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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Sandrine Morel, correspondante du « Monde » en Espagne, a répondu à vos questions sur l’arrivée du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement.
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Espagne : « le seul ciment » du gouvernement Sanchez « est le rejet de Mariano Rajoy »

Sandrine Morel, correspondante du « Monde » en Espagne, a répondu à vos questions sur l’arrivée du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 17h02
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Le socialiste Pedro Sanchez a été investi par le Parlement espagnol, vendredi 1er juin, président du gouvernement avec le soutien de 180 députés. Cent soixante-neuf autres avaient voté contre.
Une motion de défiance avait été déposée par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) contre le chef du gouvernement Mariano Rajoy à la suite de la condamnation du Parti populaire (PP), jeudi 24 mai, à rembourser 250 000 euros en tant que bénéficiaire d’un vaste réseau de corruption dans le cadre de l’affaire Gürtel.
Le dirigeant socialiste est parvenu à rassembler une majorité hétéroclite autour de sa candidature, qui va de la gauche radicale Podemos au centre droit nationaliste basque en passant par les indépendantistes catalans.
Sandrine Morel, correspondante du Monde en Espagne, a répondu à vos questions sur l’arrivée de Pedro Sanchez à la tête du gouvernement.
Kate : Mais à quoi va donc ressembler et rimer ce gouvernement ? Est-ce un gouvernement durable, selon vous ?
Sandrine Morel : Non. Son seul ciment est le rejet de Mariano Rajoy. Pedro Sanchez entend gouverner seul, en minorité, avec seulement 84 des 350 députés. Pour voter chaque loi, il lui faudra convaincre un grand nombre de partis aux intérêts divergents et souvent opposés. Néanmoins, il est possible qu’il profite des prochains mois pour marquer des points afin d’arriver en bonne position aux prochaines élections, dont aucune date n’a été fixée mais qui pourraient avoir lieu à l’automne ou au printemps prochains. Il pourrait reprendre le dialogue en Catalogne et essayer d’apaiser la crise politique par des mesures symboliques. Il peut aussi essayer de faire avancer certains projets bloqués par le gouvernement comme la dérogation de certains points de la « loi bâillon » voire de la réforme du travail. Ou prendre des décisions symboliques que lui demande Podemos, comme celle de retirer une médaille policière à un ancien tortionnaire franquiste.
Isa : Rajoy tombe pour des affaires de corruption. Le PSOE n’a-t-il jamais été touché par des affaires ?
Le PSOE est lui aussi touché par de nombreuses affaires de corruption, comme a insisté Mariano Rajoy et le porte-parole du PP. Pedro Sanchez l’a reconnu tout en insistant sur les différences : le Parti socialiste, comme entité juridique, n’a pas été condamné dans un procès pour corruption comme l’a été le PP, « participant à titre lucratif » de l’affaire Gürtel, et le nombre d’affaires en phase d’instruction qui touche le PP est élevé. Cependant, beaucoup de députés du PP lui ont reproché de saisir un « prétexte » pour prendre le pouvoir « par la porte de derrière ».
Pascal D. : Quelle est la position de Ciudadanos ?
Albert Rivera, leader de Ciudadanos, demande des élections immédiates afin de « redonner la voix aux Espagnols ». Il a été très dur avec Pedro Sanchez et le possible « gouvernement Frankenstein » qui viendrait, selon lui. Il considère qu’il n’aurait pas dû s’appuyer sur « ceux qui veulent casser et liquider l’Espagne » pour être élu.
Maxime : Le gouvernement espagnol ne risque-t-il pas un nouveau « bloqueo » lors des prochaines élections, Podemos étant en crise, Ciudadanos ayant le vent en poupe et le PP demeurant très appuyé par des provinces autonomes plus attachées aux valeurs du PP ?
En effet : de nouvelles élections pourraient aboutir à un blocage similaire à celui qui a été vécu durant presque un an en 2016. La partition du Parlement autour de quatre forces politiques fortes est confirmée par les sondages. Or l’Espagne n’a pas de tradition de gouvernement de coalition. Et la division droite-gauche et jeune-vieux partis rend compliqués les accords entre des partis, qui doutent de leur loyauté mutuelle.
MickaS : Qu’implique une faible majorité au Parlement pour PSOE ?
Le PSOE sait qu’il aura grand-peine à gouverner réellement et approuver des lois tant les partis dont il a besoin pour compléter une majorité sont hétéroclites. Il aura du mal à approuver son propre budget. Il a d’ailleurs prévenu qu’il comptait récupérer celui du PP. Il pourra tenir quelques mois. Sans doute pas davantage. D’autant plus que la manière d’arriver au pouvoir, sans repasser par les urnes, fait l’objet de critiques.

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Rosy : Les socialistes reviennent donc au pouvoir. Quel est leur programme ?
Les socialistes ont exposé un programme minimum. Leur arrivée au pouvoir a été une surprise, même pour eux. Officiellement, ils n’ont rien négocié avec les autres partis en échange de leur soutien. Le seul programme affiché clairement est la « stabilité », la « normalisation » de la situation politique en Catalogne et, une fois que celles-ci sont assurées, la convocation d’élections. Le PSOE a aussi laissé entendre son souhait de prendre des mesures de « régénération » démocratique d’urgence, comme la dépolitisation de la télévision publique TVE.
FioFio : Que dit l’opinion publique en Espagne ?
Les sondages sont contradictoires. Une majorité d’Espagnols était favorable à faire tomber Mariano Rajoy, mais une grande partie exigeait des élections anticipées immédiates. Il règne une crainte sur la viabilité du gouvernement de Pedro Sanchez et sa force pour résister au défi indépendantiste. Il y a aussi une certaine euphorie à gauche pour avoir renversé le PP et une grande frustration à droite quant à la procédure de destitution, considérée abusive et opportuniste.
Charles : Pour adopter la motion de censure, les socialistes ont dû faire coalition avec les indépendantistes catalans. Quels étaient les termes de l’accord pour arriver à ce consensus ? Les socialistes ont-ils promis des avancées aux indépendantistes catalans ?
Officiellement, il n’y a eu aucune cession du PSOE en échange de leur soutien. C’est un soutien unique, pour renverser Rajoy, pas un pacte de gouvernement. En privé, il est possible que le Parti socialiste se soit engagé sur certains points comme la levée du contrôle du gouvernement sur les finances de la Généralité. Pour ce qui est des prisonniers, Pedro Sanchez a peu de marges de manœuvre. La justice est indépendante et le processus judiciaire est déjà bien enclenché. Au mieux, le futur ministre de la justice peut suggérer au procureur général de l’Etat de lever le pied dans ses réquisitoires, mais même dans ce cas, cela ne suffirait pas à freiner les instructions en cours et le procès à venir puisque le parti d’extrême droite Vox, par exemple, fait partie de l’accusation. Les indépendantistes demandent déjà, dans un premier temps, le rapprochement des prisonniers indépendantistes dans des établissements pénitenciers en Catalogne.
Julien : Quelle est l’opinion du nouveau président sur la question catalane ?
Pedro Sanchez a défendu un temps l’idée de l’Espagne comme « une nation de nations ». Il a abandonné ce discours pendant la crise catalane et s’est montré un fervent défenseur de la Constitution et de l’unité de l’Espagne. Il est contre l’organisation d’un référendum d’autodétermination en Catalogne et, lors de récentes déclarations, il a qualifié le président catalan Quim Torra de « raciste ».

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Cependant, il est davantage prédisposé au dialogue que le PP. Il a promis de retendre les ponts brisés avec la Catalogne et de reprendre le dialogue avec le président de la Généralité. Il s’est dit favorable à l’amélioration du statut d’autonomie catalan. Il est très proche de Miquel Iceta, le secrétaire général du Parti socialiste catalan (PSC), qui défend une troisième voie pour briser les dynamiques de blocs et de confrontation.
Musher78 : Pedro Sanchez, est-il favorable à l’Europe ?
Pedro Sanchez est un grand défenseur de l’UE dans l’ombre d’une nuance. Même s’il a été critique avec les politiques d’austérité, il n’a jamais remis en question le projet européen, au contraire. Il défend plus d’intégration européenne. C’est un président du gouvernement fragile, mais pas dangereux pour l’Europe.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Une journée de mobilisation est programmée samedi 2 juin dans des enseignes de grande distribution dans les villes de plusieurs pays
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Contre l’utilisation abusive de plastique, les « Plastic attacks » arrivent en France

Une journée de mobilisation est programmée samedi 2 juin dans des enseignes de grande distribution dans les villes de plusieurs pays



Le Monde
 |    01.06.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 17h24
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Des animations d’un genre un peu particulier promettent d’égayer la corvée hebdomadaire du ravitaillement au supermarché dans les mois à venir. Samedi 2 juin, plusieurs enseignes de grande distribution de Paris, Hyères, Le Mans, Lille, Nouméa, Montaigu, Quimper, Strasbourg ou Toulouse seront le théâtre d’une série de « Plastic attacks », des actions qui promeuvent une réduction substantielle de l’utilisation des plastiques à usage unique et le suremballage. Des opérations similaires sont également programmées, le même jour, dans plus de 50 villes du monde, et se déclineront à d’autres dates tout au long de l’été.

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Mouvement citoyen, Plastic attack gagne tranquillement du terrain. Il a vu le jour le 27 mars, à Keynsham (Royaume-Uni), une ville de 16 000 habitants proche de Bristol. Vingt-cinq clients s’étaient donné rendez-vous dans leur supermarché habituel pour faire leurs emplettes. Une fois passés à la caisse, ils ont dégainé ciseaux et cutters afin de libérer leurs achats des emballages inutiles, qu’ils ont ensuite déposés dans des chariots vides devant le magasin. Trois ont ainsi été remplis. Diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo de leur action est devenue virale avec près de 17 millions de vues.
Visant à responsabiliser le secteur de la grande distribution sur sa surconsommation de plastiques, souvent superflus, et à affirmer la volonté des consommateurs de voir se développer des alternatives au plastique à usage unique, des « Plastic attacks » ont été rééditées en avril à Amsterdam, Bratislava, Bruxelles ou Oslo avant d’arriver en France.
Pétition en ligne
Le collectif citoyen français est animé par un groupe d’étudiants en master « responsabilité sociale et environnementale » de l’International Terra Institute de Paris qui dispense des formations spécialisées en développement durable. Pour son porte-parole, Arnaud Ramos :
« Au-delà du recyclage, la grande distribution doit changer de politique en matière d’emballages. Ces actions menées par des consommateurs et clients sont un moyen efficace de les interpeller de manière totalement pacifique et apolitique. Pour y participer, il suffit de s’inscrire sur la page Facebook dédiée et de se présenter sur le site choisi et à l’heure convenue pour faire ses courses. »
Soutenue par les ONG Zéro Waste France et Les Amis de la Terre, Plastic Attack France a également lancé, le 28 mai – jour du dévoilement par la Commission européenne d’un projet de directive visant à réduire « drastiquement » l’utilisation des produits en plastique à usage unique quotidien comme les couverts, assiettes ou gobelets, les pailles ou les Coton-Tige – une pétition en ligne sur la plate-forme Change.org. Intitulée « Pour en finir avec les emballages plastique à usage unique », elle s’adresse aux groupes Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché, Leclerc ou Système U. Elle leur enjoint de débarrasser leurs rayons des emballages plastiques destinés à la promotion de produits ou à la protection des fruits et légumes issus de l’agriculture biologique, des emballages jetables « dont l’innocuité demeure incertaine pour le consommateur », ou encore des bouteilles en plastique.

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Le groupe Carrefour dont un magasin parisien du 12e arrondissement doit faire l’objet d’une action, samedi, a rebondi sur l’annonce des « Plastic attacks » imminentes pour se positionner en élève modèle. Dans un communiqué, jeudi 31 mai, l’enseigne a annoncé un objectif de « 100 % d’emballages recyclables, réutilisables ou compostables » pour les produits à la marque de l’enseigne d’ici à 2025, afin de passer du « jetable à une économie circulaire ». 
Carrefour appelle à un pacte national
Elle promet également de supprimer les emballages plastique non recyclables des fruits et légumes bio, de cesser la commercialisation des pailles en plastique « dès la fin de l’année » et de substituer progressivement celles des briquettes de jus. Elle annonce encore la fin des barquettes en polystyrène aux rayons boucherie, poissonnerie et fromage. Elle assure enfin que l’ensemble des emballages de ses produits sera recyclable, en commençant par les produits Carrefour bio « dès 2020 », et qu’elle intégrera « dès 2022 », 50 % de plastique recyclé dans ses bouteilles de jus et de soda, et dans ses bouteilles d’eau.
Saluant la « réactivité » du groupe Carrefour, Zéro Waste France, par la voix de sa chargée de campagne, Laura Châtel, reste néanmoins sur ses gardes.
« Nous nous assurerons qu’il ne s’agit pas d’un coup de com et d’une expérimentation ponctuelle réduite à quelques magasins, comme c’est souvent la stratégie de ces grandes enseignes. Pour être crédibles, elles doivent prendre des engagements clairs et détaillés, et fixer et respecter des échéances précises. »

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Pour « changer les habitudes », Carrefour appelle à un « pacte national » sur les plastiques pour une économie 100 % circulaire des emballages en France piloté par le gouvernement. « Afin de développer des matériaux de substitution non carbonés alors que le prix du baril de pétrole reste compétitif, il faut créer de la masse, a expliqué au Monde, Laurent Vallée, un énarque secrétaire général du groupe Carrefour. Cela nécessite donc une réponse collective, un mouvement associant les industriels, les pouvoirs publics, les éco-organismes, les distributeurs, les grandes marques. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’Union européenne (UE) a ouvert une procédure devant l’OMC contre la hausse des droits de douane sur l’acier et l’aluminium en provenance d’Europe. Cécile Ducourtieux, correspondante du « Monde » à Bruxelles, a répondu à vos questions.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Depuis les élections générales du 4 mars, l’Italie est en pleine crise politique. Liée à la nature du régime parlementaire italien, cette crise est loin d’être la première. Explications.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Après environ trois mois de tractations et de rebondissements inédits, les deux partis antisystème et d’extrême droite ont trouvé un compromis avec le président Sergio Mattarella.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Italie : le nouveau chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a prêté serment

Après environ trois mois de tractations et de rebondissements inédits, les deux partis antisystème et d’extrême droite ont trouvé un compromis avec le président Sergio Mattarella.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 16h47
   





                        



   


Après trois mois d’impasse politique en Italie, le nouveau chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a prêté serment, vendredi 1er juin dans l’après-midi, devant le président de la République, Sergio Mattarella. Les deux vice-premiers ministres, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), et Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite), ont également prêté serment après lui, suivis des autres membres du gouvernement, fruit de l’union entre les deux partis.
Le président du conseil, M. Conte, demandera la confiance du Parlement la semaine prochaine, ce qui devrait être une formalité, la Ligue et le M5S ayant la majorité dans les deux chambres.
Après environ trois mois de tractations et de rebondissements inédits, même pour un pays rompu aux crises politiques, les deux partis sont parvenus à trouver un compromis jeudi soir avec le président Sergio Mattarella, qui exigeait des garanties sur le maintien de l’Italie dans la zone euro.
Ce nouveau gouvernement sera placé sous la direction de Giuseppe Conte, un juriste novice en politique, qui a promis une politique antiaustérité et sécuritaire. Le président avait mis un veto spectaculaire à une première liste dimanche soir. Mais jeudi soir, il a signé, avec un soulagement visible, une liste amendée de ministres.

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MM. Di Maio et Salvini sont désormais vice-premiers ministres, le premier chargé du développement économique et du travail ; le second, de l’intérieur.
Le sensible ministère de l’économie et des finances revient à Giovanni Tria, un professeur d’économie politique proche des idées de la Ligue en matière fiscale mais favorable au maintien de l’Italie dans l’euro. Au départ pressenti pour ce poste, Paolo Savona, économiste de 81 ans, qui considère l’euro comme « une prison allemande », devient ministre des affaires européennes.
Le très européen Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant vingt ans à Bruxelles et qui fut ministre des affaires européennes de Mario Monti et d’Enrico Letta (2011-2014), devient ministre des affaires étrangères.

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Dix-huit ministres, dont cinq femmes
On trouve une équipe resserrée de dix-huit ministres, dont seulement cinq femmes, qui place quasi à égalité les deux alliés, même si la Ligue n’a obtenu que 17 % des voix aux élections législatives du 4 mars, contre plus de 32 % pour le M5S.
Le « contrat de gouvernement », négocié pendant dix jours et dévoilé il y a deux semaines, tourne résolument le dos à l’austérité et aux « diktats » de Bruxelles, pariant sur une politique de croissance économique pour réduire la colossale dette publique italienne. Il promet un abaissement de l’âge de la retraite, des baisses d’impôt draconiennes et l’instauration d’un « revenu de citoyenneté » de 780 euros par mois.
Synthèse de deux philosophies politiques, il présente aussi bien la rhétorique du M5S sur l’environnement, les nouvelles technologies ou la moralisation de la vie publique que le tour de vis sécuritaire anti-immigrés et anti-islam de la Ligue, alliée en Europe du Front national (FN) français.
La présidente du FN, Marine Le Pen, a d’ailleurs salué vendredi « une victoire de la démocratie sur les intimidations et les menaces de l’Union européenne ».
« Nous attendons la formation du gouvernement et serons ouverts à son encontre et ferons tout notre possible pour avoir une bonne collaboration », a pour sa part déclaré le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. Quelques jours auparavant, le ministre des affaires étrangères, Heiko Maas, s’était néanmoins montré plus sceptique, disant espérer que la relation entre les deux pays ne serait « pas endommagée ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les Européens protestent contre la décision américaine d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium à compter de vendredi.
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Commerce : l’Union européenne porte plainte contre les Etats-Unis à l’OMC

Les Européens protestent contre la décision américaine d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium à compter de vendredi.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 15h11
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 16h03
   





                        



   


L’Union européenne « porte plainte à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre les Etats-Unis et la Chine », a annoncé la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, vendredi 1er juin. L’Union européenne proteste ainsi, comme elle l’avait annoncé, contre la décision des Etats-Unis d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium en provenance de l’UE à compter de vendredi.
En ce qui concerne Pékin, l’UE s’en prend « au transfert injuste de technologie » des entreprises européennes actives en Chine.

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          Tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium : posez vos questions sur la réaction européenne après la décision américaine



« Si les acteurs de ce monde ne respectent pas les règles, alors le système risque de s’effondrer. C’est pour cela que nous portons plainte aujourd’hui contre les Etats-Unis et la Chine devant l’OMC, a déclaré Mme Malmström. Et cela démontre que nous ne choisissons aucun camp. Nous défendons un système multilatéral pour un commerce mondial fondé sur des règles », a-t-elle plaidé.
« Cela démontre également notre détermination à traiter les causes profondes des tensions actuelles dans le système commercial, mais nous devons le faire dans le cadre du système fondé sur des règles et de ses remèdes », a-t-elle ajouté.
Cette plainte est la première étape d’une riposte contre l’attaque commerciale américaine que l’Union prépare depuis plusieurs mois et qui compte deux autres leviers.
Taxer des marchandises américaines
Le premier serait l’imposition de droits de douanes punitifs à certains produits. La Commission européenne a établi il y a quelques semaines une liste de marchandises américaines d’une valeur de 2,8 milliards d’euros, qui pourraient être taxées, parmi lesquelles des produits en acier, le bourbon, le beurre de cacahuète, les motos et les jeans.

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                Commerce : les sanctions imposées par Trump, signe d’échec et de faiblesse



Selon la Commission européenne, la mesure pourrait entrer en vigueur le 20 juin au plus tôt, après avoir présenté aux 28 Etats membres une proposition détaillée fixant un taux de droit de douane pour chacun des produits. Un conseil extraordinaire des ministres du commerce pourrait être convoqué dès la semaine prochaine afin d’en discuter.
Des mesures de sauvegarde
Le second serait l’utilisation de mesures dites « de sauvegarde », autorisées par l’OMC si un afflux soudain d’importations perturbe « sérieusement » ou menace de perturber une industrie nationale.

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                Les Etats-Unis taxeront l’acier et l’aluminium européens dès vendredi



Ces mesures de « sauvegarde » risquent de nuire davantage à d’autres pays que les Etats-Unis, mais elles permettraient de protéger l’économie européenne : l’UE craint en effet des « effets secondaires » des restrictions américaines à l’importation. Car les producteurs d’acier du Brésil, de Chine, de Russie, de Corée du Sud, de Taïwan ou de Turquie tenteront de réorienter leurs produits qui ne sont plus compétitifs aux Etats-Unis vers le marché européen.
Eviter la surenchère
La riposte européenne doit en tout cas être minutieusement calibrée car l’effet immédiat des taxes américaines pourrait rester circonscrit : l’Union n’a exporté qu’environ 6,4 milliards d’euros en valeur d’acier et d’aluminium l’an dernier aux Etats-Unis.
L’objectif est aussi d’éviter la surenchère. Depuis Berlin, jeudi, la chancelière allemande Angela Merkel a insisté sur sa crainte d’un « risque d’escalade ». La veille, M. Macron avait convoqué la mémoire des années 1930, rappelant que les guerres commerciales « [pouvaient] rapidement dégénérer en guerres tout court ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Plusieurs théories s’affrontent sur la dénonciation de la famille Frank et de leurs amis. Un livre récent affirme que c’est Ans van Dijk, exécutée en 1948 pour avoir collaboré avec les nazis, qui aurait livré les informations.
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Mais qui a vraiment dénoncé Anne Frank ?


                      Plusieurs théories s’affrontent sur la dénonciation de la famille Frank et de leurs amis. Un livre récent affirme que c’est Ans van Dijk, exécutée en 1948 pour avoir collaboré avec les nazis, qui aurait livré les informations.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 14h41
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








   


Sept décennies de recherche pour répondre à la question qui taraude toujours les Pays-Bas et une piste, encore une. Beaucoup d’hypothèses, anciennes et récentes, ont circulé sur l’identité de celui ou celle qui a livré la jeune Anne Frank et sa famille, cachée avec ses parents, sa sœur et des amis au 263 Prinsengracht, à Amsterdam, à l’occupant allemand. Mais le mystère demeure entier. Gerard Kremer, fils d’un ancien résistant qui fut voisin des Frank, a œuvré pendant cinq ans pour élucider le mystère et pense y être parvenu. Dans un livre, De achtertuin van het Achterhuis (« le jardin arrière de l’Annexe », non traduit), le septuagénaire affirme que c’est une femme juive, Ans van Dijk, exécutée en 1948 pour avoir collaboré avec les nazis, qui aurait livré des informations, entraînant, en août 1944, l’arrestation et la déportation des occupants de la célèbre « Annexe ». Il s’agissait en fait de pièces situées au-dessus et à l’arrière des bureaux de l’entreprise Opekta d’Otto Frank, le père d’Anne. C’est là qu’est abrité aujourd’hui le Musée Anne-Frank.
Des victimes emblématiques de la Shoah
Les occupants, cachés durant deux ans, sont devenus des victimes emblématiques de la Shoah. Ils sont tous morts dans les camps, sauf Otto. Anne a succombé au typhus à 15 ans à Bergen-Belsen. Son journal a été miraculeusement sauvegardé et est devenu l’un des ouvrages les plus vendus au monde.

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                Des chercheurs dévoilent deux nouvelles pages du journal d’Anne Frank



Il y a des années que les soupçons pesaient sur Ans van Dijk, qui a livré au total 145 personnes, dont plusieurs membres de sa propre famille, après avoir été arrêtée et « retournée », en 1943, par le Sicherheitsdienst, le service de renseignement de la SS. Gerard Kremer affirme que son père, concierge d’un bâtiment proche de l’Annexe occupé en partie par les nazis, aurait vu plusieurs fois la jeune femme dans ces locaux, et qu’il aurait saisi une conversation entre elle et des officiers allemands au sujet de la cache des Frank et de leurs amis.

   


La Fondation Anne-Frank, qui a elle-même diligenté une enquête, est sceptique, estimant que les preuves sont insuffisantes. Elle semble compter davantage sur les investigations menées par Vince Pankoke, un agent retraité du FBI, qui utilise les techniques les plus modernes et espère aboutir l’an prochain, à l’occasion des commémorations marquant le 75e anniversaire de l’arrestation d’« Annelein » (petite Anne) – le surnom de la jeune fille – et de ses proches.
L’enquête pourrait apaiser le pays et la famille Miep
Une autre éventualité est que les Frank aient été dénoncés par Nelly Voskuijl. Celle-ci était la sœur de Bep Voskuijl, une amie de la famille, qu’elle aida tout au long de la guerre. Décrite comme jalouse, égoïste, Nelly aurait prévenu les nazis, thèse en partie confirmée par l’officier SS Karl Josef Silberbauer, qui procéda à l’arrestation. Il a évoqué le rôle d’une femme, sans être toutefois capable de l’identifier formellement.
Si elle aboutit un jour à une conclusion – c’est peu probable, selon l’expert et historien David Barnouw, qui a longtemps travaillé sur le dossier –, l’enquête apaisera au moins, une fois pour toutes, un pays et une famille. Celle de Miep Gies, la secrétaire de l’entreprise Opekta, qui sauva le manuscrit d’Anne et permit à ce texte irremplaçable d’acquérir une renommée planétaire.

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                Le casse-tête Anne Frank



Décédée en 2010 à presque 101 ans, cette petite dame souriante, reconnue « Juste parmi les nations », dut pourtant jusqu’au bout de sa vie justifier de son innocence. Elle fut en effet accusée d’être la dénonciatrice alors qu’elle fut de ceux qui, de juillet 1942 à l’été 1944, aidèrent à dissimuler la présence des Frank.
De son vrai nom Hermine Santrouschitz, émigrée à l’âge de 13 ans pour fuir la famine qui sévissait en Autriche et une intégration forcée dans une organisation hitlérienne, elle fut rebaptisée Miep par sa famille d’accueil, les Frank. Elle trouva et protégea le Journal d’Anne, avant de s’attacher à le défendre contre les attaques des milieux révisionnistes ou d’intellectuels qui lui reprochaient son prétendu excès de sentimentalisme. « On dirait que nous ne sommes jamais loin des pensées de Miep », écrivit la jeune Anne pour témoigner de son attachement à cette femme qu’elle adorait.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Mariano Rajoy a été renversé par une motion de censure du Parlement espagnol, lancée par le nouveau chef du gouvernement, Pedro Sanchez.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le solde migratoire qui baisse est encore positif. Le dynamisme du marché de l’emploi et l’apprentissage de l’anglais – les deux principales raisons pour lesquelles les Français partent outre-Manche – restent valables. Mais l’incertitude pèse sur la reconnaissance européenne des diplômes britanniques.
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Le Royaume-Uni attire toujours les jeunes actifs européens, malgré le Brexit

Le solde migratoire qui baisse est encore positif. Le dynamisme du marché de l’emploi et l’apprentissage de l’anglais – les deux principales raisons pour lesquelles les Français partent outre-Manche – restent valables. Mais l’incertitude pèse sur la reconnaissance européenne des diplômes britanniques.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 13h31
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            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Le 24 juin 2016, Céline Dubois avait « les larmes aux yeux ». Ce jour-là, quand le résultat du référendum sur le Brexit a été connu, la jeune Belge de 33 ans a été tout près d’abandonner son projet. Assistante de direction mais détestant son emploi, elle rêvait de partir à Londres, pour faire une formation de traductrice et y commencer sa carrière. « J’ai sérieusement envisagé de tout annuler. »
Le brexit a provoqué un choc indéniable : les arrivées ont fortement ralenti, mais elles ne se sont pas pour autant arrêtées
Finalement, l’attraction de Londres a été la plus forte. Elle s’y est installée en septembre 2017, et, après une formation à l’université de Westminster, elle commence actuellement une carrière de traductrice français-anglais à son compte. « Je me suis rendu compte que le Brexit allait être un processus très long et très compliqué. Rien n’a changé pour l’instant. Est-ce que cela finira par rendre notre vie quotidienne plus difficile ? Je ne sais pas mais je me suis dit qu’il fallait tenter et même accélérer ma venue avant que le Brexit ne soit effectif. » De plus, les raisons de son attirance pour la capitale britannique n’avaient pas changé. « Londres a toujours représenté une sorte de rêve américain pour moi. »

Comme Céline Dubois, Français et Européens continuent à venir au Royaume-Uni depuis le Brexit. Le vote a provoqué un choc indéniable : les arrivées ont fortement ralenti, mais elles ne se sont pas pour autant arrêtées. Les Européens qui viennent s’installer outre-Manche restent nettement plus nombreux que ceux qui partent. D’octobre 2016 à septembre 2017, 220 000 citoyens de l’Union européenne sont arrivés et 130 000 sont partis. Le solde migratoire net (90 000) est en baisse de 25 % par rapport aux douze mois précédents, mais il reste clairement positif. Pour la seule Europe de l’Ouest – les quinze pays membres de l’Union européenne (UE) avant l’élargissement de 2004 –, le solde a baissé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Une majorité de 180 députés sur 350 a voté la motion de censure contre le dirigeant conservateur déposée par le Parti socialiste.
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En Espagne, Rajoy remplacé par Sanchez à la tête du gouvernement

Une majorité de 180 députés sur 350 a voté la motion de censure contre le dirigeant conservateur déposée par le Parti socialiste.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 12h50
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 15h25
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Huit heures dans un restaurant cossu de Madrid. C’est là que Mariano Rajoy a passé l’après-midi et une partie de la soirée, jeudi 31 mai, pendant que le Parlement espagnol débattait de la motion de défiance que le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) avait déposée contre lui. Le chef du gouvernement espagnol a compris, au fil de la journée, que son sort basculait et a fui une session sans issue pour lui. Vendredi 1er juin, une majorité de 180 députés sur 350 a voté la motion forçant le dirigeant conservateur, au pouvoir depuis 2011, à céder son poste au socialiste Pedro Sanchez.
Une ample et hétéroclite majorité parlementaire, allant des indépendantistes catalans aux nationalistes basques en passant par le parti de la gauche radicale, Podemos, a, lors du vote, soutenu Pedro Sanchez pour mieux censurer Mariano Rajoy. Une question d’« hygiène démocratique », selon les députés, qui fait suite à la condamnation du Parti populaire (PP), le 24 mai, à rembourser 250 000 euros en tant que bénéficiaire d’un vaste réseau de corruption dans le cadre de l’affaire Gürtel.
Jeudi, en début de matinée, Mariano Rajoy semblait avoir encore l’espoir de résister. Sur un ton sarcastique, il a dénoncé la tentative de Pedro Sanchez de vouloir « prendre le pouvoir à tout prix ». « Il ne gagnera jamais les élections », a-t-il asséné. Le chef du gouvernement a rappelé que le verdict « ne contenait aucune condamnation pénale contre le PP », et mentionné les cas de corruption qui touchent aussi le PSOE.
Impensable il y a dix jours
M. Rajoy a mis en garde le dirigeant socialiste contre « l’instabilité politique et économique » et le soutien des formations indépendantistes. Mais, au fil des heures, sa verve s’est éteinte, son ton est devenu monotone, et les visages défaits de ses ministres et des députés de la majorité trahissaient la crainte de sa chute. Lorsque l’heure de la pause-déjeuner a sonné, il en a profité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Les achats de produits bio ont doublé en cinq ans, entre 2012 et 2017, passant de 4,189 milliards d’euros à 8,373 milliards d’euros, selon les chiffres publiés par l’Agence Bio, vendredi.
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L’essor du bio en France en dix graphiques

Les achats de produits bio ont doublé en cinq ans, entre 2012 et 2017, passant de 4,189 milliards d’euros à 8,373 milliards d’euros, selon les chiffres publiés par l’Agence Bio, vendredi.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 16h59
    |

                            Service infographie








                        


Les consommateurs français sont, chaque année, plus nombreux à se tourner vers les produits bio. Selon les chiffres publiés par l’Agence Bio, vendredi 1er juin, les surfaces cultivées sont en augmentation, tout comme le nombre d’élevages. Près d’un tiers des produits bio vendus en France ne proviennent pas de l’Hexagone. La grande distribution accapare quasiment la moitié des ventes.

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                Hausse des importations de produits bio en 2017






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Depuis le 25 mai, une longue liste de mesures de sécurité et de restrictions a été mise en place dans les régions qui accueillent l’événement sportif.
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Coupe du monde 2018 : en « régime spécial », les villes russes frappées par des restrictions tous azimuts

Depuis le 25 mai, une longue liste de mesures de sécurité et de restrictions a été mise en place dans les régions qui accueillent l’événement sportif.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h53
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Un petit air festif se répand en Russie qui s’apprête à accueillir sur son sol, du 14 juin au 15 juillet, la première Coupe du monde de football de son histoire. L’enjeu n’est pas mince et rappelle à certains un peu de l’effervescence qui s’était emparée du pays à l’époque soviétique, lorsque en 1980, quoique boycottés, les premiers Jeux Olympiques d’été y avaient été organisés.
Les onze villes russes sélectionnées pour accueillir les matches – et les supporteurs – se parent ainsi de fresques à la gloire du ballon rond mais aussi d’affiches publicitaires (« Tu es dans le jeu ! »), sponsorisées par des banques. Un peu moins joyeux, toutefois, est le « régime spécial » sous lequel elles viennent d’être placées sur décret de Vladimir Poutine.
Couplé avec une loi préparée très en amont, l’oukase signé le 9 mai par le chef du Kremlin a donné le coup d’envoi pour la mise en œuvre, qui a débuté le 25 mai et pour une période susceptible de se poursuivre jusqu’au 25 juillet, de toute une série d’interdictions. Pêle-mêle : restriction des entrées de séjour temporaire et/ou de résidence (les travailleurs migrants d’Asie centrale sont particulièrement concernés) ; suppression de toute manifestation ou événement sur la voie publique (en dehors du sport) ; limitation du transport aérien, routier ou maritime dans certaines zones (à l’exclusion des lignes régulières, les bus ne peuvent ainsi plus pénétrer dans les onze villes hôtes sauf à être équipés du « Glonass », le système de navigation satellitaire russe).
« Comment va changer la vie des Russes pendant la Coupe du monde ? Tout sera interdit. Ni manifestation ni vodka »
Il faut y ajouter l’éradication des chiens et des chats errants ; la mise à l’arrêt forcée de toute activité « polluante » dans un rayon de 100 kilomètres pour des centaines de sites industriels, raffineries, usines chimiques ou d’armement ; la mise en place d’unités spéciales, en relation avec le ministère de la défense, chargées d’abattre n’importe quel drone en approche autour des stades ; ou bien encore, ce curieux message, déjà audible dans le train rapide entre Moscou et Saint-Pétersbourg, selon lequel « la circulation des armes, munitions, explosifs et autres agents spéciaux ou toxiques » est prohibée.

   


« Les criquets n’arriveront pas jusqu’aux terrains de foot », a rassuré, pour sa part, le ministère de l’Agriculture, cité par le journal Novaïa Gazeta, après une alerte à l’invasion de ces insectes dans certaines régions du pays, ou l’état d’urgence a été déclaré. A Volgograd, dans un rayon de quinze kilomètres autour du stade, le territoire a été traité pour repousser les assauts redoutés de moustiques. Selon l’équipe locale de l’opposant Alexeï Navalny, dans la région de Saratov, le niveau de la Volga aurait même été abaissé de trois mètres afin d’assécher des marécages et d’empêcher ainsi la reproduction des moustiques. Au risque de menacer les récoltes.
La vente de boissons alcoolisées sera encadrée
Pas de microbes non plus : deux semaines avant le début des événements, les cuisiniers aux fourneaux devront passer des tests sanitaires, et les quinze mille bénévoles mobilisés être à jour de vaccins. Plus classiquement, la vente de boissons alcoolisées sera encadrée et le prix des loyers et cessions immobilières a flambé. En principe, cependant, les tarifs des nuitées d’hôtel sont plafonnés : 50 euros maximum pour les établissements non cotés, 100 euros pour un deux-étoiles, et jusqu’à 8 000 euros pour les palaces de grand luxe. Enfin, tout contrevenant aux règles s’exposera à des pénalités douloureuses, surtout s’il revend à la sauvette un précieux billet de match…

        Lire aussi :
         

                Tout savoir sur la Russie à la Coupe du monde 2018 de football



« Comment va changer la vie des Russes pendant la Coupe du monde ? Tout sera interdit. Ni manifestation ni vodka, prévenait, il y a quelques semaines, le quotidien Moskovski Komsomolets. Les lecteurs les plus âgés se rappellent bien les JO d’il y a trente-huit ans, lorsque les rues étaient vides, les magasins remplis, les policiers polis et personne en état d’ivresse. » Le journal soulignait, cependant, l’introduction d’une nouveauté : les supporteurs violents, étrangers ou non, sont bannis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les députés ont accordé leur confiance au socialiste Pedro Sanchez. Posez vos questions à Sandrine Morel, correspondante du « Monde » à Madrid, sur la situation politique en Espagne.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La motion de censure  votée le 1er juin contre le chef du gouvernement Mariano Rajoy, provoquant son renversement, va aggraver l’état de déliquescence du pays enclenché depuis des décennies, estime l’écrivain et universitaire Jordi Bonells, dans une tribune au « Monde ».
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Espagne : « Un processus de déconstruction qui a débuté avec la crise économique »

La motion de censure  votée le 1er juin contre le chef du gouvernement Mariano Rajoy, provoquant son renversement, va aggraver l’état de déliquescence du pays enclenché depuis des décennies, estime l’écrivain et universitaire Jordi Bonells, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 15h17
    |

Jordi Bonells (Professeur émérite université de Toulon, romancier)







                        



                                


                            
[Jeudi 24 mai, l’Audience nationale, haute cour espagnole, a rendu son jugement sur l’affaire Gürtel, vaste réseau de corruption au sein du Parti populaire (PP), auquel appartient Mariano Rajoy. Plusieurs cadres du parti, dont l’ancien trésorier national Luis Barcenas, ont été condamnés à de lourdes peines de prison pour avoir participé à un « authentique et efficace système de corruption institutionnelle au travers d’un mécanisme de contrats publics », entre 1999 et 2005.]
Tribune. L’état de déliquescence politique dans lequel se trouve aujourd’hui l’Espagne est l’aboutissement d’un processus de déconstruction qui a débuté avec la crise économique et financière de 2008-2010 mettant à nu les failles d’une société, encore en proie à son passé, faute d’avoir su l’affronter autrement qu’à la manière des autruches.

Le premier symptôme de ce processus est celui de la déconstruction en accéléré, sous les effets dévastateurs de la crise, des classes moyennes espagnoles, surfant jusqu’alors, dans un état d’euphorie et d’autocontentement immodérés, sur les différentes bulles économico-financières et immobilières des années Aznar (Parti populaire, PP) (1996-2004) et du premier mandat du socialiste José Luis Zapatero (2004-2008).
Des bulles à l’ombre desquelles s’est développée une corruption politique tentaculaire, dont on assiste aujourd’hui aux derniers avatars politico-judiciaires : arrestation et mise en examen, le 22 mai, d’Eduardo Zaplana, ex-président de la Généralité [gouvernement régional] de Valence (1995-2002) et ancien ministre du deuxième gouvernement Aznar (2002-2004) ; sentence condamnatoire du 24 mai contre le PP dans le cas dit « Gürtel », sans oublier les enquêtes en cours sur les malversations et pots-de-vin au sein de la Généralité catalane sous la présidence du nationaliste Jordi Pujol (1980-2003).
Frasques de Juan Carlos
La brutalité de la crise a fragilisé non seulement les certitudes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Les réactions d’Apple aux demandes de blocage de la messagerie mettent en lumière la responsabilité des grandes entreprises du Net, estime dans sa chronique, l’éditorialiste économique Philippe Escande.
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« L’affaire Telegram renouvelle la question de la censure à l’heure du Net »

Les réactions d’Apple aux demandes de blocage de la messagerie mettent en lumière la responsabilité des grandes entreprises du Net, estime dans sa chronique, l’éditorialiste économique Philippe Escande.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 12h12
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique « Pertes & Profits ». A l’heure du repli nationaliste prôné par tous les populismes du globe, l’histoire de Pavel Dourov nous rappelle que, à l’heure de l’Internet, les frontières, physiques, sociales ou culturelles sont un concept bien fragile. Né il y a trente-trois ans à Saint-Pétersbourg, il a quitté la Russie en 2014, pris la nationalité des îles Saint-Kitts-et-Nevis et réside à Dubaï. La messagerie Telegram, qu’il a fondée en 2013, est enregistrée au Royaume-Uni, dispose d’un siège à Berlin et est utilisée par 200 millions de personnes : dont de nombreux opposants russes, intellectuels iraniens, terroristes islamistes et ministres français. Pas étonnant que les Etats, mais aussi les grandes entreprises du numérique, ne portent pas dans leur cœur ce trublion insaisissable.
Dernier épisode en date, le procès intenté par les autorités russes. Les services de sécurité du pays, mettant en avant la lutte contre le terrorisme, ont demandé à Telegram de lui fournir les clés pour décrypter les messages échangés. Devant le refus de la société, un tribunal a ordonné l’interdiction du site en avril 2018. Mais la messagerie sait depuis sa création se jouer de la censure, empruntant toutes les routes secondaires du réseau, se cachant derrière les mastodontes comme Google pour contourner la difficulté. C’est ainsi qu’elle est devenue l’application préférée de 15 millions de Russes et de 45 millions d’Iraniens.

Apple et Google responsables
Furieuse, la justice russe a alors mis en demeure Apple et Google de retirer de leur magasin l’application rebelle. Sans s’y conformer officiellement, les deux grandes portes d’entrée du réseau ont commencé à rendre la vie plus difficile à Telegram. Jeudi 31 mai, Pavel Dourov, prévenait sur Twitter ses abonnés qu’Apple était en train de bloquer les mises à jour de Telegram sur les nouvelles versions de son système d’exploitation iOS. De son côté, Google a discrètement modifié son logiciel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Dans un entretien au « Monde », l’ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis, Pierre Vimont, estime qu’il faut définir rapidement des ­contre-mesures fortes, mais en restant dans le cadre de la légalité et de l’OMC.
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Sanctions commerciales américaines : « Les Européens ont intérêt à afficher vite leur fermeté »

Dans un entretien au « Monde », l’ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis, Pierre Vimont, estime qu’il faut définir rapidement des ­contre-mesures fortes, mais en restant dans le cadre de la légalité et de l’OMC.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 11h30
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis (de 2007 à 2010) et ex-secrétaire général exécutif du Service européen pour l’action extérieure – le service diplomatique de l’Union – entre 2010 et 2015, Pierre Vimont est aujourd’hui chercheur associé au centre d’études Carnegie Europe, à Bruxelles.

Les mesures annoncées par Donald Trump altèrent un peu plus la relation transatlantique. Existe-t-elle encore ?
Oui. Parce qu’elle comporte plusieurs facettes, dont la principale reste la sécurité européenne et la défense collective, assurées au travers de l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique Nord]. Celle-ci vient encore de démontrer son rôle face aux menaces russes.
Après avoir émis des doutes et remis en question l’article 5, fondement de l’Alliance atlantique qui énonce qu’une attaque contre un membre est une attaque ­contre l’ensemble, l’administration Trump a fait marche arrière.

La relation transatlantique tangue pour d’autres raisons : les dés­accords sur l’accord nucléaire iranien, le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem ou les contentieux commerciaux. Des domaines importants, mais qui ne relèvent pas à proprement parler des enjeux sécuritaires.
Quelle peut-être la réponse européenne ?
Le problème avec M. Trump est qu’il ne semble pas avoir de vraie stratégie, de véritable tactique. Ses méthodes jouent sur les rapports de force et l’imprévisibilité. Cela déstabilise des Européens, tenants du multilatéralisme, qui ne sont pas habitués à de telles pratiques et ne parviennent pas à définir leur réponse. Beaucoup craignent qu’affronter les Etats-Unis remette en cause le cœur même de la relation, à savoir la sécurité, essentielle à leurs yeux. C’est ce qu’illustre le problème iranien.

Quelle stratégie adopter ?
Ils ont intérêt à prendre les problèmes un par un et à afficher leur fermeté. Sur l’Iran, leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’annonce par Washington de l’instauration de taxes sur l’acier et l’aluminium en provenance de l’Union européenne, du Mexique et de la Chine, jeudi, a consterné les milieux politiques et économiques allemands.
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L’Allemagne redoute l’escalade du conflit commercial avec les Etats-Unis

L’annonce par Washington de l’instauration de taxes sur l’acier et l’aluminium en provenance de l’Union européenne, du Mexique et de la Chine, jeudi, a consterné les milieux politiques et économiques allemands.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h53
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


« Ce n’est pas une bonne journée pour les relations transatlantiques », a résumé Olaf Scholz, ministre allemand des finances, jeudi 31 mai au soir depuis Vancouver, avant une rencontre avec son homologue américain. L’annonce par Washington de l’instauration de taxes sur l’acier et l’aluminium en provenance de l’Union européenne, du Mexique et de la Chine, jeudi, a consterné les milieux politiques et économiques allemands. Si le pays s’y attendait depuis longtemps, la mesure constitue un tournant dans l’histoire des relations germano-américaines. L’allié américain, qui avait tant œuvré pour la reconstruction économique de l’Allemagne après la seconde guerre mondiale, s’attaque au fondement même de sa prospérité : le libre-échange.
La chancelière Angela Merkel a qualifié les mesures d’« illégales », jeudi soir, tout en alertant sur le risque d’un envenimement de la situation. Le ministre de l’économie, Peter Altmaier, a prévenu que ces droits de douane allaient provoquer « beaucoup de dégâts économiques », même si les conséquences négatives de ces mesures toucheraient les Etats-Unis « bien plus tôt et bien plus fortement » que l’Europe. « Ce n’était pas une décision avisée », a-t-il déclaré, jeudi soir, à la chaîne publique ARD, tout en recommandant de « garder la tête froide » et de reprendre les négociations pour garantir des relations commerciales équilibrées.

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« Nous allons tous y perdre »
« Les conflits commerciaux ne connaissent pas de gagnant », a rappelé le ministre des affaires étrangères, Heiko Maas. Du côté des industriels, l’amertume était palpable : « Nous allons tous y perdre : le consommateur américain, les entreprises européennes et même le site de production américain », a déploré Eric Schweitzer, président des chambres de commerce et d’industrie.

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Quelles seront les conséquences de cette décision pour l’économie allemande ? Selon les économistes, elles devraient être limitées à court terme. « Mais il est à craindre que nous ne soyons qu’au début d’une série de mesures américaines », redoute Gabriel Felbermayr, directeur de l’institut économique de Munich IFO.

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Pour l’économie allemande, la mise à exécution de la menace du président américain, Donald Trump, d’imposer à 25 % les importations de véhicules de luxe européens, qui toucherait de plein fouet les constructeurs allemands, serait, par exemple, bien pire. Selon les calculs de l’IFO, la mesure pourrait coûter 5 milliards d’euros à l’Allemagne, soit 0,16 % de son produit intérieur brut. Jeudi, une phrase attribuée au président américain avait suscité la panique dans les milieux économiques. Selon le magazine WirtschaftsWoche, M. Trump aurait déclaré au président français, lors de sa visite en avril, qu’il poursuivrait sa politique économique « jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une seule Mercedes sur la Ve Avenue à New York ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le choix de Giuseppe Conte annonce de fortes tensions avec l’Union européenne, sans lever les contradictions entre la Ligue et le Mouvement cinq étoiles.
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L’Italie résout sa crise politique avec un gouvernement populiste

Le choix de Giuseppe Conte annonce de fortes tensions avec l’Union européenne, sans lever les contradictions entre la Ligue et le Mouvement cinq étoiles.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 11h02
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Comme il faut parfois emprunter des chemins tortueux pour revenir au point de départ… Jeudi 31 mai à 21 heures, quatre jours après avoir renoncé à former le prochain gouvernement italien, Giuseppe Conte a repris la direction du Quirinal. Cette fois, il avait en main une liste de ministres qui avait l’avantage de convenir aux deux forces constituant la coalition, la Ligue (droite souverainiste) et le Mouvement cinq étoiles (« anti-système ») ainsi qu’au président Sergio Mattarella. Après quelques minutes d’échange, est tombé le communiqué de la présidence investissant formellement ce juriste de 53 ans comme chef du 65e gouvernement de l’histoire de la république italienne.
Le nouveau premier ministre a alors pu se présenter dans la salle de presse pour y lire la composition de son équipe, d’une voix un peu plus claire et mieux assurée que lors de ses précédentes apparitions, mettant un terme à la crise politique la plus mouvementée de l’histoire – pourtant riche en péripéties – de la république. En une centaine d’heures se seront ainsi succédé, à Rome, un gouvernement technique mort-né, une controverse sur des dates d’élections, des appels à l’insurrection, et même une procédure de destitution du président, avant que le balancier revienne doucement s’arrêter à son point de départ.
Après tous ces rebondissements, l’annonce de la naissance de ce gouvernement « gialloverde » (« jaune et vert », les couleurs symboliques des Cinq étoiles et de la Ligue) sonnerait presque comme une nouvelle rassurante, alors que voilà quelques jours elle semblait de nature à semer l’effroi dans toute l’Europe et que le chef de la Ligue, Matteo Salvini, prend le ministère de l’intérieur pour mettre en place un programme très dur sur l’immigration.

Les bases politiques de ce gouvernement, ainsi que le « contrat » censé servir de boussole de son action, restent les mêmes. En revanche, les réserves présidentielles ont été écoutées. Le très anti-allemand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le parlement espagnol a voté la motion de censure contre le leadeur du PP, fragilisé depuis la condamnation de son parti pour corruption.
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Espagne : Mariano Rajoy renversé, Pedro Sanchez devient président du gouvernement

Le parlement espagnol a voté la motion de censure contre le leadeur du PP, fragilisé depuis la condamnation de son parti pour corruption.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h31
   





                        



Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, coulé par un scandale de corruption, a été renversé par le Parlement, vendredi 1er juin, après plus de six ans au pouvoir en Espagne. Il a été remplacé dans la foulée par le socialiste Pedro Sanchez.
Devant l’imminence de sa défaite, M. Rajoy avait préféré abandonner le pouvoir juste avant le vote de la motion de censure, qui a été adoptée à une majorité de 180 députés sur 350.
Le sort de M. Rajoy s’est donc joué en à peine une semaine depuis le dépôt vendredi par le Parti Socialiste (PSOE) de M. Sanchez de cette motion, au lendemain de l’annonce de la condamnation du Parti Populaire du chef du gouvernement dans un méga-procès pour corruption, baptisé Gürtel.
« Ça a été un honneur d’être président du gouvernement d’Espagne, a dit Rajoy à la tribune du Parlement. Bonne chance pour le bien de l’Espagne. »
Un chapitre de l’histoire politique espagnole s’est donc refermé vendredi à Madrid. Au pouvoir depuis décembre 2011, M. Rajoy, 63 ans, avait survécu à plusieurs crises majeures, de la récession, dont il est sorti au prix d’une sévère cure d’austérité, aux mois de blocage politique en 2016 jusqu’à la tentative de sécession de la Catalogne l’an dernier.

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La revanche de Sanchez
« Aujourd’hui, nous écrivons une nouvelle page de l’histoire de la démocratie dans notre pays », a déclaré M. Sanchez, ancien professeur d’économie surnommé le « beau mec », qui va être nommé officiellement chef du gouvernement dans les heures à venir.
A 46 ans, M. Sanchez tient enfin sa revanche, lui dont l’investiture à la tête du gouvernement avait été rejetée par les députés en mars 2016 avant qu’il ne réalise en juin de la même année le pire score de l’histoire du PSOE aux élections législatives.
Débarqué du poste de numéro deux de sa formation à la suite de cette déroute électorale, il en a repris les rênes l’an dernier grâce au soutien de la base contre les barons du PSOE.
Monté au front contre M. Rajoy dès l’annonce le 24 mai de la condamnation du PP dans le scandale Gürtel, il a tenté cette fois avec succès un coup de poker politique.
De probables élections anticipées
Pedro Sanchez est désormais le nouveau président du gouvernement espagnol, son parti ayant réussi à obtenir suffisamment de voix pour renverser le gouvernement sortant. Il a reçu le soutien de six partis totalisant 180 voix à la chambre basse du Parlement pour voter la motion de censure, soit plus que la majorité absolue des 176 voix nécessaires. Le soutien décisif est venu du Parti nationaliste basque (PNV) qui a décidé de voter la censure.
La chute de Mariano Rajoy était encore impensable voici moins de dix jours. Mercredi 23 mai au soir, le pouce levé en signe de victoire, il avait d’ailleurs quitté le Parlement avec le sentiment d’avoir franchi le dernier obstacle d’une législature compliquée, marquée par le défi indépendantiste catalan et soumise aux difficultés de tout gouvernement minoritaire tenu de renouveler au coup par coup de fragiles soutiens. Ce jour-là, il venait, avec six mois de retard, de faire voter le projet de loi budgétaire 2018 par le parti libéral Ciudadanos et le parti basque, le PNV.
Afin de convaincre le parti basque, M. Sanchez a d’ailleurs dû assurer qu’il ne toucherait pas à ce budget qui prévoit des largesses financières pour le Pays basque. Il a en outre promis aux indépendantistes catalans qu’il essaierait de « jeter des ponts pour dialoguer » avec le gouvernement régional de Quim Torra.
Pedro Sanchez s’est pour le moment gardé de dérouler un véritable programme de gouvernement, bien que rien ne l’empêche de rester au pouvoir jusqu’en 2020. Mais avec seulement 84 sièges sur un total de 350 à la chambre basse du Parlement, les socialistes devraient avoir des difficultés à gouverner, ce qui signifie que des élections anticipées ne sont pas à exclure. Les alliés de circonstance de M. Sanchez ont d’ailleurs tous souligné que leur vote contre Rajoy n’était pas un chèque en blanc. Podemos a déjà réclamé d’entrer au gouvernement.
L’affaire Gürtel
La condamnation du PP dans le procès Gürtel aura donc été l’affaire de trop pour M. Rajoy, dont le PP est empêtré dans plusieurs scandales.
L’Audience nationale, le haut tribunal espagnol chargé notamment du crime organisé a en effet condamné pour corruption une dizaine d’anciens cadres et élus du PP, ainsi que la formation elle-même, en tant que bénéficiaire du réseau. Le parti devra rembourser près de 250 000 euros pour le financement illégal de plusieurs meetings dans deux municipalités de la région de Madrid. Deux anciens maires du PP, un ex-secrétaire du PP de Galice, un ancien conseiller des sports de la région de Madrid, ou encore une ancienne ministre du PP, font notamment partie des condamnés.
Dans cette affaire, les juges ont conclu à l’existence d’un « authentique système de corruption institutionnelle » entre le PP et un groupe privé à travers la « manipulation de marchés publics », ainsi qu’à l’existence d’une « caisse noire » au sein du parti. Ils ont de plus mis en doute la crédibilité de M. Rajoy qui avait nié l’existence de cette comptabilité parallèle devant le tribunal.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Si la nomination d’un ministre des finances pro-Europe rassure, les incohérences du programme inquiètent les économistes.
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Italie : la crainte d’un déraillement des déficits publics et de la dette

Si la nomination d’un ministre des finances pro-Europe rassure, les incohérences du programme inquiètent les économistes.



Le Monde
 |    01.06.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
01.06.2018 à 14h06
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

L’économie italienne a quelque chose du colosse aux pieds d’argile. Si elle est la troisième puissance de l’Union européenne, ses fragilités inquiètent. Le gouvernement de Giuseppe Conte, formé jeudi 31 mai, offrira-t-il les solutions indispensables pour y remédier ? « C’est, hélas, le point crucial sur lequel on peut avoir des doutes », commente Nicola Nobile, du cabinet d’analyse Oxford Economics, à Milan.
Ces derniers jours, les marchés financiers ont tremblé devant la perspective soit de nouvelles élections, soit de l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement favorable à la sortie de l’euro. Après des jours de tractations et rebondissements spectaculaires, le Mouvement 5 étoiles (antisystème) et la Ligue (extrême droite), se sont finalement mis d’accord sur le nom de Giovanni Tria pour le ministère des finances, un professeur d’économie politique favorable au maintien de l’Italie dans l’union monétaire, contrairement à Paolo Savona, qui était pressenti auparavant. Si son nom rassure les pro-Européens, le soulagement pourrait être de courte durée.

Le « contrat de gouvernement » négocié entre les deux partis et dévoilé le 20 mai va désormais revenir au centre des attentions. Il propose de tourner le dos à l’austérité et aux « diktats » de Bruxelles, en pariant sur le retour de la croissance pour réduire la colossale dette publique. Au menu : baisses d’impôts, révision de la réforme des retraites de 2011, instauration d’un « revenu citoyen » de 780 euros par mois, suspension de la vente de la compagnie aérienne Alitalia, ou encore, exclusion des investissements publics du calcul du déficit public… Pour Francesco Daveri, économiste à l’université Bocconi, de Milan :
« Le projet pointe de véritables problèmes angoissant les Italiens, mais il n’offre que des demi-réponses ou des solutions peu adaptées. C’est une collection de promesses de redistribution et de protections catégorielles, sans vraie réflexion sur...



                        

                        

