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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La chercheuse Speranta Dumitru analyse l’apport considérable des milliers d’expatriés qui parviennent à faire vivre, malgré la précarité, des familles entières. Sans avoir la destinée de Mamoudou Gassama.
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Décryptage

« Pourquoi les migrants économiques sont des héros »

La chercheuse Speranta Dumitru analyse l’apport considérable des milliers d’expatriés qui parviennent à faire vivre, malgré la précarité, des familles entières. Sans avoir la destinée de Mamoudou Gassama.

Par                Speranta Dumitru



LE MONDE
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        Le 04.06.2018 à 15h39

     •
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        Mis à jour le 04.06.2018 à 16h10






    
Mamoudou Gassama reçu par le président Macron, le 22 mai 2018, au palais de l’Elysée.
Crédits : Thibault Camus/AFP


Emmanuel Macron aime les héros. Mamoudou Gassama a sauvé la vie d’un enfant en escaladant quatre étages à mains nues. En guise de reconnaissance, le président lui a annoncé sa régularisation, l’invitant aussi à faire une demande de naturalisation.
Cette décision suscite des réactions inattendues. L’extrême droite la salue, car comme la nationalité française doit se mériter, on tient à dire que Mamoudou Gassama est méritant « contrairement à d’autres ». A gauche, certains philosophes craignent que la régularisation ne soit désormais conditionnée à l’héroïsme.
Une très haute valeur morale
Motivées par des convictions différentes, ces deux réactions s’accordent sur le fait que la plupart des migrants ne seraient pas des héros. Mais qu’est-ce qu’un héros ? Si Emmanuel Macron aimait vraiment les héros, ne devrait-il pas revoir sa conception de ce qu’il appelle les « migrants économiques » ?
En éthique, un acte héroïque est défini comme un acte de très haute valeur morale, mais qui va au-delà de ce qui est obligatoire. Ce type d’actes est aussi appelé « surérogatoire », du latin médiéval super-erogatio, qui signifie « donner en sus », plus que ce qui est dû.

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Le geste de Mamoudou Gassama correspond bien à ces deux critères. Son acte – sauver une vie – a une très haute valeur morale sans être moralement obligatoire. S’il existe bien une obligation d’assistance à personne en danger, elle ne s’applique pas aux passants sans moyen d’atteindre le quatrième étage, où l’enfant était suspendu.
La question des moyens est essentielle. Une fois que Mamoudou Gassama intégrera la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, ses actes auront une valeur morale tout aussi haute, sans être héroïques. Non seulement le sauvetage des vies fera partie de ses obligations, mais il disposera d’échelles pivotantes et d’autres technologies pour les accomplir. Le fait qu’aujourd’hui, il ait pu sauver un enfant « à mains nues » est important dans la qualification éthique de son action.



On comprend pourquoi Emmanuel Macron aime les héros. Faire beaucoup de bien avec peu de moyens ne saurait être une obligation, mais reste un acte hautement louable. Si Mamoudou Gassama est un héros, y aurait-il d’autres migrants qui sauvent des vies « à mains nues » ?
Mamoudou Gassama fait partie de ces migrants des pays pauvres qu’Emmanuel Macron appelle des « migrants économiques », mais qui font preuve d’une forme d’héroïsme collectif. Avec très peu de ressources de départ et de nombreuses barrières en chemin, ces migrants contribuent « à mains nues » au développement et à la réduction de la pauvreté. Selon les données de la Banque mondiale, les transferts d’argent des migrants vers les pays à faible et moyen revenu ont atteint à 466 milliards de dollars (397 milliards d’euros) en 2017 et ne cessent d’augmenter.
Un puissant levier de développement
La valeur de ces 466 milliards de dollars est importante. C’est comme si les migrants collectaient, en un an, plus d’argent que les cinq plus riches entrepreneurs du monde (Jeff Bezos, Bill Gates, Warren Buffet, Bernard Arnault et Mark Zuckerberg, selon Forbes) ont amassé toute leur vie. Seulement, les migrants renouvelleraient l’opération chaque année et enverraient ces cinq grandes fortunes aux pays à faible et moyen revenu.
La valeur morale de ces transferts d’argent a été longtemps discréditée par les théories néomarxistes, sous prétexte que l’argent servirait simplement à la consommation. Mais, aujourd’hui, on sait que la migration et les transferts d’argent sont un puissant levier de développement et de réduction de la pauvreté. Par exemple, les économistes Richard Adams et John Page ont montré qu’une augmentation de 10 % de la migration diminuait de 2 % la pauvreté, c’est-à-dire la proportion des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour.

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                Derrière l’héroïsation de Mamoudou Gassama, la presse souligne la « bonne conscience » de l’Etat



En matière d’héroïsme, il vaut mieux retenir deux chiffres simples : moins de 3 % de la population mondiale fait trois fois mieux que tous les gouvernements puissants du Nord rassemblés.
En effet, les migrants sont à l’origine du flux monétaire le plus important que reçoivent les pays à faible et moyen revenu, à l’exception des investissements directs étrangers. Les transferts d’argent des migrants ont dépassé depuis 1996 l’aide publique au développement. Les efforts financiers des migrants sont trois fois plus importants que les efforts consentis par les gouvernements.
L’effort financier des migrants est-il fait « à mains nues » ? Peut-être pas, mais l’argent est gagné dans des conditions où la discrimination, l’exploitation et le taux de surqualification dans l’emploi sont plus élevés que chez les non-migrants. De plus, les migrants nés dans les pays du Sud ont migré, pour plus de la moitié d’entre eux, dans d’autres pays du Sud où les salaires sont plus réduits que dans les pays du Nord.
« Toute la misère du monde »
Quand leurs exploits ne sont pas filmés, Emmanuel Macron appelle les migrants pauvres comme Mamoudou Gassama « migrants économiques » et affirme ne pas pouvoir les « accueillir ».
Cette position fait écho à la phrase prononcée, il y a trente ans, par Michel Rocard selon laquelle « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Depuis lors, le mot « misère » est répété par les responsables politiques sans frémir. Publiquement. Dans tous les médias. Comme si les migrants originaires des pays pauvres ne pouvaient pas entendre ou étaient trop rustres pour se sentir offensés. Comme s’il y avait, d’un côté, ceux qui sont nés pour « accueillir » et, de l’autre, ceux qui sont nés rustres.



L’expression « migrants économiques » est moins brutale, mais elle est impropre. Généralement, quand on parle de « migration pour motif économique », on fait référence à la nature des titres de séjour (liée elle-même au travail), et non à la motivation de leurs titulaires. Que leurs titulaires soient venus travailler en France pour être proches de la tour Eiffel ou pour nourrir leurs enfants, c’est un fait que les statistiques migratoires ignorent. Ce que l’on sait, c’est qu’en France, l’accès à l’autorisation de travail est difficile à obtenir. Seuls 10 % des titres de séjour sont délivrés pour motif économique.

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                « Le conte de fées de Mamoudou Gassama cache mal la répression des migrants en France »



Emmanuel Macron ne semble pas intéressé par les données statistiques et les études migratoires. Il aurait pourtant appris que la migration n’est pas un risque pour la sécurité mondiale, mais une chance de doubler le PIB mondial. A l’inverse, freiner la migration économique, c’est laisser des trillions de dollars sur le carreau, comme l’a montré Michael Clemens. Les gains de l’ouverture des frontières seraient équivalents aux gains d’un « miracle de croissance », selon l’expression de John Kennan. Même les estimations les plus pessimistes confirment que, en cas d’ouverture des frontières, le revenu moyen mondial par travailleur augmenterait de 12 % sur le court terme et de 52 % sur le long terme.
L’exploit de Mamoudou Gassama illustre bien les gains de la mobilité. Sans obstacle, il a réussi à grimper à mains nues pour sauver un enfant. Avec les politiques migratoires, on choisit de créer des obstacles à chaque étage. Ceux qui, contre tous ces obstacles, arrivent encore à sauver des enfants sont, tout compte fait, des héros.
Speranta Dumitru est maîtresse de conférence en sciences politiques à l’Université Paris-Descartes.
Cet article a d’abord été publié sur le site The Conversation.





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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités françaises, dont Beate et Serge Klarsfeld, Pascal Bruckner et Marek Halter, appelle le gouvernement israélien à surmonter l’obstacle des relations avec la Turquie et à accomplir un geste qui relève d’une éthique des relations internationales.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

« Nous demandons à l’Etat d’Israël de reconnaître le génocide des Arméniens »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités françaises, dont Beate et Serge Klarsfeld, Pascal Bruckner et Marek Halter, appelle le gouvernement israélien à surmonter l’obstacle des relations avec la Turquie et à accomplir un geste qui relève d’une éthique des relations internationales.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 14h44
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 15h04
    |

                            Collectif








                        



   


Tribune. En 1915-1916, un génocide majeur fut perpétré en Anatolie par le gouvernement Jeune-Turc sur la population arménienne de l’Empire ottoman. Un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants furent exterminés par épuisement lors de marches de la mort dans le désert, par assassinats multiples, viols systématiques ou inanition, des milliers d’enfants étant capturés et convertis de force.

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                Cent ans de solitude pour les Arméniens



Rescapés, diplomates étrangers, soldats allemands et même — on l’oublie trop souvent — juges turcs au début des années 1920, d’innombrables personnes ont livré témoignage de ce crime de masse que les historiens authentifièrent rapidement et dont s’inspirèrent les juristes internationaux dans leurs travaux sur les crimes contre l’humanité.
Soutien ancien de l’opinion publique israélienne
Nous, militants de la mémoire et du combat antinégationniste, observons avec intérêt la forte progression du nombre de députés au Parlement israélien favorables à la reconnaissance du génocide des Arméniens ; trois (sur cent vingt) en 2000, trente en 2010, une majorité sans doute à présent, y compris le président de la Knesset, l’ancien refuznik [dissident soviétique] Yuli Edelstein.
Cette évolution positive, qui traduit un soutien populaire déjà ancien de l’opinion publique israélienne, doit pousser l’exécutif israélien à cesser de tergiverser et à en prendre acte par-delà les considérations économiques ou diplomatiques ; dans les relations internationales, un impératif moral au moins doit prévaloir : le rejet catégorique des génocides et de leur négation.

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                24 avril 1915, premier jour d’un génocide



Parce qu’il est le pays qui recueillit la majorité des rescapés de la Shoah, parce qu’il a bâti et abrite le plus considérable musée-mémorial dédié à un génocide, parce qu’il a reconnu le génocide des Tutsis rwandais de 1994, nous demandons à l’Etat d’Israël de reconnaître officiellement — aux côtés de nombreux autres Etats, eux aussi démocratiques — le génocide des Arméniens.
Les signataires : Benjamin Abtan, président de l’association antiraciste EGAM ; Séverine Benayoun, avocate ; Pascal Bruckner, philosophe ; Alain David, philosophe ; Frédéric Encel, fondateur et animateur des Assises antinégationnistes ; Marek Halter, écrivain ; Pierre Fraidenraich, journaliste ; Valérie Hoffenberg, consultante ; Emmanuelle Hoffman, avocate ; Valérie Igounet, historienne ; Marcel Kabanda, président d’Ibuka-France ; Arno Klarsfeld, avocat ; Beate et Serge Klarsfeld, dirigeants de l’Association des fils et filles de déportés juifs de France ; Benjamin Orenstein, rescapé de la Shoah, président de l’Amicale des déportés d’Auschwitz-Birkenau ; Richard Prasquier, ancien président du CRIF ; Gérard Rabinovitch, directeur de l’Institut européen Emmanuel-Levinas ; Rudy Reichstadt, fondateur et directeur de Conspiracy Watch ; Anne-Marie Revcolevschi, fondatrice du Projet Aladin et ancienne directrice générale de la Fondation pour la mémoire de la Shoah ; Dominique Sopo, président de SOS-Racisme ; Mario-Pierre Stasi, président de la Licra ; Antoine Spire, journaliste ; Yves Ternon, historien ; Meïr Waintrater, ancien directeur de L’Arche ; Régine Waintrater, psychanalyste ; François Zimeray, ambassadeur de France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Les règles comptables inscrivent dans les pratiques économiques d’authentiques choix de société, et opèrent parfois de véritables coups d’Etat de fait. Faire apparaître cela explicitement dans les articles d’une « Constitution mondiale » de l’économie nous permettrait d’ouvrir le débat sur la légitimité de telles règles, explique l’économiste Paul Jorion dans sa chronique.
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« Pourquoi le salaire et les dividendes ne sont-ils pas inscrits dans notre Constitution ? »

Les règles comptables inscrivent dans les pratiques économiques d’authentiques choix de société, et opèrent parfois de véritables coups d’Etat de fait. Faire apparaître cela explicitement dans les articles d’une « Constitution mondiale » de l’économie nous permettrait d’ouvrir le débat sur la légitimité de telles règles, explique l’économiste Paul Jorion dans sa chronique.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 13h15
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, Université catholique de Lille)








                        



                                


                            

Marchés. Les salaires constituent pour l’entreprise un coût, alors que les dividendes versés aux actionnaires et les bonus aux montants quelquefois faramineux versés à la direction sont des parts de bénéfice. Or les coûts doivent être réduits et les bénéfices, accrus. Ce sont là, n’est-ce pas, des vérités admises, dont certains diront qu’il s’agit de simple bon sens.
Pourtant, au XVIIIe siècle, le travail était considéré, au même titre que le capital investi et les tâches de supervision effectuées par la direction, comme autant d’avances faites à l’entreprise. Comment pourrait-il en être autrement, puisque chacun de ces ingrédients est indispensable ? Si le salarié ne constituait véritablement qu’un coût pour l’entreprise, pourquoi aurait-on jamais cherché à l’embaucher ?
Une convention
Les implications de ces vérités admises sont multiples, au cœur même de nos sociétés. La définition, reprise sur la fiche de paie, du salaire comme un coût pour l’entreprise explique pourquoi le patron qui débauche, ayant réduit ses coûts et accru ses bénéfices, mérite un bonus au prorata des économies qu’il aura permises.
Et, de manière globale, le même principe décourage les entreprises de créer des emplois : pourquoi recruter une main-d’œuvre stigmatisée sur le plan comptable comme un coût ? Le salaire comme coût n’est rien d’autre qu’une convention, mais une convention loin d’être innocente, puisqu’elle détermine notre vie économique de manière bien plus forte et contraignante que certains articles du texte fondateur de nos institutions : la Constitution.
Une question se pose alors : puisque le salaire comme coût et les dividendes comme part de bénéfice sont des principes fondateurs et inamovibles qui règlent notre vie quotidienne, pourquoi ne sont-ils pas inscrits dans notre Constitution ? Le faire serait tout particulièrement impératif, puisqu’il ne s’agit nullement de bon sens, mais d’une notion apparue historiquement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les représentants de l’éducation nationale, des parents d’élèves et de la jeunesse dénoncent Parcoursup dont les ratés démontrent que le véritable problème est le manque de place à l’université.
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« Parcoursup : un système opaque, injuste et discriminant »

Dans une tribune au « Monde », les représentants de l’éducation nationale, des parents d’élèves et de la jeunesse dénoncent Parcoursup dont les ratés démontrent que le véritable problème est le manque de place à l’université.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 12h24
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Depuis le mois d’octobre 2017, nos organisations dénoncent la loi orientation et réussite des étudiants (ORE) [promulguée en mars] de Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, ses effets négatifs sur l’accès de toutes et tous aux formations du supérieur et les conditions de sa mise en place dans la précipitation.
En janvier 2018 nous écrivions : « Parcoursup reproduira les injustices d’APB en les aggravant. Le gouvernement propose aux élèves de terminale de faire seulement dix vœux, sans les hiérarchiser. À partir de mai, en pleines révisions du bac, les lycéens et lycéennes qui auront reçu plusieurs réponses positives auront quelques jours pour faire leur choix et laisser les places restantes aux candidat·es moins bien classé.es qu’elles.eux par les établissements d’enseignement supérieur – réattribution des places qu’APB effectuait automatiquement. Ce sont d’interminables listes d’attente qui seront ainsi engendrées, génératrices d’anxiété pour les lycéen·nes et leurs familles. »
Précipitation
Il apparaît évident aujourd’hui, alors que Parcoursup a rendu ses premiers arbitrages, que nos craintes étaient fondées… Malheureusement, nos ministres de tutelle Mme Vidal et M. Blanquer, n’en ont absolument pas tenu compte.
Selon les sources ministérielles, près de la moitié des lycéens et des étudiants en attente de réorientation n’avaient aucune réponse positive le mardi 22 mai à l’ouverture de la plate-forme. 29 000 n’avaient que des réponses négatives, les autres étaient « en attente » sur au moins un vœu.

Pour rappel, avec l’ancien système d’affectation (APB), plus de 60 % des candidats avaient au moins un vœu satisfait au premier tour d’affectation. Utilisant la dénonciation du recours au tirage au sort, la ministre a mené dans la précipitation une réforme de tout le système en septembre 2017. Cette procédure était inacceptable et injuste pour les jeunes qui en ont été victimes....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ A la suite du manifeste « Noire n’est pas mon métier », qui fait état du racisme latent dans le cinéma et le théâtre français, de jeunes comédien·ne·s noir·e·s et métis·ses (étudiant·e·s ou récemment diplômé·e·s) témoignent de leur ressenti.
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<article-nb="2018/06/04/17-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Analyse. A l’image d’un Pierre Desproges, Blanche Gardin est une angoissée et une perfectionniste de l’écriture. Chez ces deux artistes, le rire – souvent noir – est existentiel, sous-entend un drame, et aide à vivre, selon la journaliste du « Monde » Sandrine Blanchard.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Avec Blanche Gardin, le stand-up est un art

Analyse. A l’image d’un Pierre Desproges, Blanche Gardin est une angoissée et une perfectionniste de l’écriture. Chez ces deux artistes, le rire – souvent noir – est existentiel, sous-entend un drame, et aide à vivre, selon la journaliste du « Monde » Sandrine Blanchard.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 11h13
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Analyse. « Mémorable », « culte », « géniale », les superlatifs pleuvent sur Blanche Gardin depuis son intervention lors de la 30e Nuit des Molières lundi 28 mai. En transformant le Molière de l’humour en « Molière de la discrimination positive » – « il n’y a qu’à voir la liste des nommés : on a un Noir [Fabrice Eboué], un Arabe [Jamel Debbouze], un Réunionnais [Manu Payet], une femme [elle] et un mâle blanc de 40 ans [Jérôme Commandeur], Jérôme, tu vas rester assis, à moins que tu sois pédé » –, en remettant en cause l’intérêt de sa victoire – « Je suis la seule femme nommée l’année de l’affaire Weinstein, le jour où j’ai un prix il n’a aucune valeur. J’ai l’impression d’être un rebeu du 9.3 qui vient d’être admis à Sciences Po » –, l’humoriste a déclenché l’hilarité du petit monde théâtral réuni salle Pleyel à Paris et une déferlante de commentaires élogieux sur les réseaux sociaux.
En quelques minutes, Blanche Gardin a réussi le tour de force de se remettre à elle-même son Molière, de confirmer son talent pour l’autodérision et de prouver à quel point le rire peut être un formidable exutoire, dont on a tous besoin. En ces temps où la question « peut-on rire de tout ? » est devenue la tarte à la crème d’une société crispée qui ne connaît plus les vertus de l’ironie, cette comédienne a eu le culot de citer Pierre Desproges – « On m’a dit que des juifs s’étaient glissés dans la salle… vous pouvez rester. »
Et elle a expliqué qu’il serait temps, trente ans après sa mort, d’« actualiser nos lamentations. Est-ce que Tex pourrait dire ce qu’il disait il y a trois mois ? Eh bien, non, il ne pourrait pas ». L’animateur du jeu « Les Z’amours » a été licencié cet hiver par France 2 après le tollé suscité par cette blague : « Les gars, vous savez ce qu’on dit à une femme qui a déjà deux yeux au beurre...




                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Les ponctions financières imposées au monde HLM, qui le fragilisent, ne seront qu’à moitié compensées.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Le modèle français du logement social en danger

Les ponctions financières imposées au monde HLM, qui le fragilisent, ne seront qu’à moitié compensées.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 15h44
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

L’avalanche de ponctions financières du gouvernement dans les finances du monde HLM est à son comble. A l’horizon 2020, 2 milliards d’euros seront prélevés chaque année : 1,5 milliard d’euros proviendront de la baisse imposée des loyers pour réduire d’autant le budget des aides personnalisées au logement (APL), 305 millions iront obligatoirement alimenter différents fonds d’aide à la pierre. A quoi s’ajouteront 180 millions de manque à gagner dû au gel des loyers. Tout cela n’est qu’à moitié compensé par les facilités bancaires que la Caisse des dépôts consentira, à la demande de l’Etat, sous forme d’allongement de crédits et de prêts exceptionnels.

Le compte n’y est pas : c’est ce qu’ont découvert, avec stupeur, les dirigeants des Entreprises sociales de l’habitat (ESH) réunis, le 18 mai, lors d’une journée professionnelle de leur fédération, dans une étude d’EY (ex-Ernst & Young), dont Le Monde s’est procuré des éléments. EY établit que, si rien n’est entrepris, 43 ESH seront en déficit dès 2020 et qu’aucune d’entre elles ne conservera la moindre capacité d’investissement d’ici à 2024.
Les 230 ESH détiennent, aujourd’hui, 2,3 millions de logements, soit plus de la moitié du parc, et elles forment l’une des deux grandes familles de HLM, sa branche privée, avec, pour actionnaires principaux, les Caisses d’epargne et Action logement (ex-1 % logement). L’autre famille est la Fédération des offices publics présidés par les élus locaux. Ces deux branches sont réunies au sein de l’Union sociale pour l’habitat (USH).
« Coécrites par Bercy »
La branche privée des ESH a très vite cédé – dès la fin 2017 – à la pression du gouvernement, capitulé sur les montants exigés et signé, le 13 décembre 2017, sans les offices publics, un protocole d’accord avec le ministre, ce qui a divisé et affaibli comme jamais le mouvement HLM.

Pourquoi le gouvernement est-il en train de mettre à genoux le secteur HLM ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Le 3 juin, dans un entretien accordé au « Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung », la chancelière a enfin dit ce qu’elle pensait des propositions pour l’Europe du chef de l’Etat français.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Europe : les réponses prudentes de Merkel à Macron

Editorial. Le 3 juin, dans un entretien accordé au « Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung », la chancelière a enfin dit ce qu’elle pensait des propositions pour l’Europe du chef de l’Etat français.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 11h51
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Enfin ! Après des mois d’espoirs déçus, d’atermoiements incompris et d’imprécations inutiles, Angela Merkel a fini par livrer, dimanche 3 juin, sa réponse aux propositions d’Emmanuel Macron pour refonder l’Europe, formulées notamment dans son discours de la Sorbonne en septembre 2017. Ceux qui pensaient que, si la chancelière allemande tardait autant, c’était pour mieux placer ses ambitions pour l’Europe à la hauteur de celles de son partenaire français en sont pour leurs frais. Il n’y aura pas de grand soir allemand. Fidèle à sa réputation, Merkel fait du Merkel : elle avance, mais à petits pas.
On l’attendait à Aix-la-Chapelle, où elle avait accepté d’intervenir pour la remise du prix Charlemagne décerné cette année à M. Macron, en mai : elle aurait pu y prononcer un discours historique, il fut d’une désolante platitude, face au président français pressant l’Allemagne d’abandonner son « fétichisme » budgétaire. Le président français aime l’oral, de préférence dans un cadre théâtral ; la chancelière allemande préfère le confort de l’écrit. C’est donc dans un long entretien au Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung qu’elle a finalement choisi de préciser la position de l’Allemagne sur plusieurs dossiers essentiels, à trois semaines d’un conseil européen très attendu.
Pas d’« union de la dette »
C’est évidemment sur la réforme de la zone euro que sa réponse sera jugée la plus décevante à Paris. Les avancées de Mme Merkel sont minimales, dans un contexte, il est vrai, assombri par la situation italienne : elle est en faveur de la transformation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en Fonds monétaire européen (FME), susceptible de venir en aide aux pays en difficulté économique, mais susceptible aussi d’étudier la restructuration de la dette de ces pays – une recette à laquelle la France est opposée. Mme Merkel se prononce également en faveur d’un budget d’investissement de la zone euro, mais d’un montant bien inférieur à celui souhaité par M. Macron. Soucieuse de ne pas heurter ses partenaires politiques, elle réitère son refus de créer une « union de la dette ».
Avant ce quatrième mandat, la chancelière n’a fait que deux embardées audacieuses.
La chancelière avance sur la question migratoire : elle soutient l’idée d’une agence européenne des migrations et plaide pour l’harmonisation du droit d’asile. Elle reconnaît que le système des quotas obligatoires de réfugiés pour les Etats membres a été un échec et propose un « système flexible » de partage des responsabilités.
C’est sur la défense et la sécurité qu’Angela Merkel évolue le plus dans le sens souhaité par Emmanuel Macron. Elle soutient l’initiative d’intervention européenne lancée par la France et souscrit à la nécessité de créer une « culture stratégique » commune. Cela prendra du temps, mais c’est un signal politique bienvenu, de même que la proposition d’un Conseil européen de sécurité à l’ONU, compte tenu des traditionnelles réticences allemandes dans ce domaine.

        Lire aussi :
         

                Allemagne : Merkel encourageante sur les réformes de l’UE



Le contexte international et les défis posés par la présidence Trump plaident pour des avancées plus décisives, mais Angela Merkel, liée par son contrat de coalition, est d’une nature prudente. Avant ce quatrième mandat qui se révèle plus ardu que les précédents, la chancelière n’a fait jusqu’ici que deux embardées audacieuses : celui de la transition énergétique et celui de l’accueil massif des réfugiés, en 2015. Les deux virages ont été fortement controversés. Visiblement, la chancelière préfère désormais emprunter des routes plus sûres. Mais, cette prudence n’est plus à la hauteur de l’enjeu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ La ministre de la culture demande l’augmentation des programmes régionaux de France 3 et la suppression de France 4 de la télévision hertzienne.
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Françoise Nyssen : « L’audiovisuel public doit anticiper et oser »

La ministre de la culture demande l’augmentation des programmes régionaux de France 3 et la suppression de France 4 de la télévision hertzienne.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 12h30
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Après un rendez-vous à Matignon, Françoise Nyssen, la ministre de la culture, a présenté ce lundi 4 juin les orientations de la réforme de l’audiovisuel public, en présence des dirigeants de France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, l’Institut national de l’audiovisuel, TV5 Monde et Arte. La ministre demande l’augmentation « significative » des programmes régionaux de France 3 et la suppression de la chaîne pour enfants France 4 de la télévision hertzienne. L’audiovisuel public devra investir dans le numérique 150 millions d’euros de plus par an, à l’horizon 2022, et « sanctuariser » ses investissements dans les séries, les documentaires… Le modèle social de France Télévisions devra être « réformé ».

Quelle est la philosophie de cette réforme ?
Reconquérir la jeunesse, retrouver les territoires. Nous portons l’ambition d’un média global à vocation universelle, capable de résister à une concurrence nouvelle et de répondre aux attentes nouvelles du public. Un média audacieux ; un média engagé dans la vie citoyenne ; un média engagé pour la création ; un média engagé vers la rupture technologique.
Nous nous sommes enfin émancipés des schémas ringards qui ont présidé aux précédentes tentatives de réforme et qui sacrifiaient, systématiquement, le public au profit d’atermoiements sur les questions de gouvernance, de personnes ou de fourchettes budgétaires. Le premier acte de notre scénario de l’anticipation se concentre sur les contenus.
Faut-il davantage régionaliser France 3 ?
Oui. Nous avons demandé à France Télévisions d’augmenter significativement le temps des programmes régionaux [actuellement de deux heures par jour]. Une coopération ambitieuse entre France 3 et France Bleu doit déboucher sur ce média quotidien régional qui sera la voix des territoires. Une proximité que les médias privés délaissent alors que les Français la réclament.
Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Le Comité consultatif national d’éthique remet mardi au Parlement un rapport sur la bioéthique. Philosophes, sociologues, chercheurs se penchent sur le droit du vivant, de la naissance à la mort.
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Bioéthique : comment réécrire les lois de la vie ?

Le Comité consultatif national d’éthique remet mardi au Parlement un rapport sur la bioéthique. Philosophes, sociologues, chercheurs se penchent sur le droit du vivant, de la naissance à la mort.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 08h12
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 13h05
    |

            Catherine Vincent








                        



   


Quel monde voulons-nous pour demain ? Sur cette question se sont ouverts, en janvier, les Etats généraux de la bioéthique, première séquence de la révision de la loi bioéthique. A l’issue de ces débats citoyens, menés un peu partout en France et accompagnés d’une centaine d’auditions d’experts, le Comité consultatif national d’éthique doit rendre, mardi 5 juin, une synthèse de cette vaste consultation à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, étape préalable à l’élaboration du projet de loi qui sera débattu à l’automne.
Quel monde voulons-nous pour demain ? Sans surprise, les thèmes les plus abordés lors de ces états généraux ont concerné la procréation médicalement assistée et la fin de vie. Mais ces sujets sociétaux ne doivent pas occulter d’autres perspectives ouvertes par les progrès de la science et de la technologie, qui alimentent eux aussi la réflexion sur l’éthique du vivant. Les chemins que défrichent les manipulations génétiques, la médecine prédictive ou l’intelligence artificielle auront des impacts insoupçonnés sur l’avenir de nos sociétés, voire de l’humanité. Il importe donc d’y réfléchir dès aujourd’hui.
Vertiges
La sociologue Irène Théry, la juriste Laurence Brunet, le généticien Axel Kahn, le chercheur en informatique Claude Kirchner, la philosophe Corine Pelluchon, la sociologue des religions Céline Béraud, tous insistent sur la nécessité de mener les débats de la manière la plus profonde et la plus sereine possible, au-delà des clivages autour de ces questions qui, trop souvent, déchirent le tissu social.

        Lire aussi :
         

                PMA, GPA, fin de vie, « Crispr-Cas9 »… un lexique pour comprendre le débat sur la bioéthique



Les nouvelles possibilités de la science et de la technique donnent le vertige : vertige des origines (de qui suis-je l’enfant ?), vertige de la différence (homoparentalité), vertige de la prédiction (tests génétiques), vertige de l’évolution de notre propre espèce (homme augmenté). Face à ces bouleversements, la réflexion éthique pose la question des droits : celui de la femme à disposer de son corps, celui de l’enfant à connaître ses origines, celui de chacun à choisir le moment de sa mort ou à contrôler l’usage de ses données personnelles. Elle force sans cesse le questionnement sur des conflits de valeurs, nous obligeant à penser en termes de tension permanente – entre intérêts individuels et intérêt général, entre ce qui constitue le plus intime de nos vies et les choix collectifs qui s’y mêlent. L’éthique du vivant est un observatoire de perplexité. Nous vous proposons de l’explorer ensemble.
Irène Théry : « Il faut reconnaître les familles issues d’un don »
Notre droit nous a figés dans une vision fausse du don de gamètes, souligne la sociologue. Elle pense qu’il faut inciter les parents à sortir du secret pour donner à l’enfant l’accès à ses origines.
Laurence Brunet : « Inventer de nouvelles figures de parentalité »
Pour la juriste, les réticences françaises envers la gestation pour autrui viennent de la façon dont notre législation, s’inspirant du droit romain, définit le père et la mère.
Axel Kahn : « Impossible de savoir quels seront les bons gènes dans deux siècles »
Manipulations du génome humain, transhumanisme : pour le généticien, l’usage inconsidéré de ces technologies, forcément inégalitaires, serait philosophiquement critiquable.
Claude Kirchner : « La géolocalisation peut devenir une donnée médicale »
Nous laissons sur Internet, parfois sans le savoir, beaucoup d’informations sur notre état de santé, relève le chercheur. Il importe d’informer chacun sur ce risque d’atteinte à notre vie privée.
Corine Pelluchon : « Aucune loi ne peut définir une bonne mort »
Faut-il dépénaliser l’euthanasie ? Le suicide assisté ? La philosophe examine les risques et les écueils d’une législation sur la fin de vie.
Céline Béraud : « La question du corps est centrale pour l’Eglise »
Le mouvement de La Manif pour tous ne représente pas l’opinion de tous les catholiques, qui semblent désormais mieux accepter l’ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes, note la sociologue des religions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Elue à l’Académie française le 3 mai, Barbara Cassin se dit convaincue qu’il ne faut pas céder au « global english », une langue simplifiée qui véhicule, selon elle, des valeurs contestables.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Aux Etats-Unis, la gestation pour autrui est depuis longtemps un thème récurrent dans les séries, les sitcoms ou les soap operas. Pourquoi n’est-ce pas le cas en France ?
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La bioéthique, c’est aussi cathodique

Aux Etats-Unis, la gestation pour autrui est depuis longtemps un thème récurrent dans les séries, les sitcoms ou les soap operas. Pourquoi n’est-ce pas le cas en France ?



Le Monde
 |    03.06.2018 à 12h30
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Le 8 octobre 1998, pour le centième épisode de la sitcom Friends, le personnage de Phoebe Buffay – l’une des six amis autour de qui tourne la ­série – donnait naissance à des triplés. L’événement n’aurait rien de bien sensationnel si la jeune femme n’avait mis ces triplés au monde en tant que mère porteuse pour son demi-frère… Il y a vingt ans déjà, les spectateurs américains suivirent ainsi pendant près de six mois, tantôt hilares, tantôt émus, la trame narrative de la grossesse de Phoebe, depuis son insémination (quasiment dépeinte à l’écran) jusqu’à la célèbre scène des adieux aux trois bébés, traitée sur le ton humoristique qui a fait le succès international de la série.
Cas limites
La gestation pour autrui (GPA) présente dès les années 1990, dans une série grand public diffusée sur NBC, l’une des plus grandes chaînes nationales ? En France, où le sujet reste controversé, cela a de quoi étonner. A bien y regarder, la thématique est pourtant très répandue outre-Atlantique : si les séries médicales et judiciaires américaines ont largement utilisé la GPA comme motif permettant d’explorer les cas limites que présente la société, cette thématique est également récurrente dans les sitcoms et les soap operas.
D’où vient cette décontraction ? L’historienne Marjolaine Boutet, spécialiste de la culture populaire américaine, ­insiste en premier lieu sur des différences culturelles. « L’approche du corps et du vivant est beaucoup plus libérale aux Etats-Unis qu’en France. La déconnexion entre la grossesse et la parentalité, basée sur une culture du contrat, s’est ainsi faite de façon assez simple, y compris dans les milieux chrétiens. »
Autre raison de la forte présence de la GPA dans les séries : la relative banalité de son usage de l’autre côté du petit écran. « La sphère people, qui a de l’argent, a régulièrement recours aux mères porteuses. De Kim Kardashian à ­Sarah Jessica Parker, la pratique s’est répandue,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Rien ne justifie de verser de l’argent sur votre plan d’épargne retraite populaire en 2018. Pourtant, à y regarder de plus près, les choses sont un peu plus nuancées, explique Olivier Rozenfeld, président de Fidroit.
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Faut-il verser sur son PERP en 2018 ?

Rien ne justifie de verser de l’argent sur votre plan d’épargne retraite populaire en 2018. Pourtant, à y regarder de plus près, les choses sont un peu plus nuancées, explique Olivier Rozenfeld, président de Fidroit.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 07h15
    |

                            Olivier Rozenfeld (Président de Fidroit)








                        



   


Question à un expert. L’année 2018, c’est l’année blanche sur le plan fiscal. Dit autrement, c’est l’année où vous percevez des revenus courants sans qu’ils soient imposés en 2019.
Chaque euro versé sur un plan d’épargne retraite populaire (PERP) réduisant le revenu global sur lequel vous êtes censé subir normalement l’impôt, la conclusion semble logique : rien ne justifie de verser de l’argent sur votre PERP en 2018. Pourtant, à y regarder de plus près, les choses sont un peu plus nuancées.

        Lire aussi :
         

                Impôt sur les revenus : comment va se dérouler l’année de passage vers le prélèvement à la source



D’abord, l’allégement du revenu imposable va permettre de baisser le taux du prélèvement à la source appliqué, ce qui sera favorable au contribuable. Ensuite, si vous touchez des revenus exceptionnels en 2018, par exemple des dividendes, chercher à réduire son revenu peut se justifier sur le plan fiscal.
Enfin, ne pas faire de versement sur son PERP en 2018, c’est courir le risque que la cotisation de 2019 ne soit pas totalement déductible. En effet, l’administration fiscale pourrait chercher à « contrarier » ceux qui verseront moins en 2018 qu’ils ne l’ont fait en 2017 et le feront en 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le Comité consultatif national d’éthique remet au Parlement, lundi 4 juin, un rapport sur la bioéthique. Les catholiques ont été très présents dans les débats, note la sociologue des religions, avec des positions plus ouvertes que celles de La Manif pour tous.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/06/2018
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Bioéthique : « Pour l’Eglise, la question du corps est centrale », affirme Céline Béraud

Le Comité consultatif national d’éthique remet au Parlement, lundi 4 juin, un rapport sur la bioéthique. Les catholiques ont été très présents dans les débats, note la sociologue des religions, avec des positions plus ouvertes que celles de La Manif pour tous.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 10h01
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
Céline Béraud est sociologue des religions et directrice d’études à l’EHESS. Avec Philippe Portier, elle a publié Métamorphoses catholiques (Maison des sciences de l’homme, 2015), une étude fouillée des grandes mobilisations de 2012-2013 contre le mariage pour tous.
En 2012-2013, les catholiques ont manifesté en masse contre le mariage pour tous. Cinq ans plus tard, la révision des lois de bioéthique met en débat l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. Cette perspective les inquiète-t-elle autant ?
Comme le montrait en janvier un sondage IFOP publié par La Croix, les catholiques ont fait du chemin sur ces sujets très clivants. Plus ils sont pratiquants, moins ils y sont favorables, mais il y a une évolution vers une plus grande acceptation de la PMA ouverte à toutes les femmes, ainsi que de la gestation pour autrui (GPA) pour cause de stérilité.
Ces thématiques liées à la famille restent cependant, depuis les années 1970, l’un des axes de mobilisation des catholiques et d’inquiétude du magistère. Ils sont très présents sur ces questions, tout comme sur la fin de vie, car, pour eux, elles font système : il y a un ordre naturel des corps auquel on ne saurait porter atteinte parce qu’il reflète le projet de Dieu.
Dans cette perspective, toute une série de questions sont pensées ensemble par le magistère : diagnostic préimplantatoire, recherche sur l’embryon, assistance médicale à la procréation, euthanasie ou suicide assisté. La question du corps est centrale. Dans les fiches élaborées par les évêques en préparation des Etats généraux de la bioéthique transparaît l’idée qu’il faut poser des limites à l’action qu’on peut avoir sur les corps, qu’elle soit technique ou législative.
Comment articuler la mobilisation de 2012-2013 et cette évolution postérieure ?
Comme on l’a vu lors du pacs puis du mariage pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Nous laissons sur Internet, parfois sans le savoir, beaucoup d’informations sur notre état de santé, relève le chercheur en informatique. Il importe d’informer chacun sur ce risque d’atteinte à notre vie privée.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Claude Kirchner : « La géolocalisation peut devenir une donnée médicale »

Nous laissons sur Internet, parfois sans le savoir, beaucoup d’informations sur notre état de santé, relève le chercheur en informatique. Il importe d’informer chacun sur ce risque d’atteinte à notre vie privée.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 14h26
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Parmi les données relatives à notre vie privée, celles qui concernent notre santé sont considérées, au regard du droit français, comme « sensibles », car touchant au plus intime de l’individu. A ce titre, elles sont régies par le droit commun des données personnelles, assorti d’un surplus de protections spécifiques. Mais que vaut cette protection à l’heure des objets connectés et du big data ? Au-delà des données médicales proprement dites, de plus en plus numérisées (paramètres biologiques et physiologiques, radiographies, etc.), nous laissons en effet sur Internet de nombreuses informations sur notre état de santé, parfois même sans le savoir.

Lorsqu’une personne se rend chaque semaine dans un hôpital spécialisé en oncologie ou en dermatologie, sa géolocalisation ­devient une donnée médicale. Lorsque nous interagissons avec nos assistants numériques personnels, audio ou vidéo, le son de notre voix ou la pâleur de notre peau peuvent indiquer des états physio­logiques. Or, ces données peuvent aisément être utilisées, à notre insu, par des entités externes au secteur médical, à des fins autres que l’intérêt général ou que l’intérêt propre de celui dont elles sont issues. Par exemple pour du ciblage publicitaire, tel que le pratiquent déjà les géants d’Internet à partir des profils psychologiques que nous laissons sur leurs plates-formes numériques.
Maîtriser les flux
Si la mise à disposition de ces données dans le système de santé présente un bénéfice indéniable, pour les soins de celui dont elles sont issues comme pour les progrès de la connaissance et de la médecine, leur utilisation crée donc un risque majeur d’atteinte à la vie privée. Comment privilégier l’intérêt général en partageant ces ­informations au mieux, tout en respectant la volonté de ceux qui refusent de les communiquer ? Car les citoyens n’ont pas tous le même avis sur ce sujet. Pour un certain nombre d’entre eux, l’accès le plus rapide possible à leurs données médicales sera...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la philosophe examine les risques d’une législation sur la fin de vie, alors que le Comité consultatif national d’éthique remet, lundi 4 juin, un rapport sur la bioéthique.
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Bioéthique : « Aucune loi ne peut définir une bonne mort », soutient Corine Pelluchon

Dans une tribune au « Monde », la philosophe examine les risques d’une législation sur la fin de vie, alors que le Comité consultatif national d’éthique remet, lundi 4 juin, un rapport sur la bioéthique.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 09h58
    |

Corine Pelluchon (Philosophe, professeure à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée)







                        



                                


                            
Tribune. Les personnes s’exprimant sur le suicide assisté adoptent souvent des positions clivantes en disant que cet acte est l’ultime liberté ou en déclarant que Dieu seul doit choisir le jour et l’heure de leur trépas. Vivant dans une société où ils ne contrôlent plus grand-chose, les individus ont besoin de certitudes sur ce que doit être une bonne mort et pensent pouvoir les imposer aux autres. Ils diminuent aussi par là le scandale de la mort, le fait qu’elle est une question sans réponse et une limite indépassable, que l’on ne peut qu’endurer, mais non maîtriser ni vraiment anticiper.
Pression sournoise
Nul ne peut savoir comment il réagira à l’approche de sa mort. L’accompagnement des patients en fin de vie enseigne qu’il y a souvent un écart entre ce qu’ils disaient quand ils étaient en bonne santé et leur comportement lorsqu’ils sont atteints d’une maladie incurable. Il n’est pas rare que des personnes favorables au suicide assisté demandent une chimiothérapie supplémentaire, alors que leur cancer est en phase terminale. D’autres, qui se disaient hostiles à l’aide active à mourir, peuvent exprimer, dans les mêmes circonstances, leur volonté d’y avoir recours.
Si l’on tient compte du contexte actuel, marqué par l’augmentation des dépenses de santé et le vieillissement de la population, on peut craindre que le suicide médicalement assisté n’apparaisse comme la réponse la plus économique au problème de la prise en charge des personnes en fin de vie, et même des plus âgées.
En raison de l’inégale répartition des soins palliatifs sur le territoire, d’aucuns, dont la peur de mal mourir est légitime, peuvent être contraints de réclamer le suicide faute d’alternative leur garantissant qu’ils ne subiront pas d’acharnement thérapeutique, que leur douleur sera soulagée et qu’ils bénéficieront d’un accompagnement de qualité.
En outre, s’il était possible d’avoir recours à une aide active à mourir en l’absence de maladie létale,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.
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« Aujourd’hui se pose la question de la réalité de l’unité italienne au sein de l’Europe »

La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 12h28
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                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            

Recherches. Les difficiles tractations pour la formation d’un gouvernement en Italie résultent-elles de l’échec de l’unification économique du pays, un échec ancré dans une longue opposition historique entre le Nord et le Sud ?
La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, est bien connue dans l’histoire du pays, mais elle n’a fait que se renforcer depuis quarante ans. Au nord, une société riche, où le chômage est marginal, l’industrie et le tourisme ancrés dans des savoir-faire artisanaux et artistiques renommés mondialement ; au sud, une société beaucoup plus pauvre, mal formée et rongée par le chômage.
Lors des dernières élections législatives, le Mouvement 5 étoiles (M5S) a dominé sans partage au sud, tandis qu’au nord c’est l’alliance des droites qui l’a emporté, le centre gauche s’étant réfugié dans quelques grandes villes et en Toscane. Le M5S souhaite la sortie de l’Union européenne, arguant de l’inefficacité des politiques d’ajustement structurel menées depuis des années, qui ne font qu’accroître la pauvreté du Sud. Inversement, hormis sa violente réaction anti-immigrés, le Nord est bien ancré dans l’Union, son économie étant compétitive et intégrée avec celles de ses partenaires européens.
Des mondes économiques séparés
Cette coupure existe depuis l’unification du pays dans la deuxième moitié du XIXe siècle. L’unification fut conçue et menée avec l’aide de la France par le royaume du Piémont, qui rassemblait les Etats du Nord et du centre, et annexa en 1860 le vaste royaume agricole des Deux-Siciles grâce au talent chevaleresque et révolutionnaire de Garibaldi plus qu’à des arguments économiques.

L’unification tarifaire eut néanmoins lieu dès 1861, l’unification monétaire en 1863, et l’Italie participa en 1865 à la création de l’Union latine, pilotée par la France. Comme le montre Roger Vicquery, doctorant à la London School of...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Depuis l’entrée en vigueur, fin 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, les consommateurs qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur », rappelle la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique SOS Conso.
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« Quand la médiation s’achève avant d’avoir commencé »

Depuis l’entrée en vigueur, fin 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, les consommateurs qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur », rappelle la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique SOS Conso.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h00
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            
SOS Conso. Les consommateurs sont de plus en plus souvent priés de tenter de régler leurs conflits à l’amiable, avant de saisir les tribunaux. Depuis l’entrée en vigueur, le 20 décembre 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, ceux qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur ». Sinon, les juges peuvent considérer leur demande comme « irrecevable ». Le projet de programmation 2018-2022 pour la justice, que la garde des sceaux, Nicole Belloubet, a présenté au conseil des ministres du 20 avril, étend cette obligation à certaines demandes supérieures à 4 000 euros.
Ces obligations légales ne sont-elles pas abusives, du fait qu’elles repoussent dans le temps le droit d’accès à un tribunal, pourtant garanti par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ? La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a répondu à cette question par la négative, le 14 juin 2017 : « Ce qui importe, c’est non pas le caractère obligatoire ou facultatif du système de médiation, mais le fait que le droit d’accès à la justice des parties soit préservé. » La médiation, à la différence de l’arbitrage, ne doit pas empêcher le recours ultérieur aux magistrats.
Pour ce faire, précise la CJUE, il faut notamment que les délais de prescription soient suspendus pendant la médiation. Cette condition est-elle remplie ? L’article 2238 du code civil dit que « la prescription est suspendue à compter du jour où (…) les parties conviennent de recourir à la médiation ». En outre, depuis le 1er janvier 2016, en vertu d’une directive européenne sur le règlement extrajudiciaire des litiges, les professionnels ont tous l’obligation de « désigner un médiateur », et de le faire agréer par la commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.
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Commerce mondial : le moment de vérité pour l’Europe

Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h16
   





                        


Editorial du « Monde ». Rester ferme, tout en évitant la surenchère. La voie est étroite pour l’Union européenne (UE), après la décision de Donald Trump de taxer les importations américaines d’acier et d’aluminium. Le président des Etats-Unis a fini par mettre à exécution, jeudi 31 mai, les menaces agitées depuis deux mois, faute d’avoir obtenu des concessions de la part des Européens pour tenter de réduire le déficit commercial américain.
Face au refus de ces derniers de « négocier avec un pistolet sur la tempe », les Etats-Unis ont donc passé outre aux avertissements sur les risques d’une guerre commerciale qui pourrait ralentir la croissance mondiale. Cette menace n’a jamais été aussi imminente, alors que le Canada et le Mexique, deux des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, ont droit au même traitement que l’UE.

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Cette décision est aussi irresponsable qu’inefficace. Irresponsable, parce qu’elle se fait au mépris des règles du commerce international, dont les Etats-Unis avaient été l’un des principaux architectes. Fustigeant l’inefficacité de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Trump a décidé de saper le fonctionnement de ce système. Par ailleurs, ces sanctions fragilisent un peu plus la relation transatlantique, déjà mise à mal par le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.
Les Européens placés face à leurs responsabilités
Inefficace, cette décision l’est à double titre. D’abord, parce que le déficit américain est pour l’essentiel la contrepartie d’un déséquilibre, qui n’a rien à voir avec des barrières douanières. Les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens en consommant trop et en n’épargnant pas assez. Dès lors, viser un solde positif de la balance commerciale est illusoire. Concernant l’acier, les sanctions passent complètement à côté du sujet, puisque la Chine est épargnée, alors que c’est Pékin qui est responsable de la surproduction mondiale, qui tire les prix vers le bas et détruit des emplois dans les pays occidentaux. Enfin, l’argument selon lequel les importations d’acier et d’aluminium européens représentent une menace pour la sécurité des Etats-Unis est une plaisanterie.

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                Commerce : les sanctions imposées par Trump, signe d’échec et de faiblesse



L’agressivité commerciale américaine a au moins une vertu : elle place les Européens face à leurs responsabilités. Il s’agit d’un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne. Or les intérêts à court terme des Etats membres ne sont pas nécessairement convergents. Face à la fermeté française, l’Allemagne pourrait être tentée par une attitude beaucoup plus pragmatique en essayant de sauvegarder ses énormes excédents commerciaux.

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Donald Trump sait très bien que la cuirasse européenne est fragile et n’hésitera pas à profiter de la moindre faille. Les menaces de taxer les importations américaines de voitures allemandes seront, de ce point de vue, un moment de vérité.
L’Europe doit dépasser ces intérêts de court terme pour apprendre à exister non plus aux côtés des Etats-Unis, mais indépendamment d’eux. Washington n’est plus un partenaire fiable ; un autre rapport de force s’impose. En tant que première zone commerciale du monde, l’UE en a les moyens, en continuant à promouvoir un libre-échange responsable et équilibré avec le reste de la planète, tout en montrant aux Etats-Unis que l’Europe unie sait se défendre.

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Les mesures de rétorsion qui sont en préparation constituent à cet égard un signal positif. Le défi reste de trouver un bon équilibre entre la riposte et le respect de la légalité internationale pour éviter le piège mortel de la guerre commerciale.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.
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Le pari russe d’Emmanuel Macron

Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h39
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Analyse. Le contraste était saisissant. Devant un parterre d’hommes d’affaire du forum économique de Saint-Pétersbourg, une sorte de « Davos russe », le 25 mai, Emmanuel Macron jouait la séduction, tutoyant le président russe et l’appelant « cher Vladimir ». Il citait Dostoïevski, Soljenitsyne et insistait sur son souhait d’ancrer la Russie et son destin dans l’Europe.
Face à lui, l’homme fort du Kremlin, courtois mais impassible, le vouvoyait et ne s’engageait guère au-delà de propos très convenus sur « la France partenaire ancien, traditionnel et fiable ». Pas une seule fois, surtout face à son interlocuteur, il n’a évoqué la vocation européenne de son pays. « Le décalage était évident entre le souffle, la perspective historique de Macron et les réponses d’ordre mécanique de Poutine », relève Thomas Gomart, le directeur de l’IFRI (Institut français des relations internationales).
Le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes. Ce n’était pas très difficile vu leur dégradation depuis 2014 après l’annexion de la Crimée, la déstabilisation de l’est de l’Ukraine, les tensions des derniers mois avec l’affaire Skripal – la tentative d’empoisonnement d’un ex-agent double russe près de Londres – et les frappes contre les armes chimiques du régime syrien, soutenu envers et contre tout par Moscou.
Sauver ce qui peut l’être
Un jalon a été posé, mais il reste à en mesurer la portée. « Est-ce qu’il s’agit d’un tournant ? En tout cas, c’est un échange et une relation qui cherchent à élaborer quelque chose de solide et des axes stratégiques », expliquait M. Macron en dressant le bilan de son voyage. L’attitude réservée du maître du Kremlin montre que ce dernier se sent en position de force. « C’est un pragmatique et il sait qu’il n’a pas besoin de trop en faire, étant dans une situation idéale pour profiter des tensions...




                        

                        

