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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Après des mois d’inertie politique, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, et les ministres issus de la coalition populiste jaune-vert, ont pu tester leur popularité, samedi 2 juin.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Initialement interdit par les autorités, le rassemblement a été dispersé par des tirs de gaz lacrymogène. Le bilan provisoire fait état de seize blessés.
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Reportage

A Bamako, une manifestation de l’opposition dispersée par les forces de l’ordre

Initialement interdit par les autorités, le rassemblement a été dispersé par des tirs de gaz lacrymogène. Le bilan provisoire fait état de seize blessés.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-06-02T15:55:32+02:00"

        Le 02.06.2018 à 15h55

     •
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        Mis à jour le 02.06.2018 à 17h04






    
Un manifestant portant un tee-shirt à l’effigie d’Etienne Fakara Sissoko, une figure de l’opposition malienne, le 2 juin à Bamako.
Crédits : MICHELE CATTANI / AFP


Un épais nuage de fumée troublait le siège du parti politique d’opposition ADP-Maliba (Alliance pour la démocratie et le progrès), ce samedi 2 juin à Bamako, la capitale malienne. La manifestation organisée par l’opposition au régime du président, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), avait pour objectif de réclamer une élection présidentielle transparente, mais elle n’a pas pu se tenir. Un dispositif sécuritaire conséquent – 1 000 hommes selon une source policière –, avait été déployé pour « sécuriser la capitale et d’empêcher la manifestation compte tenu de l’état d’urgence », selon le mot d’ordre.

    
Les forces antiémeutes maliennes se déploient face à la manifestation de l’opposition, samedi 2 juin à Bamako.
Crédits : MICHELE CATTANI / AFP


Les tirs de gaz lacrymogène envers les manifestants et les leadeurs de l’opposition qui s’apprêtaient à sortir du siège ce matin pour commencer à manifester auront été dissuasifs. Quelques jours plus tôt, la manifestation avait été interdite par les autorités, invoquant l’état d’urgence, en place depuis près de deux ans et demi à Bamako.
« Manifester est un droit constitutionnel », a rétorqué l’opposition, depuis le siège de l’ADP-Maliba. Ce samedi, à l’intérieur, ses principaux leadeurs, dont Soumaïla Cissé, Mohamed Aly Bathily, Aliou Boubacar Diallo et Habib Dembélé, tous candidats à l’élection présidentielle du 29 juillet, attendent que la situation se calme. Dehors, le quartier est bouclé par les forces de l’ordre, quelques jets de pierre surgissent de la fumée issue des grenades de gaz lacrymogène qui continuent d’être tirées, tandis qu’entre la police et les manifestants, quelques heurts éclatent.
« Je voulais juste manifester pour une élection pacifique, crédible et transparente »
Sory Diakité, un jeune Malien de 24 ans, a pu s’échapper en escaladant le mur du siège du parti. « J’ai dû sauter les barbelés, regardez ma jambe, je me suis blessé. Je voulais juste manifester pour une élection pacifique, crédible et transparente », explique-t-il, caché dans une bâtisse en construction, en montrant son pantalon, déchiré, sur lequel il a noué un tee-shirt blanc.

    
Scènes d’émeute en marge de la manifestation de l’opposition à Bamako, samedi 2 juin.
Crédits : MICHELE CATTANI / AFP


En face de lui, Haoua Maïga crie. Cette militante de la plate-forme « Antè A Bana : touche pas à ma Constitution » est excédée : « Ça, c’est le régime IBK ! La population ne peut pas manifester pour exprimer ses mécontentements ! La population est sortie pour une cause, et vous osez la gazer ? Mais ce n’est ni l’opposition ni la société civile que vous avez gazées, c’est la nation malienne ! » Haoua Maïga était en première ligne lors de la dernière grosse manifestation qui s’était déroulée plutôt pacifiquement, il y a près d’un an. Le 17 juin 2017, des milliers de manifestants avaient marché pour réclamer un abandon du projet de révision de la Constitution qui devait être soumis à référendum le 9 juillet. Un rassemblement autorisé, malgré l’état d’urgence.
Au moins seize blessés 
A moins de deux mois de l’élection présidentielle, ce début de campagne électorale tendu est selon Etienne Fakaba Sissoko, un des organisateurs de la manifestation, un signal clair envoyé par le gouvernement : « Cela montre qu’il ne veut pas aller aux élections. Nous qui voulons des élections transparentes, on nous tabasse ? », s’indigne-t-il, à voix basse, allongé sur un brancard posé à même le sol, aux urgences de l’hôpital Gabriel-Touré. L’économiste multicasquette (ex-conseiller à la présidence et ancien collaborateur de la mission des Nations unies au Mali) est affaibli. « J’étais à la bourse du travail ce matin en train d’installer le podium qui devait servir pour le discours officiel quand une vingtaine de policiers ont commencé à me tabasser à coups de matraque », assure-t-il. Il perdra connaissance et se réveillera sur son brancard, aux urgences. Autour de lui, au moins une dizaine de blessés sont allongés à même le sol. Selon un bilan provisoire dressé par la protection civile en fin de matinée, seize personnes ont été blessées, dont un policier.

    
Un blessé est secouru lors de la manifestation de l’opposition à Bamako, samedi 2 juin.
Crédits : MICHELE CATTANI / AFP


Selon un communiqué publié par le ministère de la sécurité ce samedi 2 juin, « les forces de l’ordre ont investi les lieux en vue d’empêcher tout attroupement de nature à troubler l’ordre public ». « Certains responsables de mouvement s’en sont même pris aux forces de sécurité en les insultant », poursuit le communiqué.
Du côté de l’opposition, dont les leadeurs ont pu sortir du siège du parti vers midi, l’heure est à la réflexion. Faut-il continuer les appels à manifester dans un contexte préélectoral qui s’annonce de plus en plus tendu ? « Ça n’est pas exclu, glisse Racine Thiam, le vice-président de l’Union pour la République et la démocratie (URD). La décision n’est pas prise. Mais ce qui s’est passé est inadmissible et ne restera pas sans réponse. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le procès en appel de cette Française, qui risque la peine de mort, doit se tenir dimanche à Bagdad. Le ministre des affaires étrangères avait qualifié Mme Boughedir de « combattante ».
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Procès en Irak de Mélina Boughedir : ses avocats accusent Jean-Yves Le Drian d’« ingérence »

Le procès en appel de cette Française, qui risque la peine de mort, doit se tenir dimanche à Bagdad. Le ministre des affaires étrangères avait qualifié Mme Boughedir de « combattante ».



Le Monde
 |    02.06.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 14h32
    |

            Hélène Sallon et 
Elise Vincent








                        


Le procès en appel de Mélina Boughedir, cette Française capturée par les forces irakiennes à Mossoul le 8 juillet 2017, s’ouvre à nouveau ce dimanche 3 juin à Bagdad, sur fond de polémique. Dans une lettre adressée, samedi, depuis la capitale irakienne, au ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, et diffusée par e-mail à la presse, les avocats de la Française, présents en Irak pour assurer sa défense devant la cour pénale de Bagdad, accusent le ministre d’« ingérence inacceptable » dans le cours du procès et de « faute morale et politique ».

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                A Bagdad, la Française Mélina Boughedir rejugée pour terrorisme



« Madame Boughedir est une combattante. Quand on va à Mossoul en 2016, c’est pour combattre et donc elle est jugée sur les lieux de ses exactions. C’est la logique normale. Elle a combattu contre les unités irakiennes, elle est jugée en Irak », a déclaré, jeudi, M. Le Drian sur la chaîne d’information en continu LCI. « Nous n’avons pas vocation à nous mêler des jugements », mais « nous condamnons totalement la peine de mort » et « nous souhaitons qu’elle ne soit pas appliquée en Irak », a-t-il ajouté, rappelant la ligne française habituelle lorsqu’un ressortissant français est mêlé à des affaires judiciaires à l’étranger.
Alors que le dossier de Mélina Boughedir est, depuis son arrestation à l’été 2017, symptomatique du casse-tête diplomatique, sécuritaire et juridique que représente le sort des ex-djihadistes français et leur famille dans la zone irako-syrienne, les avocats de la défense, Mes William Bourdon, Martin Pradel et Vincent Brengarth ont décidé de contester publiquement cette qualification de « combattante » faite par M. Le Drian de leur cliente. A leurs yeux, aucun élément ne permet de confirmer cette affirmation dans un dossier qu’ils jugent « totalement vide ». 
Atteinte aux principes
Les déclarations du ministre contreviennent même, selon eux, aux principes fondamentaux que sont la présomption d’innocence, la séparation des pouvoirs, les droits de la défense et le principe de non-ingérence dans les affaires d’un Etat étranger. « Ces déclarations sont d’autant plus graves que notre cliente risque la peine de mort, et que son avocat irakien n’a pas pu prendre connaissance de son dossier, ni la rencontrer en prison avant son procès. Vos déclarations sont aussi dommageables, car il reste probable que son procès soit expéditif », ajoutent-ils dans cette lettre.
Capturée le 8 juillet 2017 à Mossoul lors de bataille contre l’organisation Etat islamique (EI) par les forces irakiennes, avec ses quatre enfants mineurs, Mélina Boughedir avait été condamnée à sept mois de prison pour entrée illégale sur le territoire irakien par la cour pénale de Bagdad, le 19 février. Aucune accusation pour terrorisme n’avait été retenue par le juge d’instruction. Ayant purgé sa peine en détention préventive, Mme Boughedir devait initialement être expulsée vers la France. Mais lors de l’examen de l’appel – automatique en Irak – à la fin mars, le Conseil suprême des juges a ordonné un nouveau procès et a décidé de requalifier les charges pesant sur la Française pour y ajouter l’accusation d’appartenance à l’Etat islamique. La jeune femme de 27 ans, dont trois des quatre enfants ont été rapatriés en France, doit donc être rejugée le 3 juin pour « terrorisme » et risque la peine capitale.
Alertés par l’écho donné aux propos du ministre français dans la presse irakienne samedi, Mes Bourdon, Pradel et Brengarth estiment dans leur lettre que la position de M. Le Drian « ne peut être qu’interprétée (…) comme une pression inacceptable sur la justice irakienne et comme l’illustration si besoin était de [sa] volonté à tout prix, et au sacrifice des principes fondamentaux, que [leur] cliente ne revienne pas en France ». Les autorités françaises ont, à plusieurs reprises, estimé que les djihadistes français capturés en Syrie et en Irak devaient être jugés par les autorités locales et purger leur peine sur place.
Mandat d’arrêt international
Mélina Boughedir fait toutefois l’objet d’un mandat d’arrêt international, qui a été diffusé récemment par Interpol. « Ce mandat d’arrêt international fait suite à un mandat de recherche », confirme-t-on de source judiciaire. Une procédure classique qui permet à la France d’avoir un levier juridique pour extrader la jeune femme, quelle que soit l’issue du procès. Les autorités françaises peuvent, en effet, avoir des éléments à charge contre Mélina Boughedir que n’ont pas les autorités irakiennes.
Dans la guerre de communication qui entoure désormais le dossier de Mélina Boughedir, les avocats de la défense entendent mettre en avant ce mandat, lors de la nouvelle audience dimanche, pour obtenir le retour de leur cliente en France. En effet, en l’absence de convention d’extradition, l’Irak n’est pas obligée de se conformer à ce mandat d’arrêt international. La situation de Mélina Boughedir dépend donc beaucoup de tractations bilatérales entre Paris et Bagdad. Or, « on peut imaginer que la France ne va pas mettre beaucoup d’empressement à obtenir le transfèrement de Mélina Boughedir », déplore Me William Bourdon au Monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Aujourd’hui se pose la question de la réalité de l’unité italienne au sein de l’Europe »

La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, n’a fait que se renforcer depuis quarante ans explique, dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur. Une situation qui n’est pas sans analogie avec celle de l’ensemble de la zone euro.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 12h28
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            

Recherches. Les difficiles tractations pour la formation d’un gouvernement en Italie résultent-elles de l’échec de l’unification économique du pays, un échec ancré dans une longue opposition historique entre le Nord et le Sud ?
La coupure entre le Sud et les îles (Sardaigne et Sicile), d’un côté, le centre et le Nord, de l’autre, est bien connue dans l’histoire du pays, mais elle n’a fait que se renforcer depuis quarante ans. Au nord, une société riche, où le chômage est marginal, l’industrie et le tourisme ancrés dans des savoir-faire artisanaux et artistiques renommés mondialement ; au sud, une société beaucoup plus pauvre, mal formée et rongée par le chômage.
Lors des dernières élections législatives, le Mouvement 5 étoiles (M5S) a dominé sans partage au sud, tandis qu’au nord c’est l’alliance des droites qui l’a emporté, le centre gauche s’étant réfugié dans quelques grandes villes et en Toscane. Le M5S souhaite la sortie de l’Union européenne, arguant de l’inefficacité des politiques d’ajustement structurel menées depuis des années, qui ne font qu’accroître la pauvreté du Sud. Inversement, hormis sa violente réaction anti-immigrés, le Nord est bien ancré dans l’Union, son économie étant compétitive et intégrée avec celles de ses partenaires européens.
Des mondes économiques séparés
Cette coupure existe depuis l’unification du pays dans la deuxième moitié du XIXe siècle. L’unification fut conçue et menée avec l’aide de la France par le royaume du Piémont, qui rassemblait les Etats du Nord et du centre, et annexa en 1860 le vaste royaume agricole des Deux-Siciles grâce au talent chevaleresque et révolutionnaire de Garibaldi plus qu’à des arguments économiques.

L’unification tarifaire eut néanmoins lieu dès 1861, l’unification monétaire en 1863, et l’Italie participa en 1865 à la création de l’Union latine, pilotée par la France. Comme le montre Roger Vicquery, doctorant à la London School of...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.
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Commerce mondial : le moment de vérité pour l’Europe

Editorial. L’agressivité commerciale américaine se révèle un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h16
   





                        


Editorial du « Monde ». Rester ferme, tout en évitant la surenchère. La voie est étroite pour l’Union européenne (UE), après la décision de Donald Trump de taxer les importations américaines d’acier et d’aluminium. Le président des Etats-Unis a fini par mettre à exécution, jeudi 31 mai, les menaces agitées depuis deux mois, faute d’avoir obtenu des concessions de la part des Européens pour tenter de réduire le déficit commercial américain.
Face au refus de ces derniers de « négocier avec un pistolet sur la tempe », les Etats-Unis ont donc passé outre aux avertissements sur les risques d’une guerre commerciale qui pourrait ralentir la croissance mondiale. Cette menace n’a jamais été aussi imminente, alors que le Canada et le Mexique, deux des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, ont droit au même traitement que l’UE.

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Cette décision est aussi irresponsable qu’inefficace. Irresponsable, parce qu’elle se fait au mépris des règles du commerce international, dont les Etats-Unis avaient été l’un des principaux architectes. Fustigeant l’inefficacité de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Trump a décidé de saper le fonctionnement de ce système. Par ailleurs, ces sanctions fragilisent un peu plus la relation transatlantique, déjà mise à mal par le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.
Les Européens placés face à leurs responsabilités
Inefficace, cette décision l’est à double titre. D’abord, parce que le déficit américain est pour l’essentiel la contrepartie d’un déséquilibre, qui n’a rien à voir avec des barrières douanières. Les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens en consommant trop et en n’épargnant pas assez. Dès lors, viser un solde positif de la balance commerciale est illusoire. Concernant l’acier, les sanctions passent complètement à côté du sujet, puisque la Chine est épargnée, alors que c’est Pékin qui est responsable de la surproduction mondiale, qui tire les prix vers le bas et détruit des emplois dans les pays occidentaux. Enfin, l’argument selon lequel les importations d’acier et d’aluminium européens représentent une menace pour la sécurité des Etats-Unis est une plaisanterie.

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L’agressivité commerciale américaine a au moins une vertu : elle place les Européens face à leurs responsabilités. Il s’agit d’un test crucial pour mesurer la solidité de la solidarité européenne. Or les intérêts à court terme des Etats membres ne sont pas nécessairement convergents. Face à la fermeté française, l’Allemagne pourrait être tentée par une attitude beaucoup plus pragmatique en essayant de sauvegarder ses énormes excédents commerciaux.

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Donald Trump sait très bien que la cuirasse européenne est fragile et n’hésitera pas à profiter de la moindre faille. Les menaces de taxer les importations américaines de voitures allemandes seront, de ce point de vue, un moment de vérité.
L’Europe doit dépasser ces intérêts de court terme pour apprendre à exister non plus aux côtés des Etats-Unis, mais indépendamment d’eux. Washington n’est plus un partenaire fiable ; un autre rapport de force s’impose. En tant que première zone commerciale du monde, l’UE en a les moyens, en continuant à promouvoir un libre-échange responsable et équilibré avec le reste de la planète, tout en montrant aux Etats-Unis que l’Europe unie sait se défendre.

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Les mesures de rétorsion qui sont en préparation constituent à cet égard un signal positif. Le défi reste de trouver un bon équilibre entre la riposte et le respect de la légalité internationale pour éviter le piège mortel de la guerre commerciale.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.
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Le pari russe d’Emmanuel Macron

Analyse. Si le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes, le journaliste du « Monde » Marc Semo rappelle que les prédécesseurs de M. Macron avaient tous pensé, au début, pouvoir faire bouger les choses avec M. Poutine. Sans résultat.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 15h39
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Analyse. Le contraste était saisissant. Devant un parterre d’hommes d’affaire du forum économique de Saint-Pétersbourg, une sorte de « Davos russe », le 25 mai, Emmanuel Macron jouait la séduction, tutoyant le président russe et l’appelant « cher Vladimir ». Il citait Dostoïevski, Soljenitsyne et insistait sur son souhait d’ancrer la Russie et son destin dans l’Europe.
Face à lui, l’homme fort du Kremlin, courtois mais impassible, le vouvoyait et ne s’engageait guère au-delà de propos très convenus sur « la France partenaire ancien, traditionnel et fiable ». Pas une seule fois, surtout face à son interlocuteur, il n’a évoqué la vocation européenne de son pays. « Le décalage était évident entre le souffle, la perspective historique de Macron et les réponses d’ordre mécanique de Poutine », relève Thomas Gomart, le directeur de l’IFRI (Institut français des relations internationales).
Le voyage à Saint-Pétersbourg du chef de l’Etat marque un incontestable réchauffement des relations franco-russes. Ce n’était pas très difficile vu leur dégradation depuis 2014 après l’annexion de la Crimée, la déstabilisation de l’est de l’Ukraine, les tensions des derniers mois avec l’affaire Skripal – la tentative d’empoisonnement d’un ex-agent double russe près de Londres – et les frappes contre les armes chimiques du régime syrien, soutenu envers et contre tout par Moscou.
Sauver ce qui peut l’être
Un jalon a été posé, mais il reste à en mesurer la portée. « Est-ce qu’il s’agit d’un tournant ? En tout cas, c’est un échange et une relation qui cherchent à élaborer quelque chose de solide et des axes stratégiques », expliquait M. Macron en dressant le bilan de son voyage. L’attitude réservée du maître du Kremlin montre que ce dernier se sent en position de force. « C’est un pragmatique et il sait qu’il n’a pas besoin de trop en faire, étant dans une situation idéale pour profiter des tensions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ S’il est adopté, le texte ferait du royaume scandinave le premier pays au monde à interdire l’ablation rituelle du prépuce des garçons de moins de 18 ans. Une initiative loin de faire l’unanimité.
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Une initiative populaire danoise veut interdire la circoncision

S’il est adopté, le texte ferait du royaume scandinave le premier pays au monde à interdire l’ablation rituelle du prépuce des garçons de moins de 18 ans. Une initiative loin de faire l’unanimité.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h07
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 16h17
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                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Rarement un sujet aura autant divisé les députés danois. Et pourtant, ils n’auront d’autre choix que d’en débattre au Parlement, car une initiative populaire proposant l’interdiction de la circoncision non médicale des mineurs a recueilli, vendredi 1er juin, plus de 50 000 signatures, le minimum requis par une procédure introduite au début de l’année.
La pétition a été présentée le 1er février par Intact Denmark, « un peu dans la précipitation », reconnaît Lena Nyhus, la présidente de l’ONG créée en 2013. « Nous craignions que quelqu’un de moins bien préparé nous devance », explique-t-elle. La proposition n’aurait alors eu aucune chance d’aboutir.
« La société a une obligation particulière de protéger les droits fondamentaux de l’enfant, jusqu’à ce qu’il ait atteint l’âge et la maturité d’assumer lui-même cette responsabilité », soutient le texte. Invoquant la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant, il propose jusqu’à six ans d’emprisonnement, soit la même peine que pour l’excision des filles, interdite au Danemark en 2003. Depuis, l’ablation rituelle du prépuce des garçons mineurs ne cesse de faire débat.
En 2014, plusieurs associations de protection de l’enfance s’étaient prononcées pour son interdiction, se référant à une résolution du Conseil de l’Europe, adoptée en 2013, qui demandait aux Etats membres d’en réguler la pratique. En décembre 2016, l’Association des médecins danois avait à son tour pris position, estimant que la circoncision non médicale des mineurs était « éthiquement inacceptable ».
« Clandestinité »
« En tant que citoyens du Danemark, nous estimons que l’intégrité corporelle des enfants et leur autonomie doivent être respectées », poursuit Lena Nyhus. Elle rappelle que les châtiments corporels ont été interdits au Danemark en 1997 : « Si les parents n’ont pas le droit de fesser ou gifler leurs enfants, pourquoi peuvent-ils approcher un couteau de leur pénis ? »
Selon l’Agence nationale de la santé danoise, entre 1 000 et 2 000 enfants par an, majoritairement juifs et musulmans, seraient concernés. « Pourtant, à peine quelques centaines d’opérations sont enregistrées, ce qui signifie que beaucoup sont réalisées dans la clandestinité », remarque Mikael Aktor, professeur en sciences des religions.
Lui-même est d’origine juive, circoncis et favorable à l’interdiction. Il évoque les séquelles, souvent tues : « Une baisse de la sensibilité du pénis, par exemple. » Le sujet, dit-il, est « tabou ». Quant à l’obligation religieuse, il la conteste : « En tant que spécialiste des religions, je suis bien placé pour savoir que les rituels changent et que tous les enseignements ne sont pas respectés. »
Mais les leaders religieux mettent en garde. « Les juifs ayant la volonté de continuer à vivre religieusement n’auront pas d’avenir dans un pays qui veut leur interdire une tradition qui a été l’expression de l’identité juive pour des centaines de générations », constatait en février le grand rabbin Bent Melchior.
« Nous sommes seuls »
L’initiative populaire embarrasse le gouvernement danois. Le 20 avril, les ministres de la santé, de l’éducation, des cultes, de la défense et des affaires étrangères ont été interrogés par une commission parlementaire sur les implications d’une interdiction.
A la sortie, le ministre de la défense, Claus Hjort Frederiksen, a assuré que « le risque politique serait énorme », mentionnant le précédent de la crise internationale provoquée par la publication des caricatures du prophète en 2005. « Ce n’est pas une affaire portant sur la liberté d’expression, qui concerne toutes les démocraties libérales du monde, a-t-il précisé. Dans le cas présent, nous sommes seuls et cela augmente le risque. »
Mikael Aktor reconnaît que les conséquences diplomatiques pourraient être sérieuses. Cependant, ajoute-t-il, « si nous n’avons pas cédé sur la liberté d’expression, pourquoi le ferions-nous pour les droits des enfants ? » D’autant que, selon un sondage publié le 23 mai, 83 % des Danois soutiennent l’interdiction. Une proposition de loi pourrait être présentée à la rentrée, en octobre. Plusieurs partis ont annoncé qu’ils ne donneraient pas de consignes de vote, mais une majorité des députés devraient voter contre. En Islande, un projet similaire est en cours de discussion au Parlement.

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                L’Islande se prépare à interdire la circoncision






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Les députés indépendantistes ont voté pour la motion de défiance qui a provoqué la chute de l’ancien chef de gouvernement conservateur.
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En Espagne, la revanche des indépendantistes catalans sur Mariano Rajoy

Les députés indépendantistes ont voté pour la motion de défiance qui a provoqué la chute de l’ancien chef de gouvernement conservateur.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 14h23
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


En Espagne, la chute de Mariano Rajoy a coïncidé avec la fin de la mise sous tutelle de la Catalogne, en vigueur depuis la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre 2017. La levée de l’article 155 de la Constitution espagnole est intervenue, samedi 2 juin, à l’issue de la prise de fonction du nouveau gouvernement catalan.
Son chef, Quim Torra, qui a prêté serment samedi à Barcelone, a appelé à des pourparlers avec le nouveau premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, qui a lui prêté serment à Madrid pour gouverner l’Espagne. « Premier ministre Pedro Sanchez, parlons, occupons-nous du problème, prenons des risques, vous et moi », a déclaré M. Torra.
Le président catalan de la région autonome avait revu, mardi, la composition de son gouvernement pour en exclure les « ministres » en exil ou en détention préventive, malgré la colère de la puissante association indépendantiste ANC, qui l’a accusé de plier devant Madrid. En conséquence, l’une des dernières mesures du gouvernement de Mariano Rajoy a été d’autoriser la publication du décret de nomination au bulletin officiel catalan, permettant la levée automatique de l’article 155.

        Lire aussi :
         

                En Espagne, Pedro Sanchez face à de nombreux défis



Pour faire tomber Mariano Rajoy, les voix des indépendantistes catalans étaient indispensables. Pedro Sanchez a assuré qu’il n’a rien négocié avec eux pour les obtenir. Mais les indépendantistes, qui avaient fait de Mariano Rajoy leur bête noire, n’ont pas hésité longtemps. « Ce n’est pas une motion pour le Parti socialiste [PSOE], mais contre le Parti populaire [PP] », a insisté la Gauche républicaine catalane (ERC).
« Dialogue urgent »

        Portrait :
         

          Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne



Quim Torra, s’est félicité de la chute du « gouvernement qui, il y a huit mois, envoyait la police charger des citoyens sans défense qui votaient ». Cependant, il a tenu à rappeler que « le PSOE a été complice de la répression. (…) Nous serons très exigeants avec Pedro Sanchez », a-t-il ajouté, appelant à un « dialogue urgent ».
Le député d’ERC, Joan Tarda, a avancé que la première requête de l’exécutif catalan sera le « rapprochement des prisonniers en Catalogne ». Le dirigeant socialiste catalan, Miquel Iceta, proche de Pedro Sanchez, a répondu que la décision « devra être prise par les juges et la direction des institutions pénitentiaires ».
Bien qu’il se soit affiché comme un fervent défenseur de l’unité de l’Espagne et un fidèle allié de Mariano Rajoy lors de la mise sous tutelle des institutions catalanes, et qu’il ait qualifié récemment le président catalan Quim Torra de « raciste » et de « Le Pen de la politique espagnole », la sensibilité politique de Pedro Sanchez le rapproche des défenseurs d’un nouvel ancrage de la Catalogne en Espagne.
« Je pense que l’Espagne est une nation dans laquelle il y a des territoires qui se sentent aussi nation », a-t-il expliqué, lors de la motion de défiance contre Mariano Rajoy. Il a promis de travailler à « normaliser » les relations entre Madrid et le nouveau gouvernement catalan et à renouer le dialogue.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Ancien numéro  deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker s’inquiète de l’excès de puissance des technocrates.
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« Les banquiers centraux doivent battre en retraite »

Ancien numéro  deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker s’inquiète de l’excès de puissance des technocrates.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h45
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Depuis la crise, les banques centrales ont pris une place considérable dans le pilotage des économies. Peut-être trop, et cela risque de fragiliser le pouvoir politique, estime Paul Tucker, ancien vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre (2009-2013), aujourd’hui à la Harvard Kennedy School, l’école d’affaires publiques de l’université américaine. Dans son nouvel ouvrage, Unelected Power. The Quest for Legitimacy in Central Banking and the Regulatory State (Pouvoir non élu. La quête de la légitimité pour les banques centrales et l’Etat régulateur, Princeton University Press, avril 2018), il détaille pourquoi il est temps, selon lui, que les technocrates battent en retraite.
La zone euro renoue avec une croissance fragile, après une décennie difficile. Quel bilan tirez-vous de l’action de la Banque centrale européenne (BCE) ?
Si l’on s’en tient à l’objectif de maintenir la stabilité du système monétaire, elle a fait du bon travail. D’un certain point de vue, elle est aujourd’hui bien plus qu’une banque centrale : cette dernière décennie, elle a été l’unique institution capable de garantir la survie de la zone euro, car la seule en mesure d’agir en ce sens pendant la crise. Cette position est néanmoins précaire, car elle résulte de l’incomplétude institutionnelle de l’union monétaire.
Les grandes banques centrales ont considérablement élargi leurs pouvoirs et influence pendant la crise. Pourquoi ?
Peut-être parce qu’elles avaient commis un peu moins d’erreurs que les autres régulateurs durant la période précédente. Ou parce qu’au tout début du choc financier, elles étaient les mieux outillées pour agir rapidement : l’arme budgétaire est un peu plus longue à déclencher. Dès lors, elles ont pris les devants de la scène face aux dirigeants politiques, qui se sont mis en retrait. Si le président Franklin Delano Roosevelt incarne la relance des Etats-Unis après la crise de 1929, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’institut de Francfort a fêté ses 20 ans vendredi 1er juin. Un anniversaire assombri par l’accession au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique en Italie.
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Anniversaire morose pour la BCE

L’institut de Francfort a fêté ses 20 ans vendredi 1er juin. Un anniversaire assombri par l’accession au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique en Italie.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h19
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

A Francfort, l’heure n’est pas à la fête. A vrai dire, elle est plutôt à la déprime. Vendredi 1er juin, la Banque centrale européenne (BCE) fêtait son vingtième anniversaire. Il y a six mois encore, l’institution espérait que 2018 marquerait le retour d’une reprise économique solide. Que la baisse du chômage redonnerait enfin le moral aux Européens. Que l’embellie conjoncturelle lui permettrait d’entamer tranquillement le retrait de ses mesures exceptionnelles, tandis que Berlin et Paris progresseraient ensemble vers plus d’intégration en zone euro.

Mais l’éclaircie économique n’a pas duré. Depuis quelques semaines, la croissance donne des signes de faiblesse. Berlin et Paris n’avancent guère. Le conflit commercial avec Donald Trump ébranle Bruxelles. Et l’Italie, sur le point d’être gouvernée par un attelage populiste eurosceptique, met de nouveau la zone euro face à son péché originel. A savoir qu’elle n’est pas une union monétaire complète. D’une certaine façon, elle est un peu comme une chaise à qui il manque un pied : en équilibre précaire. Risquant de vaciller à la première secousse. La prochaine viendra peut-être de Rome.
Lorsque la BCE est née, le 1er juin 1998, ce déséquilibre initial était un pari. Celui inscrit au cœur même de la construction européenne, voulant que l’intégration économique prépare le terrain à l’intégration politique. Les pays membres allaient partager la même monnaie, l’euro, introduit en 1999. Ils forgeraient ensuite les institutions politiques incarnant leur convergence. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Les capitales n’étaient pas prêtes à céder un peu plus encore de leur souveraineté au profit de l’échelon communautaire. Surtout : la crise de 2008 a frappé.
L’euphorie, la crise, puis la reprise
L’existence de la BCE se divise en deux périodes bien distinctes. 1998-2008, d’abord : l’euphorie des débuts. L’institut de Francfort, bâti sur le modèle de la banque centrale allemande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Washington espère obtenir de Pékin des engagements d’achat de produits américains, afin de réduire son déficit commercial.
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Reprise des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis

Washington espère obtenir de Pékin des engagements d’achat de produits américains, afin de réduire son déficit commercial.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 09h23
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 10h45
   





                        


Le secrétaire au commerce américain, Wilbur Ross, est arrivé samedi 2 juin à Pékin, où il va mener des négociations commerciales avec la Chine, ont annoncé les agences de presse Associated Press et Reuters.
Cette visite intervient alors que Washington a une nouvelle fois menacé d’instaurer des barrières douanières supplémentaires aux importations chinoises, quelques jours après qu’une trêve a été conclue entre les deux puissances.
Wilbur Ross entend garantir l’achat par la Chine de matières premières et de produits agricoles américains, afin de réduire le déficit commercial américain, actuellement de 375 milliards de dollars (321,5 milliards d’euros environ) avec Pékin.
La délégation américaine espère aussi obtenir des garanties de Pékin sur le respect des droits de propriété intellectuelle et sur l’abolition des dispositifs qui ont, selon les Etats-Unis, contribué à des excédents de production d’acier et d’aluminium. Jeudi, Washington a décidé de taxer les importations de ces deux métaux depuis l’Europe, le Canada et le Mexique.
De source gouvernementale américaine, on précise que Wilbur Ross s’entretiendra dimanche avec le vice-premier ministre, Liu He, principal négociateur chinois en matière commerciale.

        Lire aussi :
         

                L’unilatéralisme selon le secrétaire au commerce des Etats-Unis






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Gassama, Italie et glyphosate : les informations à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
    |

                            Les Décodeurs








                        


La semaine a été marquée par des crises politiques en Italie et en Espagne, alors que la France célébrait l’action héroïque d’un sans-papiers malien.
Mamoudou Gassama, le sans-papiers devenu héros
Il est devenu le héros de la semaine en France : Mamoudou Gassama, un sans-papiers malien a escaladé samedi en une trentaine de secondes et à mains nues la façade d’un immeuble du 18e arrondissement de Paris, pour porter secours à un enfant de 4 ans suspendu dans le vide à un balcon. La vidéo de ses exploits a été visionnée des millions de fois en France et à l’étranger. Cet acte de bravoure lui a ouvert les portes de l’Elysée, où il a été reçu par Emmanuel Macron. Le président l’a décoré d’une médaille d’honneur, lui a proposé d’être naturalisé français et d’intégrer le service civique des pompiers de Paris.

        Les intox :
         

          Les interprétations complotistes du sauvetage d’un enfant par Mamoudou Gassama



Cette belle histoire, saluée par l’ensemble de la classe politique, a toutefois suscité son lot de théories conspirationnistes mais aussi de citations trompeuses ou manipulatrices.
Elle a aussi relancé le débat sur la politique d’accueil de la France, alors qu’une loi vient de durcir les conditions d’accueil des migrants.

        Revue de presse :
         

          Derrière l’héroïsation de Mamoudou Gassama, la presse souligne la « bonne conscience » de l’Etat




La crise politique se dénoue en Italie
La crise politique italienne semble avoir trouvé un épilogue vendredi : le nouveau chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a prêté serment devant le président de la République Sergio Mattarella, suivi des deux vice-premiers ministres, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S), et Matteo Salvini, patron de la Ligue, ainsi que de l’ensemble de son gouvernement.

        Le décompte :
         

          Quatre-vingt neuf jours pour former un gouvernement en Italie : un record depuis 1992



Le président du conseil avait été désigné mercredi 23 mai à l’issue de longues tractations entre le mouvement antisystème et la formation d’extrême droite, deux partis contestataires arrivés en tête des législatives du 4 mars. Mais quatre jours plus tard, il avait démissionné car le président de la République, Sergio Mattarella, avait mis son veto à la nomination de Paolo Savona, un eurosceptique, au ministère de l’économie.
Cette incertitude politique, doublée de craintes de voir ce gouvernement d’alliance inédit au pouvoir, a eu des effets sur les marchés financiers, notamment sur le spread italien.

        Explications :
         

          Finances : qu’est-ce que le « spread » ?



Mariano Rajoy renversé en Espagne

Alors que l’Italie est parvenue non sans peine à former un gouvernement, l’Espagne vient de renverser le sien. Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, coulé par un scandale de corruption, a abandonné le pouvoir après six années, anticipant le vote d’une motion de censure par le Parlement, vendredi. Il a été remplacé dans la foulée par le socialiste Pedro Sanchez.

        Lire aussi :
         

                Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne



Le glyphosate ne sera pas interdit par la loi
Lors de l’examen du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation, les députés ont rejeté un amendement présenté par le député LRM Mathieu Orphelin, visant à intégrer dans la loi l’interdiction du glyphosate dans les trois ans. Il s’agissait pourtant d’une promesse d’Emmanuel Macron. Le glyphosate, substance active présente dans le Roundup de la société Monsanto, est soupçonné d’être un « cancérogène probable » pour l’homme.

        Contenu visuel :
         

          Dangerosité, toxicité, utilité : le débat sur le glyphosate résumé en discussion pour/contre



Cette loi contenait quantité d’autres propositions, dont une partie ont été adoptées (hausse du bio dans les cantines, doggy bags dans les restaurants, encadrement des promotions dans les grandes surfaces), mais plusieurs autres ont été rejetées (interdiction des publicités pour les aliments gras et salés pour les enfants, affichage de l’étiquetage Nutri-Score, interdiction de broyer les poussins mâles…)

        La liste :
         

          Alimentation : ce qui a été voté et écarté par l’Assemblée nationale



Les Etats-Unis taxent l’acier et l’aluminium américains
Le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, a annoncé, jeudi, que les Etats-Unis allaient appliquer dès vendredi d’importants tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne (UE), mais aussi du Mexique et du Canada. Bruxelles a réagi en ouvrant une procédure devant l’Organisation mondiale du commerce.

        En un graphique :
         

          L’acier et l’aluminium, une goutte d’eau des échanges entre les Etats-Unis et l’Europe



L’Ukraine met en scène l’assassinat d’un journaliste russe
Alors que sa mort avait été annoncée mardi 29 mai dans la soirée, le journaliste russe Arkadi Babtchenko est réapparu bien vivant, le lendemain, lors d’une conférence de presse à Kiev, là même où il était censé avoir été tué de trois balles dans le dos. Le chef des services de sécurité ukrainiens (SBU) a déclaré que l’agence avait falsifié sa mort pour arrêter ceux qui tentaient de le tuer. Cette mise en scène macabre a été vivement critiquée par plusieurs médias internationaux, qui estiment sa méthode peu éthique et contre-productive.

        Lire aussi :
         

                Fausse mort du journaliste russe Babtchenko : les médias critiquent la mise en scène de l’Ukraine



Un attentat revendiqué par l’EI fait trois morts à Liège
Mardi 29 mai à Liège (Belgique), Benjamin Herman, délinquant de 31 ans sorti la veille de prison, s’est emparé des armes de service de deux policières avant de faire feu et de les tuer, ainsi qu’un homme de 22 ans assis dans une voiture à proximité. L’assaillant s’est ensuite réfugié dans un lycée où il a pris en otage deux membres du personnel, et tiré sur quatre policiers avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Cette attaque a été revendiquée le lendemain par l’organisation Etat islamique.

        Lire aussi :
         

                Les attentats terroristes en Europe ont causé près de 2 400 morts depuis 2001



Et aussi
Zidane. A la surprise générale, l’ancien footballeur français champion du monde Zinédine Zidane a annoncé qu’il quittait le Real Madrid, avec lequel il vient de remporter sa troisième Ligue des champions en tant qu’entraîneur.Migrants. Le campement du Millénaire, entre la porte de la Villette et la porte d’Aubervilliers à Paris, où plus de 1 500 migrants sont installés, a été évacué tôt mercredi matin. Au moins 35 camps ont été démantelés en trois ans, selon un décompte du Monde.Retraites. Le gouvernement lance « une large consultation citoyenne » préalable à une vaste réforme du système français, pour aller vers une « retraite à points ».Alzheimer. Un arrêté publié vendredi au Journal officiel acte le déremboursement des quatre médicaments utilisés pour traiter les symptômes de la maladie.Weinstein. L’inculpation du producteur Harvey Weinstein, accusé depuis l’automne d’abus sexuels par des dizaines de femmes, a été validée mercredi par un grand jury new-yorkais.Football. Canal+ a été évincé des droits de retransmission de la Ligue 1 de football, qui ont atteint 1,15 milliard d’euros pour la période 2020-2024.Football (2). L’équipe féminine du Paris-Saint-Germain a battu dans la nuit de jeudi à vendredi l’Olympique lyonnais 1-0 en finale de la Coupe de France à Strasbourg.Autolib. L’industriel Vincent Bolloré réclame 40 millions d’euros par an jusqu’en 2023 à la mairie de Paris et aux communes concernées par son service d’autopartage, pour éponger le déficit du système.Diplomatie. Le haut responsable nord-coréen Kim Yong-chol a entamé mercredi une visite exceptionnelle aux Etats-Unis pour débattre d’un éventuel sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un.Tabac. Le nombre de fumeurs a baissé d’environ un million entre 2016 et 2017.Drogue et PIB. L’Insee a intégré pour la première fois le trafic de drogue à son calcul de la richesse nationale. Résultat : 2,7 milliards d’euros sont générés chaque année par ces activités illégales.Affaire. L’ancien ministre du budget Eric Woerth a été mis en examen pour « complicité de financement illégal de la campagne » de Nicolas Sarkozy en 2007 dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyen (résumé ici en onze dates clés).Mélenchon. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur les comptes de campagne du candidat de La France insoumise à la présidentielle 2017.Théâtre. Ariane Mnouchkine, Jean-Philippe Daguerre et Joël Pommerat ont été récompensés lors de la 30e Nuit des Molières
Disparitions
Serge Dassault. L’industriel de l’armement, patron de presse et quatrième fortune de France, est mort lundi à 93 ans. Sa carrière avait été entachée d’affaires de blanchiment, clientélisme et fraude fiscale. La question de sa succession se pose, puisque son bras droit, Charles Edelstenne, prend la tête du groupe à l’âge de 80 ans.Yves de Daruvar. Le militaire qui rallia les Forces françaises libres à l’âge de 19 ans, s’est éteint le 28 mai, à l’âge de 97 ans.Alan Bean. L’astronaute américain, quatrième homme à avoir marché sur la Lune, est mort, samedi, à l’âge de 86 ans.Jean-Claude Boulard. Le maire socialiste du Mans est mort jeudi à l’âge de 75 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le président des Etats-Unis avait annoncé, fin mai, l’annulation du sommet avec son homologue nord-coréen. La rencontre se déroulera bien le 12 juin à Singapour.
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Donald Trump vante le « début » d’un « processus » avec la Corée du Nord

Le président des Etats-Unis avait annoncé, fin mai, l’annulation du sommet avec son homologue nord-coréen. La rencontre se déroulera bien le 12 juin à Singapour.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 12h17
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La semaine d’intenses contacts qui a suivi la brusque annulation par Donald Trump, le 24 mai, d’un sommet historique avec Kim Jong-un fixé le 12 juin à Singapour, a porté ses fruits. Non seulement la rencontre entre le président des Etats-Unis et le dirigeant de la Corée du Nord se tiendra bien comme prévu, mais son objectif a commencé pour la première fois à se préciser.
Donald Trump l’a assuré après s’être longuement entretenu à la Maison Blanche, dans le bureau Ovale, avec un émissaire de haut rang nord-coréen, le général Kim Yong-chol, considéré comme le bras droit de Kim Jong-un : le rendez-vous de Singapour sera un « début », pour permettre de lancer un « processus ». Il s’agit du nouveau maître-mot du dossier complexe de la dénucléarisation de la Corée du Nord exigée par les Etats-Unis.

Le haut dignitaire nord-coréen devait officiellement remettre au président une lettre de Kim Jong-un. Fidèle à lui-même, Donald Trump a initialement vanté le contenu de la missive, qualifiée de « très intéressante », avant d’avouer qu’il ne l’avait pas ouverte, son visiteur lui ayant suggéré, selon ses dires, de la lire « plus tard ». Le président des Etats-Unis s’est félicité que sa rencontre avec « le deuxième personnage le plus puissant de Corée du Nord » se soit prolongée pendant « deux heures ».
« Patience stratégique »
Ce changement de ton notable tranche avec les formules employées à Washington juste avant l’annulation, notamment par le vice-président Mike Pence. Ce dernier avait évoqué à mots à peine voilés la perspective d’un changement de régime si Pyongyang s’obstinait à conserver ses armes nucléaires. Donald Trump lui-même avait dénoncé « l’hostilité affichée » de la Corée du Nord lorsqu’il avait fait part de son intention de ne pas honorer le rendez-vous de Singapour.
Ce ton donnait à cette dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » propose une liste d’émissions et de podcasts à savourer en différé.
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Coupe du monde, Trump… Quatre replays et podcasts à savourer ce week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » propose une liste d’émissions et de podcasts à savourer en différé.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 06h52
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au menu de notre liste ce samedi : un portrait de Donald Trump en tricheur invétéré, un documentaire sur l’âpre bataille de la Russie pour décrocher la Coupe du monde et un podcast sur des parents confrontés à la radicalisation de leur fille.
Guerre froide autour du Mondial 2018

   


Comment la Russie a-t-elle gagné le droit d’organiser la Coupe du monde de football 2018 ? A la veille de l’ouverture du tournoi planétaire (du 14 juin au 15 juillet), les zones d’ombre autour du vote d’attribution du 2 décembre 2010 persistent alors que ce pays était, pourtant, doté du plus mauvais dossier de candidature. Dans La Coupe du monde des ­espions, le documentariste danois Niels Borchert Holm et son confrère Jon Adelsten reviennent sur l’âpre duel que se sont livré lors du scrutin la Russie et l’Angleterre, berceau du football, qui ne récolta que deux suffrages et fut éliminée dès le premier tour. En marge de leur intense campagne de lobbying, les deux pays candidats ont eu recours à tous les procédés pour remporter la mise. Dans un climat de guerre froide, ils se sont notamment appuyés sur leurs services de renseignement pour s’épier et collecter des données. Rémi Dupré
La Coupe du monde des espions, de Niels Borchert Holm et Jon Adelsten (All., 2018, 55 min) sur Arte.fr jusqu’au 27 juin.
« Soupçons », l’épilogue

Le 9 décembre 2001, Dur­ham, Caroline du Nord. Michael Peterson appelle les urgences, paniqué. Sa femme, Kathleen, 49 ans, gît au pied de l’escalier de la maison familiale. Deux ans plus tard, l’écrivain, qui clame toujours son innocence, est condamné pour meurtre. C’est le début d’un récit judiciaire aux nombreux soubresauts auquel Jean-Xavier de Lestrade a consacré une série documentaire que Canal+ rediffuse en intégralité, y compris les trois épisodes inédits qui constituent l’épilogue. Dans celui-ci, Jean-Xavier de Lestrade se concentre sur les états d’âme de son personnage ; un grand-père de 71 ans fatigué, au regard triste et en attente d’une décision de justice. Un portrait pathétique qui tranche avec le piquant des premiers épisodes, où le réalisateur s’attachait à décortiquer les subtilités, mais aussi – et surtout – les absurdités de la machine judiciaire américaine. Pour autant, les lacunes de ce dénouement n’altèrent en rien la qualité de Soupçons, série judiciaire magistrale qui fera date. Mathieu Ait Lachkar et Camille Langlade
Soupçons (The Staircase), de Jean-Xavier de Lestrade (Fr., 13 × 52 min). Les épisodes sont sur mycanal.fr.
Donald Trump ou le portrait d’un tricheur

   


Le sixième volet de Dirty Money (2018), d’Alex ­Gibney, disponible sur Netflix, faisait le portrait de « l’escroc » Donald Trump, du temps où l’homme passait encore pour un exemple de réussite, alors que celle-ci était fondée sur de nombreux tours de passe-passe et d’irrégularités qui firent beaucoup de victimes collatérales. La série documentaire britannique Donald Trump : un rêve ­américain reprend cette thématique et la développe en décryptant les ressorts d’une étonnante destinée. Il ne s’agit pas de son accession à la présidence des Etats-Unis mais de tout ce qui l’a précédée.
Comportant de nombreuses ­archives et des entretiens, cette ­série compose le portrait d’un tricheur, mentant constamment, attaquant dès qu’on le contredit. Il est facile de se payer la tête de Donald Trump. Mais ce portrait, majoritairement à charge, le fait de manière sérieuse et documentée sans amoindrir la force d’un charisme qui permit naguère à Trump de séduire à peu près tout le monde avec un culot, un ­cynisme et une absence de ­surmoi phénoménaux. Renaud Machart
Donald Trump : un rêve américain, de Barnaby Peel (GB, 2018, 4 × 48-66 min) sur Netflix.
Une famille face à l’islamisme

   


Plus de 550 Français enrôlés par l’Etat islamique vivent actuellement en Syrie. Certains islamistes radicaux repentis sont revenus en France et livrent leur expérience au sein de ce régime qu’ils qualifient de nazi. Ma fille sous influence analyse, justement, le phénomène de radicalisation qui menace notre démocratie. Ce passionnant documentaire radiophonique est le fruit de plusieurs mois d’enregistrements au cœur d’une famille française. Celle de Nathalie et Daniel, parents de deux enfants, dont la vie bascule, en mai 2014, lorsqu’ils sont avertis qu’Emma, leur fille aînée, va être exfiltrée par un petit groupe d’extrémistes religieux pour rejoindre Daech en Syrie. Il ne reste que quelques jours pour déjouer le piège. Comment éloigner Emma de Trappes, où elle vit ? Comment lutter contre des recruteuses agressives ? Ce document sonore nous plonge au cœur d’une histoire qui vaut le détour. Alain Constant
Ma fille sous influence, de Laure Marchand et Rémi Dybowski (5 x 28 min). Sur franceculture.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la romancière Simonetta Greggio estime que ce qui se produit aujourd’hui dans son pays résulte d’une impuissance démocratique, qui pourrait arriver ailleurs en Europe.
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Crise politique italienne : « A quoi sert mon vote ? »

Dans une tribune au « Monde », la romancière Simonetta Greggio estime que ce qui se produit aujourd’hui dans son pays résulte d’une impuissance démocratique, qui pourrait arriver ailleurs en Europe.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 14h02
    |

Simonetta Greggio (Romancière italienne, auteure de "Elsa, mon amour", une biographie de l'écrivaine Elsa Morante, à paraître chez Flammarion le 22...







                        



                                


                            

Tribune. Beaucoup de ceux qui ont eu le pouvoir en Italie l’ont perdu de manière tragique. Mussolini a été tué au coin d’une rue comme un chien, puis pendu par les pieds. Le parti Démocratie chrétienne a explosé en 1994, suite à l’opération « Mains propres », seize ans après avoir perdu l’un de ses meilleurs représentants, Aldo Moro, enlevé et assassiné par les Brigades rouges.
A Bettino Craxi (premier socialiste à diriger le gouvernement italien, en 1983) on a jeté la pierre, sous forme d’un déluge de petite monnaie, avant de le contraindre à l’exil, où il est mort. La carrière de Giulio Andreotti (qui a dirigé sept gouvernements italiens successifs, de 1972 à 1992) s’est douloureusement éteinte dans des accusations d’accointance avec la Mafia.
Quant à Silvio Berlusconi, personne n’a eu depuis l’après-guerre autant de pouvoir que lui. En 1970, il était déjà en train de faire construire Milano 2, devenu par la suite le siège de sa première télévision, l’un des bras de la pieuvre de son empire. Rien que sa fortune personnelle a été estimée à près de 7 milliards d’euros. A l’époque, déjà, il ne manquait pas d’argent, venu des terres siciliennes par le biais d’une banque dont son père était le directeur. Son règne n’était certes pas une dictature : le président de Forza Italia a été une bête molle, un ennemi insidieux qui a réveillé la part d’anarchisme qui sommeillait en chaque Italien.

En tant que chef du gouvernement, il a lui-même plusieurs fois répété qu’il était légitime de ne pas payer ses impôts, ce dont il a donné l’exemple. On a toujours su qui il était, et malgré cela il a été élu trois fois. Quelqu’un disait, dont j’ai oublié le nom : « J’ai moins peur de Berlusconi en tant que tel que du Berlusconi que chacun cache en soi. » Mais l’Histoire est imprévisible et l’on ne peut anticiper son épilogue. La vraie question est : comment la structure sociale et morale qui s’est créée au fil de ses mandats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Alors que le nouveau gouvernement italien a prêté serment vendredi, le chef de file de la Ligue s’est efforcé de concentrer sur lui l’attention médiatique.
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Au ministère de l’intérieur, Matteo Salvini poursuit sa stratégie de conquête du pouvoir

Alors que le nouveau gouvernement italien a prêté serment vendredi, le chef de file de la Ligue s’est efforcé de concentrer sur lui l’attention médiatique.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h14
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Après quasiment trois mois de guerre des nerfs, et quatre journées dramatiques durant lesquelles a plané la menace d’une crise de régime, cette parenthèse de concorde retrouvée avait quelque chose de rassurant. Vendredi 1er juin, veille de fête nationale, était à Rome une journée de communion, consacrée à une passation de pouvoirs qui s’est déroulée dans la plus parfaite courtoisie républicaine.
Au palais du Quirinal, les membres du nouveau gouvernement populiste et d’extrême droite ont prêté serment devant le président Sergio Mattarella, avant de se rassembler pour la traditionnelle photo de groupe. Le 65e gouvernement de l’histoire de la République italienne venait de prendre forme. Puis ils se sont rendus au palais Chigi, où le président du conseil, Paolo Gentiloni, a solennellement remis à Giuseppe Conte la petite cloche matérialisant le passage d’un chef de gouvernement à l’autre, dans une ambiance presque apaisée.

Dirigeant politique préféré des Italiens
Même dans ce moment suspendu, le chef de la Ligue, Matteo Salvini, s’est arrangé pour que personne ne l’oublie. Comme pour continuer à concentrer sur lui l’attention médiatique, quelques heures avant la prestation de serment, depuis la petite ville de Sondrio (Lombardie), le vice-président du conseil et ministre de l’intérieur a mis sur la table un sujet dont il veut faire la priorité de ses prochaines semaines : le financement de l’aide aux migrants. 

« J’ai rencontré le président du conseil et j’ai demandé qu’il soit porté une attention particulière à ces 5 milliards d’euros dédiés à la subsistance de ces milliers de migrants. Je voudrais y faire de belles coupes », a-t-il lancé. Puis, à peine intronisé, il a fait savoir qu’il entendait exercer ses nouvelles fonctions en étant « la moitié du temps au ministère et l’autre sur le terrain », annonçant son intention de se rendre dans les prochains jours en Sicile, principal...




                        

                        


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En Espagne, Pedro Sanchez face à de nombreux défis

Avec un groupe parlementaire réduit, le chef de file du PSOE va devoir construire une majorité s’il veut pouvoir diriger réellement durant les prochains mois



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 13h09
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Tout est allé vite. Samedi 2 juin, le nouveau chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, était attendu à 11 heures au palais de la Zarzuela pour prêter serment devant le roi Felipe VI. La veille, le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) avait remporté une motion de défiance inespérée contre le conservateur Mariano Rajoy, déposée une semaine plus tôt à la suite de la condamnation du Parti populaire (PP) en tant que bénéficiaire d’un réseau de corruption.
Pedro Sanchez, économiste de 46 ans, a obtenu 180 votes favorables, 169 contre et une abstention au Parlement grâce au soutien d’une myriade hétéroclite de partis, qui se sont alliés exceptionnellement autour d’un objectif commun : renverser Mariano Rajoy.

Tout reste donc à faire pour le nouveau premier ministre espagnol : former son gouvernement, dont il n’a rien dévoilé, si ce n’est qu’il sera « socialiste, paritaire et européiste », et surtout exposer sa stratégie politique. Avec un groupe parlementaire réduit, à peine 84 députés sur 350, le dirigeant socialiste doit construire une majorité s’il veut pouvoir gouverner réellement durant les prochains mois, voire tenir jusqu’à la fin de la législature, en juin 2020.
Un objectif impossible, selon le PP. « L’Espagne a besoin de stabilité et celle-ci ne peut venir ni de motions de censure, ni de gouvernements intérimaires, ni de successions d’élections ou de gouvernements comme le sien », l’a averti le porte-parole conservateur Rafael Hernando, qui l’a accusé d’entrer à la Moncloa [le siège du gouvernement] « par la porte de derrière » et de constituer « une menace pour les Espagnols ».
Quant à Ciudadanos (centre droit), le seul parti à avoir voté avec le PP contre la motion de défiance, il entend faire pression sur le PSOE pour qu’il organise des élections anticipées au plus tôt. « Il fallait changer de gouvernement, mais dans les urnes », a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Après avoir connu de multiples revers politiques, le dirigeant socialiste succède au conservateur Mariano Rajoy, renversé vendredi par une motion de censure au Parlement.
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Pedro Sanchez a prêté serment pour gouverner l’Espagne

Après avoir connu de multiples revers politiques, le dirigeant socialiste succède au conservateur Mariano Rajoy, renversé vendredi par une motion de censure au Parlement.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 11h50
   





                        



   


Il y a encore quelques semaines, personne n’avait imaginé un tel scénario : le socialiste espagnol Pedro Sanchez a prêté serment, samedi 2 juin à 11 heures, devant le roi Felipe VI au palais de la Zarzuela, dans la banlieue nord-ouest de Madrid. Cet économiste de 46 ans sans expérience du pouvoir devient le chef du gouvernement après avoir renversé le conservateur Mariano Rajoy, en faisant voter une motion de censure au Parlement.
Le chef du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) doit encore nommer les membres de son gouvernement et ce n’est que quand la liste sera publiée au journal officiel qu’il pourra prendre ses fonctions, dans les jours qui viennent.

        Lire aussi :
         

                Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne



Après avoir mené son parti à deux défaites électorales cuisantes en 2015 et 2016, contraint à la démission par l’appareil du PSOE et remis en selle par les militants, Pedro Sanchez a réussi à déboulonner M. Rajoy, un vétéran de la politique de 63 ans, au pouvoir depuis 2011.
Tous ligués contre M. Rajoy
Il a déposé le 25 mai une motion de censure contre M. Rajoy au lendemain de la condamnation de son Parti Populaire dans un procès pour corruption. Une affaire de trop pour le PP, qui était jusqu’à présent sorti indemne de multiples scandales.

        Lire aussi :
         

                Mariano Rajoy visé par une motion de défiance du Parti socialiste



L’opposition s’est liguée contre M. Rajoy, lâché par ses alliés centristes de Ciudadanos et par les nationalistes basques du Parti nationaliste basque (PNV) dont il venait d’obtenir l’approbation du budget contre un demi-milliard d’euros d’investissements. La motion a été adoptée vendredi par 180 voix sur 350 à la Chambre.
« Cela a été un honneur – il n’y en a pas de plus grand – de gouverner l’Espagne », a déclaré M. Rajoy en souhaitant à son successeur de laisser comme lui le pays en meilleur état qu’il ne l’avait trouvé.
Lors de sa première prise de parole, son successeur, 1,90 m et surnommé « le beau mec », a promis d’aborder avec « humilité tous les défis auxquels le pays fait face » en citant en particulier « l’urgence sociale », alors que le chômage et la précarité minent toujours l’Espagne malgré son insolente reprise économique.
Mais il devra démontrer qu’il peut gouverner avec ses 84 députés socialistes après avoir réuni une majorité hétéroclite allant de la gauche radicale Podemos aux indépendantistes catalans et aux nationalistes basques du PNV. Ses alliés de circonstance ont tous souligné que leur vote contre M. Rajoy n’était pas un chèque en blanc. Podemos réclame avec insistance d’entrer au gouvernement. Selon Fernando Vallespin, politologue à l’Université autonome de Madrid, il ne pourra faire voter que les mesures « lui permettant d’obtenir une majorité facile ».
Rendre des comptes
M. Sanchez va entrer au gouvernement « par la porte de derrière », a raillé Rafael Hernando, patron des députés conservateurs.
Le socialiste s’est déjà lié les mains en promettant au PNV de ne pas toucher au budget de M. Rajoy et à ses largesses financières pour le Pays basque. Il a en outre promis aux indépendantistes catalans qu’il essaierait de « jeter des ponts pour dialoguer » avec le gouvernement régional de Quim Torra, qui prendra ses fonctions samedi à l’heure où M. Sanchez prêtera serment.
Les partis qui l’ont appuyé vont lui demander des comptes, a prédit, pessimiste, Pedro Fernandez, un retraité de 68 ans devant le Parlement. « Quand il ne fera pas ce qu’ils lui demandent, ils lui rappelleront qu’ils l’ont porté au pouvoir. Et dans cinq ou six mois, ou il y aura de nouvelles élections ou ils le renverseront. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le projet gouvernemental Maven vise à utiliser des logiciels d’intelligence artificielle pour améliorer l’analyse des images vidéo filmées par les drones de l’armée américaine.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le texte était présenté par le Koweït en réaction aux tirs israéliens contre Gaza qui ont fait plus d’une centaine de morts. Washington a proposé son propre texte condamnant les agissements du Hamas.
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ONU : Les Etats-Unis s’opposent à une protection internationale pour les civils palestiniens

Le texte était présenté par le Koweït en réaction aux tirs israéliens contre Gaza qui ont fait plus d’une centaine de morts. Washington a proposé son propre texte condamnant les agissements du Hamas.



Le Monde
 |    02.06.2018 à 03h26
 • Mis à jour le
02.06.2018 à 09h12
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



   


Sans surprise, les Etats-Unis ont mis leur veto, vendredi 1er juin, à un texte présenté par le Koweït au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) qui demandait une protection du peuple palestinien et qui condamnait l’usage indiscriminé et disproportionné de la force par Israël contre les manifestants dans la bande de Gaza.
Quelques minutes plus tard, les Etats-Unis ont présenté un texte concurrent qui condamnait les agissements, cette fois, du Hamas. Washington tient le mouvement islamiste – qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007 – pour seul responsable des violences qui ont fait plus d’une centaine de morts et 4 000 blessés par balles depuis le 30 mars.
Une première dans les annales du Conseil de sécurité, Washington n’a recueilli qu’une seule voix positive : la sienne. Sa représentante, Nikki Haley, a immédiatement dénoncé un vote « qui montre d’évidence que les Nations unies sont irrémédiablement biaisées à l’égard d’Israël ».

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Washington, principal allié de l’Etat hébreu, n’avait pourtant pas manqué d’exercer une très forte pression sur les Etats membres du Conseil de sécurité pour faire échouer le texte du Koweït, décrochant même l’abstention de quatre pays (Royaume-Uni, Ethiopie, Pologne, Pays-Bas) dont trois des cinq membres européens du Conseil. Ces derniers ont dénoncé le manque d’équilibre du texte koweïtien qui ne faisait aucune mention du rôle du Hamas et du Djihad islamique palestinien qui ont tiré une soixantaine de roquettes contre Israël, le 29 mai, sans faire de blessés. La France, qui a voté en faveur, avait appelé à faire preuve « de pragmatisme et de réalisme » malgré un texte « qui n’est pas parfait » et qui aurait dû aussi « établir clairement la responsabilité du Hamas et condamner explicitement les tirs de roquettes ».
Un silence « ni acceptable, ni compréhensible »
En négociation depuis plus de deux semaines, le texte présenté par le Koweït, au nom du groupe arabe, avait fait l’objet de nombreuses révisions et ne réclamait plus que « des mesures de garanties pour la sécurité et la protection » du peuple palestinien. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, était aussi chargé de présenter des recommandations sous soixante jours pour la création d’un « mécanisme de protection internationale ».
L’ambassadrice américaine a qualifié le texte de « parti pris grossier ». Le Hamas est « le premier responsable des conditions de vie déplorables à Gaza », a-t-elle expliqué. Puis avec son ton tranchant habituel, Mme Haley a lancé : « Soit vous soutenez le Hamas, soit vous ne le soutenez pas. Votre vote parlera pour vous. »
Ce profond clivage du Conseil de sécurité, quant à la réponse à apporter à l’escalade des violences dans la bande de Gaza, est « une nouvelle occasion manquée » a regretté l’ambassadeur français, François Delattre, qui a aussi dénoncé son « lourd silence de plus en plus assourdissant » qui n’est pas « acceptable » et pas « compréhensible ».

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Il s’agit du deuxième veto utilisé par les Américains depuis l’arrivée de l’administration Trump. Au mois de décembre dernier, ils s’étaient déjà opposés à une résolution rejetant la décision du président Trump de déménager l’ambassade américaine à Jérusalem. « Il fut un temps où les Etats-Unis agissaient en médiateur fiable », a déploré un diplomate à l’issue du vote. « C’est triste. »



                            


                        

                        

