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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Benjamin Dessus, ancien ingénieur chez EDF, et Bernard Laponche, ancien syndicaliste au CEA, déplorent dans une tribune au « Monde » l’absence de l’hypothèse d’un accident grave dans les scénarios officiels débattus dans le cadre de la « programmation pluriannuelle de l’énergie ».
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« La question du risque nucléaire est exclue du débat public sur l’énergie »

Benjamin Dessus, ancien ingénieur chez EDF, et Bernard Laponche, ancien syndicaliste au CEA, déplorent dans une tribune au « Monde » l’absence de l’hypothèse d’un accident grave dans les scénarios officiels débattus dans le cadre de la « programmation pluriannuelle de l’énergie ».



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h30
    |

Benjamin Dessus et Bernard Laponche (Membres de l’association Global Chance)







                        



                                


                            

Tribune. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit fixer les politiques et mesures à mettre en œuvre dans les années qui viennent afin de placer la France sur une trajectoire de consommation et d’approvisionnement qui respecte les grands objectifs de la loi sur la transition énergétique pour une croissance verte de 2015.
Ces objectifs portent sur plusieurs composantes du système énergétique à des horizons différents : 2025, 2030, 2050. L’élaboration de la PPE doit donc se faire sur la base de scénarios d’évolution du système énergétique à ces différents horizons, dans lesquels s’insèrent des scénarios particuliers, notamment sur l’électricité, comme ceux publiés par le Réseau de transport d’électricité (RTE, filiale d’EDF).
Les questions relatives à l’évolution du parc électronucléaire sont évidemment cruciales, du fait de l’importance de la part du nucléaire dans la production d’électricité (de l’ordre de 75 % aujourd’hui), du rôle central et presque hégémonique que cette filière occupe depuis un demi-siècle dans la politique énergétique de la France, mais aussi du fait des risques qu’elle présente, tant au niveau des centrales nucléaires qu’à celui des activités et des installations touchant aux combustibles et aux déchets radioactifs.
Question primordiale
Or, les questions de sûreté et de sécurité des centrales et des usines nucléaires sont les grandes absentes du dossier présenté par le ministère de la transition écologique et solidaire pour cadrer le débat public en cours sur la PPE. Tout en rappelant à chaque occasion qu’ils sont soumis aux décisions de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), les décideurs politiques et industriels ignorent, ou feignent d’ignorer, les déclarations de son président, Pierre-Franck Chevet : « Un accident majeur, comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima, ne peut être exclu nulle part dans le monde, y compris en Europe » (Le Monde du 22 avril 2016). Tout se passe comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Laurent Bordereaux, professeur d’aménagement de l’espace, estime que la loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique en cours d’examen à l’Assemblée nationale rend plus difficile la préservation des côtes françaises.
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Loi ELAN : « L’amendement déposé par des députés LRM relatif à la loi Littoral suscite la controverse »

Dans une tribune au « Monde », Laurent Bordereaux, professeur d’aménagement de l’espace, estime que la loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique en cours d’examen à l’Assemblée nationale rend plus difficile la préservation des côtes françaises.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 19h00
    |

Laurent Bordereaux (Professeur à l’université de La Rochelle)







                        



                                


                            

Tribune. A l’heure de l’examen parlementaire du projet de loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN), l’amendement déposé par un groupe de députés LRM relatif à la loi Littoral suscite pour le moins la controverse.
Rappelons qu’il fait suite à toute une série de tentatives récentes d’assouplissement de ce texte majeur de protection des zones côtières adopté en 1986, dans le cadre de propositions de loi visant par exemple à mieux appréhender les risques naturels. Le présent amendement est ainsi très comparable à certaines dispositions d’un projet sénatorial du 30 janvier 2018 relatif au développement des territoires littoraux.
Sur le fond, il remet frontalement en cause l’un des piliers de la loi Littoral qui, au-delà des célèbres principes d’interdiction de construire dans la bande des cent mètres et dans les espaces remarquables, limite l’urbanisation sur l’ensemble du territoire des communes littorales en exigeant une continuité entre les projets d’aménagement et les zones déjà urbanisées.
Garde-fous flous
Cette dernière règle est au cœur du dispositif de protection voulu par le législateur en interdisant les constructions isolées qui mitent trop souvent l’espace littoral français, de la Normandie à la Méditerranée. Elle a suscité un contentieux abondant, le juge administratif ayant précisé en la matière qu’une extension de l’urbanisation ne pouvait légalement se concevoir qu’à partir d’une zone urbaine caractérisée par une densité significative de constructions, et non à partir d’une zone d’urbanisation diffuse.

En s’attaquant à ce dispositif anti-mitage du littoral, qui fait d’ailleurs écho aux préoccupations modernes de densification des zones (véritablement) urbanisées et de lutte contre l’artificialisation des sols, l’amendement litigieux a de quoi provoquer l’ire des associations de protection de l’environnement. Car, s’il était définitivement adopté, il permettrait, par une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Dans la revue « Science », plus de 200 spécialistes appellent à interdire sans délai ces insecticides impliqués dans l’effondrement de la biodiversité terrestre et aquatique.
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Haro scientifique mondial sur les néonicotinoïdes

Dans la revue « Science », plus de 200 spécialistes appellent à interdire sans délai ces insecticides impliqués dans l’effondrement de la biodiversité terrestre et aquatique.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 17h46
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 08h58
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Il faut restreindre considérablement, et d’urgence, l’usage des insecticides néonicotinoïdes – « néonics » pour les intimes. C’est, en substance, le message d’un bref texte publié, vendredi 1er juin, par la revue Science et endossé par 233 scientifiques internationaux. Hasard du calendrier, l’appel coïncide avec la publication, par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), d’un rapport très attendu sur les alternatives possibles des usages agricoles de ces substances. Selon l’Anses, des alternatives non chimiques existent dans près de 80 % des situations étudiées.
« Parce que [les néonicotinoïdes] sont des neurotoxiques, ils sont hautement toxiques pour les insectes, une classe d’organismes qui représentent la majorité des formes de vie terrestres décrites, et qui inclut de nombreuses espèces d’une importance vitale pour les humains, comme les pollinisateurs et les prédateurs des ravageurs des cultures, écrivent dans Science le biologiste Dave Goulson (université du Sussex, Royaume-Uni) et ses 232 cosignataires. Il a été démontré qu’ils sont hautement persistants dans l’environnement, si bien que des résidus significatifs sont communément retrouvés dans les sols, les fleurs sauvages, les cours d’eau et les lacs. Par exemple, une étude récente publiée par Science a montré la présence de néonicotinoïde dans 75 % d’échantillons de miel collectés partout sur Terre. »
Pour ces scientifiques, les faits disponibles « suggèrent fortement que ces produits nuisent aux insectes auxiliaires et contribuent à l’actuelle perte massive de biodiversité ». « Il y a nécessité immédiate d’accords nationaux et internationaux pour restreindre fortement leur usage, et d’empêcher l’homologation d’agrotoxiques similaires dans l’avenir », ajoutent-ils.
La France pionnière
Cette mise en garde du monde scientifique contre les néonicotinoïdes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Les agriculteurs s’apprêtent à bloquer des raffineries le 10 juin pour dénoncer la concurrence de cet oléagineux importé qui concurrence les cultures françaises.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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La FNSEA se mobilise contre l’huile de palme

Les agriculteurs s’apprêtent à bloquer des raffineries le 10 juin pour dénoncer la concurrence de cet oléagineux importé qui concurrence les cultures françaises.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 17h02
    |

            Martine Valo








                        



                                


                            

Sus à l’huile de palme ! La FNSEA annonce qu’elle va envoyer ses adhérents bloquer « sites stratégiques » et raffineries « dans l’ensemble de nos régions » à partir du 10 juin pour protester contre les importations de cet oléagineux exotique, concurrent redoutable des colza et tournesol nationaux. Le syndicat agricole majoritaire réagit ainsi au démarrage prochain de la raffinerie de la Mède, dans les Bouches-du-Rhône, où Total prévoit de produire 500 000 tonnes de biodiesel par an, à partir de 450 000 tonnes d’huiles végétales, dont 300 000 tonnes issues des palmiers. Pour le gouvernement, voilà un nouveau sujet de frictions pour cette bioraffinerie dont l’autorisation préfectorale d’exploiter a été délivrée le 16 mai.

La FNSEA en arrive à rejoindre les arguments des défenseurs de la nature, très remontés contre cet emblème de la « déforestation importée », tant les plantations gigantesques de palmiers à huile ont conduit à défricher des contrées entières en Asie et se développent en Afrique. « On nous demande de garantir une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous, et dans le même temps le gouvernement [laisse] négocier des accords commerciaux avec des pays qui ne partagent pas nos exigences sociales, environnementales et sanitaires » et il permet l’importation de « matières premières pour le moins peu durables, » protestent les représentants du secteur agricole. Avant de préciser que ce mouvement de mauvaise humeur vise les distorsions de concurrence en général, pas seulement l’huile de palme.
Représailles économiques
Moins chère, cette dernière domine les marchés mondiaux avec une production annuelle estimée à 71 millions de tonnes, provenant à 80 % d’Indonésie et de Malaisie, loin devant l’huile de soja (49 millions de tonnes), de colza (26 millions de tonnes) ou de tournesol (16 millions de tonnes). Ces jours-ci, le conseil malaisien représentant les intérêts du secteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Une journée de mobilisation est programmée samedi 2 juin dans des enseignes de grande distribution de plusieurs pays.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Contre l’utilisation abusive de plastique, les « Plastic attacks » arrivent en France

Une journée de mobilisation est programmée samedi 2 juin dans des enseignes de grande distribution de plusieurs pays.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 06h43
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Des animations d’un genre un peu particulier promettent d’égayer la corvée hebdomadaire du ravitaillement au supermarché dans les mois à venir. Samedi 2 juin, plusieurs enseignes de grande distribution de Paris, Hyères, Le Mans, Lille, Nouméa, Montaigu, Quimper, Strasbourg ou Toulouse seront le théâtre d’une série de « Plastic attacks », des actions qui promeuvent une réduction substantielle de l’utilisation des plastiques à usage unique et le suremballage. Des opérations similaires sont également programmées, le même jour, dans plus de 50 villes du monde, et se déclineront à d’autres dates tout au long de l’été.

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Mouvement citoyen, Plastic attack gagne tranquillement du terrain. Il a vu le jour le 27 mars, à Keynsham (Royaume-Uni), une ville de 16 000 habitants proche de Bristol. Vingt-cinq clients s’étaient donné rendez-vous dans leur supermarché habituel pour faire leurs emplettes. Une fois passés à la caisse, ils ont dégainé ciseaux et cutters afin de libérer leurs achats des emballages inutiles, qu’ils ont ensuite déposés dans des chariots vides devant le magasin. Trois ont ainsi été remplis. Diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo de leur action est devenue virale, avec près de 17 millions de vues.
Visant à responsabiliser le secteur de la grande distribution sur sa surconsommation de plastiques, souvent superflus, et à affirmer la volonté des consommateurs de voir se développer des alternatives au plastique à usage unique, des « Plastic attacks » ont été rééditées en avril à Amsterdam, Bratislava, Bruxelles ou Oslo avant d’arriver en France.
Pétition en ligne
Le collectif citoyen français est animé par un groupe d’étudiants en master « responsabilité sociale et environnementale » de l’International Terra Institute de Paris, qui dispense des formations spécialisées en développement durable. Pour son porte-parole, Arnaud Ramos :
« Au-delà du recyclage, la grande distribution doit changer de politique en matière d’emballages. Ces actions menées par des consommateurs et clients sont un moyen efficace de les interpeller de manière totalement pacifique et apolitique. Pour y participer, il suffit de s’inscrire sur la page Facebook dédiée et de se présenter sur le site choisi et à l’heure convenue pour faire ses courses. »
Soutenue par les ONG Zéro Waste France et Les Amis de la Terre, Plastic Attack France a également lancé, le 28 mai – jour du dévoilement par la Commission européenne d’un projet de directive visant à réduire « drastiquement » l’utilisation des produits en plastique à usage unique quotidien comme les couverts, assiettes ou gobelets, les pailles ou les Coton-Tige – une pétition en ligne sur la plate-forme Change.org. Intitulée « Pour en finir avec les emballages plastique à usage unique », elle s’adresse aux groupes Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché, Leclerc ou Système U. Elle leur enjoint de débarrasser leurs rayons des emballages plastiques destinés à la promotion de produits ou à la protection des fruits et légumes issus de l’agriculture biologique, des emballages jetables « dont l’innocuité demeure incertaine pour le consommateur », ou encore des bouteilles en plastique.

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Le groupe Carrefour, dont un magasin parisien du 12e arrondissement doit faire l’objet d’une action, samedi, a rebondi sur l’annonce des « Plastic attacks » imminentes pour se positionner en élève modèle. Dans un communiqué, jeudi 31 mai, l’enseigne a annoncé un objectif de « 100 % d’emballages recyclables, réutilisables ou compostables » pour les produits à la marque de l’enseigne d’ici à 2025, afin de passer du « jetable à une économie circulaire ». 
Carrefour appelle à un pacte national
Elle promet également de supprimer les emballages plastique non recyclables des fruits et légumes bio, de cesser la commercialisation des pailles en plastique « dès la fin de l’année » et de substituer progressivement celles des briquettes de jus. Elle annonce encore la fin des barquettes en polystyrène aux rayons boucherie, poissonnerie et fromage. Elle assure enfin que l’ensemble des emballages de ses produits sera recyclable, en commençant par les produits Carrefour bio « dès 2020 », et qu’elle intégrera « dès 2022 », 50 % de plastique recyclé dans ses bouteilles de jus et de soda, et dans ses bouteilles d’eau.
Saluant la « réactivité » du groupe Carrefour, Zéro Waste France, par la voix de sa chargée de campagne, Laura Châtel, reste néanmoins sur ses gardes.
« Nous nous assurerons qu’il ne s’agit pas d’un coup de com et d’une expérimentation ponctuelle réduite à quelques magasins, comme c’est souvent la stratégie de ces grandes enseignes. Pour être crédibles, elles doivent prendre des engagements clairs et détaillés, et fixer et respecter des échéances précises. »

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Pour « changer les habitudes », Carrefour appelle à un « pacte national » sur les plastiques pour une économie 100 % circulaire des emballages en France, piloté par le gouvernement. « Afin de développer des matériaux de substitution non carbonés alors que le prix du baril de pétrole reste compétitif, il faut créer de la masse, a expliqué au Monde Laurent Vallée, un énarque secrétaire général du groupe Carrefour. Cela nécessite donc une réponse collective, un mouvement associant les industriels, les pouvoirs publics, les éco-organismes, les distributeurs, les grandes marques. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Plus de huit cents secousses on été comptabilisées en trois semaines. Le département demande la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.
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L’île de Mayotte touchée par un « essaim de séismes »

Plus de huit cents secousses on été comptabilisées en trois semaines. Le département demande la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h58
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Depuis le 10 mai, Mayotte est de nouveau ébranlée. Non par les mouvements sociaux qui, pendant six semaines, ont paralysé l’activité de l’île, mais par des tremblements de terre quotidiens et répétés, qui, compte tenu de la précarité de certaines constructions, pourraient avoir des conséquences dramatiques.
Les spécialistes qualifient ce phénomène d’« essaim de séismes ». En trois semaines, plus de huit cents secousses ont été enregistrées, dont la plus importante a atteint une magnitude de 5,8 sur l’échelle de Richter. Selon le relevé du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) effectué mercredi 30 mai entre 3 heures et 15 heures, vingt-trois secousses avaient été comptabilisées, dont huit supérieures à 4 sur l’échelle de Richter. L’épicentre de ces séismes se situe à une cinquantaine de kilomètres au large de Mamoudzou, la préfecture de Mayotte.

Interrogée mardi 29 mai au Sénat par le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi (LRM), la ministre auprès du ministre de l’intérieur, Jacqueline Gourault, a annoncé l’envoi d’une mission d’expertise qui devait arriver sur place vendredi 1er juin. Composée de spécialistes de la sécurité civile et de scientifiques, elle devra tenter de déterminer l’origine de ce phénomène, qui se caractérise par une activité continue de faible intensité, à l’inverse de la sismicité classique marquée par un choc majeur suivi de répliques décroissantes.
Phénomènes de panique
Le président du conseil départemental, Soibahadine Ibrahim Ramadani (LR), a quant à lui adressé un courrier au premier ministre pour demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ainsi que la mise en place d’une cellule psychologique pour venir en aide à une population qui vit « une situation de panique et de psychose généralisée », selon le président de l’Union départementale des associations familiales, Ali Nizary.
Malgré les consignes et les informations diffusées par les autorités...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Greenpeace réclame l’interdiction des forages au large du Brésil et de la Guyane, où se trouve un récif corallien.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Total : l’assemblée générale des actionnaires envahie par Greenpeace

Greenpeace réclame l’interdiction des forages au large du Brésil et de la Guyane, où se trouve un récif corallien.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h13
    |

            Rémi Barroux








                        


La réussite de l’opération est totale. Quelque 250 militants de Greenpeace, d’Action non violente (ANV)-COP21 et d’Alternatiba ont perturbé l’assemblée générale des actionnaires du pétrolier français Total qui se tenait au Palais des congrès, porte Maillot à Paris, vendredi 1er juin dès 10 heures.
Aux cris de « Total insist, we resist », les militants, dont une dizaine de grimpeurs qui sont parvenus à s’accrocher au plafond de la salle de réunion et à l’extérieur du bâtiment, ont dénoncé les projets de forage du groupe dans les eaux brésiliennes, au large de l’embouchure de l’Amazone.

Tweets de @remibx
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« Cela fait la quatrième fois qu’Ibama [l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables] rejette la demande de Total au motif qu’ils sont incapables de répondre à ses demandes sur la préservation de la biodiversité et sur le risque de marée noire que feraient courir leurs forages, mais le pétrolier insiste, indique Thiago Almeida, de Greenpeace Brésil. C’est d’autant plus stupide qu’exploiter ces fonds est dangereux, difficile et cher. Vingt-sept forages autorisés au large des côtes brésiliennes ont déjà été abandonnés par des sociétés pétrolières sur des problèmes mécaniques. »
L’organisation écologiste mène une campagne internationale pour préserver le récif corallien, découvert deux ans plus tôt dans les eaux brésiliennes, et veut empêcher le projet de prospection que Total a déposé auprès des autorités locales. Le 29 mai, l’Ibama répondait négativement à la demande du pétrolier français, arguant que ses études d’impact environnemental étaient « insuffisantes ».
« Ce projet est une bombe »
« Alors que plus de deux millions de personnes ont signé une pétition pour demander à Total d’arrêter, la compagnie continue. Ce projet est une bombe, cela n’a aucun sens de rechercher de nouvelles ressources en énergie fossile alors que si l’on utilise toutes celles déjà disponibles, connues, on crame la planète », avance Pauline Boyer, responsable à ANV-COP21.
Pour le directeur de Greenpeace France, Jean-François Julliard, présent sur place, le projet de Total illustre l’hypocrisie de la France. « On a le sentiment que malgré de nombreux discours et promesses sur la lutte contre le réchauffement climatique, les actes manquent, aussi bien de la part du gouvernement que de compagnies comme Total, estime-t-il. Cela vaut sur le pétrole comme sur l’huile de palme, avec l’autorisation par Nicolas Hulot de la bioraffinerie de la Mède exploitée par Total, ou encore l’interdiction du glyphosate : même le minimum du minimum n’est pas fait. »

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                La France donne son feu vert à une raffinerie de Total qui va accentuer la déforestation



Le pétrolier français rencontre d’autres soucis avec son projet offshore dans les eaux guyanaises, au nord du projet brésilien. Le récif découvert par les chercheurs brésiliens et médiatisé par Greenpeace s’étendrait jusque dans les eaux françaises, or l’autorité environnementale saisie pour avis par Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire, se montre elle aussi circonspecte.
Alors que la société Total reconnaît la présence de « bioconstruction » dans la zone maritime qu’elle doit explorer, la modélisation des risques d’une marée noire ne serait pas à la hauteur selon l’autorité environnementale, dans un avis rendu public mercredi 30 mai. Le dossier présenté par le pétrolier serait « bien construit », mais présente une « faiblesse (…) particulièrement préoccupante » sur les impacts d’un futur forage « en cas d’accident majeur ».
L’assemblée annuelle de Total était donc une cible évidente pour les militants écologistes, au point qu’ils doutaient fort de pouvoir réaliser leur action préparée depuis un mois. Mais tout s’est déroulé selon leurs plans : une partie des activistes étaient dans la salle, dont les grimpeurs accrochés au-dessus de la tribune, tandis que le reste de l’équipe, accompagnée de batucadas rythmées, protestait dans les couloirs du Palais des expositions.
« Pas dupe »
Certains s’étaient enchaînés aux rampes pour ralentir leur évacuation, d’autres se laissaient traîner par terre, souvent enduits de mélasse pour symboliser une marée noire. D’aucuns ont été rudement secoués, voire frappés par des vigiles énervés et peu habitués à des interventions de ce type. L’usage de gaz lacrymogène dans ces espaces réduits a rendu l’air irrespirable, certaines personnes ont dû se rendre à l’hôpital.
A l’intérieur, outre la rumeur de l’action agitée aux portes de la salle et la présence des activistes accrochés, l’assemblée a pu se tenir au terme d’une suspension assez longue. Le président-directeur-général de Total, Patrick Pouyanné, a laissé une responsable de Greenpeace prendre la parole.
« Je ne suis pas dupe, précise Edina Ifiticène, chargée de campagne océans pour l’ONG. La direction m’a donné la parole dans le but d’interrompre l’action, mais nous avons quand même continué. J’ai juste dit aux actionnaires que cela faisait un an et demi que nous menions une campagne internationale contre ce projet, que les populations autochtones s’étaient prononcé contre, que l’on avait fait deux expéditions en mer pour documenter le récif corallien et que, à chaque fois, Total nous disait que le processus suivra son cours, en se réfugiant dans le déni. »
« Les avis de tout le monde »
Patrick Pouyanné a expliqué, de son côté, que le projet se ferait « dans le respect de l’environnement ou ne se ferait pas ». « Je respecte tout à fait les avis de tout le monde, a assuré le dirigeant au Monde. D’ailleurs, vous l’avez vu, nous avons passé la parole à Greenpeace. Donc nous sommes pour le dialogue, mais en même temps, notre interlocuteur, c’est l’Agence environnementale brésilienne. Nous allons répondre et poursuivre les échanges. Soit nous aurons l’autorisation, soit nous ne l’aurons pas. Nous ne passerons pas outre. »
A l’issue de l’action, qui s’est conclue à 13 heures, neuf gardes à vue étaient enregistrées, pour « mise en danger de la vie d’autrui », selon un avocat de l’organisation. Le reste de la troupe, composée de nombreux militants de Greenpeace venus d’autres pays européens, est reparti sans problème, non sans avoir fait une haie d’honneur aux actionnaires de Total SA lors de leur sortie. Dans l’ambiance protégée du Palais des congrès, ils venaient de voter le renouvellement pour trois ans des mandats d’administrateurs d’Anne-Marie Idrac, Patrick Pouyanné et Patrick Artus, les critères des éléments de rémunération du PDG… ainsi que la distribution d’un dividende de 2,48 euros par action, en hausse par rapport à l’année précédente.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ La part de l’alimentation issue de l’agriculture biologique produite hors de France est passée de 29 % à 31 %.
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Hausse des importations de produits bio en 2017

La part de l’alimentation issue de l’agriculture biologique produite hors de France est passée de 29 % à 31 %.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 06h43
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

C’était une promesse d’Emmanuel Macron. Elle est désormais inscrite dans la loi alimentation et agriculture votée en première lecture par les députés, mercredi 30 mai. A l’horizon 2022, 50 % des produits proposés dans les cantines devront tenir compte de l’environnement, dont 20 % au moins devront être issus de l’agriculture biologique. En corollaire de cet objectif, les élus en ont fixé un autre : faire passer la surface agricole française cultivée en bio de 6,5 % à 15 % en cinq ans, soit d’ici à 2022. C’est le cap du plan Ambition bio, fixé par le premier ministre, Edouard Philippe, à l’issue des Etats généraux de l’alimentation. Et désormais inscrit dans le texte du projet de loi.
Le chef de l’Etat avait évoqué, devant les jeunes agriculteurs réunis à l’Elysée, « le milliard d’euros de déficit de la balance commerciale » sur le marché du bio pour justifier la volonté de soutenir la dynamique de cette agriculture « verte ». Des fermes qui ont jeté aux orties non seulement le glyphosate, mais plus généralement tout engrais de synthèse et produits phytosanitaires chimiques. Or, les importations ont continué à progresser en 2017. Selon les chiffres publiés par l’Agence Bio, vendredi 1er juin, la part de l’alimentation estampillée de la petite feuille verte produite hors de nos frontières est passée de 29 % à 31 % en un an.

Sans surprise, ce sont les fruits qui voyagent le plus. Il suffit d’aller dans un magasin bio ou une grande surface pour en faire le constat. D’abord parce que les fruits exotiques, ananas, mangue, banane, se taillent la part du lion. Mais aussi parce qu’agrumes, pastèques, melons viennent d’Espagne. Sans oublier des poires du Pérou ou des kiwis d’Italie. Souvent, avant l’été, un seul fruit dans tout l’étal arbore sa cocarde, fraise ou abricot. Selon l’Agence Bio, dans ce rayon, la part des importations est proche des 60 %, dont près de la moitié en provenance de pays hors Union européenne.
Appétit...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Les achats de produits bio ont doublé en cinq ans, entre 2012 et 2017, passant de 4,189 milliards d’euros à 8,373 milliards d’euros, selon les chiffres publiés par l’Agence Bio, vendredi.
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L’essor du bio en France en dix graphiques

Les achats de produits bio ont doublé en cinq ans, entre 2012 et 2017, passant de 4,189 milliards d’euros à 8,373 milliards d’euros, selon les chiffres publiés par l’Agence Bio, vendredi.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 19h56
    |

                            Service infographie








                        


Les consommateurs français sont, chaque année, plus nombreux à se tourner vers les produits bio. Selon les chiffres publiés par l’Agence Bio, vendredi 1er juin, les surfaces cultivées sont en augmentation, tout comme le nombre d’élevages. Près d’un tiers des produits bio vendus en France ne proviennent pas de l’Hexagone. La grande distribution accapare quasiment la moitié des ventes.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le ministre de la transition écologique et solidaire devait détailler un plan à 100 millions d’euros.
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Nicolas Hulot veut faire de la France un leader mondial de l’hydrogène

Le ministre de la transition écologique et solidaire devait détailler un plan à 100 millions d’euros.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h30
    |

                            Nabil Wakim et 
Philippe Jacqué








                        



                                


                            

Nicolas Hulot est un homme pressé. Il n’a pas pu attendre vendredi 1er juin pour présenter son plan pour le développement de l’hydrogène. Dès mercredi 30 mai, le ministre de la transition écologique a dévoilé, à l’Assemblée nationale, les principales lignes de son plan pour promouvoir cette molécule hautement énergétique. Celui qui y croit dur comme fer depuis de nombreuses années entend « faire de la France un leader mondial de cette technologie ». Il va y consacrer 100 millions d’euros.
Le ministre défend l’essor de l’hydrogène, car c’est l’un des rares vecteurs énergétiques possibles aujourd’hui pour assurer la transition vers une économie décarbonée. En effet, l’hydrogène ne dégage pas de gaz carbonique à sa combustion. Cela permet notamment à des véhicules de tout type (voitures, véhicules utilitaires, bus, poids lourds, bateaux, trains et fusées) de se mouvoir sans dégager ni CO2 ni polluants, grâce à l’utilisation d’une pile à combustible, qui transforme l’hydrogène en électricité et en eau.
Utilisé par les raffineries, les usines chimiques ou les verreries

L’hydrogène peut également être utilisé pour produire de la chaleur, décarboner le gaz naturel ou stocker à long terme de l’énergie électrique. « Contrairement aux batteries, [la technologie] peut stocker l’électricité à long terme. Avec l’augmentation à venir de la production d’énergie solaire et éolienne, cette fonction sera importante », résume Philippe Boucly, membre de l’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible.
Pour l’instant, l’essentiel de l’hydrogène est utilisé par les raffineries, les usines chimiques ou les verreries. Or il est produit à partir d’énergies polluantes. « Pour 1 million de tonnes d’hydrogène produit, nous envoyons aujourd’hui dans l’atmosphère 13 millions de tonnes de CO2. En France, c’est près de 3 % de nos émissions de CO2 annuelles », constate-t-on au ministère de la transition...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Editorial. Glyphosate, publicité alimentaire, poules en batteries… le projet de loi, voté par l’Assemblée le 30 mai, est resté sourd aux attentes de la société civile et loin des promesses du président Macron.
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Loi agriculture et alimentation : une défaite environnementale

Editorial. Glyphosate, publicité alimentaire, poules en batteries… le projet de loi, voté par l’Assemblée le 30 mai, est resté sourd aux attentes de la société civile et loin des promesses du président Macron.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h15
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Deux poids et deux mesures : ainsi peut se résumer le projet de loi agriculture et alimentation adopté en première lecture par l’Assemblée nationale mercredi 30 mai. D’un côté, un volet économique destiné à rééquilibrer le rapport des forces entre les agriculteurs et la grande distribution, afin d’assurer au monde agricole des revenus décents. D’un autre côté, un volet sanitaire et environnemental, visant notamment à promouvoir une alimentation plus saine et des modes de production plus respectueux des attentes et des inquiétudes des consommateurs.
Or, si le texte adopté par les députés a, peu ou prou, répondu aux revendications des agriculteurs (et notamment de leur principal syndicat, la FNSEA), il est manifeste qu’il est d’une extrême frilosité sur le volet environnemental. En effet, les parlementaires ont fait preuve d’une complaisance inédite pour les intérêts économiques de l’agroalimentaire et d’une surdité tout aussi remarquable aux revendications de la société civile.

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Une forêt de renoncements
Le rejet de plusieurs amendements gravant dans la loi l’engagement présidentiel d’interdire l’usage du glyphosate, cet herbicide soupçonné d’avoir des effets cancérigènes, d’ici à 2021 est le signe le plus spectaculaire de cette pusillanimité. Mais il n’est que l’arbre qui cache une forêt de renoncements.
L’interdiction de diffuser des publicités pour l’alimentation transformée, facteur d’obésité chez les enfants ? Rejetée. L’interdiction des élevages hors sol de poules pondeuses en cage, autre promesse de campagne d’Emmanuel Macron ? Rejetée. L’interdiction des pratiques brutales dans la production animale, la castration à vif, le broyage de poussins vivants ? Rejetée. La vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs, qui permettrait de protéger autant les personnels, soumis à des cadences intenables, que les animaux ? Renvoyée à des expérimentations. Même l’interdiction des épandages de pesticides à proximité des lieux de vie a été écartée. Tout comme le projet d’établir, sur un autre dossier, un Fonds d’indemnisation des victimes des produits phytosanitaires. Même l’interdiction de l’épandage aérien des pesticides est remise en cause – au mépris du droit européen.
Les artisans du projet de loi peuvent mettre en avant quelques avancées, comme la séparation des activités de vente de pesticides et de conseil technique sur leurs usages, ou la libre commercialisation des semences paysannes. Mais celles-ci pèsent bien peu face au manque d’ambition général du texte.
Pourtant, les alertes des scientifiques se multiplient, qui dénoncent le modèle agricole dominant comme un facteur majeur d’érosion de la biodiversité, de dégradation de l’environnement et de l’émergence de sérieux problèmes sanitaires. Le gouvernement et le Parlement n’en ont cure, à l’évidence. Or c’est, précisément, ce modèle qui a contribué à décourager les agriculteurs, à vider les campagnes et à dévitaliser les territoires.
Les lobbys de l’agro-industrie ont donc, jusqu’à présent, très efficacement défendu leurs intérêts. Leur succès entérine, en quelque sorte, la défaite de Nicolas Hulot, ministre d’une transition écologique et solidaire de plus en plus évanescente. Mais il témoigne aussi du grand écart entre les déclarations du président de la République (du tonitruant « Make Our Planet Great Again » au cri d’alarme lancé, le 24 mars, sur l’érosion catastrophique de la biodiversité) et la politique effective du gouvernement.

Join the fight for nature, switch all your lights off. #EarthHour https://t.co/V7F2s9DkVR— EmmanuelMacron (@Emmanuel Macron)


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Les marchés les plus dynamiques sont les vignes et les forêts, devant les terres et les prés loués.
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Les marchés ruraux ont atteint un record en 2017, à 4,6 milliards d’euros en valeur

Les marchés les plus dynamiques sont les vignes et les forêts, devant les terres et les prés loués.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h12
    |

            Jérôme Porier








                        



   


En 2017, les différents marchés ruraux (terres agricoles, prés, forêts, vignes…) ont atteint un total de 4,6 milliards d’euros en valeur, un niveau record, selon l’étude annuelle publiée le 31 mai par la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural).
Sans but lucratif, la Safer est une société anonyme placée sous tutelle des ministères de l’agriculture et de Bercy, qui a notamment pour mission d’assurer la transparence du marché foncier. La surface moyenne vendue ressort à 4,4 hectares, en léger repli. Les segments les plus dynamiques sont les vignes et les forêts, devant les terres et les prés.

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A noter : les prix des terres loués n’évoluent pas de la même façon que les prix des terres libres. Quand le prix des terres et prés loués progresse de 3 % (4 690 euros par hectare), celui des terres et prés libres enregistre une baisse de 0,8 % (5 990 euros). Ce repli serait dû à l’importance des volumes mis en vente.
Forte demande
Selon la Safer, ces évolutions en sens contraire traduisent une relative inertie du prix loué vis-à-vis de la conjoncture économique. « La négociation du prix entre le propriétaire et le fermier peut se dérouler plusieurs années à l’avance », écrivent ses experts.

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                Dans la vigne, des tickets d’entrée exorbitants



La hausse du prix des terres louées peut aussi s’expliquer par une forte demande de particuliers (hors agriculteurs). Depuis 2014, elles ont augmenté de 55 % en surface et de 91 % en valeur, à comparer à des hausses de 4 % et 10 % respectivement pour les agriculteurs. Sur 20 ans, le prix des terres et prés gagne 53 % en valeur réelle (hors inflation).
Depuis 2010, la part des surfaces vendues occupées dépasse celles vendues libres, traduisant l’accroissement progressif des surfaces en fermage. Le marché foncier agricole est par ailleurs marqué par la montée en puissance des personnes morales agricoles (sociétés d’exploitation ou de portage du foncier). Par leurs achats, elles augmentent leur patrimoine de 20 000 à 25 000 hectares chaque année.
Transactions exceptionnelles
Gonflé par quelques transactions exceptionnelles, le marché des vignes a enregistré en 2017 une hausse spectaculaire en valeur (+ 59,9 %). Près de 16 900 hectares ont été cédés, un sommet sur 25 ans. La taille moyenne des vignobles vendus est de 1,8 hectare contre 1,4 hectare au début des années 2000. A titre d’exemple, la famille Pinault, via son holding Artémis, a acheté en octobre 2017 les 7,5 hectares du domaine du Clos de Tart, à Morey-Saint-Denis, pour près de 250 millions d’euros.

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                En moyenne, un hectare de forêt vaut 4 110 euros



Le marché des forêts (hors landes, friches et étangs) poursuit sa progression en volume. L’augmentation du nombre de transactions (+ 5,5 %) est portée par le dynamisme des ventes de petites forêts (de 1 à 10 hectares). La surface, en hausse de 9,1 %, atteint un niveau record à 130 900 hectares. En hausse de 3,3 %, la valeur du marché des forêts approche 1,5 milliard d’euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Aux défis environnementaux s’ajoute celui de la mixité sociale, selon Stéphane Füzesséry, historien de la ville.
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« Une ville n’est durable que si elle assure un minimum d’équité »

Aux défis environnementaux s’ajoute celui de la mixité sociale, selon Stéphane Füzesséry, historien de la ville.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 09h00
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



                                


                            
La « ville durable » est-elle avant tout une ville pour les riches ? Stéphane Füzesséry, historien de la ville, architecte et urbaniste, explique que toute volonté de développement urbain durable doit se mettre au service de l’inclusion sociale.
Qu’est-ce qu’une ville durable ?
C’est une ville capable de satisfaire ­localement les besoins fondamentaux de ses habitants sans compromettre la capacité des générations futures à ­répondre aux leurs. Et sans faire peser les coûts de son développement sur d’autres territoires. Bâtir une ville durable renvoie ainsi aux défis environnementaux : habitat écologique et rénovation énergétique des bâtiments, mobilité décarbonée, lutte contre l’étalement urbain, valorisations des déchets, prévention des risques d’inondation ou de submersion marine… Mais la ville durable, c’est aussi une ville qui assure un ­minimum d’équité dans l’accès au logement, aux services, aux transports ainsi que dans la protection contre les risques.
Ces objectifs ne sont-ils pas ­contradictoires ?
Les enjeux se recoupent. Les populations les plus exposées aux risques sont souvent les plus démunies. Une carte très intéressante produite par l’urbaniste Paola Vigano montre par exemple que les quartiers de grands ensembles HLM et les zones inondables se superposent très largement au sein du Grand Paris.
Mais dans la pratique, les objectifs environnementaux et d’équité peuvent fortement se contredire. Mettre notamment en œuvre une réhabilitation thermique du parc de logements anciens a un coût que ne peuvent assumer des populations à faibles revenus. Lorsque l’on réhabilite un parc social pour le mettre aux nouvelles normes énergétiques, tout l’enjeu est d’arriver à maintenir un loyer raisonnable pour que les populations les plus ­démunies ne soient pas chassées plus loin mais puissent rester sur place.
Comment lever ces contradictions ?
La principale erreur serait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Autour du principal gisement gazier de France sont installées 21 usines classées « Seveso », dont les émanations empoisonnent la vie des riverains
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/05/2018
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A Lacq, un demi-siècle de pollutions cachées

Autour du principal gisement gazier de France sont installées 21 usines classées « Seveso », dont les émanations empoisonnent la vie des riverains



Le Monde
 |    01.06.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 08h53
    |

            Stéphane Mandard (Lacq (Pyrénées-Atlantiques), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Certaines nuits, Gilles Cassou prend sa voiture et fonce. Pour aller trouver le sommeil loin de chez lui. Ou finir aux urgences d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques) sous assistance respiratoire. La faute à une odeur insoutenable. « A chaque fois, j’ai l’impression que je fais un infarctus », raconte ce Béarnais de 54 ans au physique de pilote automobile, sa grande passion. Les médecins ne lui ont pas trouvé de pathologie mais son pneumologue lui a donné un conseil, quand les spasmes arrivent : « Foutre le camp, vite. »
Sa grande maison bleue, Gilles Cassou a bien songé à l’abandonner définitivement. Mais elle est « invendable ». Avec sa belle piscine et sa vue sur le pic du Midi d’Ossau, elle ne manque pourtant pas d’atouts.
Mais la propriété a un sérieux handicap : elle offre aussi une vue imprenable sur le complexe industriel de Lacq. Depuis le jardin, on distingue les panaches orange, bleus et blancs qui s’échappent des cheminées et des torches. Sur la terrasse, une odeur d’œuf pourri irrite le nez et déclenche les raclements de gorge. Mardi 29 mai, on entend aussi une alarme hurler pour signaler un « dysfonctionnement » sur le site. « Encore un rejet de sulfure d’hydrogène ? », s’interroge Gilles Cassou.

Les effets physiologiques ont commencé à se manifester il y a cinq ans. Et il n’est pas le seul à s’en plaindre. Lors des pics, sa mère est prise de « brûlures au visage ». La chatte Misty est sous cortisone pour calmer sa toux. Pour « retrouver un air respirable », il a créé en 2015 l’Association des riverains des sites industriels du bassin de Lacq (Arsil). Elle regroupe aujourd’hui plus de 150 familles de Lacq et des communes voisines de Mont, Lagor ou Abidos. En octobre 2017, ils étaient une centaine à battre le pavé derrière la banderole « Riverains intoxiqués, stop aux rejets polluants ».
Plusieurs mises en demeure
De mémoire de Lacquois, la première...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ L’article de la nouvelle loi logement actuellement discutée à l’Assemblée limite désormais sensiblement les possibilités de combler les « dents creuses » des côtes françaises.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/05/2018
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Recul de la majorité sur l’assouplissement de la loi littoral

L’article de la nouvelle loi logement actuellement discutée à l’Assemblée limite désormais sensiblement les possibilités de combler les « dents creuses » des côtes françaises.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 03h31
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h09
   





                        



   


Après une nuit de vifs débats à l’Assemblée dans la nuit, gouvernement et majorité ont cédé un peu de terrain face aux protestations contre l’assouplissement de la loi littoral, prévu dans le cadre du projet de loi logement.
L’article du texte sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN) issu d’un amendement La République en marche (LRM) introduit il y a deux semaines en commission, entend notamment permettre, au cas par cas, le « comblement des dents creuses », des parcelles vides situées entre deux bâtiments construits dans un même hameau ; une mesure contestée par les associations de défense de l’environnement.
Vendredi matin, en séance, les députés ont, avec l’accord du gouvernement, supprimé les dérogations introduites en commission pour permettre la construction ou l’installation d’équipements collectifs dans les territoires « ultramarins » et « insulaires de métropole ». Ils ont également supprimé la dérogation votée en commission par la majorité, contre l’avis du gouvernement, qui étendait aux projets photovoltaïques ce qui est prévu actuellement pour les éoliennes.
Limitation des dérogations possibles
Les députés ont adopté plusieurs amendements du gouvernement précisant que la « possibilité de densifier les formes urbaines intermédiaires entre le village et l’urbanisation diffuse » ne pourra pas « s’appliquer ni dans la bande des 100 mètres » (du littoral) ni « dans les espaces proches du rivage ».
Des amendements LR et LRM ont également été votés pour que ces constructions « soient réservées aux logements et aux services publics » d’une part et que « l’autorisation soit refusée » lorsqu’elles sont « de nature à porter atteinte à l’environnement ou aux paysages ».
Confrontés depuis le début de la discussion à une polémique grandissante, les élus de la majorité ont récusé toute volonté d’« affaiblir la loi littoral », assurant à l’instar d’Eric Bothorel (LRM, Côtes-d’Armor) qu’il n’y a pas d’un côté « ceux qui veulent bétonner et ceux qui veulent sanctuariser ».
Alain Péréa (LRM, Aude), a notamment dit avoir vécu avec « beaucoup de difficultés » d’être accusé de « vouloir bétonner ». « S’il y a quelques ajustements, qu’on ne nous accuse pas d’être des bétonneurs », a-t-il lancé. « Qu’on ne nous dise pas que nous détricotons [la loi] ou que c’est une révolution », a abondé Jimmy Pahun (MoDem, Morbihan).

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Elue de Gironde et membre de la commission du développement durable, Sophie Panonacle (LRM) a défendu, de son côté, le texte de référence pour protéger les littoraux « particulièrement fragiles », rappelant que « 1 212 communes » sont concernées. « Nous abîmerions nos littoraux en acceptant des dérogations même partielles », a-t-elle plaidé, jugeant qu’il serait « malvenu d’envisager une densification de l’urbanisation ».
Gilles Lurton (Les Républicains, Ille-et-Vilaine), qui a évoqué le « cri qui monte de la France entière pour préserver » les littoraux, a aussi estimé que, s’il fallait toucher à cette loi, « il ne faut le faire que d’une main tremblante ». Reconnaissant « quelques effets pervers qu’il faut corriger » notamment au sujet des dents creuses, il a estimé, comme son collègue Thibault Bazin (LR, Meurthe-et-Moselle), que le texte, tel que rédigé, « ne semble pas assurer cette nécessaire protection » des littoraux.
Pas d’étude d’impact
A gauche, plusieurs élus ont invité le gouvernement à éviter toute « précipitation », face à une mesure qui revient à « ouvrir la boîte de Pandore », et ce, sans étude d’impact, selon les termes du socialiste François Pupponi (Val-d’Oise). « Ne touchez pas à la loi littoral ! », a lancé Eric Coquerel (LFI, Seine-Saint-Denis), tandis que le communiste Pierre Dharréville (Bouches-du-Rhône) a exhorté le gouvernement à ne pas « prendre cette responsabilité ».
L’élu corse Jean-Félix Acquaviva (non inscrit) a aussi appelé les députés à être « des sentinelles » de cette loi de 1986, arguant que « nous ne sommes pas dans un monde de Bisounours, les forces de l’argent sont toujours là ».

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Plusieurs élus (PS, LFI et des élus corses) ont cherché en vain à supprimer l’article, leurs amendements de suppression étant rejetés par 44 voix contre 17. Le ministre de la cohésion, des territoires, Jacques Mézard, s’y est opposé, comme le rapporteur, Richard Lioger (LRM, Moselle), qui a défendu un amendement « utile ». « Je tiens à réaffirmer qu’il ne s’agit aucunement pour le gouvernement de porter atteinte à la loi littoral », a assuré M. Mézard, insistant sur le fait que le gouvernement « n’a aucunement l’intention de faciliter la ‘bétonnisation’ (sic) de nos côtes » et appelant à « revenir aussi à la réalité ».
Il ne s’agit pas non plus de considérer que les textes sont « intangibles » et voir « ce qui peut être amélioré », a-t-il ajouté, promettant par des amendements à venir de « clarifier de manière assez nette » cette position.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ En raison d’importants défauts de fabrication de l’EPR situé dans la Manche, EDF a annoncé, jeudi, qu’il envisageait de décaler son démarrage « de quelques mois ».
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Nouveau retard à l’allumage pour le réacteur de Flamanville

En raison d’importants défauts de fabrication de l’EPR situé dans la Manche, EDF a annoncé, jeudi, qu’il envisageait de décaler son démarrage « de quelques mois ».



Le Monde
 |    31.05.2018 à 18h31
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 10h13
    |

            Pierre Le Hir et 
Jean-Michel Bezat








                        



   


La mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche) risque d’accuser encore plusieurs mois de retard en raison d’importants défauts de soudure dans une partie du circuit secondaire de la tuyauterie, détectés par EDF et communiqués en avril à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Le « gendarme » du secteur est seul habilité à donner son feu vert au lancement du réacteur de troisième génération.
Futur exploitant de la centrale, EDF a annoncé, jeudi 31 mai, qu’il n’avait pas encore tous les éléments permettant de préciser l’allongement du calendrier, qui aura sans doute un impact sur le coût final de l’EPR.
Le groupe prévient néanmoins, dans un communiqué, qu’« un décalage de quelques mois du démarrage faisant partie des hypothèses envisagées, EDF se met en situation de poursuivre l’exploitation des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim [Haut-Rhin] jusqu’à l’été 2019 ».
Le secrétaire d’Etat à la transition écologique, Sébastien Lecornu, a pris « acte » du fait qu’EDF « se prépare à poursuivre l’exploitation de Fessenheim » tout en précisant que « la fermeture de Fessenheim [était] actée, irréversible ». Le gouvernement avait en effet conditionné la fermeture de la centrale alsacienne (1 800 MW), la plus ancienne de France (1977), au démarrage de Flamanville 3 (1 650 MW).

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Facture initiale triplée
Lancé en 2007, le chantier de l’EPR a déjà pris sept ans de retard et sa facture initiale a triplé, pour atteindre 10,5 milliards d’euros. L’opérateur ne dira donc pas avant plusieurs semaines s’il est en mesure de tenir à la fois le budget et l’objectif d’un démarrage à la fin de 2018 avec le chargement du combustible dans le cœur du réacteur, qui avaient été annoncés en septembre 2015.
Ils n’avaient pas été revus depuis près de trois ans. L’agence de notation financière Moody’s avait alors évalué entre 500 millions et 1 milliard d’euros le coût d’une année de retard pour EDF. Tout retard pèsera à la fois sur les finances et le cours de Bourse du groupe, qui s’est redressé de 26 % en un an.
Les semaines passant, le respect de ces délais et du budget relèvent de la gageure. S’il démarrait à la mi-2019, l’EPR français serait alors le dernier à entrer en service après les deux tranches de Taishan (Chine) ; et celle, d’Olkiluoto (Finlande), où les essais à chaud du réacteur viennent de se terminer avec succès.
« Nous parlons au moins de mois », avait fait savoir, mercredi, Thierry Charles, le directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), dans un entretien accordé au média spécialiste de l’énergie Montel News. C’est son institut qui est chargé de réaliser les tests et les analyses pour l’ASN.
Dans un courrier adressé le 11 avril au président de l’ASN, M. Charles pointait plus largement « un défaut de culture de sûreté » des acteurs de la filière nucléaire française, en suggérant que les contrôles de qualité soient étendus « à d’autres catégories d’équipements mécaniques » que les tuyauteries de vapeur aujourd’hui en cause.

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« Défaut de surveillance » de la part d’EDF
« Nous attendons le dossier qu’EDF doit nous remettre, sans doute en juin, déclare-t-il aujourd’hui. Il devra caractériser l’ensemble des défauts de soudure, préciser leur impact sur la sûreté et indiquer comment EDF prévoit d’y remédier. » Ce n’est qu’après expertise de ce dossier par l’IRSN et l’ASN que le groupe pourra engager les travaux nécessaires.
Les premières vérifications effectuées sur les 150 soudures potentiellement défectueuses – les circuits concernés sont longs de 360 mètres – auraient montré des anomalies sur un très grand nombre d’entre elles. Elles ne respecteraient pas les normes de qualité supérieure à la réglementation applicable aux équipements sous pression nucléaire qu’EDF s’est lui-même imposées. Reste à connaître leur degré de gravité et les solutions envisagées par EDF, précise M. Charles.
Dès le départ, le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, avait qualifié ces anomalies de « sérieuses », en pointant « un défaut de surveillance » de la part d’EDF et de Framatome (ex-Areva NP) sur ses sous-traitants. « Il s’agit d’une alerte sérieuse, qui met en cause à la fois la qualité de réalisation des équipements soudés, le contrôle de leur fabrication et la surveillance exercée par EDF de façon beaucoup trop tardive », jugeait lui aussi M. Charles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Au lendemain du vote sur le projet de loi agriculture et alimentation en première lecture, dans lequel ne figure pas l’interdiction de l’herbicide, le président de la République espère que le monde agricole sera « au rendez-vous » pour le bannir rapidement.
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Glyphosate : Emmanuel Macron n’exclut pas de « passer par la loi » dans trois ans

Au lendemain du vote sur le projet de loi agriculture et alimentation en première lecture, dans lequel ne figure pas l’interdiction de l’herbicide, le président de la République espère que le monde agricole sera « au rendez-vous » pour le bannir rapidement.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h52
   





                        



   


La question du glyphosate en France n’est pas définitivement tranchée. Au lendemain du vote sur le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation en première lecture, dans lequel n’apparaît pas l’interdiction de cet herbicide, Emmanuel Macron est revenu sur le sujet en marge de sa visite du château de Voltaire à Ferney-Voltaire (Ain).
Le président de la République a averti qu’il prendrait ses « responsabilités » sur le glyphosate si le monde agricole n’était pas « au rendez-vous » dans trois ans. « Il y aura un point de rendez-vous et si les choses n’avancent pas dans trois ans, on passera par la loi », a-t-il fait savoir.

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L’interdiction du glyphosate reste un engagement gouvernemental, conditionné à la recherche sur les alternatives à cet herbicide. Mais la colère est d’autant plus grande, parmi les organisations environnementales et les écologistes, qu’Emmanuel Macron avait annoncé l’interdiction de ce produit d’ici à 2021 et déclaré, lors des états généraux de l’alimentation, à Rungis, le 12 octobre 2017, que « le rejet des produits chimiques, la préférence pour l’alimentation naturelle » étaient « des lames de fond sociales », évoquant « l’angoisse des consommateurs, la préoccupation légitime des concitoyens, mais aussi de l’ensemble du monde agricole ».
Besoin de l’« engagement » de Nicolas Hulot
Le président a également réaffirmé sa « confiance » vis-à-vis du ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Celui-ci avait exprimé mardi sa déception à la suite du rejet des amendements visant à graver dans la loi sur l’agriculture et l’alimentation l’arrêt de l’utilisation du glyphosate d’ici à 2021. Il avait toutefois fait remarquer que l’« objectif » n’était « pas remis en cause ».
« Nicolas Hulot a ma confiance et nous avons besoin de son engagement parce que c’est un convaincu, a déclaré Emmanuel Macron. Mais, a-t-il ajouté, il a l’insatisfaction des convaincus et des militants, et c’est normal. »
Emmanuel Macron a déclaré qu’il recevrait « en juillet l’ensemble du monde agricole et de la distribution » pour « faire le point sur ce qui a été acté » avant la deuxième lecture à l’Assemblée nationale.



                            


                        

                        


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Climat : les Américains meilleurs élèves que ne veut le faire croire Trump

La baisse des émissions de CO2 depuis dix ans aux Etats-Unis est principalement liée au déclin du charbon qui n’est plus rentable, met en évidence l’Agence américaine d’information sur l’énergie.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h38
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 10h48
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Il y a les Tweets et la réalité. « L’Amérique est bénie d’une extraordinaire abondance d’énergie, y compris plus de 250 années de charbon beau et propre. Nous avons mis fin à la guerre au charbon, et nous continuerons à promouvoir la domination énergétique américaine », s’est réjoui Donald Trump, le 18 mai. Sauf que la tendance n’est pas celle-ci. Le charbon poursuit son déclin sur le sol américain, parce qu’il pollue et surtout n’est pas rentable. C’est ce que révèlent les données publiées le 29 mai par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).

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Résultat, en dix ans, la consommation d’énergie par habitant a baissé de 10 % aux Etats-Unis, et les émissions de CO2 de 20 %. Ce recul s’est ralenti mais s’est poursuivi en 2017. Les émissions des Américains restent certes 2,5 fois supérieures à celles des Européens et des Chinois dont les performances stagnent. Mais un an après avoir annoncé leur retrait de l’accord de Paris sur le climat, les Américains ne sont pas aussi mauvais élèves que ne laissent entendre les propos de Donald Trump.
Déclin inexorable du charbon
Dans le détail, la consommation de charbon dans la production d’électricité est tombée à son plus bas depuis 1982. Le charbon, qui assurait près de la moitié de la production l’électricité américaine en 2007, n’en fournit plus que 30 %, désormais dépassé par le gaz naturel (32 %, plus 10 points en une décennie). Cette tendance devrait se poursuivre, selon l’EIA.
Le charbon ne représente plus que 14 % de la consommation d’énergie totale aux Etats-Unis contre 22,5 % il y a dix ans. Cette tendance s’est poursuivie en 2017, en dépit de l’arrivée de Donald Trump. En revanche, la production américaine a rebondi de 6,5 % en 2017 (le recul sur dix ans reste d’un tiers), tirée par le rebond de 50 % des exportations. Les Américains justifient ces exportations en expliquant notamment que le charbon du Wyoming est moins polluant que celui des Chinois et qu’il les aide à protéger leur environnement. Mais pour 2018, l’Agence américaine de l’énergie table sur un nouveau recul de 3 %, dû à la baisse conjuguée de la consommation et des exportations.

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Résultat, les émissions de dioxyde de carbone dues au charbon ont baissé de près de 40 % depuis 2007 (1,31 milliard de tonnes métriques contre 2,17 milliards en 2007). Et les émissions totales réalisées sur le sol américain ont reculé de 14 % en une décennie (5,14, contre 6 milliards de tonnes), le gaz naturel étant bien moins polluant et son efficacité ayant progressé, à la différence des centrales à charbon qui sont plus polluantes que par le passé. Cette amélioration est aussi due à la part des énergies renouvelables (45 % de biomasse, 25 % d’hydroélectricité, 21 % d’éolien, 7 % de solaire), qui a quasiment doublé en dix ans pour atteindre 11,2 % de la consommation totale. Le pétrole reste stable (37 % de la consommation, moins 2 points)
Remontée en 2018
Au total, la consommation totale d’énergie n’a reculé que de 3,2 % en dix ans, Le recul de la consommation d’essence a été limité à 6 % tout comme les émissions de CO2 dans les transports, les Américains ayant choisi de s’équiper en pick-up et renoncé aux petites cylindrées. En revanche, les émissions des secteurs immobiliers résidentiel et commercial, véritables passoires énergétiques, ont enregistré des forts reculs, respectivement d’un quart et d’un cinquième.

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Après un recul de 0,9 % en 2017, l’EIA prévoit toutefois une remontée des émissions totales américaines de 1,4 % en 2018 et de 0,4 % en 2019. Deux phénomènes contradictoires sont à l’œuvre : d’un côté, l’abolition tonitruante des régulations décidées par Barack Obama le plus souvent avant d’avoir pu entrer en vigueur ; de l’autre, la décision des villes et états démocrates ainsi que des entreprises d’aller vers une économie plus sobre en carbone. Il est trop tôt pour savoir laquelle de ces forces fixera durablement la tendance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ A la fin 2017, 38 nourrissons avaient été atteints de salmonellose après avoir consommé un produit pour enfant, essentiellement de marque Milumel ou Picot, sorti de l’usine de Craon.
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Six mois après l’affaire du lait contaminé, Lactalis rouvre discrètement l’usine incriminée

A la fin 2017, 38 nourrissons avaient été atteints de salmonellose après avoir consommé un produit pour enfant, essentiellement de marque Milumel ou Picot, sorti de l’usine de Craon.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h24
   





                        



   


Elle était fermée depuis six mois. L’usine Lactalis de Craon, en Mayenne, au cœur de l’affaire de lait infantile contaminé aux salmonelles à la fin de 2017, a discrètement repris sa production dimanche avec des tests, a fait savoir jeudi 31 mai le porte-parole du groupe Michel Nallet, confirmant une information des Echos :
« Il n’y a aucune commercialisation des produits, il s’agit de tests sur de la poudre de lait pour adulte et non infantile. Ces tests sont contrôlés par les services de l’Etat. »
A la fin de 2017, 38 nourrissons avaient été atteints de salmonellose après avoir consommé un produit pour enfant, essentiellement de marque Milumel ou Picot, sorti de l’usine de Craon. Le processus de retrait avait été chaotique et de nombreux dysfonctionnements ayant mené à la contamination ont été mis à jour. Après plusieurs semaines de crise, le groupe avait retiré à la mi-janvier la totalité de ses laits infantiles produits dans l’usine.
Une enquête judiciaire est en cours, ainsi qu’une commission d’enquête parlementaire qui doit auditionner le 7 juin le président-directeur général de Lactalis, Emmanuel Besnier.

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« Toute la production consignée »
En février, M. Besnier avait annoncé vouloir redémarrer d’ici à la fin du premier semestre l’une des deux tours de séchage touchées et relancer ses marques de lait infantile.
Après des tests techniques de remise en route conduits dimanche, « la vraie production a démarré lundi en début de semaine, sachant que tout ce qui est produit est consigné, bloqué sous contrôle de Lactalis, ça n’a pas le droit d’être mis sur le marché », a précisé Fany Molin, porte-parole de la Direction générale de l’alimentation (DGAL), dépendant du ministère de l’agriculture.
La consigne des produits doit permettre de « conduire des inspections sur l’établissement pour voir comment il fonctionne, quelles sont les procédures qui ont été mises en place », a-t-elle précisé. Des inspections physiques de l’établissement sont notamment conduites par des agents de l’Etat.
Doivent suivre des prélèvements de poudre de lait pour adultes et des prélèvements dans l’environnement par les services de l’Etat, analysés par un laboratoire officiel, ainsi que des autocontrôles environnement et produits par Lactalis, toujours selon Mme Molin. Ce nouveau plan d’autocontrôles, « considérablement renforcé, doit permettre de déterminer des niveaux de contamination beaucoup plus faibles que le plan qu’il y avait avant », a-t-elle assuré, ajoutant :
« Si tous ces éléments sont convergents pour montrer qu’il y a une maîtrise du risque sanitaire de la part de l’opérateur, on pourra envisager de faire un redémarrage de fabrication de poudre de lait infantile, [dans un délai de] quelques semaines. »

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Les familles de victimes en colère
L’usine avait arrêté la production des laits en poudre et des produits infantiles le 8 décembre, selon Lactalis qui emploie 327 salariés. La tour de séchage no 1 de l’usine de Craon, contaminée par les salmonelles, a été définitivement fermée. La tour no 2 est, elle, en phase de test.
Jeudi, l’Association des familles de victimes s’est « s’offusqu[ée] d’une telle décision » :
« Comment l’usine peut-elle redémarrer en toute discrétion alors qu’aucune explication officielle n’a été donnée sur les causes de la contamination aux salmonelles depuis 2005 ? »
L’association réclame « l’arrêt immédiat de la production ». « L’Etat semble avoir cédé à la pression de Lactalis en autorisant une remise en production sans avoir pu déterminer les causes de cette contamination », a-t-elle déploré.

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Un « risque d’accaparement des terres agricoles » en France

Le dernier bilan des marchés fonciers ruraux de la FNSafer dénonce une « tendance à l’agglomération de grandes surfaces au sein d’un nombre limité d’exploitations ».



Le Monde
 |    31.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 14h58
    |

            Laurence Girard








                        



   


Les terres agricoles françaises sont très convoitées. Les récents exemples illustrant la pression sur ce patrimoine nourricier ont marqué les esprits. Que ce soit la bataille autour du projet Europacity, prévoyant la transformation 280 hectares de terres agricoles du Triangle de Gonesse (Val-d’Oise) en un complexe commercial et touristique. Ou la prise de contrôle de 1 700 hectares de terres céréalières berrichonnes par une société chinoise. Suivie par l’achat de deux sociétés agricoles dans l’Allier par un entrepreneur pékinois. Ou encore le grappillage de plus de 140 châteaux dans le vignoble bordelais par des investisseurs de l’ancien empire du Milieu.
Les ventes de surfaces ont atteint un niveau record
Le bilan 2017 des marchés fonciers ruraux, publié jeudi 31 mai par la Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FNSafer), le prouve. Sur l’année écoulée, les ventes de surfaces ont atteint un niveau record. Le nombre de transactions progresse de 7,6 %, à 86 260, pour un montant qui bondit, lui, de 15,5 %, à 4,6 milliards d’euros. Au total, 381 000 hectares ont changé de mains.
Mais dans quelles mains sont-ils passés ? Depuis l’entrée en vigueur de la loi d’avenir pour l’agriculture, en 2016, les projets de vente de parts sociales ou d’actions de sociétés agricoles doivent être portés à la connaissance des Safer. Des transactions qui échappaient jusqu’alors à ses radars, alors même que les formes sociétaires ne cessent de se développer. Que ce soient des sociétés de portage du foncier (GFA, SCI agricoles, etc.), d’exploitation agricole (GAEC, EARL, SCEA, SA ou SARL) ou de groupement forestier.

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En 2017, 6 900 projets de cession de parts sociales ou d’actions de sociétés agricoles ont été notifiés aux Safer. Ils représentent un volume de vente de 1,3 milliard d’euros. Et pèsent près de 20 % du marché du foncier agricole. A priori, les achats bouclés par les étrangers sont peu importants. Ils sont évalués à 122 millions d’euros et sont essentiellement le fait d’Européens. Toutefois, ces montants ne prennent pas en compte les achats faits par des sociétés immatriculées en France, mais dont le capital pourrait être détenu par des étrangers.
« La vitalité des territoires est en péril »
« Ces chiffres prouvent la réalité de la financiarisation et du risque d’accaparement des terres », affirme Emmanuel Hyest, président de la FNSafer, qui tire la sonnette d’alarme. « La vitalité des territoires est en péril », estime l’organisme. « La tendance à l’agglomération de grandes surfaces au sein d’un nombre limité d’exploitations agricoles se développe. Cette concentration est préjudiciable aux transmissions, aux installations et à la consolidation des exploitations. Elle s’accompagne souvent d’une diminution de la valeur ajoutée et de l’emploi. »

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La question de la pérennité du modèle d’agriculture familiale, marque de fabrique française, et de la préservation des paysages se pose. D’autant plus que le renouvellement des générations sera l’un des grands enjeux des dix prochaines années.
Un marché non régulé
Or, comme le rappelle la FNSafer, ce 1,3 milliard d’euros de ventes de parts sociales et d’actions est un marché non régulé. Une partie du texte introduit dans la loi Sapin 2 de 2016, sous l’impulsion de Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle, pour accroître la transparence sur ce marché et renforcer le pouvoir de régulation de la FNSafer, a été retoqué par le Conseil d’Etat. M. Hyest, qui prône un renforcement législatif, met en exergue une des failles du dispositif actuel : « Il suffit pour les investisseurs de racheter 99 % des parts d’une société agricole et de laisser 1 % à l’ancien exploitant pour éviter que la Safer puisse faire jouer son droit de préemption. »

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Le président Emmanuel Macron a promis une loi sur le foncier agricole début 2019. Une mission d’information de l’Assemblée nationale, présidée par le député LRM des Hautes-Pyrénées Jean-Bernard Sempastous, et dont les deux rapporteurs sont M. Potier et Anne-Laurence Petel (LRM), élue des Bouches-du-Rhône, planche sur le sujet. Leurs conclusions doivent être présentées à la fin de l’été.



                            


                        

                        

