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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Nous laissons sur Internet, parfois sans le savoir, beaucoup d’informations sur notre état de santé, relève le chercheur en informatique. Il importe d’informer chacun sur ce risque d’atteinte à notre vie privée.
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Claude Kirchner : « La géolocalisation peut devenir une donnée médicale »

Nous laissons sur Internet, parfois sans le savoir, beaucoup d’informations sur notre état de santé, relève le chercheur en informatique. Il importe d’informer chacun sur ce risque d’atteinte à notre vie privée.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 14h26
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Parmi les données relatives à notre vie privée, celles qui concernent notre santé sont considérées, au regard du droit français, comme « sensibles », car touchant au plus intime de l’individu. A ce titre, elles sont régies par le droit commun des données personnelles, assorti d’un surplus de protections spécifiques. Mais que vaut cette protection à l’heure des objets connectés et du big data ? Au-delà des données médicales proprement dites, de plus en plus numérisées (paramètres biologiques et physiologiques, radiographies, etc.), nous laissons en effet sur Internet de nombreuses informations sur notre état de santé, parfois même sans le savoir.

Lorsqu’une personne se rend chaque semaine dans un hôpital spécialisé en oncologie ou en dermatologie, sa géolocalisation ­devient une donnée médicale. Lorsque nous interagissons avec nos assistants numériques personnels, audio ou vidéo, le son de notre voix ou la pâleur de notre peau peuvent indiquer des états physio­logiques. Or, ces données peuvent aisément être utilisées, à notre insu, par des entités externes au secteur médical, à des fins autres que l’intérêt général ou que l’intérêt propre de celui dont elles sont issues. Par exemple pour du ciblage publicitaire, tel que le pratiquent déjà les géants d’Internet à partir des profils psychologiques que nous laissons sur leurs plates-formes numériques.
Maîtriser les flux
Si la mise à disposition de ces données dans le système de santé présente un bénéfice indéniable, pour les soins de celui dont elles sont issues comme pour les progrès de la connaissance et de la médecine, leur utilisation crée donc un risque majeur d’atteinte à la vie privée. Comment privilégier l’intérêt général en partageant ces ­informations au mieux, tout en respectant la volonté de ceux qui refusent de les communiquer ? Car les citoyens n’ont pas tous le même avis sur ce sujet. Pour un certain nombre d’entre eux, l’accès le plus rapide possible à leurs données médicales sera...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Faut-il dépénaliser l’euthanasie ? Le suicide assisté ? Dans une tribune au « Monde », la philosophe examine les risques et les écueils d’une législation sur la fin de vie.
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Corine Pelluchon : « Aucune loi ne peut définir une bonne mort »

Faut-il dépénaliser l’euthanasie ? Le suicide assisté ? Dans une tribune au « Monde », la philosophe examine les risques et les écueils d’une législation sur la fin de vie.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h30
   





                        



                                


                            
Par Corine Pelluchon
Tribune. Les personnes s’exprimant sur le suicide assisté adoptent souvent des positions clivantes en disant que cet acte est l’ultime liberté ou en déclarant que Dieu seul doit choisir le jour et l’heure de leur trépas. Vivant dans une société où ils ne contrôlent plus grand-chose, les individus ont besoin de certitudes sur ce que doit être une bonne mort et pensent pouvoir les imposer aux autres. Ils diminuent aussi par là le scandale de la mort, le fait qu’elle est une question sans réponse et une limite indépassable, que l’on ne peut qu’endurer, mais non maîtriser ni vraiment anticiper.
Pression sournoise
Nul ne peut savoir comment il réagira à l’approche de sa mort. L’accompagnement des patients en fin de vie enseigne qu’il y a souvent un écart entre ce qu’ils disaient quand ils étaient en bonne santé et leur comportement lorsqu’ils sont atteints d’une maladie incurable. Il n’est pas rare que des personnes favorables au suicide assisté demandent une chimiothérapie supplémentaire, alors que leur cancer est en phase terminale. D’autres, qui se disaient hostiles à l’aide active à mourir, peuvent exprimer, dans les mêmes circonstances, leur volonté d’y avoir recours.
Si l’on tient compte du contexte actuel, marqué par l’augmentation des dépenses de santé et le vieillissement de la population, on peut craindre que le suicide médicalement assisté n’apparaisse comme la réponse la plus économique au problème de la prise en charge des personnes en fin de vie, et même des plus âgées. En raison de l’inégale répartition des soins palliatifs sur le territoire, d’aucuns, dont la peur de mal mourir est légitime, peuvent être contraints de réclamer le suicide faute d’alternative leur garantissant qu’ils ne subiront pas d’acharnement thérapeutique, que leur douleur sera soulagée et qu’ils bénéficieront d’un accompagnement de qualité. En outre, s’il était possible d’avoir recours à une aide active à mourir...




                        

                        


<article-nb="2018/06/02/17-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« Aujourd’hui se pose la question de la réalité de l’unité italienne au sein de l’Europe »

La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 12h28
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            

Recherches. Les difficiles tractations pour la formation d’un gouvernement en Italie résultent-elles de l’échec de l’unification économique du pays, un échec ancré dans une longue opposition historique entre le Nord et le Sud ?
La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, est bien connue dans l’histoire du pays, mais elle n’a fait que se renforcer depuis quarante ans. Au nord, une société riche, où le chômage est marginal, l’industrie et le tourisme ancrés dans des savoir-faire artisanaux et artistiques renommés mondialement ; au sud, une société beaucoup plus pauvre, mal formée et rongée par le chômage.
Lors des dernières élections législatives, le Mouvement 5 étoiles (M5S) a dominé sans partage au sud, tandis qu’au nord c’est l’alliance des droites qui l’a emporté, le centre gauche s’étant réfugié dans quelques grandes villes et en Toscane. Le M5S souhaite la sortie de l’Union européenne, arguant de l’inefficacité des politiques d’ajustement structurel menées depuis des années, qui ne font qu’accroître la pauvreté du Sud. Inversement, hormis sa violente réaction anti-immigrés, le Nord est bien ancré dans l’Union, son économie étant compétitive et intégrée avec celles de ses partenaires européens.
Des mondes économiques séparés
Cette coupure existe depuis l’unification du pays dans la deuxième moitié du XIXe siècle. L’unification fut conçue et menée avec l’aide de la France par le royaume du Piémont, qui rassemblait les Etats du Nord et du centre, et annexa en 1860 le vaste royaume agricole des Deux-Siciles grâce au talent chevaleresque et révolutionnaire de Garibaldi plus qu’à des arguments économiques.

L’unification tarifaire eut néanmoins lieu dès 1861, l’unification monétaire en 1863, et l’Italie participa en 1865 à la création de l’Union latine, pilotée par la France. Comme le montre Roger Vicquery, doctorant à la London School of...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Depuis l’entrée en vigueur, fin 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, les consommateurs qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur », rappelle la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique SOS Conso.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Quand la médiation s’achève avant d’avoir commencé »

Depuis l’entrée en vigueur, fin 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, les consommateurs qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur », rappelle la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique SOS Conso.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h00
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            
SOS Conso. Les consommateurs sont de plus en plus souvent priés de tenter de régler leurs conflits à l’amiable, avant de saisir les tribunaux. Depuis l’entrée en vigueur, le 20 décembre 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, ceux qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur ». Sinon, les juges peuvent considérer leur demande comme « irrecevable ». Le projet de programmation 2018-2022 pour la justice, que la garde des sceaux, Nicole Belloubet, a présenté au conseil des ministres du 20 avril, étend cette obligation à certaines demandes supérieures à 4 000 euros.
Ces obligations légales ne sont-elles pas abusives, du fait qu’elles repoussent dans le temps le droit d’accès à un tribunal, pourtant garanti par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ? La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a répondu à cette question par la négative, le 14 juin 2017 : « Ce qui importe, c’est non pas le caractère obligatoire ou facultatif du système de médiation, mais le fait que le droit d’accès à la justice des parties soit préservé. » La médiation, à la différence de l’arbitrage, ne doit pas empêcher le recours ultérieur aux magistrats.
Pour ce faire, précise la CJUE, il faut notamment que les délais de prescription soient suspendus pendant la médiation. Cette condition est-elle remplie ? L’article 2238 du code civil dit que « la prescription est suspendue à compter du jour où (…) les parties conviennent de recourir à la médiation ». En outre, depuis le 1er janvier 2016, en vertu d’une directive européenne sur le règlement extrajudiciaire des litiges, les professionnels ont tous l’obligation de « désigner un médiateur », et de le faire agréer par la commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.
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Commerce mondial : le moment de vérité pour l’Europe

Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h16
   





                        


Editorial du « Monde ». Rester ferme, tout en évitant la surenchère. La voie est étroite pour l’Union européenne (UE), après la décision de Donald Trump de taxer les importations américaines d’acier et d’aluminium. Le président des Etats-Unis a fini par mettre à exécution, jeudi 31 mai, les menaces agitées depuis deux mois, faute d’avoir obtenu des concessions de la part des Européens pour tenter de réduire le déficit commercial américain.
Face au refus de ces derniers de « négocier avec un pistolet sur la tempe », les Etats-Unis ont donc passé outre aux avertissements sur les risques d’une guerre commerciale qui pourrait ralentir la croissance mondiale. Cette menace n’a jamais été aussi imminente, alors que le Canada et le Mexique, deux des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, ont droit au même traitement que l’UE.

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                Les Etats-Unis taxeront l’acier et l’aluminium européens dès vendredi



Cette décision est aussi irresponsable qu’inefficace. Irresponsable, parce qu’elle se fait au mépris des règles du commerce international, dont les Etats-Unis avaient été l’un des principaux architectes. Fustigeant l’inefficacité de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Trump a décidé de saper le fonctionnement de ce système. Par ailleurs, ces sanctions fragilisent un peu plus la relation transatlantique, déjà mise à mal par le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.
Les Européens placés face à leurs responsabilités
Inefficace, cette décision l’est à double titre. D’abord, parce que le déficit américain est pour l’essentiel la contrepartie d’un déséquilibre, qui n’a rien à voir avec des barrières douanières. Les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens en consommant trop et en n’épargnant pas assez. Dès lors, viser un solde positif de la balance commerciale est illusoire. Concernant l’acier, les sanctions passent complètement à côté du sujet, puisque la Chine est épargnée, alors que c’est Pékin qui est responsable de la surproduction mondiale, qui tire les prix vers le bas et détruit des emplois dans les pays occidentaux. Enfin, l’argument selon lequel les importations d’acier et d’aluminium européens représentent une menace pour la sécurité des Etats-Unis est une plaisanterie.

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                Commerce : les sanctions imposées par Trump, signe d’échec et de faiblesse



L’agressivité commerciale américaine a au moins une vertu : elle place les Européens face à leurs responsabilités. Il s’agit d’un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne. Or les intérêts à court terme des Etats membres ne sont pas nécessairement convergents. Face à la fermeté française, l’Allemagne pourrait être tentée par une attitude beaucoup plus pragmatique en essayant de sauvegarder ses énormes excédents commerciaux.

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                L’Allemagne redoute l’escalade du conflit commercial avec les Etats-Unis



Donald Trump sait très bien que la cuirasse européenne est fragile et n’hésitera pas à profiter de la moindre faille. Les menaces de taxer les importations américaines de voitures allemandes seront, de ce point de vue, un moment de vérité.
L’Europe doit dépasser ces intérêts de court terme pour apprendre à exister non plus aux côtés des Etats-Unis, mais indépendamment d’eux. Washington n’est plus un partenaire fiable ; un autre rapport de force s’impose. En tant que première zone commerciale du monde, l’UE en a les moyens, en continuant à promouvoir un libre-échange responsable et équilibré avec le reste de la planète, tout en montrant aux Etats-Unis que l’Europe unie sait se défendre.

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                Sanctions commerciales américaines : « Les Européens ont intérêt à afficher vite leur fermeté »



Les mesures de rétorsion qui sont en préparation constituent à cet égard un signal positif. Le défi reste de trouver un bon équilibre entre la riposte et le respect de la légalité internationale pour éviter le piège mortel de la guerre commerciale.

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                Commerce : l’Union européenne et le Canada portent plainte contre les Etats-Unis à l’OMC






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.
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Le pari russe d’Emmanuel Macron

Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h39
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Analyse. Le contraste était saisissant. Devant un parterre d’hommes d’affaire du forum économique de Saint-Pétersbourg, une sorte de « Davos russe », le 25 mai, Emmanuel Macron jouait la séduction, tutoyant le président russe et l’appelant « cher Vladimir ». Il citait Dostoïevski, Soljenitsyne et insistait sur son souhait d’ancrer la Russie et son destin dans l’Europe.
Face à lui, l’homme fort du Kremlin, courtois mais impassible, le vouvoyait et ne s’engageait guère au-delà de propos très convenus sur « la France partenaire ancien, traditionnel et fiable ». Pas une seule fois, surtout face à son interlocuteur, il n’a évoqué la vocation européenne de son pays. « Le décalage était évident entre le souffle, la perspective historique de Macron et les réponses d’ordre mécanique de Poutine », relève Thomas Gomart, le directeur de l’IFRI (Institut français des relations internationales).
Le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes. Ce n’était pas très difficile vu leur dégradation depuis 2014 après l’annexion de la Crimée, la déstabilisation de l’est de l’Ukraine, les tensions des derniers mois avec l’affaire Skripal – la tentative d’empoisonnement d’un ex-agent double russe près de Londres – et les frappes contre les armes chimiques du régime syrien, soutenu envers et contre tout par Moscou.
Sauver ce qui peut l’être
Un jalon a été posé, mais il reste à en mesurer la portée. « Est-ce qu’il s’agit d’un tournant ? En tout cas, c’est un échange et une relation qui cherchent à élaborer quelque chose de solide et des axes stratégiques », expliquait M. Macron en dressant le bilan de son voyage. L’attitude réservée du maître du Kremlin montre que ce dernier se sent en position de force. « C’est un pragmatique et il sait qu’il n’a pas besoin de trop en faire, étant dans une situation idéale pour profiter des tensions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Ex-candidat à la présidence du Medef, Jean-Charles Simon, qui soutient désormais Geoffroy Roux de Bézieux, défend un projet libéral radical dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Pleurnicher sur le mépris des corps intermédiaires ou leur affaiblissement est une supercherie »

Ex-candidat à la présidence du Medef, Jean-Charles Simon, qui soutient désormais Geoffroy Roux de Bézieux, défend un projet libéral radical dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h07
    |

Jean-Charles Simon (Président de Stacian, une société d’intelligence statistique et d’analyse économique, et ex-candidat à la présidence du Medef)







                        



                                


                            

Tribune. La France a tendance à se méfier des libertés. L’Etat a chez nous une longue tradition de toute-puissance et se veut souvent le seul garant de l’intérêt général et le régulateur de toute chose. Mais cela ne suffit pas toujours, et l’on veut encore ajouter à la loi publique d’autres contraintes sur les individus et les entreprises. C’est alors qu’on fait appel aux « corps intermédiaires », censés les réguler en complément de la puissance publique.
Cette tradition d’Ancien Régime a notamment vu l’autorité royale prolongée autrefois par les règles des corporations et autres jurandes. Pour freiner la liberté d’entreprise et la libre concurrence, l’autorité du corps intermédiaire vient s’imposer aux récalcitrants comme une forme d’auxiliaire de la puissance publique et son interlocuteur.
Avec la Révolution, le décret d’Allarde et la loi Le Chapelier, va s’ouvrir une période de près d’un siècle de libertés individuelles effaçant ces structures de contraintes et de régulations – et une période de formidable expansion économique. Mais le démon corporatiste va refaire son chemin à partir de la fin du XIXe siècle, soutenu par des courants aussi divers que le paternalisme patronal, le catholicisme social ou le mouvement ouvrier communiste.
La crise de 1929 va exacerber cette défiance à l’égard de l’individu, de l’entreprise et de leurs libertés, pour les enrégimenter toujours plus dans des ligues, des syndicats, des partis, des unions. Elle prendra sa forme la plus extrême avec les corporations et la charte du travail du régime de Vichy, régulant entre producteurs les prix, les salaires et les quantités. Mais, paradoxalement, on en retrouve aussi des succédanés à la sortie de la guerre, avec les conventions collectives et le paritarisme.

Depuis les années 1980 et le grand souffle de liberté venu de la mondialisation des échanges, du développement des marchés financiers et des technologies de l’information,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Traversées par différents courants de pensée, les organisations patronales ont toujours fait passer au premier plan la défense de leurs intérêts immédiats, analyse dans une tribune au « Monde » l’historienne Danièle Fraboulet.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« Les relations du patronat avec l’Etat et la société varient selon la conjoncture politique et les rapports de force »

Traversées par différents courants de pensée, les organisations patronales ont toujours fait passer au premier plan la défense de leurs intérêts immédiats, analyse dans une tribune au « Monde » l’historienne Danièle Fraboulet.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h17
    |

Danièle Fraboulet (Professeure émérite d’histoire contemporaine de l’université Sorbonne Paris-Cité de Paris-XIII)







                        



                                


                            

Tribune. La multiplicité des candidatures à la présidence du Medef, avant l’élection qui doit se tenir le 3 juillet, est symbolique de la diversité historique du monde patronal en France. Loin de l’image d’un groupe social embrassant unanimement la position libérale d’une défense tous azimuts de la liberté d’entreprendre en luttant contre tous les empiétements, qu’ils viennent de l’Etat, des syndicats ou d’autres acteurs de la société, celui-ci a été souvent divisé.
De fait, les organisations patronales ont le plus souvent adapté de manière pragmatique leur action et leur positionnement idéologique en fonction de leur perception des multiples visages de l’Etat : concurrent, oppresseur (sur le plan fiscal), producteur de normes et d’informations, mais aussi client, formateur de main-d’œuvre qualifiée, garant de la souveraineté nationale…
Dans la métallurgie, les premières chambres syndicales apparaissent dans la première partie du XIXe siècle. Les premières unions professionnelles voient le jour dans les métiers du bâtiment et de l’alimentation. Des comités de maîtres de forges apparaissent dès 1828 pour défendre les intérêts généraux de leur branche, notamment à propos des questions douanières.
A partir du Second Empire, les chambres syndicales se multiplient, mais les premières tentatives d’association sont souvent vouées à l’échec, car les regroupements sont hétérogènes, et les patrons restent très individualistes. Les lois de 1884 et de 1901 sur les associations donnent corps aux chambres syndicales nationales ou régionales, qui intègrent les entreprises, et qui sont rassemblées dans des unions ou fédérations. Sans position idéologique particulière, ces dernières tentent de résoudre des problèmes économiques et sociaux précis et conjoncturels.
Des courants de pensées divers et successifs
En 1901, la création d’une organisation plus combative, l’Union des industries métallurgiques et minières (UIMM),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Le sociologue Michel Offerlé décrypte dans une tribune au « Monde » l’audience et le poids des différentes organisations de chefs d’entreprise en 2018.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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« On pourrait se demander si le Medef dans sa composition actuelle représente bien le tissu économique français »

Le sociologue Michel Offerlé décrypte dans une tribune au « Monde » l’audience et le poids des différentes organisations de chefs d’entreprise en 2018.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h12
    |

                            Michel Offerlé (Professeur à l’Ecole normale supérieure)








                        



                                


                            

Tribune. En 2017, pour la première fois, l’audience des organisations patronales a été mesurée conformément à la loi du 5 mars 2014. Que disent ces chiffres de leur représentativité ? D’abord, ils rompent avec les proclamations de nombreuses confédérations ; ensuite, ils laissent perplexes tant leur fabrique a été compliquée et cadrée politiquement. Car cette opération n’était certes pas une mesure scientifique, elle visait à légitimer la représentation patronale des partenaires sociaux, sans bouleverser les équilibres.
Depuis sa création en 1998, le Mouvement des entreprises de France (Medef) affichait entre 750 000 et 800 000 adhérents. Or, l’enquête ne le crédite plus que de 123 387 cotisants. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME, ex-CGPME) en annonçait 550 000, il ne lui en reste plus que 144 939. Quant à l’U2P (l’Union des entreprises de proximité, UPA + UNAPL), qui en revendiquait 350 000 (250 000 pour la première organisation et 100 000 pour la deuxième), elle compte 150 605 adhérents…

On peut reproduire le même constat pour les deux fédérations patronales les plus importantes en effectifs : les adhérents de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) ont fondu de 80 000 membres déclarés à 30 000 constatés, et le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA, concessionnaires et garagistes) a « perdu » la moitié de ses affiliés, de 30 000 à 15 000. Quant aux deux fédérations rivales du bâtiment, leurs chiffres sont en revanche plus proches des déclarations antérieures : 42 144 pour la Fédération française du bâtiment au lieu de 57 000, et 56 551 pour la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) contre 80 000.
En ajoutant aux effectifs des trois grandes confédérations ceux de l’économie sociale et ceux des fédérations dites « autonomes », le taux d’adhésion des (environ) 3 millions d’entreprises françaises à un syndicat patronal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ En remontant la pièce d’Eschyle avec des migrants ayant connu la même situation que les Danaïdes, Jean-Luc Bansard offre une mise en abyme vertigineuse, raconte Frédéric Potet dans sa chronique.
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Pourquoi il faut écouter « Les Suppliantes »

En remontant la pièce d’Eschyle avec des migrants ayant connu la même situation que les Danaïdes, Jean-Luc Bansard offre une mise en abyme vertigineuse, raconte Frédéric Potet dans sa chronique.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h20
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            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Il faut lire ou relire Eschyle. Dans Les Suppliantes, pièce écrite dans les années 466 à 463 avant J.-C., le poète grec narre le début d’un épisode antique faisant étonnamment écho à la crise des migrants qui sévit actuellement en Europe : le mythe des Danaïdes. Refusant d’être mariées de force à des cousins germains, cinquante femmes – les filles de Danaos – entreprennent de fuir l’Afrique par la mer pour se réfugier sur les rives de la cité grecque d’Argos, où elles réclament la protection du souverain local. Ce dernier va accepter de leur accorder l’asile, au nom des lois de l’hospitalité, malgré la menace d’une guerre.
C’est en entendant le directeur du Festival d’Avignon, Olivier Py, grand propagateur de l’œuvre d’Eschyle, parler de cette tragédie à la radio en 2015, que le metteur en scène Jean-Luc Bansard a décidé de s’en emparer avec sa troupe, le Théâtre du Tiroir, basée à Laval (Mayenne). La dimension prémonitoire du texte lui interdisant « une adaptation traditionnelle », il a alors eu l’idée de « convertir » au théâtre des migrants récemment arrivés sur le territoire français.
Vingt-six siècles séparent « Les Suppliantes » des sauvetages en Méditerranée d’embarcations de fortune
Jean-Luc Bansard n’est pas le seul à faire monter sur scène des candidats au statut de réfugié. La troupe anglaise du Good Chance Theatre s’en est fait également une spécialité depuis plusieurs années, par le biais d’ateliers organisés dans des campements et des centres d’hébergement. La différence tient, ici, au choix du répertoire : vingt-six siècles séparent Les Suppliantes (l’une des plus anciennes pièces de théâtre de l’humanité) des sauvetages en Méditerranée d’embarcations de fortune ; la mise en abyme n’en est que plus vertigineuse, dès lors que le texte est déclamé par des hommes et des femmes ayant connu cela.
Pour recruter ses comédiens, le metteur en scène est allé frapper...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Ancien numéro  deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker s’inquiète de l’excès de puissance des technocrates.
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« Les banquiers centraux doivent battre en retraite »

Ancien numéro  deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker s’inquiète de l’excès de puissance des technocrates.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h45
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            Marie Charrel








                        



                                


                            

Depuis la crise, les banques centrales ont pris une place considérable dans le pilotage des économies. Peut-être trop, et cela risque de fragiliser le pouvoir politique, estime Paul Tucker, ancien vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre (2009-2013), aujourd’hui à la Harvard Kennedy School, l’école d’affaires publiques de l’université américaine. Dans son nouvel ouvrage, Unelected Power. The Quest for Legitimacy in Central Banking and the Regulatory State (Pouvoir non élu. La quête de la légitimité pour les banques centrales et l’Etat régulateur, Princeton University Press, avril 2018), il détaille pourquoi il est temps, selon lui, que les technocrates battent en retraite.
La zone euro renoue avec une croissance fragile, après une décennie difficile. Quel bilan tirez-vous de l’action de la Banque centrale européenne (BCE) ?
Si l’on s’en tient à l’objectif de maintenir la stabilité du système monétaire, elle a fait du bon travail. D’un certain point de vue, elle est aujourd’hui bien plus qu’une banque centrale : cette dernière décennie, elle a été l’unique institution capable de garantir la survie de la zone euro, car la seule en mesure d’agir en ce sens pendant la crise. Cette position est néanmoins précaire, car elle résulte de l’incomplétude institutionnelle de l’union monétaire.
Les grandes banques centrales ont considérablement élargi leurs pouvoirs et influence pendant la crise. Pourquoi ?
Peut-être parce qu’elles avaient commis un peu moins d’erreurs que les autres régulateurs durant la période précédente. Ou parce qu’au tout début du choc financier, elles étaient les mieux outillées pour agir rapidement : l’arme budgétaire est un peu plus longue à déclencher. Dès lors, elles ont pris les devants de la scène face aux dirigeants politiques, qui se sont mis en retrait. Si le président Franklin Delano Roosevelt incarne la relance des Etats-Unis après la crise de 1929, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Le député européen, ancien président de France 5, RFO et Radio France, juge, dans une tribune au « Monde », qu’il faut d’abord résoudre trois instabilités : réformer le CSA, adopter une loi-cadre et moderniser l’offre.
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Jean-Marie Cavada : « Une réforme de l’audiovisuel public est indispensable »

Le député européen, ancien président de France 5, RFO et Radio France, juge, dans une tribune au « Monde », qu’il faut d’abord résoudre trois instabilités : réformer le CSA, adopter une loi-cadre et moderniser l’offre.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 10h05
    |

Jean-Marie Cavada (Député européen, ancien président de France 5, RFO, Radio France)







                        



                                


                            

Tribune. Une réforme de l’audiovisuel public est annoncée. Elle est indispensable pour au moins trois raisons. D’abord, ses missions sont devenues floues, et ses programmes se rapprochent parfois avec facilité de l’offre des télévisions privées. Ensuite, son organisation d’entreprise est obsolète, datant de trois décennies, malgré des tentatives de modernisation méritoires mais insuffisantes. Enfin, parce que les habitudes de consommation des médias sont en train de changer si profondément qu’il faut progressivement construire un système nouveau de mise à disposition de l’offre publique. Car ce qui compte avant tout, c’est la qualité du programme.
Prenons garde ! Réformer n’est pas un but en soi et n’a de sens que si les missions qu’impose la perception d’une redevance conduisent à une offre différente, complète, diversifiée et moderne. A quoi bon payer une redevance si l’effort d’originalité n’est pas soutenu : les télés privées y suffisent ! Contrairement à Radio France, qui a toujours su se distinguer de ses concurrentes privées, France 2 et parfois même France 3 y arrivent beaucoup moins bien.
L’exécutif et le législateur doivent définir clairement les missions de l’audiovisuel public. Une fois l’exigence des missions posée, il convient d’en tirer les conséquences afin d’en obtenir une bonne application. Pour cela, il faut résoudre trois instabilités qui, depuis toujours, caractérisent le système français. Et il faut avoir le courage de trancher ces questions, car cette réforme conditionnera le fonctionnement de l’audiovisuel public sans doute pour une bonne vingtaine d’années.
Logique simple des entreprises
La première instabilité est institutionnelle. On a proposé au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de nommer les présidents des télévisions et radios publiques, mais on lui demande aussi de contrôler le fonctionnement de ces entreprises, comme d’ailleurs de régir le secteur privé. Qui nomme ne peut plus être...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’aumônier militaire en chef du culte musulman veut faire de l’armée « un laboratoire ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/06/2018
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Abdelkader Arbi : « Je veux banaliser le fait religieux musulman dans les armées »

L’aumônier militaire en chef du culte musulman veut faire de l’armée « un laboratoire ».



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 10h54
    |

            Cécile Chambraud et 
Nathalie Guibert








                        



                                


                            

« Le temps est venu de faire confiance. » Dans son grand bureau clair du fort de Vincennes, l’aumônier en chef du culte musulman dans les armées, Abdelkader Arbi, s’agace des éternels débats piégés sur l’islam en France autant que du temps perdu à « ne pas régler les problèmes » liés à l’organisation du culte.
S’exprimant, comme le veut la règle militaire, après le feu vert de sa hiérarchie, il résume ainsi son ambition et celle de ses collègues – ils sont 43 aumôniers militaires musulmans, dont 6 femmes, sur un total de 312 : « Banaliser le fait religieux musulman dans les armées. » L’aumônerie musulmane n’est en place que depuis 2005. L’organisation confessionnelle catholique, protestante et israélite datant, elle, de 1874. Mais désormais, « les armées sont en avance dans la gestion du fait religieux », affirme-t-il.
Banaliser ? « Je veux débarrasser les jeunes qui souhaitent s’engager dans l’armée du poids des questions religieuses. Je leur dis : “Travaillez, passez vos examens, progressez dans la hiérarchie. Vous avez choisi l’armée, on va vous débarrasser de vos questions religieuses, existentielles, pour que vous puissiez vous consacrer totalement au choix que vous avez fait.” C’est ça, mon rôle principal. » 
Faire confiance ? A la tête de l’Etat, la réflexion sur l’organisation du culte musulman est relancée, non sans crispations. Abdelkader Arbi, 58 ans, porte un projet. Sans sortir du cadre de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, il veut créer un séminaire pour former les prochains aumôniers militaires : « On œuvre pour la République. Le temps est venu d’avancer, de mettre à mal tous les a priori. Après treize ans d’activité, je sais ce dont on a besoin. » A l’avenir, n’intégreraient l’aumônerie que les diplômés de ce séminaire. L’entrée se ferait au niveau licence. La formation, sous statut étudiant, durerait trois ans, à temps plein,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la romancière Simonetta Greggio estime que ce qui se produit aujourd’hui dans son pays résulte d’une impuissance démocratique, qui pourrait arriver ailleurs en Europe.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/06/2018
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Crise politique italienne : « A quoi sert mon vote ? »

Dans une tribune au « Monde », la romancière Simonetta Greggio estime que ce qui se produit aujourd’hui dans son pays résulte d’une impuissance démocratique, qui pourrait arriver ailleurs en Europe.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 14h02
    |

Simonetta Greggio (Romancière italienne, auteure de "Elsa, mon amour", une biographie de l'écrivaine Elsa Morante, à paraître chez Flammarion le 22...







                        



                                


                            

Tribune. Beaucoup de ceux qui ont eu le pouvoir en Italie l’ont perdu de manière tragique. Mussolini a été tué au coin d’une rue comme un chien, puis pendu par les pieds. Le parti Démocratie chrétienne a explosé en 1994, suite à l’opération « Mains propres », seize ans après avoir perdu l’un de ses meilleurs représentants, Aldo Moro, enlevé et assassiné par les Brigades rouges.
A Bettino Craxi (premier socialiste à diriger le gouvernement italien, en 1983) on a jeté la pierre, sous forme d’un déluge de petite monnaie, avant de le contraindre à l’exil, où il est mort. La carrière de Giulio Andreotti (qui a dirigé sept gouvernements italiens successifs, de 1972 à 1992) s’est douloureusement éteinte dans des accusations d’accointance avec la Mafia.
Quant à Silvio Berlusconi, personne n’a eu depuis l’après-guerre autant de pouvoir que lui. En 1970, il était déjà en train de faire construire Milano 2, devenu par la suite le siège de sa première télévision, l’un des bras de la pieuvre de son empire. Rien que sa fortune personnelle a été estimée à près de 7 milliards d’euros. A l’époque, déjà, il ne manquait pas d’argent, venu des terres siciliennes par le biais d’une banque dont son père était le directeur. Son règne n’était certes pas une dictature : le président de Forza Italia a été une bête molle, un ennemi insidieux qui a réveillé la part d’anarchisme qui sommeillait en chaque Italien.

En tant que chef du gouvernement, il a lui-même plusieurs fois répété qu’il était légitime de ne pas payer ses impôts, ce dont il a donné l’exemple. On a toujours su qui il était, et malgré cela il a été élu trois fois. Quelqu’un disait, dont j’ai oublié le nom : « J’ai moins peur de Berlusconi en tant que tel que du Berlusconi que chacun cache en soi. » Mais l’Histoire est imprévisible et l’on ne peut anticiper son épilogue. La vraie question est : comment la structure sociale et morale qui s’est créée au fil de ses mandats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Benjamin Dessus, ancien ingénieur chez EDF, et Bernard Laponche, ancien syndicaliste au CEA, déplorent dans une tribune au « Monde » l’absence de l’hypothèse d’un accident grave dans les scénarios officiels débattus dans le cadre de la « programmation pluriannuelle de l’énergie ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« La question du risque nucléaire est exclue du débat public sur l’énergie »

Benjamin Dessus, ancien ingénieur chez EDF, et Bernard Laponche, ancien syndicaliste au CEA, déplorent dans une tribune au « Monde » l’absence de l’hypothèse d’un accident grave dans les scénarios officiels débattus dans le cadre de la « programmation pluriannuelle de l’énergie ».



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h30
    |

Benjamin Dessus et Bernard Laponche (Membres de l’association Global Chance)







                        



                                


                            

Tribune. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit fixer les politiques et mesures à mettre en œuvre dans les années qui viennent afin de placer la France sur une trajectoire de consommation et d’approvisionnement qui respecte les grands objectifs de la loi sur la transition énergétique pour une croissance verte de 2015.
Ces objectifs portent sur plusieurs composantes du système énergétique à des horizons différents : 2025, 2030, 2050. L’élaboration de la PPE doit donc se faire sur la base de scénarios d’évolution du système énergétique à ces différents horizons, dans lesquels s’insèrent des scénarios particuliers, notamment sur l’électricité, comme ceux publiés par le Réseau de transport d’électricité (RTE, filiale d’EDF).
Les questions relatives à l’évolution du parc électronucléaire sont évidemment cruciales, du fait de l’importance de la part du nucléaire dans la production d’électricité (de l’ordre de 75 % aujourd’hui), du rôle central et presque hégémonique que cette filière occupe depuis un demi-siècle dans la politique énergétique de la France, mais aussi du fait des risques qu’elle présente, tant au niveau des centrales nucléaires qu’à celui des activités et des installations touchant aux combustibles et aux déchets radioactifs.
Question primordiale
Or, les questions de sûreté et de sécurité des centrales et des usines nucléaires sont les grandes absentes du dossier présenté par le ministère de la transition écologique et solidaire pour cadrer le débat public en cours sur la PPE. Tout en rappelant à chaque occasion qu’ils sont soumis aux décisions de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), les décideurs politiques et industriels ignorent, ou feignent d’ignorer, les déclarations de son président, Pierre-Franck Chevet : « Un accident majeur, comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima, ne peut être exclu nulle part dans le monde, y compris en Europe » (Le Monde du 22 avril 2016). Tout se passe comme...




                        

                        


<article-nb="2018/06/02/17-16">
<filnamedate="20180602"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180602"><AAMMJJHH="2018060217">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le nouveau système est perfectible et favorise les « bons » élèves, mais il ne faut pas pour autant l’accabler de tous les maux, jugent François Legendre et Joan Le Goff, professeurs de sciences économiques à l’université Paris-Est-Créteil.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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« N’accablons pas Parcoursup »

Le nouveau système est perfectible et favorise les « bons » élèves, mais il ne faut pas pour autant l’accabler de tous les maux, jugent François Legendre et Joan Le Goff, professeurs de sciences économiques à l’université Paris-Est-Créteil.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h30
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François Legendre (professeur de sciences économiques, directeur du département d’économie, faculté de sciences économiques et de gestion, UPEC) et...







                        



                                


                            

Tribune. Le système APB avait été fortement décrié parce qu’il avait conduit à assigner les candidats par tirage au sort. Avec son remplacement par Parcoursup, on se rend compte que le défaut majeur d’APB était de conduire les candidats à s’autosélectionner, en n’incitant pas les jeunes défavorisés socialement à postuler aux « bonnes » formations.
L’autosélection est pire que la sélection car, outre le regret qu’elle engendre, elle est l’un des ressorts de la reproduction sociale qui va à l’encontre des principes républicains. Notre société décourage les personnes issues des milieux modestes d’ambitionner les formations les plus prestigieuses. APB demandait aux candidats de classer leurs vœux. Ce classement devait retracer des préférences sincères et éclairées : or, ces conditions n’étaient pas remplies ; parce que les jeunes éprouvent, par manque d’information, une très grande difficulté à hiérarchiser leurs vœux et mesurer leurs chances de réussite, mais aussi parce que l’opacité du système APB n’encourageait pas les candidats à révéler leurs préférences. Les candidats, dans la crainte d’être refusés par leur deuxième choix s’ils mettaient en premier vœu leur formation préférée, exprimaient comme premier vœu leur deuxième choix.
Avec le passage d’APB à Parcoursup, les formations sélectives ont été plébiscitées : cela ne résulte pas d’un changement des préférences des candidats mais du passage d’une procédure où les vœux étaient viciés par des préoccupations stratégiques des lycéens à une procédure où les « véritables » préférences peuvent s’exprimer. Parcoursup permettrait ainsi l’expression de la demande d’éducation dans le supérieur et les pouvoirs publics pourraient ainsi redéployer en partie l’offre d’éducation en augmentant le nombre de places dans les formations les plus demandées.
Une politique explicite de discrimination positive
Parcoursup permet aux candidats de disposer d’une plus grande information au moment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Laurent Bordereaux, professeur d’aménagement de l’espace, estime que la loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique en cours d’examen à l’Assemblée nationale rend plus difficile la préservation des côtes françaises.
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Loi ELAN : « L’amendement déposé par des députés LRM relatif à la loi Littoral suscite la controverse »

Dans une tribune au « Monde », Laurent Bordereaux, professeur d’aménagement de l’espace, estime que la loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique en cours d’examen à l’Assemblée nationale rend plus difficile la préservation des côtes françaises.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 19h00
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Laurent Bordereaux (Professeur à l’université de La Rochelle)







                        



                                


                            

Tribune. A l’heure de l’examen parlementaire du projet de loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN), l’amendement déposé par un groupe de députés LRM relatif à la loi Littoral suscite pour le moins la controverse.
Rappelons qu’il fait suite à toute une série de tentatives récentes d’assouplissement de ce texte majeur de protection des zones côtières adopté en 1986, dans le cadre de propositions de loi visant par exemple à mieux appréhender les risques naturels. Le présent amendement est ainsi très comparable à certaines dispositions d’un projet sénatorial du 30 janvier 2018 relatif au développement des territoires littoraux.
Sur le fond, il remet frontalement en cause l’un des piliers de la loi Littoral qui, au-delà des célèbres principes d’interdiction de construire dans la bande des cent mètres et dans les espaces remarquables, limite l’urbanisation sur l’ensemble du territoire des communes littorales en exigeant une continuité entre les projets d’aménagement et les zones déjà urbanisées.
Garde-fous flous
Cette dernière règle est au cœur du dispositif de protection voulu par le législateur en interdisant les constructions isolées qui mitent trop souvent l’espace littoral français, de la Normandie à la Méditerranée. Elle a suscité un contentieux abondant, le juge administratif ayant précisé en la matière qu’une extension de l’urbanisation ne pouvait légalement se concevoir qu’à partir d’une zone urbaine caractérisée par une densité significative de constructions, et non à partir d’une zone d’urbanisation diffuse.

En s’attaquant à ce dispositif anti-mitage du littoral, qui fait d’ailleurs écho aux préoccupations modernes de densification des zones (véritablement) urbanisées et de lutte contre l’artificialisation des sols, l’amendement litigieux a de quoi provoquer l’ire des associations de protection de l’environnement. Car, s’il était définitivement adopté, il permettrait, par une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».
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Loto du patrimoine : « Nous demandons au président de la République de renoncer à se rendre dans la maison de Pierre Loti »

C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron a entrepris d’engager des initiatives visant à financer la rénovation de notre patrimoine culturel. A cet effet, un vaste « loto » sera organisé permettant d’abonder un fonds consacré au financement en tout ou en partie de 250 monuments français. Une démarche respectable, que nous serions prêts à soutenir, si le président de la République n’envisageait pas de lancer ce « grand loto du patrimoine » dans la maison de l’écrivain Pierre Loti à Rochefort, la veille des journées européennes du patrimoine 2018. Un tel acte aurait pour effet d’apporter une onction républicaine et européenne aux écrits d’un auteur qui s’est illustré par une haine d’une violence inouïe à l’égard des Arméniens et des juifs.
Aussi, souhaitons-nous, à travers cet appel, attirer l’attention sur les écrits de Pierre Loti.
Dans son livre La Mort de notre chère France en Orient », il écrivait : « « En ce qui me concerne, je suis mal tombé peut-être, mais je puis attester qu’à de rares exceptions près, je n’ai rencontré chez eux [les Arméniens] que lâcheté morale, lâchage, vilains procédés et fourberie. Et comme je comprends que leur duplicité et leur astuce répugnent aux Turcs, qui sont en affaires la droiture même ! Leurs pires ennemis sont les premiers à le reconnaître. J’oserais presque dire que les Arméniens sont en Turquie comme des vers rongeurs dans un fruit, drainant à eux tout l’or, par n’importe quel moyen, par l’usure surtout, comme naguère les Juifs en Russie ».
Actes ignobles
Dans Jérusalem, il écrivait encore : « En soi, cela est unique, touchant et sublime : après tant de malheurs inouïs, après tant de siècles d’exil et de dispersion, l’attachement inébranlable de ce peuple à une patrie perdue ! Pour un peu, on pleurerait avec eux – si ce n’étaient des Juifs (mots soulignés par l’auteur) et si l’on ne se sentait le cœur étrangement glacé par toutes leurs abjectes figures. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ La nécessaire réforme du « reste à charge zéro » risque de dérailler si les propositions des professionnels et des réseaux de soins ne sont pas écoutées, selon Marianne Binst, directrice générale du réseau de santé Santéclair, dans une tribune au « Monde ».
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Santé : « On assiste à la mise en place d’un deuxième étage de la Sécurité sociale »

La nécessaire réforme du « reste à charge zéro » risque de dérailler si les propositions des professionnels et des réseaux de soins ne sont pas écoutées, selon Marianne Binst, directrice générale du réseau de santé Santéclair, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h00
    |

Marianne Binst (Directrice générale du réseau de santé Santéclair)







                        



                                


                            
Tribune. Vous avez aimé la réforme des contrats dits « responsables » et l’explosion des restes à charge qu’elle a générée en plafonnant les remboursements des dépassements d’honoraires ? Vous allez adorer celle du « reste à charge zéro » (RAC 0) que concocte en ce moment même la direction de la Sécurité sociale (DSS) en faisant fi de toutes les contributions que les acteurs de la filière optique et de la prise en charge complémentaire ont portées à sa connaissance.
Le projet de réforme tel qu’il est aujourd’hui imaginé par la DSS risque de s’avérer catastrophique pour les porteurs de lunettes
La réforme du RAC 0 a été promise par le président de la République lorsqu’il était encore candidat. Tout le monde était de fait d’accord pour que certains soins soient intégralement remboursés, et que donc plus un seul Français n’y renonce pour des raisons financières. L’idée était de définir, pour trois postes de dépenses plus particulièrement coûteux (optique, audio et dentaire), un « panier » de soins ou d’équipements, puis d’ajuster le remboursement de l’Assurance-maladie et des complémentaires de telle sorte que l’assuré n’ait pas un centime à débourser.
Mais si le projet de réforme tel qu’il est aujourd’hui imaginé par la DSS voit le jour, il risque de s’avérer catastrophique pour les porteurs de lunettes. En optique, ce projet prévoit la création d’un panier de soins RAC 0 composé de verres et de montures dont les prix seront limités par les pouvoirs publics. Cette limitation va se traduire par la vente de produits de moindre qualité, commercialisés pour la plupart par des fabricants « low cost » sans contrôle des performances techniques. Pas étonnant donc que le Groupement des industriels et fabricants de l’optique soit vent debout contre cette réforme qui participera à détériorer la qualité des équipements sans gain de pouvoir d’achat pour le consommateur.
Augmentation des cotisations de complémentaires
Car cette offre peu qualitative...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans cette tribune au « Monde », l’économiste Frédéric Bizard estime que la gratuité complète des soins optiques, dentaires et audioprothésistes, est une illusion masquant une dérive vers le modèle de santé américain, au plus grand bénéfice des assureurs privés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Santé : supprimer le reste à charge est « un conte de fées »

Dans cette tribune au « Monde », l’économiste Frédéric Bizard estime que la gratuité complète des soins optiques, dentaires et audioprothésistes, est une illusion masquant une dérive vers le modèle de santé américain, au plus grand bénéfice des assureurs privés.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 17h27
    |

Frédéric Bizard (Economiste et enseignant à Sciences Po Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Marisol Touraine avait promis aux Français qu’ils ne paieraient plus quand ils iront chez le médecin. Agnès Buzyn va plus loin en leur promettant de ne plus rien payer chez le dentiste, l’opticien et l’audioprothésiste. Les citoyens se doutent bien que ce conte de fées aura une sinistre fin !
Les Français paient en direct un quart des dépenses chez ces trois professionnels de santé (soit 4,5 milliards d’euros), le « reste à charge ». En fait, c’est l’assureur privé qui va financer une partie du reste à charge en reportant cette dépense sur les primes des contrats payées… par les Français. Cette rente supplémentaire pour les assureurs générera une forte inflation des coûts d’accès aux soins. En effet, les frais de gestion des contrats représentent plus de 25 % des cotisations.

Le coût réel du soin remboursé à 100 % par un contrat d’assurances est bien plus élevé que l’autofinancement direct d’une partie des dépenses par les patients. Ainsi, le coût de l’assurance d’une paire de lunettes simples sur trois ans pour un retraité est de 792 euros, alors que l’achat du produit revient à 280 euros ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la plupart des pays développés n’assurent plus les lunettes…
Destruction du modèle solidaire
Les Français sont-ils prêts à sacrifier la qualité de leurs soins en échange du fait de ne rien avoir à payer en direct ? Le gouvernement va en effet annoncer dans les trois secteurs l’instauration de paniers de soins sans reste à charge, à prix réduit et plafonné, qui représenteront une partie de l’ensemble des soins actuels – on parle d’un tiers en optique et de 45 % en dentaire.
Certains en France défendent une évolution à l’anglaise et rêvent d’un grand système public national de santé
Cette mesure est une vraie destruction du modèle français solidaire qui vise à garantir l’égalité face à la qualité des soins. Si les paniers de soins sans reste à charge seront accessibles à tous,...




                        

                        

