<FILE-date="2018/05/31/17">

<article-nb="2018/05/31/17-1">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’offensive contre le chef du gouvernement, Youssef Chahed, est soutenue par son propre parti, Nidaa Tounès, dirigé par le fils du chef de l’Etat.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤         

Décryptage

La Tunisie plongée dans une crise politique délétère

L’offensive contre le chef du gouvernement, Youssef Chahed, est soutenue par son propre parti, Nidaa Tounès, dirigé par le fils du chef de l’Etat.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-05-31T16:47:30+02:00"

        Le 31.05.2018 à 16h47






                        

Crédits : FETHI BELAID/AFP


                    

Les couteaux sont tirés. La Tunisie vit depuis quinze jours une crise fratricide au cœur de la majorité au pouvoir, sous les yeux incrédules de l’opinion publique et des partenaires internationaux de la jeune et fragile démocratie d’Afrique du Nord. Mardi 29 mai, la tension est montée d’un cran quand le chef du gouvernement Youssef Chahed s’est livré, lors d’une allocution solennelle sur la chaîne publique Al-Wataniya, à une attaque en règle contre ceux qui cherchent à l’écarter du pouvoir.

Ironie amère, et qui en dit long sur le climat délétère de la scène politique tunisienne, M. Chahed a réservé ses flèches les plus acérées au chef de son propre parti, Nidaa Tounès, Hafedh Caïd Essebsi, le fils même du chef de l’Etat Béji Caïd Essebsi. « Les dirigeants [de Nidaa Tounès], et à leur tête Hafedh Caïd Essebsi, ont détruit le parti », a dénoncé M. Chahed, nommé à la tête du gouvernement en septembre 2016 à l’initiative même du président de la République.
Querelles fratricides
M. Chahed répliquait ainsi aux manœuvres de Hafedh Caïd Essebsi qui, aux côtés du syndicat Union générale du travail tunisien (UGTT), s’emploie à le pousser vers la sortie. Le « directeur exécutif » de Nidaa Tounès – il n’a à ce jour été élu par aucun congrès du parti – avait multiplié ces derniers jours les critiques virulentes à l’encontre du bilan du gouvernement pourtant dominé par des ministres issus de son parti. Hafedh Caïd Essebsi fustigeait en particulier « l’effondrement de tous les indicateurs économiques », « les tensions sociales » et « le déclin de la confiance politique », autant de défaillances qui nourrissent à ses yeux « la peur de l’effondrement de l’expérience démocratique en Tunisie ». 

Une telle fracture au sommet du pouvoir à Tunis est du plus mauvais effet à l’heure où les bailleurs de fonds, au premier rang desquels le Fonds monétaire international (FMI), trahissent une nervosité croissante...



<article-nb="2018/05/31/17-2">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Vivement critiquées depuis hier et l’annonce de cette mise en scène inédite, les autorités ukrainiennes justifient leur opération par l’arrestation d’un Ukrainien hier à Kiev, soupçonné d’avoir préparé le meurtre d’Arkadi Babtchenko.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Ce que l’on sait de la mise en scène de la mort d’Arkadi Babtchenko

Vivement critiquées depuis hier et l’annonce de cette mise en scène inédite, les autorités ukrainiennes justifient leur opération par l’arrestation d’un Ukrainien hier à Kiev, soupçonné d’avoir préparé le meurtre d’Arkadi Babtchenko.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 16h52
   





                        



   


L’opération montée par les services secrets ukrainiens pour faire croire à la mort du journaliste russe Arkadi Babtchenko, vif critique du pouvoir russe qui craignait pour sa vie, a provoqué de nombreuses réactions. Cette mise en scène, révélée mercredi 30 mai, vingt-quatre heures après l’annonce de « l’assassinat » du journaliste exilé à Kiev, avait pour objectif de déjouer un projet présumé des services russes d’attenter à sa personne, ont affirmé les services ukrainiens.
Retour sur ce que l’on sait de cette opération quasi inédite, et ce que l’on ignore.

        Lire l’édito du « Monde » :
         

          Ukraine : une manipulation toxique



Pourquoi les Ukrainiens ont-ils monté cette opération ?
Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont justifié cette opération d’envergure par l’existence d’un contrat d’assassinat envers Arkadi Babtchenko, dont ils ont informé ce dernier il y a deux mois, selon le responsable du SBU, Vassyl Grytsak. « Ils m’ont montré des documents, les détails et la photo de mon passeport. Je l’ai fait faire à l’âge de 25 ans [il y a seize ans] et elle n’existe que dans mon passeport et au bureau des passeports. Il est apparu clair que ces informations provenaient de l’administration publique russe », a déclaré le journaliste lors de la conférence de presse où il est réapparu mercredi.
Selon les renseignements récoltés par le SBU, un Ukrainien aurait été approché par les services de sécurité russes pour engager un homme et lui commanditer l’assassinat d’Arkadi Babtchenko, pour la somme de 40 000 dollars : 10 000 lui sont donnés en avance, et 30 000 lui sont promis après le meurtre. Vassyl Grytsak a affirmé que l’homme avait été arrêté trois heures avant la conférence tenue à 17 heures (16 heures, heure française), à Kiev.
Qui est l’homme arrêté à Kiev ?
Son identité n’a pas été dévoilée autrement que « Monsieur G. ». Nous ne savons de lui que ce qui a été dit lors de la conférence de presse.
A savoir qu’après avoir accepté la proposition des services russes, G. aurait engagé une connaissance, un vétéran s’étant battu dans l’est de l’Ukraine, lors du conflit séparatiste de 2014 dans le Donbass. Mais ce dernier aurait ensuite contacté les autorités ukrainiennes et accepté de coopérer avec elles et de prétendre honorer sa commande, récoltant les 30 000 dollars de récompense au passage (G. gardant les 10 000 dollars de départ, selon eux).
Selon M. Grytsak, G. devait ensuite préparer les assassinats d’une trentaine d’autres personnes, de son propre aveu, essentiellement des Russes exilés en Ukraine. « Cette commande était un test », a-t-il poursuivi, précisant connaître plusieurs noms des cibles potentielles, sans toutefois en dévoiler l’identité.

        Lire aussi :
         

                La fausse mort de Babtchenko, une aubaine pour le pouvoir russe



Comment le meurtre a-t-il été mis en scène ?
Là encore, peu de détails ont été donnés. La nouvelle de la mort d’Arkadi Babtchenko est diffusée pour la première fois peu après 21 heures par l’Agence France-Presse, qui cite un communiqué de presse de la police ukrainienne. Le porte-parole de la police, Iaroslav Trakalo, affirme que « sa femme était dans la salle de bain, elle a entendu un coup sec. Quand elle est sortie, elle a vu son mari ensanglanté », à l’extérieur de leur domicile, dans le quartier de Dniprovski, à Kiev, ajoutant que le journaliste était « mort dans l’ambulance ».
Une photo du corps de Babtchenko au sol, atteint de trois balles dans le dos, circule rapidement sur Internet. Même si les explications données par les autorités ukrainiennes n’étaient pas claires sur ce point, il semble que l’assassin ne pouvait être payé que s’il produisait une preuve photographique de son crime. L’utilité de sa diffusion sur Internet n’est en revanche pas encore claire.
Moins de deux heures après l’annonce de la mort de M. Babtchenko, la police nationale a diffusé sur sa page Facebook un portrait-robot du tueur supposé.



Les proches de Babtchenko étaient-ils impliqués ?
D’après M. Babtchenko, ses proches n’étaient pas au courant et ont donc réellement cru à sa mort. Le journaliste a ainsi tenu à s’excuser en conférence de presse : « Premièrement, j’aimerais présenter mes excuses à tous ceux qui ont souffert à cause de ça, parce que je connais ce sentiment horrible de devoir enterrer vos collègues. Et je dois des excuses spéciales à ma femme pour l’enfer qu’elle a vécu. »
Il semble que sa femme, qui a appelé l’ambulance en affirmant avoir trouvé son mari gisant au sol, n’ait pas été impliquée dans l’organisation de cette mise en scène. Plus tard, lors de la conférence de presse, M. Babtchenko n’a toutefois pas répondu à une question qui lui était posée sur ce point.
Et ensuite ?
Le faux assassin, qui a accepté de coopérer avec l’Ukraine, aura le statut de témoin, a indiqué le procureur général Iouri Loutsenko, qui a justifié l’opération par la nécessité de faire croire aux commanditaires qu’ils avaient réussi leur entreprise, même si, pour le moment, seul l’organisateur ukrainien a été appréhendé. Ce dernier devrait répondre pénalement devant la justice ukrainienne, même s’il est trop tôt pour se prononcer sur les suites judiciaires le concernant.

        Lire aussi :
         

                L’Ukraine annonce avoir mis en scène l’assassinat du journaliste russe Arkadi Babtchenko, bien vivant







                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-3">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Washington a décidé de ne pas prolonger l’exemption temporaire accordée à l’UE et va mettre en place des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Les Etats-Unis vont taxer l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne à partir de vendredi

Washington a décidé de ne pas prolonger l’exemption temporaire accordée à l’UE et va mettre en place des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 16h50
   





                        


Le secrétaire américain au commerce Wilbur Ross a annoncé, jeudi 31 mai, que les Etats-Unis allaient appliquer dès vendredi d’importants tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne (UE), mais aussi du Mexique et du Canada.
Les Etats-Unis ont donc décidé de ne pas prolonger l’exemption temporaire accordée à l’Union européenne jusqu’à jeudi minuit et vont mettre en place des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium. Le sursis sur ces taxes est également levé pour le Mexique et le Canada, les deux partenaires de l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna) dont la renégociation, entamée il y a dix mois, peine à aboutir.
Pour justifier sa décision, Wilbur Ross a précisé que les Etats-Unis ne voulaient pas accorder aux Vingt-huit « une exemption permanente et inconditionnelle sur les tarifs » :
« Nous avons eu des discussions avec la Commission européenne et même si nous avons fait des progrès, ils ne sont pas allés jusqu’au point où il aurait été justifié soit de prolonger l’exemption temporaire, soit d’accorder une exemption permanente. »
Représailles de l’UE et du Mexique
Le ministre de Donald Trump a minimisé les risques de représailles de la part de ces pays, ajoutant qu’il y avait « un potentiel de discussion » avec l’Union européenne. Mais, a-t-il prévenu, « comme nous ne savons pas quelle va être leur réaction à l’idée de continuer les discussions » malgré l’imposition des tarifs, « il est un peu prématuré pour savoir quels seront les sujets de ces négociations ».
L’Union européenne avait en effet exigé l’exemption définitive de ces taxes douanières comme tout préalable aux négociations. Les Européens, France en tête, ont insisté sur le fait qu’ils ne pouvaient discuter en ayant une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, qui plus est de la part d’un allié commercial.
La réaction de Bruxelles ne s’est pas fait attendre : dans la foulée de la décision américaine, le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker a dit qu’il allait « annoncer dans les prochains heures des contre-mesures » :
« L’Union européenne ne peut pas rester sans réagir (...) Ce qu’ils peuvent faire, nous sommes capables de faire exactement la même chose. »
Mexico a lui aussi décidé de représailles commerciales. « Le Mexique imposera des mesures équivalentes sur divers produits » dont certains aciers, des fruits et des fromages, a annoncé dans un communiqué son ministère de l’économie, et celles-ci « seront en vigueur tant que le gouvernement américain n’éliminera pas les taxes imposées ».

        Lire aussi :
         

                Commerce : l’Europe fataliste face à Donald Trump






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-4">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ La vedette de télé-réalité américaine a plaidé auprès du président la libération d’une sexagénaire emprisonnée depuis plus de vingt ans pour un délit non violent lié à la drogue.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Donald Trump reçoit Kim… Kardashian West à la Maison Blanche

La vedette de télé-réalité américaine a plaidé auprès du président la libération d’une sexagénaire emprisonnée depuis plus de vingt ans pour un délit non violent lié à la drogue.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 16h50
   





                        


C’est une photo pour le moins surprenante qu’a partagée le président américain mercredi 31 mai sur Twitter : Donald Trump, tout sourire dans le bureau ovale, aux côtés de Kim Kardashian West. La vedette de télé-réalité américaine a en effet été reçue à la Maison Blanche pour un sujet qui n’avait rien de léger : la réforme carcérale en cours.

Great meeting with @KimKardashian today, talked about prison reform and sentencing. https://t.co/uOy4UJ41JF— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


require(["twitter/widgets"]);

« Super rencontre avec Kim Kardashian aujourd’hui, nous avons parlé réforme carcérale et condamnations. »
La femme d’affaires avait fait le déplacement à Washington pour porter devant l’administration Trump le cas d’Alice Marie Johnson, une femme de 63 ans, emprisonnée depuis plus de vingt ans pour possession de cocaïne et blanchiment d’argent. C’est après avoir visionné une vidéo devenue virale aux Etats-Unis que Kim Kardashian West a voulu militer pour la libération de cette sexagénaire.
Condamnée à l’emprisonnement à vie en 1996 pour un délit non violent lié au trafic de drogue, elle ne peut pas bénéficier d’une liberté conditionnelle et seule un geste présidentiel pourrait lui permettre de sortir de prison.
Efforts balbutiants de réforme
Selon l’avocate de la détenue, Brittany K. Barnett, Mme Kardashian West et son avocat, Shawn Chapman Holley, devaient initialement être reçus par des responsables américains à la Maison Blanche, dont Jared Kushner, gendre et haut conseiller du président. Donald Trump aurait décidé de se joindre au groupe au dernier moment.
Comme le souligne le New York Times, Jared Kushner mène les efforts – balbutiants – de l’administration pour réformer le système de justice pénale et aider à réduire la récidive « en offrant plus de perspectives aux détenus, notamment grâce à des formations professionnelles, des centres de réinsertion et des libérations anticipées ». Mais sa ligne se heurte à celle, beaucoup plus dure, du ministre de la justice, Jeff Sessions.

        Lire son portrait :
         

          Jeff Sessions, un guerrier conservateur pour la justice américaine



L’administration de l’ancien président Barack Obama avait tenté de modifier des lois rigides sur ce type de condamnations, mais n’avait pas réussi à obtenir le soutien du Congrès. Le démocrate avait ainsi procédé à 1 715 commutations présidentielles durant son mandat, soit davantage que l’ensemble de ses prédécesseurs à la Maison Blanche. Ces commutations, pour l’essentiel, concernaient de simples dealers de stupéfiants ayant été condamnés à de lourdes sentences – en vertu d’un système pénal très répressif – et étant censés ne plus présenter de dangerosité.
Jeux de mots sexistes
La rencontre entre Mme Kardashian West et Donald Trump a également été l’occasion pour certains tabloïds américains de ressortir leur panoplie de jeux de mots. Le New York Post, peu connu pour la finesse de ses « unes », titre ainsi « Trump meets Rump », rime faisant référence à « la croupe » de la célébrité aux 111 millions d’abonnés sur Instagram. Pire, dans son surtitre, le quotidien pro-Trump rebaptise la star en « Kim Thong Un », clin d’œil clairement sexiste (thong en anglais signifie string) et à l’éventuelle rencontre à venir entre le président américain et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Tomorrow's cover: Kim Kardashian visits the White House to discuss prison reform with President Trump… https://t.co/7EbDniKVTI— nypost (@New York Post)


require(["twitter/widgets"]);

Les discussions chaotiques entre Corée du Nord et Etats-Unis ont également inspiré le titre du Daily News : « La seule Kim qu’il pouvait avoir ».

An overrated reality TV star met with Kim Kardashian https://t.co/aFly7MJdnU

— NYDailyNews (@New York Daily News)


require(["twitter/widgets"]);

En sortant de sa réunion avec le président, Kim Kardashian West s’est en tout cas dite « optimiste quant au futur de Mme Johnson, espérant qu’elle – et tant d’autres dans son cas – aurait une seconde chance dans la vie ».
Le New York Times note d’ailleurs qu’« elle est l’une des rares grandes célébrités à accepter de casser le front anti-Trump à Hollywood en interagissant avec l’administration Trump ». Kanye West, son mari, n’avait pas caché être un grand fan du nouveau président américain, affichant ses casquettes « Make America great again », ou utilisant son compte Twitter pour crier son amour envers celui qu’il qualifie de « frère ».

        Sur le sujet :
         

          De retour sur Twitter, Kanye West gazouille à l’oreille de Donald Trump



Donald Trump n’a, pour sa part, pas toujours été aussi bienveillant envers la star américaine, dont il n’hésitait pas à commenter le derrière ou la façon de s’habiller, qu’il jugeait inadaptée lors de sa grossesse, en 2013, comme se plaît à rappeler le Daily Beast.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-5">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ La baisse des émissions de CO2 depuis dix ans est principalement liée au déclin du charbon qui n’est plus rentable.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Climat : les Américains meilleurs élèves que ne veut le faire croire Trump

La baisse des émissions de CO2 depuis dix ans est principalement liée au déclin du charbon qui n’est plus rentable.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h38
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Il y a les Tweets et la réalité. « L’Amérique est bénie d’une extraordinaire abondance d’énergie, y compris plus de 250 années de charbon beau et propre. Nous avons mis fin à la guerre au charbon, et nous continuerons à promouvoir la domination énergétique américaine », s’est réjoui Donald Trump, le 18 mai. Sauf que la tendance n’est pas celle-ci. Le charbon poursuit son déclin sur le sol américain, parce qu’il pollue et surtout n’est pas rentable. C’est ce que révèlent les données publiées le 29 mai par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).

        Lire aussi :
         

                Climat : les Américains ont enrayé la dynamique de l’accord de Paris



Résultat, en dix ans, la consommation d’énergie par habitant a baissé de 10 % aux Etats-Unis, et les émissions de CO2 de 20 %. Ce recul s’est ralenti mais s’est poursuivi en 2017. Les émissions des Américains restent certes 2,5 fois supérieures à celles des Européens et des Chinois dont les performances stagnent. Mais un an après avoir annoncé leur retrait de l’accord de Paris sur le climat, les Américains ne sont pas aussi mauvais élèves que ne laissent entendre les propos de Donald Trump.
Déclin inexorable du charbon
Dans le détail, la consommation de charbon dans la production d’électricité est tombée à son plus bas depuis 1982. Le charbon, qui assurait près de la moitié de la production l’électricité américaine en 2007, n’en fournit plus que 30 %, désormais dépassé par le gaz naturel (32 %, plus 10 points en une décennie). Cette tendance devrait se poursuivre, selon l’EIA.
Le charbon ne représente plus que 14 % de la consommation d’énergie totale aux Etats-Unis contre 22,5 % il y a dix ans. Cette tendance s’est poursuivie en 2017, en dépit de l’arrivée de Donald Trump. En revanche, la production américaine a rebondi de 6,5 % en 2017 (le recul sur dix ans reste d’un tiers), tirée par le rebond de 50 % des exportations. Les Américains justifient ces exportations en expliquant notamment que le charbon du Wyoming est moins polluant que celui des Chinois et qu’il les aide à protéger leur environnement. Mais pour 2018, l’Agence américaine de l’énergie table sur un nouveau recul de 3 %, dû à la baisse conjuguée de la consommation et des exportations.

        Lire aussi :
         

                Climat : la France, terre d’accueil des chercheurs lâchés par Trump



Résultat, les émissions de dioxyde de carbone dues au charbon ont baissé de près de 40 % depuis 2007 (1,31 milliard de tonnes métriques contre 2,17 milliards en 2007). Et les émissions totales réalisées sur le sol américain ont reculé de 14 % en une décennie (5,14, contre 6 milliards de tonnes), le gaz naturel étant bien moins polluant et son efficacité ayant progressé, à la différence des centrales à charbon qui sont plus polluantes que par le passé. Cette amélioration est aussi due à la part des énergies renouvelables (45 % de biomasse, 25 % d’hydroélectricité, 21 % d’éolien, 7 % de solaire), qui a quasiment doublé en dix ans pour atteindre 11,2 % de la consommation totale. Le pétrole reste stable (37 % de la consommation, moins 2 points)
Remontée en 2018
Au total, la consommation totale d’énergie n’a reculé que de 3,2 % en dix ans, Le recul de la consommation d’essence a été limité à 6 % tout comme les émissions de CO2 dans les transports, les Américains ayant choisi de s’équiper en pick-up et renoncé aux petites cylindrées. En revanche, les émissions des secteurs immobiliers résidentiel et commercial, véritables passoires énergétiques, ont enregistré des forts reculs, respectivement d’un quart et d’un cinquième.

        Lire aussi :
         

                Les pays du G20 oublient l’accord de Paris sur le climat



Après un recul de 0,9 % en 2017, l’EIA prévoit toutefois une remontée des émissions totales américaines de 1,4 % en 2018 et de 0,4 % en 2019. Deux phénomènes contradictoires sont à l’œuvre : d’un côté, l’abolition tonitruante des régulations décidées par Barack Obama le plus souvent avant d’avoir pu entrer en vigueur ; de l’autre, la décision des villes et états démocrates ainsi que des entreprises d’aller vers une économie plus sobre en carbone. Il est trop tôt pour savoir laquelle de ces forces fixera durablement la tendance.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-6">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le montage des services secrets ukrainiens pour faire croire à l’assassinat du journaliste exilé à Kiev nourrit aussi les complotistes de tous poils.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La fausse mort de Babtchenko, une aubaine pour le pouvoir russe

Le montage des services secrets ukrainiens pour faire croire à l’assassinat du journaliste exilé à Kiev nourrit aussi les complotistes de tous poils.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 15h00
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Mort, assassiné, le 29 mai. Vivant et en bonne santé, le lendemain. En moins de vingt-quatre heures, le journaliste russe Arkadi Babtchenko, exilé à Kiev pour des raisons de sécurité, est passé d’un état à l’autre, lors d’une opération montée de toutes pièces par les services ukrainiens pour « déjouer » un projet présumé des services russes d’attenter à sa personne. En moins de vingt-quatre heures, une fois passé le soulagement de constater qu’il était en vie, le malaise s’est installé chez ses confrères de tous horizons, russes, ukrainiens ou étrangers.
Fallait-il en passer par cette mise en scène macabre, étayée par le premier ministre ukrainien en personne, donner des détails d’une violence inouïe – « trois balles dans le dos », « le journaliste décédé dans l’ambulance » – et impliquer les médias de la planète entière, dont Le Monde, pour démontrer l’existence de menaces sérieuses ?
« Il ne pouvait pas faire de plus grand cadeau au Kremlin qu’il déteste tant », considérait, jeudi 31 mai, Alexandre Minkine, dans le quotidien Moskovski Komsomolets
Arkadi Babtchenko a-t-il réfléchi au traumatisme que la nouvelle de son assassinat éveillerait chez tant de ses collègues, russes et ukrainiens, durement éprouvés par la perte d’amis ces dernières années ? A-t-il mesuré l’effet de sa « fausse » mort dans une rédaction comme Novaïa Gazeta, qui a pleuré plusieurs de ses journalistes dont Anna Politkovskaïa, tuée en 2006 par arme à feu à l’entrée de son immeuble, dans les mêmes circonstances que son « faux » assassinat ? Pouvait-il concevoir l’émotion de ceux qui se sont réunis spontanément sur un pont de Moscou en déposant sa photo à l’endroit même où l’opposant Boris Nemtsov a été abattu dans le dos ? Oui, il le pouvait. « J’ai eu à enterrer nombre de mes amis et de mes collègues, je connais le sentiment que cela procure », a-t-il affirmé. « Mieux vaut un opposant vivant que mort », ont...




                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-7">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le blogueur russo-israélien a passé sept mois dans une prison de ce pays du Caucase avant d’être gracié puis expulsé en Israël. Il raconte, dans une tribune au « Monde », le quotidien des tortures et des persécutions.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Alexandre Lapshin : « Le régime d’Azerbaïdjan enlève et tue ceux qui lui déplaisent »

Le blogueur russo-israélien a passé sept mois dans une prison de ce pays du Caucase avant d’être gracié puis expulsé en Israël. Il raconte, dans une tribune au « Monde », le quotidien des tortures et des persécutions.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 13h53
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 15h37
    |

Alexandre Lapshin (blogueur)







                        



                                


                            

Tribune. Je m’appelle Alexandre Lapshin. Je suis un blogueur globe-trotteur qui a visité plus de cent trente pays. Je ne m’intéresse pas à la politique mais j’aime la paix, la nature, l’histoire, les jolies femmes et la bonne chère. Même dans mes pires cauchemars, je n’aurais pu imaginer être victime d’un jeu politique entre deux dictateurs brutaux : l’ancien président des fermes collectives soviétiques – le président biélorusse Alexandre Loukachenko et l’homme fort d’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, qui a hérité du pouvoir de son père, comme dans les anciens sultanats arabes décrits par le conte des « Mille et une nuits ».

Le 15 décembre 2016, lors d’un voyage dans l’ex-URSS, j’ai été soudainement arrêté par la police au Belarus. Des agents sont brutalement entrés dans ma chambre d’hôtel en criant « à terre ou nous tirons, vous êtes en état d’arrestation à la demande de l’Azerbaïdjan pour avoir visité le Karabagh ». J’ai eu de la chance car, lors de cette arrestation, ces policiers n’ont pas remarqué que mon ordinateur était en marche et que j’étais en train de communiquer avec mon épouse. Elle a pu voir mon arrestation en direct et elle a immédiatement alerté les médias internationaux ainsi que les ambassades d’Israël et de Russie dont je suis citoyen.
Show médiatique tragicomique
Il est important de préciser que si le Belarus avait été un Etat de droit, il n’aurait jamais procédé à mon arrestation, sans même parler de mon extradition et de ma condamnation. Je n’avais commis aucun délit contre les lois du Belarus et la seule convention d’extradition entre le Belarus et l’Azerbaïdjan stipule explicitement que toute requête d’extradition doit être rejetée si elle est fondée sur des motifs politiques.
J’ai passé sept mois dans une prison en confinement solitaire ce qui est contraire au droit international et ce qui est considéré comme un cas de torture
Or, Aliev avait envoyé son avion personnel pour me faire atterrir...




                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-8">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Les députés danois ont adopté une loi interdisant le port du voile intégral islamique, qui sera passible d’une amende.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Le Danemark interdit le voile intégral dans l’espace public

Les députés danois ont adopté une loi interdisant le port du voile intégral islamique, qui sera passible d’une amende.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 13h31
   





                        


Après la France, la Belgique, l’Autriche et en partie l’Allemagne, le Parlement danois a adopté jeudi une loi interdisant le port du voile intégral islamique (burqa ou niqab) dans l’espace public. « Toute personne qui, dans des lieux publics, porte un vêtement qui lui cache le visage est passible d’amende », dispose le texte qui a été adopté par 75 voix contre 30. Le projet de loi, porté par le gouvernement de centre droit, avait aussi les faveurs des deux premières forces politiques au Parlement : les sociaux-démocrates et le Parti populaire danois (populiste, xénophobe).
A partir du 1er août, date d’entrée en vigueur de la nouvelle législation, toute infraction à l’interdiction du port du voile intégral dans les lieux publics sera sanctionnée d’une amende de 1 000 couronnes danoises (134 euros). Si les infractions sont répétées, l’amende pourra s’élever à 10 000 couronnes.
Aucun document officiel ne fait état du nombre de femmes portant le niqab ou la burqa au Danemark. « Je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup (…). Mais si c’est le cas, vous devez être puni d’une amende », avait déclaré le ministre de la justice, Søren Pape Poulsen, à des journalistes, selon l’agence de presse Ritzau.
Banni ou limité dans plusieurs pays européens
Le port du voile intégral islamique est banni ou limité dans plusieurs pays européens. La France a été le premier pays en Europe à interdire le voile intégral dans l’espace public, avec une loi « interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public » promulguée en octobre 2010 et appliquée depuis avril 2011. Validée par la Cour européenne des droits de l’homme en 2014, elle prévoit pour les infractions jusqu’à 150 euros d’amende. En cinq ans, on dénombre plus de 1 600 verbalisations .
En juillet, la Cour européenne des droits de l’homme a validé son interdiction dans l’espace public en Belgique. Le port du voile islamique intégral est également banni en Autriche depuis octobre.
Les députés allemands ont, eux, adopté le 27 avril 2017 une loi interdisant partiellement le port du voile intégral dans certains contextes, obligeant notamment les agents publics à avoir le visage totalement découvert dans le cadre de leurs fonctions et les personnes dont le visage est dissimulé à se découvrir en cas de vérification d’identité. Le Bundesrat, la Chambre haute, a approuvé à son tour le texte le 12 mai.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-9">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Malgré ses atouts, le pays d’Afrique australe est l’un des plus pauvres au monde. Entre autres freins : le manque de diversification économique et la corruption généralisée.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤         

Décryptage

Pourquoi l’économie du Malawi ne fait toujours pas un tabac

Malgré ses atouts, le pays d’Afrique australe est l’un des plus pauvres au monde. Entre autres freins : le manque de diversification économique et la corruption généralisée.

Par                                            Marion Douet (Lilongwe, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-05-31T12:23:12+02:00"

        Le 31.05.2018 à 12h23






    
Dans une exploitation de tabac, à Zomba, au Malawi, en 2014.
Crédits : GIANLUIGI GUERCIA/AFP


Ces cinq dernières années, le revenu par habitant a baissé de 30 % au Malawi. Dans le même temps, cet indicateur du développement économique bondissait chez certains de ses voisins, telle la Tanzanie. Au sein d’une Afrique australe dynamique, le pays, certes petit et enclavé, reste l’un des Etats les plus pauvres de la planète.

        Lire aussi :
         

                « Madagascar est le seul pays qui s’appauvrit depuis soixante ans sans avoir connu la guerre »



A Lilongwe, capitale à l’ambiance rurale, certains observateurs sont circonspects. « Le Malawi est un pays paisible, qui n’a pas connu de conflits et dont les voisins ne sont pas en guerre ; son climat est plutôt bon, il y a de la terre, de l’eau…, égrène une source diplomatique. Pourtant, c’est toujours l’un des plus pauvres du monde, au même titre que des pays ravagés par la guerre comme la Centrafrique. »
Sécheresses et inondations
Comment expliquer cet immobilisme ? L’économie du Malawi, un long croissant de terre qui épouse l’immense lac éponyme (sa surface équivaut à celle de la Belgique), repose tout d’abord sur une agriculture très dépendante des pluies. Pilier de l’économie, ce secteur représente 30 % du PIB mais manque cruellement de moyens, à commencer par des systèmes d’irrigation.
Dans ce pays régulièrement touché par les sécheresses et les inondations, c’est toute l’économie qui tangue à chaque événement climatique extrême. Ainsi, en 2016, année d’un phénomène El Nino particulièrement rude, la croissance n’a pas dépassé les 2,3 % (contre 4 % en 2017). Un taux trop faible étant donné l’essor rapide de la population (18,3 millions d’habitants, + 3 % par an), souligne Ben Kaluwa, professeur d’économie à l’université du Malawi. « Vu notre taux de pauvreté, même 4 % ou 5 % de croissance ne serait pas suffisant », estime-t-il, citant en exemple le voisin tanzanien, dont la croissance dépasse les 6 %.

        Lire aussi :
         

                Le retour de Joyce Banda agite le Malawi à un an des élections



La faible diversification de l’économie contribue également à ce manque de dynamisme. Au Malawi, un produit roi, véritable « pétrole vert », domine les affaires : le tabac. « Il représente environ 60 % des entrées de devises au Malawi », souligne Karl Chokotho, qui vient de quitter la présidence de la Fédération des chambres de commerce. Et l’homme d’affaires d’ajouter : « La majorité du secteur privé est liée au tabac, qu’il s’agisse de l’industrie, des banques, des assurances, des entreprises de logistique ou même des services de santé. »
Bien que certains fondamentaux se soient améliorés (l’inflation est revenue à moins de 10 %), les investisseurs dédaignent le pays, qui possède pourtant d’importants atouts, notamment dans le tourisme. Pour Karl Chokotho, l’accès difficile au crédit est l’un des principaux freins. « Les taux d’intérêts sont très élevés, autour de 26 % », insiste-t-il, déplorant également le manque d’électricité. Le Malawi ne possède pas plus de 200 mégawatts (MW) de capacités électriques, contre 2 400 MW pour la Zambie voisine, dont la population est comparable. Les coupures y sont donc nombreuses et peuvent durer, dit-on, « jusqu’à dix heures par jour ».
Le scandale du Cashgate
Enfin, les investisseurs ont également été refroidis par le scandale du Cashgate. Révélé en 2013, ce gigantesque détournement de fonds a siphonné quelque 30 millions de dollars (environ 22 millions d’euros) au profit de hauts responsables malawites. A la suite de cette affaire, les grands bailleurs de fonds ont arrêté d’octroyer des aides budgétaires directes au Malawi, avec un impact direct puisque les quelque 150 millions de dollars annuels représentaient 40 % du budget gouvernemental, rappelle le professeur Ben Kaluwa.
Pour beaucoup, la corruption est le premier frein au développement du pays. Car le Cashgate, très médiatisé et qui a coûté sa réélection à l’ancienne présidente, Joyce Banda, en 2014, est loin d’être un exemple isolé. A Lilongwe, l’énorme stade flambant neuf qui domine la ville ou encore l’impeccable centre international de conférences – où se tient, à prix d’or, « la moindre réunion ministérielle », selon un observateur – provoquent des moues dubitatives. Récemment, la société civile a découvert que le gouvernement de l’actuel président, Peter Mutharika, élu sur la promesse de mettre fin à la corruption, projetait de distribuer 4 milliards de kwachas (4,7 millions d’euros) à des députés réfractaires à certaines réformes.

        Lire aussi :
         

                Au Malawi, à la merci des hyènes



Samedi 26 mai, le vice-président lui-même a dénoncé publiquement ce mal qui ronge le pays jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. « Condamnons la corruption, arrêtons d’applaudir les voleurs », a exhorté Saulos Chilima. « La corruption empire et atteint des niveaux embarrassants. C’est une mauvaise pratique qui met en danger la vie des gens, car elle conduit, entre autres, à l’absence de médicaments dans les hôpitaux », a poursuivi le numéro deux de l’Etat, qui ne cache plus ses ambitions présidentielles pour les élections de 2019.


<article-nb="2018/05/31/17-10">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le commissaire européen à l’économie et à la fiscalité décrypte, dans un entretien au « Monde », les annonces de Bruxelles sur le budget européen et revient sur la crise italienne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pierre Moscovici : « Cette Commission n’est pas là pour présenter des diktats »

Le commissaire européen à l’économie et à la fiscalité décrypte, dans un entretien au « Monde », les annonces de Bruxelles sur le budget européen et revient sur la crise italienne.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 12h04
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La Commission européenne détaillait, jeudi 31 mai, sa proposition d’un embryon de budget de la zone euro, qui prévoit deux fonds, l’un de 25 milliards d’euros (pour 2021-2027) destiné à aider au financement des réformes dans les pays membres, et l’autre de 30 milliards d’euros, censé, par le biais de prêts, venir en aide aux pays touchés par un accident de parcours, afin d’éviter qu’ils coupent dans leurs investissements. Le Français Pierre Moscovici, commissaire à l’économie et à la fiscalité, revient sur l’esprit de ces annonces et sur la crise italienne.
Nous sommes quand même très loin d’un budget de la zone euro à plusieurs points de PIB que le président français réclame. Ce souhait est-il irréaliste ?
Nos propositions peuvent paraître modestes à ce stade, mais elles ouvrent des perspectives concrètes pour l’avenir. Elles représentent une percée conceptuelle et politique dans la réflexion menée jusqu’à présent sur l’Union économique et monétaire, parce que ce sont deux mesures de solidarité. La zone euro a été construite sur les notions de responsabilité, dont la responsabilité budgétaire, qui inspire le Pacte de stabilité et de croissance. Pour la rendre plus efficace, tournée vers l’avenir et plus populaire, il faut la compléter, après avoir rendu le pacte plus flexible, par cette dimension essentielle de la solidarité.
Pour ce qui est du premier outil d’aide aux réformes économiques [doté de 25 milliards d’euros], il conforte ma lecture de nos règles, qui a toujours été la même : mieux vaut inciter que punir. Et pour ceux qui craignent que cette proposition ressemble trop à l’idée des « contrats » d’Angela Merkel [la chancelière allemande, en 2013], les réformes que l’on veut financer devront être des réformes « 2.0 » qui encouragent la formation, l’éducation, etc. Et pas seulement les réformes « 1.0 », des retraites et du marché du travail.
Quant à la fonction de stabilisation de la zone...




                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-11">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Israël a fait de la présence iranienne en Syrie une ligne rouge. La Russie cherche à éloigner son partenaire de la zone frontalière pour éviter une escalade avec l’Etat hébreu.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Moscou prêt à pousser l’Iran à se retirer du sud de la Syrie

Israël a fait de la présence iranienne en Syrie une ligne rouge. La Russie cherche à éloigner son partenaire de la zone frontalière pour éviter une escalade avec l’Etat hébreu.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 12h02
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

La volonté affichée par le président Bachar Al-Assad de reprendre le contrôle des territoires tenus par l’opposition dans le sud de la Syrie, après s’être rendu totalement maître de la région de Damas le 21 mai, a ouvert d’intenses tractations diplomatiques pour obtenir le départ des forces affiliées à l’Iran dans cette région. A Moscou comme à Washington, la crainte est grande qu’une bataille dans cette « zone de désescalade » et une consolidation des forces iraniennes et du Hezbollah libanais à la frontière avec Israël ne mènent à une confrontation entre l’Etat hébreu et l’Iran.
Après les menaces lancées vendredi 25 mai par Washington, allié aux rebelles syriens, de prendre des « mesures fermes et appropriées » en cas de violation de la trêve dans le Sud syrien, la Russie, alliée du régime de Damas, a pour la première fois affiché sa volonté de pousser l’Iran à un retrait. Lundi 28 mai, le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a déclaré que seule l’armée syrienne devait être présente à la frontière avec Israël et la Jordanie. Une position qu’il a réitérée, mercredi, estimant que le retrait de toutes les forces non syriennes de la frontière avec Israël devait avoir lieu « dès que possible », a rapporté l’agence officielle russe TASS.
La Russie semble déterminée à faire respecter l’accord de désescalade dans le Sud passé en juillet 2017 avec les Etats-Unis, en coordination avec la Jordanie, et depuis resté lettre morte. Outre un cessez-le-feu entre les forces du régime et les rebelles, les deux puissances s’étaient entendues pour que l’Iran et les milices chiites qui lui sont affiliées se tiennent à 5 kilomètres de la ligne de contact, soit de 5 à 20 kilomètres de la frontière avec Israël. Cette zone tampon, en deçà des exigences israéliennes, n’a pas été respectée depuis.
« Pas encore d’accord »
Les frappes menées le 10 mai par Israël contre des cibles iraniennes en Syrie, en représailles à un tir de...




                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-12">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Comme de nombreux agriculteurs, Luc Smessaert, le vice-président de la FNSEA, estime que les « aides PAC sont vitales ». Elles représentent 47 % de leur revenu en moyenne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Les agriculteurs français restent très dépendants des aides de la politique agricole commune

Comme de nombreux agriculteurs, Luc Smessaert, le vice-président de la FNSEA, estime que les « aides PAC sont vitales ». Elles représentent 47 % de leur revenu en moyenne.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 14h58
    |

            Laurence Girard








                        



   


« Les aides PAC [politique agricole commune] sont vitales pour nous », déclare sans ambages Luc Smessaert, vice-président Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Agriculteur à Roy-Boissy, dans l’Oise, il gère une exploitation de polyculture élevage. « Sur notre exploitation, elles représentent 15 % de notre chiffre d’affaires et 30 % de nos revenus », explique-t-il. Comme d’autres, il a été confronté à la baisse des subsides européens actée lors de la PAC 2015-2020, un coup de rabot que M. Smessaert évalue à 12 %, à la suite de la volonté politique de Bruxelles de réduire les écarts du paiement de l’aide directe à l’hectare, entre départements mais aussi entre pays.
Même son de cloche du côté des céréaliers. « Si nous n’avions plus d’aides PAC, ce serait suicidaire », réagit Philippe Pinta, président de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), qui ajoute « chaque année, depuis cinq ans, 30 % des céréaliers sont dans le rouge ». Selon lui, « tous les producteurs des grands pays concurrents, Etats-Unis, Ukraine comme Russie ont des aides d’Etat ». Il constate également l’érosion du montant des subsides européens. Un céréalier en Picardie a vu le montant des aides à l’hectare passer de 400 à 250 euros en cinq ans. Soit un total annuel de 62 000 euros contre 80 000 euros précédemment.

        Lire aussi :
         

                Bruxelles compte réduire le budget de la PAC 2021-2027 de 12 %



L’appréciation est la même sur les pentes jurassiennes. Pourtant Nicolas Girod exploite avec son frère, une ferme laitière dont le lait est transformé en comté. « Nous avons la chance de travailler pour un produit bien valorisé, mais il serait compliqué de se passer des aides PAC. D’autant que nous sommes deux à vivre sur la ferme qui compte 40 vaches sur 70 hectares », affirme-t-il. L’exploitation touche une aide à l’hectare de 80 euros à laquelle s’ajoute une indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN). « Les fortes pentes nous obligent à avoir un matériel spécifique et la neige contraint à renforcer les constructions », explique M. Girod. Au total, il touche 30 000 euros de subsides européens. A priori avec la PAC 2015-2020, il devait bénéficier de la convergence. « L’aide à l’hectare devait passer de 80 à 90 puis à 120 euros. Or, la première année, elle a baissé de quelques euros, puis est passée à 90 euros avant de rebaisser à nouveau. »
« Il faut la réformer »
M. Girod, qui est secrétaire national du syndicat Confédération paysanne, regrette « que la promesse de la convergence n’ait pas été appliquée ». Surtout, il estime que cette PAC « a été mal mise en place. Avec le “paiement vert”, elle devait redonner des primes pour les avancées environnementales. Cela n’a pas été le cas ». A priori, 30 % des paiements à l’hectare étaient conditionnés au respect de mesures environnementales. « Les conditions sont accessibles à tout le monde », reconnaît M. Pinta. Un seul exemple donné par M. Girod : « Maïs semence, maïs grain et maïs ensilage comptent comme trois cultures différentes et donc entrent dans les obligations de rotation de culture ».
Le jurassien considère également que ce paiement à l’hectare et le non-plafonnement des aides ont favorisé l’agrandissement des exploitations. Il souhaiterait qu’il y ait une pondération en fonction du nombre d’actifs sur l’exploitation. M. Pinta, pour sa part, s’inquiète de la nationalisation grandissante de la PAC, source de distorsion de concurrence entre les pays européens. « Il faut réformer la PAC pour la rendre plus lisible pour l’agriculteur et le consommateur. Et faire qu’elle permette de résister aux crises. Elle ne fonctionne pas correctement depuis que l’on a désarmé les outils de gestion de crise. Mais sans les aides PAC, il n’y aurait plus de revenu agricole. Elles représentent 47 % du revenu des agriculteurs français en moyenne. Et les aides à l’hectare aux Etats-Unis sont le double de celles octroyées en Europe », explique Michel Dantin, député européen du Parti populaire européen.

        Lire aussi :
         

                La France agricole s’insurge contre les coupes dans le budget de la PAC



Sachant toutefois que certaines productions agricoles françaises ne touchent pas d’aide à l’hectare. Celles qui en fait, historiquement, travaillaient sur de petites parcelles. Comme la viticulture, le maraîchage ou l’arboriculture. Des secteurs qui ne dépendent pas du premier pilier de la PAC, celui de l’aide directe, mais du second pilier par le biais d’organisation commune de marché (OCM). Ils bénéficient ainsi de soutien à l’investissement.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-13">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », analyse l’utilisation poussée du mensonge par les dirigeants des deux plus grandes puissances nucléaires de la planète.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Poutine et Trump poussent la manipulation de la vérité au niveau du chef-d’œuvre »

Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », analyse l’utilisation poussée du mensonge par les dirigeants des deux plus grandes puissances nucléaires de la planète.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h29
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            

Chronique. Entre autres points communs, Donald Trump et Vladimir Poutine partagent le même mépris pour la réalité. C’est une façon polie de dire qu’ils mentent effrontément. Le mensonge est sans doute aussi vieux que la politique. Mais, à la tête des plus grandes puissances nucléaires de la planète, ces deux-là se distinguent. Ils poussent la manipulation de la vérité au niveau du chef-d’œuvre. Ils gouvernent en artistes, ils créent.
A force de mentir, ils ont façonné, chacun, une réalité alternative – celle qui leur convient. Peu importe qu’ils manient le bobard par cynisme ou par convenance conjoncturelle, le résultat est identique : ils brouillent les frontières entre le vrai et le faux. Même si l’on accepte que les mythes aient leur importance dans la cohésion des sociétés, la manière Poutine-Trump de jouer avec la réalité est inquiétante.
Le déni de Poutine
Chez le président russe, le mensonge prend la forme du déni. « Bien sûr que non », le missile n’était pas russe, répond Poutine, la semaine dernière, quand on l’interroge sur les 298 morts du vol MH17 de la Malaysia Airlines. L’avion, qui assurait la ligne Amsterdam-Kuala Lumpur, a été abattu le 17 juillet 2014 au-dessus de la partie de l’Ukraine contrôlée par des sécessionnistes prorusses, que Moscou appuie et équipe.
Au Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie s’était, à l’époque, opposée à la formation d’une juridiction internationale pour établir les faits – et juger. Les Pays-Bas ont alors pris l’initiative d’une enquête internationale. Les conclusions de celle-ci ont été rendues la semaine dernière. Elles sont claires. « Pas de doute », le missile appartenait à une batterie de défense antiaérienne russe Buk, disent les enquêteurs. Il a été tiré depuis le territoire contrôlé par les prorusses. La batterie a été acheminée depuis la base militaire de la ville russe de Koursk, qui abrite la 53e brigade de défense antiaérienne, puis...




                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-14">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Dans un discours, le président Emmanuel Macron a plaidé pour le sauvetage et la réforme du système multilatéral, mercredi, à Paris.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Commerce : dialogue de sourds à l’OCDE entre Washington et ses partenaires

Dans un discours, le président Emmanuel Macron a plaidé pour le sauvetage et la réforme du système multilatéral, mercredi, à Paris.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h29
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Le multilatéralisme est en danger, il faut le sauver ! « Notre responsabilité a déjà commencé pour éviter le pire », a lancé le président français Emmanuel Macron, dans un discours prononcé à Paris, mercredi 30 mai, à l’occasion de la réunion annuelle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Face à une administration américaine qui joue avec les nerfs de ses partenaires, M. Macron s’est une nouvelle fois posé en champion d’une mondialisation ouverte et fondée sur des règles.
Ses propos ont fait écho à ceux déjà tenus ces derniers mois, à Davos, au Congrès américain ou encore à Aix-la-Chapelle (Allemagne). Mais le lieu, comme le calendrier, leur donnait un relief particulier. L’OCDE, dont la France préside cette année la ministérielle, mercredi et jeudi, est « l’héritière du multilatéralisme d’après-guerre, de la reconstruction de l’Europe et du lien transatlantique », a souligné le chef de l’Etat français. Or ce lien n’est plus ce qu’il était. La politique brutale du président américain Donald Trump, sur l’Iran, l’accord de Paris sur le climat et ses menaces de sanctions commerciales tous azimuts l’ont gravement abîmé.

M. Trump décidera-t-il d’imposer des taxes punitives sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance de l’Union européenne, à compter du 1er juin ? Vent debout, les Européens continuaient de réclamer mercredi une exemption définitive, sans plus se faire d’illusions. « Une guerre commerciale est toujours une guerre perdue par tous : par nos industries, nos agriculteurs, nos consommateurs, nos concitoyens », a prévenu le président français, prenant le contre-pied d’une formule désormais célèbre de son homologue américain, qui affirmait en mars : « Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner. » 
Querelle sur l’acier
Comme s’il prenait acte d’une première manche déjà jouée, M. Macron s’est projeté dans l’après. Il a...




                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-15">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Editorial. La fausse annonce, par la police ukrainienne, de la mort du journaliste russe Arkadi Babtchenko est dangereuse à plus d’un titre et donne du grain à moudre aux fanatiques des théories du complot.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Ukraine : une manipulation toxique

Editorial. La fausse annonce, par la police ukrainienne, de la mort du journaliste russe Arkadi Babtchenko est dangereuse à plus d’un titre et donne du grain à moudre aux fanatiques des théories du complot.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 11h37
   





                        


Editorial du « Monde ». Un journaliste assassiné en Ukraine : l’information, annoncée mardi 29 mai par sa famille, puis confirmée par la police à Kiev, était si tragiquement familière qu’elle nous a paru justifier la « une » de nos éditions imprimées. De plus en plus, jusque dans les pays de l’Union européenne – à Malte, en Slovaquie –, les journalistes paient de leur vie la recherche de la vérité. Ils sont emprisonnés par dizaines en Turquie.
En Russie et en Ukraine, ils sont particulièrement exposés dans la guerre de propagande, et dans la guerre tout court, que se livrent Moscou et Kiev depuis l’annexion de la Crimée et l’invasion du Donbass en 2014. La mort, à son domicile à Kiev, d’Arkadi Babtchenko, dont la photo du corps touché de trois balles dans le dos a été diffusée, s’inscrivait dans ce contexte.

Ce journaliste russe, réfugié en Ukraine, était connu pour son opposition féroce au Kremlin. Depuis l’été 2016, des attaques par balles ou à la voiture piégée ont visé et tué des agents des services de sécurité ukrainiens et d’anciens combattants de la guerre du Donbass, notamment tchétchènes. En mars 2017, Denis Voronenkov, ancien député russe réfugié à Kiev, a été tué par balles dans le centre de la capitale ukrainienne. En juillet 2016, c’est le directeur du site d’information Oukraïnska Pravda, Pavel Cheremet, lui aussi de nationalité russe, qui est mort dans l’explosion de la voiture qu’il conduisait. Compte tenu de ces précédents, le meurtre d’Arkadi Babtchenko n’avait, malheureusement, rien de surprenant.
Des questions importantes
« Fake news » ! Arkadi Babtchenko n’est pas mort. Passé la joie de le revoir vivant, cette spectaculaire résurrection pose des questions importantes.
Selon la version livrée mercredi par le responsable des services secrets ukrainiens et le procureur général, Iouri Loutsenko, en compagnie desquels le journaliste a refait surface mercredi, un attentat visant à tuer M. Babtchenko était bien en préparation. Ils en avaient eu connaissance lorsqu’un ressortissant ukrainien, auquel il avait été proposé de commettre cet assassinat, était venu les en informer. Les responsables ukrainiens ont alors décidé de tendre un piège aux commanditaires, en simulant l’assassinat pour les faire « tomber ». Cette opération a permis d’arrêter le donneur d’ordre intermédiaire, un Ukrainien agissant pour le compte des services russes.

        Lire aussi :
         

                L’Ukraine annonce avoir mis en scène l’assassinat du journaliste russe Arkadi Babtchenko, bien vivant



Faut-il croire aujourd’hui cette version ? Nous ne sommes pas en mesure de l’accréditer, et c’est là la conséquence la plus grave de cette rocambolesque affaire : la crédibilité des autorités policières et judiciaires ukrainiennes est à présent sérieusement entamée. La décision de tendre un piège aux commanditaires de l’attentat peut se comprendre ; celle d’orchestrer une telle mise en scène, dans laquelle ont été enrôlés le journaliste, sa famille et, malgré eux, l’ensemble des médias, est nettement moins défendable.

        Lire aussi :
         

                Fausse mort du journaliste russe Babtchenko : les médias critiquent la mise en scène de l’Ukraine



D’abord, parce qu’elle donne du grain à moudre aux fanatiques des théories du complot et autres pourfendeurs des médias et des journalistes, nombreux à triompher sur les réseaux sociaux mercredi. Rien ne comble plus d’aise les adeptes des « fake news » que de voir les médias classiques pris au piège de ces fausses informations, que nous mettons tant d’énergie à combattre.
Stratégie du mensonge
Ensuite, parce qu’elle conforte le Kremlin dans sa stratégie du mensonge. L’arme du mensonge et l’art de multiplier les fausses versions sont au cœur des ripostes de Moscou aux différents épisodes qui l’ont opposé aux démocraties libérales ces dernières années, qu’il s’agisse des forces russes envoyées dans le Donbass, du vol MH17 abattu au-dessus de l’Ukraine (298 morts), de l’affaire Skripal ou des ingérences dans les élections à l’étranger.
Les services secrets ukrainiens ont été formés à la même école que les services secrets russes : celle du KGB. Dans la bataille politique qui se livre à Kiev, à un an de l’élection présidentielle, entre démocrates réformateurs et partisans de l’ordre ancien, il est particulièrement regrettable que la manipulation de l’information dans l’affaire Babtchenko aboutisse, finalement, à faire le jeu de Vladimir Poutine.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-16">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ La sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris, le 1er juin 2017, fragilise l’objectif global d’une économie décarbonée.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Climat : les Américains ont enrayé la dynamique de l’accord de Paris

La sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris, le 1er juin 2017, fragilise l’objectif global d’une économie décarbonée.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 11h17
    |

            Simon Roger








                        



                                


                            

Touché mais pas coulé. Dénoncé par Donald Trump lors d’un discours retentissant dans le jardin de la Maison Blanche, le 1er juin 2017, l’accord de Paris n’a pas volé en éclats sous les coups de butoir du président climatosceptique américain. Mais l’option radicale choisie il y a un an, celle d’un retrait des Etats-Unis de l’accord conclu sous l’égide des Nations unies à la COP21 (en décembre 2015), fragilise un engagement déjà très compliqué à tenir : contenir la hausse de la température mondiale sous le seuil des 2 °C.
« L’accord de Paris compromettrait notre économie, briserait nos travailleurs, affaiblirait notre souveraineté », expliquait alors le président américain pour justifier cette rupture dont il n’a jamais précisé les modalités. Et pour cause. Ce retrait ne pourra réellement intervenir qu’en novembre 2020, en vertu des clauses incluses dans le texte de Paris. Jouant sur les mots ou mal renseigné par ses experts, Donald Trump indiquait pourtant, en janvier, que les Etats-Unis pourraient réintégrer l’accord s’il était « complètement différent ».

A côté de ces déclarations changeantes, le président américain mène une politique moins brouillonne qu’il n’y paraît pour soutenir les énergies fossiles, très émettrices de gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique. « Le président Trump a d’ores et déjà pris des décisions négatives, observe Laurent Fabius, l’ancien président de la COP21, dorénavant à la tête du Conseil constitutionnel. C’est le cas, par exemple, lorsqu’il autorise les forages pétroliers sur les côtes des Etats-Unis ou lorsqu’il relance la construction de l’oléoduc Keystone XL. C’est le cas encore lorsqu’il renonce à verser 2 milliards de dollars au Fonds vert pour le climat, handicapant beaucoup de projets destinés à aider les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique. » 
« Mauvais coup »
Laurence Tubiana,...




                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-17">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Alors que les raffineries sont touchées par un mouvement de grève, des éléments radicaux appellent l’armée à renverser le président, Michel Temer.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En pleine crise politique, le Brésil s’enlise dans les conflits sociaux

Alors que les raffineries sont touchées par un mouvement de grève, des éléments radicaux appellent l’armée à renverser le président, Michel Temer.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 11h04
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

Dans n’importe quel pays producteur de pétrole, la hausse vertigineuse du prix du baril est une bénédiction. Pour le Brésil et son impopulaire président, Michel Temer, c’est une tragédie à même de faire vaciller la démocratie. Depuis dix jours, les camionneurs en colère contre la hausse bloquent les routes par où transitent nourriture, médicaments, carburant, etc. Soutenus par la population, ils fustigent la nouvelle politique de prix pratiquée par l’entreprise publique pétrolière, Petrobras, qui, après l’avoir longtemps subventionné, revend désormais l’or noir aux Brésiliens en suivant les évolutions du marché mondial.
« La situation est hors de contrôle », a reconnu mardi 29 mai l’Association brésilienne des camionneurs (Abcam), l’un des principaux syndicats des routiers. L’Abcam a bien appelé vendredi à cesser les blocages à la suite des promesses du gouvernement de réduire le prix de l’essence, mais le mouvement lui échappe et se radicalise.

A en croire les syndicats, des groupes politiques radicaux auraient infiltré les rangs des grévistes. De fait, les revendications liées au prix du diesel et de l’essence ont été remplacées par les « Fora Temer ! » (Temer dégage !) et les appels à une intervention militaire. Dit autrement, à l’éviction du chef d’Etat afin de confier la gestion du pays à l’armée. Une redite du coup d’Etat de 1964, en quelque sorte. Une rhétorique chère à l’extrême droite brésilienne et à son chef de file, Jair Bolsonaro, capitaine de réserve de l’armée, deuxième dans les sondages pour la présidentielle d’octobre, derrière l’ancien président Lula.
e siècle »
Ces voix, illustrant le discrédit infligé à l’ensemble des responsables politiques brésiliens, englués dans les scandales de corruption, font frémir. A en croire le général de réserve Augusto Heleno, interrogé par le quotidien Folha de Sao Paulo, mercredi 30 mai, la situation est comparable...




                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-18">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La plupart des électeurs d’Edirne ne se retrouvent pas dans le « récit national » porté par l’homme fort d’Ankara, qui organise des élections anticipées le 24 juin.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Turquie : à la frontière européenne, un « fort sentiment d’opposition à Erdogan »

La plupart des électeurs d’Edirne ne se retrouvent pas dans le « récit national » porté par l’homme fort d’Ankara, qui organise des élections anticipées le 24 juin.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
31.05.2018 à 11h19
    |

            Marie Jégo (Edirne (Thrace orientale), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Rien ne saurait troubler la tranquillité d’Edirne, la ville turque la plus proche de la frontière avec la Grèce et la Bulgarie. Pas même la campagne pour les élections – législatives et présidentielle – anticipées du 24 juin, menée avec discrétion dans cette ancienne capitale ottomane à l’humeur morose.
Pas d’affiches sur les murs, peu de rassemblements. A l’inverse de bien d’autres villes, aucun poster du président Recep Tayyip Erdogan ne trône en majesté sur les avenues ou dans les rues piétonnes du centre-ville. Dans ce fief du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche), Mustafa Kemal, dit Atatürk, tient la vedette. Ses portraits sont partout.
Edirne est plutôt pro-européenne. L’échec du projet d’adhésion arrache des soupirs à ses habitants. Ils y avaient cru. Géographiquement imbriquée dans l’Europe, la Thrace orientale, dont Edirne est le chef-lieu, ne se reconnaît pas dans le « récit national » psalmodié par M. Erdogan, à la gloire de l’oumma (communauté des musulmans dans le monde) et des territoires perdus de l’Empire ottoman, « 5 millions de kilomètres carrés », assurait-il en février.
« Fort sentiment d’opposition à Erdogan »
Résolument anti-Erdogan, la ville et sa région ont, à 70 %, voté contre le projet d’hyperprésidence, taillé pour l’homme fort de la Turquie, et approuvé par référendum en avril 2017. « A Edirne, il existe un fort sentiment d’opposition à Erdogan », confirme Mete Türkan, un quadragénaire au visage grave qui préside l’antenne locale du Bon Parti, une formation politique récente censée attirer l’électorat de centre droit.
Avocat de formation, M. Türkan n’avait jamais songé entrer en politique : « Mon père, qui était juge, voulait que ses enfants restent en dehors de tout militantisme. » Longtemps, il a mis toute son énergie dans le travail. Il dirigeait alors le barreau d’Edirne, et la justice était à ses yeux « un idéal bien plus puissant que la politique »....




                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-19">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ De nombreuses vidéos laissent à penser que la Chine produit de la nourriture en plastique. Il n’en est rien.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Les « aliments en plastique chinois », une rumeur tenace

De nombreuses vidéos laissent à penser que la Chine produit de la nourriture en plastique. Il n’en est rien.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 10h31
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Mangeons-nous du riz au plastique sans le savoir ? C’est ce qu’affirme une rumeur relayée par de nombreux sites Internet douteux, prétendant que la Chine produirait du riz en plastique, en mélangeant, par exemple, patates douces, pommes de terre, résine synthétique et parfrum chimique. De nombreuses astuces sont censées aider l’internaute à différencier le bon grain du plastique : le faux riz flotterait dans l’eau, ne moisirait pas et brûlerait au contact des flammes.
Sur YouTube, de très nombreuses vidéos, vues pour certaines des centaines de milliers de fois, montrent des internautes tentant de prouver que le riz qu’ils détiennent est composé de plastique. Provenant majoritairement d’Afrique, elles mettent en scène des internautes faisant rebondir des boulettes de riz au sol pour prouver la présence de plastique, ou brûlant des grains de riz pour en venir aux mêmes conclusions.
Pourquoi c’est faux
Les Observateurs de France 24 ont consacré à ce sujet une longue enquête en deux parties. Interrogé pour les besoins de cet article, le directeur de l’institut technique alimentaire de Dakar, le docteur Fallou Sarr, explique qu’aucune trace de plastique n’a jamais été retrouvée dans le riz. « Nous avons fait des analyses, au niveau de notre institut, sur des “riz douteux” au Sénégal. Nous avons identifié que ce riz désigné comme “plastique” est, en fait, du vieux riz, qui a plus de deux ans. D’autres tests ont formellement identifié qu’il n’y avait pas la moindre trace de plastique dans ce riz », explique-t-il à nos confrères de France 24.
Par ailleurs, le centre pour la sécurité alimentaire du gouvernement de Hongkong a mené une recherche à la suite de plaintes contre deux restaurants locaux suspectés de servir du « faux riz ». Au terme de tests ADN et de recherches de plastifiants sur les échantillons incriminés, l’institution a prouvé qu’ils ne contenaient que du riz et, en aucun cas, du plastique.
Des dizaines d’autres vidéos avancent que les denrées chinoises sont faites de plastique. L’une d’entre elles, postée en 2016 par la chaîne DilendTv et intitulée « Les Chinois vont faire tuer le monde », montre la fabrication d’un chou en plastique et avance que ce genre d’aliments serait distribué en Europe.

   


La vidéo provient, en réalité, d’un reportage de la chaîne coréenne SBS diffusé en 2014. Ce dernier met en lumière la tradition japonaise du Sampuru, des faux aliments en résine mis en avant dans les restaurants nippons pour aider les clients à faire leur choix.

Décodex : nos outils contre les fausses informations
Utilisez les outils des Décodeurs pour éviter les fausses informations :
Installez en quelques clics notre extension pour les navigateurs Chrome (à télécharger ici) et Firefox (à télécharger ici) pour savoir en un clin d’oeil si les sites que vous consultez sont fiables ;Testez les sites que vous consultez sur notre moteur de recherche (cliquez ici pour y accéder) ;Vous voulez apprendre à vérifier l’information en ligne ? Lisez nos conseils pour éviter les fausses informations ;Besoin d’aide pour vérifier une info ? Interrogez notre robot Facebook (cliquez ici pour y accéder).





                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/31/17-20">
<filnamedate="20180531"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180531"><AAMMJJHH="2018053117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Aleksandar Vucic affiche sa volonté de régler la question kosovare pour entrer dans l’UE, sans renier la proximité de la Serbie avec Moscou.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Kosovo : le président serbe est « prêt à discuter de tout »

Aleksandar Vucic affiche sa volonté de régler la question kosovare pour entrer dans l’UE, sans renier la proximité de la Serbie avec Moscou.



Le Monde
 |    31.05.2018 à 10h21
    |

            Benoît Vitkine et 
Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Réunis le 17 mai à Sofia pour un sommet UE-Balkans, les dirigeants européens ont confirmé la « perspective européenne » promise aux six pays de l’ex-Yougoslavie qui patientent depuis des années à la porte de l’Union, mais ils ont tempéré leur espoir d’une adhésion rapide.
Dans un entretien accordé mercredi 30 mai au Monde, à Paris, où il participait à la conférence annuelle du think tank European Council on Foreign Relations (ECFR), Aleksandar Vucic, 48 ans, président de la Serbie, candidate depuis 2012, se dit déterminé à poursuivre l’objectif d’une adhésion à l’UE sans pour autant renier ses liens privilégiés avec Moscou.
A Sofia, Emmanuel Macron a souhaité que l’UE se réforme avant de s’élargir à de nouveaux membres. Votre objectif affiché d’être prêt à adhérer à l’horizon 2020 a-t-il encore un sens ?
Ce que nous avons entendu d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel était encourageant. Bien sûr, personne n’est aussi enthousiaste que nous le voudrions, nous, dans les Balkans. C’est une réalité avec laquelle nous devons composer, nous ne travaillons pas sur des rêves. Le président français m’a paru positif, même s’il a évoqué le besoin de renforcer l’UE avant d’envisager de nouvelles adhésions. C’est un vrai leader, justement, parce qu’il est capable de dire des choses difficiles.

Mais mon approche est différente de celle d’Edi Rama [le premier ministre albanais]. Je ne veux pas mendier quoi que ce soit. Nous devons faire notre part du travail, nous devons avancer pour nous-mêmes. Et nous obtenons des résultats : pour la troisième année consécutive, sans aucune pression de l’extérieur, nous avons un excédent budgétaire. La Commission salue nos progrès économiques. Nous savons ce qu’il faut améliorer : l’Etat de droit, la liberté d’expression… Nous avons besoin de plus d’investissements étrangers.
Quelle peut être l’échéance ?
Le plus dur est encore...




                        

                        

