<FILE-date="2018/06/04/17">

<article-nb="2018/06/04/17-1">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Avec la défaite de Caroline Garcia en huitième de finale, battue par l’Allemande Angelique Kerber 6-2, 6-3, il n’y a plus aucun représentant tricolore en simple dans le tournoi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Roland-Garros : dernière Française, Caroline Garcia éliminée

Avec la défaite de Caroline Garcia en huitième de finale, battue par l’Allemande Angelique Kerber 6-2, 6-3, il n’y a plus aucun représentant tricolore en simple dans le tournoi.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 16h55
   





                        



   


2018 restera comme un bien fade millésime pour le tennis français à Roland-Garros. Dernière représentante du clan tricolore en simple à Roland-Garros, Caroline Garcia, numéro 7 mondiale, a été éliminée lundi 4 juin en huitième de finale par l’Allemande Angelique Kerber, tête de série numéro 12, 6-2, 6-3. La Française avait été quart de finaliste de l’édition 2017.
La Lyonnaise de 24 ans, septième mondiale, n’a jamais trouvé son rythme de croisière dans cette partie bouclée en seulement 1h07, malgré un léger sursaut sur la fin. Kerber affrontera l’actuelle numéro 1 mondiale, la Roumaine Simona Halep pour une place dans le dernier carré.
Le bilan de la numéro 1 française face à Kerber n’incitait pas à l’optimisme : quatre défaites pour seulement deux victoires. Et encore… Lors de son premier succès face à l’Allemande, en 2014 sur la terre battue madrilène, cette dernière avait dû abandonner (6-3, 2-0).

        Lire aussi :
         

                Roland-Garros : pas de Français en quarts, une première depuis 2010



Quatre balles de match sauvées
Kerber n’a certes plus montré son meilleur visage, aperçue en 2016, lorsqu’elle avait détrôné Serena Williams de la première place mondiale après avoir remporté notamment ses deux titres du Grand Chelem (Open d’Australie, US Open) et atteint la finale de Wimbledon.
Mais à Roland-Garros, un tournoi qui lui réussit peu, l’Allemande de 30 ans avait franchi les trois premiers tours sans perdre un set. Elle avait notamment écarté au 3e tour une spécialiste de la terre battue, la Néerlandaise Kiki Bertens, finaliste à Madrid.
Profitant des nombreuses fautes directes de Garcia (36), Kerber a fait défiler les jeux en sa faveur. La numéro 1 française a retardé l’échéance en sauvant quatre balles de match sur son propre service à 5-1. Mais après un break décroché, son premier de la partie (5-3), elle a craqué sur sa dernière mise en jeu, expédiant un coup droit loin des limites du court.

        Lire aussi :
         

                Le tennis français va mal et ça risque de durer






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-2">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Clélie de Lesquen-Jonas est accusée de retenir des indemnités qui leur reviennent. Cette dernière dénonce une « fake news ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Vingt-deux chibanis retraités de la SNCF portent plainte contre leur avocate

Clélie de Lesquen-Jonas est accusée de retenir des indemnités qui leur reviennent. Cette dernière dénonce une « fake news ».



Le Monde
 |    04.06.2018 à 15h07
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 15h45
   





                        



   


Vingt-deux chibanis, des retraités d’origine nord-africaine, qui ont fait condamner la SNCF pour discrimination, ont porté plainte contre leur ancienne avocate, lui reprochant de retenir les indemnités qui leur reviennent, a révélé le site d’information Mediapart samedi 2 juin.
L’histoire de huit cent quarante-huit ex-salariés de la SNCF, principalement marocains, avait connu un dénouement heureux le 31 janvier, la cour d’appel de Paris leur ayant donné gain de cause en condamnant l’entreprise publique à leur verser plus de 170 millions d’euros de dommages et intérêts. Après la décision, qui mettait un terme à plus de douze ans de procédure, certains chibanis (« cheveux blancs » en arabe) avaient porté en triomphe leur avocate, Clélie de Lesquen-Jonas. Cette dernière est aujourd’hui accusée d’« abus de confiance ».

        Lire aussi :
         

                Les chibanis discriminés l’emportent définitivement face à la SNCF



Selon les vingt-deux plaignants, leurs indemnités ont été versées sur le compte professionnel de Me de Lesquen-Jonas, qui aurait refusé « d’adresser à ses clients les fonds leur revenant », conditionnant leur versement « à la signature d’une convention comportant un honoraire de résultat de 5 % », peut-on lire dans la plainte, qui a été enregistrée par le parquet de Paris le 7 mai.
Or, toujours selon la plainte, l’avocate avait déjà « facturé forfaitairement son intervention », à hauteur de 6 000 euros, devant le conseil de prud’hommes et de 30 000 euros devant la cour d’appel. Ces sommes auraient été acquittées, selon le document.
« Fake news »
Contactée par l’AFP, l’avocate a dénoncé une « fake news » et a prévenu qu’elle lancerait « probablement une action en diffamation ».
« Je n’ai jamais conditionné la remise des fonds à la signature d’une convention », s’est défendue l’avocate, qui a fait valoir que le « processus de règlement est forcément long quand vous avez huit cent cinquante clients ». Elle a ajouté que les sommes dues aux plaignants avaient été réglées vendredi, en en retranchant néanmoins « la note d’honoraires qui fait l’objet aujourd’hui d’un contentieux », dont est saisi le bâtonnier.

Une information confirmée par son confrère Me Maxime Cessieux, qui représente les vingt-deux chibanis. Mais, a-t-il assuré à l’AFP, cela « ne change rien au fait qu’elle retient illégalement des sommes qui ne lui appartiennent pas ».
Selon la plainte, les plaignants doivent toucher chacun des sommes allant de 17 000 à 287 000 euros.
Me Cessieux a par ailleurs fait savoir qu’une « plainte complémentaire [allait] être déposée la semaine prochaine » par de nouveaux plaignants.
« Minorité agissante »
L’avocate mise en cause, qui se prévaut du soutien de « plus de huit cents clients », attribue la plainte à son endroit à une « minorité agissante manipulée par une société basée au Maroc créée en mars ». Selon elle, cette société, nommée « BBA », a été créée par Abdelkader Bendali, un consultant marocain qui était aux côtés des chibanis au début de leur procédure contre la SNCF, et qui leur a récemment « envoyé plus de huit cents factures ».
« L’escroquerie, elle est là », assure Me de Lesquen-Jonas, qui dit vouloir seulement « protéger [ses] clients ».

        Lire aussi :
         

                Les chibanis ou comment « faire entendre la voix de nos vieux invisibles »



M. Bendali, contacté par l’AFP, a formulé les mêmes accusations « d’escroquerie » à l’encontre de l’avocate, ajoutant être « en train de préparer une assignation contre cette dame ». « La justice tranchera », a-t-il dit.
Abdelkader Bendali a assuré avoir, « pendant dix ans, organisé le dossier » des chibanis contre la SNCF, « reconstitué la carrière de chacun ».
Selon lui, « tout au début » de la procédure, « chaque cheminot s’était engagé à verser 15 % d’honoraires de résultats », qu’il était chargé de « répartir au prorata entre les différents intervenants — avocats, professeurs, actuaires ». Quand Me de Lesquen-Jonas a commencé à intervenir dans le dossier, il lui avait « promis qu’elle aurait 2 % » d’honoraires, a-t-il dit.
Il a affirmé, en outre, que « Mme de Lesquen n’est pas l’auteur d’une seule phrase » des écritures présentées à la cour d’appel. « Cette dame a fait de la figuration et elle s’empare d’un chèque de neuf millions d’euros », a-t-il asséné.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-3">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ L’ancien correspondant à Paris de l’agence de presse ukrainienne UkrInform, arrêté en 2016 à l’aéroport de Moscou en provenance de Paris, est accusé d’espionnage.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Le journaliste Roman Souchtchenko condamné à douze ans de prison en Russie

L’ancien correspondant à Paris de l’agence de presse ukrainienne UkrInform, qui avait été arrêté en septembre 2016 à l’aéroport de Moscou en provenance de Paris, est accusé d’espionnage.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 16h55
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


La justice russe a condamné à douze ans de prison « à régime sévère », lundi 4 juin, le journaliste ukrainien Roman Souchtchenko, ancien correspondant à Paris de l’agence de presse UkrInform. Le journaliste a été reconnu coupable d’espionnage au terme d’une procédure instruite par les services de sécurité russes (FSB) sous le sceau du secret. « Je ferai bien entendu appel. Cette décision n’est pas juste », a déclaré après l’annonce de sa peine M. Souchtchenko, qui nie toute culpabilité.
« Tout a été réglé en quelques minutes, puisque les motivations du jugement sont elles aussi tenues secrètes, indique au “Monde” son avocat, Mark Feïguine. Le juge a simplement répété les trois phrases que répètent les services depuis deux ans. » M. Feïguine assistait au jugement en tant qu’observateur extérieur : l’avocat, qui a dans le passé défendu les Pussy Riot ou la pilote ukrainienne Nadejda Savtchenko, a été radié du barreau de Moscou le 24 avril, officiellement pour la publication de trois Tweet « à caractère obscène ». Une décision que l’avocat estime directement liée à l’affaire Souchtchenko : « Le pouvoir russe voudrait que toute cette affaire soit réglée le plus discrètement possible. Le verdict rendu aujourd’hui est d’ailleurs prudent, puisque la peine pouvait aller jusqu’à vingt ans. »
« Colonel » ukrainien
Roman Souchtchenko avait été interpellé le 30 septembre 2016 à son arrivée à l’aéroport de Moscou, en provenance de Paris. Son arrestation avait été découverte quasiment par hasard, lorsqu’une délégation de défenseurs des droits de l’homme avait remarqué, dans une cellule de Lefortovo, la prison utilisée par le FSB, un nouveau venu placé à l’isolement. L’homme avait alors expliqué être un journaliste ukrainien, membre de l’agence de presse publique UkrInform depuis 2002, et son correspondant à Paris depuis 2010. Il se rendait à Moscou pour rendre visite à son cousin malade.
Depuis lors, Roman Souchtchenko était donc détenu à Lefortovo, avec comme visites régulières, uniquement celles du consul ukrainien. Les autorités russes n’ont dévoilé que des éléments très parcellaires de l’instruction : le FSB décrit Roman Souchtchenko comme « un employé du service de renseignement du ministère de la défense ukrainien », allant même jusqu’à lui décerner le grade de « colonel ». « Le citoyen ukrainien collectait délibérément des informations secrètes sur l’activité des forces armées et de la garde nationale de la Fédération de Russie », avaient seulement indiqué les services de sécurité russes après son arrestation.
Dépêches rarement signées
En l’absence de détails, ce sont les médias russes qui se sont mués depuis 2016 en procureurs, évoquant son passé dans l’armée ukrainienne – un engagement de cinq ans, au début des années 1990, terminé avec le grade de lieutenant – ou notant que l’on trouve sur Internet bien peu d’articles du journaliste. Rien de surprenant à cela : comme celles, par exemple, de l’Agence France-Presse, les dépêches d’UkrInform sont rarement signées. Nombre de ses collègues français et ukrainiens l’ont déjà croisé sur le terrain, en France, et sa femme, Angela, a constitué un dossier bien fourni recensant ses publications. « Il écrivait presque tous les jours, assurait-elle au “Monde” en novembre 2017, et pas seulement sur les attentats ou la politique. Il couvrait aussi les expositions ou le sport. »

   


La détention de Roman Souchtchenko a suscité une émotion importante en Ukraine, de même que celle des autres « otages » ukrainiens, comme les qualifie Kiev. Une trentaine d’Ukrainiens détenus en Russie – résidant dans ce pays, arrêtés lors de leur passage, ou habitants de Crimée refusant l’annexion – sont considérés par Kiev comme des prisonniers politiques. Parmi eux, le cinéaste originaire de Crimée Oleg Sentsov, condamné à vingt ans de prison pour « préparation d’actes terroristes » et qui est en grève de la faim depuis le 14 mai. Quelques libérations, obtenues par des grâces présidentielles ou après des échanges de prisonniers, ont lieu épisodiquement.

        Lire aussi :
         

                Emprisonné en Russie, le journaliste ukrainien Roman Souchtchenko espère le soutien de la France



Les soutiens de Roman Souchtchenko espèrent désormais, eux aussi, un échange de prisonniers. « Cette affaire ne peut se conclure que par un échange, estime aussi l’avocat Mark Feïguine. Il y a des dizaines de prisonniers russes en Ukraine, des combattants capturés dans le Donbass, mais Moscou n’est pas intéressé par le fait de les récupérer. » Peut-être faut-il, dès lors, voir dans l’arrestation à Kiev, mi-mai, du chef du bureau ukrainien de l’agence de presse russe RIA Novosti, un lien avec l’affaire Souchtchenko. Kirill Vyshinsky a, depuis, été placé en détention et accusé de « haute trahison ».
Les amis de M. Souchtchenko espèrent aussi une implication plus poussée dans ce dossier de la France, où résidait M. Souchtchenko, et qui participe, aux côtés de l’Allemagne, de la Russie et de l’Ukraine, aux négociations de paix sur le conflit ukrainien.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-4">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les développeurs informatiques du monde entier utilisent ce service, devenu en une décennie seulement l’un des sites les plus populaires.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Qu’est-ce que GitHub, la plate-forme que Microsoft vient de racheter ?

Les développeurs informatiques du monde entier utilisent ce service, devenu en une décennie seulement l’un des sites les plus populaires.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 16h21
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 16h36
    |

            Morgane Tual








                        



   


C’est un achat considérable : après plusieurs jours de rumeurs, Microsoft a annoncé lundi 4 juin l’acquisition pour 7,5 milliards de dollars de la plate-forme GitHub, dont le siège social est à San Francisco. Si ce nom est encore inconnu pour beaucoup d’internautes, il désigne pourtant l’un des sites les plus visités au monde. En une décennie d’existence, il est devenu un outil incontournable pour les développeurs informatiques, qu’ils soient indépendants ou employés des grandes entreprises de la Silicon Valley.
A quoi sert GitHub ?
GitHub permet aux développeurs de stocker et de partager, publiquement ou non, le code qu’ils créent. La plate-forme accueille ainsi, dit-elle, plus de 80 millions de projets, qu’il s’agisse de logiciels, de sites Web, d’applications pour mobile ou tous autres types de programme informatique — et ce quel que soit le langage de programmation utilisé.
Le site est aussi un espace collaboratif. Chaque utilisateur peut contribuer aux projets mis en ligne publiquement sur GitHub, en proposant des modifications. Le succès de GitHub repose notamment sur la façon dont le site a facilité ce processus. Pour que les utilisateurs ne se dérangent pas mutuellement en modifiant un programme en même temps, ils téléchargent chacun de son côté le code sur son ordinateur, effectuent les modifications, qui sont ensuite publiées sur GitHub après validation. Le site se base pour cela sur Git, un outil développé en 2005 par Linus Torvalds, le célèbre créateur de Linux — GitHub aura eu pour talent de rendre ce système plus simple d’utilisation et compréhensible par le plus grand nombre.
Chaque modification du code est ainsi stockée sur GitHub, et il est possible de suivre pas à pas chaque étape de développement d’un programme. Des espaces de discussion permettent à tous les développeurs d’échanger sur chaque programme et contribution.
Pourquoi GitHub est-il devenu si important ?
La plate-forme revendique pas moins de 27 millions d’utilisateurs —, ce qui représente une bonne partie des développeurs informatiques dans le monde. GitHub est aussi bien utilisé par des développeurs indépendants que par de grandes entreprises comme Google, Apple, Facebook ou encore Amazon, qui s’en servent pour bâtir leurs propres produits. Sa facilité d’utilisation a aussi conquis des développeurs amateurs, qui y publient leurs projets. Pour un développeur, exister sur GitHub est devenu incontournable : les recruteurs y scrutent leurs profils et leurs contributions davantage que leur CV. GitHub ferait partie des sites les plus populaires du monde, selon le classement Alexa.
Surtout, GitHub est devenu la plus grande bibliothèque de codes « open source » au monde — c’est-à-dire de codes rendus publics, accessibles à tous. Au point que le magazine de référence Wired, spécialisé dans les technologies, l’avait comparé en 2015 à la bibliothèque d’Alexandrie :
« GitHub est plus qu’un endroit pratique où stocker des fichiers en ligne. C’est la pierre angulaire du développement informatique — un entrepôt incontournable de code open source et un espace de connaissance essentiel. »
Cette centralisation provoque aussi des inquiétudes : que se passerait-il si GitHub était compromis ? En janvier, la plate-forme a d’ailleurs été la cible d’une des plus puissantes attaques par déni de service (DDoS) jamais enregistrées — une action visant à saturer un site Web de requêtes pour le rendre inaccessible. GitHub a relativement bien résisté : il a subi des perturbations pendant une dizaine de minutes avant un retour à la normale. Toutefois, le code de la plupart des projets étant téléchargé par les utilisateurs, et donc stocké sur leurs ordinateurs, la disparition de GitHub ne signerait pas automatiquement celle de ces projets — mais tout de même de leurs archives, de leurs évolutions et des innombrables discussions les entourant.
Quel est son modèle économique ?
Si les développeurs peuvent utiliser gratuitement GitHub pour leurs projets en open source, ils doivent en revanche payer pour leurs projets privés, dont le code n’est pas rendu public. Les abonnements basiques vont de 6 à 18 euros par mois et par utilisateur. Par ailleurs, GitHub vend aussi la possibilité, pour des entreprises, d’utiliser son système sur leurs propres serveurs. En revanche, la plate-forme n’affiche pas de publicité.
Quel est l’intérêt pour Microsoft d’acheter GitHub ?
Que Microsoft — après avoir longtemps été la figure de proue des logiciels propriétaires et s’être mis à dos les innombrables développeurs défenseurs de l’open source — achète cette plate-forme pourrait sembler contre-nature. Microsoft est pourtant extrêmement présent sur GitHub, et l’un de ses projets open source, l’éditeur de code Visual Studio Code, est celui qui rassemble le plus de contributeurs sur la plate-forme.
Depuis l’arrivée de Satya Nadella à la tête de Microsoft, en 2014, l’entreprise s’est davantage tournée vers les outils destinés aux développeurs et, de concert, vers l’open source. Quand elle a « ouvert » le code de sa famille d’outils .NET, la même année, Microsoft l’a publié sur GitHub plutôt que sur Codeplex, son propre site de partage de codes en open source — qu’elle a depuis fermé.
En achetant GitHub, Microsoft parfait cette stratégie en direction des développeurs, et dispose désormais d’un vaste écosystème d’outils leur étant destinés. L’entreprise devient donc incontournable pour les développeurs du monde entier. Reste à voir ce qu’elle compte faire précisément de GitHub, et comment elle compte l’inclure dans cet écosystème. Cette acquisition pourrait ouvrir la voie à de nouveaux liens entre la plate-forme et d’autres services de Microsoft, comme par exemple son offre de « cloud » Azur, qui livre une guerre sans merci à son rival Amazon Web Services.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-5">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Face au déclin du courrier, et un univers de plus en plus concurrentiel, La Poste mise sur les colis et les services de proximité pour occuper ses facteurs.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 03/06/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Services à la personne, livraisons... La Poste se diversifie tous azimuts

Face au déclin du courrier, et un univers de plus en plus concurrentiel, La Poste mise sur les colis et les services de proximité pour occuper ses facteurs.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 16h21
    |

                            Charles de Laubier








                        



                                


                            

Cinquante ans après les grandes grèves de fonctionnaires des PTT en mai 1968, les postiers ne sont plus aux avant-postes de la contestation sociale, éclipsés aujourd’hui par la colère des cheminots. Pourtant, bien avant eux, ils ont expérimenté la fin de leur statut, l’arrivée de la concurrence et la transformation d’une administration en société anonyme, en 2010. Et, surtout, le déclin de leur métier d’origine.
Avec une baisse du volume du courrier d’environ 7 % par an, les facteurs et factrices – au nombre de 70 000 aujourd’hui (sur un effectif de plus de 253 000 « postiers ») – n’auront plus grand-chose à mettre dans leur sacoche dans quelques années. E-mails, réseaux sociaux, messageries instantanées et dématérialisation généralisée des courriers administratifs et commerciaux sont en train d’avoir raison de nos relations épistolaires.

L’équation économique n’est pas plus simple. Nos lettres et correspondances (hors colis) pesaient, il y a dix ans, près de 60 % des revenus du monopole public postal de l’époque. Aujourd’hui, ce courrier papier ne représente déjà plus que 27 % du chiffre d’affaires du groupe La Poste. « En France, le courrier a commencé à vraiment baisser à partir de 2008. Au total, le recul est d’environ 40 %. Plus inquiétant, peut-être : il ne semble pas y avoir eu de ralentissement dans la baisse en 2017, alors que la croissance économique est un peu repartie. D’habitude, la croissance est favorable au trafic », indique Joëlle Toledano, professeure d’économie, ancienne membre du collège de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) et ancienne présidente du groupe des régulateurs postaux européens.
Moins de 70 000 facteurs
Son confrère Elie Cohen est plus alarmiste encore : « La question qui se pose est celle d’un éventuel effet d’avalanche, qui verrait la chute s’accélérer par abandon massif d’une des activités actuelles, comme on l’a vu avec...




                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-6">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Blessée, l’Américaine a dû renoncer avant son huitième de finale face à la Russe à Roland-Garros.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Serena Williams déclare forfait avant son match contre Maria Sharapova

Blessée, l’Américaine a dû renoncer avant son huitième de finale face à la Russe à Roland-Garros.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 16h03
   





                        



   


Le choc du tournoi n’aura pas lieu. Maria Sharapova ne retrouvera pas sa bête noire en huitième de finale de Roland-Garros, lundi 4 juin. Juste avant leurs retrouvailles, Serena Williams a annoncé son forfait lors d’une conférence de presse.
« J’ai malheureusement ressenti une douleur au pectoral droit. Actuellement, je suis incapable de servir, et c’est trop dur de jouer quand on est physiquement incapable de servir », a expliqué l’Américaine de 36 ans, de retour à Roland-Garros après un congé maternité.
La triple vainqueur du tournoi a indiqué avoir contracté cette blessure lors de son troisième tour contre l’Allemande Julia Georges. « C’est la première fois que je ressens cette douleur, donc je ne sais pas trop comment la gérer », a-t-elle poursuivi, émue, précisant qu’elle allait passer une IRM demain en France.
« C’est pire que de la déception, j’ai tellement fait de sacrifices auprès de ma famille et de ma fille en passant tout mon temps sur les courts pour pouvoir revenir. Tout ça pour ça... C’est très difficile à vivre, mais malgré tout, comme toujours, j’essaie de rester positive et de voir plus loin, de me projeter sur les tournois suivants et le reste de la saison. »
Maria Sharapova est donc qualifiée sans jouer pour les quarts de finale, où elle affrontera la gagnante du match Muguruza-Tsurenko.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-7">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Les dentistes et l’Assurance-maladie ont signé un accord sur le « reste à charge zéro ». Une promesse du candidat Emmanuel Macron.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Des prothèses dentaires remboursées à 100 %

Les dentistes et l’Assurance-maladie ont signé un accord sur le « reste à charge zéro ». Une promesse du candidat Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 15h49
    |

            François Béguin








                        



                                


                            
C’est théoriquement la fin programmée des renoncements à des soins dentaires pour raisons financières. Le texte prévoyant la mise en application de la promesse de campagne d’Emmanuel Macron d’un « reste à charge zéro » pour les soins prothétiques a été adopté, vendredi 1er juin, à plus de 90 % par les dentistes de la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD), après l’avoir été à 76 % la veille par ceux de l’Union dentaire (UD), permettant ainsi son entrée en vigueur en plusieurs étapes, entre 2020 et 2021, pour la partie « RAC zéro ».
L’accord, qui prévoit une revalorisation des tarifs des soins courants (caries, détartrage…) en échange d’un plafonnement des tarifs des prothèses, est jugé « historique » par Nicolas Revel, le directeur général de la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), qui devait en présenter le détail lundi 4 juin. « Cela permet de sortir d’un cercle vicieux où depuis vingt-cinq ou trente ans les actes prothétiques devenaient de plus en plus chers pour compenser la faiblesse des tarifs des soins conservateurs à tarifs opposables [pris en charge par la Sécu et les complémentaires] », explique-t-il au Monde. Coût de l’opération : 1,2 milliard d’euros sur cinq ans, dont 717 millions à la charge de la Sécu et 505 millions pour les complémentaires santé.

En janvier 2017, après l’échec d’une première négociation avec les dentistes, la ministre de la santé Marisol Touraine avait choisi de plafonner unilatéralement les tarifs des prothèses, provoquant la colère des syndicats de dentistes. Après l’élection d’Emmanuel Macron, le nouveau gouvernement avait rouvert les discussions, en y ajoutant le « reste à charge zéro ».
Les fortes revalorisations d’une partie des actes de soins conservateurs (comme la dévitalisation d’une molaire dont le tarif va passer de 81,94 euros à 110 euros) seront indolores pour les patients. Sauf dépassement d’honoraires, ce type d’actes...




                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-8">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Pour éviter un procès ou une procédure de plaider coupable, la banque, accusée par le fonds souverain libyen de corruption sous l’ère Kadhafi, a négocié une amende.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Corruption en Libye : la Société générale va payer 500 millions d’euros pour éviter des procès en France et aux Etats-Unis

Pour éviter un procès ou une procédure de plaider coupable, la banque, accusée par le fonds souverain libyen de corruption sous l’ère Kadhafi, a négocié une amende.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 16h52
   





                        


La Société générale s’est engagée à payer 250 millions d’euros pour échapper en France à un procès dans l’affaire de ses transactions avec le fonds souverain libyen, a annoncé, lundi 4 juin, la procureure du parquet national financier.
Lors d’une audience de validation de cette convention judiciaire d’intérêt public, qui permet à une entreprise de négocier une amende, sans aller en procès ni passer par une procédure de plaider coupable, Eliane Houlette a également relevé que les faits reprochés à la banque étaient susceptibles d’être qualifiés de « corruption d’agent public étranger ».
La banque versera également 250 millions d’euros aux Etats-Unis, afin de mettre un terme aux poursuites qui l’y visent.
Plus tôt dans la journée, le groupe français avait annoncé être « parvenu à des accords de principe » avec les autorités concernées aux Etats-Unis et en France pour mettre fin à des enquêtes sur deux dossiers : les manipulations du taux interbancaire Libor et des soupçons de corruption avec le fonds souverain libyen (LIA).
« Pas d’impact sur les résultats »
La Société générale a par ailleurs assuré que les versements qu’elle devra effectuer dans ces deux litiges n’auront « pas d’impact sur les résultats » du groupe, car ils ont été « entièrement » couverts par une provision de 1 milliard d’euros, inscrite dans ses comptes à cet effet.
Le LIA, qui accusait la banque de cas de corruption sous l’ère Kadhafi, avait déjà obtenu près de 1 milliard d’euros l’an dernier. Mais un autre volet, instruit au pénal par les autorités américaines, restait à régler.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-9">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Après la présentation du « scénario de l’anticipation » par la ministre de la culture, Françoise Nyssen, les syndicats de journalistes craignent un affaiblissement de France Bleu et un manque de moyens.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Réforme de l’audiovisuel : les syndicats inquiets

Après la présentation du « scénario de l’anticipation » par la ministre de la culture, Françoise Nyssen, les syndicats de journalistes craignent un affaiblissement de France Bleu et un manque de moyens.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 16h17
   





                        



   


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a présenté lundi 4 mai son projet de réforme de l’audiovisuel public, baptisé « scénario de l’anticipation ». Celui-ci prévoit notamment la fin de la diffusion de France 4 sur la TNT, le développement du numérique et le rapprochement de France Bleu et de France 3 afin de renforcer les programmes régionaux. « Une coopération ambitieuse entre France 3 et France Bleu doit déboucher sur ce média quotidien régional qui sera la voix des territoires », a-t-elle notamment expliqué au Monde et lors d’une conférence de presse.
France Bleu craint d’être absorbé
C’est ce dernier point qui suscite la forte inquiétude du Syndicat national des journalistes (SNJ) de Radio France. Celui-ci estime que le rapprochement sur le numérique entre une rédaction de radio et une autre de télévision pour créer un site, expérimenté avec Franceinfo:, est loin d’avoir montré son efficacité. Il craint surtout que les rédactions de France Bleu soient absorbées par les locales de France 3.

        Lire aussi :
         

                Françoise Nyssen : « L’audiovisuel public doit anticiper et oser »



« S’il y a bien un enseignement à tirer de la création de Franceinfo:, c’est que la rédaction de la radio n’a en réalité aucun contrôle sur le site. France Télévisions prend toutes les décisions », regrette le SNJ Radio France dans un communiqué. « Les journalistes de France Bleu n’accepteront pas de s’épuiser à fournir “un nouveau média de la vie quotidienne” qui effacerait la présence numérique de leur radio », ajoute le syndicat.
Effort sur le numérique « insuffisant »
Du côté de France TV, c’est le flou concernant le financement de la réforme, guère abordé par la ministre, et les économies demandées au service public de l’audiovisuel qui inquiètent la CGT. Le syndicat s’alarme de « la dimension nationale de France 3 que l’on sent de plus en plus menacée ». Si la CGT se félicite de l’existence d’un effort d’investissement dans le numérique, à hauteur de 150 millions d’euros supplémentaires par an, elle l’estime « insuffisant ». « Faire beaucoup plus avec beaucoup moins n’est pas une perspective raisonnable », estime le syndicat.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-10">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Face à la dette abyssale du service de location de voitures en libre-service, Anne Hidalgo annonce être en discussion avec des constructeurs pour un nouveau modèle.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Autolib’ : Paris réfléchit à d’autres modes de déplacement

Face à la dette abyssale du service de location de voitures en libre-service, Anne Hidalgo annonce être en discussion avec des constructeurs pour un nouveau modèle.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 14h35
   





                        



   


Dans une interview aux Echos, lundi 4 juin, Anne Hidalgo dit « poser la question du modèle » du système de location de voitures en libre-service Autolib’.
« Autolib’ a été inventé il y a dix ans pour imaginer de nouvelles formes de mobilité. Ce dispositif devait être rentable. Force est de constater qu’il ne l’est pas. »
Selon la maire de Paris, l’explication de ces difficultés pourrait être l’émergence « d’autres évolutions technologiques et de la mobilité », comme « les VTC, les scooters en libre-service, les vélos à assistance électrique… »
« Des propositions opérationnelles »
Anne Hidalgo, qui est en « discussion avec différents constructeurs », évoque la nouvelle piste de systèmes d’automobiles en « free-floating » (« sans station »), pour une mise en œuvre avant même 2023, date de la fin du contrat avec le groupe Bolloré : « Des constructeurs ont des propositions opérationnelles, il n’y a aucune raison d’attendre. » Ce nouveau modèle devra en tout cas être « performant sur le plan économique » et les industriels en assurer « la gestion et la rentabilité ». 
Ces déclarations font suite aux exigences exprimées par le groupe Bolloré le 25 mai, qui réclame aux quatre-vingt-dix-huit communes desservies par le service une somme de quelque 40 millions d’euros par an jusqu’au terme de la délégation de service public, en 2023, pour combler une dette considérable.

        Lire aussi :
         

                La dette abyssale d’Autolib’ menace la Mairie de Paris



Cette demande correspond au contrat signé entre les collectivités et le groupe Bolloré, puisque l’industriel n’est tenu de prendre en charge les pertes que jusqu’à 60 millions d’euros. Au-delà, c’est aux communes de les assumer.
Le groupe Bolloré « stupéfait »
Un accord que n’a pas manqué de faire valoir le groupe Bolloré, qui, dans un communiqué, s’est dit « stupéfait » par les propos de la maire de Paris. Il ajoute « qu’il n’a cessé d’alerter le syndicat (mixte d’Autolib’) de la dérive financière du service sans qu’aucune mesure ne soit prise et regrette cette polémique ».
« Comme pour Vélib’, qui a été récemment reconcédé à un tiers, le syndicat peut parfaitement reconcéder s’il le souhaite le service Autolib’ à un nouvel opérateur », rappelle le groupe, évoquant le fiasco du changement de prestataire des vélos en libre-service.

        Lire aussi :
         

                Vélo partagé, deux roues d’infortune






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-11">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Cette enquête fait suite à la plainte déposée par Anticor pour « prise illégale d’intérêts » et « trafic d’influence ». En cause : les liens étroits entre Kohler et l’armateur MSC.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Enquête du Parquet national financier visant le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler

Cette enquête fait suite à la plainte déposée par Anticor pour « prise illégale d’intérêts » et « trafic d’influence ». En cause : les liens étroits entre Kohler et l’armateur MSC.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 15h20
   





                        



   


Le Parquet national financier (PNF) a annoncé, lundi 4 juin, avoir ouvert une enquête visant le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler. Cela fait suite à la plainte déposée au PNF le 1er juin par Anticor pour « prise illégale d’intérêts » et « trafic d’influence ». Dans la foulée, l’Elysée a annoncé qu’il rejetait « des soupçons totalement infondés ».
Au cœur du dossier : les liens étroits entre M. Kohler et l’armateur MSC, un groupe privé italo-suisse avec lequel l’Etat a mené une série de négociations ces dernières années, alors que le haut fonctionnaire occupait des postes-clés au ministère de l’économie.

        Lire :
         

          Alexis Kohler, le bras droit d’Emmanuel Macron, visé par une plainte d’Anticor



Dans son communiqué, le PNF précise avoir ouvert une enquête « afin de vérifier si les règles relatives à la mise en disponibilité des agents publics [avaie]nt bien été respectées ».
« C’est bien volontiers qu’Alexis Kohler communiquera au parquet l’ensemble des documents prouvant sa conduite respectueuse du droit dans toutes les circonstances de son parcours professionnel », précise de son côté la présidence.
« Alexis Kohler a toujours tenu sa hiérarchie informée de ses liens personnels avec l’entreprise MSC. Il s’est systématiquement déporté de toutes les décisions ayant trait à cette entreprise et sa hiérarchie informée a naturellement veillé au conflit d’intérêt potentiel. Dans toutes les fonctions qu’il a occupées à l’Agence des participations de l’Etat, à Bercy et à l’Elysée. »
Alexis Kohler a-t-il favorisé l’entreprise de ses cousins ?
Selon des informations de Mediapart, le secrétaire général de l’Elysée est lié aux Aponte, la famille italienne fondatrice et toujours propriétaire de la Mediterranean Shipping Company (MSC). La mère d’Alexis Kohler est la cousine germaine de Rafaela Aponte, qui a cofondé MSC avec son mari, Gianluigi, en 1970. M. Kohler a rejoint pendant quelques mois, en août 2016, le siège de MSC à Genève en tant que directeur financier.
Or la compagnie maritime est devenue la principale cliente des derniers grands chantiers navals français, situés à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Des chantiers historiques dont l’Etat a tout fait, depuis des années, pour éviter d’abord la disparition, puis le passage sous un complet contrôle italien. A chaque fois, MSC était une actrice-clé des discussions, ses commandes de paquebots pouvant d’un coup transformer l’avenir de Saint-Nazaire.

        Lire aussi :
         

                La commande du siècle pour les chantiers de Saint-Nazaire



Alexis Kohler est-il intervenu dans ces tractations ? A-t-il, de Bercy, favorisé l’entreprise de ses cousins ? Ces deux interrogations se trouvent au centre de la plainte d’Anticor.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-12">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Depuis des mois, les exilés se sont regroupés dans le nord-est de la capitale, près du canal Saint-Martin et à la porte de la Chapelle.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 03/06/2018
Découvrir l’application


                        

Après celui du Millénaire, deux autres camps de migrants évacués à Paris

Depuis des mois, les exilés se sont regroupés dans le nord-est de la capitale, près du canal Saint-Martin et à la porte de la Chapelle.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 13h54
    |

            Pierre Bouvier








                        


« Dès que possible. » Après avoir lancé, mercredi 30 mai, le démantèlement du campement de migrants dit du Millénaire, à Paris, le préfet de la région Ile-de-France, Michel Cadot, avait annoncé que les forces de l’ordre évacueraient, dans la foulée, les deux autres grands camps de la capitale. Le coup d’envoi de cette opération, la 36e depuis la constitution des premiers campements en juin 2015, a été donné, lundi 4 juin, au matin.

Il est 6 h 30, le démantèlement du camp sur le canal St Marin est en cours depuis une quinzaine de minutes. Elle in… https://t.co/2Hb0Z0hNXM— pibzedog (@Pierre Bouvier)


require(["twitter/widgets"]);

En fin de matinée, Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), annonçait que 973 personnes ont été mises à l’abri. A Jaurès, 555 hommes majeurs et 40 personnes vulnérables (couples, femmes isolées, familles, mineurs isolés) ; à Poissonniers, 360 hommes majeurs et 18 personnes vulnérables.
Originaires essentiellement d’Afghanistan, les migrants du canal Saint-Martin étaient installés dans des tentes depuis plusieurs mois, non loin de la place Stalingrad qui avait vu des campements sauvages se reconstituer à plusieurs reprises en 2017.

Les premiers groupes embarquent dans des bus. Le premier bus est déjà parti, ici, il s’agit du 2e car, avec environ… https://t.co/8YsjXT40xf— pibzedog (@Pierre Bouvier)


require(["twitter/widgets"]);


Le long du canal, les tentes finissent à la benne. https://t.co/A9ASx9bBKo— pibzedog (@Pierre Bouvier)


require(["twitter/widgets"]);

« L’opération s’est déroulée dans le calme, aucun incident n’est à déplorer », dit la préfecture dans un communiqué. « Chacune des personnes concernées s’est vue proposer une solution d’hébergement temporaire en Ile-de-France et pourra bénéficier d’un diagnostic social et sanitaire. Elles feront par la suite l’objet d’un examen complet et approfondi de leur situation administrative par les services de l’État ».
Amine, un riverain de la rue des Poissonniers observe de loin l’opération qui se déroule à proximité : « C’est la 5e. La préfecture a installé une caméra pour jauger la taille du camp », indique-t-il avant d’indiquer que, les fois précédentes, « ceux qui montaient revenaient quelques jours après ».
La semaine dernière, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, avait exhorté l’Etat à « reconstruire » un centre d’accueil dans la capitale afin d’« éviter de nouveaux campements de rue ». « Il faut mettre en place un dispositif pour éviter le chaos », avait-elle alors plaidé. Le centre de premier accueil, situé porte de la Chapelle et qui servait de « sas » aux migrants depuis novembre 2016, avait été fermé début mai pour laisser place à une future université.

        Sur l’évacuation du camp du Millénaire,
         

          « Je fais une bêtise en montant dans le bus ? »



« Je crains que le démantèlement ne change rien dans le quartier si la réponse apportée n’est pas une réponse durable, à savoir l’organisation d’un accueil concerté, à l’échelle de toute la région et en France sur tout le long “la route migratoire”, de Nice à Calais, dans des centres d’accueil à taille humaine », estime Pierre Liscia élu LR dans le 18e arrondissement. L’élu évoque le cas de Fontainebleau par exemple, où le centre a été ouvert en concertation parfaite avec les élus, les riverains, les associations et les services de l’Etat, et où les choses se passent très bien.
Il ajoute : « Les Français n’ont pas peur des migrants, ils ont peur des campements sauvages de migrants ! En tant qu’habitant de La Chapelle je sais de quoi je parle depuis 4 ans… »

        Lire aussi :
         

                L’Etat a démantelé des dizaines de camps de migrants à Paris depuis juin 2015



Le bilan de l’évacuation du Millénaire
Au lendemain du démantèlement du camp du Millénaire, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) avait détaillé sa composition : sur 1 017 personnes prises en charge, l’organisme a dénombré 53 % de Soudanais, 14 % d’Erythréens, 7 % de Somaliens, 5 % de Tchadiens et 5 % d’Afghans. Parmi les 33 nationalités recensées se trouvent aussi deux Français, deux Espagnols, un Belge et un Portugais.
Surtout, 10 % des personnes évacuées avaient déjà le statut de réfugié, moins de 1 % ont été déboutées de leur demande, et 25 % ne sont pas encore dans la procédure d’asile. Le reste, soit près de 65 %, sont des demandeurs d’asile qui ont déjà engagé une procédure auprès de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) ou des « dublinés », c’est-à-dire ayant laissé une trace dans un autre pays européen.
Didier Leschi, le directeur général de l’Ofii, note que « certains qui ont été mis à l’abri la semaine dernière à Val Fontenay sont revenus ici. On a des afghans qui ont déjà le statut de réfugiés. Le vrai problème est leur insertion dans la société ».
Une personne sous statut « Dublin » dépend du premier pays de l’Union où elle a laissé une trace pour le traitement de sa demande d’asile. La réglementation prévoit son transfert vers ce pays dans un délai de six mois – dix-huit mois si elle a été déclarée en fuite. Après quoi elle peut redéposer une demande en France.
L’opération de lundi intervient alors que le projet de loi de Gérard Collomb durcissant les conditions d’asile et d’immigration a commencé à être examiné au Sénat.
Yann Manzi, d’Utopia 56, association d’aide aux migrants affirme que l’Etat procède comme à Calais : « Il ne veut plus de point de fixation, quand les migrants sont dispersés, il est plus facile de les récupérer ».

        Lire l’entretien :
         

          « Les campements ne sont pas constitués d’une majorité de primo-arrivants »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-13">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Après une accalmie temporaire avec des pluies résiduelles sur le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et le Sud-Est, les orages vont de nouveau revenir, prévient Météo-France.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Météo : 16 départements en alerte orange pour risques d’orages

Après une accalmie temporaire avec des pluies résiduelles sur le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et le Sud-Est, les orages vont de nouveau revenir, prévient Météo-France.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 12h58
   





                        



   


Seize départements du nord-ouest et du nord-est de la France ont été placés en alerte orange pour risques d’orages, a annoncé Météo-France dans son bulletin du lundi 4 juin au matin : l’Aube, le Calvados, la Côte-d’Or, le Doubs, l’Eure-et-Loir, la Haute-Marne, la Haut-Rhin, la Haute-Saône, les Vosges et le Territoire-de-Belfort ont été ajoutés aux six départements de l’ouest précédemment inclus dans l’alerte (Côtes-d’Armor, Ille-et-Vilaine, Mayenne, Morbihan, Orne et Sarthe).
Côté inondations, le Finistère repasse en vigilance jaune. Après une accalmie temporaire avec des pluies résiduelles sur le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et le Sud-Est, les orages vont de nouveau revenir, prévient Météo-France.

        Lire :
         

          « En une demi-heure, un mois de pluie » à Morlaix



« Forte activité électrique » et grêle
Une « première vague intense » va d’abord concerner quelques départements du Nord-Ouest, puis la zone de vigilance orange à partir de la mi-journée et jusqu’en première partie de nuit. Quelque 80 mm d’eau en moins de trois heures sont attendus, avec « une forte activité électrique » et de la grêle.
Enfin, une deuxième vague orageuse intense est prévue en soirée et une partie de la nuit sur plusieurs départements du Nord-Est.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-14">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Sur les 500 premières entreprises américaines, seules 24 sont dirigées par des femmes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Aux Etats-Unis, fort recul de la cote des femmes PDG dans les entreprises

Sur les 500 premières entreprises américaines, seules 24 sont dirigées par des femmes.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 06h43
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Comme souvent, la presse en a fait les gros titres. « La Bourse de New York va avoir sa première dirigeante femme après 226 années d’histoire », se réjouit le Wall Street Journal, en annonçant la promotion de Stacey Cunningham, actuelle directrice générale de la Bourse. Cette ingénieure de 43 ans rejoint une autre femme, Adena Friedman, devenue chef du Nasdaq en janvier. Ainsi, Wall Street abandonnerait enfin sa culture macho. En réalité, en dépit du mouvement #metoo, déclenché par les révélations sur le comportement de prédateur sexuel du producteur de cinéma Harvey Weinstein, il fait un sale temps pour les femmes à la tête des entreprises américaines. Le nombre de femmes PDG est en chute libre.
Après avoir atteint le nombre de 32 en 2017, elles n’étaient plus fin mai que 24 à diriger une des 500 premières entreprises américaines du classement Fortune. Denise Morrison (Campbell Soup), Margo Georgiadis (Mattel) ou encore Meg Whitman (Hewlett Packard Enterprise) ont quitté leurs fonctions plus ou moins brutalement. Et derrière, rien. Ou si, des hommes pour les remplacer. Une femme n’a succédé qu’une seule fois à une femme, c’était à la tête du géant du tabac Reynolds. Debra Crew a pris le place en janvier 2017 de Susan Cameron, avant d’être remerciée onze mois plus tard lors du rachat de l’entreprise par British American Tobacco.
« Il n’y a pas de solution rapide » Jane Stevenson, vice présidente de Korn Ferry International
Les femmes ne se font pas licencier plus que les hommes, selon les chiffres d’Equilar, qui analyse le recrutement des dirigeants. Mais il n’y a pas le vivier suffisant de patronnes potentielles pour les remplacer. C’est ce qu’explique Jane Stevenson, vice-présidente chez le chasseur de têtes Korn Ferry International. Au début de leur carrière, les femmes forment plus de la moitié des effectifs des entreprises. Ce taux tombe à deux tiers pour l’encadrement, moins d’un quart pour les dirigeants et chute en deçà...




                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-15">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le groupe hôtelier a confirmé son intérêt pour les 14,3 % détenus par l’Etat dans la compagnie aérienne franco-néerlandaise.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

AccorHotels candidat au rachat de la part de l’Etat dans Air France-KLM

Le groupe hôtelier a confirmé son intérêt pour les 14,3 % détenus par l’Etat dans la compagnie aérienne franco-néerlandaise.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 11h31
    |

            Guy Dutheil








                        



   


C’est un vieux serpent de mer qui vient de ressurgir opportunément ! L’Etat pourrait céder sa participation dans le capital d’Air France-KLM. AccorHotels, numéro un en Europe de l’hôtellerie, a confirmé dimanche 3 juin son intérêt à racheter les 14,3 % détenus par l’Etat dans le capital de la compagnie aérienne franco-néerlandaise. Le groupe dirigé par Sébastien Bazin a indiqué dans un communiqué qu’il mène des « réflexions » avec comme finalité « l’éventualité d’une prise de participation minoritaire au capital d’Air France-KLM ». Toutefois, selon Accor, les discussions avec l’Etat ne seraient pour l’heure qu’à un « stade préliminaire ». Sollicité de son côté, le ministère des finances s’est refusé à tout commentaire sur cette opération.
En pratique, la démarche d’AccorHotels n’est pas nouvelle. Depuis 1999 et l’entrée en Bourse d’Air France, puis en 2004 avec le rachat de KLM, l’hypothèse d’un désengagement de l’Etat est régulièrement évoquée. Pour Accor, le rachat de tout ou partie de la participation de l’Etat fait sens. Le groupe hôtelier aurait en tête un « véritable projet industriel », dont les origines remonteraient à près de vingt ans. Depuis 1999 en effet, le groupe a discuté régulièrement avec Air France d’abord, puis avec Air France-KLM, pour « développer notamment des projets digitaux communs et une plate-forme commune de fidélisation et de services qui permettraient aux clients des deux groupes, leaders mondiaux du voyage, de bénéficier d’une offre enrichie de services autour de la mobilité à travers le monde », précise un communiqué du groupe hôtelier.
L’objectif du groupe de Sébastien Bazin est de faire « travailler ensemble ces deux acteurs européens du voyage » que sont Air France-KLM et Accor. Une fois associés, les deux partenaires pourraient offrir « une offre complète, vol plus hôtel » à leurs clients, à la manière des tour-opérateurs. A cette occasion, Air France-KLM et Accor pourraient même rapprocher leurs programmes de fidélité. Ces fichiers gigantesques de clients sont aujourd’hui le nerf de la course à la taille qui redessine les contours du secteur mondial de l’hôtellerie.
La proposition de rachat tombe à pic pour l’Etat
En outre, le rapprochement d’AccorHotels avec la compagnie franco-néerlandaise ne coûterait pas très cher. Les 14,3 % contrôlés par l’Etat dans Air France-KLM sont estimés à 450 millions d’euros. Enfin, l’entrée d’Accor au capital d’Air France permettrait, dit-on, au groupe de Sébastien Bazin de refréner les ardeurs de certains de ses actionnaires, notamment chinois, auxquels la rumeur prête des velléités d’OPA sur le groupe hôtelier.

        Lire aussi :
         

                Sébastien Bazin : « AccorHotels doit absolument se diversifier »



La proposition de rachat tombe à pic pour l’Etat. Après trois mois de conflit qui lui ont coûté près de 300 millions d’euros, la compagnie aérienne est désormais un canard sans tête. Son PDG, Jean-Marc Janaillac, a dû démissionner après avoir perdu la consultation qu’il avait lui-même lancée pour légitimer son projet d’augmentations des salaires. A plus de 55 %, les salariés d’Air France ont rejeté sa proposition, redonnant par la même occasion une très forte légitimité aux revendications portées par l’intersyndicale. Un score que la direction de la compagnie comme ses actionnaires ne peuvent désormais ignorer. En se retirant du capital, l’Etat pourrait vouloir en finir avec le rôle de recours. Depuis des mois, l’intersyndicale d’Air France lui demande d’alléger les charges qui pèsent sur Air France et l’empêche de jouer à armes égales avec ses concurrentes.

        Lire aussi :
         

                Air France : le départ de Janaillac laisse le groupe sans plan de vol



En interne, cette proposition fait sourire. « C’est grotesque », s’exclame Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Selon lui, elle s’apparente « à une manœuvre dilatoire. Nous ne sommes pas dupes ». Surtout, insiste le patron du syndicat des pilotes, la vente de la part de l’Etat « ne règle strictement rien » aux problèmes de la compagnie. De fait, Anne-Marie Couderc, présidente par intérim, n’a toujours pas trouvé un successeur à M. Janaillac. Un second cabinet de chasseurs de têtes vient d’être désigné pour trouver l’oiseau rare. Après Egon Zehnder, le conseil d’administration d’Air France-KLM a fait appel aux services à Heidrick & Struggles.
Le nouveau PDG devrait être nommé en septembre. Comme M. Janaillac, il y a deux ans, il pourrait demander un délai de quelques mois aux syndicats. Le temps de se familiariser avec la compagnie. Un calendrier que le SNPL refuse par avance. « Cela ne va pas se passer comme ça », prévient M. Evain. Après avoir rencontré Mme Couderc, le SNPL attend « qu’elle prenne une décision ces jours-ci » concernant les revendications salariales portées par l’intersyndicale. Faute d’obtenir satisfaction et forts des plus de 55 % obtenus à l’issue de la consultation auprès des salariés, les syndicats pourraient relancer un conflit aujourd’hui seulement suspendu.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-16">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Des photographes de l’agence ont sélectionné des images symbolisant pour eux l’idée qui traversa l’année 1968 : la liberté.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ img[srcset="assets/images/content/$$-400.jpg 400w,assets/images/content/$$-640.jpg 640w,assets/images/content/$$-800.jpg 800w,assets/images/content/$$-1024.jpg 1024w,assets/images/content/$$-1280.jpg 1280w,assets/images/content/$$-1600.jpg 1600w" "assets/images/content/$$-800.jpg"]^figcaption>h2+h3+div.citation>p-->


Liberté !
Le projet






Dans les conditions du coeur des photographes de l’agence Magnum

Le printemps de Prague, le mouvement des droits civiques au Etats-Unis ou les événements de Mai à Paris : 1968 fut une année de grands changements à travers le monde. Les photographes de l’agence Magnum Photos ont choisi de célébrer le 50e anniversaire de cette année charnière en sélectionnant dans leurs archives des images qui, pour eux, symbolisent la liberté. 
L’agence propose une sélection de photographies classiques et contemporaines, mises en vente du 4 au 8 juin. Chacune est agrémentée, au dos, d’un texte de l’auteur. 
Par son choix, chaque photographe a voulu représenter la photographie comme « un instrument de la liberté », explique l’agence, mêlant des clichés devenus célèbres et des images plus personnelles. 
Qu’il s’agisse d’un manifestant place Tiananmen, pris en 1989, d’un portrait de Martin Luther King quelques semaines avant sa mort, ou de la libération de Paris en 1944, chaque photo est une expression de la liberté à travers l’histoire du XXe siècle. 
Quand l’agence Magnum fut créée, en 1947, l’intention de ses fondateurs était de redonner aux photographes leur indépendance. En 2018, les membres de l’agence renouvellent ce projet en explorant la relation qu’ils entretiennent avec la liberté : la leur, et celle de ceux qu’ils photographient. 








Du 4 au 8 juin, l’agence Magnum vend des tirages d’archives sélectionnés par ses photographes. Ces images symbolisent pour eux l’idée qui traversa l’année 1968 : la liberté.


Stuart Franklin
Place Tiananmen, à Pékin (Chine), 1989. 

“L’homme est libre, mais les hommes ne le sont pas. Il n’y a pas de limites dans la liberté de chacun, il n’y a pas de liberté pour tout le monde. Tout est une pièce vide, une abstraction maladroite jusqu’à ce que l’on trouve son indépendance perdue.” (Louis Aragon, 1925) Cette photographie a été prise à la fin du mois de mai 1989 lors des soulèvements de la place Tiananmen organisés par des étudiants chinois et leurs sympathisants. Ils manifestaient contre la corruption et pour la liberté d’expression.


David Hurn
Arizona (Etats-Unis), 1980. 

“La grâce est la beauté de la forme sous l’influence de la liberté.” (Friedrich Schiller) J’ai passé bien des jours agréables, des mois même, en Arizona : un endroit aux antipodes de mon Pays de Galles d’origine sur le plan politique comme climatique et par conséquent intéressant. Les personnes en revanche sont semblables, extrêmement accueillantes, et donnent généreusement de leur temps, de leur attention et leur amitié. Une totale liberté se dégage des moments passés à flotter sur des bouées le long de la rivière salée. Descendre une rivière dans une bouée en forme de roue de camion, agrémenté d’un pique-nique flottant. Se gorger de soleil et puis crâner en dévoilant son corps le plus souvent brûlé.


Jacob Aue Sobol
Un chasseur et son traîneau à chiens pris dans une tempête de neige sur leur retour à la maison (Tiniteqilaaq, Groenland, 2000). 

“Ouaf ouaf !” Hans arrête les chiens. Je l’ai senti aussi ; la glace sous nos pieds est très fine. Hans fait une entaille dans la glace avec le manche de son fouet pour s’assurer qu’elle peut supporter notre poids. Nous sommes en route vers un lac enclavé pour y pêcher de la truite. La nuit dernière, avec cinq chiens sur le bateau, nous avons navigué depuis Tiniteqilaaq jusqu’à la lisière du fjord Amitsivardiva. Lorsqu’il n’y a pas de glace, le voyage prend moins d’une heure. Aujourd’hui nous en avons mis cinq. Lorsque la glace est trop épaisse pour le bateau, nous continuons en traîneau. Nous pouvons voir l’eau au travers de la glace, nous sommes donc contraints de retourner sur la terre et de faire un détour au pied des montagnes. La pente est raide, nous devons nous incliner du bord de l’eau tout en poussant le traîneau pour l’empêcher de glisser contre le fjord. Une fois que nous voyons que la glace est suffisamment épaisse, nous dévions vers la glace flottant sur des glaces endurcies. Nous ralentissons, notre respiration aussi, tandis que notre transpiration se refroidit. Il pleut à torrents. Sur la terre, il y a de vieux morceaux de bois. Des personnes habitaient ici auparavant. Les montagnes s’élèvent au-dessus de nous, nous encerclent, nous entraînent encore et encore plus loin jusqu’au fond du fjord, où de nouvelles montagnes tracent de nouveaux chemins.


Sohrab Hura
Madhya Pradesh (Inde), 2006. 

“Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.” (Nelson Mandela) Une vue intérieure d’une des rares maisons appartenant probablement à une des familles les plus économiquement stables du village d’Ubadgarh, dans les alentours de Pati dans l'Etat du Madhya Pradesh. La migration était auparavant la seule chance de survie des familles du coin, mais à la suite de la mise en œuvre du National Rural Employment Guarantee Act en 2005, cette famille a décidé de ne pas quitter son foyer.


Raghu Rai
Arbres (Inde), 2013-2015. 

Il y a vingt ans, mon amour de la nature et des délices de la terre m’a poussé à acquérir un bout de terrain près de Delhi. Le sol en ravin était un défi de taille car il nécessitait de faire appel à un paysagiste et à des jardiniers pour faire naître la magie. Mais comme l’a dit ma femme architecte Meet : “Etant un photographe créatif, tu n’auras qu’à le faire toi-même.” Elle avait mis au défi ma sensibilité. Chaque jour j’y suis allé avec un bulldozer et quelques petites mains en plus et je me promenais en attendant que l’inspiration me vienne. Il m’a fallu quatre ou cinq mois pour qu’il prenne forme, ajoutant une variété de plantes, arbustes, plantes grimpantes et même des arbres. A chaque moment où je me trouvais en mission dans mon pays, je ramassais des plantes et des arbustes, que je ramenais pour les trois hectares de toile sur lesquels j’ai peint toutes ces années, grâce également à l’inspiration que je puisais aux quatre coins du monde. L’Inde est un pays où il fait chaud, au mois de juin plus encore, et il faisait déjà noir quand une soudaine tempête de sable fut suivie d’une pluie intense – des gouttes magiques à la forme de perles ont recouvert mon espace et j’ai désespérément tenté de les capturer toutes. Quand la passion est chargée d’intensité, l’intuition vous donne la liberté nécessaire pour capturer quelque chose au-delà de ce qui est connu.


Paul Fusco
Le train funéraire de Robert Francis Kennedy (Etats-Unis), 1968. 

La liberté de faire des images est essentielle à mon être. Quand je suis monté à bord du train qui transportait le corps de RFK de New York à Washington pour son enterrement au cimetière national d’Arlington, la presse n’était pas autorisée à prendre des photos depuis leurs voitures. J’étais frustré par mon incapacité à capturer l’événement jusqu’à ce que le train sorte du tunnel, arrive vers la lumière et que je voie l’alignement de gens venus dire au revoir à Bobby. En tournant mon appareil vers l’extérieur du train et en photographiant ces personnes, j’ai mis en acte ma liberté de rendre compte de cet événement important que je n’avais pas anticipé à l’époque quand j’ai reçu la commande de “Look Magazine”.


David Alan Harvey
Chili, 1987.

Sur mon poignet droit il y a un petit tatouage : un ballon rouge. Pourquoi ? C’est en l’honneur du court-métrage classique français des années 50 “Le Ballon rouge”. Je l’ai vu quand j’étais enfant. Je l’ai revu la semaine dernière. La dernière scène est toujours restée gravée dans ma mémoire. Quand j’ai vu cet enfant à Santiago, au Chili, cette image ultime de liberté m’est venue à l’esprit. Il y a plusieurs types de liberté. La liberté de création est l’une des plus enrichissantes.


Leonard Freed
Martin Luther King Junior à Baltimore (Maryland, Etats-Unis), le 31 octobre 1964, après avoir reçu le prix Nobel de la paix. 


--> 

Bruno Barbey
Des étudiants jettent des objets à la police, boulevard Saint-Germain à Paris, le 6 mai 1968. 

Je suis rentré à Paris au printemps 68, après un long voyage en Asie du Sud-Est (la guerre du Vietnam faisait rage) et au Japon, où avaient eu lieu de grandes émeutes. J’ai photographié la plupart des manifestations à Paris. Pendant des semaines, mes vêtements étaient imbibés de l’odeur tenace des gaz lacrymogènes. Il y avait urgence de communiquer, de se parler, de tout remettre en question, c’était la rébellion d’une génération contre ce que la société lui préparait, contre tout ce qui venait d’en haut. Mai 68 fut aussi un luxe indispensable au moment du printemps de Prague, Prague alors écrasée par les chars du pacte de Varsovie.


Burt Glinn
Andy Warhol avec Edie Sedgwick et Chuck Wein à New York (Etats-Unis), en 1965.

Tous les sujets de cette photographie (Andy, Edie, Chuck), le photographe inclus, ont choisi la route de la liberté en défiant les conventions.


René Burri
Ernesto Che Guevara, politicien argentin et ministre de l’industrie à Cuba (1961-1965), durant une interview exclusive dans son bureau de La Havane, à Cuba, en 1963. 


--> 

Guy Le Querrec
Le mur de Berlin, dimanche 31 décembre 1989.

Quelques jours après la chute du mur de Berlin (le 9 novembre 1989), la joie et l’enthousiasme étaient permanents. L’euphorie grandit encore plus le soir du Nouvel An. Une marée humaine très dense s’est réunie autour de la porte de Brandebourg : chaleur, convivialité et embrassades ici et là… Dans une incessante frénésie, les larmes se mêlaient aux rires. Des gens de tous les âges, de tous les horizons et de toutes les nationalités se rapprochaient au fur et à mesure que les feux d’artifice et les pétards explosaient de manière incessante. Le champagne coulait à flots. Après avoir photographié la jubilation de cette foule surexcitée, j’ai décidé d’aller dans un endroit plus calme. J’ai aperçu, caché par une rangée d’arbustes, un jeune couple assis à cheval sur le haut du mur. Ils profitaient de ce moment intime et paisible pour s’aimer et célébrer cette nouvelle liberté.


Harry Gruyaert
Los Angeles (Etats-Unis), 1981.

Au moment où cette image a été prise, en 1981, et peut-être encore aujourd’hui, Los Angeles était perçue comme une terre de liberté et de bonheur, avec son soleil brillant et ses divertissements en permanence. C’est l’esprit évoqué dans cette image : être cool sans effort, une invitation à l’indépendance. Cette photo fait partie de “East/West”, deux livres rassemblés en un ouvrage publié en 2017 par Thames and Hudson et Textuel. Un des livres montre des images de Los Angeles et Las Vegas prises en 1981 et l’autre, des images de Moscou prises en 1989. Contrairement à l’idée de la libération associée aux deux villes Los Angeles et Las Vegas, Moscou était encore un pays communiste et connu pour être contrôlé par l’Etat. Il y a un contraste marqué entre les couleurs vives de la Californie et du Nevada et l’atmosphère changeante de Moscou. Curieusement, je me suis senti plus libre et mieux accueilli à Moscou que je ne l’avais jamais été à Las Vegas ou Los Angeles, ces deux villes étant agressivement obsédées par l’argent, elles m’ont laissé une impression écrasante de solitude.


Olivia Arthur
Regardant la télévision chez soi, Jeddah (Arabie saoudite), 2009.

En Arabie Saoudite, les notions d’intimité et de liberté sont entremêlées dans une relation complexe. Pour beaucoup, l’intimité est une nécessité pour se sentir détendu et libre ; d’autres considèrent le fait de cacher leur intimité sous un hidjab comme un frein à leur liberté, et il y a ceux qui veulent simplement être hors de la vue de leur famille ou des gens qui les connaissent. J’ai rencontré des filles de tous les avis et j’ai passé beaucoup de temps à essayer de comprendre quelle était leur idée de la liberté et où se situaient les limites de leur vie privée. En tant que femme, en compagnie de femmes uniquement, j’ai pu voir des scènes qui ne devaient pas être partagées. Mais en tant que photographe, c’est devenu un énorme problème ; j’étais suffisamment proche de ces femmes pour leur permettre de s’ouvrir à moi, à elles-mêmes et d’oublier mon rôle de photographe professionnelle. J’ai fini par prendre involontairement beaucoup de photographies qu’elles ne voulaient pas que j’utilise et j’ai dû trouver un moyen de cacher/d’obscurcir les visages et les identités. A la fin, j’ai photographié de petits tirages des images sous une lumière vive qui cachait partiellement leur visage. Quand je leur ai montré l’effet, elles m’ont dit Oui, c’est super, mais peux-tu juste montrer un peu plus de ses yeux pour que les gens puissent voir à quel point elle est belle ?


Chien-Chi Chang 
Chennai (Inde), 2015. 

Un cyclone approchait la côte de Chennai, en Inde. Nous étions au milieu d’un atelier photo intensif et la plupart des participants craignaient une pluie torrentielle et un vent soufflant en rafales. Mais ceux qui ont su lâcher prise pour assister au cyclone ont goûté aux sableux mais savoureux dangers de mère nature. Faire partie du courant, mais savoir qui vous êtes. C’est, pour moi, la définition de la liberté.


Chris Steele-Perkins
Cellule de punition dans une prison, Leningrad (URSS), 1988.

Avec l’effondrement de l’Union soviétique, une fenêtre d’opportunité s’est ouverte pour explorer la Russie. J’ai été réquisionné pendant une année pour photographier “la Loi et l’Ordre” (qu'est-ce que c'est?) en Russie, travaillant pour le “Sunday Times Magazine”. Tout à coup, j’ai reçu un fax disant qu’on m’attribuait un visa et un médiateur de l’agence RIA Novosti et que je devais me rendre à Moscou dans les quelques jours. Mon traducteur, Alexis, était phénoménal ; il m’a introduit dans toutes sortes de prisons, et m’a emmené dans des descentes de police avec la brigade des stups. J’ai fini par être le photographe le plus distribué par Magnum cette année-là. Pendant ce voyage, j’ai rencontré ces types qui purgeaient leur peine dans une austère cellule de punition. Quelle meilleure façon d’apprécier la liberté que de se la voir retirer ?


Emin Ozmen
Des enfants courent dans les champs de blé et profitent du beau temps pendant le traditionnel festival de printemps à Kirklareli (Turquie), 2017.

L’hiver froid quitte la région de Thrace, en Turquie, et laisse place au printemps avec son soleil rayonnant et son vent doux. Les gens se reconnectent à la nature en célébrant ce moment chaque année, la première semaine de mai, à Kirklareli. Quand j’ai pris cette photo, je courais dans les champs de blé, je profitais du beau temps en me souvenant de mon enfance avec ces gamins. Pour eux, comme pour moi, c’était un moment de pure liberté.


Enri Canaj
Garçon sur une balançoire à Tirana (Albanie), 2005.

Durant les années 90, quand le régime communiste s’est effondré et pendant les années qui ont suivi, plusieurs familles des villages nordiques et des petites villes ont migré vers les banlieues pour une vie meilleure. Quand vous êtes un immigré, vous avez l’impression que rien ne vous appartient. Votre liberté de rêver et d’imaginer est la seule chose que vous avez. La photographie est la seule liberté que j’ai.


Jean Gaumy 
Prison de Saint-Marin-de-Ré (Charente-Maritime), 21 août 1978.

Dans la cour de prison, il y a un exhibitionnisme assez étonnant. Tatouages, pectoraux, activités sportives. Je comprends alors comment les détenus veulent à tout prix retrouver au moins dans leur corps une façon de s’affirmer, un semblant d’épanouissement, de confiance en eux-mêmes, une sorte de liberté.


Matt Stuart
Concours canin dans le quartier londonien d’Earl’s Court, en 2000

C’est l’une des premières photos que j’ai réalisée, en déployant toute ma liberté de photographe, en 2000. Jusque-là, je n’avais été que le modeste assistant d’autres photographes. Je me suis rendu à ce concours canin, à Londres. Des centaines de chiens en train de japper, ou de s’affaler, et là, au milieu de l’arène, ce chien-là, l’air cool, imperturbable, dans un position aussi parfaite qu’involontaire. Il n’a même pas levé la tête.


<article-nb="2018/06/04/17-17">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le caricaturiste chinois Badiucao a lancé une campagne sur le réseau social pour que les internautes chinois rejouent le geste héroïque, il y a vingt-neuf ans, de « L’homme de la place Tian’anmen », cet homme solitaire face à une colonne de chars, à Pékin.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

#Tankman2018, une campagne sur Twitter pour commémorer la répression de Tiananmen

Le caricaturiste chinois Badiucao a lancé une campagne sur le réseau social pour que les internautes chinois rejouent le geste héroïque, il y a vingt-neuf ans, de « L’homme de la place de Tiananmen », cet homme solitaire face à une colonne de chars, à Pékin.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 16h49
   





                        


Au printemps 1989, « L’homme de la place de Tiananmen », connu sous le nom de « Tank Man » est devenu le symbole de l’opposition pacifiste démocratique face à la répression militaire violente des autorités chinoises. Le 5 juin 1989, cet homme seul vêtu d’une chemise blanche portant deux sacs plastiques à la main s’était posté devant une colonne de tanks chinois pour les empêcher d’avancer vers la place Tiananmen.

        Lire aussi :
         

                Massacre de Tiananmen : un récit cauchemardesque tiré d’archive



La photographie diffusée à travers le monde est l’une des images les plus célèbres de ces manifestations. Depuis, de nombreux artistes la reconstituent et la détournent pour défendre les droits de l’Homme.
Le dernier en date à se réapproprier cette image emblématique de « Tank Man » est le caricaturiste chinois Badiucao. Selon le Guardian, vingt-neuf ans après les événements, l’artiste a lancé une campagne sur le réseau social Twitter pour que les internautes chinois rejouent ce geste héroïque.
« Quelque chose de perdu dans la jeune génération »
Sous les hashtags, #Tankman2018 et #Tankmen2018, il propose aux internautes de se prendre en photo portant la tenue classique de « Tank Man » : chemise blanche, pantalon noir, et chaussures noires, tout en tenant deux sacs blancs à la main.
Selon Badiucao, Tank Man représente « quelque chose de perdu dans la jeune génération chinoise – l’idéalisme, la passion, le sens des responsabilités et la confiance qu’un individu peut changer », a-t-il déclaré au Guardian.
L’activiste chinois et ancien meneur des manifestations étudiantes de 1989, Zhou Fengsuo a répondu à l’appel de Badiucao et s’est pris en photo à Washington :

国会山前 #坦克人
— ZhouFengSuo (@周锋锁 Fengsuo Zhou)


require(["twitter/widgets"]);

D’autres internautes chinois se sont prêtés au jeu des États-Unis à l’Australie :

We are all TankMen! #cn64nz #tankman2018 #tankmen2018 @Tankmen2018 https://t.co/RWP3nRSvPx— cn64nz (@紐西蘭六四紀念)


require(["twitter/widgets"]);


奥克兰 #tankmen2018, #tankman2018 #cn64nz https://t.co/xKo7svVTX5— cn64nz (@紐西蘭六四紀念)


require(["twitter/widgets"]);


🕯 R.I.P. to those who died on this day 29 years ago #tankmen2018 #坦克人2018 https://t.co/glsbu9uU0i https://t.co/uFhUrFwUlK— hnjhj (@Jian Alan Huang)


require(["twitter/widgets"]);

En France, l’ONG chrétienne ACAT de défense des droits de l’homme a organisé un rassemblement sur l’esplanade du Trocadéro à Paris.

commémoration 29 ans massacre #tiananmen #tankmen2018  https://t.co/4MEgwPqlOR— ACAT_France (@ACAT)


require(["twitter/widgets"]);

Les autorités chinoises ont justifié la répression de Tiananmen en affirmant que les manifestations avaient été déclenchées par des « contre-révolutionnaires » manipulés par des forces étrangères qui menaçaient la stabilité du pays. Depuis les événements, les médias chinois et officiels censurent toute référence aux massacres.
Dimanche, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo a appelé la Chine à « faire une comptabilité publique complète des personnes tuées, détenues ou portées disparues » lors du printemps 1989.
« Comme l’a écrit Liu Xiaobo dans son discours du Prix Nobel de la Paix 2010, par contumace, les fantômes du 4 juin n’ont pas encore été enterrés », a déclaré Mike Pompeo par communiqué, faisant référence au dissident chinois, manifestant en 1989 et décédé l’année dernière alors qu’il était encore en détention pour une peine d’emprisonnement de onze ans.
A Hong Kong, les activistes tiendront une veillée aux chandelles pour rendre hommage aux victimes. L’année dernière, des dizaines de milliers de Hongkongais s’étaient retrouvés avec des bougies au parc Victoria pour la commémoration annuelle du massacre.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-18">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Les deux vice-présidents du conseil défendent en parallèle les projets du M5S et de la Ligue, en contradiction notamment sur les questions fiscales.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Italie : Luigi Di Maio et Matteo Salvini, un exécutif à deux visages

Les deux vice-présidents du conseil défendent en parallèle les projets du M5S et de la Ligue, en contradiction notamment sur les questions fiscales.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 16h32
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

« Fratelli d’Italia… » Les premières notes de l’hymne national sont parties spontanément et une mer de drapeaux tricolores s’est levée, lorsque le chef politique du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, a prononcé les premiers mots de son discours, depuis la tribune installée sur la place de la Bocca della Verita, au pied du Capitole, où une dizaine de milliers de personnes s’étaient rassemblées en ce soir de fête nationale, samedi 2 juin.
Au départ, les sympathisants du mouvement devaient se retrouver au cri de « mon vote compte ! » ; l’idée avait été lancée le 28 mai, pour « défendre la démocratie en danger », alors que le président de la République, Sergio Mattarella, en exposant des réserves sur le choix du futur ministre de l’économie, semblait avoir porté un coup d’arrêt à la coalition mise sur pied par la Ligue de Matteo Salvini et le M5S, empêchant la formation du futur exécutif.
Finalement, les accusations de coup de force institutionnel ont fait long feu : après un ultime tour de négociations, et en tenant compte des demandes de Sergio Mattarella, le gouvernement Conte a vu le jour, vendredi 1er juin, et ce rassemblement censé témoigner de la colère populaire a changé de nature pour se muer en grande fête de la victoire.
Nanti du titre de vice-premier ministre et porté à la tête d’un grand ministère du travail et du développement économique, Luigi Di Maio aura toute latitude pour mettre en œuvre les mesures promises depuis des années par le M5S : abolition de la « loi Fornero » (une réforme des retraites votée à la va-vite, fin 2011, sous la pression des marchés financiers), aides aux petites entreprises, et surtout mise en place d’un « revenu de citoyenneté » de 780 euros par mois qui a beaucoup fait pour le succès du mouvement auprès d’une jeunesse fragilisée par dix années de crise et de marasme économique.
Insoluble contradiction
Avant de présenter son équipe gouvernementale,...




                        

                        


<article-nb="2018/06/04/17-19">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ A la suite du manifeste « Noire n’est pas mon métier », qui fait état du racisme latent dans le cinéma et le théâtre français, de jeunes comédien·ne·s noir·e·s et métis·ses (étudiant·e·s ou récemment diplômé·e·s) témoignent de leur ressenti.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ 
<article-nb="2018/06/04/17-20">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ La chercheuse Speranta Dumitru analyse l’apport considérable des milliers d’expatriés qui parviennent à faire vivre, malgré la précarité, des familles entières. Sans avoir la destinée de Mamoudou Gassama.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤         

Décryptage

« Pourquoi les migrants économiques sont des héros »

La chercheuse Speranta Dumitru analyse l’apport considérable des milliers d’expatriés qui parviennent à faire vivre, malgré la précarité, des familles entières. Sans avoir la destinée de Mamoudou Gassama.

Par                Speranta Dumitru



LE MONDE
              datetime="2018-06-04T15:39:57+02:00"

        Le 04.06.2018 à 15h39

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-06-04T16:10:22+02:00"

        Mis à jour le 04.06.2018 à 16h10






    
Mamoudou Gassama reçu par le président Macron, le 22 mai 2018, au palais de l’Elysée.
Crédits : Thibault Camus/AFP


Emmanuel Macron aime les héros. Mamoudou Gassama a sauvé la vie d’un enfant en escaladant quatre étages à mains nues. En guise de reconnaissance, le président lui a annoncé sa régularisation, l’invitant aussi à faire une demande de naturalisation.
Cette décision suscite des réactions inattendues. L’extrême droite la salue, car comme la nationalité française doit se mériter, on tient à dire que Mamoudou Gassama est méritant « contrairement à d’autres ». A gauche, certains philosophes craignent que la régularisation ne soit désormais conditionnée à l’héroïsme.
Une très haute valeur morale
Motivées par des convictions différentes, ces deux réactions s’accordent sur le fait que la plupart des migrants ne seraient pas des héros. Mais qu’est-ce qu’un héros ? Si Emmanuel Macron aimait vraiment les héros, ne devrait-il pas revoir sa conception de ce qu’il appelle les « migrants économiques » ?
En éthique, un acte héroïque est défini comme un acte de très haute valeur morale, mais qui va au-delà de ce qui est obligatoire. Ce type d’actes est aussi appelé « surérogatoire », du latin médiéval super-erogatio, qui signifie « donner en sus », plus que ce qui est dû.

        Lire aussi :
         

                Mamoudou Gassama, le Malien sans papiers qui a sauvé un enfant, va être régularisé



Le geste de Mamoudou Gassama correspond bien à ces deux critères. Son acte – sauver une vie – a une très haute valeur morale sans être moralement obligatoire. S’il existe bien une obligation d’assistance à personne en danger, elle ne s’applique pas aux passants sans moyen d’atteindre le quatrième étage, où l’enfant était suspendu.
La question des moyens est essentielle. Une fois que Mamoudou Gassama intégrera la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, ses actes auront une valeur morale tout aussi haute, sans être héroïques. Non seulement le sauvetage des vies fera partie de ses obligations, mais il disposera d’échelles pivotantes et d’autres technologies pour les accomplir. Le fait qu’aujourd’hui, il ait pu sauver un enfant « à mains nues » est important dans la qualification éthique de son action.



On comprend pourquoi Emmanuel Macron aime les héros. Faire beaucoup de bien avec peu de moyens ne saurait être une obligation, mais reste un acte hautement louable. Si Mamoudou Gassama est un héros, y aurait-il d’autres migrants qui sauvent des vies « à mains nues » ?
Mamoudou Gassama fait partie de ces migrants des pays pauvres qu’Emmanuel Macron appelle des « migrants économiques », mais qui font preuve d’une forme d’héroïsme collectif. Avec très peu de ressources de départ et de nombreuses barrières en chemin, ces migrants contribuent « à mains nues » au développement et à la réduction de la pauvreté. Selon les données de la Banque mondiale, les transferts d’argent des migrants vers les pays à faible et moyen revenu ont atteint à 466 milliards de dollars (397 milliards d’euros) en 2017 et ne cessent d’augmenter.
Un puissant levier de développement
La valeur de ces 466 milliards de dollars est importante. C’est comme si les migrants collectaient, en un an, plus d’argent que les cinq plus riches entrepreneurs du monde (Jeff Bezos, Bill Gates, Warren Buffet, Bernard Arnault et Mark Zuckerberg, selon Forbes) ont amassé toute leur vie. Seulement, les migrants renouvelleraient l’opération chaque année et enverraient ces cinq grandes fortunes aux pays à faible et moyen revenu.
La valeur morale de ces transferts d’argent a été longtemps discréditée par les théories néomarxistes, sous prétexte que l’argent servirait simplement à la consommation. Mais, aujourd’hui, on sait que la migration et les transferts d’argent sont un puissant levier de développement et de réduction de la pauvreté. Par exemple, les économistes Richard Adams et John Page ont montré qu’une augmentation de 10 % de la migration diminuait de 2 % la pauvreté, c’est-à-dire la proportion des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour.

        Lire aussi :
         

                Derrière l’héroïsation de Mamoudou Gassama, la presse souligne la « bonne conscience » de l’Etat



En matière d’héroïsme, il vaut mieux retenir deux chiffres simples : moins de 3 % de la population mondiale fait trois fois mieux que tous les gouvernements puissants du Nord rassemblés.
En effet, les migrants sont à l’origine du flux monétaire le plus important que reçoivent les pays à faible et moyen revenu, à l’exception des investissements directs étrangers. Les transferts d’argent des migrants ont dépassé depuis 1996 l’aide publique au développement. Les efforts financiers des migrants sont trois fois plus importants que les efforts consentis par les gouvernements.
L’effort financier des migrants est-il fait « à mains nues » ? Peut-être pas, mais l’argent est gagné dans des conditions où la discrimination, l’exploitation et le taux de surqualification dans l’emploi sont plus élevés que chez les non-migrants. De plus, les migrants nés dans les pays du Sud ont migré, pour plus de la moitié d’entre eux, dans d’autres pays du Sud où les salaires sont plus réduits que dans les pays du Nord.
« Toute la misère du monde »
Quand leurs exploits ne sont pas filmés, Emmanuel Macron appelle les migrants pauvres comme Mamoudou Gassama « migrants économiques » et affirme ne pas pouvoir les « accueillir ».
Cette position fait écho à la phrase prononcée, il y a trente ans, par Michel Rocard selon laquelle « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Depuis lors, le mot « misère » est répété par les responsables politiques sans frémir. Publiquement. Dans tous les médias. Comme si les migrants originaires des pays pauvres ne pouvaient pas entendre ou étaient trop rustres pour se sentir offensés. Comme s’il y avait, d’un côté, ceux qui sont nés pour « accueillir » et, de l’autre, ceux qui sont nés rustres.



L’expression « migrants économiques » est moins brutale, mais elle est impropre. Généralement, quand on parle de « migration pour motif économique », on fait référence à la nature des titres de séjour (liée elle-même au travail), et non à la motivation de leurs titulaires. Que leurs titulaires soient venus travailler en France pour être proches de la tour Eiffel ou pour nourrir leurs enfants, c’est un fait que les statistiques migratoires ignorent. Ce que l’on sait, c’est qu’en France, l’accès à l’autorisation de travail est difficile à obtenir. Seuls 10 % des titres de séjour sont délivrés pour motif économique.

        Lire aussi :
         

                « Le conte de fées de Mamoudou Gassama cache mal la répression des migrants en France »



Emmanuel Macron ne semble pas intéressé par les données statistiques et les études migratoires. Il aurait pourtant appris que la migration n’est pas un risque pour la sécurité mondiale, mais une chance de doubler le PIB mondial. A l’inverse, freiner la migration économique, c’est laisser des trillions de dollars sur le carreau, comme l’a montré Michael Clemens. Les gains de l’ouverture des frontières seraient équivalents aux gains d’un « miracle de croissance », selon l’expression de John Kennan. Même les estimations les plus pessimistes confirment que, en cas d’ouverture des frontières, le revenu moyen mondial par travailleur augmenterait de 12 % sur le court terme et de 52 % sur le long terme.
L’exploit de Mamoudou Gassama illustre bien les gains de la mobilité. Sans obstacle, il a réussi à grimper à mains nues pour sauver un enfant. Avec les politiques migratoires, on choisit de créer des obstacles à chaque étage. Ceux qui, contre tous ces obstacles, arrivent encore à sauver des enfants sont, tout compte fait, des héros.
Speranta Dumitru est maîtresse de conférence en sciences politiques à l’Université Paris-Descartes.
Cet article a d’abord été publié sur le site The Conversation.





<article-nb="2018/06/04/17-21">
<filnamedate="20180604"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180604"><AAMMJJHH="2018060417">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Face au mécontentement d’organisations étudiantes, qui soutiennent le projet mais qui dénoncent les modalités pratiques des stages, le ministère de l’enseignement supérieur a rouvert des négociations.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

Le service sanitaire ne convainc plus les étudiants en médecine

Face au mécontentement d’organisations étudiantes, qui soutiennent le projet mais qui dénoncent les modalités pratiques des stages, le ministère de l’enseignement supérieur a rouvert des négociations.



Le Monde
 |    04.06.2018 à 16h22
 • Mis à jour le
04.06.2018 à 16h39
    |

            Soazig Le Nevé








                        



   


Prévu à la rentrée 2018, le nouveau « service sanitaire » des étudiants en santé est encore loin d’être ficelé. Les modalités techniques pour exécuter trente demi-journées (soit six semaines) de stage autour de la notion de prévention auprès de publics d’enfants, d’adolescents ou de personnes âgées font débat. Son premier projet d’arrêté ayant été refusé lors de son passage en Conseil national de l’enseignement et de la recherche (Cneser), le 15 mai, le ministère de l’enseignement supérieur a accepté de rouvrir des négociations.
En cause : le montant de l’aide forfaitaire destinée à indemniser les étudiants de leurs frais de déplacement pour accomplir leur service sanitaire. Etablie à 89 euros brut pour toute la durée de la réalisation de l’action de prévention, la somme apparaît insuffisante aux yeux des fédérations d’étudiants, notamment la FAGE.
« La volonté affichée du gouvernement de répartir les actions du service sanitaire sur l’ensemble du territoire, pour lutter contre les inégalités de santé, constitue une porte ouverte à des frais de déplacement très élevés », affirme dans un communiqué l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), alliée de la FAGE.
« On n’échangera pas nos conditions de vie contre le service sanitaire, prévient Yanis Merad, président de l’association. La prévention, oui, mais la précarisation, non. » A ses yeux, le cadre proposé par le gouvernement n’est « absolument pas sécurisant pour les étudiants », notamment ceux de premier cycle (entre la 1re et la 3e année). La somme de 89 euros qui leur sera versée est « ridiculement basse et ne permet même pas de financer deux tickets de bus urbain par jour », avance Yanis Merad.

        Lire aussi :
         

                Les étudiants de santé devront faire un service sanitaire dans les écoles



A Lille, l’UFR (unité de formation et de recherche) de médecine projette un service sanitaire étalé sur quinze semaines, à raison d’une demi-journée par semaine (le vendredi), illustre le représentant des étudiants en médecine, « la région Hauts-de-France est suffisamment grande pour imaginer que 89 euros ne suffiront pas à couvrir quinze allers-retours d’un point à l’autre ».
L’Anemf réclame une indemnité forfaitaire de 135 euros pour les étudiants de premier cycle, qui se calquerait sur celle en vigueur dans le deuxième cycle (4e, 5e et 6e année) – sachant que d’ores et déjà, cette indemnité n’est « pas assez conséquente pour un certain nombre de ces étudiants qui demandent souvent des aides supplémentaires ».
Yanis Merad souhaite également obtenir des collectivités locales une indemnité de 200 euros dans le cas d’un besoin d’hébergement des étudiants en zone éloignée du lieu d’études. Une aide financière déjà acquise en faveur des seuls internes fin 2017, dans le cadre du plan d’accès territorial aux soins. Faute de garanties en ce sens, il invite les directeurs d’UFR à refuser d’affecter des étudiants sur des terrains de stage les forçant à engager des frais de déplacement ou d’hébergement supérieurs à leur indemnité.
Des stages rémunérés mais pas pour tous
Dernière iniquité, pour l’association étudiante : seuls seront rémunérés les étudiants de 2e cycle, le projet d’arrêté ne prévoyant aucune évolution des règles actuellement en vigueur selon lesquelles il n’existe pas de statut protecteur pour les stages effectués en premier cycle.
« Nous serons intransigeants sur ces points, tranche Yanis Merad qui sera reçu au ministère mercredi 6 juin. Nous avons soutenu l’instauration d’un service sanitaire, mais ce soutien ne sera pas inconditionnel. »
Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, le service sanitaire en santé sera obligatoire et concernera, dès la rentrée 2018-2019, quelque 47 000 jeunes inscrits dans les filières de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, ainsi qu’en études de soins infirmiers et de masseur-kinésithérapeute. Quatre thématiques de prévention sont privilégiées : l’alimentation, l’activité physique, les addictions et la santé sexuelle et affective.



                            


                        

                        

