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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Les députés ont voté, vendredi 1er juin, en faveur du passage de 100 % à 10 % de logements accessibles aux personnes handicapées dans la construction neuve.
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L’Assemblée vote une baisse drastique des logements accessibles aux personnes handicapées

Les députés ont voté, vendredi 1er juin, en faveur du passage de 100 % à 10 % de logements accessibles aux personnes handicapées dans la construction neuve.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 16h16
   





                        



   


Les handicapés, grands perdants de la loi ELAN ? C’est ce que dénoncent depuis plusieurs jours des associations de défense des handicapés, pointant une « grave régression sociale ».
Malgré des critiques de la droite et de la gauche, l’Assemblée nationale a voté, vendredi 1er juin, le passage de 100 % à 10 % de logements accessibles aux personnes handicapées dans la construction neuve, les 90 % restants devant être « évolutifs », selon le projet de loi Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN).
« Le gouvernement est pleinement mobilisé » pour « la société d’inclusion » et la plupart des logements pourront évoluer tout au long de la vie via des travaux simples, en cas d’accident ou avec le vieillissement notamment, a justifié le secrétaire d’Etat Julien Denormandie, à propos de cette mesure qui avait été annoncée lors du premier comité interministériel du handicap du quinquennat, en septembre 2017.
Les objectifs du logement évolutif ont été précisés, via un amendement gouvernemental « suite au travail avec les associations », a déclaré M. Denormandie. Mais ces dernières ont davantage communiqué ces derniers jours sur « l’absurdité sociale » que représenterait une telle mesure, qualifiée de « discriminatoire ».

        Lire aussi :
         

                Handicap : la loi ELAN rompt avec « le principe d’universalité de l’accessibilité au logement »



L’accessibilité universelle remise en cause
Plusieurs élus de droite et de gauche ont relayé ces inquiétudes dans l’hémicycle et cherché en vain à faire supprimer la mesure. Mathilde Panot (LFI) a ainsi regretté une « rupture » et un recul pour les personnes âgées, mais aussi les parents avec poussette. Constance Le Grip (LR) a, de son côté, pointé « une marche arrière sur le principe d’accessibilité universelle » issue d’une loi de 2005.
A l’inverse, Jean-Christophe Lagarde, coprésident des députés UDI-Agir-Indépendants, s’est félicité du rétablissement d’un « équilibre », car le 100 % accessible était un « excès » selon lui. « La loi de 2005 constitue un progrès », mais « elle est source de bien des difficultés d’application », a abondé le ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard.
Un argument déjà contesté en avril dernier par le défenseur des droits, Jacques Toubon, qui estimait, lors d’une conférence de presse, à propos de cette disposition « remet [tant] en cause l’accessibilité universelle » : « Il va falloir en débattre, car elle est totalement contraire au droit. »
« L’introduction de ce quota de logements est discriminatoire et en contradiction avec le droit des personnes à choisir librement leur lieu de vie selon l’article 19 de la Convention de l’ONU relative au droit des personnes handicapées, pourtant ratifiée par la France en 2010 », affirme, de son côté, le Comité pour le droit au travail des handicapés et l’égalité des droits (CDTHED). « Qui peut croire sérieusement qu’un bailleur n’écartera pas d’office le candidat locataire qui a besoin de travaux, même simples, pour rendre accessible son logement ? », ajoute son président, Henri Galy.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Malgré des centaines de millions d’euros dépensés, le constat initial, pointé depuis longtemps par les chercheurs, n’a pas varié : la vidéosurveillance ne parvient même pas à combattre le sentiment d’insécurité qu’elle promettait de résoudre.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Nous laissons sur Internet, parfois sans le savoir, beaucoup d’informations sur notre état de santé, relève le chercheur en informatique. Il importe d’informer chacun sur ce risque d’atteinte à notre vie privée.
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Claude Kirchner : « La géolocalisation peut devenir une donnée médicale »

Nous laissons sur Internet, parfois sans le savoir, beaucoup d’informations sur notre état de santé, relève le chercheur en informatique. Il importe d’informer chacun sur ce risque d’atteinte à notre vie privée.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 14h26
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Parmi les données relatives à notre vie privée, celles qui concernent notre santé sont considérées, au regard du droit français, comme « sensibles », car touchant au plus intime de l’individu. A ce titre, elles sont régies par le droit commun des données personnelles, assorti d’un surplus de protections spécifiques. Mais que vaut cette protection à l’heure des objets connectés et du big data ? Au-delà des données médicales proprement dites, de plus en plus numérisées (paramètres biologiques et physiologiques, radiographies, etc.), nous laissons en effet sur Internet de nombreuses informations sur notre état de santé, parfois même sans le savoir.

Lorsqu’une personne se rend chaque semaine dans un hôpital spécialisé en oncologie ou en dermatologie, sa géolocalisation ­devient une donnée médicale. Lorsque nous interagissons avec nos assistants numériques personnels, audio ou vidéo, le son de notre voix ou la pâleur de notre peau peuvent indiquer des états physio­logiques. Or, ces données peuvent aisément être utilisées, à notre insu, par des entités externes au secteur médical, à des fins autres que l’intérêt général ou que l’intérêt propre de celui dont elles sont issues. Par exemple pour du ciblage publicitaire, tel que le pratiquent déjà les géants d’Internet à partir des profils psychologiques que nous laissons sur leurs plates-formes numériques.
Maîtriser les flux
Si la mise à disposition de ces données dans le système de santé présente un bénéfice indéniable, pour les soins de celui dont elles sont issues comme pour les progrès de la connaissance et de la médecine, leur utilisation crée donc un risque majeur d’atteinte à la vie privée. Comment privilégier l’intérêt général en partageant ces ­informations au mieux, tout en respectant la volonté de ceux qui refusent de les communiquer ? Car les citoyens n’ont pas tous le même avis sur ce sujet. Pour un certain nombre d’entre eux, l’accès le plus rapide possible à leurs données médicales sera...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Le procès en appel de cette Française, qui risque la peine de mort, doit se tenir dimanche à Bagdad. Le ministre des affaires étrangères avait qualifié Mme Boughedir de « combattante ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Procès en Irak de Mélina Boughedir : ses avocats accusent Jean-Yves Le Drian d’« ingérence »

Le procès en appel de cette Française, qui risque la peine de mort, doit se tenir dimanche à Bagdad. Le ministre des affaires étrangères avait qualifié Mme Boughedir de « combattante ».



Le Monde
 |    02.06.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 14h32
    |

            Hélène Sallon et 
Elise Vincent








                        


Le procès en appel de Mélina Boughedir, cette Française capturée par les forces irakiennes à Mossoul le 8 juillet 2017, s’ouvre à nouveau ce dimanche 3 juin à Bagdad, sur fond de polémique. Dans une lettre adressée, samedi, depuis la capitale irakienne, au ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, et diffusée par e-mail à la presse, les avocats de la Française, présents en Irak pour assurer sa défense devant la cour pénale de Bagdad, accusent le ministre d’« ingérence inacceptable » dans le cours du procès et de « faute morale et politique ».

        Lire aussi :
         

                A Bagdad, la Française Mélina Boughedir rejugée pour terrorisme



« Madame Boughedir est une combattante. Quand on va à Mossoul en 2016, c’est pour combattre et donc elle est jugée sur les lieux de ses exactions. C’est la logique normale. Elle a combattu contre les unités irakiennes, elle est jugée en Irak », a déclaré, jeudi, M. Le Drian sur la chaîne d’information en continu LCI. « Nous n’avons pas vocation à nous mêler des jugements », mais « nous condamnons totalement la peine de mort » et « nous souhaitons qu’elle ne soit pas appliquée en Irak », a-t-il ajouté, rappelant la ligne française habituelle lorsqu’un ressortissant français est mêlé à des affaires judiciaires à l’étranger.
Alors que le dossier de Mélina Boughedir est, depuis son arrestation à l’été 2017, symptomatique du casse-tête diplomatique, sécuritaire et juridique que représente le sort des ex-djihadistes français et leur famille dans la zone irako-syrienne, les avocats de la défense, Mes William Bourdon, Martin Pradel et Vincent Brengarth ont décidé de contester publiquement cette qualification de « combattante » faite par M. Le Drian de leur cliente. A leurs yeux, aucun élément ne permet de confirmer cette affirmation dans un dossier qu’ils jugent « totalement vide ». 
Atteinte aux principes
Les déclarations du ministre contreviennent même, selon eux, aux principes fondamentaux que sont la présomption d’innocence, la séparation des pouvoirs, les droits de la défense et le principe de non-ingérence dans les affaires d’un Etat étranger. « Ces déclarations sont d’autant plus graves que notre cliente risque la peine de mort, et que son avocat irakien n’a pas pu prendre connaissance de son dossier, ni la rencontrer en prison avant son procès. Vos déclarations sont aussi dommageables, car il reste probable que son procès soit expéditif », ajoutent-ils dans cette lettre.
Capturée le 8 juillet 2017 à Mossoul lors de bataille contre l’organisation Etat islamique (EI) par les forces irakiennes, avec ses quatre enfants mineurs, Mélina Boughedir avait été condamnée à sept mois de prison pour entrée illégale sur le territoire irakien par la cour pénale de Bagdad, le 19 février. Aucune accusation pour terrorisme n’avait été retenue par le juge d’instruction. Ayant purgé sa peine en détention préventive, Mme Boughedir devait initialement être expulsée vers la France. Mais lors de l’examen de l’appel – automatique en Irak – à la fin mars, le Conseil suprême des juges a ordonné un nouveau procès et a décidé de requalifier les charges pesant sur la Française pour y ajouter l’accusation d’appartenance à l’Etat islamique. La jeune femme de 27 ans, dont trois des quatre enfants ont été rapatriés en France, doit donc être rejugée le 3 juin pour « terrorisme » et risque la peine capitale.
Alertés par l’écho donné aux propos du ministre français dans la presse irakienne samedi, Mes Bourdon, Pradel et Brengarth estiment dans leur lettre que la position de M. Le Drian « ne peut être qu’interprétée (…) comme une pression inacceptable sur la justice irakienne et comme l’illustration si besoin était de [sa] volonté à tout prix, et au sacrifice des principes fondamentaux, que [leur] cliente ne revienne pas en France ». Les autorités françaises ont, à plusieurs reprises, estimé que les djihadistes français capturés en Syrie et en Irak devaient être jugés par les autorités locales et purger leur peine sur place.
Mandat d’arrêt international
Mélina Boughedir fait toutefois l’objet d’un mandat d’arrêt international, qui a été diffusé récemment par Interpol. « Ce mandat d’arrêt international fait suite à un mandat de recherche », confirme-t-on de source judiciaire. Une procédure classique qui permet à la France d’avoir un levier juridique pour extrader la jeune femme, quelle que soit l’issue du procès. Les autorités françaises peuvent, en effet, avoir des éléments à charge contre Mélina Boughedir que n’ont pas les autorités irakiennes.
Dans la guerre de communication qui entoure désormais le dossier de Mélina Boughedir, les avocats de la défense entendent mettre en avant ce mandat, lors de la nouvelle audience dimanche, pour obtenir le retour de leur cliente en France. En effet, en l’absence de convention d’extradition, l’Irak n’est pas obligée de se conformer à ce mandat d’arrêt international. La situation de Mélina Boughedir dépend donc beaucoup de tractations bilatérales entre Paris et Bagdad. Or, « on peut imaginer que la France ne va pas mettre beaucoup d’empressement à obtenir le transfèrement de Mélina Boughedir », déplore Me William Bourdon au Monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Faut-il dépénaliser l’euthanasie ? Le suicide assisté ? Dans une tribune au « Monde », la philosophe examine les risques et les écueils d’une législation sur la fin de vie.
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Corine Pelluchon : « Aucune loi ne peut définir une bonne mort »

Faut-il dépénaliser l’euthanasie ? Le suicide assisté ? Dans une tribune au « Monde », la philosophe examine les risques et les écueils d’une législation sur la fin de vie.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h30
   





                        



                                


                            
Par Corine Pelluchon
Tribune. Les personnes s’exprimant sur le suicide assisté adoptent souvent des positions clivantes en disant que cet acte est l’ultime liberté ou en déclarant que Dieu seul doit choisir le jour et l’heure de leur trépas. Vivant dans une société où ils ne contrôlent plus grand-chose, les individus ont besoin de certitudes sur ce que doit être une bonne mort et pensent pouvoir les imposer aux autres. Ils diminuent aussi par là le scandale de la mort, le fait qu’elle est une question sans réponse et une limite indépassable, que l’on ne peut qu’endurer, mais non maîtriser ni vraiment anticiper.
Pression sournoise
Nul ne peut savoir comment il réagira à l’approche de sa mort. L’accompagnement des patients en fin de vie enseigne qu’il y a souvent un écart entre ce qu’ils disaient quand ils étaient en bonne santé et leur comportement lorsqu’ils sont atteints d’une maladie incurable. Il n’est pas rare que des personnes favorables au suicide assisté demandent une chimiothérapie supplémentaire, alors que leur cancer est en phase terminale. D’autres, qui se disaient hostiles à l’aide active à mourir, peuvent exprimer, dans les mêmes circonstances, leur volonté d’y avoir recours.
Si l’on tient compte du contexte actuel, marqué par l’augmentation des dépenses de santé et le vieillissement de la population, on peut craindre que le suicide médicalement assisté n’apparaisse comme la réponse la plus économique au problème de la prise en charge des personnes en fin de vie, et même des plus âgées. En raison de l’inégale répartition des soins palliatifs sur le territoire, d’aucuns, dont la peur de mal mourir est légitime, peuvent être contraints de réclamer le suicide faute d’alternative leur garantissant qu’ils ne subiront pas d’acharnement thérapeutique, que leur douleur sera soulagée et qu’ils bénéficieront d’un accompagnement de qualité. En outre, s’il était possible d’avoir recours à une aide active à mourir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Depuis l’entrée en vigueur, fin 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, les consommateurs qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur », rappelle la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique SOS Conso.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« Quand la médiation s’achève avant d’avoir commencé »

Depuis l’entrée en vigueur, fin 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, les consommateurs qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur », rappelle la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique SOS Conso.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h00
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            
SOS Conso. Les consommateurs sont de plus en plus souvent priés de tenter de régler leurs conflits à l’amiable, avant de saisir les tribunaux. Depuis l’entrée en vigueur, le 20 décembre 2016, de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, ceux qui ont un litige dont le montant ne dépasse pas 4 000 euros doivent passer par un tiers « conciliateur ». Sinon, les juges peuvent considérer leur demande comme « irrecevable ». Le projet de programmation 2018-2022 pour la justice, que la garde des sceaux, Nicole Belloubet, a présenté au conseil des ministres du 20 avril, étend cette obligation à certaines demandes supérieures à 4 000 euros.
Ces obligations légales ne sont-elles pas abusives, du fait qu’elles repoussent dans le temps le droit d’accès à un tribunal, pourtant garanti par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ? La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a répondu à cette question par la négative, le 14 juin 2017 : « Ce qui importe, c’est non pas le caractère obligatoire ou facultatif du système de médiation, mais le fait que le droit d’accès à la justice des parties soit préservé. » La médiation, à la différence de l’arbitrage, ne doit pas empêcher le recours ultérieur aux magistrats.
Pour ce faire, précise la CJUE, il faut notamment que les délais de prescription soient suspendus pendant la médiation. Cette condition est-elle remplie ? L’article 2238 du code civil dit que « la prescription est suspendue à compter du jour où (…) les parties conviennent de recourir à la médiation ». En outre, depuis le 1er janvier 2016, en vertu d’une directive européenne sur le règlement extrajudiciaire des litiges, les professionnels ont tous l’obligation de « désigner un médiateur », et de le faire agréer par la commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Le sociologue Michel Offerlé décrypte dans une tribune au « Monde » l’audience et le poids des différentes organisations de chefs d’entreprise en 2018.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« On pourrait se demander si le Medef dans sa composition actuelle représente bien le tissu économique français »

Le sociologue Michel Offerlé décrypte dans une tribune au « Monde » l’audience et le poids des différentes organisations de chefs d’entreprise en 2018.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h12
    |

                            Michel Offerlé (Professeur à l’Ecole normale supérieure)








                        



                                


                            

Tribune. En 2017, pour la première fois, l’audience des organisations patronales a été mesurée conformément à la loi du 5 mars 2014. Que disent ces chiffres de leur représentativité ? D’abord, ils rompent avec les proclamations de nombreuses confédérations ; ensuite, ils laissent perplexes tant leur fabrique a été compliquée et cadrée politiquement. Car cette opération n’était certes pas une mesure scientifique, elle visait à légitimer la représentation patronale des partenaires sociaux, sans bouleverser les équilibres.
Depuis sa création en 1998, le Mouvement des entreprises de France (Medef) affichait entre 750 000 et 800 000 adhérents. Or, l’enquête ne le crédite plus que de 123 387 cotisants. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME, ex-CGPME) en annonçait 550 000, il ne lui en reste plus que 144 939. Quant à l’U2P (l’Union des entreprises de proximité, UPA + UNAPL), qui en revendiquait 350 000 (250 000 pour la première organisation et 100 000 pour la deuxième), elle compte 150 605 adhérents…

On peut reproduire le même constat pour les deux fédérations patronales les plus importantes en effectifs : les adhérents de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) ont fondu de 80 000 membres déclarés à 30 000 constatés, et le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA, concessionnaires et garagistes) a « perdu » la moitié de ses affiliés, de 30 000 à 15 000. Quant aux deux fédérations rivales du bâtiment, leurs chiffres sont en revanche plus proches des déclarations antérieures : 42 144 pour la Fédération française du bâtiment au lieu de 57 000, et 56 551 pour la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) contre 80 000.
En ajoutant aux effectifs des trois grandes confédérations ceux de l’économie sociale et ceux des fédérations dites « autonomes », le taux d’adhésion des (environ) 3 millions d’entreprises françaises à un syndicat patronal...




                        

                        


<article-nb="2018/06/02/17-8">
<filnamedate="20180602"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180602"><AAMMJJHH="2018060217">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Selon leurs enseignants, les élèves des quartiers subissent une double peine. Le ministère réfute toute discrimination.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Les lycéens de banlieue et les embûches de Parcoursup

Selon leurs enseignants, les élèves des quartiers subissent une double peine. Le ministère réfute toute discrimination.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h32
    |

            Violaine Morin, 
Camille Stromboni et 
                                Mattea Battaglia








                        



                                


                            
« Discriminés. » Le mot s’est imposé dans la bouche de nombreux lycéens qui attendent, dix jours après la divulgation des premiers résultats de la plate-forme Parcoursup, une place dans l’enseignement supérieur. Un adjectif qu’une partie de la communauté éducative associe déjà aux lycéens des quartiers, ajoutant à l’angoisse le sentiment d’injustice, alors que la nouvelle procédure d’admission a laissé la moitié des candidats « en attente » à son ouverture, le 22 mai. Et encore près d’un tiers au 1er juin.
A écouter certains enseignants, leurs élèves subissent une double peine. « Quand vous avez une élève qui a quatorze vœux refusés, et un en attente, vous avez beau lui dire, “Faut s’accrocher il y a le bac”, on manque un peu de crédibilité », témoigne Kai Terada, enseignant de mathématiques à Nanterre (Hauts-de-Seine) dans un lycée où, assure-t-il, seulement 42 % des 330 élèves de terminale avaient reçu une réponse favorable au 31 mai. « Et encore, parmi eux, je ne compte pas ceux qui ont reçu seulement un “vœu de secours”, qu’ils auraient mis à la 20e place du temps d’APB [Admission post bac, procédure réformée cette année] ».
Membre du collectif « Touche pas à ma ZEP », syndiqué à SUD – syndicat opposé à la réforme –, Kai Terada observe des taux de réponses dans les établissements de ce réseau « loin de ceux énoncés, au niveau national, par Mme[Frédérique] Vidal », la ministre de l’enseignement supérieur.
Dans son lycée des quartiers nord de Marseille, Hélène Ohresser, du même syndicat, ne cache pas son inquiétude pour les élèves de la voie technologique. « Nos chiffres ne sont pas si mauvais : 30 % de nos 500 élèves de terminale sont aujourd’hui en attente, mais cela concerne la moitié de nos lycéens technologiques. » Sans compter ceux qui ont eu une réponse, mais se retrouvent à la 1 000e place sur les listes d’attente.
Dialogue...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Une base de données conservera trois ans les noms des malades internés d’office
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Radicalisation : un fichier inquiète des psychiatres

Une base de données conservera trois ans les noms des malades internés d’office



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h30
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            
Le sujet agite une partie des professionnels de la psychiatrie depuis quelques jours. Le 23 mai, un décret paru au Journal officiel a validé l’extension du fichier des personnes ayant subi des soins psychiatriques sans consentement (Hopsy) dans un but de prévention de la radicalisation. En clair, l’élargissement de la durée de l’enregistrement dans ce fichier de toutes les personnes qui auraient été internées à la suite d’un épisode de fragilité mentale.
Alors que la préservation du secret médical est depuis longtemps un sujet sensible chez beaucoup de praticiens, ce décret est l’aboutissement d’une des 60 mesures annoncées dans le dernier plan national de prévention de la radicalisation, dévoilé en février : la mesure 39 en particulier. Dans un langage très technique, celle-ci prévoyait d’« actualiser les dispositions existantes relatives à l’accès et à la conservation des données sensibles » contenues dans le fichier Hopsy.
Le dernier décret ne crée pas de nouveau fichier, mais il allonge de un à trois ans la durée de conservation des données de toute personne ayant pu être concernée par un internement psychiatrique. Il centralise par ailleurs des données auparavant éparpillées dans les départements. Le fichier Hopsy pourra désormais être interrogé nationalement. Une évolution qui marque la prise en compte de la dimension psychiatrique observée dans plusieurs passages à l’acte terroriste ces dernières années, comme lors de l’attentat de Nice, en juillet 2016.

« Stigmatisation »
« Ce qui nous inquiète c’est la stigmatisation qu’opère cette conservation des données de toutes les personnes ayant pu subir un simple moment dépressif dans leur vie. Le décret ne prévoit aucune possibilité de s’opposer à son enregistrement », alerte Michel David, psychiatre, président de l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP) et membre du bureau du principal syndicat des psychiatres ayant une activité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Deux surveillantes de l’internat du collège international de Noisy-le-Grand ont porté plainte contre le principal et un autre membre de l’encadrement pour agression sexuelle.
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Le principal d’un collège de Seine-Saint-Denis visé par une plainte pour agression sexuelle

Deux surveillantes de l’internat du collège international de Noisy-le-Grand ont porté plainte contre le principal et un autre membre de l’encadrement pour agression sexuelle.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 10h41
   





                        


Deux surveillantes de l’internat du collège international de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) ont porté plainte contre le principal et un autre membre de l’encadrement pour agression sexuelle, a appris l’Agence France-Presse, samedi 2 juin, de source judiciaire.
D’après les premiers éléments de l’enquête, révélée par Le Parisien et France Bleu, l’incident s’est produit dans la nuit du 24 au 25 mai. En état d’ébriété, le chef d’établissement et son adjoint gestionnaire se seraient introduits dans la chambre de l’une des deux assistantes d’éducation, affectée à la surveillance de nuit dans l’internat, et auraient eu des gestes déplacés à son encontre.
« Le principal s’est allongé sur le lit à côté d’elle. Puis le gestionnaire lui a caressé les jambes et l’a embrassée sur le front. Et le principal a dit : “elle n’aime pas les bisous, elle préfère une tape sur le visage”, ce qu’il a fait. Elle les a suppliés de sortir, ils ont fini par partir », a témoigné la collègue de l’assistante agressée, qui a, auparavant, raconté avoir dû repousser les deux hommes, qui auraient tenté de pénétrer de force dans sa chambre.
Courrier aux parents et accompagnement du rectorat
Les surveillantes ont porté plainte le lendemain et une enquête a été ouverte pour violation de domicile et agression sexuelle, a précisé le parquet de Bobigny. Le principal adjoint a adressé jeudi un courrier aux parents pour les informer qu’un « incident sérieux » s’était produit dans l’enceinte de l’établissement. « Il ne concerne que des personnels et aucun élève n’a été mis en danger, à aucun moment », a assuré le responsable dans ce courrier.
Le rectorat a, de son côté, affirmé que les deux mis en cause étaient actuellement en arrêt maladie et que les deux surveillantes bénéficiaient de la protection fonctionnelle et d’un accompagnement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ En remontant la pièce d’Eschyle avec des migrants ayant connu la même situation que les Danaïdes, Jean-Luc Bansard offre une mise en abyme vertigineuse, raconte Frédéric Potet dans sa chronique.
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Pourquoi il faut écouter « Les Suppliantes »

En remontant la pièce d’Eschyle avec des migrants ayant connu la même situation que les Danaïdes, Jean-Luc Bansard offre une mise en abyme vertigineuse, raconte Frédéric Potet dans sa chronique.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h20
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Il faut lire ou relire Eschyle. Dans Les Suppliantes, pièce écrite dans les années 466 à 463 avant J.-C., le poète grec narre le début d’un épisode antique faisant étonnamment écho à la crise des migrants qui sévit actuellement en Europe : le mythe des Danaïdes. Refusant d’être mariées de force à des cousins germains, cinquante femmes – les filles de Danaos – entreprennent de fuir l’Afrique par la mer pour se réfugier sur les rives de la cité grecque d’Argos, où elles réclament la protection du souverain local. Ce dernier va accepter de leur accorder l’asile, au nom des lois de l’hospitalité, malgré la menace d’une guerre.
C’est en entendant le directeur du Festival d’Avignon, Olivier Py, grand propagateur de l’œuvre d’Eschyle, parler de cette tragédie à la radio en 2015, que le metteur en scène Jean-Luc Bansard a décidé de s’en emparer avec sa troupe, le Théâtre du Tiroir, basée à Laval (Mayenne). La dimension prémonitoire du texte lui interdisant « une adaptation traditionnelle », il a alors eu l’idée de « convertir » au théâtre des migrants récemment arrivés sur le territoire français.
Vingt-six siècles séparent « Les Suppliantes » des sauvetages en Méditerranée d’embarcations de fortune
Jean-Luc Bansard n’est pas le seul à faire monter sur scène des candidats au statut de réfugié. La troupe anglaise du Good Chance Theatre s’en est fait également une spécialité depuis plusieurs années, par le biais d’ateliers organisés dans des campements et des centres d’hébergement. La différence tient, ici, au choix du répertoire : vingt-six siècles séparent Les Suppliantes (l’une des plus anciennes pièces de théâtre de l’humanité) des sauvetages en Méditerranée d’embarcations de fortune ; la mise en abyme n’en est que plus vertigineuse, dès lors que le texte est déclamé par des hommes et des femmes ayant connu cela.
Pour recruter ses comédiens, le metteur en scène est allé frapper...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Les députés ont rejeté plusieurs assouplissements de ce dispositif-clé pour l’écologie, demandés par le gouvernement lors de l’examen du projet de loi Elan.
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Les députés renoncent à bouleverser la loi littoral

Les députés ont rejeté plusieurs assouplissements de ce dispositif-clé pour l’écologie, demandés par le gouvernement lors de l’examen du projet de loi Elan.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 10h22
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


Devant l’opposition des élus de tous bords, du Front national à La France insoumise, le gouvernement et sa majorité ont, vendredi 1er juin, reculé sur les assouplissements qu’ils souhaitaient pour la loi littoral. Adoptée à l’unanimité en 1986, cette loi historique pour l’écologie contrôle, voire interdit, la construction dans les espaces proches des rivages, notamment la bande des cent mètres le long des mers et des lacs, et protège les espaces non urbanisés des 1210 communes concernées. Ce sujet sensible s’est invité par surprise dans la discussion du projet de loi évolution du logement de l’aménagement et du numérique (Elan), actuellement discuté et dont le texte initial ne disait mot.
Des élus bretons et une cinquantaine de députés de La République en marche (LRM) étaient à la manœuvre, lors des discussions préalables en commission des affaires économiques, pour faire adopter quatre nouveaux articles écornant sérieusement, jusque dans son esprit, la loi littoral. Ils voulaient d’abord permettre de combler les « dents creuses » dans des « territoires intermédiaires à l’urbanisation dispersée ou diffuse », y compris dans la sacrosainte bande des cent mètres. Le député LRM du Morbihan, Hervé Pellois, a plaidé pouvoir, ainsi, aménager, à Baden, une école de voile, ce projet ayant été annulé par le tribunal administratif à l’initiative de l’association Les amis des chemins de ronde du Morbihan.

        Lire aussi :
         

                Loi ELAN : « L’amendement déposé par des députés LRM relatif à la loi Littoral suscite la controverse »



Les élus bretons ont aussi avancé la nécessité de développer des activités économiques, notamment ostréicoles. Cette proposition a partiellement abouti, mais de façon très encadrée, avec l’exigence que les « schémas de cohérence territoriale » définissent au préalable ces périmètres, se limitent au logement et équipements de service public, et excluent la bande des cent mètres. « C’est moins pire que la rédaction initiale, estime Benoist Busson, avocat spécialiste, mais permettre la construction dans ces zones d’urbanisation diffuse, c’est accorder une prime aux communes laxistes qui ont accordé des permis de construire favorisant le mitage du paysage. »
Maisons de pêcheurs vendues à prix d’or
Plus pernicieux est l’article qui autorise la construction de bâtiments dans des zones non urbanisées. Cette possibilité existait déjà pour l’installation d’activités agricoles ou forestières « incompatibles avec le voisinage des zones habitées » en raison de leurs nuisances, comme c’est le cas typique d’une porcherie. La nouvelle version supprime cette restriction et permet donc toute construction, même non nuisante, dans ces zones : « C’est un vieil amendement, poussé par les professions agricoles, qui va permettre de construire des bâtiments d’exploitation pour, quelques années plus tard, les vendre et les transformer, en toute illégalité, en habitations, proteste Olivier Lozachmeur, consultant spécialiste de la loi littoral. On a ainsi vu de petites cabanes d’ostréiculteurs ou des maisons de pêcheurs vendues à prix d’or sur le bassin d’Arcachon, pour en faire des résidences secondaires. »
Les élus ont repoussé deux autres propositions. L’une aurait permis d’édifier des équipements collectifs en dérogeant à la loi littoral dans les territoires ultramarins et les îles continentales : « Mais d’où vient cet amendement ? s’est étonnée Ericka Bareigts, députée (Nouvelle Gauche) de La Réunion. L’outre-mer n’a rien demandé et nous voulons, nous aussi, protéger notre territoire, préserver notre biodiversité. Si nous avons besoin d’un équipement collectif, nous saurons utiliser les dispositions à notre portée », a-t-elle lancé aux ministres chargés de la cohésion des territoires, Jacques Mézard et Julien Denormandie. « Dites-nous, messieurs les ministres, quel est le projet derrière cet amendement ? », a appuyé François Pupponi, député (Nouvelle Gauche) du Val-d’Oise. C’est peut-être la décharge de Tallone, en Corse, qui était visée, et d’autres, sur d’autres îles. Ou bien fallait-il légaliser le super incinérateur d’Echillais, près de Rochefort (Charente-Maritime), après ses déboires, en décembre 2017, devant le tribunal administratif de Bordeaux ?
De même a été rejetée la possibilité d’installer des centrales photovoltaïques près des rivages, jugées trop consommatrices d’espace et pas du tout indispensables dans ces sites, ce qui met fin à de tels projets dans le Morbihan, à Sarzeau, ou sur l’île d’Oléron. Ces deux rejets ont été votés à l’unanimité, avec l’accord du gouvernement, dans un rare moment de concorde où chacun, dans l’Hémicycle, s’est félicité de la capacité d’écoute de l’autre… et du gouvernement qui, pour la première fois, recule devant les élus. Après l’affaire du glyphosate, une autre atteinte à l’écologie aurait fait désordre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ « Le Monde » a suivi, vendredi 1er juin, les premiers pas d’homme libre de l’un des plus anciens détenus de France.
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Michel Cardon, une nouvelle vie loin de la prison

« Le Monde » a suivi, vendredi 1er juin, les premiers pas d’homme libre de l’un des plus anciens détenus de France.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h18
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 16h42
    |

            Ariane Chemin (Bapaume (Pas-de-Calais), envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Sur ses vêtements, le temps s’est arrêté. Pour ce premier jour de liberté depuis 1979, Michel Cardon a choisi de porter à nouveau une chemise, comme le jour de son arrestation. Avant de quitter le centre de détention de Bapaume, dans le Pas-de-Calais, il a aussi tenu à « faire sa cellule », poussant le scrupule jusqu’à la ranger au cordeau. Si bien que, ce 1er juin, Michel Cardon a été libéré un peu en retard sur l’horaire prévu. A 8 heures 40, la porte de la guérite s’est ouverte, froide et mécanique comme ses bips, poussant presque Cardon hors des murs. « Bon courage », lui ont glissé en guise d’adieu ses codétenus.
Michel Cardon a 67 ans, le pas fragile et chancelant, le teint pâle et les cheveux gris – un vrai passe-muraille. Quarante ans et sept mois de vie carcérale n’ont pas réussi à remplir entièrement le chariot métallique qui transporte les affaires de l’un des plus anciens détenus de France : un sac-poubelle pour ses papiers, deux ou trois pulls et pantalons fourrés dans un cabas Carrefour, un radiocassette portatif et sa vieille télé, soigneusement rangée dans son emballage d’origine. Dessus, la main du détenu a écrit « Cardon », avec un « C » majuscule aussi gracieusement calligraphié qu’au temps du certificat d’études. Sur une autre étiquette, son numéro d’écrou côtoie les dessins de Spirou et de Mademoiselle Jeanne, deux personnages dont l’évocation lui tire un large et bon sourire, sa marque de fabrique.

Il a quatorze ans, en 1965, quand il commence à travailler « en poissonnerie », à Amiens. Son père, Louis, était maçon ; Marie-Louise, son épouse, veille sur la famille – au creux du poignet gauche de Michel, un tatouage (« A ma mère ») lui rend un hommage indélébile, tandis que dans l’avant-bras se love une pin-up, nue. Le gamin devient ensuite « ramasseur de cartons et de métaux », traquant d’Abbeville à Fort-Mahon cuivre et vieux papiers,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a exclu plus de 15 000 euros de remboursements de frais de David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017.
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Comptes de campagne de Le Pen : la note salée du logement professionnel de David Rachline

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a exclu plus de 15 000 euros de remboursements de frais de David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 12h49
    |

            Yann Bouchez, 
Laura Motet et 
Simon Piel








                        



                                


                            
Impossible d’être à la fois dépensier et près de ses sous ? David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen lors de la présidentielle de 2017, a tenté le pari. L’élu du Front national n’a pas lésiné sur certaines dépenses d’hôtellerie et de logement, entre septembre 2016 et mai 2017. Des sommes remboursées ou avancées par l’association de financement électoral de Mme Le Pen.
Certains de ces frais ont toutefois suscité plusieurs réserves et réformations – des corrections – de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), comme le montrent les documents consultés par Le Monde. L’autorité de contrôle a ainsi décidé d’exclure plus de 15 000 euros de remboursements de frais de David Rachline des dépenses éligibles au remboursement de l’Etat.

Sur la base de son seul salaire perçu au titre de sa participation à la présidentielle, le directeur de campagne ne figure pourtant pas parmi les membres les mieux rémunérés de l’équipe de Marine Le Pen. Peut-être parce que son contrat, à mi-temps, s’ajoutait alors à ses fonctions de sénateur et maire de Fréjus (Var). D’octobre 2016 à mai 2017, David Rachline a ainsi reçu un salaire mensuel de 2 400 euros net comme directeur de campagne. Loin des sommes touchées par d’autres membres de l’équipe de campagne, à l’image de Jean Messiha, payé plus de 12 000 euros net par mois, ou de certains salariés à temps partiel, rémunérés 5 000 euros mensuels. Des onze candidats à la présidentielle, Marine Le Pen fut en effet la plus dépensière lorsqu’il s’est agi de payer les personnes ayant travaillé à ses côtés. Au total, elle a déboursé 2,4 millions d’euros de salaires pour ses équipes durant sa campagne.
Nuit d’hôtel à 250 euros
Mais en dehors de son contrat, David Rachline a su bénéficier de conditions plutôt confortables. Il a ainsi pu louer un appartement parisien de 48 mètres carrés, rue de Grenelle, pour environ 2 500 euros par mois, d’octobre 2016...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Neuf mois après sa disparition, et trois mois après que son corps a été retrouvé, la fillette est inhumée samedi, après une cérémonie publique.
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Affaire Maëlys : jour d’obsèques en Isère

Neuf mois après sa disparition, et trois mois après que son corps a été retrouvé, la fillette est inhumée samedi, après une cérémonie publique.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 17h03
   





                        



   


Des larmes et des fleurs blanches : plusieurs centaines de personnes ont pris place dans l’église de La-Tour-du-Pin (Isère) et sur son parvis, samedi 2 juin, pour rendre un dernier hommage à la petite Maëlys de Araujo, enlevée et tuée dans la nuit du 26 au 27 août 2017 par Nordahl Lelandais.
« Neuf mois que nos vies sont brisées », a déclaré en larmes Jennifer Cleyet-Marrel, la mère de Maëlys, au début de la célébration.
 « J’ai partagé neuf ans de bonheur à tes côtés. Ton absence laisse un grand vide en moi. Maëlys, je ne souffre plus maintenant : quand je regarde le ciel, je sais qu’une étoile veille sur nous. » 
« Tu étais joyeuse, pleine de vie, a ajouté son père, Joachim de Araujo. Il reste les beaux souvenirs. Il y a toujours ta place à la table familiale. »
Ballons blancs dans la ville
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption ne comptant que 400 places, la cérémonie publique, présidée par l’évêque de Grenoble, Mgr Guy de Kerimel, a été retransmise sur un écran géant placé sur le parvis ensoleillé, pour les quelque 200 personnes, venues parfois de loin témoigner de leur soutien, et pour les médias. « La France entière a été bouleversée par la disparition de Maëlys, par la douleur de ses parents », a déclaré Mgr de Kerimel. « Cette douleur, nous la partageons ».
Dans le centre-ville, les commerçants ont disposé des ballons blancs, symbole de l’« innocence », devant leurs devantures. Les parents du caporal Arthur Noyer, que Lelandais a aussi reconnu avoir tué, ont tenu à être présents. L’inhumation doit avoir lieu dans l’intimité au cimetière de la commune.
Les parents de la fillette, qui allait avoir 9 ans, ont choisi de l’enterrer dans ce village de 8 000 habitants, où ils ont des attaches familiales. Il est situé à une vingtaine de kilomètres de Pont-de-Beauvoisin, où Maëlys avait disparu lors d’une soirée de mariage. Un village, dont leur avocat, Me Fabien Rajon, est le maire.
Une autopsie particulièrement longue
Ces obsèques interviennent un peu plus de trois mois après que les gendarmes ont retrouvé les restes de la petite fille. Ce délai s’explique par l’autopsie et les analyses approfondies qu’a menées la justice, afin d’éclaircir les conditions de la mort de l’enfant. L’autorisation d’inhumation a été délivrée le 14 mai par la justice.
Mercredi 14 février, Nordahl Lelandais avait avoué aux gendarmes avoir tué la petite fille, chose qu’il niait fermement jusqu’alors, après que les enquêteurs ont retrouvé une tache de sang appartenant à Maëlys dans sa voiture.
Lelandais a alors fourni aux enquêteurs les indications qui ont permis de retrouver le corps de la petite fille dans le massif enneigé de la Chartreuse. Dans une audition datant du 19 mars, il a ajouté avoir mis un « coup violent sur le visage » de la fillette dans sa voiture, alors qu’il conduisait.
Nordahl Lelandais est également mis en examen et détenu pour l’assassinat du caporal Arthur Noyer, en Savoie, survenu dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 et qu’il a avoué le 29 mars 2018. Des vérifications sont, en outre, en cours dans une quinzaine d’affaires de disparitions inquiétantes survenues depuis 2010, afin de voir si Nordahl Lelandais pourrait être impliqué.

        Lire aussi :
         

                Qui est Nordahl Lelandais, le suspect dans l’affaire Maëlys ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Entre sa richesse culturelle, son pôle universitaire et son dynamisme économique, Strasbourg dispose de nombreux atouts pour séduire les investisseurs.
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Investir à Strasbourg avant qu’il ne soit trop tard

Entre sa richesse culturelle, son pôle universitaire et son dynamisme économique, Strasbourg dispose de nombreux atouts pour séduire les investisseurs.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h45
    |

                            Ludovic Clerima








                        



                                


                            

L’Eden des investisseurs serait-il à l’Est ? La question peut se poser lorsqu’on observe les caractéristiques de la grande ville de la région, Strasbourg. Située à 1 heure 48 de Paris en TGV, c’est l’une des grandes agglomérations estudiantines du pays avec quelque 18,2 % d’étudiants sur l’ensemble de la population.
Son dynamisme démographique (+ 4,6 % entre 1999 et 2014) pousse les pouvoirs publics à construire : « Depuis 2008, nous avons pris pour engagement de réaliser 3 000 nouveaux logements dans Strasbourg, dont la moitié sont destinés au parc privé, indique le maire, Roland Ries (PS). Cet objectif a été dépassé l’année dernière puisque nous sommes parvenus à 3 400 nouveaux logements. Il nous faut poursuivre nos efforts car, d’ici à 2030, nous voulons attirer de 45 000 à 50 000 nouveaux habitants sur notre territoire. »

Le rêve pour des investisseurs à la recherche de nouveaux placements. Surtout que les prix à Strasbourg restent très faibles pour une agglomération de cette envergure. « La ville est connue pour la stabilité de son marché », confie Gérard Durr, président de la Fédération nationale de l’immobilier du Bas-Rhin.

En dix ans, les prix des logements n’ont progressé que de 4,7 %. Dans l’ancien, les notaires évaluent le mètre carré moyen à 2 530 euros/m², en légère hausse sur un an (+ 1,9 %). Dans le neuf, la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) constate une légère augmentation (0,9 %) des prix, qui s’établissent en moyenne à 3 530 euros/m² pour l’Eurométropole de Strasbourg. Une tendance qui pourrait bien prendre fin dans les prochaines années.
Baisse d’activité
Le foncier étant extrêmement rare, la ville se construit sur elle-même. Ainsi, la FPI constate en ce début d’année 2018 « une chute de 30 % du nombre de réservations par rapport au premier trimestre 2017 ». Pour la fédération, « si la baisse du volume des réservations aux acquéreurs occupants reste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ La Commission nationale des comptes de campagne a réformé 873 576 euros initialement présentés, validant le remboursement de 10,691 millions d’euros par l’Etat, soit le montant maximal autorisé.
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Dépenses de campagne de Marine Le Pen : des largesses pour ses prestataires et ses salariés

La Commission nationale des comptes de campagne a réformé 873 576 euros initialement présentés, validant le remboursement de 10,691 millions d’euros par l’Etat, soit le montant maximal autorisé.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h28
    |

            Yann Bouchez, 
Laura Motet et 
Simon Piel








                        



                                


                            

Finaliste de la présidentielle de 2017, Marine Le Pen a martelé ses difficultés récurrentes auprès des banques. Mais cela n’a pas empêché la candidate d’extrême droite de mener une campagne généreuse pour ses créanciers, ses prestataires et ses salariés, comme l’illustrent ses dépenses, que Le Monde a consultées à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).
Les largesses de Marine Le Pen, dont le budget de campagne dépassait les 12 millions d’euros, n’ont cependant pas eu de conséquences financières notables. Certes, la Commission a tout de même réformé 873 576 euros des comptes initialement présentés, excluant de fait des dépenses éligibles à un remboursement de l’Etat. Mais la CNCCFP a validé le remboursement de 10,691 millions d’euros par l’Etat, soit le montant maximal autorisé.
Les rapporteurs de la Commission se sont toutefois interrogés sur les prêts dont a bénéficié Mme Le Pen, pour un montant global de 11,795 millions d’euros. Des emprunts contractés notamment auprès du FN et de Cotelec, le microparti de Jean-Marie Le Pen. Et une bonne affaire pour ses créditeurs, puisque les intérêts se sont élevés à 242 017 et 585 000 euros, avec des taux annuels de 6 % et 6,5 %.

La Commission a décidé qu’ils n’avaient pas à être intégrés aux comptes de campagne, puisqu’ils ne répondaient pas aux règles que les candidats doivent respecter, à savoir qu’« un emprunt auprès d’une formation politique ne peut être contracté avec intérêts ouvrant droit, le cas échéant, au remboursement forfaitaire de l’Etat que si la formation politique a elle-même souscrit un emprunt bancaire spécifique pour financer la campagne d’un candidat et ne fait que répercuter sur ce dernier, par un “prêt miroir”, les intérêts afférents ». Ce qui n’était pas le cas de Cotelec et du FN. Les 827 017 euros ont donc été retoqués.
Soupçons de surfacturation
Concédant que ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ L’aumônier militaire en chef du culte musulman veut faire de l’armée « un laboratoire ».
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Abdelkader Arbi : « Je veux banaliser le fait religieux musulman dans les armées »

L’aumônier militaire en chef du culte musulman veut faire de l’armée « un laboratoire ».



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 10h54
    |

            Cécile Chambraud et 
Nathalie Guibert








                        



                                


                            

« Le temps est venu de faire confiance. » Dans son grand bureau clair du fort de Vincennes, l’aumônier en chef du culte musulman dans les armées, Abdelkader Arbi, s’agace des éternels débats piégés sur l’islam en France autant que du temps perdu à « ne pas régler les problèmes » liés à l’organisation du culte.
S’exprimant, comme le veut la règle militaire, après le feu vert de sa hiérarchie, il résume ainsi son ambition et celle de ses collègues – ils sont 43 aumôniers militaires musulmans, dont 6 femmes, sur un total de 312 : « Banaliser le fait religieux musulman dans les armées. » L’aumônerie musulmane n’est en place que depuis 2005. L’organisation confessionnelle catholique, protestante et israélite datant, elle, de 1874. Mais désormais, « les armées sont en avance dans la gestion du fait religieux », affirme-t-il.
Banaliser ? « Je veux débarrasser les jeunes qui souhaitent s’engager dans l’armée du poids des questions religieuses. Je leur dis : “Travaillez, passez vos examens, progressez dans la hiérarchie. Vous avez choisi l’armée, on va vous débarrasser de vos questions religieuses, existentielles, pour que vous puissiez vous consacrer totalement au choix que vous avez fait.” C’est ça, mon rôle principal. » 
Faire confiance ? A la tête de l’Etat, la réflexion sur l’organisation du culte musulman est relancée, non sans crispations. Abdelkader Arbi, 58 ans, porte un projet. Sans sortir du cadre de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, il veut créer un séminaire pour former les prochains aumôniers militaires : « On œuvre pour la République. Le temps est venu d’avancer, de mettre à mal tous les a priori. Après treize ans d’activité, je sais ce dont on a besoin. » A l’avenir, n’intégreraient l’aumônerie que les diplômés de ce séminaire. L’entrée se ferait au niveau licence. La formation, sous statut étudiant, durerait trois ans, à temps plein,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Gassama, Italie et glyphosate : les informations à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
    |

                            Les Décodeurs








                        


La semaine a été marquée par des crises politiques en Italie et en Espagne, alors que la France célébrait l’action héroïque d’un sans-papiers malien.
Mamoudou Gassama, le sans-papiers devenu héros
Il est devenu le héros de la semaine en France : Mamoudou Gassama, un sans-papiers malien a escaladé samedi en une trentaine de secondes et à mains nues la façade d’un immeuble du 18e arrondissement de Paris, pour porter secours à un enfant de 4 ans suspendu dans le vide à un balcon. La vidéo de ses exploits a été visionnée des millions de fois en France et à l’étranger. Cet acte de bravoure lui a ouvert les portes de l’Elysée, où il a été reçu par Emmanuel Macron. Le président l’a décoré d’une médaille d’honneur, lui a proposé d’être naturalisé français et d’intégrer le service civique des pompiers de Paris.

        Les intox :
         

          Les interprétations complotistes du sauvetage d’un enfant par Mamoudou Gassama



Cette belle histoire, saluée par l’ensemble de la classe politique, a toutefois suscité son lot de théories conspirationnistes mais aussi de citations trompeuses ou manipulatrices.
Elle a aussi relancé le débat sur la politique d’accueil de la France, alors qu’une loi vient de durcir les conditions d’accueil des migrants.

        Revue de presse :
         

          Derrière l’héroïsation de Mamoudou Gassama, la presse souligne la « bonne conscience » de l’Etat




La crise politique se dénoue en Italie
La crise politique italienne semble avoir trouvé un épilogue vendredi : le nouveau chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a prêté serment devant le président de la République Sergio Mattarella, suivi des deux vice-premiers ministres, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S), et Matteo Salvini, patron de la Ligue, ainsi que de l’ensemble de son gouvernement.

        Le décompte :
         

          Quatre-vingt neuf jours pour former un gouvernement en Italie : un record depuis 1992



Le président du conseil avait été désigné mercredi 23 mai à l’issue de longues tractations entre le mouvement antisystème et la formation d’extrême droite, deux partis contestataires arrivés en tête des législatives du 4 mars. Mais quatre jours plus tard, il avait démissionné car le président de la République, Sergio Mattarella, avait mis son veto à la nomination de Paolo Savona, un eurosceptique, au ministère de l’économie.
Cette incertitude politique, doublée de craintes de voir ce gouvernement d’alliance inédit au pouvoir, a eu des effets sur les marchés financiers, notamment sur le spread italien.

        Explications :
         

          Finances : qu’est-ce que le « spread » ?



Mariano Rajoy renversé en Espagne

Alors que l’Italie est parvenue non sans peine à former un gouvernement, l’Espagne vient de renverser le sien. Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, coulé par un scandale de corruption, a abandonné le pouvoir après six années, anticipant le vote d’une motion de censure par le Parlement, vendredi. Il a été remplacé dans la foulée par le socialiste Pedro Sanchez.

        Lire aussi :
         

                Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne



Le glyphosate ne sera pas interdit par la loi
Lors de l’examen du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation, les députés ont rejeté un amendement présenté par le député LRM Mathieu Orphelin, visant à intégrer dans la loi l’interdiction du glyphosate dans les trois ans. Il s’agissait pourtant d’une promesse d’Emmanuel Macron. Le glyphosate, substance active présente dans le Roundup de la société Monsanto, est soupçonné d’être un « cancérogène probable » pour l’homme.

        Contenu visuel :
         

          Dangerosité, toxicité, utilité : le débat sur le glyphosate résumé en discussion pour/contre



Cette loi contenait quantité d’autres propositions, dont une partie ont été adoptées (hausse du bio dans les cantines, doggy bags dans les restaurants, encadrement des promotions dans les grandes surfaces), mais plusieurs autres ont été rejetées (interdiction des publicités pour les aliments gras et salés pour les enfants, affichage de l’étiquetage Nutri-Score, interdiction de broyer les poussins mâles…)

        La liste :
         

          Alimentation : ce qui a été voté et écarté par l’Assemblée nationale



Les Etats-Unis taxent l’acier et l’aluminium américains
Le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, a annoncé, jeudi, que les Etats-Unis allaient appliquer dès vendredi d’importants tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne (UE), mais aussi du Mexique et du Canada. Bruxelles a réagi en ouvrant une procédure devant l’Organisation mondiale du commerce.

        En un graphique :
         

          L’acier et l’aluminium, une goutte d’eau des échanges entre les Etats-Unis et l’Europe



L’Ukraine met en scène l’assassinat d’un journaliste russe
Alors que sa mort avait été annoncée mardi 29 mai dans la soirée, le journaliste russe Arkadi Babtchenko est réapparu bien vivant, le lendemain, lors d’une conférence de presse à Kiev, là même où il était censé avoir été tué de trois balles dans le dos. Le chef des services de sécurité ukrainiens (SBU) a déclaré que l’agence avait falsifié sa mort pour arrêter ceux qui tentaient de le tuer. Cette mise en scène macabre a été vivement critiquée par plusieurs médias internationaux, qui estiment sa méthode peu éthique et contre-productive.

        Lire aussi :
         

                Fausse mort du journaliste russe Babtchenko : les médias critiquent la mise en scène de l’Ukraine



Un attentat revendiqué par l’EI fait trois morts à Liège
Mardi 29 mai à Liège (Belgique), Benjamin Herman, délinquant de 31 ans sorti la veille de prison, s’est emparé des armes de service de deux policières avant de faire feu et de les tuer, ainsi qu’un homme de 22 ans assis dans une voiture à proximité. L’assaillant s’est ensuite réfugié dans un lycée où il a pris en otage deux membres du personnel, et tiré sur quatre policiers avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Cette attaque a été revendiquée le lendemain par l’organisation Etat islamique.

        Lire aussi :
         

                Les attentats terroristes en Europe ont causé près de 2 400 morts depuis 2001



Et aussi
Zidane. A la surprise générale, l’ancien footballeur français champion du monde Zinédine Zidane a annoncé qu’il quittait le Real Madrid, avec lequel il vient de remporter sa troisième Ligue des champions en tant qu’entraîneur.Migrants. Le campement du Millénaire, entre la porte de la Villette et la porte d’Aubervilliers à Paris, où plus de 1 500 migrants sont installés, a été évacué tôt mercredi matin. Au moins 35 camps ont été démantelés en trois ans, selon un décompte du Monde.Retraites. Le gouvernement lance « une large consultation citoyenne » préalable à une vaste réforme du système français, pour aller vers une « retraite à points ».Alzheimer. Un arrêté publié vendredi au Journal officiel acte le déremboursement des quatre médicaments utilisés pour traiter les symptômes de la maladie.Weinstein. L’inculpation du producteur Harvey Weinstein, accusé depuis l’automne d’abus sexuels par des dizaines de femmes, a été validée mercredi par un grand jury new-yorkais.Football. Canal+ a été évincé des droits de retransmission de la Ligue 1 de football, qui ont atteint 1,15 milliard d’euros pour la période 2020-2024.Football (2). L’équipe féminine du Paris-Saint-Germain a battu dans la nuit de jeudi à vendredi l’Olympique lyonnais 1-0 en finale de la Coupe de France à Strasbourg.Autolib. L’industriel Vincent Bolloré réclame 40 millions d’euros par an jusqu’en 2023 à la mairie de Paris et aux communes concernées par son service d’autopartage, pour éponger le déficit du système.Diplomatie. Le haut responsable nord-coréen Kim Yong-chol a entamé mercredi une visite exceptionnelle aux Etats-Unis pour débattre d’un éventuel sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un.Tabac. Le nombre de fumeurs a baissé d’environ un million entre 2016 et 2017.Drogue et PIB. L’Insee a intégré pour la première fois le trafic de drogue à son calcul de la richesse nationale. Résultat : 2,7 milliards d’euros sont générés chaque année par ces activités illégales.Affaire. L’ancien ministre du budget Eric Woerth a été mis en examen pour « complicité de financement illégal de la campagne » de Nicolas Sarkozy en 2007 dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyen (résumé ici en onze dates clés).Mélenchon. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur les comptes de campagne du candidat de La France insoumise à la présidentielle 2017.Théâtre. Ariane Mnouchkine, Jean-Philippe Daguerre et Joël Pommerat ont été récompensés lors de la 30e Nuit des Molières
Disparitions
Serge Dassault. L’industriel de l’armement, patron de presse et quatrième fortune de France, est mort lundi à 93 ans. Sa carrière avait été entachée d’affaires de blanchiment, clientélisme et fraude fiscale. La question de sa succession se pose, puisque son bras droit, Charles Edelstenne, prend la tête du groupe à l’âge de 80 ans.Yves de Daruvar. Le militaire qui rallia les Forces françaises libres à l’âge de 19 ans, s’est éteint le 28 mai, à l’âge de 97 ans.Alan Bean. L’astronaute américain, quatrième homme à avoir marché sur la Lune, est mort, samedi, à l’âge de 86 ans.Jean-Claude Boulard. Le maire socialiste du Mans est mort jeudi à l’âge de 75 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Le nouveau système est perfectible et favorise les « bons » élèves, mais il ne faut pas pour autant l’accabler de tous les maux, jugent François Legendre et Joan Le Goff, professeurs de sciences économiques à l’université Paris-Est-Créteil.
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« N’accablons pas Parcoursup »

Le nouveau système est perfectible et favorise les « bons » élèves, mais il ne faut pas pour autant l’accabler de tous les maux, jugent François Legendre et Joan Le Goff, professeurs de sciences économiques à l’université Paris-Est-Créteil.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h30
    |

François Legendre (professeur de sciences économiques, directeur du département d’économie, faculté de sciences économiques et de gestion, UPEC) et...







                        



                                


                            

Tribune. Le système APB avait été fortement décrié parce qu’il avait conduit à assigner les candidats par tirage au sort. Avec son remplacement par Parcoursup, on se rend compte que le défaut majeur d’APB était de conduire les candidats à s’autosélectionner, en n’incitant pas les jeunes défavorisés socialement à postuler aux « bonnes » formations.
L’autosélection est pire que la sélection car, outre le regret qu’elle engendre, elle est l’un des ressorts de la reproduction sociale qui va à l’encontre des principes républicains. Notre société décourage les personnes issues des milieux modestes d’ambitionner les formations les plus prestigieuses. APB demandait aux candidats de classer leurs vœux. Ce classement devait retracer des préférences sincères et éclairées : or, ces conditions n’étaient pas remplies ; parce que les jeunes éprouvent, par manque d’information, une très grande difficulté à hiérarchiser leurs vœux et mesurer leurs chances de réussite, mais aussi parce que l’opacité du système APB n’encourageait pas les candidats à révéler leurs préférences. Les candidats, dans la crainte d’être refusés par leur deuxième choix s’ils mettaient en premier vœu leur formation préférée, exprimaient comme premier vœu leur deuxième choix.
Avec le passage d’APB à Parcoursup, les formations sélectives ont été plébiscitées : cela ne résulte pas d’un changement des préférences des candidats mais du passage d’une procédure où les vœux étaient viciés par des préoccupations stratégiques des lycéens à une procédure où les « véritables » préférences peuvent s’exprimer. Parcoursup permettrait ainsi l’expression de la demande d’éducation dans le supérieur et les pouvoirs publics pourraient ainsi redéployer en partie l’offre d’éducation en augmentant le nombre de places dans les formations les plus demandées.
Une politique explicite de discrimination positive
Parcoursup permet aux candidats de disposer d’une plus grande information au moment...




                        

                        

