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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Depuis l’entrée en vigueur, fin 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, les consommateurs qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur », rappelle la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique SOS Conso.
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« Quand la médiation s’achève avant d’avoir commencé »

Depuis l’entrée en vigueur, fin 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, les consommateurs qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur », rappelle la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique SOS Conso.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h00
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            
SOS Conso. Les consommateurs sont de plus en plus souvent priés de tenter de régler leurs conflits à l’amiable, avant de saisir les tribunaux. Depuis l’entrée en vigueur, le 20 décembre 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, ceux qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur ». Sinon, les juges peuvent considérer leur demande comme « irrecevable ». Le projet de programmation 2018-2022 pour la justice, que la garde des sceaux, Nicole Belloubet, a présenté au conseil des ministres du 20 avril, étend cette obligation à certaines demandes supérieures à 4 000 euros.
Ces obligations légales ne sont-elles pas abusives, du fait qu’elles repoussent dans le temps le droit d’accès à un tribunal, pourtant garanti par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ? La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a répondu à cette question par la négative, le 14 juin 2017 : « Ce qui importe, c’est non pas le caractère obligatoire ou facultatif du système de médiation, mais le fait que le droit d’accès à la justice des parties soit préservé. » La médiation, à la différence de l’arbitrage, ne doit pas empêcher le recours ultérieur aux magistrats.
Pour ce faire, précise la CJUE, il faut notamment que les délais de prescription soient suspendus pendant la médiation. Cette condition est-elle remplie ? L’article 2238 du code civil dit que « la prescription est suspendue à compter du jour où (…) les parties conviennent de recourir à la médiation ». En outre, depuis le 1er janvier 2016, en vertu d’une directive européenne sur le règlement extrajudiciaire des litiges, les professionnels ont tous l’obligation de « désigner un médiateur », et de le faire agréer par la commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                   
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Le pari russe d’Emmanuel Macron

Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h39
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Analyse. Le contraste était saisissant. Devant un parterre d’hommes d’affaire du forum économique de Saint-Pétersbourg, une sorte de « Davos russe », le 25 mai, Emmanuel Macron jouait la séduction, tutoyant le président russe et l’appelant « cher Vladimir ». Il citait Dostoïevski, Soljenitsyne et insistait sur son souhait d’ancrer la Russie et son destin dans l’Europe.
Face à lui, l’homme fort du Kremlin, courtois mais impassible, le vouvoyait et ne s’engageait guère au-delà de propos très convenus sur « la France partenaire ancien, traditionnel et fiable ». Pas une seule fois, surtout face à son interlocuteur, il n’a évoqué la vocation européenne de son pays. « Le décalage était évident entre le souffle, la perspective historique de Macron et les réponses d’ordre mécanique de Poutine », relève Thomas Gomart, le directeur de l’IFRI (Institut français des relations internationales).
Le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes. Ce n’était pas très difficile vu leur dégradation depuis 2014 après l’annexion de la Crimée, la déstabilisation de l’est de l’Ukraine, les tensions des derniers mois avec l’affaire Skripal – la tentative d’empoisonnement d’un ex-agent double russe près de Londres – et les frappes contre les armes chimiques du régime syrien, soutenu envers et contre tout par Moscou.
Sauver ce qui peut l’être
Un jalon a été posé, mais il reste à en mesurer la portée. « Est-ce qu’il s’agit d’un tournant ? En tout cas, c’est un échange et une relation qui cherchent à élaborer quelque chose de solide et des axes stratégiques », expliquait M. Macron en dressant le bilan de son voyage. L’attitude réservée du maître du Kremlin montre que ce dernier se sent en position de force. « C’est un pragmatique et il sait qu’il n’a pas besoin de trop en faire, étant dans une situation idéale pour profiter des tensions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Traversées par différents courants de pensée, les organisations patronales ont toujours fait passer au premier plan la défense de leurs intérêts immédiats, analyse dans une tribune au « Monde » l’historienne Danièle Fraboulet.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                   
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« Les relations du patronat avec l’Etat et la société varient selon la conjoncture politique et les rapports de force »

Traversées par différents courants de pensée, les organisations patronales ont toujours fait passer au premier plan la défense de leurs intérêts immédiats, analyse dans une tribune au « Monde » l’historienne Danièle Fraboulet.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h17
    |

Danièle Fraboulet (Professeure émérite d’histoire contemporaine de l’université Sorbonne Paris-Cité de Paris-XIII)







                        



                                


                            

Tribune. La multiplicité des candidatures à la présidence du Medef, avant l’élection qui doit se tenir le 3 juillet, est symbolique de la diversité historique du monde patronal en France. Loin de l’image d’un groupe social embrassant unanimement la position libérale d’une défense tous azimuts de la liberté d’entreprendre en luttant contre tous les empiétements, qu’ils viennent de l’Etat, des syndicats ou d’autres acteurs de la société, celui-ci a été souvent divisé.
De fait, les organisations patronales ont le plus souvent adapté de manière pragmatique leur action et leur positionnement idéologique en fonction de leur perception des multiples visages de l’Etat : concurrent, oppresseur (sur le plan fiscal), producteur de normes et d’informations, mais aussi client, formateur de main-d’œuvre qualifiée, garant de la souveraineté nationale…
Dans la métallurgie, les premières chambres syndicales apparaissent dans la première partie du XIXe siècle. Les premières unions professionnelles voient le jour dans les métiers du bâtiment et de l’alimentation. Des comités de maîtres de forges apparaissent dès 1828 pour défendre les intérêts généraux de leur branche, notamment à propos des questions douanières.
A partir du Second Empire, les chambres syndicales se multiplient, mais les premières tentatives d’association sont souvent vouées à l’échec, car les regroupements sont hétérogènes, et les patrons restent très individualistes. Les lois de 1884 et de 1901 sur les associations donnent corps aux chambres syndicales nationales ou régionales, qui intègrent les entreprises, et qui sont rassemblées dans des unions ou fédérations. Sans position idéologique particulière, ces dernières tentent de résoudre des problèmes économiques et sociaux précis et conjoncturels.
Des courants de pensées divers et successifs
En 1901, la création d’une organisation plus combative, l’Union des industries métallurgiques et minières (UIMM),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le sociologue Michel Offerlé décrypte dans une tribune au « Monde » l’audience et le poids des différentes organisations de chefs d’entreprise en 2018.
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« On pourrait se demander si le Medef dans sa composition actuelle représente bien le tissu économique français »

Le sociologue Michel Offerlé décrypte dans une tribune au « Monde » l’audience et le poids des différentes organisations de chefs d’entreprise en 2018.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h12
    |

                            Michel Offerlé (Professeur à l’Ecole normale supérieure)








                        



                                


                            

Tribune. En 2017, pour la première fois, l’audience des organisations patronales a été mesurée conformément à la loi du 5 mars 2014. Que disent ces chiffres de leur représentativité ? D’abord, ils rompent avec les proclamations de nombreuses confédérations ; ensuite, ils laissent perplexes tant leur fabrique a été compliquée et cadrée politiquement. Car cette opération n’était certes pas une mesure scientifique, elle visait à légitimer la représentation patronale des partenaires sociaux, sans bouleverser les équilibres.
Depuis sa création en 1998, le Mouvement des entreprises de France (Medef) affichait entre 750 000 et 800 000 adhérents. Or, l’enquête ne le crédite plus que de 123 387 cotisants. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME, ex-CGPME) en annonçait 550 000, il ne lui en reste plus que 144 939. Quant à l’U2P (l’Union des entreprises de proximité, UPA + UNAPL), qui en revendiquait 350 000 (250 000 pour la première organisation et 100 000 pour la deuxième), elle compte 150 605 adhérents…

On peut reproduire le même constat pour les deux fédérations patronales les plus importantes en effectifs : les adhérents de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) ont fondu de 80 000 membres déclarés à 30 000 constatés, et le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA, concessionnaires et garagistes) a « perdu » la moitié de ses affiliés, de 30 000 à 15 000. Quant aux deux fédérations rivales du bâtiment, leurs chiffres sont en revanche plus proches des déclarations antérieures : 42 144 pour la Fédération française du bâtiment au lieu de 57 000, et 56 551 pour la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) contre 80 000.
En ajoutant aux effectifs des trois grandes confédérations ceux de l’économie sociale et ceux des fédérations dites « autonomes », le taux d’adhésion des (environ) 3 millions d’entreprises françaises à un syndicat patronal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ A l’issue de la réunion de Rennes, du 4 au 8 juin, Laurent Berger sera réélu pour un troisième mandat de secrétaire général.
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CFDT : un congrès pour « incarner le syndicalisme du XXIe siècle »

A l’issue de la réunion de Rennes, du 4 au 8 juin, Laurent Berger sera réélu pour un troisième mandat de secrétaire général.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h10
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Laurent Berger a placé la barre haut. Pour le deuxième congrès qu’il anime en tant que secrétaire général depuis son élection en novembre 2012, il a fixé l’objectif d’« incarner le syndicalisme du XXIe siècle » pour être « demain l’organisation syndicale incontournable, toutes catégories confondues ». Dans le projet de résolution, qui pour la première fois a été élaboré avec le concours de militants à travers une plate-forme en ligne et sera débattu à Rennes du 4 au 8 juin, l’ambition de la centrale réformiste est d’augmenter le nombre d’adhérents de 20 % en quatre ans, soit 120 000 de plus.

Depuis le précédent congrès, à Marseille, en 2014, M. Berger pourra faire valoir que la CFDT est devenue, en 2017, la première organisation syndicale du secteur privé, ravissant le haut du podium à la CGT. La prochaine étape, avec le scrutin dans les fonctions publiques en décembre, est d’être « le premier syndicat français dans les secteurs privé et public ». Le secrétaire général ne cesse de répéter que le syndicalisme est « mortel ». Il « peut décliner, lit-on dans le projet de résolution. De façon lente, certes, mais aussi inexorable que celle des partis ouvriers et désormais des partis traditionnels. (…) Ce risque nous impose de continuer à nous réinventer. (…) De continuer à nous positionner dans l’intérêt général, principe qui garantit notre cohérence ». La révolution numérique, les mutations du travail, le chamboulement des règles du dialogue social – à la suite de la réforme du code du travail engagée par Emmanuel Macron – imposent d’« accélérer le changement ».
Exercice obligé
Avant de débattre de la feuille de route des quatre ans à venir, M. Berger devra satisfaire, lundi 4 juin, à un exercice obligé, celui de défendre son bilan à travers son rapport d’activité. Comme à l’accoutumée, les critiques ne manqueront pas et les débats seront animés, notamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ L’Etat n’écarte pas un « rapprochement » à terme entre cette nouvelle entité et La Banque postale.
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La Caisse des dépôts se dote d’une Banque des territoires

L’Etat n’écarte pas un « rapprochement » à terme entre cette nouvelle entité et La Banque postale.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h09
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Pas moins de trois ministres, dont le premier d’entre eux, Edouard Philippe, Bruno Le Maire (économie et finances) et Jacques Mézard (cohésion des territoires), ont porté sur les fonts baptismaux, mercredi 30 mai, la Banque des territoires. Un lancement en grande pompe pour une banque qui n’en est pas vraiment une et qui s’attribue pour nom ce qui était jusqu’à présent, à peu de chose près, le slogan de La Banque postale : « La banque du développement des territoires ». C’est dire si les deux entités sont appelées à évoluer sur le même terrain.
« Il n’y a pas de rivalité mais une complémentarité », assure Olivier Sichel, le directeur général de la Banque des territoires. La spécificité de la Caisse des dépôts, dont cette nouvelle entité est issue, est de pouvoir intervenir sur le temps long, avec des taux à long terme, au-delà de trente ans, très compétitifs.
La Caisse des dépôts, institution bicentenaire, poursuit donc sa mue, engagée sous le précédent quinquennat, en renforçant son rôle d’intervention auprès des collectivités territoriales. Pour ce faire, elle regroupe sous une même marque ce qui, auparavant, était réparti entre quatre directions (prêts, investissements, clientèles bancaires, réseau et des territoires) et deux filiales : la SCET (Services, conseil, expertises et territoires), spécialisée dans l’ingénierie, et CDC habitat, pour le logement social. Soit un effectif total de 10 000 salariés, dont 7 500 pour la seule CDC Habitat.
« Le but, c’est de donner de la visibilité à nos activités, poursuit M. Sichel. La demande de nos clients, c’était d’avoir des interlocuteurs proches, qui connaissent les problématiques locales, et il nous était reproché un fonctionnement en silos. Quand il y avait des projets mixant le prêt, l’investissement, l’ingénierie et le conseil, voire la mise en œuvre avec la construction de logements, ils étaient renvoyés entre les services et des tas d’interlocuteurs différents. »
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Alors que s’ouvre, lundi, son 49e congrès, la centrale réformiste n’est plus le partenaire privilégié du pouvoir.
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La difficile équation de Laurent Berger à la CFDT

Alors que s’ouvre, lundi, son 49e congrès, la centrale réformiste n’est plus le partenaire privilégié du pouvoir.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 10h11
    |

            Sarah Belouezzane et 
Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



                                


                            

Les murs lambrissés de bois des salons privés de la brasserie parisienne Chez Jenny résonnent des rires des journalistes présents, jeudi 31 mai, aux rencontres de l’AJIS (Association des journalistes de l’information sociale). Laurent Berger vient de lâcher une petite plaisanterie bien sentie sur les relations qu’il entretient en ce moment avec le gouvernement. « Je ne suis pas draguable », a lancé le secrétaire général de la CFDT. Voilà pour ceux qui se demandent si un réchauffement est en cours entre la majorité et le dirigeant du premier syndicat dans le privé, qui vient de rencontrer en l’espace de quelques jours le président de la République puis les députés de La République en marche (LRM).

Car, le moins que l’on puisse dire, c’est que le patron de la CFDT, qui s’apprête à rempiler pour un troisième mandat à la tête de la confédération, n’est pas courtisé par le nouveau pouvoir. Loin de là. Depuis l’arrivée aux manettes d’Emmanuel Macron, la centrale de Belleville, à Paris, parvient tout juste à limiter les dégâts sans réussir à marquer des points. Chouchoutée sous l’ère Hollande, elle a perdu sa position de partenaire privilégié avec un chef de l’Etat qui avait annoncé la couleur dès la campagne présidentielle : pour lui, la place des syndicats est dans l’entreprise et pas sur la scène politique nationale.
Chemin de crête périlleux
A la veille du 49e congrès de la CFDT, qui se tient du 4 au 8 juin à Rennes, Laurent Berger ne cache plus son mécontentement. Depuis quelques semaines, le numéro un de la confédération multiplie les mises en garde dans les médias. Que ce soit sur la méthode ou sur le fond, pour lui, le compte n’y est pas. A tel point de confier récemment à un proche : « La confiance est rompue. »
Ses critiques publiques sont toutefois savamment dosées. Car basculer dans une opposition franche comme son nouvel homologue de Force ouvrière, Pascal Pavageau, ou Philippe Martinez, de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a exclu plus de 15 000 euros de remboursements de frais de David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017.
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Comptes de campagne de Le Pen : la note salée du logement professionnel de David Rachline

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a exclu plus de 15 000 euros de remboursements de frais de David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 12h49
    |

            Yann Bouchez, 
Laura Motet et 
Simon Piel








                        



                                


                            
Impossible d’être à la fois dépensier et près de ses sous ? David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen lors de la présidentielle de 2017, a tenté le pari. L’élu du Front national n’a pas lésiné sur certaines dépenses d’hôtellerie et de logement, entre septembre 2016 et mai 2017. Des sommes remboursées ou avancées par l’association de financement électoral de Mme Le Pen.
Certains de ces frais ont toutefois suscité plusieurs réserves et réformations – des corrections – de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), comme le montrent les documents consultés par Le Monde. L’autorité de contrôle a ainsi décidé d’exclure plus de 15 000 euros de remboursements de frais de David Rachline des dépenses éligibles au remboursement de l’Etat.

Sur la base de son seul salaire perçu au titre de sa participation à la présidentielle, le directeur de campagne ne figure pourtant pas parmi les membres les mieux rémunérés de l’équipe de Marine Le Pen. Peut-être parce que son contrat, à mi-temps, s’ajoutait alors à ses fonctions de sénateur et maire de Fréjus (Var). D’octobre 2016 à mai 2017, David Rachline a ainsi reçu un salaire mensuel de 2 400 euros net comme directeur de campagne. Loin des sommes touchées par d’autres membres de l’équipe de campagne, à l’image de Jean Messiha, payé plus de 12 000 euros net par mois, ou de certains salariés à temps partiel, rémunérés 5 000 euros mensuels. Des onze candidats à la présidentielle, Marine Le Pen fut en effet la plus dépensière lorsqu’il s’est agi de payer les personnes ayant travaillé à ses côtés. Au total, elle a déboursé 2,4 millions d’euros de salaires pour ses équipes durant sa campagne.
Nuit d’hôtel à 250 euros
Mais en dehors de son contrat, David Rachline a su bénéficier de conditions plutôt confortables. Il a ainsi pu louer un appartement parisien de 48 mètres carrés, rue de Grenelle, pour environ 2 500 euros par mois, d’octobre 2016...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ La Commission nationale des comptes de campagne a réformé 873 576 euros initialement présentés, validant le remboursement de 10,691 millions d’euros par l’Etat, soit le montant maximal autorisé.
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Dépenses de campagne de Marine Le Pen : des largesses pour ses prestataires et ses salariés

La Commission nationale des comptes de campagne a réformé 873 576 euros initialement présentés, validant le remboursement de 10,691 millions d’euros par l’Etat, soit le montant maximal autorisé.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h28
    |

            Yann Bouchez, 
Laura Motet et 
Simon Piel








                        



                                


                            

Finaliste de la présidentielle de 2017, Marine Le Pen a martelé ses difficultés récurrentes auprès des banques. Mais cela n’a pas empêché la candidate d’extrême droite de mener une campagne généreuse pour ses créanciers, ses prestataires et ses salariés, comme l’illustrent ses dépenses, que Le Monde a consultées à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).
Les largesses de Marine Le Pen, dont le budget de campagne dépassait les 12 millions d’euros, n’ont cependant pas eu de conséquences financières notables. Certes, la Commission a tout de même réformé 873 576 euros des comptes initialement présentés, excluant de fait des dépenses éligibles à un remboursement de l’Etat. Mais la CNCCFP a validé le remboursement de 10,691 millions d’euros par l’Etat, soit le montant maximal autorisé.
Les rapporteurs de la Commission se sont toutefois interrogés sur les prêts dont a bénéficié Mme Le Pen, pour un montant global de 11,795 millions d’euros. Des emprunts contractés notamment auprès du FN et de Cotelec, le microparti de Jean-Marie Le Pen. Et une bonne affaire pour ses créditeurs, puisque les intérêts se sont élevés à 242 017 et 585 000 euros, avec des taux annuels de 6 % et 6,5 %.

La Commission a décidé qu’ils n’avaient pas à être intégrés aux comptes de campagne, puisqu’ils ne répondaient pas aux règles que les candidats doivent respecter, à savoir qu’« un emprunt auprès d’une formation politique ne peut être contracté avec intérêts ouvrant droit, le cas échéant, au remboursement forfaitaire de l’Etat que si la formation politique a elle-même souscrit un emprunt bancaire spécifique pour financer la campagne d’un candidat et ne fait que répercuter sur ce dernier, par un “prêt miroir”, les intérêts afférents ». Ce qui n’était pas le cas de Cotelec et du FN. Les 827 017 euros ont donc été retoqués.
Soupçons de surfacturation
Concédant que ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Gassama, Italie et glyphosate : les informations à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
    |

                            Les Décodeurs








                        


La semaine a été marquée par des crises politiques en Italie et en Espagne, alors que la France célébrait l’action héroïque d’un sans-papiers malien.
Mamoudou Gassama, le sans-papiers devenu héros
Il est devenu le héros de la semaine en France : Mamoudou Gassama, un sans-papiers malien a escaladé samedi en une trentaine de secondes et à mains nues la façade d’un immeuble du 18e arrondissement de Paris, pour porter secours à un enfant de 4 ans suspendu dans le vide à un balcon. La vidéo de ses exploits a été visionnée des millions de fois en France et à l’étranger. Cet acte de bravoure lui a ouvert les portes de l’Elysée, où il a été reçu par Emmanuel Macron. Le président l’a décoré d’une médaille d’honneur, lui a proposé d’être naturalisé français et d’intégrer le service civique des pompiers de Paris.

        Les intox :
         

          Les interprétations complotistes du sauvetage d’un enfant par Mamoudou Gassama



Cette belle histoire, saluée par l’ensemble de la classe politique, a toutefois suscité son lot de théories conspirationnistes mais aussi de citations trompeuses ou manipulatrices.
Elle a aussi relancé le débat sur la politique d’accueil de la France, alors qu’une loi vient de durcir les conditions d’accueil des migrants.

        Revue de presse :
         

          Derrière l’héroïsation de Mamoudou Gassama, la presse souligne la « bonne conscience » de l’Etat




La crise politique se dénoue en Italie
La crise politique italienne semble avoir trouvé un épilogue vendredi : le nouveau chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a prêté serment devant le président de la République Sergio Mattarella, suivi des deux vice-premiers ministres, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S), et Matteo Salvini, patron de la Ligue, ainsi que de l’ensemble de son gouvernement.

        Le décompte :
         

          Quatre-vingt neuf jours pour former un gouvernement en Italie : un record depuis 1992



Le président du conseil avait été désigné mercredi 23 mai à l’issue de longues tractations entre le mouvement antisystème et la formation d’extrême droite, deux partis contestataires arrivés en tête des législatives du 4 mars. Mais quatre jours plus tard, il avait démissionné car le président de la République, Sergio Mattarella, avait mis son veto à la nomination de Paolo Savona, un eurosceptique, au ministère de l’économie.
Cette incertitude politique, doublée de craintes de voir ce gouvernement d’alliance inédit au pouvoir, a eu des effets sur les marchés financiers, notamment sur le spread italien.

        Explications :
         

          Finances : qu’est-ce que le « spread » ?



Mariano Rajoy renversé en Espagne

Alors que l’Italie est parvenue non sans peine à former un gouvernement, l’Espagne vient de renverser le sien. Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, coulé par un scandale de corruption, a abandonné le pouvoir après six années, anticipant le vote d’une motion de censure par le Parlement, vendredi. Il a été remplacé dans la foulée par le socialiste Pedro Sanchez.

        Lire aussi :
         

                Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne



Le glyphosate ne sera pas interdit par la loi
Lors de l’examen du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation, les députés ont rejeté un amendement présenté par le député LRM Mathieu Orphelin, visant à intégrer dans la loi l’interdiction du glyphosate dans les trois ans. Il s’agissait pourtant d’une promesse d’Emmanuel Macron. Le glyphosate, substance active présente dans le Roundup de la société Monsanto, est soupçonné d’être un « cancérogène probable » pour l’homme.

        Contenu visuel :
         

          Dangerosité, toxicité, utilité : le débat sur le glyphosate résumé en discussion pour/contre



Cette loi contenait quantité d’autres propositions, dont une partie ont été adoptées (hausse du bio dans les cantines, doggy bags dans les restaurants, encadrement des promotions dans les grandes surfaces), mais plusieurs autres ont été rejetées (interdiction des publicités pour les aliments gras et salés pour les enfants, affichage de l’étiquetage Nutri-Score, interdiction de broyer les poussins mâles…)

        La liste :
         

          Alimentation : ce qui a été voté et écarté par l’Assemblée nationale



Les Etats-Unis taxent l’acier et l’aluminium américains
Le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, a annoncé, jeudi, que les Etats-Unis allaient appliquer dès vendredi d’importants tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne (UE), mais aussi du Mexique et du Canada. Bruxelles a réagi en ouvrant une procédure devant l’Organisation mondiale du commerce.

        En un graphique :
         

          L’acier et l’aluminium, une goutte d’eau des échanges entre les Etats-Unis et l’Europe



L’Ukraine met en scène l’assassinat d’un journaliste russe
Alors que sa mort avait été annoncée mardi 29 mai dans la soirée, le journaliste russe Arkadi Babtchenko est réapparu bien vivant, le lendemain, lors d’une conférence de presse à Kiev, là même où il était censé avoir été tué de trois balles dans le dos. Le chef des services de sécurité ukrainiens (SBU) a déclaré que l’agence avait falsifié sa mort pour arrêter ceux qui tentaient de le tuer. Cette mise en scène macabre a été vivement critiquée par plusieurs médias internationaux, qui estiment sa méthode peu éthique et contre-productive.

        Lire aussi :
         

                Fausse mort du journaliste russe Babtchenko : les médias critiquent la mise en scène de l’Ukraine



Un attentat revendiqué par l’EI fait trois morts à Liège
Mardi 29 mai à Liège (Belgique), Benjamin Herman, délinquant de 31 ans sorti la veille de prison, s’est emparé des armes de service de deux policières avant de faire feu et de les tuer, ainsi qu’un homme de 22 ans assis dans une voiture à proximité. L’assaillant s’est ensuite réfugié dans un lycée où il a pris en otage deux membres du personnel, et tiré sur quatre policiers avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Cette attaque a été revendiquée le lendemain par l’organisation Etat islamique.

        Lire aussi :
         

                Les attentats terroristes en Europe ont causé près de 2 400 morts depuis 2001



Et aussi
Zidane. A la surprise générale, l’ancien footballeur français champion du monde Zinédine Zidane a annoncé qu’il quittait le Real Madrid, avec lequel il vient de remporter sa troisième Ligue des champions en tant qu’entraîneur.Migrants. Le campement du Millénaire, entre la porte de la Villette et la porte d’Aubervilliers à Paris, où plus de 1 500 migrants sont installés, a été évacué tôt mercredi matin. Au moins 35 camps ont été démantelés en trois ans, selon un décompte du Monde.Retraites. Le gouvernement lance « une large consultation citoyenne » préalable à une vaste réforme du système français, pour aller vers une « retraite à points ».Alzheimer. Un arrêté publié vendredi au Journal officiel acte le déremboursement des quatre médicaments utilisés pour traiter les symptômes de la maladie.Weinstein. L’inculpation du producteur Harvey Weinstein, accusé depuis l’automne d’abus sexuels par des dizaines de femmes, a été validée mercredi par un grand jury new-yorkais.Football. Canal+ a été évincé des droits de retransmission de la Ligue 1 de football, qui ont atteint 1,15 milliard d’euros pour la période 2020-2024.Football (2). L’équipe féminine du Paris-Saint-Germain a battu dans la nuit de jeudi à vendredi l’Olympique lyonnais 1-0 en finale de la Coupe de France à Strasbourg.Autolib. L’industriel Vincent Bolloré réclame 40 millions d’euros par an jusqu’en 2023 à la mairie de Paris et aux communes concernées par son service d’autopartage, pour éponger le déficit du système.Diplomatie. Le haut responsable nord-coréen Kim Yong-chol a entamé mercredi une visite exceptionnelle aux Etats-Unis pour débattre d’un éventuel sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un.Tabac. Le nombre de fumeurs a baissé d’environ un million entre 2016 et 2017.Drogue et PIB. L’Insee a intégré pour la première fois le trafic de drogue à son calcul de la richesse nationale. Résultat : 2,7 milliards d’euros sont générés chaque année par ces activités illégales.Affaire. L’ancien ministre du budget Eric Woerth a été mis en examen pour « complicité de financement illégal de la campagne » de Nicolas Sarkozy en 2007 dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyen (résumé ici en onze dates clés).Mélenchon. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur les comptes de campagne du candidat de La France insoumise à la présidentielle 2017.Théâtre. Ariane Mnouchkine, Jean-Philippe Daguerre et Joël Pommerat ont été récompensés lors de la 30e Nuit des Molières
Disparitions
Serge Dassault. L’industriel de l’armement, patron de presse et quatrième fortune de France, est mort lundi à 93 ans. Sa carrière avait été entachée d’affaires de blanchiment, clientélisme et fraude fiscale. La question de sa succession se pose, puisque son bras droit, Charles Edelstenne, prend la tête du groupe à l’âge de 80 ans.Yves de Daruvar. Le militaire qui rallia les Forces françaises libres à l’âge de 19 ans, s’est éteint le 28 mai, à l’âge de 97 ans.Alan Bean. L’astronaute américain, quatrième homme à avoir marché sur la Lune, est mort, samedi, à l’âge de 86 ans.Jean-Claude Boulard. Le maire socialiste du Mans est mort jeudi à l’âge de 75 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite, revient sur le changement de nom du parti d’extrême droite, quarante-cinq ans après sa création
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Changement de nom du FN : « On est loin d’une révolution doctrinale »

Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite, revient sur le changement de nom du parti d’extrême droite, quarante-cinq ans après sa création



Le Monde
 |    01.06.2018 à 19h49
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 09h58
    |

            Lucie Soullier








                        



                                


                            

Les adhérents du parti d’extrême droite ont validé la mue du Front national en Rassemblement national, à 80,81 % des votants. Un baptême officiellement consacré par le conseil national du désormais « RN », vendredi 1er juin, à Lyon.
Avec Nicolas Lebourg, chercheur associé au Centre d’études politiques de l’Europe latine (CNRS-université de Montpellier) et spécialiste de l’extrême droite, retour sur ce changement de nom prôné par Marine Le Pen, obtenu quarante-cinq ans après la création du parti cofondé par son père.
De quoi le Front national était-il le nom ?
C’est en 1934 que naît l’idée de créer un « front national » rassemblant toutes les chapelles nationalistes. Mais l’extrême droite française reste divisée en une foule de groupuscules, même sous Vichy. Après Mai 68 puis le départ de De Gaulle, de nombreuses tentatives d’unification sont en concurrence. Sous l’influence et grâce aux finances de leurs amis italiens, les néofascistes d’Ordre nouveau lancent leur FN et contactent Jean-Marie Le Pen qui, lui-même, avait dirigé des formations évoquant ce nom, dont le Front national des combattants. C’est une légende de gauche que de croire que cela a un quelconque rapport avec le FN qui avait existé dans la Résistance : c’est une dénomination interne à ce champ, renvoyant à cette stratégie dite de compromis nationaliste.

Assiste-t-on à l’enterrement du FN ?
Non, la stratégie de compromis nationaliste a été remplacée par une allégeance à la famille Le Pen depuis la scission mégrétiste de 1999. Mais, comme le manque de cadres est criant, le FN s’est mis à les repêcher individuellement depuis les municipales de 2014, où une cinquantaine de membres des identitaires ont été élus sur ses listes. En outre, pour l’essentiel de nos concitoyens, qu’ils soient pour ou contre, c’est le lepénisme ou le marinisme qui existent, l’étiquette est secondaire. Le FN peut espérer imposer « les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Consultés par courrier depuis le 9 mai, les adhérents ont adopté ce nouveau nom avec près de 81 % des voix, a annoncé la présidente du parti d’extrême droite.
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Marine Le Pen annonce que le Front national devient Rassemblement national

Consultés par courrier depuis le 9 mai, les adhérents ont adopté ce nouveau nom avec près de 81 % des voix, a annoncé la présidente du parti d’extrême droite.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 19h45
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 21h47
   





                        



   


Une page se tourne au Front national. Marine Le Pen a annoncé vendredi 1er juin le changement de nom du parti, qui devient officiellement Rassemblement national. Consultés par courrier depuis le 9 mai, les militants ont adopté ce nouveau nom avec 80,81 % des voix, a annoncé la présidente du parti d’extrême droite.
« L’œuvre de refondation que nous avons entreprise se poursuit plus que jamais », a-t-elle lancé lors de son discours à Lyon, annonçant une « grande mutation stratégique, technique et politique ». « Cette grande rénovation se poursuivra jusqu’en décembre. C’est un moment émouvant, que nous allons vivre », a-t-elle ajouté.

        Lire aussi :
         

                Changement de nom du FN : « On est loin d’une révolution doctrinale »



Ce changement de nom « ferme un chapitre de l’histoire de notre mouvement national ouvert il y a un peu plus de quarante-cinq ans, mais c’est pour mieux en ouvrir un autre qui, je le crois, ne sera pas moins glorieux », a-t-elle dit en saluant les « peuples européens qui se réveillent », allusion à l’accession au pouvoir de partis alliés d’extrême droite en Europe, notamment en Italie.
A travers ce changement de nom du parti fondé en 1972, Mme Le Pen espère favoriser des alliances au cours des prochaines élections et attirer davantage d’électeurs. Elle avait justifié cette nouvelle appellation au cours du congrès du FN en mars à Lille.
« Ce nom, “Front national”, est porteur d’une histoire épique et glorieuse que personne ne doit renier. Mais vous le savez, il est pour beaucoup de Français un frein psychologique », avait-elle alors expliqué. Pour Mme Le Pen, ce nouveau nom « doit exprimer [la] volonté de rassemblement [de la formation]. A l’heure où l’immense majorité des Français aspire à la réunion de toutes les énergies, ce nom doit être un cri de ralliement, un appel à nous rejoindre ».

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                Cinq questions sur le changement de nom du FN



Jean-Marie Le Pen dénonce une « trahison »
Dans cet objectif d’alliances, Mme Le Pen a d’ailleurs proposé au chef de file de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, de former une liste commune pour les élections européennes de 2019. Les deux députés avaient déjà conclu « un accord de gouvernement » entre les deux tours de l’élection présidentielle en 2017.
« Nous voulons que se joignent à nous tous les mouvements qui veulent changer l’Europe (...) Une liste ouverte facilite cette fédération des énergies. Personne ne comprendrait que nous ne l’utilisions pas dès lors que l’intérêt national est en jeu », a-t-elle dit lors de son discours vendredi.
Avant même l’officialisation de ce nouveau nom, le fondateur du FN Jean-Marie Le Pen a dénoncé une « trahison » dans un communiqué diffusé vendredi après-midi :
« Le honteux effacement de son identité est le coup le plus rude que le Front national ait jamais reçu depuis sa fondation. J’en condamne les inspirateurs comme les exécutants. (...) Plus qu’une étiquette, c’est aussi une longue et courageuse histoire militante que l’on renie. »
Le Rassemblement national gardera toutefois l’emblème de la flamme, calque du logo du parti néofasciste italien Mouvement social italien (MSI), aujourd’hui disparu.

        Lire aussi :
         

                Union des droites : la digue entre LR et FN s’érode par la base






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Laurent Bordereaux, professeur d’aménagement de l’espace, estime que la loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique en cours d’examen à l’Assemblée nationale rend plus difficile la préservation des côtes françaises.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                   
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Loi ELAN : « L’amendement déposé par des députés LRM relatif à la loi Littoral suscite la controverse »

Dans une tribune au « Monde », Laurent Bordereaux, professeur d’aménagement de l’espace, estime que la loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique en cours d’examen à l’Assemblée nationale rend plus difficile la préservation des côtes françaises.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 19h00
    |

Laurent Bordereaux (Professeur à l’université de La Rochelle)







                        



                                


                            

Tribune. A l’heure de l’examen parlementaire du projet de loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN), l’amendement déposé par un groupe de députés LRM relatif à la loi Littoral suscite pour le moins la controverse.
Rappelons qu’il fait suite à toute une série de tentatives récentes d’assouplissement de ce texte majeur de protection des zones côtières adopté en 1986, dans le cadre de propositions de loi visant par exemple à mieux appréhender les risques naturels. Le présent amendement est ainsi très comparable à certaines dispositions d’un projet sénatorial du 30 janvier 2018 relatif au développement des territoires littoraux.
Sur le fond, il remet frontalement en cause l’un des piliers de la loi Littoral qui, au-delà des célèbres principes d’interdiction de construire dans la bande des cent mètres et dans les espaces remarquables, limite l’urbanisation sur l’ensemble du territoire des communes littorales en exigeant une continuité entre les projets d’aménagement et les zones déjà urbanisées.
Garde-fous flous
Cette dernière règle est au cœur du dispositif de protection voulu par le législateur en interdisant les constructions isolées qui mitent trop souvent l’espace littoral français, de la Normandie à la Méditerranée. Elle a suscité un contentieux abondant, le juge administratif ayant précisé en la matière qu’une extension de l’urbanisation ne pouvait légalement se concevoir qu’à partir d’une zone urbaine caractérisée par une densité significative de constructions, et non à partir d’une zone d’urbanisation diffuse.

En s’attaquant à ce dispositif anti-mitage du littoral, qui fait d’ailleurs écho aux préoccupations modernes de densification des zones (véritablement) urbanisées et de lutte contre l’artificialisation des sols, l’amendement litigieux a de quoi provoquer l’ire des associations de protection de l’environnement. Car, s’il était définitivement adopté, il permettrait, par une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Rocardien, élu local influent dans la Sarthe depuis 1976, membre de cabinets ministériels dès 1981, Jean-Claude Boulard avait fini par rallier Emmanuel Macron en 2017. Il est décédé le 31 mai à l’âge de 75 ans.
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La mort de Jean-Claude Boulard, le maire socialiste du Mans

Rocardien, élu local influent dans la Sarthe depuis 1976, membre de cabinets ministériels dès 1981, Jean-Claude Boulard avait fini par rallier Emmanuel Macron en 2017. Il est décédé le 31 mai à l’âge de 75 ans.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 18h01
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Michel Rocard l’avait qualifié de « défenseur acharné des mal-lotis ». Maire socialiste du Mans depuis 2001, ancien député et ancien sénateur, Jean-Claude Boulard est mort, jeudi 31 mai, dans sa ville, à l’âge de 75 ans, des suites d’une longue maladie. Emmanuel Macron, auquel il avait apporté son soutien dès janvier 2017, a rendu hommage à son ami, « à titre personnel », « épris d’équité et de progrès social, croyant à l’émancipation par le travail », qui « toute sa vie aura fait de l’intérêt général son unique boussole ».
Fils de professeur, petit-fils du musicien Théodore Dubois – dont il écrivit la biographie –, Jean-Claude Boulard naît le 28 mars 1943 à Nantes (Loire-Atlantique). « Par accident, racontera-t-il, j’ai passé toute mon enfance à Saint-Marceau », dans la Sarthe. Il poursuit ses études, brillantes, au lycée Henri IV, à Paris, puis à Sciences Po avant d’être élève à l’ENA (promotion Turgot, 1966-1968). A sa sortie, il intègre le Conseil d’Etat, auquel il vouera une fidélité totale tout au long de sa vie, marquée par d’incessants allers et retours entre ses mandats politiques et sa carrière administrative. Maître des requêtes en 1975, il avait été admis, en 2004, à faire valoir ses droits à la retraite du Conseil d’Etat.
Apprécié pour son grand humanisme
Très tôt, Jean-Claude Boulard entre en politique. « Je suis d’une génération qui s’est engagée contre la guerre en Algérie, pour la décolonisation, expliquait-il. Naturellement, je suis allé voir du côté du PSU avec Michel Rocard. Et je me suis engagé par conviction, sans souci de carrière. » En mars 1971, il est élu au conseil municipal de Saint-Marceau. Conseiller général (PS) de la Sarthe, dans le canton de Ballon, de 1976 à 2001, il devient, en 1981, puis de nouveau en 1988, directeur de cabinet du ministre de la mer, Louis Le Pensec, rocardien comme lui. Au PS, où il se fait apprécier pour son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Le site La Gauche m’a tuer avance qu’Emmanuel Macron annonce la suppression de 30 000 postes d’infirmières. Un chiffre fantaisiste.
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Macron a-t-il annoncé la suppression de 30 000 postes d’infirmières ?

Le site La Gauche m’a tuer avance qu’Emmanuel Macron annonce la suppression de 30 000 postes d’infirmières. Un chiffre fantaisiste.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 17h53
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Emmanuel Macron est-il sur le point de supprimer 30 000 postes d’infirmiers et d’infirmières ? C’est en tout cas ce qu’avance Mike Borowski, responsable du site proche de l’extrême droite La Gauche m’a tuer dans un article paru le 31 mai. Connu pour diffuser de nombreuses fausses nouvelles et classé comme très peu fiable dans le Décodex, La Gauche m’a tuer délivre, une nouvelle fois, une information biaisée en utilisant un chiffre détourné.
Pourquoi c’est faux
Le parcours de l’information partielle délivrée par La Gauche m’a tuer est tortueux. Le chiffre de 30 000 postes provient d’un article initialement publié sur le site Initiative communiste, puis repris sur la plate-forme Agoravox. Il y est précisé qu’Emmanuel Macron compte diminuer de 1,2 milliard d’euros la masse salariale des hôpitaux publics, « l’équivalent de 30 000 infirmières et infirmiers ». Une première nuance dont ne tient pas compte M. Borowski dans son article.

   


A la source de l’article d’Initiative communiste, un communiqué du syndicat Force ouvrière daté du 9 mai. Ce dernier fait mention d’un plan d’économies de 5 milliards auquel s’ajoute une économie de 1,2 milliard sur les seules dépenses de personnel. « Cela entraînera au minimum une suppression de 30 000 postes sur 5 ans », avance le communiqué.
Les chiffres du communiqué proviennent, eux-mêmes, d’une autre source. Dans un article daté du 7 mai 2018, le site Hospimedia, spécialisé dans l’actualité des problématiques de santé, révèle que le gouvernement envisage une économie de 1,2 milliard d’euros sur la masse salariale des établissements publics de santé d’ici 2019. Ce chiffre provient d’un document de la direction générale de l’offre de soins, disponible dans la version abonnés d’Hospimedia. Il ne s’agit toutefois que d’hypothèses de la part du gouvernement.
« Supprimer 30 000 postes d’infirmières, c’est impensable »
De l’article d’Hospimedia vient le chiffre avancé par Mike Borowski. Mais il ne s’agit que d’une supposition effectuée par le syndicat FO santé, qui estime que « ce scénario d’économies pris en application de la stratégie de transformation du système de santé représente une suppression de 30 000 postes sur cinq ans ».
« Je ne saurais pas vous dire si les 30 000 sont un chiffre réaliste. Il est quasiment impossible à vérifier et les chiffres syndicaux sont souvent exagérés, explique Pia Hémery, rédactrice en chef d’Hospimedia. Il s’agit dans tous les cas de 30 000 postes tous secteurs confondus. Supprimer 30 000 postes d’infirmières, c’est impensable ».
Contacté, le ministère de la santé infirme également ce chiffre, rappelant que plus de 20 000 infirmiers ont été recrutés dans les hôpitaux publics entre 2014 et 2017. Si la profession d’infirmière est épargnée par les coupes sombres dans ses effectifs, la réforme de la fonction publique d’Emmanuel Macron devrait conduire à un vaste plan de départs volontaires pour 120 000 fonctionnaires.

        Lire aussi :
         

                L’annuaire des fausses informations du Décodex






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤                     
                                                   
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Loto du patrimoine : « Nous demandons au président de la République de renoncer à se rendre dans la maison de Pierre Loti »

C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron a entrepris d’engager des initiatives visant à financer la rénovation de notre patrimoine culturel. A cet effet, un vaste « loto » sera organisé permettant d’abonder un fonds consacré au financement en tout ou en partie de 250 monuments français. Une démarche respectable, que nous serions prêts à soutenir, si le président de la République n’envisageait pas de lancer ce « grand loto du patrimoine » dans la maison de l’écrivain Pierre Loti à Rochefort, la veille des journées européennes du patrimoine 2018. Un tel acte aurait pour effet d’apporter une onction républicaine et européenne aux écrits d’un auteur qui s’est illustré par une haine d’une violence inouïe à l’égard des Arméniens et des juifs.
Aussi, souhaitons-nous, à travers cet appel, attirer l’attention sur les écrits de Pierre Loti.
Dans son livre La Mort de notre chère France en Orient », il écrivait : « « En ce qui me concerne, je suis mal tombé peut-être, mais je puis attester qu’à de rares exceptions près, je n’ai rencontré chez eux [les Arméniens] que lâcheté morale, lâchage, vilains procédés et fourberie. Et comme je comprends que leur duplicité et leur astuce répugnent aux Turcs, qui sont en affaires la droiture même ! Leurs pires ennemis sont les premiers à le reconnaître. J’oserais presque dire que les Arméniens sont en Turquie comme des vers rongeurs dans un fruit, drainant à eux tout l’or, par n’importe quel moyen, par l’usure surtout, comme naguère les Juifs en Russie ».
Actes ignobles
Dans Jérusalem, il écrivait encore : « En soi, cela est unique, touchant et sublime : après tant de malheurs inouïs, après tant de siècles d’exil et de dispersion, l’attachement inébranlable de ce peuple à une patrie perdue ! Pour un peu, on pleurerait avec eux – si ce n’étaient des Juifs (mots soulignés par l’auteur) et si l’on ne se sentait le cœur étrangement glacé par toutes leurs abjectes figures. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Jean-Yves Grenier, directeur d’études à l’EHESS, explique que la faible inflation et le chômage de masse créent un cercle vicieux.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     
                                                   
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Dette publique : « Si vous voulez qu’on vous prête de l’argent, il faut inspirer confiance »

Jean-Yves Grenier, directeur d’études à l’EHESS, explique que la faible inflation et le chômage de masse créent un cercle vicieux.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 15h09
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            
Jean-Yves Grenier, directeur d’études au Centre de recherches historiques à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et professeur à l’Ecole polytechnique, explique que la dette trouve son existence dans la guerre, et ce depuis la fin du Moyen Age.
Les Etats ont-ils toujours été endettés ?
Oui, historiquement, les Etats ont toujours été endettés. La spécificité de la dette publique, c’est qu’elle est reconnue par le successeur de celui qui l’a créée : elle est donc pérenne. Sous cette forme, elle apparaît à la fin du Moyen Age, dans les cités-Etat italiennes. Puis elle s’est développée, particulièrement en Europe.

Pour qu’il y ait dette publique, il faut un Etat suffisamment structuré. Mais il faut également un motif d’endettement. Et c’est la guerre qui, le plus souvent, produit la dette. Du XVIe au XVIIIe siècle, les Etats européens, tous de taille et de force moyennes, sont en guerre permanente. Prenons l’exemple de Louis XIV. Son rêve, Montesquieu l’a bien montré dans ses Réflexions sur la monarchie universelle en Europe, c’est de reconstituer une monarchie dominant l’Europe, sur le modèle de l’Empire romain. Mais pour cela, il faut se battre. La vraie passion de Louis XIV, c’est la guerre. Et pour la financer, il doit s’endetter et une bonne partie de l’Europe avec lui.
L’Europe est un cas particulier. A la même époque, la Chine, par exemple, dispose également d’un Etat développé, mais elle évite de s’endetter. L’une des raisons, c’est qu’elle est un empire et que ses ennemis sont des nomades peu équipés. Les combattre ne nécessite donc pas de gros investissements. A l’exception notable de la Muraille de Chine. Mais il n’y a qu’une Muraille de Chine. En Europe, il y a alors des fortifications partout.
Autre exemple, l’Empire romain était peu endetté. Car son système fiscal était efficace, et il faisait en outre payer les vaincus. Au XIXe siècle, les Etats-Unis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Plusieurs lycéens, qui pensaient valider une proposition d’admission sur l’application mobile de Parcoursup, se retrouvent un temps sans affectation. Une erreur de manipulation des usagers, selon le rectorat, qui recommande de se connecter sur un ordinateur.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Le ministre de la transition écologique et solidaire devait détailler un plan à 100 millions d’euros.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                   
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Nicolas Hulot veut faire de la France un leader mondial de l’hydrogène

Le ministre de la transition écologique et solidaire devait détailler un plan à 100 millions d’euros.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h30
    |

                            Nabil Wakim et 
Philippe Jacqué








                        



                                


                            

Nicolas Hulot est un homme pressé. Il n’a pas pu attendre vendredi 1er juin pour présenter son plan pour le développement de l’hydrogène. Dès mercredi 30 mai, le ministre de la transition écologique a dévoilé, à l’Assemblée nationale, les principales lignes de son plan pour promouvoir cette molécule hautement énergétique. Celui qui y croit dur comme fer depuis de nombreuses années entend « faire de la France un leader mondial de cette technologie ». Il va y consacrer 100 millions d’euros.
Le ministre défend l’essor de l’hydrogène, car c’est l’un des rares vecteurs énergétiques possibles aujourd’hui pour assurer la transition vers une économie décarbonée. En effet, l’hydrogène ne dégage pas de gaz carbonique à sa combustion. Cela permet notamment à des véhicules de tout type (voitures, véhicules utilitaires, bus, poids lourds, bateaux, trains et fusées) de se mouvoir sans dégager ni CO2 ni polluants, grâce à l’utilisation d’une pile à combustible, qui transforme l’hydrogène en électricité et en eau.
Utilisé par les raffineries, les usines chimiques ou les verreries

L’hydrogène peut également être utilisé pour produire de la chaleur, décarboner le gaz naturel ou stocker à long terme de l’énergie électrique. « Contrairement aux batteries, [la technologie] peut stocker l’électricité à long terme. Avec l’augmentation à venir de la production d’énergie solaire et éolienne, cette fonction sera importante », résume Philippe Boucly, membre de l’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible.
Pour l’instant, l’essentiel de l’hydrogène est utilisé par les raffineries, les usines chimiques ou les verreries. Or il est produit à partir d’énergies polluantes. « Pour 1 million de tonnes d’hydrogène produit, nous envoyons aujourd’hui dans l’atmosphère 13 millions de tonnes de CO2. En France, c’est près de 3 % de nos émissions de CO2 annuelles », constate-t-on au ministère de la transition...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Editorial. Glyphosate, publicité alimentaire, poules en batteries… le projet de loi, voté par l’Assemblée le 30 mai, est resté sourd aux attentes de la société civile et loin des promesses du président Macron.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                

Loi agriculture et alimentation : une défaite environnementale

Editorial. Glyphosate, publicité alimentaire, poules en batteries… le projet de loi, voté par l’Assemblée le 30 mai, est resté sourd aux attentes de la société civile et loin des promesses du président Macron.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h15
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Deux poids et deux mesures : ainsi peut se résumer le projet de loi agriculture et alimentation adopté en première lecture par l’Assemblée nationale mercredi 30 mai. D’un côté, un volet économique destiné à rééquilibrer le rapport des forces entre les agriculteurs et la grande distribution, afin d’assurer au monde agricole des revenus décents. D’un autre côté, un volet sanitaire et environnemental, visant notamment à promouvoir une alimentation plus saine et des modes de production plus respectueux des attentes et des inquiétudes des consommateurs.
Or, si le texte adopté par les députés a, peu ou prou, répondu aux revendications des agriculteurs (et notamment de leur principal syndicat, la FNSEA), il est manifeste qu’il est d’une extrême frilosité sur le volet environnemental. En effet, les parlementaires ont fait preuve d’une complaisance inédite pour les intérêts économiques de l’agroalimentaire et d’une surdité tout aussi remarquable aux revendications de la société civile.

        Lire aussi :
         

                Moisson de critiques contre Stéphane Travert sur le projet de loi agriculture et alimentation



Une forêt de renoncements
Le rejet de plusieurs amendements gravant dans la loi l’engagement présidentiel d’interdire l’usage du glyphosate, cet herbicide soupçonné d’avoir des effets cancérigènes, d’ici à 2021 est le signe le plus spectaculaire de cette pusillanimité. Mais il n’est que l’arbre qui cache une forêt de renoncements.
L’interdiction de diffuser des publicités pour l’alimentation transformée, facteur d’obésité chez les enfants ? Rejetée. L’interdiction des élevages hors sol de poules pondeuses en cage, autre promesse de campagne d’Emmanuel Macron ? Rejetée. L’interdiction des pratiques brutales dans la production animale, la castration à vif, le broyage de poussins vivants ? Rejetée. La vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs, qui permettrait de protéger autant les personnels, soumis à des cadences intenables, que les animaux ? Renvoyée à des expérimentations. Même l’interdiction des épandages de pesticides à proximité des lieux de vie a été écartée. Tout comme le projet d’établir, sur un autre dossier, un Fonds d’indemnisation des victimes des produits phytosanitaires. Même l’interdiction de l’épandage aérien des pesticides est remise en cause – au mépris du droit européen.
Les artisans du projet de loi peuvent mettre en avant quelques avancées, comme la séparation des activités de vente de pesticides et de conseil technique sur leurs usages, ou la libre commercialisation des semences paysannes. Mais celles-ci pèsent bien peu face au manque d’ambition général du texte.
Pourtant, les alertes des scientifiques se multiplient, qui dénoncent le modèle agricole dominant comme un facteur majeur d’érosion de la biodiversité, de dégradation de l’environnement et de l’émergence de sérieux problèmes sanitaires. Le gouvernement et le Parlement n’en ont cure, à l’évidence. Or c’est, précisément, ce modèle qui a contribué à décourager les agriculteurs, à vider les campagnes et à dévitaliser les territoires.
Les lobbys de l’agro-industrie ont donc, jusqu’à présent, très efficacement défendu leurs intérêts. Leur succès entérine, en quelque sorte, la défaite de Nicolas Hulot, ministre d’une transition écologique et solidaire de plus en plus évanescente. Mais il témoigne aussi du grand écart entre les déclarations du président de la République (du tonitruant « Make Our Planet Great Again » au cri d’alarme lancé, le 24 mars, sur l’érosion catastrophique de la biodiversité) et la politique effective du gouvernement.

Join the fight for nature, switch all your lights off. #EarthHour https://t.co/V7F2s9DkVR— EmmanuelMacron (@Emmanuel Macron)


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