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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Washington a décidé de ne pas prolonger l’exemption temporaire accordée à l’UE et va mettre en place des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium.
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Les Etats-Unis vont taxer l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne à partir de vendredi

Washington a décidé de ne pas prolonger l’exemption temporaire accordée à l’UE et va mettre en place des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium.



Le Monde
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31.05.2018 à 16h50
   





                        


Le secrétaire américain au commerce Wilbur Ross a annoncé, jeudi 31 mai, que les Etats-Unis allaient appliquer dès vendredi d’importants tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne (UE), mais aussi du Mexique et du Canada.
Les Etats-Unis ont donc décidé de ne pas prolonger l’exemption temporaire accordée à l’Union européenne jusqu’à jeudi minuit et vont mettre en place des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium. Le sursis sur ces taxes est également levé pour le Mexique et le Canada, les deux partenaires de l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna) dont la renégociation, entamée il y a dix mois, peine à aboutir.
Pour justifier sa décision, Wilbur Ross a précisé que les Etats-Unis ne voulaient pas accorder aux Vingt-huit « une exemption permanente et inconditionnelle sur les tarifs » :
« Nous avons eu des discussions avec la Commission européenne et même si nous avons fait des progrès, ils ne sont pas allés jusqu’au point où il aurait été justifié soit de prolonger l’exemption temporaire, soit d’accorder une exemption permanente. »
Représailles de l’UE et du Mexique
Le ministre de Donald Trump a minimisé les risques de représailles de la part de ces pays, ajoutant qu’il y avait « un potentiel de discussion » avec l’Union européenne. Mais, a-t-il prévenu, « comme nous ne savons pas quelle va être leur réaction à l’idée de continuer les discussions » malgré l’imposition des tarifs, « il est un peu prématuré pour savoir quels seront les sujets de ces négociations ».
L’Union européenne avait en effet exigé l’exemption définitive de ces taxes douanières comme tout préalable aux négociations. Les Européens, France en tête, ont insisté sur le fait qu’ils ne pouvaient discuter en ayant une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, qui plus est de la part d’un allié commercial.
La réaction de Bruxelles ne s’est pas fait attendre : dans la foulée de la décision américaine, le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker a dit qu’il allait « annoncer dans les prochains heures des contre-mesures » :
« L’Union européenne ne peut pas rester sans réagir (...) Ce qu’ils peuvent faire, nous sommes capables de faire exactement la même chose. »
Mexico a lui aussi décidé de représailles commerciales. « Le Mexique imposera des mesures équivalentes sur divers produits » dont certains aciers, des fruits et des fromages, a annoncé dans un communiqué son ministère de l’économie, et celles-ci « seront en vigueur tant que le gouvernement américain n’éliminera pas les taxes imposées ».

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ L’équivalent d’un tiers du bénéfice net 2017 du Groupe SNCF a déjà été englouti dans le conflit.
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A fin mai, la grève aurait déjà coûté 400 millions d’euros à la SNCF

L’équivalent d’un tiers du bénéfice net 2017 du Groupe SNCF a déjà été englouti dans le conflit.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h58
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Avis aux amateurs de statistiques : samedi 2 juin, lorsque commencera la treizième séquence de grève en pointillé contre la réforme ferroviaire, le record de 1995 (vingt-cinq jours de grève dont vingt-deux d’affilée) sera égalé, voire battu, selon que l’on fait démarrer le mouvement au jeudi 22 mars ou au lundi 3 avril.
Mais, au fond, peu importe. Ce qui est sûr, c’est que le conflit se compte désormais en mois. Et il commence à peser financièrement. Evidemment, la grève vide les comptes en banque des salariés. Les syndicats s’apprêtent à redistribuer le contenu de leurs diverses caisses de solidarité aux grévistes les plus touchés par le mouvement (dont l’impressionnante cagnotte de 1,18 million d’euros collectée sur Internet auprès de 30 000 donateurs).
Leur querelle avec la direction sur le non-paiement des jours de repos des grévistes (qui augmente de 15 % environ le coût de la grève pour le salarié) a pris un tour judiciaire depuis plusieurs semaines. Dernier épisode en date : le tribunal de Bobigny, qui devait examiner la question jeudi 31 mai, a renvoyé au 7 juin l’audience opposant la direction de l’entreprise ferroviaire à la CGT, l’UNSA et la CFDT.
Coûteuses mesures de compensation envers ses clients

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Mais la grève aura aussi des effets non négligeables dans les comptes de la SNCF. Selon une source proche du dossier, le conflit a pour le moment coûté autour de 400 millions d’euros à l’entreprise. « Cette estimation prend en compte le coût subi, explique cette source, mais aussi le coût voulu ; c’est-à-dire, les gestes commerciaux envers les clients et les usagers déjà annoncés pour les abonnés des TER, les titulaires du passe Navigo en Ile-de-France et pour les jeunes utilisateurs des TGV qui ont la carte TGVmax. » 

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L’équivalent d’un tiers du bénéfice net 2017 du Groupe SNCF a déjà été englouti dans le conflit. Heureusement pour l’entreprise, le fléchissement de la grève ralentit les pertes. Lors du 24e jour de grève, le 29 mai, plus de 8 500 trains (contre 14 000 environ en temps normal) ont circulé, alors qu’on en dénombrait moins de 3 000 au premier jour de grève. Sur le TGV, par exemple, il y avait 14 % de trains en circulation au début du conflit, contre 66 % désormais.
Ce constat – 400 millions de pertes à fin mai – n’en reste pas moins provisoire. L’entreprise s’apprête à annoncer de nouvelles mesures de compensation envers ses clients, qui alourdiront la facture. Mais, surtout, même si elle faiblit, la grève unitaire voulue par le front des syndicats (CGT cheminots, UNSA ferroviaire, SUD Rail et CFDT Cheminots) n’est pas terminée.

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CGT et SUD pas convaincus des « avancées » sociales
Le mouvement à quatre durera probablement le temps que le processus législatif instituant le « nouveau pacte ferroviaire » aille à son terme. Pour rappel, le projet de loi a été voté en première lecture par l’Assemblée nationale, le 17 avril. Il est examiné, depuis mardi 29 mai, au Sénat, où les élus communistes et apparentés mènent la fronde contre la réforme. Alors que, mercredi 30 mai au soir, l’examen du texte avait à peine avancé, l’ensemble des 267 amendements devaient, en théorie, avoir été examinés jeudi 31 mai. Le vote solennel par les sénateurs a été programmé au mardi 5 juin.

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L’étape suivante, la commission mixte paritaire (CMP), qui recherche une conciliation entre députés et sénateurs afin d’aboutir à un texte commun, est programmée au 14 juin. « Le gouvernement et les membres des deux assemblées souhaitent que la CMP soit conclusive, affirme un bon connaisseur du dossier. Compte tenu des amendements sociaux ajoutés au Sénat avec l’aval du gouvernement, ce sera probablement à ce moment-là que la CFDT et l’UNSA décideront de quitter le mouvement. D’autant plus que le congrès de la CFDT, qui se tient du 4 au 8 juin, sera terminé. »
Restent les deux autres organisations : la CGT et SUD n’ont pas caché que les « avancées » sociales ajoutées par les sénateurs ne les ont pas convaincus. Elles iront probablement au bout de la grève programmée, soit le 28 juin, et font planer la menace de continuer au-delà.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Ces mobiles dépassent le seuil maximal d’émissions autorisé, selon l’ANFR. Y figurent notamment l’Honor 8 et le Neffos X1, qui fait l’objet d’un rappel.
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Ondes magnétiques : quatre smartphones épinglés

Ces mobiles dépassent le seuil maximal d’émissions autorisé, selon l’ANFR. Y figurent notamment l’Honor 8 et le Neffos X1, qui fait l’objet d’un rappel.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h45
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    |

                            Nicolas Six








                        



   


Chaque année, l’Agence nationale des fréquences radio (ANFR) analyse de nombreux mobiles pour vérifier qu’ils respectent les normes d’émission électromagnétiques européennes, mesurées pendant les communications mobiles et Wi-Fi. L’agence publique a annoncé mardi 29 mai que quatre smartphones dépassaient le seuil de débit d’absorption spécifique (DAS) maximal autorisé, fixé à 2 watts par kilogramme (W/kg). Les mobiles épinglés sont :
le TCL Echo Star Plus (2,01 W/kg)l’Honor 8 (2,11 W/kg)l’Alcatel PIXI 4 de 6 pouces (2,4 W/kg)le Neffos X1 (2,52 W/kg)

   


Prévenus par l’ANFR, TCL, Honor et Alcatel ont créé des pansements logiciels qui corrigent ce problème avant l’annonce publique de ces dépassements. Ces mises à jour sont reçues et installées automatiquement quand les téléphones sont connectés en 3G ou en 4G. Dans certains cas, elles doivent toutefois être d’abord acceptées par l’utilisateur. Par prudence, l’ANFR recommande aux propriétaires des smartphones épinglés de vérifier la bonne installation de la mise à jour. Trois modes d’emploi rédigés par les constructeurs ont été postés sur son site.
L’antidote est déjà là
L’efficacité de ces pansements logiciels a été contrôlée par l’ANFR, qui a mesuré les niveaux de DAS de ces mobiles, une fois mis à jour, à des valeurs proches de 1,5 W/kg. Le problème du Neffos X1, en revanche, n’a pas pu être réglé à distance. A la suite des mesures de l’ANFR, Netflos a lancé une campagne de rappel. Les clients pourront procéder à un échange gratuit, explique le constructeur sur son site.
Le signalement de ces quatre dépassements fait suite à celui du smartphone Hapi30 d’Orange en avril. Depuis le début des mesures, en 2006, ces cinq dépassements sont les tout premiers constatés par l’ANFR, qui teste environ 80 smartphones chaque année, choisis en fonction de critères en partie secrets. « Les smartphones des nouveaux constructeurs et les modèles très populaires ont de bonnes chances d’être contrôlés », précise au Monde Gilles Brégant, le directeur général de l’ANFR.
Pas d’aggravation du problème
Ces dépassements ne signalent pas pour autant un dérapage de la part des fabricants, mais plutôt le resserrement des mesures du DAS. Jusqu’à récemment, les fabricants pouvaient choisir la distance à partir de laquelle ils mesuraient les émissions vers le corps, située entre 0 et 25 mm. Depuis 2017, la distance a été fixée par la Commission européenne à 5 mm. Après quoi les valeurs mesurées ont augmenté sensiblement, forçant les fabricants à abaisser la puissance des antennes de leurs mobiles pour diminuer les émissions.
L’indice DAS mesure le niveau maximal d’émissions de radiofréquences : quand l’appareil fonctionne à pleine puissance, dans les plus mauvaises conditions d’utilisation. Les mesures sont effectuées sur des tissus humains : le niveau maximal du DAS est fixé en fonction du seuil à partir duquel on observe des modifications des tissus exposés, et notamment leur échauffement. Le seuil de 2 W/kg a été fixé en tenant compte d’une importante marge de sécurité. En 2017, la Commission de la sécurité de consommateurs, une autorité administrative indépendante (depuis disparue), expliquait que ce chiffre était cinquante fois moins élevé que le seuil constaté par les chercheurs.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Odette décède en laissant pour héritiers un petit-fils, Pierre, et des arrière-petits-enfants. Mais, par testament, elle fait d’une amie sa légataire universelle. Pierre affirme qu’elle n’était pas saine d’esprit : avoir dit que l’amie était « sa seule famille » prouverait qu’elle avait oublié la sienne.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le royaume chérifien est devenu l’un des premiers investisseurs étrangers du pays, dont il a fait une porte d’entrée pour sa stratégie d’expansion économique et commerciale en Afrique subsaharienne.
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Le Maroc à la conquête de la Côte d’Ivoire

Le royaume chérifien est devenu l’un des premiers investisseurs étrangers du pays, dont il a fait une porte d’entrée pour sa stratégie d’expansion économique et commerciale en Afrique subsaharienne.



Le Monde
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            Charlotte Bozonnet (Abidjan, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Karim Tazi est un patron heureux. Directeur de Richbond, un groupe marocain de literie, il est sur le point d’ouvrir une usine à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire. « Quasiment toute l’équipe – 110 personnes – sera ivoirienne », se félicite-t-il, décontracté, sur la terrasse d’un hôtel chic d’Abidjan. Il a lancé le projet en 2015 (12 millions d’euros) et vient d’inaugurer 18 000 m2 couverts. « Une classe moyenne émerge, qui va vouloir bien dormir. La Côte d’Ivoire est la porte d’entrée pour l’ensemble de la sous-région. » Le chef d’entreprise, souvent critique de la politique au Maroc, le reconnaît : « C’est l’impulsion très forte du roi qui nous a incités à considérer l’Afrique. On ne l’aurait pas fait sans cela. »
Depuis 2010, le royaume chérifien réaffirme son africanité, et a fait de l’Afrique subsaharienne son nouveau terrain d’expansion. Mohammed VI en personne sillonne le continent pour renforcer les liens économiques et politiques avec ses pairs africains. L’offensive en Côte d’Ivoire est spectaculaire : en 2015, le Maroc est devenu le premier investisseur étranger, devant la France. « L’Etat marocain à son plus haut niveau soutient cette dynamique, car elle s’inscrit dans le cadre de sa stratégie africaine », souligne Karim Tazi.
Dans le centre d’Abidjan, les alentours de la baie de Cocody donnent un aperçu de ce que la Côte d’Ivoire représente pour la stratégie marocaine en Afrique. Tout autour de la lagune, des panneaux géants annoncent la prochaine réhabilitation de la baie. Frappés des drapeaux marocain et ivoirien, ils présentent au visiteur la transformation radicale que devrait connaître ce marigot pollué. Le projet, s’il est mené à bien, changera la physionomie de la ville. C’est en grande partie un « cadeau » du Maroc à la Côte d’Ivoire.
« On crée des emplois »
« Lors de ses visites, sa majesté le roi est souvent passée devant la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Après plus de quinze ans de progression continue dans la capitale, les loyers n’augmentent presque plus.
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En 2017, les loyers sont restés sages en Ile-de-France

Après plus de quinze ans de progression continue dans la capitale, les loyers n’augmentent presque plus.



Le Monde
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31.05.2018 à 15h08
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            Jérôme Porier








                        



   


Le niveau des loyers demandés par les bailleurs aux locataires emménageant dans un logement à Paris n’a progressé que de 1 % en 2017, ce qui confirme la « décélération très nette » due aux mesures réglementaires d’encadrement prises par l’Etat, selon l’enquête annuelle de l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne (Olap), transmis le 25 mai à l’AFP.
En 2017, les locations dans la capitale se sont conclues à un loyer moyen de 25 euros le m2 contre 24,50 euros le m2 en 2016. Une hausse de 1 % qui « confirme la décélération très nette constatée depuis 2014 et l’atténuation de la tension », commente l’observatoire.

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Cette modération de la hausse des loyers résulte en grande partie des décrets annuels de limitation de la hausse des loyers à la relocation, pris chaque été depuis août 2012. Elle découle aussi de l’entrée en vigueur à Paris au 1er août 2015 de l’encadrement des loyers instauré par la loi Alur (pour l’accès au logement et un urbanisme rénové).
Après plus de quinze ans de progression continue des loyers dans la capitale, cette faible progression « marque le retour au niveau de 2015, soit le plus bas depuis 2001 », note l’Olap.

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En petite couronne, les loyers à la relocation ont progressé de 0,9 %, tandis qu’ils se sont effrités de 0,4 % en grande couronne, soit le quatrième repli annuel consécutif. Dans l’agglomération parisienne entière, la hausse moyenne à la relocation a été l’an dernier, comme en 2016, de 0,6 %, à 19,70 euros le m2. Une progression similaire à celle de l’Indice de référence des loyers (IRL) qui fixe les plafonds des augmentations annuelles des loyers que peuvent exiger les propriétaires.
« Dans un contexte de reprise de l’économie francilienne et de remontée de l’indice des loyers, ces résultats illustrent l’impact du décret annuel de limitation de la hausse des loyers et, pour Paris, l’effet vraisemblablement complémentaire de l’arrêté d’encadrement des loyers en niveau, avec une évolution globale proche de celle de l’IRL », conclut l’Olap. Les résultats définitifs de cette enquête seront publiés en juin par cet observatoire qui produit des statistiques sur les niveaux et l’évolution des loyers dans l’agglomération parisienne depuis plus de trente ans, et sur l’ensemble de la région depuis 2013.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Le dernier bilan des marchés fonciers ruraux de la FNSafer dénonce une « tendance à l’agglomération de grandes surfaces au sein d’un nombre limité d’exploitations ».
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Un « risque d’accaparement des terres agricoles » en France

Le dernier bilan des marchés fonciers ruraux de la FNSafer dénonce une « tendance à l’agglomération de grandes surfaces au sein d’un nombre limité d’exploitations ».



Le Monde
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31.05.2018 à 14h58
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            Laurence Girard








                        



   


Les terres agricoles françaises sont très convoitées. Les récents exemples illustrant la pression sur ce patrimoine nourricier ont marqué les esprits. Que ce soit la bataille autour du projet Europacity, prévoyant la transformation 280 hectares de terres agricoles du Triangle de Gonesse (Val-d’Oise) en un complexe commercial et touristique. Ou la prise de contrôle de 1 700 hectares de terres céréalières berrichonnes par une société chinoise. Suivie par l’achat de deux sociétés agricoles dans l’Allier par un entrepreneur pékinois. Ou encore le grappillage de plus de 140 châteaux dans le vignoble bordelais par des investisseurs de l’ancien empire du Milieu.
Les ventes de surfaces ont atteint un niveau record
Le bilan 2017 des marchés fonciers ruraux, publié jeudi 31 mai par la Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FNSafer), le prouve. Sur l’année écoulée, les ventes de surfaces ont atteint un niveau record. Le nombre de transactions progresse de 7,6 %, à 86 260, pour un montant qui bondit, lui, de 15,5 %, à 4,6 milliards d’euros. Au total, 381 000 hectares ont changé de mains.
Mais dans quelles mains sont-ils passés ? Depuis l’entrée en vigueur de la loi d’avenir pour l’agriculture, en 2016, les projets de vente de parts sociales ou d’actions de sociétés agricoles doivent être portés à la connaissance des Safer. Des transactions qui échappaient jusqu’alors à ses radars, alors même que les formes sociétaires ne cessent de se développer. Que ce soient des sociétés de portage du foncier (GFA, SCI agricoles, etc.), d’exploitation agricole (GAEC, EARL, SCEA, SA ou SARL) ou de groupement forestier.

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En 2017, 6 900 projets de cession de parts sociales ou d’actions de sociétés agricoles ont été notifiés aux Safer. Ils représentent un volume de vente de 1,3 milliard d’euros. Et pèsent près de 20 % du marché du foncier agricole. A priori, les achats bouclés par les étrangers sont peu importants. Ils sont évalués à 122 millions d’euros et sont essentiellement le fait d’Européens. Toutefois, ces montants ne prennent pas en compte les achats faits par des sociétés immatriculées en France, mais dont le capital pourrait être détenu par des étrangers.
« La vitalité des territoires est en péril »
« Ces chiffres prouvent la réalité de la financiarisation et du risque d’accaparement des terres », affirme Emmanuel Hyest, président de la FNSafer, qui tire la sonnette d’alarme. « La vitalité des territoires est en péril », estime l’organisme. « La tendance à l’agglomération de grandes surfaces au sein d’un nombre limité d’exploitations agricoles se développe. Cette concentration est préjudiciable aux transmissions, aux installations et à la consolidation des exploitations. Elle s’accompagne souvent d’une diminution de la valeur ajoutée et de l’emploi. »

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La question de la pérennité du modèle d’agriculture familiale, marque de fabrique française, et de la préservation des paysages se pose. D’autant plus que le renouvellement des générations sera l’un des grands enjeux des dix prochaines années.
Un marché non régulé
Or, comme le rappelle la FNSafer, ce 1,3 milliard d’euros de ventes de parts sociales et d’actions est un marché non régulé. Une partie du texte introduit dans la loi Sapin 2 de 2016, sous l’impulsion de Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle, pour accroître la transparence sur ce marché et renforcer le pouvoir de régulation de la FNSafer, a été retoqué par le Conseil d’Etat. M. Hyest, qui prône un renforcement législatif, met en exergue une des failles du dispositif actuel : « Il suffit pour les investisseurs de racheter 99 % des parts d’une société agricole et de laisser 1 % à l’ancien exploitant pour éviter que la Safer puisse faire jouer son droit de préemption. »

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Le président Emmanuel Macron a promis une loi sur le foncier agricole début 2019. Une mission d’information de l’Assemblée nationale, présidée par le député LRM des Hautes-Pyrénées Jean-Bernard Sempastous, et dont les deux rapporteurs sont M. Potier et Anne-Laurence Petel (LRM), élue des Bouches-du-Rhône, planche sur le sujet. Leurs conclusions doivent être présentées à la fin de l’été.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Des hauts fonctionnaires des ministères et juridictions économiques mettent en garde, dans une tribune au « Monde », contre la porosité entre l’industrie financière et l’administration chargée d’en édicter les normes.
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« Faire évoluer la culture des relations entre l’administration et les représentants des secteurs financiers »

Des hauts fonctionnaires des ministères et juridictions économiques mettent en garde, dans une tribune au « Monde », contre la porosité entre l’industrie financière et l’administration chargée d’en édicter les normes.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 14h00
    |

Collectif Léa Guessier







                        



                                


                            
Tribune. Alors que le Brexit se prépare, la France prétend jouer sa carte en devenant un pôle-clé de la finance. Cet enjeu économique, mais également la crainte de l’éclatement d’une prochaine bulle, rendent déterminant le rôle de l’Etat comme régulateur et garant du bon fonctionnement des institutions financières. Or, comme le savent bien les praticiens de cette régulation, les outils de l’Etat sont loin d’être à la hauteur de cette mission et il est urgent de les faire évoluer.
L’une des principales difficultés de l’élaboration de la norme en matière économique et financière tient à l’expertise nécessaire. Or, si cette expertise n’existe pas en quantité finie et peut théoriquement être acquise par tous, force est de constater qu’elle est, en France au moins, détenue pour une large part par les « lobbys » financiers, c’est-à-dire par les associations, organisations et fédérations chargées de représenter les intérêts des industries financières – essentiellement les banques et les sociétés d’assurances –, en particulier auprès des pouvoirs publics.

Les moyens humains et financiers de ces lobbys sont sans commune mesure non seulement avec ceux dont disposent les représentants d’autres intérêts, comme les associations de consommateurs ou d’usagers, mais aussi avec ceux des administrations chargées d’élaborer la régulation qu’ils appliquent.
Eléments fournis « clés en main »
Pour chaque domaine de la régulation financière, on peut estimer qu’en moyenne un expert de l’administration française dispose de six ou sept interlocuteurs différents et spécialisés au sein de l’organisation professionnelle concernée. Il est, dans ces conditions, très difficile pour un expert public de parvenir au même niveau de connaissance que ses interlocuteurs privés et ceux-ci sont, dès lors, les mieux à même d’influencer la décision publique.
le degré de confiance accordée à la réponse fournie par le lobby concerné repose presque exclusivement...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Abroger la certification des comptes des PME, comme le prévoit la future loi Pacte, est une erreur, affirme dans une tribune au « Monde » l’économiste Laurent Benzoni.
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« L’audit obligatoire des commissaires aux comptes accroît la confiance dans l’entreprise certifiée »

Abroger la certification des comptes des PME, comme le prévoit la future loi Pacte, est une erreur, affirme dans une tribune au « Monde » l’économiste Laurent Benzoni.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 14h00
    |

Laurent Benzoni (Professeur au Centre de recherches en économie et droit (CRED) de l’université Paris-II-Assas)







                        



                                


                            
Tribune. Le gouvernement souhaitant réduire les charges des entreprises, l’inspection générale des finances (IGF) a recommandé l’abrogation de l’audit obligatoire des comptes des PME réalisant moins de 8 millions d’euros de chiffre d’affaires. Objectif : plus de 500 millions d’euros d’économies par an réalisées, soit 0,17 % de leur chiffre d’affaires. Prévue dans la future loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), cette mesure repose sur une analyse lacunaire, voire orientée : elle réfute les acquis de la théorie économique moderne et contredit le bilan d’expériences étrangères.
les PME certifiées subissent 40 % de moins de procédures collectives et vont deux fois moins en liquidation que la moyenne des PME
La théorie, notamment soutenue par le Prix Nobel d’économie Jean Tirole, a formalisé l’impact positif de la confiance créée par une information fiable sur les parties prenantes d’une relation économique. L’audit obligatoire des commissaires aux comptes, en garantissant la fiabilité, la régularité et la sincérité des comptes, accroît la confiance dans l’entreprise certifiée.
Que nenni, dit l’IGF, qui produit une étude se voulant rigoureuse mais qui ne répond pas aux standards minimaux de validité statistique des échantillons (« La certification légale des comptes des petites entreprises françaises », mars 2018). Avec ces biais, l’IGF nie l’impact positif du contrôle des comptes des PME. Mais quand on compare ce qui est comparable, les PME certifiées subissent 40 % de moins de procédures collectives et vont deux fois moins en liquidation que la moyenne des PME. Elles connaissent une croissance supérieure, enregistrent de moindres délais de règlement et affichent une meilleure trésorerie.
Phénomène remarquable, l’écart positif de rentabilité pour les PME certifiées est d’autant plus important qu’elles sont petites ! Ces constats devraient conduire à la proposition d’étendre l’obligation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Pour l’économiste Bastien Drut, dans une tribune au « Monde », s’il ne faut pas craindre de bulle spéculative dans le football, on peut légitimement se poser la question de la pérennité des compétitions et de leur intérêt sportif dans leur forme actuelle.
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« Pour le football européen, l’heure des choix – rupture ou redistribution – approche »

Pour l’économiste Bastien Drut, dans une tribune au « Monde », s’il ne faut pas craindre de bulle spéculative dans le football, on peut légitimement se poser la question de la pérennité des compétitions et de leur intérêt sportif dans leur forme actuelle.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 14h00
    |

Bastien Drut (stratégiste senior chez CPR Asset Management)







                        



                                


                            
Tribune. L’explosion récente des salaires et des indemnités de transfert dans le football professionnel a conduit de nombreux observateurs à parler d’une « bulle » spéculative susceptible d’exploser prochainement. Ces interrogations se sont accentuées après les méga-transferts de 2017 et 2018. Ceux de­ ­Neymar et Mbappé au PSG et ceux de Dembélé et Coutinho au FC Barcelone ont en effet coûté nettement plus de 100 millions d’euros chacun et ont largement dépassé le record établi la saison précédente lors de l’achat de Pogba par Manchester United pour 105 millions.
l’émergence des hyper-rémunérations et des méga-transferts n’a fait que suivre la très forte augmentation des recettes des clubs
Il est indéniable que les salaires des joueurs professionnels de football et les indemnités de transfert ont augmenté de façon extrêmement rapide ces vingt dernières années. Mais il faut bien voir que les recettes des clubs ont progressé tout aussi vite sur la même période !
Les ratios salaires sur recettes et amortissements des indemnités de transfert sur recettes restent contenus et sont très loin des dérapages observés au début des années 2000. En réalité, l’émergence des hyper-rémunérations et des méga-transferts n’a fait que suivre la très forte augmentation des recettes des clubs.
Les droits de retransmission des championnats européens et de la Ligue des champions sont devenus au fil du temps un produit d’appel pour la télévision payante, les fournisseurs d’accès Internet et peut-être bientôt pour les géants du numérique comme Amazon ou Facebook. Avec toujours plus d’acheteurs potentiels, ces derniers droits n’ont cessé de grimper depuis vingt ans. Ceux du championnat français de Ligue 1 viennent même de dépasser le milliard d’euros pour les saisons 2020-2024.
Stratégies de « soft power »
Les grands clubs européens ont enfin réussi à monnayer leur notoriété globale et en particulier leur poids sur les réseaux sociaux, en nouant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Le gouvernement lance une consultation publique avant de lancer une refonte des régimes de retraite, promettant « les mêmes droits pour tous pour 1 euro cotisé ».
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Réforme des retraites : à quoi correspond le « système par points » ?

Le gouvernement lance une consultation publique avant de lancer une refonte des régimes de retraite, promettant « les mêmes droits pour tous pour 1 euro cotisé ».



Le Monde
 |    31.05.2018 à 13h39
    |

                            Eléa Pommiers








                        


Le gouvernement a lancé, jeudi 31 mai, une « consultation citoyenne », sur Internet ou dans des ateliers, sur la réforme des retraites, qui était un des grands axes du programme d’Emmanuel Macron.
Interrogé dans Le Parisien, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, rappelle que l’objectif est de « créer un système universel où 1 euro cotisé donne les mêmes droits ».

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Comment fonctionne le régime de retraite actuel ?
La France est réputée pour la complexité de son système de retraite, si bien qu’il est compliqué de parler « d’un » régime de retraite. Il existe des régimes différents, selon que l’on travaille pour le secteur privé ou dans la fonction publique, que l’on est salarié ou indépendant ; sans compter les divers régimes spéciaux (marins, clercs, SNCF, RATP, Comédie française, Banque de France…). En tout, le pays compte plus d’une quarantaine de régimes, répartis entre régimes de bases et régimes complémentaires.
Malgré les différences, ils sont globalement régis par trois grands principes du système de retraite :
il est obligatoire : toute personne qui travaille cotise pour la retraite, sans possibilité d’y déroger. Pour les salariés, ces cotisations sont prélevées sur le salaire brut et acquittées par l’employeur ;c’est un système par répartition : les cotisations des actifs paient les pensions des retraités d’aujourd’hui, dans une logique de solidarité intergénérationnelle. A l’inverse, dans un régime de retraite par capitalisation, chaque actif accumule aujourd’hui un capital qui servira à payer sa propre retraite dans le futur ;il est « contributif » : les pensions de retraites sont proportionnelles au montant des cotisations versées durant la carrière. Chacun est obligé de cotiser durant une durée déterminée pour valider des « semestres » ou « annuités ». Si ces conditions sont remplies, un montant de pension est garanti (50 % du salaire moyen des vingt-cinq meilleures années de carrière pour le régime général).

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Quelle était la promesse Emmanuel Macron ?
Le président de la République avait annoncé dans son programme de campagne qu’il souhaitait mettre fin à la multiplicité des régimes de retraite et créer un système unique avec les mêmes règles pour tous les travailleurs, quel que soit leur statut. L’objectif est de remédier à la complexité du système actuel, et aux inégalités qu’il génère dans les âges de départ à la retraite et sur le montant des pensions.
Outre la création d’un système universel de retraite, Emmanuel Macron se distingue surtout en proposant la mise en œuvre d’un système de retraite proche du système « par points », où 1 euro cotisé ouvrirait les mêmes droits à tous.
Il n’est ni le seul ni le premier à envisager une réforme des retraites. Alain Juppé, qui avait voulu, en 1995, aligner les régimes de retraites, avait provoqué les grèves les plus importantes depuis 1968. En 2010, Nicolas Sarkozy avait proposé de lancer une réflexion nationale sur une « réforme systématique », qui inclurait une étude des « conditions de mise en place d’un régime universel par points ou en comptes notionnels, dans le respect du principe de répartition ».

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Qu’est-ce qu’un régime de retraite par points ?
Dans un système par points, un actif cotise et accumule chaque année un certain nombre de points. Au moment de partir à la retraite, ce total est converti en pension. Dans un régime par points classique, la pension est calculée en fonction d’une « valeur du point » valable pour tous (par exemple, 1 point = 1,25 euro). Tous les régimes complémentaires français fonctionnent actuellement sur ce modèle.
En réalité, un régime « des comptes notionnels » pour Macron
Même si sa proposition est souvent reprise sous l’appellation « retraite par points », il s’agit en réalité d’un régime légèrement différent. Durant la campagne, il a expliqué qu’il préférerait un système dit « des comptes notionnels », appliqué notamment en Italie et en Suède. De quoi s’agit-il ? Dans ce système, on imagine que chaque actif dispose d’un « compte virtuel » sur lequel est versé l’ensemble de ses cotisations. C’est ce « capital virtuel » accumulé qui sera finalement transformé en pension de retraite grâce à un « coefficient de conversion », prenant en compte deux facteurs : l’âge de départ à la retraite et l’espérance de vie de chaque génération au moment du départ. En divisant le capital virtuel accumulé par ce coefficient, on obtient le montant de l’annuité.
Concrètement, qu’est-ce que cela changerait par rapport au régime actuel ?
Ni le caractère obligatoire du système ni le principe de la retraite par répartition ne seraient remis en cause. Le compte est bien virtuel et les cotisations des actifs paient toujours les pensions des retraités. L’un des objectifs est d’offrir une plus grande liberté dans la gestion des carrières puisque les changements de statuts seraient facilités. Emmanuel Macron affirme également que les « accidents » de carrière ne seraient plus pénalisés car la durée de cotisation n’aurait plus d’importance. Seul le montant du « capital virtuel » accumulé déciderait du montant de la pension de retraite.
Le gouvernement n’a pas prévu de modifier l’âge de la retraite à 62 ans ni le montant des pensions, mais cette promesse est toute relative. Ce sera sans doute vrai sur le quinquennat, puisque la réforme se mettra en place sur plusieurs années. En revanche, une fois effective, le montant des retraites pourrait varier. Dans un régime par points, le montant des retraites n’est pas garanti (comme il l’est actuellement) puisqu’il varie en fonction de la « valeur du point » dans le système classique, ou du « coefficient de conversion » dans le système de comptes notionnels. En 2010, le Conseil d’orientation des retraites avait simulé un passage à la retraite par points mais avait souligné la difficulté à en évaluer les effets sur les pensions, qui dépendent notamment de la définition du coefficient.
En outre, le calcul du coefficient de conversion inciterait globalement à travailler plus longtemps :
il prend en compte l’âge de départ : plus une personne décide de prendre sa retraite tard, plus sa pension est élevée ;il prend aussi en compte l’espérance de vie de la génération à laquelle appartient l’assuré. Maintenir un niveau fixe de pension si l’espérance de vie augmente supposerait donc de retarder l’âge de départ à la retraite.
Ainsi, en Suède, les actifs peuvent partir dès 61 ans mais l’âge moyen auquel ils prennent leur retraite était de plus de 65 ans en 2014, contre moins de 60 ans en France, selon l’OCDE. La seule différence est qu’il reviendrait à chacun de « choisir » entre travailler plus longtemps et avoir une meilleure pension, ou partir plus tôt avec une pension moindre. Autrement dit, plus aucun gouvernement n’aurait à légiférer sur l’épineuse question de l’âge de départ à la retraite.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Avec la crise des opioïdes, les décès par overdose de drogue ont explosé aux Etats-Unis, mais l’administration Trump tarde à s’en préoccuper, note l’éditorialiste du « Monde » Philippe Escande.
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« Le recul de l’espérance de vie, une nouvelle tragédie américaine »

Avec la crise des opioïdes, les décès par overdose de drogue ont explosé aux Etats-Unis, mais l’administration Trump tarde à s’en préoccuper, note l’éditorialiste du « Monde » Philippe Escande.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 12h52
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Qui l’eût cru ? Pour la première fois de l’histoire moderne, il est plus sûr de naître en Chine qu’aux Etats-Unis, si l’on veut vivre longtemps en pleine forme. Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé, dévoilées par l’agence Reuters, un bébé chinois peut espérer vivre 68,7 ans en bonne santé, contre 68,5 ans pour un Américain.
Pour le moment, en matière d’espérance de vie totale, les Etats-Unis restent devant, à 78,5 ans, contre 76,4 ans en Chine, mais l’information confirme une tendance observée depuis quelques années : la santé se dégrade aux Etats-Unis. En décembre 2017, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) avaient pointé cette triste réalité dans leur rapport annuel. Pour la première fois depuis 1963, l’espérance de vie a diminué deux années de suite dans le pays, en 2015 et 2016.

Il ne s’agit pas d’un mouvement général, mais spécifiquement américain, même si tous les pays occidentaux connaissent un tassement de l’espérance de vie en bonne santé. Seuls cinq pays ont connu une chute en 2016 : le pays le plus riche de la planète rejoint la Somalie, l’Afghanistan, la Géorgie et l’archipel de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. A l’inverse, les bébés singapouriens, japonais ou suisses sont les plus chanceux du classement et les pays d’Asie sont ceux qui connaissent la plus forte amélioration, reflet de leur santé économique. L’espérance de vie aux Etats-Unis est aujourd’hui en dessous de celle de l’OCDE et plus proche de celle de la Turquie que des pays européens.
Délitement social
L’origine de cette situation est identifiée. Selon le CDC, c’est l’explosion des décès par overdose de drogue (essentiellement les opioïdes) aux Etats-Unis. Avec 63 000 morts en 2016, ils sont devenus la troisième cause de mortalité dans le pays derrière les maladies cardiaques et les cancers. Loin derrière, mais comme ils sont concentrés sur des populations jeunes,...




                        

                        


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Décryptage

Pourquoi l’économie du Malawi ne fait toujours pas un tabac

Malgré ses atouts, le pays d’Afrique australe est l’un des plus pauvres au monde. Entre autres freins : le manque de diversification économique et la corruption généralisée.

Par                                            Marion Douet (Lilongwe, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-05-31T12:23:12+02:00"

        Le 31.05.2018 à 12h23






    
Dans une exploitation de tabac, à Zomba, au Malawi, en 2014.
Crédits : GIANLUIGI GUERCIA/AFP


Ces cinq dernières années, le revenu par habitant a baissé de 30 % au Malawi. Dans le même temps, cet indicateur du développement économique bondissait chez certains de ses voisins, telle la Tanzanie. Au sein d’une Afrique australe dynamique, le pays, certes petit et enclavé, reste l’un des Etats les plus pauvres de la planète.

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A Lilongwe, capitale à l’ambiance rurale, certains observateurs sont circonspects. « Le Malawi est un pays paisible, qui n’a pas connu de conflits et dont les voisins ne sont pas en guerre ; son climat est plutôt bon, il y a de la terre, de l’eau…, égrène une source diplomatique. Pourtant, c’est toujours l’un des plus pauvres du monde, au même titre que des pays ravagés par la guerre comme la Centrafrique. »
Sécheresses et inondations
Comment expliquer cet immobilisme ? L’économie du Malawi, un long croissant de terre qui épouse l’immense lac éponyme (sa surface équivaut à celle de la Belgique), repose tout d’abord sur une agriculture très dépendante des pluies. Pilier de l’économie, ce secteur représente 30 % du PIB mais manque cruellement de moyens, à commencer par des systèmes d’irrigation.
Dans ce pays régulièrement touché par les sécheresses et les inondations, c’est toute l’économie qui tangue à chaque événement climatique extrême. Ainsi, en 2016, année d’un phénomène El Nino particulièrement rude, la croissance n’a pas dépassé les 2,3 % (contre 4 % en 2017). Un taux trop faible étant donné l’essor rapide de la population (18,3 millions d’habitants, + 3 % par an), souligne Ben Kaluwa, professeur d’économie à l’université du Malawi. « Vu notre taux de pauvreté, même 4 % ou 5 % de croissance ne serait pas suffisant », estime-t-il, citant en exemple le voisin tanzanien, dont la croissance dépasse les 6 %.

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La faible diversification de l’économie contribue également à ce manque de dynamisme. Au Malawi, un produit roi, véritable « pétrole vert », domine les affaires : le tabac. « Il représente environ 60 % des entrées de devises au Malawi », souligne Karl Chokotho, qui vient de quitter la présidence de la Fédération des chambres de commerce. Et l’homme d’affaires d’ajouter : « La majorité du secteur privé est liée au tabac, qu’il s’agisse de l’industrie, des banques, des assurances, des entreprises de logistique ou même des services de santé. »
Bien que certains fondamentaux se soient améliorés (l’inflation est revenue à moins de 10 %), les investisseurs dédaignent le pays, qui possède pourtant d’importants atouts, notamment dans le tourisme. Pour Karl Chokotho, l’accès difficile au crédit est l’un des principaux freins. « Les taux d’intérêts sont très élevés, autour de 26 % », insiste-t-il, déplorant également le manque d’électricité. Le Malawi ne possède pas plus de 200 mégawatts (MW) de capacités électriques, contre 2 400 MW pour la Zambie voisine, dont la population est comparable. Les coupures y sont donc nombreuses et peuvent durer, dit-on, « jusqu’à dix heures par jour ».
Le scandale du Cashgate
Enfin, les investisseurs ont également été refroidis par le scandale du Cashgate. Révélé en 2013, ce gigantesque détournement de fonds a siphonné quelque 30 millions de dollars (environ 22 millions d’euros) au profit de hauts responsables malawites. A la suite de cette affaire, les grands bailleurs de fonds ont arrêté d’octroyer des aides budgétaires directes au Malawi, avec un impact direct puisque les quelque 150 millions de dollars annuels représentaient 40 % du budget gouvernemental, rappelle le professeur Ben Kaluwa.
Pour beaucoup, la corruption est le premier frein au développement du pays. Car le Cashgate, très médiatisé et qui a coûté sa réélection à l’ancienne présidente, Joyce Banda, en 2014, est loin d’être un exemple isolé. A Lilongwe, l’énorme stade flambant neuf qui domine la ville ou encore l’impeccable centre international de conférences – où se tient, à prix d’or, « la moindre réunion ministérielle », selon un observateur – provoquent des moues dubitatives. Récemment, la société civile a découvert que le gouvernement de l’actuel président, Peter Mutharika, élu sur la promesse de mettre fin à la corruption, projetait de distribuer 4 milliards de kwachas (4,7 millions d’euros) à des députés réfractaires à certaines réformes.

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Samedi 26 mai, le vice-président lui-même a dénoncé publiquement ce mal qui ronge le pays jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. « Condamnons la corruption, arrêtons d’applaudir les voleurs », a exhorté Saulos Chilima. « La corruption empire et atteint des niveaux embarrassants. C’est une mauvaise pratique qui met en danger la vie des gens, car elle conduit, entre autres, à l’absence de médicaments dans les hôpitaux », a poursuivi le numéro deux de l’Etat, qui ne cache plus ses ambitions présidentielles pour les élections de 2019.


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Le commissaire européen à l’économie et à la fiscalité décrypte, dans un entretien au « Monde », les annonces de Bruxelles sur le budget européen et revient sur la crise italienne.
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Pierre Moscovici : « Cette Commission n’est pas là pour présenter des diktats »

Le commissaire européen à l’économie et à la fiscalité décrypte, dans un entretien au « Monde », les annonces de Bruxelles sur le budget européen et revient sur la crise italienne.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 12h04
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La Commission européenne détaillait, jeudi 31 mai, sa proposition d’un embryon de budget de la zone euro, qui prévoit deux fonds, l’un de 25 milliards d’euros (pour 2021-2027) destiné à aider au financement des réformes dans les pays membres, et l’autre de 30 milliards d’euros, censé, par le biais de prêts, venir en aide aux pays touchés par un accident de parcours, afin d’éviter qu’ils coupent dans leurs investissements. Le Français Pierre Moscovici, commissaire à l’économie et à la fiscalité, revient sur l’esprit de ces annonces et sur la crise italienne.
Nous sommes quand même très loin d’un budget de la zone euro à plusieurs points de PIB que le président français réclame. Ce souhait est-il irréaliste ?
Nos propositions peuvent paraître modestes à ce stade, mais elles ouvrent des perspectives concrètes pour l’avenir. Elles représentent une percée conceptuelle et politique dans la réflexion menée jusqu’à présent sur l’Union économique et monétaire, parce que ce sont deux mesures de solidarité. La zone euro a été construite sur les notions de responsabilité, dont la responsabilité budgétaire, qui inspire le Pacte de stabilité et de croissance. Pour la rendre plus efficace, tournée vers l’avenir et plus populaire, il faut la compléter, après avoir rendu le pacte plus flexible, par cette dimension essentielle de la solidarité.
Pour ce qui est du premier outil d’aide aux réformes économiques [doté de 25 milliards d’euros], il conforte ma lecture de nos règles, qui a toujours été la même : mieux vaut inciter que punir. Et pour ceux qui craignent que cette proposition ressemble trop à l’idée des « contrats » d’Angela Merkel [la chancelière allemande, en 2013], les réformes que l’on veut financer devront être des réformes « 2.0 » qui encouragent la formation, l’éducation, etc. Et pas seulement les réformes « 1.0 », des retraites et du marché du travail.
Quant à la fonction de stabilisation de la zone...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Comme de nombreux agriculteurs, Luc Smessaert, le vice-président de la FNSEA, estime que les « aides PAC sont vitales ». Elles représentent 47 % de leur revenu en moyenne.
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Les agriculteurs français restent très dépendants des aides de la politique agricole commune

Comme de nombreux agriculteurs, Luc Smessaert, le vice-président de la FNSEA, estime que les « aides PAC sont vitales ». Elles représentent 47 % de leur revenu en moyenne.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 14h58
    |

            Laurence Girard








                        



   


« Les aides PAC [politique agricole commune] sont vitales pour nous », déclare sans ambages Luc Smessaert, vice-président Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Agriculteur à Roy-Boissy, dans l’Oise, il gère une exploitation de polyculture élevage. « Sur notre exploitation, elles représentent 15 % de notre chiffre d’affaires et 30 % de nos revenus », explique-t-il. Comme d’autres, il a été confronté à la baisse des subsides européens actée lors de la PAC 2015-2020, un coup de rabot que M. Smessaert évalue à 12 %, à la suite de la volonté politique de Bruxelles de réduire les écarts du paiement de l’aide directe à l’hectare, entre départements mais aussi entre pays.
Même son de cloche du côté des céréaliers. « Si nous n’avions plus d’aides PAC, ce serait suicidaire », réagit Philippe Pinta, président de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), qui ajoute « chaque année, depuis cinq ans, 30 % des céréaliers sont dans le rouge ». Selon lui, « tous les producteurs des grands pays concurrents, Etats-Unis, Ukraine comme Russie ont des aides d’Etat ». Il constate également l’érosion du montant des subsides européens. Un céréalier en Picardie a vu le montant des aides à l’hectare passer de 400 à 250 euros en cinq ans. Soit un total annuel de 62 000 euros contre 80 000 euros précédemment.

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                Bruxelles compte réduire le budget de la PAC 2021-2027 de 12 %



L’appréciation est la même sur les pentes jurassiennes. Pourtant Nicolas Girod exploite avec son frère, une ferme laitière dont le lait est transformé en comté. « Nous avons la chance de travailler pour un produit bien valorisé, mais il serait compliqué de se passer des aides PAC. D’autant que nous sommes deux à vivre sur la ferme qui compte 40 vaches sur 70 hectares », affirme-t-il. L’exploitation touche une aide à l’hectare de 80 euros à laquelle s’ajoute une indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN). « Les fortes pentes nous obligent à avoir un matériel spécifique et la neige contraint à renforcer les constructions », explique M. Girod. Au total, il touche 30 000 euros de subsides européens. A priori avec la PAC 2015-2020, il devait bénéficier de la convergence. « L’aide à l’hectare devait passer de 80 à 90 puis à 120 euros. Or, la première année, elle a baissé de quelques euros, puis est passée à 90 euros avant de rebaisser à nouveau. »
« Il faut la réformer »
M. Girod, qui est secrétaire national du syndicat Confédération paysanne, regrette « que la promesse de la convergence n’ait pas été appliquée ». Surtout, il estime que cette PAC « a été mal mise en place. Avec le “paiement vert”, elle devait redonner des primes pour les avancées environnementales. Cela n’a pas été le cas ». A priori, 30 % des paiements à l’hectare étaient conditionnés au respect de mesures environnementales. « Les conditions sont accessibles à tout le monde », reconnaît M. Pinta. Un seul exemple donné par M. Girod : « Maïs semence, maïs grain et maïs ensilage comptent comme trois cultures différentes et donc entrent dans les obligations de rotation de culture ».
Le jurassien considère également que ce paiement à l’hectare et le non-plafonnement des aides ont favorisé l’agrandissement des exploitations. Il souhaiterait qu’il y ait une pondération en fonction du nombre d’actifs sur l’exploitation. M. Pinta, pour sa part, s’inquiète de la nationalisation grandissante de la PAC, source de distorsion de concurrence entre les pays européens. « Il faut réformer la PAC pour la rendre plus lisible pour l’agriculteur et le consommateur. Et faire qu’elle permette de résister aux crises. Elle ne fonctionne pas correctement depuis que l’on a désarmé les outils de gestion de crise. Mais sans les aides PAC, il n’y aurait plus de revenu agricole. Elles représentent 47 % du revenu des agriculteurs français en moyenne. Et les aides à l’hectare aux Etats-Unis sont le double de celles octroyées en Europe », explique Michel Dantin, député européen du Parti populaire européen.

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Sachant toutefois que certaines productions agricoles françaises ne touchent pas d’aide à l’hectare. Celles qui en fait, historiquement, travaillaient sur de petites parcelles. Comme la viticulture, le maraîchage ou l’arboriculture. Des secteurs qui ne dépendent pas du premier pilier de la PAC, celui de l’aide directe, mais du second pilier par le biais d’organisation commune de marché (OCM). Ils bénéficient ainsi de soutien à l’investissement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Le syndicat prône une introduction « socialement responsable » du groupe verrier Verallia, cédé en 2015 par Saint-Gobain au fonds américain Apollo, qui pense à sa sortie.
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Quand la CGT milite en faveur de la Bourse

Le syndicat prône une introduction « socialement responsable » du groupe verrier Verallia, cédé en 2015 par Saint-Gobain au fonds américain Apollo, qui pense à sa sortie.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h50
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Pour la CGT, « c’est un peu une première », reconnaît un militant. Mais voilà, il faut bien s’adapter à la réalité. Chez Verallia, le syndicat ouvrier a donc arrêté sa position : pour assurer l’avenir de ce groupe de 10 000 salariés, champion français des bouteilles en verre, la Bourse est la meilleure solution.
Après des mois de réflexion et de préparation avec un avocat, la CGT s’apprête à faire campagne en ce sens. « Nous terminons de peaufiner un projet d’introduction en Bourse “socialement responsable’’, que nous présenterons courant juin », précise Dominique Spinali, secrétaire CGT du Comité économique européen de Verallia.
« Un symbole de notre histoire sociale »
Cette conversion cégétiste aux bienfaits du marché financier est d’autant plus frappante qu’elle concerne une entreprise politiquement sensible. Ancienne filiale de Saint-Gobain, Verallia détient parmi ses 32 sites la célèbre Verrerie ouvrière d’Albi (Tarn), qui fut la toute première coopérative ouvrière en France, soutenue par Jean Jaurès. A ce titre, « Verallia est un symbole de notre histoire sociale », estime la CGT.
Que va devenir cette maison symbolique ? C’est la question du moment. En 2015, Saint-Gobain a cédé la société au fonds américain Apollo, qui a prévenu qu’il ne resterait qu’entre trois et cinq ans et pense déjà à sa sortie. « Elle interviendra probablement dans les deux ans », confirme Michel Giannuzzi, le dirigeant recruté en 2017 pour rendre le groupe encore plus solide et rentable avant sa revente. Depuis son arrivée, l’ex-PDG de Tarkett a mis en place une série de plans destinés à améliorer encore les performances de Verallia, notamment grâce à une vigoureuse chasse aux coûts et aux gaspillages. « Notre concurrent espagnol Vidrala dégage une marge brute d’exploitation de plus de 24 %, contre 20 % pour Verallia, souligne-t-il. Nous devons pouvoir atteindre ce niveau nous aussi. »
Pour la suite,...




                        

                        


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Grand Paris Express : les élus de Seine-Saint-Denis demandent un nouveau calendrier à Emmanuel Macron

Dans une lettre ouverte au président de la République, soixante maires et élus locaux s’inquiètent du retard prévu des nouvelles lignes de métro, « cruciales » pour le département.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 12h07
   





                        



   


Plus d’une soixantaine de maires et d’élus de Seine-Saint-Denis, toutes tendances politiques confondues, ont envoyé jeudi 31 mai une lettre ouverte au président de la République pour protester contre le retard annoncé du Grand Paris Express. Ils lui ont notamment rappelé son engagement répété à lutter contre « l’assignation à résidence » en favorisant la mobilité.
« Parent pauvre des transports »
En février, le gouvernement avait annoncé un nouveau calendrier pour la réalisation du métro du Grand Paris, afin d’éviter un dérapage des coûts de ces 200 kilomètres de lignes, 68 gares et 7 centres techniques. Il avait ainsi fixé deux priorités : les lignes « qui bénéficient au plus grand nombre de Franciliens » et « nécessaires pour le bon déroulement des Jeux olympiques de 2024 », et la ligne 16 entre le Bourget-RER et la future gare de Clichy-Montfermeil qui permettra de désenclaver les cités sensibles de ces communes.

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Mais ce nouveau calendrier est loin d’avoir rassuré les élus de Seine-Saint-Denis, qui estiment leur département « particulièrement touché par ce recalage, puisque les lignes 15 Est, 16 et 17 qui doivent [le] desservir prennent cinq à six ans de retard ». Ils s’inquiètent aussi de retards sur les lignes 11, 12 et 14, ainsi que sur des lignes du tramway et rappellent que « ces nouvelles infrastructures sont pourtant cruciales pour notre département, qui a longtemps été le parent pauvre des transports en mode lourd en Île-de-France »

   


Insistant sur le dynamisme de leur territoire, dans « le top 5 » des départements créateurs d’entreprises, ils appellent à un « rééquilibrage emploi-habitat indispensable », qui « ne pourra se poursuivre sans moyens de transport supplémentaires ». Les élus soulignent avoir construit de nombreux logements (17 000 permis délivrés en 2016, soit 18 % du volume régional) et demandent à l’Etat d’« honorer sa part du contrat » et de reconsidérer le calendrier des projets de transport.
Manque de concertation
Dans leur courrier, ils rappellent à Emmanuel Macron ses engagements pris lors de son discours sur les banlieues : « La “politique d’émancipation permettant à chacun de pouvoir aller vers ce à quoi il aspire”, la volonté “qu’il n’y ait plus cette assignation à résidence sociale ou territoriale”, que vous évoquiez dans votre discours du 22 mai, passent aussi et surtout par un accès facilité à la mobilité et donc par un développement du réseau de transport dans ces quartiers, dans nos quartiers ».
Début avril, le gouvernement avait déjà suscité l’ire des élus locaux en nommant Thierry Dallard comme président du directoire de la Société du Grand Paris, chargée de superviser le Grand Paris Express. Les présidents des sept départements d’Ile-de-France avaient décidé de ne pas voter pour cette nomination, dénonçant le manque de concertation et protestant également contre le nouveau calendrier.

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Commerce : dialogue de sourds à l’OCDE entre Washington et ses partenaires

Dans un discours, le président Emmanuel Macron a plaidé pour le sauvetage et la réforme du système multilatéral, mercredi, à Paris.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h29
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Le multilatéralisme est en danger, il faut le sauver ! « Notre responsabilité a déjà commencé pour éviter le pire », a lancé le président français Emmanuel Macron, dans un discours prononcé à Paris, mercredi 30 mai, à l’occasion de la réunion annuelle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Face à une administration américaine qui joue avec les nerfs de ses partenaires, M. Macron s’est une nouvelle fois posé en champion d’une mondialisation ouverte et fondée sur des règles.
Ses propos ont fait écho à ceux déjà tenus ces derniers mois, à Davos, au Congrès américain ou encore à Aix-la-Chapelle (Allemagne). Mais le lieu, comme le calendrier, leur donnait un relief particulier. L’OCDE, dont la France préside cette année la ministérielle, mercredi et jeudi, est « l’héritière du multilatéralisme d’après-guerre, de la reconstruction de l’Europe et du lien transatlantique », a souligné le chef de l’Etat français. Or ce lien n’est plus ce qu’il était. La politique brutale du président américain Donald Trump, sur l’Iran, l’accord de Paris sur le climat et ses menaces de sanctions commerciales tous azimuts l’ont gravement abîmé.

M. Trump décidera-t-il d’imposer des taxes punitives sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance de l’Union européenne, à compter du 1er juin ? Vent debout, les Européens continuaient de réclamer mercredi une exemption définitive, sans plus se faire d’illusions. « Une guerre commerciale est toujours une guerre perdue par tous : par nos industries, nos agriculteurs, nos consommateurs, nos concitoyens », a prévenu le président français, prenant le contre-pied d’une formule désormais célèbre de son homologue américain, qui affirmait en mars : « Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner. » 
Querelle sur l’acier
Comme s’il prenait acte d’une première manche déjà jouée, M. Macron s’est projeté dans l’après. Il a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Sur les 284 anciens salariés du groupe qui a délocalisé sa production en Pologne, 186 ont été repris pour le projet de reconversion.
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Le site Whirlpool d’Amiens s’arrête, le projet d’usine ouverte de WN commence

Sur les 284 anciens salariés du groupe qui a délocalisé sa production en Pologne, 186 ont été repris pour le projet de reconversion.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 15h06
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


Son parking a été le théâtre de l’une des grandes passes d’armes de la campagne présidentielle, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, au printemps 2017, en plein entre-deux-tours. Jeudi 31 mai, le rideau devait tomber officiellement sur l’usine de Whirlpool d’Amiens, et attirer de nouveau sur le parking des équipes de télévision venues recueillir le sentiment des employés du site. Avant le lancement, dès vendredi 1er juin, du projet de reconversion du site portée par la société WN de l’entrepreneur Nicolas Decayeux.
Un peu avant 5 heures du matin, jeudi, sortait de la ligne de montage le dernier sèche-linge du site. « Ce jeudi, les 284 salariés sont invités à venir une dernière fois ensemble à l’usine, s’ils le souhaitent », précise Cécile Delpirou, la secrétaire (CFE-CGC) du comité d’entreprise de Whirlpool, la voix un peu serrée.
« On fait avec, mais c’est difficile »
« Ce sera émotionnellement compliqué, car fermer une usine, c’est dur », complète l’élue, qui se bat pour la sauvegarde de l’emploi depuis plus d’un an et demi et l’annonce, à la fin janvier 2017, par la direction de l’entreprise américaine, de la délocalisation de la production de sèche-linge en Pologne. « On fait avec, mais c’est difficile, glisse Frédéric Chantrelle (CFDT). Avec une moyenne d’âge de 49 ans dans l’usine, la multinationale pouvait faire un effort et nous laisser travailler encore dix ans… Et ce alors qu’elle fait d’importants bénéfices. » 

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Même amertume chez son collègue de l’intersyndicale François Gorlia (CGT) : « J’en veux beaucoup au groupe Whirlpool qui nous fout à la porte. » Pour accompagner cette fermeture, l’américain a, sous la pression des salariés, des collectivités locales et de l’Etat, réalisé un vrai travail de reconversion du site et d’accompagnement des salariés.
« Par rapport à d’autres entreprises, Whirlpool a fait les choses correctement », reconnaît Mme Delpirou. Sur les 284 salariés, 186 ont déjà été repris par le groupe WN, une vingtaine ont soit retrouvé un emploi ailleurs, soit décidé de quitter la région, tandis qu’une cinquantaine partent en retraite, la préparent ou se lancent dans un projet entrepreneurial. « Au total, une trentaine de personnes n’ont toujours pas trouvé de réelle solution », estime M. Gorlia.
« A pied d’œuvre depuis le début de l’année »
Quant au site, il revivra dès vendredi 1er juin. « Nous sommes à pied d’œuvre depuis le début de l’année, explique Nicolas Decayeux, qui a dévoilé son projet de reprise en septembre 2017. Nous avons déjà recruté 186 anciens salariés de Whirlpool. Seuls 9 n’ont pas été recrutés parmi les candidats, car ils ne correspondaient pas à nos besoins ou ils n’étaient pas motivés pour nous rejoindre. » « Ils ont payé leur engagement dans la lutte contre la fermeture du site, pense un syndicaliste, même s’il est impossible de le prouver. »

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                Emmanuel Macron de retour à Amiens auprès des salariés de Whirlpool



Si WN a proposé un CDI à plus de 180 personnes de l’usine de sèche-linge, c’est certes pour répondre à ses besoins, mais aussi parce qu’il s’agit du seuil qu’avait fixé Whirlpool pour apporter son aide financière à la réindustrialisation du site. La société et les pouvoirs publics se sont engagés à apporter une quinzaine de millions d’euros pour aider WN à lancer la production de casiers pour les drive de la grande distribution, ainsi que de petits véhicules utilitaires urbains, en coopération avec le constructeur automobile Secma.
« Depuis le début de l’année, nous avons installé des nouvelles machines et nous produisons déjà notre shopping box, un meuble qui juxtapose des casiers tempérés (5-25 °C), frais (5 °C) et surgelés (– 18 °C). Cet été, Whirlpool va déménager ses machines, sauf la chaîne de peinture. Pour le reste, nous devons encore déployer des nouveaux équipements d’usinage afin de fabriquer le plus tôt possible le petit véhicule utilitaire destiné, notamment, à la logistique du dernier kilomètre », explique M. Decayeux.
« Nous espérons que cela va marcher »
Au-delà de ces deux projets, les salariés assureront la production de métal pour Ageco, une société d’agencement de surfaces de vente, qui s’est installée sur le site en février afin de relocaliser sa production en provenance de Roumanie et de Pologne. Par ailleurs, le patron du lieu fourmille de projets pour son « open factory » (usine ouverte) : « Nous étudions toujours la production d’armoires électriques de stockage d’énergie photovoltaïque et plusieurs autres projets sont en discussion ou en phase d’étude d’industrialisation. »

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L’installation de cette usine ouverte peut-elle tenir ? « Nous prévoyons d’arriver à l’équilibre d’ici à 2019 ou 2020, reprend M. Decayeux. Il faudra d’ici là investir environ 21 millions d’euros, apportés par Whirlpool, les pouvoirs publics et un pool bancaire. » Et si cela fonctionne, WN pourra obtenir pour 1 euro symbolique la propriété du site. « Nous espérons que cela va marcher », dit M. Chantrelle. « Pour l’instant, WN tient ses promesses et ses délais, reprend Mme Delpirou. On croise les doigts. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Dans cette chronique, la journaliste Audrey Tonnelier revient sur le « non, mais… », d’Edouard Philippe aux demandes des chefs d’entreprise pour une baisse additionnelle des impôts sur la production.
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Fiscalité des entreprises : « Les patrons sont déçus »

Dans cette chronique, la journaliste Audrey Tonnelier revient sur le « non, mais… », d’Edouard Philippe aux demandes des chefs d’entreprise pour une baisse additionnelle des impôts sur la production.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h00
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            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Tendances France. Il n’y aura pas de grand soir fiscal pour les chefs d’entreprise. Pas encore, en tout cas. Le premier ministre Edouard Philippe a courtoisement, mais fermement, opposé une fin de non-recevoir aux patrons en écartant, lundi 28 mai, l’hypothèse d’une baisse additionnelle l’an prochain des impôts de production, ces prélèvements qui pèsent sur le chiffre d’affaires des entreprises. Motif : « un environnement [budgétaire] contraint », a-t-il rappelé lors d’une réunion du comité exécutif du Conseil national de l’industrie (CNI), cette instance de conseil des pouvoirs publics qui réunit entreprises et représentants des salariés.
Des baisses d’impôts pour les entreprises sont d’ores et déjà prévues pour l’an prochain, fait valoir l’exécutif. Elles représenteront plus d’un milliard d’euros, via notamment la hausse des seuils et la suppression partielle du forfait social sur l’épargne salariale, contenus dans la loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises).

Celle-ci est attendue, après maints reports, en conseil des ministres le 20 juin. Doivent s’y ajouter la suppression de petites taxes annoncée par le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, et la baisse du plafond de la taxe additionnelle à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). De quoi atteindre un allégement de fiscalité de plus de 1,5 milliard d’euros d’ici à la fin du quinquennat, a assuré M. Philippe.
Casse-tête budgétaire
Alors que l’aile gauche de la majorité fait de plus en plus entendre sa voix, et que le gouvernement cherche par tous les moyens à réduire la dépense publique – une réforme des aides aux entreprises doit, elle, permettre à l’Etat d’économiser jusqu’à 5 milliards d’euros –, l’ancien député LR de Seine-Maritime pouvait difficilement faire mieux. D’autant que 2019 sera aussi l’année de la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse...




                        

                        

