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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ La révélation d’une commande de vaisselle « à 500 000 euros » a provoqué une controverse, alors que l’Elysée évoque une facture de 50 000 euros.
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50 000 ou 500 000 euros, les raisons du coût controversé de la nouvelle vaisselle de l’Elysée

La révélation d’une commande de vaisselle « à 500 000 euros » a provoqué une controverse, alors que l’Elysée évoque une facture de 50 000 euros.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 19h14
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 21h01
    |

            Anne-Aël Durand








                        


« Peu importe le prix pourvu que nos majestés de l’Elysée se restaurent en toute dignité » : le député de La France insoumise François Ruffin a ironisé, mardi 19 juin, lors des questions au gouvernement, sur un service de vaisselle de 1 200 pièces, commandé par l’Elysée, dont le coût a été estimé par Le Canard enchaîné à 500 000 euros. Le montant de cette facture a été contesté par l’exécutif, qui évoque une enveloppe de 50 000 euros.
Combien coûte ce service d’assiettes ?
Le Canard enchaîné a estimé la facture totale à 500 000 euros : le calcul a été réalisé en multipliant le coût de revient des pièces réalisées à Sèvres (408 euros en moyenne, selon le rapport d’activité 2016 de l’institution) par le nombre d’assiettes commandées. Il s’agit d’un service de prestige, baptisé Bleu Elysée, composé de 900 assiettes de présentation et 300 assiettes à pain, réalisé par la manufacture nationale de Sèvres. Destiné aux dîners d’Etat, il remplacera les assiettes commandées par les présidents René Coty et Jacques Chirac (que l’on peut voir ici).
Chaque assiette aura un motif unique, inspiré d’un détail du plan du palais présidentiel et imaginé par l’artiste Evariste Richier, a expliqué Romane Sarfati, directrice générale de la Cité de la céramique Sèvres et Limoges (qui comprend la manufacture de Sèvres) dans Le Figaro, en précisant qu’il est trop tôt pour en connaître le prix : « Nous sommes au tout début du projet et nous n’avons pas encore calculé de prix de revient. Il dépendra notamment du temps passé à sa réalisation. »
Qui va payer pour cette vaisselle ?
Depuis sa création en 1740, la Manufacture de Sèvres est un établissement lié au pouvoir politique. Qualifiée de royale, impériale, puis nationale au fil des régimes, c’est aujourd’hui un service à compétence nationale, comme la Manufacture des Gobelins ou les Archives nationales. Elle est rattachée au ministère de la culture, qui verse à la Cité de la céramique une subvention de 4 millions d’euros (sur 7 millions de budget total, dont 1,7 million d’euros de vente de produits). Le coût de ce service d’assiettes sera bien à la charge du contribuable mais ne figurera à aucun moment dans le budget du palais présidentiel, car l’ensemble est pris en charge par le ministère de la culture.
Créer des pièces pour la table de l’Elysée fait partie de ses missions, donc la fabrication de ce service n’engendrera pas de coût supplémentaire pour l’Etat. « Commander un tel service, c’est assurer des commandes pendant des mois et des mois à la Manufacture de Sèvres », a ainsi justifié le secrétaire d’Etat à l’action et aux comptes publics, Olivier Dussopt, sur LCI.
En revanche, une enveloppe de 50 000 euros a été attribuée aux deux artistes finalistes qui ont réalisé des esquisses et au lauréat qui a conçu le projet. Cette somme, versée par le ministère de la culture, est celle sur laquelle l’Elysée a communiqué.
Ce découpage budgétaire est critiqué par la Cour des comptes, qui avait recommandé dans un rapport que les objets et meubles mis à disposition de l’Elysée soient intégrés au budget de la présidence et non de la culture.
Le budget de l’Elysée a-t-il augmenté sous la présidence Macron ?
Le secrétaire d’Etat a ensuite précisé que « le président a diminué le budget de l’Elysée et de la présidence de la République, donc pas de faux procès ». Si le budget de Brégançon a effectivement baissé (150 000 euros, contre 200 000 euros les années précédentes), celui de la présidence de la République a augmenté de 3 % en 2018 et s’établit à 104 millions d’euros, dont les deux tiers pour la rémunération du personnel. Cette hausse a été votée par les députés après quatre ans de gel de crédits, non pas pour financer de la vaisselle ou une piscine mais pour des dépenses de sécurité. La polémique sur le coût élevé des assiettes élyséennes s’est doublée d’une autre controverse, car Emmanuel Macron a demandé l’installation d’une piscine au fort de Brégançon, résidence d’été des présidents de la République depuis 1968. Olivier Dussopt a assuré que cette dépense « anecdotique » n’augmenterait pas la somme allouée pour l’entretien annuel du bâtiment.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole a approuvé la résiliation du contrat de délégation avec Bolloré.
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3 952 véhicules, 154 000 abonnés, 5,7 millions de trajets… Autolib’ en chiffres

Le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole a approuvé la résiliation du contrat de délégation avec Bolloré.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 19h05
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 19h19
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Bientôt la fin d’Autolib’ ? Jeudi 21 juin, le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM) a voté la résiliation du contrat avec Bolloré, une décision qui devrait entraîner la fin de ce service de libre partage, lancé en fanfare en 2011 sous Bertrand Delanoë et qui devait courir jusqu’en 2023.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Déficit d’Autolib’ : les « prévisions trop optimistes » du groupe Bolloré



Pourtant, sur le papier, Autolib’ a tout pour séduire : Nicolas Hulot, le ministre de l’environnement, estimait, jeudi matin sur Franceinfo, que la fin de ce service était « dommage parce que ça ne va pas dans le sens de l’histoire », qui est de « mettre des véhicules à disposition pour tout le monde ». Il y a quatre jours, une pétition a été lancée sur Change.org pour demander le « maintien du service public Autolib’ », signée par plus de 21 000 personnes jeudi soir.
154 000 abonnés et 5,76 millions de trajets
En 2016, avec 5,76 millions de trajets effectués selon le bilan annuel 2016 d’Autolib’ Métropole (le plus récent disponible), le service s’est développé essentiellement en banlieue : cette année-là, sur les 52 stations créées, 40 l’ont été en proche couronne. Le département des Hauts-de-Seine est celui qui compte le plus de communes adhérentes (36) devant la Seine-Saint-Denis (22), le Val-de-Marne (20), les Yvelines (11), l’Essonne (4), le Val-d’Oise (4) et Paris (1).
Le périmètre d’Autolib’ couvre ainsi 665 km² (soit l’équivalent de la surface de Paris et de ses départements limitrophes) ce qui représente un bassin de 3,7 millions d’emplois. En 2016, près de 5 % des Parisiens en âge de conduire étaient abonnés à Autolib’, mais c’est dans les Yvelines que le nombre d’utilisateurs a le plus augmenté (+ 115 %), suivi du Val-d’Oise (+ 74 %).
Fin mai 2018, le service compte 154 819 abonnés, dont 101 708 abonnés « longue durée » (avec un abonnement payant, mais une utilisation à la minute moins onéreuse) et 53 111 abonnés « prêts à rouler » (abonnement gratuit mais location à la minute plus élevée).
Le service séduit principalement des utilisateurs jeunes, l’âge moyen des abonnés étant de 38 ans et concernant de plus en plus de femmes ; elles sont passées de 36 % des utilisateurs en 2014 à 37 % en 2015 puis 38 % en 2016.
Quatre pics d’utilisation dans la journée
Le service connaît quatre pics d’utilisation par jour. Le premier, entre 7 et 10 heures, s’observe principalement en semaine pour des trajets vers la proche couronne (et dans l’autre sens le samedi). Le second, entre midi et 13 heures, est accentué durant le week-end, et tout particulièrement le dimanche.
Le pic le plus important se situe entre 17 heures et 20 heures avant un regain d’activité aux alentours de minuit. Cela est d’autant plus vrai les vendredis et samedis soir, en particulier pour les trajets de Paris vers la proche couronne.
Le service cesse graduellement d’être « parisien » : les trajets Paris-Paris ne représentaient plus que 49,3 % du total, les trajets Paris-banlieue et banlieue-Paris représentaient 36,2 % et les trajets de banlieue à banlieue 14,4 %.
2 h 43 min de location par jour par véhicule
Dans son rapport d’activité consacré à l’année 2016, Autolib’ Métropole expliquait que 3 952 Autolib’ étaient en service (+ 254 unités). Chaque Autolib’ totalise en moyenne 37 abonnés, 4,5 locations par jour pour une durée totale de 2 h 43 min, et passe quarante et un jours de l’année en maintenance. La flotte de véhicules s’est accrue de 254 unités en 2016 contre 853 unités en 2015.
Le taux d’indisponibilité des véhicules, supérieur à 10 % dans la première moitié de l’année 2016, s’est réduit pour atteindre 8,7 % en décembre 2016.
Une station Autolib’ : 350 jours de service par an
En 2016, il y avait au total 1 086 stations d’Autolib’, espacées en moyenne de 371 mètres ; chacune contient de 4 à 7 places et voit 14 voitures partir en location chaque semaine, contre 17 le week-end. Si le nombre de places par véhicule a baissé au fil de l’année 2016 (passant de de 1,78 en janvier à 1,69 en décembre), le nombre de véhicules par station a lui logiquement augmenté, et est passé de 3,15 en janvier à 3,32 en décembre 2016.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          La dette abyssale d’Autolib’ menace la Mairie de Paris






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, dont le financement n’est pas assuré, suffira-t-il à doper la machine économique tricolore, alors que le ciel semble s’assombrir pour 2018, s’interroge dans sa chronique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier.
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Un « Pacte » pour la croissance ?

Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, dont le financement n’est pas assuré, suffira-t-il à doper la machine économique tricolore, alors que le ciel semble s’assombrir pour 2018, s’interroge dans sa chronique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 15h32
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

Tendances France. On lui a reproché ses multiples reports, son côté fourre-tout, peu lisible. Alors, pour présenter son projet de loi « relatif à la croissance et la transformation des entreprises » (dit « Pacte »), dévoilé lundi 18 juin en conseil des ministres, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, n’a pas lésiné sur les moyens. Discours-fleuve, présence de députés LRM – Stanislas Guerini, qui fut à la manœuvre dans la première partie de l’élaboration du texte, lors de la consultation de chefs d’entreprise à l’automne 2017, et Olivia Grégoire, qui devrait présider la commission spéciale chargée de l’examiner en septembre.
Et surtout, une flopée de chiffres. Sur les emplois générés par les PME-ETI (entreprises de taille intermédiaire), première cible du projet de loi (près de 400 000 postes entre 2009 et 2015), sur les difficultés de croissance des Petit Poucet de l’économie tricolore (ils ne sont que 5 800 en France, contre 12 500 en Allemagne), sur leurs faibles performances à l’export, sur le peu d’épargne des Français allouée à leur financement, etc.

Une litanie en forme de plaidoyer pour un texte qui doit « lever les verrous et activer les leviers de la croissance », a vanté le locataire de Bercy. A l’appui de ses propos, il a cité une étude du Trésor. Selon cette dernière, la loi « Pacte peut représenter 1 point de produit intérieur brut [PIB] supplémentaire à long terme », dont 0,3 point en 2025. Soit quelque 22 milliards d’euros de richesse potentielle supplémentaire pour le pays. Sans qu’il soit pour l’heure possible de déterminer précisément sur quels critères s’appuie cette estimation, ni quel est son degré de fiabilité à cet horizon éloigné, l’étude n’ayant pas encore été rendue publique.
A en croire Bercy, la suppression du forfait social sur les accords d’intéressement dans les entreprises de moins de 250 salariés, et sur la participation pour celles de moins de 50 salariés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le président français a évoqué lors de son discours les annonces de la Commission européenne, considérant que « ce ne sera pas accepté ».
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Pour Emmanuel Macron, la réduction du budget de la PAC est « inacceptable »

Le président français a évoqué lors de son discours les annonces de la Commission européenne, considérant que « ce ne sera pas accepté ».



Le Monde
 |    21.06.2018 à 13h55
   





                        



   


« Inacceptables ». Emmanuel Macron a martelé, jeudi 21 juin, l’adjectif utilisé par son ministre de l’agriculture au sujet de la réduction annoncée du budget de la Politique agricole commune (PAC). Depuis Quimper (Finistère), où il s’est rendu pour détailler son « pacte girondin », le président français est revenu sur les annonces de la Commission européenne, qui aboutiraient, selon lui, à faire payer le coût du Brexit uniquement par les agriculteurs.
« Ce qui a été proposé par la Commission européenne aujourd’hui est inacceptable et ne sera pas accepté. C’est inacceptable parce que c’est, en quelque sorte, vouloir dire à tous les paysans d’Europe, le coût du Brexit sera payé uniquement par vous. »
« Qu’on diminue à due proportion de la part de nos amis britanniques la part des engagements budgétaires pour les différentes politiques existantes, c’est tout à fait normal. Qu’on les diminue beaucoup plus sans aucune raison c’est inacceptable », a-t-il répété.
« Instrument de transition »
Il s’est dit favorable à une politique agricole commune conçue comme « un instrument de la transition », se disant « prêt à ce que le gouvernement confie aux régions les aides aux investissements pour la prochaine PAC. Ce sera plus clair et plus efficace ».
La Commission a proposé au début de mai une baisse de 5 % du budget dédié à la PAC pour la période 2021-2027, avec une enveloppe totale de 365 milliards d’euros, mais certains craignent déjà des coupes encore plus sévères en termes réels. Juste après l’annonce le 2 mai, le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, avait estimé qu’il s’agissait de « propositions inacceptables ». « Une telle baisse, drastique, massive et aveugle est simplement inenvisageable », avait-il dit.

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                La France agricole s’insurge contre les coupes dans le budget de la PAC






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Dans un entretien sur Franceinfo, le ministre de la transition écologique et solidaire a estimé que le groupe français était dans « une dérive » à cause de son trop grand attachement au nucléaire.
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Nucléaire : Hulot met la pression sur EDF

Dans un entretien sur Franceinfo, le ministre de la transition écologique et solidaire a estimé que le groupe français était dans « une dérive » à cause de son trop grand attachement au nucléaire.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 12h19
    |

                            Nabil Wakim








                        


Alors que la France est en pleine discussion sur sa feuille de route énergétique, Nicolas Hulot n’a pas mâché ses mots, jeudi sur Franceinfo. « Une des raisons pour laquelle EDF se retrouve en difficulté, c’est que, notamment, la filière nucléaire, pardon de le dire, nous emmène dans une dérive », a déclaré le ministre de la transition écologique et solidaire.

M. Hulot s’est livré à une critique en règle du nucléaire. « On voit bien que le coût de l’énergie fabriquée avec du nucléaire ne cesse de monter parce que nous n’avons pas nécessairement provisionné un certain nombre de choses, en même temps que le coût des énergies renouvelables est en train de dégringoler », a souligné le ministre.
« On voit bien qu’économiquement, il y a une espèce de règle d’or qui est en train de s’imposer dans cette filière, c’est qu’en réalité, on ne tient jamais nos promesses », a-t-il encore estimé.
« Il faut sortir des dogmatismes (…). Je pense que l’avenir d’EDF, et l’avenir notamment économique, il est d’abord et principalement dans l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables », a ajouté le ministre. « Qu’EDF – et je pense que maintenant c’est son souhait – ne manque pas l’opportunité de la transition énergétique », a-t-il encore appelé.
Ces critiques n’ont rien d’anodin : d’abord, Nicolas Hulot est le ministre de tutelle d’EDF, entreprise très majoritairement publique. Surtout, M. Hulot a défendu publiquement, en novembre 2017, le recul du gouvernement sur la loi de transition énergétique : l’objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % de la production électrique en 2025 a été repoussé à une date ultérieure, autour de 2030 ou 2035.
Les objectifs pour les cinq prochaines années
Cette sortie de M. Hulot intervient alors que la France débat en ce moment de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), sa feuille de route énergétique, qui doit fixer des objectifs pour les cinq prochaines années. Parmi les sujets clé, figure la trajectoire de réduction du parc nucléaire.
EDF souhaiterait ne fermer aucune centrale avant 2029, et a récemment demandé, dans le cadre de la PPE, que l’Etat s’engage sur la construction d’un deuxième EPR, en plus de celui de Flamanville. Or l’EPR de Flamanville, déjà plombé par des années de retard et un budget qui est passé de 3 à 10,5 milliards d’euros, va certainement connaître de nouveaux délais et ne pourra pas démarrer en janvier 2019, comme l’espérait EDF.

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                Nouveau retard à l’allumage pour le réacteur de Flamanville



Ce n’est pas la première fois que le ministre tance l’électricien. En novembre, dans un entretien au Financial Times, il avait demandé à EDF de prendre ses responsabilités dans la transition énergétique. Depuis, le groupe a annoncé deux plans, l’un pour développer le solaire, l’autre le stockage de l’électricité.

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                Pour diminuer la part du nucléaire, EDF mise sur le solaire



La situation d’EDF reste difficile sur le plan financier : le groupe souffre de la faiblesse des prix de l’électricité sur le marché, perd plusieurs dizaines de milliers de clients par mois et a souffert des arrêts de nombreuses tranches nucléaires ces dernières années. Contacté, le groupe EDF n’a pas souhaité réagir aux déclarations du ministre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ La Mairie de Paris a caché les propositions faites par Bolloré aux élus, déplore la directrice du pôle mobilité électrique du groupe.
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Autolib’: Marie Bolloré accable Anne Hidalgo

La Mairie de Paris a caché les propositions faites par Bolloré aux élus, déplore la directrice du pôle mobilité électrique du groupe.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h39
    |

            Béatrice Jérôme








                        



   


Alors que la résiliation du service de voitures partagées doit être votée jeudi 21 juin, Marie Bolloré, directrice du pôle mobilité électrique du groupe Bolloré, dévoile les coulisses des négociations menées sans succès avec la Mairie de Paris pour éviter l’arrêt d’Autolib’.

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                Le syndicat gestionnaire d’Autolib’ va proposer la résiliation du contrat avec Bolloré



En posant un ultimatum financier « abracabrantesque », selon Anne Hidalgo – vous avez demandé le paiement 233 millions d’euros pour combler le déficit du service – n’avez-vous pas déclenché la mort d’Autolib’ ?
La Mairie de Paris et le Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM) essayent de nous faire porter le chapeau de la résiliation. Or, les élus peuvent refuser de payer 233 millions sans voter l’arrêt d’Autolib’. En adressant un courrier le 25 mai pour réclamer cette somme considérable, nous savions que nous n’aurions aucune chance de l’obtenir. Notre objectif était d’obliger le Syndicat et la Mairie de Paris à se mettre autour de la table.
Plutôt qu’une décision brutale, nous avons défendu une transition en douceur. Nous avons proposé l’arrêt d’Autolib’ en 2019 [Le contrat initial court jusqu’en 2023]. Le 13 juin, nous avions rendez-vous à l’Hôtel de ville pour une discussion à laquelle participaient le directeur de cabinet d’Anne Hidalgo, la présidente du SAVM, Catherine Baratti-Elbaz. Ce jour-là, nous avons proposé que le SVAM nous verse 150 millions d’euros au titre du déficit réel constaté en 2017. Nous étions aussi prêts à prendre à notre charge le passif futur jusqu’à l’arrêt en 2019.
Nous pensions que cette proposition serait présentée aux élus du syndicat réunis en comité le 21 juin pour qu’ils arbitrent entre plusieurs solutions. Mais nous n’avons eu aucune nouvelle de la Mairie. Nous avons tenté de les joindre. On nous a dit qu’on nous rappellerait. C’est alors que nous découvrons dans Le Parisien du 15 juin que Mme Baratti-Elbaz comptait proposer la résiliation immédiate du service. Il nous est alors apparu évident que la Mairie de Paris avait choisi de ne pas dire aux élus que nous faisions des propositions.
Je sais que la commune de Paris est majoritaire au sein du comité qui vote jeudi. Ce que je déplore par-dessus tout c’est qu’en dehors des élus parisiens, aucun membre du comité syndical du SAVM ne soit au courant des négociations avec la Mairie. Tous les élus du syndicat doivent être éclairés sur les choix qui sont faits.
En avril, un tête-à-tête entre Anne Hidalgo et Vincent Bolloré avait permis de déboucher sur un accord financier. Pourquoi ce compromis a-t-il fait long feu ?
En avril, Mme Hidalgo avait donné son accord à M. Bolloré pour que le syndicat verse 88 millions d’euros échelonnés sur cinq ans et supporte 40 % du déficit éventuel constaté au terme de la délégation en 2023. Des mails prouvent que ce compromis avait été accepté par les deux parties. Quelques semaines plus tard, le cabinet de la Maire de Paris est revenu en arrière. Il nous a dit que finalement cela ne serait pas possible juridiquement. Chez Bolloré, quand le président dit quelque chose, on fait en sorte de le suivre. Peut-être que ce n’est pas la même chose à la Mairie de Paris… N’ayant plus de nouvelles de la Mairie, nous n’avions pas d’autre choix que d’envoyer notre courrier du 25 mai.
A combien estimez-vous le coût de la résiliation pour le SAVM ?
La seule chose que le syndicat et Paris gagnent en résiliant, c’est du temps. Et la possibilité de dire que c’est le tribunal qui prendra la décision du montant et non la Mairie de Paris. Mais la résiliation demandée par le syndicat n’a aucun sens ! Elle va coûter plus cher aux communes que ce que nous proposions.
La facture sera supérieure à 233 millions. C’est mathématique. Le syndicat devrait payer au bas mot 150 millions d’euros, soit le montant du déficit en 2017. A cette somme s’ajoute le manque à gagner du fait de la rupture du contrat : il pourrait être de 60 millions d’euros minimum. Il faut aussi additionner 16 millions au titre de l’amortissement que nous n’allons pas pouvoir réaliser sur les bornes et quelques dizaines de millions pour dédommager nos filiales. Au total, il en coûtera entre 250 et 300 millions d’euros aux communes.
Le syndicat affirme que le reclassement de vos salariés sera à votre charge…
Autolib’ emploie 267 salariés. Selon nous, le contrat prévoit que le syndicat est tenu de les prendre en charge dès lors que les bornes continuent d’être utilisées par d’autres opérateurs d’autopartage que nous. Il nous paraîtrait normal que le SAVM encourage le réemploi de nos mécaniciens et de nos personnels d’encadrement par les futurs opérateurs d’autopartage qui sont censés se déployer à Paris. Il y a par ailleurs une centaine de personnes affectées au service Autolib’ dans notre centre d’appels ainsi qu’environ 70 carrossiers, dépanneurs, ouvriers de sociétés de nettoyage qui risquent de se retrouver sans travail.
De nouvelles négociations sont-elles possibles ?
Je suis prête à proposer au syndicat que l’on se donne quinze jours de plus pour négocier. Quand sont concernés, des usagers, des salariés, des contribuables, chacun peut faire un effort. Nous restons toujours ouverts à la négociation même une fois la délibération votée jeudi par le syndicat. Si moi je perds espoir, alors qui va y croire ?

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Située en contrebas du fort, la plage privée ne serait pas assez isolée, explique l’Elysée.
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Les Macron veulent une piscine au fort de Brégançon

Située en contrebas du fort, la plage privée ne serait pas assez isolée, explique l’Elysée.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h10
    |

            Virginie Malingre








                        


Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing ou Jacques Chirac étaient amoureux du site. Le général de Gaulle et François Mitterrand n’y séjournèrent qu’une nuit. Les Sarkozy lui préféraient la maison des Bruni-Tedeschi au cap Nègre voisin. Et François Hollande, qui y passa son premier été de président avec Valérie Trierweiler, ne renouvela pas l’expérience. De leur côté, Emmanuel et Brigitte Macron ont décidé de réinvestir le fort de Brégançon, lieu de villégiature des présidents de la République, situé sur la commune varoise de Bormes-les-Mimosas.
Mais le couple présidentiel, qui juge l’imposante bâtisse construite entre le XIIIe et le XVIIe siècle un brin austère, a décidé d’en adoucir les prestations. Comme l’a révélé L’Express, mercredi 20 juin, et comme l’évoquait déjà le journaliste Guillaume Daret dans son livre Le Fort de Brégançon (Editions de l’Observatoire, 18 euros, 208 p.), les Macron envisagent d’y installer une piscine. Il s’agirait d’une piscine hors-sol : le site étant classé monument historique, il est impossible d’y creuser un bassin. Une étude est en cours concernant aussi bien les règles relevant des architectes des bâtiments de France que les questions techniques et financières.
« Préserver l’intimité »
En contrebas du fort, la plage privée ne serait pas assez isolée, explique l’Elysée : « A 300 mètres du bord, les bateaux peuvent mouiller. D’ailleurs les paparazzis font des photos de tous les présidents qui y séjournent. Et Emmanuel Macron et son épouse ont des petits-enfants, dont ils souhaitent préserver l’intimité. »
Quand ils se rendent à Brégançon pour la première fois au cours de l’été 2017, les Macron décident également de rafraîchir certaines pièces. Ils comptent y passer des vacances et aimeraient aussi y recevoir des dirigeants étrangers. « Un coup de peinture, l’électricité, minimise l’Elysée, et aussi des équipements technologiques qui permettent par exemple au chef de l’Etat de passer des appels téléphoniques sécurisés. »
Le fort avait été ouvert au public en 2014, sur une décision de François Hollande. Il sera désormais réservé à la présidence et accessible aux touristes en dehors des visites du chef de l’Etat. Même si, sur le site de l’office du tourisme de Bormes-les-Mimosas, il est pour l’instant impossible de réserver un billet ou d’avoir la moindre information sur les prochaines visites possibles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Loin de sa promesse de parole rare, le président de la République multiplie sous diverses formes les interventions, parfois clivantes.
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Emmanuel Macron, le « coup de com » permanent

Loin de sa promesse de parole rare, le président de la République multiplie sous diverses formes les interventions, parfois clivantes.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h30
    |

            Virginie Malingre








                        



                                


                            
En moins d’une semaine, deux vidéos postées sur Twitter par l’Elysée sont devenues virales. La première montre le président de la République recadrant sèchement un élève de troisième qui l’avait familièrement interpellé, lundi 18 juin, au mont Valérien d’un « ça va Manu ? » après avoir chanté L’Internationale. « Regardez jusqu’au bout », préconise le chef de l’Etat à ceux qui visionnent la séquence, comme s’il avait à cœur de montrer qu’après la réprimande, il a adouci le ton.
La seconde est d’une autre facture. Diffusée à la veille d’un long discours, dans lequel le président livrait sa vision de la protection sociale, elle a été clairement conçue comme instrument de communication. On y voit Emmanuel Macron disserter dans le salon vert de l’Elysée sur « le pognon de dingue » que le pays consacre aux minima sociaux, et pourtant « les pauvres restent pauvres ». Il s’agissait, selon son entourage, de toucher un public plus large que celui qui écouterait son intervention devant le congrès de la Mutualité française.
On en oublierait presque que, durant la campagne, le candidat Macron promettait de se tenir loin de la vie médiatique, de ne pas être « le président du quotidien » ni « de l’anecdote ». « On ne montre pas les cuisines du pouvoir », martelait-il. Bref, s’il était élu, Emmanuel Macron serait l’antithèse de François Hollande et de sa présidence bavarde, dont le livre des deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça (Stock, 2016), a rendu compte.
« Il n’y a pas de “stratégie com” »
Une fois à l’Elysée, le chef de l’Etat a commencé par tenir sa promesse d’une communication jupitérienne. C’est son arrivée au Louvre le soir du second tour, dans une mise en scène très mitterrandienne. Ou encore la visite de Poutine organisée à Versailles. Mais Emmanuel Macron a développé aussi une communication parallèle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ En travaillant à partir de la base de données du cabinet Mossack Fonseca rendue publique, les autorités françaises auraient récupéré des centaines de millions d’euros depuis 2016.
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Comment le fisc français a utilisé les « Panama Papers » pour redresser des dizaines de contribuables

En travaillant à partir de la base de données du cabinet Mossack Fonseca rendue publique, les autorités françaises auraient récupéré des centaines de millions d’euros depuis 2016.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 15h27
    |

            Maxime Vaudano, 
Jérémie Baruch, 
Anne Michel et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Mossack Fonseca (MF) se débat encore dans la tourmente médiatique, quand le 8 avril 2016, le premier courrier des autorités antiblanchiment du Panama arrive par la Poste, cinq jours après les « Panama Papers ». Sommé de divulguer le véritable propriétaire d’une société dénommée Financiera del Exterior del Comercio, le cabinet livre le nom de Juan Pedro Damiani, un dirigeant de la FIFA qui vient de démissionner après les informations parues sur ses sociétés offshore.

La nouvelle fuite de données auxquelles Le Monde a eu accès recèle des centaines de lettres de ce genre, adressées à MF par les autorités fiscales et judiciaires de divers pays, dans les mois qui ont suivi les révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Plus de 200 nationalités étant représentées parmi les clients du cabinet, les demandes affluent du monde entier.
Submergés, les employés de la firme panaméenne se retrouvent contraints d’aider comme ils le peuvent les autorités dans un gigantesque jeu de piste à la recherche de milliards d’euros d’argent, de villas, de yachts et d’œuvres d’art engloutis dans l’océan de l’offshore.
L’abondance des demandes d’informations venues de France montre que Mossack Fonseca était déjà dans ses radars, avant les « Panama Papers ». Dès octobre 2015, six mois avant la révélation du « leak », une dizaine de demandes d’informations atterrissent sur le bureau de la firme au Panama. Les réponses transmises un mois plus tard contiennent notamment les noms de Jean-Pierre Aubry, bras droit et prête-nom supposé de Patrick Balkany, mais aussi d’une fabrique de caoutchouc, d’un domaine viticole dans le Var ou d’un producteur de cinéma.
Le scandale ne fait que renforcer la pression sur Mossack Fonseca. Le fisc français s’est lancé dans la chasse aux fraudeurs, et assure avoir adressé, en deux ans, un total de 306 demandes de renseignements à ses homologues étrangers,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Alors qu’Emmanuel Macron doit détailler son « pacte girondin », jeudi à Quimper, les départements ont voté à 77 % contre la signature des pactes financiers.
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Les relations restent tumultueuses entre l’Elysée et les collectivités

Alors qu’Emmanuel Macron doit détailler son « pacte girondin », jeudi à Quimper, les départements ont voté à 77 % contre la signature des pactes financiers.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 09h59
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h51
    |

            Patrick Roger et 
Cédric Pietralunga








                        


Emmanuel Macron doit s’exprimer, jeudi 21 juin, sur la principale place de Quimper, pour détailler son « pacte girondin ». Précisément là où, le 2 février 1969, le général de Gaulle avait tenu son dernier grand discours de président de la République, lors duquel il avait tracé les grandes lignes de son projet de décentralisation et annoncé le référendum sur la régionalisation qui devait l’amener à quitter le pouvoir moins de trois mois plus tard. « Ce n’est pas un hasard, Emmanuel Macron s’inscrit dans une tradition historique, c’est parfaitement assumé », explique l’Elysée.
Entre le chef de l’Etat et les collectivités, cependant, les relations sont toujours aussi tumultueuses. A quelques jours de la fin de la période ouverte pour la signature des contrats de modération des dépenses de fonctionnement, régions et départements ont réaffirmé, mercredi 20 juin, leur hostilité à ce qu’ils considèrent comme « une mise sous tutelle ». Le ton s’est notamment durci du côté de l’Assemblée des départements de France (ADF), dont le président, Dominique Bussereau, avait jusqu’à présent privilégié la voie du dialogue.
Lors de leur assemblée générale, mercredi, les départements se sont prononcés à 77 % contre la signature des pactes financiers qui, estime M. Bussereau, ressemblent plus à des « lettres de cadrage ». Dans son propre département, la Charente-Maritime, il a décidé de ne pas signer.
Alain Cadec, le président (LR) des Côtes-d’Armor, qui accueillait mercredi M. Macron au cap Fréhel, ne cache pas son amertume. « Le pacte girondin de Macron, c’est des mots. Nous, on veut des actes, assure-t-il. Les Bretons comprennent petit à petit que le président néglige les territoires, le gouvernement étrangle les départements, on a de moins en moins de moyens pour assurer nos missions. »

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« Totalement absurde »
« Avec des dépenses sociales en augmentation, le plafonnement à 1,2 % [de progression annuelle moyenne des dépenses de fonctionnement] est intenable, estime François Sauvadet, président (UDI) du département de la Côte-d’Or. Nous sommes dans une impasse, sans aucune marge de discussion possible. Le vote des départements exprime cette incompréhension. » Son homologue de l’Aude, André Viola (PS), campe sur la même ligne de refus : « A gauche, rares sont ceux qui signeront ces contrats, car c’est une atteinte à la décentralisation et à la libre administration. Un contrat, ça se négocie, ça se partage. Ce n’est pas le cas. »
La réponse de Matignon ne s’est pas fait attendre. Lors des dernières négociations avec les départements, Edouard Philippe leur avait laissé entrevoir la possibilité de porter les droits de mutation à titre onéreux, les « frais de notaire », actuellement plafonnés à 4,5 % des transactions, à 4,7 %. Deux dixièmes de point qui, s’ils étaient appliqués par tous les départements, représentaient une manne de 490 millions d’euros et que l’ADF annonçait vouloir intégralement « flécher » vers un fonds de péréquation destiné à aider les départements les plus en difficulté. « Compte tenu de la position prise par les départements, cette porte s’est refermée », indique Matignon.
Joint par Le Monde, M. Bussereau tombe des nues. « Cette décision ne m’a pas été communiquée mais, si c’est le cas, c’est totalement absurde et d’une extrême maladresse, car cela va pénaliser les politiques de solidarité, s’insurge le président de l’ADF. Cela va rendre les relations très compliquées. »
« Attention à l’instrumentalisation »
Du côté des régions, dont la majorité d’entre elles refuse également la contractualisation, la tonalité est tout aussi sévère. « Je pense que le président de la République a un problème avec les corps intermédiaires et il se trompe très lourdement, juge Hervé Morin, le président de Régions de France. En fait, ce sont les directions de Bercy qui ont pris le pouvoir. »

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                Les associations des collectivités locales se liguent contre la « recentralisation » en cours



L’Elysée relativise ces prises de position. « Le président de la République veut faire vivre le pacte girondin. Beaucoup d’élus sont prêts à jouer le jeu et veulent avoir une relation contractuelle avec l’Etat, affirme l’entourage de M. Macron. Il faut faire attention à l’instrumentalisation par des partis politiques repliés sur leurs exécutifs locaux et qui s’en servent pour s’opposer au chef de l’Etat. Cela les renvoie à leur propre responsabilité. » 
D’ici au 11 juillet, date de la prochaine conférence nationale des territoires, les discussions vont se poursuivre, dès jeudi, au sein de l’instance de dialogue réunie à Matignon. Mais le climat risque d’être tendu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ « On s’entend très, très bien », a rassuré le ministre de la transition écologique, souvent dépeint comme un ministre en sursis.
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En Bretagne, Macron cajole Hulot

« On s’entend très, très bien », a rassuré le ministre de la transition écologique, souvent dépeint comme un ministre en sursis.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 09h15
    |

            Cédric Pietralunga (envoyé spécial à Saint-Brieuc)








                        



   


« Je bois du petit lait bio ! » Souvent dépeint comme un ministre en sursis, Nicolas Hulot affichait une mine réjouie, mercredi 20 juin, sur les falaises du cap Fréhel (Côtes-d’Armor), où il était venu annoncer, au côté d’Emmanuel Macron, le maintien des six premiers projets de parcs éoliens offshore français, menacés d’annulation par le gouvernement en raison de leur coût trop élevé. « C’est un moment important pour moi », reconnaissait le ministre de la transition écologique, souvent accusé de ne pas gagner d’arbitrages.
Un brouillard tenace avait beau recouvrir la côte bretonne, impossible d’assombrir l’humeur de l’ex-animateur de TF1. Sa mésentente avec Stéphane Travert, le ministre de l’agriculture et de l’alimentation ? « Des tableaux caricaturaux », a-t-il répondu. La preuve, vendredi 22 juin, les deux hommes réuniront ensemble « tous les acteurs de la filière agricole pour bâtir des plans d’action pour sortir du glyphosate ». Ses relations avec le chef de l’Etat, qui pouvait s’agacer en privé des états d’âme de son ministre ? « On s’entend très, très bien », a rassuré M. Hulot, ajoutant : « l’un et l’autre, on est incapables de dissimuler ».
« On n’est pas dans un conte de fées »
Le 16 mai, l’ex-candidat à la primaire écologiste de 2011 avait pourtant annoncé qu’il évaluerait « à l’été » sa présence au sein du gouvernement, laissant entendre qu’il pourrait partir s’il ne se sentait plus utile. Mais depuis, l’« insatisfait » Hulot dit avoir fait avancer plusieurs dossiers, sur le glyphosate, sur l’interdiction des permis d’exploration des hydrocarbures, sur la fermeture des centrales à charbon ou nucléaires. « Ça ne va jamais assez vite, compte tenu de l’urgence climatique, de l’urgence sur les sujets santé et environnement. Mais on n’est pas dans un conte de fées, il faut tenir compte d’un certain nombre de réalités », a-t-il même concédé.
A ses côtés, parfois une main sur l’épaule, Emmanuel Macron a pris soin, durant son déplacement, de conforter son ministre, de loin le plus populaire du gouvernement. « Il faut sortir des guerres de tranchée », a-t-il répondu à une question sur le glyphosate, qui empoisonne les relations entre MM. Hulot et Travert. Et, signe qui ne trompe pas, le chef de l’Etat a laissé au défenseur de l’environnement le soin de répondre aux questions des médias sur le sauvetage des champs éoliens offshore. Une marque d’attention rare en macronie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration estime toutefois, dans une tribune au « Monde », qu’il conviendrait que la société favorise davantage l’intégration de ces populations nouvelles.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 20/06/2018
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Didier Leschi : « La France reste un grand pays d’immigration »

Le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration estime toutefois, dans une tribune au « Monde », qu’il conviendrait que la société favorise davantage l’intégration de ces populations nouvelles.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 10h03
    |

                            Didier Leschi (Directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration)








                        



                                


                            
Tribune. La poussée migratoire qui touche aujourd’hui l’Europe n’entraîne pas seulement des bouleversements politiques, que reflète l’arrivée progressive au pouvoir de partis populistes ou xénophobes, elle oblige l’ensemble des démocraties européennes à réfléchir sur notre identité collective et sur les problèmes nouveaux d’intégration.
Au-delà des 100 000 demandes d’asile enregistrées en France en 2017, et même avec une progression de la demande de 25 % depuis le début de l’année, la France demeure sur la longue durée un pays d’immigration légale, avec plus de 200 000 titres de séjour par an délivrés en moyenne ces vingt dernières années, ce qui fait qu’il n’y a jamais eu en France autant d’immigrés dans la population que maintenant – entre 9 % et 11 % en fonction des calculs.

Sur deux générations, la proportion de ceux qui ont un lien direct avec l’immigration représente ainsi près du quart de la population française. Aux Etats-Unis, cette part est de 26 %. Nous pouvons même ajouter que sur la longue durée, en raison des quotas en vigueur outre-Atlantique de 1921 à 1965, la France n’a pas à rougir de la comparaison puisque le stock des immigrés y avait baissé drastiquement. Il représentait 15 % de la population américaine au recensement de 1910, il n’en faisait plus que 5 % au recensement de 1970, avant de remonter rapidement grâce à l’abolition des quotas. Il se situait à 13 % au recensement de 2010.

Entre 1955 et 1964, la France, grand pays d’immigration, recevait chaque année plus de migrants que les Etats-Unis (à population égale, bien sûr). Aujourd’hui comme sur la longue durée, on ne peut donc reprocher à notre pays de ne pas être un pays accueillant. Et même d’avoir accompagné les mutations que connaissent les phénomènes migratoires.
« Migrant », un mot fourre-tout
Ainsi, du fait du tarissement de l’immigration ibérique, la part de la migration venant du Maghreb et du reste de l’Afrique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Selon « Le Canard enchaîné », des travaux ont été effectués sans autorisation dans la maison d’édition de la ministre de la culture à Arles en 2011. En dépit des règles de sécurité et d’agrandissement.
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Françoise Nyssen rattrapée par les écarts d’Actes Sud face aux règles de construction

Selon « Le Canard enchaîné », des travaux ont été effectués sans autorisation dans la maison d’édition de la ministre de la culture à Arles en 2011. En dépit des règles de sécurité et d’agrandissement.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 21h13
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 10h05
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



   


En 2011, dans le quartier du Méjan, posé sur les berges du Rhône à Arles (Bouches-du-Rhône), des représentants de la préfecture, des agents municipaux et des pompiers seraient venus effectuer une visite dans les locaux de la maison d’éditions Actes Sud (sa librairie, ses salles de cinéma, son bar), dont la ministre de la culture Françoise Nyssen était à l’époque présidente du directoire. Ainsi que le révèle le Canard Enchaîné dans sa livraison du mardi 19 juin, les visiteurs ont noté des manquements aux règles de sécurité et découvert que d’importants travaux d’agrandissement avaient été réalisés dans la librairie, sans aucune autorisation.
Selon l’hebdomadaire, c’est seulement quelques mois après l’entrée de Mme Nyssen au gouvernement, en mai 2017, que la ministre de la culture et son mari Jean-Paul Capitani ont adressé une demande d’autorisation de travaux à la mairie d’Arles. Elle est examinée début 2018 par la commission de sécurité. « Le projet concerne des travaux d’amélioration de la sécurité incendie de l’établissement actuellement sous avis défavorable », témoigne cette dernière, citée par Le Canard enchaîné. Les travaux seront achevés fin 2018, promet Jean-Paul Capitani.
Pas de demande de permis
Interrogé, ce dernier a rejeté les accusations de l’hebdomadaire satirique sur l’illégalité des travaux, affirmant que « les travaux de surélévation n’ont fait l’objet d’aucune contestation » et que « la transformation de réserves et locaux annexes en surfaces commerciales (…) n’exigeait aucune déclaration ou autorisation préalable ». L’affirmation est pour le moins infondée.
En effet, une demande de permis de construire est obligatoire dans le cas d’agrandissement d’une maison lorsque cela entraîne la création de plus de 40 m² de surface de plancher ou d’emprise, indique la loi. La règle s’applique aux surélévations, telle celle réalisée par Actes Sud qui a ajouté deux étages au bâtiment d’origine. Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirme Jean-Paul Capitani, cette obligation s’applique également « en cas de transformation d’usage de [la] construction (…) Les transformations d’usage concernent, par exemple, la transformation d’un local commercial en logement ou la transformation d’un logement en hébergement. »
La loi est également claire s’agissant de la réalisation de travaux non conformes à l’autorisation obtenue. Selon le Canard enchaîné, la surélévation n’a pas respecté « une série de prescriptions architecturales » demandées par l’architecte des bâtiments de France (ABF) – dont l’autorisation est obligatoire pour les quartiers à caractère historique comme celui dans lequel se trouve Actes Sud à Arles. Ne pas les avoir suivies constitue une infraction pouvant engager la responsabilité pénale de la ou du responsable des travaux sur une certaine période. Le délai de prescription est passé, en février 2017, de 3 à 6 ans. Il démarre à partir de l’achèvement des travaux et est rétroactif, « c’est-à-dire qu’il s’applique aux infractions commises avant cette date, sauf si l’ancien délai de 3 ans est déjà prescrit », précise la loi.
Manquement aux règles de sécurité
On ne peut faire l’objet de poursuites pénales au-delà du délai de 6 ans – ce qui semble être le cas des éditions Acte Sud à propos du non-respect des indications de l’ABF – mais la commune où sont réalisés les travaux peut engager la responsabilité civile du (de la) contrevenant(e) dans la limite de 10 ans. Elle doit alors saisir le Tribunal de grande instance (TGI) afin qu’il ordonne la démolition ou la mise en conformité de la construction. Mais la Mairie d’Arles, soucieuse de cet acteur majeur pour l’économie et la renommée de la ville, n’a jusqu’ici intenté aucune action.
Plus grave, dans le cas d’Actes Sud : les établissements recevant du public (ERP), tels que la librairie, le bar et le cinéma, sont soumis à des conditions drastiques autorisant l’exercice de leurs activités. Tous les architectes le savent bien : pour eux, la venue de la commission de sécurité et des pompiers avant la livraison d’un bâtiment accessible au public est une étape souvent déterminante. Les manquements à des obligations telles que l’absence de portes coupe-feu, de trappes de désenfumage et d’alarmes, exemples cités par Le Canard Enchaîné, sont des raisons majeures conduisant à l’inaccessibilité des lieux jusqu’à leur mise en conformité. Théoriquement, la librairie d’Actes Sud n’aurait jamais dû être ouverte au public jusqu’à l’achèvement des travaux...



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Sur les réseaux sociaux, des internautes et des militants de La France insoumise accusent La République en marche d’être à l’origine d’un sondage raciste, effectué par le think tank.
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Emballement autour d’un sondage de Terra Nova, jugé « raciste »

Sur les réseaux sociaux, des internautes et des militants de La France insoumise accusent La République en marche d’être à l’origine d’un sondage raciste, effectué par le think tank.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 17h38
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 17h57
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Un sondage réalisé par le think tank Terra Nova auprès d’adhérents de La République en marche (LRM) à des fins sociologiques suscite, depuis le 18 juin, une violente polémique sur les réseaux sociaux, et un certain malaise, y compris au sein du mouvement. En cause, des questions jugées racistes — pourtant utilisées dans les enquêtes de sociologie comparée de tous bords. Eléments d’éclaircissements.
Qu’est-ce que ce sondage ?
Il s’agit d’une étude sociologique lancée le 8 juin auprès de 30 000 adhérents de LRM. Conçue afin de mieux connaître le profil des « marcheurs », l’enquête est constituée d’une centaine de questions. Au milieu de questions portant sur l’âge, la cellule familiale, les revenus, l’orientation politique ou encore la religion…, des questions portent sur des sujets de société : écologie, perception du pouvoir… et immigration. « L’islam est une menace pour l’Occident », « Il y a trop d’immigré en France », « On ne se sent pas chez soi comme avant »…, autant d’affirmations sur lesquelles les personnes sondées sont appelées à se positionner, grâce à six réponses possibles, allant de « tout à fait d’accord » à « tout à fait en désaccord », en passant par « ne se prononce pas ».
Pourquoi ce sondage fait-il polémique ?
Sur Twitter, de nombreux internautes ont dénoncé ce sondage, l’accusant d’être raciste et d’orienter ses questions par des phrases affirmatives. D’autres ont également critiqué l’enchaînement des questions, reprochant au sondage de créer des relations logiques implicites entre la menace que représenterait l’islam pour l’Occident et le fait qu’il y ait « trop d’immigrés en France ».
Le 18 juin, Antoine Léaument, responsable de la communication numérique de La France insoumise (LFI), attribue ces questions à LRM et dénonce leur formulation, selon lui largement empruntées au vocabulaire de l’extrême droite. « Du Le Pen dans le texte ! », s’insurge le militant sur Le Bon Sens, site Internet qu’il anime. Bien vite, le billet est partagé sur les réseaux sociaux, où de nombreuses personnes dénoncent le racisme de LRM, en l’assimilant à Rassemblement national (ex-Front national).
Qui a commandé ce sondage ?
Les questions de ce sondage n’ont pas été rédigées par des cadres de la majorité. Contacté par Le Monde, Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, dénonce une « vaine polémique ». « L’initiative de ce sondage nous appartient, développe-t-il au téléphone. On a considéré qu’il y avait des objets politiques nouveaux en France, que LRM en faisait partie et qu’il serait intéressant de connaître la sociologie de ses adhérents. »
Une convention de recherche est signée, il y a quelques mois, entre LRM et Terra Nova. « Nous avons bénéficié d’une totale autonomie sur le questionnaire. A aucun moment LRM n’est intervenue dans sa conception ou son orientation — elle s’est simplement engagée à proposer à ses adhérents d’y participer », dit M. Pech. Les données, récoltées par LRM, sont anonymisées puis renvoyées au think tank, selon une procédure que son directeur général qualifie de « très simple et très propre ».
Les questions de ce sondage sont-elles inhabituelles ?
La polémique suscitée par les questions sur l’immigration se heurte à un biais : elles sont extraites d’un corpus présentant des affirmations pouvant être rattachées à tous les bords politiques. « Dans ce sondage, l’on retrouve une grande variété de types d’affirmations, pouvant être qualifiées de réactionnaires, de gauche, de droite, d’écologistes ou encore de modérées », précise M. Pech.
Effectivement, les questions polémiques sur l’immigration jouxtent des affirmations qu’on pourrait juger tout aussi caricaturales — interrogeant les sondés sur la nécessité de prendre aux riches pour donner aux pauvres, de confier le pouvoir au peuple plutôt qu’aux femmes et aux hommes politiques ; ou celle de remplacer les centrales nucléaires par des énergies renouvelables. Autant d’interrogations peu à même d’être associées à l’extrême droite.
D’autre part, les affirmations polémiques sont utilisées dans un grand nombre d’enquêtes sociologiques. « Ce sont des questions très utilisées dans les enquêtes politiques : elles permettent de faire des comparaisons entre les études et entre les partis », précise Thierry Pech. De nombreux exemples démontrent que ces questions proposées n’ont rien d’inhabituel. Ainsi, le baromètre de la confiance politique — produit chaque année par l’institut Opinionway pour le Cévipof, propose-t-il des questions similaires.

   


Un rapport d’enquête du Cévipof sur la sociologie des adhérents du Parti socialiste, paru en 2014, enquête réalisée à partir du fichier des adhérents du parti, fait état de questions similaires. Aussi, les répondants ont-ils évalué leur degré d’adhésion à l’affirmation « il y a trop d’immigrés en France » et « maintenant, on ne se sent plus chez soi comme avant » sans déclencher, alors, la moindre polémique.
Des études du European Social Survey — institution, elle aussi, peu soupçonnable d’accointances avec l’extrême droite, va même plus loin dans les questions posées. Ainsi cette étude comparative sur l’attitude des Européens face à l’immigration, conjointement dirigée par les universités d’Oxford et de Manchester, demande-t-elle aux répondants si leur pays devrait accueillir des juifs, des musulmans ou des Gitans.

   


« Si l’on renonce à ces questions, on renonce à tout un pan de la recherche comparée telle qu’elle se pratique depuis des dizaines d’années en Europe, conclut Thierry Pech. Tout cela n’est, hélas, qu’une vaine polémique. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Malgré l’efficacité du pacte migratoire UE-Turquie, la répartition et le traitement des demandes d’asile divise l’UE. Notre journaliste Philippe Ricard a répondu aux questions des lecteurs du Monde.fr.
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« L’idée sur la table aujourd’hui en Europe est de réduire les différences de politiques migratoires »

Malgré l’efficacité du pacte migratoire UE-Turquie, la répartition et le traitement des demandes d’asile divise l’UE. Notre journaliste Philippe Ricard a répondu aux questions des lecteurs du Monde.fr.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 17h31
   





                        


La Journée mondiale des réfugiés survient alors que la politique migratoire est au centre des débats. Philippe Ricard, chef adjoint du service International du Monde, a répondu aux questions des internautes lors d’un tchat sur Le Monde.fr.
Montelieri : la question migratoire peut-elle conduire à un renversement des rapports de force en Europe, mettant la ligne UE-Merkel-Macron en minorité ?
Philippe Ricard : L’arrivée au pouvoir en Italie d’une coalition associant la formation d’extrême droite de la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles a relancé les débats sur la politique migratoire au sein de l’Union européenne. L’une des premières initiatives du vice-président du conseil italien a été, en effet, d’interdire l’entrée des navires de sauvetage, comme l’Aquarius, dans les ports italiens.
Cette mesure a réveillé les plaies héritées de 2015, quand le nombre de réfugiés et migrants a battu des records. Depuis, la situation s’était apaisée, car les Européens et les différents gouvernements ont multiplié les dispositifs pour réduire les arrivées. L’UE avait par exemple signé en mars 2016 un accord controversé avec la Turquie pour empêcher les départs de réfugiés en direction de la Grèce et de la route des Balkans. Ce compromis, décrié à l’époque car il prévoyait le renvoi en Turquie de certains réfugiés, a été très efficace.

        Lire :
         

          Quel est le bilan du pacte migratoire UE-Turquie au bout d’un an ?



Les Européens n’ont cependant pas pu profiter de cette accalmie pour réformer les règles de Dublin concernant la répartition et le traitement des demandes d’asile. Aujourd’hui, le gouvernement italien demande la refonte de ce mécanisme, qui prévoit que les demandes d’asile doivent être traitées dans le pays de première entrée, comme l’Italie. Au contraire, la CSU bavaroise de Horst Seehofer entend assurer le retour vers ces pays, en vertu des accords actuels de Dublin, des candidats à l’asile qui ont entrepris d’aller frapper à la porte d’autres pays de l’UE.
L’affrontement est d’autant plus violent qu’il oppose désormais, même en Europe de l’Ouest, les gouvernements de droite ou de gauche classiques à des forces beaucoup plus dures sur le plan politique, issues, comme en Italie ou en Autriche, de l’extrême droite.
Pascal Brice, le directeur général de l’Ofpra, parle de la création d’un « office européen de l’asile ». Quelle serait la place de l’Ofpra et de la Cour nationale du droit d’asile par rapport à cet office ?
A ce stade, chaque Etat européen est souverain pour choisir les demandeurs d’asile auxquels il entend accorder sa protection, quand ceux-ci fuient un pays en conflit. Il existe des différences de procédure et de traitement d’un pays à l’autre.
Le règlement de Dublin organise les modalités de coopération entre ces différentes approches nationales en reposant sur un principe de plus en plus contesté dans les pays concernés : la demande d’asile doit être traitée dans le pays de première entrée des candidats, en l’occurrence l’Italie et la Grèce, voire l’Espagne, les pays en première ligne concernant la traversée de la Méditerranée.
L’idée sur la table aujourd’hui en Europe est de réduire ces différences, en allant, pour les partisans d’une plus grande intégration, vers une agence quasi fédérale de l’asile, qui placerait tout le monde sur la même ligne. Cette issue est peu probable car de nombreuses capitales souhaitent garder le contrôle sur cette prérogative régalienne. Les propositions de la Commission pour faire converger les pratiques sont pour l’instant bloquées, comme l’est la refonte du règlement de Dublin. Certains pays de l’Est de l’Europe, Hongrie en tête, ne veulent surtout pas prendre en charge des demandeurs d’asile arrivés via la Grèce ou l’Italie, comme l’a montré la crise de 2015. Leur point de vue n’a pas évolué depuis, et s’est même durci, alors que les arrivées ont nettement reflué.
La solution d’installer des centres de débarquement à l’extérieur de l’UE va-t-elle finir par s’imposer ?
C’est l’une des pistes examinées ces jours-ci à Bruxelles pour tenter de surmonter le contentieux entre ceux qui veulent renvoyer les demandeurs d’asile dans le pays de leur entrée dans l’UE, comme le Bavarois Horst Seehofer, et ceux, comme l’Italien Matteo Salvini, qui ne veulent pas entendre parler de ces renvois, et ferment leurs ports aux navires de sauvetage. Il s’agirait de créer dans des pays tiers qui ne sont pas encore nommés, des « plates-formes de débarquement » du côté européen ou africain.
Ces centres seraient chargés de faire la distinction entre les personnes éligibles à l’asile et les migrants partis pour des motifs économiques, qui seraient incités à repartir vers leur pays d’origine. Ce dispositif est évoqué pour la première fois dans un projet de conclusion du Conseil européen des 28 et 29 juin, à Bruxelles. Mardi, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont semblé soutenir cette idée, à condition d’y associer le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Bruxelles tentée par la création de « hot spots » aux frontières



Pourquoi l’UE ne prend-elle pas en charge elle-même le sauvetage en mer de migrants sans recourir aux ONG, pourquoi ne réachemine-t-elle pas les migrants sauvés en mer vers des hot spots situés en Afrique du Nord ou de l’Ouest ?
A ce jour, les sauvetages en mer, en particulier au large des côtes libyennes, sont assurés de trois façons : par des ONG, par des navires commerciaux ou par les forces italiennes. En soutien aux autorités italiennes, l’UE a lancé en 2014 une mission, l’opération « Triton », pilotée par l’agence Frontex de contrôle des frontières extérieures.
Elle est destinée à soutenir l’Italie en matière de sauvetage, après la fin de l’opération « Mare Nostrum » d’abord mise en place par les seules autorités italiennes après le drame de Lampedusa, en octobre 2013. Depuis, les Européens ont contribué à des missions de localisation des bateaux aux abois, et d’identification des passeurs, pour prévenir les catastrophes. Le nombre de morts en Méditerranée est néanmoins resté très important. Il se monte à plus de 15 000 sur les cinq dernières années. Pas de quoi calmer les autorités italiennes qui critiquent le manque de solidarité de leurs voisins européens, à commencer par la France, car ces derniers ont ensuite laissé l’Italie gérer seule les réfugiés et/ou migrants qui sont parvenus à atteindre ses côtes. La question des hot spots rejoint la question précédente : elle est de nouveau à l’étude.
Cette crise est latente depuis des décennies au vu des différentiels de niveau de vie. La seule issue possible est un développement accéléré de l’Afrique pour donner de l’espoir et du travail à cette population qui risque sa vie pour un monde meilleur. Pourquoi les pays européens ne lancent pas ce plan ?
Les écarts de développement entre les deux rives de la Méditerranée jouent un grand rôle pour expliquer l’attractivité de l’Europe. Les Européens ont bien conscience de cela, en particulier les pays de la rive nord : l’Italie, l’Espagne ou la France. Ces derniers ont longtemps demandé en vain d’aller en ce sens, contre l’avis de pays du nord de l’Europe ou de l’Est, plus soucieux de tisser des liens étroits avec l’est du continent. Les avis se sont sans doute rapprochés depuis le déclenchement de cette « crise migratoire » : l’Allemagne prend peu à peu conscience de l’importance de l’aide au développement de l’Afrique, pour mieux juguler les flux migratoires.
Cela dit, le pic de la crise migratoire, en 2015, est davantage lié à la guerre en Syrie : cette année-là, l’Allemagne a accueilli près de 900 000 demandeurs d’asile, dont 700 000 Syriens qui fuyaient la guerre civile dans leur pays. Et l’Europe a surtout payé son impuissance à y promouvoir la paix.
Par ailleurs, certains dirigeants européens, comme le nouveau ministre des affaires étrangères espagnol, le socialiste Josep Borrell, considèrent que le développement de l’Afrique est à l’origine d’une partie des flux migratoires actuels. Ils concernent une population plus éduquée et qui a l’audace d’entreprendre cette démarche. Pour eux, il faut donc poursuivre et amplifier l’aide au développement, pour permettre à cette jeunesse d’avoir elle aussi des opportunités pour rester dans son pays natal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ L’IGAS note de nombreux dysfonctionnements dans son rapport remis mercredi 20 juin et appelle à « l’élaboration sans délai d’un plan d’action ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/06/2018
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Mort de Naomi Musenga : démission du responsable du SAMU de Strasbourg

L’IGAS note de nombreux dysfonctionnements dans son rapport remis mercredi 20 juin et appelle à « l’élaboration sans délai d’un plan d’action ».



Le Monde
 |    20.06.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 10h26
   





                        



   


Après l’annonce du départ, mercredi, du responsable du Samu de Strasbourg, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a déclaré, jeudi 21 juin, qu’il n’y aurait pas d’autres sanctions. « Pour l’instant, sur Strasbourg les sanctions ont été prises », a-t-elle dit, interrogée sur Cnews sur d’éventuelles autres sanctions.
La démission du responsable du SAMU de Strasbourg avait été acceptée, mercredi, à la suite de la publication d’un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur les circonstances ayant conduit à la mort de Naomi Musenga, faute de prise en charge par le SAMU, en décembre 2017.
« Cette demande de démission a été déposée spontanément au début de l’enquête, début mai, et a été acceptée, puisque c’est une des préconisations du rapport de l’inspection générale » des affaires sociales, a indiqué Christophe Gautier, directeur des Hôpitaux universitaires de Strasbourg.
Mme Buzyn a rappelé qu’elle avait demandé aux urgentistes une « feuille de route » pour le 1er juillet pour améliorer les service d’urgences et notamment les procédures internes avec la mise en place d’ une « démarche qualité ».
Interrogée sur la nature de la faute commise, Mme Buzyn a répondu que, « comme tous les Français, il suffit d’avoir écouté cette bande pour savoir qu’il y a eu un dysfonctionnement grave avec un manque d’humanité qui est intolérable quand on parle de quelqu’un de malade », a-t-elle dit.
« Une procédure disciplinaire » va être engagée à l’encontre de « l’assistante de régulation médicale ayant réceptionné l’appel » qui fait déjà l’objet d’une suspension à titre conservatoire depuis le 9 mai, a précisé Christophe Gautier. « Toutes les préconisations de l’IGAS seront déclinées dans les jours et les semaines qui viennent », a-t-il enfin assuré.
Réponses « non adaptées »
Commandée au début de mai par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, l’enquête de l’IGAS établit que « la procédure de régulation » générale établie par le SAMU de Strasbourg n’était « pas conforme aux recommandations de bonnes pratiques et source de risque pour les patients ». 
Les réponses « non adaptées de l’assistante de régulation médicale (ARM) », qui n’avait pas pris l’appel de la jeune femme au sérieux, sont mises en cause par l’IGAS, car elles ont « conduit à un retard global de prise en charge de près de deux heures vingt ».
Mais au-delà de la réaction de l’opératrice, c’est le mode de fonctionnement du SAMU lui-même qui est critiqué dans le rapport. « Alors que tout appel à caractère médical devrait être régulé par un médecin, la procédure en vigueur au SAMU de Strasbourg permettait aux assistants de régulation médicale, dans certains cas, de traiter seuls ce type d’appels », notamment dans les cas où l’ARM jugeait qu’il n’y avait pas d’urgence vitale « avérée ou potentielle ou de besoin de réponse médicale immédiate », observent notamment les inspecteurs de l’IGAS dans ce rapport.
« Ainsi, il pouvait être proposé à l’appelant de composer lui-même le numéro d’un médecin pendant la journée » dans certains cas, ce qui n’est ni « conforme aux recommandations de bonnes pratiques de la Haute autorité de Santé », ni « au référentiel de la Société française de médecine d’urgence », relève la mission.

        Lire aussi :
         

                SAMU : « Ne pas entraver les capacités d’initiative et la créativité des salariés »



Le rapport relève également un mauvais accompagnement de la famille à la suite de la transmission de l’enregistrement et des suites données par le responsable du SAMU qui n’étaient « pas à la hauteur de la gravité de la situation ».
L’IGAS appelle donc à « l’élaboration sans délai d’un plan d’action » et d’« une véritable conduite du changement au sein du SAMU 67, afin de garantir la qualité et la sécurité de la régulation ».

        Lire aussi :
         

                Une enquête ouverte à Toulouse après la mort d’un homme non pris en charge par le SAMU






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le dernier ministre de la justice (2016-2017) de François Hollande a transmis en 2017 des informations au député Thierry Solère sur une enquête le concernant.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 20/06/2018
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L’ex-garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas mis en examen par la Cour de justice

Le dernier ministre de la justice (2016-2017) de François Hollande a transmis en 2017 des informations au député Thierry Solère sur une enquête le concernant.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h08
    |

            Jean-Baptiste Jacquin et 
Simon Piel








                        



   


L’ancien garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas a été mis en examen, mardi 19 juin, par la commission d’instruction de la Cour de justice de la République (CJR) pour « violation du secret professionnel » pour avoir transmis entre les deux tours de la présidentielle de 2017 des informations confidentielles au député des Hauts-de-Seine Thierry Solère (alors Les Républicains, aujourd’hui rallié à La République en marche) concernant une enquête pénale visant ce dernier. Un délit passible d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.
Cette affaire, révélée par Le Canard enchaîné en décembre 2017, avait très rapidement débouché sur une saisine officielle de cette juridiction spéciale à qui il revient de juger les ministres ou anciens ministres pour les crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions. La CJR avait ouvert une enquête le 16 janvier.

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C’est une violation présumée du secret professionnel qui est reprochée au dernier ministre de la justice du quinquennat de François Hollande. M. Urvoas aurait profité des pouvoirs liés à sa fonction entre les deux tours de la présidentielle pour demander à la direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) une « fiche d’action pénale » de l’enquête préliminaire ouverte pour « fraude fiscale », « blanchiment », « corruption », « trafic d’influence » et « recel d’abus de biens sociaux » à l’encontre de M. Solère. M. Urvoas a ensuite transmis ces informations confidentielles à l’intéressé qui faisait partie des noms alors cités pour un poste important dans le premier gouvernement de l’ère Emmanuel Macron.
« Ce reproche est une blessure »
La transmission s’est effectuée en deux temps. Une première fiche d’action pénale a été envoyée le 4 mai 2017 par M. Urvoas. Mais M. Solère, s’inquiétant auprès du ministre de la justice de la relative ancienneté des éléments de cette synthèse, une mise à jour est demandée en urgence par le garde des sceaux à la DACG. Le lendemain, le ministre a fait parvenir une actualisation de cette fiche avec de nouvelles précisions sur l’affaire visant le député. Des faits que l’ancien ministre ne conteste pas.
Les deux hommes avaient pris des précautions en communiquant par l’application de messagerie cryptée Telegram. Mais les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales sont tombés sur ces messages lors d’une perquisition au domicile de M. Solère, en juin 2017.
Le Monde a tenté de joindre Jean-Jacques Urvoas à plusieurs reprises, en vain. Dans un communiqué diffusé mercredi soir, il « conteste avec détermination une quelconque violation, dans l’exercice de [ses] fonctions ministérielles, d’un secret protégé par l’article 226-13 du code pénal ». « Ce reproche est une blessure alors que j’ai agi, comme je l’ai toujours fait en ma qualité de garde des sceaux, pour la défense de l’autorité judiciaire et son indépendance », a-t-il ajouté.
Argumentation juridique
Contacté, son avocat Emmanuel Marsigny a fait valoir deux points de droit qu’il avait soumis à la CJR. « D’abord, explique-t-il, les fiches d’action pénales sont des documents administratifs et non judiciaires. Elles sont filtrées par la DACG et sont destinées au cabinet du ministre pour que celui-ci exerce ses attributions et notamment pour communiquer. Ensuite, le ministre lui-même n’est pas tenu au secret professionnel. »
Une argumentation davantage juridique que médiatique. « C’est comme si on considérait que le ministre des armées n’était pas tenu par le secret-défense puisqu’il n’est pas lui-même un militaire », objecte un magistrat. Dans les rangs de la DACG en tout cas, on s’étranglait à l’époque que telle fiche pénale ait pu être transmise par le ministre de tutelle à une personne directement visée par une enquête, y voyant un dévoiement absolu du principe de la remontée d’information.
Surtout, les raisons pour lesquelles celui qui était alors ministre de la justice a transmis ces informations demeurent troublantes. M. Urvoas espérait-il un retour d’ascenseur politique en rendant service à M. Solère alors cité comme possible futur ministre, comme certains l’analysent ? Selon Me Marsigny, la note a été transmise « pour faire cesser les attaques médiatiques de M. Solère contre l’institution judiciaire et lui faire comprendre qu’il faisait fausse route en affirmant ici ou là que la justice était instrumentalisée contre lui ».

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« Ce n’est pas Thierry Solère qui a sollicité ce document », assure de son côté Pierre-Olivier Sur, l’avocat du député. Il précise même que son client a d’abord pensé avoir reçu une nouvelle coupure de presse sur son affaire. Si M. Solère risque d’être mis en cause pour le recel de la violation du secret professionnel, il n’a pas encore été convoqué, indique son conseil. Ce ne sera de toute façon pas devant la CJR qui n’est compétente que pour les ministres mais qui l’a tout de même entendu. M. Solère n’a pas non plus été entendu, pour l’instant, dans le cadre de l’enquête préliminaire principale conduite à Nanterre.
Soupçons de connivence
La procédure devant la Cour de justice de la République passe nécessairement par l’instruction dès lors que la commission des requêtes a jugé cet hiver que la saisine de la CJR était justifiée. « Vu la relative simplicité du dossier, une procédure plus rapide du type avec un renvoi devant la formation de jugement sans information judiciaire préalable aurait été privilégiée en droit commun », explique un proche du dossier. La commission de l’instruction de la CJR, exclusivement composée de magistrats de la Cour de cassation, pourrait boucler en quelques mois ce dossier qui serait alors jugé avant que la révision constitutionnelle prévoyant la suppression de la CJR ne soit votée par le Parlement réuni en Congrès.
L’affaire Urvoas, avec l’affaire autrement plus complexe du financement de la campagne d’Edoudard Balladur de 1995 en lien avec l’affaire Karachi, sont les deux seuls dossiers aujourd’hui présentés devant cette juridiction d’exception qu’Emmanuel Macron s’était engagé, lors de sa campagne présidentielle, à supprimer.
Derrière l’affaire Urvoas, c’est toute l’institution judiciaire qui est déstabilisée, renforçant les soupçons de connivence entre la justice et le pouvoir politique. Le débat sur la remontée des informations sur les enquêtes sensibles à la chancellerie devrait rebondir.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Suspendus à l’issue de négociations entre l’exécutif et les opérateurs, ces projets seront bien réalisés, avec 15 milliards d’euros de financements publics en moins.
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La mise en chantier de six parcs éoliens en mer confirmée par Emmanuel Macron

Suspendus à l’issue de négociations entre l’exécutif et les opérateurs, ces projets seront bien réalisés, avec 15 milliards d’euros de financements publics en moins.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h52
    |

                            Nabil Wakim et 
Cédric Pietralunga








                        



   


C’est un « ouf ! » de soulagement un peu amer pour la filière éolienne française. Après des mois d’incertitude et de négociations, Emmanuel Macron a finalement confirmé, mercredi 20 juin, que les six projets de parcs d’éoliennes en mer au large des côtes françaises, lancés entre 2012 et 2014, seront bien réalisés.

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En déplacement près de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), où l’un de ces parcs doit être construit – 62 mâts de 216 mètres de haut à 16 kilomètres au large du cap Fréhel –, le président de la République a pris le micro devant des industriels et des élus locaux pour leur annoncer la bonne nouvelle. « On peut avancer, et même accélérer », leur a lancé M. Macron, affirmant que les opérateurs des parcs (EDF, Engie et l’espagnol Iberdrola) avaient accepté une diminution de « 15 milliards d’euros » sur vingt ans du montant de leurs subventions publiques.
Les professionnels de la filière se sont réjouis de cette annonce. « C’est une très bonne nouvelle pour les territoires qui accueilleront les parcs, qui ont investi en vue de ces activités et qui s’étaient fortement mobilisés. Grâce à cette décision, la France va pouvoir jouer son rôle dans la dynamique mondiale des énergies marines renouvelables », s’est félicité Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui souligne les « efforts consentis » dans les négociations.
Une manière polie de noter que cette annonce couronne des discussions difficiles, et surtout des années d’échec pour la filière. Alors que l’Europe compte plus de 4 000 éoliennes offshore en activité, la France n’en compte toujours aucune. Les premiers appels d’offres ont pourtant été lancés en 2012, les seconds en 2014, mais ils ont souffert de nombreux recours et de lenteurs administratives.
« Coûteux pour l’Etat »
Alors que les derniers recours étaient en train d’être purgés, le gouvernement a décidé à l’hiver 2017 de remettre en cause les appels d’offres. La raison : le montant des subventions publiques, jugé trop élevé par l’exécutif. Ce dernier estimait que les tarifs d’achat de l’électricité négociés à l’époque, compris entre 180 et 230 euros par mégawattheure durant vingt ans, étaient devenus excessifs compte tenu de la baisse du coût de l’éolien en mer ces dernières années.
« Les conditions économiques dans lesquelles ces appels d’offres avaient été faits faisaient que ces projets étaient excessivement coûteux pour l’Etat, a reconnu le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, qui accompagnait le chef de l’Etat lors de ce déplacement. On avait un dilemme : soit les reporter et on perdait dix ans. (…) Soit on essayait avec les différents opérateurs de renégocier. »

@EmmanuelMacron confirme le lancement des 6 parcs éoliens en mer, grâce à la renégociation des tarifs
— N_Hulot (@Nicolas Hulot)


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A plusieurs reprises, l’Etat a menacé d’annuler les résultats de ces appels d’offres si les opérateurs des parcs n’acceptaient pas de diminuer ces tarifs. Un amendement en ce sens est d’ailleurs toujours en discussion au Parlement.
15 000 emplois directs
Ces incertitudes ont fait souffler un vent de panique sur la filière et les élus locaux de Bretagne, Normandie et Loire-Atlantique, les trois régions d’implantation des futures éoliennes. Les élus craignaient une remise en cause de plusieurs projets d’usine de fabrication d’éoliennes et leurs centaines d’emplois à la clé, par exemple à Cherbourg ou au Havre. Selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), ces six parcs vont générer plus de 15 000 emplois directs.
Malgré cette annonce, le premier parc éolien français, celui de Saint-Nazaire, opéré par EDF, ne devrait pas voir le jour avant 2021, au mieux.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Cette introduction était soutenue par les écologistes, les ONG et de nombreux juristes.
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Le gouvernement veut inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution

Cette introduction était soutenue par les écologistes, les ONG et de nombreux juristes.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 16h01
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 10h14
    |

            Simon Roger








                        


Cette victoire arrive à point nommé pour Nicolas Hulot, après plusieurs arbitrages perdus. Dans le vaste chantier de la réforme des institutions voulue par Emmanuel Macron, le ministre de la transition écologique et solidaire a obtenu de l’exécutif qu’« environnement, climat et biodiversité » figurent dans l’article premier de la Constitution, et non dans l’article 34, comme l’avait pourtant annoncé le premier ministre en avril. 
« Ça sera dans l’article 1, maintenant, la formulation, il faut regarder (…) notamment la portée juridique », s’est félicité Nicolas Hulot en marge d’un déplacement avec Emmanuel Macron, mercredi 20 juin, en Bretagne. Invité de Franceinfo jeudi 21 au matin, il a précisé ses arguments, expliquant qu’il fallait « adapter notre droit, notre démocratie, nos institutions, aux vrais enjeux du XXIe siècle ».
« C’est une très bonne nouvelle », a salué Pascal Canfin, le directeur général de WWF France, l’une des principales ONG mobilisées sur le sujet avec la Fondation pour la nature et l’homme (FNH). « C’est le vœu gouvernemental », a justifié le ministre d’Etat, sans s’appesantir sur ce changement de pied de Matignon, qui, par la voix d’Edouard Philippe, soutenait le 4 avril que « le projet de loi constitutionnel inscrira l’impératif de lutte contre le changement climatique à l’article 34 ».
D’une place à l’autre dans le texte constitutionnel en cours de révision, l’enjeu environnemental acquiert une portée très différente. Alors que l’article 34 se borne à définir le champ d’action du législateur, l’inscription à l’article 1 consacre « le fait que le peuple affirme le caractère fondamental de cette règle, et que chacun, notamment le législateur, l’administration et les juges, a le devoir de l’appliquer directement », analyse la constitutionnaliste Marie-Anne Cohendet.
Résultat d’une réflexion mûrie
L’article 1 est celui qui « énonce plusieurs des règles portant des valeurs fondatrices de la République française, comme l’indivisibilité, la laïcité ou encore l’égalité, explique aussi la professeure de droit public à l’université Paris-I. Cette inscription devrait générer un renforcement des lois et des actes administratifs de protection de l’environnement ».
« C’est la commission du développement durable qui a inscrit l’environnement, le climat et la biodiversité dans l’article 1, le gouvernement ne s’y opposera pas », confirme Matignon
Pour le député LRM Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, ce choix ne marque pas un revirement de dernière minute mais, au contraire, le résultat d’une réflexion longuement mûrie. « On a vu les limites de la Constitution actuelle lors des débats sur la loi mettant fin à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures, constate le député du Maine-et-Loire, Nous aurions pu aller plus loin si l’on avait disposé d’arguments à mettre en face de la liberté d’entreprendre et du droit de suite défendu par le code minier. » « Il y a eu discussion au sein du gouvernement, y compris avec [la garde des sceaux] Nicole Belloubet », admet par ailleurs M. Hulot.

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S’il reconnaît que « toutes les options sont encore sur la table », le député estime que les réunions du groupe LRM et le travail réalisé en commission du développement durable de l’Assemblée nationale ont fait évoluer les esprits. « C’est la commission du développement durable qui a inscrit l’environnement, le climat et la biodiversité dans l’article 1, le gouvernement ne s’y opposera pas », confirme-t-on à Matignon.
Débat sur le glyphosate
Un autre épisode parlementaire a sans doute interféré dans l’arbitrage gouvernemental : le débat sur le glyphosate, cette substance classée cancérogène probable par l’Organisation mondiale de la santé. En refusant, fin mai, d’inscrire dans la loi sur l’alimentation l’interdiction de l’herbicide d’ici à 2021, les députés ont déclenché un malaise parmi les ONG de défense de l’environnement, mais également au sein de l’opinion publique. La victoire obtenue par Nicolas Hulot, qui a reçu le 18 juin le soutien du président de l’Assemblée François de Rugy dans ce dossier constitutionnel, devrait redonner un peu de crédit au gouvernement et à son ministre de la transition écologique.

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Mais tout n’est pas encore gagné. Une autre bataille est en cours, cette fois sur le contenu de l’amendement prévu à l’article 1 de la Constitution. « Pour que la démarche soit utile, il faut également que le verbe figurant dans le texte soit ambitieux : la république « garantit » ou « assure » a plus de force que « soutient » ou « favorise » », pointe Samuel Leré, de la FNH.
« Nous ne sommes qu’au début d’un long processus », prévient le député. Présenté en commission des lois le 26 juin, le texte devrait être discuté à l’Assemblée à partir du 10 juillet, avant d’entamer la navette entre les deux chambres, en vue d’une adoption définitive en 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le président de la région Hauts-de-France, invité du Club de l’Eco du « Monde », mardi 19 juin, craint que la politique menée par Emmanuel Macron ne fasse évoluer le modèle français vers un « système à l’anglo-saxonne ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                

Xavier Bertrand  : « On ne parle plus aux classes moyennes »

Le président de la région Hauts-de-France, invité du Club de l’Eco du « Monde », mardi 19 juin, craint que la politique menée par Emmanuel Macron ne fasse évoluer le modèle français vers un « système à l’anglo-saxonne ».



Le Monde
 |    20.06.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 13h58
    |

            Philippe Escande et 
Françoise Fressoz








                        



   


Xavier Bertrand, 53 ans, est président de la région Hauts-de-France. Plusieurs fois ministre du travail des gouvernements Fillon, il a quitté le groupe LR en 2017.
La réforme de la SNCF « A présent que la loi est votée, qu’attend l’usager ? Une meilleure qualité de service. Pour cela, il faut permettre aux régions de prendre la main pour qu’elles puissent pratiquer, disons, entre 10 et 20 % d’ouverture à la concurrence. Dans les Hauts-de-France, je vise la qualité du service. Les gens ne demandent pas à payer beaucoup moins cher, ils veulent pouvoir être convoyés dans de bonnes conditions, que les trains arrivent à l’heure et surtout être respectés.
Je vais engager dès l’an prochain l’ouverture à la concurrence. Cela ne veut pas dire que, dès le début, des trains circuleront. Les procédures sont assez longues. Après se pose une question : qui va s’occuper des petites lignes ? Si cela n’intéresse plus l’Etat, de quels moyens disposeront les régions, pour assumer cet aménagement du territoire ? Je ne réclame pas le droit de lever des impôts supplémentaires. Je pense à la part de TVA ou de CSG que les collectivités locales pourraient récupérer afin d’agir. »
Les autres réformes « Il y a des domaines dans lesquels je trouve, honnêtement, que ça va dans le bon sens. Les réformes Blanquer (ministre de l’éducation nationale), chapeau ! Les réformes Pénicaud (travail), bien, même si on pourrait faire plus. La perception internationale de la France est bonne, cela rejaillit sur le pays et sur la région des Hauts-de-France. Le vrai sujet, et je ne veux pas avoir la dent dure, c’est quel sens donne-t-on à tout cela ?
Ma crainte, c’est qu’on évolue vers un système à l’anglo-saxone. Je pense que, au fond, la conviction du président de la République est que dans l’océan de la mondialisation et de la modernité, il n’y a que le bateau anglo-saxon qui peut s’en sortir. Il est plus léger, il est peut-être plus manœuvrable, mais ce n’est plus le modèle français. »
La question sociale « Je remarque que deux choses ont disparu de ce qui figurait au cœur de la campagne d’Emmanuel ­Macron. D’un point de vue politique, un peu de bienveillance a disparu. Mais surtout le “en même temps” s’est complètement effacé. Or c’est le “en même temps” qui correspond le mieux à l’esprit français. Cette politique, je ne la sens pas équilibrée. Or, avant même l’efficacité économique, il faut rechercher l’acceptation démocratique.
Supprimer l’impôt sur la fortune, oui. Mais, en même temps, il fallait prendre une première mesure pour alléger les deux premières tranches de l’impôt sur le revenu. Ou alors rétablir les heures supplémentaires défiscalisées.
L’une de mes angoisses est qu’on ne parle plus aux classes moyennes, à ces “milieux de cordée” qui aujourd’hui travaillent à temps partiel, avec un salaire jusqu’à deux smic. Ceux-là n’y arrivent pas. Le chômage peut bien baisser, cela ne les touche pas. Si ces classes moyennes divorcent d’avec la démocratie, c’est-à-dire si elles s’abstiennent ou si elles votent un jour pour les extrêmes, c’est terminé, notre pays basculera comme l’Italie l’a fait.
On invoque les questions identitaires, sécuritaires, mais la problématique du pouvoir d’achat n’est pas une vaste blague. Ces gens-là se serrent la ceinture tous les jours, et quand leurs enfants font des études dans une ville différente de celle où ils habitent, ils se saignent parce qu’ils doivent trouver entre 700 et 1 000 euros par mois. Il faut agir sur le pouvoir d’achat. J’espérais qu’avec le projet de loi Pacte [Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises], la donne allait vraiment changer sur l’intéressement et la participation, or c’est juste la question du forfait social qui est en train de bouger. »
La pauvreté « La question n’est pas de savoir s’il y a trop d’aides sociales ou pas assez. La question est de savoir si les gens en état, en âge, en capacité de travailler ont le droit de refuser de le faire. La France ne peut pas rester ce pays où l’on peut refuser cinq offres d’emploi sans qu’il se passe rien. C’est cela, la clé. Et cela demande un peu plus de courage politique que de balancer dans le salon Vert de l’Elysée une phrase sur « le pognon de dingue versé dans les minimas sociaux » qui fait plaisir à une partie des Français mais qui ne règle rien.
En premier, il faut tendre la main. Dans les Hauts-de-France, nous avons mis en place l’opération « Les voitures à deux euros ». Si vous êtes chômeur, que vous n’habitez pas en ville et que vous n’avez plus de voiture, vous avez la possibilité, pour deux euros par jour, d’en emprunter une durant toute votre période d’essai et un peu plus. Et cela marche. »
Les corps intermédiaires « Le président de la République ne nous parle pas, il ne nous écoute pas. Vous pourriez poser la question à Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, il vous dirait la même chose. Je ne fais pas de psychologie de comptoir, mais le président de la République a été élu parce qu’il n’a écouté personne. Donc, il se dit que, pour réussir, il ne faut écouter personne.
Moi j’ai tendance à considérer que, dans un pays comme la France, on ne peut pas réussir en n’écoutant personne. Il pense peut-être que nous, présidents de région, sommes de gros nuls, mais nous pouvons aussi avoir des idées et des initiatives. Mettre Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, et M. Berger dans le même sac, ce n’est pas une erreur, c’est une faute… Un pays ne se dirige pas à deux personnes : le président de la République et le secrétaire général de l’Elysée, ni avec 30 ou 40 technocrates très compétents. »
L’avenir de la droite « Je ne regrette pas d’avoir quitté le parti Les Républicains en décembre 2017 et je ne suis pas surpris par ce qu’il vient de s’y passer. Celui ou celle qui voudra incarner une alternative républicaine à M. Macron devra savoir rassembler très largement.
La France ressemble à un élastique sur lequel on a beaucoup tiré et qui risque de craquer si on continue comme ça. Le modèle français n’est pas mort. La France est un pays dans lequel on aimerait qu’il y ait du lien entre les Français et les territoires, du liant entre les gens qui ont des moyens et ceux qui n’en ont pas, entre ceux qui vont bien et ceux qui ne vont pas bien, entre ceux qui habitent à Paris et d’autres à Maubeuge. M. Macron organise une sorte de confrontation avec les extrêmes. C’est très dangereux parce que si l’on accentue les fractures, je suis convaincu qu’on ira vers un vrai péril démocratique. C’est pourquoi je me bats comme je le fais dans ma région. »

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