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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le thème de l’édition 2018 de Rendez-vous aux jardins est « L’Europe des jardins ». Genève et sa région en abritent quelques-uns, remarquables. Certains, comme le Jardin botanique ou le potager du château de Prangins, sont exceptionnels.
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Genève, en ses jardins

Le thème de l’édition 2018 de Rendez-vous aux jardins est « L’Europe des jardins ». Genève et sa région en abritent quelques-uns, remarquables. Certains, comme le Jardin botanique ou le potager du château de Prangins, sont exceptionnels.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 16h45
    |

            Lucien Jedwab








                        



   


Différentes institutions culturelles d’une quinzaine de pays européens célèbrent ce week-end « L’Europe des jardins » (à l’exception notable du... Royaume-Uni). En Suisse, Genève et ses environs, jouissant d’une situation géographique privilégiée et d’une prospérité... enviable, en sont dotés de quelques-uns de tout à fait remarquables. L’existence de ces jardins a bien sûr à voir avec l’Histoire. A commencer par les Conservatoire et Jardin botaniques de la ville de Genève, qui ont récemment célébré leurs 200 ans. Cet anniversaire à été l’occasion pour l’institution scientifique genevoise de rendre hommage à son principal fondateur, Augustin-Pyramus de Candolle (1778-1841). Celui-ci a été un pionnier de la botanique, jouant un rôle essentiel dans le recensement et la description des plantes, d’abord en France, dans la période qui a suivi la Révolution, puis dans sa ville d’origine. On lui doit ainsi l’invention du terme « taxonomie », science des lois de la classification.

   


Situé lors de son inauguration dans l’actuel parc des Bastions – qui abrite le très austère monument dédié aux Réformateurs –, le conservatoire botanique créé par Candolle a emménagé en 1904, avec ses collections végétales, à la périphérie de la ville, non loin des bâtiments de l’ONU. Exceptionnelle, la bibliothèque, avec ses 100 000 volumes, et les millions d’échantillons des herbiers rassemblés par Candolle et ses successeurs (et aujourd’hui conservés dans d’anciens abris antiatomiques...) ont contribué à faire de Genève, en son temps, la « capitale de la botanique ». Les 28 hectares des jardins – traversés, pour l’anecdote, par le chemin de l’Impératrice (Joséphine de Beauharnais séjourna au château proche de Pregny) – sont dotés, entres autres, de grandes serres, d’un riche jardin de rocaille ou d’une belle allée de platanes plusieurs fois centenaires.

   


Autre jardin tout aussi unique, le potager historique du château de Prangins, à quelques dizaines de minutes de Genève. Réaménagé au XVIIe siècle, l’ancien château féodal, transformé en résidence d’agrément, a appartenu, au XIXe siècle, à un futur général suisse, avant d’abriter, jusqu’en 1920, un pensionnat très chic. Entre-temps, Voltaire lui-même, victime de l’arbitraire monarchique en France, séjourna à Prangins en 1754, puis aux « Délices », près de Genève, avant de franchir à nouveau la frontière et de s’installer à Ferney. Joseph Bonaparte, le frère aîné de Napoléon Ier, sera un temps propriétaire du domaine.

   


Le potager, lui, sera aménagé dès 1729 sur d’anciens fossés, avant même la finition du château. Sa conception, avec son tracé en croix et la répartition harmonieuse de ses plates-bandes, est inspirée des jardins médiévaux. Ses hauts murs de protection, sur lesquels s’appuient des fruitiers taillés en espalier, ceignent un espace de grande dimension (près de 100 mètres sur plus de 50), protégé des grandes variations de température et des intrusions. Sa physionomie, avec son bassin central, n’a pas changé depuis trois siècles.
Aujourd’hui, le château de Prangins est le siège romand du Musée national suisse, et le potager n’a plus pour seule fonction d’être un jardin nourricier. Deux cents variétés anciennes y sont cultivées, sous la supervision de son conservateur, Bernard Messerli. Celui-ci rappelle avec amusement que la pomme de terre n’a pas toujours eu le succès qu’elle connaît de nos jours, et qu’on l’a accusée de nombreux maux, avant que les disettes de la fin du XVIIIe siècle ne la mettent sur la table des pauvres comme des riches. Ayant réhabilité depuis longtemps des méthodes traditionnelles, les jardiniers pratiquent avec mesure la rotation des cultures et ont recours aux engrais verts, comme le compost, bien sûr, mais aussi le sarrazin ou le lupin, fauchés et laissés sur place pour nourrir le sol.

   


La fonction didactique du potager est illustrée par des plantations thématiques. Les plantes médicinales ou les herbes « aromatiques et condimentaires » y sont à l’honneur, bien sûr. Mais les plantes toxiques y sont également présentées, afin de mettre en garde les cueilleurs amateurs imprudents. Il est rappelé au passage que le poison peut être aussi dans la quantité... Un centre d’interprétation du potager, « Le jardin dévoilé », explique de manière vivante la production des légumes et des fruits au fil des saisons. Le château lui-même, en dehors de la vue qu’il procure sur les jardins et le Léman, abrite une exposition permanente : « Noblesse oblige ! La vie de château au XVIIIe siècle. » Et, actuellement, une passionnante exposition temporaire : « Indiennes. Un tissu révolutionne le monde ! » (jusqu’au 14 octobre).

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ La 8e édition du Festival de l’histoire de l’art se tient tout le week-end, avec pour thème le rêve, et comme pays invité la Grèce.
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Fontainebleau, capitale de l’histoire de l’art pour trois jours

La 8e édition du Festival de l’histoire de l’art se tient tout le week-end, avec pour thème le rêve, et comme pays invité la Grèce.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 12h22
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Ce week-end, en matière de festivals, il y a We Love Green à Vincennes… et le Festival de l’histoire de l’art à Fontainebleau. La comparaison s’arrête là, même si, après tout, rien n’interdit d’aller écouter Hélène Cixous le vendredi et Orelsan le samedi, d’assister à un entretien avec le Prix Nobel de littérature et peintre Gao Xingjian le samedi après-midi, et d’arriver largement à temps pour le concert de Björk.
Après Jeff Koons en 2017, c’est Jean-Michel Othoniel qui a été convié à lancer, vendredi 1er juin, cette 8e édition du festival coorganisé par l’INHA (Institut national d’histoire de l’art), le ministère de la culture et le château de Fontainebleau, dans le petit théâtre municipal à l’italienne qui fait face au château, et qui a, à nouveau, fait salle comble. « Il est essentiel d’ouvrir avec un artiste, tout simplement pour rappeler que l’histoire de l’art n’est pas une chose morte. Evidemment, nous choisissons toujours un artiste qui entretient un rapport fort avec l’art du passé », commente Eric de Chassey, directeur de l’INHA. Pour le thème retenu cette année, « le Rêve », le choix de Jean-Michel Othoniel s’est naturellement imposé.
Le verre coloré d’Othoniel
« Crystal Palace », l’exposition que lui consacrait la Fondation Cartier en 2003, ouvrait par un monumental lit de perles. « L’idée était celle d’une procession endormie de mon lit jusqu’à ma tombe, dans le jardin », résume-t-il. Partout le verre coloré, matériau séducteur, sensuel et onirique, exprime aussi une « fragilité » assumée. C’est à Rome, où il était pensionnaire à la Villa Médicis, qu’il a dessiné le Kiosque des noctambules, la bouche de métro située entre le Palais-Royal et le Louvre. Sa toute première commande publique, en 2000. Autre projet dans un espace patrimonial, remporté en 2015 : les sculptures-fontaines du bosquet du Théâtre d’eau à Versailles. Tout en arabesques de perles dorées, elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le Vendéen exhibe son « cœur foudroyé » sur « Bisous », son premier album.
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Myth Syzer, rappeur jupitérien

Le Vendéen exhibe son « cœur foudroyé » sur « Bisous », son premier album.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h48
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Voyez-le coqueter en casquette, survêt et baskets : de prime abord, Myth Syzer possède tout l’attirail du rappeur lambda. Mais, très vite, le cliché de la petite frappe jouant les gros bras se dégonfle. S’il exhibe ses biscotos, c’est pour montrer le « cœur foudroyé » qu’il s’est tatoué, côté droit. « L’amour, faut que ça gronde, dit-il dans un murmure. Ce tatouage, je l’ai fait pour une fille très “strange”, intense. »
Il l’a plaquée il y a peu, et en est encore tout « tétanisé ». Les coups de foudre, l’ami Myth ne carbure qu’à ça. Son premier album, paru fin avril, est né des cendres d’un précédent orage amoureux. S’il l’a écrit dans la position du lover largué, lui n’est pas du genre à menacer ses ex de se « faire “marie-trintigner” » (Orelsan, 2006) ; le disque s’appelle Bisous, et il n’est qu’amour. « Personne ne t’écoute si tu cries : “Va te faire foutre, salope !” La douceur est plus musicale que la haine. Là, je travaille sur de nouveaux morceaux, va falloir s’accrocher. Des hits très tristes, très “deep”, beaucoup moins “baby” que sur Bisous. »
Papa, « un vrai DJ du ciel ! »
Enfant, Syzer a vu son père diriger bien des éclairs : ébéniste à mi-temps, le daron était aussi artificier. Etonnez-vous, face à une telle mythologie familiale, que Myth se jupitérise l’épiderme : « Sur certains spectacles pyrotechniques, j’aidais papa à faire la soudure. C’était technique, il fallait synchroniser les mortiers avec la musique… Un vrai DJ du ciel ! », raconte-t-il, des étoiles plein les pupilles. Né à La Roche-sur-Yon (Vendée) en 1989, Thomas Lessoudé la quitte dix-sept ans plus tard, au moment où sa mère, assistante sociale, et son père se séparent : « J’en avais marre de les voir s’engueuler. La rupture leur a fait du bien. » Direction Londres, pour cinq mois, puis Paris, où il vit depuis dix ans : « J’ai besoin du coup de “boost”...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Des dessins originaux tirés de l’album de bande dessinée de « Coke en stock » doivent être vendus aux enchères, samedi aux Etats-Unis, lors d’une séance qui devrait rapporter des centaines de milliers de dollars.
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Deux rares dessins de Tintin datés de 1957 mis aux enchères aux Etats-Unis

Des dessins originaux tirés de l’album de bande dessinée de « Coke en stock » doivent être vendus aux enchères, samedi aux Etats-Unis, lors d’une séance qui devrait rapporter des centaines de milliers de dollars.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h23
   





                        


Toutes deux tracées de la main du dessinateur belge Hergé en 1957, ces illustrations, l’une crayonnée (35,2 x 50 cm), l’autre réalisée à l’encre d’Inde (30,7 x 47,7 cm), pourraient récolter entre 618 000 et 825 000 euros, d’après Heritage Auctions, qui les met en vente à Dallas, au Texas. La société de vente aux enchères doit diffuser l’événement en direct depuis son siège néerlandais, près d’Utrecht.
Les deux esquisses représentent la page 58 des aventures du célèbre reporter à la houppette blonde dans le 19e album d’Hergé, publié en 1958. Au début de cette planche découpée en douze cases, on voit Tintin, le capitaine Haddock, son fidèle compagnon Milou et le pilote estonien Piotr Szut, bandeau noir sur l’œil, regardant vers la mer.

   



   


Une planche « remarquable »
Sous leurs pieds, dans les profondeurs de l’océan, un plongeur tente d’accrocher une mine au navire, avant d’être assommé par une ancre. Puis, la tête bandée, le plongeur est soigné dans un sous-marin tandis qu’à la dernière case, la mine, gobée par un requin victime de hoquets, explose à l’horizon sous le regard ébahi de Tintin et du capitaine Haddock.
Ces planches « sont des exemples excellents de la technique de dessin de la ligne claire », le style graphique rigoureux dans lequel excellait Hergé, a souligné l’expert belge en arts de bande dessinée Eric Verhoest.
« Mais ce ne sont pas seulement les dessins, c’est aussi la manière dont il fait avancer l’histoire. Hergé était un maître en la matière », a expliqué M. Verhoest. « C’est avec une grande ingéniosité qu’Hergé organise l’espace en fonction de l’endroit », à bord du bateau, sous l’eau et dans le sous-marin, a ajouté Heritage Auctions.
Il est rare que des dessins originaux d’Hergé soient mis sur le marché, car l’artiste ne les offrait qu’occasionnellement à des amis proches en guise de cadeau, a-t-elle précisé dans un communiqué.
La planche mise en vente samedi avait été offerte par le Belge à un « ami scandinave » dans les années 1970 qui l’a ensuite vendue à un acheteur « dans une région germanophone d’Europe », a précisé M. Verhoest.
Trois autres dessins de Tintin sont mis aux enchères lors de la même séance : une couverture en couleur de l’album Rackham le Rouge, un dessin des Dupondt annonçant la parution de ce même album à la « une » du Soir en 1943 et un dessin extrait de la 38e planche de l’album Le Temple du soleil.
Tintin est une star incontestée des enchères. Un dessin à l’encre de Chine pour les pages de garde des albums de Tintin publiés de 1937 à 1958 a été adjugé pour 2,65 millions d’euros par Artcurial en 2014. Un record mondial.
Plus tôt ce mois-ci, une rare aquarelle de 1939 de l’album Le Sceptre d’Ottokar s’est vendue pour plus de 600 000 euros chez Christie’s à Paris.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Opération phare de l’aménagement en France, la première étape de la reconquête de la Presqu’île s’achève à Lyon. Le début de la seconde phase traduit une rupture de style.
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Urbanisme : Lyon Confluence troque la couleur pour la rigueur

Opération phare de l’aménagement en France, la première étape de la reconquête de la Presqu’île s’achève à Lyon. Le début de la seconde phase traduit une rupture de style.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 11h00
    |

            Grégoire Allix (Lyon, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Un donjon de béton clair se dresse au cœur du quartier de la Confluence, à Lyon. Cette tour de logements de seize étages, avec ses balcons ronds qui saillent aux quatre coins comme des échauguettes, domine un îlot compact de huit bâtiments à l’élégance austère, groupés autour de deux cours arborées. Inauguré le 18 mai par le président de la Métropole de Lyon, David Kimelfeld (La République en marche), ce bloc, baptisé Ynfluences Square par son promoteur Icade, marque un spectaculaire changement de style pour l’une des plus ambitieuses opérations d’urbanisme en France : l’aménagement de la Presqu’île de Lyon, entre Rhône et Saône, sur 150 hectares, pour doubler la superficie du centre-ville.
La première phase, commencée en 2003 côté Saône, s’achèvera à l’été, après un total de 400 000 m2 construits et 1,16 milliard d’euros d’investissements publics et privés – une exposition aux Archives municipales retrace ces quinze années qui ont remodelé le paysage lyonnais. L’inauguration d’Ynfluences Square concrétise le lancement de la seconde étape de l’opération, côté Rhône. « C’est un îlot démonstrateur, le mètre étalon de ce qui va se construire pendant dix ans sur le reste de la seconde phase », revendique Pierre Joutard, le directeur général de la société publique locale (SPL) Lyon Confluence, chargée de piloter cet aménagement. « Nous avons voulu une écriture plus sage, une architecture apaisée, un retour de l’îlot à la lyonnaise », résume Michel Le Faou, vice-président de la métropole, chargé de l’urbanisme.
Jacques Herzog et Pierre de Meuron, duo suisse d’architectes urbanistes à la réputation mondiale, ont dessiné le plan-masse et défini les règles du jeu de toute cette seconde phase. Ils sont aussi les architectes de la tour et les coordinateurs de l’îlot Ynfluences Square, où interviennent cinq architectes et un paysagiste. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la rigueur helvétique succède au feu d’artifice d’architectures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ En remontant la pièce d’Eschyle avec des migrants ayant connu la même situation que les Danaïdes, Jean-Luc Bansard offre une mise en abyme vertigineuse, raconte Frédéric Potet dans sa chronique.
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Pourquoi il faut écouter « Les Suppliantes »

En remontant la pièce d’Eschyle avec des migrants ayant connu la même situation que les Danaïdes, Jean-Luc Bansard offre une mise en abyme vertigineuse, raconte Frédéric Potet dans sa chronique.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h20
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Il faut lire ou relire Eschyle. Dans Les Suppliantes, pièce écrite dans les années 466 à 463 avant J.-C., le poète grec narre le début d’un épisode antique faisant étonnamment écho à la crise des migrants qui sévit actuellement en Europe : le mythe des Danaïdes. Refusant d’être mariées de force à des cousins germains, cinquante femmes – les filles de Danaos – entreprennent de fuir l’Afrique par la mer pour se réfugier sur les rives de la cité grecque d’Argos, où elles réclament la protection du souverain local. Ce dernier va accepter de leur accorder l’asile, au nom des lois de l’hospitalité, malgré la menace d’une guerre.
C’est en entendant le directeur du Festival d’Avignon, Olivier Py, grand propagateur de l’œuvre d’Eschyle, parler de cette tragédie à la radio en 2015, que le metteur en scène Jean-Luc Bansard a décidé de s’en emparer avec sa troupe, le Théâtre du Tiroir, basée à Laval (Mayenne). La dimension prémonitoire du texte lui interdisant « une adaptation traditionnelle », il a alors eu l’idée de « convertir » au théâtre des migrants récemment arrivés sur le territoire français.
Vingt-six siècles séparent « Les Suppliantes » des sauvetages en Méditerranée d’embarcations de fortune
Jean-Luc Bansard n’est pas le seul à faire monter sur scène des candidats au statut de réfugié. La troupe anglaise du Good Chance Theatre s’en est fait également une spécialité depuis plusieurs années, par le biais d’ateliers organisés dans des campements et des centres d’hébergement. La différence tient, ici, au choix du répertoire : vingt-six siècles séparent Les Suppliantes (l’une des plus anciennes pièces de théâtre de l’humanité) des sauvetages en Méditerranée d’embarcations de fortune ; la mise en abyme n’en est que plus vertigineuse, dès lors que le texte est déclamé par des hommes et des femmes ayant connu cela.
Pour recruter ses comédiens, le metteur en scène est allé frapper...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le Vénézuélien Alberto Barrera Tyszka a écrit « Les Derniers Jours du Commandant » alors même que la santé du « présidente », et avec elle celle de son pays, déclinaient.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Histoire d’un livre. Tandis qu’Hugo Chavez agonise

Le Vénézuélien Alberto Barrera Tyszka a écrit « Les Derniers Jours du Commandant » alors même que la santé du « présidente », et avec elle celle de son pays, déclinaient.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h00
    |

                            Ariane Singer (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Les Derniers Jours du Commandant (Patria o muerte), d’Alberto Barrera Tyszka, traduit de l’espagnol (Venezuela) par Robert Amutio, Gallimard, « Du monde entier », 260 p., 22 €.

En annonçant à la télévision, le 30 juin 2011, depuis La Havane, à Cuba, qu’il venait d’être opéré d’un cancer, le président vénézuélien Hugo Chavez (1954-2013) plongeait nombre de ses compatriotes dans le désarroi. Parmi eux se trouvait le romancier, journaliste et scénariste Alberto Barrera Tyszka. « Il y avait déjà des rumeurs, une certaine attente. L’image n’était pas très claire. Je me souviens avoir été surpris par sa maigreur. Il a fait quelque chose qu’il n’avait jamais fait : il a lu un premier message. Il ne s’est même pas offert le luxe d’improviser. C’était le premier signe de gravité. Le second : les mots “cellules cancérigènes” », raconte-t-il au « Monde des livres ».
Si l’écrivain a été passablement perturbé, ce n’est pas par sympathie particulière envers le leader de son pays, auquel il avait consacré en 2005 une importante biographie (non traduite) ; issu d’une gauche profondément antimilitariste, il confie ne s’être jamais identifié à cet homme et n’avoir jamais voté pour lui. Mais ce coup de théâtre dans la vie jusqu’ici parfaitement orchestrée du chef d’Etat allait finir par entrer en collision avec l’« agenda » littéraire d’Alberto Barrera Tyszka. A l’époque, ce dernier, déjà auteur d’une dizaine de livres, était à la moitié de son nouveau roman : une histoire sur la montée de la violence à Caracas, où une mère décidait d’enfermer sa fille de 10 ans pour la protéger du monde extérieur. L’état du Venezuela, vivant, totalement désemparé, au rythme de la publication des bulletins de santé de son dirigeant depuis 1999, allait profondément peser sur son travail, au point de complètement transformer ce récit initial – dont il a cependant gardé quelques éléments.
Ce que fut le ­chavisme
« A mesure...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » propose une liste d’émissions et de podcasts à savourer en différé.
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Coupe du monde, Trump… Quatre replays et podcasts à savourer ce week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » propose une liste d’émissions et de podcasts à savourer en différé.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 06h52
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au menu de notre liste ce samedi : un portrait de Donald Trump en tricheur invétéré, un documentaire sur l’âpre bataille de la Russie pour décrocher la Coupe du monde et un podcast sur des parents confrontés à la radicalisation de leur fille.
Guerre froide autour du Mondial 2018

   


Comment la Russie a-t-elle gagné le droit d’organiser la Coupe du monde de football 2018 ? A la veille de l’ouverture du tournoi planétaire (du 14 juin au 15 juillet), les zones d’ombre autour du vote d’attribution du 2 décembre 2010 persistent alors que ce pays était, pourtant, doté du plus mauvais dossier de candidature. Dans La Coupe du monde des ­espions, le documentariste danois Niels Borchert Holm et son confrère Jon Adelsten reviennent sur l’âpre duel que se sont livré lors du scrutin la Russie et l’Angleterre, berceau du football, qui ne récolta que deux suffrages et fut éliminée dès le premier tour. En marge de leur intense campagne de lobbying, les deux pays candidats ont eu recours à tous les procédés pour remporter la mise. Dans un climat de guerre froide, ils se sont notamment appuyés sur leurs services de renseignement pour s’épier et collecter des données. Rémi Dupré
La Coupe du monde des espions, de Niels Borchert Holm et Jon Adelsten (All., 2018, 55 min) sur Arte.fr jusqu’au 27 juin.
« Soupçons », l’épilogue

Le 9 décembre 2001, Dur­ham, Caroline du Nord. Michael Peterson appelle les urgences, paniqué. Sa femme, Kathleen, 49 ans, gît au pied de l’escalier de la maison familiale. Deux ans plus tard, l’écrivain, qui clame toujours son innocence, est condamné pour meurtre. C’est le début d’un récit judiciaire aux nombreux soubresauts auquel Jean-Xavier de Lestrade a consacré une série documentaire que Canal+ rediffuse en intégralité, y compris les trois épisodes inédits qui constituent l’épilogue. Dans celui-ci, Jean-Xavier de Lestrade se concentre sur les états d’âme de son personnage ; un grand-père de 71 ans fatigué, au regard triste et en attente d’une décision de justice. Un portrait pathétique qui tranche avec le piquant des premiers épisodes, où le réalisateur s’attachait à décortiquer les subtilités, mais aussi – et surtout – les absurdités de la machine judiciaire américaine. Pour autant, les lacunes de ce dénouement n’altèrent en rien la qualité de Soupçons, série judiciaire magistrale qui fera date. Mathieu Ait Lachkar et Camille Langlade
Soupçons (The Staircase), de Jean-Xavier de Lestrade (Fr., 13 × 52 min). Les épisodes sont sur mycanal.fr.
Donald Trump ou le portrait d’un tricheur

   


Le sixième volet de Dirty Money (2018), d’Alex ­Gibney, disponible sur Netflix, faisait le portrait de « l’escroc » Donald Trump, du temps où l’homme passait encore pour un exemple de réussite, alors que celle-ci était fondée sur de nombreux tours de passe-passe et d’irrégularités qui firent beaucoup de victimes collatérales. La série documentaire britannique Donald Trump : un rêve ­américain reprend cette thématique et la développe en décryptant les ressorts d’une étonnante destinée. Il ne s’agit pas de son accession à la présidence des Etats-Unis mais de tout ce qui l’a précédée.
Comportant de nombreuses ­archives et des entretiens, cette ­série compose le portrait d’un tricheur, mentant constamment, attaquant dès qu’on le contredit. Il est facile de se payer la tête de Donald Trump. Mais ce portrait, majoritairement à charge, le fait de manière sérieuse et documentée sans amoindrir la force d’un charisme qui permit naguère à Trump de séduire à peu près tout le monde avec un culot, un ­cynisme et une absence de ­surmoi phénoménaux. Renaud Machart
Donald Trump : un rêve américain, de Barnaby Peel (GB, 2018, 4 × 48-66 min) sur Netflix.
Une famille face à l’islamisme

   


Plus de 550 Français enrôlés par l’Etat islamique vivent actuellement en Syrie. Certains islamistes radicaux repentis sont revenus en France et livrent leur expérience au sein de ce régime qu’ils qualifient de nazi. Ma fille sous influence analyse, justement, le phénomène de radicalisation qui menace notre démocratie. Ce passionnant documentaire radiophonique est le fruit de plusieurs mois d’enregistrements au cœur d’une famille française. Celle de Nathalie et Daniel, parents de deux enfants, dont la vie bascule, en mai 2014, lorsqu’ils sont avertis qu’Emma, leur fille aînée, va être exfiltrée par un petit groupe d’extrémistes religieux pour rejoindre Daech en Syrie. Il ne reste que quelques jours pour déjouer le piège. Comment éloigner Emma de Trappes, où elle vit ? Comment lutter contre des recruteuses agressives ? Ce document sonore nous plonge au cœur d’une histoire qui vaut le détour. Alain Constant
Ma fille sous influence, de Laure Marchand et Rémi Dybowski (5 x 28 min). Sur franceculture.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ A écouter cette semaine : les premiers interprètes du célèbre compositeur, un pianiste russe de génie, le nouvel album de la chanteuse de fado…
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Sélection albums : Claude Debussy, Emil Gilels, Mariza…

A écouter cette semaine : les premiers interprètes du célèbre compositeur, un pianiste russe de génie, le nouvel album de la chanteuse de fado…



Le Monde
 |    01.06.2018 à 19h18
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 19h24
   





                        


Claude Debussy Ses premiers interprètes

   


Comment interpréter Debussy ? Cent ans après la mort du compositeur (1862-1918), la question reste ouverte. L’indispensable coffret publié par Warner recèle quelques réponses gravées dans les disques d’antan. Ou dans des rouleaux (de piano pneumatique) quand il s’agit de Debussy lui-même. A l’écouter jouer un de ses préludes (La Soirée dans Grenade), on comprend qu’il traite les sons en plasticien. A écouter Ricardo Viñes (le créateur « attitré » des pièces pour piano de Debussy) dans la même partition, on jurerait que l’expression doit s’épanouir non dans le relief, mais dans le mirage des formes… Qui a raison ? L’interrogation se répète avec les interprétations (d’autres pages) par Alfred Cortot, Marguerite Long, Marcelle Meyer ou Walter Gieseking, ce dernier offrant la plénitude debussyste par un magnétisme tour à tour délicat et féroce. En musique de chambre, à l’orchestre et, bien sûr, à l’opéra, une leçon se dégage des multiples confrontations. Etre fidèle à Debussy, c’est donner l’impression qu’on fait entendre son œuvre pour la première fois. Pierre Gervasoni
1 coffret de 10 CD Warner Classics.
Emil Gilels The Unreleased Recitals at The Concertgebouw

   


Les enregistrements de cinq récitals d’Emil Gilels donnés au Concertgebouw d’Amsterdam entre 1975 et 1980 ont été exhumés grâce à Kirill Gilels, en quête, des années durant, des enregistrements inédits de son grand-père. Restaurés avec soin dans la collection « The Lost Recordings » par un procédé mis au point par le label Fondamenta – fondé, entre autres, sur des technologies Devialet –, ces cinq disques donnent à entendre de façon exceptionnelle le génie du pianiste russe, injustement resté dans l’ombre de son compatriote Sviatoslav Richter. Gilels décline son art unique du phrasé et de la colorisation dans un répertoire allant de Mozart à Prokofiev en passant par Brahms, Ravel, Chopin, Liszt, Schumann, Scriabine et, bien sûr, Beethoven, son compositeur de prédilection. Son piano, aussi construit qu’instinctif, éblouit de vitalité. Un trésor dans lequel chaque auditeur peut plonger sans avoir à choisir : chaque morceau est une pépite. Anna Sigalevitch
1 coffret de 5 CD Fondamenta.
Mariza Mariza

   


Voix admirable, magnifique de plénitude, Mariza navigue entre fado et autres couleurs, dans ce septième album, comme dans le précédent, Mundo, en 2015, dont on était ressorti quelque peu groggy par la déception. Ce parti pris de digression du genre qu’elle a porté vers des sommets depuis son premier disque, Fado em mim (« le fado en moi »), en 2002, est ici beaucoup mieux maîtrisé. Si du superflu s’y égare encore, telle une reprise de la populaire chanteuse portugaise Carolina Deslandes (Por tanto te amar), la présence du violoncelliste brésilien Jaques Morelenbaum et un duo avec sa compatriote fadista Maria da Fé font du bien. La chanteuse a également réuni autour d’elle ses fidèles, le délicat José Manuel Neto, à la guitare portugaise, les compositeurs Tiago Machado, Jorge Fernando, Mario Pacheco. Elle reprend Quem me dera, de l’Angolais Matias Damasio (qu’ont chanté Gal Costa et Caetano Veloso), et signe elle-même Oraçao, évoquant une femme triste qui va « comme feuille au vent ». Née au Mozambique, Mariza se plaît à faire danser le fado et lui insuffler un joyeux sang rythmique en convoquant basse et percussions, comme sur Trigueirinha, écrit et composé par Antonio Vilar da Costa et Jorge Fernando, qui ouvre l’album, produit, comme l’était Mundo, par l’Espagnol Javier Limon. Patrick Labesse
1 CD Parlophone/Wea.
Joshua Redman, Ron Miles, Scott Colley, Brian Blade Still Dreaming

   


De 1976 à 1987, le saxophoniste Dewey Redman a mené, avec le trompettiste Don Cherry, le contrebassiste Charlie Haden et le batteur Ed Blackwell, le groupe Old and New Dreams, évocation de l’univers musical du saxophoniste Ornette Coleman, avec lequel les quatre musiciens avaient régulièrement joué. Cette fois, c’est le saxophoniste Joshua Redman, fils de Dewey, qui reprend cette forme que l’on peut considérer comme un double hommage : au quartette sans piano « colemanien », né au début des années 1960, et à Old and New Dreams. Le tout en six compositions de Redman et du contrebassiste Scott Colley et deux reprises, l’une d’Haden et l’autre de Coleman. Avec Redman et Colley, le trompettiste Ron Miles et le batteur Brian Blade œuvrent avec bonheur dans cette alliance rythmico-mélodique, imbrication constante du construit, du prévu et de l’improvisé, qui sonne dorénavant classique et, pour autant, totalement d’aujourd’hui, de l’allègre New Year au délicat The Rest, qui s’éloigne dans une brume musicale. Sylvain Siclier
1 CD Nonesuch/Warner Music.
Father John Misty God’s Favorite Customer

   


Après une série d’albums publiés sous le nom de J. Tillman, au folk-rock joliment ouvragé, le multi-instrumentiste (il fut aussi batteur des Fleet Foxes de 2008 à 2012) Joshua Tillman a pris la lumière en se glissant, depuis 2012, dans la peau de Father John Misty. Comme libéré par ce pseudo de prédicateur, le natif de Rockville (Maryland), élevé dans une famille chrétienne évangélique, a plongé sa plume, ses instruments et son ego dans une majesté qui en fait aujourd’hui une des figures du rock indépendant américain. Après le succès du très arrangé I Love You, Honeybear (2015) et la densité politico-littéraire (un peu indigeste) de Pure Comedy (2017), ce quatrième album traverse des paysages plus intimes, au rythme de mélodies souvent brillantes, rappelant les raffinements country-folk-rock de No Other (1974), le chef-d’œuvre de Gene Clark. La voix d’or de cet amoureux blessé jouant avec grandeur de l’introspection (Please Don’t Die) comme de l’ironie (Mr Tillman). Stéphane Davet
1 CD Bella Union/PIAS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le père, Edouard, financier fortuné, a bâti une collection d’art contemporain désormais ouverte au public. Son fils Charles, musicien, en dirige la fondation.
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Sur l’île de Porquerolles, le trésor révélé des Carmignac

Le père, Edouard, financier fortuné, a bâti une collection d’art contemporain désormais ouverte au public. Son fils Charles, musicien, en dirige la fondation.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h55
    |

            Laurent Carpentier (Hyères (Var), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Ils sont tous là, ou presque, rangés dans une suite de salles lumineuses et futuristes en forme de cathédrale païenne, construite à sept mètres sous une propriété viticole. La nef, le transept, le chœur, les absides sont éclairés par un plafond d’eau. Là-haut, l’ancienne piscine a été transformée en bassin qui filtre et fait danser les rayons du soleil. En bas, Andy Warhol, Gerhard Richter, Calder et Yves Klein, Ed Ruscha, Keith Haring, Maurizio Cattelan ou John Baldessari… Dans le chœur sans autel, une immense fresque, triptyque arrondi signé Miquel Barcelo, toile rendue rigide par la matière, dessine un fond marin peuplé de méduses et d’ectoplasmes.
Normal, nous sommes sur une île. Pas la moins chic. Porque­rolles, à quelques encablures d’Hyères, dans le Var. C’est là qu’Edouard Carmignac, qui a fait fortune dans les fonds d’investissements, a décidé d’ouvrir au public sa collection en rachetant il y a une demi-douzaine d’années le domaine de La Courtade. « Bruce Nauman, Ugo Rondinone… Non, ce n’est pas du name dropping, mais des choix forts », soutient Dieter Buchhart, le commissaire de ­l’exposition inaugurée le 1er juin dans l’odeur du maquis, avec la chanteuse Camille en guest star sortant de la forêt.

Edouard Carmignac. Fortune estimée à 1,72 milliard d’euros par le magazine Forbes, 50e place du classement des Français les plus riches selon Challenges. Respecté pour son flair, connu pour son pouvoir de séduction, craint pour son iconoclastie. Une « machine à penser vite », comme le rappelle un ancien de sa société, qui a la réputation de prendre les décisions seul. Autoritaire ? « Je suis exigeant, se défend-il. La France est un pays où la réussite est mal vue, la finance également : j’ai tout pour plaire… »
« Insoumis »
Quand, il y a dix ans, il a acheté pour 6,4 millions d’euros Fallen Angel, une des plus belles œuvres de Jean-Michel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Créée en l’an 2000, la Fondation – qui gère la collection Carmignac – s’est installée sur la plus grande des trois îles d’Hyères en mer Méditerranée.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ A Saint-Paul-de-Vence, le défilé de mode Louis Vuitton du 28 mai a ravivé les querelles entre héritiers.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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La Fondation Maeght se retrouve sans directeur

A Saint-Paul-de-Vence, le défilé de mode Louis Vuitton du 28 mai a ravivé les querelles entre héritiers.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 18h48
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h53
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Le 21 mai, Yoyo Maeght, ­petite-fille d’Aimé Maeght (1906-1981), qui créa, en 1964, la fondation qui porte son nom sur les hauteurs de Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes), publie un communiqué dans lequel elle rappelle avoir démissionné du conseil d’administration de la fondation en 2011 et dénonce la fermeture, pendant quelques jours, de celle-ci au public, afin que s’y tienne un défilé de mode Louis Vuitton. Elle énumère la liste prestigieuse des artistes qui y furent exposés – Bonnard, Miro, Braque, Calder, etc. – et définit ainsi la mission de l’institution : « Créer l’événement et non servir de décor à l’industrie du luxe ». Le défilé Louis Vuitton Croisière 2019 a eu lieu, le 28 mai, non sans que l’actuelle direction de la fondation réplique à Yoyo Maeght.

Mais qui dirige la Fondation Maeght ? Selon ses termes, « Adrien Maeght préside le conseil d’administration de la Fondation, qui réunit des personnalités, des représentants de l’Etat ainsi que des membres de la famille Maeght. » Ces membres, c’est d’abord Isabelle Maeght, fille d’Adrien – lui-même fils d’Aimé et né en 1930 – et sœur de Yoyo, dont le prénom à la naissance était Françoise. Isabelle dirige la galerie et la librairie parisiennes, mais elle est très présente à Saint-Paul-de-Vence. C’est aussi Jules, leur frère, chargé de l’imprimerie et de l’édition, qui demeure en retrait d’un affrontement devenu de plus en plus violent depuis 2011, Yoyo menant par livres et conférences sa bataille contre ce qu’elle considère comme l’abandon des ambitions de ses grands-parents. On n’y verrait qu’une banale querelle entre héritiers si c’était là le seul élément de l’affaire.
Le principal est ailleurs, dans la gestion et la politique artistique de la fondation
Le principal est ailleurs, dans la gestion et la politique artistique de la fondation. De 1969 à 2004, ces fonctions étaient remplies par Jean-Louis Prat, né en 1940, ancien collaborateur du commissaire-priseur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Pas moins de 1 538 offres sont proposées entre le 6 et le 29 juillet, aux côtés de la programmation officielle.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/06/2018
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Foisonnement de spectacles pour le « off » d’Avignon

Pas moins de 1 538 offres sont proposées entre le 6 et le 29 juillet, aux côtés de la programmation officielle.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h31
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

L’édition 2018 du Festival « off » d’Avignon, qui se déroulera du 6 au 29 juillet, affiche un nouveau record : pas moins de 1 538 spectacles y seront programmés, contre 1 480 en 2017. Pierre Beffeyte, président de l’association Avignon Festival & Compagnies (AF & C), a beau dire que « la quantité n’est pas la seule finalité », que ce chiffre démesuré fait de la cité des Papes « un lieu unique de création » et constitue « la preuve d’une immense vitalité des artistes, qui ont une foi inébranlable pour faire vivre le spectacle vivant », cette progression constante du nombre de spectacles interroge.

Car ce foisonnement de propositions artistiques cache une redoutable contradiction : si le « off » est une poule aux œufs d’or pour les loueurs de salle, il est très loin de rémunérer correctement les quelque 4 667 artistes qui vont y tenter leur chance. En présentant, jeudi 31 mai, la nouvelle édition du « off », Pierre Beffeyte l’a reconnu : « La précarisation se développe, trop d’artistes ne sont pas, ou mal, payés. » Même le député (LRM) du Vaucluse Jean-François Cesarini a abondé dans son sens : « En juillet, toute la ville vit très bien du Festival, sauf les artistes. Il faut changer cela. » Pour la petite histoire, ce parlementaire interprétera, pendant le « off », un seul-en-scène intitulé Demain vite ! Conférence excentrique, de Michel Bellier, au théâtre Cabestan.

Au fonds de soutien en faveur de la professionnalisation, lancé en 2017 pour aider les compagnies (80 projets, soit 201 artistes, ont reçu une aide à hauteur de 1 000 euros par artiste en 2017), s’ajoute, a annoncé Pierre Beffeyte, la création, le 1er juin, de la Fondation AF & C, un nouvel outil de financement qui fera notamment appel à des entreprises ­mécènes. Mais au-delà de l’aspect financier, l’association qui encadre le « off » est à la recherche de nouveaux publics. « Il ne faut pas se plaindre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Notre choix du soir. Cette série documentaire retrace, à partir d’archives anciennes et rares, la destinée du président des Etats-Unis avant sa campagne victorieuse (sur Netflix à la demande).
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TV – « Donald Trump : un rêve américain »

Notre choix du soir. Cette série documentaire retrace, à partir d’archives anciennes et rares, la destinée du président des Etats-Unis avant sa campagne victorieuse (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    01.06.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Série documentaire sur Netflix à la demande

   


Le sixième volet de Dirty Money (2018), d’Alex ­Gibney, disponible sur Netflix, faisait le portrait de « l’escroc » Donald Trump, du temps où l’homme passait encore pour un exemple de réussite, alors que celle-ci était fondée sur de nombreux tours de passe-passe et d’irrégularités qui firent beaucoup de victimes collatérales.
La série documentaire britannique Donald Trump : un rêve ­américain reprend cette thématique et la développe en quatre ­épisodes qui décryptent les ressorts d’une étonnante destinée. Il ne s’agit pas de son accession à la présidence des Etats-Unis mais de tout ce qui l’a précédée.
« J’attends qu’il y ait une crise ; quand il y a une crise, j’obtiens toujours ce que je veux. »
S’il fallait résumer ce parcours personnel et professionnel, on pourrait ne citer qu’une phrase, prononcée par Trump dans une archive télévisée : « J’attends qu’il y ait une crise ; quand il y a une crise, j’obtiens toujours ce que je veux. »
C’est, en effet, dans la New York ruinée, malfamée et décatie des années 1970 que Donald Trump fera ses débuts d’homme d’affaires. Il veut restaurer l’Hôtel ­Commodore et obtient des conditions fiscales très avantageuses de la part du maire, Abraham (« Abe ») Beame, en poste de 1974 à 1977, grand ami du père de ­Donald.
Pour ses projets suivants, Trump trouvera en Ed Koch un maire beaucoup moins ­conciliant. Il s’associe avec Harry Cohn, avocat de la pègre connu pour sa collaboration active aux purges du maccarthysme, qui ­attaque la ville et obtient parfois gain de cause.
Charisme
Comportant de nombreuses ­archives et des entretiens avec différents témoins – journalistes, animateurs de télévision, anciens amis et collaborateurs, etc. –, les quelque quatre heures de cette ­série documentaire composent le portrait d’un tricheur, mentant constamment, attaquant dès qu’on le contredit (sa devise, très tôt, était : « On est soit le prédateur, soit la victime. »).
Il est facile de se payer la tête de Donald Trump. Mais ce portrait, majoritairement à charge, le fait de manière sérieuse et documentée sans amoindrir la force d’un charisme qui permit naguère à Trump de séduire à peu près tout le monde avec un culot, un ­cynisme et une absence de ­surmoi phénoménaux.
Cynisme
Deux moments sont révélateurs : le premier montre Trump évoquant son film préféré, Citizen Kane (1941), d’Orson Welles, et la relation qui se distend entre le personnage principal et son épouse. Verdict : « Il aurait dû changer de femme. » (Ce que fit Trump à plusieurs reprises, ainsi que le rappelle le documentaire, qui explique comment il s’est alors habilement servi d’une presse qu’il méprisait déjà par ailleurs). Le second moment est un entretien télévisé avec la mère de l’actuel président des Etats-Unis (à la coiffure blonde architecturalement aussi étonnante que celle de son fils), qui raconte comment le petit Donald avait emprunté, au cours d’un jeu, les cubes de son frère : « Il les a pris, et ne les a ­jamais rendus : il les avait collés aux siens… »
Une longue séquence filmée au cours du fameux dîner des correspondants de la Maison Blanche termine le quatrième épisode. On y revoit Barack Obama humilier celui qui avait mis en doute de manière abjecte la validité de son certificat de naissance.
C’est le moment-clé qui décida Trump à se venger un jour, à son tour. Et le documentaire de conclure sur ces mots terribles de Trump : « Le monde se moque ­de nous, mais il ne se moquera plus de moi quand je serai président. » On connaît la suite.
Donald Trump : un rêve américain, de Barnaby Peel (GB, 2018, 4 × 48-66 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ A voir aussi ce soir. Avec ce bébé en costard, DreamWorks creuse, pour le meilleur, sa veine puérile, bête, méchante et hilarante (sur Canal+ à 21 heures).
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TV – « Baby Boss » : un James Bond en couche-culotte

A voir aussi ce soir. Avec ce bébé en costard, DreamWorks creuse, pour le meilleur, sa veine puérile, bête, méchante et hilarante (sur Canal+ à 21 heures).



Le Monde
 |    01.06.2018 à 17h30
    |

                            Murielle Joudet








                        


Film d’animation sur Canal+ à 21 heures

L’histoire de cette production DreamWorks est celle de Tim, un garçon de 7 ans, qui doit faire face à l’arrivée d’un petit frère. Le nourrisson tout mignon est né avec un costume et un attaché-case et se prénomme Baby Boss.
Le bébé joufflu se révèle être un espion pour le compte de l’entreprise Baby Corp. Sa mission : ­démanteler un complot fomenté par le PDG de Puppy Co., qui veut lancer sur le marché le chien le plus mignon du monde pour ­conquérir l’affection des êtres ­humains et prendre la place des bébés. Baby Boss est chargé d’inverser la tendance en volant le prototype du chien, afin de rétablir l’ordre du monde.
Baby Boss rappelle à quel point, dans ses meilleurs moments, DreamWorks peut prétendre au rôle de cousin punk de Pixar : emboîtement de scènes hallucinogènes, où l’on accède à l’entreprise Baby Corp. en suçant rapidement une tétine, humour scatophile et régressif qui digère tout l’imaginaire des vidéos Internet composées d’animaux et de bébés rigolos.

   


La production de Baby Boss a été annoncée dès 2014. Pourtant, on ne peut s’empêcher de penser que les scénaristes et animateurs du studio ont calqué son apparence sur celle de Donald Trump. Sous ses airs poupons, Baby Boss se caractérise par un cynisme et un carriérisme à toute épreuve : une fois sa mission accomplie, il rêve de décrocher une promotion et un bureau pour lui tout seul. Outre son costume noir, sa cravate noire et son étrange jeu de mains, un autre attribut du héros nous conforte dans cette piste : c’est Alec Baldwin qui prête sa voix à Baby Boss, soit le comédien qui incarne le sosie parodique de Donald Trump dans l’émission de divertissement à sketchs « Saturday Night Live ».
Si l’on rit de bon cœur, l’hilarité est mêlée de consternation : quoi de plus bête que le pet d’un bébé aux fesses recouvertes de talc ? Et, pourtant, il y a quelque chose de jouissif dans cette débauche d’idioties infantiles, comme si Baby Boss se faisait de manière subliminale le commentaire d’une société qui se morfond dans la puérilité et se nourrit de cette nouvelle pornographie qu’est devenu le « mignon ».
Baby Boss, de Tom McGrath (EU, 2017, 95 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».
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Loto du patrimoine : « Nous demandons au président de la République de renoncer à se rendre dans la maison de Pierre Loti »

C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron a entrepris d’engager des initiatives visant à financer la rénovation de notre patrimoine culturel. A cet effet, un vaste « loto » sera organisé permettant d’abonder un fonds consacré au financement en tout ou en partie de 250 monuments français. Une démarche respectable, que nous serions prêts à soutenir, si le président de la République n’envisageait pas de lancer ce « grand loto du patrimoine » dans la maison de l’écrivain Pierre Loti à Rochefort, la veille des journées européennes du patrimoine 2018. Un tel acte aurait pour effet d’apporter une onction républicaine et européenne aux écrits d’un auteur qui s’est illustré par une haine d’une violence inouïe à l’égard des Arméniens et des juifs.
Aussi, souhaitons-nous, à travers cet appel, attirer l’attention sur les écrits de Pierre Loti.
Dans son livre La Mort de notre chère France en Orient », il écrivait : « « En ce qui me concerne, je suis mal tombé peut-être, mais je puis attester qu’à de rares exceptions près, je n’ai rencontré chez eux [les Arméniens] que lâcheté morale, lâchage, vilains procédés et fourberie. Et comme je comprends que leur duplicité et leur astuce répugnent aux Turcs, qui sont en affaires la droiture même ! Leurs pires ennemis sont les premiers à le reconnaître. J’oserais presque dire que les Arméniens sont en Turquie comme des vers rongeurs dans un fruit, drainant à eux tout l’or, par n’importe quel moyen, par l’usure surtout, comme naguère les Juifs en Russie ».
Actes ignobles
Dans Jérusalem, il écrivait encore : « En soi, cela est unique, touchant et sublime : après tant de malheurs inouïs, après tant de siècles d’exil et de dispersion, l’attachement inébranlable de ce peuple à une patrie perdue ! Pour un peu, on pleurerait avec eux – si ce n’étaient des Juifs (mots soulignés par l’auteur) et si l’on ne se sentait le cœur étrangement glacé par toutes leurs abjectes figures. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’exposition genevoise de la Fondation Martin Bodmer, « Des jardins & des livres », fait l’objet d’un catalogue qui comblera les amateurs de livres rares, de botanique et de jardins.
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Sélection livre : trois millénaires de jardins

L’exposition genevoise de la Fondation Martin Bodmer, « Des jardins & des livres », fait l’objet d’un catalogue qui comblera les amateurs de livres rares, de botanique et de jardins.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 16h41
    |

            Lucien Jedwab








                        



   


La Fondation Martin Bodmer, près de Genève, a confié à ­l’universitaire Michael Jakob, auteur d’une Poétique du banc, la conception du catalogue de l’exposition « Des jardins & des livres » (jusqu’au 9 septembre), dont il est le commissaire. Les collections exceptionnelles du bibliophile Martin Bodmer (1899-1971) y ont pour écrin un élégant bâtiment de l’architecte suisse Mario Botta. Enrichie de pièces rarissimes prêtées, l’exposition thématique donne à voir trois millénaires d’écrits, depuis le Livre des morts égyptiens (v. 1000 av. J.-C.) jusqu’au Modern Nature de l’Anglais Derek Jarman (1942-1994).

   


Des ­historiens, familiers de Flore et de Pomone, ont contribué au catalogue. Si l’histoire « livresque » des jardins débute à ­Babylone – mais sans que l’archéologie l’ait confirmé jusqu’à ­présent… –, elle se poursuit avec la Naturalis Historia de Pline l’Ancien, le Traité du jardin du Chinois Ji Cheng, l’Instruction pour les jardins fruitiers et potagers de Jean-Baptiste de La Quintinie ou l’Essay on Modern Gardening d’Horace Walpole. Quant à Goethe, Tchekhov, Proust ou Borges, ils font l’objet de commentaires éclairants, leurs œuvres ayant eu pour arrière-plan… des jardins.

   


Des jardins & des livres, sous la direction de Michael Jakob, Fondation Martin Bodmer/MétisPresses (Genève), 462 p., 65 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le personnage, qui fête ses 80 ans, est une métaphore des immigrés ayant fui l’Europe dans les années 1930 pour trouver la paix et la prospérité aux Etats-Unis.
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Superman, un octogénaire impérissable

Le personnage, qui fête ses 80 ans, est une métaphore des immigrés ayant fui l’Europe dans les années 1930 pour trouver la paix et la prospérité aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 17h54
   





                        


« It’s a bird… It’s a plane… No, it’s Superman ! » Depuis 1938, « Superman, l’homme d’acier » et cette phrase devenue mythique habitent la culture populaire américaine.
Archétype du super-héros, Kal-El — de son nom de baptême extraterrestre — est aussi un immigré qui fête cette année ses 80 ans. Seul survivant de Krypton, sa planète d’origine, il a été recueilli bébé par un couple d’agriculteurs du Kansas, qui lui donnent le nom de Clark Kent, avant qu’il ne parte pour Metropolis, où il devient journaliste.
Un héros immigré et juif
Superman, « champion des opprimés » voit le jour aux Etats-Unis en pleine montée de périls pour les juifs, en Allemagne, en Italie et en URSS. Ses créateurs, Jerry Siegel et Joe Shuster, sont deux juifs d’origine européenne, établis à Cleveland, dans l’Ohio.
Leur personnage a grandi dans une ferme et incarne parfaitement l’espoir du rêve américain : une métaphore pour ces immigrés ayant fui l’Europe dans les années 1930 dans l’espoir de trouver la paix et la prospérité aux Etats-Unis.
Au printemps 1938, l’ancêtre de DC Comics publie une nouvelle série, Action Comics. Dans son premier numéro, treize pages sont consacrées à ce nouveau super-héros. Le succès est au rendez-vous. Un an plus tard, à peine, DC Comics crée la série Superman.

Rocketed from the doomed planet Krypton, baby Kal-El would grow to become one of the DCU's greatest heroes! Revisit… https://t.co/LfVI0As5Yj— DCComics (@DC)


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Logiquement, au cours de la seconde guerre mondiale, leur personnage va lutter contre les nazis, détruire le mur de l’Atlantique, comme dans le numéro 44 d’Action Comics, de janvier 1942, et la ligne Siegfried, ce qui poussera Joseph Goebbels, le ministre de la propagande d’Adolf Hitler, à lancer, lors d’une réunion : « Superman est juif ! »
Comme le rappelait en 2007 l’exposition « De Superman au Chat du rabbin, bande dessinée et mémoires juives », au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, presque tous les créateurs de super-héros sont juifs, originaires d’Europe centrale : Bob Kane (Batman) ; Will Eisner (Le Spirit) ; Jack Kirby (Les Quatre Fantastiques, Hulk, les X-Men) ; Joe Simon (Captain America) et Stan Lee (Spider-Man).
Un héros toujours pertinent
Mais quatre-vingts ans après sa création, malgré toutes ses déclinaisons — films, jeux vidéo, dessins animés, séries télévisées —, malgré son immuable costume aux couleurs des Etats-Unis, siglé du célèbre « S » sur fond jaune, malgré son slip rouge sur son collant bleu, malgré son côté trop lisse, surtout comparé à d’autres héros plus complexes, tels Spider-Man ou les X-Men, le personnage reste pertinent, ancré dans la réalité.
En 1963, il part « En mission pour le président Kennedy », un numéro que JFK ne verra pas, puisqu’il est assassiné avant sa publication. En 2011, Superman a souhaité se défaire de sa nationalité américaine, se sentant trahi par le gouvernement, ou en juillet 2017, un mois après la tuerie de Charlottesville, il sauve des travailleurs immigrés d’un suprémaciste blanc paupérisé, en écho aux violences de l’extrême droite américaine. Loin de la réappropriation du super-héros par l’un des porte-parole de la Maison Blanche qui, le 20 janvier, comparait le président Trump à… Superman.
Comme le rappelait Vox, en 2017, Superman a toujours lutté contre l’injustice, comme l’illustrait une affiche des années 1950 sur laquelle il interpellait des élèves :
« Souvenez-vous que votre école — comme notre pays — est composée d’Américains d’origines, de races et de religions différentes… Si vous entendez quelqu’un s’en prendre à un de vos camarades de classe ou à quelqu’un d’autre en raison de sa religion, de sa race ou de son origine, n’hésitez pas : dites-lui que ce type de propos est contraire à l’Amérique. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ A Paris, l’artiste belge convoque le patrimoine populaire de son pays, qu’il revisite par son prisme le plus subversif : le carnaval.
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Sélection galerie : Jan Fabre chez Templon

A Paris, l’artiste belge convoque le patrimoine populaire de son pays, qu’il revisite par son prisme le plus subversif : le carnaval.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h15
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


Ce n’est qu’une fois l’entrée de la galerie Templon franchie qu’est annoncé le double intitulé de l’exposition de Jan Fabre : « Folklore sexuel belge, mer du Nord sexuelle belge ». Derrière ces formules cocasses, l’artiste belge convoque le patrimoine populaire de son pays, qu’il revisite par son prisme le plus subversif : le carnaval. Les petits cadres rétro qui ponctuent l’accrochage présentent des vignettes folkloriques qui, il y a quelques décennies, étaient précisément « éditées et offertes » par les marques de chocolat belges dans leurs tablettes. Ces images d’Epinal sont détournées, montrant là une procession de la V(i)erge, ici une petite chapelle de la vulve, là encore une béguine faisant pousser des pénis en pot, quand un peu partout ruissellent des pluies de liquides corporels. Entre ces miniatures à la facture farcesque flamboient des objets de culte ou de fête entièrement rehaussés de sequins colorés, telle cette large croix ornée de masques et chapeaux à attributs sexuels ou un orgue de Barbarie métamorphosé en un délirant autel de la fécondité. Les charmes de la mer du Nord se découvrent surtout à marée basse, au sous-sol de la galerie, où coquillages érectiles et crustacés strassés constituent un savoureux ­cabinet de curiosités.

        Lire aussi le reportage à Saint-Pétersbourg :
         

          Jan Fabre dérange l’Ermitage



« Folklore sexuel belge (2017-2018), mer du Nord sexuelle belge (2018) ». Galerie Templon, 28, rue du Grenier-Saint-Lazare, Paris 3e. Tél. : 01-85-76-55-55. Du mardi au samedi de 10 heures à 19 heures. Jusqu’au 21 juillet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Avec la Maison rouge, ouverte en 2004 à Paris, le collectionneur Antoine de Galbert est parvenu à imposer un lieu singulier en marge des canons du marché de l’art. Au faîte de la gloire, cet héritier de la grande distribution a décidé de plier boutique, après une ultime exposition.
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L’envol d’Antoine de Galbert, fondateur de la Maison rouge


                      Avec la Maison rouge, ouverte en 2004 à Paris, le collectionneur Antoine de Galbert est parvenu à imposer un lieu singulier en marge des canons du marché de l’art. Au faîte de la gloire, cet héritier de la grande distribution a décidé de plier boutique, après une ultime exposition.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h47
    |

                            Pascale Nivelle








                              

                        

Chaque matin, Antoine de Galbert descend au sous-sol de son immeuble. Une cave blindée et réfrigérée aussi vaste que la réserve d’un musée, où un gardien veille tout le jour. Il n’y a rien à voir, juste un entrepôt avec des centaines de cartons et de paquets étiquetés. Lui n’a pas besoin des codes-barres, il sait ce que cache chaque emballage. Dans le cadre noir, c’est un Dubuffet à côté de celui, plus petit, d’une photographie de Lucien Pelen, celle d’un homme et d’une chaise qui volent. Là, une œuvre de Gilbert et George cohabite avec le dessin au crayon fait par un enfant autiste, et Christian Boltanski avec une biche empaillée qui parle, signée Nicolas Darrot.
S’il a oublié beaucoup de noms, il connaît « par cœur » toutes les œuvres. Ce sont celles de sa vie de collectionneur passionné, tourmenté, toujours en manque. « Chacune a une raison affective, politique et historique d’être là », confie-t-il. À 62 ans, tous les matins, Antoine de Galbert va à leur contact.
« Je vais m’alléger »
À trois cents mètres de là, des néons rouges éclairent le boulevard de la Bastille. Une petite foule (environ 35 000 visiteurs par exposition) se presse à la Maison rouge, fondation d’art qui semble avoir toujours été là. À l’entrée, le livre d’or déborde de félicitations et, depuis peu, de prières. « N’arrêtez pas ! » en lettres capitales, et cette supplique laissée en suspension : « Antoine, vous allez nous manquer… » L’exposition inaugurée le 16 juin sera la dernière. Elle parle d’apesanteur, de l’éternel défi de voler, de s’évader dans les rêves et dans les airs. Symbolisée par une cage rouge ouverte, elle s’intitule « L’Envol ou le rêve de voler ».

C’est justement ce que s’apprête à faire Antoine de Galbert, le fondateur de la Maison rouge. « Je vais m’alléger », annonce-t-il. Le compte à rebours a commencé en janvier 2017. Dans cinq mois, les néons rouges s’éteindront, laissant la place à des...



