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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’antenne de Brême est accusée d’avoir validé au moins 1 200 demandes d’asile par des migrants, en échange de divers avantages.
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Allemagne : Merkel accusée de négligence dans un scandale à l’Office national des migrants et des réfugiés

L’antenne de Brême est accusée d’avoir validé au moins 1 200 demandes d’asile par des migrants, en échange de divers avantages.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 16h49
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 16h59
   





                        



   


Depuis plusieurs semaines, le gouvernement de la chancelière Angela Merkel est sous pression, à la suite de la découverte d’une affaire de corruption présumée dans une des antennes de l’Office national des migrants et réfugiés (BAMF), un organisme dépendant du ministère de l’intérieur.
L’antenne de Brême est accusée d’avoir validé au moins 1 200 demandes d’asile par des migrants, en échange de divers avantages. La responsable du centre conteste les accusations, et affirme que ces irrégularités sont dues à une surcharge de travail impossible à prendre en charge par le personnel. Mais elle – ainsi que des avocats et des interprètes du centre – a été mise en examen pour corruption notamment.
« La crise aurait pu être évitée »
Le scandale éclabousse déjà jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Angela Merkel et son gouvernement ont été mis en cause dimanche, notamment par l’ancien président de l’Office national des migrants et réfugiés, Frank-Jürgen Weise, qui s’est confié à l’hebdomadaire Der Spiegel. « La crise aurait pu être évitée », affirme ainsi l’ancien responsable, qui explique avoir personnellement informé Angela Merkel à deux reprises des problèmes en 2017, sans que des mesures soient prises.
« L’échec se situe dans l’inaction [du gouvernement] dès lors que les défis auxquels l’Allemagne allait être confrontée avec l’arrivée des réfugiés étaient clairs. »
Un rapport confidentiel établi par ses soins, dans lequel il s’en prend durement au gouvernement, a également fuité dans les médias. Depuis, le gouvernement doit se défendre d’accusations d’avoir au mieux ignoré des mises en garde en interne sur les malversations et problèmes qui étaient en cours, voire de les avoir étouffés.

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« Un échec de la chancelière »
Le partenaire social-démocrate de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel demande désormais des « explications » à la chancelière. « C’est tout simplement un échec de la chancelière », a dénoncé dimanche un des dirigeants sociaux-démocrates, Ralf Stegner, au quotidien Tagesspiegel.
« On ne peut pas dire aux gens “On va y arriver” [le slogan de Merkel lors de l’arrivée des migrants en 2015] et ensuite rester les bras croisés quand l’organisme chargé du dossier échoue faute de moyens. »
Le gouvernement vérifie par ailleurs plusieurs milliers d’autres dossiers, pour voir si le scandale n’est pas plus étendu.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Au moins 47 candidats à l’exil se sont noyés samedi lors du naufrage de leur embarcation, en route pour l’île italienne de Lampedusa. Selon un officier tunisien, le bilan pourrait s’alourdir.
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Compte rendu

En Tunisie, au moins 47 migrants sont morts dans un naufrage au large de Sfax

Au moins 47 candidats à l’exil se sont noyés samedi lors du naufrage de leur embarcation, en route pour l’île italienne de Lampedusa. Selon un officier tunisien, le bilan pourrait s’alourdir.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 03.06.2018 à 16h29

     •
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        Mis à jour le 03.06.2018 à 18h37





Un nouveau drame en Tunisie met en lumière le coût humain d’une émigration clandestine en plein essor de jeunes Tunisiens vers l’Italie. Au moins 47 migrants se sont noyés dans la soirée du samedi 2 juin au large de Sfax, métropole portuaire du littoral tunisien, à la suite du naufrage d’un chalutier.
A Sfax, le colonel major Mohamed Salah Sagaama, chargé de coordonner les secours, a précisé dimanche au Monde que les secours déployés sur place avaient repêché 47 corps et secouru 68 occupants – 60 Tunisiens et 8 étrangers – du bateau en détresse à 7 miles nautiques au large de Kerkennah. Cette île, située à une vingtaine de kilomètres de Sfax, est la principale plate-forme tunisienne de départs de migrants vers l’île italienne Lampedusa, distante d’à peine 160 kilomètres au nord-est.
« Nous avons entendu ce matin des hélicoptères de secours survoler l’île en direction du lieu du naufrage », témoignait dimanche un habitant de Kerkennah joint au téléphone. Les autorités tunisiennes ont mobilisé deux patrouilleurs, deux vedettes d’intervention rapide et deux équipes de plongeurs pour tenter de retrouver les disparus. Selon le colonel major Sagaama, « le bilan devrait malheureusement s’alourdir à plus de cent morts » car « le nombre total d’occupant du bateau était d’environ 200 personnes, selon les témoignages des rescapés ».
Le 8 octobre 2017, un autre drame s’était produit dans la même zone. Un chalutier, avec environ 90 jeunes Tunisiens à son bord, était entré en collision avec le patrouilleur de la marine tunisienne qui l’avait pris en chasse. Une cinquantaine de migrants avait perdu la vie dans cet accident qui avait soulevé la colère des familles des victimes, la plupart originaires des régions économiquement marginalisées de la Tunisie intérieure.

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Depuis lors, les autorités tunisiennes semblaient avoir renforcé la surveillance des côtes. Les interceptions de bateaux chargés de candidats au départ vers l’Italie s’étaient multipliées. Et les contrôles sur le ferry qui fait la jonction entre Sfax et Kerkennah s’étaient apparemment resserrés. Toutefois, en dépit de cette reprise en main, le flux n’a pas véritablement chuté. Certains habitants de Kerkennah ont même noté un regain d’activité migratoire ces dernières semaines. « Les migrants en transit ici vers Lampedusa se cachaient d’ordinaire pour ne pas être repérés par la police, relève un habitant. C’étaient les passeurs qui sortaient faire les achats à leur place dans les épiceries. Maintenant, ces migrants ne se cachent même plus. Ils se promènent ouvertement dans les rues des villages. » « Avec l’approche de l’été, le courant va s’accélérer », anticipe un autre habitant.

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Le dernier drame au large de Kerkennah s’inscrit dans un contexte de reprise spectaculaire des courbes de départs vers l’Italie. Selon les chiffres officiels de cette dernière, le nombre de Tunisiens arrivés illégalement en 2017 sur la péninsule a atteint 6 150 personnes, soit 7,5 fois plus qu’en 2016. Si les routes maritimes peuvent varier – certains Tunisiens partent de Libye –, ces migrants sont arrivés pour l’essentiel de Tunisie même, d’où ont embarqué 5 900 illégaux ayant accosté en Italie. Parmi eux se sont glissés une petite minorité (moins de 10 %) d’Africains subsahariens.
Si l’on y ajoute les 3 178 migrants interceptés en mer par les garde-côtes tunisiens, cela fait 9 078 tentatives – réussies ou échouées – de départs de Tunisie sur l’ensemble de l’année 2017. Le courant est sans précédent depuis la vague de départs (autour de 30 000) du printemps 2011. L’exode d’alors, exceptionnel, avait été permis par le vide sécuritaire qui avait suivi la chute du régime de Zine El-Abidine Ben Ali.
La courbe avait ensuite chuté, mais elle s’envole à nouveau depuis plus d’un an dans un contexte d’aggravation des difficultés économiques et sociales en Tunisie. Depuis le début de 2018, les Tunisiens sont même la deuxième nationalité, après les Érythréens, à débarquer en Italie, alors qu’ils se situaient au huitième rang en 2017.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Après sa prestation de serment, samedi, Pedro Sanchez travaille à la constitution d’un cabinet minoritaire dans lequel ne devrait pas figurer de ministre appartenant au parti de gauche.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

En Espagne, Pedro Sanchez entend gouverner sans Podemos

Après sa prestation de serment, samedi, Pedro Sanchez travaille à la constitution d’un cabinet minoritaire dans lequel ne devrait pas figurer de ministre appartenant au parti de gauche.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 15h50
   





                        


Investi cette semaine après la chute du conservateur Mariano Rajoy, le nouveau chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, devrait lui aussi constituer un gouvernement minoritaire, a-t-on appris dimanche 3 juin.

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Interrogée pour savoir si Pedro Sanchez, porté au pouvoir par une alliance hétéroclite, envisageait d’inclure des personnalités du parti de gauche Podemos dans son cabinet, la porte-parole du dirigeant Margarita Robles a répondu : « Non, non, la position de Pedro Sanchez est claire. Ce sera un gouvernement du Parti socialiste, un gouvernement de minorité », fait savoir l’agence Reuters.
Jose Luis Abalos, autre proche conseiller de Pedro Sanchez, a déclaré à la chaîne de télévision La Sexta que le gouvernement devrait être connu en milieu de semaine prochaine et qu’il pourrait comporter des personnalités indépendantes.
Avec seulement 84 députés sur 350, le Parti socialiste espagnol (PSOE) se trouve en position minoritaire et des incertitudes planent sur la capacité de Pedro Sanchez à conserver son poste jusqu’à la mi-2020, date des prochaines élections législatives.
Podemos, qui a soutenu la motion de défiance déposée par le PSOE contre Mariano Rajoy, souhaite participer au gouvernement afin de faire entendre sa voix en faveur d’une politique sociale plus généreuse et d’un renforcement de la réglementation et de la fiscalité des banques.
Avec ses 84 élus, un gouvernement minoritaire socialiste sera « plus instable qu’un gouvernement incluant d’autres forces politiques », a commenté Pablo Echenique, membre du parti anti-austérité, devant des journalistes.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le Royaume-Uni commémore dimanche l’attentat perpétré sur pont de Londres, qui avait fait huit morts et plus d’une cinquantaine de blessés il y a un an.
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Hommage aux victimes de l’attentat de London Bridge, un an après

Le Royaume-Uni commémore dimanche l’attentat perpétré sur pont de Londres, qui avait fait huit morts et plus d’une cinquantaine de blessés il y a un an.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 12h04
   





                        



   


Le Royaume-Uni commémore, dimanche 3 juin, l’attentat du London Bridge (« pont de Londres »), qui avait fait huit morts et plus d’une cinquantaine de blessés il y a un an.
Le soir du 3 juin 2017, Khuram Butt, 27 ans, Rachid Redouane, 30 ans, et Youssef Zaghba, 22 ans, avaient lancé leur camionnette sur les piétons du London Bridge, en plein centre de la capitale britannique, avant de s’attaquer aux passants avec des couteaux dans le quartier de Borough Market. Ils avaient finalement été abattus par la police.
La première ministre, Theresa May, est attendue, aux côtés du maire de Londres, Sadiq Khan, à une cérémonie donnée à la cathédrale de Southwark à partir de 15 heures, dirigée par le révérend Andrew Nunn. Une procession se rendra ensuite au London Bridge, où une minute de silence se tiendra.
« Rassembler les communautés »
« L’attaque du London Bridge et de Borough Market était une tentative lâche de frapper au cœur de nos libertés », a déclaré dans un communiqué la chef du gouvernement. « Parmi les huit personnes qui ont perdu la vie cette nuit-là se trouvaient sept citoyens étrangers venant de quatre pays différents, a-t-elle souligné. C’est un rappel tragique que la menace terroriste transcende les frontières. »
Au cours de l’office, des bougies seront allumées par des proches de chacune des personnes décédées après l’attaque – trois Français, deux Australiennes, une Canadienne, un Espagnol et un Britannique. A l’issue de la cérémonie, un olivier, baptisé « arbre de l’apaisement », sera planté sur le terrain de la cathédrale. Cet arbre constituera « un rappel constant de l’importance de rassembler nos communautés contre la violence », a souligné Andrew Nunn.
« Un an après, ce n’est pas moins difficile, pas moins douloureux, a estimé Sadiq Khan. En plus de nous souvenir de ceux que nous avons perdus cette nuit-là, nous rendons hommage aux efforts héroïques de nos services d’urgence. »

Today marks the anniversary of the horrific terrorist attack at London Bridge. The innocent victims of this cowardl… https://t.co/DqizXDjafo— MayorofLondon (@Mayor of London)


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Vague d’attaques
Wayne Marques, l’un des premiers officiers de police à être intervenu lors de l’attentat, poursuit également sa convalescence après avoir été sévèrement blessé à la tête, à la jambe et à la main. « J’ai fait des progrès importants, je suis beaucoup plus indépendant, je me tiens debout, je peux marcher, voir des gens, ma famille, mes amis », a-t-il exposé dans une vidéo mise en ligne par la British Transport Police, la police spéciale qui surveille les chemins de fer et les métros en Grande-Bretagne.
Il avait perdu temporairement l’usage d’un œil après s’être opposé aux terroristes, armé de son seul bâton de défense. Malgré les craintes de sa famille, il espère pouvoir reprendre son activité « le mois prochain » : « C’est un métier que j’aime. Pour être honnête, c’est une partie de moi-même. »
Son portrait, sculpté dans la pierre, qui doit être installé sur la façade de la cathédrale de Southwark, sera béni dimanche au cours de la cérémonie d’hommage. L’attentat du London Bridge s’inscrivait dans une vague d’attaques qui avait fait 35 morts en l’espace de six mois au Royaume-Uni en 2017.
Il a eu lieu quelques semaines après celui perpétré près du Parlement de Londres (cinq morts le 22 mars 2017), et l’attentat-suicide de Manchester (22 morts le 22 mai 2017). Les trois attaques avaient été revendiquées par l’organisation djihadiste Etat islamique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Matteo Salvini, le dirigeant de la Ligue et nouveau ministre de l’intérieur italien, se rend dimanche en Sicile pour réaffirmer le discours qui l’a porté au pouvoir.
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Matteo Salvini en Sicile pour affirmer sa politique anti-immigration

Matteo Salvini, le dirigeant de la Ligue et nouveau ministre de l’intérieur italien, se rend dimanche en Sicile pour réaffirmer le discours qui l’a porté au pouvoir.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 11h47
   





                        



   


Le chef de la Ligue (extrême droite) se rend en Sicile, dimanche 3 juin, pour soutenir des candidats de son parti à une série d’élections municipales partielles prévues le 10 juin, après s’être rendu jeudi en Toscane et en Ligurie, et samedi soir en Vénétie.
Le nouveau ministre de l’intérieur et vice-premier ministre a prévu de jouer de sa popularité grandissante pour faire progresser la Ligue dans le Sud, alors que cet ancien parti sécessionniste du Nord n’a pendant longtemps pas été avare en slogans hostiles aux régions défavorisées du Sud, dont il qualifiait régulièrement les habitants de « fainéants ».
Lors de sa tournée en Sicile, Salvini devrait notamment passer par le centre d’identification de Pozzallo. C’est principalement dans ce port du sud, ainsi que ceux de l’est de l’île (Augusta, Catane, Messine), que les navires militaires ou humanitaires accueillent les réfugiés secourus des eaux méditerranéennes.
Les autorités italiennes ont enregistré environ 13 500 arrivées depuis le début de l’année, un chiffre en baisse de 75 % depuis l’été 2017 et la conclusion d’arrangements controversés entre l’ancien gouvernement de centre gauche et, en Libye, les autorités et des milices. La dernière arrivée remonte à vendredi soir, quelques heures après la prestation de serment de M. Salvini. Cent cinquante-huit personnes, dont neuf enfants, sont arrivées à Pozzallo après avoir été secourues au large de la Libye par un navire humanitaire, dans une opération coordonnée par les gardes-côtes italiens.

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Salvini veut couper dans le budget d’accueil des réfugiés
Lors d’un meeting à Vincenza, samedi soir, Salvini a prévenu que « le bon temps pour les clandestins [était] fini ». « Préparez-vous à faire les valises », a-t-il assené. « Les Etats doivent recommencer à faire leur travail et plus aucun “vice-passeur” ne doit accoster dans les ports italiens », a-t-il ajouté, dans une attaque claire contre les ONG de secours en mer, qu’il accuse régulièrement de complicité avec les réseaux de passeurs.
Luigi Di Maio, le chef de file du M5S et deuxième homme fort du nouveau gouvernement, a lui aussi traité ces ONG de « taxis de la mer », même si le discours de son mouvement reste plus tempéré que celui de la Ligue sur l’immigration.
Pour accélérer les expulsions – il y en a eu environ 6 500 en 2017 –, M. Salvini devra multiplier les centres de rétention et les accords avec les pays d’origine. Une politique qu’il a annoncé financer avec « un bon coup de ciseaux dans les 5 milliards d’euros » consacrés chaque année à l’accueil des demandeurs d’asile.
En 2017, l’ancien gouvernement avait annoncé un budget de 4,2 milliards d’euros pour les migrants, dont 18 % pour les secours en mer, 13 % pour l’assistance sanitaire et 65 % pour les centres d’accueil pour demandeurs d’asile, qui hébergent encore actuellement près de 170 000 personnes.
Ce sont surtout ces centres que dénonce M. Salvini. Chacun d’eux reçoivent en moyenne 35 euros par jour et par personne pour fournir gîte, couvert, cours d’italien, soutien juridique et psychologique… Ceux qui s’y emploient et génèrent ainsi une floraison d’activités qui ont redonné vie à des communes rurales en déshérence. D’autres rognent sur tous les frais pour augmenter leurs bénéfices.
Attendu à une réunion des ministres de l’intérieur de l’Union européenne mardi, au Luxembourg, le nouveau ministre prévoit ainsi de demander la révision de l’accord de Dublin, qui oblige les réfugiés à déposer leur demande d’asile dans le premier pays européen qu’ils atteignent. Cet accord pénalise fortement l’Italie, qui a vu arriver plus de 700 000 migrants depuis 2013. D’autant que, si la majorité poursuivait quand même leur périple vers le nord les premières années, l’UE a imposé une procédure d’identification à l’arrivée en Italie et les pays frontaliers ont mis en place des contrôles systématiques.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Quelque 1,7 million de Slovènes sont appelés à voter dimanche pour renouveler les 90 députés de l’Assemblée nationale. L’ancien premier ministre conservateur Janez Jansa est donné favori du scrutin et pourrait revenir au pouvoir.
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En Slovénie, la droite populiste favorite des législatives

Quelque 1,7 million de Slovènes sont appelés à voter dimanche pour renouveler les 90 députés de l’Assemblée nationale. L’ancien premier ministre conservateur Janez Jansa est donné favori du scrutin et pourrait revenir au pouvoir.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 09h38
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 10h14
   





                        



   


Les Slovènes ont commencé à voter, dimanche 3 juin, pour un scrutin à la proportionnelle qui se tient après quatre ans de gouvernement de centre gauche, et où l’ancien premier ministre conservateur Janez Jansa espère signer son retour au pouvoir après avoir fait campagne sur l’« invasion migratoire » que subirait ce petit pays situé sur l’ancienne « route des Balkans ». Les bureaux de vote, qui sont ouverts depuis 7 heures, fermeront à 19 heures.
Battu en 2014, après avoir fait campagne depuis la prison où il purgeait une peine pour corruption, M. Jansa, 59 ans, est cette fois-ci crédité d’une nette avance par les sondages, avec 25,1 % d’intentions de vote, selon l’institut Ninamedia. Il distance très largement le premier ministre sortant de centre gauche, Miro Cerar, usé par quatre années de pouvoir malgré une croissance économique record, dont le parti du centre moderne (SMC) plafonne à 9,3 %.
Premier ministre de 2004 à 2008, M. Jansa avait obtenu un second mandat en 2012 avec son Parti démocratique slovène (SDS), mais avait dû démissionner au bout d’un an, miné par l’affaire qui a mené à sa condamnation en 2014.
Le dirigeant conservateur, qui a obtenu l’annulation du jugement la même année, a construit son retour au premier plan en empruntant des accents xénophobes à son allié Viktor Orban. Le premier ministre national-conservateur hongrois lui a d’ailleurs apporté un soutien appuyé durant sa campagne, allant jusqu’à le qualifier de « garant de la survie du peuple slovène ».
Omniprésent sur la scène politique nationale depuis l’indépendance en 1991 de cette ex-république yougoslave, entrée dans l’Union européenne en 2004, M. Jansa, un ancien dissident à la personnalité jugée clivante, s’expose à devoir mener de délicates négociations pour rassembler une majorité de gouvernement.

   


Dans ce contexte, l’indépendant Marjan Sarec, un ancien comédien devenu maire d’une petite ville de province, apparaît en position de possible faiseur de roi, avec 11,9 % d’intentions de vote. Malgré le recul de M. Cerar, le bloc constitué par l’actuelle majorité de centre gauche continue de peser près de 29 %, les sociaux-démocrates étant crédités de 12,4 % et le parti des retraités de 7,1 %.
Les entreprises de sondages ont souligné que le grand nombre d’électeurs indécis ouvrait la voie à de possibles surprises le soir du scrutin.
Une campagne dominée par le thème de l’immigration
Pour la première fois depuis dix ans, les élections slovènes se déroulent dans un contexte de croissance économique soutenue et de chômage bas, dans ce pays frappé de plein fouet par la crise économique de 2008, et qui avait échappé de peu à une mise sous tutelle internationale en 2013.
La campagne s’est néanmoins déroulée dans un contexte de contestation sociale et de revendications de hausses des salaires et des retraites au terme de dix années d’austérité. Une réforme du système de santé, jugé inefficace et coûteux, et l’amélioration du climat des affaires ont également été réclamées, un mécontentement qui a pesé dans la décision de M. Cerar en mars d’écourter légèrement son mandat.

   


Mais M. Jansa a réussi durant sa campagne à faire de l’immigration un thème central, avec l’appui de médias financés par des fonds hongrois, a relevé le quotidien Dnevik. Près de 500 000 migrants ont transité par la Slovénie en 2015 et 2016 avant de poursuivre leur route vers l’ouest de l’Europe, une vague qui avait alors poussé le gouvernement de M. Cerar à ériger une clôture de 200 kilomètres à la frontière croate. Seul un millier de réfugiés et de demandeurs d’asile vivent dans le pays aujourd’hui, selon les chiffres officiels.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La chancelière allemande explique que la solidarité entre les membres de la zone euro ne doit pas conduire « à une union de la dette ».
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Pas de partage de la dette au sein de la zone euro, prévient Merkel

La chancelière allemande explique que la solidarité entre les membres de la zone euro ne doit pas conduire « à une union de la dette ».



Le Monde
 |    03.06.2018 à 03h02
   





                        



   


Angela Merkel a semblé exclure samedi 1er juin la possibilité d’un allégement de la dette italienne, affirmant dans un entretien à un journal allemand que le principe de solidarité entre les membres de la zone euro ne signifiait pas une union de partage de la dette.
« Je vais aborder le nouveau gouvernement italien de manière ouverte et travailler avec lui sans spéculer sur ses intentions », a déclaré la cheffe du gouvernement allemand au Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, à paraître dimanche.
La chancelière allemande faisait ces remarques après la publication d’informations selon lesquelles la coalition au pouvoir en Italie, formée par le Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste) et la Ligue (extrême droite) entendait demander à la Banque centrale européenne (BCE) l’effacement de 250 milliards d’euros de la dette italienne.

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Merkel a expliqué que si la solidarité entre les membres de la zone euro était importante, ce principe ne devait pas conduire « à une union de la dette ».
Transformer le MES en FME
La chancelière a félicité Giuseppe Conte, le nouveau président du Conseil italien, lors d’un entretien téléphonique samedi et l’a invité pour des discussions à Berlin, a indiqué la chancellerie. Angela Merkel souhaite notamment discuter avec le nouveau gouvernement de la Péninsule des moyens d’améliorer l’emploi des jeunes.

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La chancelière a également été interrogée sur les projets du président français, Emmanuel Macron, qui prône la création d’un budget spécifique pour la zone euro, avec la désignation d’un ministre des finances, et la transformation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en un fonds monétaire européen (FME).
Pour Angela Merkel, le MES est insuffisant et il faut le transformer en un FME doté de prérogatives lui permettant d’accorder des lignes de crédit aux pays susceptibles d’être confrontés à une crise de la dette souveraine.
« Si l’ensemble de la zone euro est en danger, le FME doit être capable d’accorder des crédits à long terme afin d’aider les pays, a-t-elle dit. De tels crédits pourraient être étalés sur 30 ans et accordés à la condition que les bénéficiaires engagent des réformes structurelles. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Après des mois de crise politique, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, et les ministres issus de la coalition populiste, ont participé au défilé militaire du 2 juin.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.
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« Aujourd’hui se pose la question de la réalité de l’unité italienne au sein de l’Europe »

La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 12h28
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            

Recherches. Les difficiles tractations pour la formation d’un gouvernement en Italie résultent-elles de l’échec de l’unification économique du pays, un échec ancré dans une longue opposition historique entre le Nord et le Sud ?
La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, est bien connue dans l’histoire du pays, mais elle n’a fait que se renforcer depuis quarante ans. Au nord, une société riche, où le chômage est marginal, l’industrie et le tourisme ancrés dans des savoir-faire artisanaux et artistiques renommés mondialement ; au sud, une société beaucoup plus pauvre, mal formée et rongée par le chômage.
Lors des dernières élections législatives, le Mouvement 5 étoiles (M5S) a dominé sans partage au sud, tandis qu’au nord c’est l’alliance des droites qui l’a emporté, le centre gauche s’étant réfugié dans quelques grandes villes et en Toscane. Le M5S souhaite la sortie de l’Union européenne, arguant de l’inefficacité des politiques d’ajustement structurel menées depuis des années, qui ne font qu’accroître la pauvreté du Sud. Inversement, hormis sa violente réaction anti-immigrés, le Nord est bien ancré dans l’Union, son économie étant compétitive et intégrée avec celles de ses partenaires européens.
Des mondes économiques séparés
Cette coupure existe depuis l’unification du pays dans la deuxième moitié du XIXe siècle. L’unification fut conçue et menée avec l’aide de la France par le royaume du Piémont, qui rassemblait les Etats du Nord et du centre, et annexa en 1860 le vaste royaume agricole des Deux-Siciles grâce au talent chevaleresque et révolutionnaire de Garibaldi plus qu’à des arguments économiques.

L’unification tarifaire eut néanmoins lieu dès 1861, l’unification monétaire en 1863, et l’Italie participa en 1865 à la création de l’Union latine, pilotée par la France. Comme le montre Roger Vicquery, doctorant à la London School of...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.
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Commerce mondial : le moment de vérité pour l’Europe

Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h16
   





                        


Editorial du « Monde ». Rester ferme, tout en évitant la surenchère. La voie est étroite pour l’Union européenne (UE), après la décision de Donald Trump de taxer les importations américaines d’acier et d’aluminium. Le président des Etats-Unis a fini par mettre à exécution, jeudi 31 mai, les menaces agitées depuis deux mois, faute d’avoir obtenu des concessions de la part des Européens pour tenter de réduire le déficit commercial américain.
Face au refus de ces derniers de « négocier avec un pistolet sur la tempe », les Etats-Unis ont donc passé outre aux avertissements sur les risques d’une guerre commerciale qui pourrait ralentir la croissance mondiale. Cette menace n’a jamais été aussi imminente, alors que le Canada et le Mexique, deux des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, ont droit au même traitement que l’UE.

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Cette décision est aussi irresponsable qu’inefficace. Irresponsable, parce qu’elle se fait au mépris des règles du commerce international, dont les Etats-Unis avaient été l’un des principaux architectes. Fustigeant l’inefficacité de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Trump a décidé de saper le fonctionnement de ce système. Par ailleurs, ces sanctions fragilisent un peu plus la relation transatlantique, déjà mise à mal par le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.
Les Européens placés face à leurs responsabilités
Inefficace, cette décision l’est à double titre. D’abord, parce que le déficit américain est pour l’essentiel la contrepartie d’un déséquilibre, qui n’a rien à voir avec des barrières douanières. Les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens en consommant trop et en n’épargnant pas assez. Dès lors, viser un solde positif de la balance commerciale est illusoire. Concernant l’acier, les sanctions passent complètement à côté du sujet, puisque la Chine est épargnée, alors que c’est Pékin qui est responsable de la surproduction mondiale, qui tire les prix vers le bas et détruit des emplois dans les pays occidentaux. Enfin, l’argument selon lequel les importations d’acier et d’aluminium européens représentent une menace pour la sécurité des Etats-Unis est une plaisanterie.

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L’agressivité commerciale américaine a au moins une vertu : elle place les Européens face à leurs responsabilités. Il s’agit d’un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne. Or les intérêts à court terme des Etats membres ne sont pas nécessairement convergents. Face à la fermeté française, l’Allemagne pourrait être tentée par une attitude beaucoup plus pragmatique en essayant de sauvegarder ses énormes excédents commerciaux.

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Donald Trump sait très bien que la cuirasse européenne est fragile et n’hésitera pas à profiter de la moindre faille. Les menaces de taxer les importations américaines de voitures allemandes seront, de ce point de vue, un moment de vérité.
L’Europe doit dépasser ces intérêts de court terme pour apprendre à exister non plus aux côtés des Etats-Unis, mais indépendamment d’eux. Washington n’est plus un partenaire fiable ; un autre rapport de force s’impose. En tant que première zone commerciale du monde, l’UE en a les moyens, en continuant à promouvoir un libre-échange responsable et équilibré avec le reste de la planète, tout en montrant aux Etats-Unis que l’Europe unie sait se défendre.

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Les mesures de rétorsion qui sont en préparation constituent à cet égard un signal positif. Le défi reste de trouver un bon équilibre entre la riposte et le respect de la légalité internationale pour éviter le piège mortel de la guerre commerciale.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.
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Le pari russe d’Emmanuel Macron

Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h39
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Analyse. Le contraste était saisissant. Devant un parterre d’hommes d’affaire du forum économique de Saint-Pétersbourg, une sorte de « Davos russe », le 25 mai, Emmanuel Macron jouait la séduction, tutoyant le président russe et l’appelant « cher Vladimir ». Il citait Dostoïevski, Soljenitsyne et insistait sur son souhait d’ancrer la Russie et son destin dans l’Europe.
Face à lui, l’homme fort du Kremlin, courtois mais impassible, le vouvoyait et ne s’engageait guère au-delà de propos très convenus sur « la France partenaire ancien, traditionnel et fiable ». Pas une seule fois, surtout face à son interlocuteur, il n’a évoqué la vocation européenne de son pays. « Le décalage était évident entre le souffle, la perspective historique de Macron et les réponses d’ordre mécanique de Poutine », relève Thomas Gomart, le directeur de l’IFRI (Institut français des relations internationales).
Le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes. Ce n’était pas très difficile vu leur dégradation depuis 2014 après l’annexion de la Crimée, la déstabilisation de l’est de l’Ukraine, les tensions des derniers mois avec l’affaire Skripal – la tentative d’empoisonnement d’un ex-agent double russe près de Londres – et les frappes contre les armes chimiques du régime syrien, soutenu envers et contre tout par Moscou.
Sauver ce qui peut l’être
Un jalon a été posé, mais il reste à en mesurer la portée. « Est-ce qu’il s’agit d’un tournant ? En tout cas, c’est un échange et une relation qui cherchent à élaborer quelque chose de solide et des axes stratégiques », expliquait M. Macron en dressant le bilan de son voyage. L’attitude réservée du maître du Kremlin montre que ce dernier se sent en position de force. « C’est un pragmatique et il sait qu’il n’a pas besoin de trop en faire, étant dans une situation idéale pour profiter des tensions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ S’il est adopté, le texte ferait du royaume scandinave le premier pays au monde à interdire l’ablation rituelle du prépuce des garçons de moins de 18 ans. Une initiative loin de faire l’unanimité.
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Une initiative populaire danoise veut interdire la circoncision

S’il est adopté, le texte ferait du royaume scandinave le premier pays au monde à interdire l’ablation rituelle du prépuce des garçons de moins de 18 ans. Une initiative loin de faire l’unanimité.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h07
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 16h17
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Rarement un sujet aura autant divisé les députés danois. Et pourtant, ils n’auront d’autre choix que d’en débattre au Parlement, car une initiative populaire proposant l’interdiction de la circoncision non médicale des mineurs a recueilli, vendredi 1er juin, plus de 50 000 signatures, le minimum requis par une procédure introduite au début de l’année.
La pétition a été présentée le 1er février par Intact Denmark, « un peu dans la précipitation », reconnaît Lena Nyhus, la présidente de l’ONG créée en 2013. « Nous craignions que quelqu’un de moins bien préparé nous devance », explique-t-elle. La proposition n’aurait alors eu aucune chance d’aboutir.
« La société a une obligation particulière de protéger les droits fondamentaux de l’enfant, jusqu’à ce qu’il ait atteint l’âge et la maturité d’assumer lui-même cette responsabilité », soutient le texte. Invoquant la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant, il propose jusqu’à six ans d’emprisonnement, soit la même peine que pour l’excision des filles, interdite au Danemark en 2003. Depuis, l’ablation rituelle du prépuce des garçons mineurs ne cesse de faire débat.
En 2014, plusieurs associations de protection de l’enfance s’étaient prononcées pour son interdiction, se référant à une résolution du Conseil de l’Europe, adoptée en 2013, qui demandait aux Etats membres d’en réguler la pratique. En décembre 2016, l’Association des médecins danois avait à son tour pris position, estimant que la circoncision non médicale des mineurs était « éthiquement inacceptable ».
« Clandestinité »
« En tant que citoyens du Danemark, nous estimons que l’intégrité corporelle des enfants et leur autonomie doivent être respectées », poursuit Lena Nyhus. Elle rappelle que les châtiments corporels ont été interdits au Danemark en 1997 : « Si les parents n’ont pas le droit de fesser ou gifler leurs enfants, pourquoi peuvent-ils approcher un couteau de leur pénis ? »
Selon l’Agence nationale de la santé danoise, entre 1 000 et 2 000 enfants par an, majoritairement juifs et musulmans, seraient concernés. « Pourtant, à peine quelques centaines d’opérations sont enregistrées, ce qui signifie que beaucoup sont réalisées dans la clandestinité », remarque Mikael Aktor, professeur en sciences des religions.
Lui-même est d’origine juive, circoncis et favorable à l’interdiction. Il évoque les séquelles, souvent tues : « Une baisse de la sensibilité du pénis, par exemple. » Le sujet, dit-il, est « tabou ». Quant à l’obligation religieuse, il la conteste : « En tant que spécialiste des religions, je suis bien placé pour savoir que les rituels changent et que tous les enseignements ne sont pas respectés. »
Mais les leaders religieux mettent en garde. « Les juifs ayant la volonté de continuer à vivre religieusement n’auront pas d’avenir dans un pays qui veut leur interdire une tradition qui a été l’expression de l’identité juive pour des centaines de générations », constatait en février le grand rabbin Bent Melchior.
« Nous sommes seuls »
L’initiative populaire embarrasse le gouvernement danois. Le 20 avril, les ministres de la santé, de l’éducation, des cultes, de la défense et des affaires étrangères ont été interrogés par une commission parlementaire sur les implications d’une interdiction.
A la sortie, le ministre de la défense, Claus Hjort Frederiksen, a assuré que « le risque politique serait énorme », mentionnant le précédent de la crise internationale provoquée par la publication des caricatures du prophète en 2005. « Ce n’est pas une affaire portant sur la liberté d’expression, qui concerne toutes les démocraties libérales du monde, a-t-il précisé. Dans le cas présent, nous sommes seuls et cela augmente le risque. »
Mikael Aktor reconnaît que les conséquences diplomatiques pourraient être sérieuses. Cependant, ajoute-t-il, « si nous n’avons pas cédé sur la liberté d’expression, pourquoi le ferions-nous pour les droits des enfants ? » D’autant que, selon un sondage publié le 23 mai, 83 % des Danois soutiennent l’interdiction. Une proposition de loi pourrait être présentée à la rentrée, en octobre. Plusieurs partis ont annoncé qu’ils ne donneraient pas de consignes de vote, mais une majorité des députés devraient voter contre. En Islande, un projet similaire est en cours de discussion au Parlement.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Selon « Der Spiegel », l’autorité de contrôle des véhicules à moteur pense que le constructeur allemand a installé des systèmes illégaux sur 750 000 Mercedes.
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Dieselgate : Daimler à son tour soupçonné d’une fraude massive

Selon « Der Spiegel », l’autorité de contrôle des véhicules à moteur pense que le constructeur allemand a installé des systèmes illégaux sur 750 000 Mercedes.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h05
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Le diesel, encore. Près de trois ans après le déclenchement du scandale des moteurs diesel truqués chez Volkswagen, c’est au tour de Daimler de sentir le vent du boulet. Le constructeur de Stuttgart, qui clame depuis 2015 n’avoir jamais manipulé ses moteurs, pourrait être entraîné dans une crise considérable. Depuis plusieurs jours, le groupe subit la pression conjuguée de la justice et du ministère des transports qui le soupçonnent d’avoir installé sur ses moteurs diesel des systèmes de dépollution illégaux sur plusieurs centaines de milliers de véhicules.

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Vendredi 1er juin, de nouvelles révélations ont précisé l’ampleur de la menace qui pèse sur Daimler. Selon les informations du magazine Der Spiegel, le ministre des transports Andreas Scheuer a menacé le PDG de Daimler, Dieter Zetsche, d’une amende de 3,75 milliards d’euros lors de leur entrevue du lundi 28 mai. Le patron venait s’expliquer sur les accusations qui pèsent sur son groupe : le ministre soupçonne le constructeur d’avoir installé des systèmes de dépollution illégaux sur 750 000 véhicules de la marque Mercedes. Daimler risque 5 000 euros d’amende par véhicule.
Le 24 mai, le KBA, l’autorité de contrôle des véhicules à moteur, avait déjà ordonné le rappel obligatoire de 23 000 camionnettes de la marque Vito, où il a officiellement constaté la présence d’un système illégal de désactivation du dispositif antipollution. Une première pour Daimler, qui n’avait jusqu’ici jamais été confronté à un rappel obligatoire dans le scandale du diesel. Pour l’instant, le constructeur conteste formellement ces accusations et a annoncé son intention de se défendre en justice contre le KBA dans l’affaire Vito, a confirmé au Monde un porte-parole du groupe. Il a obtenu un délai de deux semaines pour s’expliquer sur ces irrégularités.
L’affaire pourrait prendre une dimension franco-allemande
Mais l’étau se resserre dangereusement. Car le parquet de Stuttgart mène lui aussi son enquête depuis plusieurs mois. Vendredi 1er juin, le quotidien Süddeutsche Zeitung a révélé que le procureur avait étendu ses investigations sur les moteurs du groupe soupçonnés de non-conformité.
L’affaire, très délicate pour Daimler, pourrait prendre une dimension franco-allemande. Car, selon cette même source, les moteurs mis en cause par le KBA sur les Vito, des modèles de 1,6 l de norme Euro 6, n’ont pas été construits par Daimler. Ils ont été livrés par Renault sur la base des accords de coopération conclus entre les deux constructeurs depuis 2010. Le français fournit des moteurs pour les classes A, B et C, capables d’émettre « moins de 100 g de CO2 par kilomètre » précise Renault.

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Cette performance CO2 se fait-elle au prix d’un dépassement illégal des émissions d’oxyde d’azote ? Le journal allemand rappelle que Renault est accusé, par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), d’avoir mis en place des stratégies visant à frauder sur les émissions de ses moteurs lors des tests d’homologation. Renault se refuse officiellement à tout commentaire sur un sujet « qui concerne Daimler. »
Partenariat avec Renault
Mais de toute évidence, les accusations diffusées en « off » à la presse allemande depuis le déclenchement de l’affaire Vito passent mal côté français. S’agirait-il d’un réflexe de fierté allemande à l’égard de la supériorité supposée des moteurs « made in Germany » ? On rappelle que chaque constructeur final fait lui-même la programmation du moteur ainsi que le calibrage final du système de dépollution en fonction des caractéristiques du véhicule, et qu’il est responsable, en dernier ressort, des caractéristiques techniques de ses voitures. Pour preuve : l’équivalent du Vito chez Renault, le petit utilitaire Trafic, équipé du même moteur, n’est pas sous le coup d’une enquête pour dépassement des normes de pollution.
« A mon époque, les moteurs de Renault n’étaient pas transformés, il n’y avait que des adaptations sur des éléments mécaniques dans la carrosserie, pour que le client n’ait pas l’impression de rouler en Megane », précise toutefois au Monde un ingénieur chez Daimler. « C’est une collaboration qui a été décidée par les grands patrons chez Renault et Mercedes, sans considération technique, poursuit cette source. Pendant tout le projet, il était difficile d’obtenir des informations précises sur les moteurs de la part de Renault, qui me semble très dépendant de ses fournisseurs. »
L’affaire Vito peut-elle remettre en cause le partenariat Renault-Daimler ? « En aucune façon » répond un porte-parole du constructeur allemand à Stuttgart. Renault et Nissan détiennent chacun 1,55 % du capital de Daimler, qui, de son côté, possède 3,1 % des actions de Renault et de Nissan. La coopération concerne d’ailleurs bien davantage que les moteurs incriminés. C’est par exemple Renault qui produit pour le groupe allemand la Smart Forfour, ainsi que les moteurs électriques pour des versions de la Smart lancées en 2017. Daimler, dont le nom symbolise comme aucun autre le « made in Germany », est à présent confronté à ses responsabilités de constructeur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Les députés indépendantistes ont voté pour la motion de défiance qui a provoqué la chute de l’ancien chef de gouvernement conservateur.
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En Espagne, la revanche des indépendantistes catalans sur Mariano Rajoy

Les députés indépendantistes ont voté pour la motion de défiance qui a provoqué la chute de l’ancien chef de gouvernement conservateur.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 14h23
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


En Espagne, la chute de Mariano Rajoy a coïncidé avec la fin de la mise sous tutelle de la Catalogne, en vigueur depuis la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre 2017. La levée de l’article 155 de la Constitution espagnole est intervenue, samedi 2 juin, à l’issue de la prise de fonction du nouveau gouvernement catalan.
Son chef, Quim Torra, qui a prêté serment samedi à Barcelone, a appelé à des pourparlers avec le nouveau premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, qui a lui prêté serment à Madrid pour gouverner l’Espagne. « Premier ministre Pedro Sanchez, parlons, occupons-nous du problème, prenons des risques, vous et moi », a déclaré M. Torra.
Le président catalan de la région autonome avait revu, mardi, la composition de son gouvernement pour en exclure les « ministres » en exil ou en détention préventive, malgré la colère de la puissante association indépendantiste ANC, qui l’a accusé de plier devant Madrid. En conséquence, l’une des dernières mesures du gouvernement de Mariano Rajoy a été d’autoriser la publication du décret de nomination au bulletin officiel catalan, permettant la levée automatique de l’article 155.

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Pour faire tomber Mariano Rajoy, les voix des indépendantistes catalans étaient indispensables. Pedro Sanchez a assuré qu’il n’a rien négocié avec eux pour les obtenir. Mais les indépendantistes, qui avaient fait de Mariano Rajoy leur bête noire, n’ont pas hésité longtemps. « Ce n’est pas une motion pour le Parti socialiste [PSOE], mais contre le Parti populaire [PP] », a insisté la Gauche républicaine catalane (ERC).
« Dialogue urgent »

        Portrait :
         

          Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne



Quim Torra, s’est félicité de la chute du « gouvernement qui, il y a huit mois, envoyait la police charger des citoyens sans défense qui votaient ». Cependant, il a tenu à rappeler que « le PSOE a été complice de la répression. (…) Nous serons très exigeants avec Pedro Sanchez », a-t-il ajouté, appelant à un « dialogue urgent ».
Le député d’ERC, Joan Tarda, a avancé que la première requête de l’exécutif catalan sera le « rapprochement des prisonniers en Catalogne ». Le dirigeant socialiste catalan, Miquel Iceta, proche de Pedro Sanchez, a répondu que la décision « devra être prise par les juges et la direction des institutions pénitentiaires ».
Bien qu’il se soit affiché comme un fervent défenseur de l’unité de l’Espagne et un fidèle allié de Mariano Rajoy lors de la mise sous tutelle des institutions catalanes, et qu’il ait qualifié récemment le président catalan Quim Torra de « raciste » et de « Le Pen de la politique espagnole », la sensibilité politique de Pedro Sanchez le rapproche des défenseurs d’un nouvel ancrage de la Catalogne en Espagne.
« Je pense que l’Espagne est une nation dans laquelle il y a des territoires qui se sentent aussi nation », a-t-il expliqué, lors de la motion de défiance contre Mariano Rajoy. Il a promis de travailler à « normaliser » les relations entre Madrid et le nouveau gouvernement catalan et à renouer le dialogue.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Ancien numéro  deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker s’inquiète de l’excès de puissance des technocrates.
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« Les banquiers centraux doivent battre en retraite »

Ancien numéro  deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker s’inquiète de l’excès de puissance des technocrates.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 18h25
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Depuis la crise, les banques centrales ont pris une place considérable dans le pilotage des économies. Peut-être trop, et cela risque de fragiliser le pouvoir politique, estime Paul Tucker, ancien vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre (2009-2013), aujourd’hui à la Harvard Kennedy School, l’école d’affaires publiques de l’université américaine. Dans son nouvel ouvrage, Unelected Power. The Quest for Legitimacy in Central Banking and the Regulatory State (Pouvoir non élu. La quête de la légitimité pour les banques centrales et l’Etat régulateur, Princeton University Press, avril 2018), il détaille pourquoi il est temps, selon lui, que les technocrates battent en retraite.
La zone euro renoue avec une croissance fragile, après une décennie difficile. Quel bilan tirez-vous de l’action de la Banque centrale européenne (BCE) ?
Si l’on s’en tient à l’objectif de maintenir la stabilité du système monétaire, elle a fait du bon travail. D’un certain point de vue, elle est aujourd’hui bien plus qu’une banque centrale : cette dernière décennie, elle a été l’unique institution capable de garantir la survie de la zone euro, car la seule en mesure d’agir en ce sens pendant la crise. Cette position est néanmoins précaire, car elle résulte de l’incomplétude institutionnelle de l’union monétaire.
Les grandes banques centrales ont considérablement élargi leurs pouvoirs et influence pendant la crise. Pourquoi ?
Peut-être parce qu’elles avaient commis un peu moins d’erreurs que les autres régulateurs durant la période précédente. Ou parce qu’au tout début du choc financier, elles étaient les mieux outillées pour agir rapidement : l’arme budgétaire est un peu plus longue à déclencher. Dès lors, elles ont pris les devants de la scène face aux dirigeants politiques, qui se sont mis en retrait. Si le président Franklin Delano Roosevelt incarne la relance des Etats-Unis après la crise de 1929, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ L’institut de Francfort a fêté ses 20 ans vendredi 1er juin. Un anniversaire assombri par l’accession au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique en Italie.
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Anniversaire morose pour la BCE

L’institut de Francfort a fêté ses 20 ans vendredi 1er juin. Un anniversaire assombri par l’accession au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique en Italie.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h19
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

A Francfort, l’heure n’est pas à la fête. A vrai dire, elle est plutôt à la déprime. Vendredi 1er juin, la Banque centrale européenne (BCE) fêtait son vingtième anniversaire. Il y a six mois encore, l’institution espérait que 2018 marquerait le retour d’une reprise économique solide. Que la baisse du chômage redonnerait enfin le moral aux Européens. Que l’embellie conjoncturelle lui permettrait d’entamer tranquillement le retrait de ses mesures exceptionnelles, tandis que Berlin et Paris progresseraient ensemble vers plus d’intégration en zone euro.

Mais l’éclaircie économique n’a pas duré. Depuis quelques semaines, la croissance donne des signes de faiblesse. Berlin et Paris n’avancent guère. Le conflit commercial avec Donald Trump ébranle Bruxelles. Et l’Italie, sur le point d’être gouvernée par un attelage populiste eurosceptique, met de nouveau la zone euro face à son péché originel. A savoir qu’elle n’est pas une union monétaire complète. D’une certaine façon, elle est un peu comme une chaise à qui il manque un pied : en équilibre précaire. Risquant de vaciller à la première secousse. La prochaine viendra peut-être de Rome.
Lorsque la BCE est née, le 1er juin 1998, ce déséquilibre initial était un pari. Celui inscrit au cœur même de la construction européenne, voulant que l’intégration économique prépare le terrain à l’intégration politique. Les pays membres allaient partager la même monnaie, l’euro, introduit en 1999. Ils forgeraient ensuite les institutions politiques incarnant leur convergence. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Les capitales n’étaient pas prêtes à céder un peu plus encore de leur souveraineté au profit de l’échelon communautaire. Surtout : la crise de 2008 a frappé.
L’euphorie, la crise, puis la reprise
L’existence de la BCE se divise en deux périodes bien distinctes. 1998-2008, d’abord : l’euphorie des débuts. L’institut de Francfort, bâti sur le modèle de la banque centrale allemande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Gassama, Italie et glyphosate : les informations à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
    |

                            Les Décodeurs








                        


La semaine a été marquée par des crises politiques en Italie et en Espagne, alors que la France célébrait l’action héroïque d’un sans-papiers malien.
Mamoudou Gassama, le sans-papiers devenu héros
Il est devenu le héros de la semaine en France : Mamoudou Gassama, un sans-papiers malien a escaladé samedi en une trentaine de secondes et à mains nues la façade d’un immeuble du 18e arrondissement de Paris, pour porter secours à un enfant de 4 ans suspendu dans le vide à un balcon. La vidéo de ses exploits a été visionnée des millions de fois en France et à l’étranger. Cet acte de bravoure lui a ouvert les portes de l’Elysée, où il a été reçu par Emmanuel Macron. Le président l’a décoré d’une médaille d’honneur, lui a proposé d’être naturalisé français et d’intégrer le service civique des pompiers de Paris.

        Les intox :
         

          Les interprétations complotistes du sauvetage d’un enfant par Mamoudou Gassama



Cette belle histoire, saluée par l’ensemble de la classe politique, a toutefois suscité son lot de théories conspirationnistes mais aussi de citations trompeuses ou manipulatrices.
Elle a aussi relancé le débat sur la politique d’accueil de la France, alors qu’une loi vient de durcir les conditions d’accueil des migrants.

        Revue de presse :
         

          Derrière l’héroïsation de Mamoudou Gassama, la presse souligne la « bonne conscience » de l’Etat




La crise politique se dénoue en Italie
La crise politique italienne semble avoir trouvé un épilogue vendredi : le nouveau chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a prêté serment devant le président de la République Sergio Mattarella, suivi des deux vice-premiers ministres, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S), et Matteo Salvini, patron de la Ligue, ainsi que de l’ensemble de son gouvernement.

        Le décompte :
         

          Quatre-vingt neuf jours pour former un gouvernement en Italie : un record depuis 1992



Le président du conseil avait été désigné mercredi 23 mai à l’issue de longues tractations entre le mouvement antisystème et la formation d’extrême droite, deux partis contestataires arrivés en tête des législatives du 4 mars. Mais quatre jours plus tard, il avait démissionné car le président de la République, Sergio Mattarella, avait mis son veto à la nomination de Paolo Savona, un eurosceptique, au ministère de l’économie.
Cette incertitude politique, doublée de craintes de voir ce gouvernement d’alliance inédit au pouvoir, a eu des effets sur les marchés financiers, notamment sur le spread italien.

        Explications :
         

          Finances : qu’est-ce que le « spread » ?



Mariano Rajoy renversé en Espagne

Alors que l’Italie est parvenue non sans peine à former un gouvernement, l’Espagne vient de renverser le sien. Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, coulé par un scandale de corruption, a abandonné le pouvoir après six années, anticipant le vote d’une motion de censure par le Parlement, vendredi. Il a été remplacé dans la foulée par le socialiste Pedro Sanchez.

        Lire aussi :
         

                Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne



Le glyphosate ne sera pas interdit par la loi
Lors de l’examen du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation, les députés ont rejeté un amendement présenté par le député LRM Mathieu Orphelin, visant à intégrer dans la loi l’interdiction du glyphosate dans les trois ans. Il s’agissait pourtant d’une promesse d’Emmanuel Macron. Le glyphosate, substance active présente dans le Roundup de la société Monsanto, est soupçonné d’être un « cancérogène probable » pour l’homme.

        Contenu visuel :
         

          Dangerosité, toxicité, utilité : le débat sur le glyphosate résumé en discussion pour/contre



Cette loi contenait quantité d’autres propositions, dont une partie ont été adoptées (hausse du bio dans les cantines, doggy bags dans les restaurants, encadrement des promotions dans les grandes surfaces), mais plusieurs autres ont été rejetées (interdiction des publicités pour les aliments gras et salés pour les enfants, affichage de l’étiquetage Nutri-Score, interdiction de broyer les poussins mâles…)

        La liste :
         

          Alimentation : ce qui a été voté et écarté par l’Assemblée nationale



Les Etats-Unis taxent l’acier et l’aluminium américains
Le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, a annoncé, jeudi, que les Etats-Unis allaient appliquer dès vendredi d’importants tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne (UE), mais aussi du Mexique et du Canada. Bruxelles a réagi en ouvrant une procédure devant l’Organisation mondiale du commerce.

        En un graphique :
         

          L’acier et l’aluminium, une goutte d’eau des échanges entre les Etats-Unis et l’Europe



L’Ukraine met en scène l’assassinat d’un journaliste russe
Alors que sa mort avait été annoncée mardi 29 mai dans la soirée, le journaliste russe Arkadi Babtchenko est réapparu bien vivant, le lendemain, lors d’une conférence de presse à Kiev, là même où il était censé avoir été tué de trois balles dans le dos. Le chef des services de sécurité ukrainiens (SBU) a déclaré que l’agence avait falsifié sa mort pour arrêter ceux qui tentaient de le tuer. Cette mise en scène macabre a été vivement critiquée par plusieurs médias internationaux, qui estiment sa méthode peu éthique et contre-productive.

        Lire aussi :
         

                Fausse mort du journaliste russe Babtchenko : les médias critiquent la mise en scène de l’Ukraine



Un attentat revendiqué par l’EI fait trois morts à Liège
Mardi 29 mai à Liège (Belgique), Benjamin Herman, délinquant de 31 ans sorti la veille de prison, s’est emparé des armes de service de deux policières avant de faire feu et de les tuer, ainsi qu’un homme de 22 ans assis dans une voiture à proximité. L’assaillant s’est ensuite réfugié dans un lycée où il a pris en otage deux membres du personnel, et tiré sur quatre policiers avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Cette attaque a été revendiquée le lendemain par l’organisation Etat islamique.

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                Les attentats terroristes en Europe ont causé près de 2 400 morts depuis 2001



Et aussi
Zidane. A la surprise générale, l’ancien footballeur français champion du monde Zinédine Zidane a annoncé qu’il quittait le Real Madrid, avec lequel il vient de remporter sa troisième Ligue des champions en tant qu’entraîneur.Migrants. Le campement du Millénaire, entre la porte de la Villette et la porte d’Aubervilliers à Paris, où plus de 1 500 migrants sont installés, a été évacué tôt mercredi matin. Au moins 35 camps ont été démantelés en trois ans, selon un décompte du Monde.Retraites. Le gouvernement lance « une large consultation citoyenne » préalable à une vaste réforme du système français, pour aller vers une « retraite à points ».Alzheimer. Un arrêté publié vendredi au Journal officiel acte le déremboursement des quatre médicaments utilisés pour traiter les symptômes de la maladie.Weinstein. L’inculpation du producteur Harvey Weinstein, accusé depuis l’automne d’abus sexuels par des dizaines de femmes, a été validée mercredi par un grand jury new-yorkais.Football. Canal+ a été évincé des droits de retransmission de la Ligue 1 de football, qui ont atteint 1,15 milliard d’euros pour la période 2020-2024.Football (2). L’équipe féminine du Paris-Saint-Germain a battu dans la nuit de jeudi à vendredi l’Olympique lyonnais 1-0 en finale de la Coupe de France à Strasbourg.Autolib. L’industriel Vincent Bolloré réclame 40 millions d’euros par an jusqu’en 2023 à la mairie de Paris et aux communes concernées par son service d’autopartage, pour éponger le déficit du système.Diplomatie. Le haut responsable nord-coréen Kim Yong-chol a entamé mercredi une visite exceptionnelle aux Etats-Unis pour débattre d’un éventuel sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un.Tabac. Le nombre de fumeurs a baissé d’environ un million entre 2016 et 2017.Drogue et PIB. L’Insee a intégré pour la première fois le trafic de drogue à son calcul de la richesse nationale. Résultat : 2,7 milliards d’euros sont générés chaque année par ces activités illégales.Affaire. L’ancien ministre du budget Eric Woerth a été mis en examen pour « complicité de financement illégal de la campagne » de Nicolas Sarkozy en 2007 dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyen (résumé ici en onze dates clés).Mélenchon. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur les comptes de campagne du candidat de La France insoumise à la présidentielle 2017.Théâtre. Ariane Mnouchkine, Jean-Philippe Daguerre et Joël Pommerat ont été récompensés lors de la 30e Nuit des Molières
Disparitions
Serge Dassault. L’industriel de l’armement, patron de presse et quatrième fortune de France, est mort lundi à 93 ans. Sa carrière avait été entachée d’affaires de blanchiment, clientélisme et fraude fiscale. La question de sa succession se pose, puisque son bras droit, Charles Edelstenne, prend la tête du groupe à l’âge de 80 ans.Yves de Daruvar. Le militaire qui rallia les Forces françaises libres à l’âge de 19 ans, s’est éteint le 28 mai, à l’âge de 97 ans.Alan Bean. L’astronaute américain, quatrième homme à avoir marché sur la Lune, est mort, samedi, à l’âge de 86 ans.Jean-Claude Boulard. Le maire socialiste du Mans est mort jeudi à l’âge de 75 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la romancière Simonetta Greggio estime que ce qui se produit aujourd’hui dans son pays résulte d’une impuissance démocratique, qui pourrait arriver ailleurs en Europe.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 01/06/2018
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Crise politique italienne : « A quoi sert mon vote ? »

Dans une tribune au « Monde », la romancière Simonetta Greggio estime que ce qui se produit aujourd’hui dans son pays résulte d’une impuissance démocratique, qui pourrait arriver ailleurs en Europe.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 14h02
    |

Simonetta Greggio (Romancière italienne, auteure de "Elsa, mon amour", une biographie de l'écrivaine Elsa Morante, à paraître chez Flammarion le 22...







                        



                                


                            

Tribune. Beaucoup de ceux qui ont eu le pouvoir en Italie l’ont perdu de manière tragique. Mussolini a été tué au coin d’une rue comme un chien, puis pendu par les pieds. Le parti Démocratie chrétienne a explosé en 1994, suite à l’opération « Mains propres », seize ans après avoir perdu l’un de ses meilleurs représentants, Aldo Moro, enlevé et assassiné par les Brigades rouges.
A Bettino Craxi (premier socialiste à diriger le gouvernement italien, en 1983) on a jeté la pierre, sous forme d’un déluge de petite monnaie, avant de le contraindre à l’exil, où il est mort. La carrière de Giulio Andreotti (qui a dirigé sept gouvernements italiens successifs, de 1972 à 1992) s’est douloureusement éteinte dans des accusations d’accointance avec la Mafia.
Quant à Silvio Berlusconi, personne n’a eu depuis l’après-guerre autant de pouvoir que lui. En 1970, il était déjà en train de faire construire Milano 2, devenu par la suite le siège de sa première télévision, l’un des bras de la pieuvre de son empire. Rien que sa fortune personnelle a été estimée à près de 7 milliards d’euros. A l’époque, déjà, il ne manquait pas d’argent, venu des terres siciliennes par le biais d’une banque dont son père était le directeur. Son règne n’était certes pas une dictature : le président de Forza Italia a été une bête molle, un ennemi insidieux qui a réveillé la part d’anarchisme qui sommeillait en chaque Italien.

En tant que chef du gouvernement, il a lui-même plusieurs fois répété qu’il était légitime de ne pas payer ses impôts, ce dont il a donné l’exemple. On a toujours su qui il était, et malgré cela il a été élu trois fois. Quelqu’un disait, dont j’ai oublié le nom : « J’ai moins peur de Berlusconi en tant que tel que du Berlusconi que chacun cache en soi. » Mais l’Histoire est imprévisible et l’on ne peut anticiper son épilogue. La vraie question est : comment la structure sociale et morale qui s’est créée au fil de ses mandats...




                        

                        


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Au ministère de l’intérieur, Matteo Salvini poursuit sa stratégie de conquête du pouvoir

Alors que le nouveau gouvernement italien a prêté serment vendredi, le chef de file de la Ligue s’est efforcé de concentrer sur lui l’attention médiatique.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h14
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Après quasiment trois mois de guerre des nerfs, et quatre journées dramatiques durant lesquelles a plané la menace d’une crise de régime, cette parenthèse de concorde retrouvée avait quelque chose de rassurant. Vendredi 1er juin, veille de fête nationale, était à Rome une journée de communion, consacrée à une passation de pouvoirs qui s’est déroulée dans la plus parfaite courtoisie républicaine.
Au palais du Quirinal, les membres du nouveau gouvernement populiste et d’extrême droite ont prêté serment devant le président Sergio Mattarella, avant de se rassembler pour la traditionnelle photo de groupe. Le 65e gouvernement de l’histoire de la République italienne venait de prendre forme. Puis ils se sont rendus au palais Chigi, où le président du conseil, Paolo Gentiloni, a solennellement remis à Giuseppe Conte la petite cloche matérialisant le passage d’un chef de gouvernement à l’autre, dans une ambiance presque apaisée.

Dirigeant politique préféré des Italiens
Même dans ce moment suspendu, le chef de la Ligue, Matteo Salvini, s’est arrangé pour que personne ne l’oublie. Comme pour continuer à concentrer sur lui l’attention médiatique, quelques heures avant la prestation de serment, depuis la petite ville de Sondrio (Lombardie), le vice-président du conseil et ministre de l’intérieur a mis sur la table un sujet dont il veut faire la priorité de ses prochaines semaines : le financement de l’aide aux migrants. 

« J’ai rencontré le président du conseil et j’ai demandé qu’il soit porté une attention particulière à ces 5 milliards d’euros dédiés à la subsistance de ces milliers de migrants. Je voudrais y faire de belles coupes », a-t-il lancé. Puis, à peine intronisé, il a fait savoir qu’il entendait exercer ses nouvelles fonctions en étant « la moitié du temps au ministère et l’autre sur le terrain », annonçant son intention de se rendre dans les prochains jours en Sicile, principal...




                        

                        


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En Espagne, Pedro Sanchez face à de nombreux défis

Avec un groupe parlementaire réduit, le chef de file du PSOE va devoir construire une majorité s’il veut pouvoir diriger réellement durant les prochains mois



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 13h09
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Tout est allé vite. Samedi 2 juin, le nouveau chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, était attendu à 11 heures au palais de la Zarzuela pour prêter serment devant le roi Felipe VI. La veille, le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) avait remporté une motion de défiance inespérée contre le conservateur Mariano Rajoy, déposée une semaine plus tôt à la suite de la condamnation du Parti populaire (PP) en tant que bénéficiaire d’un réseau de corruption.
Pedro Sanchez, économiste de 46 ans, a obtenu 180 votes favorables, 169 contre et une abstention au Parlement grâce au soutien d’une myriade hétéroclite de partis, qui se sont alliés exceptionnellement autour d’un objectif commun : renverser Mariano Rajoy.

Tout reste donc à faire pour le nouveau premier ministre espagnol : former son gouvernement, dont il n’a rien dévoilé, si ce n’est qu’il sera « socialiste, paritaire et européiste », et surtout exposer sa stratégie politique. Avec un groupe parlementaire réduit, à peine 84 députés sur 350, le dirigeant socialiste doit construire une majorité s’il veut pouvoir gouverner réellement durant les prochains mois, voire tenir jusqu’à la fin de la législature, en juin 2020.
Un objectif impossible, selon le PP. « L’Espagne a besoin de stabilité et celle-ci ne peut venir ni de motions de censure, ni de gouvernements intérimaires, ni de successions d’élections ou de gouvernements comme le sien », l’a averti le porte-parole conservateur Rafael Hernando, qui l’a accusé d’entrer à la Moncloa [le siège du gouvernement] « par la porte de derrière » et de constituer « une menace pour les Espagnols ».
Quant à Ciudadanos (centre droit), le seul parti à avoir voté avec le PP contre la motion de défiance, il entend faire pression sur le PSOE pour qu’il organise des élections anticipées au plus tôt. « Il fallait changer de gouvernement, mais dans les urnes », a...




                        

                        

