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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.
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« Aujourd’hui se pose la question de la réalité de l’unité italienne au sein de l’Europe »

La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 12h28
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            

Recherches. Les difficiles tractations pour la formation d’un gouvernement en Italie résultent-elles de l’échec de l’unification économique du pays, un échec ancré dans une longue opposition historique entre le Nord et le Sud ?
La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, est bien connue dans l’histoire du pays, mais elle n’a fait que se renforcer depuis quarante ans. Au nord, une société riche, où le chômage est marginal, l’industrie et le tourisme ancrés dans des savoir-faire artisanaux et artistiques renommés mondialement ; au sud, une société beaucoup plus pauvre, mal formée et rongée par le chômage.
Lors des dernières élections législatives, le Mouvement 5 étoiles (M5S) a dominé sans partage au sud, tandis qu’au nord c’est l’alliance des droites qui l’a emporté, le centre gauche s’étant réfugié dans quelques grandes villes et en Toscane. Le M5S souhaite la sortie de l’Union européenne, arguant de l’inefficacité des politiques d’ajustement structurel menées depuis des années, qui ne font qu’accroître la pauvreté du Sud. Inversement, hormis sa violente réaction anti-immigrés, le Nord est bien ancré dans l’Union, son économie étant compétitive et intégrée avec celles de ses partenaires européens.
Des mondes économiques séparés
Cette coupure existe depuis l’unification du pays dans la deuxième moitié du XIXe siècle. L’unification fut conçue et menée avec l’aide de la France par le royaume du Piémont, qui rassemblait les Etats du Nord et du centre, et annexa en 1860 le vaste royaume agricole des Deux-Siciles grâce au talent chevaleresque et révolutionnaire de Garibaldi plus qu’à des arguments économiques.

L’unification tarifaire eut néanmoins lieu dès 1861, l’unification monétaire en 1863, et l’Italie participa en 1865 à la création de l’Union latine, pilotée par la France. Comme le montre Roger Vicquery, doctorant à la London School of...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Des millions d’euros sont investis dans les moyennes et grosses brasseries nordistes.
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Le renouveau brassicole des Hauts-de-France

Des millions d’euros sont investis dans les moyennes et grosses brasseries nordistes.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h15
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            
Brunes, blondes, blanches ou ambrées, les bières ont vu naître à leur égard un certain regain des Français depuis ces dernières années. Les Hauts-de-France sont devenus le fer de lance de ce renouveau brassicole. Si la marque Kronenbourg permet aux Alsaciens de se hisser sur la première marche du podium des producteurs avec 6 à 7 millions d’hectolitres par an, les ch’tis sont numéro deux, avec 7,1 millions d’hectolitres produits en 2016 (soit 33,5 % de la production nationale).

Au-delà de l’engouement pour les micro-brasseries qui naissent aux quatre coins de la région, des millions d’euros sont investis dans les moyennes et grosses brasseries nordistes. Et un « brassitourisme », lancé sur le modèle de l’œnotourisme, permet désormais de se perdre à travers les champs d’orge ou de houblon, en passant par les estaminets typiques des Flandres.
La production de bière dans le Nord et le Pas-de-Calais repose sur une tradition et un savoir-faire ancestraux. A défaut d’ensoleillement suffisant pour cultiver la vigne, les ch’tis ont misé sur l’eau, la culture de l’orge et du houblon. « Il y a un siècle, on trouvait dans notre région environ 2 000 fermes qui brassaient leur propre bière », raconte Raymond Duyck, 63 ans, brasseur récemment retraité. Dans le Nord, on compte encore des dizaines de brasseries familiales, à l’image de celle de Jenlain, petit village du Hainaut. Dans cette brasserie créée par ses arrière-grands-parents, Raymond Duyck, président du syndicat Brasseurs de France, vient de passer le flambeau à son fils Mathieu, cinquième génération de brasseurs depuis 1922. « En 1976, on fabriquait 15 000 hectolitres par an, se souvient Raymond Duyck. Aujourd’hui, on est à 90 000 hectolitres ! » Une hausse marquée par des investissements dans les unités de production. Cette année encore, les Duyck ont investi un million d’euros dans l’affaire familiale, qui compte 48 salariés.
65 brasseries, 350 marques de bière
Selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Depuis l’entrée en vigueur, fin 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, les consommateurs qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur », rappelle la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique SOS Conso.
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« Quand la médiation s’achève avant d’avoir commencé »

Depuis l’entrée en vigueur, fin 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, les consommateurs qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur », rappelle la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique SOS Conso.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h00
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            
SOS Conso. Les consommateurs sont de plus en plus souvent priés de tenter de régler leurs conflits à l’amiable, avant de saisir les tribunaux. Depuis l’entrée en vigueur, le 20 décembre 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, ceux qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur ». Sinon, les juges peuvent considérer leur demande comme « irrecevable ». Le projet de programmation 2018-2022 pour la justice, que la garde des sceaux, Nicole Belloubet, a présenté au conseil des ministres du 20 avril, étend cette obligation à certaines demandes supérieures à 4 000 euros.
Ces obligations légales ne sont-elles pas abusives, du fait qu’elles repoussent dans le temps le droit d’accès à un tribunal, pourtant garanti par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ? La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a répondu à cette question par la négative, le 14 juin 2017 : « Ce qui importe, c’est non pas le caractère obligatoire ou facultatif du système de médiation, mais le fait que le droit d’accès à la justice des parties soit préservé. » La médiation, à la différence de l’arbitrage, ne doit pas empêcher le recours ultérieur aux magistrats.
Pour ce faire, précise la CJUE, il faut notamment que les délais de prescription soient suspendus pendant la médiation. Cette condition est-elle remplie ? L’article 2238 du code civil dit que « la prescription est suspendue à compter du jour où (…) les parties conviennent de recourir à la médiation ». En outre, depuis le 1er janvier 2016, en vertu d’une directive européenne sur le règlement extrajudiciaire des litiges, les professionnels ont tous l’obligation de « désigner un médiateur », et de le faire agréer par la commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Des dessins originaux tirés de l’album de bande dessinée de « Coke en stock » doivent être vendus aux enchères, samedi aux Etats-Unis, lors d’une séance qui devrait rapporter des centaines de milliers de dollars.
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Deux rares dessins de Tintin datés de 1957 mis aux enchères aux Etats-Unis

Des dessins originaux tirés de l’album de bande dessinée de « Coke en stock » doivent être vendus aux enchères, samedi aux Etats-Unis, lors d’une séance qui devrait rapporter des centaines de milliers de dollars.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h23
   





                        


Toutes deux tracées de la main du dessinateur belge Hergé en 1957, ces illustrations, l’une crayonnée (35,2 x 50 cm), l’autre réalisée à l’encre d’Inde (30,7 x 47,7 cm), pourraient récolter entre 618 000 et 825 000 euros, d’après Heritage Auctions, qui les met en vente à Dallas, au Texas. La société de vente aux enchères doit diffuser l’événement en direct depuis son siège néerlandais, près d’Utrecht.
Les deux esquisses représentent la page 58 des aventures du célèbre reporter à la houppette blonde dans le 19e album d’Hergé, publié en 1958. Au début de cette planche découpée en douze cases, on voit Tintin, le capitaine Haddock, son fidèle compagnon Milou et le pilote estonien Piotr Szut, bandeau noir sur l’œil, regardant vers la mer.

   



   


Une planche « remarquable »
Sous leurs pieds, dans les profondeurs de l’océan, un plongeur tente d’accrocher une mine au navire, avant d’être assommé par une ancre. Puis, la tête bandée, le plongeur est soigné dans un sous-marin tandis qu’à la dernière case, la mine, gobée par un requin victime de hoquets, explose à l’horizon sous le regard ébahi de Tintin et du capitaine Haddock.
Ces planches « sont des exemples excellents de la technique de dessin de la ligne claire », le style graphique rigoureux dans lequel excellait Hergé, a souligné l’expert belge en arts de bande dessinée Eric Verhoest.
« Mais ce ne sont pas seulement les dessins, c’est aussi la manière dont il fait avancer l’histoire. Hergé était un maître en la matière », a expliqué M. Verhoest. « C’est avec une grande ingéniosité qu’Hergé organise l’espace en fonction de l’endroit », à bord du bateau, sous l’eau et dans le sous-marin, a ajouté Heritage Auctions.
Il est rare que des dessins originaux d’Hergé soient mis sur le marché, car l’artiste ne les offrait qu’occasionnellement à des amis proches en guise de cadeau, a-t-elle précisé dans un communiqué.
La planche mise en vente samedi avait été offerte par le Belge à un « ami scandinave » dans les années 1970 qui l’a ensuite vendue à un acheteur « dans une région germanophone d’Europe », a précisé M. Verhoest.
Trois autres dessins de Tintin sont mis aux enchères lors de la même séance : une couverture en couleur de l’album Rackham le Rouge, un dessin des Dupondt annonçant la parution de ce même album à la « une » du Soir en 1943 et un dessin extrait de la 38e planche de l’album Le Temple du soleil.
Tintin est une star incontestée des enchères. Un dessin à l’encre de Chine pour les pages de garde des albums de Tintin publiés de 1937 à 1958 a été adjugé pour 2,65 millions d’euros par Artcurial en 2014. Un record mondial.
Plus tôt ce mois-ci, une rare aquarelle de 1939 de l’album Le Sceptre d’Ottokar s’est vendue pour plus de 600 000 euros chez Christie’s à Paris.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Opération phare de l’aménagement en France, la première étape de la reconquête de la Presqu’île s’achève à Lyon. Le début de la seconde phase traduit une rupture de style.
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Urbanisme : Lyon Confluence troque la couleur pour la rigueur

Opération phare de l’aménagement en France, la première étape de la reconquête de la Presqu’île s’achève à Lyon. Le début de la seconde phase traduit une rupture de style.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 11h00
    |

            Grégoire Allix (Lyon, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Un donjon de béton clair se dresse au cœur du quartier de la Confluence, à Lyon. Cette tour de logements de seize étages, avec ses balcons ronds qui saillent aux quatre coins comme des échauguettes, domine un îlot compact de huit bâtiments à l’élégance austère, groupés autour de deux cours arborées. Inauguré le 18 mai par le président de la Métropole de Lyon, David Kimelfeld (La République en marche), ce bloc, baptisé Ynfluences Square par son promoteur Icade, marque un spectaculaire changement de style pour l’une des plus ambitieuses opérations d’urbanisme en France : l’aménagement de la Presqu’île de Lyon, entre Rhône et Saône, sur 150 hectares, pour doubler la superficie du centre-ville.
La première phase, commencée en 2003 côté Saône, s’achèvera à l’été, après un total de 400 000 m2 construits et 1,16 milliard d’euros d’investissements publics et privés – une exposition aux Archives municipales retrace ces quinze années qui ont remodelé le paysage lyonnais. L’inauguration d’Ynfluences Square concrétise le lancement de la seconde étape de l’opération, côté Rhône. « C’est un îlot démonstrateur, le mètre étalon de ce qui va se construire pendant dix ans sur le reste de la seconde phase », revendique Pierre Joutard, le directeur général de la société publique locale (SPL) Lyon Confluence, chargée de piloter cet aménagement. « Nous avons voulu une écriture plus sage, une architecture apaisée, un retour de l’îlot à la lyonnaise », résume Michel Le Faou, vice-président de la métropole, chargé de l’urbanisme.
Jacques Herzog et Pierre de Meuron, duo suisse d’architectes urbanistes à la réputation mondiale, ont dessiné le plan-masse et défini les règles du jeu de toute cette seconde phase. Ils sont aussi les architectes de la tour et les coordinateurs de l’îlot Ynfluences Square, où interviennent cinq architectes et un paysagiste. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la rigueur helvétique succède au feu d’artifice d’architectures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.
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Commerce mondial : le moment de vérité pour l’Europe

Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h16
   





                        


Editorial du « Monde ». Rester ferme, tout en évitant la surenchère. La voie est étroite pour l’Union européenne (UE), après la décision de Donald Trump de taxer les importations américaines d’acier et d’aluminium. Le président des Etats-Unis a fini par mettre à exécution, jeudi 31 mai, les menaces agitées depuis deux mois, faute d’avoir obtenu des concessions de la part des Européens pour tenter de réduire le déficit commercial américain.
Face au refus de ces derniers de « négocier avec un pistolet sur la tempe », les Etats-Unis ont donc passé outre aux avertissements sur les risques d’une guerre commerciale qui pourrait ralentir la croissance mondiale. Cette menace n’a jamais été aussi imminente, alors que le Canada et le Mexique, deux des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, ont droit au même traitement que l’UE.

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Cette décision est aussi irresponsable qu’inefficace. Irresponsable, parce qu’elle se fait au mépris des règles du commerce international, dont les Etats-Unis avaient été l’un des principaux architectes. Fustigeant l’inefficacité de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Trump a décidé de saper le fonctionnement de ce système. Par ailleurs, ces sanctions fragilisent un peu plus la relation transatlantique, déjà mise à mal par le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.
Les Européens placés face à leurs responsabilités
Inefficace, cette décision l’est à double titre. D’abord, parce que le déficit américain est pour l’essentiel la contrepartie d’un déséquilibre, qui n’a rien à voir avec des barrières douanières. Les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens en consommant trop et en n’épargnant pas assez. Dès lors, viser un solde positif de la balance commerciale est illusoire. Concernant l’acier, les sanctions passent complètement à côté du sujet, puisque la Chine est épargnée, alors que c’est Pékin qui est responsable de la surproduction mondiale, qui tire les prix vers le bas et détruit des emplois dans les pays occidentaux. Enfin, l’argument selon lequel les importations d’acier et d’aluminium européens représentent une menace pour la sécurité des Etats-Unis est une plaisanterie.

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L’agressivité commerciale américaine a au moins une vertu : elle place les Européens face à leurs responsabilités. Il s’agit d’un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne. Or les intérêts à court terme des Etats membres ne sont pas nécessairement convergents. Face à la fermeté française, l’Allemagne pourrait être tentée par une attitude beaucoup plus pragmatique en essayant de sauvegarder ses énormes excédents commerciaux.

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Donald Trump sait très bien que la cuirasse européenne est fragile et n’hésitera pas à profiter de la moindre faille. Les menaces de taxer les importations américaines de voitures allemandes seront, de ce point de vue, un moment de vérité.
L’Europe doit dépasser ces intérêts de court terme pour apprendre à exister non plus aux côtés des Etats-Unis, mais indépendamment d’eux. Washington n’est plus un partenaire fiable ; un autre rapport de force s’impose. En tant que première zone commerciale du monde, l’UE en a les moyens, en continuant à promouvoir un libre-échange responsable et équilibré avec le reste de la planète, tout en montrant aux Etats-Unis que l’Europe unie sait se défendre.

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Les mesures de rétorsion qui sont en préparation constituent à cet égard un signal positif. Le défi reste de trouver un bon équilibre entre la riposte et le respect de la légalité internationale pour éviter le piège mortel de la guerre commerciale.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Au cœur de la contestation : l’impact des sociétés technologiques, notamment sur le prix des loyers qui ont explosé ces dix dernières années.
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Manifestations anti-Tech à San Francisco

Au cœur de la contestation : l’impact des sociétés technologiques, notamment sur le prix des loyers qui ont explosé ces dix dernières années.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h48
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


La grande banderole jaune donne le ton : « la techsploitation est toxique ». Au sol, une dizaine de trottinettes électriques de location sont empilées. Jeudi 31 mai, les démonstrations anti-tech ont repris à San Francisco (Californie). Une cinquantaine de manifestants, vêtus d’une combinaison blanche, ont bloqué pendant une heure plusieurs bus transportant les salariés de Google, de Facebook et de YouTube vers la Silicon Valley.
Au cœur des critiques : l’impact des sociétés technologiques, notamment sur les loyers. Depuis près de dix ans, les prix des logements ont explosé dans la région en raison de l’afflux de salariés du high-tech, dont la rémunération annuelle moyenne dépasse les 100 000 dollars (86 000 euros). Cette évolution a accéléré le phénomène de gentrification. Et le nombre de sans-abri a explosé.
Deux mondes se côtoient
Après les « Google Bus », les trottinettes électriques pourraient bien devenir un symbole de la contestation sociale. En moins de trois mois, plusieurs milliers d’exemplaires ont été déployés dans la ville par trois start-up, sans aucune autorisation. Elles peuvent être louées grâce à une application mobile pour un dollar. Mais elles agacent une partie de la population car elles sont souvent mal garées ou sont utilisées sur les trottoirs.
La manifestation a eu lieu dans le Mission District, l’un des quartiers les plus chers de San Francisco. Ici, deux mondes se côtoient. L’historique, populaire et majoritairement latino, et le nouveau, qui gagne du terrain avec ses restaurants branchés et ses boutiques vintages. Fin avril, les tentes d’une centaine de SDF ont été enlevées par les services municipaux. « Nettoyer la tech, pas les tentes », proclamait une banderole.
Entre la fin 2013 et le printemps 2014, plusieurs blocages avaient déjà eu lieu. Mais le mouvement s’était rapidement essoufflé, non sans quelques dérapages. Cette nouvelle vague de manifestations intervient à quelques jours d’une élection municipale très indécise. L’une des favorites du scrutin, la démocrate London Breed, est régulièrement attaquée pour ses liens avec plusieurs personnalités du tech.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Ex-candidat à la présidence du Medef, Jean-Charles Simon, qui soutient désormais Geoffroy Roux de Bézieux, défend un projet libéral radical dans une tribune au « Monde ».
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« Pleurnicher sur le mépris des corps intermédiaires ou leur affaiblissement est une supercherie »

Ex-candidat à la présidence du Medef, Jean-Charles Simon, qui soutient désormais Geoffroy Roux de Bézieux, défend un projet libéral radical dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h07
    |

Jean-Charles Simon (Président de Stacian, une société d’intelligence statistique et d’analyse économique, et ex-candidat à la présidence du Medef)







                        



                                


                            

Tribune. La France a tendance à se méfier des libertés. L’Etat a chez nous une longue tradition de toute-puissance et se veut souvent le seul garant de l’intérêt général et le régulateur de toute chose. Mais cela ne suffit pas toujours, et l’on veut encore ajouter à la loi publique d’autres contraintes sur les individus et les entreprises. C’est alors qu’on fait appel aux « corps intermédiaires », censés les réguler en complément de la puissance publique.
Cette tradition d’Ancien Régime a notamment vu l’autorité royale prolongée autrefois par les règles des corporations et autres jurandes. Pour freiner la liberté d’entreprise et la libre concurrence, l’autorité du corps intermédiaire vient s’imposer aux récalcitrants comme une forme d’auxiliaire de la puissance publique et son interlocuteur.
Avec la Révolution, le décret d’Allarde et la loi Le Chapelier, va s’ouvrir une période de près d’un siècle de libertés individuelles effaçant ces structures de contraintes et de régulations – et une période de formidable expansion économique. Mais le démon corporatiste va refaire son chemin à partir de la fin du XIXe siècle, soutenu par des courants aussi divers que le paternalisme patronal, le catholicisme social ou le mouvement ouvrier communiste.
La crise de 1929 va exacerber cette défiance à l’égard de l’individu, de l’entreprise et de leurs libertés, pour les enrégimenter toujours plus dans des ligues, des syndicats, des partis, des unions. Elle prendra sa forme la plus extrême avec les corporations et la charte du travail du régime de Vichy, régulant entre producteurs les prix, les salaires et les quantités. Mais, paradoxalement, on en retrouve aussi des succédanés à la sortie de la guerre, avec les conventions collectives et le paritarisme.

Depuis les années 1980 et le grand souffle de liberté venu de la mondialisation des échanges, du développement des marchés financiers et des technologies de l’information,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Traversées par différents courants de pensée, les organisations patronales ont toujours fait passer au premier plan la défense de leurs intérêts immédiats, analyse dans une tribune au « Monde » l’historienne Danièle Fraboulet.
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« Les relations du patronat avec l’Etat et la société varient selon la conjoncture politique et les rapports de force »

Traversées par différents courants de pensée, les organisations patronales ont toujours fait passer au premier plan la défense de leurs intérêts immédiats, analyse dans une tribune au « Monde » l’historienne Danièle Fraboulet.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h17
    |

Danièle Fraboulet (Professeure émérite d’histoire contemporaine de l’université Sorbonne Paris-Cité de Paris-XIII)







                        



                                


                            

Tribune. La multiplicité des candidatures à la présidence du Medef, avant l’élection qui doit se tenir le 3 juillet, est symbolique de la diversité historique du monde patronal en France. Loin de l’image d’un groupe social embrassant unanimement la position libérale d’une défense tous azimuts de la liberté d’entreprendre en luttant contre tous les empiétements, qu’ils viennent de l’Etat, des syndicats ou d’autres acteurs de la société, celui-ci a été souvent divisé.
De fait, les organisations patronales ont le plus souvent adapté de manière pragmatique leur action et leur positionnement idéologique en fonction de leur perception des multiples visages de l’Etat : concurrent, oppresseur (sur le plan fiscal), producteur de normes et d’informations, mais aussi client, formateur de main-d’œuvre qualifiée, garant de la souveraineté nationale…
Dans la métallurgie, les premières chambres syndicales apparaissent dans la première partie du XIXe siècle. Les premières unions professionnelles voient le jour dans les métiers du bâtiment et de l’alimentation. Des comités de maîtres de forges apparaissent dès 1828 pour défendre les intérêts généraux de leur branche, notamment à propos des questions douanières.
A partir du Second Empire, les chambres syndicales se multiplient, mais les premières tentatives d’association sont souvent vouées à l’échec, car les regroupements sont hétérogènes, et les patrons restent très individualistes. Les lois de 1884 et de 1901 sur les associations donnent corps aux chambres syndicales nationales ou régionales, qui intègrent les entreprises, et qui sont rassemblées dans des unions ou fédérations. Sans position idéologique particulière, ces dernières tentent de résoudre des problèmes économiques et sociaux précis et conjoncturels.
Des courants de pensées divers et successifs
En 1901, la création d’une organisation plus combative, l’Union des industries métallurgiques et minières (UIMM),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le sociologue Michel Offerlé décrypte dans une tribune au « Monde » l’audience et le poids des différentes organisations de chefs d’entreprise en 2018.
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« On pourrait se demander si le Medef dans sa composition actuelle représente bien le tissu économique français »

Le sociologue Michel Offerlé décrypte dans une tribune au « Monde » l’audience et le poids des différentes organisations de chefs d’entreprise en 2018.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h12
    |

                            Michel Offerlé (Professeur à l’Ecole normale supérieure)








                        



                                


                            

Tribune. En 2017, pour la première fois, l’audience des organisations patronales a été mesurée conformément à la loi du 5 mars 2014. Que disent ces chiffres de leur représentativité ? D’abord, ils rompent avec les proclamations de nombreuses confédérations ; ensuite, ils laissent perplexes tant leur fabrique a été compliquée et cadrée politiquement. Car cette opération n’était certes pas une mesure scientifique, elle visait à légitimer la représentation patronale des partenaires sociaux, sans bouleverser les équilibres.
Depuis sa création en 1998, le Mouvement des entreprises de France (Medef) affichait entre 750 000 et 800 000 adhérents. Or, l’enquête ne le crédite plus que de 123 387 cotisants. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME, ex-CGPME) en annonçait 550 000, il ne lui en reste plus que 144 939. Quant à l’U2P (l’Union des entreprises de proximité, UPA + UNAPL), qui en revendiquait 350 000 (250 000 pour la première organisation et 100 000 pour la deuxième), elle compte 150 605 adhérents…

On peut reproduire le même constat pour les deux fédérations patronales les plus importantes en effectifs : les adhérents de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) ont fondu de 80 000 membres déclarés à 30 000 constatés, et le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA, concessionnaires et garagistes) a « perdu » la moitié de ses affiliés, de 30 000 à 15 000. Quant aux deux fédérations rivales du bâtiment, leurs chiffres sont en revanche plus proches des déclarations antérieures : 42 144 pour la Fédération française du bâtiment au lieu de 57 000, et 56 551 pour la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) contre 80 000.
En ajoutant aux effectifs des trois grandes confédérations ceux de l’économie sociale et ceux des fédérations dites « autonomes », le taux d’adhésion des (environ) 3 millions d’entreprises françaises à un syndicat patronal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Dans sa chronique, selon la journaliste au « Monde  » Laurence Girard, la bataille de la précieuse matière première se joue au niveau mondial. Dernière épisode de cette saga, le fonds d’investissement allemand JAB vient de racheter la chaîne britannique Prêt à manger.
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« Sur le marché du café, les ambitions sont sans filtre »

Dans sa chronique, selon la journaliste au « Monde  » Laurence Girard, la bataille de la précieuse matière première se joue au niveau mondial. Dernière épisode de cette saga, le fonds d’investissement allemand JAB vient de racheter la chaîne britannique Prêt à manger.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h37
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

 Chronique Matières premières. On connaissait les french fries ou les french toasts. Mais le plateau de petit déjeuner ne serait pas complet sans le french press coffee. Ces exemples le prouvent. La France brille par l’exportation dans les pays anglo-saxons de savoir-faire dont elle ignore parfois même jusqu’à l’existence. Nous ne commenterons pas le french kiss…
Le french press coffee, puisqu’il s’agit de lui, est un café élaboré avec une cafetière à piston. Un premier brevet aurait été déposé par deux inventeurs français en 1852. La mémoire collective n’a pas retenu leur nom. Mais c’est un Italien qui transformera l’idée en réalité industrielle et des sociétés anglaise et danoise qui la populariseront.
Le french press, mais aussi le cold brew, un café infusé à froid, voire le simple café filtre sont en vedettes de l’établissement vitrine que vient de s’offrir Lavazza à Milan. Tout un symbole pour le spécialiste de l’espresso italien. La bataille du café se joue au niveau mondial et les compétiteurs sont priés de répondre aux nouvelles modes et goûts des consommateurs aux quatre coins de la planète.
En effet, sur le marché du café, les ambitions sont sans filtre. Dernier épisode en date de cette saga brûlante, le rachat de Prêt à manger par JAB, fonds d’investissement de la richissime famille allemande Reimann. Une acquisition dévoilée mardi 29 mai. Pour s’emparer de cette chaîne de cafés, née en Grande-Bretagne comme son nom ne l’indique pas, JAB aurait déboursé 1,7 milliard d’euros.

Récolte record au Brésil
Nouveau chèque en blanc pour le petit noir. La famille Reimann a déjà investi plus de 25 milliards d’euros pour se tailler un empire dans le café depuis 2012. Au point de mettre la pression sur le leader mondial, Nestlé, connu pour ses marques emblématiques Nespresso ou Nescafé. Le suisse a décidé de répliquer en nouant une alliance avec...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ A l’issue de la réunion de Rennes, du 4 au 8 juin, Laurent Berger sera réélu pour un troisième mandat de secrétaire général.
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CFDT : un congrès pour « incarner le syndicalisme du XXIe siècle »

A l’issue de la réunion de Rennes, du 4 au 8 juin, Laurent Berger sera réélu pour un troisième mandat de secrétaire général.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h10
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Laurent Berger a placé la barre haut. Pour le deuxième congrès qu’il anime en tant que secrétaire général depuis son élection en novembre 2012, il a fixé l’objectif d’« incarner le syndicalisme du XXIe siècle » pour être « demain l’organisation syndicale incontournable, toutes catégories confondues ». Dans le projet de résolution, qui pour la première fois a été élaboré avec le concours de militants à travers une plate-forme en ligne et sera débattu à Rennes du 4 au 8 juin, l’ambition de la centrale réformiste est d’augmenter le nombre d’adhérents de 20 % en quatre ans, soit 120 000 de plus.

Depuis le précédent congrès, à Marseille, en 2014, M. Berger pourra faire valoir que la CFDT est devenue, en 2017, la première organisation syndicale du secteur privé, ravissant le haut du podium à la CGT. La prochaine étape, avec le scrutin dans les fonctions publiques en décembre, est d’être « le premier syndicat français dans les secteurs privé et public ». Le secrétaire général ne cesse de répéter que le syndicalisme est « mortel ». Il « peut décliner, lit-on dans le projet de résolution. De façon lente, certes, mais aussi inexorable que celle des partis ouvriers et désormais des partis traditionnels. (…) Ce risque nous impose de continuer à nous réinventer. (…) De continuer à nous positionner dans l’intérêt général, principe qui garantit notre cohérence ». La révolution numérique, les mutations du travail, le chamboulement des règles du dialogue social – à la suite de la réforme du code du travail engagée par Emmanuel Macron – imposent d’« accélérer le changement ».
Exercice obligé
Avant de débattre de la feuille de route des quatre ans à venir, M. Berger devra satisfaire, lundi 4 juin, à un exercice obligé, celui de défendre son bilan à travers son rapport d’activité. Comme à l’accoutumée, les critiques ne manqueront pas et les débats seront animés, notamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Alors que s’ouvre, lundi, son 49e congrès, la centrale réformiste n’est plus le partenaire privilégié du pouvoir.
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La difficile équation de Laurent Berger à la CFDT

Alors que s’ouvre, lundi, son 49e congrès, la centrale réformiste n’est plus le partenaire privilégié du pouvoir.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 10h11
    |

            Sarah Belouezzane et 
Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



                                


                            

Les murs lambrissés de bois des salons privés de la brasserie parisienne Chez Jenny résonnent des rires des journalistes présents, jeudi 31 mai, aux rencontres de l’AJIS (Association des journalistes de l’information sociale). Laurent Berger vient de lâcher une petite plaisanterie bien sentie sur les relations qu’il entretient en ce moment avec le gouvernement. « Je ne suis pas draguable », a lancé le secrétaire général de la CFDT. Voilà pour ceux qui se demandent si un réchauffement est en cours entre la majorité et le dirigeant du premier syndicat dans le privé, qui vient de rencontrer en l’espace de quelques jours le président de la République puis les députés de La République en marche (LRM).

Car, le moins que l’on puisse dire, c’est que le patron de la CFDT, qui s’apprête à rempiler pour un troisième mandat à la tête de la confédération, n’est pas courtisé par le nouveau pouvoir. Loin de là. Depuis l’arrivée aux manettes d’Emmanuel Macron, la centrale de Belleville, à Paris, parvient tout juste à limiter les dégâts sans réussir à marquer des points. Chouchoutée sous l’ère Hollande, elle a perdu sa position de partenaire privilégié avec un chef de l’Etat qui avait annoncé la couleur dès la campagne présidentielle : pour lui, la place des syndicats est dans l’entreprise et pas sur la scène politique nationale.
Chemin de crête périlleux
A la veille du 49e congrès de la CFDT, qui se tient du 4 au 8 juin à Rennes, Laurent Berger ne cache plus son mécontentement. Depuis quelques semaines, le numéro un de la confédération multiplie les mises en garde dans les médias. Que ce soit sur la méthode ou sur le fond, pour lui, le compte n’y est pas. A tel point de confier récemment à un proche : « La confiance est rompue. »
Ses critiques publiques sont toutefois savamment dosées. Car basculer dans une opposition franche comme son nouvel homologue de Force ouvrière, Pascal Pavageau, ou Philippe Martinez, de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Selon « Der Spiegel », l’autorité de contrôle des véhicules à moteur pense que le constructeur allemand a installé des systèmes illégaux sur 750 000 Mercedes.
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Dieselgate : Daimler à son tour soupçonné d’une fraude massive

Selon « Der Spiegel », l’autorité de contrôle des véhicules à moteur pense que le constructeur allemand a installé des systèmes illégaux sur 750 000 Mercedes.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h05
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Le diesel, encore. Près de trois ans après le déclenchement du scandale des moteurs diesel truqués chez Volkswagen, c’est au tour de Daimler de sentir le vent du boulet. Le constructeur de Stuttgart, qui clame depuis 2015 n’avoir jamais manipulé ses moteurs, pourrait être entraîné dans une crise considérable. Depuis plusieurs jours, le groupe subit la pression conjuguée de la justice et du ministère des transports qui le soupçonnent d’avoir installé sur ses moteurs diesel des systèmes de dépollution illégaux sur plusieurs centaines de milliers de véhicules.

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                Le scandale du « dieselgate » affecte Daimler



Vendredi 1er juin, de nouvelles révélations ont précisé l’ampleur de la menace qui pèse sur Daimler. Selon les informations du magazine Der Spiegel, le ministre des transports Andreas Scheuer a menacé le PDG de Daimler, Dieter Zetsche, d’une amende de 3,75 milliards d’euros lors de leur entrevue du lundi 28 mai. Le patron venait s’expliquer sur les accusations qui pèsent sur son groupe : le ministre soupçonne le constructeur d’avoir installé des systèmes de dépollution illégaux sur 750 000 véhicules de la marque Mercedes. Daimler risque 5 000 euros d’amende par véhicule.
Le 24 mai, le KBA, l’autorité de contrôle des véhicules à moteur, avait déjà ordonné le rappel obligatoire de 23 000 camionnettes de la marque Vito, où il a officiellement constaté la présence d’un système illégal de désactivation du dispositif antipollution. Une première pour Daimler, qui n’avait jusqu’ici jamais été confronté à un rappel obligatoire dans le scandale du diesel. Pour l’instant, le constructeur conteste formellement ces accusations et a annoncé son intention de se défendre en justice contre le KBA dans l’affaire Vito, a confirmé au Monde un porte-parole du groupe. Il a obtenu un délai de deux semaines pour s’expliquer sur ces irrégularités.
L’affaire pourrait prendre une dimension franco-allemande
Mais l’étau se resserre dangereusement. Car le parquet de Stuttgart mène lui aussi son enquête depuis plusieurs mois. Vendredi 1er juin, le quotidien Süddeutsche Zeitung a révélé que le procureur avait étendu ses investigations sur les moteurs du groupe soupçonnés de non-conformité.
L’affaire, très délicate pour Daimler, pourrait prendre une dimension franco-allemande. Car, selon cette même source, les moteurs mis en cause par le KBA sur les Vito, des modèles de 1,6 l de norme Euro 6, n’ont pas été construits par Daimler. Ils ont été livrés par Renault sur la base des accords de coopération conclus entre les deux constructeurs depuis 2010. Le français fournit des moteurs pour les classes A, B et C, capables d’émettre « moins de 100 g de CO2 par kilomètre » précise Renault.

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                En deux ans, le scandale du diesel a bouleversé l’industrie



Cette performance CO2 se fait-elle au prix d’un dépassement illégal des émissions d’oxyde d’azote ? Le journal allemand rappelle que Renault est accusé, par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), d’avoir mis en place des stratégies visant à frauder sur les émissions de ses moteurs lors des tests d’homologation. Renault se refuse officiellement à tout commentaire sur un sujet « qui concerne Daimler. »
Partenariat avec Renault
Mais de toute évidence, les accusations diffusées en « off » à la presse allemande depuis le déclenchement de l’affaire Vito passent mal côté français. S’agirait-il d’un réflexe de fierté allemande à l’égard de la supériorité supposée des moteurs « made in Germany » ? On rappelle que chaque constructeur final fait lui-même la programmation du moteur ainsi que le calibrage final du système de dépollution en fonction des caractéristiques du véhicule, et qu’il est responsable, en dernier ressort, des caractéristiques techniques de ses voitures. Pour preuve : l’équivalent du Vito chez Renault, le petit utilitaire Trafic, équipé du même moteur, n’est pas sous le coup d’une enquête pour dépassement des normes de pollution.
« A mon époque, les moteurs de Renault n’étaient pas transformés, il n’y avait que des adaptations sur des éléments mécaniques dans la carrosserie, pour que le client n’ait pas l’impression de rouler en Megane », précise toutefois au Monde un ingénieur chez Daimler. « C’est une collaboration qui a été décidée par les grands patrons chez Renault et Mercedes, sans considération technique, poursuit cette source. Pendant tout le projet, il était difficile d’obtenir des informations précises sur les moteurs de la part de Renault, qui me semble très dépendant de ses fournisseurs. »
L’affaire Vito peut-elle remettre en cause le partenariat Renault-Daimler ? « En aucune façon » répond un porte-parole du constructeur allemand à Stuttgart. Renault et Nissan détiennent chacun 1,55 % du capital de Daimler, qui, de son côté, possède 3,1 % des actions de Renault et de Nissan. La coopération concerne d’ailleurs bien davantage que les moteurs incriminés. C’est par exemple Renault qui produit pour le groupe allemand la Smart Forfour, ainsi que les moteurs électriques pour des versions de la Smart lancées en 2017. Daimler, dont le nom symbolise comme aucun autre le « made in Germany », est à présent confronté à ses responsabilités de constructeur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Après les deux années noires qui ont suivi les attentats de 2015, la saison estivale se présente bien.
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Les touristes étrangers reviennent en force en France

Après les deux années noires qui ont suivi les attentats de 2015, la saison estivale se présente bien.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h00
    |

            Guy Dutheil








                        



                                


                            

La météo est revenue au beau fixe : la saison estivale se présente bien pour les professionnels du tourisme. Tous les indicateurs se sont mis au vert, ces derniers mois, et les opérateurs peuvent de nouveau peindre l’avenir en rose.
Le sourire de la direction du groupe Pierre et Vacances, à l’occasion de la présentation de ses résultats semestriels, mercredi 30 mai, est la preuve de ce regain. « L’été s’annonce bien », a déclaré Martine Balouka, directrice générale du tourisme de Pierre et Vacances. « Nos taux de remplissage sont bons. Le début du mois de juillet est très rempli », déclare celle qui a redressé les comptes du groupe français. « L’effet des attentats de 2015 n’existe plus », se félicite-t-elle. Ce retour en forme a déjà des conséquences économiques positives. « Nous sommes revenus au niveau de 2015 en termes de chiffre d’affaires » (aux résultats d’avant les attentats), signale Mme Balouka.
Si Pierre et Vacances donne le ton, pour l’hôtellerie, de l’été qui approche, il n’est pas le seul à profiter de ce retour de flamme. Tous les acteurs du secteur le confirment : les touristes étrangers sont de retour. En masse ! De quoi rendre le sourire aux palaces et aux établissements cinq étoiles parisiens. Alors qu’il y a quelques mois certaines des plus grandes enseignes de luxe de la capitale devaient fermer des étages entiers faute de clients, elles ne savent, aujourd’hui, plus où donner de la tête.

« Les Japonais sont revenus », se réjouit Christophe Laure, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) Prestige, le syndicat des palaces. Il note « une croissance de 40 % par rapport aux chiffres d’avant les attentats ». Et, comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, outre les voyageurs nippons, les touristes chinois sont aussi plus nombreux à visiter Paris et la France. Au premier semestre, le taux d’occupation des établissements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Ancien numéro  deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker s’inquiète de l’excès de puissance des technocrates.
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« Les banquiers centraux doivent battre en retraite »

Ancien numéro  deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker s’inquiète de l’excès de puissance des technocrates.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h45
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Depuis la crise, les banques centrales ont pris une place considérable dans le pilotage des économies. Peut-être trop, et cela risque de fragiliser le pouvoir politique, estime Paul Tucker, ancien vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre (2009-2013), aujourd’hui à la Harvard Kennedy School, l’école d’affaires publiques de l’université américaine. Dans son nouvel ouvrage, Unelected Power. The Quest for Legitimacy in Central Banking and the Regulatory State (Pouvoir non élu. La quête de la légitimité pour les banques centrales et l’Etat régulateur, Princeton University Press, avril 2018), il détaille pourquoi il est temps, selon lui, que les technocrates battent en retraite.
La zone euro renoue avec une croissance fragile, après une décennie difficile. Quel bilan tirez-vous de l’action de la Banque centrale européenne (BCE) ?
Si l’on s’en tient à l’objectif de maintenir la stabilité du système monétaire, elle a fait du bon travail. D’un certain point de vue, elle est aujourd’hui bien plus qu’une banque centrale : cette dernière décennie, elle a été l’unique institution capable de garantir la survie de la zone euro, car la seule en mesure d’agir en ce sens pendant la crise. Cette position est néanmoins précaire, car elle résulte de l’incomplétude institutionnelle de l’union monétaire.
Les grandes banques centrales ont considérablement élargi leurs pouvoirs et influence pendant la crise. Pourquoi ?
Peut-être parce qu’elles avaient commis un peu moins d’erreurs que les autres régulateurs durant la période précédente. Ou parce qu’au tout début du choc financier, elles étaient les mieux outillées pour agir rapidement : l’arme budgétaire est un peu plus longue à déclencher. Dès lors, elles ont pris les devants de la scène face aux dirigeants politiques, qui se sont mis en retrait. Si le président Franklin Delano Roosevelt incarne la relance des Etats-Unis après la crise de 1929, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ L’institut de Francfort a fêté ses 20 ans vendredi 1er juin. Un anniversaire assombri par l’accession au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique en Italie.
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Anniversaire morose pour la BCE

L’institut de Francfort a fêté ses 20 ans vendredi 1er juin. Un anniversaire assombri par l’accession au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique en Italie.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h19
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

A Francfort, l’heure n’est pas à la fête. A vrai dire, elle est plutôt à la déprime. Vendredi 1er juin, la Banque centrale européenne (BCE) fêtait son vingtième anniversaire. Il y a six mois encore, l’institution espérait que 2018 marquerait le retour d’une reprise économique solide. Que la baisse du chômage redonnerait enfin le moral aux Européens. Que l’embellie conjoncturelle lui permettrait d’entamer tranquillement le retrait de ses mesures exceptionnelles, tandis que Berlin et Paris progresseraient ensemble vers plus d’intégration en zone euro.

Mais l’éclaircie économique n’a pas duré. Depuis quelques semaines, la croissance donne des signes de faiblesse. Berlin et Paris n’avancent guère. Le conflit commercial avec Donald Trump ébranle Bruxelles. Et l’Italie, sur le point d’être gouvernée par un attelage populiste eurosceptique, met de nouveau la zone euro face à son péché originel. A savoir qu’elle n’est pas une union monétaire complète. D’une certaine façon, elle est un peu comme une chaise à qui il manque un pied : en équilibre précaire. Risquant de vaciller à la première secousse. La prochaine viendra peut-être de Rome.
Lorsque la BCE est née, le 1er juin 1998, ce déséquilibre initial était un pari. Celui inscrit au cœur même de la construction européenne, voulant que l’intégration économique prépare le terrain à l’intégration politique. Les pays membres allaient partager la même monnaie, l’euro, introduit en 1999. Ils forgeraient ensuite les institutions politiques incarnant leur convergence. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Les capitales n’étaient pas prêtes à céder un peu plus encore de leur souveraineté au profit de l’échelon communautaire. Surtout : la crise de 2008 a frappé.
L’euphorie, la crise, puis la reprise
L’existence de la BCE se divise en deux périodes bien distinctes. 1998-2008, d’abord : l’euphorie des débuts. L’institut de Francfort, bâti sur le modèle de la banque centrale allemande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Washington espère obtenir de Pékin des engagements d’achat de produits américains, afin de réduire son déficit commercial.
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Reprise des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis

Washington espère obtenir de Pékin des engagements d’achat de produits américains, afin de réduire son déficit commercial.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h23
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 10h45
   





                        


Le secrétaire au commerce américain, Wilbur Ross, est arrivé samedi 2 juin à Pékin, où il va mener des négociations commerciales avec la Chine, ont annoncé les agences de presse Associated Press et Reuters.
Cette visite intervient alors que Washington a une nouvelle fois menacé d’instaurer des barrières douanières supplémentaires aux importations chinoises, quelques jours après qu’une trêve a été conclue entre les deux puissances.
Wilbur Ross entend garantir l’achat par la Chine de matières premières et de produits agricoles américains, afin de réduire le déficit commercial américain, actuellement de 375 milliards de dollars (321,5 milliards d’euros environ) avec Pékin.
La délégation américaine espère aussi obtenir des garanties de Pékin sur le respect des droits de propriété intellectuelle et sur l’abolition des dispositifs qui ont, selon les Etats-Unis, contribué à des excédents de production d’acier et d’aluminium. Jeudi, Washington a décidé de taxer les importations de ces deux métaux depuis l’Europe, le Canada et le Mexique.
De source gouvernementale américaine, on précise que Wilbur Ross s’entretiendra dimanche avec le vice-premier ministre, Liu He, principal négociateur chinois en matière commerciale.

        Lire aussi :
         

                L’unilatéralisme selon le secrétaire au commerce des Etats-Unis






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Le député européen, ancien président de France 5, RFO et Radio France, juge, dans une tribune au « Monde », qu’il faut d’abord résoudre trois instabilités : réformer le CSA, adopter une loi-cadre et moderniser l’offre.
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Jean-Marie Cavada : « Une réforme de l’audiovisuel public est indispensable »

Le député européen, ancien président de France 5, RFO et Radio France, juge, dans une tribune au « Monde », qu’il faut d’abord résoudre trois instabilités : réformer le CSA, adopter une loi-cadre et moderniser l’offre.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 10h05
    |

Jean-Marie Cavada (Député européen, ancien président de France 5, RFO, Radio France)







                        



                                


                            

Tribune. Une réforme de l’audiovisuel public est annoncée. Elle est indispensable pour au moins trois raisons. D’abord, ses missions sont devenues floues, et ses programmes se rapprochent parfois avec facilité de l’offre des télévisions privées. Ensuite, son organisation d’entreprise est obsolète, datant de trois décennies, malgré des tentatives de modernisation méritoires mais insuffisantes. Enfin, parce que les habitudes de consommation des médias sont en train de changer si profondément qu’il faut progressivement construire un système nouveau de mise à disposition de l’offre publique. Car ce qui compte avant tout, c’est la qualité du programme.
Prenons garde ! Réformer n’est pas un but en soi et n’a de sens que si les missions qu’impose la perception d’une redevance conduisent à une offre différente, complète, diversifiée et moderne. A quoi bon payer une redevance si l’effort d’originalité n’est pas soutenu : les télés privées y suffisent ! Contrairement à Radio France, qui a toujours su se distinguer de ses concurrentes privées, France 2 et parfois même France 3 y arrivent beaucoup moins bien.
L’exécutif et le législateur doivent définir clairement les missions de l’audiovisuel public. Une fois l’exigence des missions posée, il convient d’en tirer les conséquences afin d’en obtenir une bonne application. Pour cela, il faut résoudre trois instabilités qui, depuis toujours, caractérisent le système français. Et il faut avoir le courage de trancher ces questions, car cette réforme conditionnera le fonctionnement de l’audiovisuel public sans doute pour une bonne vingtaine d’années.
Logique simple des entreprises
La première instabilité est institutionnelle. On a proposé au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de nommer les présidents des télévisions et radios publiques, mais on lui demande aussi de contrôler le fonctionnement de ces entreprises, comme d’ailleurs de régir le secteur privé. Qui nomme ne peut plus être...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Entre sa richesse culturelle, son pôle universitaire et son dynamisme économique, Strasbourg dispose de nombreux atouts pour séduire les investisseurs.
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Investir à Strasbourg avant qu’il ne soit trop tard

Entre sa richesse culturelle, son pôle universitaire et son dynamisme économique, Strasbourg dispose de nombreux atouts pour séduire les investisseurs.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h45
    |

                            Ludovic Clerima








                        



                                


                            

L’Eden des investisseurs serait-il à l’Est ? La question peut se poser lorsqu’on observe les caractéristiques de la grande ville de la région, Strasbourg. Située à 1 heure 48 de Paris en TGV, c’est l’une des grandes agglomérations estudiantines du pays avec quelque 18,2 % d’étudiants sur l’ensemble de la population.
Son dynamisme démographique (+ 4,6 % entre 1999 et 2014) pousse les pouvoirs publics à construire : « Depuis 2008, nous avons pris pour engagement de réaliser 3 000 nouveaux logements dans Strasbourg, dont la moitié sont destinés au parc privé, indique le maire, Roland Ries (PS). Cet objectif a été dépassé l’année dernière puisque nous sommes parvenus à 3 400 nouveaux logements. Il nous faut poursuivre nos efforts car, d’ici à 2030, nous voulons attirer de 45 000 à 50 000 nouveaux habitants sur notre territoire. »

Le rêve pour des investisseurs à la recherche de nouveaux placements. Surtout que les prix à Strasbourg restent très faibles pour une agglomération de cette envergure. « La ville est connue pour la stabilité de son marché », confie Gérard Durr, président de la Fédération nationale de l’immobilier du Bas-Rhin.

En dix ans, les prix des logements n’ont progressé que de 4,7 %. Dans l’ancien, les notaires évaluent le mètre carré moyen à 2 530 euros/m², en légère hausse sur un an (+ 1,9 %). Dans le neuf, la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) constate une légère augmentation (0,9 %) des prix, qui s’établissent en moyenne à 3 530 euros/m² pour l’Eurométropole de Strasbourg. Une tendance qui pourrait bien prendre fin dans les prochaines années.
Baisse d’activité
Le foncier étant extrêmement rare, la ville se construit sur elle-même. Ainsi, la FPI constate en ce début d’année 2018 « une chute de 30 % du nombre de réservations par rapport au premier trimestre 2017 ». Pour la fédération, « si la baisse du volume des réservations aux acquéreurs occupants reste...




                        

                        

