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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le caricaturiste chinois Badiucao a lancé une campagne sur le réseau social pour que les internautes chinois rejouent le geste héroïque, il y a vingt-neuf ans, de « L’homme de la place de Tiananmen », cet homme solitaire face à une colonne de chars, à Pékin.
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#Tankman2018, une campagne sur Twitter pour commémorer la répression de Tiananmen

Le caricaturiste chinois Badiucao a lancé une campagne sur le réseau social pour que les internautes chinois rejouent le geste héroïque, il y a vingt-neuf ans, de « L’homme de la place de Tiananmen », cet homme solitaire face à une colonne de chars, à Pékin.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 16h49
   





                        


Au printemps 1989, « L’homme de la place de Tiananmen », connu sous le nom de « Tank Man » est devenu le symbole de l’opposition pacifiste démocratique face à la répression militaire violente des autorités chinoises. Le 5 juin 1989, cet homme seul vêtu d’une chemise blanche portant deux sacs plastiques à la main s’était posté devant une colonne de tanks chinois pour les empêcher d’avancer vers la place Tiananmen.

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La photographie diffusée à travers le monde est l’une des images les plus célèbres de ces manifestations. Depuis, de nombreux artistes la reconstituent et la détournent pour défendre les droits de l’Homme.
Le dernier en date à se réapproprier cette image emblématique de « Tank Man » est le caricaturiste chinois Badiucao. Selon le Guardian, vingt-neuf ans après les événements, l’artiste a lancé une campagne sur le réseau social Twitter pour que les internautes chinois rejouent ce geste héroïque.
« Quelque chose de perdu dans la jeune génération »
Sous les hashtags, #Tankman2018 et #Tankmen2018, il propose aux internautes de se prendre en photo portant la tenue classique de « Tank Man » : chemise blanche, pantalon noir, et chaussures noires, tout en tenant deux sacs blancs à la main.
Selon Badiucao, Tank Man représente « quelque chose de perdu dans la jeune génération chinoise – l’idéalisme, la passion, le sens des responsabilités et la confiance qu’un individu peut changer », a-t-il déclaré au Guardian.
L’activiste chinois et ancien meneur des manifestations étudiantes de 1989, Zhou Fengsuo a répondu à l’appel de Badiucao et s’est pris en photo à Washington :

国会山前 #坦克人
— ZhouFengSuo (@周锋锁 Fengsuo Zhou)


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D’autres internautes chinois se sont prêtés au jeu des États-Unis à l’Australie :

We are all TankMen! #cn64nz #tankman2018 #tankmen2018 @Tankmen2018 https://t.co/RWP3nRSvPx— cn64nz (@紐西蘭六四紀念)


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奥克兰 #tankmen2018, #tankman2018 #cn64nz https://t.co/xKo7svVTX5— cn64nz (@紐西蘭六四紀念)


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🕯 R.I.P. to those who died on this day 29 years ago #tankmen2018 #坦克人2018 https://t.co/glsbu9uU0i https://t.co/uFhUrFwUlK— hnjhj (@Jian Alan Huang)


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En France, l’ONG chrétienne ACAT de défense des droits de l’homme a organisé un rassemblement sur l’esplanade du Trocadéro à Paris.

commémoration 29 ans massacre #tiananmen #tankmen2018  https://t.co/4MEgwPqlOR— ACAT_France (@ACAT)


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Les autorités chinoises ont justifié la répression de Tiananmen en affirmant que les manifestations avaient été déclenchées par des « contre-révolutionnaires » manipulés par des forces étrangères qui menaçaient la stabilité du pays. Depuis les événements, les médias chinois et officiels censurent toute référence aux massacres.
Dimanche, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo a appelé la Chine à « faire une comptabilité publique complète des personnes tuées, détenues ou portées disparues » lors du printemps 1989.
« Comme l’a écrit Liu Xiaobo dans son discours du Prix Nobel de la Paix 2010, par contumace, les fantômes du 4 juin n’ont pas encore été enterrés », a déclaré Mike Pompeo par communiqué, faisant référence au dissident chinois, manifestant en 1989 et décédé l’année dernière alors qu’il était encore en détention pour une peine d’emprisonnement de onze ans.
A Hong Kong, les activistes tiendront une veillée aux chandelles pour rendre hommage aux victimes. L’année dernière, des dizaines de milliers de Hongkongais s’étaient retrouvés avec des bougies au parc Victoria pour la commémoration annuelle du massacre.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’ancien correspondant à Paris de l’agence de presse ukrainienne UkrInform, arrêté en 2016 à l’aéroport de Moscou en provenance de Paris, est accusé d’espionnage.
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Le journaliste Roman Souchtchenko condamné à douze ans de prison en Russie

L’ancien correspondant à Paris de l’agence de presse ukrainienne UkrInform, qui avait été arrêté en septembre 2016 à l’aéroport de Moscou en provenance de Paris, est accusé d’espionnage.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 16h55
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


La justice russe a condamné à douze ans de prison « à régime sévère », lundi 4 juin, le journaliste ukrainien Roman Souchtchenko, ancien correspondant à Paris de l’agence de presse UkrInform. Le journaliste a été reconnu coupable d’espionnage au terme d’une procédure instruite par les services de sécurité russes (FSB) sous le sceau du secret. « Je ferai bien entendu appel. Cette décision n’est pas juste », a déclaré après l’annonce de sa peine M. Souchtchenko, qui nie toute culpabilité.
« Tout a été réglé en quelques minutes, puisque les motivations du jugement sont elles aussi tenues secrètes, indique au “Monde” son avocat, Mark Feïguine. Le juge a simplement répété les trois phrases que répètent les services depuis deux ans. » M. Feïguine assistait au jugement en tant qu’observateur extérieur : l’avocat, qui a dans le passé défendu les Pussy Riot ou la pilote ukrainienne Nadejda Savtchenko, a été radié du barreau de Moscou le 24 avril, officiellement pour la publication de trois Tweet « à caractère obscène ». Une décision que l’avocat estime directement liée à l’affaire Souchtchenko : « Le pouvoir russe voudrait que toute cette affaire soit réglée le plus discrètement possible. Le verdict rendu aujourd’hui est d’ailleurs prudent, puisque la peine pouvait aller jusqu’à vingt ans. »
« Colonel » ukrainien
Roman Souchtchenko avait été interpellé le 30 septembre 2016 à son arrivée à l’aéroport de Moscou, en provenance de Paris. Son arrestation avait été découverte quasiment par hasard, lorsqu’une délégation de défenseurs des droits de l’homme avait remarqué, dans une cellule de Lefortovo, la prison utilisée par le FSB, un nouveau venu placé à l’isolement. L’homme avait alors expliqué être un journaliste ukrainien, membre de l’agence de presse publique UkrInform depuis 2002, et son correspondant à Paris depuis 2010. Il se rendait à Moscou pour rendre visite à son cousin malade.
Depuis lors, Roman Souchtchenko était donc détenu à Lefortovo, avec comme visites régulières, uniquement celles du consul ukrainien. Les autorités russes n’ont dévoilé que des éléments très parcellaires de l’instruction : le FSB décrit Roman Souchtchenko comme « un employé du service de renseignement du ministère de la défense ukrainien », allant même jusqu’à lui décerner le grade de « colonel ». « Le citoyen ukrainien collectait délibérément des informations secrètes sur l’activité des forces armées et de la garde nationale de la Fédération de Russie », avaient seulement indiqué les services de sécurité russes après son arrestation.
Dépêches rarement signées
En l’absence de détails, ce sont les médias russes qui se sont mués depuis 2016 en procureurs, évoquant son passé dans l’armée ukrainienne – un engagement de cinq ans, au début des années 1990, terminé avec le grade de lieutenant – ou notant que l’on trouve sur Internet bien peu d’articles du journaliste. Rien de surprenant à cela : comme celles, par exemple, de l’Agence France-Presse, les dépêches d’UkrInform sont rarement signées. Nombre de ses collègues français et ukrainiens l’ont déjà croisé sur le terrain, en France, et sa femme, Angela, a constitué un dossier bien fourni recensant ses publications. « Il écrivait presque tous les jours, assurait-elle au “Monde” en novembre 2017, et pas seulement sur les attentats ou la politique. Il couvrait aussi les expositions ou le sport. »

   


La détention de Roman Souchtchenko a suscité une émotion importante en Ukraine, de même que celle des autres « otages » ukrainiens, comme les qualifie Kiev. Une trentaine d’Ukrainiens détenus en Russie – résidant dans ce pays, arrêtés lors de leur passage, ou habitants de Crimée refusant l’annexion – sont considérés par Kiev comme des prisonniers politiques. Parmi eux, le cinéaste originaire de Crimée Oleg Sentsov, condamné à vingt ans de prison pour « préparation d’actes terroristes » et qui est en grève de la faim depuis le 14 mai. Quelques libérations, obtenues par des grâces présidentielles ou après des échanges de prisonniers, ont lieu épisodiquement.

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Les soutiens de Roman Souchtchenko espèrent désormais, eux aussi, un échange de prisonniers. « Cette affaire ne peut se conclure que par un échange, estime aussi l’avocat Mark Feïguine. Il y a des dizaines de prisonniers russes en Ukraine, des combattants capturés dans le Donbass, mais Moscou n’est pas intéressé par le fait de les récupérer. » Peut-être faut-il, dès lors, voir dans l’arrestation à Kiev, mi-mai, du chef du bureau ukrainien de l’agence de presse russe RIA Novosti, un lien avec l’affaire Souchtchenko. Kirill Vyshinsky a, depuis, été placé en détention et accusé de « haute trahison ».
Les amis de M. Souchtchenko espèrent aussi une implication plus poussée dans ce dossier de la France, où résidait M. Souchtchenko, et qui participe, aux côtés de l’Allemagne, de la Russie et de l’Ukraine, aux négociations de paix sur le conflit ukrainien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La chercheuse Speranta Dumitru analyse l’apport considérable des milliers d’expatriés qui parviennent à faire vivre, malgré la précarité, des familles entières. Sans avoir la destinée de Mamoudou Gassama.
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Décryptage

« Pourquoi les migrants économiques sont des héros »

La chercheuse Speranta Dumitru analyse l’apport considérable des milliers d’expatriés qui parviennent à faire vivre, malgré la précarité, des familles entières. Sans avoir la destinée de Mamoudou Gassama.

Par                Speranta Dumitru



LE MONDE
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        Le 04.06.2018 à 15h39

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        Mis à jour le 04.06.2018 à 16h10






    
Mamoudou Gassama reçu par le président Macron, le 22 mai 2018, au palais de l’Elysée.
Crédits : Thibault Camus/AFP


Emmanuel Macron aime les héros. Mamoudou Gassama a sauvé la vie d’un enfant en escaladant quatre étages à mains nues. En guise de reconnaissance, le président lui a annoncé sa régularisation, l’invitant aussi à faire une demande de naturalisation.
Cette décision suscite des réactions inattendues. L’extrême droite la salue, car comme la nationalité française doit se mériter, on tient à dire que Mamoudou Gassama est méritant « contrairement à d’autres ». A gauche, certains philosophes craignent que la régularisation ne soit désormais conditionnée à l’héroïsme.
Une très haute valeur morale
Motivées par des convictions différentes, ces deux réactions s’accordent sur le fait que la plupart des migrants ne seraient pas des héros. Mais qu’est-ce qu’un héros ? Si Emmanuel Macron aimait vraiment les héros, ne devrait-il pas revoir sa conception de ce qu’il appelle les « migrants économiques » ?
En éthique, un acte héroïque est défini comme un acte de très haute valeur morale, mais qui va au-delà de ce qui est obligatoire. Ce type d’actes est aussi appelé « surérogatoire », du latin médiéval super-erogatio, qui signifie « donner en sus », plus que ce qui est dû.

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Le geste de Mamoudou Gassama correspond bien à ces deux critères. Son acte – sauver une vie – a une très haute valeur morale sans être moralement obligatoire. S’il existe bien une obligation d’assistance à personne en danger, elle ne s’applique pas aux passants sans moyen d’atteindre le quatrième étage, où l’enfant était suspendu.
La question des moyens est essentielle. Une fois que Mamoudou Gassama intégrera la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, ses actes auront une valeur morale tout aussi haute, sans être héroïques. Non seulement le sauvetage des vies fera partie de ses obligations, mais il disposera d’échelles pivotantes et d’autres technologies pour les accomplir. Le fait qu’aujourd’hui, il ait pu sauver un enfant « à mains nues » est important dans la qualification éthique de son action.



On comprend pourquoi Emmanuel Macron aime les héros. Faire beaucoup de bien avec peu de moyens ne saurait être une obligation, mais reste un acte hautement louable. Si Mamoudou Gassama est un héros, y aurait-il d’autres migrants qui sauvent des vies « à mains nues » ?
Mamoudou Gassama fait partie de ces migrants des pays pauvres qu’Emmanuel Macron appelle des « migrants économiques », mais qui font preuve d’une forme d’héroïsme collectif. Avec très peu de ressources de départ et de nombreuses barrières en chemin, ces migrants contribuent « à mains nues » au développement et à la réduction de la pauvreté. Selon les données de la Banque mondiale, les transferts d’argent des migrants vers les pays à faible et moyen revenu ont atteint à 466 milliards de dollars (397 milliards d’euros) en 2017 et ne cessent d’augmenter.
Un puissant levier de développement
La valeur de ces 466 milliards de dollars est importante. C’est comme si les migrants collectaient, en un an, plus d’argent que les cinq plus riches entrepreneurs du monde (Jeff Bezos, Bill Gates, Warren Buffet, Bernard Arnault et Mark Zuckerberg, selon Forbes) ont amassé toute leur vie. Seulement, les migrants renouvelleraient l’opération chaque année et enverraient ces cinq grandes fortunes aux pays à faible et moyen revenu.
La valeur morale de ces transferts d’argent a été longtemps discréditée par les théories néomarxistes, sous prétexte que l’argent servirait simplement à la consommation. Mais, aujourd’hui, on sait que la migration et les transferts d’argent sont un puissant levier de développement et de réduction de la pauvreté. Par exemple, les économistes Richard Adams et John Page ont montré qu’une augmentation de 10 % de la migration diminuait de 2 % la pauvreté, c’est-à-dire la proportion des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour.

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En matière d’héroïsme, il vaut mieux retenir deux chiffres simples : moins de 3 % de la population mondiale fait trois fois mieux que tous les gouvernements puissants du Nord rassemblés.
En effet, les migrants sont à l’origine du flux monétaire le plus important que reçoivent les pays à faible et moyen revenu, à l’exception des investissements directs étrangers. Les transferts d’argent des migrants ont dépassé depuis 1996 l’aide publique au développement. Les efforts financiers des migrants sont trois fois plus importants que les efforts consentis par les gouvernements.
L’effort financier des migrants est-il fait « à mains nues » ? Peut-être pas, mais l’argent est gagné dans des conditions où la discrimination, l’exploitation et le taux de surqualification dans l’emploi sont plus élevés que chez les non-migrants. De plus, les migrants nés dans les pays du Sud ont migré, pour plus de la moitié d’entre eux, dans d’autres pays du Sud où les salaires sont plus réduits que dans les pays du Nord.
« Toute la misère du monde »
Quand leurs exploits ne sont pas filmés, Emmanuel Macron appelle les migrants pauvres comme Mamoudou Gassama « migrants économiques » et affirme ne pas pouvoir les « accueillir ».
Cette position fait écho à la phrase prononcée, il y a trente ans, par Michel Rocard selon laquelle « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Depuis lors, le mot « misère » est répété par les responsables politiques sans frémir. Publiquement. Dans tous les médias. Comme si les migrants originaires des pays pauvres ne pouvaient pas entendre ou étaient trop rustres pour se sentir offensés. Comme s’il y avait, d’un côté, ceux qui sont nés pour « accueillir » et, de l’autre, ceux qui sont nés rustres.



L’expression « migrants économiques » est moins brutale, mais elle est impropre. Généralement, quand on parle de « migration pour motif économique », on fait référence à la nature des titres de séjour (liée elle-même au travail), et non à la motivation de leurs titulaires. Que leurs titulaires soient venus travailler en France pour être proches de la tour Eiffel ou pour nourrir leurs enfants, c’est un fait que les statistiques migratoires ignorent. Ce que l’on sait, c’est qu’en France, l’accès à l’autorisation de travail est difficile à obtenir. Seuls 10 % des titres de séjour sont délivrés pour motif économique.

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Emmanuel Macron ne semble pas intéressé par les données statistiques et les études migratoires. Il aurait pourtant appris que la migration n’est pas un risque pour la sécurité mondiale, mais une chance de doubler le PIB mondial. A l’inverse, freiner la migration économique, c’est laisser des trillions de dollars sur le carreau, comme l’a montré Michael Clemens. Les gains de l’ouverture des frontières seraient équivalents aux gains d’un « miracle de croissance », selon l’expression de John Kennan. Même les estimations les plus pessimistes confirment que, en cas d’ouverture des frontières, le revenu moyen mondial par travailleur augmenterait de 12 % sur le court terme et de 52 % sur le long terme.
L’exploit de Mamoudou Gassama illustre bien les gains de la mobilité. Sans obstacle, il a réussi à grimper à mains nues pour sauver un enfant. Avec les politiques migratoires, on choisit de créer des obstacles à chaque étage. Ceux qui, contre tous ces obstacles, arrivent encore à sauver des enfants sont, tout compte fait, des héros.
Speranta Dumitru est maîtresse de conférence en sciences politiques à l’Université Paris-Descartes.
Cet article a d’abord été publié sur le site The Conversation.





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Trois « vénérables » de haut rang ont été arrêtés pour corruption, tandis qu’un autre a fui au Laos.
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La junte thaïlandaise « purge » le clergé bouddhiste

Trois « vénérables » de haut rang ont été arrêtés pour corruption, tandis qu’un autre a fui au Laos.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 16h24
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



                                


                            

De mémoire de bonze, on n’avait jamais vu ça : la junte militaire thaïlandaise, au pouvoir depuis le coup d’Etat de 2014, a récemment lancé une opération de « nettoyage » sans précédent dans les rangs les plus élevés de la hiérarchie du clergé bouddhiste.
Accusés de corruption, trois hauts dignitaires du Conseil suprême du Sangha (communauté des bouddhistes), la plus haute autorité bouddhiste dans un pays où cette religion représente un « pilier » essentiel du royaume, ont été arrêtés. En tout, 45 monastères ont été visés par des opérations policières et une dizaine de moines de rang plus modeste sont passés de la cellule monacale à celle de la prison après avoir été défroqués. « C’est la purge du siècle ! », s’est exclamé le juriste Khemthong Tonsakulrungruang sur le site Internet New Mandala.

Les accusations sont sévères : il est reproché aux bonzes d’avoir conduit des opérations frauduleuses consistant à reverser à des officiels une grande partie des sommes attribuées par le Bureau national du bouddhisme, organisme chargé de répartir un confortable budget annuel d’un montant équivalent à 110 millions d’euros aux quelque 37 000 temples-monastères de Thaïlande. Ces sommes, censées être utilisées pour la construction de bâtiments monastiques ou le développement de l’éducation religieuse, auraient été détournées, impliquant à la fois des membres du bureau et des religieux.
Parmi ces derniers figure l’abbé du très célèbre Wat Saket de Bangkok, plus connu par les touristes sous son appellation de « temple de la montagne d’or » : un policier a affirmé que 130 millions de bahts thaïlandais (3,5 millions d’euros) auraient été versés sur une dizaine de comptes en banque appartenant au vénérable.
Discrète traversée du Mékong
Ces révélations ont terni l’image d’une institution respectée par la population, mais dont la réputation a été éclaboussée ces dernières années par des scandales à répétition en raison du comportement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Un homme a été blessé mais sa vie n’est pas en danger. L’agent n’était pas en service.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’éruption du volcan, situé au sud-ouest de la capitale, a entraîné l’évacuation de 3 000 personnes. Le porte-parole des secours fait également état d’un nombre indéterminé de personnes disparues.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ 
<article-nb="2018/06/04/17-7">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’affaire révèle un durcissement à l’égard de ceux qui entendent venir en aide aux migrants.
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édition abonné


En Belgique, deux journalistes accusées d’activités criminelles pour avoir aidé des sans-papiers

L’affaire révèle un durcissement à l’égard de ceux qui entendent venir en aide aux migrants.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 14h52
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            

C’est le délit de solidarité version belge. Douze personnes seront jugées prochainement dans le royaume pour participation présumée à une organisation criminelle de traite des êtres humains. Parmi elles, deux journalistes : Anouk Van Gestel, rédactrice en chef de Marie Claire Belgique, et Myriam Berghe, membre de la rédaction du magazine Femmes d’aujourd’hui. Placées sur écoute, les deux journalistes ont été perquisitionnées et renvoyées devant la justice. Le parquet entend requérir de cinq à dix années de prison contre tous ceux qu’il considère comme des membres d’une filière de passeurs vers la Grande-Bretagne.
Cette affaire étonne dans un pays où l’exception humanitaire est plus large qu’en France, affirme l’avocat Alexis Deswaef, qui occupait jusqu’à il y a peu la présidence de la Ligue des droits de l’homme et défend Mme Van Gestel. Quand l’aide à un étranger est apportée pour des raisons principalement humanitaires, il n’y avait, jusqu’ici, pas de poursuites. Héberger un sans-papiers n’était pas un délit et la loi belge, contrairement à la française, permet de venir en aide à une personne en situation irrégulière même si elle ne se trouve pas en situation de danger.
Les deux journalistes, amies et anciennes collègues, ont été sensibilisées à la cause des migrants après la découverte de la jungle de Calais. Elles ont décidé ensuite de répondre aux appels de la Plate-forme citoyenne, un groupement issu de la société civile qui a notamment organisé, durant l’hiver, l’accueil, par des particuliers, de migrants regroupés dans le Parc Maximilien, à Bruxelles. Majoritairement originaires d’Afrique, ces « transmigrants » espéraient, pour la plupart, passer en Grande-Bretagne et n’entendaient donc pas déposer une demande d’asile en Belgique.

La mobilisation s’est accrue quand, à l’automne 2017, la police a interpellé des occupants du parc et emporté les affaires de beaucoup d’entre eux. « Une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Hani Al-Mulqi est confronté à une vague de colère contre un projet élargissant l’impôt sur les revenus à des salaires plus modestes et des hausses des prix du carburant et de l’électricité.
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Jordanie : démission du premier ministre sur fond de contestation sociale

Hani Al-Mulqi est confronté à une vague de colère contre un projet élargissant l’impôt sur les revenus à des salaires plus modestes et des hausses des prix du carburant et de l’électricité.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 14h46
   





                        


A la tête du gouvernement depuis mai 2016, le premier ministre jordanien, Hani Al-Mulqi, a démissionné lundi 4 juin après avoir été pendant plusieurs jours dans la ligne de mire de milliers de Jordaniens qui manifestaient contre sa politique sociale, selon une source gouvernementale. « Le premier ministre Hani Al-Mulqi a présenté cet après-midi sa démission au roi, qui l’a reçu au palais royal à Amman (...) et l’a acceptée », rapporte cette source sous le couvert de l’anonymat. Le souverain jordanien a parallèlement désigné le ministre de l’éducation, Omar Al-Razzaz, pour former un nouveau gouvernement, selon la même source.
M. Al-Mulqi est confronté depuis mercredi à une vague de colère suscitée par des mesures dénoncées par la population, notamment un projet élargissant l’impôt sur les revenus à des salaires plus modestes et des hausses des prix du carburant et de l’électricité.
« Le peuple jordanien ne s’agenouillera pas »
Dimanche soir, quelque cinq mille manifestants s’étaient rassemblés devant les bureaux du premier ministre, à Amman, réclamant son départ. « Ecoute-nous, Mulqi, le peuple jordanien ne s’agenouillera pas », ont crié les manifestants, répétant en chœur « le peuple veut la chute du gouvernement ».
Le projet de loi sur les impôts a été présenté sur les recommandations du Fonds monétaire international (FMI). Il prévoit une augmentation d’au moins 5 % des impôts pour les particuliers et impose désormais les personnes ayant un salaire annuel de 8 000 dinars (environ 9 700 euros). Les impôts des entreprises doivent eux augmenter de 20 à 40 %.
Le FMI a approuvé en 2016 une ligne de crédit de 723 millions de dollars sur trois ans pour le royaume. En contrepartie, Amman s’est engagé à mettre en place des réformes structurelles et à réduire progressivement sa dette publique à 77 % du PIB d’ici à 2021, contre 94 % en 2015.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités françaises, dont Beate et Serge Klarsfeld, Pascal Bruckner et Marek Halter, appelle le gouvernement israélien à surmonter l’obstacle des relations avec la Turquie et à accomplir un geste qui relève d’une éthique des relations internationales.
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« Nous demandons à l’Etat d’Israël de reconnaître le génocide des Arméniens »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités françaises, dont Beate et Serge Klarsfeld, Pascal Bruckner et Marek Halter, appelle le gouvernement israélien à surmonter l’obstacle des relations avec la Turquie et à accomplir un geste qui relève d’une éthique des relations internationales.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 14h44
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 15h04
    |

                            Collectif








                        



   


Tribune. En 1915-1916, un génocide majeur fut perpétré en Anatolie par le gouvernement Jeune-Turc sur la population arménienne de l’Empire ottoman. Un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants furent exterminés par épuisement lors de marches de la mort dans le désert, par assassinats multiples, viols systématiques ou inanition, des milliers d’enfants étant capturés et convertis de force.

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                Cent ans de solitude pour les Arméniens



Rescapés, diplomates étrangers, soldats allemands et même — on l’oublie trop souvent — juges turcs au début des années 1920, d’innombrables personnes ont livré témoignage de ce crime de masse que les historiens authentifièrent rapidement et dont s’inspirèrent les juristes internationaux dans leurs travaux sur les crimes contre l’humanité.
Soutien ancien de l’opinion publique israélienne
Nous, militants de la mémoire et du combat antinégationniste, observons avec intérêt la forte progression du nombre de députés au Parlement israélien favorables à la reconnaissance du génocide des Arméniens ; trois (sur cent vingt) en 2000, trente en 2010, une majorité sans doute à présent, y compris le président de la Knesset, l’ancien refuznik [dissident soviétique] Yuli Edelstein.
Cette évolution positive, qui traduit un soutien populaire déjà ancien de l’opinion publique israélienne, doit pousser l’exécutif israélien à cesser de tergiverser et à en prendre acte par-delà les considérations économiques ou diplomatiques ; dans les relations internationales, un impératif moral au moins doit prévaloir : le rejet catégorique des génocides et de leur négation.

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                24 avril 1915, premier jour d’un génocide



Parce qu’il est le pays qui recueillit la majorité des rescapés de la Shoah, parce qu’il a bâti et abrite le plus considérable musée-mémorial dédié à un génocide, parce qu’il a reconnu le génocide des Tutsis rwandais de 1994, nous demandons à l’Etat d’Israël de reconnaître officiellement — aux côtés de nombreux autres Etats, eux aussi démocratiques — le génocide des Arméniens.
Les signataires : Benjamin Abtan, président de l’association antiraciste EGAM ; Séverine Benayoun, avocate ; Pascal Bruckner, philosophe ; Alain David, philosophe ; Frédéric Encel, fondateur et animateur des Assises antinégationnistes ; Marek Halter, écrivain ; Pierre Fraidenraich, journaliste ; Valérie Hoffenberg, consultante ; Emmanuelle Hoffman, avocate ; Valérie Igounet, historienne ; Marcel Kabanda, président d’Ibuka-France ; Arno Klarsfeld, avocat ; Beate et Serge Klarsfeld, dirigeants de l’Association des fils et filles de déportés juifs de France ; Benjamin Orenstein, rescapé de la Shoah, président de l’Amicale des déportés d’Auschwitz-Birkenau ; Richard Prasquier, ancien président du CRIF ; Gérard Rabinovitch, directeur de l’Institut européen Emmanuel-Levinas ; Rudy Reichstadt, fondateur et directeur de Conspiracy Watch ; Anne-Marie Revcolevschi, fondatrice du Projet Aladin et ancienne directrice générale de la Fondation pour la mémoire de la Shoah ; Dominique Sopo, président de SOS-Racisme ; Mario-Pierre Stasi, président de la Licra ; Antoine Spire, journaliste ; Yves Ternon, historien ; Meïr Waintrater, ancien directeur de L’Arche ; Régine Waintrater, psychanalyste ; François Zimeray, ambassadeur de France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Les institutions européennes ont de plus en plus recours à des agents non titulaires. Un bon moyen d’entrer par la petite porte.
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Fonction publique européenne : le recours aux contractuels ne cesse d’augmenter

Les institutions européennes ont de plus en plus recours à des agents non titulaires. Un bon moyen d’entrer par la petite porte.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 13h13
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 13h28
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Comme la France voudrait le faire, l’Union européenne (UE) ne cesse d’augmenter le recrutement d’agents non titulaires : sur les 32 000 personnes employées par la Commission européenne (le plus gros employeur des institutions de l’UE), 8 000 sont des contractuelles, selon le Collectif des contractuels. D’après d’autres données communiquées par le syndicat du personnel de l’UE Renouveau et Démocratie, ce chiffre a doublé depuis 2004.
Calqué sur le modèle français, le statut de fonctionnaire reste la norme pour le personnel travaillant au sein des institutions européennes. Avec tous les avantages associés : sécurité de l’emploi, avancement automatique de carrière… « La tendance est clairement à l’augmentation du nombre de contractuels, confirme néanmoins Michel Mangenot, professeur à l’Institut d’études européennes de l’université Paris-VIII. Les institutions préfèrent utiliser ce type d’emploi pour avoir plus de souplesse. »

Cette possibilité reste toutefois encadrée : « Les institutions européennes doivent justifier le non-recours à un fonctionnaire permanent », ajoute Michel Mangenot.
« Passerelle »
Un emploi de contractuel peut néanmoins apporter une expérience professionnelle décisive pour décrocher un poste permanent au sein de l’Union : « C’est une bonne passerelle pour intégrer la fonction publique européenne, confirme François-Gilles Le Theule, professeur affilié à l’ESCP-Europe (Ecole supérieur de commerce de Paris) et coauteur de La Fonction publique européenne (éd. La Documentation française, 2012). De plus, les agents contractuels bénéficient des mêmes niveaux de salaires et des mêmes grilles indiciaires que les fonctionnaires permanents. »
Encore faut-il réussir le concours. Le mode de recrutement des contractuels est le même que pour les agents titulaires : les candidats doivent réussir un examen organisé par l’EPSO (European Personnel Selection Office...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Les tests de recrutement désormais axés sur les compétences managériales, et non plus sur les connaissances de la gouvernance européenne, peuvent dérouter les habitués des concours « à la française ». Conséquence : 95% de candidats échouent à la première étape de « raisonnement verbal et numérique ».
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Comment intégrer la fonction publique européenne

Les tests de recrutement désormais axés sur les compétences managériales, et non plus sur les connaissances de la gouvernance européenne, peuvent dérouter les habitués des concours « à la française ». Conséquence : 95% de candidats échouent à la première étape de « raisonnement verbal et numérique ».



Le Monde
 |    04.06.2018 à 12h52
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 13h14
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Chaque année, plus de 50 000 candidats tentent leur chance auprès de l’Office européen de sélection du personnel (Epso), l’organisme qui choisit les postulants pour travailler au sein des institutions européennes. La perspective de décrocher un poste prestigieux à Bruxelles, au Luxembourg ou à Strasbourg séduit les candidats qui aspirent à mettre leurs compétences au service de l’Union européenne (UE).
Sans compter le niveau de rémunération, nettement plus attractif que celui d’un fonctionnaire français « lambda » : le traitement mensuel de base d’un fonctionnaire européen varie entre 2 300 euros pour un assistant-secrétaire nouvellement recruté et 16 000 euros pour un administrateur ayant plus de quatre années d’ancienneté au grade le plus élevé, indique le site de l’Epso.
Juristes, traducteurs, responsables des ressources humaines…. La palette des compétences recherchées est vaste. Mais les places sont chères. Seuls quelques centaines de postes sont à pourvoir, pour un taux de réussite aux tests de sélection avoisinant les 1%. « Le départ à la retraite d’une génération de fonctionnaires européens d’ici à 2020 offre néanmoins de vraies opportunités », affime Michel Mangenot, professeur à l’Institut d’études européennes de l’université Paris-VIII. Les postulants français seraient d’ailleurs sous-représentés aux tests : « au dernier concours organisé par l’Epso pour le recrutement d’aministrateurs en 2017, il y a eu trois fois plus d’Italiens», souligne Michel Mangenot.
Tests psychométriques
Les Français se montreraient-ils réfractaires aux nouveaux critères de sélection mis en place depuis 2010? L’arrivée du Britannique David Bearfield à la tête de l’Epso, en 2007, marque la fin d’une époque : celle du recrutement sur concours « à la française », avec QCM sur les institutions européennes et grand entretien pour évaluer la vocation à servir l’Europe.
A la place a été instauré un mode de sélection calqué sur celui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Avec les déclarations polémique de Lorenzo Fontana, les premières fissures dans l’alliance des deux partis populistes au pouvoir dans la péninsule se font jour.
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Italie : le nouveau ministre de la famille affiche son opposition aux unions homosexuelles

Avec les déclarations polémique de Lorenzo Fontana, les premières fissures dans l’alliance des deux partis populistes au pouvoir dans la péninsule se font jour.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 13h30
   





                        


Le soir même de l’investiture du gouvernement italien, une première polémique a éclaté dans ses rangs, première fissure dans l’alliance des deux partis populistes au pouvoir dans la péninsule, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S).
Le nouveau ministre de la famille, Lorenzo Fontana, membre de la Ligue, proche du catholicisme intégriste et ardent adversaire du mariage homosexuel et de l’avortement, a déclaré au Corriere della Sera : « Les familles arc-en-ciel [symbole des mouvements homosexuels] n’existent pas dans la loi italienne. »
Arrivant vendredi soir au palais du Quirinal, portant sa fille dans les bras et accompagné de sa femme, le ministre de la famille, 38 ans, a déclaré que « les familles sont celles qui sont naturelles, où un enfant doit avoir un père et une mère ». Et d’insister : « La famille naturelle est attaquée. [Les homosexuels] veulent nous dominer et effacer notre peuple. »
Le ministre a ajouté qu’en tant que catholique il renforcerait également tous les organismes qui « tentent de dissuader les femmes d’avorter », arguant que « l’avortement est la première cause de féminicide au monde ».
Déclarations « inopportunes »
Le M5S a pris ses distances dimanche avec les déclarations de Lorenzo Fontana, déclarant que le sujet des unions civiles entre personnes de même sexe avait été écarté de leur agenda politique commun.
L’avocate issue de ses rangs, Maria Edera Spadoni, a qualifié d’« inopportunes » les déclarations de Lorenzo Fontana. « Ce n’est pas un mystère que différentes sensibilités sur les problèmes éthiques existent » entre son mouvement et la Ligue, a-t-elle dit dans un entretien au Corriere della Serra. Elle a rappelé que les sujets clivants ont été délibérément écartés du contrat de gouvernement, citant notamment l’avortement et l’union civile homosexuelle.

        Lire la discussion avec notre correspondant à Rome :
         

          « La question migratoire est un des rares sujets sur lesquels le M5S et la Ligue s’accordent »



Les propos du ministre de la famille ont obligé Matteo Salvini à préciser qu’une telle déclaration ne figurait pas dans le contrat de gouvernement. « En tant que père, je suis soucieux qu’en enfant grandisse entre un père et une mère, mais la question n’est pas à l’agenda du gouvernement », a-t-il tenu à préciser après les déclarations de son allié.
L’Italie a adopté l’union civile homosexuelle en 2016. Après des mois de batailles parlementaires houleuses, c’est en force que Matteo Renzi avait fait adopter la loi, attendue depuis près de deux décennies par les associations homosexuelles.

        Lire aussi :
         

                L’Italie résout sa crise politique avec un gouvernement populiste






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Affichant une volonté d’apaisement après sa réélection contestée, le président vénézuélien a libéré en fin de semaine plusieurs dizaines de prisonniers politiques, qui ne peuvent ni quitter le territoire ni s’exprimer dans la presse.
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Venezuela : 80 opposants libérés par Nicolas Maduro

Affichant une volonté d’apaisement après sa réélection contestée, le président vénézuélien a libéré en fin de semaine plusieurs dizaines de prisonniers politiques, qui ne peuvent ni quitter le territoire ni s’exprimer dans la presse.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 12h42
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 12h54
   





                        



   


Après avoir libéré 40 prisonniers politiques vendredi 1er juin, le président socialiste du Venezuela, Nicolas Maduro, en a relâché 40 autres samedi. « Aujourd’hui, ils sont quarante (…) à avoir bénéficié d’importants aménagements de peine », a annoncé le ministre de la communication, Jorge Rodriguez, dans une allocution à la télévision nationale.
Pression internationale
Ce geste d’apaisement survient alors que le président subit une forte pression internationale, après sa réélection contestée le 20 mai. Un scrutin notamment qualifié de « farce » par les Etats-Unis, le pouvoir ayant interdit aux deux principaux opposants au chavisme et à la principale coalition d’opposition d’y participer.

        Sur le scrutin :
         

          Au Venezuela, Nicolas Maduro proclamé vainqueur d’une présidentielle contestée



Parmi les détenus accusés de délits politiques libérés dans la première vague se trouvaient des figures importantes de l’opposition, tel l’ancien maire de San Cristobal, Daniel Ceballos, et le général à la retraite Angel Vivas.
Parmi ceux libérés samedi se trouvent le député suppléant Gilber Caro, 44 ans, emprisonné depuis janvier 2017 sous l’accusation de trahison de la patrie et de vol d’armes des forces armées, ainsi que Raul Emilio Baduel, fils du général emprisonné Raul Isaias Baduel − un ex-allié du défunt président Hugo Chavez –, dégradé en mars par le président Maduro pour « conspiration ».
« Chercher les voies démocratiques »
L’ex-député de Barinas (ouest), Wilmer Azuaje, arrêté en mai 2017 pour complot, figure également parmi les libérés. En juillet 2017, une photo de lui, enchaîné à une échelle dans un cachot des services de renseignement (Sebin) à Caracas, était parue.

        Lire aussi :
         

                « Au Venezuela, toute rationalité semble avoir déserté le système politique et économique »



Avant d’être libérés, les prisonniers doivent assister à une cérémonie devant la présidente de l’Assemblée constituante, Delcy Rodriguez, chargée des libérations par une Commission de la vérité. « Il faut s’éloigner de la haine et de l’intolérance, il faut chercher les voies démocratiques et pacifiques », a-t-elle déclaré aux détenus samedi, ajoutant que ces libérations se faisaient « au nom de la paix » et de la « réconciliation ». Ils resteront soumis à des mesures de contrôle, ne pourront pas quitter le territoire et n’ont pas, pour la plupart, l’autorisation de s’adresser à la presse.
Selon l’ONG Foro penal, le Venezuela compte quelque 350 « prisonniers politiques », ce que le gouvernement socialiste dément.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Lutte anticorruption, austérité budgétaire, hausse de la TVA, création d’un salaire minimum : intronisé le 15 février, le président imprime sa marque.
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En Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa augmente la TVA mais crée un salaire minimum

Lutte anticorruption, austérité budgétaire, hausse de la TVA, création d’un salaire minimum : intronisé le 15 février, le président imprime sa marque.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 12h35
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








                        



                                


                            

« Monsieur le Président, à chaque fois qu’il y a une crise en Afrique du Sud, on se tourne vers la Chine, la Russie, la France… Faites en sorte que les jeunes scientifiques noirs puissent contribuer au développement du pays, nous sommes prêts. » L’apostrophe vient d’une ingénieure dans le nucléaire, copieusement applaudie à l’énoncé de sa profession. La jeune femme a pris le micro pour s’adresser à Cyril Ramaphosa, le président sud-africain, venu ce jeudi 31 mai à la rencontre d’un parterre d’universitaires et d’hommes d’affaires, à Sandton, le centre financier de Johannesburg.
L’événement, concocté par le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), avait pour objectif de sonder l’intelligentsia noire et de faire remonter initiatives et solutions. Et les idées ont fusé : dans la salle, pleine à craquer, les participants ont joué des coudes pour pouvoir monter sur l’estrade et s’exprimer. Une preuve de l’effervescence et de l’euphorie qui ont accompagné les cent premiers jours de Cyril Ramaphosa au pouvoir.

Après avoir conquis le parti d’une courte tête en décembre 2017, puis manœuvré pour pousser le très décrié Jacob Zuma à la démission, M. Ramaphosa a été intronisé le 15 février pour terminer le mandat de ce dernier. Sa tache est monumentale : redresser un Etat rongé par la corruption, une économie minée par un chômage record et un parti profondément divisé. Le tout à moins d’un an des prochaines échéances électorales, auxquelles le parti de Nelson Mandela se présente en mauvaise posture, décrédibilisé par les scandales.
Budget d’austérité
Affable et à l’écoute, M. Ramaphosa impose d’abord un changement radical de style. Tablette électronique à la main, l’ancien syndicaliste de 65 ans devenu un riche entrepreneur est en terrain conquis au milieu des chefs d’entreprise. Son élection a rassuré les marchés et permis à l’Afrique du Sud d’éviter une nouvelle dégradation de sa note souveraine.
Les observateurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les deux vice-présidents du conseil défendent en parallèle les projets du M5S et de la Ligue, en contradiction notamment sur les questions fiscales.
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Italie : Luigi Di Maio et Matteo Salvini, un exécutif à deux visages

Les deux vice-présidents du conseil défendent en parallèle les projets du M5S et de la Ligue, en contradiction notamment sur les questions fiscales.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 16h32
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

« Fratelli d’Italia… » Les premières notes de l’hymne national sont parties spontanément et une mer de drapeaux tricolores s’est levée, lorsque le chef politique du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, a prononcé les premiers mots de son discours, depuis la tribune installée sur la place de la Bocca della Verita, au pied du Capitole, où une dizaine de milliers de personnes s’étaient rassemblées en ce soir de fête nationale, samedi 2 juin.
Au départ, les sympathisants du mouvement devaient se retrouver au cri de « mon vote compte ! » ; l’idée avait été lancée le 28 mai, pour « défendre la démocratie en danger », alors que le président de la République, Sergio Mattarella, en exposant des réserves sur le choix du futur ministre de l’économie, semblait avoir porté un coup d’arrêt à la coalition mise sur pied par la Ligue de Matteo Salvini et le M5S, empêchant la formation du futur exécutif.
Finalement, les accusations de coup de force institutionnel ont fait long feu : après un ultime tour de négociations, et en tenant compte des demandes de Sergio Mattarella, le gouvernement Conte a vu le jour, vendredi 1er juin, et ce rassemblement censé témoigner de la colère populaire a changé de nature pour se muer en grande fête de la victoire.
Nanti du titre de vice-premier ministre et porté à la tête d’un grand ministère du travail et du développement économique, Luigi Di Maio aura toute latitude pour mettre en œuvre les mesures promises depuis des années par le M5S : abolition de la « loi Fornero » (une réforme des retraites votée à la va-vite, fin 2011, sous la pression des marchés financiers), aides aux petites entreprises, et surtout mise en place d’un « revenu de citoyenneté » de 780 euros par mois qui a beaucoup fait pour le succès du mouvement auprès d’une jeunesse fragilisée par dix années de crise et de marasme économique.
Insoluble contradiction
Avant de présenter son équipe gouvernementale,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le procès des responsables du tir contre l’avion de la Malaysia Airlines, abattu le 17 juillet 2014 au-dessus de l’Ukraine, se tiendra aux Pays-Bas.
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Le Parlement néerlandais va adopter une loi pour juger les auteurs du crash du MH17

Le procès des responsables du tir contre l’avion de la Malaysia Airlines, abattu le 17 juillet 2014 au-dessus de l’Ukraine, se tiendra aux Pays-Bas.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 11h16
    |

            Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)








                        



                                


                            

Le Parlement néerlandais devait adopter, mardi 5 juin, une loi sur les modalités du futur procès des auteurs du crash du MH17, abattu le 17 juillet 2014 au-dessus des territoires séparatistes du Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Le texte prévoit que le procès des auteurs du tir, de leurs coauteurs et complices, sera conduit par un tribunal néerlandais, au nom des 298 victimes issues de dix « nations en deuil ».
En juillet 2015, la Russie avait opposé son veto à un projet de tribunal international déposé devant l’ONU, et l’idée d’une juridiction multilatérale avait finalement été écartée au profit d’un procès organisé par les Pays-Bas, pays le plus touché par la tragédie avec 193 de ses ressortissants tués. Selon l’enquête conjointe internationale (ECI), réunissant juges, procureurs et enquêteurs des Pays-Bas, d’Australie, d’Ukraine, de Belgique et de Malaisie, mise sur pied sous la tutelle d’Eurojust en août 2014, le vol Amsterdam-Kuala Lumpur a été abattu par un missile antiaérien de type Buk, tiré depuis un champ de Pervomaïski, dans la région de Donetsk, tenue par les séparatistes prorusses.
Après avoir longtemps désigné comme responsable du crash un jet de l’aviation ukrainienne, la Russie ne conteste plus l’utilisation d’un tel missile, de fabrication soviétique, mais accuse l’armée ukrainienne, assurant que le missile a été tiré d’une zone sous son contrôle.
L’enquête a conclu que le missile et son lanceur provenaient de la 53e brigade antiaérienne de Koursk, en Russie
Mais le 24 mai, l’ECI concluait que le missile et son lanceur provenaient de la 53e brigade antiaérienne de Koursk, en Russie, et avaient été amenés spécialement un jour plus tôt. Quelques heures après l’annonce, La Haye et Canberra, soutenues par l’Union européenne, l’OTAN et les Etats-Unis, accusaient officiellement l’Etat russe.
Ils demandaient à Moscou de reconnaître sa responsabilité et d’accepter de porter l’affaire devant une instance internationale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La chancelière réaffirme les engagements du contrat de coalition et se rapproche des positions françaises.
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Allemagne : Merkel encourageante sur les réformes de l’UE

La chancelière réaffirme les engagements du contrat de coalition et se rapproche des positions françaises.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 12h29
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Angela Merkel a souvent reconnu qu’elle avait « besoin de temps pour prendre des décisions ». Elle n’a pas changé : il lui aura fallu 250 jours pour répondre aux propositions d’Emmanuel Macron sur l’avenir de l’Europe. Huit mois après le discours du président français à la Sorbonne, la chancelière s’est enfin décidée à exposer ses idées en la matière dans un dense entretien de deux pages publié, dimanche 3 juin, dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Pour l’essentiel, ces idées ne sont pas des surprises. Elles correspondent à ce qui a été acté dans le contrat de coalition, scellé le 7 février, entre les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD). Il n’empêche : le fait que Mme Merkel les reprenne à son compte n’est pas anodin. Le chapitre du contrat de coalition consacré à l’Europe avait en effet été largement inspiré par Martin Schulz.

Or, depuis son départ de la présidence du SPD, le 13 février, un doute s’était installé : sans ce fervent européen, le nouveau gouvernement allemand tiendrait-il ses promesses ? Le silence observé par Mme Merkel lors de ses dernières rencontres avec M. Macron nourrissait les craintes des plus pessimistes.
Angela Merkel en a profité pour rappeler que l’Union européenne ne devait pas se transformer en « union des dettes »
Dans ce contexte, le simple fait que la chancelière rappelle son attachement aux principaux points du « contrat de coalition », notamment sur la création d’un « budget d’investissement de la zone euro », est un signe politique rassurant pour la France. « C’est un mouvement positif qui témoigne de l’engagement européen de la chancelière et de son gouvernement », a réagi l’Elysée, dimanche, estimant qu’Angela Merkel « se rapproch[ait] des vues françaises ».
Quelle est l’ampleur de ce rapprochement ? S’agissant de la zone euro, il est limité. Pour Mme Merkel, son budget...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Alors qu’Israël révèle un nouveau document sur le programme nucléaire militaire passé de Téhéran, le premier ministre, en visite à Berlin, Paris et Londres, veut les convaincre d’abandonner l’accord nucléaire de 2015.
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Nucléaire iranien : Nétanyahou à l’offensive en Europe

Alors qu’Israël révèle un nouveau document sur le programme nucléaire militaire passé de Téhéran, le premier ministre, en visite à Berlin, Paris et Londres, veut les convaincre d’abandonner l’accord nucléaire de 2015.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 10h51
    |

                            Blaise Gauquelin (Tel-Aviv, envoyé spécial) et 
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Trois capitales en trois jours, et un seul thème en vue : l’Iran. Benyamin Nétanyahou est attendu, lundi 4 juin, à Berlin par la chancelière Angela Merkel, puis, le lendemain, à Paris par Emmanuel Macron, avant une visite express à Londres, pour s’entretenir avec Theresa May. « Je vais répéter une vérité immuable : Israël ne permettra pas à l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, a-t-il averti, dimanche, en conseil des ministres. Le second point est le blocage des plans iraniens d’expansion et d’agression au travers du Moyen-Orient, surtout en Syrie. Je vais aussi insister sur un principe élémentaire : Israël conserve et continuera de conserver une liberté d’action contre l’établissement d’une présence militaire iranienne n’importe où en Syrie. » 
Comme toute la droite israélienne, le premier ministre nourrit un mépris de plus en plus ouvert à l’endroit de l’Union européenne. Paralysée par ses divisions internes, celle-ci condamne toujours les annonces de construction dans les colonies de Cisjordanie, tandis que les Etats-Unis ont cessé d’y prêter attention.
En revanche, le chef du gouvernement israélien connaît le poids diplomatique de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, tous membres du format 5 + 1 avec la Chine et la Russie, un cadre à l’origine de la signature de l’accord sur le nucléaire iranien, dit « JCPOA », en juillet 2015, à Vienne. Un accord au destin incertain depuis le retrait des Etats-Unis, le 8 mai.
M. Nétanyahou aimerait empêcher les capitales toujours engagées par le texte de présenter un front uni face à Washington et de sauver le JCPOA. Mesurant aussi les rapports de force, il ne veut pas se retrouver isolé dans sa relation privilégiée avec Donald Trump. « Nétanyahou veut convaincre les Européens de jouer le jeu américain, et de dire aux Iraniens que la seule façon de préserver l’accord consiste à le renégocier », souligne une source diplomatique à Jérusalem.
Plan secret
Avec un...




                        

                        


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Compte rendu

En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara n’exclut plus un troisième mandat

Le changement de Constitution de 2016 permet au chef de l’Etat de se présenter à la présidence en 2020 et 2025. L’opposition s’insurge.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 04.06.2018 à 10h51

     •
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        Mis à jour le 04.06.2018 à 10h52






    
Le président ivoirien Alassane Ouattara lors d’un meeting de son parti, le Rassemblement des républicains, à Abidjan le 5 mai 2018.
Crédits : SIA KAMBOU / AFP


Le président ivoirien Alassane Ouattara, dont le deuxième mandat s’achève en 2020, a déclaré, dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique dimanche 3 juin, qu’il n’excluait pas un troisième mandat alors que la bataille pour sa succession a déjà commencé.
« La nouvelle Constitution m’autorise à faire deux mandats à partir de 2020. Je ne prendrai ma décision définitive qu’à ce moment-là, en fonction de la situation de la Côte d’Ivoire. La stabilité et la paix passent avant tout, y compris avant mes principes », a déclaré le chef de l’Etat ivoirien, interrogé sur la possibilité de se représenter.

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                La présidentielle ivoirienne de 2020 est dans toutes les têtes



Après avoir longtemps écarté cette possibilité, le président Ouattara estime désormais que le changement de Constitution de 2016 a remis les compteurs à zéro et que les élections de 2010 et 2015 ne comptent pas.
Cette interprétation, souvent diffusée par ses partisans, est largement remise en cause par l’opposition et par une grande partie de la communauté internationale.
« Inacceptable »
« Cette déclaration désormais ouverte n’est que pure provocation contre le peuple ivoirien. L’idée d’un troisième mandat, le chef de l’Etat actuel le sait, est anticonstitutionnelle, inacceptable et irréalisable en Côte d’Ivoire » a déclaré le président de « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté » (EDS), le Pr Georges Armand Ouégnin, dans un communiqué.
EDS est une coalition de l’opposition qui regroupe des partis politiques, des associations de la société civile et le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo. La plateforme, qui a été particulièrement active lors des protestations contre le nouveau Sénat dont l’élection a eu lieu en mars, demande surtout une nouvelle commission électorale (CEI) avant tout nouveau scrutin et notamment avant la présidentielle de 2020.

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                Le nord de la Côte d’Ivoire, entre espérances et frustrations



Pour EDS, M. Ouattara « devrait donc se résoudre, dès maintenant, à la mise en place d’une CEI consensuelle pour des élections libres, justes et transparentes, élections auxquelles il ne peut se présenter en 2020, mais qui doivent être le gage d’une alternance démocratique et pacifique dans notre pays ».
Certains observateurs estiment que le président utilise la « menace » de se représenter pour faire taire les querelles internes nées de la guerre de succession qui a déjà commencé.
Parti unifié
En même temps, le président tente de transformer en parti la coalition au pouvoir, afin d’organiser une primaire pour la présidentielle de 2020.
La transformation en un parti unifié du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) est un serpent de mer de la politique ivoirienne depuis une dizaine d’années.

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Voulue par le président Ouattara, elle se heurtait à des réticences au sein de son propre parti mais surtout de ses alliés et notamment du principal d’entre eux, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ancien président Henri Konan Bédié, qui a permis l’élection de Ouattara en 2010 et 2015.
Un des points d’achoppement est justement l’investiture du candidat à la présidentielle de 2020 : une partie des membres du PDCI estime que cette investiture leur revient de droit à leur formation, puisqu’ils ont soutenu celle du Rassemblement des Républicains (le parti de Ouattara) à deux reprises.
« Je considère que les Ivoiriens doivent choisir le prochain président dans la paix et sans violence, comme ils l’ont fait en 2015 (…) La démocratie et la transparence sont mes seuls objectifs », a précisé M. Ouattara à Jeune Afrique.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Pavel Dourov, fondateur de Telegram, accusait la firme de Cupertino de bloquer les mises à jour de son application pour satisfaire Moscou.
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Telegram finalement mis à jour sur les appareils Apple

Pavel Dourov, fondateur de Telegram, accusait la firme de Cupertino de bloquer les mises à jour de son application pour satisfaire Moscou.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 10h44
   





                        



   


La version iOS de l’application de messagerie Telegram sera finalement bien mise à jour. C’est ce qu’a annoncé son fondateur et dirigeant, Pavel Dourov, dans un message posté sur sa chaîne le 1er juin.
Dans ce message, où il remercie Apple, M. Dourov précise que les prochains correctifs et améliorations de son application avaient bien été validés. 
D’après l’historique des mises à jour du magasin d’applications d’Apple, Telegram a effectivement été mis à jour le 1er juin, notamment pour se mettre en conformité avec le règlement général sur la protection des données, entré en vigueur le 25 mai dans l’Union européenne.
Dans un message posté sur sa chaîne le 31 mai, Pavel Dourov avait accusé Apple d’avoir, à la suite d’une demande de Moscou, bloqué les dernières mises à jour de son application. Parce que M. Dourov refusait de livrer ses clés de chiffrement aux services de sécurité du pays, la justice russe a en effet ordonné le blocage de Telegram sur tout le territoire en avril.

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                Bloqué en Russie, Telegram accuse Apple de geler ses mises à jour






                            


                        

                        

