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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Cette décision doit entraîner l’arrêt du service de voitures électriques en libre-service à Paris dans les prochains jours.
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Autolib’ : le syndicat mixte vote la résiliation du contrat avec le groupe Bolloré

Cette décision doit entraîner l’arrêt du service de voitures électriques en libre-service à Paris dans les prochains jours.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 18h38
   





                        



   


Le Syndicat Autolib’ Vélib’ métropole (SAVM) a voté, jeudi 21 juin, la résiliation du contrat avec le groupe Bolloré, une décision qui doit entraîner l’arrêt du service de voitures électriques en libre-service à Paris dans les prochains jours.
Lors d’un vote très tranché entre la gauche, favorable à la résiliation, et la droite, plutôt réfractaire, les élus de la centaine de communes adhérentes du syndicat ont donc entériné la proposition de sa présidente, Catherine Baratti-Elbaz, de « refuser de procéder au versement de la compensation financière demandée par le délégataire », actant ainsi la résiliation du contrat. Le service Autolib’ ne sera « ni repris en régie par le syndicat, ni confié par convention de délégation de service public à un autre délégataire », précise la délibération du SAVM.
Dans un communiqué de presse, le syndicat précise qu’il va, « dans les jours à venir, négocier avec le groupe Bolloré un protocole de sortie de contrat afin de régler l’ensemble des modalités opérationnelles », notamment pour « accompagner les abonnés » et effectuer des « remboursements éventuels », ainsi que pour « confirmer que [le groupe Bolloré] veillera à reclasser les salariés ». Il ne devrait pas y avoir d’arrêt du service avant la notification de la décision au groupe Bolloré, le 25 juin.

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A l’issue du conseil syndical, Gilles Alix, président d’Autolib’ SAS, a averti que le groupe Bolloré allait contester la décision du syndicat. « On va continuer à se battre, n’écoutez surtout pas les balivernes du syndicat, sachez que nous irons au tribunal administratif et que nous obtiendrons beaucoup d’argent, je pense que c’est comme ça que ça va se terminer. »
Pendant la réunion, une centaine des 254 salariés du service ont manifesté devant la mairie du XIIe pour demander « la préservation de leur emploi » et la « poursuite d’Autolib’ ».
Débat sur le coût de la résiliation
Pour éponger le déficit prévisionnel accumulé par le service, le groupe Bolloré demande à Paris et aux communes de banlieue 233 millions d’euros, une somme que conteste le syndicat.
Lancé en 2011, le service Autolib’, qui compte près de 150 000 abonnés actifs, a vu sa trajectoire financière dérailler au fil de problèmes dans la gestion du parc de voitures et d’un nombre de locations insuffisant. La présidente du syndicat a estimé à « moins de 100 millions d’euros » le coût de la résiliation, qui comprendra notamment le rachat des bornes sans logiciel au groupe Bolloré à hauteur de 15 millions d’euros.

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Un coût contesté par Marie Bolloré, directrice du pôle mobilité électrique du Bolloré et fille de l’industriel, qui estime que la résiliation coûtera entre 250 et 300 millions d’euros aux communes et que le reclassement des salariés pourrait également leur revenir « dès lors que les bornes continuent d’être utilisées par d’autres opérateurs d’autopartage que nous ».
Elle avait également précisé, mercredi sur Franceinfo, que le service pourrait s’arrêter « dans les tout prochains jours » mais pourrait fonctionner encore quelque temps « en régie », à la demande du syndicat et contre rémunération.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Avec un effectif plus expérimenté que contre l’Australie, l’équipe de France a validé sa qualification pour les huitièmes de finale en battant et en éliminant le Pérou (1-0).
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Coupe du monde 2018 : retour gagnant aux fondamentaux pour les Bleus

Avec un effectif plus expérimenté que contre l’Australie, l’équipe de France a validé sa qualification pour les huitièmes de finale en battant et en éliminant le Pérou (1-0).



Le Monde
 |    21.06.2018 à 22h31
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 22h52
    |

            Rémi Dupré (Iekaterinbourg, envoyé spécial)








                        



   


A force de tâtonner et de phosphorer devant son tableau noir, le sélectionneur Didier Deschamps aurait-il enfin trouvé la bonne formule ? Une partie de la réponse a été apportée par les joueurs de l’équipe de France, victorieux (1-0) du Pérou, jeudi 21 juin, sous la bruine de Iekaterinbourg. Aux portes de la Sibérie, les Bleus se sont imposés « au métier », dira-t-on, et la sueur au front. Malgré les scories dans la circulation du ballon et autres imperfections, ils ont ainsi validé leur qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde.
Les planètes s’alignent d’autant plus que le nul (1-1) entre l’Australie et le Danemark propulse les Tricolores en tête de la poule C, avec six points au compteur et deux points d’avance sur leurs dauphins scandinaves. Il ne leur restera plus qu’à neutraliser les Vikings (un point suffit), mardi 26 juin, au stade Loujniki de Moscou, pour conserver la première place du groupe.

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Le retour des trentenaires
Contrat rempli, donc, pour Deschamps, dont le retour aux fondamentaux s’est révélé gagnant. Après l’inféconde cure de rajeunissement imposée lors de la victoire inaugurale (2-1) contre l’Australie, Deschamps avait décidé d’envoyer sur le banc le prodige Ousmane Dembélé (21 ans) et Corentin Tolisso (23 ans), représentants de la nouvelle vague. En quête d’équilibre, le patron de l’équipe de France a ainsi choisi de sortir du placard les expérimentés (plus de 140 apparitions sous le maillot bleu à eux deux) Blaise Matuidi, milieu relayeur au profil de marathonien, et Olivier Giroud, prolifique avant-centre (31 buts inscrits en 75 sélections) et précieux point d’appui. Soit deux grognards de 31 ans, sacrifiés au premier match sur l’autel du renouvellement.
Outre les hommes, Deschamps avait également changé son système de jeu. La « purge » entrevue contre les Socceroos l’a poussé à renouer avec une forme de classicisme et avec le fameux schéma tactique (4-3-2-1) qui avait permis à ses protégés d’atteindre la finale de l’Euro 2016. Dans l’Oural, force est de constater que ces réajustements ont permis aux Bleus de corriger le tir. « On a été efficaces et solides, même si on a souffert et beaucoup trop défendu, a estimé Deschamps, soulagé après ce nouveau succès étriqué. Mais on a défendu avec beaucoup de solidarité pour tenir notre résultat. Je n’ai pas été totalement satisfait, mais on n’a rien donné à l’adversaire. »
Ce déplacement à Iekaterinbourg, où les Lada d’un autre âge doublent les trolleybus décatis, n’incitait pas le sélectionneur à baisser la garde. Avec ses deux tribunes vertigineuses constituées d’échafaudages, le stade de la quatrième ville de Russie a offert une acoustique hostile aux Bleus. Près de 20 000 supporteurs péruviens ont fait vibrer l’écrin, entre nuée de klaxons et chants à la gloire des « Incas ». Lesquels disputaient leur premier Mondial depuis 1982. On se serait cru à l’Estadio Nacional de Lima tant la Iekateinbourg Arena était parée de rouge et de blanc.
« On aurait pu oser un peu plus »
Dans cette atmosphère étouffante, le onze titularisé par Deschamps s’apparentait à un commando rompu aux missions périlleuses, avec six vétérans du Mondial brésilien 2014 alignés au coup d’envoi. Sous pression, les Bleus s’en sont remis à leurs vieux chevaux de retour. A la pointe de l’attaque, Olivier Giroud a su répondre au défi physique proposé par les Péruviens. Maître des airs, percutant, l’avant-centre de Chelsea est à l’origine du seul but de la rencontre : sa frappe déviée a atterri dans les pieds du jeune Kylian Mbappé (19 ans), à l’affût dans la surface.
Sa prestation convaincante a amené Deschamps à lui tresser des lauriers. « Olivier a été très bon dans la déviation et les remises. C’est notre meilleur buteur, a déclaré le sélectionneur. On voit qu’il a l’habitude d’évoluer avec Antoine Griezmann. C’est souvent quand il n’est pas là qu’on voit à quel point il nous est utile. » Déjà incisif dès son entrée contre l’Australie, le numéro 9 des Tricolores a joué aux journalistes le refrain de l’éternel revanchard, sempiternellement condamné à prouver sa valeur. « J’étais particulièrement attendu, comme j’allais figurer dans la composition de départ », a glissé le Savoyard, en esquissant un rictus satisfait.
L’autre « rentrant », Blaise Matuidi, ne s’est pas économisé sur son flanc gauche. Sous les sifflets stridents des supporteurs péruviens, le milieu de la Juventus Turin a remonté beaucoup de ballons, bien assisté, en deuxième rideau, par l’infatigable N’Golo Kanté et par Paul Pogba, ses deux compères de l’entrejeu « Dans son registre, Blaise a apporté de la densité, de l’agressivité. On avait besoin d’équilibre avec ce système de jeu », a considéré Deschamps.
Tout en retenue devant les journalistes, le technicien oscillait entre satisfaction et agacement. « On aurait pu prendre un peu plus de marge et ainsi se donner de l’air. Mais, par rapport à nos manques et aux insuffisances du premier match, en termes de contenu, il n’y a pas photo, surtout collectivement », a-t-il confié, dans l’auditorium de la Ieakaterinbourg Arena. Son capitaine et gardien, Hugo Lloris, a dressé le même constat. « On a su rester solides et disciplinés mais on aurait pu oser un peu plus balle au pied », a pointé le portier des Bleus, qui a honoré sa centième sélection contre le Pérou.
Conforté dans ses choix tactiques, Deschamps peut avancer avec davantage de certitudes vers le match contre le Danemark, lors de la « finale » du groupe C. « On va jouer pour gagner, a insisté le Bayonnais. Je ne raisonnerai jamais en disant : “Si on est deuxième, on peu rencontrer Untel ou Untel en huitièmes de finale.” » Cette fois, le sélectionneur ne modifiera pas ses plans.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Les autorités italiennes veulent vérifier les pavillons de deux bateaux de l’ONG allemande Lifeline, dont l’un transporte 200 personnes secourues en mer.
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L’Italie va placer sous séquestre deux navires d’une ONG de secours aux migrants

Les autorités italiennes veulent vérifier les pavillons de deux bateaux de l’ONG allemande Lifeline, dont l’un transporte 200 personnes secourues en mer.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 21h14
   





                        



   


Deux navires de l’ONG allemande Lifeline, dont l’un navigue en Méditerranée avec deux cents migrants à son bord, vont être mis sous séquestre par l’Italie, afin de « vérifier leur pavillon d’appartenance », a annoncé jeudi 21 juin le ministre des transports italien, Danilo Toninelli. « Les vies humaines seront sauvegardées » avant que les navires soient mis sous séquestre, a-t-il précisé.
Selon Danilo Toninelli, les autorités néerlandaises, interrogées par Rome, ont dit que le Lifeline et le Seefuchs battaient « illégitimement, illégalement pavillon néerlandais ». De son côté, la représentation des Pays-Bas auprès de l’Union européenne a écrit jeudi dans un tweet que ces deux navires ne naviguaient pas sous pavillon néerlandais : « Ces navires appartiennent à une ONG allemande et n’apparaissent pas dans les registres navals des Pays-Bas. »
Lifeline dit dans un communiqué avoir sauvé 226 personnes jeudi matin, « dans le respect du droit international », au large de la Libye, « dans les eaux internationales », et avec « un port sûr » pour débarquer les migrants secourus. Une version contestée par le ministre des transports, qui affirme que le Lifeline a agi en contravention du droit international en prenant à son bord les migrants alors que les gardes-côtes libyens étaient en train d’intervenir.
L’organisation dit craindre « qu’une situation semblable à celle de l’Aquarius il y a une semaine puisse se profiler à l’horizon ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le ministre de l’intérieur allemand et président de la CSU conteste l’autorité de la chancelière en matière de politique migratoire, afin de mieux contrer la concurrence de l’extrême droite en Bavière.
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Horst Seehofer, ennemi de l’intérieur pour Angela Merkel

Le ministre de l’intérieur allemand et président de la CSU conteste l’autorité de la chancelière en matière de politique migratoire, afin de mieux contrer la concurrence de l’extrême droite en Bavière.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 18h28
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 20h01
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Décidément, Horst Seehofer n’est jamais content. Cette fois, c’est l’accord donné par Angela Merkel à Emmanuel Macron à la création d’un budget de la zone euro, encore embryonnaire, qui met hors de lui le ministre de l’intérieur allemand. « Ce n’est pas correct de prendre des décisions aussi importantes sans y associer la CSU. Ça ne va pas », s’est emporté le par ailleurs président de l’Union chrétienne-sociale (CSU), mercredi 20 juin, au lendemain du sommet-franco allemand de Meseberg.

        Lire l’éditorial :
         

          Budget de la zone euro : une lueur d’espoir pour l’Europe



Trois mois après avoir été nommé ministre de l’intérieur, Horst Seehofer est devenu pour Mme Merkel un véritable ennemi de l’intérieur. En Allemagne, le feuilleton de leur discorde écrase tout le reste de l’actualité politique. Personne, à vrai dire, ne sait où tout cela peut conduire. Pour l’instant, le ministre menace, et la chancelière encaisse. Mais leur duel est devenu si violent qu’il est difficile d’imaginer un tel duo cohabiter durablement dans le même gouvernement.

        Lire l’entretien :
         

          « Une fronde très à droite contre Angela Merkel »



Pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui entre ces deux animaux politiques — qui se pratiquent depuis une vingtaine d’années avec des hauts et des bas, mais surtout des bas ces derniers temps —, il faut remonter aux élections législatives du 24 septembre 2017. Ce jour-là, les conservateurs sont sous le choc. A l’échelle nationale, la CDU-CSU arrive certes en tête, mais avec 32,9 % des voix, son plus mauvais résultat depuis le début des années 1950. A l’échelle de la Bavière, où la CDU, le parti de Mme Merkel, n’existe pas, son alliée historique, la CSU, plafonne à 38,8 %. Une douche froide, 10,5 points de moins qu’en 2013 quand, à l’échelle nationale, le recul de la CDU-CSU n’est « que » de 7,5 %.
Pour Horst Seehofer, ce mauvais score n’a qu’une explication : la politique d’accueil décidée par Angela Merkel lors de la crise des réfugiés de 2015. Aux yeux du président de la CSU, son parti paie le fait de ne pas avoir suffisamment pesé sur la politique de Mme Merkel. En colère contre une chancelière trop centriste, une partie de l’électorat traditionnel de la CSU a donc préféré, cette fois, voter pour le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Ce 24 septembre 2017, c’est d’ailleurs en Bavière que l’AfD a obtenu son meilleur résultat de toute l’ex-Allemagne de l’Ouest : 12,6 % des voix.
Sursis
Depuis ce traumatisme électoral, Horst Seehofer se sait en sursis. A Munich, il a été poussé vers la sortie du gouvernement de Bavière, qu’il dirigeait depuis 2008, au profit de son rival Markus Söder, de dix-huit ans son cadet et qui, au ministère régional des finances, qu’il occupait depuis 2013, piaffait de lui succéder. Mais après ce revers électoral, Horst Seehofer a tout de même réussi à conserver la présidence de la CSU. Jusqu’à quand ?
C’est en réalité toute la question. Et c’est ce qui explique, pour beaucoup, la nervosité actuelle de ce fils de conducteur de camion né en 1949 à Ingolstadt (entre Munich et Nuremberg), qui a consacré toute sa vie à la politique et qui craint de voir la fin de sa carrière approcher plus vite qu’il ne le souhaite. S’il veut rester président de la CSU, dont il est membre depuis 1971, Horst Seehofer sait en effet que celle-ci doit absolument remonter la pente aux élections régionales bavaroises du 14 octobre, par rapport au camouflet qu’elle a essuyé aux législatives de l’automne 2017. Car il le sait : si la CSU subit un nouveau revers, Markus Söder et ses amis, après l’avoir chassé du gouvernement régional, risquent de le détrôner cette fois de la tête du parti. Et dans ce cas, c’est aussi le ministère de l’intérieur fédéral qu’il devrait sans doute abandonner.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          En Allemagne, la CSU bavaroise muscle son discours pour contrer l’AfD



Il sait qu’il ne lui sera pas pardonné de n’exercer que le ministère de la parole
Conscient de la précarité de sa situation, Horst Seehofer est donc parti en croisade contre Mme Merkel, bien décidé à ne pas répéter son erreur du passé. De 2015 à 2017, à Munich, il était déjà un contempteur acharné de la politique migratoire de la chancelière. Mais il n’avait pas pesé suffisamment sur sa politique, et c’est ce que les électeurs lui ont fait payer. Cette fois, au cœur du pouvoir à Berlin, il sait qu’il ne lui sera pas pardonné de n’exercer que le ministère de la parole. Alors il veut montrer qu’il agit. Et qu’il ne se contente pas de critiquer.
« Révolution conservatrice »
Cela a commencé dès sa nomination. A la fin des interminables tractations qui ont précédé la formation du nouveau gouvernement, Horst Seehofer a obtenu que la CSU hérite du ministère de l’intérieur, détenu par la CDU dans la précédente législature. Mieux, il a élargi le périmètre du ministère, qui intègre désormais le secteur de la construction, et auquel est maintenant accolé le mot « Heimat », un terme intraduisible en français mais qui désigne le « chez soi », le « pays », au sens affectif du terme. En découvrant l’intitulé du nouveau ministère, les réseaux sociaux se sont échauffés, et les journalistes se sont interrogés sur les intentions du nouveau ministre, d’autant plus que l’un de ses fidèles, Alexander Dobrindt, chef de file des députés CSU au Bundestag, venait un peu plus tôt de prôner l’avènement d’une « révolution conservatrice », vieille marotte de l’extrême droite allemande depuis l’entre-deux-guerres.
Un véritable empire, avec pas moins de huit secrétaires d’Etat à ses côtés
Mais Horst Seehofer ne s’est pas contenté de son superministère. Contrairement à ce qui était le cas quand il était ministre de la santé de Helmut Kohl (1992-1998) ou ministre de la santé et de l’alimentation d’Angela Merkel (2005-2008), il s’est, cette fois, taillé un véritable empire, avec pas moins de huit secrétaires d’Etat à ses côtés (tous des hommes). Un record dans ce gouvernement. Soucieux d’imprimer sa marque sans tarder, il n’a par ailleurs pas attendu longtemps avant de se faire remarquer.
Deux jours après sa nomination, il donnait sa première interview au quotidien Bild, et y déclarait :
« L’islam ne fait pas partie de l’Allemagne. L’Allemagne est marquée par le christianisme. Le dimanche chômé, les jours fériés chrétiens et les rituels comme Pâques, la Pentecôte ou Noël, eux, en font partie. »
Quelques heures plus tard, Angela Merkel lui donnait la réplique lors d’un point presse organisé à la chancellerie à l’occasion de la venue du premier ministre suédois à Berlin :
« Quatre millions de musulmans vivent en Allemagne. Ils font partie de l’Allemagne, et leur religion, l’islam, fait partie de l’Allemagne tout autant qu’eux. »
A vrai dire, leur désaccord était connu. Dans le passé, ils avaient déjà tenu — au mot près — les mêmes propos sur l’islam. Seulement, l’une était chancelière, et l’autre ministre-président de la Bavière, ce qui ne faisait pas de la première la « patronne » du second. Avec cette interview, Horst Seehofer entendait montrer qu’en devenant ministre de Mme Merkel, il n’entendait en rien renoncer à sa liberté de parole.
Insubordination
Depuis, l’encombrant ministre n’a cessé de pousser un peu plus loin les frontières de l’insubordination. Le 13 juin, plutôt que de se rendre au sommet annuel sur l’intégration présidé par Mme Merkel et auquel ses prédécesseurs ont toujours participé, il a ainsi préféré s’afficher aux côtés de Sebastian Kurz, le jeune chancelier conservateur autrichien, à la tête d’une coalition avec l’extrême droite, qui était de passage à Berlin.
Cinq jours plus tard, nouvel affront : au moment même où la chancelière, à Berlin, organisait une conférence de presse pour expliquer son intention de trouver une « solution européenne » à la crise migratoire, lui-même expliquait, à Munich, que si aucun résultat n’était trouvé d’ici au début de juillet, il appliquerait de lui-même une mesure que Mme Merkel ne souhaite pas que l’Allemagne prenne sans concertation avec ses partenaires : l’expulsion de tous les demandeurs d’asile déjà enregistrés dans un autre pays européen.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Migrants : Merkel sous la pression des durs de sa majorité



Que cherche en réalité M. Seehofer ? Ira-t-il jusqu’à la rupture avec Mme Merkel ? A vrai dire, nul ne le sait, et même si les observateurs avisés de la vie politique allemande rappellent volontiers que le chef de la CSU a toujours procédé ainsi avec la présidente de la CDU, faisant monter les enchères afin d’obtenir d’elle de petites concessions pour finir par rentrer dans le rang, tous admettent que le bras de fer auquel ils se livrent aujourd’hui, sans précédent, ne permet pas d’affirmer à coup sûr que l’histoire se répétera.
D’ailleurs, Horst Seehofer sait-il lui-même ce qu’il veut ? Dimanche 17 juin, le quotidien Die Welt rapportait des propos qu’il aurait tenus, trois jours plus tôt, en présence de quelques dirigeants de la CSU : « Je ne peux plus travailler avec cette femme », leur aurait-il dit. Le jour où paraissait l’article, l’intéressé assurait pourtant tout le contraire dans une interview à Bild : « Personne, à la CSU, n’a intérêt à renverser la chancelière, à rompre l’alliance historique qui existe entre la CDU et la CSU [qui constituent un seul groupe au Bundestag], ni à faire éclater la coalition. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Entretien avec l’historien britannique, qui signe une importante biographie de Charles de Gaulle, parue à Londres le 18 juin.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/06/2018
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Julian Jackson, historien : « En 1963, de Gaulle a prophétisé le Brexit »

Entretien avec l’historien britannique, qui signe une importante biographie de Charles de Gaulle, parue à Londres le 18 juin.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 09h44
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Julian Jackson, 64 ans, historien britannique spécialiste de la France, professeur à l’université Queen-Mary de Londres, vient de publier au Royaume-Uni une biographie du général de Gaulle intitulée A Certain Idea of France. The Life of Charles de Gaulle.

« On va s’amuser. » Vous citez cette phrase du général de Gaulle avant l’annonce surprise de son refus de l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun en 1963. Aujourd’hui, des Britanniques partisans du Brexit (des « brexiters ») affirment qu’il avait vu juste : le destin du Royaume-Uni n’est pas d’appartenir à l’Union européenne (UE). De Gaulle serait-il aujourd’hui un brexiter ?
Charles de Gaulle [1890-1970] ne pourrait pas être brexiter car il n’est pas britannique ! Mais il dirait certainement que le Brexit a apporté la preuve que tout ce qu’il avait dit était juste : que les Britanniques sont différents par leur économie et leur culture et que la Grande-Bretagne ne pourra jamais être complètement européenne. Les brexiters considèrent les discours de De Gaulle comme prophétiques.

Le président français et Harold Macmillan (1894-1986), le premier ministre britannique qui souhaitait entrer dans la Communauté économique européenne (CEE), partageaient deux idées essentielles sur l’Europe : elle ne devait pas être fédérale et devait empêcher la domination de l’Allemagne. Pourquoi un accord n’a-t-il pas été possible ?
L’ironie est qu’en effet, dans les années 1960, la conception qu’avait de Gaulle de l’Europe était proche de celle des Britanniques. Pour autant, de Gaulle avait à la fois des arguments rationnels sur l’incompatibilité entre les Britanniques et l’Europe, et des arrière-pensées. Comme Macmillan, il refusait une Europe supranationale à la Jean Monnet [1888-1979], mais il craignait que les Britanniques, en entrant dans la CEE, n’affaiblissent le poids de la France. Il voulait une Allemagne dépendante...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ En perdition pendant tout le match, les Argentins se sont inclinés. Les Croates se qualifient pour les huitièmes de finale, les Argentins en sont extrêmement loin.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ En travaillant à partir de la base de données du cabinet Mossack Fonseca rendue publique, les autorités françaises auraient récupéré des centaines de millions d’euros depuis 2016.
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Comment le fisc français a utilisé les « Panama Papers » pour redresser des dizaines de contribuables

En travaillant à partir de la base de données du cabinet Mossack Fonseca rendue publique, les autorités françaises auraient récupéré des centaines de millions d’euros depuis 2016.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 15h27
    |

            Maxime Vaudano, 
Jérémie Baruch, 
Anne Michel et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Mossack Fonseca (MF) se débat encore dans la tourmente médiatique, quand le 8 avril 2016, le premier courrier des autorités antiblanchiment du Panama arrive par la Poste, cinq jours après les « Panama Papers ». Sommé de divulguer le véritable propriétaire d’une société dénommée Financiera del Exterior del Comercio, le cabinet livre le nom de Juan Pedro Damiani, un dirigeant de la FIFA qui vient de démissionner après les informations parues sur ses sociétés offshore.

La nouvelle fuite de données auxquelles Le Monde a eu accès recèle des centaines de lettres de ce genre, adressées à MF par les autorités fiscales et judiciaires de divers pays, dans les mois qui ont suivi les révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Plus de 200 nationalités étant représentées parmi les clients du cabinet, les demandes affluent du monde entier.
Submergés, les employés de la firme panaméenne se retrouvent contraints d’aider comme ils le peuvent les autorités dans un gigantesque jeu de piste à la recherche de milliards d’euros d’argent, de villas, de yachts et d’œuvres d’art engloutis dans l’océan de l’offshore.
L’abondance des demandes d’informations venues de France montre que Mossack Fonseca était déjà dans ses radars, avant les « Panama Papers ». Dès octobre 2015, six mois avant la révélation du « leak », une dizaine de demandes d’informations atterrissent sur le bureau de la firme au Panama. Les réponses transmises un mois plus tard contiennent notamment les noms de Jean-Pierre Aubry, bras droit et prête-nom supposé de Patrick Balkany, mais aussi d’une fabrique de caoutchouc, d’un domaine viticole dans le Var ou d’un producteur de cinéma.
Le scandale ne fait que renforcer la pression sur Mossack Fonseca. Le fisc français s’est lancé dans la chasse aux fraudeurs, et assure avoir adressé, en deux ans, un total de 306 demandes de renseignements à ses homologues étrangers,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ La révélation d’une commande de vaisselle « à 500 000 euros » a provoqué une controverse, alors que l’Elysée évoque une facture de 50 000 euros.
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50 000 ou 500 000 euros, les raisons du coût controversé de la nouvelle vaisselle de l’Elysée

La révélation d’une commande de vaisselle « à 500 000 euros » a provoqué une controverse, alors que l’Elysée évoque une facture de 50 000 euros.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 19h14
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 21h01
    |

            Anne-Aël Durand








                        


« Peu importe le prix pourvu que nos majestés de l’Elysée se restaurent en toute dignité » : le député de La France insoumise François Ruffin a ironisé, mardi 19 juin, lors des questions au gouvernement, sur un service de vaisselle de 1 200 pièces, commandé par l’Elysée, dont le coût a été estimé par Le Canard enchaîné à 500 000 euros. Le montant de cette facture a été contesté par l’exécutif, qui évoque une enveloppe de 50 000 euros.
Combien coûte ce service d’assiettes ?
Le Canard enchaîné a estimé la facture totale à 500 000 euros : le calcul a été réalisé en multipliant le coût de revient des pièces réalisées à Sèvres (408 euros en moyenne, selon le rapport d’activité 2016 de l’institution) par le nombre d’assiettes commandées. Il s’agit d’un service de prestige, baptisé Bleu Elysée, composé de 900 assiettes de présentation et 300 assiettes à pain, réalisé par la manufacture nationale de Sèvres. Destiné aux dîners d’Etat, il remplacera les assiettes commandées par les présidents René Coty et Jacques Chirac (que l’on peut voir ici).
Chaque assiette aura un motif unique, inspiré d’un détail du plan du palais présidentiel et imaginé par l’artiste Evariste Richier, a expliqué Romane Sarfati, directrice générale de la Cité de la céramique Sèvres et Limoges (qui comprend la manufacture de Sèvres) dans Le Figaro, en précisant qu’il est trop tôt pour en connaître le prix : « Nous sommes au tout début du projet et nous n’avons pas encore calculé de prix de revient. Il dépendra notamment du temps passé à sa réalisation. »
Qui va payer pour cette vaisselle ?
Depuis sa création en 1740, la Manufacture de Sèvres est un établissement lié au pouvoir politique. Qualifiée de royale, impériale, puis nationale au fil des régimes, c’est aujourd’hui un service à compétence nationale, comme la Manufacture des Gobelins ou les Archives nationales. Elle est rattachée au ministère de la culture, qui verse à la Cité de la céramique une subvention de 4 millions d’euros (sur 7 millions de budget total, dont 1,7 million d’euros de vente de produits). Le coût de ce service d’assiettes sera bien à la charge du contribuable mais ne figurera à aucun moment dans le budget du palais présidentiel, car l’ensemble est pris en charge par le ministère de la culture.
Créer des pièces pour la table de l’Elysée fait partie de ses missions, donc la fabrication de ce service n’engendrera pas de coût supplémentaire pour l’Etat. « Commander un tel service, c’est assurer des commandes pendant des mois et des mois à la Manufacture de Sèvres », a ainsi justifié le secrétaire d’Etat à l’action et aux comptes publics, Olivier Dussopt, sur LCI.
En revanche, une enveloppe de 50 000 euros a été attribuée aux deux artistes finalistes qui ont réalisé des esquisses et au lauréat qui a conçu le projet. Cette somme, versée par le ministère de la culture, est celle sur laquelle l’Elysée a communiqué.
Ce découpage budgétaire est critiqué par la Cour des comptes, qui avait recommandé dans un rapport que les objets et meubles mis à disposition de l’Elysée soient intégrés au budget de la présidence et non de la culture.
Le budget de l’Elysée a-t-il augmenté sous la présidence Macron ?
Le secrétaire d’Etat a ensuite précisé que « le président a diminué le budget de l’Elysée et de la présidence de la République, donc pas de faux procès ». Si le budget de Brégançon a effectivement baissé (150 000 euros, contre 200 000 euros les années précédentes), celui de la présidence de la République a augmenté de 3 % en 2018 et s’établit à 104 millions d’euros, dont les deux tiers pour la rémunération du personnel. Cette hausse a été votée par les députés après quatre ans de gel de crédits, non pas pour financer de la vaisselle ou une piscine mais pour des dépenses de sécurité. La polémique sur le coût élevé des assiettes élyséennes s’est doublée d’une autre controverse, car Emmanuel Macron a demandé l’installation d’une piscine au fort de Brégançon, résidence d’été des présidents de la République depuis 1968. Olivier Dussopt a assuré que cette dépense « anecdotique » n’augmenterait pas la somme allouée pour l’entretien annuel du bâtiment.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Les frères jumeaux avaient été placés en garde à vue mardi dans le cadre d’une information judiciaire pour escroquerie sur personne vulnérable et tentative d’escroquerie.
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Igor et Grichka Bogdanov mis en examen et placés sous contrôle judiciaire

Les frères jumeaux avaient été placés en garde à vue mardi dans le cadre d’une information judiciaire pour escroquerie sur personne vulnérable et tentative d’escroquerie.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 22h17
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 22h39
   





                        



   


Deux jours après leur garde à vue dans un commissariat du 16e arrondissement de Paris, Igor et Grichka Bogdanov ont été mis en examen jeudi 21 juin et placés sous contrôle judiciaire par le juge d’instruction saisi d’une information judiciaire ouverte du chef d’escroquerie sur personne vulnérable et tentative d’escroquerie, selon une source judiciaire.
Après quarante-huit heures de garde à vue, les deux frères, ainsi que la troisième personne qui se trouvait également en garde à vue dans le cadre de cette procédure, ont été déférés mercredi soir au tribunal en vue de leur présentation au juge d’instruction.
L’escroquerie porterait sur plusieurs centaines de milliers d’euros, selon une source proche du dossier. Selon Le Parisien, les deux frères sont soupçonnés d’avoir dérobé 800 000 euros à un homme de 49 ans se présentant comme un producteur de cinéma en lui faisant miroiter de « juteux placements, dans des projets artistiques, cinématographiques et scientifiques, mais aussi dans l’achat de véhicules de luxe ». Toujours selon le quotidien, les jumeaux avaient tissé des liens avec cet homme, qui ferait l’objet « d’une mesure de protection de type mise sous tutelle ou curatelle ». Dans un communiqué, leur avocat, Me Edouard de Lamaze, fait savoir que ses clients « contestent fermement » les faits qui leur sont reprochés.
Ce n’est pas la première fois qu’Igor et Grichka Bogdanov, 68 ans, ont des ennuis judiciaires. Le 22 novembre 2017, Igor Bogdanov avait été placé en garde à vue pour avoir forcé le domicile de son ex-petite amie et avoir proféré des menaces à son encontre. Il avait été mis sous contrôle judiciaire le lendemain pour « violation de domicile et dégradations légères de biens privés ».
Des travaux scientifiques vivement contestés
Grichka et Igor Bogdanov sont devenus célèbres par leur émission de vulgarisation scientifique « Temps X », diffusée sur TF1 entre 1979 et 1987, ainsi que par leurs nombreux ouvrages.
Leurs thèses universitaires sont en revanche très contestées par de nombreux chercheurs. Un rapport du Comité national de la recherche scientifique (CoNRS) a conclu que les thèses en mathématiques et en physique soutenues à l’université de Bourgogne en 1999 et en 2002, respectivement par Grichka et Igor Bogdanov, étaient scientifiquement ineptes.

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                Igor et Grichka Bogdanov placés en garde à vue dans une affaire d’escroquerie






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Après une décision du Conseil d’Etat, une famille doit restituer à l’Etat un pleurant ornant le tombeau de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne.
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L’Etat récupère une statuette médiévale détenue par une famille depuis 1813

Après une décision du Conseil d’Etat, une famille doit restituer à l’Etat un pleurant ornant le tombeau de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 20h07
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 22h04
   





                        


Il n’est jamais trop tard pour récupérer un bien, surtout quand sa valeur est estimée à deux millions d’euros. Le Conseil d’Etat a tranché, jeudi 21 juin. Un pleurant du tombeau de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, propriété de sa famille depuis 1813, doit être restitué à l’Etat. Conservée au musée de Dijon, cette statuette devait être mise en vente, avant que le ministère de la culture ne s’y oppose et réclame sa restitution immédiate.
La statuette en albâtre, représentant un moine en pleurs, date du XVe siècle et mesure 42 centimètres. Elle figurait parmi les douze statues, sur quarante et une, disparues du tombeau en 1794, dont une partie a été retrouvée.
Un conflit entre une famille et le ministère de la culture
Ce litige pose la question de la propriété d’œuvres d’église ou de château disparues, passées entre les mains de particuliers après la Révolution française. D’un côté, le ministère de la culture affirme avoir la preuve de la volonté du pouvoir révolutionnaire de préserver cette œuvre dans le cadre national. Et ce, y compris lorsque la Convention ordonna en 1793 la destruction des effigies royales, et que le conseil général de Dijon ordonna celle des tombeaux des ducs de Bourgogne, dont quatre-vingt-deux pleurants ornaient les socles.
De l’autre côté, l’avocat des trois héritières de la statuette plaide le fait que le bien était sorti du domaine public pour devenir un bien négociable sous la Révolution, et qu’il n’appartenait donc plus à l’Etat. En décembre 2017, Marie-Claude Le Floc’h, membre de la famille propriétaire expliquait à l’Agence France-Presse :
« Nous avons envisagé de la céder à un musée à la mort de ma mère, mais personne ne voulait l’acheter, ni le Louvre ni l’Etat. On a finalement décidé de la mettre en vente fin 2014 en demandant une autorisation de sortie du territoire [ce que le ministère de la culture a refusé]. »
La fin d’une longue procédure judiciaire
Après deux échecs, en première instance et en appel, la société Pierre Bergé et associés, chargée par la famille de procéder à la vente, s’était pourvue en cassation devant le Conseil d’Etat. Dans sa décision, la plus haute juridiction administrative a estimé que « le pleurant » a été incorporé, comme tous les biens ecclésiastiques, au domaine national au moment de la Révolution française et n’a donc « jamais cessé d’appartenir à l’Etat ».
Il souligne qu’aux termes de l’article 8 d’un décret de l’Assemblée constituante des 22 novembre et 1er décembre 1790, certains de ces biens pouvaient être « vendus et aliénés à titre perpétuel » à des particuliers, qui pouvaient en devenir propriétaires au bout de quarante ans de jouissance. Les avocats de la famille détentrice de la statuette avaient revendiqué à l’audience le bénéfice de cette « prescription acquisitive ».
Mais la haute assemblée a constaté que ce coup de canif donné par les révolutionnaires à la règle d’inaliénabilité du domaine national n’était possible que sous réserve que le bien cédé ait fait préalablement l’objet « d’un décret formel du corps législatif, sanctionné par le roi ». Or, dit le Conseil, « tel n’est pas le cas de la statuette », dont l’Etat est donc « demeuré propriétaire ».
Le Conseil d’Etat a également rejeté l’argument des requérants qui se prévalaient du « droit au respect des biens », estimant que malgré la durée de détention de la statuette, « l’intérêt patrimonial (…) justifiait qu’elle soit rendue à son propriétaire, c’est-à-dire à l’Etat ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Editorial. L’intention affichée par le président français et la chancelière allemande est certes un « petit pas », mais c’est aussi une occasion de rappeler que l’Europe peut être source d’investissement, d’innovation et de solidarité.
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Budget de la zone euro : une lueur d’espoir pour l’Europe

Editorial. L’intention affichée par le président français et la chancelière allemande est certes un « petit pas », mais c’est aussi une occasion de rappeler que l’Europe peut être source d’investissement, d’innovation et de solidarité.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h24
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Par rapport aux ambitions initiales d’Emmanuel Macron, le résultat peut sembler modeste. Mardi 19 juin, à Meseberg, près de Berlin, le président français et la chancelière allemande ont annoncé leur intention de créer un budget de la zone euro. Celui-ci consisterait à renforcer la solidarité européenne en finançant de nouveaux investissements et en jouant un rôle de « stabilisation macroéconomique ». En cas de crise économique grave, un pays pourrait bénéficier d’un « fonds européen de stabilisation du chômage ».
En revanche, aucune allusion n’est faite au ministre de l’économie et des finances ni au Parlement de la zone euro réclamés par M. Macron à son arrivée à l’Elysée. Aucune indication, non plus, sur le montant du futur budget. Sur ce point, personne ne se fait d’illusions : on sera loin, très loin des centaines de milliards d’euros imaginés par le président français il y a quelques mois. Si la mise de départ est de 20 à 30 milliards d’euros, ce sera déjà bien, se dit-on aujourd’hui à Paris.
L’affaiblissement politique de Merkel
M. Macron souhaitait-il obtenir davantage ? Assurément. Le pouvait-il ? Sans doute pas. Pour une partie de la droite allemande, l’accord conclu à Meseberg va déjà beaucoup trop loin, le principe même d’un budget de la zone euro étant jugé inacceptable. Déjà vent debout contre la politique migratoire d’Angela Merkel, la CSU bavaroise a réclamé, mercredi, une réunion en urgence des trois partis membres de la « grande coalition » au pouvoir à Berlin (CDU, CSU, SPD), estimant que la chancelière avait outrepassé son mandat.

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                Allemagne : le projet d’un budget de la zone euro divise la coalition d’Angela Merkel



Fragilisée comme jamais depuis son arrivée au pouvoir, il y a treize ans, Mme Merkel sait que son autorité ne tient plus qu’à un fil. Au Bundestag, elle ne dispose que de neuf voix de majorité, et c’est au sein de son propre groupe qu’elle compte ses adversaires les plus résolus. Compte tenu de son extrême affaiblissement politique, elle ne pouvait sans doute pas faire davantage de concessions à son « cher ami » français, comme l’a baptisé une partie de la presse allemande depuis son élection, en jouant sur les deux sens de l’adjectif.
Difficulté supplémentaire
Que veut l’Allemagne ? Cette question, beaucoup se la posaient, à Paris, ces dernières semaines, s’impatientant de l’absence de « réponse » allemande aux propositions faites par M. Macron dans son discours de la Sorbonne, le 26 septembre 2017. Désormais, la question qui se pose est plutôt : que peut la chancelière ? A l’évidence, plus grand-chose. Raison de plus pour saluer l’accord trouvé au sommet franco-allemand.
On est certes loin de la « refondation du projet européen » voulue par le président français. On est aussi très loin du « nouvel élan pour l’Europe » qui donne son titre au « contrat de coalition » signé à Berlin en février. Difficulté supplémentaire : lors du Conseil européen de Bruxelles des 28 et 29 juin, il faudra convaincre les partenaires du couple franco-allemand. Les Pays-Bas risquent de trouver que le compromis de Meseberg va trop loin, tandis que les pays du Sud estimeront au contraire qu’il n’est pas assez ambitieux.
Mais face à ceux qui veulent disloquer l’Europe et la refermer derrière ses frontières, ce « petit pas », à la façon de ceux que recommandait Jean Monnet, est une lueur d’espoir. A onze mois des élections européennes, c’est, en tout cas, une initiative dont il faut se saisir pour rappeler que l’Europe peut être aussi source d’investissement, d’innovation et de solidarité. C’est la meilleure réponse aux vents mauvais des populismes.

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                Europe : et si l’urgence était moins le budget de la zone euro que la crise migratoire ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Une éditorialiste assure que les enfants d’immigrés illégaux en rétention sont « des acteurs », alimentant les théories complotistes, déjà bien ancrées dans la culture américaine.
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Aux Etats-Unis, les conspirationnistes voient des acteurs partout

Une éditorialiste assure que les enfants d’immigrés illégaux en rétention sont « des acteurs », alimentant les théories complotistes, déjà bien ancrées dans la culture américaine.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h17
    |

                            Delphine Bernard-Bruls








                        


« Ouvrez les yeux ! » Voilà ce que réclament en substance les complotistes, dont l’influence, notamment sur Internet, n’a eu de cesse de croître en quelques années. Au cœur de l’indignation générale née de la politique d’internement des enfants d’immigrés illégaux, la polémiste pro-Trump Ann Coulter a déclaré, lundi 18 juin sur Fox News, que les enfants filmés dans un camp de rétention dans l’attente du jugement de leurs parents étaient « des enfants acteurs ».
Elle assure qu’ils sont chargés d’apitoyer l’opinion publique pour faire reculer le gouvernement sur sa politique de rétention. Avant de mettre en garde le président des Etats-Unis : « Ne tombez pas dans le piège. » Ces allégations, si dérangeantes soient-elles, font partie d’une méthode bien rodée par les sphères complotistes lorsqu’il s’agit de décrédibiliser des idées adverses.

Ann Coulter on Fox News calls crying immigrant children "child actors" and looks directly into the camera to warn T… https://t.co/BY5kdn8rGW— LevineJonathan (@Jon Levine)


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Simuler de fausses atrocités à des fins politiques
Comme bien des théories conspirationnistes, les accusations de simulation à l’endroit de rescapés remontent aux attentats du 11-Septembre. Déjà, des observateurs assuraient repérer des incohérences, des détails intrigants, et décidaient sans nuance que l’attentat le plus meurtrier de l’histoire états-unienne était une mise en scène. Mais la notion de « crisis actor » a pris encore davantage d’importance ces dernières années dans le champ lexical complotiste. A chaque nouvelle tuerie de masse ou attentat, une partie de la population américaine refuse de croire aux faits relatés dans les médias par les rescapés : ils seraient des acteurs payés par le deep state, un « Etat dans l’Etat », à simuler de fausses atrocités à des fins politiques.
Mais si les crisis actors existent réellement, il ne faut pas se méprendre sur leur rôle, bien loin de celui que la sphère complotiste leur prête : leur travail consiste à prendre part à des simulations d’accidents ou d’attaques armées, dans le cadre d’exercices, afin d’entraîner les forces de l’ordre et de secours.
C’est à la suite de la fusillade dans l’école primaire de Sandy Hook, en décembre 2012, dans le Connecticut, que le terme fut détourné. Selon James Tracy, blogueur conspirationniste et ancien professeur d’université, les familles de rescapés de la tuerie qui a fauché vingt-sept vies (et celle de l’assaillant) raconteraient aux médias des mensonges… dictés par le gouvernement. Sans avancer de preuves formelles, il suppute que ces derniers cherchent à favoriser une réglementation plus sévère des armes aux Etats-Unis.
« Sandy Hook est une histoire 100 % bidon »
Cette nouvelle acception a été reprise et démocratisée par Alex Jones, fondateur du site InfoWars.com et « superstar » du conspirationnisme. Sur sa chaîne YouTube, aux 2,3 millions d’abonnés, le polémiste colérique n’a de cesse de prendre le drame de la tuerie de l’école Sandy Hook comme illustration de la mainmise du gouvernement sur toutes les affaires intérieures. « Il m’a fallu un an pour tout comprendre, mais j’en suis sûr, aujourd’hui : Sandy Hook est une histoire 100 % bidon », éructait-il récemment. Des parents de victimes ont porté plainte pour diffamation contre M. Jones, en avril.

   


Ce scepticisme poussé à l’extrême n’a pas manqué de faire des émules. En octobre 2017, lorsque 58 personnes (et l’assaillant) ont perdu la vie sous les tirs de Stephen Paddock, à Las Vegas, les complotistes ont repris du service. Les internautes spéculaient sur la sincérité des rescapés apparaissant dans les médias, sur leur ressemblance avec d’autres survivants d’autres tueries, et a fortiori sur la véracité de l’événement et des précédents. Un sourire, une hésitation, un regard hors caméra vers un prétendu coach et le verdict de ces internautes était sans appel : le témoignage ne pouvait en aucun cas être sincère. Ce qui pouvait déboucher sur le harcèlement numérique de la personne, mise en cause par de nombreux internautes.
Au centre d’une campagne de harcèlement
La tuerie du lycée de Parkland, en Floride a concentré encore davantage d’incrédulité que les événements passés. Après la mort de 17 élèves, de jeunes rescapés se sont érigés en porte-parole de la lutte contre le deuxième amendement (droit de posséder une arme). Parmi eux : David Hogg, 17 ans et épicentre de la méfiance des cercles complotistes. Tantôt accusé d’être coaché par son père, employé du FBI, tantôt d’être à la botte des lobbys luttant contre le deuxième amendement, ou bien d’avoir été absent de son établissement scolaire le jour de la tuerie, le jeune lycéen s’est vite retrouvé au centre d’une campagne de harcèlement.

Here's the email. I asked for more information to back up the claim and was sent another email that linked to a You… https://t.co/vZz9mXL2ML— learyreports (@Alex Leary)


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Lors d’une interview pour la chaîne CNN, alors encore sous le choc, l’adolescent peine à trouver ses mots, s’y reprend à plusieurs reprises, prend plusieurs longues inspirations ; le journaliste face à lui le rassure et l’encourage à poursuivre, malgré tout. Il n’en fallait pas plus pour que des milliers d’internautes y voient un acteur qui aurait oublié ses répliques dans un script écrit pour lui.
Ce scepticisme n’avait pas été vain pour les complotistes : un député de Floride s’était emparé de cette méfiance, assurant à un journaliste local que les lycéens interviewés à la suite de la fusillade « ne sont pas des étudiants mais des acteurs qui voyagent d’une crise à l’autre ».
Signe que la colère des sceptiques n’est pas encore apaisée, le 5 juin, soit près de quatre mois après la fusillade de Parkland, la maison de la famille Hogg a été victime d’une intervention musclée de la police (swatting) après un appel malveillant.

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                Décodex : comment reconnaître une théorie complotiste ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Aux Etats-Unis, des scientifiques cherchent à développer des foies et des pancréas humains dans des animaux, dans l’espoir de pouvoir les transplanter aux demandeurs de greffes.
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En Californie, un élevage de moutons et de cochons avec des organes humains

Aux Etats-Unis, des scientifiques cherchent à développer des foies et des pancréas humains dans des animaux, dans l’espoir de pouvoir les transplanter aux demandeurs de greffes.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 05h07
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 16h30
    |

            Chloé Hecketsweiler (Davis et Palo Alto, Californie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Rien ne distingue cette ferme des propriétés voisines. Un bâtiment ocre posé au milieu des pâturages, une série d’enclos ombragés par de grands arbres et sous un auvent en bois, une vingtaine de moutons grisâtres broutant nonchalamment leur fourrage. Ce paisible coin de Californie est cependant l’un des terrains d’expérimentations les plus intrigants des Etats-Unis.
Dans cette exploitation, propriété de l’université de Californie à Davis (UC Davis), près de Sacramento, des scientifiques ambitionnent de créer des « chimères ». Dans la mythologie grecque, ce mot désigne des monstres mi-lion, mi-chèvre, mi-serpent. Les créatures fantastiques qui sont inventées ici sont des moutons et des cochons dotés d’organes humains. Grâce à de nouveaux « outils » comme Crispr, le célèbre « ciseau » à ADN, et aux progrès de la recherche sur les cellules souches, cultiver des foies et des pancréas humains semble une piste prometteuse pour faire face à la pénurie d’organes dans le monde.
Rien qu’aux Etats-Unis, 118 000 patients sont sur liste d’attente, et 8 000 ne vivront pas assez longtemps pour bénéficier d’une greffe. En France, la liste compte près de 24 000 personnes, pour environ 6 000 greffes annuelles, comme le rappelle l’Agence de la biomédecine à l’occasion du lancement vendredi 22 juin d’une campagne de sensibilisation au don.
Arpentant la ferme en tenue décontractée, pantalon de toile et chemise à carreaux, le docteur Pablo Ross se fond dans le paysage agricole. Vétérinaire d’origine argentine, il a piloté les premières expériences de chimères « homme-animal », en collaboration avec deux équipes californiennes, celle de l’Espagnol Juan Carlos Izpisua Belmonte au Salk Institute, près de San Diego, et celle du Japonais Hiromitsu Nakauchi, à l’université Stanford, près de San Francisco. « Les moutons que vous voyez ici ne sont pas des chimères », tient-il à préciser en souriant.
Créer des animaux « humanisés » apparaît simple sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ En réponse aux propos de l’écrivain condamnant sa politique migratoire, le ministre dit vouloir évaluer « s’il court un risque quelconque ».
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Matteo Salvini menace de lever la protection policière de Roberto Saviano

En réponse aux propos de l’écrivain condamnant sa politique migratoire, le ministre dit vouloir évaluer « s’il court un risque quelconque ».



Le Monde
 |    21.06.2018 à 17h38
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 19h34
   





                        



   


Pour répondre à la critique, Matteo Salvini choisit la menace. A la suite d’attaques régulières de Roberto Saviano dans divers médias, dont une tribune au vitriol publiée jeudi 21 juin dans Le Monde, le ministre de l’intérieur italien a laissé entendre, le même jour, sur la chaîne italienne RAI 3, qu’il pourrait lever la protection policière dont bénéficie l’écrivain.

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                Roberto Saviano : « Le nouveau gouvernement italien a déjà causé trop de mal »



Ce dernier vit en effet sous protection permanente depuis la publication, en 2006, de Gomorra, son enquête sur la mafia napolitaine, la Camorra. Matteo Salvini, qui avait déjà évoqué plusieurs fois l’idée de lever ce dispositif, a dit lors de son interview télévisée dans l’émission « Agorà » qu’il reviendrait « aux institutions compétentes d’évaluer s’il court un risque quelconque », « parce qu’il [lui] semble qu’il passe beaucoup de temps à l’étranger, donc il est juste d’évaluer la manière dont l’argent des Italiens est dépensé. »
« Roberto Saviano est le dernier de mes problèmes, je lui envoie un bisou s’il nous regarde. C’est quelqu’un qui m’évoque beaucoup de tendresse et d’affection », a-t-il ajouté, ironique.

"Togliere la scorta a #Saviano? Saranno le istituzioni competenti a valutare se corre qualche rischio, anche perché… https://t.co/9HlxFBgaDq— agorarai (@Agorà)


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« Menace inacceptable »
Cette menace du ministre de l’intérieur a suscité de nombreux commentaires, surtout à gauche. L’ancien ministre de l’intérieur Marco Minniti a notamment déclaré dans La Repubblica que « les escortes policières ne se décident ni ne se lèvent à la télévision », mais qu’elles sont décidées par un bureau spécial, sous la tutelle du département de la sécurité publique.
Ettore Rosato, président du groupe du Parti démocrate à la Chambre des députés, a dit dans le même journal que les propos de M. Salvini représentaient une « menace inacceptable » envers un homme qui a fait la lumière sur un dangereux réseau criminel.
Dans sa tribune, l’écrivain s’insurge contre la politique migratoire du ministre de l’intérieur. « Ce que je sais avec certitude, c’est que nous ne pouvons accorder de répit à ce gouvernement, qui procède à coups de déclarations, et que nous devons lui faire regretter le jour où, par égoïsme, intérêt et méchanceté, il a décidé — car, oui, il l’a décidé — que pour exister, il fallait devenir raciste. Voilà pourquoi, en ces heures comme jamais, il m’est impossible de me taire », écrit-il notamment.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le trafic SNCF, touché par la grève vendredi, sera moins perturbé que lors des journées de mobilisation précédentes avec neuf TGV sur dix, trois TER sur cinq et deux Transilien sur trois, a annoncé jeudi la direction.
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Grève à la SNCF : un trafic moins perturbé vendredi

Le trafic SNCF, touché par la grève vendredi, sera moins perturbé que lors des journées de mobilisation précédentes avec neuf TGV sur dix, trois TER sur cinq et deux Transilien sur trois, a annoncé jeudi la direction.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 18h02
   





                        



   


Le trafic ferroviaire sera moins perturbé vendredi 22 juin par rapport aux journées de grève précédentes. La direction de la SNCF a annoncé jeudi qu’elle prévoyait neuf TGV sur dix, trois TER sur cinq et deux Transilien sur trois. Il est aussi prévu trois trains Intercités sur cinq et quatre trains internationaux sur cinq pour cette 33e journée de grève contre la réforme ferroviaire depuis le lancement début avril du mouvement.
En Ile-de-France, la SNCF prévoit pour vendredi un « trafic normal » sur la très fréquentée ligne du RER A. Sur la portion nord du RER B, il y aura un train sur deux aux heures de pointe. Sur sa portion sud, deux trains sur trois circuleront en heures de pointe et le trafic sera « normal » pendant les heures creuses. Pour le RER C, il y aura un train sur deux. Sur la ligne du RER D, il est prévu un train sur deux pour la portion nord, tandis que sur la portion sud, il y aura un train sur deux pour la branche Melun et trois sur cinq pour la branche Corbeil. Le RER E comptera trois trains sur quatre. Concernant les lignes internationales, le trafic Eurostar sera « normal », celui des Thalys « quasi normal ».
Un dispositif spécial pour les bacheliers
Pour cette journée d’épreuves écrites du bac, le syndicat CFDT-Cheminots a levé partiellement son appel à la grève en demandant aux agents de faire rouler les TER et Transilien (RER), afin de ne pas pénaliser les candidats dans leurs déplacements vers les lieux des examens.
La SNCF maintient pour vendredi son dispositif « “Spécial Exams” afin de prendre en charge et d’acheminer dans les meilleures conditions les candidats au baccalauréat », souligne la direction dans un communiqué. Ce dispositif vise à garantir les trains stratégiques le matin et à aiguiller les élèves, grâce notamment à des agents en « gilets rouges » déployés dans les gares. En collaboration avec l’éducation nationale ont été identifiés un certain nombre de trains particulièrement susceptibles d’être empruntés par les candidats. Des bus de substitution sont aussi prévus dans certaines zones.
Ce 17e et avant-dernier épisode de grève du calendrier lancé début avril commence jeudi soir à 20 heures et s’achèvera dimanche matin à 7 h 55. La CGT-Cheminots et SUD-Rail ont déjà annoncé qu’ils allaient continuer la grève en juillet et août. L’UNSA-Ferroviaire s’arrêtera le dernier jour du calendrier par épisode en cours. La CFDT-Cheminots doit annoncer la semaine prochaine sa décision sur une poursuite ou non de la grève.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?en données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle panorama : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaireles cinq pistes pour une sortie de criseles détails du calendrier des perturbationsle moteur de recherche pour savoir si votre ligne s’est dégradée au fil du temps





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ L’ONU, l’UE et la Commission interaméricaine des droits de l’homme veulent mener des investigations sur la répression, qui a fait plus de 180 morts en deux mois.
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Des enquêteurs internationaux vont pouvoir se rendre au Nicaragua

L’ONU, l’UE et la Commission interaméricaine des droits de l’homme veulent mener des investigations sur la répression, qui a fait plus de 180 morts en deux mois.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 17h19
    |

                            Julia Leschi








                        



   


Après plusieurs jours d’incertitudes, les représentants de l’Union européenne, du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme et de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) ont confirmé, mercredi 20 juin, qu’ils avaient été conviés à enquêter sur la situation nicaraguayenne. Cette annonce prélude à une nouvelle relance des négociations entre le gouvernement de Daniel Ortega et l’opposition, seule issue apparente à la crise qui frappe le pays depuis la mi-avril.
Le 18 juin, le dialogue avec l’opposition avait été interrompu en l’absence de garantie que Daniel Ortega avait bien invité les organisations des droits de l’homme à se rendre sur le terrain, comme l’avait conclu l’Eglise catholique. Très influente dans ce petit pays d’Amérique latine, la Conférence épiscopale tente depuis un mois de superviser une médiation entre le président et ses opposants.

Canciller de #Nicaragua remitió a la @CIDH los comunicados con los acuerdos de la Mesa de Diálogo de los últimos dí… https://t.co/ay760IxqoI— PauloAbrao (@Paulo Abrāo)


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Le pays le plus pauvre d’Amérique centrale est plongé dans une profonde crise politique depuis la répression brutale des autorités à l’encontre de manifestants opposés à un projet de réforme des retraites. Près de 25 morts ont été dénombrés en cinq jours de manifestations à la mi-avril. Le mouvement de contestation s’est propagé, malgré l’abandon rapide de la mesure. Les mots d’ordre se sont même élargis, exigeant la démission du président. Héros de la révolution sandiniste qui avait renversé la dictature de Somoza en 1979, puis dirigé le pays jusqu’en 1990, Daniel Ortega est aujourd’hui accusé d’avoir confisqué le pouvoir qu’il a récupéré en 2007.
Depuis des semaines, la CIDH dénonce un usage excessif de la force, ainsi qu’un recours à la torture. Le 7 mai, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a officiellement demandé l’autorisation de venir enquêter sur place. L’armée, elle, a pris ses distances avec le président en annonçant le 13 mai qu’elle refuserait à l’avenir de réprimer de nouvelles manifestations.
Offensive sur Masaya
Pressé de toutes parts, M. Ortega a finalement entamé le 16 mai un dialogue avec l’opposition. Les négociations se sont engagées sous la direction de la Conférence épiscopale du Nicaragua, mais ont depuis été maintes fois suspendues, faute d’accord sur la démocratisation du régime. L’Eglise avait établi comme condition préalable à la reprise des négociations que M. Ortega fasse cesser immédiatement la répression.

   


Dans la rue, les violences se sont poursuivies. A Managua, malgré la trêve, un incendie criminel, provoqué par des hommes du régime, a tué six membres d’une même famille, le 16 juin. Au moins trois personnes ont trouvé la mort dans une offensive lancée, trois jours plus tard, par les forces progouvernementales pour reprendre le contrôle de la ville de Masaya, symbole de la résistance, officiellement en rébellion depuis le 18 juin.
« Les Nicaraguayens sont totalement impuissants et nous lançons au monde un SOS pour le Nicaragua. Nous ne voulons plus de bains de sang », a déclaré le président de la Commission permanente des droits de l’homme du Nicaragua, Marcos Carmona. Edgar Taleno, qui vit à Masaya, appuie son témoignage auprès de l’Agence France-Presse : « Nous demandons à la communauté internationale de nous soutenir. Ici on ne peut plus vivre, ils sont en train de massacrer un peuple sans armes. » Le bilan s’élève à plus de 180 morts, après deux mois de contestation.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ La Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, favorables à une ligne dure sur l’immigration, ont annoncé jeudi qu’elles excluaient de participer à la rencontre organisée par la Commission européenne.
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Immigration : les pays de Visegrad boycotteront le minisommet européen de dimanche

La Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, favorables à une ligne dure sur l’immigration, ont annoncé jeudi qu’elles excluaient de participer à la rencontre organisée par la Commission européenne.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 17h43
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 18h04
   





                        



   


Les pays du groupe de Visegrad, un groupe informel composé de la Hongrie, de la Pologne, de la République tchèque et de la Slovaquie, ont annoncé jeudi 21 juin qu’ils ne participeraient pas au minisommet européen sur l’immigration organisé par la Commission européenne à Bruxelles dimanche, et interprété comme une manifestation de soutien à la chancelière allemande, Angela Merkel.
Les premiers ministres de ces pays, réunis à Budapest, ont contesté la légitimité de ce minisommet et ont précisé qu’ils réserveraient leur présence au sommet régulier des Vingt-Huit les 28 et 29 juin, également à Bruxelles.
C’est le président du Conseil européen « [Donald] Tusk qui est responsable de l’organisation des sommets et non pas la Commission européenne. Nous comprenons qu’il y aura un minisommet mais nous n’y participerons pas car cela est contraire aux habitudes de l’UE », a déclaré le dirigeant hongrois, Viktor Orban. « Le minisommet de dimanche est inacceptable, nous n’y participerons pas. Ils veulent réchauffer une ancienne proposition que nous avions déjà refusée », a renchéri son homologue polonais, Mateusz Morawiecki.

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Merkel sous pression pour durcir sa politique migratoire
Convoqué alors que Mme Merkel est pressée par ses alliés bavarois de la CSU d’obtenir un durcissement des règles et des pratiques européennes en matière migratoire, le minisommet de dimanche doit réunir au moins une dizaine de dirigeants européens, dont le président français, Emmanuel Macron. Cette liste, qui inclut les dirigeants italien, grec, maltais, espagnol, autrichien, bulgare, belge et néerlandais, est ouverte aux autres pays européens désireux de s’y joindre, avait précisé la Commission mercredi.
Selon un document de travail provisoire obtenu par l’Agence France-Presse, les participants à la réunion doivent notamment s’engager à accélérer les renvois de demandeurs d’asile d’un pays de l’UE vers un autre selon le règlement de Dublin. Le texte prévoit aussi la mise en place d’un « mécanisme de solidarité efficace » avec une répartition obligatoire des migrants parmi les différents pays membres, une proposition que les pays de Visegrad rejettent catégoriquement depuis plus de deux ans.
Rome a également brièvement fait planer jeudi la menace de boycotter ce minisommet, estimant que les conclusions de cette rencontre sont déjà écrites et ne répondent pas à ses exigences, avant de finalement confirmer sa présence.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Commissaire indépendante auprès de l’OMS sur les maladies non transmissibles, Katie Dain estime que l’objectif de réduire d’un tiers la mortalité d’ici 2030 ne sera pas atteint avec les moyens alloués actuellement.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/06/2018
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Cancer, diabète... « les grands groupes alimentaires et de tabac alimentent l’épidémie »

Commissaire indépendante auprès de l’OMS sur les maladies non transmissibles, Katie Dain estime que l’objectif de réduire d’un tiers la mortalité d’ici 2030 ne sera pas atteint avec les moyens alloués actuellement.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h24
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



                                


                            

Katie Dain est directrice générale de l’Alliance contre les maladies non transmissibles ou chroniques (cancer, diabète, maladies cardiovasculaires et respiratoires…) et membre de la Commission indépendante de haut niveau sur les maladies non transmissibles (MNT) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Alors que l’ONU doit tenir une conférence en septembre sur ce sujet, elle dénonce l’apathie des gouvernements.
Trois ans après l’adoption des objectifs de développement durable sur les maladies non transmissibles, quel premier bilan tirez-vous ?
Ce n’est pas très positif. L’objectif était de réduire d’un tiers la mortalité d’ici à 2030. Mais selon l’OMS, la tendance actuelle nous amène à une réduction d’uniquement 17 %. Si nous continuons ainsi, nous n’atteindrons pas notre objectif. Et il en va de même pour beaucoup d’objectifs spécifiques liés aux MNT, comme la prévalence des maladies causées par le tabagisme ou par l’alcool. Les progrès ont été beaucoup trop lents. Les engagements ambitieux qui ont été pris en 2015 ne se sont pas traduits en action au niveau national. C’est particulièrement vrai pour les pays en voie de développement.

Comment expliquez-vous ce manque de volonté politique ?
D’abord par le fait que les MNT ne sont pas seulement un problème de santé publique. Il touche tous les secteurs du gouvernement : l’agriculture, l’environnement, les transports… Il faut une vraie volonté de l’exécutif pour faire bouger les lignes. Par ailleurs, les pays en développement ne savent pas par où commencer car le champ des MNT est si vaste qu’un sentiment de paralysie domine. Donc l’OMS encourage les pays à prioriser leurs actions.
Enfin, les financements et ressources manquent. Au niveau international, moins de 3 % de l’aide au développement pour la santé [22 milliards de dollars, soit 19 milliards d’euros] vont aux maladies non transmissibles,...




                        

                        


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Réussite en licence : « Le passé scolaire joue plus que l’origine sociale »

Une étude montre que les étudiants qui échouent en licence à l’université sont souvent d’anciens élèves aux acquis fragiles en 6e.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 18h32
    |

            Séverin Graveleau








                        



   


Alors que le gouvernement a défendu sa réforme de l’accès à l’université par la volonté d’endiguer les « 60 % d’échec » en licence, une étude parue dans la revue Economie et statistique de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) montre que cette réussite dépend en partie du niveau acquis à la fin de l’école primaire. Réalisée par les chercheurs Yaël Brinbaum (CNAM), Cédric Hugrée (Cresppa) et Tristan Poullaouec (CENS), celle-ci analyse le devenir, dix ans après, d’une cohorte de 18 000 élèves entrés en classe de 6e en 1995, et dont 8 000 ont débuté des études supérieures.

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La réussite en licence est-elle corrélée au passé scolaire de l’étudiant ou à ses origines sociales ?
Cédric Hugrée : Dans notre cohorte de bacheliers, 71 % des enfants de cadres ou de professions intermédiaires obtiennent une licence, contre 52 % d’enfants d’ouvriers. Et à milieu comparable, les enfants d’immigrés l’obtiennent aussi moins. Il y a donc bien un impact des origines sociales et migratoires.
Mais ce qui est intéressant, c’est de remonter le passé scolaire de ces étudiants. On sait que les bacheliers généraux obtiennent majoritairement la licence, contrairement aux bacheliers professionnels ou technologiques. Mais la réussite en licence diffère aussi au sein des bacheliers généraux, selon leurs parcours au collège et au lycée, et leur mention, etc. Le fait d’avoir redoublé au collège ou au lycée a clairement un impact.
De fil en aiguille, on remonte jusqu’aux évaluations des élèves à l’entrée en 6e en mathématiques et français. Et là, on s’aperçoit que les étudiants dont les résultats étaient faibles en fin de primaire sont certes peu nombreux à être parvenus jusqu’à l’université, mais quand c’est le cas, ils ont beaucoup moins souvent obtenu la licence.
Autrement dit : les étudiants qui échouent à décrocher une licence sont beaucoup plus souvent des élèves aux acquis scolaires les plus fragiles… qui se trouvent rarement appartenir aux classes moyennes et supérieures.
Tout est donc joué à 11 ans ? Est-ce à dire que l’origine sociale ne joue plus dans l’enseignement supérieur ?
Tristan Poullaouec : L’obtention de la licence dépend à la fois du passé social et du passé scolaire. Mais lorsqu’on essaie de mesurer les effets en isolant un seul paramètre, on voit que c’est le passé scolaire qui joue le plus. Comme le montre le graphique ci-dessous, ce n’est pas le fait de venir d’un milieu plus populaire qui fait que l’on obtient ou non sa licence, mais plutôt le type de bac, le fait de l’avoir décroché « à l’heure », d’avoir eu une mention ou non, etc.

   


Les origines sociales jouent d’abord en amont, avant la sixième, surtout pour les enfants des familles populaires. L’école française échoue donc à transmettre équitablement les savoirs scolaires, mais pire, elle aggrave ces inégalités au fil du temps, comme d’autres enquêtes l’ont déjà montré. Nous en avons une confirmation quand on observe les titulaires d’une licence.
Notre étude permet ainsi d’éclairer le système scolaire français : du haut de la pyramide scolaire, depuis la licence, niveau auquel la France voudrait diplômer 50 % d’une génération, nous montrons sous un nouveau jour l’importance des apprentissages à l’école primaire et leurs conséquences sur le temps long pour les élèves. La démocratisation de l’enseignement supérieur passe donc par la lutte contre les inégalités scolaires à l’école primaire.

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Votre étude identifie cinq parcours types des licenciés de l’université. Quels sont-ils ?
C. H. : Parmi les étudiants ayant obtenu la licence, les parcours « honorables » sont les plus fréquents, avec un tiers de licenciés concernés. Ce sont souvent des bacheliers généraux « à l’heure » au moment du bac, et avec de bons résultats aux évaluations de sixième, majoritairement des filles.
Viennent ensuite les étudiants « de l’entre-deux universitaire » (31 % des licenciés). Ni excellents, ni faibles, ce sont aussi des bacs généraux, mais avec des petits ratés scolaires (redoublement par exemple), avec notamment des étudiants issus des fractions supérieures des classes populaires.
On trouve ensuite les « rescapés » de l’enseignement technologique et professionnel (21 % des licenciés). En majorité titulaires d’une licence professionnelle, ils ont un bac technologique et dans une moindre mesure un bac professionnel. Ils ont eu un parcours scolaire moyen et travaillent souvent en parallèle de leurs études et sont plutôt issus des classes populaires.
Viennent ensuite les « héritiers » (8 % des licenciés), avec un excellent parcours scolaire, puis enfin ceux avec un parcours fragile et heurté dans le secondaire (6 %).

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La ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a défendu sa réforme de l’accès à l’université par, entre autres, la nécessité de lutter contre les « 60 % d’échec » en première année de licence. Qu’en dit votre étude ?
T. P. : Parmi les étudiants de notre cohorte, on s’aperçoit que la moitié de ceux qui n’ont pas obtenu leur licence (L1) ne décrochera aucun diplôme de l’enseignement supérieur. On peut donc dire que 50 % des autres se sont réorientés avec succès.
Mais ces réorientations efficaces sont une fois encore différenciées selon le type de bac. Alors que les trois quarts de ces décrocheurs titulaires d’un bac général ont finalement obtenu un diplôme du supérieur, ce n’est le cas que pour 40 % des bacheliers généraux sans mention et seulement 31 % des bacheliers professionnels et technologiques.
Là encore, ces inégalités scolaires étaient en partie déjà présentes à l’entrée de la sixième. Il n’est donc plus possible de se poser la question de la réussite en licence du seul point de vue de l’accès ou non à l’université. Et on en revient à l’école française qui doit régler ses problèmes autour de l’apprentissage des savoirs élémentaires de la culture écrite…
Quels leviers pour améliorer cet apprentissage des savoirs fondamentaux alors ?
T. P. : Quand on voit que les acquis de fin de primaire pèsent encore jusqu’à la licence pour certains jeunes, la question à se poser est : « Qu’est-ce que l’école fait pour ces élèves qui ne bénéficient pas d’une transmission familiale de la culture écrite ? »
Dans le contenu des enseignements, comme dans la formation des enseignants, on suppose trop souvent que les élèves des classes populaires n’ont pas les ressources pour manier l’abstraction, le raisonnement logique et la réflexivité. Or, seule une pédagogie de l’exigence intellectuelle « s’obligeant à tout en faveur de tous » (Bourdieu) peut démocratiser la réussite…
C. H. : De ce point de vue, on a toujours du mal à comprendre pourquoi nos étudiants de licence à l’université reçoivent moins d’heures de cours que ceux de la moindre classe préparatoire aux grandes écoles ! Plus largement, depuis de longues années maintenant, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et les études récurrentes du ministère de l’éducation nationale montrent les difficultés de la France à transmettre également les savoirs scolaires, et finalement à faire « école commune » pour toutes et tous. Mais, contrairement à d’autres pays de l’OCDE, on a l’étrange sentiment que le « choc PISA » n’a pas encore vraiment eu lieu en France. L’expérience montre pourtant qu’une bonne entrée dans les savoirs élémentaires annule quasiment le désavantage des étudiants issus des classes populaires.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le 17 juin, le gouvernement israélien a donné son accord à une loi censée protéger l’image des soldats israéliens. Plusieurs ONG, telle B’Tselem, utilisent des caméras pour documenter les actions de Tsahal dans les territoires palestiniens occupés.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ L’interdiction du recours aux antisèches stockées dans les calculatrices, qui devait entrer en vigueur lors du bac 2018, a finalement été reportée. Voici comment.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

Bac maths 2018 : les calculatrices finalement autorisées sans « mode examen »

L’interdiction du recours aux antisèches stockées dans les calculatrices, qui devait entrer en vigueur lors du bac 2018, a finalement été reportée. Voici comment.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 20h44
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 20h50
    |

                            Ines Ameur








                        



   


Ce devait être une première : le bac 2018, et autres concours de l’enseignement scolaire, devait interdire le recours aux antisèches – qu’il s’agisse de quelques formules ou des cours entiers – stockées sur les calculatrices. Une circulaire de 2015 prévoyait ainsi que les candidats ne pourraient passer les épreuves scientifiques qu’avec une calculatrice dotée d’un « mode examen ». Avec pour conséquence d’obliger les candidats à acheter un nouveau modèle, sur lequel un signal lumineux et clignotant indique quand l’accès aux programmes est verrouillé.
En février, à quelques mois de l’épreuve, le ministère de l’éducation nationale est finalement revenu sur cette décision, pour des raisons principalement pratiques. « De nombreuses académies ont signalé qu’un nombre significatif d’élèves ne disposait pas à ce jour d’une calculatrice conforme à cette nouvelle réglementation. Tous les candidats composeront donc dans les mêmes conditions qu’à la session 2017, et avec l’équipement de leur choix », a-t-il alors annoncé.
Un recul tardif diversement apprécié des candidats, dont beaucoup avaient déjà racheté une calculatrice :

   


De nombreuses personnes ne semblent pas au courant du retour en arrière, souhaitant bon courage aux candidats pour composer sans cours stockés dans leur calculatrice :

   



   


Pour cette année, les candidats sont « sauvés » et pourront utiliser leur calculatrice comme bon leur semble, la circulaire officielle finalement restée en vigueur autorisant bien l’usage de « calculatrices programmables ».

   



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          Bac 2018 : quels programmes d’antisèche rentrer dans sa calculatrice ?



Quelle sera la règle pour la session 2019 du bac ? « Officiellement, la circulaire restera en vigueur pour eux. Mais il est bien difficile de savoir comment les couacs rencontrés cette année pourront être résolus », expliquait Guillaume Ouattara, blogueur invité pour Le Monde Campus, lors de l’annonce du report de l’interdiction, en février.

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          Bac maths 2018 : sujets probables et kit de survie pour l’épreuve de S, ES et L




Bac 2018 : retrouvez les sujets, corrigés et l’actualité de l’examen sur « Le Monde Campus »
Le Monde Campus accompagne les élèves de 1re et de terminale candidats au bac S, bac ES, bac L et bac STMG, jusqu’aux résultats, le 6 juillet, en publiant les sujets et les corrigés des épreuves, des conseils pour celles à venir, l’actualité de l’examen et des directs (voici celui sur l’épreuve de sciences économiques et sociales, avant celui sur les résultats de l’examen, le 6 juillet). Retrouvez tous nos articles sur www.lemonde.fr/bac, la page Facebook Le Monde Campus et le compte Twitter @lemonde_campus , et une sélection ci-dessous :

Sujets probables et kit de survie pour l’épreuve de maths S, ES et L
Corrigés vidéo de SES - Corrigés vidéo de physique-chimie 
Conseils pour l’oral du bac de français





                            


                        

                        

