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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Après des mois d’inertie politique, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, et les ministres issus de la coalition populiste jaune-vert, ont pu tester leur popularité, samedi 2 juin.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.
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« Aujourd’hui se pose la question de la réalité de l’unité italienne au sein de l’Europe »

La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 12h28
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            

Recherches. Les difficiles tractations pour la formation d’un gouvernement en Italie résultent-elles de l’échec de l’unification économique du pays, un échec ancré dans une longue opposition historique entre le Nord et le Sud ?
La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, est bien connue dans l’histoire du pays, mais elle n’a fait que se renforcer depuis quarante ans. Au nord, une société riche, où le chômage est marginal, l’industrie et le tourisme ancrés dans des savoir-faire artisanaux et artistiques renommés mondialement ; au sud, une société beaucoup plus pauvre, mal formée et rongée par le chômage.
Lors des dernières élections législatives, le Mouvement 5 étoiles (M5S) a dominé sans partage au sud, tandis qu’au nord c’est l’alliance des droites qui l’a emporté, le centre gauche s’étant réfugié dans quelques grandes villes et en Toscane. Le M5S souhaite la sortie de l’Union européenne, arguant de l’inefficacité des politiques d’ajustement structurel menées depuis des années, qui ne font qu’accroître la pauvreté du Sud. Inversement, hormis sa violente réaction anti-immigrés, le Nord est bien ancré dans l’Union, son économie étant compétitive et intégrée avec celles de ses partenaires européens.
Des mondes économiques séparés
Cette coupure existe depuis l’unification du pays dans la deuxième moitié du XIXe siècle. L’unification fut conçue et menée avec l’aide de la France par le royaume du Piémont, qui rassemblait les Etats du Nord et du centre, et annexa en 1860 le vaste royaume agricole des Deux-Siciles grâce au talent chevaleresque et révolutionnaire de Garibaldi plus qu’à des arguments économiques.

L’unification tarifaire eut néanmoins lieu dès 1861, l’unification monétaire en 1863, et l’Italie participa en 1865 à la création de l’Union latine, pilotée par la France. Comme le montre Roger Vicquery, doctorant à la London School of...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Commerce mondial : le moment de vérité pour l’Europe

Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h16
   





                        


Editorial du « Monde ». Rester ferme, tout en évitant la surenchère. La voie est étroite pour l’Union européenne (UE), après la décision de Donald Trump de taxer les importations américaines d’acier et d’aluminium. Le président des Etats-Unis a fini par mettre à exécution, jeudi 31 mai, les menaces agitées depuis deux mois, faute d’avoir obtenu des concessions de la part des Européens pour tenter de réduire le déficit commercial américain.
Face au refus de ces derniers de « négocier avec un pistolet sur la tempe », les Etats-Unis ont donc passé outre aux avertissements sur les risques d’une guerre commerciale qui pourrait ralentir la croissance mondiale. Cette menace n’a jamais été aussi imminente, alors que le Canada et le Mexique, deux des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, ont droit au même traitement que l’UE.

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Cette décision est aussi irresponsable qu’inefficace. Irresponsable, parce qu’elle se fait au mépris des règles du commerce international, dont les Etats-Unis avaient été l’un des principaux architectes. Fustigeant l’inefficacité de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Trump a décidé de saper le fonctionnement de ce système. Par ailleurs, ces sanctions fragilisent un peu plus la relation transatlantique, déjà mise à mal par le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.
Les Européens placés face à leurs responsabilités
Inefficace, cette décision l’est à double titre. D’abord, parce que le déficit américain est pour l’essentiel la contrepartie d’un déséquilibre, qui n’a rien à voir avec des barrières douanières. Les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens en consommant trop et en n’épargnant pas assez. Dès lors, viser un solde positif de la balance commerciale est illusoire. Concernant l’acier, les sanctions passent complètement à côté du sujet, puisque la Chine est épargnée, alors que c’est Pékin qui est responsable de la surproduction mondiale, qui tire les prix vers le bas et détruit des emplois dans les pays occidentaux. Enfin, l’argument selon lequel les importations d’acier et d’aluminium européens représentent une menace pour la sécurité des Etats-Unis est une plaisanterie.

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L’agressivité commerciale américaine a au moins une vertu : elle place les Européens face à leurs responsabilités. Il s’agit d’un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne. Or les intérêts à court terme des Etats membres ne sont pas nécessairement convergents. Face à la fermeté française, l’Allemagne pourrait être tentée par une attitude beaucoup plus pragmatique en essayant de sauvegarder ses énormes excédents commerciaux.

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Donald Trump sait très bien que la cuirasse européenne est fragile et n’hésitera pas à profiter de la moindre faille. Les menaces de taxer les importations américaines de voitures allemandes seront, de ce point de vue, un moment de vérité.
L’Europe doit dépasser ces intérêts de court terme pour apprendre à exister non plus aux côtés des Etats-Unis, mais indépendamment d’eux. Washington n’est plus un partenaire fiable ; un autre rapport de force s’impose. En tant que première zone commerciale du monde, l’UE en a les moyens, en continuant à promouvoir un libre-échange responsable et équilibré avec le reste de la planète, tout en montrant aux Etats-Unis que l’Europe unie sait se défendre.

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Les mesures de rétorsion qui sont en préparation constituent à cet égard un signal positif. Le défi reste de trouver un bon équilibre entre la riposte et le respect de la légalité internationale pour éviter le piège mortel de la guerre commerciale.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.
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Le pari russe d’Emmanuel Macron

Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h39
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Analyse. Le contraste était saisissant. Devant un parterre d’hommes d’affaire du forum économique de Saint-Pétersbourg, une sorte de « Davos russe », le 25 mai, Emmanuel Macron jouait la séduction, tutoyant le président russe et l’appelant « cher Vladimir ». Il citait Dostoïevski, Soljenitsyne et insistait sur son souhait d’ancrer la Russie et son destin dans l’Europe.
Face à lui, l’homme fort du Kremlin, courtois mais impassible, le vouvoyait et ne s’engageait guère au-delà de propos très convenus sur « la France partenaire ancien, traditionnel et fiable ». Pas une seule fois, surtout face à son interlocuteur, il n’a évoqué la vocation européenne de son pays. « Le décalage était évident entre le souffle, la perspective historique de Macron et les réponses d’ordre mécanique de Poutine », relève Thomas Gomart, le directeur de l’IFRI (Institut français des relations internationales).
Le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes. Ce n’était pas très difficile vu leur dégradation depuis 2014 après l’annexion de la Crimée, la déstabilisation de l’est de l’Ukraine, les tensions des derniers mois avec l’affaire Skripal – la tentative d’empoisonnement d’un ex-agent double russe près de Londres – et les frappes contre les armes chimiques du régime syrien, soutenu envers et contre tout par Moscou.
Sauver ce qui peut l’être
Un jalon a été posé, mais il reste à en mesurer la portée. « Est-ce qu’il s’agit d’un tournant ? En tout cas, c’est un échange et une relation qui cherchent à élaborer quelque chose de solide et des axes stratégiques », expliquait M. Macron en dressant le bilan de son voyage. L’attitude réservée du maître du Kremlin montre que ce dernier se sent en position de force. « C’est un pragmatique et il sait qu’il n’a pas besoin de trop en faire, étant dans une situation idéale pour profiter des tensions...




                        

                        


<article-nb="2018/06/02/17-5">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ S’il est adopté, le texte ferait du royaume scandinave le premier pays au monde à interdire l’ablation rituelle du prépuce des garçons de moins de 18 ans. Une initiative loin de faire l’unanimité.
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Une initiative populaire danoise veut interdire la circoncision

S’il est adopté, le texte ferait du royaume scandinave le premier pays au monde à interdire l’ablation rituelle du prépuce des garçons de moins de 18 ans. Une initiative loin de faire l’unanimité.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h07
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 16h17
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Rarement un sujet aura autant divisé les députés danois. Et pourtant, ils n’auront d’autre choix que d’en débattre au Parlement, car une initiative populaire proposant l’interdiction de la circoncision non médicale des mineurs a recueilli, vendredi 1er juin, plus de 50 000 signatures, le minimum requis par une procédure introduite au début de l’année.
La pétition a été présentée le 1er février par Intact Denmark, « un peu dans la précipitation », reconnaît Lena Nyhus, la présidente de l’ONG créée en 2013. « Nous craignions que quelqu’un de moins bien préparé nous devance », explique-t-elle. La proposition n’aurait alors eu aucune chance d’aboutir.
« La société a une obligation particulière de protéger les droits fondamentaux de l’enfant, jusqu’à ce qu’il ait atteint l’âge et la maturité d’assumer lui-même cette responsabilité », soutient le texte. Invoquant la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant, il propose jusqu’à six ans d’emprisonnement, soit la même peine que pour l’excision des filles, interdite au Danemark en 2003. Depuis, l’ablation rituelle du prépuce des garçons mineurs ne cesse de faire débat.
En 2014, plusieurs associations de protection de l’enfance s’étaient prononcées pour son interdiction, se référant à une résolution du Conseil de l’Europe, adoptée en 2013, qui demandait aux Etats membres d’en réguler la pratique. En décembre 2016, l’Association des médecins danois avait à son tour pris position, estimant que la circoncision non médicale des mineurs était « éthiquement inacceptable ».
« Clandestinité »
« En tant que citoyens du Danemark, nous estimons que l’intégrité corporelle des enfants et leur autonomie doivent être respectées », poursuit Lena Nyhus. Elle rappelle que les châtiments corporels ont été interdits au Danemark en 1997 : « Si les parents n’ont pas le droit de fesser ou gifler leurs enfants, pourquoi peuvent-ils approcher un couteau de leur pénis ? »
Selon l’Agence nationale de la santé danoise, entre 1 000 et 2 000 enfants par an, majoritairement juifs et musulmans, seraient concernés. « Pourtant, à peine quelques centaines d’opérations sont enregistrées, ce qui signifie que beaucoup sont réalisées dans la clandestinité », remarque Mikael Aktor, professeur en sciences des religions.
Lui-même est d’origine juive, circoncis et favorable à l’interdiction. Il évoque les séquelles, souvent tues : « Une baisse de la sensibilité du pénis, par exemple. » Le sujet, dit-il, est « tabou ». Quant à l’obligation religieuse, il la conteste : « En tant que spécialiste des religions, je suis bien placé pour savoir que les rituels changent et que tous les enseignements ne sont pas respectés. »
Mais les leaders religieux mettent en garde. « Les juifs ayant la volonté de continuer à vivre religieusement n’auront pas d’avenir dans un pays qui veut leur interdire une tradition qui a été l’expression de l’identité juive pour des centaines de générations », constatait en février le grand rabbin Bent Melchior.
« Nous sommes seuls »
L’initiative populaire embarrasse le gouvernement danois. Le 20 avril, les ministres de la santé, de l’éducation, des cultes, de la défense et des affaires étrangères ont été interrogés par une commission parlementaire sur les implications d’une interdiction.
A la sortie, le ministre de la défense, Claus Hjort Frederiksen, a assuré que « le risque politique serait énorme », mentionnant le précédent de la crise internationale provoquée par la publication des caricatures du prophète en 2005. « Ce n’est pas une affaire portant sur la liberté d’expression, qui concerne toutes les démocraties libérales du monde, a-t-il précisé. Dans le cas présent, nous sommes seuls et cela augmente le risque. »
Mikael Aktor reconnaît que les conséquences diplomatiques pourraient être sérieuses. Cependant, ajoute-t-il, « si nous n’avons pas cédé sur la liberté d’expression, pourquoi le ferions-nous pour les droits des enfants ? » D’autant que, selon un sondage publié le 23 mai, 83 % des Danois soutiennent l’interdiction. Une proposition de loi pourrait être présentée à la rentrée, en octobre. Plusieurs partis ont annoncé qu’ils ne donneraient pas de consignes de vote, mais une majorité des députés devraient voter contre. En Islande, un projet similaire est en cours de discussion au Parlement.

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                L’Islande se prépare à interdire la circoncision






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Selon « Der Spiegel », l’autorité de contrôle des véhicules à moteur pense que le constructeur allemand a installé des systèmes illégaux sur 750 000 Mercedes.
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Dieselgate : Daimler à son tour soupçonné d’une fraude massive

Selon « Der Spiegel », l’autorité de contrôle des véhicules à moteur pense que le constructeur allemand a installé des systèmes illégaux sur 750 000 Mercedes.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h05
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Le diesel, encore. Près de trois ans après le déclenchement du scandale des moteurs diesel truqués chez Volkswagen, c’est au tour de Daimler de sentir le vent du boulet. Le constructeur de Stuttgart, qui clame depuis 2015 n’avoir jamais manipulé ses moteurs, pourrait être entraîné dans une crise considérable. Depuis plusieurs jours, le groupe subit la pression conjuguée de la justice et du ministère des transports qui le soupçonnent d’avoir installé sur ses moteurs diesel des systèmes de dépollution illégaux sur plusieurs centaines de milliers de véhicules.

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Vendredi 1er juin, de nouvelles révélations ont précisé l’ampleur de la menace qui pèse sur Daimler. Selon les informations du magazine Der Spiegel, le ministre des transports Andreas Scheuer a menacé le PDG de Daimler, Dieter Zetsche, d’une amende de 3,75 milliards d’euros lors de leur entrevue du lundi 28 mai. Le patron venait s’expliquer sur les accusations qui pèsent sur son groupe : le ministre soupçonne le constructeur d’avoir installé des systèmes de dépollution illégaux sur 750 000 véhicules de la marque Mercedes. Daimler risque 5 000 euros d’amende par véhicule.
Le 24 mai, le KBA, l’autorité de contrôle des véhicules à moteur, avait déjà ordonné le rappel obligatoire de 23 000 camionnettes de la marque Vito, où il a officiellement constaté la présence d’un système illégal de désactivation du dispositif antipollution. Une première pour Daimler, qui n’avait jusqu’ici jamais été confronté à un rappel obligatoire dans le scandale du diesel. Pour l’instant, le constructeur conteste formellement ces accusations et a annoncé son intention de se défendre en justice contre le KBA dans l’affaire Vito, a confirmé au Monde un porte-parole du groupe. Il a obtenu un délai de deux semaines pour s’expliquer sur ces irrégularités.
L’affaire pourrait prendre une dimension franco-allemande
Mais l’étau se resserre dangereusement. Car le parquet de Stuttgart mène lui aussi son enquête depuis plusieurs mois. Vendredi 1er juin, le quotidien Süddeutsche Zeitung a révélé que le procureur avait étendu ses investigations sur les moteurs du groupe soupçonnés de non-conformité.
L’affaire, très délicate pour Daimler, pourrait prendre une dimension franco-allemande. Car, selon cette même source, les moteurs mis en cause par le KBA sur les Vito, des modèles de 1,6 l de norme Euro 6, n’ont pas été construits par Daimler. Ils ont été livrés par Renault sur la base des accords de coopération conclus entre les deux constructeurs depuis 2010. Le français fournit des moteurs pour les classes A, B et C, capables d’émettre « moins de 100 g de CO2 par kilomètre » précise Renault.

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Cette performance CO2 se fait-elle au prix d’un dépassement illégal des émissions d’oxyde d’azote ? Le journal allemand rappelle que Renault est accusé, par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), d’avoir mis en place des stratégies visant à frauder sur les émissions de ses moteurs lors des tests d’homologation. Renault se refuse officiellement à tout commentaire sur un sujet « qui concerne Daimler. »
Partenariat avec Renault
Mais de toute évidence, les accusations diffusées en « off » à la presse allemande depuis le déclenchement de l’affaire Vito passent mal côté français. S’agirait-il d’un réflexe de fierté allemande à l’égard de la supériorité supposée des moteurs « made in Germany » ? On rappelle que chaque constructeur final fait lui-même la programmation du moteur ainsi que le calibrage final du système de dépollution en fonction des caractéristiques du véhicule, et qu’il est responsable, en dernier ressort, des caractéristiques techniques de ses voitures. Pour preuve : l’équivalent du Vito chez Renault, le petit utilitaire Trafic, équipé du même moteur, n’est pas sous le coup d’une enquête pour dépassement des normes de pollution.
« A mon époque, les moteurs de Renault n’étaient pas transformés, il n’y avait que des adaptations sur des éléments mécaniques dans la carrosserie, pour que le client n’ait pas l’impression de rouler en Megane », précise toutefois au Monde un ingénieur chez Daimler. « C’est une collaboration qui a été décidée par les grands patrons chez Renault et Mercedes, sans considération technique, poursuit cette source. Pendant tout le projet, il était difficile d’obtenir des informations précises sur les moteurs de la part de Renault, qui me semble très dépendant de ses fournisseurs. »
L’affaire Vito peut-elle remettre en cause le partenariat Renault-Daimler ? « En aucune façon » répond un porte-parole du constructeur allemand à Stuttgart. Renault et Nissan détiennent chacun 1,55 % du capital de Daimler, qui, de son côté, possède 3,1 % des actions de Renault et de Nissan. La coopération concerne d’ailleurs bien davantage que les moteurs incriminés. C’est par exemple Renault qui produit pour le groupe allemand la Smart Forfour, ainsi que les moteurs électriques pour des versions de la Smart lancées en 2017. Daimler, dont le nom symbolise comme aucun autre le « made in Germany », est à présent confronté à ses responsabilités de constructeur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Les députés indépendantistes ont voté pour la motion de défiance qui a provoqué la chute de l’ancien chef de gouvernement conservateur.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

En Espagne, la revanche des indépendantistes catalans sur Mariano Rajoy

Les députés indépendantistes ont voté pour la motion de défiance qui a provoqué la chute de l’ancien chef de gouvernement conservateur.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 14h23
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


En Espagne, la chute de Mariano Rajoy a coïncidé avec la fin de la mise sous tutelle de la Catalogne, en vigueur depuis la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre 2017. La levée de l’article 155 de la Constitution espagnole est intervenue, samedi 2 juin, à l’issue de la prise de fonction du nouveau gouvernement catalan.
Son chef, Quim Torra, qui a prêté serment samedi à Barcelone, a appelé à des pourparlers avec le nouveau premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, qui a lui prêté serment à Madrid pour gouverner l’Espagne. « Premier ministre Pedro Sanchez, parlons, occupons-nous du problème, prenons des risques, vous et moi », a déclaré M. Torra.
Le président catalan de la région autonome avait revu, mardi, la composition de son gouvernement pour en exclure les « ministres » en exil ou en détention préventive, malgré la colère de la puissante association indépendantiste ANC, qui l’a accusé de plier devant Madrid. En conséquence, l’une des dernières mesures du gouvernement de Mariano Rajoy a été d’autoriser la publication du décret de nomination au bulletin officiel catalan, permettant la levée automatique de l’article 155.

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                En Espagne, Pedro Sanchez face à de nombreux défis



Pour faire tomber Mariano Rajoy, les voix des indépendantistes catalans étaient indispensables. Pedro Sanchez a assuré qu’il n’a rien négocié avec eux pour les obtenir. Mais les indépendantistes, qui avaient fait de Mariano Rajoy leur bête noire, n’ont pas hésité longtemps. « Ce n’est pas une motion pour le Parti socialiste [PSOE], mais contre le Parti populaire [PP] », a insisté la Gauche républicaine catalane (ERC).
« Dialogue urgent »

        Portrait :
         

          Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne



Quim Torra, s’est félicité de la chute du « gouvernement qui, il y a huit mois, envoyait la police charger des citoyens sans défense qui votaient ». Cependant, il a tenu à rappeler que « le PSOE a été complice de la répression. (…) Nous serons très exigeants avec Pedro Sanchez », a-t-il ajouté, appelant à un « dialogue urgent ».
Le député d’ERC, Joan Tarda, a avancé que la première requête de l’exécutif catalan sera le « rapprochement des prisonniers en Catalogne ». Le dirigeant socialiste catalan, Miquel Iceta, proche de Pedro Sanchez, a répondu que la décision « devra être prise par les juges et la direction des institutions pénitentiaires ».
Bien qu’il se soit affiché comme un fervent défenseur de l’unité de l’Espagne et un fidèle allié de Mariano Rajoy lors de la mise sous tutelle des institutions catalanes, et qu’il ait qualifié récemment le président catalan Quim Torra de « raciste » et de « Le Pen de la politique espagnole », la sensibilité politique de Pedro Sanchez le rapproche des défenseurs d’un nouvel ancrage de la Catalogne en Espagne.
« Je pense que l’Espagne est une nation dans laquelle il y a des territoires qui se sentent aussi nation », a-t-il expliqué, lors de la motion de défiance contre Mariano Rajoy. Il a promis de travailler à « normaliser » les relations entre Madrid et le nouveau gouvernement catalan et à renouer le dialogue.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Ancien numéro  deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker s’inquiète de l’excès de puissance des technocrates.
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« Les banquiers centraux doivent battre en retraite »

Ancien numéro  deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker s’inquiète de l’excès de puissance des technocrates.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h45
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Depuis la crise, les banques centrales ont pris une place considérable dans le pilotage des économies. Peut-être trop, et cela risque de fragiliser le pouvoir politique, estime Paul Tucker, ancien vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre (2009-2013), aujourd’hui à la Harvard Kennedy School, l’école d’affaires publiques de l’université américaine. Dans son nouvel ouvrage, Unelected Power. The Quest for Legitimacy in Central Banking and the Regulatory State (Pouvoir non élu. La quête de la légitimité pour les banques centrales et l’Etat régulateur, Princeton University Press, avril 2018), il détaille pourquoi il est temps, selon lui, que les technocrates battent en retraite.
La zone euro renoue avec une croissance fragile, après une décennie difficile. Quel bilan tirez-vous de l’action de la Banque centrale européenne (BCE) ?
Si l’on s’en tient à l’objectif de maintenir la stabilité du système monétaire, elle a fait du bon travail. D’un certain point de vue, elle est aujourd’hui bien plus qu’une banque centrale : cette dernière décennie, elle a été l’unique institution capable de garantir la survie de la zone euro, car la seule en mesure d’agir en ce sens pendant la crise. Cette position est néanmoins précaire, car elle résulte de l’incomplétude institutionnelle de l’union monétaire.
Les grandes banques centrales ont considérablement élargi leurs pouvoirs et influence pendant la crise. Pourquoi ?
Peut-être parce qu’elles avaient commis un peu moins d’erreurs que les autres régulateurs durant la période précédente. Ou parce qu’au tout début du choc financier, elles étaient les mieux outillées pour agir rapidement : l’arme budgétaire est un peu plus longue à déclencher. Dès lors, elles ont pris les devants de la scène face aux dirigeants politiques, qui se sont mis en retrait. Si le président Franklin Delano Roosevelt incarne la relance des Etats-Unis après la crise de 1929, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ L’institut de Francfort a fêté ses 20 ans vendredi 1er juin. Un anniversaire assombri par l’accession au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique en Italie.
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Anniversaire morose pour la BCE

L’institut de Francfort a fêté ses 20 ans vendredi 1er juin. Un anniversaire assombri par l’accession au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique en Italie.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h19
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

A Francfort, l’heure n’est pas à la fête. A vrai dire, elle est plutôt à la déprime. Vendredi 1er juin, la Banque centrale européenne (BCE) fêtait son vingtième anniversaire. Il y a six mois encore, l’institution espérait que 2018 marquerait le retour d’une reprise économique solide. Que la baisse du chômage redonnerait enfin le moral aux Européens. Que l’embellie conjoncturelle lui permettrait d’entamer tranquillement le retrait de ses mesures exceptionnelles, tandis que Berlin et Paris progresseraient ensemble vers plus d’intégration en zone euro.

Mais l’éclaircie économique n’a pas duré. Depuis quelques semaines, la croissance donne des signes de faiblesse. Berlin et Paris n’avancent guère. Le conflit commercial avec Donald Trump ébranle Bruxelles. Et l’Italie, sur le point d’être gouvernée par un attelage populiste eurosceptique, met de nouveau la zone euro face à son péché originel. A savoir qu’elle n’est pas une union monétaire complète. D’une certaine façon, elle est un peu comme une chaise à qui il manque un pied : en équilibre précaire. Risquant de vaciller à la première secousse. La prochaine viendra peut-être de Rome.
Lorsque la BCE est née, le 1er juin 1998, ce déséquilibre initial était un pari. Celui inscrit au cœur même de la construction européenne, voulant que l’intégration économique prépare le terrain à l’intégration politique. Les pays membres allaient partager la même monnaie, l’euro, introduit en 1999. Ils forgeraient ensuite les institutions politiques incarnant leur convergence. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Les capitales n’étaient pas prêtes à céder un peu plus encore de leur souveraineté au profit de l’échelon communautaire. Surtout : la crise de 2008 a frappé.
L’euphorie, la crise, puis la reprise
L’existence de la BCE se divise en deux périodes bien distinctes. 1998-2008, d’abord : l’euphorie des débuts. L’institut de Francfort, bâti sur le modèle de la banque centrale allemande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Gassama, Italie et glyphosate : les informations à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
    |

                            Les Décodeurs








                        


La semaine a été marquée par des crises politiques en Italie et en Espagne, alors que la France célébrait l’action héroïque d’un sans-papiers malien.
Mamoudou Gassama, le sans-papiers devenu héros
Il est devenu le héros de la semaine en France : Mamoudou Gassama, un sans-papiers malien a escaladé samedi en une trentaine de secondes et à mains nues la façade d’un immeuble du 18e arrondissement de Paris, pour porter secours à un enfant de 4 ans suspendu dans le vide à un balcon. La vidéo de ses exploits a été visionnée des millions de fois en France et à l’étranger. Cet acte de bravoure lui a ouvert les portes de l’Elysée, où il a été reçu par Emmanuel Macron. Le président l’a décoré d’une médaille d’honneur, lui a proposé d’être naturalisé français et d’intégrer le service civique des pompiers de Paris.

        Les intox :
         

          Les interprétations complotistes du sauvetage d’un enfant par Mamoudou Gassama



Cette belle histoire, saluée par l’ensemble de la classe politique, a toutefois suscité son lot de théories conspirationnistes mais aussi de citations trompeuses ou manipulatrices.
Elle a aussi relancé le débat sur la politique d’accueil de la France, alors qu’une loi vient de durcir les conditions d’accueil des migrants.

        Revue de presse :
         

          Derrière l’héroïsation de Mamoudou Gassama, la presse souligne la « bonne conscience » de l’Etat




La crise politique se dénoue en Italie
La crise politique italienne semble avoir trouvé un épilogue vendredi : le nouveau chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a prêté serment devant le président de la République Sergio Mattarella, suivi des deux vice-premiers ministres, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S), et Matteo Salvini, patron de la Ligue, ainsi que de l’ensemble de son gouvernement.

        Le décompte :
         

          Quatre-vingt neuf jours pour former un gouvernement en Italie : un record depuis 1992



Le président du conseil avait été désigné mercredi 23 mai à l’issue de longues tractations entre le mouvement antisystème et la formation d’extrême droite, deux partis contestataires arrivés en tête des législatives du 4 mars. Mais quatre jours plus tard, il avait démissionné car le président de la République, Sergio Mattarella, avait mis son veto à la nomination de Paolo Savona, un eurosceptique, au ministère de l’économie.
Cette incertitude politique, doublée de craintes de voir ce gouvernement d’alliance inédit au pouvoir, a eu des effets sur les marchés financiers, notamment sur le spread italien.

        Explications :
         

          Finances : qu’est-ce que le « spread » ?



Mariano Rajoy renversé en Espagne

Alors que l’Italie est parvenue non sans peine à former un gouvernement, l’Espagne vient de renverser le sien. Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, coulé par un scandale de corruption, a abandonné le pouvoir après six années, anticipant le vote d’une motion de censure par le Parlement, vendredi. Il a été remplacé dans la foulée par le socialiste Pedro Sanchez.

        Lire aussi :
         

                Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne



Le glyphosate ne sera pas interdit par la loi
Lors de l’examen du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation, les députés ont rejeté un amendement présenté par le député LRM Mathieu Orphelin, visant à intégrer dans la loi l’interdiction du glyphosate dans les trois ans. Il s’agissait pourtant d’une promesse d’Emmanuel Macron. Le glyphosate, substance active présente dans le Roundup de la société Monsanto, est soupçonné d’être un « cancérogène probable » pour l’homme.

        Contenu visuel :
         

          Dangerosité, toxicité, utilité : le débat sur le glyphosate résumé en discussion pour/contre



Cette loi contenait quantité d’autres propositions, dont une partie ont été adoptées (hausse du bio dans les cantines, doggy bags dans les restaurants, encadrement des promotions dans les grandes surfaces), mais plusieurs autres ont été rejetées (interdiction des publicités pour les aliments gras et salés pour les enfants, affichage de l’étiquetage Nutri-Score, interdiction de broyer les poussins mâles…)

        La liste :
         

          Alimentation : ce qui a été voté et écarté par l’Assemblée nationale



Les Etats-Unis taxent l’acier et l’aluminium américains
Le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, a annoncé, jeudi, que les Etats-Unis allaient appliquer dès vendredi d’importants tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne (UE), mais aussi du Mexique et du Canada. Bruxelles a réagi en ouvrant une procédure devant l’Organisation mondiale du commerce.

        En un graphique :
         

          L’acier et l’aluminium, une goutte d’eau des échanges entre les Etats-Unis et l’Europe



L’Ukraine met en scène l’assassinat d’un journaliste russe
Alors que sa mort avait été annoncée mardi 29 mai dans la soirée, le journaliste russe Arkadi Babtchenko est réapparu bien vivant, le lendemain, lors d’une conférence de presse à Kiev, là même où il était censé avoir été tué de trois balles dans le dos. Le chef des services de sécurité ukrainiens (SBU) a déclaré que l’agence avait falsifié sa mort pour arrêter ceux qui tentaient de le tuer. Cette mise en scène macabre a été vivement critiquée par plusieurs médias internationaux, qui estiment sa méthode peu éthique et contre-productive.

        Lire aussi :
         

                Fausse mort du journaliste russe Babtchenko : les médias critiquent la mise en scène de l’Ukraine



Un attentat revendiqué par l’EI fait trois morts à Liège
Mardi 29 mai à Liège (Belgique), Benjamin Herman, délinquant de 31 ans sorti la veille de prison, s’est emparé des armes de service de deux policières avant de faire feu et de les tuer, ainsi qu’un homme de 22 ans assis dans une voiture à proximité. L’assaillant s’est ensuite réfugié dans un lycée où il a pris en otage deux membres du personnel, et tiré sur quatre policiers avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Cette attaque a été revendiquée le lendemain par l’organisation Etat islamique.

        Lire aussi :
         

                Les attentats terroristes en Europe ont causé près de 2 400 morts depuis 2001



Et aussi
Zidane. A la surprise générale, l’ancien footballeur français champion du monde Zinédine Zidane a annoncé qu’il quittait le Real Madrid, avec lequel il vient de remporter sa troisième Ligue des champions en tant qu’entraîneur.Migrants. Le campement du Millénaire, entre la porte de la Villette et la porte d’Aubervilliers à Paris, où plus de 1 500 migrants sont installés, a été évacué tôt mercredi matin. Au moins 35 camps ont été démantelés en trois ans, selon un décompte du Monde.Retraites. Le gouvernement lance « une large consultation citoyenne » préalable à une vaste réforme du système français, pour aller vers une « retraite à points ».Alzheimer. Un arrêté publié vendredi au Journal officiel acte le déremboursement des quatre médicaments utilisés pour traiter les symptômes de la maladie.Weinstein. L’inculpation du producteur Harvey Weinstein, accusé depuis l’automne d’abus sexuels par des dizaines de femmes, a été validée mercredi par un grand jury new-yorkais.Football. Canal+ a été évincé des droits de retransmission de la Ligue 1 de football, qui ont atteint 1,15 milliard d’euros pour la période 2020-2024.Football (2). L’équipe féminine du Paris-Saint-Germain a battu dans la nuit de jeudi à vendredi l’Olympique lyonnais 1-0 en finale de la Coupe de France à Strasbourg.Autolib. L’industriel Vincent Bolloré réclame 40 millions d’euros par an jusqu’en 2023 à la mairie de Paris et aux communes concernées par son service d’autopartage, pour éponger le déficit du système.Diplomatie. Le haut responsable nord-coréen Kim Yong-chol a entamé mercredi une visite exceptionnelle aux Etats-Unis pour débattre d’un éventuel sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un.Tabac. Le nombre de fumeurs a baissé d’environ un million entre 2016 et 2017.Drogue et PIB. L’Insee a intégré pour la première fois le trafic de drogue à son calcul de la richesse nationale. Résultat : 2,7 milliards d’euros sont générés chaque année par ces activités illégales.Affaire. L’ancien ministre du budget Eric Woerth a été mis en examen pour « complicité de financement illégal de la campagne » de Nicolas Sarkozy en 2007 dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyen (résumé ici en onze dates clés).Mélenchon. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur les comptes de campagne du candidat de La France insoumise à la présidentielle 2017.Théâtre. Ariane Mnouchkine, Jean-Philippe Daguerre et Joël Pommerat ont été récompensés lors de la 30e Nuit des Molières
Disparitions
Serge Dassault. L’industriel de l’armement, patron de presse et quatrième fortune de France, est mort lundi à 93 ans. Sa carrière avait été entachée d’affaires de blanchiment, clientélisme et fraude fiscale. La question de sa succession se pose, puisque son bras droit, Charles Edelstenne, prend la tête du groupe à l’âge de 80 ans.Yves de Daruvar. Le militaire qui rallia les Forces françaises libres à l’âge de 19 ans, s’est éteint le 28 mai, à l’âge de 97 ans.Alan Bean. L’astronaute américain, quatrième homme à avoir marché sur la Lune, est mort, samedi, à l’âge de 86 ans.Jean-Claude Boulard. Le maire socialiste du Mans est mort jeudi à l’âge de 75 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la romancière Simonetta Greggio estime que ce qui se produit aujourd’hui dans son pays résulte d’une impuissance démocratique, qui pourrait arriver ailleurs en Europe.
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Crise politique italienne : « A quoi sert mon vote ? »

Dans une tribune au « Monde », la romancière Simonetta Greggio estime que ce qui se produit aujourd’hui dans son pays résulte d’une impuissance démocratique, qui pourrait arriver ailleurs en Europe.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 14h02
    |

Simonetta Greggio (Romancière italienne, auteure de "Elsa, mon amour", une biographie de l'écrivaine Elsa Morante, à paraître chez Flammarion le 22...







                        



                                


                            

Tribune. Beaucoup de ceux qui ont eu le pouvoir en Italie l’ont perdu de manière tragique. Mussolini a été tué au coin d’une rue comme un chien, puis pendu par les pieds. Le parti Démocratie chrétienne a explosé en 1994, suite à l’opération « Mains propres », seize ans après avoir perdu l’un de ses meilleurs représentants, Aldo Moro, enlevé et assassiné par les Brigades rouges.
A Bettino Craxi (premier socialiste à diriger le gouvernement italien, en 1983) on a jeté la pierre, sous forme d’un déluge de petite monnaie, avant de le contraindre à l’exil, où il est mort. La carrière de Giulio Andreotti (qui a dirigé sept gouvernements italiens successifs, de 1972 à 1992) s’est douloureusement éteinte dans des accusations d’accointance avec la Mafia.
Quant à Silvio Berlusconi, personne n’a eu depuis l’après-guerre autant de pouvoir que lui. En 1970, il était déjà en train de faire construire Milano 2, devenu par la suite le siège de sa première télévision, l’un des bras de la pieuvre de son empire. Rien que sa fortune personnelle a été estimée à près de 7 milliards d’euros. A l’époque, déjà, il ne manquait pas d’argent, venu des terres siciliennes par le biais d’une banque dont son père était le directeur. Son règne n’était certes pas une dictature : le président de Forza Italia a été une bête molle, un ennemi insidieux qui a réveillé la part d’anarchisme qui sommeillait en chaque Italien.

En tant que chef du gouvernement, il a lui-même plusieurs fois répété qu’il était légitime de ne pas payer ses impôts, ce dont il a donné l’exemple. On a toujours su qui il était, et malgré cela il a été élu trois fois. Quelqu’un disait, dont j’ai oublié le nom : « J’ai moins peur de Berlusconi en tant que tel que du Berlusconi que chacun cache en soi. » Mais l’Histoire est imprévisible et l’on ne peut anticiper son épilogue. La vraie question est : comment la structure sociale et morale qui s’est créée au fil de ses mandats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Alors que le nouveau gouvernement italien a prêté serment vendredi, le chef de file de la Ligue s’est efforcé de concentrer sur lui l’attention médiatique.
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Au ministère de l’intérieur, Matteo Salvini poursuit sa stratégie de conquête du pouvoir

Alors que le nouveau gouvernement italien a prêté serment vendredi, le chef de file de la Ligue s’est efforcé de concentrer sur lui l’attention médiatique.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h14
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Après quasiment trois mois de guerre des nerfs, et quatre journées dramatiques durant lesquelles a plané la menace d’une crise de régime, cette parenthèse de concorde retrouvée avait quelque chose de rassurant. Vendredi 1er juin, veille de fête nationale, était à Rome une journée de communion, consacrée à une passation de pouvoirs qui s’est déroulée dans la plus parfaite courtoisie républicaine.
Au palais du Quirinal, les membres du nouveau gouvernement populiste et d’extrême droite ont prêté serment devant le président Sergio Mattarella, avant de se rassembler pour la traditionnelle photo de groupe. Le 65e gouvernement de l’histoire de la République italienne venait de prendre forme. Puis ils se sont rendus au palais Chigi, où le président du conseil, Paolo Gentiloni, a solennellement remis à Giuseppe Conte la petite cloche matérialisant le passage d’un chef de gouvernement à l’autre, dans une ambiance presque apaisée.

Dirigeant politique préféré des Italiens
Même dans ce moment suspendu, le chef de la Ligue, Matteo Salvini, s’est arrangé pour que personne ne l’oublie. Comme pour continuer à concentrer sur lui l’attention médiatique, quelques heures avant la prestation de serment, depuis la petite ville de Sondrio (Lombardie), le vice-président du conseil et ministre de l’intérieur a mis sur la table un sujet dont il veut faire la priorité de ses prochaines semaines : le financement de l’aide aux migrants. 

« J’ai rencontré le président du conseil et j’ai demandé qu’il soit porté une attention particulière à ces 5 milliards d’euros dédiés à la subsistance de ces milliers de migrants. Je voudrais y faire de belles coupes », a-t-il lancé. Puis, à peine intronisé, il a fait savoir qu’il entendait exercer ses nouvelles fonctions en étant « la moitié du temps au ministère et l’autre sur le terrain », annonçant son intention de se rendre dans les prochains jours en Sicile, principal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Avec un groupe parlementaire réduit, le chef de file du PSOE va devoir construire une majorité s’il veut pouvoir diriger réellement durant les prochains mois
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En Espagne, Pedro Sanchez face à de nombreux défis

Avec un groupe parlementaire réduit, le chef de file du PSOE va devoir construire une majorité s’il veut pouvoir diriger réellement durant les prochains mois



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 13h09
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Tout est allé vite. Samedi 2 juin, le nouveau chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, était attendu à 11 heures au palais de la Zarzuela pour prêter serment devant le roi Felipe VI. La veille, le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) avait remporté une motion de défiance inespérée contre le conservateur Mariano Rajoy, déposée une semaine plus tôt à la suite de la condamnation du Parti populaire (PP) en tant que bénéficiaire d’un réseau de corruption.
Pedro Sanchez, économiste de 46 ans, a obtenu 180 votes favorables, 169 contre et une abstention au Parlement grâce au soutien d’une myriade hétéroclite de partis, qui se sont alliés exceptionnellement autour d’un objectif commun : renverser Mariano Rajoy.

Tout reste donc à faire pour le nouveau premier ministre espagnol : former son gouvernement, dont il n’a rien dévoilé, si ce n’est qu’il sera « socialiste, paritaire et européiste », et surtout exposer sa stratégie politique. Avec un groupe parlementaire réduit, à peine 84 députés sur 350, le dirigeant socialiste doit construire une majorité s’il veut pouvoir gouverner réellement durant les prochains mois, voire tenir jusqu’à la fin de la législature, en juin 2020.
Un objectif impossible, selon le PP. « L’Espagne a besoin de stabilité et celle-ci ne peut venir ni de motions de censure, ni de gouvernements intérimaires, ni de successions d’élections ou de gouvernements comme le sien », l’a averti le porte-parole conservateur Rafael Hernando, qui l’a accusé d’entrer à la Moncloa [le siège du gouvernement] « par la porte de derrière » et de constituer « une menace pour les Espagnols ».
Quant à Ciudadanos (centre droit), le seul parti à avoir voté avec le PP contre la motion de défiance, il entend faire pression sur le PSOE pour qu’il organise des élections anticipées au plus tôt. « Il fallait changer de gouvernement, mais dans les urnes », a...




                        

                        


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Pedro Sanchez a prêté serment pour gouverner l’Espagne

Après avoir connu de multiples revers politiques, le dirigeant socialiste succède au conservateur Mariano Rajoy, renversé vendredi par une motion de censure au Parlement.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h50
   





                        



   


Il y a encore quelques semaines, personne n’avait imaginé un tel scénario : le socialiste espagnol Pedro Sanchez a prêté serment, samedi 2 juin à 11 heures, devant le roi Felipe VI au palais de la Zarzuela, dans la banlieue nord-ouest de Madrid. Cet économiste de 46 ans sans expérience du pouvoir devient le chef du gouvernement après avoir renversé le conservateur Mariano Rajoy, en faisant voter une motion de censure au Parlement.
Le chef du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) doit encore nommer les membres de son gouvernement et ce n’est que quand la liste sera publiée au journal officiel qu’il pourra prendre ses fonctions, dans les jours qui viennent.

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Après avoir mené son parti à deux défaites électorales cuisantes en 2015 et 2016, contraint à la démission par l’appareil du PSOE et remis en selle par les militants, Pedro Sanchez a réussi à déboulonner M. Rajoy, un vétéran de la politique de 63 ans, au pouvoir depuis 2011.
Tous ligués contre M. Rajoy
Il a déposé le 25 mai une motion de censure contre M. Rajoy au lendemain de la condamnation de son Parti Populaire dans un procès pour corruption. Une affaire de trop pour le PP, qui était jusqu’à présent sorti indemne de multiples scandales.

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L’opposition s’est liguée contre M. Rajoy, lâché par ses alliés centristes de Ciudadanos et par les nationalistes basques du Parti nationaliste basque (PNV) dont il venait d’obtenir l’approbation du budget contre un demi-milliard d’euros d’investissements. La motion a été adoptée vendredi par 180 voix sur 350 à la Chambre.
« Cela a été un honneur – il n’y en a pas de plus grand – de gouverner l’Espagne », a déclaré M. Rajoy en souhaitant à son successeur de laisser comme lui le pays en meilleur état qu’il ne l’avait trouvé.
Lors de sa première prise de parole, son successeur, 1,90 m et surnommé « le beau mec », a promis d’aborder avec « humilité tous les défis auxquels le pays fait face » en citant en particulier « l’urgence sociale », alors que le chômage et la précarité minent toujours l’Espagne malgré son insolente reprise économique.
Mais il devra démontrer qu’il peut gouverner avec ses 84 députés socialistes après avoir réuni une majorité hétéroclite allant de la gauche radicale Podemos aux indépendantistes catalans et aux nationalistes basques du PNV. Ses alliés de circonstance ont tous souligné que leur vote contre M. Rajoy n’était pas un chèque en blanc. Podemos réclame avec insistance d’entrer au gouvernement. Selon Fernando Vallespin, politologue à l’Université autonome de Madrid, il ne pourra faire voter que les mesures « lui permettant d’obtenir une majorité facile ».
Rendre des comptes
M. Sanchez va entrer au gouvernement « par la porte de derrière », a raillé Rafael Hernando, patron des députés conservateurs.
Le socialiste s’est déjà lié les mains en promettant au PNV de ne pas toucher au budget de M. Rajoy et à ses largesses financières pour le Pays basque. Il a en outre promis aux indépendantistes catalans qu’il essaierait de « jeter des ponts pour dialoguer » avec le gouvernement régional de Quim Torra, qui prendra ses fonctions samedi à l’heure où M. Sanchez prêtera serment.
Les partis qui l’ont appuyé vont lui demander des comptes, a prédit, pessimiste, Pedro Fernandez, un retraité de 68 ans devant le Parlement. « Quand il ne fera pas ce qu’ils lui demandent, ils lui rappelleront qu’ils l’ont porté au pouvoir. Et dans cinq ou six mois, ou il y aura de nouvelles élections ou ils le renverseront. »




                            


                        

                        


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Affaire Babtchenko : Kiev assure avoir découvert une liste de 47 cibles d’assassinat potentielles

Le faux assassinat aurait permis d’éviter la mort du journaliste et de recueillir des informations. Ainsi, les potentielles cibles, en majorité des journalistes, ont été mises en sécurité.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 00h55
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 14h38
   





                        



   


La mise en scène très critiquée du faux assassinat du journaliste russe Arkadi Babtchenko aura permis de découvrir les cibles d’assassinat potentielles. Dans un message sur Facebook, le procureur général Iouri Loutsenko a assuré, vendredi 1er juin, que l’opération – montée de toutes pièces par les services ukrainiens – avait permis aux services de sécurité de mettre la main sur une liste de quarante-sept noms, principalement constituée de journalistes ukrainiens et russes, qui « pourraient être les prochaines victimes des terroristes ».
Le magistrat a précisé que les personnes concernées avaient été prévenues et que des dispositions avaient été prises pour assurer leur sécurité.

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                La fausse mort de Babtchenko, une aubaine pour le pouvoir russe



Le journaliste russe Matveï Ganapolski, qui vit à Kiev depuis 2015 et a aussi obtenu la citoyenneté ukrainienne, a déclaré sur la radio russe Echo de Moscou, son employeur, qu’il avait été convoqué par les services de sécurité ukrainiens et mis en garde contre les risques qui pesaient sur sa vie. Il a précisé avoir eu connaissance de nouvelles informations sur les menaces contre Arkadi Babtchenko qui montraient, selon lui, que « l’affaire est très grave, une attaque était planifiée et ils se préparaient à le tuer ».
Les autorités ukrainiennes avaient auparavant affirmé que les services secrets russes, qu’elles accusent d’avoir voulu tuer Arkadi Babtchenko, envisageaient d’assassiner une trentaine d’autres personnes.
Une opération pour « recueillir des preuves »
Vendredi après-midi, une dizaine de diplomates en poste à Kiev des pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon), s’étaient rendus au parquet général d’Ukraine pour une rencontre à huis clos, qui a duré presque deux heures, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). Cette réunion avait été annoncée la veille par le procureur général, qui avait dit à la télévision vouloir « expliquer tout ce qu’on peut expliquer dans le respect du secret de l’enquête ».
A cette occasion, « il a été souligné à l’attention de la communauté internationale que seule la stratégie choisie permettait non seulement d’éviter la mort du journaliste, d’empêcher un crime, de documenter les actions de l’organisateur et de recueillir des preuves (…) mais aussi de recevoir des informations concernant de possibles victimes contre lesquelles se préparaient probablement des actes terroristes et des meurtres », a plaidé le parquet dans un communiqué.

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                Fausse mort de Babtchenko : en 1982, Paris avait fait croire à la mort de Virgil Tanase



Vassyl Grytsak, le chef des services de sécurité ukrainiens (SBU) qui ont organisé cette « opération spéciale », était présent.
La crédibilité de Kiev remise en cause
Donné pour mort mardi soir, abattu de trois balles dans le dos, le journaliste Babtchenko, virulent critique du Kremlin qui s’est exilé en Ukraine, est réapparu vivant au cours d’une conférence de presse au siège du SBU le jour suivant.
Le SBU et le parquet général ont alors révélé que l’annonce de sa mort, confirmée par les plus hautes autorités ukrainiennes, et qui avait suscité une vive émotion au-delà de l’Ukraine et la Russie, était une mise en scène. Le procédé a été présenté comme nécessaire pour déjouer une tentative d’assassinat bien réelle organisée, selon Kiev, par les services secrets russes, visant M. Babtchenko mais aussi d’autres personnes, en remontant de l’exécutant aux commanditaires.

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                Ce que l’on sait de la mise en scène de la mort d’Arkadi Babtchenko



Cette affaire a déclenché beaucoup de critiques, notamment de la part des organisations de journalistes qui se sont interrogées sur la nécessité d’un stratagème aussi extrême et sur les accusations de Kiev mettant en cause la Russie avant la révélation de la supercherie.
Cette affaire « a définitivement rompu la confiance envers les sources d’information ukrainiennes, y compris officielles », a dénoncé vendredi un porte-parole de la diplomatie russe Artiom Kojine, au cours d’une conférence de presse. « Après ces événements, il devient clair, et pas seulement pour nous, qu’il faut vérifier plusieurs fois toute information venant de Kiev, car il peut s’agir d’un banal “fake”. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le dirigeant du PSOE va succéder à Mariano Rajoy à la présidence du gouvernement espagnol, après avoir connu de multiples revers ces dernières années.
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Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne

Le dirigeant du PSOE va succéder à Mariano Rajoy à la présidence du gouvernement espagnol, après avoir connu de multiples revers ces dernières années.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 20h01
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Combien de fois Pedro Sanchez a-t-il été donné pour mort politiquement avant de prendre, finalement, la tête du gouvernement espagnol ? Il va succéder à Mariano Rajoy, qu’il a détrôné de manière inespérée grâce à une motion de défiance, vendredi 1er juin à Madrid.
Pedro Sanchez, économiste de 46 ans, est méconnu du grand public lorsqu’il est élu secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) une première fois, en 2014. Sachant jouer de son sourire, il crée alors la surprise en obtenant 49 % des voix des militants, loin devant ses concurrents. Son atout : le soutien de la fédération andalouse, menée par l’ambitieuse Susana Diaz, qui voit en lui un candidat docile, auquel elle entend imposer sa tutelle, le temps de lui chauffer la place, tout en laissant les barons régionaux gouverner leurs fiefs sans ingérence. Sa candidature est alors avant tout une réplique à celle d’Eduardo Madina, député populaire et candidat charismatique, dont la volonté de régénération du parti effraye la vieille garde socialiste.

A l’époque, son profil lisse et son discours sur le changement sans rupture laissent augurer un dirigeant rassurant, si ce n’est ennuyeux, dont la tâche s’annonce ardue : freiner la montée du jeune parti de la gauche alternative Podemos. Il multiplie alors les références à deux autres anciens « jeunes premiers » socialistes — son compatriote Felipe Gonzalez, qui fut premier ministre à 40 ans et dirigea le gouvernement de 1982 à 1996, et l’Italien Matteo Renzi, éphémère coqueluche de la gauche européenne.

Un CV d’éternel remplaçant
Le curriculum vitae politique de cet homme de 1,90 mètre, au physique de Cary Grant, est assez succinct. Député entre 2009 et 2011 à la faveur de l’abandon du siège par un camarade du parti, il l’est redevenu en 2013 dans les mêmes circonstances. Pedro Sanchez n’avait été, avant cela, que conseiller municipal de Madrid entre 2004 et 2009… grâce à deux autres désistements....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Justin Trudeau, Angela Merkel ou encore Jean-Claude Juncker ont tous réagi après l’annonce du président américain Donald Trump de taxer certaines importations.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Sandrine Morel, correspondante du « Monde » en Espagne, a répondu à vos questions sur l’arrivée du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement.
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Espagne : « le seul ciment » du gouvernement Sanchez « est le rejet de Mariano Rajoy »

Sandrine Morel, correspondante du « Monde » en Espagne, a répondu à vos questions sur l’arrivée du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 17h02
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Le socialiste Pedro Sanchez a été investi par le Parlement espagnol, vendredi 1er juin, président du gouvernement avec le soutien de 180 députés. Cent soixante-neuf autres avaient voté contre.
Une motion de défiance avait été déposée par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) contre le chef du gouvernement Mariano Rajoy à la suite de la condamnation du Parti populaire (PP), jeudi 24 mai, à rembourser 250 000 euros en tant que bénéficiaire d’un vaste réseau de corruption dans le cadre de l’affaire Gürtel.
Le dirigeant socialiste est parvenu à rassembler une majorité hétéroclite autour de sa candidature, qui va de la gauche radicale Podemos au centre droit nationaliste basque en passant par les indépendantistes catalans.
Sandrine Morel, correspondante du Monde en Espagne, a répondu à vos questions sur l’arrivée de Pedro Sanchez à la tête du gouvernement.
Kate : Mais à quoi va donc ressembler et rimer ce gouvernement ? Est-ce un gouvernement durable, selon vous ?
Sandrine Morel : Non. Son seul ciment est le rejet de Mariano Rajoy. Pedro Sanchez entend gouverner seul, en minorité, avec seulement 84 des 350 députés. Pour voter chaque loi, il lui faudra convaincre un grand nombre de partis aux intérêts divergents et souvent opposés. Néanmoins, il est possible qu’il profite des prochains mois pour marquer des points afin d’arriver en bonne position aux prochaines élections, dont aucune date n’a été fixée mais qui pourraient avoir lieu à l’automne ou au printemps prochains. Il pourrait reprendre le dialogue en Catalogne et essayer d’apaiser la crise politique par des mesures symboliques. Il peut aussi essayer de faire avancer certains projets bloqués par le gouvernement comme la dérogation de certains points de la « loi bâillon » voire de la réforme du travail. Ou prendre des décisions symboliques que lui demande Podemos, comme celle de retirer une médaille policière à un ancien tortionnaire franquiste.
Isa : Rajoy tombe pour des affaires de corruption. Le PSOE n’a-t-il jamais été touché par des affaires ?
Le PSOE est lui aussi touché par de nombreuses affaires de corruption, comme a insisté Mariano Rajoy et le porte-parole du PP. Pedro Sanchez l’a reconnu tout en insistant sur les différences : le Parti socialiste, comme entité juridique, n’a pas été condamné dans un procès pour corruption comme l’a été le PP, « participant à titre lucratif » de l’affaire Gürtel, et le nombre d’affaires en phase d’instruction qui touche le PP est élevé. Cependant, beaucoup de députés du PP lui ont reproché de saisir un « prétexte » pour prendre le pouvoir « par la porte de derrière ».
Pascal D. : Quelle est la position de Ciudadanos ?
Albert Rivera, leader de Ciudadanos, demande des élections immédiates afin de « redonner la voix aux Espagnols ». Il a été très dur avec Pedro Sanchez et le possible « gouvernement Frankenstein » qui viendrait, selon lui. Il considère qu’il n’aurait pas dû s’appuyer sur « ceux qui veulent casser et liquider l’Espagne » pour être élu.
Maxime : Le gouvernement espagnol ne risque-t-il pas un nouveau « bloqueo » lors des prochaines élections, Podemos étant en crise, Ciudadanos ayant le vent en poupe et le PP demeurant très appuyé par des provinces autonomes plus attachées aux valeurs du PP ?
En effet : de nouvelles élections pourraient aboutir à un blocage similaire à celui qui a été vécu durant presque un an en 2016. La partition du Parlement autour de quatre forces politiques fortes est confirmée par les sondages. Or l’Espagne n’a pas de tradition de gouvernement de coalition. Et la division droite-gauche et jeune-vieux partis rend compliqués les accords entre des partis, qui doutent de leur loyauté mutuelle.
MickaS : Qu’implique une faible majorité au Parlement pour PSOE ?
Le PSOE sait qu’il aura grand-peine à gouverner réellement et approuver des lois tant les partis dont il a besoin pour compléter une majorité sont hétéroclites. Il aura du mal à approuver son propre budget. Il a d’ailleurs prévenu qu’il comptait récupérer celui du PP. Il pourra tenir quelques mois. Sans doute pas davantage. D’autant plus que la manière d’arriver au pouvoir, sans repasser par les urnes, fait l’objet de critiques.

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Rosy : Les socialistes reviennent donc au pouvoir. Quel est leur programme ?
Les socialistes ont exposé un programme minimum. Leur arrivée au pouvoir a été une surprise, même pour eux. Officiellement, ils n’ont rien négocié avec les autres partis en échange de leur soutien. Le seul programme affiché clairement est la « stabilité », la « normalisation » de la situation politique en Catalogne et, une fois que celles-ci sont assurées, la convocation d’élections. Le PSOE a aussi laissé entendre son souhait de prendre des mesures de « régénération » démocratique d’urgence, comme la dépolitisation de la télévision publique TVE.
FioFio : Que dit l’opinion publique en Espagne ?
Les sondages sont contradictoires. Une majorité d’Espagnols était favorable à faire tomber Mariano Rajoy, mais une grande partie exigeait des élections anticipées immédiates. Il règne une crainte sur la viabilité du gouvernement de Pedro Sanchez et sa force pour résister au défi indépendantiste. Il y a aussi une certaine euphorie à gauche pour avoir renversé le PP et une grande frustration à droite quant à la procédure de destitution, considérée abusive et opportuniste.
Charles : Pour adopter la motion de censure, les socialistes ont dû faire coalition avec les indépendantistes catalans. Quels étaient les termes de l’accord pour arriver à ce consensus ? Les socialistes ont-ils promis des avancées aux indépendantistes catalans ?
Officiellement, il n’y a eu aucune cession du PSOE en échange de leur soutien. C’est un soutien unique, pour renverser Rajoy, pas un pacte de gouvernement. En privé, il est possible que le Parti socialiste se soit engagé sur certains points comme la levée du contrôle du gouvernement sur les finances de la Généralité. Pour ce qui est des prisonniers, Pedro Sanchez a peu de marges de manœuvre. La justice est indépendante et le processus judiciaire est déjà bien enclenché. Au mieux, le futur ministre de la justice peut suggérer au procureur général de l’Etat de lever le pied dans ses réquisitoires, mais même dans ce cas, cela ne suffirait pas à freiner les instructions en cours et le procès à venir puisque le parti d’extrême droite Vox, par exemple, fait partie de l’accusation. Les indépendantistes demandent déjà, dans un premier temps, le rapprochement des prisonniers indépendantistes dans des établissements pénitenciers en Catalogne.
Julien : Quelle est l’opinion du nouveau président sur la question catalane ?
Pedro Sanchez a défendu un temps l’idée de l’Espagne comme « une nation de nations ». Il a abandonné ce discours pendant la crise catalane et s’est montré un fervent défenseur de la Constitution et de l’unité de l’Espagne. Il est contre l’organisation d’un référendum d’autodétermination en Catalogne et, lors de récentes déclarations, il a qualifié le président catalan Quim Torra de « raciste ».

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                Espagne : « Un processus de déconstruction qui a débuté avec la crise économique »



Cependant, il est davantage prédisposé au dialogue que le PP. Il a promis de retendre les ponts brisés avec la Catalogne et de reprendre le dialogue avec le président de la Généralité. Il s’est dit favorable à l’amélioration du statut d’autonomie catalan. Il est très proche de Miquel Iceta, le secrétaire général du Parti socialiste catalan (PSC), qui défend une troisième voie pour briser les dynamiques de blocs et de confrontation.
Musher78 : Pedro Sanchez, est-il favorable à l’Europe ?
Pedro Sanchez est un grand défenseur de l’UE dans l’ombre d’une nuance. Même s’il a été critique avec les politiques d’austérité, il n’a jamais remis en question le projet européen, au contraire. Il défend plus d’intégration européenne. C’est un président du gouvernement fragile, mais pas dangereux pour l’Europe.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Une journée de mobilisation est programmée samedi 2 juin dans des enseignes de grande distribution de plusieurs pays.
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Contre l’utilisation abusive de plastique, les « Plastic attacks » arrivent en France

Une journée de mobilisation est programmée samedi 2 juin dans des enseignes de grande distribution de plusieurs pays.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 06h43
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Des animations d’un genre un peu particulier promettent d’égayer la corvée hebdomadaire du ravitaillement au supermarché dans les mois à venir. Samedi 2 juin, plusieurs enseignes de grande distribution de Paris, Hyères, Le Mans, Lille, Nouméa, Montaigu, Quimper, Strasbourg ou Toulouse seront le théâtre d’une série de « Plastic attacks », des actions qui promeuvent une réduction substantielle de l’utilisation des plastiques à usage unique et le suremballage. Des opérations similaires sont également programmées, le même jour, dans plus de 50 villes du monde, et se déclineront à d’autres dates tout au long de l’été.

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Mouvement citoyen, Plastic attack gagne tranquillement du terrain. Il a vu le jour le 27 mars, à Keynsham (Royaume-Uni), une ville de 16 000 habitants proche de Bristol. Vingt-cinq clients s’étaient donné rendez-vous dans leur supermarché habituel pour faire leurs emplettes. Une fois passés à la caisse, ils ont dégainé ciseaux et cutters afin de libérer leurs achats des emballages inutiles, qu’ils ont ensuite déposés dans des chariots vides devant le magasin. Trois ont ainsi été remplis. Diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo de leur action est devenue virale, avec près de 17 millions de vues.
Visant à responsabiliser le secteur de la grande distribution sur sa surconsommation de plastiques, souvent superflus, et à affirmer la volonté des consommateurs de voir se développer des alternatives au plastique à usage unique, des « Plastic attacks » ont été rééditées en avril à Amsterdam, Bratislava, Bruxelles ou Oslo avant d’arriver en France.
Pétition en ligne
Le collectif citoyen français est animé par un groupe d’étudiants en master « responsabilité sociale et environnementale » de l’International Terra Institute de Paris, qui dispense des formations spécialisées en développement durable. Pour son porte-parole, Arnaud Ramos :
« Au-delà du recyclage, la grande distribution doit changer de politique en matière d’emballages. Ces actions menées par des consommateurs et clients sont un moyen efficace de les interpeller de manière totalement pacifique et apolitique. Pour y participer, il suffit de s’inscrire sur la page Facebook dédiée et de se présenter sur le site choisi et à l’heure convenue pour faire ses courses. »
Soutenue par les ONG Zéro Waste France et Les Amis de la Terre, Plastic Attack France a également lancé, le 28 mai – jour du dévoilement par la Commission européenne d’un projet de directive visant à réduire « drastiquement » l’utilisation des produits en plastique à usage unique quotidien comme les couverts, assiettes ou gobelets, les pailles ou les Coton-Tige – une pétition en ligne sur la plate-forme Change.org. Intitulée « Pour en finir avec les emballages plastique à usage unique », elle s’adresse aux groupes Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché, Leclerc ou Système U. Elle leur enjoint de débarrasser leurs rayons des emballages plastiques destinés à la promotion de produits ou à la protection des fruits et légumes issus de l’agriculture biologique, des emballages jetables « dont l’innocuité demeure incertaine pour le consommateur », ou encore des bouteilles en plastique.

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Le groupe Carrefour, dont un magasin parisien du 12e arrondissement doit faire l’objet d’une action, samedi, a rebondi sur l’annonce des « Plastic attacks » imminentes pour se positionner en élève modèle. Dans un communiqué, jeudi 31 mai, l’enseigne a annoncé un objectif de « 100 % d’emballages recyclables, réutilisables ou compostables » pour les produits à la marque de l’enseigne d’ici à 2025, afin de passer du « jetable à une économie circulaire ». 
Carrefour appelle à un pacte national
Elle promet également de supprimer les emballages plastique non recyclables des fruits et légumes bio, de cesser la commercialisation des pailles en plastique « dès la fin de l’année » et de substituer progressivement celles des briquettes de jus. Elle annonce encore la fin des barquettes en polystyrène aux rayons boucherie, poissonnerie et fromage. Elle assure enfin que l’ensemble des emballages de ses produits sera recyclable, en commençant par les produits Carrefour bio « dès 2020 », et qu’elle intégrera « dès 2022 », 50 % de plastique recyclé dans ses bouteilles de jus et de soda, et dans ses bouteilles d’eau.
Saluant la « réactivité » du groupe Carrefour, Zéro Waste France, par la voix de sa chargée de campagne, Laura Châtel, reste néanmoins sur ses gardes.
« Nous nous assurerons qu’il ne s’agit pas d’un coup de com et d’une expérimentation ponctuelle réduite à quelques magasins, comme c’est souvent la stratégie de ces grandes enseignes. Pour être crédibles, elles doivent prendre des engagements clairs et détaillés, et fixer et respecter des échéances précises. »

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Pour « changer les habitudes », Carrefour appelle à un « pacte national » sur les plastiques pour une économie 100 % circulaire des emballages en France, piloté par le gouvernement. « Afin de développer des matériaux de substitution non carbonés alors que le prix du baril de pétrole reste compétitif, il faut créer de la masse, a expliqué au Monde Laurent Vallée, un énarque secrétaire général du groupe Carrefour. Cela nécessite donc une réponse collective, un mouvement associant les industriels, les pouvoirs publics, les éco-organismes, les distributeurs, les grandes marques. »




                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/02/17-20">
<filnamedate="20180602"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180602"><AAMMJJHH="2018060217">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ L’Union européenne (UE) a ouvert une procédure devant l’OMC contre la hausse des droits de douane sur l’acier et l’aluminium en provenance d’Europe. Cécile Ducourtieux, correspondante du « Monde » à Bruxelles, a répondu à vos questions.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ 