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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ A l’approche des épreuves de langue du bac 2018, des oraux de concours ou encore en prévision d’un séjour à l’étranger, voici cinq applications mobiles recommandées et par des professeurs et testées par Le Monde Campus.
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Bac 2018 : ces applis gratuites vous aideront à progresser en anglais

A l’approche des épreuves de langue du bac 2018, des oraux de concours ou encore en prévision d’un séjour à l’étranger, voici cinq applications mobiles recommandées et par des professeurs et testées par Le Monde Campus.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 17h31
    |

                            Gabrielle Ramain








                        



   


Epreuves écrites de LV1 et LV2 anglais du bac 2018, les 20 et 22 juin, oraux de nombreux concours, départ en vacances ou tout simplement envie de « se remettre » à la langue de Shakespeare... Les raisons de réviser et de s’entraîner sont nombreuses, et quelques minutes quotidiennes suffisent souvent. Voici une sélection de cinq applications accessibles gratuitement, recommandées par des professeurs d’anglais et testées par Le Monde Campus, afin de réviser et s’entraîner. Avec, pour chacune d’elles, les points qu’elles permettent particulièrement de travailler.
Travailler son vocabulaire avec Memrise
Cette application fonctionne comme un mini-jeu vidéo : l’utilisateur arrive sur une planète étrangère et il lui faut avancer dans les niveaux pour la découvrir. Sept niveaux différents sont proposés, avec la possibilité d’en changer en cours de route si on se rend compte que l’on a visé trop haut ou que l’on s’est sous-estimé. Memrise fait surtout travailler l’apprentissage du vocabulaire et, comme son nom l’indique, l’accent est mis sur la mémorisation. On peut regretter un niveau attendu un peu bas, même dans les exercices supposés les plus difficiles. Version gratuite disponible.
Revoir la grammaire au quotidien avec Duolingo
Le point fort de cette application sont ses exercices de grammaire, qui permettent de revoir des points qui ne sont pas forcément au programme de terminale. On peut également choisir le temps que l’on souhaite y consacrer par jour, entre cinq et vingt minutes. A conseiller à ceux qui veulent compléter leurs révisions par petites touches quotidiennes. Autre atout à noter : l’application est entièrement gratuite.
Améliorer sa compréhension orale avec EnglishCentral
Avec son interface tout en anglais, cette application est réservée à ceux qui n’ont pas de grosses difficultés. L’utilisateur a le choix, en début de parcours, entre sept niveaux, du débutant à l’utilisateur avancé, et même les meilleurs y trouveront des exercices à leur niveau. L’application repose sur une série de vidéos à regarder, des questions de vocabulaire mais aussi d’expression orale où la prononciation est vérifiée. Pour ceux qui adopteraient la version payante à 15 euros par mois, des entretiens vidéos avec des professeurs sont aussi accessibles.
Revoir les notions au programme avec Kartable
Réalisé par des professeurs de l’éducation nationale, Kartable permet aux élèves d’accéder à des cours qui couvrent l’ensemble du programme de première et terminale. En ce qui concerne les langues vivantes, les cours sont rédigés en français, mais une partie est toujours consacrée au vocabulaire essentiel. Les élèves pourront également effectuer des quiz pour vérifier qu’ils ont acquis les connaissances de base, et s’entraîner avec des exercices de type bac. La version payante à 4,99 euros par mois permet de télécharger les cours en PDF et d’avoir accès aux corrections en illimité.
Traduire pertinemment avec Wordreference
Lorsqu’on cherche un mot ou une expression, on est souvent tenté d’utiliser Google Traduction, qui ne propose qu’une seule correspondance, parfois inexacte. Mieux vaut se tourner vers un dictionnaire qui répertorie la grande polysémie du vocabulaire anglophone, comme Wordreference. Saviez-vous par exemple que le terme « go » compte une vingtaine de sens différents ? On vous laisse explorer le reste…
(Cet article a été publié pour la première fois en mai 2017 et a été mis à jour.)

Bac 2018 : « Le Monde Campus » aide les lycéens, depuis les révisions jusqu’aux résultats
Le Monde Campus accompagne les élèves de 1ere et de terminale candidats au bac S, bac ES, bac L et bac STMG, jusqu’aux résultats de l’examen, vendredi 6 juillet, et les rattrapages. Avec, durant les révisions, des guides méthodologiques, des ressources en lignes, des vidéos de rappels de cours, des annales et des quiz pour se préparer dans les différentes matières. Lors de l’examen, du 18 au 25 juin, seront publiés les sujets des épreuves et leurs corrigés en vidéos.
Trois « live » informeront et conseilleront en direct les candidats au bac et leurs proches : pour réviser (lundi 11 juin pour les élèves de terminale, mercredi 13 juin pour ceux de première) ; pour le premier jour des épreuves (lundi 18 juin : philosophie le matin, français pour les élèves de première l’après-midi) ; et pour les résultats (vendredi 6 juillet).
Rendez-vous sur la page www.lemonde.fr/bac, la page Facebook Le Monde Campus et le compte Twitter @lemonde_campus





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Plus de huit cents secousses on été comptabilisées en trois semaines. Le département demande la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.
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L’île de Mayotte touchée par un « essaim de séismes »

Plus de huit cents secousses on été comptabilisées en trois semaines. Le département demande la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h58
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Depuis le 10 mai, Mayotte est de nouveau ébranlée. Non par les mouvements sociaux qui, pendant six semaines, ont paralysé l’activité de l’île, mais par des tremblements de terre quotidiens et répétés, qui, compte tenu de la précarité de certaines constructions, pourraient avoir des conséquences dramatiques.
Les spécialistes qualifient ce phénomène d’« essaim de séismes ». En trois semaines, plus de huit cents secousses ont été enregistrées, dont la plus importante a atteint une magnitude de 5,8 sur l’échelle de Richter. Selon le relevé du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) effectué mercredi 30 mai entre 3 heures et 15 heures, vingt-trois secousses avaient été comptabilisées, dont huit supérieures à 4 sur l’échelle de Richter. L’épicentre de ces séismes se situe à une cinquantaine de kilomètres au large de Mamoudzou, la préfecture de Mayotte.

Interrogée mardi 29 mai au Sénat par le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi (LRM), la ministre auprès du ministre de l’intérieur, Jacqueline Gourault, a annoncé l’envoi d’une mission d’expertise qui devait arriver sur place vendredi 1er juin. Composée de spécialistes de la sécurité civile et de scientifiques, elle devra tenter de déterminer l’origine de ce phénomène, qui se caractérise par une activité continue de faible intensité, à l’inverse de la sismicité classique marquée par un choc majeur suivi de répliques décroissantes.
Phénomènes de panique
Le président du conseil départemental, Soibahadine Ibrahim Ramadani (LR), a quant à lui adressé un courrier au premier ministre pour demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ainsi que la mise en place d’une cellule psychologique pour venir en aide à une population qui vit « une situation de panique et de psychose généralisée », selon le président de l’Union départementale des associations familiales, Ali Nizary.
Malgré les consignes et les informations diffusées par les autorités...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ La préfecture de police de Paris a ouvert une enquête interne. Le Défenseur des droits a été saisi jeudi soir par les enseignants.
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Des profs en sortie scolaire à Paris dénoncent les propos discriminants d’un policier

La préfecture de police de Paris a ouvert une enquête interne. Le Défenseur des droits a été saisi jeudi soir par les enseignants.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h45
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h26
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



   


Les élèves du collège Barbara, à Stains (Seine-Saint-Denis), garderont un souvenir amer de leur sortie scolaire à Paris. Venus en voisins pour découvrir le 5e arrondissement et son histoire, la quarantaine d’élèves de sixième « ont été victimes de propos discriminants et insultants de la part d’un représentant des forces de l’ordre », font savoir les personnels de l’établissement dans un communiqué publié jeudi 31 mai.
Le même jour, dans la soirée, les enseignants présents lors de cette visite ont saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, pour dénoncer le comportement du fonctionnaire de police. Comme le permet la procédure, ils ont réalisé leur signalement sur Internet pour « discrimination par personne dépositaire de l’autorité publique ». La préfecture de police de Paris fait savoir au Monde qu’une « enquête interne a été diligentée dès que les faits ont été dénoncés ». Et d’ajouter : « Il en sera tiré toutes les conséquences à l’issue de l’enquête. »
Le Défenseur des droits a également été saisi jeudi soir par les enseignants qui ont publié un résumé des faits sur Internet. « Notre équipe de juristes va désormais instruire cette affaire », précise l’institution, qui peut, au terme de son enquête, « recommander aux autorités d’éventuelles sanctions disciplinaires ».
« Avec moi, c’est direct au commissariat »
« Cela s’est passé dès le début de notre sortie », regrette Charlotte Gouillé, qui faisait partie des six membres du collège qui encadraient la sortie scolaire des élèves âgés d’une douzaine d’années. Après avoir longé la Sorbonne, le groupe s’est retrouvé sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris, où des forces de l’ordre étaient déployées, en vue d’une visite du préfet de police de Paris, Michel Cadot.
« A la vue des armes des agents de police, comme tout enfant de 12 ans, nos élèves ont été impressionnés et ont demandé aux policiers s’ils s’agissaient de vraies armes », détaille le communiqué des enseignants du collège Barbara, précisant qu’un des enfants, « sans aucune provocation », a mimé un pistolet pointé vers le ciel.
C’est là que la situation se serait tendue. Selon les professeurs, l’un des trois fonctionnaires de police a tenu des propos « peu corrects » à l’enfant en question, rapporte Charlotte Gouillé, professeure de mathématique au collège. « Je m’en bats les couilles que tu sois mineur, avec moi, c’est direct au commissariat ! », aurait lancé le policier, selon le communiqué, qui précise qu’un autre fonctionnaire de police a appelé les enseignants à « éduquer » leurs élèves.
« Monnaie courante »
Charlotte Gouillé décrit des élèves « apeurés et choqués ». Alors qu’elle se chargeait de les conduire en dehors du parvis, deux enseignants sont allés à la rencontre des policiers pour récupérer les informations nécessaires, afin de déposer une main courante. « Ce dernier dissimule son matricule à l’aide de son arme et menace nos deux collègues de les embarquer », rapporte l’établissement dans son communiqué, qui ajoute :
« Il revendique ses propos en affirmant que nos élèves “ne sont pas éduqués”, qu’il sait “d’où ils viennent”, insinuant que ce sont des délinquants, et que nous ne venons “pas du même monde qu’eux” et nous ne pouvons donc “pas savoir de quoi ils [nos élèves] sont capables”. »
« Une situation de discrimination qui est malheureusement monnaie courante », regrette Charlotte Gouillé, qui rappelle l’affaire survenue en 2016 au Musée d’Orsay, où des élèves du lycée Utrillo, « voisin de notre établissement », ont été stigmatisés par le personnel du musée. En 2017 déjà, elle se souvient que son groupe d’élèves avait été « mal reçu » par les surveillants du Musée du quai Branly, qui leur avaient reproché « injustement » d’être trop bruyants. La professeure de mathématique regrette également que son établissement, qui « a été la vitrine de l’éducation prioritaire lors d’une visite de la ministre de la culture à la rentrée », devienne désormais, aux yeux d’un représentant de l’Etat, « un zoo de banlieue ».

        Lire :
         

          Le Musée d’Orsay secoué par un incident survenu lors d’une visite scolaire



Charlotte Gouillé assure qu’il n’est pas question de stigmatiser l’ensemble de la police nationale, c’est d’ailleurs ce que les enseignants ont, dit-elle, expliqué aux élèves lors de la pause déjeuner où les conversations étaient rythmées par les faits survenus dans la matinée.
Le personnel du collège s’est réuni vendredi pour réfléchir aux suites à donner à cette affaire. Ils préviennent avoir « l’intention d’aller aussi loin que l’on pourra pour ne pas laisser passer cela ». Tous attendent désormais « des excuses claires de la part du policier » et « des explications de la préfecture de police de Paris ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ La nécessaire réforme du « reste à charge zéro » risque de dérailler si les propositions des professionnels et des réseaux de soins ne sont pas écoutées, selon Marianne Binst, directrice générale du réseau de santé Santéclair, dans une tribune au « Monde ».
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Santé : « On assiste à la mise en place d’un deuxième étage de la Sécurité sociale »

La nécessaire réforme du « reste à charge zéro » risque de dérailler si les propositions des professionnels et des réseaux de soins ne sont pas écoutées, selon Marianne Binst, directrice générale du réseau de santé Santéclair, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h00
    |

Marianne Binst (Directrice générale du réseau de santé Santéclair)







                        



                                


                            
Tribune. Vous avez aimé la réforme des contrats dits « responsables » et l’explosion des restes à charge qu’elle a générée en plafonnant les remboursements des dépassements d’honoraires ? Vous allez adorer celle du « reste à charge zéro » (RAC 0) que concocte en ce moment même la direction de la Sécurité sociale (DSS) en faisant fi de toutes les contributions que les acteurs de la filière optique et de la prise en charge complémentaire ont portées à sa connaissance.
Le projet de réforme tel qu’il est aujourd’hui imaginé par la DSS risque de s’avérer catastrophique pour les porteurs de lunettes
La réforme du RAC 0 a été promise par le président de la République lorsqu’il était encore candidat. Tout le monde était de fait d’accord pour que certains soins soient intégralement remboursés, et que donc plus un seul Français n’y renonce pour des raisons financières. L’idée était de définir, pour trois postes de dépenses plus particulièrement coûteux (optique, audio et dentaire), un « panier » de soins ou d’équipements, puis d’ajuster le remboursement de l’Assurance-maladie et des complémentaires de telle sorte que l’assuré n’ait pas un centime à débourser.
Mais si le projet de réforme tel qu’il est aujourd’hui imaginé par la DSS voit le jour, il risque de s’avérer catastrophique pour les porteurs de lunettes. En optique, ce projet prévoit la création d’un panier de soins RAC 0 composé de verres et de montures dont les prix seront limités par les pouvoirs publics. Cette limitation va se traduire par la vente de produits de moindre qualité, commercialisés pour la plupart par des fabricants « low cost » sans contrôle des performances techniques. Pas étonnant donc que le Groupement des industriels et fabricants de l’optique soit vent debout contre cette réforme qui participera à détériorer la qualité des équipements sans gain de pouvoir d’achat pour le consommateur.
Augmentation des cotisations de complémentaires
Car cette offre peu qualitative...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Dans cette tribune au « Monde », l’économiste Frédéric Bizard estime que la gratuité complète des soins optiques, dentaires et audioprothésistes, est une illusion masquant une dérive vers le modèle de santé américain, au plus grand bénéfice des assureurs privés.
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Santé : supprimer le reste à charge est « un conte de fées »

Dans cette tribune au « Monde », l’économiste Frédéric Bizard estime que la gratuité complète des soins optiques, dentaires et audioprothésistes, est une illusion masquant une dérive vers le modèle de santé américain, au plus grand bénéfice des assureurs privés.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 17h27
    |

Frédéric Bizard (Economiste et enseignant à Sciences Po Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Marisol Touraine avait promis aux Français qu’ils ne paieraient plus quand ils iront chez le médecin. Agnès Buzyn va plus loin en leur promettant de ne plus rien payer chez le dentiste, l’opticien et l’audioprothésiste. Les citoyens se doutent bien que ce conte de fées aura une sinistre fin !
Les Français paient en direct un quart des dépenses chez ces trois professionnels de santé (soit 4,5 milliards d’euros), le « reste à charge ». En fait, c’est l’assureur privé qui va financer une partie du reste à charge en reportant cette dépense sur les primes des contrats payées… par les Français. Cette rente supplémentaire pour les assureurs générera une forte inflation des coûts d’accès aux soins. En effet, les frais de gestion des contrats représentent plus de 25 % des cotisations.

Le coût réel du soin remboursé à 100 % par un contrat d’assurances est bien plus élevé que l’autofinancement direct d’une partie des dépenses par les patients. Ainsi, le coût de l’assurance d’une paire de lunettes simples sur trois ans pour un retraité est de 792 euros, alors que l’achat du produit revient à 280 euros ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la plupart des pays développés n’assurent plus les lunettes…
Destruction du modèle solidaire
Les Français sont-ils prêts à sacrifier la qualité de leurs soins en échange du fait de ne rien avoir à payer en direct ? Le gouvernement va en effet annoncer dans les trois secteurs l’instauration de paniers de soins sans reste à charge, à prix réduit et plafonné, qui représenteront une partie de l’ensemble des soins actuels – on parle d’un tiers en optique et de 45 % en dentaire.
Certains en France défendent une évolution à l’anglaise et rêvent d’un grand système public national de santé
Cette mesure est une vraie destruction du modèle français solidaire qui vise à garantir l’égalité face à la qualité des soins. Si les paniers de soins sans reste à charge seront accessibles à tous,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ La version française d’un e-book publié par une équipe internationale de chercheurs contestant les paradigmes de la théorie classique vient d’être mise en ligne, rapportent, dans une tribune au « Monde », les trois économistes à l’origine du projet.
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« Réfléchir à la manière dont fonctionne l’économie dans son ensemble »

La version française d’un e-book publié par une équipe internationale de chercheurs contestant les paradigmes de la théorie classique vient d’être mise en ligne, rapportent, dans une tribune au « Monde », les trois économistes à l’origine du projet.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h00
    |

Yann Algan (Professeur d’économie et doyen de l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po), Samuel Bowles (Professeur d’économie au Santa Fe Instit...







                        



                                


                            
Tribune. Si les Français sont l’un des peuples au monde qui se défie le plus de l’économie, c’est sans doute aussi parce qu’elle y est mal enseignée. Dans les manuels scolaires de l’enseignement supérieur, l’économie est souvent présentée comme un domaine gouverné par des principes abstraits dont seules les mathématiques peuvent rendre compte et où les comportements humains sont réduits à des équations.
les économistes apparaissent au final comme des théoriciens hermétiques au pluralisme et insensibles aux questions de société
Les acteurs économiques sont le plus souvent amoraux et uniquement intéressés par leurs profits ; des marchés parfaitement concurrentiels s’autorégulent pour obtenir des résultats « optimaux », tandis que la dégradation de l’environnement, l’instabilité économique, les inégalités ou les sources de la prospérité sont à peine abordées. Et les économistes apparaissent au final comme des théoriciens hermétiques au pluralisme et insensibles aux questions de société.
Or, cette vision est bien éloignée des avancées récentes de la recherche en sciences économiques. Le signe avant-coureur du changement dans n’importe quelle discipline est lorsque ses meilleurs chercheurs ont pour la plupart abandonné les modèles de référence enseignés aux étudiants de premier cycle. En effet, la recherche actuelle offre un éclairage précieux sur le changement climatique, les effets du commerce international et de la révolution numérique, les crises financières ou les inégalités.
Elle propose aussi des solutions pour assurer une croissance durable, stimuler l’innovation, rendre nos banques plus sûres et générer de nouvelles formes de prospérité et de bien-être en termes de politiques de santé, d’éducation ou d’emploi. Elle est aussi devenue pluridisciplinaire, puisant ses sources aussi bien dans l’histoire, la sociologie, la science politique que dans les sciences cognitives. Mais ces avancées de la recherche n’étaient pas encore...




                        

                        


<article-nb="2018/06/01/18-7">
<filnamedate="20180601"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180601"><AAMMJJHH="2018060118">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Manipulations du génome humain, transhumanisme : pour le généticien, l’usage inconsidéré de ces technologies, forcément inégalitaires, serait philosophiquement critiquable.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Axel Kahn : « Impossible de savoir quels seront les bons gènes dans deux siècles »

Manipulations du génome humain, transhumanisme : pour le généticien, l’usage inconsidéré de ces technologies, forcément inégalitaires, serait philosophiquement critiquable.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 13h22
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Axel Kahn est généticien, président du comité commun d’éthique INRA-Cirad-Ifremer. L’un de ses derniers ouvrages, Être humain, pleinement (Stock, 2016), est une fiction traitant du rôle de l’inné et de l’acquis dans l’édification de l’être.
La modification génétique d’embryons humains est actuellement interdite en France et dans de nombreux pays. En août 2017, des chercheurs américains n’en sont pas moins parvenus à corriger ainsi une mutation porteuse d’une maladie héréditaire. Quelles questions éthiques la perspective de cette amélioration de l’espèce humaine soulève-t-elle ?
Effectuer une modification dans le génome d’un embryon humain avant sa réimplantation a pour effet de transmettre cette modification à sa descendance – autrement dit de transformer le patrimoine héréditaire de la lignée humaine. Deux objectifs peuvent être recherchés. Le premier serait de créer des lignages dotés d’une force musculaire remarquable pour obtenir des haltérophiles de talent, ou de très grande taille pour renforcer l’équipe nationale de basket-ball. Il ne s’agit donc pas d’améliorer l’humanité en l’homme, mais de le considérer comme un moyen. Or, la pensée éthique est étroitement articulée autour de l’impératif de Kant : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. » Cette visée est donc critiquable.
Deuxième objectif : améliorer de façon héréditaire le génome de l’homme afin qu’il résiste mieux aux multiples maux qui le menacent : virus, bactéries, pollution de l’air… Cette démesure est absurde en regard des mécanismes de l’évolution darwinienne, puisque les espèces doivent pour survivre s’adapter à un environnement futur inconnu. Savoir aujourd’hui quelles seront les bonnes caractéristiques génétiques dans un ou deux siècles est tout bonnement impossible ! Pour prendre un exemple avéré : dans plusieurs régions du monde, les « bons » gènes d’hier, qui permettaient aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Greenpeace réclame l’interdiction des forages au large du Brésil et de la Guyane, où se trouve un récif corallien.
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Total : l’assemblée générale des actionnaires envahie par Greenpeace

Greenpeace réclame l’interdiction des forages au large du Brésil et de la Guyane, où se trouve un récif corallien.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 18h13
    |

            Rémi Barroux








                        


La réussite de l’opération est totale. Quelque 250 militants de Greenpeace, d’Action non violente (ANV)-COP21 et d’Alternatiba ont perturbé l’assemblée générale des actionnaires du pétrolier français Total qui se tenait au Palais des congrès, porte Maillot à Paris, vendredi 1er juin dès 10 heures.
Aux cris de « Total insist, we resist », les militants, dont une dizaine de grimpeurs qui sont parvenus à s’accrocher au plafond de la salle de réunion et à l’extérieur du bâtiment, ont dénoncé les projets de forage du groupe dans les eaux brésiliennes, au large de l’embouchure de l’Amazone.

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« Cela fait la quatrième fois qu’Ibama [l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables] rejette la demande de Total au motif qu’ils sont incapables de répondre à ses demandes sur la préservation de la biodiversité et sur le risque de marée noire que feraient courir leurs forages, mais le pétrolier insiste, indique Thiago Almeida, de Greenpeace Brésil. C’est d’autant plus stupide qu’exploiter ces fonds est dangereux, difficile et cher. Vingt-sept forages autorisés au large des côtes brésiliennes ont déjà été abandonnés par des sociétés pétrolières sur des problèmes mécaniques. »
L’organisation écologiste mène une campagne internationale pour préserver le récif corallien, découvert deux ans plus tôt dans les eaux brésiliennes, et veut empêcher le projet de prospection que Total a déposé auprès des autorités locales. Le 29 mai, l’Ibama répondait négativement à la demande du pétrolier français, arguant que ses études d’impact environnemental étaient « insuffisantes ».
« Ce projet est une bombe »
« Alors que plus de deux millions de personnes ont signé une pétition pour demander à Total d’arrêter, la compagnie continue. Ce projet est une bombe, cela n’a aucun sens de rechercher de nouvelles ressources en énergie fossile alors que si l’on utilise toutes celles déjà disponibles, connues, on crame la planète », avance Pauline Boyer, responsable à ANV-COP21.
Pour le directeur de Greenpeace France, Jean-François Julliard, présent sur place, le projet de Total illustre l’hypocrisie de la France. « On a le sentiment que malgré de nombreux discours et promesses sur la lutte contre le réchauffement climatique, les actes manquent, aussi bien de la part du gouvernement que de compagnies comme Total, estime-t-il. Cela vaut sur le pétrole comme sur l’huile de palme, avec l’autorisation par Nicolas Hulot de la bioraffinerie de la Mède exploitée par Total, ou encore l’interdiction du glyphosate : même le minimum du minimum n’est pas fait. »

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Le pétrolier français rencontre d’autres soucis avec son projet offshore dans les eaux guyanaises, au nord du projet brésilien. Le récif découvert par les chercheurs brésiliens et médiatisé par Greenpeace s’étendrait jusque dans les eaux françaises, or l’autorité environnementale saisie pour avis par Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire, se montre elle aussi circonspecte.
Alors que la société Total reconnaît la présence de « bioconstruction » dans la zone maritime qu’elle doit explorer, la modélisation des risques d’une marée noire ne serait pas à la hauteur selon l’autorité environnementale, dans un avis rendu public mercredi 30 mai. Le dossier présenté par le pétrolier serait « bien construit », mais présente une « faiblesse (…) particulièrement préoccupante » sur les impacts d’un futur forage « en cas d’accident majeur ».
L’assemblée annuelle de Total était donc une cible évidente pour les militants écologistes, au point qu’ils doutaient fort de pouvoir réaliser leur action préparée depuis un mois. Mais tout s’est déroulé selon leurs plans : une partie des activistes étaient dans la salle, dont les grimpeurs accrochés au-dessus de la tribune, tandis que le reste de l’équipe, accompagnée de batucadas rythmées, protestait dans les couloirs du Palais des expositions.
« Pas dupe »
Certains s’étaient enchaînés aux rampes pour ralentir leur évacuation, d’autres se laissaient traîner par terre, souvent enduits de mélasse pour symboliser une marée noire. D’aucuns ont été rudement secoués, voire frappés par des vigiles énervés et peu habitués à des interventions de ce type. L’usage de gaz lacrymogène dans ces espaces réduits a rendu l’air irrespirable, certaines personnes ont dû se rendre à l’hôpital.
A l’intérieur, outre la rumeur de l’action agitée aux portes de la salle et la présence des activistes accrochés, l’assemblée a pu se tenir au terme d’une suspension assez longue. Le président-directeur-général de Total, Patrick Pouyanné, a laissé une responsable de Greenpeace prendre la parole.
« Je ne suis pas dupe, précise Edina Ifiticène, chargée de campagne océans pour l’ONG. La direction m’a donné la parole dans le but d’interrompre l’action, mais nous avons quand même continué. J’ai juste dit aux actionnaires que cela faisait un an et demi que nous menions une campagne internationale contre ce projet, que les populations autochtones s’étaient prononcé contre, que l’on avait fait deux expéditions en mer pour documenter le récif corallien et que, à chaque fois, Total nous disait que le processus suivra son cours, en se réfugiant dans le déni. »
« Les avis de tout le monde »
Patrick Pouyanné a expliqué, de son côté, que le projet se ferait « dans le respect de l’environnement ou ne se ferait pas ». « Je respecte tout à fait les avis de tout le monde, a assuré le dirigeant au Monde. D’ailleurs, vous l’avez vu, nous avons passé la parole à Greenpeace. Donc nous sommes pour le dialogue, mais en même temps, notre interlocuteur, c’est l’Agence environnementale brésilienne. Nous allons répondre et poursuivre les échanges. Soit nous aurons l’autorisation, soit nous ne l’aurons pas. Nous ne passerons pas outre. »
A l’issue de l’action, qui s’est conclue à 13 heures, neuf gardes à vue étaient enregistrées, pour « mise en danger de la vie d’autrui », selon un avocat de l’organisation. Le reste de la troupe, composée de nombreux militants de Greenpeace venus d’autres pays européens, est reparti sans problème, non sans avoir fait une haie d’honneur aux actionnaires de Total SA lors de leur sortie. Dans l’ambiance protégée du Palais des congrès, ils venaient de voter le renouvellement pour trois ans des mandats d’administrateurs d’Anne-Marie Idrac, Patrick Pouyanné et Patrick Artus, les critères des éléments de rémunération du PDG… ainsi que la distribution d’un dividende de 2,48 euros par action, en hausse par rapport à l’année précédente.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Les 52 agents de l’hôpital psychiatrique qui occupent depuis jeudi soir les locaux de la direction réclament la création de 52 postes.
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Rouen : la direction de l’hôpital psychiatrique occupée par une cinquantaine de salariés

Les 52 agents de l’hôpital psychiatrique qui occupent depuis jeudi soir les locaux de la direction réclament la création de 52 postes.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 12h16
   





                        


Dans le cadre d’un mouvement social débuté à la fin de mars, une cinquantaine d’agents du centre hospitalier du Rouvray de l’agglomération de Rouen occupent les locaux de leur direction, après y avoir passé la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris vendredi 1er juin de source policière.
« L’occupation par cinquante-deux personnes se poursuivra jusqu’à obtenir la création de 52 postes ou bien d’être délogés par la police », a affirmé Sébastien Ascoet, cadre de santé et délégué syndical CGT, au nom de l’intersyndicale CGT, CFDT, SUD et CFTC. Selon lui, « les personnels de direction avaient abandonné leurs bâtiments [jeudi] dans la matinée ».
Depuis le 22 mars, trois salariés ont commencé une grève de la faim, et quatre salariés les ont rejoints le 21 mai. « Leur état de santé est de plus en plus critique. Ils pourraient en ressortir avec des séquelles », a affirmé M. Ascoet vendredi.
« Surpopulation et dégradation des conditions de travail »
Les grévistes de cet hôpital, dit « du Rouvray », situé à Sotteville-lès-Rouen, dénoncent « une surpopulation chronique » du centre hospitalier et « une dégradation des conditions de travail et d’accueil ».
Sollicitée, la direction de l’hôpital n’a souhaité faire « aucun commentaire sur les événements en cours ». Le 24 mai, elle avait estimé qu’il n’y avait « plus de suroccupation dans l’établissement à la suite d’un ensemble d’actions mises en place le 15 avril ». La direction avait notamment annoncé l’embauche de cinq contractuels, un chiffre jugé « ridicule » par les syndicats.
Le nombre d’hospitalisations a augmenté de 8,4 % entre 2014 et 2016, selon les données du dernier rapport d’activité de l’établissement. Entre 2014 et 2016, les effectifs en équivalent temps plein n’ont progressé que de 0,5 %, passant de 1 941 à 1 951.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Plusieurs lycéens, qui pensaient valider une proposition d’admission sur l’application mobile de Parcoursup, se retrouvent un temps sans affectation. Une erreur de manipulation des usagers, selon le rectorat, qui recommande de se connecter sur un ordinateur.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Ce témoignage, sous forme de roman graphique, fait aussi fonction de guide pour mieux comprendre cette maladie mentale.
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La dépression en maux et en images

Ce témoignage, sous forme de roman graphique, fait aussi fonction de guide pour mieux comprendre cette maladie mentale.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h24
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Le livre. Pendant une dépression, certains puisent du réconfort dans la lecture, qui est de plus en plus reconnue comme un outil thérapeutique – on parle de « bibliothérapie ». D’autres, écrivains professionnels ou non, célèbres ou anonymes, éprouvent un besoin irrépressible d’écrire, de raconter sous forme de témoignage ou de fiction le voyage souvent vertigineux qu’a été pour eux cette maladie mentale.
Avocat et réalisateur néo-zélandais, Brent Williams a, lui, opté pour un roman graphique. Bon choix. Illustré par de puissantes aquarelles du dessinateur de BD turc Korkut Öztekin, Je vais mieux, merci, qui vient de ­paraître aux éditions Tchou, embarque d’emblée le lecteur dans le tourbillon de ce passage si difficile de la vie, et ne le lâche pas.
Marié et père de quatre enfants (« merveilleux » qui plus est, cela va de soi), passionné par son travail, le narrateur se ­retrouve un beau jour submergé, égaré dans sa propre existence.
Il y a d’abord l’accumulation de symptômes qu’il ne sait pas – ou ne veut pas – décoder : fatigue, troubles du sommeil, pensées morbides, retrait social, douleurs diverses… Combien de personnes se reconnaîtront dans cette description typique, caricaturale, presque, de la dépression, mais tardent à consulter, pensant, comme Brent Williams, qu’ils pourront y arriver seuls, se « remettre dans le rythme… », et tombent des nues quand le médecin annonce le diagnostic ?
Réinvention de sa vie
Après le déni et la honte de se sentir malade viennent les difficultés à choisir un thérapeute qui convient, la fatigue physique et mentale qui perdure, puis progressivement l’acceptation, la redécouverte des ­petits et grands plaisirs de la vie, les retrouvailles avec les proches… Au fil des 162 pages de ce roman graphique, Brent Williams décrit en toute honnêteté, et candeur parfois, chaque étape de sa longue traversée, jusqu’à la ­réinvention de sa vie, la guérison.
Au-delà...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Michel Cardon est sorti de la prison de Bapaume le 1er juin. Il était incarcéré depuis 1977.
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Le plus ancien prisonnier de France libéré

Michel Cardon est sorti de la prison de Bapaume le 1er juin. Il était incarcéré depuis 1977.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 11h34
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        


Après 40 années, 7 mois et 5 jours d’incarcération, Michel Cardon a retrouvé la liberté vendredi 1er juin peu avant 9 heures. « Il a besoin de respirer, a confié son avocat, Eric Morain. Il a soif de nature après tant d’années passées en prison. »
Le tribunal d’application des peines d’Arras a décidé, le 30 mars, sa libération conditionnelle. L’homme, âgé de 67 ans, avait été « oublié » en prison, selon les propres termes de la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté de Lille, qui s’est étonnée qu’aucun projet d’exécution de peine n’ait été imaginé à son sujet.
Depuis vingt ans, il aurait pu réclamer une liberté conditionnelle. Un avocat parisien a eu vent de son histoire par le biais d’un article de La Voix du Nord, en 2016, et depuis s’est battu pour le faire sortir de la prison de Bapaume, où Michel Cardon est incarcéré depuis le 5 juin 1996. 
L’histoire de ce détenu a débuté dans la nuit du 25 au 26 octobre 1977. L’homme, alors âgé de 27 ans, et accompagné de son comparse Jean-Yves Defosse, cambriole un de ses voisins, chemin de la Flaque à Amiens. Réveillé par le bruit des deux cambrioleurs, le propriétaire de la maison, un sexagénaire, est alors assassiné. Cardon et Defosse sont interpellés et incarcérés.
Les deux malfrats, condamnés à la prison à perpétuité, évitent de justesse l’échafaud. Jean-Yves Defosse décède en prison au bout de quelques années. L’Amiénois Michel Cardon commence alors un long parcours carcéral, de la prison de Caen à Bapaume, en passant par Château-Thierry, Fresnes, Loos, Clairvaux ou Ensisheim. Placé en foyer dès son plus âge, comme ses quatre frères et sœurs, Michel Cardon, illettré, est isolé du reste de sa famille qui l’oublie. Personne ne vient le voir derrière les barreaux durant toutes ces années.
Première visite
Son premier visiteur en prison est Joël, l’un de ses anciens voisins de cellule. Une visite après trente-huit ans d’incarcération. « Michel Cardon était en cellule individuelle depuis vingt ans, mais il avait sympathisé avec Joël », explique son avocat. C’est Joël qui, une fois sorti de la prison de Bapaume, lui rend visite et médiatise le cas de Michel Cardon.
Après cinq requêtes rejetées (les experts relevant à l’époque un risque de récidive toujours présent, selon le parquet d’Arras), une demande de libération conditionnelle est déposée en 2016 par Me Morain. Le 30 mars 2018, la nouvelle tombe : le tribunal d’application des peines d’Arras accorde à l’un des plus anciens détenus de France sa remise en liberté « sous condition du bon déroulement d’un placement à l’extérieur ». Les expertises et évaluations pluridisciplinaires les plus récentes ont relevé « une dégradation importante des fonctions cognitives du détenu, lit-on dans la décision de justice. Le dernier expert n’a retrouvé aucun élément en faveur d’un risque de récidive. »
Michel Cardon va être accueilli dans un centre d’hébergement et de réinsertion du Val-d’Oise, où il devra se soumettre à des soins psychologiques et psychiatriques. Lors de sa troisième permission de sortie, il y a une semaine, Michel Cardon a passé trois jours et deux nuits dans cet établissement, qui accueille des personnes en réinsertion. Après un AVC en 2012, l’homme est diminué. Il est sourd d’une oreille, aveugle d’un œil, et son élocution est rendue difficile par les séquelles. « Je l’ai accompagné lors de sa première permission de sortie dans cette structure, raconte son conseil. Il a cueilli des fleurs, il y avait un grand soleil. Depuis, il marche de mieux en mieux, mais c’est vrai que la prison, ça rapetisse. »
« Problème d’accompagnement »
Pour le procureur d’Arras, André Lourdelle, « le problème de Michel Cardon n’est pas celui de l’oubli, mais de savoir ce qui s’est passé entre 2009 et 2018 ». Les demandes de libération de ce détenu ont été rejetées. Or se pose la question du vieillissement des personnes incarcérées. « Nous ne savons pas gérer les problèmes de vieillissement, affirme M. Lourdelle. Il y a un problème d’accompagnement à la sortie de détention de ces vieux détenus. »
En octobre 1977, lorsque Michel Cardon est entré en prison, le smic passait de 9,58 à 9,79 francs, Poulidor faisait ses adieux à la compétition cycliste et Georges Lucas sortait le premier film de la saga Star Wars… « Oui, le monde a changé, souligne Me Eric Morain. Il va devoir faire l’apprentissage de la liberté, apprendre à faire des choix, ce qu’il n’a pas fait depuis quarante ans. » Michel Cardon a tout à réapprendre, « même à ouvrir une porte », raconte son avocat.
Prochaine étape : être gracié. « Je n’ai jamais eu de réponse à ma demande de grâce présidentielle faite à Emmanuel Macron en février et qu’aujourd’hui je maintiens », regrette Eric Morain. Administrativement, Michel Cardon est toujours détenu sous le numéro d’écrou 7147 jusqu’en 2022.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Depuis une quinzaine d’années, des séances dans les collèges permettent de mettre en débat les notions d’intimité, d’écoute, de respect, de consentement.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Education à la sexualité : « Ça vous ferait quoi, à vous, si une fille a plusieurs amoureux ? »

Depuis une quinzaine d’années, des séances dans les collèges permettent de mettre en débat les notions d’intimité, d’écoute, de respect, de consentement.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h47
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            
« Est-ce compliqué, quand on a 13 ans, de nouer des relations avec les filles ? » Les neuf élèves de 4e à qui Christine Héritier, conseillère conjugale et familiale rattachée au centre de planification des Bluets-Trousseau (12e arrondissement de Paris), pose la question ce vendredi de la fin mai, ne voient pas trop où réside le problème. C’est avec une franchise désarmante que ces jeunes de 13 à 15 ans, pour qui la vie sexuelle en est encore, le plus souvent, au stade de la projection, répondent par la négative. Comptent et recomptent les filles qui leur plaisent. Se traitent de « tombeurs », de « polygames »…

Au côté de Christine Héritier, une surveillante du collège intervient pour rappeler aux adolescents qu’ils ne sont pas là pour parler d’eux mais des relations affectives « en général ». C’est tout l’objet de ces séquences d’éducation à la sexualité inscrites dans la loi depuis plus d’une quinzaine d’années (à raison de trois séances par an et par classe d’âge), mais dont encore un quart des établissements environ, selon le Haut Conseil à l’égalité, ne s’empare pas.
« J’aurais la haine »
Dans ce collège de ZEP de l’Est parisien, dont les élèves, pour beaucoup issus de l’immigration, ne parlent pas de « ça » en famille, l’enjeu est de taille. Et les neuf garçons l’ont bien compris : sur la procréation, la contraception, la puberté, ils sont « calés », reconnaît l’intervenante. Sur tout ce qui touche à la relation amoureuse, ils ont plus de mal à s’entendre.
« Le garçon peut, dans sa tête, ne pas se sentir en couple, et la fille, oui », suggère Mourad, 14 ans. « L’inverse est vrai, aussi, souffle Christine Héritier. Ça vous ferait quoi, à vous, si une fille a plusieurs amoureux ? » « J’aurais la haine », répond spontanément Kilian. « J’aurais envie de la baffer », renchérit Karim. « Se venger » : le mot résonne parmi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Marie-Anne Valfort estime que l’on ne peut pas opposer ces deux tendances. Il faut les prendre en compte dans leur complémentarité afin de lutter contre la violence terroriste et l’exclusion sociale.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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« Radicalisation de l’islam et islamisation de la radicalité sont des phénomènes complémentaires »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Marie-Anne Valfort estime que l’on ne peut pas opposer ces deux tendances. Il faut les prendre en compte dans leur complémentarité afin de lutter contre la violence terroriste et l’exclusion sociale.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 10h56
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Marie-Anne Valfort (Economiste, Ecole d’économie de Paris-université Paris-I-Panthéon-Sorbonne-IZA)







                        



                                


                            

Tribune. Toutes les grandes religions sont traversées par des courants sectaires prônant une lecture littérale et absolutiste des textes sacrés. Dans l’histoire récente de notre pays cependant, comme dans celle de nombreux autres, c’est au sein de l’islam que ces tendances radicales ont pris le plus d’ampleur.
Depuis le 11 septembre 2001, les travaux de recherche se sont multipliés pour identifier les facteurs pouvant amener des individus à perpétrer au nom de l’islam des actes terroristes contre les pays mêmes qui les ont vu grandir.
En France, deux thèses s’affrontent : celle de Gilles Kepel, qui impute les attentats de 2015 et ceux qui ont suivi à la diffusion du salafisme djihadiste, et celle d’Olivier Roy, qui avance au contraire une explication extrareligieuse, le malaise d’une génération qui utilise le djihadisme comme vecteur de sa révolte.

En réalité, radicalisation de l’islam et islamisation de la radicalité décrivent deux phénomènes qui, loin d’être antagoniques, sont au contraire complémentaires. Quel que soit le phénomène qui préexiste, il finit en effet par entraîner le second, générant une dynamique délétère, où radicalisation de l’islam et islamisation de la radicalité se renforcent mutuellement.
Cercle vicieux
Supposons que la radicalisation de l’islam précède l’islamisation de la radicalité. Elle fera de tout musulman pratiquant, y compris du non-radicalisé, un suspect. Ce rejet engendrera à son tour un sentiment d’injustice et, chez certains, une volonté de rupture qui les amènera à amplifier les différences, en particulier religieuses, les séparant de ceux qui les rejettent.
Ce mécanisme a été bien identifié dans le contexte américain par les économistes Eric Gould et Esteban Klor. Les musulmans vivant dans les Etats où les actes islamophobes ont le plus augmenté à la suite des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone ont adopté, dix ans plus tard, une pratique plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette explique pourquoi ceux qui entrent sur le marché du travail, dont les jeunes, vont être au final les grands perdants de cette réforme aux inconvénients nombreux.
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Prélèvement à la source (PAS) : « L’utilité de ce changement n’est pas criante »

Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette explique pourquoi ceux qui entrent sur le marché du travail, dont les jeunes, vont être au final les grands perdants de cette réforme aux inconvénients nombreux.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h13
    |

Gilbert Cette (Professeur associé à l’université d’Aix-Marseille)







                        



                                


                            
Entreprises. Le passage au prélèvement à la source (PAS) de l’impôt sur le revenu (IR) devrait être effectif à partir de 2019. L’utilité de ce changement n’est pas criante, les avantages paraissant maigres et les inconvénients nombreux, et pour certains importants.
Le PAS ne rendra pas libératoire l’IR payé sur les revenus de l’année
Il est souvent mentionné, au titre des avantages du prélèvement à la source, le fait que l’impôt sur le revenu s’adapterait ainsi rapidement aux changements de situation fiscale des ménages (perte d’emploi, décès, naissance, mariage, divorce, retraite)… Cet avantage est bien faible car, dans la situation actuelle, l’administration fiscale pourrait accompagner ces changements en lissant sur de longues périodes l’imposition des ménages concernés.
Rappelons aussi que le PAS ne rendra pas libératoire l’IR payé sur les revenus de l’année : une régularisation restera nécessaire l’année suivante. La condition pour que le PAS soit libératoire serait que l’IR soit basé sur un taux unique, une « flat tax », mais un tel changement anti-redistributif n’est pas d’actualité…
Une liste des inconvénients bien fournie
Autre avantage invoqué, le PAS serait la première étape d’une fusion entre l’IR et la CSG, préconisée pour renforcer la progressivité de l’impôt direct, la seconde étape étant l’individualisation de l’IR. Cet avantage a probablement inspiré la décision tardive de la présidence Hollande de passer au PAS. Mais la fusion IR-CSG n’est pas envisagée par la présidence Macron !
La liste des inconvénients, en revanche, est fournie. Complexité pour les ménages, car l’IR sur les revenus de l’année est régularisé l’année suivante, et tous les revenus ne seront pas soumis au PAS (l’IR sur des revenus du capital – dividendes, intérêts, plus-values… – reste à payer l’année suivante). Coût de collecte pour les entreprises, en particulier les PME. Problèmes de confidentialité sur la situation personnelle de chaque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ A la fois comptoirs gourmets et événements culturels, ces lieux festifs s’inspirent du concept Eataly ou Dinerama à Londres. Et changent les codes de la restauration.
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Les « food courts », des espaces branchés pour boire, manger et se cultiver


                      A la fois comptoirs gourmets et événements culturels, ces lieux festifs s’inspirent du concept Eataly ou Dinerama à Londres. Et changent les codes de la restauration.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 06h38
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Léo Bourdin







   


Depuis le 26 mai, cinq cuisines, une boulangerie, une « caffeteria » et trois bars tournent à plein régime pour abreuver et nourrir les 2 000 clients de La Felicita, le nouveau restaurant géant installé à la Station F, incubateur de start-up, sous la halle Freyssinet, dans le 13e arrondissement de Paris. Avec son immense terrasse et ses 4 500 mètres carrés d’attractions culinaires, le lieu fait déjà figure de Disneyland de la restauration – Mickey en moins, les pizzas en plus. « On voulait rendre l’acte d’aller au restaurant moins compliqué et plus festif : ici, on vient pour manger un bout, boire un verre, écouter un concert sur une grosse sono, ou pour les trois à la fois », explique Victor Lugger, cofondateur du groupe de restauration italienne Big Mamma, à l’origine du projet.
Ce « food and teuf market » vient ajouter un peu de piment dans la compétition à laquelle se livrent actuellement les food courts parisiens déjà en place, comme le Ground Control, qui a ouvert en février dans une friche de la SNCF à proximité de la gare de Lyon, le Parisian Omnivore District, dans la cour du BHV Homme, ou encore le Food Market, un « marché à dîner » itinérant sur Lyon et Paris. Leur point commun ? Regrouper sur un même site en libre accès plusieurs comptoirs de restauration rapide et de qualité.
« Leur succès vient du fait qu’ils proposent une offre culturelle large et qu’ils appréhendent la question de l’alimentation de manière plus qualitative que quantitative »  Pierre Raffard, codirecteur du Food 2.0 LAB
Nés dans les travées des centres commerciaux américains et asiatiques au milieu des années 1970, les food courts ont d’abord été cantonnés à leur fonction première – nourrir un maximum de bouches en un minimum de temps. Popularisés par le succès du Time Out Market à Lisbonne, du concept transalpin Eataly (qui a essaimé dans le monde) ou encore de Dinerama à Londres, ils sont devenus des lieux de restauration à part entière, où l’on ne vient plus seulement pour se sustenter, mais aussi pour se divertir. Exit, donc, les réservations, le serveur qui vous tient la jambe, les plats aux intitulés à rallonge…

        Lire aussi :
         

                Le distributeur italien Eataly s’implantera en France en 2018 avec l’aide des Galeries Lafayette



Dans les food courts, on débarque à n’importe quelle heure pour manger comme bon nous semble ; on passe commande au comptoir et on file la consommer assis, debout, devant un concert, entre deux verres, ou au milieu d’une performance artistique. A La Felicita, les clients profitent ainsi de concerts, d’expositions, de projections et de gigantesques apéros.

   


Dès lors qu’il n’est plus seulement question de gastronomie mais aussi de divertissement, comment définir ces zones d’alimentation ? « Les nouveaux food courts ne prennent sens que par l’environnement dans lequel ils sont intégrés. Leur succès vient du fait qu’ils proposent une offre culturelle large et qu’ils appréhendent la question de l’alimentation de manière plus qualitative que quantitative », analyse Pierre Raffard, docteur en géographie et codirecteur du Food 2.0 LAB, un collectif de chercheurs et d’universitaires qui s’intéressent à l’alimentation de demain.
De la « restauration culturelle »
Le Ground Control chamboule encore plus les codes de la restauration traditionnelle. Dans ce grand hangar, on déambule entre des ateliers d’expérimentations culturelles (un studio radio, une galerie photo ou encore un vidéodrome), des épiceries et des îlots de restauration autonomes : une sélection de 12 restaurants de poche aux cuisines éclectiques – italienne, africaine, danoise, syrienne ou encore mexicaine. Tous ont été choisis par une direction artistique, une démarche habituelle aux festivals de musique ou aux biennales : « On a mis plus d’un an et demi à boucler le casting ; on voulait créer une famille, bosser avec des gens qui ont choisi la restauration parce qu’ils veulent vraiment faire découvrir leur cuisine », précise Mathilde Girault, responsable éditoriale du lieu.

   


Un concept de « restauration culturelle » qui séduit parce qu’elle porte la promesse de donner plus de sens à ce que l’on mange, au moment où on le mange. A Lyon, le food court La Commune se présente « comme une coloc’ géante dans laquelle on partage la bonne humeur avec une tribu improbable autour d’une cuisine de chefs inspirés ». Une extension de plus du domaine de la gastronomie.



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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ La cour d’assises n’a pas retenu la légitime défense mais elle a considéré que Stephan Turk n’avait pas cherché à tuer Anthony Asli, en septembre 2013
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A Nice, de la prison avec sursis pour le bijoutier qui avait tué un braqueur

La cour d’assises n’a pas retenu la légitime défense mais elle a considéré que Stephan Turk n’avait pas cherché à tuer Anthony Asli, en septembre 2013



Le Monde
 |    01.06.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 08h50
    |

            Pascale Robert-Diard (Nice, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Ni cris ni colère, à l’accueil du verdict rendu, jeudi 31 mai, par la cour d’assises des Alpes-Maritimes, qui a déclaré Stephan Turk, 73 ans, coupable de violences volontaires ayant entraîné la mort d’Anthony Asli, l’un des deux braqueurs de sa bijouterie, à Nice, en septembre 2013, et l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement entièrement assortis du sursis. La sœur et la compagne du jeune homme de 19 ans ont simplement poussé un soupir de soulagement en entendant le président Patrick Veron annoncer que la cour avait refusé d’accorder à l’accusé le bénéfice de la légitime défense.
La question a dominé de bout en bout cette affaire. Elle enfermait le bijoutier niçois dans l’idée qu’il n’était coupable de rien et l’empêchait de trouver les mots justes face à la peine des parties civiles. Elle humiliait la famille d’Anthony Asli, des gitans sédentarisés qui sentaient leur place de victimes déniée et n’étaient perçus que comme les parents, les sœurs, la compagne d’un délinquant d’habitude dont le casier judiciaire portait trace de quatorze condamnations pour vols.
L’affaire avait même fini par échapper aux uns et aux autres pour devenir un enjeu politique. Dans les jours qui avaient suivi le braquage de la bijouterie et la mort d’Anthony Asli, en septembre 2013, une page Facebook de « soutien au bijoutier de Nice » avait recueilli plus de 1,3 million de signatures. Un millier de manifestants, parmi lesquels le maire de la ville, Christian Estrosi, et le président du conseil départemental de l’époque, Eric Ciotti, avaient défilé à Nice pour protester contre la mise en cause judiciaire de Stephan Turk, aux cris de « non à la racaille, oui à la mitraille ». 

Un soutien renouvelé par Christian Estrosi, qui a adressé ses pensées à l’accusé à l’ouverture du procès, par un message Twitter dans lequel il appelait encore à « réformer la légitime défense ».
A l’audience, celle-ci a rencontré deux adversaires résolus : les parties...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Pour la juriste, les réticences françaises envers la gestation pour autrui viennent de la façon dont notre législation, s’inspirant du droit romain, définit le père et la mère.
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Laurence Brunet : « Il faut inventer de nouvelles figures de parentalité »

Pour la juriste, les réticences françaises envers la gestation pour autrui viennent de la façon dont notre législation, s’inspirant du droit romain, définit le père et la mère.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 13h18
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            Anne Chemin








                        



                                


                            

Laurence Brunet est chercheuse associée à l’Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (université de ­Paris-I). Elle a coordonné, en 2013, une étude juridique commanditée par le Parlement européen sur la gestation pour autrui (GPA) dans l’Union européenne.
La GPA suscite en France une grande réticence, notamment parce qu’elle dissocie les deux figures réunies dans la maternité « classique » : la mère d’intention, qui accueillera l’enfant à la naissance, et la gestatrice. Comment expliquez-vous que cette figure se soit imposée sans difficulté au Royaume-Uni, au Canada, en Israël ou aux Etats-Unis, et qu’elle ait tant de mal à être acceptée en France ?
Si la figure de la mère d’intention est si difficile à concevoir en France, c’est que les droits d’inspiration romaine comme le droit français reposent depuis des millénaires sur l’idée que la mère est « toujours certaine » – c’est le sens de l’adage latin « mater certa semper est ». Au regard de la loi française, elle est désignée non par un acte juridique, mais par l’accouchement.
Les deux mille ans de chrétienté dont nous sommes les héritiers ont consolidé cette vision naturaliste : en France, la maternité est considérée comme une essence. Dans les creux de la jurisprudence du XIXe siècle, les choses étaient parfois plus subtiles, mais ni la loi ni le contrat ne peuvent se substituer à cette loi de la nature.
L’adoption plénière institue pourtant une mère d’intention : la mère adoptive. Comment la France en est-elle venue à la reconnaître ?
La seule figure de la maternité d’intention que connaît la France est effectivement la mère adoptive, mais elle a mis des siècles à s’imposer ! L’adoption telle qu’on la conçoit aujourd’hui est en effet très récente : jusqu’au début du XXe siècle, l’adoption n’était pas considérée comme une forme de parenté, mais comme l’établissement d’un héritier légitime.
Au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Agrandissement d’une école mitoyenne, construction d’une ligne ferroviaire, suppression des habitations trop proches des berges d’un fleuve… Si les motifs d’expropriation ne manquent pas, les parades peuvent être efficaces.
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Défendre ses intérêts en cas d’expropriation

Agrandissement d’une école mitoyenne, construction d’une ligne ferroviaire, suppression des habitations trop proches des berges d’un fleuve… Si les motifs d’expropriation ne manquent pas, les parades peuvent être efficaces.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 06h15
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                            Laurence Boccara








                        



                                


                            

Apprendre qu’une future ligne du Grand Paris Express va passer juste en dessous de son immeuble ou que sa ville prévoit de racheter son pavillon, trop proche du fleuve qui a débordé l’hiver dernier : telles sont des situations stressantes, aujourd’hui vécues par de nombreux propriétaires. Quelle parade adopter face à une remise en cause du droit de propriété, sachant que l’intérêt général prime sur l’intérêt privé ?

Face à la force de la puissance publique et à une volonté politique affirmée, pas facile pour un particulier de faire le poids. « Dans ce genre de dossier, c’est souvent le pot de terre contre le pot de fer. Au bout du compte, malgré un combat acharné, on doit souvent partir », reconnaît David Rodrigues, juriste à l’association de consommateurs Consommation logement cadre de vie (CLCV).
Faire évoluer le projet
A côté des grandes opérations d’aménagement d’intérêt national (création de liaisons ferroviaires, construction d’un aéroport, etc.) menées à marche forcée par l’Etat et ses bras armés que sont les établissements publics, il y a « les expropriations du quotidien », indique Yvon Goutal, avocat à Paris. « Il s’agit la plupart du temps d’une volonté d’une collectivité locale de requalifier un quartier, d’agrandir une école ou de créer une voirie », explique-t-il.
Ce sont dans ces dossiers « locaux » que le particulier peut faire entendre sa voix. « Mieux vaut se manifester dès le début de la procédure d’expropriation, qui est très encadrée par la loi. C’est à ce moment-là que l’on peut espérer faire évoluer le projet », souligne Me Goutal.
Car avant de procéder à l’acquisition à l’amiable ou forcée des biens des particuliers, l’« expropriant » (commune, métropole, etc.) doit d’abord passer par la phase dite administrative. Cette dernière comprend d’abord une enquête d’utilité publique. « Nommé par le tribunal administratif, un commissaire enquêteur passe plusieurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ L’article de la nouvelle loi logement actuellement discutée à l’Assemblée limite désormais sensiblement les possibilités de combler les « dents creuses » des côtes françaises.
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Recul de la majorité sur l’assouplissement de la loi littoral

L’article de la nouvelle loi logement actuellement discutée à l’Assemblée limite désormais sensiblement les possibilités de combler les « dents creuses » des côtes françaises.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 03h31
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h09
   





                        



   


Après une nuit de vifs débats à l’Assemblée dans la nuit, gouvernement et majorité ont cédé un peu de terrain face aux protestations contre l’assouplissement de la loi littoral, prévu dans le cadre du projet de loi logement.
L’article du texte sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN) issu d’un amendement La République en marche (LRM) introduit il y a deux semaines en commission, entend notamment permettre, au cas par cas, le « comblement des dents creuses », des parcelles vides situées entre deux bâtiments construits dans un même hameau ; une mesure contestée par les associations de défense de l’environnement.
Vendredi matin, en séance, les députés ont, avec l’accord du gouvernement, supprimé les dérogations introduites en commission pour permettre la construction ou l’installation d’équipements collectifs dans les territoires « ultramarins » et « insulaires de métropole ». Ils ont également supprimé la dérogation votée en commission par la majorité, contre l’avis du gouvernement, qui étendait aux projets photovoltaïques ce qui est prévu actuellement pour les éoliennes.
Limitation des dérogations possibles
Les députés ont adopté plusieurs amendements du gouvernement précisant que la « possibilité de densifier les formes urbaines intermédiaires entre le village et l’urbanisation diffuse » ne pourra pas « s’appliquer ni dans la bande des 100 mètres » (du littoral) ni « dans les espaces proches du rivage ».
Des amendements LR et LRM ont également été votés pour que ces constructions « soient réservées aux logements et aux services publics » d’une part et que « l’autorisation soit refusée » lorsqu’elles sont « de nature à porter atteinte à l’environnement ou aux paysages ».
Confrontés depuis le début de la discussion à une polémique grandissante, les élus de la majorité ont récusé toute volonté d’« affaiblir la loi littoral », assurant à l’instar d’Eric Bothorel (LRM, Côtes-d’Armor) qu’il n’y a pas d’un côté « ceux qui veulent bétonner et ceux qui veulent sanctuariser ».
Alain Péréa (LRM, Aude), a notamment dit avoir vécu avec « beaucoup de difficultés » d’être accusé de « vouloir bétonner ». « S’il y a quelques ajustements, qu’on ne nous accuse pas d’être des bétonneurs », a-t-il lancé. « Qu’on ne nous dise pas que nous détricotons [la loi] ou que c’est une révolution », a abondé Jimmy Pahun (MoDem, Morbihan).

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                Urbaniser ou préserver, les parlementaires tentent de remodeler la loi littoral



Elue de Gironde et membre de la commission du développement durable, Sophie Panonacle (LRM) a défendu, de son côté, le texte de référence pour protéger les littoraux « particulièrement fragiles », rappelant que « 1 212 communes » sont concernées. « Nous abîmerions nos littoraux en acceptant des dérogations même partielles », a-t-elle plaidé, jugeant qu’il serait « malvenu d’envisager une densification de l’urbanisation ».
Gilles Lurton (Les Républicains, Ille-et-Vilaine), qui a évoqué le « cri qui monte de la France entière pour préserver » les littoraux, a aussi estimé que, s’il fallait toucher à cette loi, « il ne faut le faire que d’une main tremblante ». Reconnaissant « quelques effets pervers qu’il faut corriger » notamment au sujet des dents creuses, il a estimé, comme son collègue Thibault Bazin (LR, Meurthe-et-Moselle), que le texte, tel que rédigé, « ne semble pas assurer cette nécessaire protection » des littoraux.
Pas d’étude d’impact
A gauche, plusieurs élus ont invité le gouvernement à éviter toute « précipitation », face à une mesure qui revient à « ouvrir la boîte de Pandore », et ce, sans étude d’impact, selon les termes du socialiste François Pupponi (Val-d’Oise). « Ne touchez pas à la loi littoral ! », a lancé Eric Coquerel (LFI, Seine-Saint-Denis), tandis que le communiste Pierre Dharréville (Bouches-du-Rhône) a exhorté le gouvernement à ne pas « prendre cette responsabilité ».
L’élu corse Jean-Félix Acquaviva (non inscrit) a aussi appelé les députés à être « des sentinelles » de cette loi de 1986, arguant que « nous ne sommes pas dans un monde de Bisounours, les forces de l’argent sont toujours là ».

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                Erosion du littoral : à Soulac, les propriétaires du Signal réclament des indemnisations



Plusieurs élus (PS, LFI et des élus corses) ont cherché en vain à supprimer l’article, leurs amendements de suppression étant rejetés par 44 voix contre 17. Le ministre de la cohésion, des territoires, Jacques Mézard, s’y est opposé, comme le rapporteur, Richard Lioger (LRM, Moselle), qui a défendu un amendement « utile ». « Je tiens à réaffirmer qu’il ne s’agit aucunement pour le gouvernement de porter atteinte à la loi littoral », a assuré M. Mézard, insistant sur le fait que le gouvernement « n’a aucunement l’intention de faciliter la ‘bétonnisation’ (sic) de nos côtes » et appelant à « revenir aussi à la réalité ».
Il ne s’agit pas non plus de considérer que les textes sont « intangibles » et voir « ce qui peut être amélioré », a-t-il ajouté, promettant par des amendements à venir de « clarifier de manière assez nette » cette position.



                            


                        

                        

