en larmes au coup de sifflet final, à l’issue d’une rencontre dont le déroulement l’a rendu très nerveux.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h49
    |

            Benoît Vitkine (Saint-Pétersbourg, envoyé spécial)








                        



   


Ça aurait dû être une promenade de santé, ce fut un long chemin de croix. Pour son deuxième match de poule dans le Mondial 2018, vendredi 22 juin face au Costa Rica, le Brésil a souffert, jouant avec ses propres nerfs avant la délivrance, venue de deux buts inscrits dans les derniers instants (91e et 97e minutes) par Philippe Coutinho et Neymar. Après un simple match de poule, le sélectionneur brésilien Tite, cheveux gris et costume cravate, s’est roulé dans l’herbe dans un accès de joie fébrile ; Neymar a pleuré à genoux au milieu du terrain, de longues minutes.

        Lire aussi :
         

          Coutinho et Neymar délivrent le Brésil face au Costa Rica



Après sa contre-performance contre la Suisse lors de son entrée dans la compétition (1-1), l’enjeu était immense pour la Seleçao. Elle a été capable de fulgurances ravageuses comme de phases de fébrilité extrême. De toute évidence, le traumatisme de 2014 – la défaite 7-1 face à l’Allemagne en demi-finale de son Mondial –, n’a pas encore complètement disparu. La moindre difficulté semble mettre les nerfs de la sélection brésilienne à vif, et les mésaventures vécues par les autres favoris du tournoi, le voisin argentin en tête, ont fait disparaître toutes les certitudes.
« Il y a une dimension très émotionnelle, a admis Tite en résumant la rencontre. Nous n’avons pas cédé au désespoir. »
Plus qu’aucun autre, Neymar a incarné vendredi à Saint-Pétersbourg l’inconstance et la nervosité de son équipe, autant que son génie. Superstar de son effectif, l’attaquant du Paris-Saint-Germain se sait l’objet de toutes les attentions. Sa blessure à la cheville, en février avec son club, le Paris-Saint-Germain, a plongé le Brésil en apoplexie. Et sa légère rechute à l’entraînement, il y a trois jours, lui a fait frôler l’infarctus. Autant dire que le joueur aux cheveux peroxydés avait à cœur de se montrer. Il a été omniprésent. Pour le meilleur et pour le pire.

        Lire aussi :
         

          Au Brésil, pas de passion pour cette « Copa »



Ligne Maginot
Le meilleur, ce fut une fin de match débridée, des débordements incessants dans son couloir gauche, des gestes techniques – coup du sombrero, roulette… – plein de gourmandise, un déchet inférieur au match contre la Suisse (44 passes réussies sur 49,3 dribbles réussis sur 6 tentés), une complémentarité parfaite avec son arrière Marcelo… Et pour finir, un but malin sur un service parfait de Douglas Costa.

   


Le pire, ce fut sa maladresse face au but en deuxième période, au plus fort de la domination brésilienne, butant toutefois sur une défense aux allures de ligne Maginot. Les rares fois où les attaquants brésiliens ont réussi à percer le rideau défensif des Costaricains, ce fut pour buter sur un Keylor Navas, impérial. Les minutes passant, le calme du gardien et capitaine des Ticos contrastait de plus en plus avec l’impatience et la nervosité de Neymar.
Car c’est aussi par sa fébrilité que l’attaquant s’est illustré. Déjà guère connu pour son flegme, celui-ci a multiplié les coups de sang. Meneur d’hommes et de jeu capable de motiver son équipe ou gamin capricieux ? Le Brésilien a plus souvent ressemblé au second.

        Lire aussi :
         

                Tout savoir sur le Brésil à la Coupe du monde 2018 de football



Simulation et carton jaune
On l’a vu, à la mi-temps, attendre le trio arbitral dans les travées du stade, l’œil mauvais ; on l’a vu, grossière simulation à l’appui, réclamer un penalty inexistant à la 79e minute ; accordé dans un premier temps, le penalty a finalement été refusé après un arbitrage vidéo, et on l’a alors vu s’exaspérer et envoyer valser le ballon, récoltant ainsi un carton jaune. On l’a aussi vu copieusement insulter (« fils de p… ») un adversaire. Et on l’a vu, donc, finir en larmes un match qui aurait pu ne pas devenir si angoissant.
« Il y a une chose que je peux dire, c’est que la joie, la responsabilité et la pression de jouer pour le Brésil, c’est fort, et il a le courage de le montrer, l’a défendu Tite, avec qui Neymar s’entend parfaitement. Il est humain et il a besoin de temps pour revenir à son meilleur niveau. Bien sûr qu’il va retrouver son meilleur niveau, sans aucun doute. »
Outre trois points vitaux – un deuxième match nul aurait mis le Brésil dans l’obligation de battre la Serbie –, cette rencontre face au Costa Rica laisse le Brésil avec de nombreuses interrogations. La pression que se met en grande partie elle-même la Seleçao peut être un précieux stimulant – à l’instar de la Russie, auteure de débuts en fanfare –, comme elle peut paralyser les meilleurs joueurs et les meilleures intentions. La hargne montrée par son attaquant peut donner un supplément d’âme aux Auriverde comme finir par les déstabiliser.

        Lire aussi :
         

          Dans sa prison, Lula se mue en commentateur sportif



La réponse est sans doute une question d’équilibre : vendredi, l’équipe brésilienne a eu l’intelligence de ne pas s’en remettre à Neymar, de jouer avec lui plutôt que pour lui. A lui désormais de montrer plus de sérénité et de confiance. Le jeune homme – il n’a que 26 ans – peut se rassurer en se disant qu’il est déjà rentré dans l’histoire de la Coupe du monde, en inscrivant, en Russie, le but le plus tardif jamais inscrit dans le tournoi.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-9">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Pétrole : l’OPEP, sous la pression de Trump, décide d’une modeste augmentation de la production

L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h59
    |

                            Nabil Wakim (Vienne, envoyé spécial)








                        


Les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont finalement accepté, vendredi 22 juin, de relever leur production, sous la pression du président états-unien, Donald Trump, qui estimait que la stratégie du cartel pétrolier avait trop fait monter les prix du pétrole.
Les Saoudiens s’étaient décidés à augmenter la production pour faire baisser les prix, mais l’Iran s’est opposé à cette stratégie. Jeudi soir, à Vienne, le ministre du pétrole iranien a claqué la porte d’une réunion préparatoire, pour signifier son désaccord quant à une hausse de production.
Il a fallu une négociation serrée dans les couloirs feutrés du secrétariat de l’OPEP, vendredi matin, pour trouver une formule qui convienne aux différents pays de l’organisation, et qui recueille l’assentiment de son puissant partenaire russe.
Respecter l’accord de novembre 2016
Le cartel est donc parvenu à un accord qui ne mentionne pas le volume de la hausse de production, même si le ministre du pétrole saoudien, à la manœuvre dans les négociations, a estimé qu’elle serait équivalente à un million de barils par jour.
Pour arriver à ce tour de passe-passe, l’OPEP a trouvé une astuce. En novembre 2016, l’Organisation, la Russie et plusieurs autres pays producteurs de pétrole s’étaient mis d’accord pour réduire la production de 1,8 million de barils par jour, pour faire remonter les prix mondiaux du pétrole, qui s’étaient effondrés. Mais la déroute pétrolière et économique du Venezuela, ainsi que les difficultés en Libye et en Angola, ont amené le cartel a largement dépasser ces quotas de réduction, passant à 2,8 millions de barils par jour de réduction, au lieu de 1,8 million prévu.
Résultat : ce nouvel accord de juin 2018 consiste surtout… à respecter l’accord de novembre 2016. « Nous avons collectivement décidé que nous devons atteindre cet objectif à 100 % », a expliqué le président par intérim de l’OPEP, l’Emirati Souhail Al-Mazroui.
Il a admis qu’il y avait « des différences entre certains pays » du cartel, et que cela ne permettait pas de préciser une répartition des hausses de production. Interrogé à plusieurs reprises sur le sujet, M. Al-Mazroui s’est contenté de répondre qu’il s’agissait d’un « objectif collectif » et qu’il représentait déjà « un défi » pour certains pays.
« Ce n’est pas transparent »
Ce qui veut dire que certains pays – comme l’Arabie saoudite – peuvent augmenter leur production de manière significative pour répondre à la demande du marché, alors que d’autres, qui ne peuvent pas extraire plus – comme le Venezuela ou l’Iran – n’auront pas à le faire. D’autant que l’OPEP ne s’est dotée d’aucun instrument de contrôle du respect de ses engagements.
Autrement dit, l’Arabie saoudite pourra afficher une augmentation de la production et l’Iran pourra affirmer que le contrat de novembre 2016 est toujours en vigueur. De quoi contenter tout le monde au sein du cartel.
« De fait, cet accord laisse les Saoudiens produire autant qu’ils veulent. Le seul problème c’est ce que ce n’est pas transparent », confiait un très bon connaisseur du cartel. « S’il n’y a pas de détails spécifiques sur la hausse de la production, il n’est pas sûr que cela plaise beaucoup aux marchés », estimait ainsi l’analyste Cornelia Meyer. De fait, le prix du baril a continué à augmenter pendant l’annonce de l’accord trouvé à l’Opep, signe que cette hausse de production ne sera peut-être pas suffisante pour faire baisser les prix.
Mais il n’est pas sûr que Donald Trump se satisfasse d’un accord moins décisif que ce qu’il espérait. Le président américain a réagi dans la foulée sur Twitter : « Espérons que l’OPEP va accroître sa production de manière significative. Il faut faire baisser les prix ! ». Une manière de continuer à mettre la pression sur les Saoudiens et leurs partenaires.

        Lire aussi :
         

                Pétrole : l’Arabie saoudite et la Russie font front commun face à l’Iran






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-10">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ En 2018, ce dispositif n’est plus un outil contre l’autocensure des lycéens vers les filières sélectives, mais une chance d’obtenir une place dans les formations « en attente ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

« Meilleurs bacheliers », un dispositif « coupe-file » pour Parcoursup

En 2018, ce dispositif n’est plus un outil contre l’autocensure des lycéens vers les filières sélectives, mais une chance d’obtenir une place dans les formations « en attente ».



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 17h55
    |

            Eric Nunès








                        



   


Imaginez des centaines de milliers de lycéens à la queue leu leu, en attente de se voir ouvrir la porte d’une filière dans l’enseignement supérieur. La plate-forme d’orientation Parcoursup a alors des allures de longue file, qui pourra durer, pour certains, jusqu’à la fin de la procédure, en septembre. Il existe pourtant une sorte de passe VIP qui, depuis 2014, permet d’intégrer certaines filières sans passer par la porte principale : le dispositif « meilleurs bacheliers ».

        Lire aussi :
         

                Un millier de « meilleurs bacheliers » ont saisi leur deuxième chance d’accéder à une filière sélective



Dans sa version inaugurée sous le quinquennat de François Hollande, ce système baptisé « bachelier méritant », visait, selon la rhétorique gouvernementale de l’époque, à « récompenser le mérite partout » en offrant, au début de juillet, aux 10 % de meilleurs bacheliers de chaque série de chaque lycée, une seconde chance d’intégrer une filière sélective. Le dispositif a ensuite été élargi pour lutter contre l’autocensure en ouvrant la porte des filières sélectives à des lycéens qui n’avaient pas pris conscience de cette possibilité et/ou de leur potentiel. Le millésime 2018, tel qu’amendé par le gouvernement, prévoit plusieurs modifications.
Qui peut obtenir le coupe-file ?
Selon le projet de décret qui devrait être prochainement publié, pourront en bénéficier les bacheliers 2018 « qui ont obtenu une mention très bien, bien ou assez bien et les meilleurs résultats dans chaque série ou spécialité du baccalauréat dans la limite de 10 % », et ce, pour chaque lycée. Donc, non seulement il faut être parmi les meilleurs de son établissement mais également avoir une mention, ce qui n’était pas le cas en 2017 : deux bénéficiaires du dispositif « meilleurs bacheliers » avaient ainsi obtenu leur baccalauréat sans mention.
Quelles sont les filières accessibles ?
Alors que le dispositif était limité aux formations sélectives (classes prépas, BTS, IUT, IEP de province, quelques écoles d’ingénieurs et écoles de commerce privées), le projet de décret prévoit d’intégrer les licences universitaires et la Paces (première année commune aux études de santé). « Un dispositif plus large », souligne Philippe Vincent, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN), qui pourra concerner beaucoup plus de candidats que précédemment, mais qui se détourne de son « objectif initial », regrette Claire Krepper, secrétaire nationale du SE-UNSA (SE pour « syndicat des enseignants »), rappelant que « le système permettait à des lycéens qui n’avaient pas osé faire le choix de filières sélectives d’avoir une seconde chance ».

        Lire aussi :
         

                La fac à la conquête des meilleurs bacheliers



Dans cette nouvelle mouture de « meilleurs bacheliers », « il faut que le lycéen concerné ait, dans ses vœux initiaux sur Parcoursup, demandé la formation sélective et qu’il ait maintenu son vœu en attente », précise Mme Krepper. En clair, le dispositif donnera à un lycéen en attente plus de chances d’obtenir un de ses vœux, mais en aucun cas d’intégrer une filière qu’il n’avait pas osé viser avant ses résultats au baccalauréat. « Cela permet de remonter les files d’attente, mais ce n’est pas un droit, c’est un accès prioritaire », résume la syndicaliste.
Pas de garantie
Enfin, faire partie des 10 % de « meilleurs bacheliers » n’est pas un laissez-passer qui ouvre les portes des établissements sur lesquels les lycéens ont maintenu leurs vœux. « Le recteur d’académie détermine, après avoir consulté les chefs ou le directeur d’établissement, le nombre de places consacrées », détaille le projet de décret. « Mais le timing rend l’affaire compliquée », décrypte M. Vincent. En effet, alors que les résultats du baccalauréat sont programmés pour le 6 juillet, « le recrutement des établissements est généralement bouclé. Il est difficile de générer des places à ce moment-là », explique le proviseur.
C’est sur la plate-forme Parcoursup que les candidats concernés recevront une proposition d’admission, « en fonction du nombre de places consacrées à la mise en œuvre du dispositif », peut-on lire dans le projet de décret. Si plusieurs candidats peuvent se prévaloir du dispositif « meilleurs bacheliers », les propositions d’admission tomberont selon le rang de classement sur Parcoursup.
Un bouchon en 2019 ?
Dans cette édition 2018 des « meilleurs bacheliers », ceux qui auront définitivement validé un vœu avant les résultats du baccalauréat, prévus le 6 juillet, sans maintenir de demande dans une ou des formations où ils sont en liste d’attente, ne pourront pas bénéficier du dispositif.
Si le système est reconduit tel quel l’an prochain, des lycéens en mesure d’espérer être « meilleurs bacheliers » pourraient alors choisir de « jouer la montre » en attendant les résultats du bac avant de valider définitivement un vœu, avec, pour conséquence, un embouteillage accru dans Parcoursup et à la porte des établissements d’enseignement supérieur.
Pour éviter la mise en place de ce type de stratégie en 2019, la réduction du temps pour répondre à une proposition de place fait partie des « améliorations demandées pour 2019 », explique Philippe Vincent.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-11">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Les enfants exposés in utero à l’acide valproïque ont quatre à cinq fois plus de risques d’être atteints de troubles mentaux.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Une étude confirme l’ampleur des dégâts causés par la Dépakine

Les enfants exposés in utero à l’acide valproïque ont quatre à cinq fois plus de risques d’être atteints de troubles mentaux.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h00
    |

            François Béguin








                        


Combien d’enfants ont été atteints de troubles neuro-développementaux, dont l’autisme, après avoir été exposés in utero à l’acide valproïque contenu dans des antiépileptiques comme la Dépakine ? A cette question posée de longue date par les parents d’« enfants Dépakine », l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) ont apporté une double réponse dans un document qui devait être présenté aux associations vendredi 22 juin.
La première repose sur une étude de très grande ampleur réalisée à partir du système national des données de santé. Toutes les demandes de soins en orthophonie, orthoptie ou psychiatrie, ainsi que tous les diagnostics effectués lors d’une hospitalisation pour troubles envahissants du développement, retard mental, troubles du développement ont été relevés jusqu’au 31 décembre 2016 chez 1,7 million d’enfants nés entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2014, dont 8 848 qui avaient été exposés in utero à différents traitements antiépileptiques (dont 991 à l’acide valproïque).
Résultat : à l’âge moyen de 3,6 ans, les enfants dont la mère prenait un antiépileptique à l’acide valproïque au cours de la grossesse présentent un risque quatre à cinq fois plus élevé d’avoir un diagnostic de « troubles mentaux et du comportement » précoces (avant l’âge de 6 ans) que les enfants dont la mère n’a pas reçu d’antiépileptique pendant la grossesse. Ce risque était jusqu’à 8 à 10 fois plus élevé chez les enfants exposés aux plus fortes doses.
La période à risque se situerait « plus particulièrement au cours du deuxième et/ou du troisième trimestre de la grossesse »
Le risque de troubles associé aux autres antiépileptiques « apparaît beaucoup moins marqué que pour l’acide valproïque, avec des différences en fonction des substances », relève le rapport.
Les résultats de l’étude « suggèrent », par ailleurs, que la période d’exposition à risque « pourrait se situer plus particulièrement au cours du deuxième et/ou du troisième trimestre de la grossesse ». Une exposition à l’acide valproïque au cours du premier trimestre de grossesse expose à un risque de malformations congénitales majeures. Une précédente enquête nationale évaluait entre 2 150 et 4 100 le nombre d’enfants exposés in utero au valproate atteints d’au moins une malformation majeure.
La CNAM et l’ANSM estiment cependant que plusieurs facteurs empêchent de déduire de ces nouveaux résultats « une estimation du nombre absolu » de cas de troubles neuro-développementaux parmi les enfants exposés in utero à l’acide valproïque en France. Et c’est avec un autre mode de calcul, déjà utilisé par l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac), que les deux structures parviennent à calculer une fourchette du nombre d’enfants touchés.
« Chiffre gigantesque »
Considérant que 30 % à 40 % des 41 600 à 76 100 enfants exposés entre le début de la commercialisation de la Dépakine en 1967 et 2016 seraient concernés, ce sont donc entre 16 600 et 30 400 enfants qui seraient atteints de troubles neuro-développementaux précoces, en comptant ceux dont la mère était traitée pour des troubles bipolaires.
Si cette estimation était attendue, c’est la première fois qu’elle figure noir sur blanc dans un document officiel. « C’est un chiffre gigantesque, cela vient confirmer l’ampleur du scandale », souligne Marine Martin, la présidente de l’Apesac. Les dangers de ces médicaments pour l’enfant à naître sont connus depuis les années 1980 et ont été de nouveau documentés au début des années 2000. Or, les femmes n’ont pas été informées de ces risques pour leur enfant.
Plusieurs procédures judiciaires sont aujourd’hui en cours contre Sanofi, le fabricant de la Dépakine. En décembre 2017, le laboratoire a été condamné par la cour d’appel d’Orléans à verser 2 millions d’euros à la famille d’une victime et 1 million d’euros à la Caisse primaire d’assurance-maladie, décision dont il a fait appel. Un fonds d’indemnisation devrait par ailleurs commencer à fonctionner à l’automne. « Si on est 30 000 victimes et si chacune d’entre nous est indemnisée 1 million d’euros, ça va coûter 30 milliards, prévient Marine Marin. Or, Sanofi continue de nier sa responsabilité. Si l’Etat ne demande pas à Sanofi de participer au fonds d’indemnisation, c’est le contribuable qui devra payer cette somme. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-12">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Pour mettre fin à l’« impunité », le haut-commissaire aux droits de l’homme demande l’ouverture d’une enquête internationale.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Droits de l’homme : rapport accablant de l’ONU sur le Venezuela

Pour mettre fin à l’« impunité », le haut-commissaire aux droits de l’homme demande l’ouverture d’une enquête internationale.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h04
   





                        



   


Usage de la force excessive, détentions arbitraires, tortures et mauvais traitements… Le nouveau rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur la situation au Venezuela, publié vendredi 22 juin, est accablant. Ce document est publié un an après un premier rapport, tout aussi alarmant.
L’enquête de l’ONU accuse notamment diverses forces de sécurité vénézuéliennes d’avoir procédé depuis 2015 à plus de 500 exécutions extrajudiciaires, visant surtout des jeunes dans les quartiers pauvres, dans le cadre d’opérations de lutte contre la criminalité, entre juillet 2015 et mars 2017. Ces chiffres s’appuient sur des statistiques de l’ancien procureur général, désormais en exil.
« Ces opérations de lutte contre la criminalité étaient un exercice visant à montrer que le gouvernement est sérieux dans la lutte contre la criminalité », a expliqué aux médias une porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani.
« Engagement accru » de la Cour pénale internationale
Face à cette situation « lamentable », Zeid Ra’ad Al-Hussein, le haut-commissaire aux droits de l’homme, appelle à créer une commission d’enquête internationale et demande un « engagement accru » de la Cour pénale internationale.
« Etant donné que l’Etat ne semble ni capable ni disposé à poursuivre les auteurs de violations graves des droits de l’homme, il y a de solides raisons de demander un engagement accru de la Cour pénale internationale, a-t-il estimé. L’impunité doit cesser. »
Le Haut-Commissariat demande aussi la création d’une commission d’enquête internationale par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, comme il en existe pour la Syrie.

        Lire aussi :
         

                « Au Venezuela, toute rationalité semble avoir déserté le système politique et économique »



Les autorités vénézuéliennes ayant refusé l’accès du pays aux experts de l’ONU, ce rapport est basé sur une série d’interviews, réalisées à distance par une équipe de spécialistes des droits humains, auprès de quelque 150 personnes, dont des victimes et leurs familles, ainsi que des témoins, des journalistes, des avocats et des médecins notamment.
Détentions « plus sélectives »
Ces témoignages ont montré que les méthodes pour « intimider et réprimer l’opposition politique ou toute personne perçue comme étant une menace au gouvernement » se poursuivent, mais que « ces détentions sont devenues plus sélectives que durant la période des manifestations », visant des activistes, des étudiants, des défenseurs des droits humains, des travailleurs des médias et des membres des forces armées.
Au moins 12 320 personnes ont été détenues dans le pays entre janvier 2014 et avril 2018, et plus de 7 000 d’entre elles ont été libérées avec comme condition de respecter un certain nombre de mesures limitant leurs libertés, détaille le rapport, utilisant des éléments communiqués par des représentants de la société civile. Au moins 570 personnes, dont 35 enfants, ont été détenues depuis août.
Le président Maduro, au pouvoir depuis 2013, a été récemment réélu jusqu’en 2025, au terme d’un scrutin vivement critiqué à l’étranger.

        Lire aussi :
         

                Au Venezuela, Nicolas Maduro proclamé vainqueur d’une présidentielle contestée






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-13">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ La petite fille éplorée lors de l’arrestation de sa mère hondurienne à la frontière n’a pas été séparée d’elle.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

La fillette en larmes sur la couverture du « Time » n’avait pas été séparée de sa mère

La petite fille éplorée lors de l’arrestation de sa mère hondurienne à la frontière n’a pas été séparée d’elle.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h00
    |

                            Delphine Bernard-Bruls








                        


Sur sa dernière couverture, le magazine américain Time a réutilisé une photographie déjà célèbre montrant une fillette en larmes alors que sa mère est arrêtée par la police à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Placée face au président américain, Donald Trump, et à l’expression « Bienvenue en Amérique », la photo devait illustrer la politique migratoire de « tolérance zéro » qui a mené à plus de 2 000 séparations entre parents et enfants clandestins. Sauf que, contrairement à ce que de nombreux observateurs ont laissé penser, la mère et la fille n’ont pas été séparées à leur arrivée à McAllen, au Texas.

TIME’s new cover: A reckoning after Trump's border separation policy: What kind of country are we?… https://t.co/iRrT5dtbp8— TIME (@TIME)


require(["twitter/widgets"]);

Le photographe de Getty Images, John Moore, savait que la fillette au gilet rose et sa mère arrivaient du Honduras, rien de plus. S’il ignorait que son cliché illustrerait le mouvement d’indignation contre la politique migratoire de M. Trump – contre laquelle ce dernier a finalement signé un décret le 20 juin – il ne savait pas plus que mère et fille n’avaient pas été séparées mais internées ensemble. Dans le Time, M. Moore a expliqué avoir photographié la mère et la fille dans la nuit du 12 au 13 juin alors qu’elles achevaient un mois de marche en direction des Etats-Unis.
Mise à jour tardive
Interrogé sur CNN, le photographe a souligné en début de semaine ne pas avoir été témoin d’une quelconque séparation, mais a rapporté que mère et fille « ont été envoyées vers un centre où elles ont peut-être été séparées », comme quelque 2 000 familles au cours de ces deux derniers mois. Le Time a lui-même fait l’erreur : après avoir d’abord affirmé le 19 juin que mère et fille avaient été séparées, le magazine a ajouté une mise à jour au bas de son article.
« La version originale de cet article a fait une fausse affirmation quant au sort de la petite fille après la photographie. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. »
A des milliers de kilomètres de là, au Honduras, Denis Javier Varela Hernandez a reconnu la bambine en larmes figurant sur la photo devenue virale, et assuré qu’il s’agissait de sa fille, qu’il n’avait pas vue depuis plusieurs semaines. Il a d’abord affirmé cela, mardi sur la chaîne de télévision sud-américaine Univision : « Cette photo… dès que je l’ai vue j’ai su que c’était ma fille. » Il a répété cette affirmation au quotidien britannique Daily Mail, précisant que sa compagne ne l’avait pas mis au courant de ses projets de migration vers les Etats-Unis. Sans nouvelles d’elle depuis son départ, il a appris la semaine dernière qu’elle avait été interpellée à son arrivée au Texas, mais internée avec sa fille.
D’autres sources sont venues corroborer les propos du père, resté au Honduras : « La mère et la fille n’ont pas été séparées », a déclaré une porte-parole des autorités douanières et frontalières au Daily Beast. Côté hondurien, la ministre adjointe des relations internationales, Nelly Jerez, a confirmé le récit du père auprès de l’agence de presse Reuters. Optimiste, ce dernier a estimé que « si elles sont déportées, ça ne fait rien, tant qu’ils ne laissent pas l’enfant sans sa mère ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-14">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Une étude inédite associe l’exposition in utero aux polluants à des modifications épigénétiques pouvant présenter un risque pour la mère et l’enfant.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

La pollution de l’air met en danger le fœtus en altérant le placenta

Une étude inédite associe l’exposition in utero aux polluants à des modifications épigénétiques pouvant présenter un risque pour la mère et l’enfant.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h25
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


La littérature scientifique regorge d’études démontrant les effets délétères de la pollution de l’air sur le développement du fœtus et de l’enfant. On sait désormais qu’une exposition aux particules fines pendant la grossesse augmente le risque de donner naissance à des bébés de petits poids, et plusieurs travaux suggèrent qu’elle pourrait aussi être à l’origine d’un fonctionnement dégradé des poumons ou de troubles neuro-développementaux.
L’étude publiée jeudi 21 juin dans la revue Environment international apporte une première réponse sur les mécanismes expliquant ces effets. Ils pourraient passer par une altération du placenta. « Nous nous sommes intéressés au placenta car c’est un tissu très important lors de la grossesse. C’est lui qui est responsable de la bonne santé de la maman et du développement du fœtus », explique au Monde Johanna Lepeule, auteure principale de l’étude et épidémiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Ces résultats inédits ont été obtenus par une équipe de chercheurs de l’Inserm, du CNRS et de l’université Grenoble-Alpes regroupés au sein de l’institut pour l’avancée des biosciences. Ils se fondent sur une cohorte de 668 mères (et de leurs enfants) recrutées entre 2003 et 2006 à Nancy et Poitiers.
L’équipe s’est intéressée aux effets du dioxyde d’azote (NO2), ce gaz très toxique majoritairement émis par le trafic automobile et en particulier par les motorisations diesel. Les chercheurs ont constaté que les mères les plus exposées au NO2 pendant leur grossesse présentaient des modifications épigénétiques au niveau du placenta. A savoir des modifications des mécanismes qui régulent l’expression des gènes.
« Accentuer la lutte »
Pour comprendre ce qu’est l’épigénétique, Johanna Lepeule recourt à une métaphore musicale : « Le code génétique, c’est la partition. L’épigénétique, c’est quand elle est jouée par l’orchestre avec les instruments. Il n’y a qu’une partition mais, à chaque fois, l’interprétation est différente. »
A la différence des travaux précédents sur les polluants atmosphériques, qui se concentraient sur des gènes particuliers, l’originalité de l’étude réside dans le fait qu’elle se base sur l’analyse de données épigénétiques à grande échelle : plus de 400 000 localisations épigénétiques. Cela a permis aux chercheurs d’associer l’exposition au NO2 à des modifications épigénétiques au niveau de cinq gènes, en particulier sur le gène ADORA2B.
« Des défauts dans l’expression de ce gène ont été associés dans d’autres études à la pré-éclampsie, une maladie de la grossesse fréquente et grave si elle n’est pas prise en charge », commente Johanna Lepeule. La pré-éclampsie est une pathologie qui se caractérise par une hypertension artérielle et s’accompagne d’une élévation de la présence de protéines dans les urines. Elle est responsable d’un tiers des naissances des grands prématurés.
« Cette étude est une première étape, juge la chercheuse. Il en faudra désormais d’autres pour confirmer notre hypothèse et associer ces modifications épigénétiques avec d’autres effets sanitaires pour la mère et l’enfant », explique Mme Lepeule.
Ces résultats sont d’autant plus inquiétants que toutes les mères de la cohorte étaient soumises à des concentrations de dioxyde d’azote inférieures aux limites annuelles fixées par la réglementation européenne et recommandées par l’Organisation mondiale de la santé, à savoir 40 µg/m³. Faut-il dès lors durcir ces limites ? « C’est aux politiques et aux citoyens de se saisir de la question de la réglementation, répond Johanna Lepeule. En tant que chercheuse, ce que je peux recommander, c’est d’accentuer la lutte contre la pollution atmosphérique. » 



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-15">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ La France s’est opposée à un congé parental européen mieux rémunéré. Certains, notamment à l’extrême droite, voudraient aller plus loin, en octroyant un revenu au parent au foyer.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Instaurer un revenu parental serait-il souhaitable (et possible) ?

La France s’est opposée à un congé parental européen mieux rémunéré. Certains, notamment à l’extrême droite, voudraient aller plus loin, en octroyant un revenu au parent au foyer.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 15h41
    |

            Mathilde Damgé








                        


C’était une des rares avancées sociales européennes proposées par la Commission Juncker, au printemps 2017. C’est pourtant une version très pâle du texte d’origine qui a été adoptée jeudi 21 juin par les ministres du travail et des affaires sociales de l’Union européenne. Il s’agissait au départ de donner aux vingt-huit pays membres de l’UE les mêmes règles sur le congé parental, de préférence mieux-disantes pour une majorité : quatre mois par parent et par enfant, rémunérés aux mêmes conditions que les arrêts maladie.
Mais plusieurs Etats ont bataillé contre cette idée et obtenu gain de cause : les représentants des Etats membres ont fini par s’accorder sur un texte qui n’impose plus aucun niveau minimal de rémunération. L’obligation de partage entre le père et la mère est limitée à deux mois pour un congé de quatre mois pour chaque parent (dont un mois et demi indemnisé). Le Parlement européen doit se pencher à son tour le 11 juillet sur les propositions de l’exécutif européen lors d’une réunion de la commission Emploi, qui pilote les discussions.
La France, en particulier, s’est opposée à cette amélioration du congé parental, pour des raisons de coût, suscitant une réaction indignée des syndicats et des associations familiales, qui ont déploré, dans deux lettres ouvertes, la frilosité du président de la République sur la question.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi la France s’oppose à une meilleure indemnisation du congé parental



Une idée issue de l’extrême droite
Dans le même temps, l’idée d’octroyer un revenu au parent au foyer semble faire son retour, notamment dans les rangs de l’extrême droite, qui traditionnellement porte cette proposition en France :

Préserver la cellule de base de notre #Societe la famille: le @FN_officiel propose de donner la possibilité aux fem… https://t.co/Ebefu8mrLD— Elus_FN_NA (@RN Nouvelle-Aquitaine)


require(["twitter/widgets"]);

En janvier, l’eurodéputé frontiste Nicolas Bay écrivait ainsi : « Il est urgent de mettre en œuvre une véritable politique au service des familles, notamment en rétablissant l’universalité des allocations familiales, ou encore par la création d’un revenu parental. »
Si un revenu parental, ou un système équivalent, a déjà été mis en place dans d’autres pays (Allemagne, Suède, etc.), en France, un tel dispositif est resté au stade de l’hypothèse, laquelle n’a d’ailleurs été formulée que par des partis politiques ultraconservateurs et quelques associations défendant la famille.
Dans les dernières années, le seul geste de reconnaissance du « travail » que constitue la parentalité a été réalisé par la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, qui a proposé de gratifier les parents au foyer d’un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) petite enfance, pouvant être obtenu après validation d’acquis, afin de faciliter leur insertion professionnelle.

Les jeunes mères pourraient, après un "parcours diplômant", obtenir un "CAP petite enfance", annonce… https://t.co/j558pCjGy8— LCP (@LCP)


require(["twitter/widgets"]);

Aussi simple et généreux soit-il, le revenu parental est une idée complexe qui pose de nombreuses questions : un salaire ou une indemnisation ? En supprimant les aides existantes ? Pour quel travail ? Avec quel budget pour l’Etat ? Tour d’horizon de ce qui est évoqué en France et à l’étranger pour rémunérer ces travailleurs et travailleuses invisibles.
Une allocation, pas un salaire
Actuellement, les allocations familiales sont considérées symboliquement comme une forme de revenu par certaines mères au foyer pour qui élever des enfants est un métier : pour elles, les sommes versées par la Caisse d’allocations familiales (CAF) entreraient en compte dans la décision de ne pas travailler pour se consacrer à leurs enfants.
A ceci près que l’allocation de base est versée au foyer, et non au parent qui a la charge du foyer, tout comme l’indemnité de congé parental d’éducation. Appelée prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE), cette indemnité (à ne pas confondre avec le congé maternité ou paternité, au moment de la naissance, qui permet de cotiser et d’être rémunéré) remplace depuis 2015 le complément de libre choix d’activité (CLCA).
Destinée aux parents qui ont arrêté de travailler afin d’élever un enfant de moins de 3 ans, l’allocation correspond à 396 euros net pour un temps plein, à 256 euros net pour un mi-temps. Toutes ces aides ne sont pas des salaires à proprement parler : elles ne sont pas soumises à cotisations, n’ouvrent pas de droits sociaux, et ne permettent pas de progresser dans une forme de « carrière », contrairement à ce qui se fait chez certains de nos voisins, comme en Suède.

Congé parental : ce que font les autres pays
Peu de pays ont réellement expérimenté un revenu parental en tant que tel ; la plupart indemnisent le congé lié à une naissance (congé maternité et/ou de paternité) et aident, plus ou moins généreusement, à la prise en charge d’un enfant en bas âge (congé parental d’éducation). Sept pays de l’Union ne rémunèrent pas du tout le congé parental : le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Irlande, la Grèce, les Pays-Bas et Chypre.
La Suède est le pays qui rémunère le mieux les parents : le congé parental ouvre droit à un revenu de remplacement, correspondant à 80 % du salaire antérieur, pendant les treize premiers mois (les trois derniers mois étant indemnisés environ 500 euros chaque). Le modèle suédois est cohérent avec cette notion de revenu : ce dernier est imposable et, en contrepartie, tous les droits sociaux du bénéficiaire sont maintenus. Il continue à cotiser pour sa retraite, la période de congé est comptabilisée dans le calcul des avantages liés à l’ancienneté et il bénéficie de la garantie du retour à son poste.
Si le parent au foyer tombe malade, il reçoit une indemnité journalière et ses jours de maladie ne sont pas comptabilisés dans le congé parental. Il faut toutefois avoir travaillé au moins huit mois avant l’arrêt. « Les parents ne satisfaisant pas à ces conditions touchent, pour leur part, une indemnité forfaitaire d’environ 18 euros par jour. Les modalités de ce congé incitent donc assez fortement à s’intégrer sur le marché du travail avant d’avoir des enfants », explique la docteure en sociologie Nathalie Morel. De plus, la Suède a mis en place des mesures incitatives pour pousser les hommes à davantage utiliser le congé : chaque parent est obligé de prendre au moins trois mois pour bénéficier du reste du congé parental.
Même logique en Allemagne : si les deux parents prennent le congé (deux tiers du salaire, plafonné à 1 800 euros par mois), ils ont droit à deux mois supplémentaires. Une « prime aux fourneaux » de 150 euros mensuels avait, en outre, été initiée en 2013 par les conservateurs pour relancer la natalité, mais elle a été invalidée en 2015 par la Cour constitutionnelle qui a jugé que le gouvernement fédéral avait empiété sur les prérogatives des Etats régionaux.
L’Islande a le modèle le plus égalitaire avec un congé parental de neuf mois, dont un tiers est réservé à la mère, un tiers au père et un tiers partageable entre les deux, avant les dix-huit mois de l’enfant, chaque partie étant perdue si elle n’est pas prise par son destinataire. Il est rémunéré à 80 % pour tout salaire en dessous de 1 260 euros par mois et 75 % pour les salaires supérieurs, avec un plafonnement à 1 890 euros mensuel.
A l’opposé d’une conception sociale du revenu parental, et dans une proportion probablement anecdotique, une version néocapitaliste aurait déjà été expérimentée dans la sphère privée : à New York, certaines femmes au foyer toucheraient un « bonus d’épouse » au titre de leur bonne gestion du budget du foyer ou de la qualité de l’éducation apportée aux enfants et de la capacité de ces derniers à intégrer de bonnes écoles. Les Etats-Unis sont actuellement le seul pays de l’OCDE à ne même pas financer un congé maternité.


« 80 % du SMIC »
La création d’un revenu parental, « équivalant à 80 % du SMIC » et ouvrant des droits afférents à tout revenu du travail (protection sociale, retraite, formation, etc.), figurait au programme du Front national pour l’élection présidentielle en 2012. « Ce revenu serait accessible pendant trois ans à partir du deuxième enfant avec une possibilité de renouvellement d’une durée de quatre ans pour le troisième enfant. » 
Pour l’eurodéputé Dominique Martin (FN), qui avait invoqué, en 2015, la liberté des « femmes de s’occuper de leur foyer, notamment par un salaire parental d’éducation », la mesure comporterait d’évidents bénéfices, comme le fait de libérer des emplois et d’améliorer la sécurité de certains quartiers.
Mais elle aurait naturellement un coût assez élevé. En retirant le congé parental, le coût d’un tel revenu parental oscillerait entre 3,3 milliards et 10 milliards d’euros, selon l’Institut Montaigne. Le centre de réflexion, orienté à droite, souligne par ailleurs le risque d’un « fort effet désincitatif sur le travail des personnes peu qualifiées », et donc sur leur intégration sociale.
Il faudrait en outre imaginer les effets macroéconomiques d’une réduction de la population active féminine aussi drastique, notamment sur la croissance, sur la consommation et sur le système de retraites… « Les éventuelles économies générées sur le financement de l’accueil de la petite enfance seraient ainsi très largement compensées par les pertes de recettes », juge en conclusion l’Institut Montaigne.
Contacté, le Front national, devenu entre-temps Rassemblement national, n’a pas souhaité répondre sur le détail du financement de ce dispositif, ni même à la question de savoir s’il soutenait encore cette mesure.
Plus de 1 300 euros par mois à temps plein
Outre le financement du revenu parental se pose la question de la « fiche de poste » et du niveau de salaire afférent aux tâches réalisées. Le travail domestique est un véritable travail dans la mesure où il produit de la valeur, valeur mesurée par l’Insee. En 2010, quel que soit son temps de travail, une femme vivant en couple et mère d’un ou plusieurs enfants de moins de 25 ans, accomplissait en moyenne :
vingt-huit heures par semaine de tâches du périmètre dit « restreint » du travail domestique (cuisine, ménage, soins matériels aux enfants, entretien du linge, gestion du ménage) ;trente-quatre heures si l’on ajoute le périmètre « intermédiaire » (courses, jardinage, bricolage, jeux avec les enfants) ;quarante et une heures avec l’« extensif » (trajets en voiture, soins d’un animal domestique).
Pour un homme dans la même situation, le temps de travail domestique est en moyenne de dix-huit heures (dix pour le périmètre restreint et vingt-six pour le périmètre extensif). Avec un salaire minimum de 9,76 euros brut de l’heure, une femme devrait recevoir une rémunération d’environ 1 327 euros par mois, un homme, de 702 euros… sans prendre en compte le coût horaire plus élevé de certains spécialistes (assistant maternel, plombier, couturier, etc.).

        Lire aussi :
         

                Oui, les hommes participent plus... mais ils gardent les tâches les plus gratifiantes



Déséquilibre hommes-femmes
Les défenseurs actuels du revenu parental s’adressent indifféremment aux hommes et aux femmes. Mais, en réalité, une telle compensation (qui atteindrait au mieux une fraction du salaire minimal) risque de n’intéresser que les personnes ayant des rémunérations plus faibles, travaillant à temps partiel ou avec des carrières compliquées…, soit le plus souvent des femmes, explique sur son blog le professeur de sciences sociales et économiques Denis Colombi. Cet écueil touche déjà le congé parental actuel, qui n’est pris qu’à 4 % par les hommes.
Un cercle vicieux peut alors s’enclencher, les femmes restant à la maison par défaut et ne pouvant espérer un meilleur avenir professionnel. C’est d’ailleurs pour éviter que le congé parental ne se substitue au travail que certains économistes défendent un congé court. Pour Hélène Périvier, spécialiste des questions d’inégalités entre les sexes à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il y a une coupure, en France, entre l’accueil de la petite enfance et ce qui relève de l’éducation nationale.
Constatant le manque de modes de garde, elle souligne la nécessité de régler ce problème de prise en charge de la petite enfance, pour pouvoir réduire le congé parental… « Et c’est là qu’il y a des crispations. Il faudrait, selon moi, revoir cette coupure nette, et plutôt penser globalement l’accueil des moins de 6 ans. » Une solution qui permettrait de rétablir l’égalité entre hommes et femmes, mais également entre enfants, qui avant 3 trois ans ne bénéficient pas des mêmes traitements.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-16">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Condamné à mort en 2014, Mohamed Ould Cheikh Mkheitir n’est plus apparu en public depuis son jugement en appel en novembre 2017
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤         

Décryptage

En Mauritanie, une peine qui n’en finit pas pour le blogueur « apostat »

Condamné à mort en 2014, Mohamed Ould Cheikh Mkheitir n’est plus apparu en public depuis son jugement en appel en novembre 2017

Christophe Châtelot
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-22T13:42:03+02:00"

        Le 22.06.2018 à 13h42

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-06-22T18:41:29+02:00"

        Mis à jour le 22.06.2018 à 18h41






                        

Crédits : STR / AFP


                    

Où est Mohamed Ould Cheikh Mkheitir ? Le blogueur mauritanien condamné à mort en 2014 pour apostasie devrait être libre de ses mouvements depuis que sa peine a été ramenée, en novembre 2017, à deux ans de prison par la cour d’appel de Nouadhibou. Sauf que Mohamed Ould Cheikh Mkheitir n’est plus apparu en public depuis le verdict. Ses avocats, qui ne peuvent lui rendre visite, pas plus que sa famille, parlent de « séquestration » et s’inquiètent de son état de santé.

Mohamed Ould Cheikh Mkheitir, âgé d’une trentaine d’années, est détenu depuis janvier 2014. Peu de temps avant, il avait publié un article sur Internet jugé blasphématoire envers le prophète Mahomet. Son repentir n’avait pas été suffisant pour calmer la colère de certains groupes musulmans radicaux du pays.
Sous la pression de la rue, il avait été condamné à mort le 24 décembre 2014 par la cour criminelle de Nouadhibou, sa ville de résidence, dans l’ouest de la Mauritanie. La réduction de sa peine avait de nouveau enflammé une partie de la population qui continue de demander son exécution, plaçant les autorités politiques mauritaniennes dans l’embarras.
« Demande populaire »
Sous le poids de cette opinion publique de plus en plus bruyante – le parti islamiste Tawassoul est la principale force d’opposition –, le gouvernement a fait passer un projet de loi durcissant la législation contre les auteurs d’apostasie et de blasphèmes, désormais passibles de la peine de mort, sans plus tenir compte d’un éventuel repentir. Dans un récent entretien avec l’hebdomadaire Jeune Afrique, le chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz, expliquait que « le peuple a voulu qu’il en soit ainsi, et les lois sont l’émanation du peuple ». « Il y a eu beaucoup de manifestations, je dirais même que 90 % de la ville de Nouakchott est descendue dans la rue pour se faire justice. Nous avons répondu à cette demande populaire », ajoutait-il.

Le sort...



<article-nb="2018/06/22/19-17">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Les 3 900 voitures avaient permis à la production de batteries de décoller.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La disparition des Autolib’ risque de porter un coup dur aux batteries du groupe Bolloré

Les 3 900 voitures avaient permis à la production de batteries de décoller.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 15h26
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Dans le groupe Bolloré, on adorait, jusqu’à peu, raconter comment Autolib’ a été inventé il y a de cela une petite dizaine d’années. D’abord, un appel d’offres de la Mairie de Paris pour un système d’autopartage électrique ; ensuite, une intuition de Vincent Bolloré pour trouver un débouché à sa batterie à la technologie unique au monde ; enfin, un travail de titan pour concevoir en quelques mois, autour de la fameuse batterie, la petite auto électrique, qui était devenue, ces dernières années, un véhicule familier des rues de la capitale.
La chute d’Autolib’ version Bolloré et la disparition programmée de ses 3 900 voitures, qui avaient permis à la production de batteries de décoller, font-elles peser par contrecoup un risque majeur sur cette branche du groupe ? Le danger existe. Des quatre piliers de l’empire, l’activité « stockage d’électricité et solutions », confiée en 2016 à Marie Bolloré, la fille cadette de Vincent, est la plus fragile. Comparée à la logistique ou à la communication, où les ventes se comptent en milliards, la branche batteries au sens large est un nain en termes de chiffre d’affaires (311 millions d’euros en 2017).
Surtout, les pertes (– 165 millions en 2017) représentent la moitié des revenus. Cela n’était pas trop problématique quand ce métier était, un peu comme dans une start-up, en forte expansion. Mais la croissance organique a été ramenée, en 2017, de 17 % à 2 %. En cause, principalement – déjà – un recul des ventes de batteries de 40 % par rapport à 2016. En 2017, les 1 508 batteries vendues ont généré un chiffre d’affaires de 81 millions d’euros. Le petit problème est que l’usine qui fabrique les cellules et les packs de batteries, située à Ergué-Gabéric (Finistère), a une capacité de production près de dix fois supérieure.

« La baisse des volumes de batteries vendues s’explique par une durée de vie plus longue »
Du côté du groupe Bolloré, on positive cette situation. Elle serait essentiellement...




                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-18">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Les affrontements entre l’Armée nationale libyenne et des milices pourraient hypothéquer le règlement politique de la crise.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤         

Décryptage

En Libye, le maréchal Haftar à la reconquête du Croissant pétrolier

Les affrontements entre l’Armée nationale libyenne et des milices pourraient hypothéquer le règlement politique de la crise.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-22T13:50:48+02:00"

        Le 22.06.2018 à 13h50






    
Sur la route de Ras Lanouf, en Libye, en 2011.
Crédits : GIANLUIGI GUERCIA / AFP


C’est comme un scénario qui se réédite. Depuis le 14 juin, le Croissant pétrolier, poumon économique de la Libye, est à nouveau le théâtre d’affrontements qui risquent d’hypothéquer la reprise des exportations du brut tout autant que le règlement politique de la crise libyenne. Les forces de l’Armée nationale libyenne (ANL), du maréchal Khalifa Haftar, ont affirmé, jeudi 21 juin, avoir repris le contrôle d’Al-Sedra et Ras Lanouf, deux des principaux ports situés le long de l’arc de terminaux en bordure du golfe de Syrte. Zone stratégique, cette région voit transiter plus de la moitié de brut libyen exporté.

        Lire aussi :
         

                Libye : entre Misrata et Tawargha, la réconciliation du plus fort



L’offensive de l’ANL, baptisée « Invasion sainte », visait à déloger les forces d’Ibrahim Jadhran, qui s’étaient emparées le 14 juin d’Al-Sedra et Ras Lanouf après une opération éclair. Issu de la tribu locale des Magharaba, Ibrahim Jadhran est l’ancien chef de la Garde des installations pétrolières, une force supposée être officielle mais devenue de facto une milice privée au service d’un homme.
Trois réservoirs détruits
Jadhran avait été l’allié de Haftar lors de l’éclatement de la guerre civile, en 2014, ayant opposé ce dernier au bloc politico-militaire Fajr Libya (« Aube de la Libye »), à tendance islamiste. Illustration de la volatilité des alliances dans le chaos libyen, les deux hommes s’étaient par la suite brouillés.
En septembre 2016, Haftar avait bouté Jadhran hors du Croissant pétrolier et rouvert les terminaux bloqués, permettant la reprise des exportations de pétrole. L’épisode avait consacré la réhabilitation diplomatique de Haftar auprès des chancelleries occidentales, qui l’avaient jusque-là snobé en raison de la sulfureuse réputation de général d’opérette qui l’entourait.

        Lire aussi :
         

                A Paris, les Libyens s’accordent sur des élections en décembre



Malgré les communiqués de victoire diffusés par l’ANL, les combats ne semblent pas totalement terminés autour du Croissant pétrolier. Des escarmouches pourraient se poursuivre ces prochains jours. Toutefois l’ANL, qui bénéficie d’une précieuse supériorité aérienne – grâce au soutien dispensé par les Emirats arabes unis et l’Egypte –, devrait finir à moyen terme par rétablir son emprise sur la zone. A défaut, la facture économique, déjà élevée, pourrait s’alourdir et peser sur les ressources financières du pays.
Trois réservoirs ont été détruits en une semaine. La National Oil Company (NOC), l’entreprise publique libyenne qui gère les ressources d’hydrocarbures, a déploré des « pertes catastrophiques ». Les combats, selon Mustafa Sanalla, le directeur de la NOC, pourraient coûter au pays plus de 450 000 barils d’exportation par jour sur un total actuel supérieur au million.
Cette nouvelle flambée de violence autour du Croissant pétrolier jette une ombre sur le scénario de sortie crise établi lors d’une réunion au sommet, fin mai à Paris, où les protagonistes de la crise libyenne – dont le maréchal Haftar – s’étaient accordés sur la perspective d’organiser avant le 10 décembre un double scrutin présidentiel et législatif.
Haftar polarise la scène politique
Les derniers combats s’ajoutent à l’offensive menée par l’ANL à Derna, une ville de Cyrénaïque (est) tenue par une alliance politico-militaire islamiste autour de laquelle gravitent des groupes proches d’Al-Qaïda.
Après avoir conquis l’essentiel de Benghazi en 2017, le maréchal Haftar, qui a réussi à susciter des soutiens extérieurs – dont celui de la France – au nom de sa lutte « antiterroriste », est résolu à s’emparer de Derna afin de consolider sa stature d’homme d’Etat ayant unifié le pays. Ce faisant, il polarise toutefois davantage la scène politique libyenne, attisant l’hostilité de ses adversaires, qui dénoncent la brutalité de ses méthodes et son approche exclusivement militariste.

        Lire aussi :
         

                Le maréchal Haftar visé en France par une deuxième plainte pour « torture »



C’est à Misrata, métropole portuaire de la Tripolitaine (ouest), que l’opposition à Haftar est la plus déterminée. De ce point de vue, il n’est pas anodin que l’ANL ait mis en cause la Brigade de défense de Benghazi (BDB), au côté de Jadhran, dans les récents combats du Croissant pétrolier. La BDB, formée de « révolutionnaires » et d’islamistes chassés de Benghazi par Haftar, a été hébergée à Misrata. Des connexions familiales existent entre ces groupes anti-Haftar expulsés de Benghazi et Misrata.
Tant que cette fracture entre Misrata et les forces du maréchal n’est pas résorbée, les scénarios de sortie de crise demeureront fragiles. Et dans ce face-à-face, le gouvernement d’« accord national » de Fayez Al-Sarraj, établi à Tripoli, n’est guère d’un grand secours, limité par la faiblesse de son ancrage territorial.


<article-nb="2018/06/22/19-19">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Grâce à la technique du time-lapse, passez une nuit en accéléré dans les Cévennes à admirer l’éclat des planètes, les étoiles filantes, les avions, la Voie lactée…
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ 
<article-nb="2018/06/22/19-20">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ L’entreprise européenne a publié, vendredi, un mémo menaçant de déplacer son usine d’ailes d’avion
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Brexit : Airbus gèle ses investissements au Royaume-Uni et menace de se retirer

L’entreprise européenne a publié, vendredi, un mémo menaçant de déplacer son usine d’ailes d’avion



Le Monde
 |    22.06.2018 à 16h56
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Airbus a décidé de prendre des risques politiques et de taper du poing sur la table. Alors que beaucoup de grandes entreprises se plaignent en privé des risques du Brexit mais n’osent pas le faire publiquement, la compagnie aéronautique européenne a publié, vendredi 22 juin, un mémo en forme d’avertissement au Royaume-Uni. Elle annonce sa décision de geler ses investissements en attendant d’y voir plus clair, menace de déplacer son usine d’ailes d’avion en cas de Brexit sans aucun accord avec Bruxelles et affirme que, même en cas d’accord, la sortie de l’Union européenne (UE) lui coûtera au moins 1 milliard d’euros par an.
« Nous sommes de plus en plus frustrés du manque de clarté [concernant le Brexit], a déclaré, sur la BBC, Tom Williams, le directeur des opérations commerciales d’Airbus. On n’a plus de temps, il ne reste que neuf mois [avant la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le 30 mars 2019]. Nous arrivons au moment où nous devons prendre des décisions sérieuses, de long terme. » Il avertit qu’il lui faut y voir plus clair « dans les semaines qui viennent » et qu’une série de décisions doivent être prises « durant l’été ». « Nous avons commencé à appuyer sur le bouton de crise. »
Airbus, qui emploie 14 000 personnes au Royaume-Uni et 100 000 personnes indirectement, divise son mémo en deux sections. La première, la plus spectaculaire, détaille les conséquences d’un Brexit si aucun accord n’est trouvé avec l’UE. Immédiatement, les certifications des pièces détachées fabriquées au Royaume-Uni ne seraient plus valables. L’aéronautique est une industrie très réglementée, sous l’égide, sur le Vieux Continent, de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). En l’absence d’accord de réciprocité, « Nous ne pourrons plus installer ces pièces » sur les avions, en l’absence d’accord de réciprocité, explique M. Williams. Pour Airbus, dont les appareils contiennent 10 000 pièces fabriquées au Royaume-Uni venant de 4 000 sous-traitants, ce serait une catastrophe.
Fort renchérissement du passage des douanes
L’absence d’accord sur le Brexit provoquerait aussi un fort renchérissement du passage des douanes. Non seulement des tarifs douaniers pourraient être imposés, mais la simple lourdeur administrative de vérifier les pièces détachées à la frontière ralentirait leur transit. Pour une industrie qui fonctionne selon un modèle « juste à temps », cela signifie immédiatement des coûts supplémentaires. L’entreprise va devoir augmenter ses stocks et risque d’accumuler des retards dans ses livraisons d’avions, synonyme de pénalités financières à payer à ses clients. Selon les calculs d’Airbus, cela signifierait 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires perdu par semaine de retard, et Airbus pense qu’un Brexit sans accord signifierait « plusieurs semaines » de retard, d’où une perte financière de « plusieurs milliards d’euros ».
Dans un tel scénario, l’usine de Broughton, dans le nord-est du Pays de Galles, qui réalise l’assemblage des ailes, est particulièrement en danger. Airbus prépare actuellement les investissements nécessaires pour assembler la prochaine génération d’ailes. « Nous nous demandons si nous devons continuer », explique M. Williams.
Ce scénario catastrophe n’est cependant pas le plus probable. Malgré les tergiversations politiques et les retards dans les négociations, Britanniques et Européens continuent à espérer trouver un accord vers la fin de l’année. Dans ce contexte, la deuxième partie du mémo d’Airbus, moins spectaculaire, est sans doute la plus significative. Elle détaille les conséquences d’un accord où le Royaume-Uni sortirait du marché unique européen et de l’union douanière, ce qui est le scénario préféré par la première ministre, Theresa May.

        Lire aussi :
         

                Brexit : les Britanniques, écartés de Galileo, envisagent de lancer un projet concurrent



Trois avertissements
Premier avertissement : Airbus gèle tous ses investissements jusqu’à nouvel ordre. « Jusqu’à ce qu’on connaisse et comprenne la nouvelle relation UE-Royaume-Uni, Airbus va superviser avec attention tout nouvel investissement [outre-Manche] et va éviter d’y étendre sa base de partenariats et de sous-traitants. »
Deuxième avertissement : la période de transition prévue pour le Brexit, qui permettrait de ne rien changer sur le terrain jusqu’à fin 2020, est « trop courte (…) pour mettre en place tous les changements nécessaires à [la] chaîne de sous-traitants » d’Airbus.
Troisième avertissement : même un accord de ce type, qui éviterait les tarifs douaniers, coûterait de l’argent à Airbus, à cause des procédures supplémentaires au niveau des douanes. Montant de la facture : 1 milliard d’euros par an, selon Airbus. Ce coût n’est pas insurmontable par rapport au chiffre d’affaires de 67 milliards d’euros d’Airbus, mais il s’agit ici du scénario le plus positif.
L’avertissement de l’entreprise européenne met la pression sur Theresa May à un moment crucial. Après l’avoir retardé à plusieurs reprises, la première ministre britannique a promis de publier la semaine du 9 juillet un Livre blanc sur les futures relations commerciales qu’elle souhaite avoir avec l’UE. Elle doit en particulier clarifier la façon dont elle entend éviter une frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. Selon que ses plans seront jugés crédibles ou pas, Airbus pourrait commencer à agir.
« Il faut débloquer la situation du Brexit, et vite »
L’entreprise n’est pas la seule dans cette situation. Sans être aussi précis, le patron de Siemens au Royaume-Uni, Juergen Maier, a averti, le 20 juin, qu’un Brexit sans accord « ne serait vraiment pas beau à voir ». Fin mai, Paul Drechsler, le président de la Confederation of British Industry, le principal groupe patronal britannique, dont le mandat se terminait, a prononcé son discours d’adieu avec un avertissement très direct : « Il faut débloquer la situation du Brexit, et vite. »
Si peu de groupes ont osé lancer des avertissements aussi précis et chiffrés qu’Airbus, son agacement est largement partagé, comme le prouvent les chiffres macroéconomiques. Au premier trimestre, les investissements des entreprises au Royaume-Uni ont baissé de 0,2 %. Le secteur automobile est un exemple criant : 2,5 milliards de livres sterling (2,9 milliards d’euros) d’investissement en 2015, 1,6 milliard en 2016 et 1 milliard en 2017. Ce n’est pas la première fois que les entreprises tirent la sonnette d’alarme sur le Brexit, mais les menaces deviennent progressivement réalité.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/22/19-21">
<filnamedate="20180622"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180622"><AAMMJJHH="2018062219">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Le businessman laïque et républicain Ali Koç a été élu président du club de Fenerbahçe, le 3 juin, après vingt ans de règne d’Aziz Yildirim. L’opposition y voit une métaphore des élections anticipées du 24 juin.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                
                                    

Football : en Turquie, les anti-Erdogan gagnent un président


                      Le businessman laïque et républicain Ali Koç a été élu président du club de Fenerbahçe, le 3 juin, après vingt ans de règne d’Aziz Yildirim. L’opposition y voit une métaphore des élections anticipées du 24 juin.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 18h05
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








   


Aux manettes de la Turquie depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan peut-il perdre les élections, législatives et présidentielle, anticipées par lui au dimanche 24 juin ? C’est ce que semble croire l’opposition, les kémalistes du Parti républicain du peuple (CHP), les nationalistes du Bon Parti et les islamistes du Parti de la félicité, unis contre lui – c’est une première – en vue du scrutin. Les anti-Erdogan misent d’autant plus sur la victoire qu’ils ont cru en déceler les prémices lorsque le club de Fenerbahçe, l’un des trois « géants » du football stambouliote avec Galatasaray et Besiktas, a changé de président de façon inattendue, à l’issue d’un vote, dimanche 3 juin.
Ancien d’Harvard et entrepreneur
Ce jour-là, l’homme d’affaires Ali Koç, 51 ans, ancien d’Harvard, issu d’une prestigieuse dynastie turque d’entrepreneurs, a été élu président du club en remplacement d’Aziz Yildirim, 65 ans, qui régnait sur Fenerbahçe depuis vingt ans. En cause, la mauvaise gestion du club et l’organisation de matchs truqués, onze pendant la saison 2010-2011, ce qui lui a valu une condamnation à six ans et trois mois de prison en 2011. Comme Aziz Yildirim est une personnalité connue, il n’a passé qu’un an à la prison de Metris, à Istanbul, avant d’en être libéré en juillet 2012. Il a alors retrouvé son poste de président du club, comme si de rien n’était, jusqu’au scrutin du 3 juin. « Sa gestion très personnifiée, sa volonté de tout contrôler lui auront finalement coûté son poste », a estimé la journaliste Barçin Yinanç dans les colonnes du quotidien Hurriyet (édition du 5 juin).

        Lire aussi :
         

                Elections : en Turquie, la peur en campagne (et la bouilloire qui tweetait)



Tout s’est joué sur l’image. Face à un Aziz Yildirim au discours éculé, cherchant encore et toujours à « laver son nom et celui du club », Ali Koç n’a pas eu de mal à briller. L’assistance, 20 000 membres du club qui avaient fait le déplacement au stade pour attribuer leurs votes ce jour-là, a été conquise lorsqu’il a présenté son équipe, composée pour beaucoup de jeunes femmes. Car ce fils de famille, représentant de la Turquie laïque et républicaine en col blanc, veut voir davantage de femmes aux postes de gestion, y compris dans le football. Elles seraient, dit-on, meilleures gestionnaires que leurs homologues masculins.
Les matchs truqués sont loin d’être la seule épine dans le pied des clubs de foot, lourdement endettés auprès des banques. Dès lors, les électeurs ont sans doute été sensibles aux attraits de la fortune des Koç, l’une des familles les plus riches du pays. Finalement, Aziz Yildirim, « l’indéboulonnable », dont la silhouette dominait les terrains de jeu depuis 1998, a été battu à plate couture, avec 4 644 voix seulement, contre 16 092 à Ali Koç. Il n’en fallait pas plus pour que l’opposition interprète ce vote comme une métaphore de celui du 24 juin.
Erdogan une vocation de footballeur
En Turquie, football et politique marchent main dans la main. Chaque club a sa coloration : Besiktas est à gauche, Galatasaray et Fenerbahçe sont plus conservateurs, plus à droite. Fenerbahçe jouit des faveurs du gouvernement islamo-conservateur. Le club ne compte-t-il pas le président Erdogan parmi ses fans ? Passionné de football dans sa jeunesse, le numéro un turc, surnommé « l’imam Becken-bauer » par ses camarades de jeu, a été approché à la fin des années 1970 par un entraîneur de Fenerbahçe. Il a toutefois dû renoncer à sa vocation, son père y étant opposé. Pieuse et conservatrice, la famille souhaitait faire de lui un « hafiz », capable d’apprendre et de réciter le Coran par cœur. Le chef de l’Etat turc en a gardé une solide passion pour les sermons et pour le ballon rond.

        Lire aussi :
         

                En Turquie, les limites de l’Erdoganomics



Dans ses meetings, Recep Erdogan a beau tacler tant qu’il le peut Muharrem Ince, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche) à la présidentielle, son principal rival sur le terrain, sa popularité est en déclin. D’après les sondages, il arriverait en tête du scrutin pour la présidentielle, sans parvenir pour autant à recueillir les 51 % nécessaires pour l’emporter dès le premier tour.


