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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
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Loto du patrimoine : « Nous demandons au président de la République de renoncer à se rendre dans la maison de Pierre Loti »

C’est de la maison de Pierre Loti qu’Emmanuel Macron doit lancer le Loto du patrimoine. Une grave erreur au regard des diatribes de cet écrivain contre les Arméniens et les juifs jugent plusieurs associations, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron a entrepris d’engager des initiatives visant à financer la rénovation de notre patrimoine culturel. A cet effet, un vaste « loto » sera organisé permettant d’abonder un fonds consacré au financement en tout ou en partie de 250 monuments français. Une démarche respectable, que nous serions prêts à soutenir, si le président de la République n’envisageait pas de lancer ce « grand loto du patrimoine » dans la maison de l’écrivain Pierre Loti à Rochefort, la veille des journées européennes du patrimoine 2018. Un tel acte aurait pour effet d’apporter une onction républicaine et européenne aux écrits d’un auteur qui s’est illustré par une haine d’une violence inouïe à l’égard des Arméniens et des juifs.
Aussi, souhaitons-nous, à travers cet appel, attirer l’attention sur les écrits de Pierre Loti.
Dans son livre La Mort de notre chère France en Orient », il écrivait : « « En ce qui me concerne, je suis mal tombé peut-être, mais je puis attester qu’à de rares exceptions près, je n’ai rencontré chez eux [les Arméniens] que lâcheté morale, lâchage, vilains procédés et fourberie. Et comme je comprends que leur duplicité et leur astuce répugnent aux Turcs, qui sont en affaires la droiture même ! Leurs pires ennemis sont les premiers à le reconnaître. J’oserais presque dire que les Arméniens sont en Turquie comme des vers rongeurs dans un fruit, drainant à eux tout l’or, par n’importe quel moyen, par l’usure surtout, comme naguère les Juifs en Russie ».
Actes ignobles
Dans Jérusalem, il écrivait encore : « En soi, cela est unique, touchant et sublime : après tant de malheurs inouïs, après tant de siècles d’exil et de dispersion, l’attachement inébranlable de ce peuple à une patrie perdue ! Pour un peu, on pleurerait avec eux – si ce n’étaient des Juifs (mots soulignés par l’auteur) et si l’on ne se sentait le cœur étrangement glacé par toutes leurs abjectes figures. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La nécessaire réforme du « reste à charge zéro » risque de dérailler si les propositions des professionnels et des réseaux de soins ne sont pas écoutées, selon Marianne Binst, directrice générale du réseau de santé Santéclair, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Santé : « On assiste à la mise en place d’un deuxième étage de la Sécurité sociale »

La nécessaire réforme du « reste à charge zéro » risque de dérailler si les propositions des professionnels et des réseaux de soins ne sont pas écoutées, selon Marianne Binst, directrice générale du réseau de santé Santéclair, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h00
    |

Marianne Binst (Directrice générale du réseau de santé Santéclair)







                        



                                


                            
Tribune. Vous avez aimé la réforme des contrats dits « responsables » et l’explosion des restes à charge qu’elle a générée en plafonnant les remboursements des dépassements d’honoraires ? Vous allez adorer celle du « reste à charge zéro » (RAC 0) que concocte en ce moment même la direction de la Sécurité sociale (DSS) en faisant fi de toutes les contributions que les acteurs de la filière optique et de la prise en charge complémentaire ont portées à sa connaissance.
Le projet de réforme tel qu’il est aujourd’hui imaginé par la DSS risque de s’avérer catastrophique pour les porteurs de lunettes
La réforme du RAC 0 a été promise par le président de la République lorsqu’il était encore candidat. Tout le monde était de fait d’accord pour que certains soins soient intégralement remboursés, et que donc plus un seul Français n’y renonce pour des raisons financières. L’idée était de définir, pour trois postes de dépenses plus particulièrement coûteux (optique, audio et dentaire), un « panier » de soins ou d’équipements, puis d’ajuster le remboursement de l’Assurance-maladie et des complémentaires de telle sorte que l’assuré n’ait pas un centime à débourser.
Mais si le projet de réforme tel qu’il est aujourd’hui imaginé par la DSS voit le jour, il risque de s’avérer catastrophique pour les porteurs de lunettes. En optique, ce projet prévoit la création d’un panier de soins RAC 0 composé de verres et de montures dont les prix seront limités par les pouvoirs publics. Cette limitation va se traduire par la vente de produits de moindre qualité, commercialisés pour la plupart par des fabricants « low cost » sans contrôle des performances techniques. Pas étonnant donc que le Groupement des industriels et fabricants de l’optique soit vent debout contre cette réforme qui participera à détériorer la qualité des équipements sans gain de pouvoir d’achat pour le consommateur.
Augmentation des cotisations de complémentaires
Car cette offre peu qualitative...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans cette tribune au « Monde », l’économiste Frédéric Bizard estime que la gratuité complète des soins optiques, dentaires et audioprothésistes, est une illusion masquant une dérive vers le modèle de santé américain, au plus grand bénéfice des assureurs privés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Santé : supprimer le reste à charge est « un conte de fées »

Dans cette tribune au « Monde », l’économiste Frédéric Bizard estime que la gratuité complète des soins optiques, dentaires et audioprothésistes, est une illusion masquant une dérive vers le modèle de santé américain, au plus grand bénéfice des assureurs privés.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 17h27
    |

Frédéric Bizard (Economiste et enseignant à Sciences Po Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Marisol Touraine avait promis aux Français qu’ils ne paieraient plus quand ils iront chez le médecin. Agnès Buzyn va plus loin en leur promettant de ne plus rien payer chez le dentiste, l’opticien et l’audioprothésiste. Les citoyens se doutent bien que ce conte de fées aura une sinistre fin !
Les Français paient en direct un quart des dépenses chez ces trois professionnels de santé (soit 4,5 milliards d’euros), le « reste à charge ». En fait, c’est l’assureur privé qui va financer une partie du reste à charge en reportant cette dépense sur les primes des contrats payées… par les Français. Cette rente supplémentaire pour les assureurs générera une forte inflation des coûts d’accès aux soins. En effet, les frais de gestion des contrats représentent plus de 25 % des cotisations.

Le coût réel du soin remboursé à 100 % par un contrat d’assurances est bien plus élevé que l’autofinancement direct d’une partie des dépenses par les patients. Ainsi, le coût de l’assurance d’une paire de lunettes simples sur trois ans pour un retraité est de 792 euros, alors que l’achat du produit revient à 280 euros ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la plupart des pays développés n’assurent plus les lunettes…
Destruction du modèle solidaire
Les Français sont-ils prêts à sacrifier la qualité de leurs soins en échange du fait de ne rien avoir à payer en direct ? Le gouvernement va en effet annoncer dans les trois secteurs l’instauration de paniers de soins sans reste à charge, à prix réduit et plafonné, qui représenteront une partie de l’ensemble des soins actuels – on parle d’un tiers en optique et de 45 % en dentaire.
Certains en France défendent une évolution à l’anglaise et rêvent d’un grand système public national de santé
Cette mesure est une vraie destruction du modèle français solidaire qui vise à garantir l’égalité face à la qualité des soins. Si les paniers de soins sans reste à charge seront accessibles à tous,...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ La version française d’un e-book publié par une équipe internationale de chercheurs contestant les paradigmes de la théorie classique vient d’être mise en ligne, rapportent, dans une tribune au « Monde », les trois économistes à l’origine du projet.
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« Réfléchir à la manière dont fonctionne l’économie dans son ensemble »

La version française d’un e-book publié par une équipe internationale de chercheurs contestant les paradigmes de la théorie classique vient d’être mise en ligne, rapportent, dans une tribune au « Monde », les trois économistes à l’origine du projet.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h00
    |

Yann Algan (Professeur d’économie et doyen de l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po), Samuel Bowles (Professeur d’économie au Santa Fe Instit...







                        



                                


                            
Tribune. Si les Français sont l’un des peuples au monde qui se défie le plus de l’économie, c’est sans doute aussi parce qu’elle y est mal enseignée. Dans les manuels scolaires de l’enseignement supérieur, l’économie est souvent présentée comme un domaine gouverné par des principes abstraits dont seules les mathématiques peuvent rendre compte et où les comportements humains sont réduits à des équations.
les économistes apparaissent au final comme des théoriciens hermétiques au pluralisme et insensibles aux questions de société
Les acteurs économiques sont le plus souvent amoraux et uniquement intéressés par leurs profits ; des marchés parfaitement concurrentiels s’autorégulent pour obtenir des résultats « optimaux », tandis que la dégradation de l’environnement, l’instabilité économique, les inégalités ou les sources de la prospérité sont à peine abordées. Et les économistes apparaissent au final comme des théoriciens hermétiques au pluralisme et insensibles aux questions de société.
Or, cette vision est bien éloignée des avancées récentes de la recherche en sciences économiques. Le signe avant-coureur du changement dans n’importe quelle discipline est lorsque ses meilleurs chercheurs ont pour la plupart abandonné les modèles de référence enseignés aux étudiants de premier cycle. En effet, la recherche actuelle offre un éclairage précieux sur le changement climatique, les effets du commerce international et de la révolution numérique, les crises financières ou les inégalités.
Elle propose aussi des solutions pour assurer une croissance durable, stimuler l’innovation, rendre nos banques plus sûres et générer de nouvelles formes de prospérité et de bien-être en termes de politiques de santé, d’éducation ou d’emploi. Elle est aussi devenue pluridisciplinaire, puisant ses sources aussi bien dans l’histoire, la sociologie, la science politique que dans les sciences cognitives. Mais ces avancées de la recherche n’étaient pas encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Manipulations du génome humain, transhumanisme : pour le généticien, l’usage inconsidéré de ces technologies, forcément inégalitaires, serait philosophiquement critiquable.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Axel Kahn : « Impossible de savoir quels seront les bons gènes dans deux siècles »

Manipulations du génome humain, transhumanisme : pour le généticien, l’usage inconsidéré de ces technologies, forcément inégalitaires, serait philosophiquement critiquable.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 13h22
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Axel Kahn est généticien, président du comité commun d’éthique INRA-Cirad-Ifremer. L’un de ses derniers ouvrages, Être humain, pleinement (Stock, 2016), est une fiction traitant du rôle de l’inné et de l’acquis dans l’édification de l’être.
La modification génétique d’embryons humains est actuellement interdite en France et dans de nombreux pays. En août 2017, des chercheurs américains n’en sont pas moins parvenus à corriger ainsi une mutation porteuse d’une maladie héréditaire. Quelles questions éthiques la perspective de cette amélioration de l’espèce humaine soulève-t-elle ?
Effectuer une modification dans le génome d’un embryon humain avant sa réimplantation a pour effet de transmettre cette modification à sa descendance – autrement dit de transformer le patrimoine héréditaire de la lignée humaine. Deux objectifs peuvent être recherchés. Le premier serait de créer des lignages dotés d’une force musculaire remarquable pour obtenir des haltérophiles de talent, ou de très grande taille pour renforcer l’équipe nationale de basket-ball. Il ne s’agit donc pas d’améliorer l’humanité en l’homme, mais de le considérer comme un moyen. Or, la pensée éthique est étroitement articulée autour de l’impératif de Kant : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. » Cette visée est donc critiquable.
Deuxième objectif : améliorer de façon héréditaire le génome de l’homme afin qu’il résiste mieux aux multiples maux qui le menacent : virus, bactéries, pollution de l’air… Cette démesure est absurde en regard des mécanismes de l’évolution darwinienne, puisque les espèces doivent pour survivre s’adapter à un environnement futur inconnu. Savoir aujourd’hui quelles seront les bonnes caractéristiques génétiques dans un ou deux siècles est tout bonnement impossible ! Pour prendre un exemple avéré : dans plusieurs régions du monde, les « bons » gènes d’hier, qui permettaient aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Plusieurs lycéens, qui pensaient valider une proposition d’admission sur l’application mobile de Parcoursup, se retrouvent un temps sans affectation. Une erreur de manipulation des usagers, selon le rectorat, qui recommande de se connecter sur un ordinateur.
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<article-nb="2018/06/01/18-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ La motion de censure  votée le 1er juin contre le chef du gouvernement Mariano Rajoy, provoquant son renversement, va aggraver l’état de déliquescence du pays enclenché depuis des décennies, estime l’écrivain et universitaire Jordi Bonells, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Espagne : « Un processus de déconstruction qui a débuté avec la crise économique »

La motion de censure  votée le 1er juin contre le chef du gouvernement Mariano Rajoy, provoquant son renversement, va aggraver l’état de déliquescence du pays enclenché depuis des décennies, estime l’écrivain et universitaire Jordi Bonells, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 15h17
    |

Jordi Bonells (Professeur émérite université de Toulon, romancier)







                        



                                


                            
[Jeudi 24 mai, l’Audience nationale, haute cour espagnole, a rendu son jugement sur l’affaire Gürtel, vaste réseau de corruption au sein du Parti populaire (PP), auquel appartient Mariano Rajoy. Plusieurs cadres du parti, dont l’ancien trésorier national Luis Barcenas, ont été condamnés à de lourdes peines de prison pour avoir participé à un « authentique et efficace système de corruption institutionnelle au travers d’un mécanisme de contrats publics », entre 1999 et 2005.]
Tribune. L’état de déliquescence politique dans lequel se trouve aujourd’hui l’Espagne est l’aboutissement d’un processus de déconstruction qui a débuté avec la crise économique et financière de 2008-2010 mettant à nu les failles d’une société, encore en proie à son passé, faute d’avoir su l’affronter autrement qu’à la manière des autruches.

Le premier symptôme de ce processus est celui de la déconstruction en accéléré, sous les effets dévastateurs de la crise, des classes moyennes espagnoles, surfant jusqu’alors, dans un état d’euphorie et d’autocontentement immodérés, sur les différentes bulles économico-financières et immobilières des années Aznar (Parti populaire, PP) (1996-2004) et du premier mandat du socialiste José Luis Zapatero (2004-2008).
Des bulles à l’ombre desquelles s’est développée une corruption politique tentaculaire, dont on assiste aujourd’hui aux derniers avatars politico-judiciaires : arrestation et mise en examen, le 22 mai, d’Eduardo Zaplana, ex-président de la Généralité [gouvernement régional] de Valence (1995-2002) et ancien ministre du deuxième gouvernement Aznar (2002-2004) ; sentence condamnatoire du 24 mai contre le PP dans le cas dit « Gürtel », sans oublier les enquêtes en cours sur les malversations et pots-de-vin au sein de la Généralité catalane sous la présidence du nationaliste Jordi Pujol (1980-2003).
Frasques de Juan Carlos
La brutalité de la crise a fragilisé non seulement les certitudes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Glyphosate, publicité alimentaire, poules en batteries… le projet de loi, voté par l’Assemblée le 30 mai, est resté sourd aux attentes de la société civile et loin des promesses du président Macron.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Loi agriculture et alimentation : une défaite environnementale

Editorial. Glyphosate, publicité alimentaire, poules en batteries… le projet de loi, voté par l’Assemblée le 30 mai, est resté sourd aux attentes de la société civile et loin des promesses du président Macron.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h15
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Deux poids et deux mesures : ainsi peut se résumer le projet de loi agriculture et alimentation adopté en première lecture par l’Assemblée nationale mercredi 30 mai. D’un côté, un volet économique destiné à rééquilibrer le rapport des forces entre les agriculteurs et la grande distribution, afin d’assurer au monde agricole des revenus décents. D’un autre côté, un volet sanitaire et environnemental, visant notamment à promouvoir une alimentation plus saine et des modes de production plus respectueux des attentes et des inquiétudes des consommateurs.
Or, si le texte adopté par les députés a, peu ou prou, répondu aux revendications des agriculteurs (et notamment de leur principal syndicat, la FNSEA), il est manifeste qu’il est d’une extrême frilosité sur le volet environnemental. En effet, les parlementaires ont fait preuve d’une complaisance inédite pour les intérêts économiques de l’agroalimentaire et d’une surdité tout aussi remarquable aux revendications de la société civile.

        Lire aussi :
         

                Moisson de critiques contre Stéphane Travert sur le projet de loi agriculture et alimentation



Une forêt de renoncements
Le rejet de plusieurs amendements gravant dans la loi l’engagement présidentiel d’interdire l’usage du glyphosate, cet herbicide soupçonné d’avoir des effets cancérigènes, d’ici à 2021 est le signe le plus spectaculaire de cette pusillanimité. Mais il n’est que l’arbre qui cache une forêt de renoncements.
L’interdiction de diffuser des publicités pour l’alimentation transformée, facteur d’obésité chez les enfants ? Rejetée. L’interdiction des élevages hors sol de poules pondeuses en cage, autre promesse de campagne d’Emmanuel Macron ? Rejetée. L’interdiction des pratiques brutales dans la production animale, la castration à vif, le broyage de poussins vivants ? Rejetée. La vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs, qui permettrait de protéger autant les personnels, soumis à des cadences intenables, que les animaux ? Renvoyée à des expérimentations. Même l’interdiction des épandages de pesticides à proximité des lieux de vie a été écartée. Tout comme le projet d’établir, sur un autre dossier, un Fonds d’indemnisation des victimes des produits phytosanitaires. Même l’interdiction de l’épandage aérien des pesticides est remise en cause – au mépris du droit européen.
Les artisans du projet de loi peuvent mettre en avant quelques avancées, comme la séparation des activités de vente de pesticides et de conseil technique sur leurs usages, ou la libre commercialisation des semences paysannes. Mais celles-ci pèsent bien peu face au manque d’ambition général du texte.
Pourtant, les alertes des scientifiques se multiplient, qui dénoncent le modèle agricole dominant comme un facteur majeur d’érosion de la biodiversité, de dégradation de l’environnement et de l’émergence de sérieux problèmes sanitaires. Le gouvernement et le Parlement n’en ont cure, à l’évidence. Or c’est, précisément, ce modèle qui a contribué à décourager les agriculteurs, à vider les campagnes et à dévitaliser les territoires.
Les lobbys de l’agro-industrie ont donc, jusqu’à présent, très efficacement défendu leurs intérêts. Leur succès entérine, en quelque sorte, la défaite de Nicolas Hulot, ministre d’une transition écologique et solidaire de plus en plus évanescente. Mais il témoigne aussi du grand écart entre les déclarations du président de la République (du tonitruant « Make Our Planet Great Again » au cri d’alarme lancé, le 24 mars, sur l’érosion catastrophique de la biodiversité) et la politique effective du gouvernement.

Join the fight for nature, switch all your lights off. #EarthHour https://t.co/V7F2s9DkVR— EmmanuelMacron (@Emmanuel Macron)


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Marie-Anne Valfort estime que l’on ne peut pas opposer ces deux tendances. Il faut les prendre en compte dans leur complémentarité afin de lutter contre la violence terroriste et l’exclusion sociale.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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« Radicalisation de l’islam et islamisation de la radicalité sont des phénomènes complémentaires »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Marie-Anne Valfort estime que l’on ne peut pas opposer ces deux tendances. Il faut les prendre en compte dans leur complémentarité afin de lutter contre la violence terroriste et l’exclusion sociale.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 10h56
    |

Marie-Anne Valfort (Economiste, Ecole d’économie de Paris-université Paris-I-Panthéon-Sorbonne-IZA)







                        



                                


                            

Tribune. Toutes les grandes religions sont traversées par des courants sectaires prônant une lecture littérale et absolutiste des textes sacrés. Dans l’histoire récente de notre pays cependant, comme dans celle de nombreux autres, c’est au sein de l’islam que ces tendances radicales ont pris le plus d’ampleur.
Depuis le 11 septembre 2001, les travaux de recherche se sont multipliés pour identifier les facteurs pouvant amener des individus à perpétrer au nom de l’islam des actes terroristes contre les pays mêmes qui les ont vu grandir.
En France, deux thèses s’affrontent : celle de Gilles Kepel, qui impute les attentats de 2015 et ceux qui ont suivi à la diffusion du salafisme djihadiste, et celle d’Olivier Roy, qui avance au contraire une explication extrareligieuse, le malaise d’une génération qui utilise le djihadisme comme vecteur de sa révolte.

En réalité, radicalisation de l’islam et islamisation de la radicalité décrivent deux phénomènes qui, loin d’être antagoniques, sont au contraire complémentaires. Quel que soit le phénomène qui préexiste, il finit en effet par entraîner le second, générant une dynamique délétère, où radicalisation de l’islam et islamisation de la radicalité se renforcent mutuellement.
Cercle vicieux
Supposons que la radicalisation de l’islam précède l’islamisation de la radicalité. Elle fera de tout musulman pratiquant, y compris du non-radicalisé, un suspect. Ce rejet engendrera à son tour un sentiment d’injustice et, chez certains, une volonté de rupture qui les amènera à amplifier les différences, en particulier religieuses, les séparant de ceux qui les rejettent.
Ce mécanisme a été bien identifié dans le contexte américain par les économistes Eric Gould et Esteban Klor. Les musulmans vivant dans les Etats où les actes islamophobes ont le plus augmenté à la suite des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone ont adopté, dix ans plus tard, une pratique plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette explique pourquoi ceux qui entrent sur le marché du travail, dont les jeunes, vont être au final les grands perdants de cette réforme aux inconvénients nombreux.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Prélèvement à la source (PAS) : « L’utilité de ce changement n’est pas criante »

Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette explique pourquoi ceux qui entrent sur le marché du travail, dont les jeunes, vont être au final les grands perdants de cette réforme aux inconvénients nombreux.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h13
    |

Gilbert Cette (Professeur associé à l’université d’Aix-Marseille)







                        



                                


                            
Entreprises. Le passage au prélèvement à la source (PAS) de l’impôt sur le revenu (IR) devrait être effectif à partir de 2019. L’utilité de ce changement n’est pas criante, les avantages paraissant maigres et les inconvénients nombreux, et pour certains importants.
Le PAS ne rendra pas libératoire l’IR payé sur les revenus de l’année
Il est souvent mentionné, au titre des avantages du prélèvement à la source, le fait que l’impôt sur le revenu s’adapterait ainsi rapidement aux changements de situation fiscale des ménages (perte d’emploi, décès, naissance, mariage, divorce, retraite)… Cet avantage est bien faible car, dans la situation actuelle, l’administration fiscale pourrait accompagner ces changements en lissant sur de longues périodes l’imposition des ménages concernés.
Rappelons aussi que le PAS ne rendra pas libératoire l’IR payé sur les revenus de l’année : une régularisation restera nécessaire l’année suivante. La condition pour que le PAS soit libératoire serait que l’IR soit basé sur un taux unique, une « flat tax », mais un tel changement anti-redistributif n’est pas d’actualité…
Une liste des inconvénients bien fournie
Autre avantage invoqué, le PAS serait la première étape d’une fusion entre l’IR et la CSG, préconisée pour renforcer la progressivité de l’impôt direct, la seconde étape étant l’individualisation de l’IR. Cet avantage a probablement inspiré la décision tardive de la présidence Hollande de passer au PAS. Mais la fusion IR-CSG n’est pas envisagée par la présidence Macron !
La liste des inconvénients, en revanche, est fournie. Complexité pour les ménages, car l’IR sur les revenus de l’année est régularisé l’année suivante, et tous les revenus ne seront pas soumis au PAS (l’IR sur des revenus du capital – dividendes, intérêts, plus-values… – reste à payer l’année suivante). Coût de collecte pour les entreprises, en particulier les PME. Problèmes de confidentialité sur la situation personnelle de chaque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Entre les musées, gardiens de l’original, et les expositions immersives, comme « Gustav Klimt » à l’Atelier des lumières, des passerelles sont-elles possibles ?, se demande Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », dans sa chronique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/05/2018
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« Le public qui va voir Klimt numérisé a-t-il envie de pousser la porte du musée ? »

Entre les musées, gardiens de l’original, et les expositions immersives, comme « Gustav Klimt » à l’Atelier des lumières, des passerelles sont-elles possibles ?, se demande Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », dans sa chronique.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 11h22
    |

            Michel Guerrin (Rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. C’est l’exposition, à Paris, qui fait jaser, tant elle révolutionne les codes de l’art. Elle totalise 210 000 entrées en un mois et demi, et comme elle dure jusqu’en novembre, le triomphe va durer. Elle a lieu dans une ancienne fonderie du 11e arrondissement, autant dire très loin des musées qui font la gloire de la ville.
Si le peintre est culte, aucun tableau n’est à voir. 140 vidéoprojecteurs laser font exploser sur les murs et au sol 3 000 images et autant de couleurs sur fond de musique de Wagner ou de Beethoven. Des images mouvantes, flottantes, dansantes, fondues, zoomées. Un vidéoclip géant, une aventure sensorielle forte. Vous n’êtes pas face aux œuvres mais dans des images. On appelle cela une exposition immersive.
Le peintre pixélisé est l’Autrichien Gustav Klimt, avec en prime un peu de Schiele et de Hundertwasser. Le lieu, qui a pour nom Atelier des lumières, est tout nouveau, ce qui ajoute à l’émoi. En plus, il est privé, piloté par Culturespaces, filiale d’Engie. Beaucoup a été écrit, notamment dans ces colonnes, sur un événement qui divise – c’est un euphémisme. En gros, plus vous êtes accro au musée, plus vous trouvez ce Klimt nul, mais beaucoup de visiteurs chavirent et qualifient les grincheux d’élitistes blasés.
Autant partir des usages
Voyons plutôt ce que révèle cette exposition. D’abord que le numérique et la dématérialisation de l’œuvre ne cessent de gagner du terrain dans le monde de l’art. Et pour comprendre ce qui se joue avec Klimt, il faut faire le tri dans ce grand bazar du virtuel. Autant partir des usages.
Mettons de côté les milliers d’artistes qui jouent du pixel pour créer, comme d’autres manient le pinceau. Par exemple la Grande Halle de La Villette fait un triomphe en ce moment avec le collectif d’artistes japonais TeamLab, dont les créations sont autant féeriques qu’inoffensives ; signe du succès, ces derniers ouvrent le 21 juin à Tokyo leur propre musée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Pour la juriste, les réticences françaises envers la gestation pour autrui viennent de la façon dont notre législation, s’inspirant du droit romain, définit le père et la mère.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/05/2018
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Laurence Brunet : « Il faut inventer de nouvelles figures de parentalité »

Pour la juriste, les réticences françaises envers la gestation pour autrui viennent de la façon dont notre législation, s’inspirant du droit romain, définit le père et la mère.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 13h18
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            

Laurence Brunet est chercheuse associée à l’Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (université de ­Paris-I). Elle a coordonné, en 2013, une étude juridique commanditée par le Parlement européen sur la gestation pour autrui (GPA) dans l’Union européenne.
La GPA suscite en France une grande réticence, notamment parce qu’elle dissocie les deux figures réunies dans la maternité « classique » : la mère d’intention, qui accueillera l’enfant à la naissance, et la gestatrice. Comment expliquez-vous que cette figure se soit imposée sans difficulté au Royaume-Uni, au Canada, en Israël ou aux Etats-Unis, et qu’elle ait tant de mal à être acceptée en France ?
Si la figure de la mère d’intention est si difficile à concevoir en France, c’est que les droits d’inspiration romaine comme le droit français reposent depuis des millénaires sur l’idée que la mère est « toujours certaine » – c’est le sens de l’adage latin « mater certa semper est ». Au regard de la loi française, elle est désignée non par un acte juridique, mais par l’accouchement.
Les deux mille ans de chrétienté dont nous sommes les héritiers ont consolidé cette vision naturaliste : en France, la maternité est considérée comme une essence. Dans les creux de la jurisprudence du XIXe siècle, les choses étaient parfois plus subtiles, mais ni la loi ni le contrat ne peuvent se substituer à cette loi de la nature.
L’adoption plénière institue pourtant une mère d’intention : la mère adoptive. Comment la France en est-elle venue à la reconnaître ?
La seule figure de la maternité d’intention que connaît la France est effectivement la mère adoptive, mais elle a mis des siècles à s’imposer ! L’adoption telle qu’on la conçoit aujourd’hui est en effet très récente : jusqu’au début du XXe siècle, l’adoption n’était pas considérée comme une forme de parenté, mais comme l’établissement d’un héritier légitime.
Au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Le 12 mars 1967, Alain Terrenoire devient à 25 ans, député de l’Union de la défense de la République (UDR) de la 5e circonscription de la Loire. Cinquante ans plus tard, il se souvient de « son » Mai 68.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ 
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<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Un collectif d’étudiants, d’universitaires et de politiques, parmi lesquels Nicolas Offenstadt, Elsa Faucillon et Frédéric Lordon, propose dans une tribune au « Monde » de construire symboliquement de nouveaux établissements pour lutter contre la politique actuelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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« Nous lançons un appel à bâtir les nouvelles universités que l’Etat refuse de créer ! »

Un collectif d’étudiants, d’universitaires et de politiques, parmi lesquels Nicolas Offenstadt, Elsa Faucillon et Frédéric Lordon, propose dans une tribune au « Monde » de construire symboliquement de nouveaux établissements pour lutter contre la politique actuelle.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h21
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. A celles et ceux qui se préoccupent de rendre de la conscience à leur vie, qui n’en peuvent plus depuis trente ans des réformes mortifères, de la compétition à outrance comme idéologie, seule créatrice de richesse, de la destruction de la culture, du rabougrissement des savoirs, nous lançons un appel à bâtir les nouvelles universités que l’Etat refuse de créer ! C’est à Vincennes, ce samedi 2 juin, que nous poserons la première pierre de l’université en refondation et que nous appellerons à lancer autant de chantiers que nécessaire partout en France.
Toutes ces réformes pallient de faux problèmes créés de toutes pièces par la haute fonction publique
Dans le débat public sur l’université, les questions les plus urgentes masquent des problèmes plus profonds. Ainsi, la comparaison entre l’algorithme APB et la mise en concurrence des étudiants et des universités par Parcoursup fait écran à des réformes plus souterraines : obsolescence programmée du baccalauréat, professionnalisation de la licence, réduction ou assujettissement des humanités, augmentation drastique des frais d’inscription, séparation de l’enseignement supérieur entre collèges universitaires paupérisés, dits « de proximité », et établissements « de recherche intensive visibles internationalement », dérégulation des formations diplômantes et transformations des statuts des universitaires.
Toutes ces réformes pallient de faux problèmes créés de toutes pièces par la haute fonction publique pour masquer le sous-investissement chronique de l’Etat dans l’enseignement supérieur et la recherche.
Stagnation des budgets
Alors que l’augmentation démographique de l’an 2000 et le désir grandissant des bacheliers de poursuivre leurs études conduit à un afflux de 150 000 étudiants en dix ans, l’Etat n’est plus à la hauteur de ce formidable élan : les budgets de l’université stagnent et l’ouverture de postes d’enseignants-chercheurs diminue – 7 000 postes de titulaires en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Des hauts fonctionnaires des ministères et juridictions économiques mettent en garde, dans une tribune au « Monde », contre la porosité entre l’industrie financière et l’administration chargée d’en édicter les normes.
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« Faire évoluer la culture des relations entre l’administration et les représentants des secteurs financiers »

Des hauts fonctionnaires des ministères et juridictions économiques mettent en garde, dans une tribune au « Monde », contre la porosité entre l’industrie financière et l’administration chargée d’en édicter les normes.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 14h00
    |

Collectif Léa Guessier







                        



                                


                            
Tribune. Alors que le Brexit se prépare, la France prétend jouer sa carte en devenant un pôle-clé de la finance. Cet enjeu économique, mais également la crainte de l’éclatement d’une prochaine bulle, rendent déterminant le rôle de l’Etat comme régulateur et garant du bon fonctionnement des institutions financières. Or, comme le savent bien les praticiens de cette régulation, les outils de l’Etat sont loin d’être à la hauteur de cette mission et il est urgent de les faire évoluer.
L’une des principales difficultés de l’élaboration de la norme en matière économique et financière tient à l’expertise nécessaire. Or, si cette expertise n’existe pas en quantité finie et peut théoriquement être acquise par tous, force est de constater qu’elle est, en France au moins, détenue pour une large part par les « lobbys » financiers, c’est-à-dire par les associations, organisations et fédérations chargées de représenter les intérêts des industries financières – essentiellement les banques et les sociétés d’assurances –, en particulier auprès des pouvoirs publics.

Les moyens humains et financiers de ces lobbys sont sans commune mesure non seulement avec ceux dont disposent les représentants d’autres intérêts, comme les associations de consommateurs ou d’usagers, mais aussi avec ceux des administrations chargées d’élaborer la régulation qu’ils appliquent.
Eléments fournis « clés en main »
Pour chaque domaine de la régulation financière, on peut estimer qu’en moyenne un expert de l’administration française dispose de six ou sept interlocuteurs différents et spécialisés au sein de l’organisation professionnelle concernée. Il est, dans ces conditions, très difficile pour un expert public de parvenir au même niveau de connaissance que ses interlocuteurs privés et ceux-ci sont, dès lors, les mieux à même d’influencer la décision publique.
le degré de confiance accordée à la réponse fournie par le lobby concerné repose presque exclusivement...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Abroger la certification des comptes des PME, comme le prévoit la future loi Pacte, est une erreur, affirme dans une tribune au « Monde » l’économiste Laurent Benzoni.
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« L’audit obligatoire des commissaires aux comptes accroît la confiance dans l’entreprise certifiée »

Abroger la certification des comptes des PME, comme le prévoit la future loi Pacte, est une erreur, affirme dans une tribune au « Monde » l’économiste Laurent Benzoni.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 14h00
    |

Laurent Benzoni (Professeur au Centre de recherches en économie et droit (CRED) de l’université Paris-II-Assas)







                        



                                


                            
Tribune. Le gouvernement souhaitant réduire les charges des entreprises, l’inspection générale des finances (IGF) a recommandé l’abrogation de l’audit obligatoire des comptes des PME réalisant moins de 8 millions d’euros de chiffre d’affaires. Objectif : plus de 500 millions d’euros d’économies par an réalisées, soit 0,17 % de leur chiffre d’affaires. Prévue dans la future loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), cette mesure repose sur une analyse lacunaire, voire orientée : elle réfute les acquis de la théorie économique moderne et contredit le bilan d’expériences étrangères.
les PME certifiées subissent 40 % de moins de procédures collectives et vont deux fois moins en liquidation que la moyenne des PME
La théorie, notamment soutenue par le Prix Nobel d’économie Jean Tirole, a formalisé l’impact positif de la confiance créée par une information fiable sur les parties prenantes d’une relation économique. L’audit obligatoire des commissaires aux comptes, en garantissant la fiabilité, la régularité et la sincérité des comptes, accroît la confiance dans l’entreprise certifiée.
Que nenni, dit l’IGF, qui produit une étude se voulant rigoureuse mais qui ne répond pas aux standards minimaux de validité statistique des échantillons (« La certification légale des comptes des petites entreprises françaises », mars 2018). Avec ces biais, l’IGF nie l’impact positif du contrôle des comptes des PME. Mais quand on compare ce qui est comparable, les PME certifiées subissent 40 % de moins de procédures collectives et vont deux fois moins en liquidation que la moyenne des PME. Elles connaissent une croissance supérieure, enregistrent de moindres délais de règlement et affichent une meilleure trésorerie.
Phénomène remarquable, l’écart positif de rentabilité pour les PME certifiées est d’autant plus important qu’elles sont petites ! Ces constats devraient conduire à la proposition d’étendre l’obligation...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-17">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Pour l’économiste Bastien Drut, dans une tribune au « Monde », s’il ne faut pas craindre de bulle spéculative dans le football, on peut légitimement se poser la question de la pérennité des compétitions et de leur intérêt sportif dans leur forme actuelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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« Pour le football européen, l’heure des choix – rupture ou redistribution – approche »

Pour l’économiste Bastien Drut, dans une tribune au « Monde », s’il ne faut pas craindre de bulle spéculative dans le football, on peut légitimement se poser la question de la pérennité des compétitions et de leur intérêt sportif dans leur forme actuelle.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 14h00
    |

Bastien Drut (stratégiste senior chez CPR Asset Management)







                        



                                


                            
Tribune. L’explosion récente des salaires et des indemnités de transfert dans le football professionnel a conduit de nombreux observateurs à parler d’une « bulle » spéculative susceptible d’exploser prochainement. Ces interrogations se sont accentuées après les méga-transferts de 2017 et 2018. Ceux de­ ­Neymar et Mbappé au PSG et ceux de Dembélé et Coutinho au FC Barcelone ont en effet coûté nettement plus de 100 millions d’euros chacun et ont largement dépassé le record établi la saison précédente lors de l’achat de Pogba par Manchester United pour 105 millions.
l’émergence des hyper-rémunérations et des méga-transferts n’a fait que suivre la très forte augmentation des recettes des clubs
Il est indéniable que les salaires des joueurs professionnels de football et les indemnités de transfert ont augmenté de façon extrêmement rapide ces vingt dernières années. Mais il faut bien voir que les recettes des clubs ont progressé tout aussi vite sur la même période !
Les ratios salaires sur recettes et amortissements des indemnités de transfert sur recettes restent contenus et sont très loin des dérapages observés au début des années 2000. En réalité, l’émergence des hyper-rémunérations et des méga-transferts n’a fait que suivre la très forte augmentation des recettes des clubs.
Les droits de retransmission des championnats européens et de la Ligue des champions sont devenus au fil du temps un produit d’appel pour la télévision payante, les fournisseurs d’accès Internet et peut-être bientôt pour les géants du numérique comme Amazon ou Facebook. Avec toujours plus d’acheteurs potentiels, ces derniers droits n’ont cessé de grimper depuis vingt ans. Ceux du championnat français de Ligue 1 viennent même de dépasser le milliard d’euros pour les saisons 2020-2024.
Stratégies de « soft power »
Les grands clubs européens ont enfin réussi à monnayer leur notoriété globale et en particulier leur poids sur les réseaux sociaux, en nouant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le blogueur russo-israélien a passé sept mois dans une prison de ce pays du Caucase avant d’être gracié puis expulsé en Israël. Il raconte, dans une tribune au « Monde », le quotidien des tortures et des persécutions.
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Alexandre Lapshin : « Le régime d’Azerbaïdjan enlève et tue ceux qui lui déplaisent »

Le blogueur russo-israélien a passé sept mois dans une prison de ce pays du Caucase avant d’être gracié puis expulsé en Israël. Il raconte, dans une tribune au « Monde », le quotidien des tortures et des persécutions.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 13h53
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 15h37
    |

Alexandre Lapshin (blogueur)







                        



                                


                            

Tribune. Je m’appelle Alexandre Lapshin. Je suis un blogueur globe-trotteur qui a visité plus de cent trente pays. Je ne m’intéresse pas à la politique mais j’aime la paix, la nature, l’histoire, les jolies femmes et la bonne chère. Même dans mes pires cauchemars, je n’aurais pu imaginer être victime d’un jeu politique entre deux dictateurs brutaux : l’ancien président des fermes collectives soviétiques – le président biélorusse Alexandre Loukachenko et l’homme fort d’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, qui a hérité du pouvoir de son père, comme dans les anciens sultanats arabes décrits par le conte des « Mille et une nuits ».

Le 15 décembre 2016, lors d’un voyage dans l’ex-URSS, j’ai été soudainement arrêté par la police au Belarus. Des agents sont brutalement entrés dans ma chambre d’hôtel en criant « à terre ou nous tirons, vous êtes en état d’arrestation à la demande de l’Azerbaïdjan pour avoir visité le Karabagh ». J’ai eu de la chance car, lors de cette arrestation, ces policiers n’ont pas remarqué que mon ordinateur était en marche et que j’étais en train de communiquer avec mon épouse. Elle a pu voir mon arrestation en direct et elle a immédiatement alerté les médias internationaux ainsi que les ambassades d’Israël et de Russie dont je suis citoyen.
Show médiatique tragicomique
Il est important de préciser que si le Belarus avait été un Etat de droit, il n’aurait jamais procédé à mon arrestation, sans même parler de mon extradition et de ma condamnation. Je n’avais commis aucun délit contre les lois du Belarus et la seule convention d’extradition entre le Belarus et l’Azerbaïdjan stipule explicitement que toute requête d’extradition doit être rejetée si elle est fondée sur des motifs politiques.
J’ai passé sept mois dans une prison en confinement solitaire ce qui est contraire au droit international et ce qui est considéré comme un cas de torture
Or, Aliev avait envoyé son avion personnel pour me faire atterrir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Notre droit nous a figés dans une vision fausse du don de gamètes, souligne la sociologue dans une tribune au « Monde ». Selon elle, il faut inciter les parents à sortir du secret pour donner à l’enfant l’accès à ses origines.
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Irène Théry : « Il faut reconnaître les familles issues d’un don »

Notre droit nous a figés dans une vision fausse du don de gamètes, souligne la sociologue dans une tribune au « Monde ». Selon elle, il faut inciter les parents à sortir du secret pour donner à l’enfant l’accès à ses origines.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 13h23
    |

                            Irène Théry (Sociologue du droit, directrice d’études à l’EHESS)








                        



                                


                            
Tribune. Les lois bioéthiques françaises qui régissent la procréation médicalement assistée (PMA) avec tiers donneur sont ambiguës. D’un côté, elles sont très attentives à organiser le don de sperme, d’ovocyte ou d’embryon, sécuriser les donneurs, préserver les parents. Mais de l’autre, elles sont aujourd’hui un véritable obstacle à ce que les familles qui en sont issues puissent avoir leur place au soleil dans le paysage familial, car elles n’ont eu de cesse de les renvoyer du côté du secret, voire du mensonge.
Comme si, pour être une famille comme les autres, il fallait commencer par se dénier soi-même et se faire passer pour une famille par le sang, quitte à imposer à l’enfant une identité narrative tronquée, et parfois falsifiée.
Raffinement de cruauté
Ce genre de tentation est bien connu des spécialistes de la famille. On a vu exactement le même, naguère, sur l’adoption. « Pour son bien », on cachait à l’enfant qu’il avait été adopté, quitte à ce qu’il l’apprenne sur le tard et dans les pires conditions. L’enfant en quête de son histoire n’avait pas accès à son dossier. Les employés de la DDASS tournaient devant lui les pages inaccessibles en lui distillant des « renseignements non identifiants », sans mesurer le raffinement de cruauté de telles pratiques.
Nos sociétés ont cessé de considérer que la seule façon légitime de constituer une famille soit la filiation charnelle reposant sur le lien de procréation (ou l’affirmation qu’un tel lien existe)
Aujourd’hui, tout cela est bien loin. Nos sociétés ont cessé de considérer que la seule façon légitime de constituer une famille soit la filiation charnelle reposant sur le lien de procréation (ou l’affirmation qu’un tel lien existe). L’adoption a cessé de se plier à l’impératif napoléonien de « singer la nature ». L’enfant sait qu’il a été adopté et a accès à son dossier. Ses parents l’accompagnent s’il souhaite rechercher ses origines.
Enfin, la diversité des familles...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-20">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », analyse l’utilisation poussée du mensonge par les dirigeants des deux plus grandes puissances nucléaires de la planète.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Poutine et Trump poussent la manipulation de la vérité au niveau du chef-d’œuvre »

Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », analyse l’utilisation poussée du mensonge par les dirigeants des deux plus grandes puissances nucléaires de la planète.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h29
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            

Chronique. Entre autres points communs, Donald Trump et Vladimir Poutine partagent le même mépris pour la réalité. C’est une façon polie de dire qu’ils mentent effrontément. Le mensonge est sans doute aussi vieux que la politique. Mais, à la tête des plus grandes puissances nucléaires de la planète, ces deux-là se distinguent. Ils poussent la manipulation de la vérité au niveau du chef-d’œuvre. Ils gouvernent en artistes, ils créent.
A force de mentir, ils ont façonné, chacun, une réalité alternative – celle qui leur convient. Peu importe qu’ils manient le bobard par cynisme ou par convenance conjoncturelle, le résultat est identique : ils brouillent les frontières entre le vrai et le faux. Même si l’on accepte que les mythes aient leur importance dans la cohésion des sociétés, la manière Poutine-Trump de jouer avec la réalité est inquiétante.
Le déni de Poutine
Chez le président russe, le mensonge prend la forme du déni. « Bien sûr que non », le missile n’était pas russe, répond Poutine, la semaine dernière, quand on l’interroge sur les 298 morts du vol MH17 de la Malaysia Airlines. L’avion, qui assurait la ligne Amsterdam-Kuala Lumpur, a été abattu le 17 juillet 2014 au-dessus de la partie de l’Ukraine contrôlée par des sécessionnistes prorusses, que Moscou appuie et équipe.
Au Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie s’était, à l’époque, opposée à la formation d’une juridiction internationale pour établir les faits – et juger. Les Pays-Bas ont alors pris l’initiative d’une enquête internationale. Les conclusions de celle-ci ont été rendues la semaine dernière. Elles sont claires. « Pas de doute », le missile appartenait à une batterie de défense antiaérienne russe Buk, disent les enquêteurs. Il a été tiré depuis le territoire contrôlé par les prorusses. La batterie a été acheminée depuis la base militaire de la ville russe de Koursk, qui abrite la 53e brigade de défense antiaérienne, puis...




                        

                        

