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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Convoquant une conférence de presse surprise, l’ancien entraîneur du club madrilène a exposé les raisons de sa décision.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Vivement critiquées depuis hier et l’annonce de cette mise en scène inédite, les autorités ukrainiennes justifient leur opération par l’arrestation d’un Ukrainien hier à Kiev, soupçonné d’avoir préparé le meurtre d’Arkadi Babtchenko.
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Ce que l’on sait de la mise en scène de la mort d’Arkadi Babtchenko

Vivement critiquées depuis hier et l’annonce de cette mise en scène inédite, les autorités ukrainiennes justifient leur opération par l’arrestation d’un Ukrainien hier à Kiev, soupçonné d’avoir préparé le meurtre d’Arkadi Babtchenko.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 16h52
   





                        



   


L’opération montée par les services secrets ukrainiens pour faire croire à la mort du journaliste russe Arkadi Babtchenko, vif critique du pouvoir russe qui craignait pour sa vie, a provoqué de nombreuses réactions. Cette mise en scène, révélée mercredi 30 mai, vingt-quatre heures après l’annonce de « l’assassinat » du journaliste exilé à Kiev, avait pour objectif de déjouer un projet présumé des services russes d’attenter à sa personne, ont affirmé les services ukrainiens.
Retour sur ce que l’on sait de cette opération quasi inédite, et ce que l’on ignore.

        Lire l’édito du « Monde » :
         

          Ukraine : une manipulation toxique



Pourquoi les Ukrainiens ont-ils monté cette opération ?
Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont justifié cette opération d’envergure par l’existence d’un contrat d’assassinat envers Arkadi Babtchenko, dont ils ont informé ce dernier il y a deux mois, selon le responsable du SBU, Vassyl Grytsak. « Ils m’ont montré des documents, les détails et la photo de mon passeport. Je l’ai fait faire à l’âge de 25 ans [il y a seize ans] et elle n’existe que dans mon passeport et au bureau des passeports. Il est apparu clair que ces informations provenaient de l’administration publique russe », a déclaré le journaliste lors de la conférence de presse où il est réapparu mercredi.
Selon les renseignements récoltés par le SBU, un Ukrainien aurait été approché par les services de sécurité russes pour engager un homme et lui commanditer l’assassinat d’Arkadi Babtchenko, pour la somme de 40 000 dollars : 10 000 lui sont donnés en avance, et 30 000 lui sont promis après le meurtre. Vassyl Grytsak a affirmé que l’homme avait été arrêté trois heures avant la conférence tenue à 17 heures (16 heures, heure française), à Kiev.
Qui est l’homme arrêté à Kiev ?
Son identité n’a pas été dévoilée autrement que « Monsieur G. ». Nous ne savons de lui que ce qui a été dit lors de la conférence de presse.
A savoir qu’après avoir accepté la proposition des services russes, G. aurait engagé une connaissance, un vétéran s’étant battu dans l’est de l’Ukraine, lors du conflit séparatiste de 2014 dans le Donbass. Mais ce dernier aurait ensuite contacté les autorités ukrainiennes et accepté de coopérer avec elles et de prétendre honorer sa commande, récoltant les 30 000 dollars de récompense au passage (G. gardant les 10 000 dollars de départ, selon eux).
Selon M. Grytsak, G. devait ensuite préparer les assassinats d’une trentaine d’autres personnes, de son propre aveu, essentiellement des Russes exilés en Ukraine. « Cette commande était un test », a-t-il poursuivi, précisant connaître plusieurs noms des cibles potentielles, sans toutefois en dévoiler l’identité.

        Lire aussi :
         

                La fausse mort de Babtchenko, une aubaine pour le pouvoir russe



Comment le meurtre a-t-il été mis en scène ?
Là encore, peu de détails ont été donnés. La nouvelle de la mort d’Arkadi Babtchenko est diffusée pour la première fois peu après 21 heures par l’Agence France-Presse, qui cite un communiqué de presse de la police ukrainienne. Le porte-parole de la police, Iaroslav Trakalo, affirme que « sa femme était dans la salle de bain, elle a entendu un coup sec. Quand elle est sortie, elle a vu son mari ensanglanté », à l’extérieur de leur domicile, dans le quartier de Dniprovski, à Kiev, ajoutant que le journaliste était « mort dans l’ambulance ».
Une photo du corps de Babtchenko au sol, atteint de trois balles dans le dos, circule rapidement sur Internet. Même si les explications données par les autorités ukrainiennes n’étaient pas claires sur ce point, il semble que l’assassin ne pouvait être payé que s’il produisait une preuve photographique de son crime. L’utilité de sa diffusion sur Internet n’est en revanche pas encore claire.
Moins de deux heures après l’annonce de la mort de M. Babtchenko, la police nationale a diffusé sur sa page Facebook un portrait-robot du tueur supposé.



Les proches de Babtchenko étaient-ils impliqués ?
D’après M. Babtchenko, ses proches n’étaient pas au courant et ont donc réellement cru à sa mort. Le journaliste a ainsi tenu à s’excuser en conférence de presse : « Premièrement, j’aimerais présenter mes excuses à tous ceux qui ont souffert à cause de ça, parce que je connais ce sentiment horrible de devoir enterrer vos collègues. Et je dois des excuses spéciales à ma femme pour l’enfer qu’elle a vécu. »
Il semble que sa femme, qui a appelé l’ambulance en affirmant avoir trouvé son mari gisant au sol, n’ait pas été impliquée dans l’organisation de cette mise en scène. Plus tard, lors de la conférence de presse, M. Babtchenko n’a toutefois pas répondu à une question qui lui était posée sur ce point.
Et ensuite ?
Le faux assassin, qui a accepté de coopérer avec l’Ukraine, aura le statut de témoin, a indiqué le procureur général Iouri Loutsenko, qui a justifié l’opération par la nécessité de faire croire aux commanditaires qu’ils avaient réussi leur entreprise, même si, pour le moment, seul l’organisateur ukrainien a été appréhendé. Ce dernier devrait répondre pénalement devant la justice ukrainienne, même s’il est trop tôt pour se prononcer sur les suites judiciaires le concernant.

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                L’Ukraine annonce avoir mis en scène l’assassinat du journaliste russe Arkadi Babtchenko, bien vivant







                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-3">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Washington a décidé de ne pas prolonger l’exemption temporaire accordée à l’UE et va mettre en place des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium.
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Les Etats-Unis vont taxer l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne à partir de vendredi

Washington a décidé de ne pas prolonger l’exemption temporaire accordée à l’UE et va mettre en place des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 16h50
   





                        


Le secrétaire américain au commerce Wilbur Ross a annoncé, jeudi 31 mai, que les Etats-Unis allaient appliquer dès vendredi d’importants tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne (UE), mais aussi du Mexique et du Canada.
Les Etats-Unis ont donc décidé de ne pas prolonger l’exemption temporaire accordée à l’Union européenne jusqu’à jeudi minuit et vont mettre en place des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium. Le sursis sur ces taxes est également levé pour le Mexique et le Canada, les deux partenaires de l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna) dont la renégociation, entamée il y a dix mois, peine à aboutir.
Pour justifier sa décision, Wilbur Ross a précisé que les Etats-Unis ne voulaient pas accorder aux Vingt-huit « une exemption permanente et inconditionnelle sur les tarifs » :
« Nous avons eu des discussions avec la Commission européenne et même si nous avons fait des progrès, ils ne sont pas allés jusqu’au point où il aurait été justifié soit de prolonger l’exemption temporaire, soit d’accorder une exemption permanente. »
Représailles de l’UE et du Mexique
Le ministre de Donald Trump a minimisé les risques de représailles de la part de ces pays, ajoutant qu’il y avait « un potentiel de discussion » avec l’Union européenne. Mais, a-t-il prévenu, « comme nous ne savons pas quelle va être leur réaction à l’idée de continuer les discussions » malgré l’imposition des tarifs, « il est un peu prématuré pour savoir quels seront les sujets de ces négociations ».
L’Union européenne avait en effet exigé l’exemption définitive de ces taxes douanières comme tout préalable aux négociations. Les Européens, France en tête, ont insisté sur le fait qu’ils ne pouvaient discuter en ayant une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, qui plus est de la part d’un allié commercial.
La réaction de Bruxelles ne s’est pas fait attendre : dans la foulée de la décision américaine, le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker a dit qu’il allait « annoncer dans les prochains heures des contre-mesures » :
« L’Union européenne ne peut pas rester sans réagir (...) Ce qu’ils peuvent faire, nous sommes capables de faire exactement la même chose. »
Mexico a lui aussi décidé de représailles commerciales. « Le Mexique imposera des mesures équivalentes sur divers produits » dont certains aciers, des fruits et des fromages, a annoncé dans un communiqué son ministère de l’économie, et celles-ci « seront en vigueur tant que le gouvernement américain n’éliminera pas les taxes imposées ».

        Lire aussi :
         

                Commerce : l’Europe fataliste face à Donald Trump






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le montage des services secrets ukrainiens pour faire croire à l’assassinat du journaliste exilé à Kiev nourrit aussi les complotistes de tous poils.
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La fausse mort de Babtchenko, une aubaine pour le pouvoir russe

Le montage des services secrets ukrainiens pour faire croire à l’assassinat du journaliste exilé à Kiev nourrit aussi les complotistes de tous poils.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h00
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Mort, assassiné, le 29 mai. Vivant et en bonne santé, le lendemain. En moins de vingt-quatre heures, le journaliste russe Arkadi Babtchenko, exilé à Kiev pour des raisons de sécurité, est passé d’un état à l’autre, lors d’une opération montée de toutes pièces par les services ukrainiens pour « déjouer » un projet présumé des services russes d’attenter à sa personne. En moins de vingt-quatre heures, une fois passé le soulagement de constater qu’il était en vie, le malaise s’est installé chez ses confrères de tous horizons, russes, ukrainiens ou étrangers.
Fallait-il en passer par cette mise en scène macabre, étayée par le premier ministre ukrainien en personne, donner des détails d’une violence inouïe – « trois balles dans le dos », « le journaliste décédé dans l’ambulance » – et impliquer les médias de la planète entière, dont Le Monde, pour démontrer l’existence de menaces sérieuses ?
« Il ne pouvait pas faire de plus grand cadeau au Kremlin qu’il déteste tant », considérait, jeudi 31 mai, Alexandre Minkine, dans le quotidien Moskovski Komsomolets
Arkadi Babtchenko a-t-il réfléchi au traumatisme que la nouvelle de son assassinat éveillerait chez tant de ses collègues, russes et ukrainiens, durement éprouvés par la perte d’amis ces dernières années ? A-t-il mesuré l’effet de sa « fausse » mort dans une rédaction comme Novaïa Gazeta, qui a pleuré plusieurs de ses journalistes dont Anna Politkovskaïa, tuée en 2006 par arme à feu à l’entrée de son immeuble, dans les mêmes circonstances que son « faux » assassinat ? Pouvait-il concevoir l’émotion de ceux qui se sont réunis spontanément sur un pont de Moscou en déposant sa photo à l’endroit même où l’opposant Boris Nemtsov a été abattu dans le dos ? Oui, il le pouvait. « J’ai eu à enterrer nombre de mes amis et de mes collègues, je connais le sentiment que cela procure », a-t-il affirmé. « Mieux vaut un opposant vivant que mort », ont...




                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-5">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le blogueur russo-israélien a passé sept mois dans une prison de ce pays du Caucase avant d’être gracié puis expulsé en Israël. Il raconte, dans une tribune au « Monde », le quotidien des tortures et des persécutions.
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Alexandre Lapshin : « Le régime d’Azerbaïdjan enlève et tue ceux qui lui déplaisent »

Le blogueur russo-israélien a passé sept mois dans une prison de ce pays du Caucase avant d’être gracié puis expulsé en Israël. Il raconte, dans une tribune au « Monde », le quotidien des tortures et des persécutions.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 13h53
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 15h37
    |

Alexandre Lapshin (blogueur)







                        



                                


                            

Tribune. Je m’appelle Alexandre Lapshin. Je suis un blogueur globe-trotteur qui a visité plus de cent trente pays. Je ne m’intéresse pas à la politique mais j’aime la paix, la nature, l’histoire, les jolies femmes et la bonne chère. Même dans mes pires cauchemars, je n’aurais pu imaginer être victime d’un jeu politique entre deux dictateurs brutaux : l’ancien président des fermes collectives soviétiques – le président biélorusse Alexandre Loukachenko et l’homme fort d’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, qui a hérité du pouvoir de son père, comme dans les anciens sultanats arabes décrits par le conte des « Mille et une nuits ».

Le 15 décembre 2016, lors d’un voyage dans l’ex-URSS, j’ai été soudainement arrêté par la police au Belarus. Des agents sont brutalement entrés dans ma chambre d’hôtel en criant « à terre ou nous tirons, vous êtes en état d’arrestation à la demande de l’Azerbaïdjan pour avoir visité le Karabagh ». J’ai eu de la chance car, lors de cette arrestation, ces policiers n’ont pas remarqué que mon ordinateur était en marche et que j’étais en train de communiquer avec mon épouse. Elle a pu voir mon arrestation en direct et elle a immédiatement alerté les médias internationaux ainsi que les ambassades d’Israël et de Russie dont je suis citoyen.
Show médiatique tragicomique
Il est important de préciser que si le Belarus avait été un Etat de droit, il n’aurait jamais procédé à mon arrestation, sans même parler de mon extradition et de ma condamnation. Je n’avais commis aucun délit contre les lois du Belarus et la seule convention d’extradition entre le Belarus et l’Azerbaïdjan stipule explicitement que toute requête d’extradition doit être rejetée si elle est fondée sur des motifs politiques.
J’ai passé sept mois dans une prison en confinement solitaire ce qui est contraire au droit international et ce qui est considéré comme un cas de torture
Or, Aliev avait envoyé son avion personnel pour me faire atterrir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les députés danois ont adopté une loi interdisant le port du voile intégral islamique, qui sera passible d’une amende.
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Le Danemark interdit le voile intégral dans l’espace public

Les députés danois ont adopté une loi interdisant le port du voile intégral islamique, qui sera passible d’une amende.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 13h31
   





                        


Après la France, la Belgique, l’Autriche et en partie l’Allemagne, le Parlement danois a adopté jeudi une loi interdisant le port du voile intégral islamique (burqa ou niqab) dans l’espace public. « Toute personne qui, dans des lieux publics, porte un vêtement qui lui cache le visage est passible d’amende », dispose le texte qui a été adopté par 75 voix contre 30. Le projet de loi, porté par le gouvernement de centre droit, avait aussi les faveurs des deux premières forces politiques au Parlement : les sociaux-démocrates et le Parti populaire danois (populiste, xénophobe).
A partir du 1er août, date d’entrée en vigueur de la nouvelle législation, toute infraction à l’interdiction du port du voile intégral dans les lieux publics sera sanctionnée d’une amende de 1 000 couronnes danoises (134 euros). Si les infractions sont répétées, l’amende pourra s’élever à 10 000 couronnes.
Aucun document officiel ne fait état du nombre de femmes portant le niqab ou la burqa au Danemark. « Je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup (…). Mais si c’est le cas, vous devez être puni d’une amende », avait déclaré le ministre de la justice, Søren Pape Poulsen, à des journalistes, selon l’agence de presse Ritzau.
Banni ou limité dans plusieurs pays européens
Le port du voile intégral islamique est banni ou limité dans plusieurs pays européens. La France a été le premier pays en Europe à interdire le voile intégral dans l’espace public, avec une loi « interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public » promulguée en octobre 2010 et appliquée depuis avril 2011. Validée par la Cour européenne des droits de l’homme en 2014, elle prévoit pour les infractions jusqu’à 150 euros d’amende. En cinq ans, on dénombre plus de 1 600 verbalisations .
En juillet, la Cour européenne des droits de l’homme a validé son interdiction dans l’espace public en Belgique. Le port du voile islamique intégral est également banni en Autriche depuis octobre.
Les députés allemands ont, eux, adopté le 27 avril 2017 une loi interdisant partiellement le port du voile intégral dans certains contextes, obligeant notamment les agents publics à avoir le visage totalement découvert dans le cadre de leurs fonctions et les personnes dont le visage est dissimulé à se découvrir en cas de vérification d’identité. Le Bundesrat, la Chambre haute, a approuvé à son tour le texte le 12 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le commissaire européen à l’économie et à la fiscalité décrypte, dans un entretien au « Monde », les annonces de Bruxelles sur le budget européen et revient sur la crise italienne.
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Pierre Moscovici : « Cette Commission n’est pas là pour présenter des diktats »

Le commissaire européen à l’économie et à la fiscalité décrypte, dans un entretien au « Monde », les annonces de Bruxelles sur le budget européen et revient sur la crise italienne.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 12h04
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La Commission européenne détaillait, jeudi 31 mai, sa proposition d’un embryon de budget de la zone euro, qui prévoit deux fonds, l’un de 25 milliards d’euros (pour 2021-2027) destiné à aider au financement des réformes dans les pays membres, et l’autre de 30 milliards d’euros, censé, par le biais de prêts, venir en aide aux pays touchés par un accident de parcours, afin d’éviter qu’ils coupent dans leurs investissements. Le Français Pierre Moscovici, commissaire à l’économie et à la fiscalité, revient sur l’esprit de ces annonces et sur la crise italienne.
Nous sommes quand même très loin d’un budget de la zone euro à plusieurs points de PIB que le président français réclame. Ce souhait est-il irréaliste ?
Nos propositions peuvent paraître modestes à ce stade, mais elles ouvrent des perspectives concrètes pour l’avenir. Elles représentent une percée conceptuelle et politique dans la réflexion menée jusqu’à présent sur l’Union économique et monétaire, parce que ce sont deux mesures de solidarité. La zone euro a été construite sur les notions de responsabilité, dont la responsabilité budgétaire, qui inspire le Pacte de stabilité et de croissance. Pour la rendre plus efficace, tournée vers l’avenir et plus populaire, il faut la compléter, après avoir rendu le pacte plus flexible, par cette dimension essentielle de la solidarité.
Pour ce qui est du premier outil d’aide aux réformes économiques [doté de 25 milliards d’euros], il conforte ma lecture de nos règles, qui a toujours été la même : mieux vaut inciter que punir. Et pour ceux qui craignent que cette proposition ressemble trop à l’idée des « contrats » d’Angela Merkel [la chancelière allemande, en 2013], les réformes que l’on veut financer devront être des réformes « 2.0 » qui encouragent la formation, l’éducation, etc. Et pas seulement les réformes « 1.0 », des retraites et du marché du travail.
Quant à la fonction de stabilisation de la zone...




                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-8">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Israël a fait de la présence iranienne en Syrie une ligne rouge. La Russie cherche à éloigner son partenaire de la zone frontalière pour éviter une escalade avec l’Etat hébreu.
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Moscou prêt à pousser l’Iran à se retirer du sud de la Syrie

Israël a fait de la présence iranienne en Syrie une ligne rouge. La Russie cherche à éloigner son partenaire de la zone frontalière pour éviter une escalade avec l’Etat hébreu.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 12h02
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

La volonté affichée par le président Bachar Al-Assad de reprendre le contrôle des territoires tenus par l’opposition dans le sud de la Syrie, après s’être rendu totalement maître de la région de Damas le 21 mai, a ouvert d’intenses tractations diplomatiques pour obtenir le départ des forces affiliées à l’Iran dans cette région. A Moscou comme à Washington, la crainte est grande qu’une bataille dans cette « zone de désescalade » et une consolidation des forces iraniennes et du Hezbollah libanais à la frontière avec Israël ne mènent à une confrontation entre l’Etat hébreu et l’Iran.
Après les menaces lancées vendredi 25 mai par Washington, allié aux rebelles syriens, de prendre des « mesures fermes et appropriées » en cas de violation de la trêve dans le Sud syrien, la Russie, alliée du régime de Damas, a pour la première fois affiché sa volonté de pousser l’Iran à un retrait. Lundi 28 mai, le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a déclaré que seule l’armée syrienne devait être présente à la frontière avec Israël et la Jordanie. Une position qu’il a réitérée, mercredi, estimant que le retrait de toutes les forces non syriennes de la frontière avec Israël devait avoir lieu « dès que possible », a rapporté l’agence officielle russe TASS.
La Russie semble déterminée à faire respecter l’accord de désescalade dans le Sud passé en juillet 2017 avec les Etats-Unis, en coordination avec la Jordanie, et depuis resté lettre morte. Outre un cessez-le-feu entre les forces du régime et les rebelles, les deux puissances s’étaient entendues pour que l’Iran et les milices chiites qui lui sont affiliées se tiennent à 5 kilomètres de la ligne de contact, soit de 5 à 20 kilomètres de la frontière avec Israël. Cette zone tampon, en deçà des exigences israéliennes, n’a pas été respectée depuis.
« Pas encore d’accord »
Les frappes menées le 10 mai par Israël contre des cibles iraniennes en Syrie, en représailles à un tir de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Comme de nombreux agriculteurs, Luc Smessaert, le vice-président de la FNSEA, estime que les « aides PAC sont vitales ». Elles représentent 47 % de leur revenu en moyenne.
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Les agriculteurs français restent très dépendants des aides de la politique agricole commune

Comme de nombreux agriculteurs, Luc Smessaert, le vice-président de la FNSEA, estime que les « aides PAC sont vitales ». Elles représentent 47 % de leur revenu en moyenne.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 14h58
    |

            Laurence Girard








                        



   


« Les aides PAC [politique agricole commune] sont vitales pour nous », déclare sans ambages Luc Smessaert, vice-président Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Agriculteur à Roy-Boissy, dans l’Oise, il gère une exploitation de polyculture élevage. « Sur notre exploitation, elles représentent 15 % de notre chiffre d’affaires et 30 % de nos revenus », explique-t-il. Comme d’autres, il a été confronté à la baisse des subsides européens actée lors de la PAC 2015-2020, un coup de rabot que M. Smessaert évalue à 12 %, à la suite de la volonté politique de Bruxelles de réduire les écarts du paiement de l’aide directe à l’hectare, entre départements mais aussi entre pays.
Même son de cloche du côté des céréaliers. « Si nous n’avions plus d’aides PAC, ce serait suicidaire », réagit Philippe Pinta, président de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), qui ajoute « chaque année, depuis cinq ans, 30 % des céréaliers sont dans le rouge ». Selon lui, « tous les producteurs des grands pays concurrents, Etats-Unis, Ukraine comme Russie ont des aides d’Etat ». Il constate également l’érosion du montant des subsides européens. Un céréalier en Picardie a vu le montant des aides à l’hectare passer de 400 à 250 euros en cinq ans. Soit un total annuel de 62 000 euros contre 80 000 euros précédemment.

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L’appréciation est la même sur les pentes jurassiennes. Pourtant Nicolas Girod exploite avec son frère, une ferme laitière dont le lait est transformé en comté. « Nous avons la chance de travailler pour un produit bien valorisé, mais il serait compliqué de se passer des aides PAC. D’autant que nous sommes deux à vivre sur la ferme qui compte 40 vaches sur 70 hectares », affirme-t-il. L’exploitation touche une aide à l’hectare de 80 euros à laquelle s’ajoute une indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN). « Les fortes pentes nous obligent à avoir un matériel spécifique et la neige contraint à renforcer les constructions », explique M. Girod. Au total, il touche 30 000 euros de subsides européens. A priori avec la PAC 2015-2020, il devait bénéficier de la convergence. « L’aide à l’hectare devait passer de 80 à 90 puis à 120 euros. Or, la première année, elle a baissé de quelques euros, puis est passée à 90 euros avant de rebaisser à nouveau. »
« Il faut la réformer »
M. Girod, qui est secrétaire national du syndicat Confédération paysanne, regrette « que la promesse de la convergence n’ait pas été appliquée ». Surtout, il estime que cette PAC « a été mal mise en place. Avec le “paiement vert”, elle devait redonner des primes pour les avancées environnementales. Cela n’a pas été le cas ». A priori, 30 % des paiements à l’hectare étaient conditionnés au respect de mesures environnementales. « Les conditions sont accessibles à tout le monde », reconnaît M. Pinta. Un seul exemple donné par M. Girod : « Maïs semence, maïs grain et maïs ensilage comptent comme trois cultures différentes et donc entrent dans les obligations de rotation de culture ».
Le jurassien considère également que ce paiement à l’hectare et le non-plafonnement des aides ont favorisé l’agrandissement des exploitations. Il souhaiterait qu’il y ait une pondération en fonction du nombre d’actifs sur l’exploitation. M. Pinta, pour sa part, s’inquiète de la nationalisation grandissante de la PAC, source de distorsion de concurrence entre les pays européens. « Il faut réformer la PAC pour la rendre plus lisible pour l’agriculteur et le consommateur. Et faire qu’elle permette de résister aux crises. Elle ne fonctionne pas correctement depuis que l’on a désarmé les outils de gestion de crise. Mais sans les aides PAC, il n’y aurait plus de revenu agricole. Elles représentent 47 % du revenu des agriculteurs français en moyenne. Et les aides à l’hectare aux Etats-Unis sont le double de celles octroyées en Europe », explique Michel Dantin, député européen du Parti populaire européen.

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Sachant toutefois que certaines productions agricoles françaises ne touchent pas d’aide à l’hectare. Celles qui en fait, historiquement, travaillaient sur de petites parcelles. Comme la viticulture, le maraîchage ou l’arboriculture. Des secteurs qui ne dépendent pas du premier pilier de la PAC, celui de l’aide directe, mais du second pilier par le biais d’organisation commune de marché (OCM). Ils bénéficient ainsi de soutien à l’investissement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Dans un discours, le président Emmanuel Macron a plaidé pour le sauvetage et la réforme du système multilatéral, mercredi, à Paris.
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Commerce : dialogue de sourds à l’OCDE entre Washington et ses partenaires

Dans un discours, le président Emmanuel Macron a plaidé pour le sauvetage et la réforme du système multilatéral, mercredi, à Paris.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h29
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Le multilatéralisme est en danger, il faut le sauver ! « Notre responsabilité a déjà commencé pour éviter le pire », a lancé le président français Emmanuel Macron, dans un discours prononcé à Paris, mercredi 30 mai, à l’occasion de la réunion annuelle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Face à une administration américaine qui joue avec les nerfs de ses partenaires, M. Macron s’est une nouvelle fois posé en champion d’une mondialisation ouverte et fondée sur des règles.
Ses propos ont fait écho à ceux déjà tenus ces derniers mois, à Davos, au Congrès américain ou encore à Aix-la-Chapelle (Allemagne). Mais le lieu, comme le calendrier, leur donnait un relief particulier. L’OCDE, dont la France préside cette année la ministérielle, mercredi et jeudi, est « l’héritière du multilatéralisme d’après-guerre, de la reconstruction de l’Europe et du lien transatlantique », a souligné le chef de l’Etat français. Or ce lien n’est plus ce qu’il était. La politique brutale du président américain Donald Trump, sur l’Iran, l’accord de Paris sur le climat et ses menaces de sanctions commerciales tous azimuts l’ont gravement abîmé.

M. Trump décidera-t-il d’imposer des taxes punitives sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance de l’Union européenne, à compter du 1er juin ? Vent debout, les Européens continuaient de réclamer mercredi une exemption définitive, sans plus se faire d’illusions. « Une guerre commerciale est toujours une guerre perdue par tous : par nos industries, nos agriculteurs, nos consommateurs, nos concitoyens », a prévenu le président français, prenant le contre-pied d’une formule désormais célèbre de son homologue américain, qui affirmait en mars : « Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner. » 
Querelle sur l’acier
Comme s’il prenait acte d’une première manche déjà jouée, M. Macron s’est projeté dans l’après. Il a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Editorial. La fausse annonce, par la police ukrainienne, de la mort du journaliste russe Arkadi Babtchenko est dangereuse à plus d’un titre et donne du grain à moudre aux fanatiques des théories du complot.
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Ukraine : une manipulation toxique

Editorial. La fausse annonce, par la police ukrainienne, de la mort du journaliste russe Arkadi Babtchenko est dangereuse à plus d’un titre et donne du grain à moudre aux fanatiques des théories du complot.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 11h37
   





                        


Editorial du « Monde ». Un journaliste assassiné en Ukraine : l’information, annoncée mardi 29 mai par sa famille, puis confirmée par la police à Kiev, était si tragiquement familière qu’elle nous a paru justifier la « une » de nos éditions imprimées. De plus en plus, jusque dans les pays de l’Union européenne – à Malte, en Slovaquie –, les journalistes paient de leur vie la recherche de la vérité. Ils sont emprisonnés par dizaines en Turquie.
En Russie et en Ukraine, ils sont particulièrement exposés dans la guerre de propagande, et dans la guerre tout court, que se livrent Moscou et Kiev depuis l’annexion de la Crimée et l’invasion du Donbass en 2014. La mort, à son domicile à Kiev, d’Arkadi Babtchenko, dont la photo du corps touché de trois balles dans le dos a été diffusée, s’inscrivait dans ce contexte.

Ce journaliste russe, réfugié en Ukraine, était connu pour son opposition féroce au Kremlin. Depuis l’été 2016, des attaques par balles ou à la voiture piégée ont visé et tué des agents des services de sécurité ukrainiens et d’anciens combattants de la guerre du Donbass, notamment tchétchènes. En mars 2017, Denis Voronenkov, ancien député russe réfugié à Kiev, a été tué par balles dans le centre de la capitale ukrainienne. En juillet 2016, c’est le directeur du site d’information Oukraïnska Pravda, Pavel Cheremet, lui aussi de nationalité russe, qui est mort dans l’explosion de la voiture qu’il conduisait. Compte tenu de ces précédents, le meurtre d’Arkadi Babtchenko n’avait, malheureusement, rien de surprenant.
Des questions importantes
« Fake news » ! Arkadi Babtchenko n’est pas mort. Passé la joie de le revoir vivant, cette spectaculaire résurrection pose des questions importantes.
Selon la version livrée mercredi par le responsable des services secrets ukrainiens et le procureur général, Iouri Loutsenko, en compagnie desquels le journaliste a refait surface mercredi, un attentat visant à tuer M. Babtchenko était bien en préparation. Ils en avaient eu connaissance lorsqu’un ressortissant ukrainien, auquel il avait été proposé de commettre cet assassinat, était venu les en informer. Les responsables ukrainiens ont alors décidé de tendre un piège aux commanditaires, en simulant l’assassinat pour les faire « tomber ». Cette opération a permis d’arrêter le donneur d’ordre intermédiaire, un Ukrainien agissant pour le compte des services russes.

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                L’Ukraine annonce avoir mis en scène l’assassinat du journaliste russe Arkadi Babtchenko, bien vivant



Faut-il croire aujourd’hui cette version ? Nous ne sommes pas en mesure de l’accréditer, et c’est là la conséquence la plus grave de cette rocambolesque affaire : la crédibilité des autorités policières et judiciaires ukrainiennes est à présent sérieusement entamée. La décision de tendre un piège aux commanditaires de l’attentat peut se comprendre ; celle d’orchestrer une telle mise en scène, dans laquelle ont été enrôlés le journaliste, sa famille et, malgré eux, l’ensemble des médias, est nettement moins défendable.

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                Fausse mort du journaliste russe Babtchenko : les médias critiquent la mise en scène de l’Ukraine



D’abord, parce qu’elle donne du grain à moudre aux fanatiques des théories du complot et autres pourfendeurs des médias et des journalistes, nombreux à triompher sur les réseaux sociaux mercredi. Rien ne comble plus d’aise les adeptes des « fake news » que de voir les médias classiques pris au piège de ces fausses informations, que nous mettons tant d’énergie à combattre.
Stratégie du mensonge
Ensuite, parce qu’elle conforte le Kremlin dans sa stratégie du mensonge. L’arme du mensonge et l’art de multiplier les fausses versions sont au cœur des ripostes de Moscou aux différents épisodes qui l’ont opposé aux démocraties libérales ces dernières années, qu’il s’agisse des forces russes envoyées dans le Donbass, du vol MH17 abattu au-dessus de l’Ukraine (298 morts), de l’affaire Skripal ou des ingérences dans les élections à l’étranger.
Les services secrets ukrainiens ont été formés à la même école que les services secrets russes : celle du KGB. Dans la bataille politique qui se livre à Kiev, à un an de l’élection présidentielle, entre démocrates réformateurs et partisans de l’ordre ancien, il est particulièrement regrettable que la manipulation de l’information dans l’affaire Babtchenko aboutisse, finalement, à faire le jeu de Vladimir Poutine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La plupart des électeurs d’Edirne ne se retrouvent pas dans le « récit national » porté par l’homme fort d’Ankara, qui organise des élections anticipées le 24 juin.
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Turquie : à la frontière européenne, un « fort sentiment d’opposition à Erdogan »

La plupart des électeurs d’Edirne ne se retrouvent pas dans le « récit national » porté par l’homme fort d’Ankara, qui organise des élections anticipées le 24 juin.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 11h19
    |

            Marie Jégo (Edirne (Thrace orientale), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Rien ne saurait troubler la tranquillité d’Edirne, la ville turque la plus proche de la frontière avec la Grèce et la Bulgarie. Pas même la campagne pour les élections – législatives et présidentielle – anticipées du 24 juin, menée avec discrétion dans cette ancienne capitale ottomane à l’humeur morose.
Pas d’affiches sur les murs, peu de rassemblements. A l’inverse de bien d’autres villes, aucun poster du président Recep Tayyip Erdogan ne trône en majesté sur les avenues ou dans les rues piétonnes du centre-ville. Dans ce fief du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche), Mustafa Kemal, dit Atatürk, tient la vedette. Ses portraits sont partout.
Edirne est plutôt pro-européenne. L’échec du projet d’adhésion arrache des soupirs à ses habitants. Ils y avaient cru. Géographiquement imbriquée dans l’Europe, la Thrace orientale, dont Edirne est le chef-lieu, ne se reconnaît pas dans le « récit national » psalmodié par M. Erdogan, à la gloire de l’oumma (communauté des musulmans dans le monde) et des territoires perdus de l’Empire ottoman, « 5 millions de kilomètres carrés », assurait-il en février.
« Fort sentiment d’opposition à Erdogan »
Résolument anti-Erdogan, la ville et sa région ont, à 70 %, voté contre le projet d’hyperprésidence, taillé pour l’homme fort de la Turquie, et approuvé par référendum en avril 2017. « A Edirne, il existe un fort sentiment d’opposition à Erdogan », confirme Mete Türkan, un quadragénaire au visage grave qui préside l’antenne locale du Bon Parti, une formation politique récente censée attirer l’électorat de centre droit.
Avocat de formation, M. Türkan n’avait jamais songé entrer en politique : « Mon père, qui était juge, voulait que ses enfants restent en dehors de tout militantisme. » Longtemps, il a mis toute son énergie dans le travail. Il dirigeait alors le barreau d’Edirne, et la justice était à ses yeux « un idéal bien plus puissant que la politique »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Aleksandar Vucic affiche sa volonté de régler la question kosovare pour entrer dans l’UE, sans renier la proximité de la Serbie avec Moscou.
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Kosovo : le président serbe est « prêt à discuter de tout »

Aleksandar Vucic affiche sa volonté de régler la question kosovare pour entrer dans l’UE, sans renier la proximité de la Serbie avec Moscou.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 10h21
    |

            Benoît Vitkine et 
Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Réunis le 17 mai à Sofia pour un sommet UE-Balkans, les dirigeants européens ont confirmé la « perspective européenne » promise aux six pays de l’ex-Yougoslavie qui patientent depuis des années à la porte de l’Union, mais ils ont tempéré leur espoir d’une adhésion rapide.
Dans un entretien accordé mercredi 30 mai au Monde, à Paris, où il participait à la conférence annuelle du think tank European Council on Foreign Relations (ECFR), Aleksandar Vucic, 48 ans, président de la Serbie, candidate depuis 2012, se dit déterminé à poursuivre l’objectif d’une adhésion à l’UE sans pour autant renier ses liens privilégiés avec Moscou.
A Sofia, Emmanuel Macron a souhaité que l’UE se réforme avant de s’élargir à de nouveaux membres. Votre objectif affiché d’être prêt à adhérer à l’horizon 2020 a-t-il encore un sens ?
Ce que nous avons entendu d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel était encourageant. Bien sûr, personne n’est aussi enthousiaste que nous le voudrions, nous, dans les Balkans. C’est une réalité avec laquelle nous devons composer, nous ne travaillons pas sur des rêves. Le président français m’a paru positif, même s’il a évoqué le besoin de renforcer l’UE avant d’envisager de nouvelles adhésions. C’est un vrai leader, justement, parce qu’il est capable de dire des choses difficiles.

Mais mon approche est différente de celle d’Edi Rama [le premier ministre albanais]. Je ne veux pas mendier quoi que ce soit. Nous devons faire notre part du travail, nous devons avancer pour nous-mêmes. Et nous obtenons des résultats : pour la troisième année consécutive, sans aucune pression de l’extérieur, nous avons un excédent budgétaire. La Commission salue nos progrès économiques. Nous savons ce qu’il faut améliorer : l’Etat de droit, la liberté d’expression… Nous avons besoin de plus d’investissements étrangers.
Quelle peut être l’échéance ?
Le plus dur est encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ En raison du Brexit et du manque à gagner budgétaire qu’il entraînera, les dotations vont baisser. Et la Commission souhaite décentraliser la PAC, au risque de créer une concurrence entre Etats membres.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/05/2018
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Bruxelles compte réduire le budget de la PAC 2021-2027 de 12 %

En raison du Brexit et du manque à gagner budgétaire qu’il entraînera, les dotations vont baisser. Et la Commission souhaite décentraliser la PAC, au risque de créer une concurrence entre Etats membres.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 11h03
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Les nuages s’accumulent sur la politique agricole commune (PAC). Entre restrictions budgétaires et réforme de sa mise en œuvre conduisant à un fort risque de « renationalisation » de la plus vieille politique de l’Union, les agriculteurs français ont des raisons de s’inquiéter.
Les restrictions budgétaires d’abord. La Commission européenne a annoncé la couleur dès le 2 mai. En raison du Brexit et du manque à gagner d’environ 10 milliards d’euros annuels dans le budget de l’Union européenne (UE) qu’il entraînera, la PAC, qui en constitue la plus grosse part (39 % du total pour la période 2014-2020), devrait être particulièrement touchée. D’autant plus que, par ailleurs, l’UE a besoin de dégager des fonds pour de nouvelles priorités : la défense, la migration, le numérique…
Selon le commissaire à l’agriculture, Phil Hogan, la PAC diminuera de 5 % sur la période post-Brexit (2021-2027), à 365 milliards d’euros (contre 408 sur 2014-2020). Et en son sein, la principale enveloppe, constituée des subventions (le premier pilier, dans le jargon, principalement les aides à l’hectare), passera en France à 50,03 milliards d’euros sur sept ans, en baisse de 3,9 %, comparé à l’enveloppe actuelle.
En réalité, la Commission ayant omis de raisonner en euros constants (de tenir compte de l’inflation), la baisse de la PAC est bien plus significative, autour de 12 % sur la période 2021-2027, selon une note interne à l’institution consultée par Le Monde.
Les subventions directes seraient, elles, affectées de 8 % sur la période 2021-2027 par rapport au niveau de 2020, pénalisant directement le revenu des agriculteurs. Quant au deuxième pilier de la PAC, correspondant à du cofinancement européen de projets ruraux (aide à l’installation, au bio…), il chute de 23 % en euros constants sur 2021-2027.
Au total, la France risque de perdre près de 5 milliards d’euros d’aide directe sur la période 2021-2027, selon les calculs...




                        

                        


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Au Parlement européen, les dîners de luxe du FN fâchent son allié néerlandais

Le coprésident du groupe Europe, nation et liberté s’est dit « offusqué » des pratiques d’« enrichissement de la part de la délégation française ».



Le Monde
 |    31.05.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 09h53
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



   


Le Front national a décidément un problème avec les fonds européens. Après le scandale des assistants fictifs, ce sont désormais des repas de luxe et des bouteilles de champagne financés par le Parlement de Strasbourg qui créent une ambiance délétère dans le groupe formé autour du parti de Marine Le Pen.
Mardi 29 mai, le coprésident néerlandais d’Europe des nations et des libertés (ENL), Marcel de Graaff, a vivement critiqué les largesses de ses alliés français, révélées quelques heures plus tôt par le site Politico. Au nom du Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders, l’eurodéputé s’est dit « offusqué » des pratiques d’« enrichissement de la part de la délégation française », et a assuré s’« en distancier totalement ».
13 558 euros pour un diner de noël
Au regard des mœurs néerlandaises, les détails de l’audit des comptes du groupe sont accablants. Repas à 449 euros par tête au restaurant triplement étoilé L’Ambroisie, place des Vosges à Paris ; à 401 euros chez Ledoyen. Dîner de Noël à 13 558 euros pour 140 personnes. Factures astronomiques de champagne – jusqu’à 81,67 euros par bouteille.
Toutes ces dépenses ont été détaillées par l’administration du Parlement, qui se penche depuis le printemps 2017 sur les comptes 2016 du groupe ENL. Formé en 2015, ce groupe d’extrême droite rassemble, outre le FN et le PVV, des eurodéputés italiens de la Ligue ou autrichiens du Parti de la liberté. Il a bénéficié de 3,2 millions d’euros de subventions publiques en 2016.
Lundi soir, le bureau du Parlement a décidé de donner une ultime occasion aux représentants du groupe de s’expliquer, avant de demander « le remboursement des montants correspondant aux dépenses non conformes », soit 477 780 euros. Si la plupart des anomalies concernent des manquements dans les procédures d’appels d’offres, 50 612 euros proviennent d’« infraction à la bonne gestion financière ». En clair : des dépenses excessives ou beaucoup trop luxueuses au goût de l’administration du Parlement.
« Mettez fin à cette bande ! »
Une petite partie des dépenses mises en cause est imputable à l’eurodéputé néerlandais Auke Zijlstra, mais l’immense majorité est le fait des eurodéputés FN. A commencer par Nicolas Bay, vice-président du FN et coprésident du groupe, qui a réglé les fameuses notes de restaurant pour le compte de Marine Le Pen et du chef de file de la Ligue, Matteo Salvini, selon Le Canard enchaîné du 30 mai. « Il n’y avait ni Salvini ni Le Pen à ces dîners », conteste fermement au Monde M. Bay, qui évoque « des repas à caractère confidentiel dans le domaine de l’industrie et de la diplomatie » pour justifier de garder secrets les noms des convives. Quant aux bouteilles de champagne, elles auraient été « distribuées au grand public dans le cadre de réunions », ce qui l’empêche de fournir la liste des destinataires comme le lui réclame le Parlement européen.
« Nous avons mis en place un règlement financier en 2017 au sein du groupe qui ne permettrait plus [ce type de dépense] », promet l’élu. Des tensions avec les alliés néerlandais étaient déjà apparues en marge du dossier des assistants parlementaires FN travaillant en réalité pour le parti. Mais au groupe FN, on minore les critiques néerlandaises en les mettant sur le compte de différences culturelles. « Ce n’est pas perçu de la même manière selon les pays », assure un cadre du parti.
De fait, la presse néerlandaise se délecte de l’affaire et rappelle qu’en mars Geert Wilders lançait « Mettez fin à cette bande ! » en réagissant à une information sur l’augmentation des coûts du Parlement européen. Lui qui s’est fait une spécialité de dénoncer le salaire des eurodéputés voit désormais le groupe auquel appartient son parti mis en cause pour des frais excessifs, ironise le quotidien De Volkskrant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Une motion de défiance a été déposée contre le chef du gouvernement espagnol par le chef des socialistes, Pedro Sanchez, après la condamnation du PP dans l’affaire Gürtel.
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En Espagne, une motion de censure à même de faire tomber Rajoy ?

Une motion de défiance a été déposée contre le chef du gouvernement espagnol par le chef des socialistes, Pedro Sanchez, après la condamnation du PP dans l’affaire Gürtel.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 05h47
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 11h34
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        


Le Parti socialiste espagnol (PSOE) a déposé vendredi 25 mai une motion de censure pour tenter de renverser le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, affaibli par un scandale de corruption. Elle est débattue depuis ce jeudi 31 mai et jusqu’au vendredi 1er juin.
Pourquoi le PSOE a-t-il déposé une motion de censure contre Mariano Rajoy ?
Jeudi 24 mai, l’Audience nationale, haute cour espagnole, a rendu son jugement sur un vaste réseau de corruption appelé « affaire Gürtel ». Plusieurs cadres du Parti populaire (PP, droite au pouvoir), dont l’ancien trésorier Luis Barcenas, ont été condamnés à de lourdes peines de prison pour avoir participé à un « authentique et efficace système de corruption institutionnelle au travers d’un mécanisme de contrats publics » entre 1999 et 2005.
Le PP soutient qu’il s’agit de « cas isolés » de militants véreux, mais le tribunal a condamné le parti, en tant que « participant à titre lucratif », c’est-à-dire bénéficiaire, à rembourser près de 250 000 euros pour le financement illégal de plusieurs meetings du PP de deux municipalités de la région de Madrid. Par ailleurs, le témoignage de Mariano Rajoy durant le procès a été jugé peu « crédible » par les magistrats.

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                En Espagne, Mariano Rajoy fragilisé par la condamnation de son parti



Le patron du PSOE, Pedro Sanchez, a estimé que ce verdict l’oblige à déposer une motion de défiance, par « responsabilité », pour la « crédibilité des institutions », et pour la défense de la « démocratie ». Il s’agit aussi d’une opportunité inespérée pour le PSOE, en troisième position dans les sondages, de reprendre le pouvoir.
Comment se déroule le processus ?
En Espagne, les motions de censure sont constructives, c’est-à-dire que pour faire tomber l’actuel chef du gouvernement, la majorité absolue des députés doit accorder sa confiance à un autre candidat. Pedro Sanchez doit donc rassembler le vote de 176 des 350 députés au terme du débat, qui a commencé jeudi 31 mai à 9 heures et se finira vendredi midi, s’il veut remplacer Mariano Rajoy.
La tâche est ardue, car le PSOE n’a que 84 députés depuis les élections de 2016, son plus faible résultat depuis le retour de la démocratie en 1977. S’il parvient à trouver les voix qui lui manquent, le dirigeant socialiste pourra gouverner jusqu’à la fin de l’actuelle législature (juin 2020) ou convoquer des élections anticipées.
Qui soutient Pedro Sanchez ?
Pedro Sanchez dispose de deux voies possibles pour rassembler les 176 voix nécessaires : ou bien il s’allie avec les indépendantistes et nationalistes catalans et basques et le parti de la gauche radicale Podemos, ou bien il rassemble à la fois les voix de Podemos et celle du parti libéral Ciudadanos. Or, mercredi soir, la première voie semblait la seule possible.
M. Sanchez dispose du soutien presque assuré de 165 députés. Podemos, qui a consulté ses sympathisants sur la question, n’a pas attendu le résultat du vote interne pour expliquer que le parti votera pour le socialiste « par hygiène démocratique ». La Gauche indépendantiste catalane (ERC) a laissé entendre que son soutien est acquis. « Virer des voleurs et des matons de la Moncloa [le siège du gouvernement] n’est pas une option mais une obligation », a déclaré son polémique député, Gabriel Rufian.
Néanmoins, ERC attend le discours de Pedro Sanchez pour prendre une décision définitive, tout comme le Parti démocrate européen de Catalogne (PDeCAT), auquel appartient Carles Puigdemont. Le PDeCAT n’a pas encore communiqué sa décision, mais il a laissé entendre qu’il voterait avec ERC.
Qui s’oppose à la motion de défiance ?
Mis à part le PP, seul le parti libéral Ciudadanos refuse la motion de censure de M. Sanchez, tout en se disant décidé lui aussi à faire tomber M. Rajoy. Le président de Ciudadanos, Albert Rivera, exige en effet que le vote de défiance permette de désigner un candidat indépendant, dont l’unique objectif consisterait à convoquer des élections. Actuellement en tête dans les sondages, il a tout intérêt à ce que le prochain scrutin électoral se déroule au plus vite. Si la motion de Pedro Sanchez échoue, il envisage d’ailleurs d’en déposer une autre, avec le soutien de Podemos, dans le but unique de chasser M. Rajoy et dissoudre le Parlement.
Le Parti nationaliste basque, faiseur de roi ?
Pour obtenir la majorité absolue, il manque au dirigeant socialiste le soutien du Parti nationaliste basque (PNV), qui a annoncé qu’il prendra sa décision jeudi matin. Il veut d’abord écouter « le plan de M. Sanchez, la date des élections, ce qui va se passer avec le budget, et sa position sur l’autogouvernement basque et catalan ».
Le PNV ne souhaite pas faire tomber Mariano Rajoy. Il a soutenu la loi de budget en échange d’importants avantages pour le Pays basque, ainsi que d’une augmentation des retraites pour tous les Espagnols. Or, le budget se trouve actuellement au Sénat, où le PP détient la majorité absolue. Si M. Rajoy perd le gouvernement, le PP pourrait le rejeter. La loi de finances serait alors renvoyée devant les députés, où M. Sanchez peinerait à trouver une majorité pour le voter.
D’autre part, le PNV ne veut surtout pas d’élections anticipées alors que Ciudadanos, érigé en son principal « ennemi » politique du fait de ses critiques répétées sur l’autonomie financière et fiscale basque, se trouve tout en haut dans les sondages. Or, combien de temps Pedro Sanchez pourrait-il gouverner avec 84 députés et une majorité qu’il sait incapable de se mettre d’accord sur autre chose que de faire chuter M. Rajoy ? Le PNV n’a aucun intérêt à faire tomber Rajoy, si ce n’est pour des considérations d’image, voire d’éthique, sur l’ampleur de la corruption au sein du PP et le discrédit qu’elle jetterait sur les institutions. Le PNV est un parti éminemment pragmatique, mais la pression, notamment médiatique, est très forte pour qu’il fasse tomber M. Rajoy.
Que peut faire Mariano Rajoy pour résister ?
Mariano Rajoy a une arme : le budget. Il assure une certaine stabilité à l’Espagne et apporte plusieurs mesures positives pour la société (hausse des retraites, semaine de congé paternité supplémentaire…). Le PNV et Ciudadanos restent les plus sensibles à ces arguments.
Mais si l’un de ces deux partis annonce son soutien à Pedro Sanchez, de façon à lui garantir la victoire à la motion de défiance, il est possible que Mariano Rajoy décide de démissionner à la dernière minute, avant que ne se déroule le vote, vendredi. Cela lui permettrait de rester au pouvoir jusqu’à ce qu’un candidat capable de remporter la majorité des voix soit désigné pour le remplacer. En cas d’échec et de blocage, des élections seraient convoquées dans les deux mois…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ « Une ligne a été franchie », s’inquiète l’un de ses anciens collègues, tandis que la presse internationale s’interroge sur l’utilisation d’une « fake news » pour faire la lumière sur la vérité.
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Fausse mort du journaliste russe Babtchenko : les médias critiquent la mise en scène de l’Ukraine

« Une ligne a été franchie », s’inquiète l’un de ses anciens collègues, tandis que la presse internationale s’interroge sur l’utilisation d’une « fake news » pour faire la lumière sur la vérité.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 05h28
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 12h17
   





                        



   


Entre incrédulité et soulagement, les médias ont rendu compte, mercredi 30 mai, de la conférence de presse du journaliste russe Arkady Babtchenko, dont la mort avait été annoncée la veille par les autorités ukrainiennes. La mise en scène entendait déjouer une réelle tentative d’assassinat, ont expliqué les chefs des services de sécurité du pays, où ce critique de Vladimir Poutine vit depuis 2017.
Mais la méthode employée laisse certains sceptiques, à l’instar de l’ancien collègue de M. Babtchenko, le journaliste russe d’investigation Andrei Soldatov, cité par la BBC. Ce dernier estime qu’une « ligne a été franchie » : « Babtchenko est un journaliste, pas un policier et notre boulot repose sur la confiance, quoi que Trump et Poutine disent des “fake news”. »
Cette affaire ne va améliorer ni les relations entre la Russie et l’Ukraine ni la confiance dans l’information, souligne aussi la BBC, qui rappelle que Moscou a nié toute participation dans l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal au Royaume-Uni : « Cette fausse mort mise en scène va renforcer sa position, dans ce cas comme dans d’autres. » 
« Stratégie contre-productive »
The Guardian, qui qualifie le journaliste de « courageux, controversé et contradicteur », compare cette affaire aux nouvelles de l’auteur ultra-noir Andrei Kourkov, « qui tournent souvent autour des meurtres sous contrat », tout en en soulignant « l’absurdité » de la manigance. « Il n’est toutefois pas question d’en rire. Babtchenko a bien fui la Russie par peur et a toujours connu le scénario de son assassinat », rappelle le quotidien, qui se demande si « les autorités ukrainiennes n’ont pas fait plus de mal que de bien ». Le quotidien belge Le Soir se pose la même question : « En utilisant de manière imprudente l’arme des fake news contre la Russie, la stratégie ukrainienne pourrait s’avérer contre-productive. Car les crimes commandités depuis la Russie sont bel et bien réels. »
Le Moscow Times fait lui référence au « pouvoir sombre » de Moscou. « Est-ce que le régime de Poutine assassine ses ennemis par choix politique, est-ce simplement pour créer une atmosphère pessimiste de violence, ou est-il désormais un bouc-émissaire bien pratique ? », se demande Mark Galeotti, chercheur à l’institut des relations internationales de Prague, qui tranche : « La réponse, bien entendu, est les trois. »
Le Comité pour la protection des journalistes s’est, lui, interrogé sur les raisons qui ont mené à une mesure si « extrême », évoquant « une situation sans précédent ». Quant à l’association Reporters sans frontières, elle a jugé « pathétique et regrettable que la police ukrainienne joue ainsi avec la vérité, quel que soit le motif ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le club Alma de Africa vient de terminer sa troisième saison au championnat régional andalou. L’équipe, composée de migrants, vise surtout l’intégration de ces jeunes passionnés de football.
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En Andalousie, l’équipe de football qui intègre les migrants

Le club Alma de Africa vient de terminer sa troisième saison au championnat régional andalou. L’équipe, composée de migrants, vise surtout l’intégration de ces jeunes passionnés de football.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 03h57
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 08h14
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

LETTRE D’ESPAGNE
Sur les tee-shirts des joueurs de l’équipe de football amateur Alma de Africa (âme de l’Afrique) de Jerez de la Frontera, en Andalousie, est inscrit, bien visible, l’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. » De quoi donner le ton d’une équipe qui ne prétend pas – seulement – remporter des coupes, mais surtout favoriser l’intégration de migrants en Andalousie.
Alejandro Benitez, conseiller en assurances, passionné de football de 57 ans, est à l’origine de ce club pas comme les autres, né en 2015. Il en a eu l’idée par hasard, après qu’un ami lui a demandé d’aider un groupe d’Africains qui jouaient au football tous les dimanches dans les terrains du parc de Chapin, de Jerez, la ville des chevaux et de ce vin si prisé des Anglais, le « sherry ». Ces jeunes passaient la moitié du match à se disputer sur l’arbitrage. Alejandro, ex-footballeur local, entraîneur et moniteur dans une école de football, a proposé de les encadrer. Un coup de main au nom de l’amour du ballon rond.
Un succès public et médiatique
Il ne savait pas que ce premier pas allait se transformer en un engagement durable. Mais après avoir repéré un potentiel suffisant chez ces jeunes mus par la passion du foot et le virus de la compétition, il organise un match de bienfaisance avec d’autres équipes de la ville. Le succès, public et médiatique, dépasse ses attentes.
« Je ne savais pas si je pouvais monter une équipe avec seulement des étrangers », se souvient l’Andalou. « Mais on m’a dit qu’en catégorie amateur, il n’y a pas de limite. Alors on a foncé. On leur a fourni le matériel grâce à des sponsors. On a commencé tout en bas, en quatrième régionale andalouse. L’année suivante on est monté en troisième. Et cette année, nous avons joué en deuxième », résume le directeur du club, qui remplace parfois l’entraîneur, quand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’opposant Hazem Abdelazim a été arrêté samedi, quelques jours après le placement en détention provisoire du blogueur et journaliste Waël Abbas.
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L’UE dénonce les arrestations d’opposants en Egypte

L’opposant Hazem Abdelazim a été arrêté samedi, quelques jours après le placement en détention provisoire du blogueur et journaliste Waël Abbas.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 02h03
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 09h20
   





                        


L’Union européenne a dénoncé mercredi 30 mai les arrestations d’opposants et de personnalités de la société civile en Egypte, à la suite de la réélection du président Abdel Fattah Al-Sissi. « Le nombre croissant d’arrestations de défenseurs des droits de l’homme, de militants politiques et de blogueurs ces dernières semaines en Egypte est une évolution inquiétante », a déploré la porte-parole de la représentante de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, dans un communiqué.
L’opposant Hazem Abdelazim a été arrêté samedi, quelques jours après le placement en détention provisoire du blogueur et journaliste Waël Abbas. Un autre blogueur, accusé de « prôner l’athéisme », Chérif Gaber, ainsi qu’un auteur de vidéos satiriques, Chadi Abouzeid, ont été aussi arrêtés début mai. « A un moment où l’Egypte cherche à consolider la démocratie et l’Etat de droit, le respect de l’expression pacifique de l’opinion et de la critique est important », a ajouté la porte-parole, Maja Kocijancic. « La stabilité et la sécurité durables ne peuvent aller de pair qu’avec le plein respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales », a-t-elle souligné. « Les défenseurs des droits fondamentaux et de la démocratie ne doivent pas craindre de représailles. Nous attendons des autorités égyptiennes qu’elles respectent la Constitution et les obligations internationales ».
« Crimes punissables par la loi »
Au Caire, le ministère des affaires étrangères a rejeté « totalement » les critiques de l’UE, « qui ne reflètent pas la réalité égyptienne ». « L’Egypte est un Etat de droit » et les Egyptiens y jouissent « de la liberté d’expression et d’opinion », a affirmé le porte-parole du ministère dans un communiqué. Selon lui, « pas un citoyen en Egypte n’est arrêté ou jugé en raison de ses activités dans le domaine des droits de l’homme ou pour avoir critiqué le gouvernement, mais pour avoir commis des crimes punissables par la loi ».
M. Sissi doit prêter serment samedi devant le Parlement, deux mois après sa réélection avec plus de 97 % des voix. Son régime est régulièrement accusé par les défenseurs des droits de l’homme de violer les libertés publiques et de museler la presse comme les opposants. Le gouvernement nie ces accusations, et met en avant la lutte contre le « terrorisme ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le chef de file du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, a rencontré mercredi soir le président italien, Sergio Mattarella, dans l’espoir de trouver un compromis et sortir l’Italie de l’impasse.
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Italie : nouvelles tractations en cours pour former un gouvernement

Le chef de file du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, a rencontré mercredi soir le président italien, Sergio Mattarella, dans l’espoir de trouver un compromis et sortir l’Italie de l’impasse.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 22h20
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 07h32
   





                        



   


La Ligue et le Mouvement 5 étoiles vont-ils finalement tenter de proposer un nouveau gouvernement en Italie ? Alors que le président italien Sergio Mattarella a mis son veto dimanche 27 mai à la nomination de Paolo Savona, économiste eurosceptique à la tête du ministère des finances, le chef de file du M5S, Luigi Di Maio, tente de trouver un compromis.

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Il a été reçu mercredi dans la soirée en toute discrétion au palais du Quirinal, le siège de la présidence, par M. Mattarella. A la sortie, il a proposé au parti d’extrême droite, via un post sur Facebook, de former une nouvelle équipe gouvernementale pour sortir l’Italie de l’impasse politique :
« Trouvons une personne de la même envergure que Paolo Savona pour le ministère de l’économie et des finances et M. Savona peut rester dans le gouvernement mais à un autre poste. »

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Selon des sources de la présidence citées par l’Agence France-Presse, M. Mattarella « étudie avec attention » cette proposition. Mais Matteo Salvini, patron de la Ligue, n’y a pas montré beaucoup d’enthousiasme :
« Quand nous avons proposé le professeur Savona, c’est parce qu’il était le meilleur pour être ministre de l’économie. Si Di Maio a changé d’avis, j’en parlerai avec lui. »
Formation du gouvernement Cottarelli gelé
Des tractations pourraient toutefois reprendre entre les deux partis alors que M. Mattarella avait demandé lundi à Carlo Cottarelli, un ancien du Fonds monétaire international, de former un gouvernement, en attendant de nouvelles élections législatives. Mais, pour laisser la chance à MM. Di Maio et Salvini de parvenir à un nouvel accord, MM. Mattarella et Cottarelli ont décidé de geler la formation de ce gouvernement provisoire.

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En dépit de ce climat de complète incertitude, les marchés financiers se sont repris mercredi après plusieurs jours d’une fébrilité qualifiée d’« émotive » par le gouverneur de la Banque d’Italie, Ignazio Visco.
La Bourse de Milan a clos en hausse de 2,09 %, à 2,798 points, et le « spread », l’écart très surveillé entre les taux allemand et italien à dix ans qui avait franchi la barre des 300 points mardi, est redescendu à 275 points.



                            


                        

                        

