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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », deux spécialistes expliquent pourquoi le service du « Bon Samaritain », qui permet de solliciter à tout moment un citoyen formé aux gestes de premiers secours, doit être étendu à tout le territoire.
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Arrêts cardiaques  : « On peut sauver chaque année 5 000 vies supplémentaires en France »

Dans une tribune au « Monde », deux spécialistes expliquent pourquoi le service du « Bon Samaritain », qui permet de solliciter à tout moment un citoyen formé aux gestes de premiers secours, doit être étendu à tout le territoire.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 17h07
    |

Professeur Alexandre Mignon (Anesthésiste-réanimateur) et Docteur Paul Dardel







                        



                                


                            
Tribune. Chaque année, 50 000 Français sont victimes d’un arrêt cardiaque inopiné, encore appelé mort subite. Neuf sur dix en meurent. Douze fois plus que le nombre de morts sur la route. Il y a dix ans déjà, comme anesthésiste-réanimateur et urgentis­te, nous appelions, dans ce même journal, à la mise en place d’un véritable « Plan arrêt cardiaque » (« Un plan contre la mort subite », Le Monde du 12 septembre 2007). Il recommandait l’installation massive de défibrillateurs dans les lieux publics, ainsi que la simplification de leur utilisation par le premier témoin, même non qualifié.
Une vaste campagne de sensibilisation et de formation aux gestes qui sauvent était suggérée. Tout cela s’est en grande partie réalisé (notamment grâce au décret Xavier Bertrand et Philippe Bas en 2007) et s’est avéré efficace et utile, puisque la survie, à l’époque de 5 %, est passée à près de 10 %, un doublement heureux, mais insuffisant.
Il ne faut pas en rester là, mais comprendre que tout est désormais en place pour passer à l’étape suivante : celle de doubler dans les cinq prochaines années le taux de survie de la mort subite en France. Le but est de sauver 5 000 vies supplémentaires par an, le tout sans dépenser un euro de plus. C’est possible grâce à la technique dite du « Bon Samaritain ».
Un bon samaritain est un citoyen, sensibilisé et formé aux gestes de premiers secours, qui accepte de s’inscrire sur un site ou une application mobile. Grâce à cette application, il est géolocalisé et sollicité à tout moment par les services de secours (pompiers et SAMU) pour prodiguer à la victime d’une mort subite les gestes qui sauvent dans l’attente de l’arrivée des secours médica­lisés. Epaulé par téléphone, il commence alors un massage cardiaque, utilise un défibrillateur éventuellement apporté par un autre bon samaritain se trouvant dans le secteur.
Chaque minute qui passe sans action sur les victimes de mort subite s’accompagne d’une...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ L’explorateur publie le récit de la mission « Adaptation » : quatre expéditions de trente jours en solitaire, dans les milieux les plus extrêmes du globe.
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Christian Clot, explorateur des frontières de l’humain

L’explorateur publie le récit de la mission « Adaptation » : quatre expéditions de trente jours en solitaire, dans les milieux les plus extrêmes du globe.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 11h51
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


Dès la deuxième page du livre, on retient son souffle. Nous sommes au milieu des eaux glacées de la Patagonie chilienne, tandis que souffle le terrible williwoo, un vent dont les rafales atteignent jusqu’à 200 km/h et qui a l’effet de « mille poignards plantés dans le corps ». Dans ce théâtre apocalyptique du bout du monde, Christian Clot est là, solidement accroché à la vie dans son kayak. Et ce n’est que le début de ce récit d’aventures, qui se dévore d’un trait.
Mais comment va-t-il survivre ? Cette question est au centre des travaux de Christian Clot, cet insatiable explorateur qui vient de publier Au cœur des extrêmes. Braver les quatre milieux les plus hostiles de la planète pour éprouver les capacités humaines d’adaptation. (éd. Robert Laffont). D’août 2016 à février 2017, le Franco-Suisse, âgé de 46 ans, a traversé successivement quatre des milieux les plus extrêmes du globe, de par leur climat ou leur variabilité. A chaque fois, il a testé sa résistance dans ces milieux pendant trente jours, avec quinze jours de pause entre chaque. Nom de la mission : « Adaptation ».
Poker avec la mort
Ce voyage dantesque, on ne le souhaiterait à personne tellement il semble surhumain. Christian Clot a arpenté le désert du Dasht-e Lut, en Iran, par 70 °C au soleil et 3 % de taux d’humidité. Il a connu les canaux marins de Patagonie, avec un taux d’humidité qui frôle 100 %, une eau à 3 °C et un temps extrêmement versatile. Il s’est plongé dans l’enfer vert de la forêt amazonienne du Brésil et a traversé le théâtre des monts de Verkhoïansk, en Russie orientale, et alors qu’il faisait – 55 °C sous la tente. Une partie de poker avec la mort à chaque expédition.

   


« Que se passe-t-il dans notre cerveau confronté à ce genre de crise ? Qui sommes-nous lorsque, soudainement, nous nous rendons compte que la situation proposée par l’existence dépasse nos capacités ? » Voilà les questions auxquelles Christian Clot a voulu répondre avec ce programme. Il était entouré d’une armada de scientifiques et chercheurs, reconnaissants d’avoir le cobaye idéal, prêt à risquer sa vie pour la science.
Car l’explorateur est un jusqu’au-boutiste. Pour se rapprocher au plus près des situations de crises réelles, impossibles à reconstituer en laboratoire, il est parti sans téléphone, sans balise, sans aucun contact avec le monde extérieur. « Dans ces moments de la vie où tout peut basculer, où l’on se retrouve face à quelque chose d’insurmontable, nous sommes obligés de nous adapter… ou de mourir physiquement ou intellectuellement. Pourquoi certains y parviennent et pas d’autres ? Que se passe-t-il dans leur cerveau ? Quelles sont les clés qui font la différence ? » poursuit l’explorateur.
Souffrance, peur, froid, isolement…
Malgré les apparences, « Christian n’est pas une tête brûlée, commente Jérémy Roumian, son précieux directeur des opérations. Chaque détail est réglé au millimètre. Ensemble, nous imaginons pendant des mois les scénarios du pire pour que, une fois sur le terrain, il dispose d’un maximum de solutions. » Pour toute l’équipe, chaque départ est teinté de joie et de fierté d’avoir réussi à mettre sur pied une organisation ultracomplexe, parfois dans des pays instables politiquement. La peur au ventre, ils attendent alors l’appel libérateur, trente jours plus tard de Christian, revenu, vivant, à la civilisation.

   


Christian Clot a grandi à la campagne, aux côtés de ses deux frères aînés, dans une maison entourée d’une forêt. Une histoire contrariée avec l’école le pousse à arrêter très tôt ses études et à flirter avec les extrêmes. A 16 ans, il annonce à ses parents qu’il part pour le Canada avec un ami. Pour la première fois de sa vie, il est le moteur de ses choix. Désormais, il ne pense plus qu’à une seule chose : repartir. Il multiplie les voyages jusqu’en 1999 où, lors d’un tour du Népal à pied, il découvre une région qui n’a encore jamais été cartographiée et décide de devenir explorateur.
En 2004, avec deux collègues, il s’attaque à la Terre de Feu et à la cordillère Darwin, au Chili. Un endroit terrifiant où personne n’est encore jamais rentré. Pendant treize jours, ils restent bloqués dans leur tente, pris dans une tempête incessante. Ces deux semaines, qui paraissent une éternité, lui font prendre conscience que l’on connaît si peu l’humain. Dès lors, il n’aura de cesse de tester les limites de l’humain, et sa résistance à la souffrance, la peur, le froid, l’isolement…
Lire notre série de 2010 : Un jour, ils ont choisi l’aventure
Un immense optimiste
Le travail de Christian Clot est traversé par l’œuvre de Charles Darwin (auquel il a consacré une BD, publiée chez Glénat) et les changements climatiques inéluctables à venir. « Ce qui me fait repartir, c’est que je pense avoir quelque chose à apporter à l’humanité aujourd’hui, détaille l’explorateur. Mes travaux visent à une meilleure compréhension de notre cerveau, du rôle des émotions, de nos capacités insoupçonnées à faire face à des situations nouvelles. J’étais un immense pessimiste quant à notre avenir. Avec le temps, je suis devenu un immense optimiste. Le projet “Adaptation” est un message d’espoir. Demain, s’il fait 36 °C ou – 20 °C, nous saurons nous adapter. »
Avant chaque départ, Christian Clot se soumet à des IRM avec l’équipe du professeur Etienne Koechlin, directeur du laboratoire de sciences cognitives de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm. Les mêmes scans sont réalisés après chaque milieu, et permettent ainsi une comparaison de ses réseaux neuronaux. Sur le terrain, par – 55 °C ou + 70 °C, en plus de lutter pour sa survie et de parcourir les milieux sur de longues distances avec 100 à 150 kg de matériel, il consacre jusqu’à deux heures par jour à différents protocoles de recherche : des tests cognitifs sur ordinateur, l’écriture d’un journal avec verbalisation écrite et orale de certaines émotions pour mesurer sa perception des événements et des relevés physio-cognitifs de référence qui permettent de suivre sa température, ses rythmes cardiaques et respiratoires, les taux de cortisol et diverses hormones et molécules… Des milliers de données qui sont toujours en cours d’exploitation.
Les premiers résultats montrent qu’en l’espace de trente jours, il y a bien des modifications au niveau du cerveau. « Les zones pariétales, les zones de la mémoire, ainsi que les zones émotionnelles ont été impactées, relate-t-il. Personne ne croyait à de tels changements sur une si courte durée. Plusieurs indicateurs tendent aussi à prouver que l’émerveillement est une clé pour dépasser une situation difficile. »
Capacité d’émerveillement
Cet émerveillement, c’est un oiseau minuscule qui virevolte devant sa tente, un rire libérateur en pensant à une case de BD d’Astérix ou un arc-en-ciel qui viennent atténuer sa souffrance physique ou élargir sa perception de l’environnement. « Dans ces moments-là, il fait toujours aussi chaud, ou froid, ou humide, et pourtant cela me donne la force et surtout la raison de continuer à lutter. Nous avons besoin de cette capacité à aimer pour avancer. Cela fait dix ans que j’y crois, et que je travaille quotidiennement ma capacité d’émerveillement, même dans les situations les plus difficiles. »
Pour valider ses hypothèses, Christian Clot prévoit de repartir en janvier 2019 pour la « Mission 20 » : dix femmes et dix hommes âgés de 25 à 45 ans, tous volontaires, prêts à se soumettre au même enchaînement infernal des quatre milieux. L’équipe est déjà constituée avec des habitués d’ultratrails et des sportifs occasionnels, des docteurs et des sans-diplôme… « C’est cette énergie de différenciation qui va rendre un groupe capable de faire quasiment n’importe quoi, ajoute l’explorateur. Si je partais avec vingt personnes ultra-entraînées physiquement, je suis sûr que l’on n’arriverait pas au bout. Dans les difficultés, la capacité physique n’a plus aucune importance, ni l’intelligence. Seule la capacité d’adaptation compte. Si on met nos cerveaux en réseau, sans préjugés, on peut décupler collectivement nos capacités, qu’aucune intelligence artificielle ne pourra dépasser. »
Christian Clot interviendra lors du Festival de l’innovation Novaq. 
Les 13 et 14 septembre 2018, la région Nouvelle Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux. 
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Cet astérisme est visible au nord-est après le coucher du Soleil. Son astre principal, Véga, est l’étoile la plus brillante du ciel d’été.
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ L’espérance de vie des grands maîtres internationaux est comparable à celle des médaillés olympiques, et supérieure à celle de la population générale.
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Les échecs, un sport qui conserve

L’espérance de vie des grands maîtres internationaux est comparable à celle des médaillés olympiques, et supérieure à celle de la population générale.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 11h54
    |

            Pascale Santi








                        



Chess boxing was born 16 years ago when its founder Iepe Rubingh brought to life a seemingly far-fetched idea from a French graphic novel, "Cold Equator" by Enki Bilal. Today, Rubingh is setting his sights on introducing chess boxing to the Olympics and even looking at sending robots into battle, as the multidisciplinary sport gains popularity.
                                Chess boxing was born 16 years ago when its founder Iepe Rubingh brought to life a seemingly far-fetched idea from a French graphic novel, "Cold Equator" by Enki Bilal. Today, Rubingh is setting his sights on introducing chess boxing to the Olympics and even looking at sending robots into battle, as the multidisciplinary sport gains popularity.



                            
Dix mille pas et plus. La mort de deux joueurs lors des Olympiades d’échecs 2014 avait marqué les esprits. Si ces décès font la « une » de l’actualité, ils n’en ­demeurent pas moins rarissimes. Et c’est heureux. De même, les idées reçues sur les joueurs d’échecs mangeant des sucreries, buvant de l’alcool, fumant… ne sont plus de mise. Une étude publiée le 3 mai dans Plos One bat en brèche ces idées reçues. La longévité des joueurs d’échecs serait identique à celle des athlètes physiques et bien meilleure que celle de la population générale, avec une espérance de vie en moyenne de sept ans plus élevée.
Une équipe de chercheurs de l’université de Melbourne a recueilli les données de 1 208 grands ­maîtres internationaux – principalement des hommes – de 28 pays, puis a calculé le taux de survie ­annuel moyen, ajusté en fonction de la région, du sexe, de l’âge. Ils ont fait de même avec les données de 15 157 médaillés olympiques. Trente et soixante ans après l’obtention de leur titre, le taux de survie était respectivement de 87 % et 15 %. L’espérance de vie à 30 ans – à peu près l’âge auquel ils obtiennent leur titre – atteint en moyenne 53,6 ans, soit bien plus que pour la population générale (45,9 ans). Cette espérance de vie est similaire à celle des ­médaillés olympiques.
« Cette étude est intéressante », indique Juliana ­Antero. Cette chercheuse épidémiologiste à l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmes, Insep) vient de publier une étude dans European Journal of Epidemiology sur une population de 2 814 athlètes français ayant participé aux JO de 1912 à 2012 et/ou au Tour de France. Leur espérance de vie est meilleure en moyenne de 6,5 années par rapport à la population générale, principalement en raison du moindre risque de cancer.
Des raisons diverses
Mais comment expliquer les raisons de cette meilleure santé pour les joueurs d’échecs ? Pas si simple. Certes, on pense...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Une équipe française a réussi à reconstruire une trachée ou une bronche à partir de tissu aortique.
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Succès français dans les greffes de trachée

Une équipe française a réussi à reconstruire une trachée ou une bronche à partir de tissu aortique.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 15h00
    |

            Sandrine Cabut








                        



   


Reconstruire une trachée ou une bronche, à partir de tissu aortique, pour des patients avec une tumeur des poumons ou une lésion des voies aériennes inopérable par les techniques classiques. C’est ce qu’a réussi l’équipe du chirurgien Emmanuel Martinod (hôpital Avicenne, Bobigny, APHP), qui a ainsi traité treize malades depuis 2009. Les résultats préliminaires de l’étude, présentés dans un congrès aux Etats-Unis, ont été publiés en ligne dans le Journal of the American Medical Association du 20 mai. Avec un recul moyen de près de quatre ans, 10 des 13 patients greffés sont en vie, et 80 % d’entre eux respirent normalement. Les succès de ces biogreffes sont d’autant plus bienvenus que le domaine des greffes de trachée a été entaché ces dernières années par les fraudes mortelles d’un chirurgien italien, Paolo Macchiarini.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Le quatrième homme à avoir marché sur la Lune est mort, samedi, à l’âge de 86 ans.
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La mort de l’astronaute Alan Bean

Le quatrième homme à avoir marché sur la Lune est mort, samedi, à l’âge de 86 ans.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 14h53
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 15h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

La question, un rien angoissante pour les amoureux du spatial, se pose alors qu’approche le 50e anniversaire du premier pas de l’homme sur la Lune, que l’on fêtera en juillet 2019 : des douze Américains qui ont foulé le sol de notre satellite naturel, combien seront encore vivants pour les célébrations de la mission Apollo-11 ? Le temps et la mort font leur œuvre et ces héros de l’épopée lunaire ne sont plus que quatre depuis le décès à Houston, samedi 26 mai, d’Alan Bean, à l’âge de 86 ans.
Né à Wheeler, au Texas, le 15 mars 1932, diplômé en aéronautique, pilote de chasse puis pilote d’essai dans la Navy, Alan Bean est sélectionné en octobre 1963 pour faire partie du corps des astronautes de la NASA. Les Etats-Unis sont alors en pleine course à la Lune. Lorsque son collègue Clifton Williams trouve la mort dans un accident d’avion en 1967, le Texan prend sa place comme pilote du module lunaire de la mission Apollo-12, qui doit être la deuxième à se poser sur notre satellite.
Deux missions dans l’espace
Ce qui a failli ne jamais arriver : quelques secondes après son décollage le 14 novembre 1969, la fusée Saturn-5 qui, en plus d’Alan Bean, emmène Pete Conrad (commandant de la mission) et Richard Gordon (pilote du module de commande qui doit rester en orbite autour de la Lune) est frappée par la foudre. L’alarme retentit alors que les instruments sont privés momentanément d’électricité. Les contrôleurs au sol perdent leurs données. Lorsqu’elles reviennent, elles semblent inexactes car l’appareil censé les traiter n’est plus alimenté. Heureusement, Alan Bean, qui a déjà été confronté à l’incident lors d’une simulation de vol, se rappelle comment activer son alimentation auxiliaire. Son sang-froid permet à la mission de ne pas être avortée.

Au terme de quatre jours et demi de voyage, l’Intrepid (nom du module lunaire d’Apollo-12) se pose sans encombre dans l’océan des Tempêtes, à proximité de l’atterrisseur automatique Surveyor-3...




                        

                        


<article-nb="2018/05/30/20-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Un germe hébergé par la flore buccale normale du chien est parfois responsable d’infections humaines gravissimes lorsque le système immunitaire est défaillant.
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<article-nb="2018/05/30/20-8">
<filnamedate="20180530"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180530"><AAMMJJHH="2018053020">
<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Ces plathelminthes, probablement importés avec des plantes d’ornement, sont curieusement passés inaperçus malgré des signalements épars de particuliers depuis une vingtaine d’années.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
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Des vers géants envahissent la France

Ces plathelminthes, probablement importés avec des plantes d’ornement, sont curieusement passés inaperçus malgré des signalements épars de particuliers depuis une vingtaine d’années.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 13h30
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
Zoologie. Les uns présentent une belle teinte turquoise, d’autres sont jaunes, certains encore bruns avec des bandes plus foncées. Ils peuvent atteindre plusieurs dizaines de centimètres de long. Leur tête en éventail ajoute à leur aspect exotique. Pourtant, alors que des particuliers les ont repérés dans leurs jardins et signalés, ces plathelminthes invasifs sont restés sous le radar des scientifiques français jusqu’à une date très récente. Un article, publié le 22 mai dans la revue PeerJ et intitulé « Des vers géants chez moi! », fait le point sur la présence en France métropolitaine, mais aussi dans les territoires français d’outre-mer, des plus grands de ces vers terrestres, dits bipaliinés.

Le début de cette vaste enquête participative date de mars 2013, se souvient Jean-Lou Justine (Muséum national d’histoire naturelle), qui l’a coordonnée. Pierre Gros, photographe amateur d’insectes, repère alors dans son jardin de Cagnes-sur-Mer un ver étrange, dont il met la photo en ligne sur le site Insect.org. L’image passe de forum en forum, avant qu’un collègue de Jean-Lou Justine l’interroge sur le curieux animal. Décision est prise de fixer la bête et de l’envoyer par recommandé à un spécialiste des Pays-Bas, qui ne peut l’identifier précisément, faute d’appareil reproducteur. « Mais alors qu’on pensait avoir affaire à un spécimen exceptionnel, son signalement relayé auprès d’un réseau de naturalistes en a fait remonter bien d’autres », raconte le chercheur. On sait désormais que la France compte 10 espèces invasives de plathelminthes – dont le ver plat de Nouvelle-Guinée Platydemus manokwari signalé par la même équipe en 2014, déjà dans PeerJ. Le nouvel article décrit les cinq plus grandes de ces espèces.

Ces bestioles sont des prédatrices, qui s’attaquent aux animaux à corps mous, comme les vers de terre en métropole et les escargots en Guadeloupe. Dotées de 10 paires d’yeux, elles...




                        

                        


<article-nb="2018/05/30/20-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Magali Bodon-Bruzel dirige le service de psychiatrie de la prison de Fresnes. Elle témoigne de son expérience auprès des criminels sexuels et de leurs victimes dans le livre « Sex Crimes ».
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
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Agresseurs sexuels : « Le “monstre” pour lequel nous n’avons aucune empathie peut évoluer »

Magali Bodon-Bruzel dirige le service de psychiatrie de la prison de Fresnes. Elle témoigne de son expérience auprès des criminels sexuels et de leurs victimes dans le livre « Sex Crimes ».



Le Monde
 |    29.05.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 10h46
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
La docteure Magali Bodon-Bruzel, psychiatre, est chef du pôle regroupant le service de psychiatrie de la prison de Fresnes et une unité d’hospitalisation spécialement aménagée (UHSA) pour détenus souffrant de troubles mentaux. Elle vient de publier Sex Crimes (Stock, 304 pages, 19 euros), avec le romancier Régis Descott. Une lecture prenante, souvent dérangeante, alors que 206 viols sont commis par jour en France, et qu’un millier d’auteurs de violences sexuelles seulement sont condamnés chaque année.
La France a récemment été marquée par ­plusieurs affaires de crimes sexuels. ­Comment parvenez-vous à prendre en charge les auteurs d’actes aussi monstrueux : pédophiles, auteurs d’incestes, violeurs et parfois tueurs en série ?
En tant que médecin, je me mets à la disposition de ceux qui ont commis ces actes graves, criminels, inacceptables, pour les accompagner, travailler avec eux, les aider à changer de comportement – si toutefois ils en ont l’envie et le courage, car il s’agit de courage. Tous les violeurs sont des salauds au moment de leur acte, mais certains, ou plus exactement une partie d’eux-mêmes, ne se reconnaissent pas dans ce qui a été commis. Ceux-là cherchent, et quelques-uns se mettent au travail…
Vous arrive-t-il d’avoir du dégoût, ou de la ­compassion pour certains de ces criminels ?
Je suis médecin psychiatre : mon travail est d’écouter leur souffrance et de la prendre en charge. Les choses sont rarement binaires. Ma compassion peut varier selon les personnes qui sont en face de moi, mais également selon les moments de leur parcours. Je suis aussi une personne humaine : je peux trouver abjects certains agresseurs. Dans une affaire comme celle de Nordahl Lelandais [meurtrier de Maëlys, 9 ans, et d’Arthur Noyer], il paraît compliqué d’avoir de la compassion pour l’agresseur.
Mais le « monstre » pour lequel nous n’avons aucune empathie peut évoluer. C’est toute l’ambivalence...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Le codécouvreur de la double hélice a donné une conférence truffée de coups de griffes.
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La polémique, ADN de James Watson

Le codécouvreur de la double hélice a donné une conférence truffée de coups de griffes.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h20
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
Je répondrai à une question à propos de n’importe quoi, ­hormis Rosalind Franklin ! » Agé de 90 ans, James Watson, codécouvreur de la structure en double hélice de l’ADN en 1953, percée qui lui a valu le prix Nobel, en 1962, n’a rien perdu de son mordant. Face à deux douzaines de personnes, lors d’une conférence donnée mercredi 23 mai au Collège de France, l’Américain aura balayé de sa verve une page cruciale de la science moderne et égratigné bon nombre de ses ­contemporains. Au premier rang desquels, donc, Rosalind Franklin, l’auteure d’images en diffraction aux rayons X de fragments d’ADN, qui allaient donner à Watson et son partenaire intellectuel Francis Crick l’une des pièces cruciales du puzzle de cette fameuse double hélice, support de l’information génétique.

A Stockholm, en 1962, il y avait trois hommes sur la photo : ­Watson, Crick et Maurice Wilkins, collègue de Rosalind Franklin au King’s College de Londres. Celle-ci ne pouvait certes y figurer, car elle était morte en 1958. Mais, pour Watson, « il n’y aurait eu aucune raison de lui attribuer le prix ­Nobel » : elle n’avait pas cru à l’hypothèse de la double hélice – un point démenti par les historiens. « Elle était une perdante [« loser »] », a-t-il assuré. Un jour, la chercheuse l’aurait presque frappé, avant qu’il ne découvre finalement « qu’elle n’était pas une sorcière ».
Tandis que, dans l’assistance, sa femme affichait parfois une mine inquiète, chacun en a pris pour son grade. Même l’auteur de « 99 % du travail intellectuel de la découverte », Francis Crick, dont Watson se demande s’il n’était pas un peu autiste. Lawrence Bragg, supérieur du duo Crick & Watson à Cambridge ? « Un ­dinosaure », qui avait cependant une « femme séduisante ». Linus Pauling, qui avait proposé une structure en triple hélice ? « J’ai vu immédiatement que c’était colossalement faux. (…) On n’a jamais compris comment...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ En analysant l’ADN environnemental de vingt-deux échantillons d’eau collectés sur plusieurs semaines autour de la Nouvelle-Calédonie, des chercheurs sont parvenus à détecter davantage de requins que des centaines de caméras installées pendant deux ans.
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Les requins dans les filets de l’ADN

En analysant l’ADN environnemental de vingt-deux échantillons d’eau collectés sur plusieurs semaines autour de la Nouvelle-Calédonie, des chercheurs sont parvenus à détecter davantage de requins que des centaines de caméras installées pendant deux ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 17h06
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Cette étude a déjà fait le tour du monde. Publiées le 2 mai, dans la revue Science Advances, ses conclusions ont été reprises dans de nombreu x journaux, décortiquées, commentées. En analysant vingt-deux échantillons d’eau collectés sur plusieurs semaines autour de la Nouvelle-Calédonie, des chercheurs français, italiens et américains sont parvenus à détecter davantage de requins que des centaines de caméras installées pendant deux ans et des milliers de plongées durant des décennies.
Sur les vingt-six espèces de squales historiquement identifiées dans la région, les récentes campagnes traditionnelles en avaient repéré neuf. « Les données des enregistrements vidéo étaient particulièrement préoccupantes, souligne David Mouillot, professeur de biologie marine à l’université de Montpellier et coordinateur de l’étude. Dans toutes les zones fréquentées par les humains, on ne voyait plus rien. Soit les requins étaient partis, soit, comme les lynx ibériques ou les éléphants, ils avaient adopté un comportement furtif. »
Cent fois moins coûteux
La pêche s’est révélée nettement plus fructueuse avec l’ADN. Les chercheurs ont analysé vingt-deux échantillons composés chacun de 2 litres d’eau prélevés à 5 mètres de profondeur et 2 litres puisés à 20 mètres. Au terme de cet effort « cent fois moins coûteux », les auteurs de l’article annoncent avoir retrouvé treize espèces de requins. Surtout, ils ont relevé la présence des poissons dans le sud de l’archipel, près de Nouméa, la zone la plus urbanisée. Pour les scientifiques, la persistance de l’ADN dans l’eau – plusieurs jours – ainsi que sa circulation pourraient partiellement expliquer cette surdétection. Mais David Mouillot en est certain : « Les requins sont là, mais ils se sont adaptés à notre présence. »
S’éloigner des hommes, vivre à de plus grandes profondeurs et n’en remonter qu’en cas de véritable nécessité. Le biologiste français pense que tels les loups...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Détecter des espèces discrètes, voire invisibles, c’est aujourd’hui possible, grâce à l’ADN présent dans l’environnement. Une technique qui révolutionne les études naturalistes et les comptages écologiques, dans tous les milieux où la vie se cache.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/05/2018
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Traquer la biodiversité grâce à l’ADN

Détecter des espèces discrètes, voire invisibles, c’est aujourd’hui possible, grâce à l’ADN présent dans l’environnement. Une technique qui révolutionne les études naturalistes et les comptages écologiques, dans tous les milieux où la vie se cache.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 12h37
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Le protocole est souple comme une porte de prison. Onze points, de quoi couvrir le corps d’un scientifique de la pointe des surchaussures au sommet de la charlotte, avec combinaison stérile, masque et double paire de gants, le tout à usage unique. L’entrée dans le laboratoire s’effectue par un sas, maintenu en surpression pour repousser les impuretés. Tout objet extérieur doit rester dehors. « Même le calepin », a précisé Tony Dejean. Le maître des lieux explique : « Chaque détail compte, la moindre contamination fausserait tous les résultats. Ici, c’est un peu Les Experts Miami, sauf qu’on ne s’intéresse pas aux hommes. Nous sommes la police scientifique de l’environnement. » 
Spygen, la start-up qu’il a créée en 2011 au Bourget-du-Lac (Savoie), s’est en effet fixé pour mission d’« améliorer le suivi et la conservation de la biodiversité à l’échelle mondiale ». Pas en envoyant des enquêteurs aux quatre coins du monde observer les espèces en voie d’extinction, mais en traquant leur présence dans les sols, sédiments, matières fécales ou simplement dans l’eau recueillie sur place.
Ce champ de la recherche, qui s’apprête à bouleverser notre mode d’observation de la nature, et par là sa connaissance, a un nom : ADN environnemental. Balbutiant il y a encore cinq ans, il connaît une véritable explosion avec quelque 170 articles publiés au cours des cinq premiers mois de 2018 contre 20 pour toute l’année 2013.
Le 2 mai, par exemple, des scientifiques français décrivaient dans la revue Science Advances la mise en évidence du « code-barres » de requins supposés disparus dans l’eau de mer au large de la Nouvelle-Calédonie. Quelques mois plus tôt, des Américains établissaient la présence d’une faune inconnue autour d’Anvers Island, dans l’Antarctique. Dans tous les milieux, mammifères, amphibiens, poissons, oiseaux, plantes ou champignons livrent leurs secrets. « C’est assez vertigineux, commente,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ La Haute Autorité de santé avait jugé en octobre 2016 que ces traitements présentaient un « intérêt médical insuffisant ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/05/2018
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Alzheimer : vers le déremboursement des médicaments

La Haute Autorité de santé avait jugé en octobre 2016 que ces traitements présentaient un « intérêt médical insuffisant ».



Le Monde
 |    28.05.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 11h08
    |

            François Béguin








                        


C’est l’épilogue d’un débat qui divise la communauté médicale depuis des années. Un arrêté signé par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, devrait acter dans les prochains jours le déremboursement des quatre médicaments (donépézil, rivastigmine, galantamine, mémantine) utilisés pour traiter les symptômes de la maladie d’Alzheimer. L’information révélée par Libération, vendredi 25 mai, a été confirmée au Monde.
La Haute autorité de santé (HAS) avait jugé en octobre 2016 que ces traitements, qui représentaient fin 2015 environ 90 millions d’euros de dépense annuelle pour l’Assurance-maladie, présentaient un « intérêt médical insuffisant pour justifier leur prise en charge ». Marisol Touraine, alors en poste avenue de Ségur, avait toutefois refusé d’engager leur déremboursement immédiat, assurant que « le faire plongerait les patients et leur famille dans le désarroi, alors que la qualité de la prise en charge est très variable d’un lieu à l’autre ».
Une manière de reconnaître que la prise en charge médicamenteuse est souvent le prétexte à autre chose, notamment à la reconnaissance et à l’officialisation de la maladie. « Devant le flou diagnostique et thérapeutique, plusieurs institutions gériatriques [ont] pris l’habitude de considérer la prescription de l’un de ces médicaments comme la condition nécessaire à une demande de prise en charge à 100 % des patients », relevait le médecin Luc Perino dans une tribune au Monde, en novembre 2016.
Une préconisation contestée
Mme Touraine avait alors conditionné un éventuel déremboursement à la mise en place d’un « protocole de soins élaboré par les scientifiques en lien avec les associations de patients ». C’est chose faite depuis vendredi 25 mai, et la publication par la HAS d’un guide et de fiches pratiques visant à « mettre en place un parcours de soins et d’accompagnement adapté » pour les patients souffrant d’Alzheimer et de maladies apparentées afin – notamment – de pouvoir proposer un diagnostic plus tôt, d’assurer une bonne coordination entre tous les professionnels qui interviennent autour du patient, et de soutenir les aidants.

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                Alzheimer : une maladie  en trompe-l’œil ?



Lors d’une conférence de presse vendredi, le professeur Christian Thuillez, président de la commission de transparence de la HAS, a fait valoir que cette amélioration de la prise en charge prônée par la HAS « va rendre des services bien meilleurs » que les médicaments dont les bénéfices « existent mais sont modestes et ne sont pas suffisants par rapport aux risques que courent les patients », notamment cardio-vasculaires.
En 2016, des associations de familles de patients et des sociétés savantes avaient contesté la préconisation de la HAS. Dans une tribune publiée en mars 2017 dans Libération, plusieurs sociétés françaises de neurologie, psychiatrie, gériatrie et la Fédération des centres mémoires avaient reconnu l’effet certes « modeste » de ces médicaments, mais avaient estimé que leur « déremboursement reviendrait à diminuer les chances d’accéder à la recherche thérapeutique innovante ». L’association France Alzheimer, qui regroupe des familles de malades, estimait, elle, que « la fin des prescriptions provoquerait inévitablement un affaiblissement du suivi médical régulier des patients et de leurs proches aidants ». 

        Lire aussi :
         

                Alzheimer, une épreuve familiale






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Pour la première fois, une équipe française a été impliquée - à son insu - dans  un type de fraude qui a entraîné une série de retraits d’articles dans des revues scientifiques.
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La plaie des faux relecteurs scientifiques

Pour la première fois, une équipe française a été impliquée - à son insu - dans  un type de fraude qui a entraîné une série de retraits d’articles dans des revues scientifiques.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 06h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Il se passe parfois des choses inouïes dans les laboratoires. De faux chercheurs arrivent à se glisser subrepticement dans les processus de fabrication de la connaissance scientifique.
Depuis quelques années est ainsi apparue la sombre figure du « faux évaluateur », ou « faux reviewer ». Les vrais sont des chercheurs chargés par les journaux scientifiques d’évaluer, bénévolement, la qualité d’un article de recherche pour décider de le publier ou de le refuser. Ce mécanisme de revue par les pairs (peer review, en anglais) est une sorte de système immunitaire de la recherche, éliminant de mauvais articles et améliorant ceux qui sont destinés à la publication.
Mais des chercheurs ont réussi à tricher et à faire en sorte que leurs articles soient « revus », évidemment avec complaisance, par des amis, voire par eux-mêmes ! Une sorte de « pire review ». Heureusement, si la supercherie est détectée par les éditeurs, c’est une fraude et l’article est rétracté, c’est-à-dire retiré de la littérature scientifique.
Identité des relecteurs impossible à vérifier
En 2014, Ivan Oransky, cofondateur du site d’information spécialisé Retraction Watch, et des collègues alertaient dans Nature sur le phénomène en citant notamment le cas d’un Coréen convaincu de 28 fausses revues par les pairs en 2012.
Au total, selon la base de données de Retraction Watch, plus de 630 articles ont été rétractés pour cette raison depuis 2012, dont 356 impliquant des équipes chinoises, 132 iraniennes, 66 taïwanaises et 20 pakistanaises ou indiennes.
Le 28 mars, pour la première fois, le phénomène a touché indirectement une équipe française. Ce jour-là un article de Reproduction in Domestic Animals, publié en janvier 2017, a été rétracté par l’éditeur Wiley pour « processus de peer review compromis ». Plus précisément, la notice indique : « L’identité des relecteurs a été impossible à vérifier et il est probable que l’article...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Au menu : ces vers plats qui envahissent la France, envoyer des humains sur Mars sans qu’ils deviennent fous, chercher l’ADN du légendaire monstre du Loch Ness, etc.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Le travail des géoarchéologues, qui permet de lire le paysage bouleversé par la montée continue des eaux – entre 1,50  et 2 mètres depuis l’Antiquité – exhume l’histoire des reconstructions successives du plus grand port de Grèce à l’époque romaine.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
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L’immense port antique de Corinthe sort de l’oubli

Le travail des géoarchéologues, qui permet de lire le paysage bouleversé par la montée continue des eaux – entre 1,50  et 2 mètres depuis l’Antiquité – exhume l’histoire des reconstructions successives du plus grand port de Grèce à l’époque romaine.



Le Monde
 |    27.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 09h01
    |

            Pierre Barthélémy (Corinthe (Grèce), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Souvent violent quand il déferle vers le fond du golfe de Corinthe, au point de creuser les flots, de battre la grève et d’obliger les humains à se courber pour lui résister, le vent fait une pause en ce jour de mai. La plage de galets de la petite ville grecque de Léchaion est quasi déserte. Par endroits, de curieuses pointes rocheuses font des incursions dans l’eau, comme des dents qui essaieraient de mordre la mer. Derrière la plage, envahi par les herbes folles, les joncs et la salicorne, un gigantesque terrain vague, spongieux et bosselé de collines, est entouré d’une clôture de barbelés. Entrée interdite au public. Que protège-t-on là ?

Pour répondre à la question, il faut suivre les archéologues du Lechaion Harbour Project, un programme gréco-danois qui travaille depuis 2013 sur ce site protégé. Il faut les suivre et, comme souvent en archéologie, remonter le temps par la force de l’imagination. Ici se ­trouvait le port de la Corinthe antique, « le plus grand port de Grèce à l’époque romaine », ­précise Antoine Chabrol, géoarchéologue, dont l’objectif sur le projet est de reconstituer les paysages du passé. Ou plutôt des passés. Car Léchaion a été le port de la région pendant plus de mille ans, aux époques grecque, ­romaine et byzantine.
Un port gagné sur la terre
De la toute première installation grecque, qui remonte au VIIe siècle av. J.-C., on n’a pour l’heure rien retrouvé, à l’exception des grands brise-lames faits d’imposants moellons – les dents rocheuses de la plage. C’est pourtant de là « que sont partis les colonisateurs grecs vers l’ouest, la mer Ionienne, Corfou, le sud de l’Italie, la Sicile », retrace, presque lyrique, Dimitris Kourkoumelis, du département des antiquités sous-marines du ministère de la culture grec et codirecteur du projet. Corinthe est opulente, une des plus anciennes cités-Etats grecques, qui contrôle l’isthme reliant le Péloponnèse au reste de la Grèce. Mais, en 146...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Pour Antoine Chabrol, géoarchéologue du Lechaion Harbour Project et ancien membre de l’Ecole française d’Athènes, les géomorphologues apportent aux archéologues de précieuses réponses.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
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« La recherche des sites submergés est un front pionnier en archéologie »

Pour Antoine Chabrol, géoarchéologue du Lechaion Harbour Project et ancien membre de l’Ecole française d’Athènes, les géomorphologues apportent aux archéologues de précieuses réponses.



Le Monde
 |    27.05.2018 à 16h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Quelle est l’utilité d’associer la géomorphologie littorale à l’archéologie ?
Si les sites archéologiques ont une histoire, elle est indissociable de celle de leurs paysages. A Corinthe, ce sont les carottages profonds et les études de ­dynamique littorale qui ont permis de reconstituer l’histoire environnementale du port de Léchaion. La collaboration entre archéologues et géomorphologues sur cette question des littoraux est aujourd’hui fréquente et éclaire bien souvent d’un jour nouveau des ­sites fouillés parfois depuis plusieurs décennies. L’étude géomorphologique des littoraux de l’île de Délos, entreprise récemment par l’Ecole française d’Athènes, a par exemple permis de mieux comprendre pourquoi certains vestiges y ont été submergés. Les géomorphologues apportent aux archéologues de précieuses réponses sur la position du trait de côte à l’époque de l’occupation du site et permettent de mieux comprendre comment, pourquoi et parfois quand les sites littoraux ont pu être abandonnés, engloutis ou érodés.
Les côtes actuelles ne sont pas celles du passé. En quoi cela fausse-t-il ­l’interprétation des sites connus ?
Les changements de traits de côte aux périodes préhistoriques puis historiques faussent l’interprétation de ces sites, mais pas toujours dans le même sens. En fonction des types de côtes, les sites archéologiques qui étaient en position littorale lors de leur occupation ont pu être retrouvés submergés ou… ensablés, parfois plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres. ­Remontée du niveau marin ne signifie pas forcément submersion des vestiges. Dans les deltas par exemple, l’accumulation de sédiments déposés par les fleuves a pu contrebalancer cette ­remontée de la mer et ainsi isoler plus en amont des sites auparavant littoraux. Ce phénomène n’est pas rare en Méditerranée : le port d’Œniades, situé dans le delta du fleuve Achéloos en Grèce, est aujourd’hui situé à près de 5 km du rivage.
Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Autocritique, transparence, autocorrection : ce qui fait la force de la science la rend vulnérable aux « marchands de doute », explique le président du comité d’éthique du CNRS.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/05/2018
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Contre les « fake news », éduquer à la démarche scientifique

Autocritique, transparence, autocorrection : ce qui fait la force de la science la rend vulnérable aux « marchands de doute », explique le président du comité d’éthique du CNRS.



Le Monde
 |    27.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 06h35
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à Sorbonne Université, préside le comité d’éthique du CNRS. Dernier ouvrage paru : Le Mythe de la singularité. Faut-il craindre l’intelligence artificielle ? (Seuil, 2017).
Pourquoi les « fake news » – terme auquel vous préférez le néologisme français « infox » –, mettent-elles la science en danger ?
Les « infox » augmentent la défiance du grand public vis-à-vis de la science dans la mesure où elles remettent en cause un certain nombre de résultats de la recherche. Celle-ci a toujours été un terrain de prédilection pour les « marchands de doute » – lobbys industriels, religieux ou idéologiques. Dans le domaine des OGM, du réchauffement climatique, de la théorie de l’évolution ou de la vaccination, les faits sont régulièrement distordus pour promouvoir une cause. Ce qui est nouveau, c’est que ces « infox » colportées par les réseaux sociaux sont désormais fabriquées et diffusées à une échelle qui n’a plus rien d’artisanal.
La situation est d’autant plus complexe que la science, par nature, se nourrit de défiance. Elle ne repose pas sur la confiance dans les intuitions immédiates que nous donnent les sens : elle essaie, au-delà de son doute, de retrouver des formes d’assurance avec des méthodes de preuve. Une controverse scientifique part d’un désaccord entre des chercheurs de bonne foi, mus par la volonté de parvenir à la vérité, qui s’y efforcent par des débats contradictoires, en utilisant des arguments rationnels et des preuves rigoureuses.
« Le bon doute est inquiet, défend des thèses tout en restant ouvert aux arguments de l’autre. Le mauvais doute ne doute pas de lui-même, ne supporte aucune contradiction et n’est pas étayé par des faits »
C’est paradoxalement cette force de la science – l’autocritique, la transparence, l’autocorrection – qui prête le flanc aux vérités « alternatives ». Mobilisées pour alimenter de fausses controverses, elles allèguent...




                        

                        


<article-nb="2018/05/30/20-19">
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Deux femmes, résidant en région parisienne, ont présenté une chute des cheveux et des poils après avoir consommé de la courge, rapporte un article publié dans la revue « JAMA Dermatology ».
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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Paul Seabright s’intéresse aux mécanismes de consultation et de vote « démocratique » chez les lycaons du Bostwana qui prennent les décisions à la majorité des… éternuements.
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De la démocratie chez les chiens sauvages

Dans cette chronique, l’économiste Paul Seabright s’intéresse aux mécanismes de consultation et de vote « démocratique » chez les lycaons du Bostwana qui prennent les décisions à la majorité des… éternuements.



Le Monde
 |    26.05.2018 à 08h16
    |

                            Paul Seabright (Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Si, pour Aristote, l’homme est un animal « de nature politique », nous savons depuis quelque temps qu’il n’est pas le seul. Le primatologue Frans De Waal est devenu mondialement connu pour son livre Chimpanzee Politics sorti en 1982 (La Politique du Chimpanzé, Editions du Rocher, 1987), qui montrait la complexité des négociations entre coalitions de chimpanzés.
Mais on n’imaginait pas que nos institutions politiques électorales puissent avoir leurs équivalents dans le règne animal. Ces dernières années, de nombreuses études montrent la sophistication des mécanismes de décision collective chez diverses espèces – et donc les racines biologiques profondes de nos instincts politiques.

Une étude remarquable de chiens sauvages au Botswana montre que ces mammifères, pourtant très hiérarchisés, dans leur structure sociale utilisent des mécanismes de consultation et de vote « démocratique » avant de se décider en faveur d’un déplacement collectif (« Sneeze to leave », par Reena Walker, Andrew King, Weldon McNutt et Neil Jordan, Proceedings of the Royal Society B, septembre 2017).
Eternuer veut dire « allons-y »
Ces chiens sauvages vivent en groupes d’une dizaine d’individus, dont un couple dominant. Ils se réunissent régulièrement pour des rassemblements qui se caractérisent par des vocalisations et des cérémonies de salutation à très haute énergie. Ces rassemblements sont parfois le prélude d’une décision de partir ensemble, à la chasse par exemple. Après une période sédentaire dans la vie du groupe, un premier rassemblement a une probabilité faible (26 % en moyenne) de se terminer par une décision de départ. Mais après trois rassemblements, la probabilité s’élève à 64 %.
plus il y a d’éternuements par groupe plus il est probable que le départ soit acté
L’aspect le plus remarquable de ces rassemblements est que la décision de partir est prise par un vote – et que le vote se...




                        

                        

