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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ Les Bleus ont battu les Péruviens 1-0 (but de Kylian Mbappé) à Iekaterinbourg. Avec deux victoires en deux matchs, la qualification est déjà assurée pour les hommes de Didier Deschamps.
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Coupe du monde 2018 : la France bat le Pérou et file déjà en huitièmes de finale

Les Bleus ont battu les Péruviens 1-0 (but de Kylian Mbappé) à Iekaterinbourg. Avec deux victoires en deux matchs, la qualification est déjà assurée pour les hommes de Didier Deschamps.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 19h09
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 20h07
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Une mi-temps convaincante, une autre plus poussive, mais l’essentiel est ailleurs pour l’équipe de France. Vainqueurs du Pérou 1-0 dans ce groupe C, les coéquipiers de Hugo Lloris ont assuré leur qualification pour les huitièmes de finale avec six points au compteur. Un match nul contre le Danemark, mardi 26 juin à 16 heures, suffira pour s’assurer la première place du groupe. L’occasion sans doute pour les « coiffeurs » de se dégourdir les jambes.
A l’heure du déjeuner à Kazan contre l’Australie, les Bleus avaient laissé leurs supporteurs sur leur faim. Pour affronter le Pérou, Didier Deschamps avait revu son menu pour revenir à du classique avec Olivier Giroud en pointe et Blaise Matuidi au milieu de terrain pour ce goûter de 17 h à Iekaterinbourg. D’entrée de jeu, les Français montrent d’autres intentions. Paul Pogba inquiète le gardien péruvien d’une frappe à l’entrée de la surface, Antoine Griezmann se procure lui une première occasion mais trouve une nouvelle fois les gants de Gallese.

#CM2018 #FRAPER 16è, 0-0 
🇨🇵 Griezmann fappe fort à l'entrée de la surface
— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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La Blanquirroja laisse passer l’orage et compte surtout sur le virevoltant André Carillo sur son côté droit. Le danger viendra pourtant de la gauche. Servi dans la surface, Paolo Guerrero réalise un superbe enchaînement contrôle-frappe, mais Hugo Lloris effectue un arrêt décisif pour fêter sa 100e sélection.

#CM2018 #FRAPER 31è, 0-0 
🇵🇪🇵🇪 Le Péruvien Guerreiro proche d'ouvrir la marque
🤚🤚 MAIS LLORIS SORT UN ARRÊT DECISIF 
— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Trois minutes plus tard, un Pogba inspiré alerte Giroud dans l’axe, dont la frappe retombe avec un peu de réussite dans les pieds de Kylian Mbappé. L’attaquant du PSG pousse le ballon au fond des filets et devient par la même occasion le plus jeune buteur français en Coupe du monde à 19 ans et six mois.

#CM2018 #FRAPER  34è, 1-0 

⚽ BUT POUR LA FRANCE

🇨🇵 MBAPPE MARQUE, 1-0 POUR LES BLEUS 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Si la fin de la première mi-temps a été française, les Péruviens entament plus fort la seconde période. Pas attaqué par la défense française, Pedro Sanchez prend sa chance aux trente mètres. Hugo Lloris est battu, mais voit le ballon heurter l’équerre de sa transversale (50e). La chance du centenaire. Les Bleus laissent les Péruviens reprendre confiance et se retrouvent dans un entre-deux : conserver ce résultat ou pousser pour doubler la mise.

#CM2018 #FRAP 50è, 1-0 
🇵🇪 Le Pérou frappe le montant de Lloris 
— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Battu face au Danemark pour son premier match, le Pérou n’a pas envie de quitter sa première phase finale de Coupe du monde depuis trente-six ans sans se battre. Sur un centre de l’insaisissable André Carillo, le vétéran Jefferson Farfan trouve le petit filet de Lloris sur sa reprise.
L’équipe de France laisse passer l’orage. Toujours aussi précieux, Giroud dévie de la tête un ballon en direction d’Ousmane Dembélé (entré à la place de Mbappé), mais sa frappe est trop croisée (81e). Les dernières minutes amènent quelques frissons, Guerrero prend sa chance sur coup franc mais trouve les mains de Lloris. La France plie mais ne rompt pas et maîtrise les dernières minutes. Le Pérou, lui, est déjà éliminé de cette Coupe du monde et disputera un match pour l’honneur face à l’Australie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ En perdition pendant tout le match, les Argentins se sont inclinés. Les Croates se qualifient pour les huitièmes de finale, les Argentins en sont extrêmement loin.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ A l’intérieur du cercle polaire, sur le toit d’un centre commercial ou près d’un vestige romain : tour du monde en image des stades de foot les plus insolites.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ Grâce à un but de Kylian Mbappé, l’équipe de France a assuré une courte victoire contre les Péruviens (1-0) et sa qualification pour les huitièmes de finale.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ Alors que depuis la révolution de 1979, elles étaient interdites d’entrée dans les enceintes sportives lors des compétitions masculines, les Iraniennes ont pu, mercredi, aller au stade Azadi de Téhéran où elles ont profité en famille de la retransmission en direct du match Iran - Espagne.
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<article-nb="2018/06/21/23-6">
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ Le bidonville de Nueva Union, au Pérou, n’a pas d’eau courante, ni d’électricité, ni de rues asphaltées. Elle a cependant quelque chose qui rend la vie de ses habitants plus supportable : un terrain de foot.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Deschamps bénéficie d’une ligne de crédit avantageuse dans l’opinion. Mais aucun sélectionneur ne peut échapper au sport national dans notre sport national : le dénigrement de principe.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ Jedinak a répondu à Eriksen dans le match entre les adversaires de l’équipe de France, que ce résultat met dans une situation favorable.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ 2/7. « Le Monde » vous fait revivre l’épopée victorieuse des Bleus à la Coupe du monde 1998, à travers un des acteurs des rencontres. 18 juin 1998 : France-Arabie saoudite et le carton rouge de Zinédine Zidane.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

On refait France 98 : Zidane, l’expulsion qui aurait pu tout changer

2/7. « Le Monde » vous fait revivre l’épopée victorieuse des Bleus à la Coupe du monde 1998, à travers un des acteurs des rencontres. 18 juin 1998 : France-Arabie saoudite et le carton rouge de Zinédine Zidane.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 12h34
    |

            Clément Guillou








                        



   


C’est une uchronie que le football français ne peut même pas envisager : que serait devenue la carrière de Zinédine Zidane si Laurent Blanc n’avait pas, à la 113è minute du match contre le Paraguay, inscrit le but en or offrant aux Bleus une place en quart de finale de la Coupe du monde 1998 ? Le numéro 10 aurait-il seulement eu sa place au panthéon du football français ? Le portrait géant serait-il resté accroché au bord de la Méditerranée, à Marseille ? Par cette reprise de volée trompant enfin José Luis Chilavert, « le Président » a en quelque sorte gracié Zinédine Zidane, permis son retour en jeu, la symphonie en finale, le contrat d’une vie avec Adidas et le Ballon d’or à Noël. Car sans ce but en or, Zidane aurait sans doute été désigné responsable de l’échec des Bleus dans leur Coupe du monde.
Après une entame réussie contre l’Afrique du Sud – il offre le premier but sur corner à son ami Christophe Dugarry –, le meneur de la Juventus Turin a fait montre de son inexpérience face à l’Arabie saoudite. Alors que les Bleus se dirigent vers une victoire tranquille au Stade de France, Zidane subit un tacle non maîtrisé du Saoudien Amin. Il n’hésite pas une seconde et s’essuie les crampons sur le haut de la cuisse du Saoudien. L’arbitre mexicain, Arturo Brizio, n’hésite pas non plus, fixe le meneur des Bleus et, le regard sévère, sort le carton rouge de la poche arrière de son short. Le regard fixe de Zidane marque soit le dédain, soit la compréhension subite des conséquences pour lui et l’équipe.
Sur le chemin de la ligne de touche, les marques d’affection des Bleus ne viennent pas. Lorsqu’il sort du terrain, il y a moins d’un mètre mais un océan entre Zidane, tête basse, et Jacquet, regard droit en direction du terrain. Le sélectionneur se défendra d’avoir affiché « (son) indifférence ou (sa) réprobation », mais rien n’oblige à croire l’histoire officielle de l’épopée des champions du monde.
La vérité est dans les documents d’époque, les images captées par la discrète caméra de Stéphane Meunier pour Les Yeux dans les Bleus, les propos à chaud de joueurs qui s’autorisent encore une pointe de franchise.
Les réprimandes de Jacquet
Il y a cette scène, culte, du retour de Zidane au vestiaire. Henri Emile, l’intendant des Bleus, qui entrouvre la porte du vestiaire pour dire « Henry a marqué » mais Zidane s’en fout, il enlève ses crampons, expire avec peine un « Aïe aïe aïe… ». Lorsque le vestiaire bleu beugle « la, lala, lala » sur l’air de I will survive, Zidane n’est déjà plus là.

Le matin du match, Aimé Jacquet avait mis en garde son équipe, lors de la causerie à Clairefontaine. Plus particulièrement Zidane, déjà averti pour un geste d’agacement face à l’Afrique du Sud : « Attention, n’allons pas prendre un carton rouge, un carton bêtement comme tu en as pris un, ou comme on en a pris dans différents matchs. Vous nous pénalisez ! »
Le soir même, Jacquet n’épargne pas son leader, qu’il a déjà tant sermonné pour ses gestes d’énervement lors de matchs de préparation – contre le Maroc à Casablanca puis la Finlande à Helsinki, où il s’est déjà essuyé les crampons sur un adversaire. « Il faut savoir maîtriser ses impulsions. Quand on commet un geste regrettable, on doit s’attendre à le payer cher. » 
Les piliers du vestiaire – Marcel Desailly, Laurent Blanc, Didier Deschamps – égratignent aussi le leader technique. Eux aussi l’avaient prévenu. En direct sur TF1, le capitaine arrose son coéquipier de la Juve : « Zinédine, c’est impardonnable. (…) On sait que c’est un joueur impulsif mais bon, il va nous condamner sur deux ou trois matchs, je pense qu’il va les prendre. Sachant l’importance qu’a Zidane dans notre jeu, c’est un atout important que l’on perd. » Deschamps parle de « réaction stupide », d’un geste qui va « nous pénaliser pour la suite ».
Dans l’esprit, on n’est pas si loin du fameux « crime contre l’équipe » prononcé cinq ans plus tôt par le sélectionneur Gérard Houllier contre David Ginola, après l’annulation des billets pour la World Cup 94. Blanc estime que Zidane pourrait mériter plus que deux matchs, compte tenu de son carton jaune au match précédent. Ce sera deux, finalement, et l’espoir d’un retour en quart de finale.
« Nous l’avons senti se replier sur lui-même, le remords l’avait envahi »
D’ici là, il faut que l’équipe n’explose pas. Attaqué dans la presse, Zidane répond dans la presse. A Deschamps, qu’il accuse de ne pas jouer son rôle de capitaine en l’enfonçant : « C’est pire que de la déception ». A Jacquet, « qui peut penser ce qu’il veut » mais surtout pas dire que le carton rouge est normal : « Je suis retombé involontairement sur le Saoudien, je n’ai donc pas commis de faute », assure Zidane, qui n’admettra sa réaction agressive que bien plus tard. La thèse de l’accident ne tenait pas vraiment pour un joueur qui cumulera douze cartons rouges pendant sa carrière.
Dans sa chambre, ce soir-là, Zidane a écouté du Pavarotti. Les jours suivants, il a vu grandir en lui, selon le récit de L’Equipe cette semaine-là, la détermination à gagner la Coupe du monde. Les autres ont vu un animal blessé, comme Philippe Bergeroo, qui raconte alors :
« Dans les jours qui ont suivi son expulsion, nous l’avons senti se replier sur lui-même, énormément, le remords l’avait envahi et vous connaissez Zizou : il ne parle pas beaucoup, il n’extériorise jamais, il faut sans cesse l’observer pour recueillir des informations, déduire de son rictus si ça va ou si ça ne va pas… Dans les trois jours qui ont précédé France-Paraguay, on l’a vu arriver comme enfermé dans sa peine. Dans le vestiaire avant les entraînements, il ne souriait plus, pas une fois. »
Face au Paraguay, Zidane reçoit l’autorisation de s’asseoir sur le banc, où le staff des Bleus ne reconnaît pas cet homme en transe, comme possédé à chaque action et qui bondit sur le terrain après le but en or, arrachant la pelouse de Bollaert par mottes entières pour les jeter par terre de rage. Jacquet, estomaqué : « Il a dû se dire : “maintenant, c’est à moi de jouer.” »
En cas d’élimination, Zidane avait, avec Jacquet, une bonne tête de coupable idéal. L’entraîneur s’était préparé à quitter la France pour vivre en paix. Zidane, lui, n’aurait pas perdu son talent ni l’amour de la Juve, qu’il venait de mener au titre de champion d’Italie et en finale de Ligue des champions. Mais son statut en France n’aurait sans doute pas été le même.

On refait France 98
Episode 1: On refait France 1998 : Pierre Issa, le Bafana bafoué





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ Si elles représentent près de 3 % de la population en Australie, les populations indigènes sont absentes du paysage du football local. Jade North, le seul Aborigène professionnel, est bien seul à tenter d’y remédier.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Les Aborigènes, ces invisibles du football australien

Si elles représentent près de 3 % de la population en Australie, les populations indigènes sont absentes du paysage du football local. Jade North, le seul Aborigène professionnel, est bien seul à tenter d’y remédier.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h02
    |

                            Grégory Letort (Melbourne, correspondance)








                        



   


C’est une absence qui se remarque lorsqu’on lit la liste des joueurs choisis par le sélectionneur néerlandais Bert Van Marwijk pour représenter l’Australie au Mondial en Russie. Parmi les 23 élus, on ne trouve pas un Aborigène, le peuple des premiers habitants de l’Australie. Dans un pays où ils représentent 2,8 % de la population selon les derniers chiffres officiels, l’affaire pourrait répondre à une certaine logique mathématique. Mais le contraste est saisissant avec d’autres sports.
Au rugby, qui n’a jamais montré l’exemple – 14 indigènes seulement sur les 920 internationaux qu’a comptés le pays –, Kurtley Beale était l’ouvreur des Wallabies samedi 16 juin contre l’Irlande à Melbourne, exactement au moment où les Socceroos défiaient la France, à Kazan. Chez les Kangaroos, cousins du rugby à XIII, c’est encore plus frappant : il est fréquent de voir cinq ou six représentants des populations indigènes dans la sélection.
Le sélectionneur Van Marwijk ne peut pas être blâmé : il n’avait pas le choix. Dans la NRL, le championnat treiziste, 12 % des joueurs sont d’ascendance indigène. Un chiffre presque similaire en AFL, le très puissant championnat d’Aussie Rules, sport iconique du pays où les 81 indigènes représentent 10 % des joueurs de l’élite. Mais en A-League, l’élite du soccer australien, parmi les neuf équipes engagées, un seul de leurs représentants a pris part à la saison 2017/2018 : Jade North, 36 ans, défenseur du club de Brisbane Roar.
Charles Perkins, le pionnier
Ancien international (41 sélections), North a été en 2008 le premier capitaine aborigène des Socceroos. Dix ans plus tard, il fait encore figure d’exception. A cette situation, il existe des explications culturelles et sociologiques. L’auteur Joe Gorman, spécialiste du football australien, résume : « Les Aborigènes sont amenés à pratiquer le sport le plus populaire dans leur Etat. Dans le Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud, c’est le rugby à XIII, dans les Etats de South et Western Australia ainsi que dans le Victoria, c’est l’Australian Football. Le plus grand combat que ces peuples ont dû mener, c’est d’être acceptés. Si vous voulez être accepté par l’Australie “mainstream”, pourquoi joueriez-vous au football ? Historiquement, pour eux, s’impliquer dans les sports dominants, c’est aussi prouver qu’ils peuvent battre les hommes blancs. »
Pourtant, le football aborigène a bien eu ses héros. Au premier rang desquels Charles Perkins, parti jouer en Angleterre à Everton en 1957 et devenu en 1961, deux ans après son retour en Australie, capitaine et entraîneur du club de Pan-Hellenic, à Sydney, alors qu’il n’avait même pas la citoyenneté australienne… Perkins, activiste défendant les droits des Aborigènes, sera, en 1966, le premier indigène diplômé d’une université australienne avant de devenir, en 1984, secrétaire d’Etat au département des affaires aborigènes.
Aujourd’hui, Jade North a pris le relais et représente ces 40 493 Aborigènes licenciés de football (dans un pays qui en compte 1,152 million). Et le joueur se désespère à haute voix du désintérêt de la fédération de football australienne (FFA) pour cette cause. « Les fédérations de rugby à XIII ou d’AFL ont d’excellents programmes afin d’impliquer et séduire les populations indigènes. Ce travail ciblé, ma fédération s’en dispense », observe-t-il. Ainsi, la pratique du football s’avère coûter plus cher que d’autres disciplines et les autochtones, plus pauvres que le reste de la population, finissent, faute de bourses ou de tarifs adaptés, par s’en détourner au profit d’autres sports.
Lancé en 2012 et prévu pour durer sept ans, le programme « Football Dreaming », qui avait pour objectif de parvenir à 5 % de joueurs indigènes en A-League et chez les Socceroos, était mort-né après quelques mois. En 2017, la fédération a consacré seulement 10 000 dollars (6 500 euros) à cette cause et encore, il s’agissait d’une subvention à un programme privé fondé par John Moriarty, le premier Aborigène des Socceroos.
Identifier les talents
« Le football australien a certes des problèmes à régler mais l’évidence c’est que la place des populations indigènes n’est pas une priorité. Et c’est une honte », tempête North, lauréat en 2016 du titre de sportif de l’année lors d’une cérémonie nationale visant à récompenser des personnalités indigènes pour leur contribution exceptionnelle à la nation. « Personne de la fédération n’était au courant qu’un footballeur avait gagné cette récompense, déplore-t-il. C’est un de mes amis qui s’est chargé de les en informer… »
Une désillusion qui a au moins renforcé son goût de l’action. Dans la foulée, North a œuvré à la création d’une fondation « Kickin with a Cuz’» qui a pour but de pallier la passivité de la FFA. Il rêve ainsi de « créer un chemin pour les jeunes espoirs aborigènes ». Appel aux sponsors, mécénat : North se débrouille avec son équipe. « La première phase du processus c’est identifier les enfants à accompagner, et ensuite s’impliquer à leurs côtés pour un projet global : football, scolarité, éducation. Les enfants indigènes ont besoin de davantage de soutien. Le football n’est pas qu’un but, c’est aussi un moyen pour donner un avenir. »
North use d’une métaphore : « Ces enfants sont comme des petites mines d’or qui attendent d’être découvertes. Il suffit de leur en offrir l’opportunité. » Lors de la soirée de lancement l’an passé, l’espoir était de mise : « Attendez et vous verrez qu’un Socceroo émergera de ce programme. » Il n’a dit pas dit pour quelle édition de Coupe du monde…

        Lire aussi :
         

                Le sort des Aborigènes d’Australie ne s’est guère amélioré






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Leur sélection n’est pas au Mondial, mais des amateurs viennent de toute l’Asie pour voir jouer le Portugais.
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Coupe du monde 2018 : pour les beaux yeux de Ronaldo

Leur sélection n’est pas au Mondial, mais des amateurs viennent de toute l’Asie pour voir jouer le Portugais.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h40
    |

            Anthony Hernandez (envoyé spécial à Moscou)








                        



                                


                            

Bonne nouvelle pour les supporteurs italiens : il n’est pas obligatoire d’être qualifié pour la Coupe du monde pour se rendre en Russie. On en a eu la preuve mercredi 20 juin au stade Loujniki de Moscou, où les Portugais n’ont pas été les seuls à célébrer le but de Cristiano Ronaldo contre le Maroc (1-0), son quatrième en deux matchs. Partout dans les tribunes, de nombreux amateurs asiatiques n’avaient d’yeux que pour le numéro 7, quintuple Ballon d’or et symbole, comme Lionel Messi, d’un sport mondialisé.
On retrouve en Russie les supporteurs qui, depuis plusieurs années, gonflent les recettes des grands clubs européens en faisant du passage dans leur stade une étape touristique obligatoire. Ils se recrutent dans des pays où le football a été longtemps ignoré, particulièrement en Asie, où les ventes de droits télévisuels et le merchandising explosent. Les Chinois, qui n’ont participé à la compétition qu’en 2002, étaient ainsi présents en nombre impressionnant au stade Loujiniki. Près de 40 000 billets ont été vendus dans l’empire du Milieu pour ce Mondial, 60 % de plus que pour les supporteurs français, et on attend au total 100 000 visiteurs venus de Chine.
Communication périlleuse
C’est à chaque fois le même attroupement, curieux en ces lieux : un groupe de quelques dizaines de personnes, suivant le drapeau blanc agité par un guide et portant des chasubles distinctives, qui représentent souvent l’entreprise pour laquelle travaillent ces supporteurs. Après trois échecs, on parvient à prendre langue avec un groupe venu de Shenzhen, dans le sud de la Chine. Ils sont salariés d’un fabricant de boisson sans alcool, un drôle de breuvage orangé. Esprit d’entreprise oblige, ils prennent la pose avec une fausse bouteille publicitaire de leur produit phare puis expliquent, par la voix de Yao Lin Chao, désignée porte-parole car anglophone : « On est ici pour neuf jours. En plus de Moscou, on visite aussi Saint-Pétersbourg. On ne voit qu’un match....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ L’internationale française a joué neuf ans pour le club de l’Oural, le meilleur en Europe. Elle présente son ancienne ville d’adoption, où les Bleus disputent leur deuxième match contre le Pérou.
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Avant France-Pérou, la basketteuse Sandrine Gruda présente son Iekaterinbourg

L’internationale française a joué neuf ans pour le club de l’Oural, le meilleur en Europe. Elle présente son ancienne ville d’adoption, où les Bleus disputent leur deuxième match contre le Pérou.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 10h00
    |

            Anthony Hernandez








                        



   


A son arrivée à Iekaterinbourg, à l’hiver 2007, quelques mois après avoir signé son contrat, Sandrine Gruda débarqua dans un autre monde. De la capitale de l’Oural, elle ne connaissait que le club de basket, le prestigieux UMMC, adversaire en Euroligue de son précédent club, l’Union sportive Valenciennes Olympic (USVO). « Je n’avais rien vu et je n’avais même pas fait attention », dit-elle de son lieu de vacances, en Italie.

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Le choc fut d’autant plus dépaysant. « Ouah ! je me suis demandé où j’étais tombée : une ville fantôme ? Il n’y avait pas grand-chose. J’avais l’impression d’avoir fait un bond en arrière. Pour vous dire, il n’y avait même pas de feux tricolores pour la circulation. Aujourd’hui, c’est inimaginable. Niveau commercial, il n’y avait pas encore de franchises connues. Le seul truc un peu sympa, c’était un Auchan. Et encore, c’était excentré, se souvient la Martiniquaise, L’hiver arrive très tôt là-bas. Les gens ne parlaient pas anglais. Le climat influe sur eux. Quand il fait froid, tu rentres vite chez toi après ta journée. Les débuts ont été dépaysants… » 
La basketteuse passera finalement neuf hivers consécutifs à Iekaterinbourg. Chaque année, elle y joue d’octobre à mai. L’été, elle migre aux Etats-Unis pour disputer le championnat nord-américain. « Quand j’y étais, c’était en grande partie l’hiver, en avril, il neige encore parfois. En ce moment, vous voyez une ville en fleurs, des gens souriants, de la verdure. Je n’ai jamais eu l’occasion de profiter de cela », dit-elle.
Sandrine Gruda finit par s’adapter à sa vie en Russie. L’évolution de la ville y participe : « Les transformations ont commencé à partir de 2008, 2009. L’impulsion a été donnée par l’entreprise qui possède mon club, UGMK (UMMC en français, un immense groupe minier et de métallurgie). Imaginez, elle est propriétaire d’un hôtel cinq étoiles, d’une clinique qui porte son nom, d’une église, d’une banque… »

   


La sextuple championne de Russie habite tout près du palais des sports DIVS, où son club évolue à domicile. Petit à petit, elle trouve ses repères, se lie d’amitié en dehors du basket avec quelques personnes et apprécie la gastronomie locale : « Les saveurs sont intéressantes. Le bortsch bien entendu. Tu retrouves souvent des recettes comme le bœuf stroganoff ou l’apfelstrudel, très populaire ici, avec du raisin et de la cannelle. Et, bien sûr, les pelmeni, les délicieux raviolis dont les Russes raffolent [apparus dans l’Oural au XIVe siècle]… »
Elle se prend de passion pour une activité typique de la région : « J’adorais faire de la moto-neige. L’hiver, tout est connecté. Le lac est givré et tu peux passer aisément d’une forêt à l’autre. C’était le super pied. » Et découvre, ébahie, une autre tradition : « En janvier, il y a un rituel de purification. Tu creuses un trou dans la glace, une file de gens se forme et chacun se trempe plusieurs fois dans l’eau glacée. C’est entre minuit et trois heures du matin. Il y a une tente où l’on distribue du café et du thé. »
Les supporteurs des Bleus, les plus téméraires d’entre eux qui auront fait le déplacement à plus de 4 500 km de chez eux, n’auront pas la joie de se purifier le corps et l’esprit. En revanche, ils pourront apprécier les charmes estivaux de la ville. Même si la pluie est annoncée jeudi, lors du match contre le Pérou.
Sandrine Gruda a tenu à envoyer un message aux compatriotes qui découvriront son ex-ville d’adoption : « Allez voir la ville où j’ai vécu, c’est une belle ville, avec une histoire. Elle mérite le détour. C’est la quatrième ville de Russie. Si vous avez le temps, la région est magnifique. Les montagnes de l’Oural, où vous pourrez voir les pierres que l’on y retire. Il y a de belles marches à faire. Faites un détour par le palais des sports, là où j’ai joué si longtemps, tous les trophées que l’on a gagnés y sont exposés [deux Euroligues notamment]. »

   


Quelques conseils supplémentaires de la Campagne de Russie
— à visiter : l’église sur le sang versé en l’honneur de tous les saints resplendissants dans la Sainte-Russie ; la vue panoramique du haut du gratte-ciel Vysotsky ; une maison oblique et même un musée Boris Eltsine…
— à boire et à manger : pour les amateurs de vin, Provino, un bar à vin qui vient d’ouvrir, où l’on peut manger également. Pour les amateurs de bonne viande, Stroganoff grill, de très bonne facture.

   


—N’hésitez pas à vous rendre à pied au stade, l’Arena d’Iekaterinbourg (beaucoup plus beau de l’extérieur qu’à l’intérieur). Du centre-ville, c’est un jeu d’enfant. Empruntez les rues parallèles au grand boulevard. Cela vous permet de découvrir les charmes cachés. Enfin, si vous êtes installé sur l’une de ces deux extensions sous forme d’immenses échafaudages, mieux vaut ne pas avoir le vertige.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ « Roulette russe », épisode 8. Aujourd’hui, Maxime Mianat vous explique les conséquences de l’arbitrage vidéo sur le match des Bleus, le Mondial et même l’histoire telle que nous la connaissons. Retrouvez aussi le programme du jour.
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Coupe du monde 2018 : pourquoi France-Pérou n’aura pas lieu

« Roulette russe », épisode 8. Aujourd’hui, Maxime Mianat vous explique les conséquences de l’arbitrage vidéo sur le match des Bleus, le Mondial et même l’histoire telle que nous la connaissons. Retrouvez aussi le programme du jour.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 09h20
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 17h24
   





                        


Chaque jour durant la Coupe du monde, Eddy Fleck et Maxime Mianat analysent la compétition à leur façon. Attention : cette chronique peut contenir du second degré.

   


Laissez-moi vous narrer une anecdote afin de vous convaincre des dangers de l’arbitrage vidéo. Voici la scène à laquelle nous avons assisté lundi 18 juin, à la 22e minute de Suède-Corée du Sud : sur une contre-attaque coréenne, l’arbitre interrompt la rencontre et demande à revoir le ralenti d’une action jouée précédemment. Jouée il y a fort longtemps même, vingt ans plus tôt exactement : un tacle de Didier Deschamps sur Roberto Baggio à la 90e minute du quart de finale de la Coupe du monde 1998 France-Italie.

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                Coupe du monde 2018 : Revivez la victoire de la France face au Pérou



L’intuition de M. Joel Aguilar est bonne car la faute est flagrante. Comme le règlement le lui autorise, il siffle un penalty rétroactif. Il convoque le lendemain les vingt-deux acteurs de la rencontre, désormais quinquagénaires, à l’Urban Center de Nijni Novgorod (Russie). Roberto Baggio transforme le penalty et, depuis ce mardi 19 juin 2018, la France n’est plus championne du monde 1998.
Les conséquences du titre perdu sont désastreuses : Zinédine Zidane est aujourd’hui au chômage, l’attaquant des Bleus de l’époque vend des piscines et la célébration de l’équipe de France black-blanc-beur n’ayant jamais pu avoir lieu, je ne serais pas étonné que des crispations apparaissent soudainement entre les différentes communautés du pays.
La VAR empêche le libre arbitre. Face aux critiques, les hommes en noir, prisonniers de la technologie, ne prendront désormais plus aucun risque. L’heure est au rétropédalage et à la réécriture des grandes erreurs de l’histoire. L’Angleterre a gagné le Mondial 1986 mais plus celui de 1966. Les ballons dirigeables allemands n’ont jamais franchi entièrement la ligne Maginot. Il y a faute de l’iceberg sur le Titanic. Christophe Colomb a été sifflé hors-jeu avant d’atteindre l’Amérique. Par la faute de l’assistance vidéo à l’arbitrage, l’Amérique n’a donc toujours pas été découverte. En conséquence, France-Pérou, initialement prévu à 17 heures, n’aura pas lieu et sera remplacé par un match de handball.
Maxime Mianat

Le programme du jour
Les matchs du jour (à suivre en direct sur LeMonde.fr)
Danemark - Australie (14h)
France - Pérou (17h)
Argentine - Croatie (20h)
A retrouver sur le web
On refait 1998 : Zidane, l’expulsion qui aurait pu tout changer
Analyse : avec ou sans identité de jeu, les Bleus se cherchent encore
Reportage : la Russie entre incrédulité et rêves les plus fous
La gazette du Mondial : Muraille qui a fait le mur et blessure lunaire
Sur le blog « La campagne de Russie » : Sandrine Gruda présente son Iekaterinbourg, avant France-Pérou
Thierry Marszalek, le « M. Vidéo » de Didier Deschamps
La roulette russe : pourquoi France-Pérou n’aura pas lieu
Notre grand format: dix matchs épiques de la Coupe du monde
A retrouver dans le journal et pour les abonnés
La chronique d’Olivier Guez : à bord du Transsibérien
Reportage : l’Islande, 11 défenseurs, 338.000 supporteurs
Reportage : l’Asie pour les beaux yeux de Ronaldo
Analyse : Antoine Griezmann, attendu au tournant
La chronique de Gérard Houllier : l’équipe de France sera plus libérée
Dans l’ancien bloc soviétique, le football au stade critique



Les épisodes précédents de « Roulette russe »
Episode 1 : comment concilier Coupe du monde et vie de famille
Episode 2 : pourquoi il ne faut pas critiquer l’équipe de France
Episode 3 : pourquoi on ne sait pas encore si Griezmann pourra jouer contre l’Australie
Episode 4 : pourquoi le drapeau du Brésil n’est pas ce que vous croyez
Episode 5 : pourquoi les Anglais n’ont en réalité pas inventé le football
Episode 6 : pourquoi Pologne-Sénégal est un authentique derby
Episode 7 : pourquoi la Coupe du monde est un cauchemar pour les autres sportifs





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ Olivier Guez, écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie, a emprunté le train entre Moscou et Iekaterinbourg, à bord duquel les passagers semblent indifférents à l’événement planétaire qui se déroule chez eux.
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Coupe du monde 2018 : à bord du Transsibérien

Olivier Guez, écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie, a emprunté le train entre Moscou et Iekaterinbourg, à bord duquel les passagers semblent indifférents à l’événement planétaire qui se déroule chez eux.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 12h50
   





                        



                                


                            

Chronique. Décrire un voyage en Transsibérien, c’est raconter une croisière par temps calme. Du moins le tronçon entre Moscou et Iekaterinbourg que j’emprunte, un quart de l’immense périple qui mène aux rivages du Pacifique. Le train traverse des plaines, des forêts, des rivières bleues, des fleuves anonymes, des isbas aux toits de tôle chamarrés, et ainsi de suite. J’ai dormi sept heures. A mon réveil, j’ai cru que nous n’avions pas avancé vers l’est : le même panorama que la veille, lorsque le soleil s’est couché.
Un océan de verdure et quelques paysans à l’horizon, des pylônes électriques au pied desquels broutent des vaches, des Lada vacillantes qui fument aux passages à niveau. Le Transsibérien, c’est une odyssée spatio-temporelle. A mesure que le « rapide » s’enfonce dans la toundra, le temps s’étire et pourtant il rétrécit, bientôt il sera deux heures de plus qu’à Moscou.
Voici mes compagnons de voyage. Il y a les Uruguayens dont j’ai parlé dans une précédente chronique, Timour, un garçon aux oreilles écarlates qui régit la voiture-restaurant, Natalia, la provodnitsa, la cheftaine de mon wagon, chargée du samovar qui doit chanter jour et nuit, et plus loin des conscrits aux crânes tondus et pommettes roses de jouvenceaux.
Pelmeni au canard
Deux policiers montent la garde du convoi. Lorsqu’il s’arrête, ils empêchent les jeunes femmes et les babouchkas qui minaudent pour nous vendre des babioles (cloches en cristal surmontées d’un footballeur, poupées, assiettes made in Oural) de grimper dans le train. Nous sommes le 13 juin, veille du match d’ouverture de la Coupe du monde en Russie. On ne dirait pas. Ni les gares ni le Transsibérien ne sont pavoisés, et les passagers semblent indifférents à l’événement planétaire qui se déroule chez eux. En première classe, les téléviseurs ne diffusent que des films, comme dans les avions. Le Mondial a tout de même transformé la physionomie du train, se félicite Natalia :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ Depuis l’Euro 2016, les joueurs islandais, qui affrontent le Nigeria vendredi 22 juin, ont conservé leurs qualités défensives et un important soutien, sur leur île comme en Russie.
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Coupe du monde 2018 : l’Islande : 11 défenseurs, 338 000 supporteurs

Depuis l’Euro 2016, les joueurs islandais, qui affrontent le Nigeria vendredi 22 juin, ont conservé leurs qualités défensives et un important soutien, sur leur île comme en Russie.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 09h13
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 09h21
    |

            Anthony Hernandez (envoyé spécial en Russie)








                        



                                


                            

Après la traditionnelle et controversée pêche à la baleine, l’Islande développe avec succès une nouvelle activité beaucoup plus sympathique : la pêche aux gros spécimens footballistiques. Depuis deux ans, la sélection islandaise s’est fait une spécialité d’agacer les multiples Ballons d’or, Cristiano Ronaldo en 2016 et Lionel Messi ce samedi 16 juin, pour son premier match de l’histoire en Coupe du monde. Les Islandais ont neutralisé l’Argentine (1-1) et sa menace principale, qui a même manqué un penalty. Messi l’a eu mauvaise, accusant son adversaire « de ne pas jouer » et déplorant « l’absence d’espaces ». Comme s’il ne connaissait pas encore cette équipe d’Islande.
A l’Euro 2016, où la sélection avait créé la surprise en se hissant jusqu’en quarts de finale. Sa majesté Cristiano Ronaldo avait pointé du doigt « le bus garé » devant les buts islandais ainsi que « la petite mentalité » des footballeurs nordiques, qui avaient tenu en échec son Portugal sur le même score de 1-1. Face au Nigeria à Volgograd, vendredi 22 juin, les Islandais se présenteront presque en favoris. Pas sûr pour autant qu’ils bougent d’un iota leur style si caractéristique, preuve d’une intelligence collective rare dans le football de sélection.
Réputée pour ses handballeurs, vice-champions olympiques en 2008, l’Islande mise désormais sur ses footballeurs. Cette nation de 338 000 habitants – l’équivalent de la ville de Nice – compte 23 000 licenciés, soit 1 000 de plus qu’au moment du dernier championnat d’Europe. Selon les comptes de la Fédération islandaise de football (KSI), près de 74 % des licenciés ont moins de 15 ans. L’horizon est bleu.
99,6 % des téléspectateurs islandais devant le match
En quelques années, grâce à un plan ambitieux fondé sur la construction de terrains couverts pour contourner les rudes frimas de l’hiver et sur la formation d’une armée d’entraîneurs diplômés, l’équipe islandaise est passée de la 112e...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ La qualification spectaculaire de la Sbornaïa a mis le pays en liesse. Jusqu’alors anonyme, son entraîneur, Stanislav Tchetchessov, apparaît en pleine lumière.
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Coupe du monde 2018 : la Russie entre incrédulité et rêves les plus fous

La qualification spectaculaire de la Sbornaïa a mis le pays en liesse. Jusqu’alors anonyme, son entraîneur, Stanislav Tchetchessov, apparaît en pleine lumière.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 09h01
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 09h54
    |

            Benoît Vitkine (Saint-Pétersbourg, envoyé spécial)








                        



   


Dans beaucoup de villes de Russie, la fête a duré jusqu’au petit matin, mercredi 20 juin, sans dissiper le sentiment d’incrédulité, l’impression des supporteurs russes de vivre un rêve éveillé. Après cette qualification pour les huitièmes de finale de sa Coupe du monde, le pays n’avait pas connu pareille liesse depuis l’épopée de la Sbornaïa à l’Euro 2008, en Suisse et en Autriche, qui l’avait conduite juqu’aux demi-finales. Mais à l’époque, les qualités de cette équipe emmenée par Andreï Archavine et Roman Pavlioutchenko étaient connues, un bon parcours espéré, sinon attendu.

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                Russie-Egypte : ce que peut un seul homme pour son équipe



Il en va tout autrement pour ce Mondial 2018 à domicile. La deuxième victoire d’affilée, obtenue mardi soir face à l’Egypte (3-1) ? Les huit buts inscrits en deux matchs ? La qualification ? Les supporteurs qui faisaient la fête toute la nuit dans une ambiance bon enfant, drapeaux sur le dos, les plus audacieux ou avinés s’offrant même une baignade dans les fontaines de Moscou ou Saint-Pétersbourg, n’y croyaient pas eux-mêmes, et s’interrogeaient les uns les autres : « Que s’est-il passé ? »
Creux générationnel
Pour comprendre cette jubilation, il faut se rappeler d’où vient cette équipe russe. Une équipe sans ossature évidente, qui n’avait pas été capable de remporter une seule rencontre entre le mois d’octobre 2017 et le début de la compétition, soudain métamorphosée en un collectif soudé et plein d’allant. Même Mohamed Salah n’a rien pu faire, balayé comme ses coéquipiers par le vent de folie qui a soufflé mardi soir sur Saint-Pétersbourg.
La relative faiblesse des deux adversaires sur lesquels vient de marcher la Russie – l’Arabie saoudite s’était inclinée 0-5 le 14 juin – n’enlève rien au constat. Seul demeure, peut-être, un doute sur la qualité de la défense russe, que l’on aura sans doute plus le loisir d’observer lors du match pour la première place du groupe, le 25 juin à Samara, face à l’Uruguay.
La Russie se présentait avec un mélange de joueurs vieillissants et d’autres encore verts, la presse reprochant à ses internationaux de se reposer sur leurs lauriers depuis que le nombre d’étrangers dans les clubs russes est limité par le règlement.
Sauf que la mayonnaise improbable entre générations semble avoir pris, illustrée par la complémentarité entre le jeune Alexandre Golovine, brillant milieu de terrain, et le vétéran de l’attaque Artiom Dziouba, rageur sur chacune de ses prises de balle. Sans compter sur ce qui ressemble à un facteur chance, incarné par l’incroyable réussite de Denis Tcherichev, l’un des deux seuls joueurs à évoluer dans un championnat étranger (Villarreal, en Espagne), aligné pour pallier la blessure d’Alan Dzagoev et qui a déjà inscrit trois buts.
On ignore quel miracle a opéré dans le vestiaire de la Sbornaïa, mais le rôle d’un homme semble déterminant, celui du sélectionneur à la moustache, Stanislav Tchertchessov. Après une honnête carrière de gardien de but et un parcours légèrement chaotique d’entraîneur, ce natif d’Ossétie du Nord, éruptif comme son Caucase natal, a pris les rênes de la sélection en août 2016. Pur produit de la formation soviétique – « un psychologue, pour quoi faire ? », demanda-t-il lorsqu’on lui suggéra d’en adjoindre un à l’une de ses équipes –, Tchertchessov s’est rapidement attiré les critiques des observateurs pour ses hésitations tactiques.
Bouc émissaire idéal
A l’aube du naufrage annoncé, il était le bouc émissaire idéal. Tchertchessov n’a pas cherché à fuir la lumière ni ses responsabilités. « Ne concentrez pas votre attention sur les joueurs, mais parlez de moi, de mes responsabilités », réclamait-il même avant le tournoi. En agissant ainsi, il semble avoir protégé son équipe, encaissant les coups et la pression à sa place pour finalement la préparer dans les meilleures conditions. « L’une de ses forces, observe le journaliste Ilya Kazakov, de la télévision russe, est de savoir énerver suffisamment ses joueurs pour les pousser au-delà de leur niveau habituel. » Est-ce à ces talents de meneur d’hommes que l’on doit les chiffres exceptionnels de course des joueurs russes ? Sur les deux matchs qu’ils ont joués, les joueurs russes ont parcouru respectivement 118 et 115 kilomètres, bien plus que les 31 autres équipes. Des chiffres très rarement vus, même en Ligue des champions.
Le destin de Tchertchessov, sélectionneur de la nation hôte du Mondial décrié par la presse de son pays, peut rappeler celui d’un autre, français celui-là… qui avait fini par remporter le tournoi, en 1998. Mardi soir, les plus enthousiastes ou les plus fous des supporteurs russes évoquaient déjà la victoire finale, puisque désormais « tout est possible ». Auréolé de son statut nouveau de vieux sage, Stanislav Tchertchessov s’est évidemment refusé à envisager une telle éventualité, se contentant d’une sobre langue de bois : « Nous avons fixé des objectifs, ils ont été remplis. » Après l’Uruguay, le prochain pourrait à nouveau ressembler à une montagne : en huitièmes de finale, l’Espagne ou le Portugal se profilent pour la Sbornaïa.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Le style difficile à définir de la sélection de l’équipe de France répond peut-être aux caractéristiques de ses joueurs et au pragmatisme de Didier Deschamps.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : avec ou sans identité de jeu, les Bleus se cherchent encore

Le style difficile à définir de la sélection de l’équipe de France répond peut-être aux caractéristiques de ses joueurs et au pragmatisme de Didier Deschamps.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 17h24
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Ils n’ont pas quatre heures devant eux pour plancher sur un plan en trois parties, mais en cette période de baccalauréat les Bleus ne coupent pas à la question du moment en conférence de presse : « Quelle est l’identité de jeu de cette équipe de France ? » Vaste sujet, après la bouillie servie en ouverture du Mondial face à l’Australie (2-1), samedi 16 juin, et avant d’affronter le Pérou, jeudi à Ekaterinburg. En élèves disciplinés, les joueurs ne citent pas Charles Sanders Peirce, sémiologue américain à l’origine du concept de pragmatisme au XIXe siècle, mais plutôt son lointain disciple basque : Didier Deschamps. « On joue en gagnant, plaide Benjamin Mendy. C’est ça, notre façon de faire. » « Cela dépend beaucoup de l’adversaire », évacue N’Golo Kanté. Plus sincère, Steven Nzonzi admet qu’il « est difficile de caractériser notre style de jeu ». Ce qui n’est pas faux.

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A l’interrogation sur l’identité de jeu, son sélectionneur répond par une autre question : « Combien d’équipes disputant le Mondial peuvent se prévaloir d’un style constant ? Une. L’Espagne. » Ces derniers mois, le patron des Bleus papillonne d’un schéma à l’autre, du 4-2-3-1 au 4-3-3 de France-Australie en passant par le 4-4-2 en losange lors des matchs de préparation. L’équipe de France apparaît un organisme en perpétuelle évolution, capable de muer d’un style à l’autre avec plus ou moins de bonheur. N’Golo Kanté récitait d’ailleurs sa leçon au lendemain de la victoire contre l’Australie : « On peut avoir la possession, mais aussi être plus bas et partir en contre. On s’adapte. » Bref, choisir de ne pas choisir. « Deschamps se revendique du pragmatisme, et c’est par définition l’inverse de la recherche d’une identité », remarque l’ancien entraîneur du FC Lorient et du Stade rennais Christian Gourcuff.
Mais une identité de jeu est-elle un préalable indispensable pour remporter une Coupe du monde ? L’Espagne a bien dominé la planète foot de 2008 à 2012 avec son très reconnaissable « tiki-taka » (jeu court et possession de balle accentuée) et figure encore comme l’épouvantail de ce Mondial russe. Mais les contre-exemples existent. Le Brésil, vainqueur en 2002, se définissait surtout par ses talents, comme la France vice-championne du monde en 2006. Selon Franck Lebœuf, l’équipe championne du monde en 1998, référence du football français, n’avait pas davantage de plan que celle de 2018 : « En 1998, on est bien champion du monde sans identité (…). On était en quelque sorte les “bâtards” de l’Europe », osait-il sur SFR Sport en 2017.

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Une évolution générale avec la mondialisation

   


Si Christian Gourcuff veut croire qu’« une identité de jeu est la seule façon d’obtenir des résultats durables », le technicien observe « une perte de ces identités propres à chaque pays avec la mondialisation ». Quid de celle de la France ? « Quand on parle de culture de jeu à la française, on pense à l’équipe de Michel Hidalgo dans les années 80, à un football tourné vers l’offensive avec deux ou trois meneurs de jeu », note l’ancien sélectionneur Gérard Houllier, chroniqueur pour Le Monde pendant ce Mondial russe. Ce romantisme a pris un coup de vieux avec le sacre de 1998. Au risque de contredire Franck Lebœuf, son équipe avait bien une identité. Mais elle était surtout défensive et devait beaucoup à l’influence du championnat d’Italie, dans lequel jouaient une majorité des cadres de l’équipe.
Les héritiers de 2018 forment, eux, un ensemble beaucoup plus hétérogène. Quand le FC Barcelone donnait une base de joueurs à l’Espagne du temps de son règne sans partage, les onze Français alignés contre l’Australie se répartissent dans neuf clubs et quatre championnats différents. Pas facile, dès lors, de créer un ADN commun. « L’Espagne garde un style très marqué grâce à l’influence de ses clubs, appuie Christian Gourcuff. En Allemagne, c’est la fédération qui avait donné des principes clairs et une organisation bien définie au début des années 2000. Même si je trouve que les Allemands s’en sont un peu éloigné depuis deux ans. »
Reste que Joachim Löw – sélectionneur de la Mannschaft depuis août 2006 – s’est appuyé sur un groupe stable, se permettant par le passé de mettre de côté un des meilleurs buteurs de Bundesliga, Stefan Kiessling, tout en faisant une confiance absolue à Lukas Podolski malgré des performances banales en club. Le groupe et les principes passent avant les individus. Didier Deschamps, qui a changé 14 de ses 23 sélectionnés par rapport à l’Euro 2016, semble répondre à une autre logique. Celle de l’homme en forme ou de la tentation du moment, comme le laisse indiquer la titularisation surprise d’Ousmane Dembélé contre l’Australie au détriment d’Olivier Giroud. Comme si l’instinct du sélectionneur le poussait à miser sur l’instinct de ses jeunes et sur leur potentiel à rendre jaloux la concurrence.

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« Je crois à un style Deschamps »

   


Pourtant, Giroud devrait retrouver sa place de titulaire contre le Pérou, comme Blaise Matuidi au détriment de Corentin Tolisso, qui est sorti du lot lors des matchs de préparation. Une nouvelle preuve de tâtonnement ? Gérard Houllier ne le croit pas. « Didier Deschamps cherche à exploiter les qualités de ses joueurs. Et cette équipe de France est très forte dans l’explosion collective vers l’avant, dans la phase de transition. » Tel le Monsieur Jourdain de Molière, qui pérorait en prose sans le savoir, Didier Deschamps aurait-il un projet de jeu malgré lui ? « Je crois à un style Deschamps, assure même l’ancienne plaque tournante de l’Espagne championne du monde, Xavi, dans un entretien au Journal du dimanche. Simplement, lui ou Simeone [l’entraîneur de l’Atletico de Madrid] sont d’une autre école que Löw, Lopetegui [Real Madrid] ou Guardiola [Manchester City]. (…) Deschamps n’a pas changé d’idée en devenant coach : il se base sur la solidité défensive et la contre-attaque », analyse celui qui était le garant du tiki-taka avec le FC Barcelone ou la Roja.
Dans la torpeur de Kazan à l’heure du déjeuner, ce style n’a pas sauté aux yeux face aux Australiens. Les Bleus ont peiné dans la transition vers l’avant et peu rassuré sur les rares excursions des Socceroos. Didier Deschamps a admis que la copie était brouillonne mais rappelé que l’essentiel « était là avec la victoire ». Dans son esprit, le reste n’était déjà plus que philosophie.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Peu convaincant lors de l’entrée en lice des Bleus contre l’Australie, l’attaquant de l’Atlético Madrid devra monter d’un ton, jeudi, face au Pérou.
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Coupe du monde 2018 : Antoine Griezmann, attendu au tournant

Peu convaincant lors de l’entrée en lice des Bleus contre l’Australie, l’attaquant de l’Atlético Madrid devra monter d’un ton, jeudi, face au Pérou.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 12h58
    |

            Rémi Dupré (envoyé spécial à Istra (Russie)








                        



                                


                            

La scène se déroule dans la petite tribune du stade de Glebovets, à Istra. En rang d’oignons, les journalistes assistent, lundi 18 juin, à la séance d’entraînement des Bleus, sous un soleil de plomb. Quand, soudainement, Antoine Griezmann déboule sur la pelouse, sans ses chaussures à crampons, et entame un footing avec un des kinés du staff de l’équipe de France. En marge de ses partenaires, l’attaquant effectue quelques tours de terrain avant de s’étirer et de regagner les vestiaires. Aussitôt, une crainte saisit les suiveurs des Tricolores. De quelle blessure la star de l’Atlético Madrid peut-elle bien souffrir pour être ainsi ménagée et bénéficier d’un programme aménagé ?
« Cela doit être un petit bobo », souffle un membre de l’encadrement des Bleus pour rassurer les médias, déjà affolés, une semaine plus tôt, par la mésaventure du prodige Kylian Mbappé, victime à l’entraînement d’un tacle un peu trop rugueux de son coéquipier Adil Rami. Le staff s’est montré rassurant. Griezmann n’a reçu qu’un léger coup au tendon d’achille lors de l’entrée en lice victorieuse (2-1) mais laborieuse des Tricolores contre l’Australie, et sera bien présent contre le Pérou, jeudi 21 juin, à Iekaterinbourg.
Dans le huis clos d’Istra, ce climat d’angoisse renvoie à la charge que le si précieux Griezmann, 27 ans (55 apparitions sous le maillot bleu, 21 buts), supporte sur ses épaules avant le match face aux « Incas ». Le Mâconnais n’est-t-il pas monté en grade avant l’ouverture du Mondial russe ? Lui qui dispute-là sa deuxième Coupe du monde après avoir crevé l’écran, il y a quatre ans, lors de l’édition brésilienne, poussant le trentenaire Franck Ribéry à prendre sa retraite internationale.
Leader technique des Bleus
Son sélectionneur, Didier Deschamps, n’hésite plus à le dépeindre comme son « leader technique », « un élément moteur », et la base de son édifice. « Je ne sais pas si j’ai les clés, a balayé, avec le sourire,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ Le 21 juin 1978, le Pérou s’inclinait 0-6 face à l’Argentine, à l’issue d’un match sur lequel planent de fortes suspicions de corruption. La Blanquirroja peine à tourner la page.
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Coupe du Monde : Pérou, la blessure ouverte de 1978

Le 21 juin 1978, le Pérou s’inclinait 0-6 face à l’Argentine, à l’issue d’un match sur lequel planent de fortes suspicions de corruption. La Blanquirroja peine à tourner la page.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 13h57
    |

                            Léo Ruiz








                        



                                


                            

« Je crois qu’il y a eu 6-2, non ? » Roberto Palacios, 45 ans, n’est pas connu pour avoir des problèmes de mémoire. D’ailleurs, à l’heure d’évoquer le premier de ses dix-neuf buts avec la Blanquirroja, le recordman de sélections avec le Pérou (128, entre 1993 et 2012), retrouve toute sa précision : « C’était en août 1993, face au gardien argentin Sergio Goycochea, au stade Monumental de Buenos Aires. » Le match dont il était question initialement a eu lieu quinze ans plus tôt, 300 kilomètres plus au nord, au stade Dr. Lisandro de la Torre, occupé en temps normal par les « canailles » de Rosario Central.
Ce 21 juin 1978, l’Argentine n’a pas battu le Pérou 6-2, mais 6-0. Une raclée qui permet alors au pays organisateur de cette Coupe du monde de se hisser en finale, aux dépens du Brésil. L’Albiceleste, championne du monde quatre jours plus tard pour la première fois de son histoire, face à des Pays-Bas privés de Johan Cruyff et dont les joueurs refuseront d’aller chercher leurs médailles des mains du général Videla, avait besoin de l’emporter par au moins quatre buts d’écart pour se qualifier.
Plusieurs versions
« Le Pérou avait pourtant fait un excellent premier tour, reprend Palacios, les esprits retrouvés. En parlant avec des anciens joueurs, j’ai appris que c’était un match où il était normal de perdre. Mais un ou deux à zéro, pas six. Quelque chose de bizarre avait eu lieu. Aujourd’hui, j’ai les idées assez claires là-dessus, mais pour éviter toute polémique, je préfère ne pas commenter. »
Quarante ans après les faits, le sujet reste en partie tabou, pour les Argentins comme pour les Péruviens. Si les doutes sur cette rencontre existent depuis le début, plusieurs versions ont fait leur chemin avec le temps.
Peu avant le début du match décisif, Jorge Videla et Henry Kissinger entrent dans le vestiaire péruvien
« Au début des années 1980, il a d’abord été question de deux bateaux remplis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ Espagne et Portugal ont gagné, France et Argentine disputent leur second match jeudi. Mais le Mondial, c’est aussi des accidents bêtes et de belles histoires.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

La gazette de la Coupe du monde : la muraille qui avait fait le mur, tri sélectif et blessure lunaire

Espagne et Portugal ont gagné, France et Argentine disputent leur second match jeudi. Mais le Mondial, c’est aussi des accidents bêtes et de belles histoires.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 10h05
    |

            Clément Martel








                        


LE TSAR DU JOUR
Une fois n’est pas coutume, on ne mettra pas en avant un joueur d’une équipe victorieuse. Car Alireza Beiranvand a tout fait, mercredi 20 juin, pour retarder l’échéance pour la « Team Melli » iranienne dont il est le dernier rempart. Lui qui avait « garanti » avant la rencontre que les Iraniens « n’allaient pas rendre la tâche facile » aux Espagnols a tenu parole. Jusqu’à la 54e minute de jeu, le grand (1,94 m) gardien perse s’est érigé en muraille face aux assauts des champions du monde 2010, allant jusqu’à s’embrouiller en fin de première période avec l’escogriffe d’en face, Diego Costa.

   


Car Beiranvand en a vu d’autres. Pour parvenir jusqu’à la Coupe du monde 2018, l’enfant du Lorestan, à l’ouest du pays, a dû surmonter bien des difficultés. A commencer par un père, berger, qui voit d’un mauvais œil sa progéniture quitter la garde des moutons pour celle des cages. Le paternel allait même jusqu’à « déchirer mes tenues et mes gants, ce qui m’a poussé plusieurs fois à jouer mains nues », explique le goal aujourd’hui. A 12 ans, convaincu que son destin de footballeur l’attend à Téhéran, Alireza rompt avec sa famille. S’ensuivent des années compliquées, où l’échalas enchaîne les petits boulots (nettoyeur de voitures, serveur en pizzeria, balayeur de rues) avant de s’imposer au Naft Téhéran FC, puis en équipe nationale.
Si l’Iran s’est incliné sans démériter face à la Roja (0-1), Beiranvand – nominé au titre de meilleur gardien de l’année FIFA l’an passé – et ses coéquipiers conservent leurs chances de qualification. Pour aller en huitièmes de finale, le contrat est clair, il leur faudra s’imposer face au Portugal lundi.
LA MÈRE PARTIE
Et si le Messi expiait ses fautes au cinquième jour ? Après avoir traversé l’entrée en lice de l’Argentine tel un fantôme ayant pris chair et incapable d’évoluer parmi les géants islandais, Lionel Messi retrouve les terrains, jeudi. En espérant mettre à profit les quelques jours passés à ruminer son penalty arrêté qui « aurait changé la face du match ». Face à la Croatie, vainqueure de son match inaugural contre le Nigeria, l’Albiceleste n’a pas droit à l’erreur pour espérer se tirer de ce groupe compliqué.
Et les Vatreni se présentent en confiance face à des Argentins à la recherche de leur jeu. Comme l’affirme leur coach, Zlatko Dalic, cette rencontre sera « le match le plus simple » de la phase de groupe. « Pas l’opposant le plus faible, mais le match le plus simple à préparer car on va jouer contre l’une des meilleures nations du monde. » Ayant vu Ronaldo signer mercredi son quatrième but de la compétition (en deux rencontres), Lionel Messi devrait être motivé pour renverser l’équipe au damier.

   


AU PAYS DE VLAD
Attention, supporteurs modèles. Loin de l’imbécillité des quelques fans anglais sur lesquels les autorités russes enquêtent après la diffusion d’une vidéo les montrant en train de faire un salut nazi dans un bar de Volgograd (ex-Stalingrad, où plus d’un million de soldats soviétiques ont perdu la vie lors de la guerre contre les Allemands), les supporteurs japonais et sénégalais se sont illustrés dimanche pour leur civilité.
Après la victoire de leurs équipes respectives contre la Colombie et la Pologne, les fans des deux équipes se sont retroussé les manches et ont entrepris de nettoyer le stade (à Saransk pour les Nippons, à Moscou pour les Sénégalais) de toute trace de leur passage. Une pratique que les fans des « Samouraïs bleus » avaient déjà popularisée au Brésil en 2014.

This is my favourite moment of the World Cup so far; Japan fans picking up litter after their victory vs Columbia.… https://t.co/OfnKhrdBui— Coachmckaig (@Christopher McKaig)


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L’ŒIL DE MOSCOU
« Peut-être que ces jours-ci, je ne célébrerai pas les buts de manière aussi athlétique. En tout cas, les médecins le déconseillent. »
Chute à l’avant, chez les Anglais. Il avait boxé les airs de joie après le but vainqueur de Harry Kane dans les arrêts de jeu face à la Tunisie, mais même si ses ouailles l’emportent lors du prochain match face au Panama dimanche, Gareth Southgate devrait rester tranquille. C’est même une recommandation du staff médical pour le sélectionneur britannique, victime de l’une des plus étranges blessures vues lors d’un Mondial. Alors que ses protégés profitaient d’un jour de repos, Southgate est parti faire un jogging de 10 km dans les bois avoisinant le camp de base anglais. Bien mal lui en a pris : à la suite d’une chute, il s’est démis l’épaule. La fédération anglaise a donc été contrainte d’envoyer un « rapport de blessure » lunaire, concernant son sélectionneur. Qui préfère que l’accident lui soit arrivé « plutôt qu’à un des joueurs ».

"It is better me than one of the players!"

#threelions 

— England (@England)


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KOMINTERN
La Coupe du monde est aussi l’occasion de recevoir une flopée de communiqués sans intérêt. Mais ce serait bête que ces derniers meurent oubliés dans nos spams.
« Marre de la Coupe du monde ? Marque-que-l’on-ne-nommera-pas propose son alternative bien-être ». Ça y est ! Au bout d’une semaine de compétition, certains communicants commencent – comme tous les autres sports que le foot – à pâtir du rouleau compresseur Mondial. Du coup, cette marque propose « une alternative sport pour les fans de foot et tous les autres. Parce qu’il n’y a pas que le football dans la vie… » On ira vérifier après le 16 juin.
POUCHKINE BALL
La Gazette est aussi poète. Aujourd’hui, nous empruntons des vers à Alexandre Pouchkine pour préparer le match de la France, seconde équipe la plus jeune du Mondial (avec 25,6 ans de moyenne), contre le Pérou. 
« Les générations se succèdent ; Ainsi notre tribu frivole Grandit, s’agite, se démène Et pousse au tombeau les aïeux. »
Alexandre Pouchkine, « Eugène Onéguine »
RUSSIA TODAY

Le programme du jour
Les matchs du jour (à suivre en direct sur LeMonde.fr)
Danemark - Australie (14h)
France - Pérou (17h)
Argentine - Croatie (20h)
A retrouver sur le web
On refait 1998 : Zidane, l’expulsion qui aurait pu tout changer
Analyse : avec ou sans identité de jeu, les Bleus se cherchent encore
Reportage : la Russie entre incrédulité et rêves les plus fous
La gazette du Mondial : Muraille qui a fait le mur et blessure lunaire
Sur le blog « La campagne de Russie » : Sandrine Gruda présente son Iekaterinbourg, avant France-Pérou
Thierry Marszalek, le « M. Vidéo » de Didier Deschamps
La roulette russe : pourquoi France-Pérou n’aura pas lieu
Notre grand format: dix matchs épiques de la Coupe du monde
A retrouver dans le journal et pour les abonnés
La chronique d’Olivier Guez : à bord du Transsibérien
Reportage : l’Islande, 11 défenseurs, 338.000 supporteurs
Reportage : l’Asie pour les beaux yeux de Ronaldo
Analyse : Antoine Griezmann, attendu au tournant
La chronique de Gérard Houllier : l’équipe de France sera plus libérée
Dans l’ancien bloc soviétique, le football au stade critique



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