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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Pas moins de 1 538 représentations sont prévues entre le 6 et le 29 juillet, aux côtés de la programmation officielle.
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Foisonnement de spectacles pour le « off » d’Avignon

Pas moins de 1 538 représentations sont prévues entre le 6 et le 29 juillet, aux côtés de la programmation officielle.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h05
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

L’édition 2018 du Festival « off » d’Avignon, qui se déroulera du 6 au 29 juillet, affiche un nouveau record : pas moins de 1 538 spectacles y seront programmés, contre 1 480 en 2017. Pierre Beffeyte, président de l’association Avignon Festival & Compagnies (AF & C), a beau dire que « la quantité n’est pas la seule finalité », que ce chiffre démesuré fait de la cité des Papes « un lieu unique de création » et constitue « la preuve d’une immense vitalité des artistes, qui ont une foi inébranlable pour faire vivre le spectacle vivant », cette progression constante du nombre de spectacles interroge.

Car ce foisonnement de propositions artistiques cache une redoutable contradiction : si le « off » est une poule aux œufs d’or pour les loueurs de salle, il est très loin de rémunérer correctement les quelque 4 667 artistes qui vont y tenter leur chance. En présentant, jeudi 31 mai, la nouvelle édition du « off », Pierre Beffeyte l’a reconnu : « La précarisation se développe, trop d’artistes ne sont pas, ou mal, payés. » Même le député (LRM) du Vaucluse Jean-François Cesarini a abondé dans son sens : « En juillet, toute la ville vit très bien du Festival, sauf les artistes. Il faut changer cela. » Pour la petite histoire, ce parlementaire interprétera, pendant le « off », un seul-en-scène intitulé Demain vite ! Conférence excentrique, de Michel Bellier, au théâtre Cabestan.

Au fonds de soutien en faveur de la professionnalisation lancé en 2017 pour aider les compagnies (80 projets, soit 201 artistes, ont reçu une aide à hauteur de 1 000 euros par artiste en 2017) s’ajoute, a annoncé Pierre Beffeyte, la création, le 1er juin, de la Fondation AF & C, un nouvel outil de financement qui fera notamment appel à des entreprises ­mécènes. Mais au-delà de l’aspect financier, l’association qui encadre le « off » est à la recherche de nouveaux publics. « Il ne faut pas se plaindre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Cette série documentaire retrace, à partir d’archives anciennes et rares, la destinée du président des Etats-Unis avant sa campagne victorieuse (sur Netflix à la demande).
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TV – « Donald Trump : un rêve américain »

Notre choix du soir. Cette série documentaire retrace, à partir d’archives anciennes et rares, la destinée du président des Etats-Unis avant sa campagne victorieuse (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    01.06.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Série documentaire sur Netflix à la demande

   


Le sixième volet de Dirty Money (2018), d’Alex ­Gibney, disponible sur Netflix, faisait le portrait de « l’escroc » Donald Trump, du temps où l’homme passait encore pour un exemple de réussite, alors que celle-ci était fondée sur de nombreux tours de passe-passe et d’irrégularités qui firent beaucoup de victimes collatérales.
La série documentaire britannique Donald Trump : un rêve ­américain reprend cette thématique et la développe en quatre ­épisodes qui décryptent les ressorts d’une étonnante destinée. Il ne s’agit pas de son accession à la présidence des Etats-Unis mais de tout ce qui l’a précédée.
« J’attends qu’il y ait une crise ; quand il y a une crise, j’obtiens toujours ce que je veux. »
S’il fallait résumer ce parcours personnel et professionnel, on pourrait ne citer qu’une phrase, prononcée par Trump dans une archive télévisée : « J’attends qu’il y ait une crise ; quand il y a une crise, j’obtiens toujours ce que je veux. »
C’est, en effet, dans la New York ruinée, malfamée et décatie des années 1970 que Donald Trump fera ses débuts d’homme d’affaires. Il veut restaurer l’Hôtel ­Commodore et obtient des conditions fiscales très avantageuses de la part du maire, Abraham (« Abe ») Beame, en poste de 1974 à 1977, grand ami du père de ­Donald.
Pour ses projets suivants, Trump trouvera en Ed Koch un maire beaucoup moins ­conciliant. Il s’associe avec Harry Cohn, avocat de la pègre connu pour sa collaboration active aux purges du maccarthysme, qui ­attaque la ville et obtient parfois gain de cause.
Charisme
Comportant de nombreuses ­archives et des entretiens avec différents témoins – journalistes, animateurs de télévision, anciens amis et collaborateurs, etc. –, les quelque quatre heures de cette ­série documentaire composent le portrait d’un tricheur, mentant constamment, attaquant dès qu’on le contredit (sa devise, très tôt, était : « On est soit le prédateur, soit la victime. »).
Il est facile de se payer la tête de Donald Trump. Mais ce portrait, majoritairement à charge, le fait de manière sérieuse et documentée sans amoindrir la force d’un charisme qui permit naguère à Trump de séduire à peu près tout le monde avec un culot, un ­cynisme et une absence de ­surmoi phénoménaux.
Cynisme
Deux moments sont révélateurs : le premier montre Trump évoquant son film préféré, Citizen Kane (1941), d’Orson Welles, et la relation qui se distend entre le personnage principal et son épouse. Verdict : « Il aurait dû changer de femme. » (Ce que fit Trump à plusieurs reprises, ainsi que le rappelle le documentaire, qui explique comment il s’est alors habilement servi d’une presse qu’il méprisait déjà par ailleurs). Le second moment est un entretien télévisé avec la mère de l’actuel président des Etats-Unis (à la coiffure blonde architecturalement aussi étonnante que celle de son fils), qui raconte comment le petit Donald avait emprunté, au cours d’un jeu, les cubes de son frère : « Il les a pris, et ne les a ­jamais rendus : il les avait collés aux siens… »
Une longue séquence filmée au cours du fameux dîner des correspondants de la Maison Blanche termine le quatrième épisode. On y revoit Barack Obama humilier celui qui avait mis en doute de manière abjecte la validité de son certificat de naissance.
C’est le moment-clé qui décida Trump à se venger un jour, à son tour. Et le documentaire de conclure sur ces mots terribles de Trump : « Le monde se moque ­de nous, mais il ne se moquera plus de moi quand je serai président. » On connaît la suite.
Donald Trump : un rêve américain, de Barnaby Peel (GB, 2018, 4 × 48-66 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. Avec ce bébé en costard, DreamWorks creuse, pour le meilleur, sa veine puérile, bête, méchante et hilarante (sur Canal+ à 21 heures).
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TV – « Baby Boss » : un James Bond en couche-culotte

A voir aussi ce soir. Avec ce bébé en costard, DreamWorks creuse, pour le meilleur, sa veine puérile, bête, méchante et hilarante (sur Canal+ à 21 heures).



Le Monde
 |    01.06.2018 à 17h30
    |

                            Murielle Joudet








                        


Film d’animation sur Canal+ à 21 heures

L’histoire de cette production DreamWorks est celle de Tim, un garçon de 7 ans, qui doit faire face à l’arrivée d’un petit frère. Le nourrisson tout mignon est né avec un costume et un attaché-case et se prénomme Baby Boss.
Le bébé joufflu se révèle être un espion pour le compte de l’entreprise Baby Corp. Sa mission : ­démanteler un complot fomenté par le PDG de Puppy Co., qui veut lancer sur le marché le chien le plus mignon du monde pour ­conquérir l’affection des êtres ­humains et prendre la place des bébés. Baby Boss est chargé d’inverser la tendance en volant le prototype du chien, afin de rétablir l’ordre du monde.
Baby Boss rappelle à quel point, dans ses meilleurs moments, DreamWorks peut prétendre au rôle de cousin punk de Pixar : emboîtement de scènes hallucinogènes, où l’on accède à l’entreprise Baby Corp. en suçant rapidement une tétine, humour scatophile et régressif qui digère tout l’imaginaire des vidéos Internet composées d’animaux et de bébés rigolos.

   


La production de Baby Boss a été annoncée dès 2014. Pourtant, on ne peut s’empêcher de penser que les scénaristes et animateurs du studio ont calqué son apparence sur celle de Donald Trump. Sous ses airs poupons, Baby Boss se caractérise par un cynisme et un carriérisme à toute épreuve : une fois sa mission accomplie, il rêve de décrocher une promotion et un bureau pour lui tout seul. Outre son costume noir, sa cravate noire et son étrange jeu de mains, un autre attribut du héros nous conforte dans cette piste : c’est Alec Baldwin qui prête sa voix à Baby Boss, soit le comédien qui incarne le sosie parodique de Donald Trump dans l’émission de divertissement à sketchs « Saturday Night Live ».
Si l’on rit de bon cœur, l’hilarité est mêlée de consternation : quoi de plus bête que le pet d’un bébé aux fesses recouvertes de talc ? Et, pourtant, il y a quelque chose de jouissif dans cette débauche d’idioties infantiles, comme si Baby Boss se faisait de manière subliminale le commentaire d’une société qui se morfond dans la puérilité et se nourrit de cette nouvelle pornographie qu’est devenu le « mignon ».
Baby Boss, de Tom McGrath (EU, 2017, 95 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».
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Loto du patrimoine : « Nous demandons au président de la République de renoncer à se rendre dans la maison de Pierre Loti »

C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron a entrepris d’engager des initiatives visant à financer la rénovation de notre patrimoine culturel. A cet effet, un vaste « loto » sera organisé permettant d’abonder un fonds consacré au financement en tout ou en partie de 250 monuments français. Une démarche respectable, que nous serions prêts à soutenir, si le président de la République n’envisageait pas de lancer ce « grand loto du patrimoine » dans la maison de l’écrivain Pierre Loti à Rochefort, la veille des journées européennes du patrimoine 2018. Un tel acte aurait pour effet d’apporter une onction républicaine et européenne aux écrits d’un auteur qui s’est illustré par une haine d’une violence inouïe à l’égard des Arméniens et des juifs.
Aussi, souhaitons-nous, à travers cet appel, attirer l’attention sur les écrits de Pierre Loti.
Dans son livre La Mort de notre chère France en Orient », il écrivait : « « En ce qui me concerne, je suis mal tombé peut-être, mais je puis attester qu’à de rares exceptions près, je n’ai rencontré chez eux [les Arméniens] que lâcheté morale, lâchage, vilains procédés et fourberie. Et comme je comprends que leur duplicité et leur astuce répugnent aux Turcs, qui sont en affaires la droiture même ! Leurs pires ennemis sont les premiers à le reconnaître. J’oserais presque dire que les Arméniens sont en Turquie comme des vers rongeurs dans un fruit, drainant à eux tout l’or, par n’importe quel moyen, par l’usure surtout, comme naguère les Juifs en Russie ».
Actes ignobles
Dans Jérusalem, il écrivait encore : « En soi, cela est unique, touchant et sublime : après tant de malheurs inouïs, après tant de siècles d’exil et de dispersion, l’attachement inébranlable de ce peuple à une patrie perdue ! Pour un peu, on pleurerait avec eux – si ce n’étaient des Juifs (mots soulignés par l’auteur) et si l’on ne se sentait le cœur étrangement glacé par toutes leurs abjectes figures. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’exposition genevoise de la Fondation Martin Bodmer, « Des jardins & des livres », fait l’objet d’un catalogue qui comblera les amateurs de livres rares, de botanique et de jardins.
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Sélection livre : trois millénaires de jardins

L’exposition genevoise de la Fondation Martin Bodmer, « Des jardins & des livres », fait l’objet d’un catalogue qui comblera les amateurs de livres rares, de botanique et de jardins.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 16h41
    |

            Lucien Jedwab








                        



   


La Fondation Martin Bodmer, près de Genève, a confié à ­l’universitaire Michael Jakob, auteur d’une Poétique du banc, la conception du catalogue de l’exposition « Des jardins & des livres » (jusqu’au 9 septembre), dont il est le commissaire. Les collections exceptionnelles du bibliophile Martin Bodmer (1899-1971) y ont pour écrin un élégant bâtiment de l’architecte suisse Mario Botta. Enrichie de pièces rarissimes prêtées, l’exposition thématique donne à voir trois millénaires d’écrits, depuis le Livre des morts égyptiens (v. 1000 av. J.-C.) jusqu’au Modern Nature de l’Anglais Derek Jarman (1942-1994).

   


Des ­historiens, familiers de Flore et de Pomone, ont contribué au catalogue. Si l’histoire « livresque » des jardins débute à ­Babylone – mais sans que l’archéologie l’ait confirmé jusqu’à ­présent… –, elle se poursuit avec la Naturalis Historia de Pline l’Ancien, le Traité du jardin du Chinois Ji Cheng, l’Instruction pour les jardins fruitiers et potagers de Jean-Baptiste de La Quintinie ou l’Essay on Modern Gardening d’Horace Walpole. Quant à Goethe, Tchekhov, Proust ou Borges, ils font l’objet de commentaires éclairants, leurs œuvres ayant eu pour arrière-plan… des jardins.

   


Des jardins & des livres, sous la direction de Michael Jakob, Fondation Martin Bodmer/MétisPresses (Genève), 462 p., 65 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le personnage, qui fête ses 80 ans, est une métaphore des immigrés ayant fui l’Europe dans les années 1930 pour trouver la paix et la prospérité aux Etats-Unis.
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Superman, un octogénaire impérissable

Le personnage, qui fête ses 80 ans, est une métaphore des immigrés ayant fui l’Europe dans les années 1930 pour trouver la paix et la prospérité aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 17h54
   





                        


« It’s a bird… It’s a plane… No, it’s Superman ! » Depuis 1938, « Superman, l’homme d’acier » et cette phrase devenue mythique habitent la culture populaire américaine.
Archétype du super-héros, Kal-El — de son nom de baptême extraterrestre — est aussi un immigré qui fête cette année ses 80 ans. Seul survivant de Krypton, sa planète d’origine, il a été recueilli bébé par un couple d’agriculteurs du Kansas, qui lui donnent le nom de Clark Kent, avant qu’il ne parte pour Metropolis, où il devient journaliste.
Un héros immigré et juif
Superman, « champion des opprimés » voit le jour aux Etats-Unis en pleine montée de périls pour les juifs, en Allemagne, en Italie et en URSS. Ses créateurs, Jerry Siegel et Joe Shuster, sont deux juifs d’origine européenne, établis à Cleveland, dans l’Ohio.
Leur personnage a grandi dans une ferme et incarne parfaitement l’espoir du rêve américain : une métaphore pour ces immigrés ayant fui l’Europe dans les années 1930 dans l’espoir de trouver la paix et la prospérité aux Etats-Unis.
Au printemps 1938, l’ancêtre de DC Comics publie une nouvelle série, Action Comics. Dans son premier numéro, treize pages sont consacrées à ce nouveau super-héros. Le succès est au rendez-vous. Un an plus tard, à peine, DC Comics crée la série Superman.

Rocketed from the doomed planet Krypton, baby Kal-El would grow to become one of the DCU's greatest heroes! Revisit… https://t.co/LfVI0As5Yj— DCComics (@DC)


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Logiquement, au cours de la seconde guerre mondiale, leur personnage va lutter contre les nazis, détruire le mur de l’Atlantique, comme dans le numéro 44 d’Action Comics, de janvier 1942, et la ligne Siegfried, ce qui poussera Joseph Goebbels, le ministre de la propagande d’Adolf Hitler, à lancer, lors d’une réunion : « Superman est juif ! »
Comme le rappelait en 2007 l’exposition « De Superman au Chat du rabbin, bande dessinée et mémoires juives », au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, presque tous les créateurs de super-héros sont juifs, originaires d’Europe centrale : Bob Kane (Batman) ; Will Eisner (Le Spirit) ; Jack Kirby (Les Quatre Fantastiques, Hulk, les X-Men) ; Joe Simon (Captain America) et Stan Lee (Spider-Man).
Un héros toujours pertinent
Mais quatre-vingts ans après sa création, malgré toutes ses déclinaisons — films, jeux vidéo, dessins animés, séries télévisées —, malgré son immuable costume aux couleurs des Etats-Unis, siglé du célèbre « S » sur fond jaune, malgré son slip rouge sur son collant bleu, malgré son côté trop lisse, surtout comparé à d’autres héros plus complexes, tels Spider-Man ou les X-Men, le personnage reste pertinent, ancré dans la réalité.
En 1963, il part « En mission pour le président Kennedy », un numéro que JFK ne verra pas, puisqu’il est assassiné avant sa publication. En 2011, Superman a souhaité se défaire de sa nationalité américaine, se sentant trahi par le gouvernement, ou en juillet 2017, un mois après la tuerie de Charlottesville, il sauve des travailleurs immigrés d’un suprémaciste blanc paupérisé, en écho aux violences de l’extrême droite américaine. Loin de la réappropriation du super-héros par l’un des porte-parole de la Maison Blanche qui, le 20 janvier, comparait le président Trump à… Superman.
Comme le rappelait Vox, en 2017, Superman a toujours lutté contre l’injustice, comme l’illustrait une affiche des années 1950 sur laquelle il interpellait des élèves :
« Souvenez-vous que votre école — comme notre pays — est composée d’Américains d’origines, de races et de religions différentes… Si vous entendez quelqu’un s’en prendre à un de vos camarades de classe ou à quelqu’un d’autre en raison de sa religion, de sa race ou de son origine, n’hésitez pas : dites-lui que ce type de propos est contraire à l’Amérique. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ A Paris, l’artiste belge convoque le patrimoine populaire de son pays, qu’il revisite par son prisme le plus subversif : le carnaval.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Sélection galerie : Jan Fabre chez Templon

A Paris, l’artiste belge convoque le patrimoine populaire de son pays, qu’il revisite par son prisme le plus subversif : le carnaval.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h15
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


Ce n’est qu’une fois l’entrée de la galerie Templon franchie qu’est annoncé le double intitulé de l’exposition de Jan Fabre : « Folklore sexuel belge, mer du Nord sexuelle belge ». Derrière ces formules cocasses, l’artiste belge convoque le patrimoine populaire de son pays, qu’il revisite par son prisme le plus subversif : le carnaval. Les petits cadres rétro qui ponctuent l’accrochage présentent des vignettes folkloriques qui, il y a quelques décennies, étaient précisément « éditées et offertes » par les marques de chocolat belges dans leurs tablettes. Ces images d’Epinal sont détournées, montrant là une procession de la V(i)erge, ici une petite chapelle de la vulve, là encore une béguine faisant pousser des pénis en pot, quand un peu partout ruissellent des pluies de liquides corporels. Entre ces miniatures à la facture farcesque flamboient des objets de culte ou de fête entièrement rehaussés de sequins colorés, telle cette large croix ornée de masques et chapeaux à attributs sexuels ou un orgue de Barbarie métamorphosé en un délirant autel de la fécondité. Les charmes de la mer du Nord se découvrent surtout à marée basse, au sous-sol de la galerie, où coquillages érectiles et crustacés strassés constituent un savoureux ­cabinet de curiosités.

        Lire aussi le reportage à Saint-Pétersbourg :
         

          Jan Fabre dérange l’Ermitage



« Folklore sexuel belge (2017-2018), mer du Nord sexuelle belge (2018) ». Galerie Templon, 28, rue du Grenier-Saint-Lazare, Paris 3e. Tél. : 01-85-76-55-55. Du mardi au samedi de 10 heures à 19 heures. Jusqu’au 21 juillet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Avec la Maison rouge, ouverte en 2004 à Paris, le collectionneur Antoine de Galbert est parvenu à imposer un lieu singulier en marge des canons du marché de l’art. Au faîte de la gloire, cet héritier de la grande distribution a décidé de plier boutique, après une ultime exposition.
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L’envol d’Antoine de Galbert, fondateur de la Maison rouge


                      Avec la Maison rouge, ouverte en 2004 à Paris, le collectionneur Antoine de Galbert est parvenu à imposer un lieu singulier en marge des canons du marché de l’art. Au faîte de la gloire, cet héritier de la grande distribution a décidé de plier boutique, après une ultime exposition.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h47
    |

                            Pascale Nivelle








                              

                        

Chaque matin, Antoine de Galbert descend au sous-sol de son immeuble. Une cave blindée et réfrigérée aussi vaste que la réserve d’un musée, où un gardien veille tout le jour. Il n’y a rien à voir, juste un entrepôt avec des centaines de cartons et de paquets étiquetés. Lui n’a pas besoin des codes-barres, il sait ce que cache chaque emballage. Dans le cadre noir, c’est un Dubuffet à côté de celui, plus petit, d’une photographie de Lucien Pelen, celle d’un homme et d’une chaise qui volent. Là, une œuvre de Gilbert et George cohabite avec le dessin au crayon fait par un enfant autiste, et Christian Boltanski avec une biche empaillée qui parle, signée Nicolas Darrot.
S’il a oublié beaucoup de noms, il connaît « par cœur » toutes les œuvres. Ce sont celles de sa vie de collectionneur passionné, tourmenté, toujours en manque. « Chacune a une raison affective, politique et historique d’être là », confie-t-il. À 62 ans, tous les matins, Antoine de Galbert va à leur contact.
« Je vais m’alléger »
À trois cents mètres de là, des néons rouges éclairent le boulevard de la Bastille. Une petite foule (environ 35 000 visiteurs par exposition) se presse à la Maison rouge, fondation d’art qui semble avoir toujours été là. À l’entrée, le livre d’or déborde de félicitations et, depuis peu, de prières. « N’arrêtez pas ! » en lettres capitales, et cette supplique laissée en suspension : « Antoine, vous allez nous manquer… » L’exposition inaugurée le 16 juin sera la dernière. Elle parle d’apesanteur, de l’éternel défi de voler, de s’évader dans les rêves et dans les airs. Symbolisée par une cage rouge ouverte, elle s’intitule « L’Envol ou le rêve de voler ».

C’est justement ce que s’apprête à faire Antoine de Galbert, le fondateur de la Maison rouge. « Je vais m’alléger », annonce-t-il. Le compte à rebours a commencé en janvier 2017. Dans cinq mois, les néons rouges s’éteindront, laissant la place à des...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Depuis 2012, le biographe a pu longuement rencontrer l’écrivain et son entourage. Son manuscrit devrait être remis à l’éditeur Norton en 2019.
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Blake Bailey, l’homme qui a eu un accès exclusif à Philip Roth


                      Depuis 2012, le biographe a pu longuement rencontrer l’écrivain et son entourage. Son manuscrit devrait être remis à l’éditeur Norton en 2019.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h47
    |

                            Stéphanie Chayet








   


Comment devient-on le biographe de Philip Roth ? On lui envoie une lettre de candidature spontanée, puis l’on se présente au rendez-vous qu’il vous propose, chez lui, dans l’Upper West Side de Manhattan, à New York. Nous sommes au printemps 2012, et Blake Bailey vient d’apprendre par la rumeur que le géant des lettres américaines – mort le 22 mai, à 85 ans – s’est séparé de Ross Miller, le biographe qu’il s’était choisi en 2004. Spécialisé jusque-là dans les écrivains disparus, voire oubliés – il a canonisé John Cheever et contribué à la redécouverte posthume de Charles Jackson et Richard Yates, l’auteur de Revolutionary Road, adapté au cinéma sous le titre Noces rebelles –, Bailey n’avait jamais approché un romancier vivant, encore moins un tel monument. « Nous avons eu une conversation joyeuse, où il n’a pas été question de sa biographie, se souvient-il. Philip avait connu Cheever, il m’a raconté des anecdotes à son sujet. Il a dit : “Revenez dans deux jours.” Je suis revenu, il m’a interviewé. Et j’ai eu le job. »
« Pourquoi un goy de l’Oklahoma écrirait-il l’histoire de ma vie ? » Philip Roth
Blake Bailey, 54 ans, a grandi à Oklahoma City, dans l’une de ces familles de la classe moyenne supérieure qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler dysfonctionnelles – le genre de famille qui peuple justement les œuvres de Cheever et de Yates, deux observateurs désenchantés de l’Amérique suburbaine. « Pourquoi un goy de l’Oklahoma écrirait-il l’histoire de ma vie ? », lance l’auteur de Portnoy et son complexe lors de l’entretien d’embauche. « J’ai bien raconté celle de Cheever sans être moi-même un bisexuel alcoolique issu d’une famille puritaine », rétorque le candidat. Bailey propose au plus grand romancier américain vivant le même marché qu’aux héritiers de ses trois précédents sujets : écrire toute la vérité et rien que la vérité – il s’engage à laisser Roth ou ses ayants droit rectifier toute erreur factuelle – en échange d’un accès exclusif et illimité à son entourage et à ses papiers.

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                L’écrivain américain Philip Roth est mort à l’âge de 85 ans



Une entreprise « follement colossale », estime le biographe, qui remettra son manuscrit en novembre 2019, sept ans après la signature d’un contrat chez l’éditeur le plus offrant (Norton). Depuis, il a interrogé 140 personnes, dont le principal intéressé, qui lui a accordé une centaine d’heures d’interviews au fil des années, sans compter leurs conversations informelles, et les 50 cassettes d’entretiens héritées de son prédécesseur. Les archives du romancier – 33 mètres linéaires à la Bibliothèque du Congrès – sont actuellement empilées « jusqu’au plafond » dans le bureau de Bailey en Virginie : correspondances, dossiers médicaux, jugements de divorce, agendas, brouillons, coupures de presse, photographies, et jusqu’aux cahiers d’écolier – un par an – où Roth consignait les tâches à accomplir dans sa propriété du Connecticut. Jusqu’en 2050, seul le biographe y aura accès.
« C’est un homme tendre, vulnérable, terriblement incompris. Quel autre écrivain a été aussi attaqué ? On l’a traité de juif antisémite, de misogyne, d’obsédé. » Blake Bailey
Retraité de l’écriture depuis 2012, Roth s’était mis, ces dernières années, « au service de Blake Bailey », comme il le dit lui-même dans un documentaire de la BBC. Outre d’innombrables mémos, il lui laisse une chronologie des « événements importants » de sa vie (300 pages dactylographiées recto verso), le compte rendu détaillé d’une trahison amicale (500 pages), et un épais document, intitulé « Notes pour mon biographe », réfutant « syllabe par syllabe » les Mémoires de Claire Bloom, son ex-femme. Selon Blake Bailey, le romancier a été « anéanti » par le livre (Leaving a Doll’s House: A Memoir, 1996, non traduit), dans lequel l’actrice britannique l’accuse, entre autres, de cruauté envers la fille qu’elle a eue de son premier mariage. « C’est un homme tendre, vulnérable, terriblement incompris, plaide le biographe, qui parle encore de Roth au présent. Quel autre écrivain a été aussi attaqué ? On l’a traité de juif antisémite, de misogyne, d’obsédé. » Les opinions du romancier sur les rapports entre les sexes sont « un peu archaïques », admet-il, mais une ribambelle d’« ex-petites amies de tous âges – dont une en déambulateur – sont venues lui dire au revoir à l’hôpital ». Quel misogyne meurt entouré de tant de femmes ?

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                « Pourquoi ne pas être drôle dans un livre ? » : le dernier entretien donné par Philip Roth



Blake Bailey sait que l’exercice de la biographie dite « définitive » peut provoquer des overdoses. « A la fin, Carlos Baker détestait Ernest Hemingway, Mark Schorer méprisait Sinclair Lewis, et Zachary Leader en a eu marre de Saul Bellow. Ce sont les risques du métier. » Jusqu’à présent, il a su choisir des sujets dont il ne s’est jamais fatigué, se réjouit-il. Même ce control freak de Roth n’a pas réussi à l’irriter. « Je n’avais pas tellement envie d’un sujet qui regarde constamment par-dessus mon épaule, mais Philip Roth s’est révélé parfaitement raisonnable, poursuit Bailey. Il n’a jamais interféré dans mon travail, et nous avons développé une chaleureuse amitié. » Le 22 mai, c’est lui qui a annoncé sur Twitter la mort de cet « homme adorable » et controversé.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le groupe espagnol espère lancer une chaîne et conquérir 3,5 millions d’abonnés à 25 euros par mois.
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Mediapro veut faire « grandir » le foot en France

Le groupe espagnol espère lancer une chaîne et conquérir 3,5 millions d’abonnés à 25 euros par mois.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h01
    |

                            Yassine El Azzaz et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

« Nous sommes là pour faire grandir le foot en France, a d’emblée lancé, jeudi 31 mai, Jaume Roures, l’emblématique président catalan de Mediapro, le groupe inconnu qui vient de rafler les droits de la Ligue 1. Il n’y a aucune raison que le football français soit le dernier en Europe et n’atteigne pas les niveaux de l’Espagne ou l’Italie, en fréquentation ou en poids économique. »

Devant un parterre de journalistes très curieux – voire sceptiques – le groupe audiovisuel venu d’Espagne a déroulé une stratégie claire : alors que tous anticipaient que Mediapro souhaite revendre certains des lots de matches de championnat qu’il a acquis, M. Roures a assuré que ce n’était pas son intention, sans pour autant l’exclure totalement. « Notre but, comme en Espagne, c’est de créer nous-mêmes une chaîne 100 % foot et de la faire distribuer par tous les opérateurs possibles », a expliqué le patron, citant Orange, Altice ou le rival Canal+. Et, pourquoi pas les grandes plateformes numériques comme Google, Facebook ou Amazon, qui s’intéressent de plus en plus au sport.
Le point le plus délicat de la démonstration est la rentabilité du modèle : M. Roures a présenté son calcul. « Si on divise 800 millions d’euros, le prix que nous avons payé, par 3 à 3,5 millions, le nombre de fans de football en France, on obtient un prix de 25 euros par mois, environ. » Mediapro a ensuite projeté de pouvoir faire grandir la base de fans à 5 millions, par exemple, ce qui ferait mécaniquement baisser le prix de l’abonnement (à 16 euros/mois). Mais il a insisté : « 25 euros par mois, ce n’est pas cher. »
Diplomate vis-à-vis des acteurs français
Cette hypothèse d’un abonnement à 25 euros suscite une part d’incrédulité car elle est décalée par rapport au marché français actuel : BeinSports coûte 15 euros par mois, pour une bonne part de la Ligue 1, plus la Ligue des champions, les championnats espagnol, allemand et italien,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Politiquement incorrect, « Last Pretender » évoque avec humour des sujets très sérieux, comme la génétique, la dictature ou encore l’esclavage.
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Manga : « Last Pretender », Frankenstein galactique

Politiquement incorrect, « Last Pretender » évoque avec humour des sujets très sérieux, comme la génétique, la dictature ou encore l’esclavage.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 09h29
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 10h19
    |

            Bernard Monasterolo








                        



   


C’est à La Nouvelle-Angoulême, capitale de la dynastie régnante et dirigeante de l’Univers (pourquoi se priver) que se préparent les jeux qui vont permettre de trouver une compagne au jeune prince, Kris, pour ses 16 ans. C’est la plus forte des prétendantes qui raflera la mise et accédera au trône, après une série de combats où tout est permis. Le prince se refuse à ce destin et décide de se cloner lui-même pour créer une femme aussi puissante que lui et qui correspond parfaitement à son désir. Petit problème cependant, cette dernière ne répond pas vraiment à l’idéal souhaité, pense qu’il est un danger pour l’avenir de l’humanité, et se retourne contre lui.

   


C’est sur cette trame classique d’un Frankenstein qui se retourne contre son créateur, mais dans un univers galactique, que Miwa Yoshiyuki et Shunji Eto élaborent leur série Last Pretender nouvellement arrivée chez Kana. Ce shonen musclé, dont cinq volumes sont déjà parus au Japon, brasse nombre de thématiques sérieuses, traitées assez rapidement et plutôt légèrement dans le premier volume.
Réflexion sur les causalités et le déterminisme, sur l’acceptation des traditions et des normes sociales, ainsi que les rapports de domination liés au pouvoir, l’univers de Last Pretender dépeint un système de renouvellement des élites, complètement refermé sur lui-même, et parfaitement inégalitaire. D’un côté une aristocratie fondée sur l’héritage génétique, de l’autre une pseudo-ouverture sur la mixité par le biais de combats entre les prétendantes au trône, où la force brute est le seul critère de sélection. Un vrai scénario de jeu vidéo, sans aucune réflexion sur la signification réelle du pouvoir et où le bien commun n’est jamais pris en compte. Transposé dans le monde réel, cet univers serait la pire des dictatures, avec un sexisme prononcé (les femmes se battent, les hommes vont à l’université). Un univers parfaitement inhumain, au trait volontairement appuyé, pour mieux le dénoncer dès le volume II de la série.

   


Par nombre d’aspects, les auteurs ont construit avec Last Pretender un monde assez typique des mangas japonais, en développant, par exemple, des typologies de combats – ici le « grim roar » –, un exercice que l’on retrouve dans toutes les séries de ce type (Dragon Ball par exemple et son florilège très sophistiqué en la matière). Last Pretender construit donc lentement un univers doté d’un fort potentiel thématique. Reste à savoir s’il sera développé à l’avenir. La richesse et la noirceur du scénario appelleraient un traitement plus sérieux, comme a pu le faire un Peter Chung avec Aeon Flux, qui a traité exactement des mêmes sujets politiques et génétiques, avec le génie que l’on sait.
Last Pretender, de Miwa Yoshiyuki et Etô Shunji, tome I et II déjà disponibles, tome III le 6 juillet 2018, éditions Kana, 240 pages, 6,85 euros.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La maison américaine Heritage Auctions organise pour la première fois une vente d’originaux européens.
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La BD franco-belge au pays des comics

La maison américaine Heritage Auctions organise pour la première fois une vente d’originaux européens.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 09h09
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 16h58
    |

            Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Certains y voient un ­signe de la mondialisation du marché. D’autres un effet d’annonce qui retombera comme un soufflé. Pour la première fois, une maison d’enchères américaine organise, samedi 2 juin à Dallas (Texas), une vente d’originaux de bande dessinée d’auteurs européens, un domaine où s’illustraient jusqu’ici uniquement des acteurs du Vieux Continent, comme Christie’s, Artcurial, Millon ou Huberty & Breyne.

Basée dans la ville texane, même si elle détient aussi depuis 2015 une salle de ventes aux Pays-Bas et une autre, depuis 2017, à Londres, la société Heritage Auctions proposera un peu moins de 300 dessins et illustrations. Avec du joli monde : Peyo, Bilal, Gibrat, Jijé, Guarnido, Juillard, Loisel, Manara, Mézières, Mœbius ou encore Tardi. Une très belle planche de l’album Les Ethiopiques, de l’Italien Hugo Pratt, datant de 1978 et mettant en scène Corto Maltese et le guerrier afar Cush, est estimée entre 36 000 et 40 000 euros.
Le clou de la vente devrait être une planche de Coke en stock, le dix-neuvième album des « Aventures de Tintin et Milou », dessinée en 1957 par Hergé. Même s’il ne s’agit pas de l’une de ses plus belles réalisations, cette page à l’encre de Chine se distingue par sa composition, avec une succession de cases horizontales et verticales inhabituelle chez l’auteur belge, qui était attaché au fameux « gaufrier » de douze vignettes.

Surtout, la planche est proposée avec son crayonné, ce qui permet d’admirer le travail de recherche d’Hergé, tant sur la composition que sur les personnages. « Cette œuvre n’a jamais été présentée en vente publique, et c’est seulement la troisième fois qu’un crayonné d’Hergé est proposé avec sa planche, c’est une rareté », se réjouit Eric Verhoest, galeriste à Bruxelles et expert de la vente, qui officiait auprès de Sotheby’s avant de rejoindre Heritage, avec son confrère parisien Bernard Mahé. L’ensemble est estimé entre 600 000 et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Montée par Benjamin Lazar et Vincent Dumestre avec l’Opéra de Perm, la tragédie lyrique de Lully brille au zénith.
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Opéra : « Phaéton » embrase les Fêtes royales de Versailles

Montée par Benjamin Lazar et Vincent Dumestre avec l’Opéra de Perm, la tragédie lyrique de Lully brille au zénith.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 08h36
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 10h11
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Dix ans exactement après leur Cadmus et Hermione monté à l’Opéra-Comique en 2008, les retrouvailles lullystes du metteur en scène Benjamin Lazar et du chef d’orchestre et luthiste Vincent Dumestre à l’Opéra Royal de Versailles tiennent leurs promesses : Phaéton s’annonce comme le fleuron des Fêtes royales du Festival de Versailles qui se tient jusqu’au 12 juillet. La tragédie lyrique de Quinault et Lully – sans aucun doute celle dont la fin est la plus brutale et la plus violente – marque en 1683 l’installation de la cour à Versailles.

Faut-il voir dans le mythe du fils du Soleil, foudroyé pour avoir perdu le contrôle du quadrige ­solaire de son père et avoir manqué d’embraser le monde, un avertissement donné à tout porteur d’hybris ? C’est ce que laisse ­entendre en partie un travail scénique qui fait de l’ombre la ­matière centrale du propos : ­l’obscurité de la grotte dans laquelle se sont réfugiés les dieux Astrée et Saturne (et leurs compagnes et compagnons), chassés de la Terre par les hommes, les ténèbres qui règnent dans le cœur orgueilleux de Phaéton en quête absolue de reconnaissance, le black-out d’une catastrophe écologique planétaire provoquée par un soudain « réchauffement climatique ». Certains tableaux, comme le fuligineux brouillard du début de l’acte III, sont magnifiques de poésie, d’autres en appellent au réalisme le plus cru (la salle éclairée comme en plein jour à l’acte IV, dans le palais du Soleil).
Certains tableaux sont magnifiques de poésie, d’autres en appellent au réalisme le plus cru
La sobre et subtile intelligence des beaux décors de Mathieu Lorry-Dupuy, l’Egypte et la Russie fantasmées des merveilleux ­costumes d’Alain Blanchot (un raffinement des formes et des couleurs idéalement rehaussées par les maquillages et coiffures de Mathilde Benmoussa), les féeries lumineuses de François Menou, les vidéos magistralement rythmées de Yann Chapotel en lieu et place des danses, tout concourt à la réussite. De même...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le Centre national de danse contemporaine (CNDC), dirigé par l’ex-danseur Robert Swinston et ancien assistant de Merce Cunningham, fête ses 40 ans à Paris.
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A Angers, la danse en capitale

Le Centre national de danse contemporaine (CNDC), dirigé par l’ex-danseur Robert Swinston et ancien assistant de Merce Cunningham, fête ses 40 ans à Paris.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 08h09
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h07
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Quarante ans d’enseignement, sept directions et une réputation au beau fixe. Le Centre national de danse contemporaine d’Angers (CNDC) affiche la maturité alerte d’un haut lieu de formation ­supérieure toujours très couru. Près de deux cent cinquante interprètes y passent chaque année l’audition en espérant embarquer avec la fine équipe des vingt élus. La compagnie fête cet anniversaire en différents lieux à travers la France et notamment au Théâtre de Chaillot, à Paris. Le directeur actuel du CNDC, Robert Swinston, ex-danseur et ancien assistant de Merce Cunningham, y reprend trois pièces du chorégraphe américain. Autre événement parisien, un spectacle exceptionnel le 4 juin au Musée de l’Orangerie avec pour décor les Nymphéas de Monet.

« C’est une école capitale, affirme l’universitaire Patrick Germain-Thomas. Elle est le socle du projet politique pour la danse contemporaine dans notre pays. Au milieu des années 1970, Michel Guy, ­créateur du Festival d’automne, puis secrétaire d’Etat à la culture, voulait fonder une école française de la danse moderne, en complément de celle du classique. Le CNDC, concrétisation de ce projet, sera le premier lieu consacré au contem­porain, vingt ans avant l’entrée de cette discipline dans les conservatoires nationaux. »
Patrick Germain-Thomas, universitaire : « Cette école est le socle du projet politique pour la danse contemporaine dans notre pays »
Philippe Decouflé, Angelin Preljocaj, Mathilde Monnier, ­Rachid Ouramdane, Yoann Bourgeois, Amala Dianor, Ali Moini, Volmir Cordeiro… sont passés par cette école solide aux humeurs changeantes, à l’image de ses directeurs. De l’Américain multimédia Alwin Nikolais (1910-1993) à Robert Swinston en passant par Joëlle Bouvier et Régis Obadia, stars de la scène française des années 1980, le CNDC a imposé son label. « En 1991, sous la direction de Nadia Croquet, c’était une maison d’artistes où les frontières entre formation et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le temps d’un concert à Lyon, le musicien reprend l’album « Mobilis in Mobile », de L’Affaire Louis’ Trio, dont Hubert Mounier, mort il y a deux ans, était le maître d’œuvre.
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Nuits de Fourvière : Biolay chante Mounier, une affaire d’amitié

Le temps d’un concert à Lyon, le musicien reprend l’album « Mobilis in Mobile », de L’Affaire Louis’ Trio, dont Hubert Mounier, mort il y a deux ans, était le maître d’œuvre.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 07h26
    |

            Bruno Lesprit








                        



   


Le 17 juin 2016, Benjamin Biolay monte sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière, accompagné d’une vingtaine de musiciens, pour la tournée de son album argentin ­Palermo Hollywood. Le chanteur est alors partagé entre l’ivresse de la communion dans ce cadre beau comme l’antique et la peine. Six semaines plus tôt, il a annoncé la mort, le 2 mai, de celui qui était un ami et un « mentor » : Hubert Mounier, la voix chaude du groupe ­L’Affaire Louis’ Trio, dont le cœur a lâché à l’âge de 53 ans. A son aîné, Biolay rend un hommage appuyé à Fourvière en reprenant cinq de ses chansons. « C’était très émouvant. Pour moi, très dur, se souvient-il. La partie la plus âgée de mon public, des gens de Lyon qui avaient connu ces moments où la ville était fière d’avoir un groupe, était chaud patate sur ­Cabane en rondins. Sur Succès de larmes, tout le monde chantait le refrain avec moi. »
En adieu, le natif de Villefranche-sur-Saône avait interprété Mobilis in Mobile, chanson-titre du plus fameux album de L’Affaire Louis’ Trio. Pour sa troisième participation consécutive aux Nuits de Fourvière, Benjamin Biolay prolonge le salut, le 19 juillet, en jouant le disque dans son intégralité. Parus en 1993, sous une pochette sous-marinière en clin d’œil au Black Sea d’XTC, les 17 titres de Mobilis in ­Mobile, quatrième album studio de L’Affaire Louis’ Trio, réussissaient l’alchimie entre deux grandes passions d’enfance de Mounier, l’univers de Jules Verne et les Beatles. Nautilus et sous-marin jaune. « A l’école, il avait gravé “Hubert = McCartney” au couteau sur un bureau », sourit Biolay.
« Hubert était un personnage romanesque au possible, il vivait dans une bulle temporelle. Chez lui on avait l’impression d’être dans un épisode de Madame est servie », se souvient Benjamin Biolay
« Malgré tout l’amour que j’ai pour lui, je ne ferais pas cela s’il ne s’agissait pas d’un bon, prévient-il néanmoins. Hubert est un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus sous-estimés de la musique française. D’autres que moi l’ont dit, Alain Souchon par exemple. » Biolay n’hésite pas à qualifier Mounier de « maître ». N’est-ce pas légèrement excessif ? « Il avait envie de transmettre son savoir. Il m’a appris une certaine rigueur, à privilégier la mélodie, les mots un peu courts. Il est, avec Trenet, un de ses modèles, l’auteur-compositeur français dont je me sens le plus proche. »
Mounier et Biolay, c’est une affaire lyonnaise. Lorsqu’ils se rencontrent pour la première fois, avant la sortie de Mobilis in Mobile, le premier est connu sous le pseudonyme douteux de Cleet Boris, un chanteur zazou à houppe, également auteur de BD, qui semble évoluer dans des cases à ligne claire. Flanqué de son frère guitariste Vincent (alias Karl Niagara) et du multi-instrumentiste François Lebleu (dit Bronco Junior), il est devenu une célébrité nationale grâce à des clips colorés et à des tubes latins et chaloupés (Tout mais pas ça, Chic planète, Bois ton café), souvent renforcés de cuivres. Le jeune Biolay est lui-même de la confrérie des souffleurs, tubiste puis tromboniste après avoir intégré le conservatoire de Lyon.
« On est devenus intimes, j’étais le premier à écouter ses chansons, à donner mon avis, raconte-t-il. Hubert était un personnage romanesque au possible, il vivait dans une bulle temporelle. Chez lui on avait l’impression d’être dans un épisode de Madame est servie. » Avec, comme chez Trenet, la mélancolie sous l’apparente légèreté : « Les costumes trois pièces qu’il portait au début, ce sont ceux de son père assassiné, Max », qui eut le malheur de se trouver en 1975 au bar La Trinité lors d’un règlement de comptes, drame évoqué dans la chanson Balle perdue (1990).
Un modèle de pop à la française
Chez les gones, « Hubert faisait partie du décor, on le voyait souvent avec son petit cartable, dans la presqu’île, faire ses courses à l’épicerie Maréchal ». Sa réputation d’hurluberlu peut aussi être pesante depuis que L’Affaire Louis’ Trio a eu la mauvaise idée de se présenter comme un groupe de « rock rigolo à tendance cha-cha » : « On lui tapait sur l’épaule en disant “Ça va, Luis Rego ?”, on lui parlait comme à un comique de la télé alors qu’il sortait du studio et s’était pris la tête avec des trucs romantiques et profonds. Il avait refusé d’aller à Paris pour des raisons tout sauf critiquables mais, s’il n’avait pas fait ce choix de vie, sa carrière aurait été tout autre. Tout se passe entre deux portes à Paris. Moi, si je n’avais pas rencontré Salvador pour Jardin d’hiver… »
Biolay s’exercera aux arrangements, discipline dans laquelle il excellera, sur Europium 97, ultime chapitre du trio devenu duo, après fâcherie entre les frères Mounier. Débarrassé de Cleet Boris, Hubert ne lancera sa carrière solo qu’en 2001 avec Le Grand Huit, album intime et sobre de sortie de tunnel alcoolisé. « Il s’est arrêté pendant cinq ans, s’est barré en Ardèche, puis il a couru après ces cinq années qui ne sont jamais revenues, relève Biolay, qui aura participé à la réalisation des trois disques solo de son ami. L’insuccès a dû le détruire. Les chansons ne servent à rien si elles ne sont pas écoutées. Il y avait une colère en lui souvent dirigée vers les gens qu’il aimait le plus. »

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          Nuits de Fourvière, sonnez violons !



Pourquoi Mobilis in Mobile ? « C’est l’album qu’il a le plus vendu – un Disque d’or –, il s’écoute en entier et marche bien en live », répond Biolay. A une époque où rares étaient les Gaulois osant s’aventurer sur le terrain de jeu des Brittons, il demeure surtout un modèle de pop à la française, avec Fous à lier (1992) et Post-Partum (1995) des Innocents. Biolay sera entouré d’invités, des cordes du conservatoire de Lyon et de musiciens ayant participé à l’aventure L’Affaire Louis’ Trio, groupe maudit. L’hommage intervient en effet dix ans après la mort de François Lebleu d’une attaque cérébrale à l’âge de 42 ans, « un des mecs les plus doués que j’ai rencontrés dans la musique », ajoute Biolay : « Il savait jouer de tout à toute vitesse, claviers, batterie, basse, quand Vincent était le sculpteur à la guitare. ­Hubert, c’était le metteur en scène. »
Benjamin Biolay, « Mobilis In Mobile ». Le 19 juillet, au Grand Théâtre. 38 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le groupe anglais mené par Alex Turner ralentit le tempo et bascule dans le rétro-futurisme. Sa tournée d’été passera par Lyon.
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Nuits de Fourvière : le cabaret interstellaire des Arctic Monkeys

Le groupe anglais mené par Alex Turner ralentit le tempo et bascule dans le rétro-futurisme. Sa tournée d’été passera par Lyon.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 07h26
    |

                            Stéphane Davet








                        



   


Les Arctic Monkeys ont atteint la première place du classement britannique des meilleures ventes d’albums la semaine même de la sortie, le 11 mai, de Tranquility Base Hotel & Casino. Ce fut déjà le cas lors de la parution de leurs cinq précédents disques. Dernier groupe anglais en date à avoir construit son triomphe, à partir de la seconde moitié des années 2000, grâce aux guitares du rock, le quatuor de Sheffield a pourtant quasiment évacué les riffs électriques de cet album dominé par des ambiances de cabaret interstellaire aux tempos ralentis, portés par le crooning et les visions rétro-futuristes d’Alex Turner.

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          Nuits de Fourvière, sonnez violons !



Chanteur et leader du groupe, ce jeune trentenaire avait montré, ces dernières années, ses envies d’évasion de la routine britpop en cofondant un projet parallèle, The Last Shadow Puppets, avec son compatriote le chanteur Miles Kane. Classieux exercices orchestraux empruntant au romantisme de Burt ­Bacharach et aux mélodies théâtrales de Scott Walker, deux albums – The Age of Understatement (2008) et Everything You’ve Come to Expect (2016) – ouvraient des portes par lesquelles Alex Turner aurait pu définitivement s’échapper. On connaît le syndrome : grandis dans la cohésion d’un gang à la puissance juvénile, combien de chanteurs ont un jour senti que l’épanouissement de leur talent était ensuite limité par ce format ? Séparation de groupe et album solo ne sont alors souvent pas très loin…
Le premier groupe dont la cote a flambé grâce à la chambre d’écho d’Internet
Dès les premiers mots de Star Treatment, la chanson d’ouverture de Tranquility Base Hotel & Casino, Turner évoque les motivations originelles des Arctic Monkeys. « I just wanted to be one of The Strokes » (« Je voulais juste être un des musiciens des Strokes »), se rappelle-t-il en citant le groupe new-yorkais à l’origine du « retour des guitares » dans la pop, à l’aube des années 2000.
Dans la foulée de ces Américains et de leurs équivalents britanniques (The ­Libertines, The Coral…), des copains d’un lycée de Sheffield – Turner, Jamie Cook (guitare), Matt Helders (batterie) et Andy Nicholson (basse), bientôt remplacé par Nick O’Malley – se fantasment à leur tour en groupe de rock. Portés à la fois par l’héritage insulaire (The Kinks, The Jam, Oasis…) et la frénésie de leur époque, ces précoces primates seront parmi les premiers artistes à voir leur cote flamber grâce à la chambre d’écho d’Internet.
Par le biais des comptes MySpace de fans s’identifiant à l’indépendance sauvageonne du groupe et aux talents de conteur d’Alex Turner, qui crache avec un accent de la rue ses chroniques du quotidien, les Arctic Monkeys se transforment en phénomène avant même leur premier album, Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not. Celui-ci bat, en 2006, avec 363 735 exemplaires, le record de ventes d’un premier album en première semaine au Royaume-Uni.
Des chansons composées au piano
Alors que la fin des années 2000 et la première moitié des années 2010 ont vu les musiques urbaines éclipser le rock, les Arctic Monkeys ont préservé leur popularité en renouvelant la gamme de leurs déclinaisons électriques. Si leur deuxième album, Favourite Worst Nightmare (2007), se démarquait peu de la couleur anglo-centriste, le choix, ensuite, de traverser l’Atlantique pour se rapprocher du leader des Queens of the Stone Age, le chanteur, guitariste et producteur Josh Homme, enfanta les ambiances plus sombres de Humbug (2009) et Suck It and See (2011). Démarche conclue en apothéose, en 2013, avec AM, vendu à plus de 3 millions d’exemplaires.
La boucle aurait pu être bouclée. C’est l’impression qu’a pu en avoir Alex Turner. Installé depuis quelques années à Los Angeles, le chanteur, pour ses 30 ans, s’est vu offrir un piano à queue par son manager. Quel meilleur véhicule pour s’éloigner plus encore de son groupe que les touches d’ébène et d’ivoire d’un Steinway ? Composées au clavier, puis bricolées en home studio, les maquettes de Tranquility Base ­Hotel & Casino auraient pu s’adapter à un troisième album des Last Shadow ­Puppets ou tracer la voie d’un premier disque en solitaire.
Cédant à l’enthousiasme de ses camarades et aux liens d’amitié, Turner a pourtant mis en commun ces nouvelles chansons marquées par David Bowie (Golden Trunks, She Looks Like Fun), le falsetto de Curtis Mayfield (Tranquility Base Hotel & Casino), les Beach Boys, les arrangements perchés de David Axelrod, voire ceux de Dr. Dre (Batphone). Produites par James Ford, vieux complice du groupe, possèdent-elles encore des traces d’ADN de « singe » ? Sans doute dans la façon de tordre certaines narrations, de rendre plus anguleuse l’architecture de certaines mélodies. Les concerts de l’été, dont celui des Nuits de Fourvière, devraient apporter des réponses à ces interrogations.
Arctic Monkeys. Le 10 juillet au Grand Théâtre de Fourvière. 53 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Emmanuel Meirieu adapte « Les Naufragés », de Patrick Declerck, récit d’une immersion totale parmi les clochards de Paris.
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Nuits de Fourvière : un mausolée théâtral pour les sans-abri

Emmanuel Meirieu adapte « Les Naufragés », de Patrick Declerck, récit d’une immersion totale parmi les clochards de Paris.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 07h01
    |

                            Fabienne Darge








                        



   


Pas de théâtre antique, pas d’amphithéâtre de pierre, pas de grande pièce du répertoire – et pas de pièce du tout, d’ailleurs –, pour l’ouverture théâtrale des Nuits de Fourvière. Et pourtant, on n’est peut-être pas si loin de la tragédie antique. Le festival fait un choix fort, avec cette première création confiée à Emmanuel Meirieu et à son théâtre, qui marche toujours sur les crêtes de l’intensité émotionnelle. Le metteur en scène a choisi d’adapter un livre extraordinaire, Les Naufragés – Avec les clochards de Paris, de Patrick Declerck, paru en 2001 (Plon, « Terre humaine »).
Poussé par son sujet, Emmanuel Meirieu prend le pari de faire sortir le théâtre de son domicile fixe. A Lyon, pendant trois semaines des Nuits de Fourvière, les représentations des Naufragés se tiendront à la Halle Debourg, un lieu au confluent des deux fleuves, déniché par le metteur en scène et par Julien Poncet, le directeur du théâtre Comédie-Odéon, qui coproduit le spectacle. « C’est un ancien entrepôt de triage de fret, qui est ensuite devenu une base d’entraînement pour les pompiers, puis un musée des pompiers qui, pour l’anecdote, a brûlé, raconte Emmanuel Meirieu. Je fais aussi une version du spectacle en boîte noire pour la tournée, mais le projet prend toute sa pertinence en étant présenté “hors les murs”. Cet entrepôt de fret-triage évoque évidemment le triage humain. Et c’est aussi un lieu magnifique, qui a conservé son quai d’arrivées et de départs, avec des destinations comme Dunkerque, Le Havre, Calais… ».
« Les morts du libéralisme »
La rencontre entre Emmanuel Meirieu et le livre de Patrick Declerck apparaît comme une évidence, au regard des engagements du metteur en scène, de sa sensibilité à la souffrance humaine et à l’exclusion. Pourtant, c’est François Cottrelle, l’acteur qui porte le spectacle, qui lui a fait découvrir Les Naufragés. Le choc a été immédiat : « C’est un grand livre, à la fois roman, essai, succession de cas cliniques, d’anecdotes, de statistiques, de pensées philosophiques, anthropologiques…, souligne Emmanuel Meirieu. Je le vois comme un immense monument aux morts non pas “pour”, mais “par” la France. Et c’est ce que j’aimerais que le spectacle soit : un mausolée pour ces morts de la rue, ces morts qu’on ne montre pas, ces morts du libéralisme, qui est une guerre propre, hygiénique, dont on ne voit pas les victimes. »
L’histoire des Naufragés, de ces naufragés-là, parmi bien d’autres, commence au début des années 1980. Patrick Declerck a 28 ans, il vient de Bruxelles, est étudiant en ethnologie et choisit comme terrain d’étude les clochards de Paris. Un terrain dans lequel il s’immerge, direct. Dans sa chambre de la Cité universitaire, il s’équipe d’un collier antipuces et de poudre antigale, s’asperge de gros rouge, s’affuble d’un vieux bonnet, et se fait embarquer le soir même par le car de ramassage pour le Centre d’accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre et son centre d’hébergement pour les sans-abri.
Patrick Declerck y restera un an et demi sous une fausse identité, grimé, déguisé, en immersion totale. Quelques années plus tard, il revient au CASH, cette fois pour ouvrir la première consultation de psychanalyse pour les sans-abri, persuadé que la pratique analytique, qui reste perçue comme une médecine de riches, peut aider les exclus de la société. Et en 2001, il publie ce livre, Les Naufragés, qui non seulement rassemble une expérience énorme, mais la pense et l’inscrit dans un contexte politique, psychanalytique et philosophique.
« Le rire peut être vulgaire, mais la larme aussi. Il y aurait une obscénité à être dans la sensiblerie », affirme le metteur en scène
Comment faire du spectacle avec ça ? Le théâtre en a vu d’autres, notamment celui d’Emmanuel Meirieu, qui n’a jamais monté de pièce au sens classique du terme. Encore fallait-il faire son chemin dans une telle masse d’histoires et de données. « C’est toujours important pour moi d’avoir un fil narratif très fort, explique le metteur en scène. J’ai donc retenu, parmi des dizaines d’autres, un cas particulier, celui d’un homme prénommé Raymond. C’est un ancien clochard, hébergé au CASH, où il travaille à la cantine. Un soir, il décide de se laisser mourir devant le centre d’accueil, d’hypothermie et de surdose d’alcool. Declerck ne peut pas accepter cette mort, et il va mener l’enquête, reconstituer sa vie. Cette enquête le mène au cimetière du CASH, un non-lieu, introuvable sur la carte, et une honte pour la République. J’y suis allé aussi, tourner des images, et je peux vous dire que c’est cinq étoiles au Michelin de la désolation… »

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          Nuits de Fourvière, sonnez violons !



Emmanuel Meirieu ne sait pas créer un spectacle sans être totalement habité par son sujet. Pour autant, il a conscience des écueils d’une telle traversée, lui qui a toujours revendiqué un théâtre de l’émotion. « Le rire peut être vulgaire, mais la larme aussi. C’est évidemment ce que nous voulons éviter à tout prix : il y aurait une obscénité à être dans la sensiblerie, à arracher la larme facile. Mais il y aurait aussi une obscénité à ce que les gens n’aient pas envie de pleurer en voyant le spectacle. Le but, c’est aussi d’entrer en compassion et de sortir de l’indifférence. Car on s’est beaucoup habitués, ces dernières années, à la présence de ces sans-abri qui vivent parmi nous. Il y a eu une acclimatation, une tendance, instrumentalisée politiquement et idéologiquement, à développer une indifférence à la souffrance des autres. Alors, si on n’a pas envie de pleurer face à ces Naufragés, je considérerai que je n’ai pas fait mon travail. »
Les Naufragés, d’Emmanuel Meirieu, d’après Les Naufragés – avec les clochards de Paris, de Patrick Declerck. Avec François Cottrelle. Halle Debourg, du 5 au 23 juin (relâche les 10, 11, 17 et 18 juin). De 16,50 € à 22 €. Rencontre avec Emmanuel Meirieu et Patrick Declerck les 5 et 6 juin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le chorégraphe Mourad Merzouki brouille les pistes, à Lyon, avec une « Folia » pour vingt-quatre danseurs et musiciens.
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Nuits de Fourvière : baroque et hip-hop font souffler un vent de folie

Le chorégraphe Mourad Merzouki brouille les pistes, à Lyon, avec une « Folia » pour vingt-quatre danseurs et musiciens.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 07h01
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


Il aime les aventures périlleuses et les collaborations qui déstabilisent. Ruer dans les brancards. Avec pour socle inébranlable sa foi dans la danse hip-hop, sa virtuosité, son sens de l’exploit. En un mot, le chorégraphe Mourad ­Merzouki est toujours partant. Et par-dessus le marché, il a l’air de s’amuser. Ainsi avec Pixel, kidnapping ­choré-numérique, créé en 2014 avec les artistes Adrien Mondot et Claire Bardainne. Avec Boxe Boxe (2010), coup de tête qui chaussait les gants sur de la musique classique. Avec ­Terrain vague (2005), qui se faufilait entre cirque et danse. Avec Récital (1998), tremplin de l’esthétique Merzouki qui faisait planer un bouquet de violons au-dessus d’une horde de hip-hopeurs habillés en queue-de-pie…
Depuis 1996 et sa première pièce, un duo entre un homme et une femme intitulé Käfig, le nom de sa compagnie, Mourad Mer­zouki n’a cessé de chambouler les codes du hip-hop. « La force de cette danse est de s’aventurer dans des espaces qu’elle ne connaît pas », affirme-t-il. Né à Saint-Priest, dans la banlieue lyonnaise, il pratiquait enfant l’acrobatie, s’entraînait à la boxe américaine et au karaté. Autant dire qu’à l’adolescence, il n’a fait qu’une bouchée des techniques hip-hop. Directeur depuis 2009 du Centre chorégraphique national de Créteil (Val-de-Marne), il a accumulé les succès et compte aujourd’hui parmi les chorégraphes qui tournent le plus en France et à l’étranger.
Pour la première fois en ouverture des Nuits de Fourvière, à Lyon, le voilà aux commandes d’une grosse production, Folia. Il y prend à bras-le-corps la musique baroque et le site imposant du Théâtre antique. « Lorsque je vais me poser tout en haut du théâtre, je vois les danseurs en miniature sur le plateau, commente-t-il. Pour créer l’émotion, j’ai eu envie d’un grand nombre d’interprètes. J’ai aussi ressenti le besoin d’une pièce chargée, d’un rythme continu. » Sur scène, il y aura donc pas moins de seize danseurs, sept musiciens et une chanteuse.
« Les musiques baroques populaires ont pour point commun avec la danse hip-hop la boucle, le loop. Elles sont construites pour le mouvement », affirme Mourad Merzouki
Après une pièce de petit format pour dix danseuses amatrices intitulée 7Steps (2014), Mourad Merzouki a désiré passer la vitesse supérieure dans sa collaboration avec le chef d’orchestre Franck-Emmanuel Comte, directeur artistique du Concert de l’Hostel Dieu, ensemble créé à Lyon en 1992. « J’ai toujours des réticences à confiner le répertoire baroque exclusivement dans son contexte musicologique d’origine, explique le musicien. L’associer à d’autres expressions musicales, liées à d’autres époques et d’autres cultures, me semble à la fois naturel et excitant. On peut s’appuyer sur une démarche “historiquement informée” et en même temps s’enrichir au contact d’autres univers culturels. Chacun sur son terrain, Mourad et moi partageons l’envie d’ouverture et de métissage. »
« Je voulais creuser la rencontre avec Franck-Emmanuel et les musiques baroques populaires, ajoute Mourad Merzouki. Elles ont pour point commun avec la danse hip-hop la boucle, le loop. ­Elles sont véritablement construites pour le mouvement et offrent la possibilité d’unisson. Elles me poussent aussi à organiser la gestuelle autrement, avec parfois des aspects plus ronds, plus doux, plus légers. Quant à cette montée en puissance vers la transe, elle est l’essence des deux arts. »
L’électro pour la pulsation
« Les mélodies baroques, on ne sait pas quand ça commence ni quand ça s’arrête, souligne Franck-Emmanuel Comte. J’aime aussi, comme Mourad, composer mes concerts par tableaux en reliant des tonalités, des rythmes, pour trouver un fil thématique. »
Merzouki et Comte se sont embarqués dans un récit sur « la folie de la planète » à partir d’une sélection d’une dizaine d’airs de cette danse d’origine probablement portugaise. « Il y a évidemment “La Follia” de Vivaldi, confie Franck-Emmanuel Comte. Mais parmi ce répertoire du XVIIe et du XVIIIe siècle, j’ai aussi choisi des ­folias sud-américaines, péruviennes par exemple, et italiennes, des tarentelles et des chaconnes. J’aime quand les partitions sont fixées, mais aussi lorsqu’il y a une part de liberté et d’improvisation pour les musiciens qui permet de créer un lien entre nous, mais aussi avec le public. Compte tenu de la spécificité du travail des danseurs, nous avons dû enregistrer et cadrer nos improvisations. Par ailleurs, j’ai en quelque sorte augmenté la musique baroque avec de l’électro en collaboration avec Grégoire Durrande. Cela permet de marquer le rythme en apportant une pulsation parfaite pour le hip-hop. »

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          Nuits de Fourvière, sonnez violons !



Dans une scénographie aux accents lunaires, Mourad Mer­zouki brouille les pistes et les signaux avec une escouade de violonistes et danseurs. Parmi les interprètes, deux ballerines classiques jouent de leurs chaussons de pointes tandis qu’un derviche tourneur y va de son désir d’ivresse. « Je veux évidemment casser les frontières entre les danseurs et les musiciens, renchérit le chorégraphe. La chanteuse lyrique se retrouve à grimper sur le décor et finit par être complètement intégrée dans l’action. J’aime faire dialoguer des mondes et des émotions qui semblent à première vue très éloignés et se retrouvent pourtant dans le même spectacle. »
« Folia », de Mourad Merzouki. Les 1er, 2 et 4 juin au Grand Théâtre de Fourvière. De 22 € à 29 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Francis Falceto, créateur de la collection « Ethiopiques », a fait connaître au monde le son d’Addis-Abeba. Il réunit les meilleurs musiciens et chanteurs à Lyon.
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Nuits de Fourvière : l’Ethiopie sur un plateau

Francis Falceto, créateur de la collection « Ethiopiques », a fait connaître au monde le son d’Addis-Abeba. Il réunit les meilleurs musiciens et chanteurs à Lyon.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 09h17
    |

                            Patrick Labesse








                        



   


Lorsqu’en 1984, le disque ­33-tours Erè Mèla Mèla, du chanteur Mahmoud Ahmed, arrive entre ses mains, le trentenaire Francis Falceto, programmateur au Confort moderne, salle de concerts de Poitiers (Vienne), succombe à cette musique qu’il décrit comme une « pop urbaine, électrique, cuivrée, dansante, hypnotique, déchirante et funky ». L’année suivante, il prend un avion pour Addis-Abeba pour rencontrer ce crooner magnifique. Quelques allers et retours plus tard, en 1997, il crée la collection « Ethiopiques », qui va rassembler la quasi-totalité du patrimoine de la musique éthiopienne, dont l’âge d’or a été enregistré entre 1969 et 1975 par la compagnie phonographique Amha ­Records. Il est à l’origine du « all stars » de passage aux Nuits de Fourvière, accompagné par le groupe parisien Akalé Wubé.

        Lire l’éditorial :
         

          Nuits de Fourvière, sonnez violons !



Que représente Mahmoud ­Ahmed pour vous ?
Il a consacré l’entrée de la musique éthiopienne sur le marché du disque occidental avec son album Erè Mèla Mèla, enregistré en 1975, publié pour la première fois en Europe en 1986 sur le label belge Crammed Discs, puis sous le numéro 7 de la collection « Ethiopiques », remastérisé et augmenté en 1999. A plus de 75 ans, il saute évidemment moins haut qu’il ne le faisait avant sur scène, et il ne veut plus s’astreindre à de longues tournées. Pas plus qu’avec Etenesh ­Wassie, une des grandes voix d’Ethiopie aujourd’hui, qui a chanté avec des gens pointus en Europe [le bassiste Mathieu Sourisseau et le groupe Le Tigre (des platanes), le violoncelliste Gaspar Claus, le batteur chicagoan Hamid Drake…], Akalé Wubé n’avait encore jamais joué avec ­Mahmoud Ahmed avant la mise en route de ce projet. Les réunir était un pari audacieux car ce sont des musiciens qui peuvent dérailler vers le free et se permettre des audaces pas du tout éthiopiennes. Mahmoud a percuté très vite. Il a compris qui ils étaient.
Vous avez mis Akalé Wubé en relation avec Girma Bèyènè, un pianiste et chanteur de la génération de Mahmoud Ahmed, avec qui le groupe a enregistré le 30e volume d’« Ethiopiques », paru en janvier 2017. Comment ça s’est passé ?
Girma Bèyènè me tannait depuis des années pour que je lui trouve un orchestre, comme je l’avais fait plus tôt pour ­Getatchew Mekurya [« le » saxophoniste de l’Ethiopie, mort le 4 avril 2016], avec le groupe néerlandais The Ex, ou pour Mahmoud Ahmed avec les Bretons Badume’s Band. Alors, quand les membres du groupe Akalé Wubé, à leur tour, m’ont demandé de leur présenter quelqu’un pour un de leurs concerts au Studio de l’Ermitage, à Paris, où ils invitent régulièrement des musiciens éthiopiens de passage en Europe, je leur ai naturellement proposé Girma Bèyènè. Ils ont sauté de joie. Ils le connaissaient.
Girma a commencé sa carrière en 1960, comme chanteur au théâtre Haïlé-Sélassié, à Addis-Abeba, puis il est très vite devenu un homme-clé comme arrangeur et compositeur, avant de partir pour les Etats-Unis en 1981. Girma n’avait pas fait de scène depuis vingt-cinq ans. Il est retourné en Ethiopie après son long exil aux Etats-Unis, où il était devenu pompiste. Il avait complètement quitté la musique.
Après plus de vingt ans d’existence, quel avenir pour « Ethiopiques » ?
Cela s’arrêtera un jour… Hormis quelques enregistrements plus récents, « Ethiopiques », dont le rôle principal est de sortir la crème de la production vinyle éthiopienne, ce ne sont que des archives. Il y a donc une limite. On n’invente pas des archives ! Pour l’heure, les numéros 31 et 32 sont quasi prêts : un album chef-d’œuvre du chanteur Muluken ­Melesse, puis un hommage à Nerses ­Nalbandian, le parrain de la musique éthiopienne moderne selon moi. C’est un musicien arménien qui s’est installé en Ethiopie dans les années 1930. Haïlé ­Sélassié lui a donné la nationalité éthiopienne pour services rendus à la musique éthiopienne.

L’« éthio-groove » parisien d’Akalé Wubé
Pour nommer leur groupe, créé fin 2008, ils ont emprunté le titre d’une célèbre chanson souvent jouée dans les mariages en Ethiopie : Akalé Wubé. « C’est une tournure poétique en amharique pour dire “la beauté de l’âme” et cela peut désigner aussi une belle femme », explique le guitariste Loïc Réchard. L’attirance d’Akalé Wubé pour le son éthiopien est venue de l’écoute de la série « Ethiopiques », notamment le volume consacré au vibraphoniste, percussionniste et compositeur Mulatu Astatké, qu’on entend dans le film ­Broken Flowers (2005), de Jim Jarmusch.
Le quintette parisien réfute néanmoins le terme d’éthio-jazz, par lequel Mulatu Astatké désigne sa musique. « Sa fusion n’est pas très représentative de la musique éthiopienne, relève Loïc Réchard. Les Ethiopiens aiment surtout les chansons. Nous, on dit souvent que nous faisons de l’éthio-groove, parce que nous sommes plus influencés par le versant funk du son éthiopien. Il faut dire que c’est un monde assez vaste où plein de gens différents trouvent l’inspiration. » Jouer avec le chanteur Mahmoud Ahmed pour le projet scénique Ethiopiques n’est pas allé sans trac au départ : « Pour nous, c’est un peu lui le “patron”, et les autres Ethiopiens le considèrent ainsi. Il a une énorme présence sur scène, c’est un vrai leader. »


Nuit « Ethiopiques », avec Mahmoud Ahmed, Girma Bèyènè, Etenesh Wassie, Samuel Virga (piano), Melaku Belay (danseur) et Akalé Wubé. Le 22 juillet au Grand Théâtre. De 23 € à 30 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/05/2018
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Marionnettes, histoire de l’art et musique baroque : nos idées de sorties culturelles

Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 09h36
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Explorer les arts de la marionnette sous toutes leurs facettes à Paris ; plonger dans l’histoire de l’art à Fontainebleau ; écouter de la musique baroque au Festival de Saint-Michel, en Thiérache ; participer au banquet pour le retour d’Ulysse à Ithaque, d’après Homère, à Paris ; etc., voici quelques-unes de nos suggestions pour cette fin de semaine.
MARIONNETTES. Des scènes parisiennes s’ouvrent à l’insolite, le temps d’un festival

Pour la 12e édition du festival biennal Scènes ouvertes à l’insolite, Le Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette, le Théâtre Paris-Villette et le Théâtre aux Mains Nues s’associent pour proposer plusieurs soirées-parcours (avec deux ou trois spectacles) et faire découvrir le jeune théâtre européen de formes animées. Placé sous le signe de la curiosité et de la prise de risque artistique, ce festival se veut avant tout « écloseur de talents » en donnant la parole à de jeunes artistes, marionnettistes mais aussi scénographes, plasticiens, acrobates, musiciens, etc. Quatorze compagnies émergentes sont ainsi invitées à présenter, jusqu’au 3 juin, leurs œuvres (spectacles et/ou expositions), qui sont souvent leurs premières, sur des sujets d’actualité comme l’immigration ou des épisodes tragiques de l’histoire contemporaine comme les camps de concentration, qu’il s’agisse d’adaptations d’auteurs classiques (Sénèque, Kafka, Perrault, etc.), de textes inédits de jeunes auteurs contemporains, ou encore de récits inspirés de leurs propres histoires familiales. A cette diversité des sujets abordés fait écho la large palette de techniques marionnettiques et scéniques utilisées : marionnette portée, marionnette-sac, marionnette à gaine chinoise ou corps-castelet, théâtre de papier ou image vidéo, objets manipulés ou théâtre d’ombres, etc. Une occasion inédite de découvrir en quelques jours un véritable panorama de la création européenne la plus récente en matière d’arts de la marionnette. Cristina Marino
Scènes ouvertes à l’insolite, 12e édition, du 29 mai au 3 juin. Plusieurs soirées-parcours proposées dans cinq lieux : Le Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette, 73, rue Mouffetard, Paris 5e ; Centre d’animation Arras, 48, rue du Cardinal-Lemoine, Paris 5e ; Théâtre Paris-Villette, 211, avenue Jean-Jaurès, Paris 19e ; Théâtre aux Mains nues, 45, rue du Clos, Paris 20e ; Centre d’animation Wangari Maathai, 15, rue Mouraud, Paris 20e. Tarifs : 18 € et 24 € pour les parcours de trois spectacles ; 14 € et 16 € pour les parcours de deux spectacles et 12 € pour les spectacles à l’unité.
FESTIVAL. Une plongée dans l’histoire de l’art, à Fontainebleau

   


Les amateurs d’histoire de l’art, professionnels, étudiants ou simples curieux, ont rendez-vous à Fontainebleau (Seine-et-Marne), du vendredi 1er au dimanche 3 juin, pour trois jours de conférences, débats, visites, expositions, projections et lectures au sein du château et en divers endroits de la ville. Pour sa huitième édition, la manifestation s’est donné pour thème « le rêve », le pays invité cette année étant la Grèce. Parmi les très nombreux événements proposés, une visite de la galerie François 1er, riche en énigmes ; une découverte du Musée chinois, aménagé à la demande de l’impératrice Eugénie en 1863 pour y placer des objets d’art venant de Chine, du Vietnam et du Siam ; une conférence de Jean-Pierre Changeux, professeur au Collège de France, sur le thème « Le cerveau, l’art et le rêve » ; un concert de la chanteuse lyrique Joanna Malewski, qui interprétera des œuvres des XIXe et XXe siècles liées au rêve, etc. Les enfants ne sont pas oubliés : une programmation spéciale a été prévue pour le jeune public, qui pourra, par exemple, s’initier à l’art des surréalistes ou fabriquer des œuvres en mosaïque à la manière des artisans de la Grèce antique. Sylvie Kerviel
Festival de l’histoire de l’art, 8e édition, du 1er au 3 juin. A Fontainebleau (Seine-et-Marne). Accès gratuit.
MUSIQUE BAROQUE. Coup d’envoi du Festival de Saint-Michel en Thiérache, dans l’Aisne

   


Coup d’envoi, ce dimanche 3 juin, du Festival de Saint-Michel en Thiérache, qui, depuis 1987, propose chaque dimanche de juin une série de concerts vocaux et instrumentaux autour de la musique baroque, dans l’abbaye bénédictine de Saint-Michel. Un bâtiment fondé au Xe siècle, doté d’une acoustique naturelle et d’un orgue historique de 1714, qui accueillera les deux concerts d’ouverture, respectivement à 11 h 30 et 16 h 30. Au programme, le « Triomphe de l’amour, de la cour de Felipe IV aux palais romains » : après le XVIIe siècle espagnol qu’illustre la musique de Juan Hidalgo (le « Vélasquez de la musique »), avec l’Accademia del Piacere dirigée par le gambiste Fahmi Alqhai, ce sera au tour de Julien Chauvin et son Concert de la Loge de célébrer les débuts romains d’un Haendel influencé par la musique solaire de Vivaldi, ambassadeur le plus emblématique de l’Italie. Six autres dimanches illustreront, jusqu’au 1er juillet, l’art vocal entre Renaissance et baroque, les 350 ans de François Couperin, sans oublier Bach, l’Amérique centrale entre sacré et populaire, pour terminer par une célébration de l’« Orpheus Britannicus », d’Henry Purcell. Marie-Aude Roux
Festival de l’abbaye de Saint-Michel en Thiérache, à Saint-Michel (Aisne), du 3 juin au 1er juillet. Tél. : 02-23-58-23-74. Tarifs : de 10 € à 31 € ; forfait journée deux concerts, de 30 € à 49 € ; forfait journée trois concerts, de 40 € à 70 €.
RÉCIT. Rachid Akbal convie à un banquet, d’après Homère, au Local, à Paris

   


A partir de l’Odyssée, le célèbre récit épique d’Homère relatant les aventures d’Ulysse et de ses compagnons, le conteur, comédien et auteur Rachid Akbal, également fondateur (en 1992) et directeur de la compagnie Le Temps de vivre, a imaginé un spectacle original, une sorte de banquet participatif, intitulé Retour à Ithaque. Installé autour de Rachid Akbal qui campe Ulysse et plusieurs autres personnages, le public est invité à assister au retour du héros, sous les traits d’un mendiant, dans son île natale, la belle Ithaque ; à ses retrouvailles avec son fils Télémaque, sa femme Pénélope et son père Laërte ; à son combat à l’arc avec les prétendants de son épouse. Certains spectateurs sont même conviés, s’ils le souhaitent, à participer activement comme protagonistes au cours de la représentation en incarnant tour à tour Télémaque, Pénélope ou des prétendants. Le dispositif scénique imaginé par Rachid Akbal donne vraiment la sensation d’assister à un banquet et de vivre de l’intérieur le retour d’Ulysse dans sa demeure, après vingt ans d’absence, et le massacre des prétendants, qui ont voulu prendre sa place. C. Mo.
« Retour à Ithaque », de et avec Rachid Akbal, accompagné de Marc Bollengier (contrebasse). Vendredi 1er à 20 h 30, samedi 2 à 19 heures et dimanche 3 juin à 17 heures. Le Local, 18, rue de l’Orillon, Paris 11e. Tél. : 01-46-36-11-89. Tarifs : 3 €, 7 € et 14 €.
POP. Ecologie musicale à We Love Green, à Paris

We Love Green s’est imposé comme l’un des meilleurs festivals français par la pertinence de ses choix musicaux, l’originalité de sa scénographie, la variété de ses partis pris « bistronomiques » et une vraie crédibilité en termes de réflexion environnementale. Si la journée du samedi 2 juin se jouera à guichets fermés, des billets sont encore disponibles pour celle du 3 juin. L’occasion de profiter, sur quatre scènes nichées dans la verdure, d’une programmation se partageant équitablement entre pop haut de gamme (Father John Misty, King Krule, Superorganism…), crème des musiques urbaines (Tyler The Creator, Moha La Squale, The Internet, IAMDDB…), électro de pointe (Moritz Von Oswald, Nina Kravitz, Young Marco, Mount Kimbie…) et icônes féminines (Charlotte Gainsbourg et la seule apparition française de Björk). Sans oublier de réfléchir aux enjeux écologiques dans le laboratoire d’idées du Think Tank. Stéphane Davet
We Love Green, les 2 (complet) et 3 juin, au bois de Vincennes, Paris 12e. A partir de 13 heures. Tarif : 55 €.
DANSE. Le Ballet national du Kosovo pour la première fois à l’affiche au Palace, à Paris

   


Inconnu, et pour cause ! Le Ballet national du Kosovo, pour la première fois à l’affiche à Paris, reconstruit son histoire. Créée en 1972, à Pristina, la troupe est délogée du théâtre en 1991, deux ans après l’abolition du statut autonome du Kosovo par le nationaliste Slobodan Milosevic. En 1999, l’Ecole supérieure de danse est ouverte pour accueillir une nouvelle génération d’interprètes. Trois ans plus tard, ces jeunes pousses intègrent la compagnie. Sous la direction d’Ahmet Brahimaj, deux chorégraphes français Jonathan Pranlas-Descours et Christophe Béranger ont été invités à mettre en scène une vingtaine de danseurs dans Recomposed, sur l’arrangement par le compositeur Max Richter des Quatre Saisons, de Vivaldi. Le tout au Palace ! Le titre de cette pièce sonne évidemment comme une métaphore de la situation d’une compagnie qui veut de nouveau croire en l’avenir. Rosita Boisseau
« Recomposed », par le Ballet national du Kosovo. Les 1er et 2 juin à 20 heures, le 3 juin à 16 heures. Le Palace, 8, rue du Faubourg-Montmartre, Paris 9e. Tél. : 01-40-22-60-00. Tarifs : de 27 € à 49 €.
THÉÂTRE ET MUSIQUE. Le Mois Molière envahit Versailles

A Versailles, comme chaque année depuis 1996, la 23e édition du Mois Molière va envahir les rues, les places (dont la place du Marché Notre-Dame), les parcs et jardins, les lieux historiques (la Grande Ecurie du château, le Potager du Roi, le Théâtre Montansier, l’ancien hôpital royal, la Galerie des affaires étrangères de Louis XV, etc.). Ce sont 360 spectacles qui sont programmés, la plupart en accès gratuit, les autres à des tarifs modérés. Plusieurs créations spécifiquement conçues pour ce Mois Molière autour des principales œuvres du dramaturge, comme Le Misanthrope, Les Fourberies de Scapin ou Les Femmes savantes, sont proposées par des compagnies en résidence à Versailles. Aux côtés des troupes de théâtre et ensembles musicaux professionnels, plusieurs troupes et ensembles amateurs se produiront également, le plus souvent en plein air sur les places et dans les jardins publics, dans la tradition de la commedia dell’arte, dont Molière lui-même s’est inspiré. C. Mo.
Le Mois Molière, 23e édition, du 1er juin au 1er juillet. A Versailles (Yvelines). Tél. : 01-30-21-51-39. La plupart des spectacles sont en entrée libre.
EXPOSITION. Dans les coulisses de « Game of Thrones », à Paris

   


C’est une occasion rare de devenir héros de série télé. Et pas n’importe laquelle ! L’une des plus mythiques, des plus étranges, des plus regardées. Game of Thrones s’installe à Paris pour l’été, du 1er juin au 2 septembre, à la porte de Versailles, sous la forme d’une exposition, « The Touring Exhibition ». Deux mille mètres carrés pour découvrir les décors fantastiques, les accessoires et les costumes authentiques de la série diffusée par HBO. Au programme également, scènes immersives, contenus multimédias et interactifs. A ceux qui ne connaissent pas, l’exposition propose un film introductif résumant l’action des sept saisons passées et la reproduction de la carte de Westeros (le continent fictif où se situe Game of Thrones). De quoi patienter jusqu’en 2019 et la diffusion de la huitième et dernière saison, actuellement en tournage. Olivier Zilbertin
« Game of Thrones : the Touring Exhibition », du 1er juin au 2 septembre. Porte de Versailles. Tarifs : 21,90 € ; 17,90 € pour les moins de 14 ans ; 6 € supplémentaires pour un audioguide. Billets disponibles sur le site de l’exposition.



                            


                        

                        

