<FILE-date="2018/06/03/19">

<article-nb="2018/06/03/19-1">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le rappeur de Chicago met sa bipolarité en scène dans son nouvel album, premier disque de plusieurs productions à sortir ce mois-ci.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Kanye West et son album bipolaire

Le rappeur de Chicago met sa bipolarité en scène dans son nouvel album, premier disque de plusieurs productions à sortir ce mois-ci.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 18h20
    |

                            Stéphanie Binet








                        



   


Un artiste dérangé enregistre-t-il une meilleure musique que s’il était sain d’esprit ? C’est la question que semble nous poser le rappeur et producteur Kanye West dans son nouveau disque Ye, publié vendredi 1er juin. Un album qui a d’ailleurs le format d’un EP - « extended play » -, seulement sept chansons pour trente minutes de musique.
Un effort restreint compensé par une surproduction ce mois-ci. Ye est en effet le premier d’une série de quatre disques qui vont sortir en ce mois de juin. Le vendredi 8, il rendra publique sa collaboration avec son collègue de Cleveland Kid Cudi, puis celle avec le New-Yorkais Nas, une des meilleures plumes du hip-hop, avant Teyana Taylor, une des signatures de son label GOOD music.
Sur la pochette de Ye, une photo des montagnes du Wyoming où il a enregistré son disque, il écrit : « Je déteste être bipolaire, c’est génial. » Le rappeur de Chicago entretient sa folie jusqu’à la lie, quitte à s’en écœurer lui-même, et surtout tous ceux qui se retrouvent spectateurs de ses déclarations insensées sur l’esclavage ou sur la politique américaine.
C’est cette bipolarité que ce compositeur de la culture hip-hop, qui a d’ailleurs, par le passé, signé des classiques comme The Late Registration ou l’avant-gardiste 808s & Heartbreak, a choisi de mettre en scène, tout d’abord en donnant son surnom Ye au titre du disque. Ses changements d’humeur brutaux, son hystérie violente et sa dépression profonde sont illustrés jusque dans le tempo de ses chansons, puis dans l’ensemble de l’album, qui démarre sur un titre anxiogène, I thought about killing you, un monologue sinistre où Kanye West promet de tuer son personnage public, Ye, sa femme, Kim Kardashian ou ses fans… Le « you » général de langue anglaise entretenant l’incertitude.
Nombreux invités
Suivent trois morceaux virulents dont Yikes, sur sa consommation vertigineuse d’opioïdes, et All mine, sur son infidélité misogyne (« J’adore tes seins car ils prouvent que je peux me concentrer sur deux choses à la fois »). L’album se termine par quatre titres plus apaisés et plus soul : Wouldn’t Leave, une chanson à sa femme qu’il incite à le quitter si son esprit « libre » la dérange ; No Mistakes avec le chanteur de The Gap Band, Charlie Wilson ; Ghost Town, un dialogue entre lui et l’enfant qu’il a été et Violent Crimes, dédié à ses deux filles.
Le génie de Kanye West se révèle d’ailleurs dans ces quatre derniers morceaux dans le choix de ses samples, de ses invités (Ty Dolla $ign, PartyNextDoor, Jeremih, Kid Cudi, John Legend, Dej Loaf, Nicki Minaj, Willow Smith, Charlie Wilson, Valee) qu’il met en valeur comme le bon producteur de studio qu’il a toujours été. Ainsi dans Ghost Town, il échantillonne la voix d’une chanteuse de gospel des années 1960, Shirley Ann Lee, qu’il additionne à celle éraillée de son ami John Legend, qui avait pourtant été tellement déçu après son ralliement à Donald Trump.
Orgue et cymbales typiques des orchestres d’église qui accompagnent les transes des fidèles, mêlés au vrombissement d’une guitare électrique, donnent une profondeur définitivement spirituelle à cette chanson, toute en introspection. C’est la rappeuse et chanteuse du New Jersey, 070 Shake, qui signe le dernier couplet sublime de cette chanson ainsi que l’introduction de Violent Crimes. Pour ces deux derniers morceaux, nous serions presque prêts à absoudre Kanye West de ses péchés, mais un Ye dérangé, c’est quand même mieux apaisé, bien entouré et inspiré.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-2">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Avec rigueur et sans parti pris, Stéphane Benhamou revient sur le conflit qui opposa Coco Chanel et ses associés, les frères Wertheimer (sur France 5 à 22 h 40).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

TV – « La Guerre du N° 5 » : un succès aux relents de soufre

A voir aussi ce soir. Avec rigueur et sans parti pris, Stéphane Benhamou revient sur le conflit qui opposa Coco Chanel et ses associés, les frères Wertheimer (sur France 5 à 22 h 40).



Le Monde
 |    03.06.2018 à 18h00
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 5 à 22 h 40

   


Plus qu’un parfum, le N0 5 de Chanel est un mythe. ­Immortalisé par Marilyn Monroe qui confiait s’en « vêtir » la nuit, ce « jus », lancé en 1921, resta jusqu’au début du XXIe siècle le plus vendu au monde. Pour autant, derrière l’alchimie révolutionnaire imaginée par Ernest Beaux – il a été le premier à utiliser une matière de synthèse, les aldéhydes –, une fragrance moins délicate se dégage de ce parfum iconique. Des effluves sombres et vénéneux, exhalant rancœur et revanche : à l’image de la guerre que Coco Chanel, en redoutable femme d’affaires, mena contre ses associés, les frères Wertheimer, en particulier sous l’Occupation.
Pour développer la commercialisation encore artisanale du N0 5, qui connaît le succès dès son lancement, « Mademoiselle » s’associe en avril 1924 à Pierre et Paul Wertheimer, les patrons de la maison de cosmétiques Bourjois. L’accord stipule que 90 % des revenus sont versés aux producteurs et ­distributeurs et 10 % à la créatrice.
Les lois d’aryanisation comme levier
La manne est belle, trop sans doute pour que Chanel ne se sente pas lésée. Aussi, dès le début, cherche-t-elle à reprendre le contrôle d’une société de parfums qui lui assure l’essentiel de ses revenus. Pour cela, elle va user des pires ­expédients : les lois d’aryanisation mises en place en 1941 par le ­régime de Vichy, dans lequel, du reste, elle a ses entrées. Parmi ses ami(e) s et appuis, elle peut compter notamment sur Josée de Chambrun, la fille de Pierre Laval, Xavier Vallat, commissaire aux questions juives, ou René Bousquet. Sans parler de son nouvel amour, rencontré au Ritz, le baron von Dincklage, officier de l’Abwehr. Reste que les Wertheimer, réfugiés aux Etats-Unis dès 1940, ont pour eux un homme de confiance qu’ils ont placé à la tête de la société, qui s’avéra être un homme de poids : l’avionneur ­Félix Amiot, chargé de fournir des appareils à la Luftwaffe.
Si les faits de cette sombre affaire sont connus, le récit en quatre ­actes qu’en livre Stéphane Benhamou est non seulement captivant, mais aussi fouillé et minutieux. Sans tomber dans le dossier à charge, comme le fit le journaliste américain Hal Vaughan quand il publia Dans le lit de l’ennemi (Albin Michel, 2012), le réalisateur livre un récit n’omettant aucune pièce ni archive, analysées et contextualisées par des spécialistes. Du bel ouvrage, donc, autour d’une création au parfum de soufre.
La Guerre du No 5, de Stéphane Benhamou (Fr., 2017, 55 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-3">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Surfant sur l’esthétique afro-futuriste tout en s’inspirant de mythes fondateurs, des auteurs de BD inventent des personnages qui mettent leurs dons au service de nobles causes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤         

Enquête

Ces super-héros qui volent au secours de l’Afrique

Surfant sur l’esthétique afro-futuriste tout en s’inspirant de mythes fondateurs, des auteurs de BD inventent des personnages qui mettent leurs dons au service de nobles causes.

Par                Kidi Bebey



LE MONDE
              datetime="2018-06-03T17:30:32+02:00"

        Le 03.06.2018 à 17h30





En éblouissant les spectateurs d’un bout à l’autre de l’Afrique, les super-héros de Black Panther, le film des studios Marvel sorti en février, ont créé l’événement. Ils ont aussi apporté une contribution supplémentaire à l’imaginaire afro-futuriste qui se déploie ces dernières années dans tous les domaines de la création. La bande dessinée jeunesse n’est pas en reste, avec les initiatives novatrices d’auteurs et éditeurs africains.

        Lire aussi :
         

                « Le royaume de Wakanda, une Afrique du futur en miniature ? »



Parmi eux, Paulin Koffivi Assem, le fondateur des éditions Ago, au Togo, qui n’a certes pas de moyens hollywoodiens mais pour qui, manifestement, le ciel est la seule limite. Scarf, l’un de ses super-héros, défie les lois de la gravité, s’élevant sans effort dans les airs pour atteindre au plus vite ceux qu’il doit assister. Vêtu d’une combinaison verte, le bas du visage caché par un foulard rouge étoilé de blanc, il se sert de longs rubans fixés dans son dos pour ligoter les criminels qu’il attrape, non sans les ridiculiser au passage.
Derrière la prestance de ce justicier se cache en réalité un lycéen d’allure calme dont rien ne laisse soupçonner la double vie. Il doit sa puissance au suc des racines d’un baobab sacré et a fait le serment de ne jamais user de ses pouvoirs à des fins personnelles, mais de les mettre au service de la lutte contre le trafic d’enfants.

    

Crédits : 


Soundiata Keïta, Chaka Zoulou, la reine Pokou…
Créé par une équipe d’auteurs et illustrateurs, Scarf est né à l’occasion d’un concours organisé lors du festival Togo BD, en novembre 2017. Mais il ne s’agit pas de la première initiative du genre pour Paulin Koffivi Assem. Dès 2008, l’éditeur lançait, à 28 ans, la revue Ago Fiction, qui croisait son goût pour les comics américains et les mangas japonais et son intérêt pour la science. « Je voulais proposer des livres accessibles à tout le monde, peu chers car imprimés en noir et blanc, avec des personnages tirés des mythes africains. La BD me paraissait un support idéal pour amuser mais aussi pour instruire les enfants. »
Faire connaître aux plus jeunes le passé ? Bien des figures héroïques parcourent l’histoire de l’Afrique. Le souverain mandingue Soundiata Keïta n’est-il pas l’exemple même du super-héros, incapable de marcher jusqu’au jour où, à 7 ans, il se dresse enfin, miraculeusement débarrassé de son handicap ? Il révèle alors les capacités supérieures d’un redoutable chef de guerre et devient le héros fondateur du royaume du Mali, au XIIIe siècle. On songe aussi à Chaka Zoulou, à Lat Dior, à la reine Pokou, aux Amazones du Dahomey…

        Lire aussi :
         

                La noire réalité derrière « Black Panther »



Cependant, pour ses BD, Paulin Koffivi Assem a préféré s’affranchir de la dimension purement historique. « Je voulais des histoires fortes et originales qui me rappellent les comics que j’avais aimé gamin, explique-t-il. Nous nous sommes donc donné plus de liberté dans notre démarche. J’ai misé sur des héros qui pouvaient être inspirés de l’histoire, mais aussi transformés ou inventés de toutes pièces par les scénaristes. »
Ainsi, une BD met en scène Dzitri, fondateur en 1630 de Lomé. Pour Ago Fiction, ce dernier est devenu un fantôme que l’état pitoyable de la ville empêche de trouver la paix. Le fantôme investit l’esprit d’un enseignant, qu’il charge d’assainir la ville et de régler des problèmes en lui conférant des capacités de téléportation et de mutation physique. « Nous avons ainsi réinventé le mythe de Dzitri, un être chargé de régler les problèmes de corruption, de circulation ou d’écologie en s’adressant aux personnes concernées : commerçants, politiciens, etc. »
Les quatre premiers albums d’Ago Fiction, édités en 2007 et 2008, n’ont pas rencontré un succès suffisant pour que l’éditeur puisse poursuivre. « Le marché n’était pas forcément prêt, nos prix pas assez ajustés, et les lectrices voulaient du sentiment plutôt que des muscles. » Il attendra deux ans pour se relancer dans l’aventure, puis sept de plus pour coordonner la parution de Scarf avec la sortie cinéma de Black Panthers, dont il espérait même obtenir les droits afin d’éditer une version togolaise du Marvel américain.
Un genre encore peu connu et médiatisé
Car la problématique économique des super-héros de papier demeure essentielle, le genre étant encore peu connu et médiatisé en Afrique francophone. C’est à cette question que s’est confrontée l’auteure et illustratrice Reine Dibussi. Pour sa BD Mulatako, elle a dû s’improviser éditrice, distributrice et cheffe de promotion. Mais qu’importe ! La jeune femme était animée par son désir de faire connaître les peuples de l’eau, les Sawa du Cameroun, dont elle est originaire.

    

Crédits : 


Formée aux arts graphiques et spécialisée en illustration numérique, Reine Dibussi a tiré le fil de son histoire du mythe de Mami Wata. « J’en avais une idée un peu floue, je connaissais mieux les cultures gréco-romaines ou anglo-saxonnes et leurs représentations des sirènes. Le manque de connaissance sur ma culture d’origine m’a poussée à en savoir plus. Je me suis dit : autant commencer par l’endroit d’où je viens puis élargir à l’Afrique. » C’est ainsi que Mulatako est devenu en 2017 le premier tome d’une série d’albums à paraître.
Comme les productions d’Ago Fiction, la BD de Reine Dibussi se propose d’être une totale recréation. L’auteure met en scène une communauté subaquatique, les Miengu, au sein de laquelle les jeunes se forment intellectuellement, spirituellement et militairement. Malheureusement, l’harmonie de la communauté va être brusquement interrompue, obligeant certains membres du clan à prendre le chemin de l’exil.

        Lire aussi :
         

                Les Tibeb Girls, Ethiopiennes, super-héroïnes et féministes



L’album retient l’attention par son univers graphique, l’originalité du dispositif et les couleurs de cette nouvelle cosmogonie aquatique. Campées avec un certain féminisme, les super-héroïnes n’ont pas encore eu l’occasion de sauver le monde, mais ce premier tome justement intitulé Immersion installe une situation surréaliste et laisse présager de nombreux combats et merveilles.
Lutte contre la corruption et défense des albinos
En Afrique du Sud, le peintre, auteur et illustrateur Loyiso Mkize a lui aussi lancé un super-héros. Kwezi, son personnage, est un jeune homme de 19 ans qui habite un squat, utilise un smartphone et manie aussi bien les mots doux que ceux de la rue. La découverte de ses super-pouvoirs va s’accompagner d’une réflexion sur sa responsabilité. Que faire de cette puissance particulière ? Car comme pour ses pairs togolais ou camerounais, il n’est pas question pour Kwezi de pencher vers le mal. Il va donc s’en servir pour lutter contre la corruption et agir avec droiture partout où l’on réclame son intervention.

    

Crédits : 


Dans leur poursuite du bien, les super-héros africains s’inscrivent dans la tradition des premiers archétypes du genre. Christophe Cassiau-Hauri, auteur d’un Dictionnaire de la bande dessinée d’Afrique francophone, rappelle que « les super-héros sont nés dans le contexte particulier de la seconde guerre mondiale, chez les illustrateurs juifs américains, pour lesquels il s’agissait d’imaginer des personnages capables d’en finir avec les puissances du mal absolu, autrement dit Hitler et le nazisme. C’est ainsi que des immigrés juifs européens aux Etats-Unis ont créé des super-héros comme Superman ou Spiderman. Par la suite, la référence au nazisme va disparaître ».
D’abord éditée à compte d’auteur en 2014, Kwezi est devenue très rapidement une BD populaire, dont le succès a encore grandi lorsqu’elle a été reprise dans le circuit classique de l’édition et diffusée dans d’autres pays d’Afrique anglophone. « Elle est particulièrement populaire au Nigeria, souligne Christophe Cassiau-Hauri, car Kwezi y représente un personnage fort, emblématique de la lutte contre Boko Haram. » De fait, pour les super-héros africains, il ne s’agit pas d’exprimer des angoisses existentielles, de lutter contre des extraterrestres ou d’empêcher la fin du monde, mais plutôt de répondre à des problématiques sociales.

        Lire aussi :
         

                La littérature africaine s’édite (aussi) en Afrique



Au Togo, Paulin Koffivi Assem a ainsi lancé un nouveau héros, Super Albinos. Homme-plante, il absorbe l’énergie du soleil pour la transformer en énergie musculaire. Il a été modifié par un savant fou qui était albinos lui-même et qui veut venger tous les albinos que l’on menace ou discrimine sur Terre.
Technologies numériques, imaginaires scientifiques
Répondre à un appel de grandeur, à une soif de justice, se dépasser à travers un physique et des capacités augmentées pour améliorer ce que la Terre abîme ou ce que les hommes défont : n’est-ce pas au fond une manière de tourner le dos à la réalité du continent pour, à défaut de héros véritable, en inventer d’autres, forcément parfaits puisqu’ils appartiennent à l’avenir ? C’est l’analyse d’Oulimata Gueye, commissaire d’exposition et spécialiste des cultures numériques africaines.
Pour elle, « on peut situer ce type de BD dans un ensemble plus vaste où l’image imprimée rejoint celle, en mouvement, du jeu vidéo et du dessin animé ». À cet égard, elle cite pêle-mêle le studio d’animation Pictoon, créé au Sénégal en 1998, le combo CD/BD Captain Rugged, du Nigérian Keziah Jones, le jeu vidéo camerounais Aurion, les studios nigérians YouNeek ou encore le travail mené auprès des plus jeunes par les éditions Wakatoon avec Essi dans la forêt des monstres, qui est à la fois une histoire scénarisée par l’Ivoirienne Marguerite Abouet et un album de coloriage numérique interactif.

        Lire aussi :
         

                Attention, donner des livres à l’Afrique nuit gravement à sa santé éditoriale



« Ces différentes approches révèlent le moment de mutation que vit actuellement l’Afrique, avec une appropriation des technologies numériques, des imaginaires scientifiques et de l’espace, puisque avec le smartphone on est partout à la fois, poursuit Oulimata Gueye. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que l’esthétique du super-héros ait émergé. » Ici et ailleurs, dans les airs et sous l’eau… Le super-héros africain rend fort et rassure car il peut tout, y compris pour améliorer le monde actuel.
Serait-il un signe d’une participation active, créative et originale au monde actuel ? Sur ce point, Oulimata Gueye nuance : « Le super-héros africain est aussi la preuve que nous sommes entrés dans une ère ultra-libérale techno-scientifique qui se veut le modèle unique et qui se développe à l’échelle planétaire. »


<article-nb="2018/06/03/19-4">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Elue à l’Académie française le 3 mai, Barbara Cassin se dit convaincue qu’il ne faut pas céder au « global english », une langue simplifiée qui véhicule, selon elle, des valeurs contestables.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/06/03/19-5">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La première journée du festival We Love Green, qui se tient jusqu’à dimanche soir avec Bjork, Tyler the Creator ou Oumou Sangaré, a été un succès.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Le festival We Love Green aime les rappeurs américains de Migos

La première journée du festival We Love Green, qui se tient jusqu’à dimanche soir avec Bjork, Tyler the Creator ou Oumou Sangaré, a été un succès.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 14h16
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 14h42
    |

                            Stéphanie Binet








                        


Soleil, rappeurs américains présents et en forme, débats sur l’écologie de qualité, têtes d’affiche à la hauteur : samedi, la première journée du festival We Love Green, qui a rouvert ses portes dimanche à 13 heures à Vincennes, a tenu toutes ses promesses. Avec plus de 38 000 personnes présentes sur le site le 2 juin, les organisateurs ont tout mis en œuvre pour assurer l’accueil du public. Les entrées étaient plus fluides que lors des six éditions précédentes, le site avait vu presque tous ses nids-de-poule bouchés et l’aménagement des scènes permettait une meilleure répartition du son. Reste pour l’équipe de production à résoudre la longue file d’attente pour le « cashless » (moyen de paiement).

En milieu d’après midi samedi, ce sont les artistes féminines qui ont donné le la du festival avec Angèle, petit bout de femme à la voix puissante arrivée de Bruxelles, qui fait applaudir ses musiciens, deux claviers et un batteur, avec un taquin : « Ils sont beaux, ils sont gentils, ils sont belges. » Les deux sœurs d’Ibeyi, qui prennent le relais sur la scène de La Clairière, renchérissent dans le ton enjoué en présentant leur chanson Ash : « Si vous avez besoin le matin d’une chanson pour vous sentir fort, celle-là est pour vous. » Puis elles sont rejointes sur scène par le rappeur Orelsan le temps de leur duo Notes pour trop tard. Quelques heures après, il entamera d’ailleurs avec brio sur la scène de la Prairie le premier concert de sa longue série de tous les festivals d’été. Il est, en effet, en juillet et août, le recordman de programmation en tête d’affiche de festivals avec Juliette Armanet, également présente à ce We Love Green. Bien qu’aidée d’une boule à facettes et d’un costume à paillettes, cette dernière n’a pas réussi à faire décoller son show sur cette même scène, de très loin supplantée par le rappeur parisien Lomepal ou le groupe de l’américain Beck.

   


20 heures, c’est l’heure a laquelle les festivaliers commencent a s’inquiéter de la présence sur le site du groupe d’Atlanta, Migos. Depuis 2013, date la sortie de leur premier tube Versace, les rappeurs ont imposé leur rythme ternaire aux musiques actuelles, de l’electro au hip-hop. Spécialistes des embrouilles en tous genres (arrestation pour possession de marijuana ou d’armes à feu, exclusion d’hôtel pour bagarre avec un voiturier, refus d’assurer leurs interviews…), les trois rappeurs, Quavo, Offset et Takeoff, ont raté leur avion la veille pour le festival Primevera Sound à Barcelone. Dès 21 heures, Alex Jaillon, co-organisateur, rassurait : « Ils sont bien là, ils n’ont juste pas assuré leur concert en Espagne. Mais nous, pour être sûrs de ne pas les voir disparaître dans la nature, nous avons installé leurs loges derrière la scène pour qu’ils montent sur le plateau à l’heure. » La technique a fonctionné.

Après de nombreux appels du public, leur DJ envoie sur la marée humaine de la Clairière tous les disques des artistes du rap actuel qui ont été influencés par son groupe, de Rae Srummerd à Kendrick Lamar. Devant des images de combat de boxe, les trois Migos vont alors enchaîner dans une frénésie rarement constatée sur We Love Green leurs hits, Walk it like Talk it, Stir Fry, Get Right Witcha, Bad and Boujee… sans play-back, quasi un exploit pour ce genre d’artistes américains plus fumistes que perfectionnistes. Reste ce dimanche aux Californiens Tyler the Creator, The Internet et au Français Moha La Squale à faire aussi bien. Après la Britannique Jorja Smith, ce sera également à la grande dame islandaise, Björk, de défendre le raffinement féminin.

        Lire aussi :
         

                Rap : la verve virale de Moha La Squale






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-6">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Aux Etats-Unis, la gestation pour autrui est depuis longtemps un thème récurrent dans les séries, les sitcoms ou les soap operas. Pourquoi n’est-ce pas le cas en France ?
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La bioéthique, c’est aussi cathodique

Aux Etats-Unis, la gestation pour autrui est depuis longtemps un thème récurrent dans les séries, les sitcoms ou les soap operas. Pourquoi n’est-ce pas le cas en France ?



Le Monde
 |    03.06.2018 à 12h30
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Le 8 octobre 1998, pour le centième épisode de la sitcom Friends, le personnage de Phoebe Buffay – l’une des six amis autour de qui tourne la ­série – donnait naissance à des triplés. L’événement n’aurait rien de bien sensationnel si la jeune femme n’avait mis ces triplés au monde en tant que mère porteuse pour son demi-frère… Il y a vingt ans déjà, les spectateurs américains suivirent ainsi pendant près de six mois, tantôt hilares, tantôt émus, la trame narrative de la grossesse de Phoebe, depuis son insémination (quasiment dépeinte à l’écran) jusqu’à la célèbre scène des adieux aux trois bébés, traitée sur le ton humoristique qui a fait le succès international de la série.
Cas limites
La gestation pour autrui (GPA) présente dès les années 1990, dans une série grand public diffusée sur NBC, l’une des plus grandes chaînes nationales ? En France, où le sujet reste controversé, cela a de quoi étonner. A bien y regarder, la thématique est pourtant très répandue outre-Atlantique : si les séries médicales et judiciaires américaines ont largement utilisé la GPA comme motif permettant d’explorer les cas limites que présente la société, cette thématique est également récurrente dans les sitcoms et les soap operas.
D’où vient cette décontraction ? L’historienne Marjolaine Boutet, spécialiste de la culture populaire américaine, ­insiste en premier lieu sur des différences culturelles. « L’approche du corps et du vivant est beaucoup plus libérale aux Etats-Unis qu’en France. La déconnexion entre la grossesse et la parentalité, basée sur une culture du contrat, s’est ainsi faite de façon assez simple, y compris dans les milieux chrétiens. »
Autre raison de la forte présence de la GPA dans les séries : la relative banalité de son usage de l’autre côté du petit écran. « La sphère people, qui a de l’argent, a régulièrement recours aux mères porteuses. De Kim Kardashian à ­Sarah Jessica Parker, la pratique s’est répandue,...




                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-7">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ A l’image de l’ancien président américain, dont le premier roman, « The President is Missing », sort le 4 juin, nombreux sont les anciens chefs d’Etat à s’être essayés à la littérature. Avec plus ou moins de bonheur…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                
                                    

Comme Bill Clinton, ces présidents ont pris la plume


                      A l’image de l’ancien président américain, dont le premier roman, « The President is Missing », sort le 4 juin, nombreux sont les anciens chefs d’Etat à s’être essayés à la littérature. Avec plus ou moins de bonheur…



Le Monde
 |    03.06.2018 à 07h47
    |

                            Clémentine Goldszal







De Léopold Sédar Senghor à Bill Clinton, ces chefs d’Etat qui ont pris la plume.
Juin 2018 : le thriller de Bill Clinton

   


Alors que la campagne pour les élections de mi-mandat bat son plein aux Etats-Unis, l’ancien président Bill Clinton sort le 4 juin son tout premier roman, The President is Missing, coécrit avec l’écrivain James Patterson. La promesse ? Le pays est sous le coup d’une terrible menace quand le président disparaît… La chaîne Showtime a déjà acquis les droits de ce thriller pour une adaptation en série télé.
2003 : la saga de Jimmy Carter

   


Il fut le premier président américain à publier un roman. Près de vingt-trois ans après avoir quitté le bureau Ovale, le démocrate de 79 ans sort The Hornet’s Nest (« Le nid de frelons »), une saga historique sur la guerre de l’Indépendance située dans le Sud, dont Carter est originaire. Le livre reçoit à sa sortie des critiques mitigées, et n’a pas, pour l’heure, marqué l’histoire de la littérature.
2000 : le conte de Saddam Hussein

   


Publié anonymement, Zabiba et le Roi, premier roman de Saddam Hussein, fut écrit en 2000, traduit en français en 2003 et réédité en 2012 sous le nom du dictateur. Trois autres livres -suivirent, laconiquement signés « par celui qui l’a écrit ». On raconte même que Saddam Hussein termina son dernier ouvrage, Begone, Demons, la veille de l’intervention américaine en Irak, en mars 2003.
1994 : le récit de Valéry Giscard D’Estaing

   


A la sortie du Passage, l’ancien président primo-romancier déclarait humblement à L’Express : « J’aimerais simplement que des lecteurs aiment mon livre. » Pas découragé par un accueil plus que tiède, VGE, académicien depuis 2003, récidive en 2009 avec La Princesse et le Président. Arrivent ensuite un roman historique, en 2010, et Mathilda, en 2011, qu’il dédie à « l’Afrique, le continent maternel ».
Lire aussi : L’idylle avec Lady Di ? « J’ai inventé », concède Giscard
1945 : le recueil de poésie de Léopold Sédar Senghor

   


Premier président du Sénégal (1960-1980), premier Africain élu à l’Académie française, Senghor a publié son premier recueil de poésie en 1945. Son œuvre est sœur de celle d’Aimé Césaire, au côté duquel il développe le concept de « négritude », soit « l’ensemble des valeurs culturelles de l’Afrique noire ». Une idéologie artistique qu’il appliquera dans sa carrière politique.
Lire aussi : Léopold Sédar Senghor, l’Euronègre



<article-nb="2018/06/03/19-8">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Notre choix du soir. Michel Hidalgo, Gérard Houllier, Raymond Domenech ou encore Michel Platini reviennent sur leur aventure à la tête des Bleus. Sur Canal+, à 20 h 55.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 02/06/2018
Découvrir l’application


                        

« Sélectionneurs », en confidence

Notre choix du soir. Michel Hidalgo, Gérard Houllier, Raymond Domenech ou encore Michel Platini reviennent sur leur aventure à la tête des Bleus. Sur Canal+, à 20 h 55.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 18h46
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



   


Selon Emmanuel Macron, interrogé sur BFM-TV, le 25 mai, il y aurait deux postes dans lesquels les Français se jugeraient plus aptes à réussir que leur titulaire : ­président de la République et ­sélection­neur de l’équipe de France de football.
A quelques jours de l’ouverture du Mondial 2018, Renaud Saint-Cricq propose, en compagnie de ceux qui ont sélectionné les Bleus ces quarante dernières années, de percer les enjeux d’une fonction aussi ingrate qu’exaltante. Tenus pour responsables, parfois avec une violence inouïe, des échecs de l’équipe nationale, ces ­hommes sont rarement crédités de leurs succès tant qu’ils n’offrent pas un sacre international.

   


De Michel Hidalgo (1976-1984) à Raymond Domenech (2004-2010), la plupart des prédécesseurs de Didier Deschamps, en poste depuis juillet 2012, ont ­répondu présent. Ne manquent que Roger Lemerre (1998-2002), Jacques Santini (2002-2004), ­Laurent Blanc (2010-2012) et ­surtout Aimé Jacquet (1993-1998). Sans doute parce que celui qui a rapporté la seule étoile mondiale à la France n’entend plus revenir sur l’épisode, devenu mythique, de juillet 1998.
Doute et solitude
Comme tout repose sur les ­souvenirs et les confidences des sélectionneurs, rien n’est dit sur leur profil avant leur nomination. Certains doivent la fonction à leur prestige personnel. Michel Platini (1988-1992) ­raconte avec une franchise désarmante la façon dont tout se joue en cinq minutes quand il s’agit de remplacer Henri Michel, destitué au lendemain d’un match calamiteux face à Chypre, qui compromettait la qualification des Bleus pour le Mondial 1990. Raymond Domenech (2004-2010) est, lui, chargé de la sélection des espoirs depuis plus de dix ans quand on lui propose le poste national.

   


Découpé en chapitres inégaux, le documentaire joue beaucoup sur l’émotion. Il évoque, certes, le rôle capital et souvent éprouvant de la communication, mais il fait surtout la part belle à l’intime : la méthode de chacun qui, comme la causerie d’avant-match, échap­pe à tout modèle ; l’entière responsabilité du choix solitaire de la liste des sélectionnés ; la ­dramaturgie suffocante des traumatismes collectifs de la défaite, plus profonde que les transports d’allégresse des victoires. Entre épisodes fantastiques et cauchemardesques, le magistère du ­sélectionneur est une épreuve mais aussi, à écouter le récit de ceux qui y ont mesuré la violence du doute et de la solitude, un moment de vérité sans égal.
Introspection sensible qui ne cède pas plus à l’autocritique ­masochiste qu’au ressentiment aigre, cette enquête vaut par la justesse presque apaisée des confidences de ces faiseurs d’idoles, qui ne se leurrent pas sur la mémoire médiatique qu’ils laisseront. Gérard Houllier (1988-1992 puis 1992-1993) se sait ­condamné à être à vie le responsable des deux défaites à domicile qui, à l’automne 1993 (Israël et Bulgarie), ont privé la France du Mondial 1994. Et les hommages rendus à Henri Michel, mort le 24 avril – le documentaire lui est dédié – lui donnent raison, tant la défaite face à Chypre, qui lui coûta son poste, occulta l’or olympique remporté à Los Angeles, en 1984, et le podium au Mondial mexicain de 1986, qui rééditait l’aventure de 1958 en Suède.

   


Malgré les cicatrices parfois ­encore sensibles, tous rappellent la force de la passion et la jubilation du jeu. Comme si, célébrés ou non, ils ne pouvaient se défendre d’avoir connu là une aventure unique.
Sélectionneurs, de Renaud Saint-Cricq et Renaud Dely (Fr., 2018, 85 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-9">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Je ne serais pas arrivé là si… « La Matinale du Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, l’écrivain raconte comment l’amour de sa mère l’a ouvert à l’écriture.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 02/06/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Yann Queffélec : « J’ai aimé mon père, qui ne m’aimait pas »

Je ne serais pas arrivé là si… « La Matinale du Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, l’écrivain raconte comment l’amour de sa mère l’a ouvert à l’écriture.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 09h41
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

Ecrivain et marin, lauréat du prix Goncourt (1985) pour Les Noces barbares, Yann Queffélec vient de publier le Dictionnaire amoureux de la mer.
Je ne serais pas arrivé là si…
Si je n’avais pas eu des origines bretonnes et une mère compréhensive et aimante envers son petit garçon, bizarrement apprécié dans sa famille. Je n’occupais pas la meilleure place dans la fratrie : j’étais un cadet, troisième après mon frère Hervé et ma sœur Anne. Et lorsque je viens au monde en 1949, il est clair que c’est uniquement parce que la nature l’a voulu. Je ne suis pas désiré, je dérange mon père qui n’a d’yeux que pour son fils aîné, et ma quête désespérée de son amour – ou simplement de son attention – l’insupporte au plus haut point. Je le ressens, et j’en souffre. Mais ma mère est là, qui comprend et compense. Nous nous attachons l’un à l’autre comme une espèce de couple. Nous avons mille affinités, une complicité magnifique, nous aimons rire ensemble. Elle connaît la poésie mieux que quiconque, me lit et me fait apprendre les plus beaux textes de la langue française. Elle m’initie à tout, et c’est elle qui me fredonne mes premiers chants de marins.
L’un de vos livres s’intitule « Le Piano de ma mère »…
Car elle joue merveilleusement du piano. Quand elle joue, cela me fait pleurer. Et comme elle est aussi très sentimentale, on s’enferme à clé. Elle joue alors pour moi, et je l’écoute, tapi sous le piano, blotti à la fois contre ses jambes et contre l’instrument à l’odeur de bois fruitier délicieuse. Je suis dans un état paradisiaque. C’est grâce à elle, vraiment, que je me suis forgé, dans un contact à la fois vibrant, intense, naturel, avec les choses de la vie.
La relation avec votre père, écrivain célèbre, était autrement rude ?
Décevante est le bon mot. J’avais pour lui une admiration sans bornes, j’y pensais même comme un amoureux. Il me hantait. Je le trouvais...




                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-10">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’éditeur et romancier a quitté l’Allemagne pour la France et le français à 20 ans, afin d’être enfin lui-même. Et de prêter une voix juste à ses personnages, telle la narratrice du « Bleu du lac ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 02/06/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Jean Mattern, à la place de l’autre

L’éditeur et romancier a quitté l’Allemagne pour la France et le français à 20 ans, afin d’être enfin lui-même. Et de prêter une voix juste à ses personnages, telle la narratrice du « Bleu du lac ».



Le Monde
 |    03.06.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 09h39
    |

                            Emilie Grangeray








                        



                                


                            

Combien de fois naît-on à soi-même ? Et quels sont les rares moments où le cours de nos existences s’infléchit vraiment ? Ces questions que se pose Viviane, la narratrice du Bleu du lac, le nouveau roman de Jean Mattern, il serait tentant de les retourner à l’auteur. Non pour mettre mal à l’aise cet homme pudique, mais parce que, indéniablement, quelque chose a changé chez lui.
Il y a tout juste dix ans, on découvrait, avec Les Bains de Kiraly (Sabine Wespieser), que l’éditeur (longtemps responsable des acquisitions pour la collection « Du monde entier » chez Gallimard, il est désormais à la tête de la littérature étrangère chez Grasset) cachait un écrivain. Mais, si ses premiers livres étaient traversés de tombes et de désirs refoulés, il signe aujourd’hui un roman heureux ; son roman le plus libre, aussi. Quand on le lui fait remarquer, Jean Mattern acquiesce de sa voix douce, lui qui appartient à cette catégorie d’auteurs qui redoutent, tout autant qu’ils le désirent, le moment de la publication, raison pour laquelle ils s’attachent à toujours avoir un autre livre en cours d’écriture.
Lire est sa façon d’être au monde
Ecrire, pour lui, s’apparente à une gestation. Il note, en s’excusant de devoir jouer avec les mots : « Je m’appelle Mattern. En hébreu, le mot pour le métier d’éditeur est calqué sur celui qui désigne les sages-femmes, “mozi laor”, celui ou celle qui fait venir à la lumière. Faire accoucher d’un texte comme on le ferait d’un enfant à naître, cette image m’a toujours plu. » Ecouter, entendre les histoires des autres, les défendre pour qu’elles existent, Jean Mattern adore ça. Lire est, depuis toujours, sa façon d’être au monde. Lire pour meubler les journées solitaires dans la petite ville de province où il a grandi, près de Francfort, en Allemagne. Lire pour s’échapper, après la mort de l’une de ses sœurs : les livres deviennent alors un refuge « absolu », « vital ». Les compagnons du jeune...




                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-11">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Notre choix du soir. L’opéra, composé par George Benjamin et le dramaturge Martin Crimp, renouvelle le modèle bien connu du trio femme, mari, amant (sur Arte Concert à la demande).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

TV – « Lessons in Love and Violence »

Notre choix du soir. L’opéra, composé par George Benjamin et le dramaturge Martin Crimp, renouvelle le modèle bien connu du trio femme, mari, amant (sur Arte Concert à la demande).



Le Monde
 |    02.06.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Opéra sur Arte Concert à la demande

Longtemps, le compositeur britannique George Benjamin (né en 1960) a cherché un librettiste d’opéra : il avait même rencontré Arthur Miller et David Lynch – mais ce fut en pure perte. Puis, un jour, il découvrit Martin Crimp (né en 1956), un compatriote dramaturge de haut vol, qui, alors qu’il est lui-même ­musicien, n’avait jusqu’alors jamais collaboré à un opéra.
Ce fut d’abord un « faux » opéra, une courte cantate scénique, ­plutôt, Into the Little Hill (2004-2006), pour deux chanteurs et orchestre de chambre, commandé par Joséphine Markovits, la responsable de la programmation musicale du Festival d’automne à Paris, qui lui avait présenté Martin Crimp. « J’ai fini par lire cet auteur que je ne connaissais pas, disait au Monde George Benjamin en 2012. J’ai adoré spontanément la précision, la subtilité, la force, la structure et la beauté étrange de sa langue. Nous nous sommes d’emblée entendus. Il est très fort et très doux. Je l’aime et je l’admire. »
En juillet 2012, ce fut, avec la création de Written on Skin, ­commandée par Bernard Foccroulle pour le Festival d’Aix-en-Provence, le miracle d’un opéra parfait, d’une écriture musicale exigeante, mais dont la force dramatique pouvait toucher une vaste audience. Partout, cette œuvre a depuis rencontré l’adhésion de la critique et du public.
Leur troisième collaboration, Lessons on Love and Violence, créée ce mois de mai au Covent Garden de Londres, est un ouvrage à nouveau intense, noir, presque suffocant. La musique est de toute beauté ; elle a pour seul défaut de ne pas renouveler ­profondément le climat de Written on Skin. A moins que le livret de Crimp l’en ait empêchée.
Un roi tout à ses plaisirs
On retrouve l’incandescente soprano canadienne Barbara Hannigan, interprète d’élection de Benjamin, qui avait marqué par son engagement physique et ses sons stratosphériques le propos érotique et morbide de Written on Skin. A son côté, l’intense baryton français Stéphane Degout dans le rôle d’un roi déconnecté de son peuple et tout à ses plaisirs, au centre d’un ménage à trois. Mais, contrairement à l’usage triolique à l’opéra, l’amant n’est pas celui de la femme mais celui de l’homme.
La captation n’évite pas les écueils habituels des trans­missions lyriques : lors des gros plans sur le visage des protagonistes, on voit ceux-ci, alors qu’ils s’adressent à un autre, yeux dans les yeux, regarder sur le côté comme si une connaissance leur faisait ­signe depuis les loges latérales (ou que Sa Majesté la reine apparaissait soudainement). C’est en fait un regard que les chanteurs jettent sur un écran qui leur permet de suivre la battue du chef d’orchestre quand ils ne sont pas face à lui. Peu visible depuis la salle, ce genre de détail indiscret prend des proportions parfois ­gênantes à la télévision.
La mise en scène de Katie ­Mitchell est moins « industrieuse » et plus dépouillée que d’ordinaire, même si l’on retrouve des figurants mystérieux, carnet de note à la main. Ils ont tout l’air de témoins muets mais, comme dans Written on Skin, on finit par comprendre qu’ils sont en ­quel­que sorte les ordonnateurs du chaos et de la violence.
Lessons in Love and Violence, opéra de Martin Crimp (livret) et George Benjamin (musique). Par Barbara Hannigan, Stéphane Degout, Gyula Orendt, Peter Hoare, Samuel Boden, Jennifer France, Krisztina Szabó, Andri Björn Róbertsson, Orchestre de l’Opéra royal du Covent Garden de Londres, George Benjamin (direction), Katie Mitchell (mise en scène). Arte Concert disponible jusqu’au 25 novembre (Fr., 2018, 85 min.).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-12">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le thème de l’édition 2018 de Rendez-vous aux jardins est « L’Europe des jardins ». Genève et sa région en abritent quelques-uns, remarquables. Certains, comme le Jardin botanique ou le potager du château de Prangins, sont exceptionnels.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Genève, en ses jardins

Le thème de l’édition 2018 de Rendez-vous aux jardins est « L’Europe des jardins ». Genève et sa région en abritent quelques-uns, remarquables. Certains, comme le Jardin botanique ou le potager du château de Prangins, sont exceptionnels.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 16h45
    |

            Lucien Jedwab








                        



   


Différentes institutions culturelles d’une quinzaine de pays européens célèbrent ce week-end « L’Europe des jardins » (à l’exception notable du... Royaume-Uni). En Suisse, Genève et ses environs, jouissant d’une situation géographique privilégiée et d’une prospérité... enviable, en sont dotés de quelques-uns de tout à fait remarquables. L’existence de ces jardins a bien sûr à voir avec l’Histoire. A commencer par les Conservatoire et Jardin botaniques de la ville de Genève, qui ont récemment célébré leurs 200 ans. Cet anniversaire à été l’occasion pour l’institution scientifique genevoise de rendre hommage à son principal fondateur, Augustin-Pyramus de Candolle (1778-1841). Celui-ci a été un pionnier de la botanique, jouant un rôle essentiel dans le recensement et la description des plantes, d’abord en France, dans la période qui a suivi la Révolution, puis dans sa ville d’origine. On lui doit ainsi l’invention du terme « taxonomie », science des lois de la classification.

   


Situé lors de son inauguration dans l’actuel parc des Bastions – qui abrite le très austère monument dédié aux Réformateurs –, le conservatoire botanique créé par Candolle a emménagé en 1904, avec ses collections végétales, à la périphérie de la ville, non loin des bâtiments de l’ONU. Exceptionnelle, la bibliothèque, avec ses 100 000 volumes, et les millions d’échantillons des herbiers rassemblés par Candolle et ses successeurs (et aujourd’hui conservés dans d’anciens abris antiatomiques...) ont contribué à faire de Genève, en son temps, la « capitale de la botanique ». Les 28 hectares des jardins – traversés, pour l’anecdote, par le chemin de l’Impératrice (Joséphine de Beauharnais séjourna au château proche de Pregny) – sont dotés, entres autres, de grandes serres, d’un riche jardin de rocaille ou d’une belle allée de platanes plusieurs fois centenaires.

   


Autre jardin tout aussi unique, le potager historique du château de Prangins, à quelques dizaines de minutes de Genève. Réaménagé au XVIIe siècle, l’ancien château féodal, transformé en résidence d’agrément, a appartenu, au XIXe siècle, à un futur général suisse, avant d’abriter, jusqu’en 1920, un pensionnat très chic. Entre-temps, Voltaire lui-même, victime de l’arbitraire monarchique en France, séjourna à Prangins en 1754, puis aux « Délices », près de Genève, avant de franchir à nouveau la frontière et de s’installer à Ferney. Joseph Bonaparte, le frère aîné de Napoléon Ier, sera un temps propriétaire du domaine.

   


Le potager, lui, sera aménagé dès 1729 sur d’anciens fossés, avant même la finition du château. Sa conception, avec son tracé en croix et la répartition harmonieuse de ses plates-bandes, est inspirée des jardins médiévaux. Ses hauts murs de protection, sur lesquels s’appuient des fruitiers taillés en espalier, ceignent un espace de grande dimension (près de 100 mètres sur plus de 50), protégé des grandes variations de température et des intrusions. Sa physionomie, avec son bassin central, n’a pas changé depuis trois siècles.
Aujourd’hui, le château de Prangins est le siège romand du Musée national suisse, et le potager n’a plus pour seule fonction d’être un jardin nourricier. Deux cents variétés anciennes y sont cultivées, sous la supervision de son conservateur, Bernard Messerli. Celui-ci rappelle avec amusement que la pomme de terre n’a pas toujours eu le succès qu’elle connaît de nos jours, et qu’on l’a accusée de nombreux maux, avant que les disettes de la fin du XVIIIe siècle ne la mettent sur la table des pauvres comme des riches. Ayant réhabilité depuis longtemps des méthodes traditionnelles, les jardiniers pratiquent avec mesure la rotation des cultures et ont recours aux engrais verts, comme le compost, bien sûr, mais aussi le sarrazin ou le lupin, fauchés et laissés sur place pour nourrir le sol.

   


La fonction didactique du potager est illustrée par des plantations thématiques. Les plantes médicinales ou les herbes « aromatiques et condimentaires » y sont à l’honneur, bien sûr. Mais les plantes toxiques y sont également présentées, afin de mettre en garde les cueilleurs amateurs imprudents. Il est rappelé au passage que le poison peut être aussi dans la quantité... Un centre d’interprétation du potager, « Le jardin dévoilé », explique de manière vivante la production des légumes et des fruits au fil des saisons. Le château lui-même, en dehors de la vue qu’il procure sur les jardins et le Léman, abrite une exposition permanente : « Noblesse oblige ! La vie de château au XVIIIe siècle. » Et, actuellement, une passionnante exposition temporaire : « Indiennes. Un tissu révolutionne le monde ! » (jusqu’au 14 octobre).

   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-13">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La 8e édition du Festival de l’histoire de l’art se tient tout le week-end, avec pour thème le rêve, et comme pays invité la Grèce.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Fontainebleau, capitale de l’histoire de l’art pour trois jours

La 8e édition du Festival de l’histoire de l’art se tient tout le week-end, avec pour thème le rêve, et comme pays invité la Grèce.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 12h22
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Ce week-end, en matière de festivals, il y a We Love Green à Vincennes… et le Festival de l’histoire de l’art à Fontainebleau. La comparaison s’arrête là, même si, après tout, rien n’interdit d’aller écouter Hélène Cixous le vendredi et Orelsan le samedi, d’assister à un entretien avec le Prix Nobel de littérature et peintre Gao Xingjian le samedi après-midi, et d’arriver largement à temps pour le concert de Björk.
Après Jeff Koons en 2017, c’est Jean-Michel Othoniel qui a été convié à lancer, vendredi 1er juin, cette 8e édition du festival coorganisé par l’INHA (Institut national d’histoire de l’art), le ministère de la culture et le château de Fontainebleau, dans le petit théâtre municipal à l’italienne qui fait face au château, et qui a, à nouveau, fait salle comble. « Il est essentiel d’ouvrir avec un artiste, tout simplement pour rappeler que l’histoire de l’art n’est pas une chose morte. Evidemment, nous choisissons toujours un artiste qui entretient un rapport fort avec l’art du passé », commente Eric de Chassey, directeur de l’INHA. Pour le thème retenu cette année, « le Rêve », le choix de Jean-Michel Othoniel s’est naturellement imposé.
Le verre coloré d’Othoniel
« Crystal Palace », l’exposition que lui consacrait la Fondation Cartier en 2003, ouvrait par un monumental lit de perles. « L’idée était celle d’une procession endormie de mon lit jusqu’à ma tombe, dans le jardin », résume-t-il. Partout le verre coloré, matériau séducteur, sensuel et onirique, exprime aussi une « fragilité » assumée. C’est à Rome, où il était pensionnaire à la Villa Médicis, qu’il a dessiné le Kiosque des noctambules, la bouche de métro située entre le Palais-Royal et le Louvre. Sa toute première commande publique, en 2000. Autre projet dans un espace patrimonial, remporté en 2015 : les sculptures-fontaines du bosquet du Théâtre d’eau à Versailles. Tout en arabesques de perles dorées, elles...




                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-14">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le Vendéen exhibe son « cœur foudroyé » sur « Bisous », son premier album. Il est en concert au festival We Love Green dimanche 3 juin.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Myth Syzer, rappeur jupitérien

Le Vendéen exhibe son « cœur foudroyé » sur « Bisous », son premier album. Il est en concert au festival We Love Green dimanche 3 juin.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 09h18
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Voyez-le coqueter en casquette, survêt et baskets : de prime abord, Myth Syzer possède tout l’attirail du rappeur lambda. Mais, très vite, le cliché de la petite frappe jouant les gros bras se dégonfle. S’il exhibe ses biscotos, c’est pour montrer le « cœur foudroyé » qu’il s’est tatoué, côté droit. « L’amour, faut que ça gronde, dit-il dans un murmure. Ce tatouage, je l’ai fait pour une fille très “strange”, intense. »
Il l’a plaquée il y a peu, et en est encore tout « tétanisé ». Les coups de foudre, l’ami Myth ne carbure qu’à ça. Son premier album, paru fin avril, est né des cendres d’un précédent orage amoureux. S’il l’a écrit dans la position du lover largué, lui n’est pas du genre à menacer ses ex de se « faire “marie-trintigner” » (Orelsan, 2006) ; le disque s’appelle Bisous, et il n’est qu’amour. « Personne ne t’écoute si tu cries : “Va te faire foutre, salope !” La douceur est plus musicale que la haine. Là, je travaille sur de nouveaux morceaux, va falloir s’accrocher. Des hits très tristes, très “deep”, beaucoup moins “baby” que sur Bisous. »

Papa, « un vrai DJ du ciel ! »
Enfant, Syzer a vu son père diriger bien des éclairs : ébéniste à mi-temps, le daron était aussi artificier. Etonnez-vous, face à une telle mythologie familiale, que Myth se jupitérise l’épiderme : « Sur certains spectacles pyrotechniques, j’aidais papa à faire la soudure. C’était technique, il fallait synchroniser les mortiers avec la musique… Un vrai DJ du ciel ! », raconte-t-il, des étoiles plein les pupilles. Né à La Roche-sur-Yon (Vendée) en 1989, Thomas Lessoudé la quitte dix-sept ans plus tard, au moment où sa mère, assistante sociale, et son père se séparent : « J’en avais marre de les voir s’engueuler. La rupture leur a fait du bien. » Direction Londres, pour cinq mois, puis Paris, où il vit depuis dix ans : « J’ai besoin du coup...




                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-15">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Des dessins originaux tirés de l’album de bande dessinée de « Coke en stock » doivent être vendus aux enchères, samedi aux Etats-Unis, lors d’une séance qui devrait rapporter des centaines de milliers de dollars.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Deux rares dessins de Tintin datés de 1957 mis aux enchères aux Etats-Unis

Des dessins originaux tirés de l’album de bande dessinée de « Coke en stock » doivent être vendus aux enchères, samedi aux Etats-Unis, lors d’une séance qui devrait rapporter des centaines de milliers de dollars.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 09h38
   





                        


Toutes deux tracées de la main du dessinateur belge Hergé en 1957, ces illustrations, l’une crayonnée (35,2 x 50 cm), l’autre réalisée à l’encre d’Inde (30,7 x 47,7 cm), pourraient récolter entre 618 000 et 825 000 euros, d’après Heritage Auctions, qui les met en vente à Dallas, au Texas. La société de vente aux enchères doit diffuser l’événement en direct depuis son siège néerlandais, près d’Utrecht.
Les deux esquisses représentent la page 58 des aventures du célèbre reporter à la houppette blonde dans le 19e album d’Hergé, publié en 1958. Au début de cette planche découpée en douze cases, on voit Tintin, le capitaine Haddock, son fidèle compagnon Milou et le pilote estonien Piotr Szut, bandeau noir sur l’œil, regardant vers la mer.

   



   


Une planche « remarquable »
Sous leurs pieds, dans les profondeurs de l’océan, un plongeur tente d’accrocher une mine au navire, avant d’être assommé par une ancre. Puis, la tête bandée, le plongeur est soigné dans un sous-marin tandis qu’à la dernière case, la mine, gobée par un requin victime de hoquets, explose à l’horizon sous le regard ébahi de Tintin et du capitaine Haddock.
Ces planches « sont des exemples excellents de la technique de dessin de la ligne claire », le style graphique rigoureux dans lequel excellait Hergé, a souligné l’expert belge en arts de bande dessinée Eric Verhoest.
« Mais ce ne sont pas seulement les dessins, c’est aussi la manière dont il fait avancer l’histoire. Hergé était un maître en la matière », a expliqué M. Verhoest. « C’est avec une grande ingéniosité qu’Hergé organise l’espace en fonction de l’endroit », à bord du bateau, sous l’eau et dans le sous-marin, a ajouté Heritage Auctions.
Il est rare que des dessins originaux d’Hergé soient mis sur le marché, car l’artiste ne les offrait qu’occasionnellement à des amis proches en guise de cadeau, a-t-elle précisé dans un communiqué.
La planche mise en vente samedi avait été offerte par le Belge à un « ami scandinave » dans les années 1970 qui l’a ensuite vendue à un acheteur « dans une région germanophone d’Europe », a précisé M. Verhoest.
Trois autres dessins de Tintin sont mis aux enchères lors de la même séance : une couverture en couleur de l’album Rackham le Rouge, un dessin des Dupondt annonçant la parution de ce même album à la « une » du Soir en 1943 et un dessin extrait de la 38e planche de l’album Le Temple du soleil.
Tintin est une star incontestée des enchères. Un dessin à l’encre de Chine pour les pages de garde des albums de Tintin publiés de 1937 à 1958 a été adjugé pour 2,65 millions d’euros par Artcurial en 2014. Un record mondial.
Plus tôt ce mois-ci, une rare aquarelle de 1939 de l’album Le Sceptre d’Ottokar s’est vendue pour plus de 600 000 euros chez Christie’s à Paris.

        Lire le récit :
         

          La BD franco-belge au pays des comics






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-16">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Opération phare de l’aménagement en France, la première étape de la reconquête de la Presqu’île s’achève à Lyon. Le début de la seconde phase traduit une rupture de style.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Urbanisme : Lyon Confluence troque la couleur pour la rigueur

Opération phare de l’aménagement en France, la première étape de la reconquête de la Presqu’île s’achève à Lyon. Le début de la seconde phase traduit une rupture de style.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 09h32
    |

            Grégoire Allix (Lyon, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Un donjon de béton clair se dresse au cœur du quartier de la Confluence, à Lyon. Cette tour de logements de seize étages, avec ses balcons ronds qui saillent aux quatre coins comme des échauguettes, domine un îlot compact de huit bâtiments à l’élégance austère, groupés autour de deux cours arborées. Inauguré le 18 mai par le président de la Métropole de Lyon, David Kimelfeld (La République en marche), ce bloc, baptisé Ynfluences Square par son promoteur Icade, marque un spectaculaire changement de style pour l’une des plus ambitieuses opérations d’urbanisme en France : l’aménagement de la Presqu’île de Lyon, entre Rhône et Saône, sur 150 hectares, pour doubler la superficie du centre-ville.
La première phase, commencée en 2003 côté Saône, s’achèvera à l’été, après un total de 400 000 m2 construits et 1,16 milliard d’euros d’investissements publics et privés – une exposition aux Archives municipales retrace ces quinze années qui ont remodelé le paysage lyonnais. L’inauguration d’Ynfluences Square concrétise le lancement de la seconde étape de l’opération, côté Rhône. « C’est un îlot démonstrateur, le mètre étalon de ce qui va se construire pendant dix ans sur le reste de la seconde phase », revendique Pierre Joutard, le directeur général de la société publique locale (SPL) Lyon Confluence, chargée de piloter cet aménagement. « Nous avons voulu une écriture plus sage, une architecture apaisée, un retour de l’îlot à la lyonnaise », résume Michel Le Faou, vice-président de la métropole, chargé de l’urbanisme.
Jacques Herzog et Pierre de Meuron, duo suisse d’architectes urbanistes à la réputation mondiale, ont dessiné le plan-masse et défini les règles du jeu de toute cette seconde phase. Ils sont aussi les architectes de la tour et les coordinateurs de l’îlot Ynfluences Square, où interviennent cinq architectes et un paysagiste. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la rigueur helvétique succède au feu d’artifice d’architectures...




                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-17">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ En remontant la pièce d’Eschyle avec des migrants ayant connu la même situation que les Danaïdes, Jean-Luc Bansard offre une mise en abyme vertigineuse, raconte Frédéric Potet dans sa chronique.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pourquoi il faut écouter « Les Suppliantes »

En remontant la pièce d’Eschyle avec des migrants ayant connu la même situation que les Danaïdes, Jean-Luc Bansard offre une mise en abyme vertigineuse, raconte Frédéric Potet dans sa chronique.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h20
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 09h29
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Il faut lire ou relire Eschyle. Dans Les Suppliantes, pièce écrite dans les années 466 à 463 avant J.-C., le poète grec narre le début d’un épisode antique faisant étonnamment écho à la crise des migrants qui sévit actuellement en Europe : le mythe des Danaïdes. Refusant d’être mariées de force à des cousins germains, cinquante femmes – les filles de Danaos – entreprennent de fuir l’Afrique par la mer pour se réfugier sur les rives de la cité grecque d’Argos, où elles réclament la protection du souverain local. Ce dernier va accepter de leur accorder l’asile, au nom des lois de l’hospitalité, malgré la menace d’une guerre.
C’est en entendant le directeur du Festival d’Avignon, Olivier Py, grand propagateur de l’œuvre d’Eschyle, parler de cette tragédie à la radio en 2015, que le metteur en scène Jean-Luc Bansard a décidé de s’en emparer avec sa troupe, le Théâtre du Tiroir, basée à Laval (Mayenne). La dimension prémonitoire du texte lui interdisant « une adaptation traditionnelle », il a alors eu l’idée de « convertir » au théâtre des migrants récemment arrivés sur le territoire français.
Vingt-six siècles séparent « Les Suppliantes » des sauvetages en Méditerranée d’embarcations de fortune
Jean-Luc Bansard n’est pas le seul à faire monter sur scène des candidats au statut de réfugié. La troupe anglaise du Good Chance Theatre s’en est fait également une spécialité depuis plusieurs années, par le biais d’ateliers organisés dans des campements et des centres d’hébergement. La différence tient, ici, au choix du répertoire : vingt-six siècles séparent Les Suppliantes (l’une des plus anciennes pièces de théâtre de l’humanité) des sauvetages en Méditerranée d’embarcations de fortune ; la mise en abyme n’en est que plus vertigineuse, dès lors que le texte est déclamé par des hommes et des femmes ayant connu cela.
Pour recruter ses comédiens, le metteur en scène est allé frapper...




                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-18">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le Vénézuélien Alberto Barrera Tyszka a écrit « Les Derniers Jours du Commandant » alors même que la santé du « présidente », et avec elle celle de son pays, déclinaient.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Histoire d’un livre. Tandis qu’Hugo Chavez agonise

Le Vénézuélien Alberto Barrera Tyszka a écrit « Les Derniers Jours du Commandant » alors même que la santé du « présidente », et avec elle celle de son pays, déclinaient.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h00
    |

                            Ariane Singer (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Les Derniers Jours du Commandant (Patria o muerte), d’Alberto Barrera Tyszka, traduit de l’espagnol (Venezuela) par Robert Amutio, Gallimard, « Du monde entier », 260 p., 22 €.

En annonçant à la télévision, le 30 juin 2011, depuis La Havane, à Cuba, qu’il venait d’être opéré d’un cancer, le président vénézuélien Hugo Chavez (1954-2013) plongeait nombre de ses compatriotes dans le désarroi. Parmi eux se trouvait le romancier, journaliste et scénariste Alberto Barrera Tyszka. « Il y avait déjà des rumeurs, une certaine attente. L’image n’était pas très claire. Je me souviens avoir été surpris par sa maigreur. Il a fait quelque chose qu’il n’avait jamais fait : il a lu un premier message. Il ne s’est même pas offert le luxe d’improviser. C’était le premier signe de gravité. Le second : les mots “cellules cancérigènes” », raconte-t-il au « Monde des livres ».
Si l’écrivain a été passablement perturbé, ce n’est pas par sympathie particulière envers le leader de son pays, auquel il avait consacré en 2005 une importante biographie (non traduite) ; issu d’une gauche profondément antimilitariste, il confie ne s’être jamais identifié à cet homme et n’avoir jamais voté pour lui. Mais ce coup de théâtre dans la vie jusqu’ici parfaitement orchestrée du chef d’Etat allait finir par entrer en collision avec l’« agenda » littéraire d’Alberto Barrera Tyszka. A l’époque, ce dernier, déjà auteur d’une dizaine de livres, était à la moitié de son nouveau roman : une histoire sur la montée de la violence à Caracas, où une mère décidait d’enfermer sa fille de 10 ans pour la protéger du monde extérieur. L’état du Venezuela, vivant, totalement désemparé, au rythme de la publication des bulletins de santé de son dirigeant depuis 1999, allait profondément peser sur son travail, au point de complètement transformer ce récit initial – dont il a cependant gardé quelques éléments.
Ce que fut le ­chavisme
« A mesure...




                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-19">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » propose une liste d’émissions et de podcasts à savourer en différé.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 01/06/2018
Découvrir l’application


                        

Coupe du monde, Trump… Quatre replays et podcasts à savourer ce week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » propose une liste d’émissions et de podcasts à savourer en différé.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 09h24
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au menu de notre liste ce samedi : un portrait de Donald Trump en tricheur invétéré, un documentaire sur l’âpre bataille de la Russie pour décrocher la Coupe du monde et un podcast sur des parents confrontés à la radicalisation de leur fille.
Guerre froide autour du Mondial 2018

   


Comment la Russie a-t-elle gagné le droit d’organiser la Coupe du monde de football 2018 ? A la veille de l’ouverture du tournoi planétaire (du 14 juin au 15 juillet), les zones d’ombre autour du vote d’attribution du 2 décembre 2010 persistent alors que ce pays était, pourtant, doté du plus mauvais dossier de candidature. Dans La Coupe du monde des ­espions, le documentariste danois Niels Borchert Holm et son confrère Jon Adelsten reviennent sur l’âpre duel que se sont livré lors du scrutin la Russie et l’Angleterre, berceau du football, qui ne récolta que deux suffrages et fut éliminée dès le premier tour. En marge de leur intense campagne de lobbying, les deux pays candidats ont eu recours à tous les procédés pour remporter la mise. Dans un climat de guerre froide, ils se sont notamment appuyés sur leurs services de renseignement pour s’épier et collecter des données. Rémi Dupré
La Coupe du monde des espions, de Niels Borchert Holm et Jon Adelsten (All., 2018, 55 min) sur Arte.fr jusqu’au 27 juin.
« Soupçons », l’épilogue

Le 9 décembre 2001, Dur­ham, Caroline du Nord. Michael Peterson appelle les urgences, paniqué. Sa femme, Kathleen, 49 ans, gît au pied de l’escalier de la maison familiale. Deux ans plus tard, l’écrivain, qui clame toujours son innocence, est condamné pour meurtre. C’est le début d’un récit judiciaire aux nombreux soubresauts auquel Jean-Xavier de Lestrade a consacré une série documentaire que Canal+ rediffuse en intégralité, y compris les trois épisodes inédits qui constituent l’épilogue. Dans celui-ci, Jean-Xavier de Lestrade se concentre sur les états d’âme de son personnage ; un grand-père de 71 ans fatigué, au regard triste et en attente d’une décision de justice. Un portrait pathétique qui tranche avec le piquant des premiers épisodes, où le réalisateur s’attachait à décortiquer les subtilités, mais aussi – et surtout – les absurdités de la machine judiciaire américaine. Pour autant, les lacunes de ce dénouement n’altèrent en rien la qualité de Soupçons, série judiciaire magistrale qui fera date. Mathieu Ait Lachkar et Camille Langlade
Soupçons (The Staircase), de Jean-Xavier de Lestrade (Fr., 13 × 52 min). Les épisodes sont sur mycanal.fr.
Donald Trump ou le portrait d’un tricheur

   


Le sixième volet de Dirty Money (2018), d’Alex ­Gibney, disponible sur Netflix, faisait le portrait de « l’escroc » Donald Trump, du temps où l’homme passait encore pour un exemple de réussite, alors que celle-ci était fondée sur de nombreux tours de passe-passe et d’irrégularités qui firent beaucoup de victimes collatérales. La série documentaire britannique Donald Trump : un rêve ­américain reprend cette thématique et la développe en décryptant les ressorts d’une étonnante destinée. Il ne s’agit pas de son accession à la présidence des Etats-Unis mais de tout ce qui l’a précédée.
Comportant de nombreuses ­archives et des entretiens, cette ­série compose le portrait d’un tricheur, mentant constamment, attaquant dès qu’on le contredit. Il est facile de se payer la tête de Donald Trump. Mais ce portrait, majoritairement à charge, le fait de manière sérieuse et documentée sans amoindrir la force d’un charisme qui permit naguère à Trump de séduire à peu près tout le monde avec un culot, un ­cynisme et une absence de ­surmoi phénoménaux. Renaud Machart
Donald Trump : un rêve américain, de Barnaby Peel (GB, 2018, 4 × 48-66 min) sur Netflix.
Une famille face à l’islamisme

   


Plus de 550 Français enrôlés par l’Etat islamique vivent actuellement en Syrie. Certains islamistes radicaux repentis sont revenus en France et livrent leur expérience au sein de ce régime qu’ils qualifient de nazi. Ma fille sous influence analyse, justement, le phénomène de radicalisation qui menace notre démocratie. Ce passionnant documentaire radiophonique est le fruit de plusieurs mois d’enregistrements au cœur d’une famille française. Celle de Nathalie et Daniel, parents de deux enfants, dont la vie bascule, en mai 2014, lorsqu’ils sont avertis qu’Emma, leur fille aînée, va être exfiltrée par un petit groupe d’extrémistes religieux pour rejoindre Daech en Syrie. Il ne reste que quelques jours pour déjouer le piège. Comment éloigner Emma de Trappes, où elle vit ? Comment lutter contre des recruteuses agressives ? Ce document sonore nous plonge au cœur d’une histoire qui vaut le détour. Alain Constant
Ma fille sous influence, de Laure Marchand et Rémi Dybowski (5 x 28 min). Sur franceculture.fr



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/03/19-20">
<filnamedate="20180603"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180603"><AAMMJJHH="2018060319">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A écouter cette semaine : les premiers interprètes du célèbre compositeur, un pianiste russe de génie, le nouvel album de la chanteuse de fado…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Sélection albums : Claude Debussy, Emil Gilels, Mariza…

A écouter cette semaine : les premiers interprètes du célèbre compositeur, un pianiste russe de génie, le nouvel album de la chanteuse de fado…



Le Monde
 |    01.06.2018 à 19h18
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 19h24
   





                        


Claude Debussy Ses premiers interprètes

   


Comment interpréter Debussy ? Cent ans après la mort du compositeur (1862-1918), la question reste ouverte. L’indispensable coffret publié par Warner recèle quelques réponses gravées dans les disques d’antan. Ou dans des rouleaux (de piano pneumatique) quand il s’agit de Debussy lui-même. A l’écouter jouer un de ses préludes (La Soirée dans Grenade), on comprend qu’il traite les sons en plasticien. A écouter Ricardo Viñes (le créateur « attitré » des pièces pour piano de Debussy) dans la même partition, on jurerait que l’expression doit s’épanouir non dans le relief, mais dans le mirage des formes… Qui a raison ? L’interrogation se répète avec les interprétations (d’autres pages) par Alfred Cortot, Marguerite Long, Marcelle Meyer ou Walter Gieseking, ce dernier offrant la plénitude debussyste par un magnétisme tour à tour délicat et féroce. En musique de chambre, à l’orchestre et, bien sûr, à l’opéra, une leçon se dégage des multiples confrontations. Etre fidèle à Debussy, c’est donner l’impression qu’on fait entendre son œuvre pour la première fois. Pierre Gervasoni
1 coffret de 10 CD Warner Classics.
Emil Gilels The Unreleased Recitals at The Concertgebouw

   


Les enregistrements de cinq récitals d’Emil Gilels donnés au Concertgebouw d’Amsterdam entre 1975 et 1980 ont été exhumés grâce à Kirill Gilels, en quête, des années durant, des enregistrements inédits de son grand-père. Restaurés avec soin dans la collection « The Lost Recordings » par un procédé mis au point par le label Fondamenta – fondé, entre autres, sur des technologies Devialet –, ces cinq disques donnent à entendre de façon exceptionnelle le génie du pianiste russe, injustement resté dans l’ombre de son compatriote Sviatoslav Richter. Gilels décline son art unique du phrasé et de la colorisation dans un répertoire allant de Mozart à Prokofiev en passant par Brahms, Ravel, Chopin, Liszt, Schumann, Scriabine et, bien sûr, Beethoven, son compositeur de prédilection. Son piano, aussi construit qu’instinctif, éblouit de vitalité. Un trésor dans lequel chaque auditeur peut plonger sans avoir à choisir : chaque morceau est une pépite. Anna Sigalevitch
1 coffret de 5 CD Fondamenta.
Mariza Mariza

   


Voix admirable, magnifique de plénitude, Mariza navigue entre fado et autres couleurs, dans ce septième album, comme dans le précédent, Mundo, en 2015, dont on était ressorti quelque peu groggy par la déception. Ce parti pris de digression du genre qu’elle a porté vers des sommets depuis son premier disque, Fado em mim (« le fado en moi »), en 2002, est ici beaucoup mieux maîtrisé. Si du superflu s’y égare encore, telle une reprise de la populaire chanteuse portugaise Carolina Deslandes (Por tanto te amar), la présence du violoncelliste brésilien Jaques Morelenbaum et un duo avec sa compatriote fadista Maria da Fé font du bien. La chanteuse a également réuni autour d’elle ses fidèles, le délicat José Manuel Neto, à la guitare portugaise, les compositeurs Tiago Machado, Jorge Fernando, Mario Pacheco. Elle reprend Quem me dera, de l’Angolais Matias Damasio (qu’ont chanté Gal Costa et Caetano Veloso), et signe elle-même Oraçao, évoquant une femme triste qui va « comme feuille au vent ». Née au Mozambique, Mariza se plaît à faire danser le fado et lui insuffler un joyeux sang rythmique en convoquant basse et percussions, comme sur Trigueirinha, écrit et composé par Antonio Vilar da Costa et Jorge Fernando, qui ouvre l’album, produit, comme l’était Mundo, par l’Espagnol Javier Limon. Patrick Labesse
1 CD Parlophone/Wea.
Joshua Redman, Ron Miles, Scott Colley, Brian Blade Still Dreaming

   


De 1976 à 1987, le saxophoniste Dewey Redman a mené, avec le trompettiste Don Cherry, le contrebassiste Charlie Haden et le batteur Ed Blackwell, le groupe Old and New Dreams, évocation de l’univers musical du saxophoniste Ornette Coleman, avec lequel les quatre musiciens avaient régulièrement joué. Cette fois, c’est le saxophoniste Joshua Redman, fils de Dewey, qui reprend cette forme que l’on peut considérer comme un double hommage : au quartette sans piano « colemanien », né au début des années 1960, et à Old and New Dreams. Le tout en six compositions de Redman et du contrebassiste Scott Colley et deux reprises, l’une d’Haden et l’autre de Coleman. Avec Redman et Colley, le trompettiste Ron Miles et le batteur Brian Blade œuvrent avec bonheur dans cette alliance rythmico-mélodique, imbrication constante du construit, du prévu et de l’improvisé, qui sonne dorénavant classique et, pour autant, totalement d’aujourd’hui, de l’allègre New Year au délicat The Rest, qui s’éloigne dans une brume musicale. Sylvain Siclier
1 CD Nonesuch/Warner Music.
Father John Misty God’s Favorite Customer

   


Après une série d’albums publiés sous le nom de J. Tillman, au folk-rock joliment ouvragé, le multi-instrumentiste (il fut aussi batteur des Fleet Foxes de 2008 à 2012) Joshua Tillman a pris la lumière en se glissant, depuis 2012, dans la peau de Father John Misty. Comme libéré par ce pseudo de prédicateur, le natif de Rockville (Maryland), élevé dans une famille chrétienne évangélique, a plongé sa plume, ses instruments et son ego dans une majesté qui en fait aujourd’hui une des figures du rock indépendant américain. Après le succès du très arrangé I Love You, Honeybear (2015) et la densité politico-littéraire (un peu indigeste) de Pure Comedy (2017), ce quatrième album traverse des paysages plus intimes, au rythme de mélodies souvent brillantes, rappelant les raffinements country-folk-rock de No Other (1974), le chef-d’œuvre de Gene Clark. La voix d’or de cet amoureux blessé jouant avec grandeur de l’introspection (Please Don’t Die) comme de l’ironie (Mr Tillman). Stéphane Davet
1 CD Bella Union/PIAS.



                            


                        

                        

