<FILE-date="2018/06/01/18">

<article-nb="2018/06/01/18-1">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Rocardien, élu local influent dans la Sarthe depuis 1976, membre de cabinets ministériels dès 1981, Jean-Claude Boulard avait fini par rallier Emmanuel Macron en 2017. Il est décédé le 31 mai à l’âge de 75 ans.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La mort de Jean-Claude Boulard, le maire socialiste du Mans

Rocardien, élu local influent dans la Sarthe depuis 1976, membre de cabinets ministériels dès 1981, Jean-Claude Boulard avait fini par rallier Emmanuel Macron en 2017. Il est décédé le 31 mai à l’âge de 75 ans.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 18h01
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Michel Rocard l’avait qualifié de « défenseur acharné des mal-lotis ». Maire socialiste du Mans depuis 2001, ancien député et ancien sénateur, Jean-Claude Boulard est mort, jeudi 31 mai, dans sa ville, à l’âge de 75 ans, des suites d’une longue maladie. Emmanuel Macron, auquel il avait apporté son soutien dès janvier 2017, a rendu hommage à son ami, « à titre personnel », « épris d’équité et de progrès social, croyant à l’émancipation par le travail », qui « toute sa vie aura fait de l’intérêt général son unique boussole ».
Fils de professeur, petit-fils du musicien Théodore Dubois – dont il écrivit la biographie –, Jean-Claude Boulard naît le 28 mars 1943 à Nantes (Loire-Atlantique). « Par accident, racontera-t-il, j’ai passé toute mon enfance à Saint-Marceau », dans la Sarthe. Il poursuit ses études, brillantes, au lycée Henri IV, à Paris, puis à Sciences Po avant d’être élève à l’ENA (promotion Turgot, 1966-1968). A sa sortie, il intègre le Conseil d’Etat, auquel il vouera une fidélité totale tout au long de sa vie, marquée par d’incessants allers et retours entre ses mandats politiques et sa carrière administrative. Maître des requêtes en 1975, il avait été admis, en 2004, à faire valoir ses droits à la retraite du Conseil d’Etat.
Apprécié pour son grand humanisme
Très tôt, Jean-Claude Boulard entre en politique. « Je suis d’une génération qui s’est engagée contre la guerre en Algérie, pour la décolonisation, expliquait-il. Naturellement, je suis allé voir du côté du PSU avec Michel Rocard. Et je me suis engagé par conviction, sans souci de carrière. » En mars 1971, il est élu au conseil municipal de Saint-Marceau. Conseiller général (PS) de la Sarthe, dans le canton de Ballon, de 1976 à 2001, il devient, en 1981, puis de nouveau en 1988, directeur de cabinet du ministre de la mer, Louis Le Pensec, rocardien comme lui. Au PS, où il se fait apprécier pour son...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-2">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le site La Gauche m’a tuer avance qu’Emmanuel Macron annonce la suppression de 30 000 postes d’infirmières. Un chiffre fantaisiste.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                

Macron a-t-il annoncé la suppression de 30 000 postes d’infirmières ?

Le site La Gauche m’a tuer avance qu’Emmanuel Macron annonce la suppression de 30 000 postes d’infirmières. Un chiffre fantaisiste.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 17h53
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Emmanuel Macron est-il sur le point de supprimer 30 000 postes d’infirmiers et d’infirmières ? C’est en tout cas ce qu’avance Mike Borowski, responsable du site proche de l’extrême droite La Gauche m’a tuer dans un article paru le 31 mai. Connu pour diffuser de nombreuses fausses nouvelles et classé comme très peu fiable dans le Décodex, La Gauche m’a tuer délivre, une nouvelle fois, une information biaisée en utilisant un chiffre détourné.
Pourquoi c’est faux
Le parcours de l’information partielle délivrée par La Gauche m’a tuer est tortueux. Le chiffre de 30 000 postes provient d’un article initialement publié sur le site Initiative communiste, puis repris sur la plate-forme Agoravox. Il y est précisé qu’Emmanuel Macron compte diminuer de 1,2 milliard d’euros la masse salariale des hôpitaux publics, « l’équivalent de 30 000 infirmières et infirmiers ». Une première nuance dont ne tient pas compte M. Borowski dans son article.

   


A la source de l’article d’Initiative communiste, un communiqué du syndicat Force ouvrière daté du 9 mai. Ce dernier fait mention d’un plan d’économies de 5 milliards auquel s’ajoute une économie de 1,2 milliard sur les seules dépenses de personnel. « Cela entraînera au minimum une suppression de 30 000 postes sur 5 ans », avance le communiqué.
Les chiffres du communiqué proviennent, eux-mêmes, d’une autre source. Dans un article daté du 7 mai 2018, le site Hospimedia, spécialisé dans l’actualité des problématiques de santé, révèle que le gouvernement envisage une économie de 1,2 milliard d’euros sur la masse salariale des établissements publics de santé d’ici 2019. Ce chiffre provient d’un document de la direction générale de l’offre de soins, disponible dans la version abonnés d’Hospimedia. Il ne s’agit toutefois que d’hypothèses de la part du gouvernement.
« Supprimer 30 000 postes d’infirmières, c’est impensable »
De l’article d’Hospimedia vient le chiffre avancé par Mike Borowski. Mais il ne s’agit que d’une supposition effectuée par le syndicat FO santé, qui estime que « ce scénario d’économies pris en application de la stratégie de transformation du système de santé représente une suppression de 30 000 postes sur cinq ans ».
« Je ne saurais pas vous dire si les 30 000 sont un chiffre réaliste. Il est quasiment impossible à vérifier et les chiffres syndicaux sont souvent exagérés, explique Pia Hémery, rédactrice en chef d’Hospimedia. Il s’agit dans tous les cas de 30 000 postes tous secteurs confondus. Supprimer 30 000 postes d’infirmières, c’est impensable ».
Contacté, le ministère de la santé infirme également ce chiffre, rappelant que plus de 20 000 infirmiers ont été recrutés dans les hôpitaux publics entre 2014 et 2017. Si la profession d’infirmière est épargnée par les coupes sombres dans ses effectifs, la réforme de la fonction publique d’Emmanuel Macron devrait conduire à un vaste plan de départs volontaires pour 120 000 fonctionnaires.

        Lire aussi :
         

                L’annuaire des fausses informations du Décodex






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-3">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Loto du patrimoine : « Nous demandons au président de la République de renoncer à se rendre dans la maison de Pierre Loti »

C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron a entrepris d’engager des initiatives visant à financer la rénovation de notre patrimoine culturel. A cet effet, un vaste « loto » sera organisé permettant d’abonder un fonds consacré au financement en tout ou en partie de 250 monuments français. Une démarche respectable, que nous serions prêts à soutenir, si le président de la République n’envisageait pas de lancer ce « grand loto du patrimoine » dans la maison de l’écrivain Pierre Loti à Rochefort, la veille des journées européennes du patrimoine 2018. Un tel acte aurait pour effet d’apporter une onction républicaine et européenne aux écrits d’un auteur qui s’est illustré par une haine d’une violence inouïe à l’égard des Arméniens et des juifs.
Aussi, souhaitons-nous, à travers cet appel, attirer l’attention sur les écrits de Pierre Loti.
Dans son livre La Mort de notre chère France en Orient », il écrivait : « « En ce qui me concerne, je suis mal tombé peut-être, mais je puis attester qu’à de rares exceptions près, je n’ai rencontré chez eux [les Arméniens] que lâcheté morale, lâchage, vilains procédés et fourberie. Et comme je comprends que leur duplicité et leur astuce répugnent aux Turcs, qui sont en affaires la droiture même ! Leurs pires ennemis sont les premiers à le reconnaître. J’oserais presque dire que les Arméniens sont en Turquie comme des vers rongeurs dans un fruit, drainant à eux tout l’or, par n’importe quel moyen, par l’usure surtout, comme naguère les Juifs en Russie ».
Actes ignobles
Dans Jérusalem, il écrivait encore : « En soi, cela est unique, touchant et sublime : après tant de malheurs inouïs, après tant de siècles d’exil et de dispersion, l’attachement inébranlable de ce peuple à une patrie perdue ! Pour un peu, on pleurerait avec eux – si ce n’étaient des Juifs (mots soulignés par l’auteur) et si l’on ne se sentait le cœur étrangement glacé par toutes leurs abjectes figures. »...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-4">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Jean-Yves Grenier, directeur d’études à l’EHESS, explique que la faible inflation et le chômage de masse créent un cercle vicieux.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Dette publique : « Si vous voulez qu’on vous prête de l’argent, il faut inspirer confiance »

Jean-Yves Grenier, directeur d’études à l’EHESS, explique que la faible inflation et le chômage de masse créent un cercle vicieux.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 15h09
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            
Jean-Yves Grenier, directeur d’études au Centre de recherches historiques à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et professeur à l’Ecole polytechnique, explique que la dette trouve son existence dans la guerre, et ce depuis la fin du Moyen Age.
Les Etats ont-ils toujours été endettés ?
Oui, historiquement, les Etats ont toujours été endettés. La spécificité de la dette publique, c’est qu’elle est reconnue par le successeur de celui qui l’a créée : elle est donc pérenne. Sous cette forme, elle apparaît à la fin du Moyen Age, dans les cités-Etat italiennes. Puis elle s’est développée, particulièrement en Europe.

Pour qu’il y ait dette publique, il faut un Etat suffisamment structuré. Mais il faut également un motif d’endettement. Et c’est la guerre qui, le plus souvent, produit la dette. Du XVIe au XVIIIe siècle, les Etats européens, tous de taille et de force moyennes, sont en guerre permanente. Prenons l’exemple de Louis XIV. Son rêve, Montesquieu l’a bien montré dans ses Réflexions sur la monarchie universelle en Europe, c’est de reconstituer une monarchie dominant l’Europe, sur le modèle de l’Empire romain. Mais pour cela, il faut se battre. La vraie passion de Louis XIV, c’est la guerre. Et pour la financer, il doit s’endetter et une bonne partie de l’Europe avec lui.
L’Europe est un cas particulier. A la même époque, la Chine, par exemple, dispose également d’un Etat développé, mais elle évite de s’endetter. L’une des raisons, c’est qu’elle est un empire et que ses ennemis sont des nomades peu équipés. Les combattre ne nécessite donc pas de gros investissements. A l’exception notable de la Muraille de Chine. Mais il n’y a qu’une Muraille de Chine. En Europe, il y a alors des fortifications partout.
Autre exemple, l’Empire romain était peu endetté. Car son système fiscal était efficace, et il faisait en outre payer les vaincus. Au XIXe siècle, les Etats-Unis...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-5">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Plusieurs lycéens, qui pensaient valider une proposition d’admission sur l’application mobile de Parcoursup, se retrouvent un temps sans affectation. Une erreur de manipulation des usagers, selon le rectorat, qui recommande de se connecter sur un ordinateur.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ 
<article-nb="2018/06/01/18-6">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le ministre de la transition écologique et solidaire devait détailler un plan à 100 millions d’euros.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Nicolas Hulot veut faire de la France un leader mondial de l’hydrogène

Le ministre de la transition écologique et solidaire devait détailler un plan à 100 millions d’euros.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h30
    |

                            Nabil Wakim et 
Philippe Jacqué








                        



                                


                            

Nicolas Hulot est un homme pressé. Il n’a pas pu attendre vendredi 1er juin pour présenter son plan pour le développement de l’hydrogène. Dès mercredi 30 mai, le ministre de la transition écologique a dévoilé, à l’Assemblée nationale, les principales lignes de son plan pour promouvoir cette molécule hautement énergétique. Celui qui y croit dur comme fer depuis de nombreuses années entend « faire de la France un leader mondial de cette technologie ». Il va y consacrer 100 millions d’euros.
Le ministre défend l’essor de l’hydrogène, car c’est l’un des rares vecteurs énergétiques possibles aujourd’hui pour assurer la transition vers une économie décarbonée. En effet, l’hydrogène ne dégage pas de gaz carbonique à sa combustion. Cela permet notamment à des véhicules de tout type (voitures, véhicules utilitaires, bus, poids lourds, bateaux, trains et fusées) de se mouvoir sans dégager ni CO2 ni polluants, grâce à l’utilisation d’une pile à combustible, qui transforme l’hydrogène en électricité et en eau.
Utilisé par les raffineries, les usines chimiques ou les verreries

L’hydrogène peut également être utilisé pour produire de la chaleur, décarboner le gaz naturel ou stocker à long terme de l’énergie électrique. « Contrairement aux batteries, [la technologie] peut stocker l’électricité à long terme. Avec l’augmentation à venir de la production d’énergie solaire et éolienne, cette fonction sera importante », résume Philippe Boucly, membre de l’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible.
Pour l’instant, l’essentiel de l’hydrogène est utilisé par les raffineries, les usines chimiques ou les verreries. Or il est produit à partir d’énergies polluantes. « Pour 1 million de tonnes d’hydrogène produit, nous envoyons aujourd’hui dans l’atmosphère 13 millions de tonnes de CO2. En France, c’est près de 3 % de nos émissions de CO2 annuelles », constate-t-on au ministère de la transition...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-7">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Editorial. Glyphosate, publicité alimentaire, poules en batteries… le projet de loi, voté par l’Assemblée le 30 mai, est resté sourd aux attentes de la société civile et loin des promesses du président Macron.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                

Loi agriculture et alimentation : une défaite environnementale

Editorial. Glyphosate, publicité alimentaire, poules en batteries… le projet de loi, voté par l’Assemblée le 30 mai, est resté sourd aux attentes de la société civile et loin des promesses du président Macron.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h15
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Deux poids et deux mesures : ainsi peut se résumer le projet de loi agriculture et alimentation adopté en première lecture par l’Assemblée nationale mercredi 30 mai. D’un côté, un volet économique destiné à rééquilibrer le rapport des forces entre les agriculteurs et la grande distribution, afin d’assurer au monde agricole des revenus décents. D’un autre côté, un volet sanitaire et environnemental, visant notamment à promouvoir une alimentation plus saine et des modes de production plus respectueux des attentes et des inquiétudes des consommateurs.
Or, si le texte adopté par les députés a, peu ou prou, répondu aux revendications des agriculteurs (et notamment de leur principal syndicat, la FNSEA), il est manifeste qu’il est d’une extrême frilosité sur le volet environnemental. En effet, les parlementaires ont fait preuve d’une complaisance inédite pour les intérêts économiques de l’agroalimentaire et d’une surdité tout aussi remarquable aux revendications de la société civile.

        Lire aussi :
         

                Moisson de critiques contre Stéphane Travert sur le projet de loi agriculture et alimentation



Une forêt de renoncements
Le rejet de plusieurs amendements gravant dans la loi l’engagement présidentiel d’interdire l’usage du glyphosate, cet herbicide soupçonné d’avoir des effets cancérigènes, d’ici à 2021 est le signe le plus spectaculaire de cette pusillanimité. Mais il n’est que l’arbre qui cache une forêt de renoncements.
L’interdiction de diffuser des publicités pour l’alimentation transformée, facteur d’obésité chez les enfants ? Rejetée. L’interdiction des élevages hors sol de poules pondeuses en cage, autre promesse de campagne d’Emmanuel Macron ? Rejetée. L’interdiction des pratiques brutales dans la production animale, la castration à vif, le broyage de poussins vivants ? Rejetée. La vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs, qui permettrait de protéger autant les personnels, soumis à des cadences intenables, que les animaux ? Renvoyée à des expérimentations. Même l’interdiction des épandages de pesticides à proximité des lieux de vie a été écartée. Tout comme le projet d’établir, sur un autre dossier, un Fonds d’indemnisation des victimes des produits phytosanitaires. Même l’interdiction de l’épandage aérien des pesticides est remise en cause – au mépris du droit européen.
Les artisans du projet de loi peuvent mettre en avant quelques avancées, comme la séparation des activités de vente de pesticides et de conseil technique sur leurs usages, ou la libre commercialisation des semences paysannes. Mais celles-ci pèsent bien peu face au manque d’ambition général du texte.
Pourtant, les alertes des scientifiques se multiplient, qui dénoncent le modèle agricole dominant comme un facteur majeur d’érosion de la biodiversité, de dégradation de l’environnement et de l’émergence de sérieux problèmes sanitaires. Le gouvernement et le Parlement n’en ont cure, à l’évidence. Or c’est, précisément, ce modèle qui a contribué à décourager les agriculteurs, à vider les campagnes et à dévitaliser les territoires.
Les lobbys de l’agro-industrie ont donc, jusqu’à présent, très efficacement défendu leurs intérêts. Leur succès entérine, en quelque sorte, la défaite de Nicolas Hulot, ministre d’une transition écologique et solidaire de plus en plus évanescente. Mais il témoigne aussi du grand écart entre les déclarations du président de la République (du tonitruant « Make Our Planet Great Again » au cri d’alarme lancé, le 24 mars, sur l’érosion catastrophique de la biodiversité) et la politique effective du gouvernement.

Join the fight for nature, switch all your lights off. #EarthHour https://t.co/V7F2s9DkVR— EmmanuelMacron (@Emmanuel Macron)


require(["twitter/widgets"]);




                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-8">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ La nièce de Marine Le Pen a participé à un raout de personnalités de droite et d’extrême droite sur le thème « débranchons Mai 68 », organisé, jeudi 31 mai, par le mensuel L’Incorrect et l’association post-Manif pour tous Eveilleurs d’espérance.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La non-revenante Marion Maréchal et le réveil des « zombies »

La nièce de Marine Le Pen a participé à un raout de personnalités de droite et d’extrême droite sur le thème « débranchons Mai 68 », organisé, jeudi 31 mai, par le mensuel L’Incorrect et l’association post-Manif pour tous Eveilleurs d’espérance.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h01
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
Ils sont venus, ils sont tous là : aficionados de l’union des droites (Emmanuelle Ménard, députée apparentée Front national) ou les membres de la famille des catholiques « tradi » (Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate) ; les acharnés du combat identitaire (Aurélien Verhassel, patron des identitaires lillois) ou de la lutte contre les médias « mainstream » (Jean-Yves Le Gallou, dirigeant de la fondation identitaire Polémia et ancien cadre frontiste).
Dans le décor kitsch de la Palmeraie, une salle du 15e arrondissement de Paris, avec palmiers et faux ciel étoilé, un thème fédère cet assemblage hétéroclite de personnalités de droite (un peu) et d’extrême droite (beaucoup) : Mai 68, qu’il convient de « débrancher », comme le réclame le titre de la soirée organisée, jeudi 31 mai, par le mensuel L’Incorrect et l’association post-Manif pour tous Eveilleurs d’espérance. Une personne, aussi : Marion Maréchal.
Lors de son discours, l’ancienne députée de Vaucluse s’est projetée dans un futur où les « conservateurs zombies » sortiraient « de leur état » et deviendraient « les nouveaux deux mille soixante-huitards ». Elle avait aussi préparé une formule de son cru pour tenter de convaincre qu’elle ne replongerait pas tout de suite dans le bain de la politique active. « A l’époque de balance ton porc, il est malvenu de vouloir faire dire “oui” à une femme qui passe son temps à dire “non”. Ce n’est pas un retour politicien », assure celle qui lance à la rentrée, à Lyon, l’Institut des sciences sociales, économiques et politiques (Issep). Une école destinée à former une élite dirigeante qui lui ressemble, loin des « dérives soixante-huitardes » et autres « délires pédagogiques ».

Sombre paysage
Cinquante ans après, les événements de Mai 68 semblent avoir été la cause de bien des maux français s’il l’on...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-9">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ La dette publique française atteint un niveau record et pose de nombreuses questions. Décryptage.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’endettement d’un pays n’est pas dangereux tant qu’il reste sous contrôle

La dette publique française atteint un niveau record et pose de nombreuses questions. Décryptage.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h32
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            
La dette publique de la France est de 2 200 milliards d’euros, soit quasiment ce que le pays produit de richesses en un an : 97 % du produit intérieur brut (PIB). Un record inégalé depuis la seconde guerre mondiale.
Pourquoi avons-nous une dette aussi élevée ?
C’est dans les années 1970 que la situation a commencé à se dégrader. La dette du pays représente alors moins de 20 % du PIB. Mais, dès 1975, la France est en déficit : l’Etat dépense davantage qu’il ne perçoit. Dès lors, l’effet est mécanique : pour faire face, il faut emprunter. La dette publique d’aujourd’hui est en grande partie le fruit de l’accumulation de ces déficits depuis quarante ans. « Nous avons toujours eu un fort déficit public, note François Ecalle, ancien conseiller à la Cour des comptes, président de l’association Finances publiques et économie. Parce que nous avons laissé ce déficit augmenter dans les périodes de mauvaise conjoncture, ce qui est normal, sans le réduire suffisamment dans les périodes où la conjoncture était meilleure, ce qui est critiquable. »
Est-ce grave d’être endetté ?
En soi, non. Une dette publique maîtrisée peut être bénéfique, à la condition que les dépenses ainsi financées créent des richesses pour l’avenir. « La dette, c’est bien », assurait le Nobel d’économie Paul Krugman en 2015, rappelant que « le gouvernement britannique est endetté depuis au moins trois siècles, une ère qui englobe la révolution industrielle, la victoire contre Napoléon et plus encore ». Pourquoi ? Notamment parce qu’« être endetté, c’est une façon de payer pour des choses utiles », précise M. Krugman.

Il n’est pas aussi dangereux d’être endetté pour un Etat que pour une famille ou une entreprise. Lui est éternel et il peut renouveler sa dette indéfiniment. Il est en outre difficile de déterminer à partir de quel moment cela devient problématique, car cela dépend de la santé économique...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-10">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette explique pourquoi ceux qui entrent sur le marché du travail, dont les jeunes, vont être au final les grands perdants de cette réforme aux inconvénients nombreux.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Prélèvement à la source (PAS) : « L’utilité de ce changement n’est pas criante »

Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette explique pourquoi ceux qui entrent sur le marché du travail, dont les jeunes, vont être au final les grands perdants de cette réforme aux inconvénients nombreux.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h13
    |

Gilbert Cette (Professeur associé à l’université d’Aix-Marseille)







                        



                                


                            
Entreprises. Le passage au prélèvement à la source (PAS) de l’impôt sur le revenu (IR) devrait être effectif à partir de 2019. L’utilité de ce changement n’est pas criante, les avantages paraissant maigres et les inconvénients nombreux, et pour certains importants.
Le PAS ne rendra pas libératoire l’IR payé sur les revenus de l’année
Il est souvent mentionné, au titre des avantages du prélèvement à la source, le fait que l’impôt sur le revenu s’adapterait ainsi rapidement aux changements de situation fiscale des ménages (perte d’emploi, décès, naissance, mariage, divorce, retraite)… Cet avantage est bien faible car, dans la situation actuelle, l’administration fiscale pourrait accompagner ces changements en lissant sur de longues périodes l’imposition des ménages concernés.
Rappelons aussi que le PAS ne rendra pas libératoire l’IR payé sur les revenus de l’année : une régularisation restera nécessaire l’année suivante. La condition pour que le PAS soit libératoire serait que l’IR soit basé sur un taux unique, une « flat tax », mais un tel changement anti-redistributif n’est pas d’actualité…
Une liste des inconvénients bien fournie
Autre avantage invoqué, le PAS serait la première étape d’une fusion entre l’IR et la CSG, préconisée pour renforcer la progressivité de l’impôt direct, la seconde étape étant l’individualisation de l’IR. Cet avantage a probablement inspiré la décision tardive de la présidence Hollande de passer au PAS. Mais la fusion IR-CSG n’est pas envisagée par la présidence Macron !
La liste des inconvénients, en revanche, est fournie. Complexité pour les ménages, car l’IR sur les revenus de l’année est régularisé l’année suivante, et tous les revenus ne seront pas soumis au PAS (l’IR sur des revenus du capital – dividendes, intérêts, plus-values… – reste à payer l’année suivante). Coût de collecte pour les entreprises, en particulier les PME. Problèmes de confidentialité sur la situation personnelle de chaque...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-11">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ L’examen par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale de la loi Pénicaud 2 s’est achevé cette nuit.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                

Financement de l’assurance-chômage : la droite vole à la rescousse du PCF

L’examen par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale de la loi Pénicaud 2 s’est achevé cette nuit.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h17
    |

            Bertrand Bissuel








                        


Sur les questions touchant au monde du travail, il arrive que la droite fasse chorus avec des élus communistes, en particulier lorsqu’elle souhaite s’opposer à la toute-puissance macroniste. Un épisode de cette nature s’est produit, dans la soirée du jeudi 31 mai, quelques heures avant la fin de l’examen du projet de loi « avenir professionnel » par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Le texte contient des dispositions qui transforment en profondeur l’assurance-chômage. L’une d’elles modifie les ressources du régime en supprimant celles tirées des cotisations salariales pour les remplacer par une fraction de contribution sociale généralisée (CSG) – autrement dit, par de l’impôt.

        Lire aussi :
         

                Assurance-chômage, formation professionnelle, apprentissage : ce que contient le projet de loi



C’est un « renversement sans précédent », a observé Pierre Dharréville, député du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), qui est composé principalement de représentants du PCF. Avec le recours à des recettes fiscales, on bascule dans une logique de solidarité nationale, qui ouvre des « perspectives dangereuses » : pour l’élu des Bouches-du-Rhône, le risque est grand d’aller vers « un système d’assistance » octroyant une allocation forfaitaire, d’un même montant, aux personnes privées d’emploi.
La gouvernance du dispositif va également être bouleversée, a ajouté M. Dharréville : qui dit financement par le biais de la CSG dit également reprise en main par l’Etat puisque celui-ci met la main à la poche. Dès lors, la tentation sera forte d’imposer un « pilotage par les coûts » et d’amputer les droits des chômeurs. Une analyse partagée – avec des nuances – par les groupes Nouvelle Gauche (NG, ex-PS) et La France insoumise (LFI). Rien d’étonnant.
Protection de « tous les actifs »
Plus frappante, en revanche, fut la remarque de Gérard Cherpion : le député LR des Vosges a volé à la rescousse de son collègue GDR. « Dans ce que dit Pierre Dharréville, il y a des choses qui sont exactes, il y a des interrogations qu’il a raison de porter, a estimé M. Cherpion. A partir du moment où on passe à la solidarité nationale (…) et que, dans le même temps, vous entendez le ministre des comptes publics dire : “on dépense trop au niveau de la solidarité nationale”, je comprends qu’il y ait des craintes qui émergent. » L’élu LR faisait allusion aux récentes déclarations de Gérald Darmanin, pour qui « il y (…) a trop » d’aides sociales en France. Pour autant, M. Cherpion n’est pas allé jusqu’à voter l’amendement de M. Dharréville proposant d’abandonner le financement du régime par la CSG. « Les barrières ne sont pas encore tombées », a glissé, en souriant, Brigitte Bourguignon, la présidente (LRM) de la commission.
Député (LRM) du Val-d’Oise et corapporteur du projet de loi, Aurélien Taché a répondu aux critiques en soulignant les progrès induits, selon lui, par la réforme de l’assurance-chômage. Elle permettra d’accorder une protection « à tous les actifs » – en l’occurrence à plusieurs dizaines milliers d’indépendants, ce que Boris Vallaud (NG, Landes) a trouvé « très modeste » au regard de l’ambition initiale affichée par Emmanuel Macron durant sa campagne, qui parlait d’universaliser les droits. Seront également pris sous l’aile de l’assurance-chômage les salariés démissionnaires, qui ont un « projet professionnel ». M. Taché a également insisté sur les gains de pouvoir d’achat, liés à la disparition des cotisations salariales, et sur l’amélioration de la « compétitivité » des entreprises – conséquence de la baisse de leurs contributions au régime. « C’est aussi une véritable avancée démocratique, a conclu le corapporteur, puisqu’il nous reviendra maintenant (…) de voter l’impôt affecté à l’assurance-chômage, chaque année. »
Le texte, dans la version modifiée par la commission des affaires sociales, sera discuté en séance à l’Assemblée, à partir du 11 juin. De nouveaux amendements sont attendus, notamment ceux de M. Taché sur la couverture sociale des travailleurs des plates-formes numériques et d’autres catégories d’indépendants, « économiquement dépendants » de leurs donneurs d’ordre.

        Lire aussi :
         

                Légère hausse du chômage au premier trimestre






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-12">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le chef de l’Etat parie sur la croissance sans préciser où il veut faire des économies. Un flou qui crée de la cacophonie et des tensions entre les ministres.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le fardeau de la dette pèse sur la suite du quinquennat Macron

Le chef de l’Etat parie sur la croissance sans préciser où il veut faire des économies. Un flou qui crée de la cacophonie et des tensions entre les ministres.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h01
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

Les choses étaient claires dès le départ. Interrogé en février 2017 dans Les Echos sur le fait de savoir si le niveau de la dette tricolore était un problème, le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron répondait : « La clé (…) est de pouvoir démontrer une baisse de nos dépenses courantes et une croissance dynamique. C’est (…) notre plan d’investissement (…) qui améliorera la soutenabilité de notre dette. »
Un an après l’entrée en fonctions d’Emmanuel Macron, le constat demeure : la réduction structurelle (hors conjoncture) de l’endettement du pays ne semble toujours pas constituer une priorité. Depuis un an, le président de la République s’est lancé dans les réformes censées dynamiser le marché du travail sans vraiment s’attaquer à la réduction des dépenses. « Macron, les économies, ce n’est pas son sujet d’intérêt principal. Il est conscient du problème de la dette, mais il a d’autres équilibres à gérer. Il n’est pas “bercyen” là-dessus », glisse un habitué des couloirs de Bruxelles, en référence à l’orthodoxie budgétaire du Trésor, la puissante administration gardienne du temple en la matière.

Rapport attendu pour la mi-juin
La baisse de la dépense publique a beau être le sujet brûlant du moment, le rapport des experts du Comité action publique 2022, censé donner les pistes de réforme de l’Etat, ne cesse d’être repoussé – il est désormais attendu pour la mi-juin. Pourtant, alors que la croissance reste modérée et l’inflation contenue, baisser la dépense constitue l’une des seules voies pour réduire durablement la dette française. Et jusqu’à présent, malgré les coupes claires dans plusieurs secteurs (logement, emplois aidés…), la dépense globale ne ralentit pas : en volume (hors inflation), elle a bondi de 1,5 % l’an dernier et devrait croître de 0,7 % cette année, alors que le chef de l’Etat s’était engagé à la stabiliser.
Sans indication claire du chef de l’Etat, les...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-13">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le ministre de l’économie, candidat LR malheureux à l’investiture pour la présidentielle, a beau tenter d’épouser les codes du nouveau gouvernement, il peine à trouver sa place dans l’ombre d’Emmanuel Macron.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Bruno Le Maire, l’ambitieux contrarié

Le ministre de l’économie, candidat LR malheureux à l’investiture pour la présidentielle, a beau tenter d’épouser les codes du nouveau gouvernement, il peine à trouver sa place dans l’ombre d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 06h34
    |

            Audrey Tonnelier (avec Olivier Faye, Alexandre Lemarié et Cédric Pietralunga)








                        



                                


                            

Sur le cliché en noir et blanc, ils posent autour d’un verre, comme de vieux copains. Bruno Le Maire, regard droit vers l’objectif, l’a agrémenté de la légende : « You talkin’ to me ? Merci à Robert De Niro pour cet échange à #NY. » Référence à la réplique-culte du film de Scorsese, Taxi Driver, le selfie a été posté sur le compte Twitter du ministre de l’économie, quelques heures après sa rencontre avec l’acteur américain, le 22 avril. Arrivé deux jours plus tôt aux Etats-Unis pour assister aux réunions du FMI et de la Banque mondiale, à Washington, où se presse le gratin de la finance internationale, le locataire de Bercy ne s’est pas contenté de rencontrer le magnat de la finance Michael Bloomberg ou le président de la banque Morgan Stanley à New York. Il a pris le temps de faire un détour par l’hôtel de l’acteur, dans le quartier branché de Tribeca.
« J’ai rencontré Robert De Niro en 2006. Dominique de Villepin, alors premier ministre, et dont j’étais le directeur de cabinet, l’avait invité à dîner. Il est entré dans mon bureau à minuit, et a vidé la bouteille de vin qui était sur mon plateau-repas. » Et qu’importe si, à la veille de la première visite d’Etat d’Emmanuel Macron outre-Atlantique, l’Américain s’est répandu en critiques à l’encontre de Donald Trump. « J’ai mes singularités. Je ne compte pas y renoncer », lâche le ministre français sans sourciller.
L’épisode en dit long sur le style Le Maire. Savant mélange de pragmatisme et de rigidité, de flegme et d’aplomb. Ses détracteurs le disent arriviste, prétentieux, démagogue. Ses soutiens louent son expérience, sa solidité. Plusieurs fois, on l’a dit en disgrâce en Macronie. Un an plus tard, il est toujours là. Autrefois moqué pour son côté techno, Bruno Le Maire, dont les sarkozystes raillaient le « charisme d’huître », est aujourd’hui l’un des rares animaux politiques dans un gouvernement d’experts.
« La...



                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-14">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Il y a un an, les élections balayaient tout un pan des élus. Si certains ex-députés et ministres ont vite rebondi, d’autres éprouvent des difficultés à trouver leur place dans le nouveau monde.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                
                                       
édition abonné


Après le séisme Macron, la nouvelle vie des déchus de la politique


                      Il y a un an, les élections balayaient tout un pan des élus. Si certains ex-députés et ministres ont vite rebondi, d’autres éprouvent des difficultés à trouver leur place dans le nouveau monde.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 05h38
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 06h35
    |

            Vanessa Schneider








                              

                        

C’était il y a seulement un an. Un an, pour certains, qui ressemble à un siècle. Ils étaient alors des dirigeants politiques de premier plan, des ministres avec Légion d’honneur à la boutonnière, les espoirs de leur camp, ceux auxquels on promettait de fabuleux destins. Ils ont été balayés par la vague Macron, le plus grand séisme que la Ve République ait jamais enregistré. Ils ont tout perdu ou presque en quelques jours, leurs positions, un mandat, mais aussi leur futur. C’était il y a un an et ils ont dû se rendre à l’évidence : la politique ne voulait plus d’eux, il fallait aller ailleurs, se réinventer.
Les élus de la région Ile-de-France s’en souviennent comme si c’était hier. Quelques jours après les législatives de juin 2017, ils se sont retrouvés à l’occasion d’une réunion au conseil régional. « On s’est regardés les uns et les autres. Autour de la table, on avait tous été battus pour la députation, tous : socialistes, écologistes, républicains, centristes. Pas un rescapé. On s’est réconfortés mutuellement, on en plaisantait même, il y avait quelque chose d’irréel », raconte Emmanuelle Cosse (Europe Ecologie-Les Verts), 43 ans, ancienne ministre du logement, éliminée à Paris dès le premier tour.
Pour parler de ce qu’il leur est arrivé, ils rivalisent de terribles métaphores : « tsunami », « raz-de-marée », « claque intersidérale »… Alors qu’approche le premier anniversaire de leur déroute, ils ne peuvent désormais que le constater : ils ont vécu en accéléré la fin d’une époque. Celle où l’on pouvait s’imaginer consacrer une vie entière à la politique, où, les soirs de défaite, il était possible de s’endormir en pensant à des lendemains plus doux. Un temps où un solide carnet d’adresses constituait un sésame suffisant pour envisager sereinement l’avenir. Un passé, si loin, si proche, où un politique d’envergure nationale ne concevait pas de discuter avec un conseiller...




<article-nb="2018/06/01/18-15">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ L’article de la nouvelle loi logement actuellement discutée à l’Assemblée limite désormais sensiblement les possibilités de combler les « dents creuses » des côtes françaises.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 31/05/2018
Découvrir l’application


                        

Recul de la majorité sur l’assouplissement de la loi littoral

L’article de la nouvelle loi logement actuellement discutée à l’Assemblée limite désormais sensiblement les possibilités de combler les « dents creuses » des côtes françaises.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 03h31
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h09
   





                        



   


Après une nuit de vifs débats à l’Assemblée dans la nuit, gouvernement et majorité ont cédé un peu de terrain face aux protestations contre l’assouplissement de la loi littoral, prévu dans le cadre du projet de loi logement.
L’article du texte sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN) issu d’un amendement La République en marche (LRM) introduit il y a deux semaines en commission, entend notamment permettre, au cas par cas, le « comblement des dents creuses », des parcelles vides situées entre deux bâtiments construits dans un même hameau ; une mesure contestée par les associations de défense de l’environnement.
Vendredi matin, en séance, les députés ont, avec l’accord du gouvernement, supprimé les dérogations introduites en commission pour permettre la construction ou l’installation d’équipements collectifs dans les territoires « ultramarins » et « insulaires de métropole ». Ils ont également supprimé la dérogation votée en commission par la majorité, contre l’avis du gouvernement, qui étendait aux projets photovoltaïques ce qui est prévu actuellement pour les éoliennes.
Limitation des dérogations possibles
Les députés ont adopté plusieurs amendements du gouvernement précisant que la « possibilité de densifier les formes urbaines intermédiaires entre le village et l’urbanisation diffuse » ne pourra pas « s’appliquer ni dans la bande des 100 mètres » (du littoral) ni « dans les espaces proches du rivage ».
Des amendements LR et LRM ont également été votés pour que ces constructions « soient réservées aux logements et aux services publics » d’une part et que « l’autorisation soit refusée » lorsqu’elles sont « de nature à porter atteinte à l’environnement ou aux paysages ».
Confrontés depuis le début de la discussion à une polémique grandissante, les élus de la majorité ont récusé toute volonté d’« affaiblir la loi littoral », assurant à l’instar d’Eric Bothorel (LRM, Côtes-d’Armor) qu’il n’y a pas d’un côté « ceux qui veulent bétonner et ceux qui veulent sanctuariser ».
Alain Péréa (LRM, Aude), a notamment dit avoir vécu avec « beaucoup de difficultés » d’être accusé de « vouloir bétonner ». « S’il y a quelques ajustements, qu’on ne nous accuse pas d’être des bétonneurs », a-t-il lancé. « Qu’on ne nous dise pas que nous détricotons [la loi] ou que c’est une révolution », a abondé Jimmy Pahun (MoDem, Morbihan).

        Lire aussi :
         

                Urbaniser ou préserver, les parlementaires tentent de remodeler la loi littoral



Elue de Gironde et membre de la commission du développement durable, Sophie Panonacle (LRM) a défendu, de son côté, le texte de référence pour protéger les littoraux « particulièrement fragiles », rappelant que « 1 212 communes » sont concernées. « Nous abîmerions nos littoraux en acceptant des dérogations même partielles », a-t-elle plaidé, jugeant qu’il serait « malvenu d’envisager une densification de l’urbanisation ».
Gilles Lurton (Les Républicains, Ille-et-Vilaine), qui a évoqué le « cri qui monte de la France entière pour préserver » les littoraux, a aussi estimé que, s’il fallait toucher à cette loi, « il ne faut le faire que d’une main tremblante ». Reconnaissant « quelques effets pervers qu’il faut corriger » notamment au sujet des dents creuses, il a estimé, comme son collègue Thibault Bazin (LR, Meurthe-et-Moselle), que le texte, tel que rédigé, « ne semble pas assurer cette nécessaire protection » des littoraux.
Pas d’étude d’impact
A gauche, plusieurs élus ont invité le gouvernement à éviter toute « précipitation », face à une mesure qui revient à « ouvrir la boîte de Pandore », et ce, sans étude d’impact, selon les termes du socialiste François Pupponi (Val-d’Oise). « Ne touchez pas à la loi littoral ! », a lancé Eric Coquerel (LFI, Seine-Saint-Denis), tandis que le communiste Pierre Dharréville (Bouches-du-Rhône) a exhorté le gouvernement à ne pas « prendre cette responsabilité ».
L’élu corse Jean-Félix Acquaviva (non inscrit) a aussi appelé les députés à être « des sentinelles » de cette loi de 1986, arguant que « nous ne sommes pas dans un monde de Bisounours, les forces de l’argent sont toujours là ».

        Lire aussi :
         

                Erosion du littoral : à Soulac, les propriétaires du Signal réclament des indemnisations



Plusieurs élus (PS, LFI et des élus corses) ont cherché en vain à supprimer l’article, leurs amendements de suppression étant rejetés par 44 voix contre 17. Le ministre de la cohésion, des territoires, Jacques Mézard, s’y est opposé, comme le rapporteur, Richard Lioger (LRM, Moselle), qui a défendu un amendement « utile ». « Je tiens à réaffirmer qu’il ne s’agit aucunement pour le gouvernement de porter atteinte à la loi littoral », a assuré M. Mézard, insistant sur le fait que le gouvernement « n’a aucunement l’intention de faciliter la ‘bétonnisation’ (sic) de nos côtes » et appelant à « revenir aussi à la réalité ».
Il ne s’agit pas non plus de considérer que les textes sont « intangibles » et voir « ce qui peut être amélioré », a-t-il ajouté, promettant par des amendements à venir de « clarifier de manière assez nette » cette position.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-16">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ De nombreux internautes s’en sont pris à Nicolas Dupont-Aignan, à Marine Le Pen et à la journaliste Elisabeth Lévy pour des tweets ou des phrases qu’ils n’ont jamais écrits ou prononcés.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤                     
                                                

Après le sauvetage d’un enfant par Mamoudou Gassama, plusieurs tweets fallacieux et citations déformées

De nombreux internautes s’en sont pris à Nicolas Dupont-Aignan, à Marine Le Pen et à la journaliste Elisabeth Lévy pour des tweets ou des phrases qu’ils n’ont jamais écrits ou prononcés.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 19h29
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 19h50
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Quelques jours après qu’un enfant suspendu dans le vide a été sauvé par Mamoudou Gassama, un Malien sans papiers arrivé en France en septembre et régularisé en raison de son geste sur intervention d’Emmanuel Macron, des citations inventées ou déformées ont circulé sur les réseaux sociaux. Elles ont notamment impliqué Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen et la journaliste Elisabeth Lévy.
Nicolas Dupont-Aignan et le faux tweet de Nordpresse
Ces quelques mots ont été partagés des milliers de fois. « Rien n’indique à ce jour si le clandestin malien qui a “sauvé” l’enfant à Paris ne cherchait pas à le kidnapper. Laissons l’enquête se poursuivre avant de considérer Mamoudou Gassama comme un héros », lit-on sur ce message qui semble issu du compte Twitter de l’ancien candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan. Des centaines de messages indignés s’abattent sur le président de Debout la France. Il s’agit pourtant d’un montage posté par le site parodique belge Nordpresse, le 27 mai au soir.

   


Certains internautes ont diffusé ce message au premier degré. « Toi, plus ça va, plus j’en arrive à penser que tu es quand même un champion hors catégorie », a ainsi posté un journaliste suivi par plus de 47 000 personnes sur Twitter, concourant à la diffusion à grande échelle du tweet fallacieux. Se rendant compte de son erreur, il a par la suite supprimé sa publication. « Je suis déçu, c’était effectivement un “fake”. C’était tellement crédible. Mea culpa. » Trop tard : nombre de ses abonnés avaient pris l’information au sérieux et ont agoni d’insultes le député de l’Essonne.
Interrogé par Le Parisien, Nicolas Dupont-Aignan a annoncé avoir porté plainte pour « usurpation d’identité » et « diffamation » à la suite de la publication de ce « faux tweet ignoble ». Pour toute réponse, le site Nordpresse a diffusé un second article, sobrement intitulé « Ivre, il porte plainte pour un tweet qu’il aurait voulu écrire lui-même ».
Marine Le Pen n’a pas parlé de « cambriolages »
Marine Le Pen a fait les frais de la même mésaventure. Cette fois, c’est un site parodique algérien, El Manchar, qui lui a attribué des propos apocryphes. « Je salue l’acte héroïque de Mamoudou Gassama. Mais si tous les migrants escaladaient les immeubles avec autant de dextérité, bah bonjour les cambriolages. Ne soyons pas dupes », clame le montage, au bas duquel l’on peut apercevoir le logo du site parodique.
De nombreux internautes se sont laissé berner par le montage et ont copieusement insulté Marine Le Pen. La présidente du Front national n’a pas goûté la plaisanterie, qui a dénoncé, sur son vrai compte Twitter, la « manipulation politique » de « certains sites humoristiques », tout en se réservant le droit de porter l’affaire devant la justice.

Ce tweet est évidemment un faux grossier.
— MLP_officiel (@Marine Le Pen)


require(["twitter/widgets"]);

Elisabeth Lévy n’a pas souhaité que Gassama soit « rapatrié »
Au lendemain de l’acte de Mamoudou Gassama, la page Facebook NegroNews, suivie par près de 600 000 abonnés, diffuse une image de la journaliste Elisabeth Lévy. « Je suis choquée de voir un sans-papiers reçu à l’Elysée au lieu d’être rapatrié après un acte banal soi-disant héroïque », lit-on au bas de la photo de la directrice du magazine Causeur. Dans les commentaires, des tombereaux d’insultes sexistes et antisémites.

   


Las, Elisabeth Lévy n’a jamais prononcé la phrase qui lui est attribuée. La capture d’écran fait référence à un débat télévisé, « L’Heure des pros », diffusé sur CNews le 28 mai. « Ça ne me choque pas du tout, affirme alors la polémiste en faisant référence à la naturalisation du jeune homme. Ce qui me choque, c’est qu’on en fasse du foin. » La journaliste tente par la suite d’expliciter son propos, mais se fait systématiquement couper la parole par les autres intervenants du débat. « Il y a des tas de gens qui commettent des actes héroïques et qui ne sont pas reçus à l’Elysée », explique-t-elle, avant d’être interrompue à nouveau.
Au cours de l’émission, Elisabeth Lévy s’exprime en faveur de la naturalisation du jeune homme par deux fois. « Je suis pour qu’on lui donne ses papiers », dit-elle à la quinzième minute de la retransmission de l’émission. « Je voudrais préciser que je suis pour qu’on lui donne ses papiers », répète-t-elle encore quelques secondes plus tard — avant de se faire couper la parole une nouvelle fois. « Je ne suis juste pas pour que ce soit extrêmement public », conclut-elle.
Contactée par Le Monde, Elisabeth Lévy, qui, réticente à l’usage des réseaux sociaux, n’avait pas connaissance de la publication, est abasourdie. « C’est honteux et ça m’ennuie que les gens puissent penser ça. Ce n’est tellement pas moi. Bien sûr que je suis pour la naturalisation de ce jeune homme, comme je l’ai répété plusieurs fois. Comme si j’étais une mauvaise fille qui voulait jeter dehors les gens qui sauvent des enfants ! Même Marine Le Pen n’a pas dit ça. » 
Des propos en totale contradiction avec la volonté de rapatriement du jeune homme que lui prête la page Facebook NegroNews. Contactés, les administrateurs de cette dernière n’ont pas répondu à nos sollicitations.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-17">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ En raison d’importants défauts de fabrication de l’EPR situé dans la Manche, EDF a annoncé, jeudi, qu’il envisageait de décaler son démarrage « de quelques mois ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     
                                                

Nouveau retard à l’allumage pour le réacteur de Flamanville

En raison d’importants défauts de fabrication de l’EPR situé dans la Manche, EDF a annoncé, jeudi, qu’il envisageait de décaler son démarrage « de quelques mois ».



Le Monde
 |    31.05.2018 à 18h31
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 10h13
    |

            Pierre Le Hir et 
Jean-Michel Bezat








                        



   


La mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche) risque d’accuser encore plusieurs mois de retard en raison d’importants défauts de soudure dans une partie du circuit secondaire de la tuyauterie, détectés par EDF et communiqués en avril à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Le « gendarme » du secteur est seul habilité à donner son feu vert au lancement du réacteur de troisième génération.
Futur exploitant de la centrale, EDF a annoncé, jeudi 31 mai, qu’il n’avait pas encore tous les éléments permettant de préciser l’allongement du calendrier, qui aura sans doute un impact sur le coût final de l’EPR.
Le groupe prévient néanmoins, dans un communiqué, qu’« un décalage de quelques mois du démarrage faisant partie des hypothèses envisagées, EDF se met en situation de poursuivre l’exploitation des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim [Haut-Rhin] jusqu’à l’été 2019 ».
Le secrétaire d’Etat à la transition écologique, Sébastien Lecornu, a pris « acte » du fait qu’EDF « se prépare à poursuivre l’exploitation de Fessenheim » tout en précisant que « la fermeture de Fessenheim [était] actée, irréversible ». Le gouvernement avait en effet conditionné la fermeture de la centrale alsacienne (1 800 MW), la plus ancienne de France (1977), au démarrage de Flamanville 3 (1 650 MW).

        Lire aussi :
         

                EPR de Flamanville : l’Autorité de sûreté nucléaire critique « un défaut de surveillance »



Facture initiale triplée
Lancé en 2007, le chantier de l’EPR a déjà pris sept ans de retard et sa facture initiale a triplé, pour atteindre 10,5 milliards d’euros. L’opérateur ne dira donc pas avant plusieurs semaines s’il est en mesure de tenir à la fois le budget et l’objectif d’un démarrage à la fin de 2018 avec le chargement du combustible dans le cœur du réacteur, qui avaient été annoncés en septembre 2015.
Ils n’avaient pas été revus depuis près de trois ans. L’agence de notation financière Moody’s avait alors évalué entre 500 millions et 1 milliard d’euros le coût d’une année de retard pour EDF. Tout retard pèsera à la fois sur les finances et le cours de Bourse du groupe, qui s’est redressé de 26 % en un an.
Les semaines passant, le respect de ces délais et du budget relèvent de la gageure. S’il démarrait à la mi-2019, l’EPR français serait alors le dernier à entrer en service après les deux tranches de Taishan (Chine) ; et celle, d’Olkiluoto (Finlande), où les essais à chaud du réacteur viennent de se terminer avec succès.
« Nous parlons au moins de mois », avait fait savoir, mercredi, Thierry Charles, le directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), dans un entretien accordé au média spécialiste de l’énergie Montel News. C’est son institut qui est chargé de réaliser les tests et les analyses pour l’ASN.
Dans un courrier adressé le 11 avril au président de l’ASN, M. Charles pointait plus largement « un défaut de culture de sûreté » des acteurs de la filière nucléaire française, en suggérant que les contrôles de qualité soient étendus « à d’autres catégories d’équipements mécaniques » que les tuyauteries de vapeur aujourd’hui en cause.

        Lire aussi :
         

                Nouveaux déboires pour l’EPR de Flamanville



« Défaut de surveillance » de la part d’EDF
« Nous attendons le dossier qu’EDF doit nous remettre, sans doute en juin, déclare-t-il aujourd’hui. Il devra caractériser l’ensemble des défauts de soudure, préciser leur impact sur la sûreté et indiquer comment EDF prévoit d’y remédier. » Ce n’est qu’après expertise de ce dossier par l’IRSN et l’ASN que le groupe pourra engager les travaux nécessaires.
Les premières vérifications effectuées sur les 150 soudures potentiellement défectueuses – les circuits concernés sont longs de 360 mètres – auraient montré des anomalies sur un très grand nombre d’entre elles. Elles ne respecteraient pas les normes de qualité supérieure à la réglementation applicable aux équipements sous pression nucléaire qu’EDF s’est lui-même imposées. Reste à connaître leur degré de gravité et les solutions envisagées par EDF, précise M. Charles.
Dès le départ, le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, avait qualifié ces anomalies de « sérieuses », en pointant « un défaut de surveillance » de la part d’EDF et de Framatome (ex-Areva NP) sur ses sous-traitants. « Il s’agit d’une alerte sérieuse, qui met en cause à la fois la qualité de réalisation des équipements soudés, le contrôle de leur fabrication et la surveillance exercée par EDF de façon beaucoup trop tardive », jugeait lui aussi M. Charles.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-18">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Le gouvernement a lancé jeudi sa « consultation citoyenne » sur ce projet particulièrement complexe et sensible. Tour d’horizon des enjeux de la réforme.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤                     
                                                

Les défis du système « universel » des retraites promis par Emmanuel Macron

Le gouvernement a lancé jeudi sa « consultation citoyenne » sur ce projet particulièrement complexe et sensible. Tour d’horizon des enjeux de la réforme.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 19h01
    |

            Adrien Sénécat








                        


Longtemps éclipsée par les premiers grands chantiers du quinquennat, la future réforme des retraites se profile à l’horizon. Six semaines après le début des discussions avec les syndicats, le gouvernement a lancé jeudi 31 mai une « consultation citoyenne » sur la question. Les grandes orientations de la future réforme sont quant à elles attendues à la fin de 2018 ou au début de 2019. Le point sur un chantier tentaculaire.
Sur quoi Emmanuel Macron s’est-il engagé ?
« Nous créerons un système universel des retraites où un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé », affirmait, sur son site, le candidat d’En marche ! pendant la présidentielle. Derrière cette formulation, il s’agit notamment de mettre fin aux différents régimes spéciaux qui existent aujourd’hui. « Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions », écrivait également le candidat dans son programme.
L’idée est que tout citoyen alimente une forme de compte virtuel tout au long de sa vie active chaque fois qu’il cotise (y compris lorsque ces cotisations sont prises en charge par l’Etat, par exemple, pour les périodes de chômage). Au moment de prendre sa retraite, les droits accumulés sont traduits en une pension, selon un coefficient de conversion calculé à partir de l’âge de départ à la retraite et de l’année de naissance.
Selon la formule promue par Emmanuel Macron, le système des retraites resterait « un régime par répartition », où ce sont les cotisations des actifs qui financent les pensions de leurs aînés. Pas question non plus de modifier les droits de « ceux qui sont à moins de cinq ans de la retraite ». Le futur chef de l’Etat évoquait pendant la campagne une transition « progressive, sur une période d’environ dix ans », précisant que « la réforme ne commencera[it] à s’appliquer qu’au cours de la législature suivante », soit après 2022.

        Lire :
         

          Réforme des retraites : à quoi correspond le « système par points » ?



Où en est la mesure ?
Emmanuel Macron a rappelé cette promesse d’aboutir à un « système universel » dans son entretien télévisé sur BFM-TV et Mediapart, le 15 avril, affirmant qu’il n’y aurait « plus de régimes spéciaux » de retraites, puisque ces derniers convergeraient dans « dix ans » environ. Le gouvernement a précisé le calendrier envisagé dans la foulée : huit mois de concertation sont prévus et la réforme pourrait être « votée en 2019 ».
C’est Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, qui pilote, pour l’heure, les négociations. Il a commencé à recevoir dix organisations syndicales salariales et patronales, qui sont consultées sur six grandes thématiques d’ici à la fin de l’année.
Le site Participez.reforme-retraite.gouv.fr doit également permettre aux citoyens de donner leur avis à partir du jeudi 31 mai et jusqu’au 25 octobre. Les principaux enjeux de la réforme pourront y être discutés, tels que l’âge de départ à la retraite ou les inégalités entre les femmes et les hommes.

        Lire :
         

          Réforme des retraites : le gouvernement lance une « consultation citoyenne »



Derrière un principe simple, une réforme beaucoup moins consensuelle qu’elle n’en a l’air
« Plus simple », « plus égalitaire », « plus transparent »… Les grandes lignes de la réforme prônée par la communication gouvernementale sont plutôt consensuelles. Le détail des discussions pour passer du système actuel au nouveau l’est, en réalité, beaucoup moins.
Malgré la volonté de formuler une règle de calcul universelle, il faudra bien que celle-ci prenne en compte de nombreuses situations spécifiques. On peut citer les congés maternité, les périodes de maladie, la prise en compte de la pénibilité ou les possibilités de cotiser à des taux différents. « Tout ça est à discuter », reconnaissait Emmanuel Macron, le 15 avril, évoquant, par exemple, la possibilité de majorer les droits des pompiers volontaires.
Quel que soit le détail des arbitrages, il devrait bien y avoir à l’arrivée des gagnants (ceux dont la situation sera mieux valorisée par la nouvelle formule) et des perdants (ceux pour qui les anciennes règles étaient plus favorables). Parmi les cas potentiellement litigieux, on trouve celui des fonctionnaires, dont la retraite est aujourd’hui calculée sur les six derniers mois de fonction. Supprimer cette règle sans compensation sur les salaires en cours de carrière plomberait, de fait, les retraites d’une partie des intéressés.
Par ailleurs, le futur système des retraites devrait, dans les grandes lignes, inciter à retarder l’âge de départ à la retraite pour bénéficier d’une pension plus élevée. D’autant plus que l’espérance de vie devrait être prise en compte dans le calcul du coefficient de conversion. Une manière de retarder l’âge de départ à la retraite sans y contraindre les salariés.
La complexité de cette réforme, ajoutée au fait qu’elle touche la future retraite de dizaines de millions de Français, en fait un dossier particulièrement sensible.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-19">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Le gouvernement souhaite réexaminer tous les six ans la situation des locataires du parc social : il s’agit d’accélérer la rotation dans un système saturé.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                

Demandes, temps d’attente… La saturation du logement social en Ile-de-France en 5 graphiques

Le gouvernement souhaite réexaminer tous les six ans la situation des locataires du parc social : il s’agit d’accélérer la rotation dans un système saturé.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 17h58
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 18h00
    |

                            Mathilde Costil et 
Sylvie Gittus








                        


L’Assemblée nationale examine, à partir du mercredi 30 mai, le projet de loi ELAN (pour « Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique »). Il prévoit notamment de réformer le logement social, dont les demandes sont beaucoup plus importantes que les possibilités offertes et où les locataires actuels ne correspondent parfois plus aux critères, parce que leurs revenus ont augmenté par exemple. Le cas de Paris est le plus notable, avec 23 % des locataires du parc social qui dépassent le plafond de ressources.

   



        Lire aussi :
         

                En Ile-de-France, des HLM pas si sociaux






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-20">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Dans une lettre ouverte au leader de Debout la France, la présidente du FN propose à ce dernier de bâtir une charte commune en vue du scrutin de 2019.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                

Elections européennes : Marine Le Pen propose une liste commune à Nicolas Dupont-Aignan

Dans une lettre ouverte au leader de Debout la France, la présidente du FN propose à ce dernier de bâtir une charte commune en vue du scrutin de 2019.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 17h18
   





                        



   


Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan vont-ils s’allier lors des élections européennes prévues en 2019 ? C’est le souhait de la présidente du Front national (FN), laquelle propose au leader de Debout la France de bâtir une liste commune, dans une lettre ouverte diffusée le 31 mai.
Mme Le Pen souhaite rencontrer M. Dupont-Aignan « dans les plus brefs délais afin de travailler à une charte commune qui établira les priorités et les mesures essentielles pour transformer l’Union européenne en une Europe des nations, des coopérations et des libertés ». Dans cette lettre, la présidente du FN propose également au député de l’Essonne « notre présence symbolique aux dernières places de cette liste » commune. 
Une alliance au second tour de la présidentielle
Ce n’est pas la première fois que les deux parlementaires s’allieraient. Dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle en 2017, Mme Le Pen et M. Dupont-Aignan avaient conclu un « accord de gouvernement ». En cas de victoire de la candidate d’extrême droite à l’élection présidentielle, le leader de Debout la France serait devenu son premier ministre.
« Il y a un an, au second tour de l’élection présidentielle, tu faisais un geste que tu qualifiais si justement d’“historique” en ralliant ma candidature sur un projet de gouvernement dont tu avais accepté de prendre la tête, rappelle ainsi Mme Le Pen dans sa lettre ouverte. Pour la première fois depuis longtemps, le camp des patriotes se retrouvait, se rassemblait et unissait ses forces dans l’intérêt supérieur de la nation et du peuple français. »

        Lire aussi :
         

                Union des droites : la digue entre LR et FN s’érode par la base



Cette volonté d’alliance avec d’autres partis est une nouvelle stratégie de Marine Le Pen qui, jusqu’à ces derniers mois, refusait tout accord avec d’autres partis. Mais lors du congrès du FN, en mars, la présidente du parti d’extrême droite avait proposé à ses militants de changer le nom du parti en Rassemblement national pour exprimer « sa volonté de rassemblement ». « A l’heure où l’immense majorité de Français aspirent à la réunion de toutes les énergies, ce nom doit être un cri de ralliement, un appel à nous rejoindre, lancé à ceux qui ont la France au cœur », avait-elle lancé.



                            


                        

                        

