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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ La version française d’un e-book publié par une équipe internationale de chercheurs contestant les paradigmes de la théorie classique vient d’être mise en ligne, rapportent, dans une tribune au « Monde », les trois économistes à l’origine du projet.
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« Réfléchir à la manière dont fonctionne l’économie dans son ensemble »

La version française d’un e-book publié par une équipe internationale de chercheurs contestant les paradigmes de la théorie classique vient d’être mise en ligne, rapportent, dans une tribune au « Monde », les trois économistes à l’origine du projet.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h00
    |

Yann Algan (Professeur d’économie et doyen de l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po), Samuel Bowles (Professeur d’économie au Santa Fe Instit...







                        



                                


                            
Tribune. Si les Français sont l’un des peuples au monde qui se défie le plus de l’économie, c’est sans doute aussi parce qu’elle y est mal enseignée. Dans les manuels scolaires de l’enseignement supérieur, l’économie est souvent présentée comme un domaine gouverné par des principes abstraits dont seules les mathématiques peuvent rendre compte et où les comportements humains sont réduits à des équations.
les économistes apparaissent au final comme des théoriciens hermétiques au pluralisme et insensibles aux questions de société
Les acteurs économiques sont le plus souvent amoraux et uniquement intéressés par leurs profits ; des marchés parfaitement concurrentiels s’autorégulent pour obtenir des résultats « optimaux », tandis que la dégradation de l’environnement, l’instabilité économique, les inégalités ou les sources de la prospérité sont à peine abordées. Et les économistes apparaissent au final comme des théoriciens hermétiques au pluralisme et insensibles aux questions de société.
Or, cette vision est bien éloignée des avancées récentes de la recherche en sciences économiques. Le signe avant-coureur du changement dans n’importe quelle discipline est lorsque ses meilleurs chercheurs ont pour la plupart abandonné les modèles de référence enseignés aux étudiants de premier cycle. En effet, la recherche actuelle offre un éclairage précieux sur le changement climatique, les effets du commerce international et de la révolution numérique, les crises financières ou les inégalités.
Elle propose aussi des solutions pour assurer une croissance durable, stimuler l’innovation, rendre nos banques plus sûres et générer de nouvelles formes de prospérité et de bien-être en termes de politiques de santé, d’éducation ou d’emploi. Elle est aussi devenue pluridisciplinaire, puisant ses sources aussi bien dans l’histoire, la sociologie, la science politique que dans les sciences cognitives. Mais ces avancées de la recherche n’étaient pas encore...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Ce témoignage, sous forme de roman graphique, fait aussi fonction de guide pour mieux comprendre cette maladie mentale.
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La dépression en maux et en images

Ce témoignage, sous forme de roman graphique, fait aussi fonction de guide pour mieux comprendre cette maladie mentale.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h24
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Le livre. Pendant une dépression, certains puisent du réconfort dans la lecture, qui est de plus en plus reconnue comme un outil thérapeutique – on parle de « bibliothérapie ». D’autres, écrivains professionnels ou non, célèbres ou anonymes, éprouvent un besoin irrépressible d’écrire, de raconter sous forme de témoignage ou de fiction le voyage souvent vertigineux qu’a été pour eux cette maladie mentale.
Avocat et réalisateur néo-zélandais, Brent Williams a, lui, opté pour un roman graphique. Bon choix. Illustré par de puissantes aquarelles du dessinateur de BD turc Korkut Öztekin, Je vais mieux, merci, qui vient de ­paraître aux éditions Tchou, embarque d’emblée le lecteur dans le tourbillon de ce passage si difficile de la vie, et ne le lâche pas.
Marié et père de quatre enfants (« merveilleux » qui plus est, cela va de soi), passionné par son travail, le narrateur se ­retrouve un beau jour submergé, égaré dans sa propre existence.
Il y a d’abord l’accumulation de symptômes qu’il ne sait pas – ou ne veut pas – décoder : fatigue, troubles du sommeil, pensées morbides, retrait social, douleurs diverses… Combien de personnes se reconnaîtront dans cette description typique, caricaturale, presque, de la dépression, mais tardent à consulter, pensant, comme Brent Williams, qu’ils pourront y arriver seuls, se « remettre dans le rythme… », et tombent des nues quand le médecin annonce le diagnostic ?
Réinvention de sa vie
Après le déni et la honte de se sentir malade viennent les difficultés à choisir un thérapeute qui convient, la fatigue physique et mentale qui perdure, puis progressivement l’acceptation, la redécouverte des ­petits et grands plaisirs de la vie, les retrouvailles avec les proches… Au fil des 162 pages de ce roman graphique, Brent Williams décrit en toute honnêteté, et candeur parfois, chaque étape de sa longue traversée, jusqu’à la ­réinvention de sa vie, la guérison.
Au-delà...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Le syndrome de Charles Bonnet touche des sujets âgés ayant un déficit sensoriel visuel majeur.
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ A quelles dates commencent les saisons ? N’y en a-t-il que quatre ? Comment définit-on une saison ? Le tour de la question en quatre idées reçues.
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Chaleur, lumière, solstice… quatre idées reçues sur les saisons

A quelles dates commencent les saisons ? N’y en a-t-il que quatre ? Comment définit-on une saison ? Le tour de la question en quatre idées reçues.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 11h59
    |

            Mathilde Damgé








                        



   


Le 1er juin, est-on en été ? Si l’on peut se contenter de regarder le ciel pour s’en faire une idée, en réalité, la réponse dépend de la définition de saison qu’on adopte, et de l’endroit où l’on se trouve sur la planète. Par exemple, pour les météorologues, on est déjà en été, mais pour les astronomes, on est encore au printemps. C’est le début de la saison humide sous les tropiques et du jour polaire aux pôles. En fin de compte, pas si simple de définir une saison. Le tour de la question en quatre idées reçues.
« L’été, c’est quand la Terre est le plus proche du Soleil »
Faux
C’est même exactement l’inverse : sous nos latitudes, c’est en été que la Terre se trouve le plus loin du Soleil. Si les saisons dépendent bien (en partie) de la position qu’occupe la Terre par rapport au Soleil, ces variations de distance n’ont qu’un impact de température très relatif.



En réalité, ce qui compte, c’est l’inclinaison des rayons du soleil, ou plus précisément l’axe de rotation de la Terre par rapport au Soleil : en été, la planète est orientée de telle sorte que tout endroit de France métropolitaine reçoit (potentiellement) le plus de chaleur.
Pour un observateur immobile sur la terre, le phénomène de saison se manifeste par la hauteur du soleil sur l’horizon. Le 21 juin, le soleil est au plus proche du zénith. L’inertie de l’atmosphère, c’est-à-dire sa capacité à stocker, à conserver puis à restituer la chaleur, fait le reste : c’est l’été, il fait chaud, le soleil brûle… le plus souvent.

   


« L’été, c’est quand il fait chaud »
Pas toujours
Outre que les températures peuvent varier fortement par rapport à la normale, le facteur « chaleur » ne définit l’été que pour les météorologues. Les astronomes, eux, le définissent, tout comme les autres saisons, par rapport à la luminosité. Ils utilisent comme repères non des mois entiers, mais les très anciennes références que sont les solstices et les équinoxes.
L’équinoxe, du latin aequus (« égal ») et nox (« nuit »), désigne le moment où jour et nuit ont une durée identique, avant un basculement dans une saison où le jour est supérieur (printemps) ou inférieur (automne) à la nuit. Le solstice, de sol (soleil) et sistere (s’arrêter, retenir), marque le moment de durée maximale (été) ou minimale (hiver) du jour. Cette différence de définition décale les saisons météorologiques et les saisons astronomiques d’environ trois semaines.
Certes, explique Météo France, la durée d’ensoleillement maximale se situe autour du solstice d’été (20 ou 21 juin, la date que retiennent les astronomes pour marquer le début de l’été). Mais en raison de l’inertie de l’atmosphère, ce n’est qu’environ trois semaines plus tard que la température moyenne est généralement à son maximum, c’est-à-dire à la mi-juillet.
C’est ce moment que les météorologues considèrent, eux, comme le milieu de l’été, faisant du coup remonter son commencement un mois et demi plus tôt (une saison durant trois mois entiers). « Ainsi, en météorologie, l’été commence début juin et s’achève fin août. Avec le même raisonnement, l’ensoleillement est minimal au solstice d’hiver (21 ou 22 décembre). Mais avec l’inertie de l’atmosphère, le pic de l’hiver se situe plutôt mi-janvier. Ainsi l’hiver météorologique commence début décembre et s’achève fin février », détaille Météo France.
« Les saisons commencent et finissent toujours à la même date »
Non et non
Non, parce que, nous l’avons vu, les dates des saisons dépendent de la définition qu’on retient. Et encore non, parce que, contrairement à une croyance populaire, le rythme des saisons astronomiques n’est pas figé. Chaque année, l’équinoxe vient un peu plus tôt et précède sa position antérieure d’une vingtaine de minutes par rapport à l’année d’avant.
La raison : la Terre tourne autour d’un axe incliné de 23,26 degrés par rapport au plan de l’écliptique (le plan dans lequel elle tourne autour du Soleil). Mais cet axe bouge également : c’est ce qu’on appelle la précession des équinoxes. C’est peu, mais suffisant pour décaler le rythme des saisons d’un jour complet tous les soixante et onze ans. Les solstices se décalent de la même façon.



« Il n’y a que quatre saisons : printemps, été, automne, hiver »
C’est plus compliqué
Les saisons sont éminemment culturelles : dans l’Egypte antique, l’année est ainsi divisée en trois saisons (les inondations du Nil, les semailles et les moissons), quand chez les Gaulois, on en compte deux seulement : la saison hivernale et la saison estivale. C’est le calendrier julien, introduit par Jules César, qui impose le principe des quatre saisons, même si les dates et les noms évoluent par la suite au fil des siècles.

        Lire aussi :
         

                Calendrier julien, multiples de 400, mécanique céleste : pourquoi y a-t-il un 29 février ?



Désormais, pour la majeure partie du globe, il y a quatre saisons de trois mois chacune. Si les saisons astronomiques débutent avec les équinoxes (printemps et automne) et les solstices (été et hiver), on a vu qu’en météorologie, elles débutent plus tôt. La même logique prévaut dans l’hémisphère Sud, où les saisons sont inversées : l’hiver austral débute ainsi le 1er juin pour les météorologues, et le 21 pour les astronomes.
Les dates des saisons astronomiques sont les plus anciennes : véritable héritage culturel, ce sont elles qui définissent le calendrier, et non l’inverse. Une année solaire est définie comme un intervalle de temps qui suit le rythme des saisons, rythme lui-même lié à l’inclinaison de l’axe de la Terre. Ce qui explique cette autre particularité : sous les tropiques, on ne parle que de deux saisons, la saison des pluies et la saison sèche. Aux pôles, on parle plutôt de jour et de nuit polaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ La biochimiste Emmanuelle Charpentier et la généticienne Christine Petit figurent parmi les sept scientifiques récompensés.
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Sciences : le prestigieux prix Kavli honore deux Françaises

La biochimiste Emmanuelle Charpentier et la généticienne Christine Petit figurent parmi les sept scientifiques récompensés.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 19h43
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 16h53
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



   


L’Académie des sciences et des lettres de Norvège a rendu son verdict, jeudi 31 mai, et il est louangeur pour les scientifiques françaises. La biochimiste Emmanuelle Charpentier et la généticienne Christine Petit sont honorées par le prestigieux prix Kavli. Cette compétition entend distinguer des chercheurs « dont les travaux pionniers bénéficieront à toute l’humanité ». Elle offre tous les deux ans des récompenses de 1 million de dollars dans trois catégories. Pour la cuvée 2018, l’Académie a choisi trois femmes parmi les sept lauréats, une proportion qui tranche avec les usages.
Le prix d’astrophysique a ainsi été attribué à la Néerlandaise Ewine van Dishoeck. Professeure à l’université de Leyde et présidente en exercice de l’Union astronomique internationale, elle a consacré sa carrière à l’étude des nuages interstellaires, afin de mieux comprendre la nature physique et chimique des processus en vigueur dans ces régions où se forment étoiles et planètes.

   


Un système d’édition du génome
Emmanuelle Charpentier décroche son prix dans la catégorie des nanosciences pour la mise au point des désormais fameux ciseaux moléculaires Crispr. Aujourd’hui chercheuse à l’Institut Max-Planck de Berlin, elle partage sa récompense avec l’Américaine Jennifer Doudna (université de Berkeley) et le Lituanien Virginjus Siksnys (université de Vilnius). En s’inspirant d’une des réponses immunitaires offertes par les bactéries lorsqu’elles sont attaquées par les virus, les trois scientifiques ont mis au point un système d’édition du génome. Si les deux femmes, auteures du premier article sur le sujet, ont déjà été honorées par une kyrielle de prix, la distinction du Lituanien, qui œuvrait en parallèle, est plus remarquable.
Enfin Christine Petit est récompensée dans la catégorie des neurosciences. Elle aussi partage son prix avec deux autres scientifiques, l’Américain A. James Hudspeth et le Britannique Robert Fettiplace. Dans son laboratoire de l’Institut Pasteur, la Française a opéré des percées dans la compréhension des mécanismes moléculaires et neuronaux de l’audition.

        Lire aussi :
         

                Christine Petit, l'oreille des sourds



Comme l’indique le communiqué commun des différentes institutions où œuvre la lauréate (Institut Pasteur, Collège de France, Sorbonne-Université, Inserm), « les trois lauréats ont utilisé des approches complémentaires pour éclairer les mécanismes par lesquels les cellules ciliées dans l’oreille interne transforment le son en signaux électriques pouvant être déchiffrés par le cerveau ». Ils ont également « révélé les mécanismes génétiques et moléculaires expliquant la perte de l’audition », a précisé l’Académie norvégienne.
Les prix seront officiellement remis le 4 septembre, à Oslo.

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                Emmanuelle Charpentier, le « charmant petit monstre » du génie génétique






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Alors qu’il avait survécu à l’explosion du volcan, ce Pompéien a été écrasé par un bloc de pierre. Une découverte par les archéologues du site .
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<article-nb="2018/06/01/18-7">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Trente-deux scientifiques ont déjà prévu de rejoindre la France. Le ministère de la recherche évoque de nouveaux appels à projets.
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Climat : la France, terre d’accueil des chercheurs lâchés par Trump

Trente-deux scientifiques ont déjà prévu de rejoindre la France. Le ministère de la recherche évoque de nouveaux appels à projets.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 12h15
    |

            Simon Roger








                        



   


L’invitation avait été lancée par Emmanuel Macron lui-même, et en anglais pour mieux atteindre sa cible. Quelques heures à peine après l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, le 1er juin 2017, le président français proposait aux scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs déçus par la décision de Donald Trump de venir « travailler ici, avec nous, sur des solutions concrètes pour le climat ». Si l’offre n’est pas restée lettre morte, elle n’a pas suscité jusqu’à présent un mouvement de grande ampleur. Dans la sphère de la recherche, seuls trente-deux scientifiques ont prévu de rejoindre la France, et une poignée d’entre eux sont déjà arrivés.
Une première vague de l’appel à projets Make our planet great again – un détournement du slogan de campagne de M. Trump – a permis de distinguer dix-huit lauréats en décembre 2017. Une deuxième liste de quatorze chercheurs a suivi début mai. Elle ne devrait pas être la dernière, assure le ministère de l’enseignement supérieur, qui a retenu « 450 candidatures de qualité » parmi les quelque 1 800 dossiers reçus à la suite du discours du chef de l’Etat, émanant d’une centaine de pays mais dans 60 % des cas de chercheurs installés aux Etats-Unis.

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                Climat : les Américains ont enrayé la dynamique de l’accord de Paris



Alessandra Giannini est l’une d’elles. Etablie depuis 1995 à l’université de Columbia, cette scientifique italienne rejoindra d’ici à la fin de l’année un laboratoire parisien de météorologie dynamique pour travailler, à partir de l’étude du Sahel, sur « l’amélioration de la prévision des pluies en zone tropicale ». En qualité de chercheuse senior, elle bénéficiera d’une bourse de 750 000 euros allouée par l’Etat à partir du programme d’investissements d’avenir – l’aide est de 500 000 euros pour un chercheur moins expérimenté – et d’un soutien financier équivalent apporté par son institution de tutelle en France.
« Pendant cinq ans, je vais pouvoir travailler sans me soucier de trouver des financements », se réjouit-elle. Cette situation, qui est le lot commun des chercheurs basés outre-Atlantique, s’est dégradée après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. En quelques mois, la nouvelle administration a restreint les marges de manœuvre de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) et mis un terme à plusieurs programmes de recherche liés au climat, comme récemment le programme de la NASA chargé de surveiller la présence dans l’atmosphère du dioxyde de carbone et du méthane, deux puissants gaz à effet de serre.
« Motivations »
Alessandra Giannini déclare aussi avoir répondu à l’appel avec l’envie de faire avancer la recherche européenne sur le climat. « C’est l’une des motivations les plus fréquentes des chercheurs qui se sont manifestés, selon Corinne Le Quéré, professeure à l’université d’East Anglia, au Royaume-Uni, et présidente du jury international de neuf personnes (dont la paléoclimatologue française Valérie Masson-Delmotte) qui a évalué la qualité des projets des candidats. Aux Etats-Unis, les chercheurs souffrent d’un manque de soutien des autorités. C’est d’autant plus difficile à accepter que cette nation a longtemps été leader dans la recherche sur le système Terre et dans l’exploration satellitaire. » 
En choisissant d’occuper le terrain, la France pourrait réveiller les prétentions d’autres nations, veut croire l’universitaire canadienne, également directrice du Tyndall Centre, un centre de recherche anglais sur le changement climatique. L’initiative d’Emmanuel Macron a au moins convaincu l’Allemagne, qui a retenu, dans le cadre d’un appel à projets parallèle, treize premiers lauréats parmi 1 500 dossiers présélectionnés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Une application résout automatiquement des équations pour les lycéens. Mais cet outil n’est guère utile si l’on n’a pas compris la nature du problème posé, rappelle le mathématicien Etienne Ghys.
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édition abonné


Résoudre les équations, est-ce les comprendre ?

Une application résout automatiquement des équations pour les lycéens. Mais cet outil n’est guère utile si l’on n’a pas compris la nature du problème posé, rappelle le mathématicien Etienne Ghys.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 11h21
    |

                            Etienne Ghys (mathématicien, directeur de recherche au CNRS à l'Ecole normale supérieure de Lyon)








                        



                                


                            

Carte blanche. Téléchargez l’application gratuite Photomath sur votre téléphone. Ecrivez une équation de votre choix sur une feuille de papier et présentez-la devant l’écran. Comme par magie, la caméra lit l’équation et donne instantanément la ou les solutions. On peut écrire à peu près n’importe quelle équation, disons au programme du lycée. Faut-il se lamenter ou se féliciter ? Est-ce un appel à la tricherie destiné aux collégiens et lycéens, ou au contraire une aide précieuse qui évite les calculs fastidieux et inutiles ?
Quoi qu’il en soit, ces outils existent, les élèves le savent, et les enseignants vont devoir en tenir compte, peut-être en adaptant la forme des exercices qu’ils proposent. Lorsque j’étais étudiant, je manipulais une règle à calcul, puis les calculettes sont devenues bon marché, et j’utilise maintenant des logiciels de calcul formel dont la puissance m’émerveille chaque jour. Les mathématiciens savent bien que le but de leur discipline ne consiste pas seulement à résoudre des équations mais surtout à les comprendre. Ce n’est pas notre téléphone qui va nous y aider mais bien l’enseignant.
Une histoire pittoresque
Une équation est une égalité entre deux expressions qui contiennent des quantités inconnues, que l’on désigne souvent par les lettres x ou y. Résoudre l’équation, c’est trouver des valeurs aux inconnues de façon à ce que l’égalité soit satisfaite. Par exemple, si je cherche un nombre x dont le carré est égal à 2 et si je montre x2 = 2 à mon téléphone, il m’indique qu’il y a deux solutions : plus ou moins la racine carrée de 2. Certes ! Mais il s’agit là d’une tautologie sans intérêt puisque la racine carrée de 2 est par définition un nombre dont le carré est égal à 2 : le téléphone ne m’a rien appris.
L’histoire des équations est très ancienne et parfois pittoresque. On sait résoudre les équations du premier et du deuxième degré depuis l’Antiquité...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Dans « Histoire d’un mensonge. Enquête sur l’expérience de Stanford », Thibault Le Texier invalide la fameuse expérience psychologique. Sommes-nous tous des bourreaux potentiels ? Cela reste à prouver.
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édition abonné


Sciences sociales. L’enfer carcéral de Stanford revisité

Dans « Histoire d’un mensonge. Enquête sur l’expérience de Stanford », Thibault Le Texier invalide la fameuse expérience psychologique. Sommes-nous tous des bourreaux potentiels ? Cela reste à prouver.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 07h45
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Histoire d’un mensonge. Enquête sur l’expérience de Stanford, de Thibault Le Texier, Zones, 296 p., 18 €.

L’« expérience de Stanford sur la prison » est l’une des expériences de psychologie sociale qui ont le plus profondément marqué l’opinion et la culture populaire. Conduite en 1971 par Philip Zimbardo, alors jeune professeur de psychologie à l’université Stanford (Californie), elle tendait à montrer que tout individu peut, dans les conditions déshumanisantes de l’univers carcéral, devenir un cruel tortionnaire. Est-ce réellement le cas ? Cette idée est débattue, mais un fait est désormais certain : l’expérience de Stanford ne peut plus être citée comme un indice ou un élément de preuve en ce sens. Car, une fois achevée la lecture d’Histoire d’un mensonge, l’enquête que lui consacre Thibault Le Texier, chercheur en sciences sociales, il ne demeure plus le moindre doute : la fameuse expérience n’a, pour rester poli, aucune valeur scientifique.
Simuler l’univers carcéral
Rappelons l’histoire. A l’automne 1971, Philip Zimbardo recrute par petites annonces une vingtaine de volontaires, tous étudiants, pour participer à une expérience ambitieuse : simuler l’univers carcéral en distribuant des rôles de gardiens et de détenus aux participants. L’enfermement, réel, des « prisonniers » est supposé durer deux semaines. Mais l’expérience est interrompue après seulement six jours, l’état de santé psychologique des détenus se détériorant face aux traitements inhumains imposés par leurs gardiens. En moins d’une semaine, des étudiants sans antécédents se seraient donc transformés en bourreaux impitoyables, sous l’effet déshumanisant de la prison.
L’expérience de Stanford a, depuis, largement alimenté le débat public, notamment aux Etats-Unis, sur la violence du milieu carcéral – comme en 2004, après la découverte des sévices infligés à leurs prisonniers par les gardiens de la prison d’Abou...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », deux spécialistes expliquent pourquoi le service du « Bon Samaritain », qui permet de solliciter à tout moment un citoyen formé aux gestes de premiers secours, doit être étendu à tout le territoire.
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Arrêts cardiaques  : « On peut sauver chaque année 5 000 vies supplémentaires en France »

Dans une tribune au « Monde », deux spécialistes expliquent pourquoi le service du « Bon Samaritain », qui permet de solliciter à tout moment un citoyen formé aux gestes de premiers secours, doit être étendu à tout le territoire.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 17h07
    |

Professeur Alexandre Mignon (Anesthésiste-réanimateur) et Docteur Paul Dardel







                        



                                


                            
Tribune. Chaque année, 50 000 Français sont victimes d’un arrêt cardiaque inopiné, encore appelé mort subite. Neuf sur dix en meurent. Douze fois plus que le nombre de morts sur la route. Il y a dix ans déjà, comme anesthésiste-réanimateur et urgentis­te, nous appelions, dans ce même journal, à la mise en place d’un véritable « Plan arrêt cardiaque » (« Un plan contre la mort subite », Le Monde du 12 septembre 2007). Il recommandait l’installation massive de défibrillateurs dans les lieux publics, ainsi que la simplification de leur utilisation par le premier témoin, même non qualifié.
Une vaste campagne de sensibilisation et de formation aux gestes qui sauvent était suggérée. Tout cela s’est en grande partie réalisé (notamment grâce au décret Xavier Bertrand et Philippe Bas en 2007) et s’est avéré efficace et utile, puisque la survie, à l’époque de 5 %, est passée à près de 10 %, un doublement heureux, mais insuffisant.
Il ne faut pas en rester là, mais comprendre que tout est désormais en place pour passer à l’étape suivante : celle de doubler dans les cinq prochaines années le taux de survie de la mort subite en France. Le but est de sauver 5 000 vies supplémentaires par an, le tout sans dépenser un euro de plus. C’est possible grâce à la technique dite du « Bon Samaritain ».
Un bon samaritain est un citoyen, sensibilisé et formé aux gestes de premiers secours, qui accepte de s’inscrire sur un site ou une application mobile. Grâce à cette application, il est géolocalisé et sollicité à tout moment par les services de secours (pompiers et SAMU) pour prodiguer à la victime d’une mort subite les gestes qui sauvent dans l’attente de l’arrivée des secours médica­lisés. Epaulé par téléphone, il commence alors un massage cardiaque, utilise un défibrillateur éventuellement apporté par un autre bon samaritain se trouvant dans le secteur.
Chaque minute qui passe sans action sur les victimes de mort subite s’accompagne d’une...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ L’explorateur publie le récit de la mission « Adaptation » : quatre expéditions de trente jours en solitaire, dans les milieux les plus extrêmes du globe.
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Christian Clot, explorateur des frontières de l’humain

L’explorateur publie le récit de la mission « Adaptation » : quatre expéditions de trente jours en solitaire, dans les milieux les plus extrêmes du globe.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 11h51
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


Dès la deuxième page du livre, on retient son souffle. Nous sommes au milieu des eaux glacées de la Patagonie chilienne, tandis que souffle le terrible williwoo, un vent dont les rafales atteignent jusqu’à 200 km/h et qui a l’effet de « mille poignards plantés dans le corps ». Dans ce théâtre apocalyptique du bout du monde, Christian Clot est là, solidement accroché à la vie dans son kayak. Et ce n’est que le début de ce récit d’aventures, qui se dévore d’un trait.
Mais comment va-t-il survivre ? Cette question est au centre des travaux de Christian Clot, cet insatiable explorateur qui vient de publier Au cœur des extrêmes. Braver les quatre milieux les plus hostiles de la planète pour éprouver les capacités humaines d’adaptation. (éd. Robert Laffont). D’août 2016 à février 2017, le Franco-Suisse, âgé de 46 ans, a traversé successivement quatre des milieux les plus extrêmes du globe, de par leur climat ou leur variabilité. A chaque fois, il a testé sa résistance dans ces milieux pendant trente jours, avec quinze jours de pause entre chaque. Nom de la mission : « Adaptation ».
Poker avec la mort
Ce voyage dantesque, on ne le souhaiterait à personne tellement il semble surhumain. Christian Clot a arpenté le désert du Dasht-e Lut, en Iran, par 70 °C au soleil et 3 % de taux d’humidité. Il a connu les canaux marins de Patagonie, avec un taux d’humidité qui frôle 100 %, une eau à 3 °C et un temps extrêmement versatile. Il s’est plongé dans l’enfer vert de la forêt amazonienne du Brésil et a traversé le théâtre des monts de Verkhoïansk, en Russie orientale, et alors qu’il faisait – 55 °C sous la tente. Une partie de poker avec la mort à chaque expédition.

   


« Que se passe-t-il dans notre cerveau confronté à ce genre de crise ? Qui sommes-nous lorsque, soudainement, nous nous rendons compte que la situation proposée par l’existence dépasse nos capacités ? » Voilà les questions auxquelles Christian Clot a voulu répondre avec ce programme. Il était entouré d’une armada de scientifiques et chercheurs, reconnaissants d’avoir le cobaye idéal, prêt à risquer sa vie pour la science.
Car l’explorateur est un jusqu’au-boutiste. Pour se rapprocher au plus près des situations de crises réelles, impossibles à reconstituer en laboratoire, il est parti sans téléphone, sans balise, sans aucun contact avec le monde extérieur. « Dans ces moments de la vie où tout peut basculer, où l’on se retrouve face à quelque chose d’insurmontable, nous sommes obligés de nous adapter… ou de mourir physiquement ou intellectuellement. Pourquoi certains y parviennent et pas d’autres ? Que se passe-t-il dans leur cerveau ? Quelles sont les clés qui font la différence ? » poursuit l’explorateur.
Souffrance, peur, froid, isolement…
Malgré les apparences, « Christian n’est pas une tête brûlée, commente Jérémy Roumian, son précieux directeur des opérations. Chaque détail est réglé au millimètre. Ensemble, nous imaginons pendant des mois les scénarios du pire pour que, une fois sur le terrain, il dispose d’un maximum de solutions. » Pour toute l’équipe, chaque départ est teinté de joie et de fierté d’avoir réussi à mettre sur pied une organisation ultracomplexe, parfois dans des pays instables politiquement. La peur au ventre, ils attendent alors l’appel libérateur, trente jours plus tard de Christian, revenu, vivant, à la civilisation.

   


Christian Clot a grandi à la campagne, aux côtés de ses deux frères aînés, dans une maison entourée d’une forêt. Une histoire contrariée avec l’école le pousse à arrêter très tôt ses études et à flirter avec les extrêmes. A 16 ans, il annonce à ses parents qu’il part pour le Canada avec un ami. Pour la première fois de sa vie, il est le moteur de ses choix. Désormais, il ne pense plus qu’à une seule chose : repartir. Il multiplie les voyages jusqu’en 1999 où, lors d’un tour du Népal à pied, il découvre une région qui n’a encore jamais été cartographiée et décide de devenir explorateur.
En 2004, avec deux collègues, il s’attaque à la Terre de Feu et à la cordillère Darwin, au Chili. Un endroit terrifiant où personne n’est encore jamais rentré. Pendant treize jours, ils restent bloqués dans leur tente, pris dans une tempête incessante. Ces deux semaines, qui paraissent une éternité, lui font prendre conscience que l’on connaît si peu l’humain. Dès lors, il n’aura de cesse de tester les limites de l’humain, et sa résistance à la souffrance, la peur, le froid, l’isolement…
Lire notre série de 2010 : Un jour, ils ont choisi l’aventure
Un immense optimiste
Le travail de Christian Clot est traversé par l’œuvre de Charles Darwin (auquel il a consacré une BD, publiée chez Glénat) et les changements climatiques inéluctables à venir. « Ce qui me fait repartir, c’est que je pense avoir quelque chose à apporter à l’humanité aujourd’hui, détaille l’explorateur. Mes travaux visent à une meilleure compréhension de notre cerveau, du rôle des émotions, de nos capacités insoupçonnées à faire face à des situations nouvelles. J’étais un immense pessimiste quant à notre avenir. Avec le temps, je suis devenu un immense optimiste. Le projet “Adaptation” est un message d’espoir. Demain, s’il fait 36 °C ou – 20 °C, nous saurons nous adapter. »
Avant chaque départ, Christian Clot se soumet à des IRM avec l’équipe du professeur Etienne Koechlin, directeur du laboratoire de sciences cognitives de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm. Les mêmes scans sont réalisés après chaque milieu, et permettent ainsi une comparaison de ses réseaux neuronaux. Sur le terrain, par – 55 °C ou + 70 °C, en plus de lutter pour sa survie et de parcourir les milieux sur de longues distances avec 100 à 150 kg de matériel, il consacre jusqu’à deux heures par jour à différents protocoles de recherche : des tests cognitifs sur ordinateur, l’écriture d’un journal avec verbalisation écrite et orale de certaines émotions pour mesurer sa perception des événements et des relevés physio-cognitifs de référence qui permettent de suivre sa température, ses rythmes cardiaques et respiratoires, les taux de cortisol et diverses hormones et molécules… Des milliers de données qui sont toujours en cours d’exploitation.
Les premiers résultats montrent qu’en l’espace de trente jours, il y a bien des modifications au niveau du cerveau. « Les zones pariétales, les zones de la mémoire, ainsi que les zones émotionnelles ont été impactées, relate-t-il. Personne ne croyait à de tels changements sur une si courte durée. Plusieurs indicateurs tendent aussi à prouver que l’émerveillement est une clé pour dépasser une situation difficile. »
Capacité d’émerveillement
Cet émerveillement, c’est un oiseau minuscule qui virevolte devant sa tente, un rire libérateur en pensant à une case de BD d’Astérix ou un arc-en-ciel qui viennent atténuer sa souffrance physique ou élargir sa perception de l’environnement. « Dans ces moments-là, il fait toujours aussi chaud, ou froid, ou humide, et pourtant cela me donne la force et surtout la raison de continuer à lutter. Nous avons besoin de cette capacité à aimer pour avancer. Cela fait dix ans que j’y crois, et que je travaille quotidiennement ma capacité d’émerveillement, même dans les situations les plus difficiles. »
Pour valider ses hypothèses, Christian Clot prévoit de repartir en janvier 2019 pour la « Mission 20 » : dix femmes et dix hommes âgés de 25 à 45 ans, tous volontaires, prêts à se soumettre au même enchaînement infernal des quatre milieux. L’équipe est déjà constituée avec des habitués d’ultratrails et des sportifs occasionnels, des docteurs et des sans-diplôme… « C’est cette énergie de différenciation qui va rendre un groupe capable de faire quasiment n’importe quoi, ajoute l’explorateur. Si je partais avec vingt personnes ultra-entraînées physiquement, je suis sûr que l’on n’arriverait pas au bout. Dans les difficultés, la capacité physique n’a plus aucune importance, ni l’intelligence. Seule la capacité d’adaptation compte. Si on met nos cerveaux en réseau, sans préjugés, on peut décupler collectivement nos capacités, qu’aucune intelligence artificielle ne pourra dépasser. »
Christian Clot interviendra lors du Festival de l’innovation Novaq. 
Les 13 et 14 septembre 2018, la région Nouvelle Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux. 
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Cet astérisme est visible au nord-est après le coucher du Soleil. Son astre principal, Véga, est l’étoile la plus brillante du ciel d’été.
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ L’espérance de vie des grands maîtres internationaux est comparable à celle des médaillés olympiques, et supérieure à celle de la population générale.
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Les échecs, un sport qui conserve

L’espérance de vie des grands maîtres internationaux est comparable à celle des médaillés olympiques, et supérieure à celle de la population générale.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 11h54
    |

            Pascale Santi








                        



Chess boxing was born 16 years ago when its founder Iepe Rubingh brought to life a seemingly far-fetched idea from a French graphic novel, "Cold Equator" by Enki Bilal. Today, Rubingh is setting his sights on introducing chess boxing to the Olympics and even looking at sending robots into battle, as the multidisciplinary sport gains popularity.
                                Chess boxing was born 16 years ago when its founder Iepe Rubingh brought to life a seemingly far-fetched idea from a French graphic novel, "Cold Equator" by Enki Bilal. Today, Rubingh is setting his sights on introducing chess boxing to the Olympics and even looking at sending robots into battle, as the multidisciplinary sport gains popularity.



                            
Dix mille pas et plus. La mort de deux joueurs lors des Olympiades d’échecs 2014 avait marqué les esprits. Si ces décès font la « une » de l’actualité, ils n’en ­demeurent pas moins rarissimes. Et c’est heureux. De même, les idées reçues sur les joueurs d’échecs mangeant des sucreries, buvant de l’alcool, fumant… ne sont plus de mise. Une étude publiée le 3 mai dans Plos One bat en brèche ces idées reçues. La longévité des joueurs d’échecs serait identique à celle des athlètes physiques et bien meilleure que celle de la population générale, avec une espérance de vie en moyenne de sept ans plus élevée.
Une équipe de chercheurs de l’université de Melbourne a recueilli les données de 1 208 grands ­maîtres internationaux – principalement des hommes – de 28 pays, puis a calculé le taux de survie ­annuel moyen, ajusté en fonction de la région, du sexe, de l’âge. Ils ont fait de même avec les données de 15 157 médaillés olympiques. Trente et soixante ans après l’obtention de leur titre, le taux de survie était respectivement de 87 % et 15 %. L’espérance de vie à 30 ans – à peu près l’âge auquel ils obtiennent leur titre – atteint en moyenne 53,6 ans, soit bien plus que pour la population générale (45,9 ans). Cette espérance de vie est similaire à celle des ­médaillés olympiques.
« Cette étude est intéressante », indique Juliana ­Antero. Cette chercheuse épidémiologiste à l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmes, Insep) vient de publier une étude dans European Journal of Epidemiology sur une population de 2 814 athlètes français ayant participé aux JO de 1912 à 2012 et/ou au Tour de France. Leur espérance de vie est meilleure en moyenne de 6,5 années par rapport à la population générale, principalement en raison du moindre risque de cancer.
Des raisons diverses
Mais comment expliquer les raisons de cette meilleure santé pour les joueurs d’échecs ? Pas si simple. Certes, on pense...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Une équipe française a réussi à reconstruire une trachée ou une bronche à partir de tissu aortique.
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Succès français dans les greffes de trachée

Une équipe française a réussi à reconstruire une trachée ou une bronche à partir de tissu aortique.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 15h00
    |

            Sandrine Cabut








                        



   


Reconstruire une trachée ou une bronche, à partir de tissu aortique, pour des patients avec une tumeur des poumons ou une lésion des voies aériennes inopérable par les techniques classiques. C’est ce qu’a réussi l’équipe du chirurgien Emmanuel Martinod (hôpital Avicenne, Bobigny, APHP), qui a ainsi traité treize malades depuis 2009. Les résultats préliminaires de l’étude, présentés dans un congrès aux Etats-Unis, ont été publiés en ligne dans le Journal of the American Medical Association du 20 mai. Avec un recul moyen de près de quatre ans, 10 des 13 patients greffés sont en vie, et 80 % d’entre eux respirent normalement. Les succès de ces biogreffes sont d’autant plus bienvenus que le domaine des greffes de trachée a été entaché ces dernières années par les fraudes mortelles d’un chirurgien italien, Paolo Macchiarini.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Le quatrième homme à avoir marché sur la Lune est mort, samedi, à l’âge de 86 ans.
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La mort de l’astronaute Alan Bean

Le quatrième homme à avoir marché sur la Lune est mort, samedi, à l’âge de 86 ans.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 14h53
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 15h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

La question, un rien angoissante pour les amoureux du spatial, se pose alors qu’approche le 50e anniversaire du premier pas de l’homme sur la Lune, que l’on fêtera en juillet 2019 : des douze Américains qui ont foulé le sol de notre satellite naturel, combien seront encore vivants pour les célébrations de la mission Apollo-11 ? Le temps et la mort font leur œuvre et ces héros de l’épopée lunaire ne sont plus que quatre depuis le décès à Houston, samedi 26 mai, d’Alan Bean, à l’âge de 86 ans.
Né à Wheeler, au Texas, le 15 mars 1932, diplômé en aéronautique, pilote de chasse puis pilote d’essai dans la Navy, Alan Bean est sélectionné en octobre 1963 pour faire partie du corps des astronautes de la NASA. Les Etats-Unis sont alors en pleine course à la Lune. Lorsque son collègue Clifton Williams trouve la mort dans un accident d’avion en 1967, le Texan prend sa place comme pilote du module lunaire de la mission Apollo-12, qui doit être la deuxième à se poser sur notre satellite.
Deux missions dans l’espace
Ce qui a failli ne jamais arriver : quelques secondes après son décollage le 14 novembre 1969, la fusée Saturn-5 qui, en plus d’Alan Bean, emmène Pete Conrad (commandant de la mission) et Richard Gordon (pilote du module de commande qui doit rester en orbite autour de la Lune) est frappée par la foudre. L’alarme retentit alors que les instruments sont privés momentanément d’électricité. Les contrôleurs au sol perdent leurs données. Lorsqu’elles reviennent, elles semblent inexactes car l’appareil censé les traiter n’est plus alimenté. Heureusement, Alan Bean, qui a déjà été confronté à l’incident lors d’une simulation de vol, se rappelle comment activer son alimentation auxiliaire. Son sang-froid permet à la mission de ne pas être avortée.

Au terme de quatre jours et demi de voyage, l’Intrepid (nom du module lunaire d’Apollo-12) se pose sans encombre dans l’océan des Tempêtes, à proximité de l’atterrisseur automatique Surveyor-3...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Un germe hébergé par la flore buccale normale du chien est parfois responsable d’infections humaines gravissimes lorsque le système immunitaire est défaillant.
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<article-nb="2018/06/01/18-17">
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Ces plathelminthes, probablement importés avec des plantes d’ornement, sont curieusement passés inaperçus malgré des signalements épars de particuliers depuis une vingtaine d’années.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
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Des vers géants envahissent la France

Ces plathelminthes, probablement importés avec des plantes d’ornement, sont curieusement passés inaperçus malgré des signalements épars de particuliers depuis une vingtaine d’années.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 13h30
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
Zoologie. Les uns présentent une belle teinte turquoise, d’autres sont jaunes, certains encore bruns avec des bandes plus foncées. Ils peuvent atteindre plusieurs dizaines de centimètres de long. Leur tête en éventail ajoute à leur aspect exotique. Pourtant, alors que des particuliers les ont repérés dans leurs jardins et signalés, ces plathelminthes invasifs sont restés sous le radar des scientifiques français jusqu’à une date très récente. Un article, publié le 22 mai dans la revue PeerJ et intitulé « Des vers géants chez moi! », fait le point sur la présence en France métropolitaine, mais aussi dans les territoires français d’outre-mer, des plus grands de ces vers terrestres, dits bipaliinés.

Le début de cette vaste enquête participative date de mars 2013, se souvient Jean-Lou Justine (Muséum national d’histoire naturelle), qui l’a coordonnée. Pierre Gros, photographe amateur d’insectes, repère alors dans son jardin de Cagnes-sur-Mer un ver étrange, dont il met la photo en ligne sur le site Insect.org. L’image passe de forum en forum, avant qu’un collègue de Jean-Lou Justine l’interroge sur le curieux animal. Décision est prise de fixer la bête et de l’envoyer par recommandé à un spécialiste des Pays-Bas, qui ne peut l’identifier précisément, faute d’appareil reproducteur. « Mais alors qu’on pensait avoir affaire à un spécimen exceptionnel, son signalement relayé auprès d’un réseau de naturalistes en a fait remonter bien d’autres », raconte le chercheur. On sait désormais que la France compte 10 espèces invasives de plathelminthes – dont le ver plat de Nouvelle-Guinée Platydemus manokwari signalé par la même équipe en 2014, déjà dans PeerJ. Le nouvel article décrit les cinq plus grandes de ces espèces.

Ces bestioles sont des prédatrices, qui s’attaquent aux animaux à corps mous, comme les vers de terre en métropole et les escargots en Guadeloupe. Dotées de 10 paires d’yeux, elles...




                        

                        


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Agresseurs sexuels : « Le “monstre” pour lequel nous n’avons aucune empathie peut évoluer »

Magali Bodon-Bruzel dirige le service de psychiatrie de la prison de Fresnes. Elle témoigne de son expérience auprès des criminels sexuels et de leurs victimes.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 20h58
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
La docteure Magali Bodon-Bruzel, psychiatre, est chef du pôle regroupant le service de psychiatrie de la prison de Fresnes et une unité d’hospitalisation spécialement aménagée (UHSA) pour détenus souffrant de troubles mentaux. Elle vient de publier Sex Crimes (Stock, 304 pages, 19 euros), avec le romancier Régis Descott. Une lecture prenante, souvent dérangeante, alors que 206 viols sont commis par jour en France, et qu’un millier d’auteurs de violences sexuelles seulement sont condamnés chaque année.
La France a récemment été marquée par ­plusieurs affaires de crimes sexuels. ­Comment parvenez-vous à prendre en charge les auteurs d’actes aussi monstrueux : pédophiles, auteurs d’incestes, violeurs et parfois tueurs en série ?
En tant que médecin, je me mets à la disposition de ceux qui ont commis ces actes graves, criminels, inacceptables, pour les accompagner, travailler avec eux, les aider à changer de comportement – si toutefois ils en ont l’envie et le courage, car il s’agit de courage. Tous les violeurs sont des salauds au moment de leur acte, mais certains, ou plus exactement une partie d’eux-mêmes, ne se reconnaissent pas dans ce qui a été commis. Ceux-là cherchent, et quelques-uns se mettent au travail…
Vous arrive-t-il d’avoir du dégoût, ou de la ­compassion pour certains de ces criminels ?
Je suis médecin psychiatre : mon travail est d’écouter leur souffrance et de la prendre en charge. Les choses sont rarement binaires. Ma compassion peut varier selon les personnes qui sont en face de moi, mais également selon les moments de leur parcours. Je suis aussi une personne humaine : je peux trouver abjects certains agresseurs. Dans une affaire comme celle de Nordahl Lelandais [meurtrier de Maëlys, 9 ans, et d’Arthur Noyer], il paraît compliqué d’avoir de la compassion pour l’agresseur.
Mais le « monstre » pour lequel nous n’avons aucune empathie peut évoluer. C’est toute l’ambivalence...




                        

                        


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La polémique, ADN de James Watson

Le codécouvreur de la double hélice a donné une conférence truffée de coups de griffes.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h20
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
Je répondrai à une question à propos de n’importe quoi, ­hormis Rosalind Franklin ! » Agé de 90 ans, James Watson, codécouvreur de la structure en double hélice de l’ADN en 1953, percée qui lui a valu le prix Nobel, en 1962, n’a rien perdu de son mordant. Face à deux douzaines de personnes, lors d’une conférence donnée mercredi 23 mai au Collège de France, l’Américain aura balayé de sa verve une page cruciale de la science moderne et égratigné bon nombre de ses ­contemporains. Au premier rang desquels, donc, Rosalind Franklin, l’auteure d’images en diffraction aux rayons X de fragments d’ADN, qui allaient donner à Watson et son partenaire intellectuel Francis Crick l’une des pièces cruciales du puzzle de cette fameuse double hélice, support de l’information génétique.

A Stockholm, en 1962, il y avait trois hommes sur la photo : ­Watson, Crick et Maurice Wilkins, collègue de Rosalind Franklin au King’s College de Londres. Celle-ci ne pouvait certes y figurer, car elle était morte en 1958. Mais, pour Watson, « il n’y aurait eu aucune raison de lui attribuer le prix ­Nobel » : elle n’avait pas cru à l’hypothèse de la double hélice – un point démenti par les historiens. « Elle était une perdante [« loser »] », a-t-il assuré. Un jour, la chercheuse l’aurait presque frappé, avant qu’il ne découvre finalement « qu’elle n’était pas une sorcière ».
Tandis que, dans l’assistance, sa femme affichait parfois une mine inquiète, chacun en a pris pour son grade. Même l’auteur de « 99 % du travail intellectuel de la découverte », Francis Crick, dont Watson se demande s’il n’était pas un peu autiste. Lawrence Bragg, supérieur du duo Crick & Watson à Cambridge ? « Un ­dinosaure », qui avait cependant une « femme séduisante ». Linus Pauling, qui avait proposé une structure en triple hélice ? « J’ai vu immédiatement que c’était colossalement faux. (…) On n’a jamais compris comment...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ En analysant l’ADN environnemental de vingt-deux échantillons d’eau collectés sur plusieurs semaines autour de la Nouvelle-Calédonie, des chercheurs sont parvenus à détecter davantage de requins que des centaines de caméras installées pendant deux ans.
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Les requins dans les filets de l’ADN

En analysant l’ADN environnemental de vingt-deux échantillons d’eau collectés sur plusieurs semaines autour de la Nouvelle-Calédonie, des chercheurs sont parvenus à détecter davantage de requins que des centaines de caméras installées pendant deux ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 17h06
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Cette étude a déjà fait le tour du monde. Publiées le 2 mai, dans la revue Science Advances, ses conclusions ont été reprises dans de nombreu x journaux, décortiquées, commentées. En analysant vingt-deux échantillons d’eau collectés sur plusieurs semaines autour de la Nouvelle-Calédonie, des chercheurs français, italiens et américains sont parvenus à détecter davantage de requins que des centaines de caméras installées pendant deux ans et des milliers de plongées durant des décennies.
Sur les vingt-six espèces de squales historiquement identifiées dans la région, les récentes campagnes traditionnelles en avaient repéré neuf. « Les données des enregistrements vidéo étaient particulièrement préoccupantes, souligne David Mouillot, professeur de biologie marine à l’université de Montpellier et coordinateur de l’étude. Dans toutes les zones fréquentées par les humains, on ne voyait plus rien. Soit les requins étaient partis, soit, comme les lynx ibériques ou les éléphants, ils avaient adopté un comportement furtif. »
Cent fois moins coûteux
La pêche s’est révélée nettement plus fructueuse avec l’ADN. Les chercheurs ont analysé vingt-deux échantillons composés chacun de 2 litres d’eau prélevés à 5 mètres de profondeur et 2 litres puisés à 20 mètres. Au terme de cet effort « cent fois moins coûteux », les auteurs de l’article annoncent avoir retrouvé treize espèces de requins. Surtout, ils ont relevé la présence des poissons dans le sud de l’archipel, près de Nouméa, la zone la plus urbanisée. Pour les scientifiques, la persistance de l’ADN dans l’eau – plusieurs jours – ainsi que sa circulation pourraient partiellement expliquer cette surdétection. Mais David Mouillot en est certain : « Les requins sont là, mais ils se sont adaptés à notre présence. »
S’éloigner des hommes, vivre à de plus grandes profondeurs et n’en remonter qu’en cas de véritable nécessité. Le biologiste français pense que tels les loups...




                        

                        

