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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ L’équivalent d’un tiers du bénéfice net 2017 du Groupe SNCF a déjà été englouti dans le conflit.
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A fin mai, la grève aurait déjà coûté 400 millions d’euros à la SNCF

L’équivalent d’un tiers du bénéfice net 2017 du Groupe SNCF a déjà été englouti dans le conflit.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h58
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Avis aux amateurs de statistiques : samedi 2 juin, lorsque commencera la treizième séquence de grève en pointillé contre la réforme ferroviaire, le record de 1995 (vingt-cinq jours de grève dont vingt-deux d’affilée) sera égalé, voire battu, selon que l’on fait démarrer le mouvement au jeudi 22 mars ou au lundi 3 avril.
Mais, au fond, peu importe. Ce qui est sûr, c’est que le conflit se compte désormais en mois. Et il commence à peser financièrement. Evidemment, la grève vide les comptes en banque des salariés. Les syndicats s’apprêtent à redistribuer le contenu de leurs diverses caisses de solidarité aux grévistes les plus touchés par le mouvement (dont l’impressionnante cagnotte de 1,18 million d’euros collectée sur Internet auprès de 30 000 donateurs).
Leur querelle avec la direction sur le non-paiement des jours de repos des grévistes (qui augmente de 15 % environ le coût de la grève pour le salarié) a pris un tour judiciaire depuis plusieurs semaines. Dernier épisode en date : le tribunal de Bobigny, qui devait examiner la question jeudi 31 mai, a renvoyé au 7 juin l’audience opposant la direction de l’entreprise ferroviaire à la CGT, l’UNSA et la CFDT.
Coûteuses mesures de compensation envers ses clients

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Mais la grève aura aussi des effets non négligeables dans les comptes de la SNCF. Selon une source proche du dossier, le conflit a pour le moment coûté autour de 400 millions d’euros à l’entreprise. « Cette estimation prend en compte le coût subi, explique cette source, mais aussi le coût voulu ; c’est-à-dire, les gestes commerciaux envers les clients et les usagers déjà annoncés pour les abonnés des TER, les titulaires du passe Navigo en Ile-de-France et pour les jeunes utilisateurs des TGV qui ont la carte TGVmax. » 

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L’équivalent d’un tiers du bénéfice net 2017 du Groupe SNCF a déjà été englouti dans le conflit. Heureusement pour l’entreprise, le fléchissement de la grève ralentit les pertes. Lors du 24e jour de grève, le 29 mai, plus de 8 500 trains (contre 14 000 environ en temps normal) ont circulé, alors qu’on en dénombrait moins de 3 000 au premier jour de grève. Sur le TGV, par exemple, il y avait 14 % de trains en circulation au début du conflit, contre 66 % désormais.
Ce constat – 400 millions de pertes à fin mai – n’en reste pas moins provisoire. L’entreprise s’apprête à annoncer de nouvelles mesures de compensation envers ses clients, qui alourdiront la facture. Mais, surtout, même si elle faiblit, la grève unitaire voulue par le front des syndicats (CGT cheminots, UNSA ferroviaire, SUD Rail et CFDT Cheminots) n’est pas terminée.

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CGT et SUD pas convaincus des « avancées » sociales
Le mouvement à quatre durera probablement le temps que le processus législatif instituant le « nouveau pacte ferroviaire » aille à son terme. Pour rappel, le projet de loi a été voté en première lecture par l’Assemblée nationale, le 17 avril. Il est examiné, depuis mardi 29 mai, au Sénat, où les élus communistes et apparentés mènent la fronde contre la réforme. Alors que, mercredi 30 mai au soir, l’examen du texte avait à peine avancé, l’ensemble des 267 amendements devaient, en théorie, avoir été examinés jeudi 31 mai. Le vote solennel par les sénateurs a été programmé au mardi 5 juin.

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L’étape suivante, la commission mixte paritaire (CMP), qui recherche une conciliation entre députés et sénateurs afin d’aboutir à un texte commun, est programmée au 14 juin. « Le gouvernement et les membres des deux assemblées souhaitent que la CMP soit conclusive, affirme un bon connaisseur du dossier. Compte tenu des amendements sociaux ajoutés au Sénat avec l’aval du gouvernement, ce sera probablement à ce moment-là que la CFDT et l’UNSA décideront de quitter le mouvement. D’autant plus que le congrès de la CFDT, qui se tient du 4 au 8 juin, sera terminé. »
Restent les deux autres organisations : la CGT et SUD n’ont pas caché que les « avancées » sociales ajoutées par les sénateurs ne les ont pas convaincus. Elles iront probablement au bout de la grève programmée, soit le 28 juin, et font planer la menace de continuer au-delà.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Au lendemain du vote sur le projet de loi agriculture et alimentation en première lecture, dans lequel ne figure pas l’interdiction de l’herbicide, le président de la République espère que le monde agricole sera « au rendez-vous » pour le bannir rapidement.
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Glyphosate : Emmanuel Macron n’exclut pas de « passer par la loi » dans trois ans

Au lendemain du vote sur le projet de loi agriculture et alimentation en première lecture, dans lequel ne figure pas l’interdiction de l’herbicide, le président de la République espère que le monde agricole sera « au rendez-vous » pour le bannir rapidement.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h52
   





                        



   


La question du glyphosate en France n’est pas définitivement tranchée. Au lendemain du vote sur le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation en première lecture, dans lequel n’apparaît pas l’interdiction de cet herbicide, Emmanuel Macron est revenu sur le sujet en marge de sa visite du château de Voltaire à Ferney-Voltaire (Ain).
Le président de la République a averti qu’il prendrait ses « responsabilités » sur le glyphosate si le monde agricole n’était pas « au rendez-vous » dans trois ans. « Il y aura un point de rendez-vous et si les choses n’avancent pas dans trois ans, on passera par la loi », a-t-il fait savoir.

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L’interdiction du glyphosate reste un engagement gouvernemental, conditionné à la recherche sur les alternatives à cet herbicide. Mais la colère est d’autant plus grande, parmi les organisations environnementales et les écologistes, qu’Emmanuel Macron avait annoncé l’interdiction de ce produit d’ici à 2021 et déclaré, lors des états généraux de l’alimentation, à Rungis, le 12 octobre 2017, que « le rejet des produits chimiques, la préférence pour l’alimentation naturelle » étaient « des lames de fond sociales », évoquant « l’angoisse des consommateurs, la préoccupation légitime des concitoyens, mais aussi de l’ensemble du monde agricole ».
Besoin de l’« engagement » de Nicolas Hulot
Le président a également réaffirmé sa « confiance » vis-à-vis du ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Celui-ci avait exprimé mardi sa déception à la suite du rejet des amendements visant à graver dans la loi sur l’agriculture et l’alimentation l’arrêt de l’utilisation du glyphosate d’ici à 2021. Il avait toutefois fait remarquer que l’« objectif » n’était « pas remis en cause ».
« Nicolas Hulot a ma confiance et nous avons besoin de son engagement parce que c’est un convaincu, a déclaré Emmanuel Macron. Mais, a-t-il ajouté, il a l’insatisfaction des convaincus et des militants, et c’est normal. »
Emmanuel Macron a déclaré qu’il recevrait « en juillet l’ensemble du monde agricole et de la distribution » pour « faire le point sur ce qui a été acté » avant la deuxième lecture à l’Assemblée nationale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le ministre de l’intérieur a affirmé que les réfugiés comparaient les législations des pays pour choisir la plus avantageuse. Dénoncée à gauche, cette idée a suscité des réactions contrastées au sein de La République en marche.
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« Benchmarking » des migrants : les propos de Gérard Collomb font polémique

Le ministre de l’intérieur a affirmé que les réfugiés comparaient les législations des pays pour choisir la plus avantageuse. Dénoncée à gauche, cette idée a suscité des réactions contrastées au sein de La République en marche.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h38
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 15h51
   





                        



Auditionné mercredi 30 mai par le Sénat, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a estimé que les migrants comparaient les différentes législations des pays, se livrant ainsi à une étude de marché pour choisir où faire leur demande d’asile :
« Les migrants aussi font un peu de “benchmarking” pour regarder les législations à travers l’Europe qui sont, on va dire, les plus fragiles, et vous voyez par exemple que telle nationalité, que là encore je ne citerai pas, elle se dirige plutôt sur tel pays non pas parce qu’elle est plus francophile, mais parce qu’elle juge que là, c’est plus facile. »
Des propos polémiques dénoncés à gauche, notamment par Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) ; Ian Brossat, adjoint communiste (PCF) de la mairie de Paris ; et Benoît Hamon, fondateur du mouvement Génération·s. « On est dans un monde qui n’appartient qu’à Gérard Collomb », a déclaré ce dernier jeudi matin sur France Inter, estimant que le ministre « n’a aucune excuse au regard du monde d’où il vient, des privilèges qui sont les siens, des valeurs qui étaient celles de ses engagements passés ».

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Le gouvernement défend Collomb
Jeudi matin, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, et le délégué général de La République en marche (LRM), Christophe Castaner, sont montés au créneau pour défendre les propos du ministre de l’intérieur. Pour Benjamin Griveaux, interrogé sur LCI, Gérard Collomb faisait référence aux « passeurs et [aux] filières » et non aux « personnes dans le plus grand dénuement dans les camps du sud de la Libye ou en Syrie ».
Il a précisé que « la première nationalité qui demande le droit d’asile aujourd’hui en France » était « l’Albanie », pays qui n’est pourtant pas en « situation de guerre » ou dont « l’Etat de droit [serait] menacé ».

@BGriveaux @audrey_crespo 🗨 @BGriveaux à @audrey_crespo sur G. #Collomb et le "benchmarking" des migrants : "C'est… https://t.co/ULGVFZgmIH— LaMatinaleLCI (@La Matinale LCI)


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Sur RMC et BFM-TV, Christophe Castaner a affirmé qu’« il ne faut pas prendre les migrants » et les « passeurs » « pour des imbéciles » qui ne se parleraient pas entre eux pour s’orienter vers les pays où il est le moins difficile d’obtenir des papiers. Il a également dénoncé des « filières organisées par des gens qui vont jusqu’à donner à des jeunes mineurs qu’[ils] voi[ent] débarquer dans [leur] commune, à Forcalquier, (…) une carte, un petit mot, un plan sur l’endroit où il faut aller ».

#Migrants 
"Il ne faut pas prendre les migrants pour des imbéciles, les passeurs non plus" 
— JJBourdin_RMC (@Jean-Jacques Bourdin)


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Seule voix discordante du côté de LRM, Gabriel Attal, porte-parole du parti d’Emmanuel Macron, s’est démarqué des propos de M. Collomb : « Je pense que s’il y a un “benchmark” qui est fait aujourd’hui par les migrants, il est assez simple : c’est mourir chez eux, ou survivre ailleurs. C’est se faire mettre en esclavage en Libye ou risquer leur vie », a-t-il déclaré sur France Inter.

.@GabrielAttal #collomb "S’il y a un benchmark qui est fait aujourd’hui par les migrants, c’est mourir chez eux ou… https://t.co/w4ToTG2bIK— franceinter (@France Inter)


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Alors que la vidéo de la scène a été visionnée des millions de fois sur les réseaux sociaux, des insinuations douteuses ont été reprises par certains sites et médias.
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Les remises en cause complotistes du sauvetage d’un enfant par Mamoudou Gassama

Alors que la vidéo de la scène a été visionnée des millions de fois sur les réseaux sociaux, des insinuations douteuses ont été reprises par certains sites et médias.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h07
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 16h16
    |

            Adrien Sénécat








                        


Mamoudou Gassama a été propulsé héros national depuis qu’il a secouru un enfant de 4 ans, samedi 26 mai, en escaladant un immeuble parisien. Ce Malien de 22 ans a été reçu dès le lundi 28 mai à l’Elysée pour recevoir une médaille d’honneur pour acte de courage et de dévouement, avant d’être régularisé.
Mais alors que la vidéo de la scène a été visionnée des millions de fois sur les réseaux sociaux, des insinuations de plus en plus douteuses se sont multipliées. Au fil des jours, les interrogations ont laissé place à des théories douteuses reprises par certains médias audiovisuels de grande écoute.
1. Des questions sur le déroulement de la scène
Dès la publication de la première vidéo de la scène du sauvetage du petit garçon, certains se sont posé des questions sur l’enchaînement des faits. Par exemple, pourquoi le voisin situé sur le balcon d’à côté n’a-t-il pas lui-même tiré l’enfant vers lui ? Ou comment l’enfant a-t-il pu tenir accroché au balcon ?

Des réponses ont été apportées à ces interrogations légitimes dans les jours qui ont suivi. Ainsi, le voisin qui apparaît sur la vidéo du sauvetage, sans lui-même parvenir à hisser l’enfant vers lui, a donné sa version de la scène au Parisien lundi 28 mai. Réveillé « par des hurlements dans la rue », il raconte qu’il était « un peu dans les vapes » au moment des faits :
« Comme j’étais pieds nus, j’ai très vite mis des baskets pour ne pas glisser sur le balcon. (…) Vu la configuration du balcon, je ne pouvais pas le hisser. Je ne voulais pas prendre le risque de lâcher sa main, j’ai préféré y aller doucement. »
Le même homme a précisé à BFMTV que s’il n’a pas tenté d’enjamber la balustrade, c’était pour ne pas lâcher la main du petit garçon et « prendre le risque du pire ». 
Une nouvelle vidéo de la scène publiée dans les jours qui ont suivi confirme sa version des faits. On voit clairement le petit garçon tenir en partie grâce au grillage du balcon, dans lequel ses tongs se sont glissées. Il ne s’est donc vraisemblablement pas maintenu qu’à la seule force de ses bras.

Cette vidéo du sauvetage de l'enfant par Mamoudou Gassama, de meilleure qualité et prise d'un autre angle, permet d… https://t.co/xxtRJ7Zhfr— verifie (@Vérifié)


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2. Des théories fumeuses censées démontrer une « manipulation »
L’affaire a pris une autre tournure quand une autre idée a circulé. Cette fois, il n’était pas tant question de comprendre la scène que de remettre en cause son authenticité. Ainsi, des internautes ont commencé à écrire qu’il pourrait s’agir d’une mise en scène, orchestrée par des associations de défense des droits des migrants, voire par le gouvernement.
Dans certains de ces scénarios, le petit garçon aurait été « accroché au balcon » grâce à un « harnais ». A moins qu’il ne s’agisse tout simplement pas d’un petit garçon mais d’un mannequin, c’est selon. Autant d’affirmations gratuites qui occultent le fait qu’à aucun moment on ne peut distinguer de « harnais » sur les images tournées par les passants, et que celles-ci montrent clairement l’enfant se déplacer.
Malgré l’absence d’éléments sérieux, ces insinuations ont été véhiculées par des sites Internet d’extrême droite comme nice-provence.info (une source qui nous apparaît peu fiable dans le Décodex), qui conclut : « Ce fait divers sent le coup monté à plein nez ».
3. Une hystérisation du débat
L’affaire aurait pu se cantonner à quelques messages isolés sur les réseaux sociaux et quelques articles sur des sites identitaires, avec une portée limitée. Pourtant, le concours de théories douteuses s’est aussi invité à la télévision et à la radio à des heures de grande écoute.
Ainsi, l’éditorialiste André Bercoff s’est fait le porte-voix des sceptiques dans « L’Heure des Pros » sur Cnews mercredi 30 mai : « Pourquoi le voisin n’est absolument pas le même, celui qui parle au Parisien et celui qui est dans la vidéo ? » Face à la gêne de ses interlocuteurs, M. Bercoff tempête : « Je pose la question ! (…) Tout va bien, circulez, il n’y a rien à voir ! » A plusieurs reprises, l’éditorialiste enfonce le clou, répétant que ce ne serait « pas du tout la même personne » qui apparaîtrait sur la vidéo du sauvetage et qui aurait été interrogée le lendemain.

   


Le même André Bercoff a poursuivi lors d’une longue intervention sur Sud Radio le même jour, toujours pour y exprimer ses doutes. Il y réaffirme que « le voisin qu’on a vu dans les journaux et à la télévision, comme par hasard, avait rasé sa barbe, si c’est le même – et d’ailleurs je ne crois pas que c’est le même », prétextant par ailleurs que les carrures des deux hommes lui apparaissent dissemblables.
Qu’importe si, en fin de compte, rien n’étaye son affirmation. Les spéculations d’André Bercoff sont présentées comme des informations. Une méthode qui n’est pas sans rappeler celle régulièrement employée par les sites de l’« alt-right » américaine. En 2016, le fondateur du site à tendance conspirationniste infowars.com Alex Jones avait ainsi réalisé un numéro de près de huit minutes censé démontrer que la vidéo montrant Hillary Clinton ouvrir un pot à cornichons était forcément truquée.
Un exemple éclatant de ces discours fallacieux qui, à défaut de pouvoir étayer leurs propres affirmations, réclament systématiquement plus de « preuves » qu’on leur dit bien la vérité.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Des hauts fonctionnaires des ministères et juridictions économiques mettent en garde, dans une tribune au « Monde », contre la porosité entre l’industrie financière et l’administration chargée d’en édicter les normes.
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« Faire évoluer la culture des relations entre l’administration et les représentants des secteurs financiers »

Des hauts fonctionnaires des ministères et juridictions économiques mettent en garde, dans une tribune au « Monde », contre la porosité entre l’industrie financière et l’administration chargée d’en édicter les normes.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 14h00
    |

Collectif Léa Guessier







                        



                                


                            
Tribune. Alors que le Brexit se prépare, la France prétend jouer sa carte en devenant un pôle-clé de la finance. Cet enjeu économique, mais également la crainte de l’éclatement d’une prochaine bulle, rendent déterminant le rôle de l’Etat comme régulateur et garant du bon fonctionnement des institutions financières. Or, comme le savent bien les praticiens de cette régulation, les outils de l’Etat sont loin d’être à la hauteur de cette mission et il est urgent de les faire évoluer.
L’une des principales difficultés de l’élaboration de la norme en matière économique et financière tient à l’expertise nécessaire. Or, si cette expertise n’existe pas en quantité finie et peut théoriquement être acquise par tous, force est de constater qu’elle est, en France au moins, détenue pour une large part par les « lobbys » financiers, c’est-à-dire par les associations, organisations et fédérations chargées de représenter les intérêts des industries financières – essentiellement les banques et les sociétés d’assurances –, en particulier auprès des pouvoirs publics.

Les moyens humains et financiers de ces lobbys sont sans commune mesure non seulement avec ceux dont disposent les représentants d’autres intérêts, comme les associations de consommateurs ou d’usagers, mais aussi avec ceux des administrations chargées d’élaborer la régulation qu’ils appliquent.
Eléments fournis « clés en main »
Pour chaque domaine de la régulation financière, on peut estimer qu’en moyenne un expert de l’administration française dispose de six ou sept interlocuteurs différents et spécialisés au sein de l’organisation professionnelle concernée. Il est, dans ces conditions, très difficile pour un expert public de parvenir au même niveau de connaissance que ses interlocuteurs privés et ceux-ci sont, dès lors, les mieux à même d’influencer la décision publique.
le degré de confiance accordée à la réponse fournie par le lobby concerné repose presque exclusivement...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Abroger la certification des comptes des PME, comme le prévoit la future loi Pacte, est une erreur, affirme dans une tribune au « Monde » l’économiste Laurent Benzoni.
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édition abonné


« L’audit obligatoire des commissaires aux comptes accroît la confiance dans l’entreprise certifiée »

Abroger la certification des comptes des PME, comme le prévoit la future loi Pacte, est une erreur, affirme dans une tribune au « Monde » l’économiste Laurent Benzoni.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 14h00
    |

Laurent Benzoni (Professeur au Centre de recherches en économie et droit (CRED) de l’université Paris-II-Assas)







                        



                                


                            
Tribune. Le gouvernement souhaitant réduire les charges des entreprises, l’inspection générale des finances (IGF) a recommandé l’abrogation de l’audit obligatoire des comptes des PME réalisant moins de 8 millions d’euros de chiffre d’affaires. Objectif : plus de 500 millions d’euros d’économies par an réalisées, soit 0,17 % de leur chiffre d’affaires. Prévue dans la future loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), cette mesure repose sur une analyse lacunaire, voire orientée : elle réfute les acquis de la théorie économique moderne et contredit le bilan d’expériences étrangères.
les PME certifiées subissent 40 % de moins de procédures collectives et vont deux fois moins en liquidation que la moyenne des PME
La théorie, notamment soutenue par le Prix Nobel d’économie Jean Tirole, a formalisé l’impact positif de la confiance créée par une information fiable sur les parties prenantes d’une relation économique. L’audit obligatoire des commissaires aux comptes, en garantissant la fiabilité, la régularité et la sincérité des comptes, accroît la confiance dans l’entreprise certifiée.
Que nenni, dit l’IGF, qui produit une étude se voulant rigoureuse mais qui ne répond pas aux standards minimaux de validité statistique des échantillons (« La certification légale des comptes des petites entreprises françaises », mars 2018). Avec ces biais, l’IGF nie l’impact positif du contrôle des comptes des PME. Mais quand on compare ce qui est comparable, les PME certifiées subissent 40 % de moins de procédures collectives et vont deux fois moins en liquidation que la moyenne des PME. Elles connaissent une croissance supérieure, enregistrent de moindres délais de règlement et affichent une meilleure trésorerie.
Phénomène remarquable, l’écart positif de rentabilité pour les PME certifiées est d’autant plus important qu’elles sont petites ! Ces constats devraient conduire à la proposition d’étendre l’obligation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Le gouvernement lance une consultation publique avant de lancer une refonte des régimes de retraite, promettant « les mêmes droits pour tous pour 1 euro cotisé ».
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Réforme des retraites : à quoi correspond le « système par points » ?

Le gouvernement lance une consultation publique avant de lancer une refonte des régimes de retraite, promettant « les mêmes droits pour tous pour 1 euro cotisé ».



Le Monde
 |    31.05.2018 à 13h39
    |

                            Eléa Pommiers








                        


Le gouvernement a lancé, jeudi 31 mai, une « consultation citoyenne », sur Internet ou dans des ateliers, sur la réforme des retraites, qui était un des grands axes du programme d’Emmanuel Macron.
Interrogé dans Le Parisien, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, rappelle que l’objectif est de « créer un système universel où 1 euro cotisé donne les mêmes droits ».

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                Dix chiffres à connaître sur la retraite



Comment fonctionne le régime de retraite actuel ?
La France est réputée pour la complexité de son système de retraite, si bien qu’il est compliqué de parler « d’un » régime de retraite. Il existe des régimes différents, selon que l’on travaille pour le secteur privé ou dans la fonction publique, que l’on est salarié ou indépendant ; sans compter les divers régimes spéciaux (marins, clercs, SNCF, RATP, Comédie française, Banque de France…). En tout, le pays compte plus d’une quarantaine de régimes, répartis entre régimes de bases et régimes complémentaires.
Malgré les différences, ils sont globalement régis par trois grands principes du système de retraite :
il est obligatoire : toute personne qui travaille cotise pour la retraite, sans possibilité d’y déroger. Pour les salariés, ces cotisations sont prélevées sur le salaire brut et acquittées par l’employeur ;c’est un système par répartition : les cotisations des actifs paient les pensions des retraités d’aujourd’hui, dans une logique de solidarité intergénérationnelle. A l’inverse, dans un régime de retraite par capitalisation, chaque actif accumule aujourd’hui un capital qui servira à payer sa propre retraite dans le futur ;il est « contributif » : les pensions de retraites sont proportionnelles au montant des cotisations versées durant la carrière. Chacun est obligé de cotiser durant une durée déterminée pour valider des « semestres » ou « annuités ». Si ces conditions sont remplies, un montant de pension est garanti (50 % du salaire moyen des vingt-cinq meilleures années de carrière pour le régime général).

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Quelle était la promesse Emmanuel Macron ?
Le président de la République avait annoncé dans son programme de campagne qu’il souhaitait mettre fin à la multiplicité des régimes de retraite et créer un système unique avec les mêmes règles pour tous les travailleurs, quel que soit leur statut. L’objectif est de remédier à la complexité du système actuel, et aux inégalités qu’il génère dans les âges de départ à la retraite et sur le montant des pensions.
Outre la création d’un système universel de retraite, Emmanuel Macron se distingue surtout en proposant la mise en œuvre d’un système de retraite proche du système « par points », où 1 euro cotisé ouvrirait les mêmes droits à tous.
Il n’est ni le seul ni le premier à envisager une réforme des retraites. Alain Juppé, qui avait voulu, en 1995, aligner les régimes de retraites, avait provoqué les grèves les plus importantes depuis 1968. En 2010, Nicolas Sarkozy avait proposé de lancer une réflexion nationale sur une « réforme systématique », qui inclurait une étude des « conditions de mise en place d’un régime universel par points ou en comptes notionnels, dans le respect du principe de répartition ».

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Qu’est-ce qu’un régime de retraite par points ?
Dans un système par points, un actif cotise et accumule chaque année un certain nombre de points. Au moment de partir à la retraite, ce total est converti en pension. Dans un régime par points classique, la pension est calculée en fonction d’une « valeur du point » valable pour tous (par exemple, 1 point = 1,25 euro). Tous les régimes complémentaires français fonctionnent actuellement sur ce modèle.
En réalité, un régime « des comptes notionnels » pour Macron
Même si sa proposition est souvent reprise sous l’appellation « retraite par points », il s’agit en réalité d’un régime légèrement différent. Durant la campagne, il a expliqué qu’il préférerait un système dit « des comptes notionnels », appliqué notamment en Italie et en Suède. De quoi s’agit-il ? Dans ce système, on imagine que chaque actif dispose d’un « compte virtuel » sur lequel est versé l’ensemble de ses cotisations. C’est ce « capital virtuel » accumulé qui sera finalement transformé en pension de retraite grâce à un « coefficient de conversion », prenant en compte deux facteurs : l’âge de départ à la retraite et l’espérance de vie de chaque génération au moment du départ. En divisant le capital virtuel accumulé par ce coefficient, on obtient le montant de l’annuité.
Concrètement, qu’est-ce que cela changerait par rapport au régime actuel ?
Ni le caractère obligatoire du système ni le principe de la retraite par répartition ne seraient remis en cause. Le compte est bien virtuel et les cotisations des actifs paient toujours les pensions des retraités. L’un des objectifs est d’offrir une plus grande liberté dans la gestion des carrières puisque les changements de statuts seraient facilités. Emmanuel Macron affirme également que les « accidents » de carrière ne seraient plus pénalisés car la durée de cotisation n’aurait plus d’importance. Seul le montant du « capital virtuel » accumulé déciderait du montant de la pension de retraite.
Le gouvernement n’a pas prévu de modifier l’âge de la retraite à 62 ans ni le montant des pensions, mais cette promesse est toute relative. Ce sera sans doute vrai sur le quinquennat, puisque la réforme se mettra en place sur plusieurs années. En revanche, une fois effective, le montant des retraites pourrait varier. Dans un régime par points, le montant des retraites n’est pas garanti (comme il l’est actuellement) puisqu’il varie en fonction de la « valeur du point » dans le système classique, ou du « coefficient de conversion » dans le système de comptes notionnels. En 2010, le Conseil d’orientation des retraites avait simulé un passage à la retraite par points mais avait souligné la difficulté à en évaluer les effets sur les pensions, qui dépendent notamment de la définition du coefficient.
En outre, le calcul du coefficient de conversion inciterait globalement à travailler plus longtemps :
il prend en compte l’âge de départ : plus une personne décide de prendre sa retraite tard, plus sa pension est élevée ;il prend aussi en compte l’espérance de vie de la génération à laquelle appartient l’assuré. Maintenir un niveau fixe de pension si l’espérance de vie augmente supposerait donc de retarder l’âge de départ à la retraite.
Ainsi, en Suède, les actifs peuvent partir dès 61 ans mais l’âge moyen auquel ils prennent leur retraite était de plus de 65 ans en 2014, contre moins de 60 ans en France, selon l’OCDE. La seule différence est qu’il reviendrait à chacun de « choisir » entre travailler plus longtemps et avoir une meilleure pension, ou partir plus tôt avec une pension moindre. Autrement dit, plus aucun gouvernement n’aurait à légiférer sur l’épineuse question de l’âge de départ à la retraite.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Se voulant un « modèle alternatif », le Ménilmontant Football Club participera ce week-end à l’hommage à Clément Méric avant de disputer un match de Coupe de France.
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Le MFC 1871, un club parisien « antifasciste » contre « le football moderne »

Se voulant un « modèle alternatif », le Ménilmontant Football Club participera ce week-end à l’hommage à Clément Méric avant de disputer un match de Coupe de France.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 13h08
    |

            Abel Mestre








                        



   


Petit à petit, la pression monte. Le Ménilmontant Football Club (MFC 1871) a un programme chargé ce week-end : pendant trois jours, à partir de vendredi, un hommage politique va être rendu à Clément Méric, militant antifasciste mort il y a cinq ans à la suite d’une bagarre avec des membres de groupuscules néonazis. Le MFC 1871 en sera. Rencontres internationales, concert, manifestation contre la loi asile et immigration… et surtout un match de deuxième tour de la Coupe de France contre Argenteuil, dimanche 3 juin. « C’est la première fois que l’on passe un tour [après la victoire le 22 mai contre le CS Ternes]», rappelle Greg, l’un des joueurs, qui promet que l’équipe « va tout donner ».
Le MFC 1871 est un club un peu spécial, une sorte d’ovni dans le monde du football amateur : il revendique haut et fort sa nature antifasciste. Le logo arbore un bateau pirate avec une voile rouge et une voile noire − les couleurs « antifas » − et le 1871 est une référence à la Commune de Paris. Et pour raconter l’histoire de ce jeune club (né en 2014), qui évolue en 3e division de district (soit la 13e division), rendez-vous est donné au Saint-Sauveur, bar du 20e arrondissement de Paris, point de ralliement d’une bonne partie de la gauche extraparlementaire. « Ménilmontant, le Saint-Sauveur, ce sont des lieux où depuis plus de dix ans le milieu antifa se retrouve, avance Flavien, 31 ans, un des piliers du club. On a une identité populaire, antifasciste, contre le football moderne. » Lui, est arrivé au MFC 1871 par le supportérisme. « J’étais un ultra d’Auteuil. Après la répression [le plan de sécurisation du Parc des Princes, dit « plan Leproux », en 2010], j’ai suivi ma démarche politique et sociale et je me suis retrouvé dans le projet du MFC », continue-t-il, attablé sous une bannière de la Brigada Flores Magon, groupe de punk rock fondé par Julien Terzics, ancien leader des redskins parisiens et gérant du Saint-Sauveur.
« Love football, hate fascism »
Le club est né il y a quatre ans, un peu par hasard. « C’était une idée collective. On était une bonne bande de footeux et on sentait qu’il y avait un potentiel car un tel club n’existait pas, se souvient Hadrien, 23 ans, à l’époque membre de l’Action antifasciste Paris-banlieue (AFA). On en avait marre du militantisme classique, c’était toujours la même chose, toujours les mêmes personnes. On voulait agréger des gens qui n’étaient pas militants. » Greg, 29 ans et joueur de l’équipe, abonde : « On veut faire venir à la politique des gens qui sont que dans le foot. » 
Dans son « acte de naissance », un texte publié sur Internet, on peut lire : « Le MFC se place en opposition aux réalités actuelles du football moderne telles que l’omniprésence de l’argent, l’hypersécurisation des stades ou la répression des supporters. Au-delà de notre amour pour ce sport, nous sommes des femmes et des hommes, uniEs par le rejet de toutes les discriminations basées sur le genre, l’origine sociale, la religion ou encore l’orientation sexuelle ». Avec un slogan : « Love football, hate fascism ». Récemment, ils ont organisé un match amical contre une équipe de migrants et sont allés distribuer des vêtements pour des réfugiés. Ils sont aussi allés dans des ZAD (zones à défendre), ont fait des caisses de grève pour les postiers et les cheminots… « On essaye de dépasser le football », résume Hadrien.
« Modèle alternatif »
Plus qu’un club, donc, le MFC se veut une sorte de vitrine d’un « modèle alternatif » et des principes libertaires que ses fondateurs défendent. Il fait partie d’une « contre-culture » antifa qui a pour cœur Ménilmontant, avec ses points de ralliements, sa musique, ses codes vestimentaires, et, donc, son équipe de foot. Une organisation qui rappelle le FC Sankt Pauli, qui agrège tout ce que la ville de Hambourg compte de militants antifascistes et évolue en deuxième division allemande. Mais les militants de Ménilmontant se reconnaissent davantage dans d’autres expériences en Europe, notamment en Italie. « Il y a par exemple une équipe de Florence, le Centro strorico Lebowski, qui nous inspire beaucoup, souligne Mirko, un Italien de 32 ans. On veut montrer qu’une autre voie est possible. » 
Le MFC 1871 − « 32 licenciés et 100 adhérents » − est « autogéré » et « autofinancé ». Toutes les décisions sont votées, et le budget annuel d’environ 4 000 euros provient des cotisations, des adhésions et de la vente de matériel (autocollants, tee-shirts) ou encore l’organisation d’événements, le club refusant les subventions. Pendant les deux premières années, l’autogestion allait jusqu’à l’absence d’entraîneur, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Problème pour eux : ils n’ont pas de stade parisien et jouent à Bobigny.
En manque de moyens, le MFC axe l’essentiel de sa communication sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, où leur page est très active. « On essaie de publier au moins deux posts par jour », confirme Flavien. Un peu moins de 6 000 personnes « aiment » cette page ce qui a fait entrer le MFC dans « le top 10 des clubs franciliens », selon Flavien, derrière, entre autres, le PSG, l’US Créteil Lusitanos ou le Red Star.
Difficile, d’ailleurs, de sortir de l’ombre de cet encombrant voisin. Le club séquano-dionysien, de retour en Ligue 2 la saison prochaine, capte toute la lumière avec son image d’équipe politique : il est du dernier chic de se dire supporteur du Red Star quand on est Parisien, personnalité politique ou les deux.. Si le MFC n’est pas proche − loin s’en faut − des dirigeants du Red Star, les ultras du club de Saint-Ouen se réclament également de la lutte antifasciste et entretiennent des liens avec le MFC.
Pour l’instant, arriver en Ligue 2 comme le Red Star est un rêve inaccessible pour le MFC. Leurs objectifs restent modestes : avoir un stade où jouer aux portes de Paris, qui pourrait être un lieu « propice aux rencontres ». Et surtout, atteindre le 3e tour de la Coupe de France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Notre droit nous a figés dans une vision fausse du don de gamètes, souligne la sociologue dans une tribune au « Monde ». Elle pense qu’il importe d’inciter les parents à sortir du secret pour donner à l’enfant l’accès à ses origines.
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édition abonné


Irène Théry : « Il faut reconnaître les familles issues d’un don »

Notre droit nous a figés dans une vision fausse du don de gamètes, souligne la sociologue dans une tribune au « Monde ». Elle pense qu’il importe d’inciter les parents à sortir du secret pour donner à l’enfant l’accès à ses origines.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 13h29
    |

                            Irène Théry (Sociologue du droit, directrice d’études à l’EHESS)








                        



                                


                            
Tribune. Les lois bioéthiques françaises qui régissent la procréation médicalement assistée (PMA) avec tiers donneur sont ambiguës. D’un côté, elles sont très attentives à organiser le don de sperme, d’ovocyte ou d’embryon, sécuriser les donneurs, préserver les parents. Mais de l’autre, elles sont aujourd’hui un véritable obstacle à ce que les familles qui en sont issues puissent avoir leur place au soleil dans le paysage familial, car elles n’ont eu de cesse de les renvoyer du côté du secret, voire du mensonge. Comme si, pour être une famille comme les autres, il fallait commencer par se dénier soi-même et se faire passer pour une famille par le sang, quitte à imposer à l’enfant une identité narrative tronquée, et parfois falsifiée.
Raffinement de cruauté
Ce genre de tentation est bien connu des spécialistes de la famille. On a vu exactement le même, naguère, sur l’adoption. « Pour son bien », on cachait à l’enfant qu’il avait été adopté, quitte à ce qu’il l’apprenne sur le tard et dans les pires conditions. L’enfant en quête de son histoire n’avait pas accès à son dossier. Les employés de la DDASS tournaient devant lui les pages inaccessibles en lui distillant des « renseignements non identifiants », sans mesurer le raffinement de cruauté de telles pratiques.
Nos sociétés ont cessé de considérer que la seule façon légitime de constituer une famille soit la filiation charnelle reposant sur le lien de procréation (ou l’affirmation qu’un tel lien existe)
Aujourd’hui, tout cela est bien loin. Nos sociétés ont cessé de considérer que la seule façon légitime de constituer une famille soit la filiation charnelle reposant sur le lien de procréation (ou l’affirmation qu’un tel lien existe). L’adoption a cessé de se plier à l’impératif napoléonien de « singer la nature ». L’enfant sait qu’il a été adopté et a accès à son dossier. Ses parents l’accompagnent s’il souhaite rechercher ses origines. Enfin, la diversité des familles adoptives est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Comme de nombreux agriculteurs, Luc Smessaert, le vice-président de la FNSEA, estime que les « aides PAC sont vitales ». Elles représentent 47 % de leur revenu en moyenne.
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Les agriculteurs français restent très dépendants des aides de la politique agricole commune

Comme de nombreux agriculteurs, Luc Smessaert, le vice-président de la FNSEA, estime que les « aides PAC sont vitales ». Elles représentent 47 % de leur revenu en moyenne.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 14h58
    |

            Laurence Girard








                        



   


« Les aides PAC [politique agricole commune] sont vitales pour nous », déclare sans ambages Luc Smessaert, vice-président Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Agriculteur à Roy-Boissy, dans l’Oise, il gère une exploitation de polyculture élevage. « Sur notre exploitation, elles représentent 15 % de notre chiffre d’affaires et 30 % de nos revenus », explique-t-il. Comme d’autres, il a été confronté à la baisse des subsides européens actée lors de la PAC 2015-2020, un coup de rabot que M. Smessaert évalue à 12 %, à la suite de la volonté politique de Bruxelles de réduire les écarts du paiement de l’aide directe à l’hectare, entre départements mais aussi entre pays.
Même son de cloche du côté des céréaliers. « Si nous n’avions plus d’aides PAC, ce serait suicidaire », réagit Philippe Pinta, président de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), qui ajoute « chaque année, depuis cinq ans, 30 % des céréaliers sont dans le rouge ». Selon lui, « tous les producteurs des grands pays concurrents, Etats-Unis, Ukraine comme Russie ont des aides d’Etat ». Il constate également l’érosion du montant des subsides européens. Un céréalier en Picardie a vu le montant des aides à l’hectare passer de 400 à 250 euros en cinq ans. Soit un total annuel de 62 000 euros contre 80 000 euros précédemment.

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                Bruxelles compte réduire le budget de la PAC 2021-2027 de 12 %



L’appréciation est la même sur les pentes jurassiennes. Pourtant Nicolas Girod exploite avec son frère, une ferme laitière dont le lait est transformé en comté. « Nous avons la chance de travailler pour un produit bien valorisé, mais il serait compliqué de se passer des aides PAC. D’autant que nous sommes deux à vivre sur la ferme qui compte 40 vaches sur 70 hectares », affirme-t-il. L’exploitation touche une aide à l’hectare de 80 euros à laquelle s’ajoute une indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN). « Les fortes pentes nous obligent à avoir un matériel spécifique et la neige contraint à renforcer les constructions », explique M. Girod. Au total, il touche 30 000 euros de subsides européens. A priori avec la PAC 2015-2020, il devait bénéficier de la convergence. « L’aide à l’hectare devait passer de 80 à 90 puis à 120 euros. Or, la première année, elle a baissé de quelques euros, puis est passée à 90 euros avant de rebaisser à nouveau. »
« Il faut la réformer »
M. Girod, qui est secrétaire national du syndicat Confédération paysanne, regrette « que la promesse de la convergence n’ait pas été appliquée ». Surtout, il estime que cette PAC « a été mal mise en place. Avec le “paiement vert”, elle devait redonner des primes pour les avancées environnementales. Cela n’a pas été le cas ». A priori, 30 % des paiements à l’hectare étaient conditionnés au respect de mesures environnementales. « Les conditions sont accessibles à tout le monde », reconnaît M. Pinta. Un seul exemple donné par M. Girod : « Maïs semence, maïs grain et maïs ensilage comptent comme trois cultures différentes et donc entrent dans les obligations de rotation de culture ».
Le jurassien considère également que ce paiement à l’hectare et le non-plafonnement des aides ont favorisé l’agrandissement des exploitations. Il souhaiterait qu’il y ait une pondération en fonction du nombre d’actifs sur l’exploitation. M. Pinta, pour sa part, s’inquiète de la nationalisation grandissante de la PAC, source de distorsion de concurrence entre les pays européens. « Il faut réformer la PAC pour la rendre plus lisible pour l’agriculteur et le consommateur. Et faire qu’elle permette de résister aux crises. Elle ne fonctionne pas correctement depuis que l’on a désarmé les outils de gestion de crise. Mais sans les aides PAC, il n’y aurait plus de revenu agricole. Elles représentent 47 % du revenu des agriculteurs français en moyenne. Et les aides à l’hectare aux Etats-Unis sont le double de celles octroyées en Europe », explique Michel Dantin, député européen du Parti populaire européen.

        Lire aussi :
         

                La France agricole s’insurge contre les coupes dans le budget de la PAC



Sachant toutefois que certaines productions agricoles françaises ne touchent pas d’aide à l’hectare. Celles qui en fait, historiquement, travaillaient sur de petites parcelles. Comme la viticulture, le maraîchage ou l’arboriculture. Des secteurs qui ne dépendent pas du premier pilier de la PAC, celui de l’aide directe, mais du second pilier par le biais d’organisation commune de marché (OCM). Ils bénéficient ainsi de soutien à l’investissement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Dans une lettre ouverte au président de la République, soixante maires et élus locaux s’inquiètent du retard prévu des nouvelles lignes de métro, « cruciales » pour le département.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                

Grand Paris Express : les élus de Seine-Saint-Denis demandent un nouveau calendrier à Emmanuel Macron

Dans une lettre ouverte au président de la République, soixante maires et élus locaux s’inquiètent du retard prévu des nouvelles lignes de métro, « cruciales » pour le département.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 12h07
   





                        



   


Plus d’une soixantaine de maires et d’élus de Seine-Saint-Denis, toutes tendances politiques confondues, ont envoyé jeudi 31 mai une lettre ouverte au président de la République pour protester contre le retard annoncé du Grand Paris Express. Ils lui ont notamment rappelé son engagement répété à lutter contre « l’assignation à résidence » en favorisant la mobilité.
« Parent pauvre des transports »
En février, le gouvernement avait annoncé un nouveau calendrier pour la réalisation du métro du Grand Paris, afin d’éviter un dérapage des coûts de ces 200 kilomètres de lignes, 68 gares et 7 centres techniques. Il avait ainsi fixé deux priorités : les lignes « qui bénéficient au plus grand nombre de Franciliens » et « nécessaires pour le bon déroulement des Jeux olympiques de 2024 », et la ligne 16 entre le Bourget-RER et la future gare de Clichy-Montfermeil qui permettra de désenclaver les cités sensibles de ces communes.

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Mais ce nouveau calendrier est loin d’avoir rassuré les élus de Seine-Saint-Denis, qui estiment leur département « particulièrement touché par ce recalage, puisque les lignes 15 Est, 16 et 17 qui doivent [le] desservir prennent cinq à six ans de retard ». Ils s’inquiètent aussi de retards sur les lignes 11, 12 et 14, ainsi que sur des lignes du tramway et rappellent que « ces nouvelles infrastructures sont pourtant cruciales pour notre département, qui a longtemps été le parent pauvre des transports en mode lourd en Île-de-France »

   


Insistant sur le dynamisme de leur territoire, dans « le top 5 » des départements créateurs d’entreprises, ils appellent à un « rééquilibrage emploi-habitat indispensable », qui « ne pourra se poursuivre sans moyens de transport supplémentaires ». Les élus soulignent avoir construit de nombreux logements (17 000 permis délivrés en 2016, soit 18 % du volume régional) et demandent à l’Etat d’« honorer sa part du contrat » et de reconsidérer le calendrier des projets de transport.
Manque de concertation
Dans leur courrier, ils rappellent à Emmanuel Macron ses engagements pris lors de son discours sur les banlieues : « La “politique d’émancipation permettant à chacun de pouvoir aller vers ce à quoi il aspire”, la volonté “qu’il n’y ait plus cette assignation à résidence sociale ou territoriale”, que vous évoquiez dans votre discours du 22 mai, passent aussi et surtout par un accès facilité à la mobilité et donc par un développement du réseau de transport dans ces quartiers, dans nos quartiers ».
Début avril, le gouvernement avait déjà suscité l’ire des élus locaux en nommant Thierry Dallard comme président du directoire de la Société du Grand Paris, chargée de superviser le Grand Paris Express. Les présidents des sept départements d’Ile-de-France avaient décidé de ne pas voter pour cette nomination, dénonçant le manque de concertation et protestant également contre le nouveau calendrier.

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Commerce : dialogue de sourds à l’OCDE entre Washington et ses partenaires

Dans un discours, le président Emmanuel Macron a plaidé pour le sauvetage et la réforme du système multilatéral, mercredi, à Paris.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h29
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Le multilatéralisme est en danger, il faut le sauver ! « Notre responsabilité a déjà commencé pour éviter le pire », a lancé le président français Emmanuel Macron, dans un discours prononcé à Paris, mercredi 30 mai, à l’occasion de la réunion annuelle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Face à une administration américaine qui joue avec les nerfs de ses partenaires, M. Macron s’est une nouvelle fois posé en champion d’une mondialisation ouverte et fondée sur des règles.
Ses propos ont fait écho à ceux déjà tenus ces derniers mois, à Davos, au Congrès américain ou encore à Aix-la-Chapelle (Allemagne). Mais le lieu, comme le calendrier, leur donnait un relief particulier. L’OCDE, dont la France préside cette année la ministérielle, mercredi et jeudi, est « l’héritière du multilatéralisme d’après-guerre, de la reconstruction de l’Europe et du lien transatlantique », a souligné le chef de l’Etat français. Or ce lien n’est plus ce qu’il était. La politique brutale du président américain Donald Trump, sur l’Iran, l’accord de Paris sur le climat et ses menaces de sanctions commerciales tous azimuts l’ont gravement abîmé.

M. Trump décidera-t-il d’imposer des taxes punitives sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance de l’Union européenne, à compter du 1er juin ? Vent debout, les Européens continuaient de réclamer mercredi une exemption définitive, sans plus se faire d’illusions. « Une guerre commerciale est toujours une guerre perdue par tous : par nos industries, nos agriculteurs, nos consommateurs, nos concitoyens », a prévenu le président français, prenant le contre-pied d’une formule désormais célèbre de son homologue américain, qui affirmait en mars : « Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner. » 
Querelle sur l’acier
Comme s’il prenait acte d’une première manche déjà jouée, M. Macron s’est projeté dans l’après. Il a...




                        

                        


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Le site Whirlpool d’Amiens s’arrête, le projet d’usine ouverte de WN commence

Sur les 284 anciens salariés du groupe qui a délocalisé sa production en Pologne, 186 ont été repris pour le projet de reconversion.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 15h06
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


Son parking a été le théâtre de l’une des grandes passes d’armes de la campagne présidentielle, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, au printemps 2017, en plein entre-deux-tours. Jeudi 31 mai, le rideau devait tomber officiellement sur l’usine de Whirlpool d’Amiens, et attirer de nouveau sur le parking des équipes de télévision venues recueillir le sentiment des employés du site. Avant le lancement, dès vendredi 1er juin, du projet de reconversion du site portée par la société WN de l’entrepreneur Nicolas Decayeux.
Un peu avant 5 heures du matin, jeudi, sortait de la ligne de montage le dernier sèche-linge du site. « Ce jeudi, les 284 salariés sont invités à venir une dernière fois ensemble à l’usine, s’ils le souhaitent », précise Cécile Delpirou, la secrétaire (CFE-CGC) du comité d’entreprise de Whirlpool, la voix un peu serrée.
« On fait avec, mais c’est difficile »
« Ce sera émotionnellement compliqué, car fermer une usine, c’est dur », complète l’élue, qui se bat pour la sauvegarde de l’emploi depuis plus d’un an et demi et l’annonce, à la fin janvier 2017, par la direction de l’entreprise américaine, de la délocalisation de la production de sèche-linge en Pologne. « On fait avec, mais c’est difficile, glisse Frédéric Chantrelle (CFDT). Avec une moyenne d’âge de 49 ans dans l’usine, la multinationale pouvait faire un effort et nous laisser travailler encore dix ans… Et ce alors qu’elle fait d’importants bénéfices. » 

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Même amertume chez son collègue de l’intersyndicale François Gorlia (CGT) : « J’en veux beaucoup au groupe Whirlpool qui nous fout à la porte. » Pour accompagner cette fermeture, l’américain a, sous la pression des salariés, des collectivités locales et de l’Etat, réalisé un vrai travail de reconversion du site et d’accompagnement des salariés.
« Par rapport à d’autres entreprises, Whirlpool a fait les choses correctement », reconnaît Mme Delpirou. Sur les 284 salariés, 186 ont déjà été repris par le groupe WN, une vingtaine ont soit retrouvé un emploi ailleurs, soit décidé de quitter la région, tandis qu’une cinquantaine partent en retraite, la préparent ou se lancent dans un projet entrepreneurial. « Au total, une trentaine de personnes n’ont toujours pas trouvé de réelle solution », estime M. Gorlia.
« A pied d’œuvre depuis le début de l’année »
Quant au site, il revivra dès vendredi 1er juin. « Nous sommes à pied d’œuvre depuis le début de l’année, explique Nicolas Decayeux, qui a dévoilé son projet de reprise en septembre 2017. Nous avons déjà recruté 186 anciens salariés de Whirlpool. Seuls 9 n’ont pas été recrutés parmi les candidats, car ils ne correspondaient pas à nos besoins ou ils n’étaient pas motivés pour nous rejoindre. » « Ils ont payé leur engagement dans la lutte contre la fermeture du site, pense un syndicaliste, même s’il est impossible de le prouver. »

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Si WN a proposé un CDI à plus de 180 personnes de l’usine de sèche-linge, c’est certes pour répondre à ses besoins, mais aussi parce qu’il s’agit du seuil qu’avait fixé Whirlpool pour apporter son aide financière à la réindustrialisation du site. La société et les pouvoirs publics se sont engagés à apporter une quinzaine de millions d’euros pour aider WN à lancer la production de casiers pour les drive de la grande distribution, ainsi que de petits véhicules utilitaires urbains, en coopération avec le constructeur automobile Secma.
« Depuis le début de l’année, nous avons installé des nouvelles machines et nous produisons déjà notre shopping box, un meuble qui juxtapose des casiers tempérés (5-25 °C), frais (5 °C) et surgelés (– 18 °C). Cet été, Whirlpool va déménager ses machines, sauf la chaîne de peinture. Pour le reste, nous devons encore déployer des nouveaux équipements d’usinage afin de fabriquer le plus tôt possible le petit véhicule utilitaire destiné, notamment, à la logistique du dernier kilomètre », explique M. Decayeux.
« Nous espérons que cela va marcher »
Au-delà de ces deux projets, les salariés assureront la production de métal pour Ageco, une société d’agencement de surfaces de vente, qui s’est installée sur le site en février afin de relocaliser sa production en provenance de Roumanie et de Pologne. Par ailleurs, le patron du lieu fourmille de projets pour son « open factory » (usine ouverte) : « Nous étudions toujours la production d’armoires électriques de stockage d’énergie photovoltaïque et plusieurs autres projets sont en discussion ou en phase d’étude d’industrialisation. »

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L’installation de cette usine ouverte peut-elle tenir ? « Nous prévoyons d’arriver à l’équilibre d’ici à 2019 ou 2020, reprend M. Decayeux. Il faudra d’ici là investir environ 21 millions d’euros, apportés par Whirlpool, les pouvoirs publics et un pool bancaire. » Et si cela fonctionne, WN pourra obtenir pour 1 euro symbolique la propriété du site. « Nous espérons que cela va marcher », dit M. Chantrelle. « Pour l’instant, WN tient ses promesses et ses délais, reprend Mme Delpirou. On croise les doigts. »



                            


                        

                        


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Les députés votent la création d’un nouveau dispositif de reconversion par l’alternance

Le projet de loi du gouvernement veut favoriser les évolutions vers les « métiers d’avenir ».



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h10
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Aussitôt supprimé, aussitôt remplacé. Lors de l’examen du projet de loi « avenir professionnel » par la commission des affaires sociales, les députés ont voté, dans la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 mai, en faveur de la création d’un nouveau dispositif de reconversion pour les salariés. Cette mesure a été introduite par un amendement de Catherine Fabre (LRM, Gironde), corapporteure du texte. Elle vise à maintenir des actions de formation lourdes qui risquaient d’être remises en question.
Cet aménagement était attendu. Il fait suite, notamment, aux interpellations de plusieurs élus de droite, dont Jean-Carles Grelier. Le député (LR) de la Sarthe avait exprimé son inquiétude, le 23 mai, face à une des dispositions du projet de loi : la suppression des périodes de professionnalisation. Celles-ci visent à contribuer au maintien dans l’emploi de salariés en développant leurs compétences et en les préparant à un changement de poste. A cette fin, des parcours de formation individualisés sont proposés en alternance – c’est-à-dire avec un enchaînement de cours théoriques et d’activité dans l’entreprise. L’objectif est de donner à la personne une qualification professionnelle ou de lui permettre d’accéder à une certification.

« Improvisation »
Le projet de loi de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, abroge donc la période de professionnalisation, au motif qu’elle serait parfois détournée de sa vocation première. « Elle devait initialement servir à la montée des compétences des moins qualifiés », a expliqué, mercredi, Mme Fabre, dans un entretien au site d’informations ActuEL-RH. Or, les « subsides » alloués à ce dispositif « sont majoritairement utilisés par les grandes entreprises au profit des cadres, a-t-elle ajouté, en concluant : Il faut renverser cette tendance ». D’autres sources font remarquer que, sous couvert de période de professionnalisation, il est arrivé que des actions...




                        

                        


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Après un an de retraite, Marion Maréchal-Le Pen est de retour

L’ancienne députée FN du Vaucluse mène une stratégie hors parti et cherche à se placer en chaînon central d’une union des droites.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 13h51
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

C’est devenu le communiste préféré de l’extrême droite française. Celui que l’on peut citer sans avoir lu une ligne de ses textes : Antonio Gramsci. Pour avoir théorisé l’hégémonie culturelle – toute victoire politique passerait d’abord par une conquête des esprits et des schémas de pensée –, ce philosophe italien du début du XXe siècle inspire une nébuleuse autour du Front national, dont Marion Maréchal-Le Pen représente la figure de proue. « Il est important de mener des combats culturels, le combat électoral n’est qu’une finalité de cela », a souligné l’ancienne députée de Vaucluse sur le plateau de Télé Lyon Métropole (TLM), le 24 mai.
Retraitée de la politique électorale depuis un an, la nièce de Marine Le Pen a annoncé le lancement pour la rentrée de septembre, à Lyon, d’un institut de formation politique, l’Institut des sciences sociales, économiques et politiques (Issep), qu’elle va diriger. Elle doit aussi participer, jeudi 31 mai, à Paris, à une soirée-débat de L’Incorrect, mensuel lancé par certains de ses amis quelques mois après son retrait. Deux vaisseaux comme autant de poursuites du « marionisme » par d’autres moyens.

Le thème de la soirée organisée par L’Incorrect se veut provocateur : « Débranchons Mai 68 ». Un « clin d’œil » aux débats actuels sur la bioéthique, selon le directeur de la communication de la revue, Arnaud Stephan : « Tout le monde veut débrancher tout le monde. » Un millier de personnes sont attendues pour ce rendez-vous qui entend contester sur son terrain une supposée domination intellectuelle de la gauche. « L’idée de droite a capitulé devant Mai 68, elle a laissé le hochet de la culture et de l’éducation à d’autres », déplore M. Stephan, qui a été pendant cinq ans l’assistant parlementaire de Mme Maréchal-Le Pen.
Dans l’esprit de nombreux acteurs, à droite et à l’extrême droite, Mai 68 a planté des graines qui auraient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ L’ancienne députée frontiste avance sur le terrain du combat culturel pour se placer en chaînon central d’une union des droites.
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Au FN, on minimise la potentielle concurrence entre Marion Maréchal-Le Pen et Marine Le Pen

L’ancienne députée frontiste avance sur le terrain du combat culturel pour se placer en chaînon central d’une union des droites.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 10h58
    |

            Olivier Faye et 
Lucie Soullier








                        



                                


                            
En mars, Marine Le Pen disait en privé voir une forme de complémentarité entre elle et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen. L’une, patronne de parti, se montrerait active sur le terrain électoral, pendant que l’autre, directrice d’une « académie » politique, formerait les troupes destinées, pourquoi pas, à marcher un jour dans le sillage du marinisme. « Je serais contente qu’il y ait une école de cadres, et il me semble que c’est ça qu’elle veut faire : une sorte de Sciences Po de droite », relevait la présidente du Front national. Qui ne veut donc pas croire à l’éventualité d’un retour plus actif sur la scène politique de la jeune femme de 28 ans, dans un scénario qui les verrait s’affronter pour le pouvoir.

« J’ai à l’égard de Marion un présupposé de confiance. Je n’ai aucune raison de considérer qu’elle est malhonnête, qu’elle est dans la dissimulation, qu’elle est dans le non-dit », a estimé mercredi, sur Paris Première, la députée du Pas-de-Calais qui ne voulait pas voir, en d’autres temps, de duplicité chez son ancien bras droit Florian Philippot, parti aujourd’hui voguer sous son propre drapeau.
Du tempéré au polaire
Officiellement, donc, point de concurrence entre les deux femmes, dont les relations virent au gré des saisons du tempéré au polaire. Mais on sait au sein du FN que la cadette du clan Le Pen n’a pas tiré une croix sur la politique. « C’est une drogue dure. Je pense qu’elle reviendra », assure Philippe Olivier, conseiller et beau-frère de Marine Le Pen (et oncle de Marion Maréchal-Le Pen). Reste à savoir si cela causera une nouvelle fois un psychodrame politico-familial. « Je ne sais pas quel est son état d’esprit à elle, mais il est clair que des gens poussent incontestablement pour son retour en 2022. Y compris au sein du FN », avance un cadre frontiste. D’aucuns ont noté qu’un congrès du parti sera organisé en 2021, à un an de la prochaine élection présidentielle.
D’autres se montrent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Plusieurs manifestations ont électrisé la ville depuis l’inauguration de l’Alvarium, en janvier, et la situation se tend avec les antifascistes.
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Un bar associatif d’extrême droite embarrasse la municipalité d’Angers

Plusieurs manifestations ont électrisé la ville depuis l’inauguration de l’Alvarium, en janvier, et la situation se tend avec les antifascistes.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 10h10
    |

                            Yves Tréca-Durand (Angers, correspondant)








                        


                                                        
Sur le fronton de l’immeuble proche du centre-ville, aucun nom n’apparaît. C’est bien là, pourtant, que se situe l’Alvarium, la ruche en latin, un local associatif. Pas besoin de panneau. Le mur rougi de tags signale le lieu aux passants. A l’intérieur de cet appartement ouvert depuis le 27 janvier aux « nationalistes », trois tonneaux posés à la verticale servent de tables. Et quelques livres alignés sur une bibliothèque donnent le ton. Jean-Marie Le Pen y côtoie Robert Brasillach, Roger Holeindre ou Alain Soral. Homère semble un peu perdu au milieu de ces figures de l’extrême droite française. Au mur, deux affiches prétendent réhabiliter Bachar Al-Assad et Saddam Hussein.
Jean-Eudes Gannat, ex-militant FN, fait office de porte-parole. « C’est un lieu de réunion pour des jeunes gens qui s’épuisaient à militer sans agir de manière réelle. » Lui et ses proches s’assument « nationalistes » mais refusent l’étiquette d’identitaires, même s’ils en partagent les opinions. A l’Alvarium, ils ne font pas que boire de la bière, assure-t-il, mais organisent des maraudes pour distribuer de la nourriture aux nécessiteux. Français exclusivement. « 99 % des SDF qui dorment dehors le sont, assure-t-il tranquillement. Les étrangers en situation irrégulière ont des centres d’hébergement tenus par des associations qui s’occupent exclusivement de migrants. Et ça, ça ne pose de problème à personne. »

Dans le collimateur
L’Alvarium compterait une centaine d’adhérents, mais la préfecture a déjà prévenu qu’il ne peut en accueillir plus de 19 en même temps, pour des raisons de sécurité. Les membres de l’association ont cherché à doubler la capacité d’accueil et à pouvoir y organiser des concerts, mais le préfet a confirmé, mardi 29 mai, qu’il ne donnerait pas de suite favorable à cette demande. Un signe que cette ruche d’extrême droite est dans le collimateur des autorités. Mais aussi dans le viseur des opposants. Pour les « anti-fa »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ L’industriel Vincent Bolloré réclame 40 millions d’euros par an jusqu’en 2023 à Paris et aux communes concernées par le service d’autopartage, pour éponger le déficit.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/05/2018
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La dette abyssale d’Autolib’ menace la Mairie de Paris

L’industriel Vincent Bolloré réclame 40 millions d’euros par an jusqu’en 2023 à Paris et aux communes concernées par le service d’autopartage, pour éponger le déficit.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 10h16
    |

            Béatrice Jérôme








                        



                                


                            

C’est un potentiel désastre financier dont Anne Hidalgo se serait bien passée. Et dont elle cherche à sortir, en vain, depuis des mois. Alors qu’elle est confrontée au fiasco de l’installation des nouveaux Vélib’, la maire de Paris a, sur son bureau, un autre dossier plus confidentiel mais non moins empoisonné : le déficit d’Autolib’. La flotte de voitures grises électriques en libre-service qui sillonnent Paris depuis 2011, ainsi que 97 communes d’Ile-de-France, seraient, aux dires de son propriétaire, le groupe Bolloré, source d’un trou financier considérable. L’industriel breton refuse de combler le gouffre seul, mais, jusqu’ici, les négociations avec Mme Hidalgo et son cabinet ont tourné court.
Vendredi 25 mai, une lettre signée de la direction du groupe industriel a mis, de nouveau, les services juridiques et financiers de la Ville de Paris sur les dents : le groupe Bolloré réclame aux 98 communes une somme de quelque 40 millions d’euros par an jusqu’au terme de la délégation de service public, en 2023. Le même jour, la missive du groupe Bolloré est parvenue au syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM), chargé du suivi de la délégation de service public confiée à Bolloré. Il devait réunir son comité syndical, qui compte une centaine d’élus, jeudi 31 mai. Certains commencent à s’agacer de ne pas avoir accès aux coulisses des tractations entre la Mairie de Paris et Bolloré. La présidente du syndicat, Catherine Baratti-Elbaz, maire (PS) du 12e arrondissement, risque de devoir se contenter de les rassurer faute de décision à ce stade.

Pourtant, le SAVM dispose, depuis plusieurs mois, de chiffres catastrophistes. Selon les informations du Monde, le plan d’affaires le plus récent établi par Bolloré, qui date de 2017, établit que le déficit cumulé en 2023 atteindrait 293,6 millions d’euros.
Contrat redoutable pour les collectivités
Or, le contrat négocié en 2011 entre Bertrand Delanoë et Vincent...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 30/05/2018
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Au Parlement européen, les dîners de luxe du FN fâchent son allié néerlandais

Le coprésident du groupe Europe, nation et liberté s’est dit « offusqué » des pratiques d’« enrichissement de la part de la délégation française ».



Le Monde
 |    31.05.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 09h53
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



   


Le Front national a décidément un problème avec les fonds européens. Après le scandale des assistants fictifs, ce sont désormais des repas de luxe et des bouteilles de champagne financés par le Parlement de Strasbourg qui créent une ambiance délétère dans le groupe formé autour du parti de Marine Le Pen.
Mardi 29 mai, le coprésident néerlandais d’Europe des nations et des libertés (ENL), Marcel de Graaff, a vivement critiqué les largesses de ses alliés français, révélées quelques heures plus tôt par le site Politico. Au nom du Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders, l’eurodéputé s’est dit « offusqué » des pratiques d’« enrichissement de la part de la délégation française », et a assuré s’« en distancier totalement ».
13 558 euros pour un diner de noël
Au regard des mœurs néerlandaises, les détails de l’audit des comptes du groupe sont accablants. Repas à 449 euros par tête au restaurant triplement étoilé L’Ambroisie, place des Vosges à Paris ; à 401 euros chez Ledoyen. Dîner de Noël à 13 558 euros pour 140 personnes. Factures astronomiques de champagne – jusqu’à 81,67 euros par bouteille.
Toutes ces dépenses ont été détaillées par l’administration du Parlement, qui se penche depuis le printemps 2017 sur les comptes 2016 du groupe ENL. Formé en 2015, ce groupe d’extrême droite rassemble, outre le FN et le PVV, des eurodéputés italiens de la Ligue ou autrichiens du Parti de la liberté. Il a bénéficié de 3,2 millions d’euros de subventions publiques en 2016.
Lundi soir, le bureau du Parlement a décidé de donner une ultime occasion aux représentants du groupe de s’expliquer, avant de demander « le remboursement des montants correspondant aux dépenses non conformes », soit 477 780 euros. Si la plupart des anomalies concernent des manquements dans les procédures d’appels d’offres, 50 612 euros proviennent d’« infraction à la bonne gestion financière ». En clair : des dépenses excessives ou beaucoup trop luxueuses au goût de l’administration du Parlement.
« Mettez fin à cette bande ! »
Une petite partie des dépenses mises en cause est imputable à l’eurodéputé néerlandais Auke Zijlstra, mais l’immense majorité est le fait des eurodéputés FN. A commencer par Nicolas Bay, vice-président du FN et coprésident du groupe, qui a réglé les fameuses notes de restaurant pour le compte de Marine Le Pen et du chef de file de la Ligue, Matteo Salvini, selon Le Canard enchaîné du 30 mai. « Il n’y avait ni Salvini ni Le Pen à ces dîners », conteste fermement au Monde M. Bay, qui évoque « des repas à caractère confidentiel dans le domaine de l’industrie et de la diplomatie » pour justifier de garder secrets les noms des convives. Quant aux bouteilles de champagne, elles auraient été « distribuées au grand public dans le cadre de réunions », ce qui l’empêche de fournir la liste des destinataires comme le lui réclame le Parlement européen.
« Nous avons mis en place un règlement financier en 2017 au sein du groupe qui ne permettrait plus [ce type de dépense] », promet l’élu. Des tensions avec les alliés néerlandais étaient déjà apparues en marge du dossier des assistants parlementaires FN travaillant en réalité pour le parti. Mais au groupe FN, on minore les critiques néerlandaises en les mettant sur le compte de différences culturelles. « Ce n’est pas perçu de la même manière selon les pays », assure un cadre du parti.
De fait, la presse néerlandaise se délecte de l’affaire et rappelle qu’en mars Geert Wilders lançait « Mettez fin à cette bande ! » en réagissant à une information sur l’augmentation des coûts du Parlement européen. Lui qui s’est fait une spécialité de dénoncer le salaire des eurodéputés voit désormais le groupe auquel appartient son parti mis en cause pour des frais excessifs, ironise le quotidien De Volkskrant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye défend dans « Le Parisien » un système par points. Il proposera en fin d’année ou au début de 2019 « les grandes orientations » de la réforme.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/05/2018
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Réforme des retraites : le gouvernement lance une « consultation citoyenne »

Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye défend dans « Le Parisien » un système par points. Il proposera en fin d’année ou au début de 2019 « les grandes orientations » de la réforme.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 05h04
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 14h09
   





                        


Sur Internet ou dans des « ateliers participatifs », les Français sont invités à réfléchir pendant six mois à la future réforme des retraites, dans le cadre d’une « consultation citoyenne » lancée jeudi 31 mai par le gouvernement. Six semaines après l’ouverture de discussions avec les syndicats, l’exécutif élargit le débat sur un engagement phare d’Emmanuel Macron.

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« Il s’agit de créer un système universel où 1 euro cotisé donne les mêmes droits », rappelle dans un communiqué le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, qui se dit « persuadé qu’un sujet d’une telle ampleur nécessite une large consultation citoyenne ».
« L’objectif [de la réforme] est d’arriver à un schéma simple : qu’il s’agisse d’un fonctionnaire, d’un salarié du privé ou d’un indépendant, s’ils gagnent la même somme d’argent pendant quarante ans, l’un et l’autre auront la même retraite », a-t-il expliqué dans une interview au Parisien, rappelant, dans la lignée des propos d’Emmanuel Macron, que l’âge de départ à la retraite, aujourd’hui 62 ans, « devrait être conservé ».

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Dans Le Parisien, M. Delevoye défend un système par points : « Le revenu donnera un droit à points, vous aurez une portabilité des droits quel que soit le type d’employeur et le secteur. L’objectif est qu’à carrière identique, revenu identique, la retraite soit identique. » Il assure qu’« il n’y aura pas de dérapage budgétaire » : « Cette réforme se fera à enveloppe constante. » 
« Différents scénarios ou alternatives »
La consultation passera par le site www.participez.reforme-retraite.gouv.fr, ouvert à partir de jeudi et jusqu’au 25 octobre.
Chacun pourra y « réfléchir aux différents scénarios ou alternatives », mais aussi « voter, commenter, proposer de nouvelles pistes » sur une dizaine de thèmes, comme l’âge de départ, les droits de réversion ou les inégalités femmes-hommes.

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Pour marquer le coup d’envoi de cette consultation, un premier « atelier de prospective collaborative » doit réunir jeudi au ministère de la santé « vingt-sept femmes et hommes d’horizons et de profils variés », qui essaieront de « se projeter en 2040 », pour imaginer « les impacts des décisions qui pourraient être prises en 2019 ».
Par la suite, une série d’« ateliers participatifs en région » sont programmés en septembre et octobre, pour approfondir à chaque fois « une ou deux thématiques » avec « une centaine de citoyens ».
L’ensemble des contributions fera l’objet d’une synthèse qui « sera rendue publique le 29 novembre » et soumise pour avis à un ultime « atelier citoyen » au début de décembre, à peu près en même temps que les dernières réunions entre M. Delevoye et les syndicats.
Le haut-commissaire, qui proposera en fin d’année ou au début de 2019 « les grandes orientations » de la future réforme, assure qu’il « indiquera clairement dans ses préconisations celles qui auront largement été portées par les citoyens ».

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